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dimanche 26 avril 2020

NEUVAINE EN L’HONNEUR DE NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL




NEUVAINE EN L’HONNEUR DE NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL

Les personnes qui désirent faire une neuvaine en l‘honneur de N.-D. de Bon-Conseil, soit pour se préparer à sa fête, soit pour obtenir d'Elle quelque faveur, peuvent réciter pendant neuf jours consécutifs l’une ou l'autre des prières qui précèdent ; si elles ne savent pas lire, elles peuvent se contenter de dire chaque jour le chapelet ou une partie du chapelet, en ajoutant après chaque dizaine l'invocation : Conseil, priez pour nous.
Il convient de faire le pèlerinage de Bon-Conseil, au moins le premier et le dernier jour de la neuvaine, et de la terminer par une bonne confession et une fervente communion.
Il est utile aussi de pratiquer pendant la neuvaine l'une ou l‘autre bonne œuvre, par exemple, faire une aumône en l‘honneur de la Sainte Vierge, visiter, soulager les malades, donner de bons conseils, mais surtout éviter par amour pour Marie tout ce qui peut offenser son divin Fils.


FÊTE DE N.-D. DE BON-CONSEIL

Le 26 avril est le jour spécialement consacré à honorer N.-D. de Bon-Conseil, à cause du fait mémorable qui s‘est passé ce jour-là (26 avril 1467) : La madone de Bon-Conseil, honorée à Scutari en Albanie, se transporta d’elle-même à Genezzano en Italie, où elle est aujourd'hui en grande vénération. La fête du 26 avril est établie en mémoire de cette translation miraculeuse, qui rendit N.-D. de Bon-Conseil célèbre dans tout l‘univers.
Cette fête se célèbre avec une grande solennité dans plusieurs églises, notamment chez les PP. Rédemptoristes qui, à l‘imitation de leur saint fondateur, ont une dévotion spéciale envers N.-D. de Bon-Conseil.
Outre la fête du 8 Septembre qui se célèbre déjà à la chapelle de Bon-Conseil, nous faisons des vœux pour que la fête du 26 Avril y soit aussi établie et soit célébrée chaque année au milieu d‘un grand concours de pèlerins.


CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL

Des confréries de N.-D. de Bon-Conseil sont établies dans les églises des PP. Rédemptoristes d‘Anvers et de Bruxelles où l‘on vénère la madone miraculeuse de Genezzano.
Sa Sainteté le Pape, Pie IX, par un bref du 16 décembre 1854, a recommande cette dévotion a la piété des fidèles, dans le but spécial d‘obtenir par Elle, la grâce de connaître sa vocation, ou l’état de vie que Dieu destine à chacun, et de bien accomplir les devoirs de l’état qu’on a embrassé.
Désirant en outre encourager cette dévotion, Sa Sainteté a daigné, par un bref du 16 avril 1858, l‘enrichir d'indulgences plénières et partielles. (...)


(Notice de l'Antique pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Conseil)



NEUVAINE RELATIVE À L'APPARITION MIRACULEUSE DE LA SAINTE IMAGE DE NOTRE-DAME DE BON CONSEIL



1er Jour. CONSIDÉRATION SUR LE DÉPART DE L'IMAGE SAINTE ET MIRACULEUSE DE N.-D. DE LA VILLE DE SCUTARI, EN ALBANIE.

1er point. Le sujet de notre méditation, de notre émotion, et de nos larmes, en ce premier jour, sera le triste départ de l'Image miraculeuse de l'Albanie et de la ville de Scutari, où elle reposait jadis. Ah ! quel malheur pour un royaume, et pour un peuple d'être abandonné de Marie. Ce malheur fondit sur l'Albanie. Justement irrité par l'orgueil et les désordres de ce peuple, Dieu voulut le livrer à la fureur des Mahométans, qui avaient résolu de tout dévaster par le feu et le fer. Quand la Vierge Sainte s'aperçut qu'il n'y avait plus de miséricorde à espérer pour ce peuple, l'image sainte quitta la contrée pour aller se fixer à Génazzano. — Malheureuse Albanie ! malheureuse ville de Scutari.

2e point. Pour les peuples comme pour l'individu, il n'est point de plus grand malheur que celui d'être abandonné de Marie. Cet abandon est toujours le châtiment de nos infidélités, la dernière limite de notre misère, le signe évident de notre réprobation éternelle. S. Anselme affirme : De même que le salut est assuré à celui qui est aimé et protégé de Marie, de même la damnation est certaine pour celui qu'elle délaisse. Nous aussi, ô mon Dieu, nous avons mérité le même sort ! Ah ! Reine des Cieux ! Ah ! Mère du Bon Conseil, vous savez combien nous avons abusé de la miséricorde de votre Fils. Vous savez combien de fois nous nous sommes rendus indignes de votre protection, et comment nous avons été si souvent sourds à vos bons conseils, insensibles à votre sollicitude maternelle, pour nous jeter dans la fange du vice, en nous éblouissant par la pratique extérieure de quelques prières, dites du bout des lèvres. Hélas ! nous n'avons que trop justement mérité la perte de votre protection et de votre sollicitude à notre égard. À quoi devons-nous attribuer que le même malheur n'a pas été notre partage ? Uniquement à votre bonté et à votre miséricorde ineffable, Misericordioe Dominoe, quia non sumus consumpti. Nous vous remercions infiniment de cette grâce. Nous chanterons éternellement vos louanges. Nous vous bénissons sans fin, en vous promettant de nous ranger pour le reste de notre vie parmi vos serviteurs fidèles. Nous pouvons dire, qu'en abandonnant I'Albanie, vous avez travaillé à notre bonheur, puisque nous Vous possédons sur cet autel, nous avons le bonheur de Vous y honorer, de Vous y adresser de tout cœur nos salutations :
Je vous salue Marie, etc.
On récite 9 Ave Maria puis la prière, tirée d'un saint Père et mise en rapport avec le sujet de la méditation.


PRIÈRE de S. Anselme, archevêque de Cantorbery.
(Ex lib. Orat, orat. quae est 45.)

Ô très-Sainte et aimable Vierge Marie, je viens, plein de douleur et gémissant, implorer votre bonté, car j'ai honte de la multitude de mes péchés, je vous supplie de ne pas détourner les yeux de dessus moi quoique je sois semblable à un corps corrompu enfermé depuis plusieurs jours dans le tombeau. Ô Mère de miséricorde vous êtes venue en ce monde pour enfanter Jésus, vrai Dieu et vrai homme, en la miséricorde duquel je me confie. — Nous avons donc en vous une mère, qui plaide la cause des
pécheurs et obtient leur pardon. C'est pourquoi, ô Reine très clémente, ne me repoussez pas, mais ayez pitié de ma faiblesse humaine ; ranimez en moi la confiance afin que je ne vous abandonne jamais, mais que je sois consolé par vous. Je saurai que vous m'avez départi ce bien fait lorsque le feu des mauvais désirs qui me consume au-dedans et au-dehors aura été éteint en moi par votre secours. Et afin de réussir dans cette entreprise je suivrai vos pas, ô ma protectrice, qui, après Jésus, avez le plus de pouvoir au monde. Le monde a ses Apôtres, ses Patriarches, ses Prophètes, ses Martyrs, ses Confesseurs et ses Vierges que j'invoque aussi ; mais vous, ô grande Reine, vous êtes élevée bien au-dessus d'eux en puissance parce que vous êtes leur maîtresse ; et tout ce que vous pouvez faire de concert avec eux, vous le pouvez sans eux ; et pourquoi ? parce que vous êtes la mère de Notre Sauveur, l'épouse de Dieu, et la Reine des Cieux et de la terre. Je prends donc mon recours à vous et vous supplie de me secourir. Si vous n'intercédez pas pour moi personne ne voudra défendre ma cause, nul ne viendra à mon aide ; mais si vous daignez prier pour moi, tous prieront pour moi, tous m'aideront. Ô grande et aimable Reine, des centaines, oui, des milliers d'hommes ont été sauvés parce qu'ils vous ont invoquée, serais-je donc le seul que vous n'exauceriez pas ? Ô Reine clémente obtenez mon pardon et exaucez ma prière Soyez-moi une tour puissante contre les tentations du démon, une forteresse imprenable... Obtenez-moi, auprès de votre divin Fils, la grâce de persévérance dans le bien... Pour que, à la fin de mes jours, après avoir reçu d'abord tous les Saints Sacrements, je sois trouvé digne d'être reçu par l'ange de lumière et que, conduit par lui devant le trône du grand juge, j'obtienne par votre toute puissante intercession, ô grande Reine, la récompense de la vie éternelle. Ainsi soit-il.


Durant la Neuvaine, il sera très-utile de pratiquer l'une ou l'autre bonne œuvre : p. e.
1. De faire journellement une aumône en l'honneur de N. D.
2. Jeûner chaque jour, ou chaque Samedi.
3. Veiller à la garde des sens.
4. Visiter les pauvres, les prisonniers, les malades, leur donner bon conseil, les soulager par les consolations spirituelles et temporelles.
5. Réciter journellement trois fois : Gloire soit au Père etc. pour remercier la très sainte Trinité de l'honneur accordé à l'Image de N. D. de Bon Conseil ; et neuf fois la Salutation Angélique en l'honneur des neuf chœurs des Anges pour les inviter à remercier Dieu avec nous pour ces honneurs.



2e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE NUAGE ET LA COLONNE DE FEU QUI ONT ACCOMPAGNÉ LA SAINTE IMAGE.

1er point. Lorsque Dieu conduisit autre fois par Moise le peuple d'Israël vers les plaines riantes de la Palestine, à travers le désert, le Tout-Puissant fit accompagner l'Arche d'alliance par deux colonnes mystérieuses, qui servirent de guides à ce peuple élu. Dieu voulut, par un effet de sa puissance, honorer de la même manière l'Image de N. D. de Bon Conseil lors de son départ de l'Albanie. À cette fin il fit descendre deux colonnes, l'une de feu, l'autre de nuages. Ces colonnes étaient destinées à accompagner cette Arche nouvelle ! Quel spectacle ravissant que celui de ces deux colonnes, devançant l'Image, tandis que d'innombrables esprits célestes entourant et portant dans leurs bras la statue vénérée firent retentir les airs nuit et jour de cantiques en l'honneur de Marie. Ô heureuse Génazzano ! c'est vers vous que se dirigent ces nombreux Pélérins ! Sachez apprécier votre bonheur, utilisez-le sagement pour votre salut.

