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mercredi 13 octobre 2021

Des maux réels et considérables que cause la Tristesse



« Chassez la tristesse loin de vous, dit le Sage, car elle a fait mourir beaucoup de gens, et elle n'est bonne à rien. » Cassien, dans un Traité particulier qu'il a composé sur la tristesse, remarque que cette affection de l'âme est un mal qu'il n'est pas moins dangereux et moins difficile à guérir que les autres infirmités spirituelles : et il prouve, par l'autorité même de l'Écriture Sainte, les fâcheux effets qu'elle produit. « Gardez-vous, dit-il, de la tristesse, et ne lui donnez aucune entrée en votre âme : car si elle s'empare une fois de votre cœur, elle lui fera perdre bientôt le goût de l'oraison et des lectures spirituelles : elle fera que vous trouverez trop long le temps que vous y employez ordinairement, et que par la suite vous l'abrégerez : elle sera même quelquefois cause que vous abandonnerez entièrement l'un et l'autre exercice : enfin, elle répandra tant d'ennui et tant de dégoût sur tous vos exercices spirituels, qu'il vous sera impossible de n'en être pas rebuté. Le Prophète Royal exprime bien ces effets, ajoute Cassien, dans ces courtes paroles : Mon âme s'est endormie d'ennui.
Il ne dit pas que son corps s'est assoupie, il dit que son âme s'est endormie : parce qu'en effet la tristesse et la langueur spirituelle causent à l'âme tant d'ennui et tant de dégoût pour tous les exercices spirituels et pour toutes les œuvres de piété, qu'elle tombe dans une espèce d'assoupissement, qui la rend incapable de faire aucun bien. Ce dégoût va même quelquefois si loin, qu'on se sent choqué de la ferveur qu'on aperçoit dans les autres, et qu'on fait tous ses efforts pour les en détourner. La tristesse produit encore un autre mal, dit le même Cassien : elle nous inspire de l'aigreur et de la dureté pour nos frères. »
Saint Grégoire dit que la tristesse nous porte aisément à la colère. En effet, n'éprouvons-nous pas tous les jours que quand nous nous laissons aller à cette mélancolie, tout nous devient à charge, tout nous blesse et tout nous irrite ? Cette disposition rend l'homme impatient, soupçonneux et intraitable : quelquefois même elle lui trouble l'esprit, au point qu'il semble qu'elle lui ait ôté le jugement, suivant ces paroles du Sage : qu'où il y a de l'amertume de cœur et de la tristesse, il n'y a point de raison. Aussi éprouvons-nous souvent que quand on est attaqué de cette malheureuse passion, on sent des craintes, on connaît des défiances, on est exposé à des imaginations si déraisonnables, que ceux avec qui nous vivons, et qui jouissent de leur bon sens, ne les peuvent regarder que comme des égarements d'esprit. Il arrive encore que des personnes d'ailleurs d'un grand mérite et d'un grand savoir, s'abandonnent quelquefois à cette humeur noire et mélancolique, jusqu'à pleurer sans sujet, et avec autant de faiblesse que des enfants : que lorsqu'elles ont assez de présence d'esprit pour s'apercevoir de cette disposition, elles ont soin de s'enfermer dans leur chambre, pour y pleurer seules et en liberté, et ne se pas faire tort à elles-mêmes, en se montrant publiquement en cet état.
Si vous voulez savoir à fond, dit Cassien, les mauvais effets que la tristesse produit dans le cœur, le Saint-Esprit vous l'apprendra par ces paroles du Sage : « De même que les vers rongent les habits et le bois où ils s'attachent, de même la tristesse ronge le cœur de l'homme. »
La tristesse enfin produit tant de maux que le Sage assure qu'elle est la plus grande de toutes les plaies, et qu'elle conduit promptement à la mort : elle conduit même à la mort éternelle de l'enfer, ajoute S. Augustin.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Méditation sur la tristesse, Méditation sur deux sortes de tristesse, et De la réformation de la tristesse.













mercredi 3 mars 2021

Les enfants chrétiens en vacances



Une triste expérience démontre qu'un grand nombre d'enfants, après avoir persévéré pendant toute une année dans la pratique de la vertu et de la piété, perdent bientôt, pendant le temps des vacances, toutes leurs bonnes dispositions et les habitudes heureuses qu'ils avaient contractées, abandonnent entièrement leurs résolutions les plus sages et les plus sincères, oublient leurs devoirs les plus sacrés et deviennent souvent très-coupables. Le commerce plus fréquent du monde, la dissipation, l'oisiveté, une liberté plus grande à laquelle ils ne sont pas accoutumés, en même temps que l'absence des secours dont ils se trouvent privés dans le temps même où ils leur deviennent plus nécessaires : telles sont les causes de ce déplorable changement. Un enfant chrétien n'oubliera donc pas que le temps des vacances est un temps plein d'écueils et de dangers, et pour se prémunir contre les causes funestes qui en perdent tant d'autres, il s'entourera de précautions et de vigilance, redoublera de dévotion envers la très sainte Vierge, et se prescrira pour tout le temps des vacances la fidélité la plus scrupuleuse au règlement suivant :

Un enfant chrétien en vacances doit se rappeler qu'il a toujours un Dieu à servir et une âme à sauver.

Ce qu'on doit éviter :

1° L'oisiveté, source de tentations ; le respect humain, cause de tant de péchés ; le découragement, qui vient quelquefois après une première faute.
2° Les mauvaises compagnies, les lectures dangereuses, les divertissements où on serait exposé à voir, entendre ou faire ce qui blesserait la conscience.

Ce qu'on doit observer :

Envers Dieu : Prières du matin et du soir, lecture méditée.
Fidélité aux lois de l'Église, abstinence, saints offices.
Recours habituel à la Sainte Vierge comme protectrice spéciale des vacances, chapelet.

Envers le prochain : POUR TOUS ; charité, condescendance, politesse.
POUR SES PARENTS : docilité, prévenance, le plus affectueux respect.
AVEC LES ÉTRANGERS : discrétion, réserve ; avec les jeunes gens, retenue. On se fait respecter en évitant une trop grande familiarité.
Faire, si l'on peut, quelque chose pour les pauvres.

