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samedi 1 août 2020

Marthe et Marie


Rien n'est plus digne d'attention que ce que l'Évangile nous apprend touchant les deux sœurs Marthe et Marie. Il est certain que Marthe représente la vie active, c'est-à-dire la vie où, par ses propres efforts, par son propre travail, on s'empresse de témoigner à Dieu son amour ; et que Marie est l'image de la vie contemplative, où l'on s'étudie à se tenir en repos, pour donner lieu en nous à l'action de Dieu, et où l'on n'opère que par le mouvement et sous la direction de Dieu.
Les deux sœurs reçoivent Jésus-Christ dans leur maison, toutes deux l'aiment, toutes deux veulent lui marquer leur amour ; mais elles s'y prennent d'une manière bien différente. Marthe ne pense qu'à exercer la charité envers le Sauveur et à lui préparer un repas. Son soin est digne de louange, mais elle y met beaucoup d'activité, beaucoup d'empressement : elle s'agite, elle s'inquiète ; elle apprête différents mets, tandis qu'un seul eût suffit. Marie, de son côté, ne se donne aucun mouvement pour bien traiter Jésus-Christ ; mais elle s'assoit à ses pieds pour être nourrie de sa parole. L'occupation de la première est toute extérieure, toute en action ; celle de la seconde et toute intérieure, toute en silence et en repos. L'une veut donner au Sauveur, l'autre veut recevoir de lui ; l'une lui présente de grand cœur tout ce qu'elle a, l'autre se donne elle-même.
Marthe, persuadée qu'elle fait plus pour Jésus-Christ que sa sœur, et que celle-ci devrait quitter les pieds du Sauveur pour venir à son aide, se plaint à lui de ce qu'elle la laisse servir seule, et le prie de lui dire de l'aider. Elle croyait que Marie était oisive, et que son repos et son silence n'avaient rien qui dût plaire à Jésus-Christ.
Mais que lui répond-il ? Marthe, Marthe ! vous êtes inquiète et vous vous empressez pour beaucoup de choses ; cependant une seule est nécessaire, Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée.
Pesons cette réponse : l'instruction qu'elle renferme est bien propre à modérer l'activité et à réduire la multiplicité, qui sont les deux grands défauts de la dévotion. Il était dans l'ordre que les hôtesses de Jésus-Christ lui préparassent à manger, mais il ne lui fallait qu'un repas frugal. Un seul mets suffisait aux besoins de la nature, et Marthe croirait manquer au Sauveur si elle ne lui apprêtait un grand nombre de mets. Voilà le défaut de la multiplicité. Il fallait apprêter ce repas frugal paisiblement, et sans perdre le repos intérieur ; et Marthe s'empresse, s'agite, se trouble. Voilà le défaut de l'activité. Marthe préférait son occupation à celle de sa sœur. Jésus-Christ la redresse encore là-dessus, et lui apprend que le choix de Marie est le meilleur. Il lui apprend encore que les œuvres extérieures, les œuvres de charité, quoique bonnes en elles-mêmes, quoique commandées, ne sont que pour la vie présente, et cesseront avec celle-ci ; au lieu que le repos de la contemplation ne passera jamais, et qu'après avoir commencé sur la terre, il continuera avec plus de perfection dans l'éternité.
Dans une autre occasion, lorsque Jésus-Christ vint pour ressusciter Lazare, Marthe, instruite de sa venue, et toujours active, court à sa rencontre. Marie reste au logis, elle attend, pour en sortir, que sa sœur lui dise que le Maître l'appelle. Marthe agit de son propre mouvement ; Marie attend pour agir que Jésus-Christ la mette en mouvement.
Tirons de tout ceci des règles sûres pour diriger notre jugement et notre conduite en matière de dévotion.
1° Les bonnes œuvres, eussent-elles pour objet Jésus-Christ lui-même, et une chose aussi nécessaire que la nourriture, sont en elles-mêmes d'une moindre valeur que l'oraison et le repos de la contemplation. Par conséquent il faut en général préférer l'oraison à l'action, et y donner beaucoup plus de temps. Par l'oraison j'entends ici tous les exercices de piété dont l'âme est l'objet immédiat.
2° Quand les œuvres extérieures qui regardent le prochain ne sont pas de nécessité absolue, il ne faut pas tellement les multiplier qu'elles prennent sur nos prières et sur nos exercices intérieurs. On a beau alléguer le zèle et la charité : le zèle doit être réglé, et la charité doit commencer par nous-mêmes.
3° Lors même que les œuvres extérieures sont indispensables, et que la volonté de Dieu y est expresse, il faut tâcher de s'en acquitter sans sortir du repos intérieur ; en sorte que, dans l'action, l'âme continue d'être unie à Dieu, et qu'elle ne perde point un certain recueillement qui doit l'accompagner partout. Comme cela est d'une pratique assez difficile, et n'est propre qu'aux âmes avancées, tous les maîtres de la vie spirituelle recommandent aux commençants de donner le moins qu'ils pourront à l'action, et de s'appliquer davantage à l'oraison. Un temps viendra où l'oraison leur étant devenue, pour ainsi dire, naturelle, ils pourront, si Dieu le juge à propos, agir beaucoup au-dehors, sans perdre le repos du dedans.
4° Par rapport même aux exercices intérieurs, l'activité qui a sa source dans l'amour-propre est toujours mauvaise, et l'on ne saurait trop la réprimer, pour se laisser dominer par la grâce. Que faisait Marie ? Elle était assise ; son corps était dans une situation fixe et tranquille ; elle était en silence. Jésus-Christ parlait ; elle l'écoutait de toute l'attention de son cœur. Il n'est pas dit qu'elle parlât à Jésus-Christ, ni qu'elle l'interrompît ; elle se tenait devant lui comme un disciple devant son maître ; elle recevait ses leçons, et les laissait pénétrer doucement dans son âme. Voilà le modèle de la parfaite oraison, où l'âme ne cherche point à s'exhaler en réflexions et en sentiments, mais où elle écoute celui qui l'instruit sans aucun bruit de paroles. Quand Dieu nous a fait la grâce de nous appeler à ce genre d'oraison, il n'en faut jamais sortir pour quelque prétexte que ce soit, de distraction, de sécheresse, d'ennui, de tentation. Mais il y faut persévérer ; il faut dévorer toutes les peines qui s'y rencontrent, et être persuadé qu'on fait beaucoup, qu'on fait tout ce que Dieu veut que nous fassions, lors même qu'on croit ne rien faire et perdre le temps. Il faut un grand courage, et prendre beaucoup sur soi-même, pour marcher constamment dans le désert d'une oraison nue, obscure, vide de pensées et d'affections. Aussi c'est cette oraison qui avance le plus notre mort à nous-mêmes, et notre vie en Dieu.
5° L'activité engendre la multiplicité, et le repos conduit à l'unité, à cette unité dont Jésus-Christ relève la nécessité. L'activité accumule les pratiques ; elle embrasse tous les genres de dévotion. Elle passe sans cesse d'un acte à un autre ; elle s'agite, se tourmente, et ne croit jamais avoir assez fait. Le repos nous concentre en Dieu, et nous fixe à une seule chose : à l'écouter dans l'oraison ; et, hors de l'oraison, à accomplir sa volonté dans le moment présent, sans s'inquiéter du passé ni de l'avenir. En sorte que l'âme n'a jamais qu'un seul objet, et qu'elle ne se livre jamais aux choses extérieures, moins occupée de son action que de la volonté de Dieu, qui est son motif et sa fin.
6° Elle apprend ainsi à ne point séparer l'occupation de Marie de celle de Marthe, et à les subordonner de manière que l'une ne nuise point à l'autre. Elle ne néglige aucun des devoirs de son état, même ceux de bienséance ; mais elle met à la tête de tous ses devoirs l'union inséparable avec Dieu, la dépendance continuelle de la grâce. Elle rend au prochain tous les services qui dépendent d'elle, mais elle ne s'y porte pas d'elle-même : elle attend que la Providence lui en présente l'occasion. Elle parle, elle agit en paix sous la direction de la grâce, et elle n'aspire qu'à se trouver seule avec Dieu.
7° Enfin, même dans les meilleures choses, dans celles qui intéressent le plus la gloire de Dieu, elle ne s'ingère jamais en rien ; elle ne fait pas même un pas vers Dieu, si Dieu lui-même ne l'appelle. Elle reste où elle est, comme dit saint François de Sales, parce que son état présent est celui où Dieu la veut, et qu'elle n'en doit sortir que par son ordre.
Que la dévotion serait belle, qu'elle serait glorieuse à Dieu, utile à l'âme, édifiante pour le prochain, respectée du monde même le plus corrompu, si elle se conduisait selon ces règles ! Mais, par malheur, on veut se gouverner soi-même, on se cherche soi-même dans sa dévotion, et c'est ce qui la rend sujette à tant de défauts et de travers.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à Sur les paroles du Psaume LXXXll : Je suis devenu, en votre présence, comme une bête de somme, et je suis toujours avec vousDe la pureté d'intention, Le prix d'une âme, De la Providence de Dieu sur ses enfants, De la générosité, De l'anéantissement, Du moi humain, Conduite à tenir à l'égard des tentations, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Des tentations, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
