2e point. Les deux colonnes du désert servirent aux Israelites pour les mener par la voie la plus sûre et la plus courte à la terre promise. La colonne de feu les dirigeait pendant la nuit, la colonne de nuages les précédait durant le jour. De cette manière le peuple d'Israël connut la direction sur cette route si longue et si dangereuse. Ces deux colonnes mystérieuses qui accompagnaient votre Image, ô Marie, n'ont-elles pas la même signification ? Oui nous considérons ces signes éclatants du ciel, comme des voix éloquentes, qui nous disent que vous êtes venue ici, pour conduire nos âmes au port du salut. La colonne de nuages est l'emblème de l'humilité, vertu si nécessaire à notre esprit, lors même qu'il sent intérieurement la paix, la consolation. Combien nous sommes faibles, privés de la précieuse humilité ! La colonne de feu nous rappelle la force de la grâce divine, qui éclaire notre entendement au milieu des tentations et des angoisses de notre âme, afin de nous fortifier, encourager et nous faire persévérer. Ces deux vertus nous sont assurées, ô Marie, par votre heureuse arrivée dans cette contrée. Nous venons donc honorer votre Sainte Image illustrée par des miracles éclatants depuis son départ de l'Albanie. Nous avons le ferme espoir d'entrer un jour avec vous dans la véritable terre promise ; c'est pourquoi nous vous disons de bouche et de cœur :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois, voir le 1er jour.


PRIÈRE de St. Pierre-Damien.
(Ex tom IV.)

Ô Marie, très-Sainte More de Dieu, temple vivant de Dieu, royaume du Roi éternel, sanctuaire du Saint-Esprit, rejeton de la tige de Jessé, cèdre du Liban, rose de Jéricho, cyprès de Sion, vous qui sur passez tout par le privilège spécial de vos mérites, et gouvernez en personne le chœur des Anges... Ô lumière de Nazareth, gloire de Jérusalem, joie d'Israël, ornement du monde, splendeur du Christianisme ; Ô Reine de la terre, échelle du Ciel, trône de Dieu, porte du Paradis, écoutez, je vous en supplie, les prières des pauvres et ne repoussez pas les soupirs des malheureux. Accordez-nous, s'il vous plait, d'offrir à Notre Sauveur nos désirs et nos vœux, et quoique, à cause de nos péchés, ils méritent d'être repoussés, ils seront accueillis par votre intercession. Daignez donc effacer nos péchés, délivrez-nous des liens de nos crimes, relevez ceux qui sont tombés et délivrez les esclaves. Apaisez par vos prières notre juge pour qu'il devienne par votre intercession notre Sauveur et qu'ayant été rendu par voire intercession participant à notre humanité il nous rende par cette même intercession participants à sa divinité qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


3e Jour. CONSIDÉRATION SUR LA DÉVOTION ÉDIFIANTE DES PIEUX PÈLERINS, QUI ACCOMPAGNENT LA S. IMAGE ET TRAVERSENT À PIEDS SECS LA MER ADRIATIQUE.

1er point. Considérons avec recueillement et avec le plus profond respect le grand miracle qui eut lieu en faveur des Pèlerins privilégiés qui accompagnèrent la sainte Image aux bords de la mer Adriatique, située à peu de distance de Scutari. — Voyant la sainte Statue précédée de deux colonnes et entourée du cortège des anges, passer les flots, et n'ayant point de navire à leur disposition pour la suivre, ils se prirent à répandre des larmes abondantes sur le rivage. Encouragés par la voix intérieure de celle que l'Église invoque comme « l'Étoile de la mer, Ave Maris Stella ! » ils mirent résolument les pieds sur les eaux, sentant celles-ci s'endurcir ils firent sur les ondes plus de deux cents lieues. Dieu, à qui rien n'est impossible, renouvela pour sa Mère le prodige qu'il fit éclater du temps de Moise, pour favoriser les juifs dans leur fuite. Rappelez-vous que les eaux se séparèrent comme deux murs, pour donner passage aux émigrants, dès que Moise toucha de sa verge l'onde de la mer. Sur un simple signe de Marie les eaux de la mer Adriatique prirent la consistance du marbre et du bronze. Là, le peuple d'Israël traversa à pieds secs les sables de l'abime ; ici, Marie protégeant ses en fan s chéris les fit marcher miraculeusement sur les flots endurcis. Ô miracle ! Ô prodige !

2e point. Combien d'autres miracles pourrions-nous ajouter à celui-ci, ô Mère de Bon Conseil, ô Reine, Conseillère céleste. Dieu vous donne à nous, malheureux enfants d'Eve, afin de nous aider, de nous éclairer, de nous guider dans cette vallée de larmes, et de nous conduire au milieu de la ténébreuse Égypte à travers les tempêtes et les précipices de ce monde corrompu vers la terre promise de la nouvelle Jérusalem, d'où vous voyez notre misère, et d'où votre cœur de Mère vielle sur nous. C'est ce que nous croyons fermement, avec pleine confiance dans votre protection. Il est vrai que cette vie est une mer semée d'écueils, et où règnent les plus grandes tempêtes ; mais remplis de confiance en vous, nous éviterons le naufrage. À cette fin nous venons avec une tendresse vraiment filiale vous saluer :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Éphrem, diacre d'Édesse.
(Ex lib. de laud. Virgin. Deiparse)

Ô Immaculée, parfaite et chaste Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Reine, vous qui avez enfanté d'une manière merveilleuse notre Sauveur, réconcilié le monde avec lui, et uni notre chair rebelle aux esprits célestes, vous êtes, après Jésus, l'unique espoir des affligés, l'unique secours des opprimés, l'unique consolation de ceux qui prennent leur recours à vous et l'imprenable forteresse des chrétiens. Je vous adresse ma prière, ne me repoussez pas quoique je sois un grand pécheur qui s'est perdu au milieu des honteux plaisirs du monde. Ô Marie, Mère de Dieu et mère de miséricorde, vous qui nous êtes si dévouée dans les difficultés de la vie, aidez-nous maintenant et toujours. Garantissez-moi contre les violentes attaques de mes ennemis spirituels, conduisez-moi sur le droit chemin de salut, et quand la dernière heure de ma vie sonnera, sauvez alors de tout danger mon âme remplie de misères, éloignez de moi la vue affreuse des démons ; préservez, au grand jour du jugement, mon âme, du jugement éternel de condamnation et conduisez-la dans l'éternelle assemblée des Saints et dans l'éternel héritage de voire Fils. Ô grande Reine et très-sainte Mère de Dieu, faites que, par votre protection et votre intervention, tous nos vœux soient exaucés ; nous vous en prions, par la grâce et la miséricorde de Jésus-Christ, notre Sauveur, à qui appartiennent, avec le Père éternel et le Saint-Esprit, tout honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


4e Jour. CONSIDÉRATION SUR L'ARRIVÉE MIRACULEUSE DE L'IMAGE DE N.-D. DE BON CONSEIL A GÉNAZZANO.

1er point. Le 25 avril 1467 vers le soir, arriva l'image de N. D. de Bon Conseil, que nous honorons sur cet autel. Quelle joie céleste inonde notre cœur, quand nous considérons ce présent du ciel, qui surpasse de beaucoup les richesses de la terre. Quels rayons de lumière et de gloire émanèrent de la face vénérable de Marie. À son entrée triomphante toutes les cloches se mirent spontanément en branle avec un accord harmonieux ; une lumière éblouissante éclaira l'église, les Anges qui avaient servi de cortège à l'Image la fixèrent à cet autel ; autel qui est devenu le Trône de la Reine des Cieux et de la Conseillère des Nations. Si, au moment où nous méditons cette arrivée miraculeuse, les Pèlerins qui accompagnèrent cette image bénie pouvaient élever leur voix du fond de leurs tombes, quel merveilleux récit ne nous feraient-ils de ce jour à jamais mémorable. « Témoins privilégiés du ciel, nous diraient-ils, nous avons vu ici, les premiers, l'image miraculeuse. À son arrivée l'Église fut inondée de lumière, les cloches retentirent d'elles-mêmes, les esprits célestes attachèrent l'image au mur, tandis que nos cœurs ravis d'une ineffable joie éclatèrent d'admiration : Ô Marie, ô trésor incomparable, ô don du Ciel, d'où nous vient-il tant de bonheur de vous posséder au milieu de nous ! Dites-nous les noms des Anges qui vous portèrent dans notre patrie. Ô heureuse contrée, ô Église élue, ô peuple béni, religieux, trop heureux d'être les gardiens de cette source, d'où jailliront sur nous et sur nos descendants les eaux salutaires de la grâce et du salut.