Envers soi-même : décence scrupuleuse, simplicité, éviter la hauteur.
Dans les moments difficiles, recourir à Dieu et à Marie.
Ne jamais se décourager, quoi qu'il arrive : se relever sans retard par la confession et par la communion fréquentes*.

* En l'absence de sacrements, prier pour obtenir la contrition de ses fautes, et communier spirituellement chaque jour.


Ordre d'une journée ordinaire de vacances


Matinée : Lever fixe ; prière et lecture méditée, un quart d'heure au moins ; la sainte Messe, s'il est possible ; deux ou trois heures d'étude, devoir de vacances.
Après-midi : Une heure d'étude, si on ne fait pas une grande promenade ; lecture de piété, chapelet ; si on le peut, visite au Très-Saint Sacrement ; prière du soir ; coucher fixe, autant que possible.

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à La politesse est indissociable de la charité, Qu'est-ce que la persévérance ?, Première et dernière pensée du chrétien, Règlement pour les écoliers pendant les vacances, Avis de Saint Philippe de Néri aux enfants des pensionnats, Litanies de la Jeune Fille, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, Prière à Sainte Maria Goretti, Prière d'une âme qui veut se détacher des vaines affections, Prière à Saint Louis de Gonzague pour obtenir la pureté d'esprit et de corps, Prière pour obtenir la pureté, Prière pour demander la pureté, Prière pour les parents, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, Prière à Saint Joseph, Père et Protecteur des Vierges, Discours aux jeunes époux, de Sa Sainteté le Pape Pie XII, sur les mauvaises lectures, le 7 août 1940, Explication du quatrième commandement de DieuPrière pour son père et sa mère, Prière à Marie pour obtenir la conversion d'un parent, Divini illius magistri, Lettre encyclique du Pape Pie XI sur l'éducation chrétienne de la jeunesse, L'intention du jour, et De la conduite de la jeunesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.













jeudi 1 octobre 2020

De l'abandon




Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains. (Jésus-Christ)


Jésus-Christ a fait cet acte d'abandon lorsqu'il était abandonné de son Père, traité de lui comme une victime chargée des péchés de tout l'univers, comme un objet de malédiction ; lorsqu'il éprouvait à la fois au dedans toutes les rigueurs de la justice divine, et au-dehors tous les tourments, toutes les ignominies que la rage de ses ennemis pouvait inventer ; lorsqu'on tournait en dérision sa sainteté, ses miracles, ses prophéties, sa qualité de roi et de Messie ; lorsque, de ses Apôtres, l'un l'avait trahi, l'autre renoncé, tous abandonné ; lorsque nu et pauvre, n'ayant absolument plus rien sur la terre, pas même sa sainte mère qu'il avait remise entre les mains de saint Jean, il était prêt à rendre en croix le dernier soupir. Ce fut alors que, recueillant toutes ses forces et tout son amour, acceptant de grand cœur tout ce qu'il souffrait dans l'âme et dans le corps de la part de Dieu et des hommes, destitué de tout appui, de toute consolation, il prononça ces grandes paroles : Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains. Cette âme qui épuise à ce moment tous les fléaux de votre colère, cette âme qui est le rebut du ciel et de la terre, je la remets, je la sacrifie, je la perds entre vos mains.
Il n'est pas permis de douter que cet acte ne fût l'expression de l'amour le plus pur et le plus désintéressé. L'amour pur n'est pas, dans l'âme fidèle, séparé de la foi ni de l'espérance ; au contraire, il perfectionne l'une et l'autre. On n'en a pas le sentiment ni même la perception ; mais on en a la réalité dans le degré le plus sublime. C'est une erreur de penser que la charité, lorsqu'elle est à son comble ici-bas, détruise ou affaiblisse les deux autres vertus théologales, et c'est calomnier les partisans de la vie intérieure, de les accuser de cette erreur et de leur imputer l'abominable hérésie du quiétisme, lorsqu'ils enseignent que le comble de la perfection est de servir Dieu sans aucune vue d'intérêt, soit pour le temps, soit pour l'éternité.
Mais il est certain, par la doctrine et par l'expérience des Saints, que l'homme, aidé de la grâce, peut en quelque sorte imiter Jésus-Christ dans cet abandon. Il est certain que Dieu peut mettre une âme, et qu'il en a mis plusieurs à une pareille épreuve, et qu'il les a conduites par degrés jusqu'à lui faire le sacrifice des plus chers intérêts de son âme. J'avoue qu'on ne peut pas faire un tel sacrifice avec la grâce ordinaire, et qu'il faut avoir passé auparavant par des états très-relevés et très-purifiants, où personne ne peut se mettre de soi-même, et dont ce sacrifice est la consommation. Dieu seul par sa grâce extraordinaire peut faire entrer une âme dans cet état et la conduire par la main jusqu'au terme. Il n'y a point d'illusion à craindre par rapport à ces états, parce que la nature a en horreur, comme de sa destruction, ces sortes d'états ; et il est impossible de les imaginer ni de les feindre ; car ceux qui y sont réellement, ignorent habituellement qu'ils y sont ; ils marchent à tâton dans les ténèbres de la foi ; ils acceptent ces états par la partie supérieure de leur âme, mais la partie inférieure souffre les combats les plus violents ; elle rejette bien loin d'elle la souffrance, et elle est assurément bien éloignée de s'y complaire. S'il arrive que de telles âmes soient persécutées, ce ne peut être que par des gens qui n'ont nulle expérience, nulle connaissance de ces états ; et l'on ne saurait apporter trop de précautions, trop se défier de son propre esprit, trop invoquer Dieu lorsqu'il s'agit de prononcer sur cette matière.
Quand Dieu veut faire entrer une âme dans cette voie, il la porte d'abord à se donner tout à fait à lui. Il la met ensuite dans le recueillement passif et dans un état habituel d'oraison. Il lui donne du goût pour les livres qui traitent de la vie intérieure, et lui en communique une intelligence proportionnée à ses vues sur elle. Quelquefois aussi il l'éclaire par lui-même sans les secours des livres. Il a soin surtout de la mettre sous la direction d'un guide convenable et propre à l'avancer ; et il inspire à cette âme une docilité, une obéissance non communes.
Il l'exerce ensuite par degrés ; il la fait passer de renoncement en renoncement, d'épreuves en épreuves, qui deviennent de plus en plus intérieures et spirituelles. Il y joint aussi différents genres de tentations, soit de la part du démon, soit de la part des hommes. En même temps il l'aveugle sur elle-même et sur ses dispositions intimes ; elle ne sait plus où elle en est, si elle aime Dieu, si elle en est aimée ; elle croit l'offenser à chaque action ; elle prend son insensibilité pour endurcissement, l'éloignement apparent de Dieu pour un commencement de réprobation ; ce qui lui cause des tourments et des révoltes inexprimables. On essaye en vain de la rassurer, de la tranquilliser ; tous les raisonnements ne font sur elle aucune impression. Dieu la conduit ainsi de précipice en précipice, jusqu'à ce qu'enfin il la mette sur le bord du grand abîme, et l'engage à s'y jeter par un abandon généreux. Il la laisse quelque temps dans cet abîme ; après quoi il l'en retire et lui donne alors une vie nouvelle et glorieuse.
Tout ceci est une énigme, un mystère pour quiconque n'est pas éclairé d'une lumière surnaturelle. Il ne s'agit pas de traiter ces états de chimère, ni ceux qui y sont, de cerveaux dérangés, mais il faut respecter ce qu'on ignore, et du moins s'abstenir de prononcer.
Quant aux âmes qui ont quelque sujet de croire que Dieu les appelle à cet abandon, qu'elles ne s'effrayent pas, sous prétexte que cela passe leurs forces présentes, que ce sacrifice leur fait horreur, et qu'elles ne peuvent même en soutenir la pensée. C'est bien ici qu'il faut dire que ce qui est impossible aux hommes est possible et facile à Dieu. Il prépare l'âme ; il change intérieurement ses dispositions ; il l'épure et la dégage peu à peu de l'amour-propre ; il lui inspire une sainte haine d'elle-même, jusqu'à la convaincre qu'elle est véritablement digne de réprobation.
Tout cela est vrai ; il n'y a ni illusion, ni quiétisme à le croire, et encore moins à l'éprouver. Cet acte est le comble de la perfection pour la créature. Il est visible qu'il ne faut rien, absolument rien refuser à Dieu, pour qu'il puisse nous conduire jusque-là ; qu'il faut donner tout, nous détacher de tout, nous laisser arracher tout. Que peut-on trouver de dangereux dans une voie si parfaite.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à En vain chercherait-on le repos hors de Dieu ; il n'est et ne peut être qu'en Dieu seulSur ces paroles : Vous avez tiré votre parfaite louange de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle, De la simplicité, Sur le Crucifix, L'intérieur de Jésus-Christ, Sur Jésus-Christ, La crèche, L'intérieur de Marie, De l'amour pur, De la jalousie de Dieu, De l'enfance spirituelle, De la lumière divine, Vérités fondamentales touchant la vie intérieure, De la paix de l'âme, De la vie de l'âme, Du repos en Dieu, Sur l'Amour de Dieu, De la confiance en Dieu, De la prière continuelle, Dieu seul, Sur les réflexions dans l'oraison, De la pensée de l'éternité, Sur la pensée de la mort, Sur les paroles du Psaume LXXXll : Je suis devenu, en votre présence, comme une bête de somme, et je suis toujours avec vous, Marthe et Marie, De la pureté d'intention, Le prix d'une âme, De la Providence de Dieu sur ses enfants, De la générosité, De l'anéantissement, Du moi humain, Conduite à tenir à l'égard des tentations, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Des tentations, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.