lundi 13 avril 2020

Méditation : Réflexions sur quelques circonstances de la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ




De la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ



Réflexions sur quelques circonstances de la Résurrection

de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST



Considérez que la Résurrection du Sauveur n’est pas seulement le fondement de notre foi, et de nos espérances, mais qu’elle est encore le modèle de la Résurrection spirituelle de l’âme, et l’image d’une parfaite conversion.
Quelque rude, quelque rebutant que soit le chemin par où Jésus-Christ a marché, le terme où ce chemin l'a conduit, le dédommage pleinement de toutes ses peines.
Repassez sur tout ce que Jésus-Christ avait souffert pendant sa vie mortelle, et dans sa Passion, en quel état pitoyable la mort avait réduit son Corps, et voyez quel changement sa Résurrection y apporte.
Considérez comme celui qui avait été humilié, et couvert d’opprobres, est environné de gloire, déclaré Roi des Nations, et Seigneur de tout l'Univers. Il ne reste plus de ses plaies que de brillantes cicatrices qu’il conserve, pour ranimer nos espérances, et notre foi, pour confondre ses ennemis, et pour servir comme de monuments de sa victoire. Pour un peuple qui a refusé de le reconnaître, pour un Apôtre qui l'a trahi, que de Nations soumises à ses lois ! que de millions de Martyrs qui l’ont confessé en présence des Tyrans, malgré leurs menaces, et les supplices ! Pour une Croix, que d’Autels élevés à son honneur, et sur combien d'Autels cette Croix ! Ce n’est que par la voie des souffrances, et des humiliations que Jésus-Christ est arrivé à cette gloire ; ne sommes-nous pas bien à plaindre, si nous nous flattons de pouvoir y arriver par d’autres voies ?
Jésus-Christ ressuscité a le même Corps qu’il avait auparavant ; mais ce Corps glorieux a des qualités bien différentes.
L'impassibilité met Jésus-Christ hors d'état de souffrir ; quand est-ce que nous expérimenterons cette inaltérable tranquillité d’esprit, cette paix admirable du cœur, cette bienheureuse insensibilité à tous les accidents de la vie : c'est le fruit nécessaire d’une véritable Résurrection.
L'agilité, la clarté, et la subtilité sont les qualités propres du Corps de Jésus-Christ après sa Résurrection ; il n’est plus sujet à la mort. Quand est-ce, ô mon Dieu, que ma Résurrection aura les mêmes Privilèges ? Cependant, si elle est véritable, elle doit avoir de semblables effets.
Expérimentons-nous cette facilité, cette promptitude, et cette ferveur avec laquelle une âme, qui vit d’une vie nouvelle, se porte à exécuter les ordres de Dieu, et à tout ce qu’elle croit pouvoir lui plaire ?
Cette abondance de lumière surnaturelle ; qui éclaire l’entendement, est le fruit de l’Esprit Saint, dont on est animé : notre Résurrection a-t-elle été accompagnée de ces dons ?
Sentons-nous ce dégagement merveilleux qu’opère la vie nouvelle dans l’âme, en l’élevant au-dessus des biens créés, et en la rendant peu susceptible des impressions que font d’ordinaire sur les sens les objets sensibles.
Enfin, les passions sont-elles éteintes, ou moins vives ? Ne goûte-t-on plus que les maximes de Jésus-Christ ? Le cœur n’est il plus occupé que de Dieu ? S’est-on prémuni contre les rechutes ? Tout cela suit nécessairement d’une Résurrection spirituelle : mais fut-il jamais résurrection sans une mort qui précède ; et qui vit encore d’une vie mondaine, peut-il se flatter des fruits de la Résurrection ?
Qu’une âme qui vit d’une vie surnaturelle est ardente au service de Dieu !
Voyez l'empressement de ces saintes Femmes à rendre les derniers honneurs à leur bon Maître ? mais remarquez que ce ne sont que celles qui l’avaient suivi jusques sur le Calvaire, et dont la fidélité avait été à l’épreuve des ignominies de sa Croix.
Que l’amour de Dieu inspire de courage ! et qu’il importe d’être fidèle dans les adversités ! mon Dieu, que vous êtes libéral, que vous êtes prompt à récompenser ceux qui vous aiment avec tendresse ! que notre lâcheté à vous suivre nous nuit !
Saint Jean n’avait jamais abandonné son divin Maître aussi vint-il au Sépulcre le Premier. Qu’une âme pure marche vite ! Il n’y a que l’amour des créatures qui nous fatigue, qui nous appesantit, et qui nous arrête. On languit, on rampe toute sa vie dans la voie de la perfection, et faut-il s’étonner si l’on arrive toujours trop tard, si l’on sent tous les jours de nouvelles peines ?
On se plaint éternellement qu’on n'avance point ; et quels efforts bon Dieu, fait-on pour avancer ? quels sont nos empressements, quelles preuves de notre courage ?
Cent imaginaires difficultés nous arrêtent, mille vains fantômes nous découragent ; on veut, pour ainsi dire, qu'il y ait toujours quelque ennemi terrible à vaincre, quelque pesant fardeau à porter, quelque nouvel obstacle à surmonter : plusieurs n’osent même pas se mettre en chemin, crainte de revenir un jour sur leurs pas. Si ces saintes Femmes, si ces fervents Disciples n’eussent pas eu pour Jésus-Christ plus de fidélité, ni plus de courage que nous, en eussent-ils reçu tant de bienfaits ? Eussent-ils été les témoins de tant de merveilles ?
Voyez dans Magdeleine la vraie image d’une âme véritablement convertie, d’une âme généreuse, et fervente, d’un cœur embrasé de l’amour de Dieu.
Quelle sainte impatience ne lui inspire pas le désir de recevoir Jésus-Christ ! Délibère-t-elle longtemps si elle se mettra en chemin pour le chercher : Croit-elle comme la plupart des âmes lâches, qu’elle le trouvera toujours assez-tôt ? Il fallut toute l’autorité de la Loi pour tempérera son ardeur ; le respect qu’elle eut pour le jour du Sabba, suspendit ses empressements, et son zèle ; mais ce ne fut que pour faire croître l’ardeur de ses désirs.
Que l’amour de Dieu inspire d'empressements, et de vivacité à s’acquitter des devoirs de Religion, et qu’on craint peu les obstacles quand on aime beaucoup !
À peine le jour du Sabbat expire, qu’elle se met en chemin. Elle prévient le lever du Soleil ; son zèle lui sert de guide au travers des ténèbres de la nuit ; consulte-t-elle sa délicatesse ? Écoute-t-elle la timidité naturelle à son sexe, et cent fausses raisons qui se présentent à son esprit pour la dissuader de son dessein ?
Une piété moins solide, un amour de Dieu moins pur aurait été moins généreux, et se serait laissé persuader ; mais on défère peu aux sentiments humains quand on suit les attraits de la grâce. Dieu ne veut point de ces esprits incertains, et irrésolus, qui balancent toujours sur leur conversion. Dieu rejette ces âmes tièdes, ces cœurs timides, qui semblent ne compter que sur leurs propres forces ; ces demi-volontés, qui ne servent qu’à étourdir, et à nous amuser.
Mais peut-être que cette sainte Amante ne prévoyait pas les difficultés, et qu'elle ignorait les obstacles ? Nullement. À peine est-elle en chemin, qu'elle pense à qui pourrait lever la pierre qui couvrait le Sépulcre. Cet obstacle invincible devait faire revenir une jeune femme sur ses pas, un Corps de Garde, une pierre d’un poids énorme, le Sceau d’un Prince étaient de puissantes raisons de n’aller pas plus loin. Oui, à celui qui n’a qu’une foi chancelante, et un amour de Dieu faible, et languissant ; mais à celui qui aime Dieu sans réserve, qui ne cherche que Dieu, la confiance lui inspire un merveilleux courage, et lui tient lieu de tout.
Il est vrai que rien n’engage plus le Seigneur à faire des miracles qu’un amour généreux, et une vive foi. Magdelaine n’est point arrêtée, ni par la crainte de trouver des soldats, qui l’empêchassent d'approcher du Sépulcre, ni par l’impossibilité d’ôter elle seule une pierre que plusieurs hommes ensemble n’auraient pu rouler. Mais à peine s’est-elle déterminée à passer outre, que les soldats sont mis en fuite, et que le Sépulcre est ouvert. C'est ainsi qu’au service de Dieu les plus grands obstacles sont aplanis, les plus rebutantes difficultés disparaissent dés qu'on est résolu de les vaincre, dés que Dieu voit qu’on le cherche avec droiture, avec ardeur, avec courage, et de bonne foi.
Le Seigneur aussi ne tarde guère à se faire sentir à une âme fervente. Jésus-Christ se présente à Magdeleine sous la figure d’un jardinier. Dieu prend plaisir à se cacher : tant il aime à voir croître nos empressements, et notre zèle.
Seigneur lui dit-elle, si vous l’avez enlevé, de grâce enseignez-moi où vous l’avez mis, et je l'emporterai. Elle ne nomme pas même celui qu’elle cherche. Quand on a le cœur plein de quelque chose, on s’imagine que chacun pense à ce qui nous occupe.
Mais une femme seule ; faible, sans secours espère d’emporter un corps si pesant, et de l’emporter contre la défense du Gouverneur, et aux yeux de toute la Ville. L’amour de Dieu n’inspire pas seulement du courage, il donne encore de la force ; et comme ce n’est que sur la grâce qu’on compte, plus on est faible, et plus on est puissant. Dès qu’une âme ne cherche que Dieu, le respect humain tombe, on craint peu de déplaire aux hommes, quand on ne veut plaire qu’à Dieu.
Ô que la persévérance au service de Dieu est libéralement, et promptement récompensée ! Les empressements, le zèle, les désirs, et les larmes de cette sainte Amante obligent le Sauveur à la consoler ; elle le reconnait à la voix. Ô mon Dieu ! quels furent à cet heureux moment les transports d’amour, et les sentiments de respect et de reconnaissance de cette sainte Âme !
On n’expérimente rien de semblable, parce qu'on est lâche au service de Dieu, parce qu’on l'aime peu, parce qu’on ne saurait même assurer véritablement qu’on l’aime. On voudrait être tout à Dieu, c’est-à-dire, qu’on ne le veut pas, mais qu’on le voudrait si Dieu voulait se contenter d’un cœur partagé, si Dieu voulait être servi à notre gré, et non pas selon qu’il le demande, on voudrait arriver à la perfection, mais par la voie qu’il nous plaît. On veut que la prudence humaine serve de guide ; et comme si l’on n’avait à compter que sur ses propres forces, on perd courage à la moindre difficulté.
Stériles désirs, frivole projet de conversion, qui ne servent qu’à s'endormir une âme dans sa tiédeur ! Que gagne-t-on à s’aveugler pour ne pas apercevoir le danger ? On est éternellement irrésolu, indéterminé, comme s’il y avait un autre parti à prendre ; quand on doute en matière de foi, on ne croit pas ; quand on délibère en matière de pénitence on ne se convertit pas.
Ne permettez pas, Seigneur, que ce malheur m’arrive. Ma lâcheté jusqu’ici me donne sujet de tout craindre, mais la confiance que je sens en votre miséricorde me fait tout espérer. J’ai voulu cent fois me mettre en chemin pour vous chercher : et cent fois je suis revenu sur mes pas, effrayé par des difficultés imaginaires, par de vains obstacles ; ma lâcheté, et mon peu de foi ont augmenté ma faiblesse. Un peu plus de confiance en votre bonté m'aurait inspiré plus de force, et m’aurait fait sentir les effets de votre secours. À présent que vous me la donnez cette confiance, et que je sens par votre miséricorde plus de volonté, ce me semble, d'être tout à vous, je ne saurais douter que ma résolution ne soit efficace, et que vous ne soyez en même temps toute ma force, comme vous êtes le seul objet de mon amour : Diligam te, Domine, fortitudo mea.


