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dimanche 24 juillet 2022

Nature du don de Crainte




La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse (Eccl., I, 16)


« Il y a la crainte mondaine, la crainte servile, la crainte initiale et la crainte filiale. La crainte mondaine est celle par laquelle on redoute la perte de la vie présente et des biens temporels. Cette crainte naît d'un amour déréglé, et elle est toujours mauvaise ; car, selon la parole de saint Jean, celui qui aime le monde n'a point en lui l'amour du Père céleste. (I S. Jean, 2) La crainte servile est celle par laquelle on redoute plus la peine qui suit le péché que le péché lui-même. Elle vient de Dieu en tant que crainte, mais non en tant que crainte servile, parce que la peine est son motif principal, et qu'elle ne change pas la volonté mauvaise, bien qu'elle empêche d'accomplir le mal. Cette crainte n'est pas un don de l'Esprit-Saint ; car elle peut exister sans la charité. La crainte initiale éloigne l'homme du péché, principalement à cause de Dieu, et ensuite à cause des peines éternelles. Elle est dite un don de l'Esprit-Saint ; mais encore à l'état d'imperfection. Elle ne diffère de la crainte filiale que comme la charité imparfaite diffère de la charité parfaite (Saint Bonav., liv. II, ch. I). » — « La crainte filiale nous fait redouter le péché à cause de l'injure qu'il cause à Dieu, et non pour éviter le châtiment (P. Belot, p. 63). »
« Cette crainte est produite en nous non par la peur des peines, ni par le désir de la récompense, mais par la grandeur de l'amour, d'un amour tel qu'est celui qu'un bon fils porte à son très-bon père, un frère à son frère, un ami à son ami, et une chaste et aimante épouse à son très-aimable époux (S.-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4). » — « Ce don est le fondement et la base de tous les autres, parce que la première démarche à faire pour aller vers Dieu est la fuite du mal. »
La béatitude qui répond au don de la crainte est la première : Bienheureux les pauvres d'esprit ; car cette nudité d'esprit, qui comprend le dépouillement de l'affection des honneurs et des biens temporels, est une suite nécessaire de la parfaite crainte de Dieu ; le même esprit qui nous porte à nous soumettre pleinement à Dieu et à n'estimer rien de grand que Dieu, nous portant à mépriser tout le reste (P. Lall., IVe princ., ch. IV, art. 7). »
Les fruits du Saint-Esprit qui paraissent convenir au don de crainte sont ceux qui consistent à faire un usage modéré des choses temporelles, ou à s'en abstenir : telles sont la modestie, la continence et la chasteté (S. Thom., 2. 2, q. 19, art. 12, ad 4). »

La crainte du Seigneur est une flèche merveilleuse qui perce et tue les désirs de la chair, afin de sauver l'esprit. (Saint Bernard)

C'était le don de la crainte filiale qui tenait les saints dans une si grande humilité, une si grande défiance d'eux-mêmes, et leur faisait attribuer à Dieu seul le bien qui était en eux. Un compagnon du séraphique saint François d'Assise découvrit dans une vision la place glorieuse destinée dans le ciel à cet illustre patriarche. Quelques moments après, il demanda au saint ce qu'il pensait de lui-même ; et l'humble serviteur de Dieu répondit : « Mon cher frère, je ne crois pas que la terre porte un plus grand pécheur que moi. — Comment donc, Père bien-aimé, dit le compagnon, pouvez-vous dire quelque chose de semblable sur votre compte sans blesser la vérité, puisqu'il y a des voleurs, des fornicateurs, des assassins et d'autres criminels qui, sans comparaison, ont commis des fautes bien plus graves que vous ? » Alors François lui répondit par ces paroles remarquables : « Ce que je sais très-bien, c'est que si ces personnes dont vous parlez eussent reçu de Dieu d'aussi grandes grâces que moi, il n'y a pas de doute qu'elles n'y eussent mieux coopéré que je ne l'ai fait, et s'en seraient montrées plus reconnaissantes envers Dieu. Ainsi je crois certainement que si Dieu retirait un moment sa main protectrice de dessus moi, je m'enfoncerais dans les crimes les plus honteux et je deviendrais le plus méchant des hommes. »

(Les sept dons du Saint-Esprit)