2e point. Il est hors de doute que les Anges qui accompagnèrent cette Image ravissante de l'Albanie vers Génazzano, ne soient souvent venus se prosterner invisiblement pour honorer et invoquer Marie. Si Dieu dans sa bonté daigna nous ouvrir les yeux, quelles phalanges de Chérubins et de Séraphins nous verrions inclinées et ravie devant cette sainte Image ! Par la joie et la consolation intérieure qui attendrissent nos âmes, pendant que nous entourons ici cet autel, ne participons-nous pas à l'allégresse laquelle animait jadis les habitants de Génazzano lorsqu'ils virent pour la première fois cette image ? Ne nous semble-t-il pas en ce moment entendre retentir dans Ce sanctuaire les hymnes des Anges ? Ô Marie, ô Marie ! périssent tous les trésors matériels pourvu que nous vous conservions au milieu de nous dans cette église, sur cet autel. Les Anges qui vous tiennent compagnie dans ce sanctuaire sont les gardiens de nos âmes, vos mains répandent sur nous des grâces abondantes, et de vos lèvres nous cueillons les conseils les plus sages. Mille grâces, mille louanges vous soient rendues, ô Marie, couvrez-nous toujours de votre manteau royal. Dorénavant nous voulons être entièrement à vous, et, au moment de notre trépas, nous espérons pouvoir exhaler notre âme à vos pieds. Animés de cet espoir nous vous disons :
Je vous salue, Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Anselme, Archevêque de Cantorbery.
(Ex oral, quae est 51)


Ô Marie, ô Marie, vous êtes cette grande Vierge, cette grande Reine, que mon cœur veut aimer. Ma langue veut faire retentir vos louanges, mon esprit veut vous honorer, et mon âme veut vous adresser ses supplications. Vous êtes la Reine des Anges et la Souveraine de toute la terre. Je vous en supplie de toutes les forces de mon esprit : écoutez-moi, ô Souveraine, faites-moi grâce, aidez-moi de votre toute puissance. Ô Marie, espoir de la vie, chemin du salut, moyen de réconciliation, pays de la paix universelle, temple de la vie et du salut de tous, car c'est vous qui avez révélé et enfanté le Sauveur de l'humanité ; Ô Vierge bénie et mille fois bénie, belle et aimable Vierge ! pourquoi vous refuserais-je les inclinations de mon cœur ? Attendez un instant, ô Marie, afin qu'une âme qui vous cherche et vous désire puisse vous trouver. Ô grande Reine, vous êtes la mère de la justification et des justes, de la pacification et des pacifiés, du salut et des élus. Ô salutaire confiance ! Ô refuge assuré ! La mère de Dieu est notre mère, la Mère de Celui en qui nous mettons tout notre espoir et que nous craignons tous est aussi notre Mère ! notre Juge est donc notre Frère ! Quelles raisons avons-nous donc de ne pas avoir pleine confiance ? Pourquoi craignons-nous donc puisque notre jugement dépend de notre Frère et d'une si bonne Mère ? De quel amour ne devons-nous donc pas aimer un tel Frère et une telle Mère ? Ah ! bonne Mère, priez pour nous ! obtenez-nous les grâces dont nous avons tant besoin. Priez le Fils pour les enfants, le Fils unique pour les fils d'adoption, le Seigneur pour les esclaves. Ainsi soit-il.


5e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE MOTIF OU LA CAUSE DE LA TRANSLATION DE CETTE IMAGE MIRACULEUSE À GÉNAZZANO.

1er point. Il ne nous est jamais permis d'approfondir les décrets adorables et souverainement sages de Dieu, vu que notre raison est trop limitée pour comprendre ces mystères ; mieux vaudrait nous prosterner et nous écrier avec l'Apôtre dans les sentiments d'une profonde adoration : Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables ! (Rom. XI, 33) Si alors le motif d'un événement merveilleux parait clair, évident, nous devons le considérer, l'examiner et tâcher d'en retirer quelque profit spirituel. Aujourd'hui donc efforçons-nous d'approfondir ce saint mystère. La raison principale pour laquelle l'image sainte de N. D. de Bon Conseil abandonna l'Albanie et vint à Génazzano n'était pas seulement la bonté et la miséricorde de Marie, mais encore les mérites de la bienheureuse Petruccia, la gloire et l'honneur du tiers-ordre qu'elle avait embrassé. Les principaux historiens de cette époque en font le plus grand éloge, comme nous l'avons déjà dit au Chapitre second de la première Partie de cette histoire. Elle était choisie de Dieu pour attirer en cette contrée le grand trésor de cette image miraculeuse. Ravie en extase elle avait contemplé la dévastation de l'Albanie et le départ prochain de cette précieuse image. D'une grande pureté, consacrée à Dieu dès sa naissance elle adressait de ferventes prières à la Reine des Vierges pour qu'Elle daignât venir séjourner à Génazzano, sa patrie. Les larmes, les prières, les gémissements de cette âme si pure procurèrent ce grand bonheur à ces contrées, à toute l'Italie et à tant de peuples. Guidée par une inspiration divine, elle bâtit une Église en l'honneur de la Reine des Cieux. Elle prédit sa glorieuse arrivée ; et, humblement prosternée devant l'autel, elle eut le bonheur d'être la première à contempler cette image, de la recevoir, de la saluer et de la vénérer. Ah ! combien est agréable à Marie l'odeur du lis de la virginité ! Quelle sainte violence, quelle force invisible n'exercent pas sur le cœur de Marie et sur celui de son divin Fils les vierges consacrées par le vœu de chasteté. Ô Marie les vertus et la pureté de cette bienheureuse fille de Saint Augustin vous forcèrent de quitter l'Albanie, pour le salut de nos âmes et afin de les enrichir, à la vue de votre sainte Image, par des faveurs célestes.

2e point. Voilà une ample matière pour la méditation de ce jour. Une vie pure, un grand détachement de tout amour désordonné, c'est là l'unique moyen de nous rendre Marie favorable et de pouvoir aspirer au bonheur de la recevoir dans nos cœurs. La mortification des sens, la fuite des créatures, la prière, l'amour de la solitude, la pénitence, qui sont autant de moyens pour conserver intact le lis de la virginité ; la sainte pureté, la sainteté dans tous les états, sont les vertus qui plaisent surtout à Marie, qui la forcent à venir au milieu de nous, à s'intéresser à notre cause, et à exaucer avec une bonté vraiment maternelle nos prières et nos demandes. Par ces mêmes vertus la vierge Petruccia réussit à attirer l'Image Sainte de N. D. de Bon Conseil, et par la pratique de ces vertus nous devons nous efforcer de conserver ce trésor ; mais hélas ! ô puissante Reine, ô sainte Mère de Bon Conseil où trouverons-nous ces âmes qui ont conservé l'innocence baptismale ? où croît encore le lis intact blanc et argentin de la pureté virginale ? où est le cœur orné des vertus éclatantes qui firent de l'âme de Petruccia un jardin de délices ? Tous nous souhaitons certainement de vous posséder dans nos cœurs ; que vous daigniez nous recevoir au nombre de vos enfants chéris ; mais où se trouve la sainteté, le zèle que nous devrions montrer pour être considérés comme vos enfants ? Ah ! que notre aveuglement est déplorable ; nous désirons recevoir les faveurs de Marie et nous refusons de mener une vie pure et angélique pour plaire à Marie ! ô douce, pure, et bienveillante Mère Marie, voyez-nous, en ce moment, à vos pieds, couverts de honte et de confusion. Vous seule, êtes assez puissante pour nous obtenir, de votre divin Époux, l'Esprit saint, le don de chasteté et de sainteté. Prosternés devant votre sainte Image nous vous prions humblement de nous obtenir ces grâces : à cette intention nous vous disons avec l'Ange Gabriel :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme le premier jour.


PRIÈRE de St. Jean Damascène.
(Ex hom. 1. in Dormit. B. M. V.)


Nous voici, ô grande Reine, et Mère de Dieu, agenouillés devant vous : nous nous confions à vous comme à une ancre sure d'espérance ; notre âme, notre esprit, notre corps, tout ce que nous possédons, nous vous le consacrons. Nous désirons de toutes nos forces vous honorer et vous louer. Nous savons bien que toutes nos louanges ne peuvent égaler vos mérites, daignez cependant, ô grande Reine et Mère de N. S. Jésus-Christ, nous regarder avec bienveillance et exciter en nous les sentiments que vous désirez de nous. Domptez le violent orage de nos passions déréglées, pour, après avoir calmé la mer, nous conduire au port de la volonté divine, et à l'entrée de la bienheureuse éternité : là nous nous réjouirons dans la lumière du Verbe incarné, votre Fils Jésus-Christ à qui soit, en même temps qu'au Père et au Saint-Esprit, tout honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


6e Jour. CONSIDÉRATION SUR LES PRINCIPAUX MIRACLES OPÉRÉS PAR N. D. DB BON CONSEIL À GENAZZANO.

1er point. Quel sujet d'admiration, quel sujet de joie et de confiance de considérer les nombreux miracles opérés par cette image merveilleuse dès son arrivée à Génazzano. Dans l'espace de trois mois et de dix-sept jours on en a compté cent cinquante-neuf. Quel spectacle ravissant de voir le grand nombre de fidèles, qui arrivaient non-seulement des contrées voisines, mais même des pays lointains : on y rencontrait des aveugles, des sourds, des muets, des paralytiques, des malades de toute espèce ; tous y venaient avec le ferme espoir de recouvrer la santé par l'intercession de N. D de Bon Conseil. Quel ne fut pas leur étonnement, quand, à peine entrés dans le sanctuaire, les aveugles recouvraient la vue, les sourds l'ouïe, les muets la parole, les boiteux la marche, les malades la santé ! Chose plus admirable encore plusieurs morts furent rendus à la vie par l'intercession de Marie. Quelles merveilles, quels miracles ! que de larmes de tendresse et de reconnaissance ne versaient pas les assistants quand ils entendaient de toutes parts retentir ces accents : Nous vous remercions, ô Marie, parce que vous nous avez rendu la santé ; d'autres comme ravis hors d'eux-mêmes : ô Marie que vous êtes belle, que vous êtes bonne, que vous êtes miséricordieuse ! Au simple aspect de votre image, l'âme recouvre la paix et la tranquillité, et le corps usé par les maladies les plus invétérées et les plus douloureuses éprouve une guérison subite et complète ! D'autres encore les yeux mouillés de larmes : par votre intercession ô Marie, nous vous quittons guéris et en parfaite santé, mais notre cœur restera en ce sanctuaire, déposé sur votre autel ; à notre retour nous annoncerons partout qu'à Génazzano se trouve une source inépuisable de bénédiction et de grâces : N. D. de Bon Conseil ; Ô habitants privilégiés, nous portons envie au bonheur dont vous jouissez de pouvoir l'approcher de si près et de l'invoquer à tout moment !

