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dimanche 17 juillet 2022

Effets des sept dons du Saint-Esprit



Vous enverrez votre Esprit, et tout sera créé, et vous renouvellerez la face de la terre. (Ps. 103, 30)


Les sept dons sont les sept Esprits envoyés par toute la terre contre les sept esprits mauvais dont parle l'Évangile. « Par le don de crainte, l'Esprit-Saint chasse l'orgueil du cœur de l'homme, et y introduit Dieu par l'humilité. Par le don de piété, il lui fait fouler aux pieds la honte de l'envie, et invite avec douceur le prochain à s'approcher de lui. Par le don de la science, il apaise totalement sa colère, et l'établit dans une douce paix et un calme parfait avec lui-même. Par le don de la force, il dissipe sans retard sa paresse, et excite ardemment les puissances de son âme à agir. Par le don de conseil, il comprime puissamment son avarice, et le porte sagement à acquérir des trésors pour le ciel. Par le don d'intelligence, il met un frein violent à sa gourmandise, et nourrit son âme de délices célestes. Par le don de la sagesse, il lui inspire un mépris courageux de la luxure, le soumet tout entier au joug de la chasteté, et le rend ainsi à la liberté (S. Bonav., liv. I, ch. III). »

Les sept dons du Saint-Esprit donnent secours aux trois vertus théologales et aux quatre vertus cardinales, et par conséquent à toutes les vertus, dans les rencontres difficiles où elles pourraient succomber. « Le don d'intelligence soutient la foi. Le don de science vivifie notre espérance, et nous fait voir comme nous sommes lourdement trompés de nous fier aux hommes et aux choses créées. Le don de sagesse, donnant à la charité la saveur de Dieu et des choses divines, la met tout en flammes. La prudence serait trop courte et s'abuserait souvent sans le don de conseil. La piété tempère les rigueurs de la justice. La force dans certains périls rendrait assurément les armes à l'ennemi, si le don qui porte son nom ne la soutenait dans le combat. Le don de la crainte est nécessaire à la tempérance, pour réprimer les violentes impétuosités de la concupiscence. »

« De tout cela nous pouvons conclure que les dons du Saint-Esprit, possédés en un haut degré, et non-seulement comme ils se trouvent ordinairement dans les justes avec la grâce, ne nous sont point seulement utiles pour faire excellemment notre salut et arriver à la perfection, mais qu'ils y sont même nécessaires ; que ce sont eux qui font les hommes vraiment spirituels ; que sans eux on ne peut bien se défaire de ses vices, dompter absolument ses passions, arracher les mauvaises habitudes, résister aux rudes assauts de la chair, du monde et du démon, remporter des victoires signalées, faire de grandes choses pour son avancement et pour la gloire de Dieu, et parvenir à la sainteté. »

« Les roues neuves d'un chariot ne tournent qu'avec bruit et avec peine ; mais quand elles sont ointes et huilées, elles vont paisiblement et avec promptitude. C'est ainsi que le Saint-Esprit fait aller les roues de notre âme, c'est-à-dire ses puissances, l'entendement et la volonté, avec l'onction et le baume de ses dons, que l'Église qualifie du nom d'onction spirituelle (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 2). »

L'Esprit-Saint, par ses dons, répand en nous la lumière d'une vraie connaissance et la ferveur du saint amour. (Saint Bonaventure)

L'empereur Julien, voulant rendre son apostasie solennelle, fit préparer dans un temple un grand sacrifice aux idoles. Mais, au moment de commencer la cérémonie, le feu de l'autel s'éteignit tout à coup ; les couteaux des prêtres des faux dieux ne purent couper les chairs des victimes, et le sacrificateur, effrayé, s'écria : « Il y a ici quelque Galiléen qui a été nouvellement ou lavé d'eau, ou oint de baume. » (Il voulait dire : ou baptisé, ou confirmé). Alors un jeune page chrétien qui venait de recevoir le sacrement de Confirmation, élevant la voix, lui dit : « C'est moi qui ai fait le signe de la croix et invoqué le nom de Jésus pour attirer cette honte à vos idoles. » L'empereur, qui avait été chrétien, et qui était bien instruit du pouvoir de Jésus-Christ, fut saisi de frayeur. Il appréhenda les effets de la vengeance divine, et sortit du temple couvert de confusion, sans proférer une seule parole. Le courageux soldat de Jésus-Christ rapporta aux chrétiens ce qui venait d'arriver, et ils reconnurent combien ceux en qui habite la vertu de Jésus-Christ par le sacrement de Confirmation, quand on le reçoit dans des dispositions saintes, sont redoutables au démon.