LECTURE.
On pourra lire le Chapitre sixième du second Livre de l’Imitation de Jésus-Christ.


(Tirée de Retraite spirituelle pour un jour de chaque mois, par le Père Jean Croiset, de la Compagnie de Jésus)


Reportez-vous à Origine de la Fête de PâquesSur la Fête de PâquesPrière à Saint Jean, disciple que Jésus aimait, Ce qui se passa à la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Instruction sur la Fête de Pâques, Apparition de Jésus ressuscité à sa sainte Mère, Méditation pour le jour de Pâques, Méditation sur la Fête de Pâques, Hymne du Temps Pascal, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Jésus, Sagesse glorieuse et triomphante, La sépulture de Jésus-Christ, Jésus glorifié veut glorifier sa Mère, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Instruction sur le Samedi Saint, Méditation sur le Samedi Saint : Mortuus et sepultus est. Il est mort et enseveli, Instruction pour le Vendredi Saint, Méditation sur le Vendredi Saint : Expiravit (Luc, 23), Autre Méditation pour le Vendredi Saint, Méditation pour le Lundi Saint, Méditation pour le Mardi Saint, Méditation pour le Mercredi Saint, Méditation pour le Jeudi Saint, Méditation pour le Samedi Saint, Instruction sur le Dimanche des Rameaux, Méditation pour le Dimanche des Rameaux : Dites à la Fille de Sion, voici votre Roi, qui vient à vous, plein de douceur, et Autre Méditation pour le Dimanche des Rameaux.














dimanche 12 avril 2020

Méditation : Ce qui se passa à la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ




De la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ



Ce qui se passa à la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ



Considérez avec quel courage, et avec quel zèle les saintes Femmes qui avaient suivi Jésus-Christ jusques sur le Calvaire, s’empressèrent de lui rendre les derniers honneurs, même dans le Tombeau. Elles résolurent de préparer des parfums, pour embaumer encore une fois ce divin Corps ; mais quelque grand que fût leur empressement, elles différèrent jusques après la Fête, ayant moins d'égard à leur dévotion particulière, qu'à l'observance de la Loi : tel est toujours l’esprit de la véritable piété, et d’une dévotion solide.
Cependant, les ennemis du Sauveur, qui le craignaient jusques dans le Tombeau, voulurent prendre toutes les précautions possibles pour ôter tout prétexte aux faux bruits qu'on pouvait répandre de sa Résurrection, et ce furent ces mêmes précautions qui rendirent la vérité de fa Résurrection indubitable.
Les Princes des Prêtres et les Pharisiens, non contents de savoir que le Corps du Sauveur était renfermé dans un Sépulcre taillé dans le Roc, et fermé d’une pierre, que plusieurs hommes ensemble pouvaient à peine rouler, ils voulurent encore qu’on mît le Sceau sur cette pierre, et qu’une Compagnie de Gardes veillât sans cesse autour du Sépulcre, pour empêcher que personne n’y entrât.
Mais, ô mon Dieu, que la prudence humaine est faible ! qu’elle est aveugle, lorsqu’elle prétend s’opposer à vos desseins ! Que produisirent tous ces soins : Hélas ! rien ne pouvait mieux apprendre à toute la terre la prédiction, que Jésus-Christ avait faite, qu’il ressusciterait au troisième jour, et rien ne prouvait d’une manière plus authentique, qu’il était véritablement ressuscité.
Dés le soir du jour du Sabbat, c’est-à-dire, un peu après les six heures du soir, qui était, selon les Juifs, la première heure du jour suivant, Marie Magdelaine, Marie mère de Jacques, et Salomé, allèrent acheter tout ce qu’il fallait pour embaumer le Corps du Sauveur.
L’impatience où elles étaient de lui rendre ce dernier devoir, fit qu’elles partirent de chez elles avant le jour ; tant l’amour de Jésus-Christ inspire de courage, et d’empressement. Une seule chose les embarrasse : Qui nous ôtera la pierre, disent-elles, qui ferme l’entrée du Sépulcre ?
Cet obstacle cependant ne les arrête point. Tant il est vrai que rien ne rebute, rien ne décourage, rien ne paraît même trop difficile à qui aime véritablement Dieu.
Au moment qu’elles arrivaient, et que le Soleil paraissait sur l'horizon, l’Âme de Jésus-Christ s’étant réunie à son Corps, ce divin Sauveur ressuscita glorieux, et immortel, passa miraculeusement à travers la pierre du Sépulcre sans la remuer, et sans y faire d’ouverture. En même temps la terre trembla, et un Ange venu du Ciel ayant ôté la pierre qui fermait le Sépulcre, s’assit dessus. L’éclat de son visage, et la blancheur de ses habits éblouissaient. Toutes ces merveilles effrayèrent tellement les Gardes, qu'ils tombèrent comme morts ; et que s’étant remis un peu de leur crainte, ils prirent aussitôt la fuite.
À la vérité, ces fidèles Servantes de Jésus-Christ parurent d’abord saisies de quelque frayeur. Mais l’Ange les rassura aussitôt : Pour vous, leur dit-il, ne craignez point ; le trouble, et la crainte ne sont le partage que des pécheurs ; la paix, et la confiance sont le caractère des âmes justes. Je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié, il est ressuscité, il n'est plus ici. C’est ainsi que ce qui trouble, ce qui effraie les méchants, console, et réjouit merveilleusement les âmes saintes.
Mais, quelle joie ! quelle surprise ! lorsqu’étant entrées elles-mêmes dans le Sépulcre, pour se convaincre de la vérité par leurs propres yeux, elles n’y trouvèrent autre chose que les linges, où leur bon Maître avait été enseveli. Avec quelle vitesse ! avec quel transport de joie courent-elles à Jérusalem porter aux Disciples une si agréable nouvelle ! Elles racontent ce qu’elles ont vu ? la joie extraordinaire peinte sur leur visage est une preuve sensible de la vérité de ce qu’elles disent.
Mon Dieu, quels sentiments alors dans le cœur de tous les Disciples ! Le témoignage si positif de ces Femmes ranime leur foi, la joie leur donne du courage, leur espérance se réveille, et ils ne doutent encore, que parce qu’ils défirent encore plus qu’ils ne croient, chacun veut s’assurer par soi-même d’une si consolante vérité. Ils accourent donc au tombeau, et confirment à leur retour tout ce qu’avoient rapporté ces saintes Femmes.
On ne peut douter que la sainte Vierge n’ait été la première personne à qui le Sauveur se fit voir après sa Résurrection. Qui pourrait concevoir la joie dont fut pénétrée la plus tendre des Mères à la vue du triomphe glorieux d’un tel Fils ?
Ô qu’il est vrai que Dieu diffère peu de consoler ceux qui l’aiment, et que la joie dont il les comble, même dès cette vie, adoucit merveilleusement leurs croix ! La douleur des Disciples en voyant mourir leur bon Maître sur la Croix avait été grande, mais la joie qu’ils ont de le voir ressuscité est excessive ; leur douleur, et leur tristesse n’ont duré que trois jours, mais leur joie ne doit plus finir : tel est le sort des gens de bien. Mon Dieu que les Disciples de Jésus-Christ se sûrent alors bon gré de lui avoir été fidèles ! Et quelle horreur n’eurent-ils pas alors de la perfidie de Judas, et de son malheureux sort ?
Que d'insultes, que d’opprobres ne leur avait-il pas fallu essuyer pendant la vie, et la Passion de leur bon Maître ? On les regardait comme des gens simples, et méprisables, qui s'étaient laissés séduire fortement par les ruses d'un imposteur ; ils s'étaient tous cachés, ils n’osaient plus paraître. Quels transports de joie, mais d'une joie pure, et pleine, en voyant leur bon Maître ressuscité ? Ce prétendu imposteur était le Fils de Dieu, ce Jésus est le Sauveur, et le Messie : quelle consolation d'avoir embrassé sa doctrine ! quelle joie de ne l’avoir pas abandonné comme tant d'autres ! mais quels sentiments de tendresse, et de reconnaissance d’avoir été choisis pour être les Disciples du Rédempteur !