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dimanche 1 mai 2022

Que celui qui a soin des oiseaux aura aussi soin des hommes


Le Sauveur nous ne donne une seconde preuve dans ces paroles : « Regardez cette multitude presque infinie d'oiseaux de toute espèce dont l'air est rempli (Matth. 6) ; ils ne sèment ni ne moissonnent jamais ; ils n'ont ni greniers, ni caves, ni réservoirs pour mettre leurs provisions, et pour amasser l'été de quoi vivre l'hiver : cependant votre Père céleste ne les laisse manquer de rien, et les pourvoit jusqu'aux délices et à l'excès : ils ne craignent point le serein de la nuit, quoiqu'ils y soient souvent exposés ; la providence de Dieu les tient couverts de toutes les impressions de l'air ; et quelque froid qu'il fasse, ils ne s'approchent pas du feu pour se garantir de la rigueur de la saison. Celui qui a créé le feu n'a pas besoin de lui pour échauffer ces petits animaux, il peut y suppléer par mille autres moyens qu'il tire des trésors de sa providence. Y a-t-il de la comparaison des oiseaux aux hommes ? n'êtes-vous pas d'une nature bien supérieure à celle des animaux, et créés pour une plus noble fin ? ne voyez-vous pas qu'étant d'une nature plus relevée, Dieu vous aime aussi infiniment plus que les animaux ? que craignez-vous donc, ô hommes de peu de foi ? »
Écoutez avec attention ces paroles remarquables : « Votre Père céleste les nourrit (Matth. 6). » C'est comme si ce divin Sauveur disait : « Votre Père s'emploie avec tant de charité et de libéralité à l'entretien des oiseaux, qui sont de pauvres créatures faites pour votre service ; avec quel soin, quelle affection pensez-vous donc qu'il doive vous entretenir, vous qu'il reconnaît pour les images vivantes de sa divinité, et pour ses enfants légitimes à qui il a promis son royaume pour héritage ; vous, pour l'amour de qui il n'a point fait difficulté de livrer son Fils unique, semblable à lui, entre les mains des bourreaux, de le faire mourir sur une croix, rassasié de souffrances et d'opprobres, afin que par sa mort il pût vous adopter pour ses enfants, vous rendre cohéritiers et frères de ce Fils adorable, et vous ouvrir le ciel ! »
La sagesse de Dieu s'appelle en quelque endroit la nourrice de ses créatures. Quelques-uns d'entre les saints Pères, voulant montrer aux mères l'obligation qu'elles ont de nourrir leurs enfants au lieu de s'en fier, comme elles font ordinairement, à des femmes étrangères et inconnues, dont elles achètent le lait pour épargner le leur et ne pas se gêner, n'allèguent point de plus puissante raison que celle qu'ils prennent de l'exemple du Créateur qui nourrit lui-même toutes ses créatures, jusqu'aux fourmis et aux moucherons, qui sont encore moins que les oiseaux : il prépare aux fourmis leur grain en son temps, et nourrit les moucherons dans les palais des rois aussi bien que dans les cabanes du berger. Si Dieu est si soigneux de l'entretien et de la nourriture de ces vils insectes, parce qu'ils sont ses créatures, quelque méprisables qu'ils paraissent ; croiriez-vous qu'il n'ait pas pour le moins autant de soin des hommes, qu'il a établis les maîtres de tous les animaux, et pour qui il a créé tout ce qui est visible dans le ciel et sur la terre ? Si le souverain Maître fait tant de bien aux serviteurs de ses enfants, que ne doit-il pas faire à ses enfants mêmes qu'il institue ses héritiers, qu'il appelle ses délices et ses entrailles, et pour le salut de qui il n'a pas épargné ce qu'il y a de plus saint, de plus grand et de plus adorable dans le ciel et sur la terre, son Fils bien-aimé, l'objet de toutes ses complaisances !
Le glorieux saint François avait tant de confiance en Dieu pour les choses temporelles, qu'ayant une fois convoqué ses religieux à Assise au nombre de cinq mille, et les considérant tous comme des pensionnaires de la Providence, il leur défendit très-expressément que personne se mît en peine pour les provisions nécessaires à cette multitude de religieux : « Laissez, disait-il, à Notre-Seigneur le soin de votre vie ; il vous nourrira. » Saint Dominique, qui fut témoin de cette conduite, craignit que ce grand Saint ne semblât tenter Dieu par trop de confiance ; mais il fut étrangement surpris que de tous les environs on apportât des vivres et des meubles en abondance : ce qui le toucha si vivement, qu'il se résolut aussi lui-même à ôter les revenus à ses religieux, estimant que son ordre serait mieux fondé sur la confiance en Dieu que sur tous les biens du monde.

(Traité sur la confiance en Dieu)


Reportez-vous à Vous ne devez point vous inquiéter pour le boire et pour le manger, Élévation à Dieu à la vue des ses créatures, Dieu béni dans les oiseaux, ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Cantique des créatures ou Cantique de frère soleil, Autres preuves de l'existence de Dieu : Les traces de son action dans la Création, et La Sagesse éternelle dans la Création, et après la chute de l'homme.












vendredi 18 mars 2022

Le malheur du monde dans les peines de cette vie, et dans les tourments de l'autre