(Les sept dons du Saint-Esprit)


Reportez-vous à Nature du don de Crainte, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.












mardi 2 juin 2020

Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé




MÉDITATION POUR LE MARDI D'APRÈS LA PENTECÔTE



Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé ; il entrera et sortira, et trouvera les pâturages
. (S. Jean, ch. 10)



I. Considérez que Jésus-Christ nous assure par ces paroles, que si nous sommes fidèles à suivre ses voies et sa conduite, nous trouverons des issues favorables en tout ce que nous entreprendrons ; le commencement, le but et la fin de nos actions seront accompagnés de bénédictions, et enfin nous arriverons heureusement au terme désiré de notre salut ; mais la principale difficulté, c'est de bien connaître les voies et la conduite de ce divin Sauveur sur nous, et pour cela nous avons besoin du don de conseil, qui est le troisième entre les dons du Saint-Esprit. Il nous est très nécessaire pour bien discerner les voies de Dieu d'avec celles qui ne sont point de Dieu, et les sentiers assurés du salut d'avec les sentiers détournés.
Oh ! que ce don de conseil est nécessaire dans les circonstances où nous nous trouvons ! et qu'il y a néanmoins peu de personnes qui se conduisent par cet esprit de conseil ! Concevez un nouveau désir d'obtenir ce don qui est très important pour votre salut. Demandez-le à celui qui est appelé par excellence : Ange du grand conseil.

II. Considérez les grands avantages de ce don de conseil ; car, par ce don, le Saint-Esprit supplée au défaut de notre prudence naturelle ; il nous fait connaître quelles sont les voies droites qui conduisent à Dieu ; il nous découvre les ruses et les artifices du démon ; il éclaircit les doutes de notre conscience ; il nous conduit par un chemin de paix et d'assurance, et nous fait ensuite arriver à une heureuse fin.
Oh ! quel bonheur de marcher sous la conduite d'une si favorable lumière ! mais aussi quel malheur de s'en priver par sa faute ! Que peut-il arriver de cette privation, sinon l'obscurité dans l'esprit, la confusion dans les pensées, la précipitation dans les desseins, l'aveuglement dans les actions, et enfin la malédiction en toutes choses ?
Voyez en quelle voie vous êtes, et sous quelle conduite vous marchez ; et demandez à Dieu, avec le Prophète, qu'il vous envoie sa lumière et sa vérité pour vous diriger, et pour vous introduire dans ses saints tabernacles.

III. Considérez que pour obtenir abondamment le don de conseil, il faut renoncer à la prudence de la chair, qui est ennemie de Dieu ; il faut tenir sa conscience exempte des péchés qui aveuglent l'âme ; il faut s'imposer cette loi inviolable, de n'entreprendre jamais rien de conséquent sans consulter Dieu par l'oraison, et sans lui demander qu'il nous fasse connaître ce qui lui est agréable que nous fassions, et de quelle façon nous devons le faire.
Dites-lui donc souvent avec le Prophète : Seigneur, faites-moi connaître vos voies ; enseignez-moi vos sentiers ; faites-moi marcher dans votre vérité, et instruisez-moi ; car vous êtes mon Dieu et mon Sauveur.


PRATIQUES

Dans vos doutes, vous pouvez prendre conseil des hommes prudents et sages.
Mais avant toutes choses, ayez soin de consulter l'Esprit saint, vraie source de lumières.


(Méditation tirée de La Couronne de l'Année Chrétienne)



Reportez-vous à Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la PentecôteAveuglement de l'hommePreuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Méditation pour le Lundi d'après l'Ascension, Méditation pour le Mardi d'après l'Ascension : Jour de recueillement, Méditation pour le Mercredi d'après l'Ascension, Méditation pour le Jeudi d'après l'Ascension, Catéchisme, Leçon II : De la Trinité, Leçon VI : Du Saint-Esprit, et Leçon XXIII : De la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres.