 

samedi 13 juin 2020

Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu


Le premier moyen, qui paraît le plus aisé et qui est le plus difficile, est de le vouloir, mais d'une volonté sincère, entière, efficace et constante. Qu'elle est rare cette bonne volonté ! on se flatte de vouloir, et dans le fait on ne veut pas. Ce sont des désirs, des velléités, des souhaits ; mais ce n'est pas une volonté forte et déterminée. On veut être dévot, mais à sa manière, mais jusqu'à un certain point, mais pourvu qu'il n'en coûte pas trop. On veut, et l'on se borne à vouloir. On ne passe point à la pratique, on se rebute dès qu'il faut mettre la main à l'œuvre, écarter ou forcer les obstacles, combattre ses défauts, lutter contre la nature et ses penchants vicieux. On veut aujourd'hui, on commence avec ardeur, mais on se relâche bien vite. On entreprend, et on laisse. On ne veut pas voir que tout consiste à persévérer.
Demandons à Dieu cette bonne volonté ; demandons-la tous les jours, et méritons par notre fidélité d'aujourd'hui, de l'obtenir pour le jour suivant.
Le second moyen est de régler sa journée et d'être exact à observer tout ce qu'on s'est prescrit. Il ne faut pas trop se charger d'abord. Il vaut mieux augmenter les exercices insensiblement et par degrés. Il faut avoir égard à la santé, à l'âge, à l'état et aux devoirs qu'il exige ; car ce serait une dévotion mal entendue que celle qui préjudicierait aux devoirs de notre état.
Le troisième moyen est de s'exercer à la présence de Dieu. Pour cela, il faut se persuader, ce qui est de foi, que Dieu habite dans le cœur de l'homme, qu'on le trouve au dedans de soi-même, pour peu qu'on veuille y entrer et se recueillir ; qu'il est dans notre cœur pour nous inspirer de saintes pensées, de bons sentiments, pour nous porter au bien et nous éloigner du mal. Ce qu'on appelle la voix de la conscience, est la voix de Dieu même qui nous avertit, qui nous reprend, qui nous éclaire, qui nous dirige. Le point donc est d'être attentif et fidèle à cette voix. Ce n'est pas dans la dissipation, dans l'agitation et le tumulte qu'elle se fait entendre, mais dans la solitude, dans la paix, dans le silence des passions et de l'imagination. Le plus grand pas que l'âme puisse faire vers la perfection, est de se tenir habituellement en état d'entendre la voix de Dieu, de s'appliquer à posséder toujours son âme en paix, d'éviter tout ce qui la dissipe, tout ce qui l'inquiète, tout ce qui l'attache violemment. Tout ceci doit être pendant longtemps la matière d'un examen et d'un combat continuel.
Le quatrième moyen est de donner à Dieu un certain temps dans la journée, où l'on ne s'occupe uniquement que de sa présence ; que de lui parler, non de la bouche, mais du cœur, et de l'écouter. C'est ce qu'on appelle l'oraison mentale. Pour s'y accoutumer, on peut dans les commencements s'aider du livre de l'Imitation, faisant une pause sur chaque verset, méditant et savourant doucement la doctrine qu'il contient. On y peut donner d'abord un quart-d'heure le matin et autant le soir ; mais il faut s'accoutumer à y employer au moins une demi-d'heure le matin. Quand on aura pris goût à ce saint exercice, et qu'on pourra se passer de livre, on se tiendra de temps en temps en paix devant Dieu durant le recueillement, le priant d'agir lui-même sur notre âme, et d'y opérer suivant son bon plaisir. C'est une erreur grossière de traiter d'oisiveté le temps qu'on passe ainsi à se tenir attentif et recueilli devant Dieu, soit qu'il lui plaise de nous faire sentir ou non son action.
Le cinquième moyen est d'approcher souvent des sacrements, qui sont les principales sources de la grâce. Il ne faut pas se faire de la confession un tourment, cela est contre l'intention de Dieu ; ni se faire une routine et une espèce de formule d'accusation, chose très-ordinaire aux personnes qui se confessent fréquemment. Les choses dont les personnes qui tendent à la perfection doivent principalement s'accuser, sont les vues auxquelles elles ont résisté, les sentiments d'amour-propre qu'elles ont écoutés, tout ce qu'elles ont dit, ou fait, ou omis avec réflexion et de propos délibéré. La communion sera toujours bien faite, lorsqu'on en sortira avec un nouveau courage et une nouvelle résolution d'être plus fidèle à Dieu que jamais. Il ne faut pas croire que, pour se bien confesser et bien communier, on doive s'assujettir aux actes qui sont marqués dans les livres. Cela est bon pour les jeunes personnes dont l'imagination est vive et légère, pour ceux qui communient rarement, en général pour ceux qui n'ont aucune habitude du recueillement. Mais, pour peu qu'on soit entré dans les voies de l'oraison, il ne faut plus emprunter le secours des livres, ni pour entendre la messe, ni pour participer aux sacrements.