Mort du pécheur

Il y a trois sortes de personnes dans la terre ; il y en a qui sont uniquement à Dieu seul par le renoncement à tout ce qui n'est pas Dieu. Ces personnes, dit Saint François de Sales, sont très-rares ; et il s'en trouve si peu, que le divin Époux, quand il parle de quelqu'une de ces heureuses personnes, il l'appelle son unique colombe, comme si elle était seule. Or l'on voit dans ces personnes quelque image du Paradis, où Dieu étant toutes choses en tous, un bonheur achevé et parfait, s'y rencontre toujours. Ces personnes sont le peuple béni de Dieu, dont la bénédiction l'accompagne à la ville et aux champs, et entre et sort avec lui. Sur lequel, comme nous l'enseigne l'Écriture, il étend ses ailes comme l'Aigle sur ses petits ; dont il porte le nom écrit en ses mains, dont il conserve le souvenir que les siècles ne pourront effacer ; dont la paix est comme une puissante rivière dans son abondance, dont la joie est continuelle, au moins dans la suprême partie de l'âme, qui sera durable et affermie, qui passera par les eaux, et surnagera ; qui sera au milieu des flammes sans en être brûlé : car toutes les eaux des contradictions des hommes, des afflictions de la vie, des tourments des tyrans et des Démons ne pouvant éteindre la simplicité et pureté de son amour de Dieu seul, y demeurant incessamment uni, il y repose comme dans son centre, dans une plénitude de paix si abondante, que sainte Catherine de Gènes, pour donner quelque idée de la félicité de ces personnes, assure que si on en faisait un précis, que si on les pressait fortement, il n'en sortirait autre chose qu'une paix divine.
Il y en a d'autres qui sont à Dieu, mais qui tiennent encore imparfaitement à une autre chose qu'à Dieu ; qui ne peuvent pas dire comme Saint François d'Assise : Mon Dieu et mon Tout. Ces personnes ne jouiront jamais de la paix divine des premiers. Pour peu que le cœur de l'homme se repose autre part que dans son centre qui est Dieu seul, il est tourmenté : ainsi ces personnes, quoique vertueuses, sont sujettes à bien des chagrins, ont bien des mécontentements. C'est ce qui est cause que l'on en rencontre peu qui soient dans une joie continuelle, à laquelle l'Apôtre exhorte ; qui ne contient jamais que des moments d'une paix divine, même au milieu de tout ce qu'il y a de plus affligeant en la vie ; parce qu'il y en a peu qui se contentent de Dieu seul.
Mais enfin il y en a d'autres, et c'est ce que l'on appelle le monde, qui sont vides de Dieu, plongées dans l'amour d'elles-mêmes et des autres créatures, toutes pleines des désirs du siècles et de ses vanités ; et celles-là sont malheureuses en cette vie et en l'autre. Bienheureux est l'homme, dit le Psalmiste, qui ne s'est point laissé aller au conseil des impies, qui ne s'est point arrêté dans la voie des pécheurs, et qui ne s'est point assis dans la chaire de contagion et de la peste ; mais qui au contraire met tout son affect ou en la Loi du Seigneur, et qui la médite le jour et la nuit. Il sera semblable à un arbre planté sur le bord des eaux courantes, qui portera son fruit en son temps. Sa feuille ne tombera point ; et tout ce qu'il fera, réussira heureusement. Après cela ce saint Roi s'écrie : Il n'en est pas ainsi des impies, il n'en est pas ainsi ; mais ils seront semblables à la poussière que le vent emporte de dessus la terre.
Ils seront le jouet des Démons dont ils sont les esclaves, comme nous l'avons remarqué dans le Chapitre précédent, ils les mèneront selon leur volonté ; et comme le diable est leur chef, qu'ils en sont les membres, ils seront animés de son esprit turbulent, inquiet, furieux, agité, troublé et toujours dans la peine. Les pécheurs, dit saint Pierre, tenant des discours pleins d'orgueil et de folie, promettent la liberté, quoiqu'ils soient eux-mêmes esclaves de la corruption ; parce que chacun est esclave de celui qui l'a vaincu, comme nous l'avons encore dit. Ce droit, dit un Interprète, est le droit de la guerre, et ce droit se trouve dans le péché et dans la concupiscence, et dans les démons à l'égard des pécheurs ; et pour peu que l'on cède à ces maîtres, ils augmentent leur domination, en sorte que le monde pécheur ayant pour maître le péché, la concupiscence et le démon, il est étrangement tyrannisé, tantôt par ses passions qui l'emportent comme le vent la poussière ; quelquefois en des agitations furieuses de dépit, de colère et de haine ; quelquefois en des soins inquiets et pleins de troubles, des biens et des richesses ; d'autres fois en des désirs des satisfactions sensuelles qui ne les laissent jamais en repos.