2e point. Grande était la satisfaction d'apprendre que cette source était inépuisable en bienfaits et en merveilles. Les miracles ne se bornaient pas aux personnes qui visitaient Génazzano ; il suffisait d'avoir une copie de l'image pour en éprouver les salutaires effets. Si, après avoir admiré les merveilles opérées dans l'ordre naturel, nous nous élevons à l'ordre surnaturel nous serons étonnés du grand nombre d'âmes aveugles et malheureuses par suite du péché, qui ont recouvré la lumière et le bonheur à la simple vue des copies de cette image de N. D. de Bon Conseil ! Grand nombre d'âmes sourdes et insensibles aux inspirations divines sont rentrées en elles-mêmes et ont obtenu l'usage de l'entendement ! Grand nombre d'âmes que Satan tenait enchaînées ont été rendues à la liberté par la vertu de cette image miraculeuse. Que d'âmes mortes à la grâce et déjà réduites à un état fétide, comme autrefois Lazare, en invoquant son secours, ont été rappelées à une vie nouvelle et sainte. Que d'âmes qui se trainaient sur la route de la perdition doivent à l'intercession de N. D. de Bon Conseil, la grâce de marcher d'un pas ferme dans la vertu et la perfection !... Voilà les grâces précieuses qui nous sont figurées par les miracles visibles opérés par cette sainte image. Ô très-sainte et très-aimable Mère de Bon Conseil, nous Vous remercions de tout cœur ; nous vous prions de vouloir bien veiller sur nos intérêts spirituels et temporels. Nous nourrissons une confiance sans bornes en votre puissante intercession ; mais, nous en sommes persuadés, plus étendu encore est votre amour et votre tendresse maternelle à notre égard. Animés par une confiance toute filiale nous vous invoquons par ces belles paroles :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Germain, patriarche de Constantinople.
(Ex serin. Deipar. praesent. in Templo.)


Ô grande Mère de Dieu et épouse du Très-Haut, ô ma Reine, vous êtes, après Dieu, ma seule consolation dans mes souffrances, mon soulagement dans mes aridités, ma lumière dans les ténèbres, ma conductrice dans les dangers, mon soutien dans mes faiblesses, mon vêlement dans ma nudité, ma richesse dans ma misère, le baume de mes plaies. — Vous êtes mon soulagement dans mes plaintes, ma force dans mes craintes, mon salut dans mes liens, l'espoir de mon salut. — Je vous en supplie, daignez écouter mes prières, séchez mes larmes, ayez pitié de moi... Inclinez une oreille propice à mes supplications, et accédez à mes désirs, qui tendent tous à être admis un jour dans la demeure des bienheureux. Soyez ma conductrice, Ô ma Reine, mon refuge, ma vie, mon secours, mon espoir et mon salut. Obtenez-moi la grâce de participer un jour à l'ineffable joie de votre Fils. Je sais, qu'étant sa mère, vous en avez le pouvoir, et que tels sont aussi vos voeux. Ne permettez pas, ô Sainte Vierge, que je sois trompé dans mon attente, mais faites que cela arrive par votre Fils, à qui soient, avec le Père éternel et le Saint-Esprit, tout honneur et gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


7e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE TITRE MYSTÉRIEUX DE N. D. DU PARADIS, DONNÉ À CETTE IMAGE, DÈS SON APPARITION À GÉNAZZANO.


1er point. Lors de son apparition à Génazzano le titre mystérieux de cette belle et vénérable image était : l'Image de Marie du Paradis : ce titre lui convenait de droit. Quand les fidèles virent pour la première fois apparaître à l'improviste cette sainte et ravissante image, annoncée par la sonnerie spontanée des cloches, entourée de rayons célestes et répandant une odeur suave, ils durent s'imaginer qu'elle descendait du ciel sur les ailes des chérubins et que la Reine du Paradis elle-même leur envoya ce trésor pour la sanctification des âmes, et pour en gratifier l'ordre de St. Augustin, qui existait depuis onze cents ans à Génazzano. De là le titre de N. D. du Paradis sous lequel elle était honorée. De quelle joie pure mon cœur se sent comblé en considérant le titre mystérieux de N. D. du Paradis ? Les Docteurs de l'Église, les saints Pères se sont souvent servis de ce titre de Marie du Paradis. Richard de S. Laurent appelle Marie, Paradis de délices, parce que les bienheureux du ciel trouvent en Marie, après Dieu, leurs plus grandes délices. L'abbé Rupert la nomme le Paradis du repos divin parce que tonte la sainte Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit reposent en elle et y éprouvent une joie indicible. Les docteurs de l'Église et les Saints la saluent par le titre de Paradis de nos âmes, parce qu'après Dieu, Marie est notre consolatrice et la cause de notre bonheur céleste. S. Grégoire de Nicomédie s'écrie dans un saint ravissement : Ô beauté qui l'emporte sur toutes les autres beautés ! ô Mère de Dieu que nous pouvons nommer la glorieuse, au-dessus de tout ce qui mérite le nom de gloire ! Autant de bienfaits et de grâces que nous rappelle ce titre de Marie du Paradis et dont l'aspect de cette sainte image doit réveiller la mémoire en nous.

2e point. Voici une seconde raison pour quoi cette image porte le titre de Marie du Paradis. Ne semble-t-il pas, quand on la considère attentivement, que son air virginal nous donne déjà un avant-goût du Paradis ? Contemplons ces yeux si clairs qui, tantôt comme ravis en extase se fixent rayonnants sur son enfant adorable, tantôt nous regardent avec attendrissement comme intercédant pour nous auprès de son divin Fils ? Quelle aménité, quelle douceur, quelle sainteté, quelle chasteté céleste ne reluisent pas sur cette figure resplendissante de pureté angélique ? Considérons avec une attention respectueuse cette figure virginale, qu'il n'a jamais été au pouvoir de l'artiste de rendre fidèlement, parce que ces traits paraissent plutôt tracés par un ange que par un homme. Cette face nous retrace la majesté, la grandeur, l'aménité, l'amour, la sainteté et la douceur du Paradis. Ô beauté aimable, ô figure du Paradis, ô très sainte, très chaste Mère du Fils unique de Dieu, Marie du Paradis, vous êtes remplie d'une joie toute céleste et nous vous honorons comme le Paradis spirituel de nos âmes. Entre vos mains nous avons remis l'affaire de notre salut, rien ne sera capable d'ébranler notre confiance. Nous attendons de vous toute espèce de faveurs spirituelles. Vous êtes Marie du Paradis, et Marie de Bon Conseil ; comme Mère de Bon Conseil, fournissez-nous une ample matière à méditation pour le jour suivant ; comme Marie du Paradis, excitez-nous à vous aimer, à vous honorer, et à vous invoquer de cœur et de bouche :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme le premier jour.


PRIÈRE de St. Anselme, Évêque de Lucques.
(Ex med. Sup. Salve Regina.)


Ô chère Dame, vous êtes véritablement la Reine de miséricorde. Quand je vous contemple, je ne vois en vous que bonté ; c'est par amour pour les malheureux que vous êtes devenue la Mère de Dieu et que vous avez enfanté la miséricorde elle-même. Vous ne respirez que la miséricorde, et vous n'avez d'autre désir que de faire miséricorde. Qui est ce donc qui n'obtiendra pas de vous ce qu'il demande ? Ceux-là seulement qui ne savent pas eux-mêmes qu'ils sont malheureux. Qu'ainsi votre règne de miséricorde nous arrive, nous qui reconnaissons que nous sommes malheureux. Soyez à l'avenir notre vie ; une vie spirituelle qui entretient la vie de l'âme ; une vie qui chasse la mort, et qui rend les mortels, immortels. Ô chère, ô désirée, ô douce vie!... Mais puisque vous êtes ma vie, pourquoi ne vis-je donc pas entière ment pour vous ? Ô Dame de bonté, votre seule pensée fait déborder mon cœur de consolation ! C'est pourquoi, courbé sous le poids des maux, éloigné de la patrie céleste, privé de grâce, sevré de toute consolation maternelle, nous élevons nos voix vers vous ; car vous êtes notre Mère, notre secours, qui n'abandonne personne ; reprenez-nous parmi vos enfants, quoique nous vous ayons quittée, attirez-nous par vos charmes, et nourrissez-nous du lait de vos bienfaits... Malgré que nous soyons indignes de jouir de vos embrassements maternels, nous n'en avons pas moins de confiance en votre bonté, et nous espérons par là pouvoir en jouir. Eh qui ne désirerait pas d'aller vers vous, qui êtes pour tous, la protectrice, le trésor, la bonté même, vous, miroir de vertu, modèle de Sainteté, vous êtes affable et aimable envers tous. Ô Siège de la sagesse, fontaine de la bienveillance, rayon de la divinité, nous, accablés de péchés et entourés de misères, nous crions, nous gémissons vers vous. Vous êtes notre médiatrice, vous devez donc nous secourir ; montrez-nous donc, après cet exil, Jésus, le fruit béni de vos entrailles. Ô Dame, vous êtes secourable aux malheureux, bienveillante envers les suppliants, miséricordieuse envers les repentants, pleine de douceur à l'égard de ceux qui vous aiment. O clemens, o pia, o dulcis virgo Maria. Ainsi soit-il.


8e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE TITRE MYSTÉRIEUX DE N. D. DE BON CONSEIL SOUS LEQUEL EST VÉNÉRÉE ACTUELLEMENT LA SAINTE IMAGE.

1er point. Sainte Mère du Bon Conseil, c'est le titre sous lequel nous vénérons et invoquons l'Image de la Reine des Cieux. On ignore, il est vrai, la raison pourquoi cette Image, nommée d'abord la Vierge du Paradis, a reçu plus tard le nom de N. D. de Bon Conseil. Les révolutions qui ont dévasté la contrée de Génazzano au 15e siècle, sont cause de la perte des documents importants relatifs à ce changement de nom. Le couvent et l'Église des Pères Augustins s'appelaient: la maison, l'Église de N. D. de Bon Conseil (le couvent de la Congrégation du T. S. Rédempteur de Scifelli, dans les États romains porte aussi le nom de maison de N. D. de Bon Conseil). Ainsi il est permis de croire que la Sainte Vierge a voulu être honorée sous ce nom d'une manière spéciale dans ce sanctuaire. Il est certain que les Pères de l'Église grecque ont donné ce titre à Marie. S. Cyrille, évêque d'Alexandrie, l'affectionnait tout particulièrement. En 430 il présidait au nom du Pape Célestin le troisième concile œcuménique, composé de 200 évêques, réunis à Éphèse pour condamner la doctrine impie et sacrilège de Nestorius. Dans son allocution il nomme Marie la très sage Conseillère de l'Église ; de même, dit il, que son divin Fils est le conseiller pour tous ceux qu'il a racheté. De droit donc, nous pouvons ajouter ce titre à celui de Marie du Paradis, car qui pourra entrer dans cette patrie céleste que celui dont la vie a été innocente, pure ou pénitente. De qui, sinon de N. D. de Bon Conseil recevrons-nous le saint et puissant conseil capable de nous déterminer à mener une vie vraiment chrétienne, et à avancer dans la voie étroite de la perfection ? Les docteurs de l'Église et les saints Pères l'appellent tantôt la Conseillère des Apôtres, tantôt la Conseillère des ignorants, dans un autre endroit Conseillère universelle, puis encore Conseillère capable de nous aider dans toutes les nécessités particulières. Que nos cœurs donc s'excitent à vénérer cette sainte image sous le titre de Notre Dame de Bon Conseil et à placer en Elle toute notre confiance.