Le sixième moyen, ce sont les lectures de piété. Il y a un grand choix à faire pour les livres. Il faut préférer à tous les autres, ceux qui touchent le cœur et qui portent avec eux une certaine onction. Rodriguez est excellent pour les commençants. Pour ceux qui sont plus avancés, l'Imitation, le P. Surin, saint François de Sales, etc., les psaumes et le nouveau Testament, les vies des Saints. La lecture doit être une demi-oraison, c'est-à-dire qu'en lisant, il faut donner lieu à l'action de Dieu et s'arrêter aux endroits où l'on se sent touché. On doit lire dans la vue de pratiquer ; et, comme tout ne convient pas à tout le monde, il faut s'attacher à ce qui nous est propre et personnel, sans pourtant trop multiplier les pratiques, ce qui nuirait à la liberté d'esprit qu'il faut toujours conserver.
Le septième moyen est la mortification du cœur. Tout s'oppose en nous au bien surnaturel ; tout nous ramène aux sens, à l'amour-propre. Il faut lutter sans cesse contre soi-même et se faire une guerre continuelle, soit pour résister aux impressions du dehors, soit pour combattre celles du dedans. On ne saurait donc trop veiller sur son cœur et sur tout ce qui s'y passe. Cela est pénible dans les commencements ; mais la chose deviendra facile à mesure qu'on s'habituera à rentrer en soi-même, et qu'on s'appliquera à la présence de Dieu.
Le huitième moyen est la dévotion à la sainte Vierge. Qu'on demande par elle à Jésus-Christ les grâces dont on a besoin, on les obtiendra infailliblement. C'est surtout dans les tentations de dégoût, d'ennui, d'envie de tout quitter, qu'il faut s'adresser à elle avec une sainte confiance qu'elle nous exaucera.
On ne saurait aussi avoir trop de dévotion à son Ange gardien. Il ne nous quitte jamais, il nous est donné pour nous diriger dans la route de la sainteté. Il faut donc nous adresser à lui dans nos doutes, dans nos embarras, et le prier souvent de veiller sur nous.
Enfin, le point capital est d'avoir un bon guide, un directeur entendu dans les voies de Dieu, et qui se conduise lui-même par l'esprit de Dieu. Ces bons directeurs ont toujours été assez rares et ils le sont aujourd'hui plus que jamais. Cependant on peut assurer que les bonnes âmes qui veulent aller droit à Dieu, ont toujours trouvé un homme propre à les y conduire. La Providence est engagée à leur en fournir un, et elle ne manque jamais de le faire lorsqu'on l'invoque à cette fin. On peut dire que c'est toujours la faute des âmes lorsqu'elles n'ont pas le directeur que Dieu leur a destiné. Qu'elles le prient donc de leur faire connaître celui à qui elles doivent confier le soin de leur perfection, et, quand elles l'auront trouvé, qu'elles lui ouvrent leur cœur, qu'elles l'écoutent avec docilité, et qu'elles suivent ses conseils, comme si Dieu leur parlait par sa bouche. Une âme de bonne volonté et bien conduite, ne peut manquer de parvenir à la sainteté.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotionSur la vie nouvelle en Jésus-ChristDegrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, De l'union étroite qui doit être entre la Mortification et l'Oraison, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, Qu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulier, Conseils pour la lecture spirituelle, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Grâce, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Prière, Voyez de quel esprit vous êtes incité et poussé, quand vous entendez quelque chose d'extraordinaire et de grand que Dieu opère en ses véritables serviteurs, Voyez donc de quel esprit vous désirez suivre la conduite, si c'est de l'esprit de vérité, ou de celui de mensonge, Que c'est une chose dangereuse que de résister au Saint-Esprit, Faites un bon usage de tous les moyens extérieurs ou intérieurs que Dieu voudra vous donner pour votre avancement à la vertu, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
















vendredi 29 mai 2020

Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites




MÉDITATION POUR LE VENDREDI D'APRÈS L'ASCENSION



Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites. (S. Jean, ch. 16)


I. Considérez que, pour profiter saintement des paroles de Jésus-Christ, consignées dans le saint Évangile, il ne suffit pas de les repasser simplement dans sa mémoire ; mais il faut y appliquer la considération et la méditation de l'entendement, aussi bien que les affections de la volonté, afin que toutes les puissances de notre âme en soient pénétrées, de manière que du souvenir et de la pensée de ces divines paroles, on en vienne à l'effet et à l'accomplissement de ce qu'elles enseignent.
Voilà comment notre divin Sauveur veut qu'on se rappelle et qu'on se mette en l'esprit ce qu'il a dit.
Voyez comment vous vous acquittez de ce devoir ; et si, par le passé, ces paroles divines ont fait peu d'impression sur votre âme, prenez une nouvelle résolution de les lire et de les méditer avec plus d'attention et d'affection que vous n'avez fait.