dimanche 26 avril 2020

Origine de la dévotion à Notre-Dame de Bon-Conseil




L’Église honore la Mère de Dieu sous le titre de N.-D. de Bon-Conseil et lui applique dans son office ces paroles de l‘Écriture : « J’habite dans le conseil de Dieu ; j'étais dans sa pensée quand il organisait le monde. C’est moi qui ai fait naître dans les Cieux une Lumière qui ne s’éteindra jamais ; le conseil et la prudence me sont propres. »
Dans les Litanies, elle décerne à Marie les beaux titres de Vierge très prudente, de Siège de la divine Sagesse.
En effet, Marie a donné au monde Celui qui est la Lumière éternelle. Le verbe divin, la sagesse incréée a daigné habiter en elle ; il a conversé avec elle pendant trente ans.
Qui pourrait dire dans quelle mesure Marie a reçu de Dieu les dons de conseil et de sagesse ?
Aussi Notre-Seigneur lui-même a honoré Marie comme Dame du Bon-Conseil. N’a-t-il pas consulté en tout sa sainte Mère, pendant les trente années qu’il a passées avec Elle à Nazareth ? L’Évangile en fait foi, quand il nous dit que « Jésus était soumis. » Sans doute Celui qui était la Sagesse même pouvait se passer des conseils de Marie ; mais parce qu'il voulait nous servir en tout de modèle, en fils respectueux et obéissant, il n’a rien fait d‘important sans consulter sa Mère.
Marie a donc été la conseillère de Jésus. Elle a été la conseillère des apôtres et de l’Église naissante. Après l‘Ascension de son divin Fils. C’est à Elle que les apôtres et les premiers disciples recouraient dans leurs difficultés. Marie résolvait leurs doutes, les éclairait sur la doctrine du divin Maître.
Et depuis lors Elle a continué du haut du Ciel à être la conseillère de l’Église. Déjà au concile d'Éphèse en 430, S. Cyrille qui présidait cette assemblée proclame Marie « la très-sage conseillère de l’Église. »
Les Docteurs et les Saints Pères l'appellent tantôt la Conseillère des Apôtres, tantôt la Conseillère des ignorants, la Conseillère Universelle, la Conseillère capable de nous aider dans toutes les nécessités.
Le saint Pontife Pie IX a une confiance particulière dans l’intercession de N.-D. DE BON-CONSEIL. Plusieurs fois dans le cours de son Pontificat si agité, il a fait le pèlerinage de Genazzano, pour aller s'agenouiller aux pieds de la madone de Bon-Conseil qu'on vénère dans cette église.
Un grand nombre de saints ont professé une dévotion spéciale envers N.-D. de Bon-Conseil. Saint Alphonse de Liguori s’est distingué entre tous. Il ne laissait passer aucun jour sans prier N.-D. de Bon-Conseil. L’historien de sa vie raconte qu'il avait toujours dans sa cellule une de ses images qu’il plaçait devant lui sur sa table, afin de l’avoir constamment sous les yeux. C’était à N.-D. de Bon-Conseil qu’il s‘adressait la suppliant de l’aider dans toutes ses entreprises et de le soutenir dans tous ses travaux. Jamais il ne fut trompé dans son attente. « Elle me donnait conseil en toutes choses », dit-il lui-même. Les disciples de St-Alphonse, marchant sur les traces de leur saint fondateur, propagent partout la dévotion envers N.-D. de Bon-Conseil.
À l'exemple de l’Église et des saints, les fidèles doivent prendre Marie pour Conseillère ; ils doivent l’invoquer dans leurs doutes, leurs incertitudes, leurs difficultés. Quel est l’homme qui n'ait pas besoin de conseil ? que de fois dans la vie on hésite ne sachant quel est le meilleur parti à prendre ?
L’Esprit-Saint lui-même nous avertit qu'il ne faut rien faire d’important sans prendre conseil « fili, sine consilio nihil facias. » (Eccl. xxxii). Combien se sont égarés pour avoir voulu se guider eux-mêmes !
Dans le choix d’un état de vie, dans les devoirs d'état, dans les entreprises même et dans les maladies, recourez sans doute aux conseils des hommes sages, surtout de ceux que Dieu vous a donnés pour guides ; mais ne négligez pas de consulter Marie, la Mère du Bon-Conseil, et vous éprouverez la vérité de cette parole des Livres saints : « Consilium illius sicut fons vitæ permanet. Son conseil donne à tous la vie, la grâce et le salut. » (Eccl. xxi)


(Notice de l'Antique pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Conseil)