2e point. Si nous considérons combien souvent nous avons abusé des conseils de notre bonne Mère, nous trouverons bien des motifs pour répandre des larmes amères. Que de fois notre bonne Mère ne nous adressa-t-elle pas ces doux reproches « Mon enfant, relevez-vous ; changez votre manière de vivre, retournez, le cœur contrit, à mon Fils ; n'abusez pas plus longtemps de sa miséricorde, brisez vos chaînes ; profitez de ce vent favorable qui vous pousse vers le port de la bienheureuse éternité ; ne tardez plus à prêter l'oreille à mes exhortations et à mes conseils. » Que de fois, quand on découvrit cette sainte Image et que nous la considérions, nous avons entendu une voix intérieure nous dire : rompez les chaînes de votre cou, ô fille de Sion captive depuis si longtemps. Mon fils que vous êtes à plaindre ; débarrassez-vous de ces chaînes, qui vous ont pesé si lourdement ; quittez ces occupations dangereuses qui n'ont été que trop longtemps un empêchement pour vous donner tout à Dieu ; suivez enfin mon  conseil et ne méprisez plus la parole de votre Mère. »
Comment notre cœur a-t-il répondu à cette bienveillante invitation. Quel profit avons-nous tiré de ces exhortations salutaires ? Avons-nous prêté l'oreille à notre Conseillère céleste ? Hélas ! couvrons-nous la face pour cacher notre honte et notre confusion. Ô Marie ! jusqu'ici nous n'avons été que trop ingrats pour tous vos bienfaits ; mais nous avons du repentir de notre conduite passée, nous faisons le ferme propos de nous améliorer et de suivre en fout votre Conseil, ô Mère de Bon Conseil, et pour obtenir ces grâces nous vous disons :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Idelphonse, archevêque de Tolède.
(Ex lib. de Virgin. Maria;. Cap. 12.)


Ô Sainte Vierge, Mère de Dieu, et coopératrice de son incarnation, je viens me jeter à vos pieds et vous supplier de m'obtenir le pardon de mes péchés. Purifiez-moi de plus en plus de mes souillures, pour que je puisse aimer plus ardemment votre glorieuse puissance. Je vous prie de me faire mieux apprécier la bonté de votre divin fils, afin que je persévère inébranlablement à croire en lui. Ah ! puissé-je partout et toujours adorer le pouvoir suprême de mon Dieu et le vôtre, puissé-je toujours servir Dieu et vous, Dieu, comme mon créateur, et vous, comme sa mère, Dieu, comme mon sauveur, et vous comme sa coopératrice à cette délivrance, parce que l'humanité, par laquelle il a opéré mon salut, a été formée dans votre sein virginal. Celui qui est devenu mon Sauveur est votre Fils ; je suis dès lors votre serviteur, puisque votre Fils est mou Seigneur. Ah ! Sainte Vierge, je vous en prie, accordez-moi d'aimer Jésus avec les sentiments dans lesquels vous l'avez conçu, avec le même esprit, dans lequel vous l'avez conçu dans votre chaste sein, et d'arriver à la connaissance de Jésus, avec la même foi dans laquelle vous l'avez connu, conçu et enfanté. Ainsi soit-il !


9e Jour. CONSIDÉRATION SUR LA DÉVOTION ET LA CONFIANCE QUE NOUS DEVONS AVOIR DANS L'IMAGE MIRACULEUSE DE N. D. DE BON CONSEIL.

1er point. La raison et le devoir demandent que la reconnaissance égale le nombre et la grandeur des bienfaits. Marie nous aurait-elle pu procurer un plus grand bienfait que celui de nous avoir envoyé son image ! Ô Image sainte ! qui nous a été apportée de contrées si lointaines ! ô Image sainte ! qui est arrivée dans ce sanctuaire au milieu de tant de merveilles ! Ô Image sainte ! en vous contemplant nous nous sentons forcés de nous écrier : Ô bonne Mère, ô trésor du Paradis ! nous devons vous témoigner notre reconnaissance par nos fréquentes visites, par nos hommages continuels, et par la confiance à vous de mander conseil dans toutes nos entreprises. Souvent vous nous verrez prosternés à vos pieds, chaque samedi nous apporterons une offrande pour l'ornement de votre autel. Aurions-nous le malheur de manquer à nos promesses, nous mériterions que les prières faites dans ce sanctuaire s'élevassent contre nous ; que les tombes des religieux s'ouvrissent ; que les fidèles témoins de votre arrivée, que tous les hommes illustres et les souverains Pontifes qui sont venus en pèlerinage nu-pieds, des contrées les plus lointaines, se constituassent nos accusateurs pour nous reprocher notre ingratitude. Même nous mériterions que les saints Anges, qui sont préposés à la garde de votre sanctuaire, nous adressent ces amères paroles : « Ingrats, est-ce ainsi que vous répondez aux bienfaits de Dieu ? Ingrats, avez-vous témoigné votre reconnaissance à la Mère de Bon Conseil ! » Marie elle-même ne se verrait-elle pas obligée de nous dire : « Si vous me nommez votre Mère et voire Reine, où est l'honneur que vous me témoignez, où sont les marques de votre reconnaissance. » Nous nous exposons sans doute à de plus amers reproches si nous restons insensibles à un si insigne bienfait. (Voir la note qui suit cette méditation)

2e point. Esprits célestes qui entourez ce saint autel, indiquez-nous quelle doit être notre gratitude ? Pas simplement une gratitude de paroles mais de laits : pas une gratitude se bornant aux sentiments mais, passant aux œuvres ; pas une gratitude de pensées, mais une gratitude bien sentie ; un ferme propos de ne plus offenser son divin Fils, et de nous adonner, par amour pour Marie, à la pratique des plus héroïques vertus. De cette manière nous devons témoigner à Marie notre reconnaissance de ce qu'elle a bien voulu quitter l'Albanie et établir sa résidence au milieu de nous. L'ingratitude des Albaniens a forcé Marie de les abandonner ; abandon qu'ils déplorent encore et qui leur fait verser des larmes bien amères. Peut-être en vue de notre peu de reconnaissance et de notre indifférence, Marie nous quittera un jour? Ô Marie notre bonne Mère ! notre céleste Conseillère ne nous abandonnez pas ! il est vrai nous l'avons mérité par notre inconduite, mais nous vous promettons de témoigner plus d'amour et de vénération pour votre Sainte Image. Les yeux continuellement fixés sur vous, nous disons de tout cœur :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Anselme, Archevêque de Cantorbery.
(Ex lib. Orat. quae est 50.)


Ô Vierge, honorée par la Chrétienté comme la bonne mère du genre humain ; Porte merveilleuse des esprits angéliques, très sainte Marie, moi, pauvre pécheur, je prends mon recours à votre miséricorde. Votre bon Fils convie les pécheurs à la pénitence ; et vous, sa bonne Mère, pourriez-vous repousser le pécheur ? Votre cher Fils est venu chercher le pécheur égaré, et vous, sa bonne Mère, pourriez-vous éloigner de vous le pécheur suppliant ? Ah ! pauvre pécheur, je reconnais ma faute, je suis incliné ici en présence de votre divin Fils et de Vous, la meilleure des Mères. — Ô cher Jésus, pardonnez au serviteur de serviteur de votre Mère ; ô bonne Mère, pardonnez au serviteur de votre Fils. Bon et divin Fils, apaisez votre Mère en faveur de votre serviteur ; bonne Mère réconciliez votre serviteur avec votre Fils ; placé entre ces deux affections je ne saurais succomber devant votre terrible rigueur. Ô bon Fils, ô bonne Mère, que la connaissance d'une si grande vérité ne me soit pas inutile, et que mon espoir ne soit pas déçu : j'aime la vérité, voilà pourquoi je la confesse ouvertement. — Dites-moi, Juge du monde, si Vous ne me pardonnez point, à qui accorderez-vous pardon ; dites-moi, Réconciliatrice de la terre, si vous ne me réconciliez pas avec votre Fils, qui réconcilierez-vous avec lui ? Ah ! Seigneur, si vous me condamnez ; ah ! Mère, si vous n'aidez pas un malheureux, qui fait un appel à votre bonté, et confesse sincèrement ses péchés, dites-moi donc, ô Jésus, qui sauverez-vous, dites-moi, ô Marie, de qui prendrez-vous la défense ? Serait-il possible, ô Jésus, que par votre ordre, ô Marie, que de votre consentement, un pécheur, qui reconnaît sa faute, soit condamné aux flammes éternelles ? Oh non, vous m'exaucerez. Eloignez vos regards de mes péchés, et rappelez-vous vos miséricordes. À cause de l'amour, dont vous abondez, et de la force, que vous possédez, je vous en supplie, affranchissez-moi des châtiments que j'ai mérités par mes péchés et aidez-moi à entrer, un jour, dans la joie éternelle du ciel. Ainsi soit-il.

À la fin de cette Neuvaine, on récite le cantique « Nous vous louons » ; et on la clôture par une bonne œuvre en l'honneur de Marie.