Notre foi, notre espérance, pouvaient-ils dire en s’applaudissant de leur sort, n’était donc pas une folie, mais une véritable sagesse, notre attachement pour sa personne adorable n’était pas un ridicule entêtement, mais un indispensable devoir. On nous a regardés avec le dernier mépris comme l’opprobre de notre Nation ; quelle sera désormais la vénération qu’on aura pour nous par tout le monde jusqu’à la fin des siècles ? Ainsi parlaient alors les Apôtres, ainsi parlent encore aujourd'hui tous les Saints.
Le monde aussi ennemi de JÉSUS-CHRIST que les Juifs, regarde du même œil que ces perfides Serviteurs ce bon Maître, et il ne les traite pas mieux qu’eux. Disciples généreux, et fidèles, que de piquantes railleries à essuyer de la part des mondains ! que de mépris ! que d'humiliantes calomnies ! On vous regarde en pitié comme des génies bornés, et impolis, et comme indignes du commerce des hommes. On raille de vôtre exactitude à remplir les moindres devoirs de Chrétien, vôtre piété passe pour imbécillité d'esprit ; vous êtes le jouet, et la fable de tout ce qu’on appelle beau monde. Un peu de patience : La Passion, la Mort, la Sépulture de votre divin modèle n’a duré que quatre jours ; encore, ne sont-ils pas entiers, et la Résurrection glorieuse qui suit ne doit point avoir de terme ? À ce premier moment de l’éternité, vous saurez-vous mauvais gré d’avoir été parfaits Chrétiens, vous repentirez-vous de vôtre exactitude à remplir tous les devoirs de vôtre état ? Serez-vous sachez de n’avoir pas déféré aux flatteuses sollicitations des personnes du monde ?
Hé, mon Dieu ! quand comprendra-t-on, comme il est aisé de le sentir, que la véritable félicité est le partage de ceux qui vous servent, et que c’est être insensé de prendre un autre parti ? On le comprendra nécessairement à l’autre monde. Mais qu’il est dur après un égarement irréparable, de comprendre qu’on s’est égaré !
Cependant, tandis que les Disciples, et ces saintes Femmes transportées de joie, retournent à Jérusalem, chacune alléguant quelque particulière circonstance, qui sert de nouvelle preuve de la vérité de cette merveille, Magdelaine plus embrasée que les autres du désir de revoir Jésus-Christ, demeure seule à l’entrée du Sépulcre. Les larmes qu’elle verse disent assez ce qu’elle veut. Elle regarde plusieurs fois, elle se baisse pour examiner de plus près, et elle croit toujours s’être trompée. Elle y aperçoit deux Anges vêtus de blanc assis dans l’antre, qui lui disent : Femme, pourquoi pleurez
vous ? Toute autre que Magdelaine eût pris le change, et se fût laissée éblouir à l’éclat qui rejaillissait du visage, et des habits de ces Envoyés du Seigneur ; mais rien ne put lui tenir la place du Dieu qu’elle cherche. Hélas ! leur répond-elle, je pleure, et je suis inconsolable, parce qu’on a enlevé le Corps de mon Maître, et de mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis.
À peine eut-elle dit ces paroles, que se retournant elle vit devant elle le Sauveur qu’elle cherchait, et qu’elle ne put d’abord reconnaître. Quand on aime véritablement Dieu, et qu’on le cherche avec un empressement pur, et sincère, on n’est pas longtemps à le trouver.
Le Sauveur lui demanda, ainsi qu’avaient fait les Anges, quel était le sujet de ses pleurs, et qui elle cherchait. Elle qui n’était occupée que de son Dieu, le prit pour le Jardinier, et semblable à ces personnes qui croient que chacun pense à ce qui les occupe : Seigneur, lui dit-elle, si c’est vous qui l’avez enlevé, dites-moi de grâce où vous l’avez mis, je l’irai prendre en quelque part qu’il soit, et je l’emporterai.
L’amour de Dieu ne trouve rien d'impossible, une charité généreuse, et ardente surmonte les plus grandes difficultés, n’aperçoit pas même les plus grands obstacles. Mais, ô mon doux Jésus, qu’il est difficile que vous vous cachiez longtemps à un cœur qui vous aime avec tendresse ! Le Fils de Dieu ne fit que l’appeler par son nom, Marie ; et en même temps cette fidèle Servante connaissant à la voix son divin Pasteur, s’écrie : Ah, mon Maître !
Concevez, s’il est possible, quels durent être alors les transports de joie de cette sainte Amante ; il fallut que le Sauveur lui-même les modérât. C’est ainsi que ce bon Maître se hâte de récompenser si avantageusement la généreuse persévérance de sa fidèle Servante.
Cependant, les ennemis de Jésus-Christ sont effrayés au récit que font les Gardes de tout ce qui s’est passé de merveilleux dans cette Résurrection : ne diriez-vous pas que ces obstinez vont se rendre à la vérité connue ? Nullement. Ils deviennent plus endurcis dans leur obstination ; et au lieu de reconnaître le Messie à une marque si évidente, ils ne songent qu’à étouffer la vérité qui se découvre à eux, malgré eux-mêmes. Tant il est vrai que l’esprit est la dupe du cœur, et qu’on est peu susceptible des lumières de la foi, lorsque la passion maîtrise l’âme.
Oui, mon divin Sauveur, dès que le cœur est corrompu, la foi est chancelante ! Touchez ce cœur purifiez-le, afin que ma foi augmente. Je n’ai été jusqu’ici que trop fidèle, et ma lâcheté à votre service est une triste preuve de ma foi.
Mais, mon doux Jésus, vous n’avez pas laissé de répandre vos grâces avec abondance au jour de vôtre triomphe sur vos Disciples, quoique leur lâcheté fût une preuve de leur peu de foi, l’éclat de vôtre Corps glorieux dissipa toutes leurs ténèbres : cet exemple, Seigneur, augmente ma confiance, et me fait espérer d’avoir le même sort.
Oui, mon aimable Rédempteur, votre Résurrection n’est pas seulement le fondement de notre foi, elle est encore comme la source de nos espérances ; quelque glorieux, immortel, impassible que soit votre Corps, vous avez voulu conserver les cicatrices de vos plaies pour réveiller sans cesse ma confiance, et exciter ma reconnaissance, et mon amour. Je crois que vous êtes ressuscité ; et j’espère que vous me ressusciterez aussi quelque jour : faites que ce soit pour être éternellement avec vous.