Reportez-vous à HISTOIRE DE LA MADONE DE GENAZZANO DITE NOTRE-DAME DU BON CONSEIL, Prière à Notre-Dame de Bon Conseil de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, PRIÈRE À NOTRE-DAME DE BON CONSEIL POUR DEMANDER LA GRÂCE DE CONNAITRE SA VOCATION, Neuvaine en l'honneur de Notre-Dame de Bon ConseilLitanies de Notre-Dame de Bon-Conseil, ACTE DE CONSÉCRATION À NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL et CANTATE DE NOTRE-DAME DE BON CONSEIL.














dimanche 16 février 2020

Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :


Saint Étienne (Carlo Crivelli)


Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire



Quelles sont ces qualités ?

Il y en a trois principales ; savoir, la simplicité, l'efficace et la solidité.


En quoi consiste la simplicité ?

En ce que, toute abondante qu'est cette voie en grâces et en faveurs célestes, elle apprend aux âmes à passer par ces richesses spirituelles sans s'y arrêter. Elle est aussi très-simple de sa nature, parce qu'elle n'admet pour tout exercice qu'un regard de l'esprit et un acquiescement du cœur, et même ce regard et cet acquiescement sont des actes si subtils et si déliés, que l'âme qui les forme peut à peine s'en apercevoir.


Puisque l'âme en cet état semble ne rien faire, ne peut-on pas conclure qu’elle est oisive dans son oraison ?

Elle le serait sans doute si elle était sans action ; mais c'est ce que nous n'avons pas dit. Nous disons seulement que son action est si profonde et si délicate, qu'elle n'a pas la satisfaction de se rendre à elle-même témoignage de ce qu'elle fait ; que par le simple regard on ne connaît rien de distinct ; que l'acquiescement de la volonté n'est, à parler précisément, ni contrition, ni remerciement, ni offrande ; mais tout cela éminemment. Nous disons enfin que cette manière d'oraison est très agréable à Dieu, et qu'elle produit d'excellents effets.


Ne pourriez-vous pas par quelque comparaison nous rendre cette doctrine sensible ?

En voici une dont se sert un docteur mystique. Si une grande Reine faisait son plaisir d'habiller une Villageoise, et de la parer de ses propres mains ; tout ce que pourrait faire de mieux cette pauvre fille, ce serait d'être modestement attentive à ce qu'on ferait pour elle, de laisser satisfaire la Reine, de faire ensuite la révérence, et de se retirer ; cette conduite simple vaudrait mieux que tous les soins empressés qu'elle aurait pu se donner, et que tous les compliments qu'elle aurait pu faire. C'est la conduite qu'on doit garder dans l'exercice du repos dont nous avons parlé.


En quoi faites-vous consister l'efficace de cette voie ?