HYMNE DE RECONNAISSANCE envers Marie,

imitée du Te Deum par St. Bonaventure



Nous vous louons, ô Mère de Dieu.
Nous célébrons ô Marie ! votre Virginité très-sainte.
Toute la terre vous vénère, épouse du père Éternel ;
Tous les Anges et les Archanges, les Trônes et les Principautés vous servent avec fidélité.
Les Puissances, et les Vertus, les cieux des cieux et les Dominations obéissent à vos ordres.
Les Chérubins et les Séraphins sont devant votre trône dans des transports de joie.
Tous les Chœurs réunis des Esprits célestes ne cessent de répéter à l'envi :
Sainte ! Sainte ! Sainte ! est Marie Mère de Dieu ! Mère et toujours Vierge.
Les Cieux et la terre sont remplis de la glorieuse majesté du fruit de votre sein.
Le Chœur triomphant des Apôtres publie que vous êtes la Mère du Créateur.
La troupe brillante des martyrs vous glorifie comme Mère du Sauveur.
La glorieuse assemblée des Confesseurs vous nomme le Temple de l'Adorable Trinité.
Le chœur aimable des Vierges vous proclame le modèle de la Virginité et de l'humilité.
Toute la cour céleste vous invoque et vous révère comme sa Reine.
Dans tout l'univers l'Église et vous invoque et vous honore comme la Mère de la Majesté divine.
Vous êtes la vénérable et vraie Mère du roi des cieux, Mère sainte, douce et miséricordieuse.
Vous êtes la Souveraine des Anges et la porte du paradis :
L'Échelle mystérieuse du ciel, le trône de gloire, l'arche de clémence et de grâce.
Vous êtes la source de la miséricorde, la Mère et l'Épouse du Roi des siècles.
Vous êtes le temple et le sanctuaire de l'Esprit-Saint, le tabernacle de l'adorable Trinité.
Vous êtes la médiatrice entre Dieu et les hommes, la mère aimante des mortels.
Vous êtes le bouclier des agonisants, l'avocate des pauvres, la consolatrice et le refuge des pécheurs.
Vous êtes la dispensatrice des dons célestes, la terreur des démons et des superbes.
Vous êtes la souveraine du monde, la Reine du ciel, et après Dieu notre unique espérance.
Vous êtes le salut de ceux qui vous invoquent, le port du naufragé, la consolation du malheureux, et le refuge du pécheur prêt à périr.
Vous êtes la Mère de tous les Bienheureux; après Dieu leur joie la plus pure, et l'ineffable consolation de tous les habitants de la céleste Jérusalem.
C'est vous qui animez les justes, vous qui ramenez au bercail les brebis égarées ;
C'est vous qu'ont espérée les patriarches, vous qui vérifiez les oracles des Prophètes;
Vous avez éclairé les apôtres, enseigné les Évangélistes ;
Vous êtes la force des Martyrs, l'exemple des confesseurs, l'honneur et la joie des Vierges.
C'est vous qui pour sauver l'homme exilé du ciel, avez reçu dans votre sein le Fils de l’Éternel.
Par vous l'antique ennemi a été vaincu et le royaume des cieux a été ouvert aux Fidèles.
Vous siégez avec votre Fils à la droite du Tout-puissant :
Ô Vierge Marie ! Priez-le pour nous qui devons comparaître devant son tribunal.
Nous vous en prions, Venez au secours de vos serviteurs rachetés au prix du sang de votre divin Fils.
Obtenez-nous, ô Vierge Clémente ! d'être un jour associés à la gloire des élus.
Sauvez votre peuple, ô aimable Souveraine ! et faites que nous ayons part à l'héritage de votre Fils.
Étendez votre sceptre sur nous et conservez-nous pour la vie éternelle.
Chaque jour ô Mère ! nous vous saluons; et nous désirons vous louer jusque dans l'éternité.
Daignez ô douce Marie ! nous conserver maintenant et toujours, purs de tout péché.
Ayez pitié de nous, ô tendre Mère ! ayez pitié de nous.
Que votre miséricorde s'étende toute entière sur nous, parce qu'en vous ô Vierge Marie ! est toute notre confiance.
Par vous nous espérons tout obtenir, et arriver à la vie éternelle.
À Vous, ô Mère de Dieu ! soit toute louange, tout empire, toute puissance et toute gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.



ANNOTATION

La Providence divine est admirable, impénétrables sont ses décrets. Ce n'est nullement, par hasard qu'un lieu où Marie était autrefois vénérée d'une manière toute particulière est devenu la propriété des religieux appartenant à une Congrégation que, Dieu semble avoir prédestinée pour vivifier dans notre siècle de corruption, la foi par la dévotion à Notre Dame. Un Sanctuaire dédié à S. Alphonse Marie de Liguori, ce grand serviteur de la Sainte Vierge, s'élève sur l'emplacement appartenant avant la grande révolution française aux Carmélites anglaises, qui actuellement sont établies à Cornwall en Angleterre. Les archives de ce couvent portent : qu'en 1619 une noble dame d'origine anglaise ayant nom Mary Lowel, fille du noble lord Roper, baron de Fegnham, fonda un couvent à Anvers, sur la place Hopland. La première supérieure de ce couvent, native de Louvain, se nommait Anne de l'Assomption ; Dieu l'avait désignée lui-même dans un ravissement à Anne de Barthélémy contemporaine et compagne de S. Térèse. La rue Hopland avait été choisie par le P. Thomas de Jésus, pour lors Provincial de l'ordre d'accord avec la première Prieure, qui tous deux avait eu une révélation à ce sujet de la Sainte Vierge elle-même. Le 1 Mai 1619, on y offrit pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe. Un jour que les religieuses firent une procession dans leur couvent en chantant le Regina Coeli, on entendit une voix sortir d'une muraille devant laquelle on passait. On la perça et une grande et belle statue de la Vierge s'y trouvait, que fut placée sur l'autel de la chapelle. Plusieurs personnes attestent y avoir reçu plusieurs faveurs particulières par l'intercession de la Sainte Vierge. À Londres existe une vie de la R. Mère Marie Xavier, qui porte que la S. Vierge lui apparut un jour et la remercia de l'avoir rétablie dans sa propre demeure. Les corps de plusieurs religieuses sont restés intacts après leur mort, et parmi ceux-ci on remarque surtout le corps de la Mère Marguerite des SS. Anges.
L'ouvrage intitulé Antverpia Christo nascens et crescens porte : « Le 21 Juillet 1678 mourut au couvent des Carmélites anglaises, Marie Marguerite des Anges. Elle naquit à Anvers le 12 Novembre 1617 ; son père se nommait Jean Wake, d'une ancienne et noble famille anglaise, sa mère Marie Thorny d'une famille distinguée. Entrée au couvent le 10 Juin 1653, elle fut admise aux voeux le 11 Juillet de l'année suivante. Jusqu'à trois fois elle fut élue prieure, et après avoir mené une vie très édifiante selon la stricte observance de ses Règles et de ses constitutions dans la pratique des plus héroïques vertus, elle mourut le 21 Juin 1678 à l'âge de 61 ans. En 1716, trente huit ans après sa mort, comme on voulait agrandir le lieu servant de sépulture aux religieuses, son corps fut trouvé intact tandis que son habit était consumé. Examen en fut fait en présence de sa Grandeur Pierre Joseph Évêque d'Anvers, et trois médecins dèclarèrent que cette conservation était tout-à-fait contraire aux lois de la nature. D'abord exposé à l'air il fut enfermé dans un cercueil à double clef dont tune fut portée à l'évêché, l'autre gardée au couvent. »
Tel est le récit d'un manuscrit de Marie Josèphe de S. Térèse, Prieure du couvent, dressé le 23 Juillet 1748, que j'ai entre les mains (J. C. Dierckiens. Antv. Christo nasc. et cresc. Tom. VII)
Les Carmélites anglaises au couvent de S. Joseph à Cornwall conservent des archives qui portent : « Lorsqu'en 1793 la révolution française menaçait de s'étendre aussi en Belgique, les religieuses de la rue Hopland se hâtèrent de prendre la route de l'Angleterre, elles voulurent emporter le corps de la Mère Marguerite des Anges, mais les autorités communales s'y opposèrent. »
Les vieillards à Anvers se souviennent encore que, lors de l'invasion française en Belgique, le caveau du couvent des carmélites fut ouvert et exposé à des violations sacrilèges. À cette occasion on transporta le corps de la Mère Marguerite à l'hôtel de ville, où on l'a laissé quelque temps dans un lieu indécent au milieu de ruines. Plus tard il a été transporté au lieu servant de sépulture aux Évêques. En 1842, quand Son Éminence le Cardinal Engelbert archevêque de Malines a fait transférer de la Place verte au caveau épiscopal les restes mortels de sa grandeur l'Évêque Spinosa, son Éminence a examiné les ossements de la Mère Marguerite des Anges, et les a fait enfermer dans un plus précieux cercueil. Voilà ce que nous lisons dans une lettre que le Révérend Monsieur le Doyen J. B. Beeckmans Archiprêtre d'Anvers, écrivit l'an 1846 aux religieuses de Cornwall qui lui avaient demandé quelques éclaircissements sur les restes de leur vénérable sœur.


(Histoire de Notre-Dame de Bon-Conseil)



Reportez-vous à Origine de la dévotion à Notre-Dame de Bon-Conseil, HISTOIRE DE LA MADONE DE GENAZZANO DITE NOTRE-DAME DU BON CONSEIL, Prière à Notre-Dame de Bon Conseil de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, PRIÈRE À NOTRE-DAME DE BON CONSEIL POUR DEMANDER LA GRÂCE DE CONNAITRE SA VOCATION, Litanies de Notre-Dame de Bon-Conseil, ACTE DE CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL et CANTATE DE NOTRE-DAME DE BON CONSEIL.
