(Tirée de Retraite spirituelle pour un jour de chaque mois, par le Père Jean Croiset, de la Compagnie de Jésus)


Reportez-vous à Réflexions sur quelques circonstances de la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Apparition de Jésus ressuscité à sa sainte Mère, Acte de consécration à Jésus ressuscité, Instruction sur la Fête de Pâques, Méditation pour le jour de Pâques, Méditation sur la Fête de Pâques, Hymne du Temps Pascal, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Jésus, Sagesse glorieuse et triomphante, La sépulture de Jésus-Christ, Jésus glorifié veut glorifier sa Mère, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Instruction sur le Samedi Saint, Méditation sur le Samedi Saint : Mortuus et sepultus est. Il est mort et enseveli, Instruction pour le Vendredi Saint, Méditation sur le Vendredi Saint : Expiravit (Luc, 23), Autre Méditation pour le Vendredi Saint, Méditation pour le Lundi Saint, Méditation pour le Mardi Saint, Méditation pour le Mercredi Saint, Méditation pour le Jeudi Saint, Méditation pour le Samedi Saint, Instruction sur le Dimanche des Rameaux, Méditation pour le Dimanche des Rameaux : Dites à la Fille de Sion, voici votre Roi, qui vient à vous, plein de douceur, et Autre Méditation pour le Dimanche des Rameaux.













dimanche 10 novembre 2019

La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire



Extrait de « Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire » par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus :


La délivrance des âmes du Purgatoire, Estampe


Ordinavit in me charitatem : Dieu m'a placé sous l'étendard de la charité. (Cant. 2, 4)