En ce que le regard unique et le saint acquiescement au bon plaisir de Dieu , ont une vertu singulière qui fortifie l'homme, l'élève au-dessus de lui-même, et le fait opérer d'une manière qui surpasse visiblement sa faculté naturelle.
Ce regard est l'instrument dont se sert le saint Esprit pour travailler dans les âmes ; c'est comme un trésor où il leur fait trouver ses dons les plus précieux ; le don de sagesse, c'est-à-dire, la connaissance expérimentale et savoureuse des objets spirituels et divins ; le don d'intelligence, c'est-à-dire, la faculté de comprendre les choses difficiles, et de les réduire à leurs principes éternels et immuables ; le don de conseil, c'est-à-dire, la prudence et la discrétion pour conduire les âmes ; le don de science, c'est-à-dire, la connaissance certaine des choses spirituelles, et quelquefois même de plusieurs qui sont de l'ordre naturel ; tous ces dons sont renfermés comme en un point dans l'unique regard dont nous parlons. C'est une lumière très simple où l'âme puise toute science et toute vertu ; de sorte qu'elle est toujours pourvue, et qu'elle n'a pas besoin de préparation soit pour parler aux peuples assemblés, soit pour instruire en particulier, parce que des fleuves d'eau vive coulent de son sein (Jean. 7, 38), couronnement à la promesse de N. S. Le Saint-Esprit seul a la clef de ce trésor qui ne s'épuise jamais, et il est dit de celui qui le possède : qu'il répandra comme une pluie les paroles de la sagesse. (Eccl. 39, 9)
Ce qu'est le simple regard à l'entendement qu'il éclaire, le simple acquiescement l'est à la volonté qu'il fortifie. C'est de cette source sacrée que découlent les autres dons du Saint-Esprit ; don de force, don de piété et de crainte de Dieu, les pieuses affections, les bons mouvements, les saintes saillies, les ardeurs du zèle. Mais (ce qu'on ne saurait assez observer) toute cette abondance de richesses vient d'un principe très-simple qu'on peut comparer à une fontaine qui se remplit par un seul tuyau, et qui se partage ensuite en plusieurs ; et c'est pour cela que l'Esprit de Dieu est appelé dans les saintes Écritures, unique et multiplié. (Sap. 7,22)
On peut donc dire de ceux qui marchent dans cette voie, qu'ils portent toujours en eux-mêmes, sans fatigue et sans embarras, tout ce qui leur est nécessaire en toutes sortes a occasions ; puisqu'un seul bien qu'ils possèdent, leur fournit à propos tous les autres, à mesure qu'ils en ont besoin. Il en est d'eux, comme d'un Prince, qui avec une seule clef ouvrirait toutes les portes d'un grand Palais ; ou comme d'un Médecin, qui trouverait dans une seule plante, le remède à toutes sortes de maux. C'est ainsi qu'une seule chose tient lieu de toutes les autres, à ceux dont nous parlons. Sans qu'ils se donnent aucun soin, un esprit très-simple qui est en eux, leur suggère tout ce qu'ils doivent dire ou faire dans les différentes occasions. Et c'est là-dessus qu'est fondé le commandement que Notre-Seigneur fait à ses disciples, de ne point compter sur leurs soins et sur leur industrie, quand ils auront à lui rendre témoignage devant les Puissances du monde. Ne songez point, ni comment vous parlerez, ni à ce que vous direz. (Matth. 10, 19)


Quel est cet esprit très-simple dont vous venez de parler ?

C'est le Saint-Esprit, qui n'étant que feu et que lumière, que paix et que liberté, forme lui-même dans l'esprit et dans le cœur, ce simple regard et ce doux acquiescement, par lesquels il opère ensuite de grandes choses, et rend les hommes puissants en œuvres et en paroles. Munis de ce secours, les Apôtres, sans science, sans étude, et sans talents naturels, ont fait plier tout le monde sous leurs volontés ; et rien ne prouve mieux l'efficace de ce don merveilleux, que ces paroles dont se servit Notre Seigneur pour le faire attendre à ses Apôtres : Tenez-vous dans la ville, leur dit-il, jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force qui vienne d'en haut. (Luc. 24, 4)


Comment prouvez-vous la solidité de cette voie ?

Par son efficacité même. On peut dire de ceux qui sont dans cette voie, qu'ils rendent à Dieu le service le plus agréable qu'il puisse recevoir de la part des hommes. Tout autre service est imparfait ; toute autre conduite est faible en comparaison de celle-ci, qui est pleine de force, et capable de venir à bout de tout. Ceux qui ne sont pas favorisés de ce don, peuvent bien se rendre agréables à Dieu par l'humilité et l'abnégation intérieure ; ils peuvent faire beaucoup de bien avec le secours de Dieu. Mais la nature en eux se mêle souvent avec la grâce ; il y a beaucoup du leur dans ce qu'ils font. Aussi voyons-nous que leurs paroles sont peu efficaces, qu'elles font peu d'impression, et qu'ils ne sont pas capables d'entreprendre beaucoup pour Dieu, et d'exécuter de grands desseins pour sa gloire.
Les personnes que Dieu introduit dans la voie extraordinaire sont pleines de force ; elles portent au-dedans d’elles-mêmes une vive impression des vérités divines ; leur attrait est puissant ; leurs paroles sont persuasives ; elles embrasent les cœurs ; et par tout ce qu'elles font pour leur propre perfection et pour celle du prochain, il paraît bien que l'Esprit de J. C. habite en elles d'une manière particulière. Saint Étienne, premier Martyr, en est une preuve éclatante. Il est dit de lui dans les Actes des Apôtres (6, 10) : Que les Juifs ne pouvaient résister à la Sagesse et à l'Esprit qui parlait par sa bouche.
Rien de plus simple que la grâce de cet état, si on la considère en elle-même, puisqu'elle ne consiste qu'en un regard de l'esprit, et en un doux acquiescement du cœur ; et cependant rien de plus fertile en grandes actions, excepté au temps de l'impuissance, qui est le second degré de la voie extraordinaire. Car alors l'âme est privée de l'usage ordinaire de ses facultés intérieures ; quoique dans le fond elle agisse par une opération occulte qui la soutient, principalement dans tous ses besoins ; mais qui ne la console point, parce qu'elle lui est inconnue.