II. Considérez que toute l'occupation des saints Apôtres et des Disciples de Jésus-Christ dans le Cénacle, où ils attendaient la venue du Saint-Esprit, était de rappeler en leur mémoire les paroles qu'ils avaient entendues de la bouche de leur divin Maître, de les méditer, de les approfondir, de les graver dans leur cœur, et de s'en entretenir ensemble, pour s'enflammer de plus en plus de son amour, et pour se disposer plus parfaitement à recevoir son Saint-Esprit.
Mettez-vous par affection et par désir en leur sainte compagnie, et bannissant de votre esprit les autres pensées temporelles, appliquez-vous avec plus de recueillement à la prière, à la lecture et aux autres exercices de la vie spirituelle, pendant ce peu de temps qui reste jusqu'à la Pentecôte, afin de vous préparer, par l'exemple des Apôtres, à recevoir plus dignement le Saint-Esprit.

III. Considérez que pour tirer le fruit des paroles de Jésus-Christ, après les avoir gravées dans votre esprit par la lecture et par la méditation, il faut en venir aux effets et à la pratique : il faut voir ce qu'il y a en vous qui ne soit pas conforme à l'enseignement et aux maximes qu'elles contiennent, pour y apporter le remède, en déplorant vos fautes passées et en concevant un nouveau désir et une nouvelle résolution pour l'avenir, de vous conduire en toutes vos actions et en tous vos desseins, selon cette sainte règle ; en sorte que cette divine parole soit comme un flambeau que vous teniez toujours en main pour découvrir les voies assurées de la justice et de la sainteté, dans lesquelles vous devez marcher pour arriver à Dieu. Voyez quelle résolution vous voulez prendre sur ce sujet.


PRATIQUES

Faîtes que la prière, la lecture et vos occupations remplissent votre journée.
Réparez par là les jours que vous avez perdu dans la dissipation et les illusions de ce monde.

(Méditation tirée de La Couronne de l'Année Chrétienne)



Reportez-vous à Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoirMéditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Méditation pour le Lundi d'après l'Ascension, Méditation pour le Mardi d'après l'Ascension : Jour de recueillement, Méditation pour le Mercredi d'après l'Ascension, Méditation pour le Jeudi d'après l'Ascension, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit Méditation pour la veille de la Pentecôte, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Catéchisme, Leçon II : De la Trinité, Leçon VI : Du Saint-Esprit, et Leçon XXIII : De la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres.













jeudi 20 février 2020

Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :


Saint Ignace de Loyola


Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection



Quels sont les moyens extérieurs ?

Ce sont certaines actions de piété, certains exercices spirituels qui font l'occupation du cœur et de l'esprit, et qu'on appelle pourtant moyens extérieurs, parce qu'ils ont quelque chose de visible. Tels sont l'oraison, l'examen de conscience, la lecture spirituelle, la confession, la communion, la retraite de quelques jours, le renouvellement de l'intérieur.


Quelles qualités doit avoir l'oraison ?

Elle doit être humble, tranquille et fervente ; humble, c'est-à-dire, qu'on doit se présenter devant Dieu dans la disposition d'un pauvre qui attend à la porte d'un riche le secours dont il a besoin ; tranquille, c'est-à-dire, qu'il faut prendre garde que pour vouloir trop faire on n'empêche par sa propre action l'opération de la grâce, et qu'on doit être toujours prêt à suivre les mouvements du S. Esprit lorsqu'on se sent attiré à l'écouter en silence. Plusieurs manquent en ce point par trop d'activité, et par la trop grande confiance qu'ils ont en leur propre industrie. C'est à l'esprit de piété à rabattre cet orgueil secret qui s'oppose à la sainte paix que Dieu veut donner aux âmes. Enfin elle doit être fervente pour surmonter la lâcheté naturelle par une diligente attention qui tienne l'esprit appliqué, non seulement quand on parle à Dieu, mais encore lorsqu'on s'occupe à faire des réflexions et des raisonnements.


Quel ordre faut-il garder dans l'examen de conscience ?

Il faut commencer par la recherche de ses péchés, et ensuite se demander à soi-même si l'on a eu soin de se conserver dans le recueillement intérieur : si on a été généreux à se vaincre dans les occasions. Il faut encore s'interroger sur le vice qu'on a entrepris de combattre, ou bien renvoyer cette recherche à l'examen particulier dont nous avons parlé ailleurs, si on doit le faire séparément. Les personnes qui commencent sont susceptibles de respect humain ; elles manquent souvent de sincérité ; elles n'ont pas assez de charité envers le prochain ; elles souffrent des inutilités dans leur esprit et dans leur cœur ; elles sont négligentes dans leurs exercices de piété et dans leurs pratiques de vertu : ce sont là des défauts sur lesquels elles ne doivent jamais manquer de s'examiner.


Comment faut il entendre ce que dit un grand maître en la vie spirituelle, que dans l'examen de sa conscience il faut mettre peu de temps à rechercher ses fautes, et beaucoup à en concevoir de la douleur ?

On doit supposer qu'il a parlé pour les personnes tièdes et lâches, qui manquent de générosité, et qui font souvent des chutes, parce que n'étant pas touchées de leurs fautes, elles ont besoin de se pénétrer de sentiments de componction. Mais les personnes ferventes, déterminées au bien, et qui ont déjà fait des progrès dans la vertu, ne doivent pas employer beaucoup de temps pour s'exciter à la contrition, parce qu'elles portent au dedans d'elles-mêmes un repentir presque continuel de leurs péchés. Il leur est plus avantageux d'employer un temps considérable à s'examiner sur les points que nous avons marqués, et en particulier sur ce qui regarde le recueillement et la générosité à se vaincre : car de ces deux points dépend l'avancement spirituel.