Origine de la dévotion à Notre-Dame de Bon-Conseil




L’Église honore la Mère de Dieu sous le titre de N.-D. de Bon-Conseil et lui applique dans son office ces paroles de l‘Écriture : « J’habite dans le conseil de Dieu ; j'étais dans sa pensée quand il organisait le monde. C’est moi qui ai fait naître dans les Cieux une Lumière qui ne s’éteindra jamais ; le conseil et la prudence me sont propres. »
Dans les Litanies, elle décerne à Marie les beaux titres de Vierge très prudente, de Siège de la divine Sagesse.
En effet, Marie a donné au monde Celui qui est la Lumière éternelle. Le verbe divin, la sagesse incréée a daigné habiter en elle ; il a conversé avec elle pendant trente ans.
Qui pourrait dire dans quelle mesure Marie a reçu de Dieu les dons de conseil et de sagesse ?
Aussi Notre-Seigneur lui-même a honoré Marie comme Dame du Bon-Conseil. N’a-t-il pas consulté en tout sa sainte Mère, pendant les trente années qu’il a passées avec Elle à Nazareth ? L’Évangile en fait foi, quand il nous dit que « Jésus était soumis. » Sans doute Celui qui était la Sagesse même pouvait se passer des conseils de Marie ; mais parce qu'il voulait nous servir en tout de modèle, en fils respectueux et obéissant, il n’a rien fait d‘important sans consulter sa Mère.
Marie a donc été la conseillère de Jésus. Elle a été la conseillère des apôtres et de l’Église naissante. Après l‘Ascension de son divin Fils. C’est à Elle que les apôtres et les premiers disciples recouraient dans leurs difficultés. Marie résolvait leurs doutes, les éclairait sur la doctrine du divin Maître.
Et depuis lors Elle a continué du haut du Ciel à être la conseillère de l’Église. Déjà au concile d'Éphèse en 430, S. Cyrille qui présidait cette assemblée proclame Marie « la très-sage conseillère de l’Église. »
Les Docteurs et les Saints Pères l'appellent tantôt la Conseillère des Apôtres, tantôt la Conseillère des ignorants, la Conseillère Universelle, la Conseillère capable de nous aider dans toutes les nécessités.
Le saint Pontife Pie IX a une confiance particulière dans l’intercession de N.-D. DE BON-CONSEIL. Plusieurs fois dans le cours de son Pontificat si agité, il a fait le pèlerinage de Genazzano, pour aller s'agenouiller aux pieds de la madone de Bon-Conseil qu'on vénère dans cette église.
Un grand nombre de saints ont professé une dévotion spéciale envers N.-D. de Bon-Conseil. Saint Alphonse de Liguori s’est distingué entre tous. Il ne laissait passer aucun jour sans prier N.-D. de Bon-Conseil. L’historien de sa vie raconte qu'il avait toujours dans sa cellule une de ses images qu’il plaçait devant lui sur sa table, afin de l’avoir constamment sous les yeux. C’était à N.-D. de Bon-Conseil qu’il s‘adressait la suppliant de l’aider dans toutes ses entreprises et de le soutenir dans tous ses travaux. Jamais il ne fut trompé dans son attente. « Elle me donnait conseil en toutes choses », dit-il lui-même. Les disciples de St-Alphonse, marchant sur les traces de leur saint fondateur, propagent partout la dévotion envers N.-D. de Bon-Conseil.
À l'exemple de l’Église et des saints, les fidèles doivent prendre Marie pour Conseillère ; ils doivent l’invoquer dans leurs doutes, leurs incertitudes, leurs difficultés. Quel est l’homme qui n'ait pas besoin de conseil ? que de fois dans la vie on hésite ne sachant quel est le meilleur parti à prendre ?
L’Esprit-Saint lui-même nous avertit qu'il ne faut rien faire d’important sans prendre conseil « fili, sine consilio nihil facias. » (Eccl. xxxii). Combien se sont égarés pour avoir voulu se guider eux-mêmes !
Dans le choix d’un état de vie, dans les devoirs d'état, dans les entreprises même et dans les maladies, recourez sans doute aux conseils des hommes sages, surtout de ceux que Dieu vous a donnés pour guides ; mais ne négligez pas de consulter Marie, la Mère du Bon-Conseil, et vous éprouverez la vérité de cette parole des Livres saints : « Consilium illius sicut fons vitæ permanet. Son conseil donne à tous la vie, la grâce et le salut. » (Eccl. xxi)


(Notice de l'Antique pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Conseil)



Reportez-vous à HISTOIRE DE LA MADONE DE GENAZZANO DITE NOTRE-DAME DU BON CONSEIL, Prière à Notre-Dame de Bon Conseil de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, PRIÈRE À NOTRE-DAME DE BON CONSEIL POUR DEMANDER LA GRÂCE DE CONNAITRE SA VOCATION, Neuvaine en l'honneur de Notre-Dame de Bon Conseil, Litanies de Notre-Dame de Bon-Conseil, ACTE DE CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL et CANTATE DE NOTRE-DAME DE BON CONSEIL.














CANTATE DE NOTRE-DAME DE BON CONSEIL




À votre antique sanctuaire
Séjour aimé de nos aïeux,
Nous venons, Vierge tutélaire
Offrir et nos chants et nos vœux.
Pour nous, vous êtes, ô Marie,
Un reflet du divin soleil,
Vous êtes pour l'âme qui prie,
Notre-Dame de Bon-Conseil. (bis)


REFRAIN

Salut, Vierge Marie
Patronne de ces lieux
À vous Mère chérie Nos transports et nos vœux. (bis)


Jadis une cohorte impie,
Sans craindre les foudres du Ciel,
Avait osé dans sa furie
Vous arracher à votre autel
On croyait que votre statue
Avait disparu de ces lieux,
Mais, ô bonheur, longtemps perdue,
Elle brille encore à nos yeux (bis)

Et voici qu'un peuple fidèle
Pour vous témoigner son amour
S'empresse en fête à la chapelle
Qui fut jadis votre séjour.
Venez y habiter encore,
Soyez Reine de ces vallons
Et sur celui qui vous honore
Versez à pleines mains vos dons. (bis)

Désormais un culte sincère
Nous attache à vous sans retour ;
Pour Arquennes ce sanctuaire
Redevient un objet d'amour.
Bientôt nos familles pieuses
Du passé ranimant la foi
À vos pieds reviendront nombreuses
Pour vivre en paix sous votre loi. (bis)

Daignez, puissante Protectrice
Répandre sur nous vos faveurs ;
Et dans tous nos doutes propice
Par vos conseils guidez nos cœurs.
Surtout à notre dernière heure
Prêtez l'oreille à nos accents,
Et dans la céleste demeure
Introduisez-nous triomphants. (bis)



Reportez-vous à Prière à Notre-Dame de Bon Conseil de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, PRIÈRE À NOTRE-DAME DE BON CONSEIL POUR DEMANDER LA GRÂCE DE CONNAITRE SA VOCATION, Litanies de Notre-Dame de Bon-Conseil, Neuvaine en l'honneur de Notre-Dame de Bon Conseil, ACTE DE CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL, Origine de la dévotion à Notre-Dame de Bon-Conseil et HISTOIRE DE LA MADONE DE GENAZZANO DITE NOTRE-DAME DU BON CONSEIL.













Prière à Notre-Dame de Bon Conseil de Sa Sainteté le Pape Léon XIII




Ô très Glorieuse Vierge Marie, choisie par le Conseil éternel pour être la Mère du Verbe Incarné, la Trésorière des Grâces Divines et l'Avocate des pécheurs, moi, le plus indigne de Vos serviteurs, je recours à Vous, afin que Vous daigniez être mon guide et mon conseil dans cette vallée de larmes. Obtenez-moi, par le très Précieux Sang de Votre Divin Fils, le pardon de mes péchés, le salut de mon âme et les moyens nécessaires pour l'acquérir. Obtenez à la Sainte-Église le triomphe sur ses ennemis et la propagation du règne de Jésus-Christ sur la terre. Ainsi soit-il. (Ind. 100 jours)


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PRIÈRE À NOTRE-DAME DE BON CONSEIL POUR DEMANDER LA GRÂCE DE CONNAITRE SA VOCATION




C’est vers vous, Ô Marie, si justement appelée Notre-Dame de Bon-Conseil, que de la mer orageuse de ce monde j'élève mes regards. Dirigez mon esprit et mon cœur vers l‘accomplissement de la sainte volonté de votre divin Fils. J'aspire à entrer dans la carrière où je pourrai le servir plus parfaitement ; et, en le servant avec fidélité, obtenir la fin pour laquelle j‘ai été créé, le bonheur de voir Dieu et de le posséder éternellement. Ainsi soit-il.


Reportez-vous à Prière pour la vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, Litanies de Notre-Dame de Bon-Conseil, Prière à Notre-Dame de Bon Conseil de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, ACTE DE CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL, Neuvaine en l'honneur de Notre-Dame de Bon Conseil, CANTATE DE NOTRE-DAME DE BON CONSEIL, Origine de la dévotion à Notre-Dame de Bon-Conseil et HISTOIRE DE LA MADONE DE GENAZZANO DITE NOTRE-DAME DU BON CONSEIL.













ACTE DE CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL




Ô Marie, Vierge bénie et immaculée, puissante reine du ciel, Mère de Dieu et Mère de Bon Conseil, vous êtes le refuge assuré dans toutes les nécessités, la protectrice et le salut de tous ceux qui vous invoquent. Me voici prosterné à vos pieds afin d'implorer votre bonté et votre secours pour moi et toute ma famille. Je vous choisis aujourd‘hui pour notre maîtresse, notre mère et notre protectrice ; je me consacre moi et les miens à votre service. Daignez, ô Vierge sainte, nous agréer tous pour vos serviteurs dévoués, nous prendre tous sous votre puissante protection, être notre guide dans toutes nos voies, notre aide dans l’accomplissement de nos devoirs et notre secours dans toutes nos entreprises.
Ô Mère de Bon Conseil, je me confie avec tous les membres de ma famille et tous mes intérêts à votre sage direction ; ne refusez pas de nous diriger, et disposez de tout ce qui nous appartient selon votre bon plaisir.
Bénissez-moi ainsi que ma famille, et ne permettez jamais qu’aucun de nous offense jamais votre divin Fils.
Défendez-nous contre la tentation, délivrez-nous de tout danger, assistez-nous dans nos nécessités ; soyez notre conseil dans nos doutes, notre consolation dans nos tristesses, notre soutien dans nos faiblesses. — Secourez-nous dans la maladie, protégez-nous pendant la vie, mais surtout à l‘heure de notre mort. Ne permettez pas, o tendre Mère, que le démon s‘empare jamais d‘un de ceux qui vous sont consacrés ; faites au contraire que tous nous ayons le bonheur d’aller vous remercier au ciel, où nous aimerons et louerons notre Sauveur Jésus-Christ avec vous, pendant les siècles des siècles. Ainsi je l’espère, ainsi soit-il.


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Litanies de Notre-Dame de Bon-Conseil





Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Dieu le Fils, fait homme pour accomplir le plus sublime conseil de Dieu, ayez pitié de nous.
Dieu le Saint-Esprit, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, conseillez-nous et protégez-nous.