D'où, vient que vous ne parle point des extases, des ravissements, des visions et des paroles intérieures dont Dieu favorise les âmes dans cette voie ?

Parce que nous ne parlons ici que de ce qui concerne la pratique de la vertu. Outre que nous avons dit ailleurs, qu'on ne doit point s'attacher à ces sortes de grâces, ni les prendre pour appui ; il ne convient pas de les rejeter, ni de les mépriser, puisque ce sont des dons de Dieu ; mais il convient encore moins d'y mettre sa confiance. La pratique des Saints, est de les recevoir avec dégagement de cœur, et de fonder leur conduite sur la Foi.


N'y a-t-il point d'autre avis à donner aux personnes qui sont dans la voie extraordinaire ?

Le plus important est, qu'en suivant les mouvements de l'esprit intérieur qui les gouverne, elles ne s'écarte point de la règle extérieure prescrite à tous les hommes, laquelle comprend la doctrine de la foi, l'autorité des Supérieurs, et le sentiment commun des gens sages et spirituels. C'est en cet heureux accord de la Loi intérieure avec la Loi extérieure, que consiste la perfection. Tout est dans l'ordre, et rien n'est suspect, lorsque l'attrait de la grâce n'est point gêné par les règles du dehors, et lorsque les règles du dehors, c'est-à-dire, la foi, l'obéissance, et la droite raison rendent témoignage à l'attrait de la grâce. Il n'y a plus qu'un écueil à craindre, et c'est qu'on ne confonde quelquefois la prudence humaine avec la sagesse évangélique, qui doit guider la raison.
On ne peut donc trop recommander aux personnes que Dieu conduit par la voie extraordinaire, de faire consister leur principale perfection dans les vertus communes et nécessaires à tous, et de préférer constamment la pratique de l'humilité, à tous les dons les plus sublimes que Dieu leur communique. Lorsqu'aux vertus extraordinaires, qui sont propres de leur état, elles joignent la fidélité et l'exactitude à remplir tous les devoirs de la vie commune, elles ont atteint le plus haut point de sainteté où l'on puisse arriver sur la terre.
On remarque cette union admirable dans presque tous les Saints : nous n'en connaissons guère qui n'aient participé au don de la contemplation, et en qui ce don sublime n'ait contribué à nourrir et à faire croître l'humilité : de sorte qu'on peut leur appliquer ces paroles de l'Apôtre : Vous êtes mort, et votre vie est cachée en Dieu avec J. C. En effet, le secret et le silence au milieu duquel le S. Esprit opère dans les âmes de ce rang, est très-propre, non-seulement à les cacher en Dieu, mais encore à les faire mourir à elles-mêmes, au monde, et à toutes les choses de la terre.
Il est vrai que ceux qui meurent de la sorte, ne le font que pour vivre d'une vie de grâce, et que la grâce opère en eux et par eux de merveilleux effets. Mais quelque riches qu'ils soient en grâce et en dons surnaturels, ils font toujours grand fond sur la charité, l'humilité, et les autres vertus, qui rendent l'homme digne de la récompense éternelle. Ils savent que ce que Dieu agrée le plus dans les âmes, ce ne sont pas les dispositions sublimes qu'il met en elles, ni les faveurs extraordinaires qu'il leur accorde, mais le soin qu'elles prennent de pratiquer la vertu ; parce que c'est l'homme qui donne à Dieu, lorsqu'il pratique la vertu, au lieu que Dieu seulement donne à l'homme lorsqu'il accorde des faveurs singulières ; et il est écrit, qu'on est bien plus heureux de donner que de recevoir. (Act. 20, 35) Les dons sublimes, l'abondance des lumières, et la douceur des consolations élèvent l'homme sans aucun mérite de sa part : ce qui lui attire les grâces du Ciel, c'est de vivre saintement.


Reportez-vous à Le Martyre de Saint Étienne, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Jésus condamné à mort, Pilate lave ses mains, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Seigneur, que vous plaît-il que je fasse ?, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), et Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4).














vendredi 7 février 2020

Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :




Du bon Directeur



Quelles sont les qualités du bon Directeur ?