Le pécheur, dit l'Écriture, sera revêtu au-dehors, et rempli au-dedans de malédictions. car n'est-il pas bien juste, que celui qui a Dieu pour ennemi, ait pour partage l'horreur et la désolation ? Et comme les plus grands maux deviennent de grands biens à ceux qui aiment Dieu, les plus grands biens lui deviennent de grands maux.
Les impies ont beau crier : La paix, la paix. Le Seigneur a dit : Il n'y a point de paix pour les impies ; car le véritable repos ne se trouve qu'en Dieu seul, dont ils sont privés du divin amour. Et comment pourraient-ils se reposer entre les bras de celui à qui ils font une cruelle guerre ? Leurs prospérités sont pour eux de grandes peines. Ils trouvent la douleur dans leurs plaisirs ; et tous les efforts qu'ils font à se procurer de la satisfaction, leur causent mille inquiétudes.
Le monde a beau faire, qu'il aille où il voudra, qu'il prenne des ailes, pour parler avec le Psalmiste, pour voler vers l'orient, et qu'il habite vers l'extrémité de la mer, qu'il parcoure toute la terre et toutes les mers, qu'il jouisse de toutes les grandeurs qui s'y trouvent, des plaisirs que l'on y peut rencontrer, qu'il soit en pouvoir d'y prendre toutes les satisfactions que l'on y peut goûter, et qu'il ne se dénie rien de ce qui lui est agréable, il ne sera pas encore content, et il y aura bien des choses qui le feront peine. Aussi depuis la création de l'Univers, il n'a pu encore faire un homme parfaitement content. Qu'on lise toutes les Histoires, et on n'y trouvera pas une seule personne entièrement satisfaite. Il n'a point de richesses sans épines, il n'a point de douceurs sans amertume, il n'a point de grandeurs sans tourment.
Il n'y a nul âge ; nul sexe, nulle condition, qui soient exempts de souffrances : mais si le monde souffre dans ce qu'il a de plus doux et de plus agréable, quelle sera son affliction au milieu des maux qui l'environnent de toutes parts ! Quelles tristesses, quelles désolations dans la perte des biens, des charges, des femmes, des enfants, et des autres personnes que l'on aime ! Comme il est sans vue de Dieu, et sans son divin amour, sans la vue des vérités qui servent à modérer les maux de la vie, qu'il ne médite pas, il se donne en proie à la douleur, et il boit un fiel bien amer, sans le mélange des douces consolations des serviteurs de Dieu. Il demeure sans secours, et il boit de la coupe du vin de la colère du Seigneur jusqu'au fond de la lie. S'il est malade, il est dans des impatiences furieuses, il est dans des chagrins insupportables, et des inquiétudes assommantes, quand il lui arrive des maux qui l'affligent. Il est tourmenté pendant le jour ; et la nuit qui est destinée pour le repos, ne le laisse pas sans peines.
Mais qui pourrait dire les amertumes du monde, quand il faut sortir de cette vie ? Il voit que son heure est venue, il voit qu'il faut partir. Il regarde que ses attachements, dont il a dit tant de fois qu'il ne pouvait se déprendre, vont être rompus. Il connaît qu'une nécessité indispensable l'oblige de se séparer de ce qui l'arrêtait et l'empêchait d'aller à Dieu. Quelle horreur de quitter par force ce que jamais on n'a voulu lui donner par amour ! On lui arrache tout d'entre les mains, ses biens, ses amis ; il faut entrer dans une privation générale de toutes choses sans la moindre réserve. Mais quels saisissements de frayeur et d'horreur, s'il n'est point dans l'insensibilité dont nous parlerons, à la vue de l'éternité où il va entrer ? Il est certain qu'il y a un Paradis et un Enfer dans cette éternité : mais quelle espérance peut-il avoir du bonheur éternel du Paradis, après s'être écarté du chemin qui y conduit ? Toutes les apparences ne sont-elles pas qu'il s'en va dans le malheur infini de l'Enfer, après avoir tenu la voie de la perdition ? Ô quels transissements pour lors, quelles terreurs, quelle désolation !
Ces peines du monde durant la vie présente seront suivies des tourments dans la malheureuse éternité, qui ne se peuvent ni expliquer, ni être comprises. Hélas ! cela est bientôt dit, être damné ; mais c'est ce qui passe toute pensée. Ô monde ! ô monde ! il faut bien dire que ton malheur est bien grand, puisqu'il est incompréhensible.