Notre-Dame de Bon-Conseil, conseillez-nous et protégez-nous.
Fille bien-aimée du Père éternel, conseillez-nous et protégez-nous.
Mère sublime du Fils de Dieu, conseillez-nous et protégez-nous.
Digne Épouse du Saint-Esprit, conseillez-nous et protégez-nous.
Temple vivant de la Sainte Trinité, conseillez-nous et protégez-nous.
Reine du ciel et de la terre, conseillez-nous et protégez-nous.
Siège de la divine sagesse, conseillez-nous et protégez-nous.
Dépositaire des secrets du Très-Haut, conseillez-nous et protégez-nous.
Médiatrice des grâces, conseillez-nous et protégez-nous.
Étoile du chrétien, conseillez-nous et protégez-nous.
Modèle de toutes les vertus, conseillez-nous et protégez-nous.
Force des faibles, conseillez-nous et protégez-nous.
Lumière des aveugles, conseillez-nous et protégez-nous.
Appui de ceux qui chancellent, conseillez-nous et protégez-nous.
Voie de ceux qui s'égarent, conseillez-nous et protégez-nous.
Espérance des pécheurs, conseillez-nous et protégez-nous.
Soutien des malheureux, conseillez-nous et protégez-nous.
Vierge très-prudente, conseillez-nous et protégez-nous.
Vierge très-sage, conseillez-nous et protégez-nous.
Vierge très-fidèle, conseillez-nous et protégez-nous.

Dans le choix d'un état de vie, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans l'accomplissement des devoirs de notre état, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans nos doutes et irrésolutions, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans nos angoisses et nos tribulations, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans nos affaires et entreprises, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans les périls et les tentations, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans les combats contre le démon, le monde et la chair, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans nos découragements, conseillez-nous et protégez-nous.
Dans tous nos besoins, conseillez-nous et protégez-nous.

À l'heure de notre mort, conseillez-nous et protégez-nous.

Par votre Immaculée Conception, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre heureuse Nativité, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre admirable Présentation, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre glorieuse Annonciation, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre sainte Visitation, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre divine Maternité, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre chaste Purification, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre bienheureuse vie, conseillez-nous et protégez-nous.
Par les douleurs et les angoisses de votre cœur maternel, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre précieuse mort, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre triomphante Assomption, conseillez-nous et protégez-nous.
Par votre amour immense pour nous, conseillez-nous et protégez-nous.
Par les mérites de votre chaste époux, le glorieux Saint Joseph, conseillez-nous et protégez-nous.
Par les mérites de votre grand serviteur, Saint Alphonse-Marie de Liguori, conseillez-nous et protégez-nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

V/ Priez pour nous, Sainte Mère de Dieu,
R/ Et obtenez-nous le don de Bon-Conseil.


Oraison

Seigneur Jésus, auteur et dispensateur de tout bien, qui, en vous incarnant dans le chaste sein de la bienheureuse Vierge Marie, lui avez communiqué des lumières au-dessus de toutes les intelligences célestes, faites qu'en l'honorant sous le titre de Notre-Dame du Bon-Conseil, nous méritions de recevoir toujours de sa bonté des conseils de sagesse et de salut qui nous conduisent au port de l'éternité bienheureuse. Ainsi soit-il.



Reportez-vous à Prière à Notre-Dame de Bon Conseil de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, PRIÈRE À NOTRE-DAME DE BON CONSEIL POUR DEMANDER LA GRÂCE DE CONNAITRE SA VOCATION, Neuvaine en l'honneur de Notre-Dame de Bon Conseil, ACTE DE CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL, CANTATE DE NOTRE-DAME DE BON CONSEIL, Origine de la dévotion à Notre-Dame de Bon-Conseil et HISTOIRE DE LA MADONE DE GENAZZANO DITE NOTRE-DAME DU BON CONSEIL.













jeudi 26 mai 2016

HISTOIRE DE LA MADONE DE GENAZZANO DITE NOTRE-DAME DU BON CONSEIL




HISTOIRE DE LA MADONE DE GENAZZANO DITE N.-D. DU BON CONSEIL


Dans les États pontificaux, à Genazzano, l'église des religieux de Saint-Augustin possède une image miraculeuse de la Mère de Dieu, invoquée sous le titre de N.-D. du Bon Conseil. Voici l'origine du culte rendu à cette madone.
C'était une peinture à fresque, en grande vénération dans une église de Scutari, en Albanie. Vers le XVe siècle, les Turcs, s'étant rendus maîtres de cette ville, résolurent de transformer en mosquée le Sanctuaire de la Mère de Dieu. Mais ils comptaient, sans l'intervention de Celle que l'Église appelle si justement la Vierge puissante, qui déjoua leur projet impie en punissant d'une mort terrible les plus hardis d'entre eux. Ce que voyant, les Turcs épouvantés fermèrent l’église et se retirèrent.
En ce même temps, la divine Vierge apparut à une pieuse femme nommée Pétruccia qui habitait Genazzano. Elle l'invita à faire rebâtir le Sanctuaire élevé en son honneur par saint Marc, sous le vocable de Mère du Bon Conseil, qui menaçait ruines. Pétruccia, confiante, obéit, elle y sacrifia tout son avoir ; mais parce que sa fortune était trop modeste et que Dieu permit qu'elle ne fût pas secondée dans sa généreuse entreprise, les travaux furent laissés inachevés. C'était en 1466. Sur ces entrefaites, deux zélés serviteurs de la Madone du Bon Conseil, Georgio et de Sclavis, étaient avertis par elle-même, qu'elle devait quitter son église de Scutari. En effet, bientôt après, en leur présence, l'Image miraculeuse se détacha du mur, et, s'étant élevée dans les airs, elle commença à s'éloigner de la ville. Les deux Scutarins se mirent à sa suite, et, dès le départ, une colonne de nuages précéda leur marche pour les guider. Lorsqu'ils se trouvèrent sur les bords de la mer Adriatique, un autre prodige affermit leur confiance. L'élément humide ne fut pas pour eux un obstacle, ils marchèrent sur les flots affermis sous leurs pas et atteignirent ainsi à la suite de la sainte image les côtes de l'Italie. Arrivés à Rome, une épreuve vint affliger leur piété : la consolante Image disparut à leurs yeux sans qu'ils pussent soupçonner la direction qu'elle avait prise.

Le même jour, 25 avril 1467, fête de saint Marc, patron de Genazzano, à trois heures de l'après-midi, en présence d'une grande foule de fidèles, au moment où les religieux Augustins chantaient les vêpres, un nuage blanc, tout rayonnant d'une éclatante lumière, descend sur l'église de Sainte-Marie et s'en va comme envelopper le mur inachevé de la chapelle bâtie par Pétruccia. Bientôt le nuage s'évanouit et laisse voir la sainte image de la Madone du Bon Conseil, qui reste suspendue miraculeusement au mur, sans y être appliquée. En même temps toutes les cloches de la ville sonnent d'elles-mêmes, et saluent l'arrivée de la Reine du Ciel. Le bruit du prodige se répandit bientôt dans les environs et jusqu'à Rome. Les deux Scutarins furent consolés à cette nouvelle, et s'empressèrent d'accourir à Genazzano reconnaître leur chère Madone. Le concours des fidèles, loin de diminuer, ne fit qu’augmenter de jour en jour, et leur foi ne cessa d'être récompensée par des grâces signalées et de nombreux miracles.


JUGEMENT DE L'ÉGLISE SUR L'IMAGE MIRACULEUSE DE N.-D. DU BON CONSEIL


Au temps de la Translation de la Madone par les Anges, Paul II occupait la Chaire de Saint Pierre. Ce Pape se préoccupa fort d'un événement aussi extraordinaire, et ordonna une enquête canonique. Il envoya à Genazzano deux prélats, Gaucher de Forcalquier, évêque de Gap, et Nicolas à Crucibus, évêque de l'île Fara, aujourd'hui Lésina, voisine de Scutari.
Le résultat de leur enquête fut favorable, car les Papes n'ont pas cessé, depuis cette époque d'encourager la dévotion des peuples à la sainte Image. Citons Sixte IV et saint Pie V, mais surtout Urbain VIII qui vint à Genazzano implorer la Très Sainte Vierge pour la cessation de la peste qui ravageait alors l’Italie. Il fut reçu solennellement par le seigneur de la ville, un membre de la famille Colonna, qui lui adressa ces paroles : « La Reine du ciel et de la terre, la Mère de Dieu, a voulu être honorée en ces lieux. L'image qu'on y vénère n'a pas été peinte par le pinceau d'un mortel, elle n'a pas non plus été apportée par la main des hommes, mais elle est, comme on le pense, l’œuvre d'un artiste céleste. On l'a vue subitement apparaître dans ce temple, de sorte que le Latium n'a rien à envier à Lorette ».
Le 17 novembre 1682, Innocent XI fit couronner solennellement la sainte Image, voulant ainsi obtenir de la bienheureuse Vierge, aide et protection contre les Musulmans, qui menaçaient de nouveau l'Église et l'Europe. Il fut exaucé, et les Turcs essuyèrent sous les murs de Vienne une défaite qui brisa leur puissance sur terre, comme la victoire de Lépante l'avait détruite sur mer.
Les Papes Grégoire XIII, Benoît XIII, Clément XII et Benoît XIV enrichirent successivement le Sanctuaire de Genazzano de grands privilèges. À la fin du siècle dernier, sous le pontificat de Pie VI, la Sacrée Congrégation des Rites, après un mûr examen des preuves qui établissent la vérité de la miraculeuse apparition de l'Image, autorisa un office et une messe propres comme pour la translation de la sainte Maison de Nazareth à Lorette. Bon nombre d'évêques français, dans ces derniers temps, ont introduit cet office dans leurs diocèses, et naguère le Général de la Compagnie de Jésus l'obtenait pour tous ses prêtres. Pie IX avait pour la Mère du Bon Conseil une tendre dévotion. Il aimait à garder près de lui sa belle image, et c'est à elle qu'il recourait au milieu des difficultés si grandes de son long pontificat : c'est devant une image de la Madone qu'il avait célébré sa première messe, et il le rappelait souvent avec bonheur. Léon XIII, dont l'univers admire encore la sagesse, ne cessa de montrer la plus grande sympathie pour la dévotion à N.-D. du Bon Conseil.





Lire "Mois de Marie devant l'image miraculeuse de N.-D. du BON CONSEIL de GENAZZANO" par l'Abbé Eugène LERAT.


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