Quelle doit être la lecture pour être utile ?

Comme elle sert de nourriture à l'âme, il faut, 1°. qu'elle soit solide ; on ne doit point s'attacher aux Livres propres à contenter la curiosité, ou qui donnent trop à la subtilité des raisonnements, ou qui traitent de matières trop relevées, 2°. Qu'elle soit dévote, c'est-à-dire, propre à donner le goût de la piété. 3°. Qu'elle soit proportionnée aux besoins et à la portée de ceux qui lisent. Ce ne serait pas avoir égard au besoin des personnes qui commencent et qui n'ont aucune connaissance de la vie spirituelle, que de leur mettre entre les mains des Livres mystiques.


Dans quels Livres peut-on puiser cette science de la vie spirituelle ?

On peut mettre parmi les Auteurs modernes qui en ont le mieux traité, Blosius, Grenade, Dupont, Rodriguez. Après les saintes Écritures, je ne sache rien de plus instructif ni de plus propre à enflammer les cœurs, que le Livre de l'Imitation de Jésus-Christ et le Traité de saint Vincent Ferrier de la vie spirituelle. La vie des Saints est encore très-propres pour instruire et pour animer.


Quels fruits tire-t-on de la lecture des Livres spirituels ?

Outre ce que nous avons dit, elle sert encore de préparation à l'oraison, en formant comme un trésor de connaissances, qui sont la matière de nos entretiens avec Dieu.


De quelle utilité sont les Livres mystiques ?

Ils peuvent servir beaucoup, en élevant l'esprit et le cœur aux choses divines, pourvu qu'on soit bien conseillé dans le choix qu'on doit faire de ces Livres. Cette lecture convient proprement aux directeurs ; la plupart des autres personnes en sont moins capables.


Quels avis avez-vous à donner sur la Confession ?

Elle doit avoir trois qualités. Premièrement, il faut qu'elle soit nette, que tout y soit distingué et clairement expliqué. Secondement, il faut qu'elle soit sincère, et que les exagérations et les excuses en soient également bannies. Troisièmement, il faut qu'elle soit pour ainsi dire sérieuse, c'est-à-dire, qu'elle roule sur de véritables fautes, et non sur des bagatelles : car il y a une infinité de gens qui ne vont pas jusqu'au fond dans la recherche de leurs défauts : ils confessent des manquements légers et purement extérieurs, et ils ne s'examinent point sur plusieurs fautes assez grandes, que leurs inclinations déréglées et leurs méchantes habitudes leur font commettre. Il est aussi très-utile de s'accuser des mouvements que les passions excitent dans l'âme quand ils sont considérables, parce qu'il y a souvent de la négligence à les réprimer ; outre qu'en les accusant on s'humilie, et que cette humiliation jointe à la grâce du Sacrement, est un puissant moyen pour étouffer ces sortes de mouvements, et pour affaiblir le principe qui les produit.


N'avez-vous rien à dire sur la Communion ?

Nous en avons parlé dans le Chapitre 7 de la première Partie. On peut ajouter ici que tout le fruit de la communion dépend de la manière dont on s'y prépare, et dont on la fait. On s'y dispose, 1. Par une grande pureté, et cette pureté s'acquiert par la confession, et par les austérités qu'on pratique avant que de s'approcher de la sainte Table. 2. Par un profond respect, que les réflexions sur la dignité de J. C., et sur son indignité propre, doivent naturellement imprimer. 3. Par l'amour et par le désir qui se produisent, et qui s'enflamment l'un l'autre.
On reçoit Jésus-Christ, comme il souhaite d'être reçu, quand on sait s'entretenir avec lui ; lui représenter ses propres besoins, s'offrir à lui, se dévouer à son service, et le remercier du bienfait de sa visite.
Pour les âmes qui sont parvenues à l'état d'union, leur préparation consiste dans une espèce de faim et de soif spirituelle de cette viande sacrée ; et l'accueil le plus agréable qu'elles puissent faire à Jésus-Christ, c'est de l'embrasser tendrement, de se reposer sur son sein, et de jouir tranquillement de sa présence.


En quoi consiste la retraite qu'on doit faire chaque année ?

Elle consiste à se retirer du commerce du monde pendant quelques jours, à s'éloigner des occasions de plaisir et de dissipation, pour vaquer à loisir aux choses de Dieu, dans la solitude. Mais il ne suffit pas de garder la solitude extérieure, il faut que l'esprit se recueille pour méditer sur les vérités de la Religion les plus propres à procurer l'avancement spirituel. Il faut aussi que celui qui entre en retraite, se propose quelque fin particulière ; par exemple, de faire quelque changement considérable dans sa vie ; qu'il rapporte à cette fin tous les exercices de la retraite, et qu'il en fasse sa principale occupation, pour le reste de l'année. Le temps qu'on passe dans la solitude, est destiné à pourvoir à ses besoins, et à se munir de tous les secours spirituels nécessaires pour se maintenir dans la ferveur, jusqu'à la prochaine retraite.


Quel doit être le sujet des méditations pendant la retraite ?

Saint Ignace, dans son Livre des Exercices spirituels, propose des sujets de méditation, dans un ordre méthodique. Il veut qu'on commence par la dernière fia de l'homme, et par les grandes vérités qui y ont rapport ; ce qu'il appelle le fondement de l'édifice spirituel : qu'on passe de là à la considération de ses défauts, afin de purifier son cœur par une sincère conversion, et qu'ensuite on s'occupe de la Vie de Jésus-Christ et de sa Passion. L'expérience fait voir qu'on ne peut rien faire de mieux, que de se conformer à cette méthode ; et les bénédictions que Dieu ne cesse de répandre sur ceux qui la suivent, ne permettent pas d'en douter.


Outre la méditation, n'y a-t-il pas d'autres exercices spirituels qui conviennent à la retraite ?