(Le malheur du monde, M. Boudon)


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dimanche 13 février 2022

Comment saint François, cheminant avec Frère Léon, lui exposa les choses dans lesquelles consiste la joie parfaite



C'était pendant l'hiver ; un jour que saint François se rendait de Pérouse à Sainte-Marie-des-Anges par un froid très-rigoureux, il appela Frère Léon* qui se trouvait à quelques pas devant lui, et lui dit : « Ô Frère Léon ! plaise à Dieu que les Frères Mineurs donnent à toute la terre un grand exemple de sainteté ; néanmoins fais bien attention et note soigneusement que là n'est pas la joie parfaite. » Un peu plus loin, il reprit : « Ô Frère Léon ! quand les Frères rendraient la vue aux aveugles, chasseraient les démons, feraient parler les muets et ressusciteraient les morts de quatre jours, fais bien attention que là n'est pas la joie parfaite. » Et un peu plus loin encore : « Ô Frère Léon! dit-il, si les Frères Mineurs savaient toutes les langues et toutes les sciences, s'ils avaient le don de prophétie et celui du discernement des cœurs, fais bien attention que là n'est pas la joie parfaite. » Et un peu plus loin : « Ô Frère Léon ! chère petite brebis de Dieu, si les Frères Mineurs parlaient la langue des anges, s'ils connaissaient le cours des astres, la vertu des plantes, les secrets de la terre et la nature des oiseaux, des poissons, des hommes et de tous les animaux, des arbres, des pierres et de l'eau, fais bien attention que là n'est pas la joie parfaite. » Et un peu plus loin : « Ô Frère Léon ! quand les Frères Mineurs convertiraient, par leurs prédications, tous les peuples infidèles à la foi du Christ, fais bien attention que là n'est pas la joie parfaite. » Et il continua à parler ainsi l'espace de plusieurs milles. Enfin, Frère Léon, étonné, lui de manda : « Ô Père ! je t'en prie au nom de Dieu, dis-moi en quoi consiste la joie parfaite. » Saint François répondit : « Quand nous arriverons à Sainte-Marie-des-Anges, bien mouillés, bien crottés, transis de froid, mourants de faim, et que nous frapperons à la porte, le portier nous dira : « Qui êtes-vous ? » — Nous répondrons : « Nous sommes deux de vos frères. » — « Vous mentez, » dira-t-il ; « vous êtes deux vagabonds qui courez le monde et enlevez les aumônes aux véritables pauvres ; partez d'ici. » Et il refusera de nous ouvrir, et il nous laissera à la porte pendant la nuit, exposés à la neige, au froid et mourants de faim. Si nous souffrons ce traitement avec patience, sans trouble et sans murmure ; si même nous pensons humblement et charitablement que le portier nous connaît bien pour ce que nous sommes, et que c'est par la permission de Dieu qu'il parle ainsi contre nous, ô Frère Léon ! crois bien que c'est en cela que consiste la joie parfaite. Si nous continuons de frapper à la porte, et que le portier courroucé nous chasse comme des fainéants importuns, nous accable d'injures, de soufflets, et qu'il nous dise : « Partirez-vous d'ici, misérables filous ? allez à l'hôpital : il n'y a rien à manger ici pour vous. » Si nous supportons ces mauvais traitements avec joie et avec amour, ô Frère Léon ! crois-le bien, c'est en cela que consiste la joie parfaite. Si enfin, dans cette extrémité, la faim, le froid, la nuit nous contraignent de faire instance avec des larmes et des cris pour entrer dans le couvent, et que le portier, irrité, sorte avec un gros bâton noueux, nous tire par le capuchon, nous jette dans la neige et nous donne tant de coups qu'il nous couvre de plaies ; si nous supportons toutes ces choses avec joie, dans la pensée que nous devons participer aux souffrances de notre béni Seigneur Jésus-Christ, ô Frère Léon ! crois-le bien, c'est là que se trouve la joie parfaite. Et maintenant écoute la conclusion, Frère Léon : de tous les dons du Saint-Esprit que le Christ a daigné répandre sur ses serviteurs, le plus considérable est de se vaincre soi-même et de souffrir volontiers, pour l'amour de Jésus, les peines, les injures, les opprobres et les plus pressants besoins ; oui, car nous ne pouvons pas nous glorifier de tous les autres dons, puisqu'ils ne viennent pas de nous ; et l'Apôtre a dit : « Qu'avez-vous que vous n'ayez reçu de Dieu ? que si vous tenez tout de lui, pourquoi vous en glorifier, comme si tout venait de vous ? » Mais dans la croix de la tribulation et de l'affliction, nous pouvons nous glorifier juste ment : car, comme le dit encore l'Apôtre : « A Dieu ne plaise que je me glorifie en autre chose que dans la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ. »


* Frère Léon a quelque chose du caractère de saint Jean. Il était le confesseur, l'ami intime de saint François ; ils ne se quittaient pas, voyageaient ensemble, pleuraient ensemble : ils ont toujours vécu appuyés l'un sur l'autre. Saint François appelait très-amoureusement Léon la petite brebis de Dieu, la pecorella di Dio. Léon ne fut pas séparé de François, même dans la mort : son corps fut déposé au pied de l'autel de son ami, canonisé et glorifié ; Voyez M. Chavin de Malan, c. III.

(Les Fioretti)


Reportez-vous à Saint François d'Assise : Qu'il faut traiter le corps avec ménagement pour lui enlever tout prétexte à murmurer, Prière à Saint François d'Assise, pour demander le mépris du monde et un ardent amour pour Jésus-Christ, ou une grâce quelconque, Prière d'une âme qui veut se détacher des vaines affections, Paraphrase de l'Oraison Dominicale, par saint François d'Assise, Saint François d'Assise et le combat spirituel, Cantique des créatures ou Cantique de frère soleil, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Élan d'amour, Prière de Saint François d'Assise, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les Vices et les Vertus, la Crainte de Dieu, la Patience, l'Oisiveté, et le dégoût des choses temporelles, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la Chasteté, les Tentations et l'Oraison, Comment un noble chevalier fut assuré de la mort et des sacrés et saints Stigmates de saint François, pour lequel il avait une grande dévotion, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, Comment un saint Frère, après avoir lu, dans la légende de saint François, le chapitre des sacrés et saints Stigmates, pria Dieu avec tant de ferveur de lui faire connaître les paroles secrètes du Séraphin, que le Saint vint enfin les lui-même, La Couronne franciscaine, Comment saint François commanda à Frère Léon de laver une pierre, Auspicato Concessum, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, sur le Tiers-Ordre de Saint François, De la terrible vision que Frère Léon eut en songe, Comment saint François guérit un lépreux de l'âme et du corps ; parole que l'âme de ce lépreux lui adressa en montant au Ciel, Comment le Frère Pacifique fut ravi en extase et vit dans le ciel le trône de Lucifer réservé à Saint François, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, De la merveilleuse humilité du séraphique saint François, Méditation pour la Fête de Saint François d'Assise, Comment saint François commandait aux animaux et en était obéi, Sacra propediem du Pape Benoît XV, au sujet du septième centenaire de la fondation du Tiers-Ordre franciscain, L'esprit du Tiers-Ordre de Saint François d'Assise, Des trois grandes promesses faites par Notre-Seigneur à Saint-François, Récit des Stigmates de Saint François d'Assise, Vie de Saint François d'Assise, Litanies de Notre Saint Père Saint François (Petit manuel du Tiers-Ordre), Saint François et le Chapitre de la Saint-Michel, Rite expiatis, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Pie XI, à l'occasion du septième centenaire de la mort de Saint François d'Assise, et Litanie de Saint François d'Assise.