Il ne peut entrer dans ma pensée de réduire ici à quelques lignes tout ce qu'il y a de parfait dans la charité envers les pauvres âmes du purgatoire. Je me borne à quelques considérations rapides.
Toute charité est d'autant plus grande que les misères qu'elle soulage le sont elles-mêmes. Là où le besoin est extrême, l'obligation d'y porter remède devient plus pressante. Or, quelle plus douloureuse nécessité se peut-il concevoir que celle d'âmes plongées dans un océan de tourments, vouées aux souffrances les plus atroces, aux plus inexprimables angoisses ? Les commentateurs, appliquant au purgatoire ce mot de Malachie, III, 3 : « Sedebit confians, et purgabit filios Levi, et colabit eos quasi aurum : Le Messie sera comme un homme qui s'assied pour faire fondre et pour épurer l'argent ; il purifiera les enfants de Lévi, et il les rendra nets comme l'or qui a passé par le feu ; » le comparent a un alambic de toutes les peines imaginables d'ici-bas : comme si Dieu, à l'exemple de ces savants qui distillent de diverses substances les esprits les plus purs pour en composer un extrait qui les représente dans toute leur force, avait réuni dans le purgatoire, par une opération semblable, les différentes espèces de maux dont nous souffrons davantage dans cette vie, les maladies naturelles, les supplices violents, les tortures, les tourments infligés aux martyrs, etc., et en avait exprimé l'essence et l'activité. C'est ce que paraît avoir indiqué le prophète Isaïe, IV, 4, dans ce passage : « Abluet Dominus sordes filiarum Sion in spiritu ardoris : Le Seigneur purifiera les souillures de la fille de Sion dans l'ardeur du feu. » Ce feu est doué d'une puissance surnaturelle, d'une activité et d'une violence cent fois plus grandes que celles du nôtre, parce qu'il a été choisi pour instrument de la divine justice. Tertullien appelle même le purgatoire un enfer momentané : car, observe-t-il, les deux peines principales, celle du sens et celle du dam, y sont réservées aux âmes, avec la seule différence de la durée, les damnés ne devant jamais voir finir leurs tourments. Le feu est le même, suivant saint Augustin : « Eodem igne purgatur justus et torquetur damnatus. » Combien donc n'est-ce pas une charité excellente d'apporter du soulagement à ces âmes infortunées ! Il ne s'agit pas seulement de nourrir un affamé, de couvrir celui qui manque de vêtements, de délivrer un malade de sa fièvre, mais de retirer des malheureux de l'abîme immense de tous les maux.
Cette charité est plus précieuse encore si l'on considère le grand bien dont ces âmes vont être mises en possession. L'histoire a enregistré comme un prodige de bonté l'action du grand Théodose qui tira de son abjection la pauvre jeune fille Athénaïs pour la faire monter sur le trône impérial. David a exprimé de mille manières sa reconnaissance pour la divine miséricorde qui l'avait ôté à la garde des troupeaux et établi chef de son peuple. Oh ! combien meilleure est la charité qui procure à une âme la possession de l'éternelle béatitude ! Ne pourrait-on pas dire, dans un certain sens, qu'elle est aussi élevée que le bien même qu'elle assure ? Il est vrai que nous ne pouvons guère en saisir toute l'étendue, ignorants comme nous le sommes de ces célestes profondeurs. Mais ces âmes bénies sont placées mieux que nous pour cela ; elles savent tout ce qui est caché sous ces simples mots : voir DIEU face à face, DIEU, le premier principe et la fin dernière ; s'unir entièrement à cet objet souverainement aimable, après lequel elles soupirant de tout ce qu'elles ont d'intelligence et d'amour. Cette ardeur, ce désir invincible, cette flamme brûlante, leur cause un tourment plus insupportable que la flamme extérieure et vengeresse qui les consume. L'illustre Tertullien explique admirablement cette vérité par l'exemple de Job, image sensible de l'âme du purgatoire, ainsi que l'Église le fait entendre elle-même en lisant son histoire dans l'office des morts. Tout le corps de ce prophète de la patience était couvert d‘ulcères douloureux, qui le tourmentaient de la tête aux pieds ; et cependant, celui de tous ses organes qui le faisait le plus cruellement souffrir, et dont il se plaignait le plus haut, c'était la vue, qui n'apercevait plus le bien suprême (c. XVII, 2) : « In amaritudinibus moratur oculus meus : cur faciem tuam abscondis ? Mon œil est plongé dans l'amertume : oh ! pourquoi me cachez-vous votre visage ? » Comme s'il avait dit : Mon supplice le plus amer c'est de ne vous voir plus, ô mon DIEU ! « On plaint l'œil tout entier dans les tourments, » dit encore Tertullien. Ainsi l'âme souffrante du purgatoire n'a point de torture qui l'éprouve autant que la privation de la présence visible de son DIEU. Les autres peines, auprès de celles-là, ne lui semblent rien. Or, que fait la charité dont nous parlons ? elle met fin à cet état d'horrible souffrance, elle apaise cette soif ardente, elle comble ces immenses désirs, en leur assurant la possession de leur céleste objet.
L'amour de DIEU y est, d'ailleurs, intéressé lui-même directement. DIEU veut souverainement avoir auprès de lui ces âmes qu'il aime, afin de les faire participantes de sa gloire. « Delicioe meoe esse cum filiis hominum, dit-il au livre des Proverbes, VIII, 31 : Mes délices sont d'habiter avec les enfants des hommes ; » comme si la compagnie de ses créatures ajoutait quelque chose à sa félicité éternelle, et qu'il ne fût point complètement heureux tant qu'il ne la communique pas. Ces âmes, en effet, sont ses chères filles, les épouses du Sauveur, rachetées au prix de tout son sang et adoptées par lui. Il se réjouit donc de les délivrer de la prison où elles gémissent, et de les introduire à la lumière de son paradis. Pensez un peu quelle serait la consolation d'un roi de recevoir à sa cour un fils longtemps captif parmi les barbares et délivré par un fidèle ami. Quel accueil ne ferait pas un époux au médecin qui lui rendrait son épouse bien-aimée parfaitement guérie d'une maladie qu'on avait jugée mortelle ? Eh bien ! DIEU chérit ces âmes saintes beaucoup plus que tout cela ; il les reçoit avec plus d'allégresse, et il conserve une toute autre reconnaissance pour ceux qui les dégagent de la servitude et les introduisent, suivant l'expression de saint Pierre (I, 2, 9), « dans la parfaite liberté des enfants de DIEU, et du fond des ténèbres à son admirable lumière : In perfectam libertatem filiorum DEI, et de tenebris vocal in admirabile lumen suum. »
De plus, délivrer les âmes du purgatoire, c'est envoyer au ciel de véritables serviteurs de la divine Majesté, les plus capables de la louer dignement. Nous, dans les ténèbres et les misères de cette vie, nous ne pouvons ni connaître ni aimer convenablement l'éternelle Bonté. C'est au sortir du corps, en se trouvant tout-à-coup en face du Créateur, que notre esprit obtient cette connaissance claire, et par suite cet ardent amour qui le porte vers le bien suprême. Il se répand aussitôt en actes séraphiques de charité, bien plus élevés que ceux de Marie-Madeleine elle-même, dont le Seigneur a dit, qu'elle avait tant aimé : Dilexit multum ; plus ardents que ceux de saint Pierre assurant trois fois qu'il aimait et en prenant Jésus à témoin : Tu scis, Domine, quia amo te. Qu'ils doivent être touchants, les premiers actes de reconnaissance des âmes purifiées admises en présence de la miséricorde céleste ! quelle adoration profonde des souveraines perfections ! avec quel cœur elles répètent l'hymne de l'Apocalypse, 5 : « Benedictio, et honor, et gloria, et gratiarum actio DEO nostro, in soecula soeculorum : Bénédiction, honneur, gloire, action de grâces à notre DIEU, pendant toute la durée des siècles ! » Or, tous ces actes de parfait amour, de gratitude, de bénédiction, envers la divine Majesté, ceux-là n'en partagent-ils pas le mérite qui, par leurs pieux suffrages, ont mis plus tôt les pauvres âmes en état de les produire ?
De ces considérations abrégées le lecteur conclura combien est agréable à DIEU la charité envers nos frères du purgatoire. Notre-Seigneur, dans une de ces révélations dont il favorisait sainte Gertrude, lui dit ces touchantes paroles, suivant le récit de Denys-le-Chartreux : « Toutes les fois que vous délivrez une âme, cela est aussi agréable à DIEU que si vous le rachetiez lui-même de la captivité ; et il saura bien vous récompenser un jour de cette bonne action : Quod beneficium reddet vobis tempore opportune. » Mais nous aurons occasion de revenir là-dessus dans la seconde partie de ce livre.



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dimanche 22 juillet 2018

Méditation pour la Fête de Sainte Marie-Madeleine





MÉDITATION


POUR LA FÊTE DE SAINTE MARIE-MADELEINE


(22 juillet)




Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé
.


I. Prélude. —
Me représenter sainte Magdeleine, soit dans la maison du Pharisien, où elle obtint le pardon de ses péchés, soit dans celle de Lazare son frère, où elle se tenait aux pieds de Jésus pour écouter sa divine parole, soit sur le Calvaire, soit au sépulcre, où elle donna à cet adorable Sauveur les marques de l’amour le plus ardent et le plus généreux.


II. Prélude. —
Sainte amante du Cœur de Jésus, obtenez-moi la grâce de connaître, d'aimer, de servir et d'imiter comme vous ce Cœur adorable.


I. Point.—
Sainte Magdeleine connut le Cœur de Jésus-Christ.

Il est dans la dévotion au sacré Cœur cinq caractères, et comme cinq degrés, par lesquels on peut parvenir à ce qu'elle offre de plus parfait. Le premier degré consiste à bien connaître ce divin Cœur, source de grâces et trône de miséricorde ; le second, à l'aimer d'un amour tendre et généreux ; le troisième, à se pénétrer, à se nourrir de ses affections et de ses sentiments ; le quatrième, à souffrir avec lui et pour lui ; le cinquième enfin, à se dévouer pour sa gloire, et, pour y travailler plus efficacement, à retracer ses exemples divins. Tous ces caractères éclatèrent en sainte Magdeleine de la manière la plus vive et la plus frappante. Elle connut le Cœur de son Sauveur, cette illustre pénitente : toute couverte encore des taches de ses péchés, décriée même dans Jérusalem pour sa conduite peu réglée, elle devait craindre, ce semble, de paraître devant celui dont les regards sont si pénétrants et si purs ; mais non, touchée d'une grâce intérieure, elle a compris que Jésus est le bon Pasteur courant après sa brebis égarée, le charitable médecin des âmes, qui n'est pas venu pour celles qui se portent bien, mais pour celles qui sont malades : elle court donc se jeter à ses pieds ; elle les arrose de ses larmes, y répand des parfums, les essuie de ses cheveux, et entend de la bouche même de ce divin Maître ces paroles si consolantes : Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu’elle a beaucoup aimé. Oh ! qu'il fait bon connaître le Cœur de Jésus! qu’il est doux de l'aimer et de se confier en lui! c’est là le moyen le plus court pour obtenir le pardon de ses fautes, pour avoir part aux faveurs les plus précieuses.