On peut employer tous les jours quelque temps à s'instruire de quelque point de perfection. Nous en avons marqué plusieurs dans le premier et le second chapitre de la troisième partie. On peut aussi chaque jour prendre quelque temps pour s'interroger soi-même sur quelqu'une de ses actions les plus importantes et les plus ordinaires ; par exemple, sur l'Oraison, la Messe, les devoirs, l'Office divin, la conversation, les divertissements, l'usage de la nourriture, et autres semblables. On considère devant Dieu combien il est important de sanctifier ses actions ; on remarque les défauts dans lesquels on tombe, et on prend des mesures pour se corriger. Il est bon aussi de mettre par écrit les principales réflexions qu'on a faites, et les résolutions qu'on a formées, pour les conserver comme un témoignage qui nous rappelle les pensées et la ferveur de la retraite.


Quelle est la pratique du renouvellement de l'intérieur ?

Les personnes zélées pour leur perfection, prennent quelquefois pendant l'année, surtout à l'approche des grandes Fêtes, deux ou trois jours pour rentrer en elles-mêmes, peur renouveler les promesses qu'elles ont faites à Dieu, et pour exciter dans leur âme des désirs ardents de servir Dieu. Ce temps doit être comme un abrégé de la retraite dont nous venons de parler, et on doit s'y occuper des mêmes exercices. Il est particulièrement destiné à faire reprendre à l'âme sa première vigueur en tout ce qui regarde le recueillement et la victoire de soi même, qui sont les deux grands ressorts de l'avancement spirituel. On doit aussi s'examiner sur le défaut particulier auquel on avait déclaré la guerre, pour voir si on est venu à bout de le vaincre ; ou s'il est à propos de tourner sa vigilance contre quelque autre défaut.



Reportez-vous à Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Jésus condamné à mort, Pilate lave ses mains, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Seigneur, que vous plaît-il que je fasse ?, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), et Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4).












dimanche 12 janvier 2020

Règlement pour les écoliers pendant les vacances


L'écolier vertueux


Règlement pour les écoliers pendant les vacances (datant de 1860)



Pour bien passer le temps des vacances, il faut chaque jour :

1. Réciter dévotement les prières du matin et du soir.
2. Faire la résolution d'éviter le péché et de bien remplir ses devoirs.
3. Assister dévotement à la sainte messe.
4. Être bien obéissant à ses parents.
5. Offrir souvent son cœur et ses actions à Dieu.
6. Étudier son catéchisme.
7. Faire une page d'écriture matin et soir.
8. Faire quelques saintes lectures, et jamais de mauvaises.
9. Dire dévotement et à genoux l'Oraison universelle (puis Souvenez-vous... prière de saint Bernard à la sainte Vierge).
10. Chanter quelques cantiques spirituels.
11. Dire l'Angelus trois fois le jour, le matin, à midi, et le soir.
12. Dire le Benedicite et les Grâces, à chaque repas.
13. Aller visiter et adorer le très saint Sacrement.
14. Dire le chapelet, afin d'acquérir et conserver la dévotion envers la très sainte Vierge.
15. Éviter soigneusement les mauvaises compagnies.
16. Éviter les lieux défendus ou dangereux.
17. Éviter les jeux défendus.
18. Ne point se baigner à nu.
19. Ne point aller dérober les fruits à la campagne.
20. Sanctifier le saint Dimanche par l'assistance à la messe et aux offices de la paroisse.
21. Se confesser au moins une fois pendant le temps des vacances.
22. Lire souvent et bien observer le présent Règlement.

Les parents sont invités à faire observer ce petit Règlement.


samedi 21 décembre 2019

Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME II, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :




Du vrai Religieux



Quels sont les traits qui composent le caractère de l'homme Religieux ?

Il y en a particulièrement trois ; la dévotion, la mortification et la charité fraternelle.


Pour quoi la dévotion convient-elle particulièrement aux personnes Religieuses ?

Parce qu'à raison de leur état elles doivent être continuellement appliquées à la méditation des vérités et des Mystères de la Foi, et demeurer toujours comme prosternées en esprit devant la Majesté de Dieu, pour l'honorer autant qu'elles en sont capables. Un homme fort spirituel a dit, que comme les lampes ne cessent jamais de luire devant l'Autel, les personnes Religieuses ne doivent jamais cesser de vaquer à l'oraison, à la Psalmodie, à l'examen de conscience, aux lectures spirituelles, aux visites du Saint Sacrement, et aux autres saints exercices qui unissent à Dieu, qui donnent et qui entretiennent le goût des choses divines, en quoi on fait consister ordinairement la dévotion.
Conformément à ce principe, les Religieux ne doivent rien tant craindre et tant fuir, que ce qui peut étouffer en eux l'esprit de dévotion. Ce qui peut y nuire le plus, c'est premièrement, la trop grande ardeur pour l'étude, parce qu'en nous remplissant d'une vaine estime pour les sciences humaines, elle diminue la vigueur de l'âme, lui ôte le goût de Dieu et tarit ainsi la source de la dévotion.
Ce qui dessèche encore beaucoup la dévotion, ce sont les grandes occupations extérieures. Parmi les Ordres Religieux, qui ont pour fin d'aider le prochain, il y en a de trois sortes : les uns sont militaires, et destinés à combattre les ennemis de la Foi ; les autres s'emploient au service des malades ; les troisièmes se consacrent à l'instruction et au salut des âmes. Les sujets qui composent ces différents Ordres de l'Église peuvent aisément, s'ils n'y prennent garde, épuiser toutes leurs forces intérieures en vaquant au-dehors à leurs emplois ; et en voulant rendre service à Dieu, oublier le principe qui rend nos services agréables ; je veux dire, la présence de Dieu et l'union avec lui, en quoi consiste la dévotion.
C'est pourquoi ils ne sauraient se rendre trop familier l'usage de l'oraison et des autres saints exercices. La troisième chose qui détruit la dévotion dans les Religieux, c'est l'abondance et les commodités de la vie. Quand le corps est à son aise, la vigueur de l'esprit se perd, et la ferveur se relâche.


Quel est le second trait du caractère du vrai Religieux ?