mardi 8 février 2022

Saint François d'Assise : Qu'il faut traiter le corps avec ménagement pour lui enlever tout prétexte à murmurer



Quand il quitta Rome, après les quelques jours passés auprès du seigneur Léon, la pluie commença à tomber comme il sortait de la ville et dura toute la journée. À cause de sa faiblesse il allait à cheval, mais, pour réciter ses Heures, il mit pied à terre et demeura debout sur la route, malgré la pluie qui le transperçait. Il disait en effet : « Si le corps veut prendre dans la paix et le calme sa nourriture qui sera avec lui la proie des vers, dans quelle paix et dans quel calme l'âme ne devrait-elle pas prendre sa nourriture, c'est-à-dire Dieu lui-même ! »
Il disait encore : « Le diable exulte quand il peut éteindre ou empêcher dans le cœur du serviteur de Dieu la dévotion et la joie causée par une pure prière ou d'autres bonnes œuvres. S'il possède quelque chose qui soit bien à lui dans le serviteur de Dieu et que celui-ci manque de sagesse et ne détruise pas cette attache au plus tôt par la confession, la contrition et la satisfaction, il fera de ce cheveu une poutre en y ajoutant chaque jour quelque chose. » Il ajoutait : « Le serviteur de Dieu doit user de discrétion pour satisfaire à ses besoins dans le manger, le dormir et les autres nécessités, afin que le frère corps n'ait pas sujet de murmurer, disant : « Je ne puis rester debout, demeurer longtemps en prière, me réjouir dans mes tribulations et accomplir d'autres bonnes œuvres, car tu ne satisfais pas à mes besoins. » Si, au contraire, le serviteur de Dieu pourvoit avec discrétion aux nécessités de son corps en gardant une juste mesure et que le frère corps ensuite soit paresseux, négligent ou somnolent dans la prière, les veilles et autres bonnes œuvres de l'âme, il doit alors le châtier comme une bête de somme mauvaise et paresseuse qui veut manger après avoir refusé de travailler et de porter sa charge. Mais si, par suite de l'indigence et de la pauvreté, le frère corps n'a pas de quoi pourvoir à ses besoins dans la maladie ou la santé et qu'on ne puisse le satisfaire, après qu'il l'aura demandé honnêtement et humblement à son frère ou à son supérieur pour l'amour de Dieu, qu'il supporte patiemment ses privations pour l'amour du Seigneur ; elles lui seront comptées comme martyre. Et parce que le frère a fait ce qui dépendait de lui, en demandant avec humilité qu'on lui vienne en aide, il est excusé du péché, même si le corps doit en souffrir beaucoup. »

(Saint François d'Assise raconté par ses premiers compagnons)


Reportez-vous à Comment saint François, cheminant avec Frère Léon, lui exposa les choses dans lesquelles consiste la joie parfaite, Prière à Saint François d'Assise, pour demander le mépris du monde et un ardent amour pour Jésus-Christ, ou une grâce quelconque, Prière d'une âme qui veut se détacher des vaines affections, Paraphrase de l'Oraison Dominicale, par saint François d'Assise, Saint François d'Assise et le combat spirituel, Cantique des créatures ou Cantique de frère soleil, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Élan d'amour, Prière de Saint François d'Assise, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les Vices et les Vertus, la Crainte de Dieu, la Patience, l'Oisiveté, et le dégoût des choses temporelles, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur la Chasteté, les Tentations et l'Oraison, Comment un noble chevalier fut assuré de la mort et des sacrés et saints Stigmates de saint François, pour lequel il avait une grande dévotion, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, Comment un saint Frère, après avoir lu, dans la légende de saint François, le chapitre des sacrés et saints Stigmates, pria Dieu avec tant de ferveur de lui faire connaître les paroles secrètes du Séraphin, que le Saint vint enfin les lui-même, La Couronne franciscaine, Comment saint François commanda à Frère Léon de laver une pierre, Auspicato Concessum, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, sur le Tiers-Ordre de Saint François, De la terrible vision que Frère Léon eut en songe, Comment saint François guérit un lépreux de l'âme et du corps ; parole que l'âme de ce lépreux lui adressa en montant au Ciel, Comment le Frère Pacifique fut ravi en extase et vit dans le ciel le trône de Lucifer réservé à Saint François, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, De la merveilleuse humilité du séraphique saint François, Méditation pour la Fête de Saint François d'Assise, Comment saint François commandait aux animaux et en était obéi, Sacra propediem du Pape Benoît XV, au sujet du septième centenaire de la fondation du Tiers-Ordre franciscain, L'esprit du Tiers-Ordre de Saint François d'Assise, Des trois grandes promesses faites par Notre-Seigneur à Saint-François, Récit des Stigmates de Saint François d'Assise, Vie de Saint François d'Assise, Litanies de Notre Saint Père Saint François (Petit manuel du Tiers-Ordre), Saint François et le Chapitre de la Saint-Michel, Rite expiatis, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Pie XI, à l'occasion du septième centenaire de la mort de Saint François d'Assise, et Litanie de Saint François d'Assise.