II. Point. —
Sainte Magdeleine aima, servit et imita le Cœur de Jésus-Christ.

La connaissance intime des bontés du Cœur de Jésus, une amoureuse confiance accompagnée d'un amer repentir, avaient commencé la conversion de Magdeleine, et ainsi avaient éclaté en elle les deux premiers caractères de la dévotion au sacré Cœur. Les trois autres reluisent d'une manière non moins admirable dans tout le reste de sa vie. Jésus daigne honorer de sa présence la maison qu'elle habite avec Marthe et Lazare ; elle se tient à ses pieds, recueille avec avidité ses paroles sa crées, s'en nourrit, s'en pénètre, les grave dans son cœur, afin d'y imprimer aussi les sentiments et les affections de celui de son divin Maître. Bientôt cet adorable Sauveur est immolé pour le salut du monde : Magdeleine le suit sur la montagne de son sacrifice ; là elle souffre avec lui : tous les tourments qu’il endure sont douloureusement retracés dans son cœur. Après la résurrection de Jésus-Christ, elle lui marque la générosité de son amour par la promptitude de son obéissance, lorsqu'il lui ordonne de le quitter, pour aller porter de sa part à ses disciples l'heureuse nouvelle de son triomphe. Enfin, quand Jésus a quitté la terre, Magdeleine s'enfonce dans une caverne profonde pour y passer le reste de ses jours dans l’amour et dans la douleur, imitant ainsi le Cœur de Jésus dont la vie tout entière ne fut qu'un long tissu d'amour et de souffrances. Quand l’imiterai-je comme elle ? quand comprendrai-je d'une manière pratique que la souffrance est le plus efficace de tous les moyens pour m'unir et me conformer à lui ?


COLLOQUE avec sainte Magdeleine. —
Lui rendre des hommages de respect, d'amour, de confiance comme à la première adoratrice du Cœur de Jésus. — La prier de rendre mon cœur conforme au sien, en m’inspirant pour Jésus-Christ une tendre confiance et un véritable amour.


RÉSOLUTIONS. —
M’appliquer avec un soin tout nouveau au saint exercice de la méditation, afin d'y puiser la connaissance et l’amour du Cœur de Jésus. — Unir toutes mes peines à la croix de ce divin Maître.


BOUQUET SPIRITUEL. —
Marie a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera point ôtée.


PRIÈRE. —
Ouvrez-moi votre sacré Cœur, ô Jésus! montrez-moi ses charmes, unissez-moi à lui pour toujours ; faites que toutes les respirations et toutes les palpitations de mon cœur, qui ne cessent même point pendant le sommeil, vous soient des témoignages de mon amour, et vous disent sans cesse : « Oui, Seigneur, je suis toute à vous ; le gage de votre alliance est sur mon cœur, et il n'en sortira jamais ; recevez le peu de bien que je fais ; faites-moi la grâce de réparer le mal que j'ai fait, afin que je puisse vous bénir pendant cette vie, et vous louer dans toute l'éternité. Ainsi soit-il.



Extrait de "Méditations sur les principaux mystères de la Très Sainte Vierge, et pour les fêtes des Saints..." (Imprimatur, 1840).





Reportez-vous à Litanies de sainte Marie-Madeleine.












jeudi 14 septembre 2017

Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs








1er point. Elle est fondée 1°, sur la promesse que Dieu a faite au pécheur pénitent de lui pardonner ses péchés. Mais cette promesse ne regarde point le pécheur résolu de persévérer dans son péché jusqu'à la mort. Le Seigneur a considéré dans le monde deux sortes de pécheurs : les uns, faibles et découragés, qui n'espèrent pas assez ; les autres téméraires et présomptueux, qui espèrent trop. II dit aux premiers : Rassurez-vous ; car quelques péchés que vous ayez commis, au moment que vous reviendrez à moi, je vous pardonnerai. Tremblez, dit-il aux autres ; parce que quelque inviolable que puisse être ma promesse, elle ne s'étend point jusqu'à favoriser votre impénitence.


2e point.
2°, Elle est fondée sur les traits de la miséricorde de Dieu envers les pécheurs, que nous lisons dans l'Écriture. David n'a pas plutôt pleuré son pêché, que le Prophète lui annonce qu'il est pardonné ; dans le moment même où Magdelaine vient verser des larmes aux pieds de son Sauveur, tous ses péchés lui sont remis. Oui, mais aucun de ces pécheurs n'avait renvoyé sa pénitence à l'heure de la mort. Le pécheur impénitent peut encore moins se prévaloir de la conversion de cet heureux criminel qui fut crucifié sur le calvaire à côté de Jésus-Christ. Il est vrai que celui-ci ne se convertit qu'à la dernière heure de sa vie : mais, reprend un Saint Père, Euseb, c'était aussi la première heure de sa foi : Non fuit extrema illa hora, sed prima. Au premier instant qu'il commença à connaître Jésus-Christ, il commença à l'aimer ; et quelque tardif que paraisse son repentir, jamais conversion ne fut plus prompte et moins différée.




Reportez-vous à La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Méditation sur la mort dans le péché, Prière de Sainte Thérèse d'Avila pour la conversion des pécheurs obstinés, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur l'éternité des peines de l'Enfer, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur les instructions de Jésus-Christ, Méditation sur la Pénitence différée à l'heure de la mort, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la fausse idée que les Pécheurs se forment de la miséricorde de Dieu, Méditation sur le délai de la conversion, Méditation sur l'incertitude de l'avenir, Méditation sur le bon usage du temps présent, Méditation sur l'inquiétude de l'avenir, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur le souvenir des jours que l'on a passé dans l'oubli de Dieu et de ses devoirs, Méditation sur l'obligation de vivre une vie pénitente et mortifiée, Méditation sur l'oisiveté, Méditation sur l'expiation du péché, Méditation sur la réparation du péché, Méditation sur le combat de la chair contre l'esprit, Méditation sur les caractères de la vraie et de la fausse pénitence, Méditation sur la miséricorde de Dieu, Méditation sur la pénitence du cœur, Méditation sur la promptitude et la vivacité de la vraie pénitence, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur le respect humain, Méditation sur les moyens de surmonter la faiblesse du respect humain, Méditation sur le crime du respect humain, Méditation sur les œuvres de piété faites par respect humain, Méditation sur la piété extérieure, Méditation sur les moyens de guérir les illusions de la fausse conscience, Méditation sur les péchés d'ignorance, Méditation sur l'aveuglement de la Conscience, Méditation sur le repos de la conscience, Méditation sur la conscience, Méditation sur la passion dominante, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur les moyens d'acquérir la connaissance de nos devoirs, Méditation sur l'amour de la vie, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur le péché de scandale, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur l'illusion des prétextes dont on s'autorise pour ne pas quitter l'occasion du péché, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, Méditation sur l’œil qui scandalise, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, et Méditation sur l'exemple de la multitude.