C'est la mortification, qui consiste premièrement en l'austérité de vie, ou en de grands travaux qui suppléent aux austérités. Nous ne voyons aucune Religion qui ne soit établie sur l'un ou sur l'autre de ces fondements. Il est vrai que le saint Fondateur de l'Ordre de la Visitation a raisonné sur d'autres principes ; mais c'est qu'il veut qu'on reçoive dans son Ordre les personnes infirmes, à qui les austérités et les grands travaux ne conviennent pas. Et ainsi on peut toujours dire que l'austérité est essentielle à la Religion, et qu'être Religieux et mener une vie douce, sont deux choses qui ne sauraient s'accorder.
En second lieu, la mortification consiste à combattre ses passions, à exterminer ses vices, et à tendre à la vertu par le chemin de la croix. C'est pour cette seule raison qu'on appelle ces Communautés Religieuses, des écoles de vertu ; et certainement elles ne mériteraient pas ce nom si on y vivait sans gène et sans contrainte. Il faut qu'il y ait de la dépendance, et des Supérieurs qui règlent, qui déterminent, qui ordonnent, qui corrigent, et qui, avec autant de force que de douceur, portent leurs inférieurs à se raidir contre le torrent de la nature corrompue. Vouloir secouer ce joug, ce serait renoncer à son état ; et lorsqu'on trouve dans la Religion quelqu'un qui croit avoir acquis le droit de n'être plus gouverné et corrigé par autrui, on pourrait lui dire qu'il oublie sa profession, et qu'il n'avait que faire de quitter le monde pour faire sa volonté dans la Religion comme les mondains. Mais celui qui porte constamment le joug de la régularité et de la dépendance, a droit de prétendre aux consolations que Dieu donne à ceux qui n'abandonnent point la croix qu'ils ont une fois embrassée.


Quel est le troisième trait qui forme le caractère du vrai Religieux ?

C'est la charité fraternelle : car comme les Religieux vivent en Communauté, leur perfection dépend en partie de l'union qu'ils ont ensemble ; et ils doivent prendre pour eux ces paroles de Notre-Seigneur : la marque à quoi tout le monde connaîtra que vous êtes mes Disciples, c'est si vous vous entr'aimez.
Cette charité a trois principales fonctions ; la première est de conserver la paix entr'eux, d'éviter les divisions et les disputes, de combattre l'envie, l'ambition, l'attache à son propre sens, et les autres passions qui ont coutume de troubler la paix.
La seconde fonction de la charité, c'est de s'entr'aimer véritablement d'un amour effectif, comme étant tous frères, tous incorporés en Jésus-Christ, et nourris de la même viande, qui est le Corps et le Sang de ce Dieu-homme, comme portant tous en eux-mêmes l'image de Dieu, et aspirant à la même récompense, qui est la gloire éternelle. Ces grands motifs, outre l'union et la tendresse, doivent produire la candeur et la sincérité. Il serait bien étrange que les hommes unis ensemble par les liens de la Religion, cherchassent à se tromper les uns les autres, et qu'ils oubliassent ces belles paroles de S. Paul : Que chacun parle à son prochain dans la vérité, parce que nous sommes membres les uns des autres. Jamais un membre d'un même corps n'a manqué à l'égard de l'autre ; l'œil guide fidèlement le pied, et la main s'emploie à bander la plaie qui est à la jambe ; à combien plus forte raison l'excellence de la charité doit produire la simplicité et la franchise parmi les gens de même profession, qui portent un même habit, qui habitent sous un même toit, qui vivent selon les mêmes règles, qui usent des mêmes biens et des mêmes avantages. N'ont-ils pas les mêmes secours que les premiers Chrétiens, pour ne faire qu'un cœur, et qu'une âme? Et s'ils manquent à ce devoir, comment représenteront-ils la primitive Église, conformément à l'intention de leurs Fondateurs ?
La troisième fonction de la charité, qui doit régner parmi les personnes Religieuses, c'est de se secourir les unes les autres dans le besoin ; ce qui ne doit pas seulement s'entendre des nécessités de la vie, de l'affliction et de la maladie, mais encore des faiblesses et des imperfections qu'il faut supporter et guérir si on peut, comme ayant â en rendre compte au Seigneur : afin que la première de toutes les lois, qui est de traiter autrui comme soi-même, soit parfaitement accomplie ; qu'on se
prévienne mutuellement par de bons offices, comme il convient à des personnes qui vivent ensemble ; et que chacun se comporte de telle manière, que ni dans ses actions, ni dans ses paroles, ni dans, ses pensées, il n'y ait rien dont les autres puissent être légitimement offensés.
Pour en venir là, il n'y a qu'à faire réflexion que c'est un devoir prescrit par la nature ; que dans les sociétés les moins parfaites, les membres s'entr'aident les uns les autres, et ne manquent point de se secourir, quand ils sont attaqués ; que dans les Religions il y a une communauté de mérite dont chaque particulier, profite, et que chaque particulier a intérêt à maintenir une société si avantageuse, qui ne peut subsister que par l'amour et la condescendance que chaque membre a pour les autres. Enfin, on doit considérer que N.-S. tient pour fait à soi-même, ce qu'on fait au moindre des siens ; et que la marque la moins équivoque, et le premier effet de l'amour qu'on a pour Dieu, c'est d'aimer son frère ; Or le moyen de connaître si nous avons la charité fraternelle dans le cœur, c'est de voir si quand nos frères souffrent, nous sommes touchés de leurs souffrances. Car si dans ces occasions nous ne voyons en nous qu'insensibilité ou indifférence, c'est une marque que nous n'avons pas ces entrailles de miséricorde dont il est si souvent parlé dans l'Évangile, et que la charité ne manque jamais de donner à ceux en qui elle habite. Puisque cette vertu est un don surnaturel, et le plus grand de tous les dons, oserait-on lui refuser ce qu'on accorde à la naissance selon la chair ? Ne doit-elle pas faire dans l'ordre de la grâce, ce que fait le sang dans l'ordre de la nature, où nous voyons qu'un frère est touché des misères de son frère, et une mère de celles de son enfant ?



Reportez-vous à Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vousDe la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur le détachement des biens de ce mondeQu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulierPasser de l'attrait du laid à l'attrait du beau, Méditation sur le renoncement au monde, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDu renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph SurinN'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, Saint Joseph patron et modèle des religieux, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la connaissance des vertus et des vices, VIE CHRÉTIENNE : Conduite pour sanctifier les Dimanches et Fêtes de l'année, VIE CHRÉTIENNE : La prière du Matin, la Bonne Pensée, la Méditation, et la Lecture Spirituelle, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), et Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4).