samedi 6 novembre 2021

Dieu instruit les vivants sur les mystères de l'autre vie



Le Seigneur dévoile ce qui est profond et caché, et son œil voit dans les ténèbres. (Daniel II, 22)

Le Seigneur, voulant faire connaître aux hommes, pour les engager à la vertu, une partie de ce qui les attend au-delà du tombeau, a fait plusieurs révélations, dont une des plus instructives est celle qui se lit dans le procès authentique de la canonisation de saint Bernardin de Sienne.
Au diocèse de Nocéra, dans le royaume de Naples, était mort un enfant de onze ans, nommé Biagio. Au moment où l'on accomplissait la cérémonie des funérailles, voici que le défunt, en présence de tout le peuple, agite ses bras et ses mains, se remue tout entier, et pousse un gémissement fort et douloureux ; puis il retombe dans son insensibilité cadavéreuse. Grande fut la stupeur de chacun. On se jette à genoux, à faire des prières ; d'autres, pensant qu'il n'est qu'évanoui, lui font respirer des sels, le frictionnent, l'appellent, le secouent ; et, en effet, il s'agite de nouveau et soupire encore. On différa donc l'enterrement et on fit venir les médecins, pour s'assurer s‘il n'y avait pas moyen de rendre à la vie cet enfant qui paraissait respirer. Tout fut inutile. Le cinquième jour cependant, sa famille eut recours à l'intercession du bienheureux Bernardin, qui leur obtint la grâce désirée : Biagio, semblant sortir d'un profond sommeil, ouvrit les yeux, reconnut ceux qui l'entouraient et se mit à leur raconter les secrets de l'autre vie.
Il demeura dans cet étrange état quatorze jours entiers, immobile comme un mort, n'ayant de libre que la langue, avec laquelle il instruisait merveilleusement les assistants.
Il raconta donc qu'il avait véritablement rendu le dernier soupir ; qu'au moment de sa mort saint Bernardin, auquel il avait une grande dévotion, l'avait appelé à lui, et, se faisant son guide, lui avait recommandé de ne rien craindre, d'observer attentivement tout ce qu'il verrait et de le graver dans sa mémoire, afin d'en pouvoir faire le récit plus tard. Alors, rapide comme l'éclair, il l'avait transporté en enfer, où il avait vu une troupe innombrable de damnés, parmi lesquels il y en avait de sa connaissance ; le saint lui en nommait d'autres, ajoutant que ceux-ci expiaient éternellement leur orgueil, ceux-là leur avarice, d'autres leur gourmandise, leur dureté, leurs impures habitudes, leurs hideux blasphèmes, leur déloyauté, etc. Pendant qu'il contemplait avec horreur cet épouvantable spectacle, il avait vu une nouvelle armée de démons traîner violemment un homme de son pays, usurier connu, et qui était précisément mort à cet instant, et le précipiter dans un brasier ardent où , malgré les flammes, régnait une obscurité effrayante. Le fils de cet homme, qui assistait à ce récit, prit aussitôt la résolution de distribuer aux pauvres toutes les richesses paternelles, et de se retirer dans un couvent à faire pénitence le reste de ses jours pour se préparer au jugement.
L'horreur que ce spectacle causait à l'âme de l'enfant était telle, que saint Bernardin voulut l'y arracher tout de suite, et le conduisit au paradis, où il pouvait contempler les récompenses magnifiques assurées à la fidélité persévérante des justes. Il vit donc la glorieuse armée des martyrs les palmes du triomphe à la main, le chœur des vierges couronnées de lys, la troupe innombrable des anges, divisés en ordres sous le regard du Seigneur ; au-dessus de tout cela se tenait la Reine du Ciel, un diadème d'étoiles sur le front, ayant pour manteau l'astre du jour, environnée de tant de splendeurs, que rien ne lui pouvait être comparé, si ce n'est la gloire encore bien plus grande de son divin Fils, qui paraissait former lui seul tout un paradis. Aucune expression humaine n'était capable de rendre la splendeur de l'auguste TRINITÉ. Bernardin lui fit remarquer la gloire particulière du séraphique saint François, dont on voyait étinceler les miraculeux stigmates ; il avait autour de lui une couronne de ses religieux, dont un grand nombre avaient été délivrés du purgatoire par l'intercession du béni patriarche. François avait le privilège, au jour de sa fête, de descendre dans ce lieu de tourments et d'en retirer quelques âmes de celles qui avaient embrassé sa règle ou qui avaient été les protectrices de l'ordre.
Mais, ce qui doit nous intéresser davantage, Biagio fut aussi conduit par Bernardin au lieu de l'expiation, et il y put étudier les différents supplices infligés aux différentes fautes. Il vit plusieurs de ses parents et de ses amis tourmentés selon les dettes spirituelles qu'ils avaient à acquitter. Notre historien applique ici, à la suite de saint Augustin (De civit. Dei, liv. 21, ch. 13) les vers si connus de Virgile :

Ergo exercentur poenis, veterumque malorum
Supplicia expendunt ; aliæ tolluntur inanes
Suspensæ ad ventos; aliis sub gurgite vasto
lnfectum eluitur scelus, aut exuritur igni
. (Æn. VI, 746)

Ces âmes, l'apercevant, le conjurèrent, s'il retournait à la vie, de réclamer pour elles le souvenir de leurs proches, de leurs amis, de tous ceux qui les avaient aimées ; qu'on apaisât la colère divine par les œuvres saintes que recommande l'Église ; alors elles verraient finir leurs affreux tourments et béniraient leurs bienfaiteurs.
Le jeune enfant, après avoir vu tout cela, le cinquième jour, au moment où l'on avait recouru à saint Bernardin, avait été remis en vie et en état de rapporter chaque chose de point en point. Il le faisait avec une telle justesse d'expression, une exactitude si remarquable de doctrine, une telle sûreté de récit, qu'on aurait cru entendre, non point un enfant sans science, sans langue et sans expérience, mais tout au moins un théologien consommé. On n'eut aucun effort à faire pour lui accorder pleine confiance. Il disait à l'un : « Ton père, qui est mort à telle époque, souffre dans le purgatoire et se lamente douloureusement, à cause que tu n'as point exécuté son testament, qui t‘obligeait à faire telle aumône, à demander tant de messes, à faire chanter tel office des défunts. » À l'autre : « Ton père, enterré depuis deux mois, est cruellement traité dans le lieu de l'expiation ; il se plaint de ton infidélité, lorsqu'en héritant de la part de bien qui lui revenait tu lui as promis tant et tant de prières, dont la moitié n'a pas encore été acquittée. » Enfin, pour ne pas étendre outre mesure ce récit, il apprenait à chacun, distinctement, ce qu'il devait faire pour répondre à ce que des parents ou des amis espéraient de lui dans l'autre monde. Tous s'empressèrent de lui obéir, et le pays entier prit de ce miracle un nouveau motif de fidélité aux saintes lois de l'Évangile et aux inspirations de la charité. (V. Acta Sanctorum des Bollandistes, Append. ad 20 mai, p. 823, n. 36)

(Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire, par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus)


Reportez-vous à Le Seigneur révèle les mystères du royaume de la mort, L'amour du prochain doit s'étendre au-delà de cette vie, Prière pour les morts, Instruction sur la Fête de la Commémoration des Morts, Prière pour le repos de l'âme d'une pieuse mère, L’œil de la justice divine, Plaintes douloureuses des âmes du purgatoire, La crainte du Purgatoire fait taire la volupté, Combien effrayants sont les tourments du Purgatoire, Le Fils de l'homme rendra à chacun selon ses œuvres, Apparitions et Révélations, le témoignage de Saint Thomas d'Aquin sur les âmes du Purgatoire, Protection miraculeuse, Rigueur de la justice divine, Un Purgatoire plus long à qui n'a pas prié pour les morts, Accusations du démon contre les morts, Prière à Marie pour lui demander sa protection à l'heure de la mort, Prière pour obtenir une bonne mort, Supplications à Marie pour les âmes du Purgatoire, La divine Marie et le scapulaire, Suffrages conformes aux bonnes œuvres accomplies pendant la vie, Grand pécheur délivré par une âme du purgatoire, Si vous faites du bien, vos bienfaits vous attireront de grandes grâces, Prière à Marie pour ses parents en Purgatoire, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Reconnaissance des âmes du Purgatoire ou comment les âmes du Purgatoire interviennent aussi pour leurs bienfaiteurs dans les choses temporelles, Bonté des Anges pour les pauvres âmes du Purgatoire, Dévotion aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Valeur du Saint Sacrifice en faveur des âmes du Purgatoire, Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes, Protection des âmes du Purgatoire, Une âme souffrant le tourment du feu pour avoir écouté plutôt les conseils du sang que ceux de la piété, La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Sainte usure de ceux qui appliquent leurs œuvres au soulagement des défunts, Celui qui souffre pieusement ici-bas va tout droit au repos éternel,Reconnaissance des âmes pour leurs bienfaiteurs, Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du PurgatoireComment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Pour que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.