Il y en a trois, qui sont la prudence, la science et le zèle.


En quoi consiste la prudence nécessaire à un Directeur ?

Elle consiste premièrement à conformer sa conduite au caractère de ceux qu'il dirige, et à savoir la varier selon leurs besoins ; car prétendre assujettir toutes sortes de personnes à une même méthode, ce ne serait pas les conduire dans la voie de Dieu, mais les obliger à suivre son imagination, et à préférer ses idées aux mouvements de la grâce. Il y a des Directeurs qu'on pourrait comparer à un Médecin qui n'ordonnerait qu'un remède pour toutes sortes de maux ; ils ont certaines pratiques qu'ils prescrivent à tout le monde, ne prenant pas garde que ce qui est bon à l'un ne l'est pas à l'autre, et que Dieu conduit les âmes par des voies bien différentes. Il faut donc qu'un Directeur s'applique d'abord à connaître les dispositions de ceux qui s'adressent à lui avant que de leur rien prescrire : il faut qu'il se défie beaucoup de soi, qu'il se rende dépendant de l'esprit de Dieu, et qu'il ne compte point sur ses lumières.
C'est ici le second devoir de la prudence : il faut que celui qui dirige suive les mouvements du S. Esprit, et qu'il ne les prévienne pas. Son premier soin, doit être d'observer ce que Dieu a déjà fait dans une âme, et de cultiver ensuite ce qu'il y trouve de commencé. Que s'il n'y remarque rien, c'est à lui à y jeter la semence en lui donnant de bons conseils et de sages instructions, prenant garde surtout de ne rien précipiter. La troisième chose en quoi doit paraître la prudence du Directeur, c'est à proportionner toujours ses conseils aux besoins de ceux qu'il conduit, et à l'état présent de leur âme. Il ne doit rien déterminer au hasard, pour ne point s'exposer à ordonner à ceux qui commencent ce qui ne peut convenir qu'aux personnes d'une vertu consommée. Le moindre attrait de la grâce qui se manifeste dans une âme, paraît à certains Directeurs une raison suffisante de lui laisser prendre l'essor, en lui permettant d'aspirer aux délices du pur amour avant que d'avoir passé par les épreuves ordinaires. C'est agir contre la prudence, qui demande qu'on aide chacun selon sa portée, qu'on retienne les commençants dans les exercices de la vie purgative, qu'on ne prévienne jamais les mouvements de la grâce par des conseils prématurés, et qu'on règle sa conduite sur celle du Directeur invisible, qui est le maître des cœurs.


Quelle est la science qui convient à un Directeur ?

Outre la science des Écritures saintes, et de la Théologie ; outre les autres connaissances nécessaires à ceux qui ont pour emploi l'instruction des âmes, il doit surtout être versé dans la science de l'esprit. Cette science roule sur trois points. Le premier regarde l'oraison, qui est le fondement de la vie spirituelle. Dans ce saint exercice les personnes de bonne volonté, qui sont déterminées à servir Dieu fidèlement, se sentent souvent attirées au repos, qui est le don sublime de la contemplation. Cependant comme ce repos fait cesser les actes discursifs, pour établir l'âme dans une douce paix, au milieu de laquelle Dieu se plaît comme sur son Trône ; si le Directeur ne connaît pas bien cette voie, il nuira beaucoup à une âme par son ignorance. Faute de savoir distinguer entre le vrai repos et l'oisiveté, il favorisera l'illusion, il approuvera une fausse paix, qui vient du malin esprit ; ou bien prenant pour oisiveté le repos de la contemplation, il se fera un devoir de faire cesser ce calme qui vient du Saint-Esprit, en persuadant à une âme de le troubler par sa propre opération, et de contrarier l'Esprit de Dieu par des actes et par des pratiques qui ne conviennent point à la grâce de son état.
Le second point de cette science regarde encore l'oraison, dans laquelle il faut savoir démêler les opérations de la grâce, des mouvements de la nature. Il arrive assez souvent qu'après que Dieu a fait entrer une âme dans le repos de la contemplation, il permet qu'elle tombe dans une grande aridité, qu'elle se trouve sans goût, et presque sans nulle connaissance distincte; jouissant pourtant de la paix dans un profond recueillement, et au milieu d'une grande lumière, qu'on a peine à distinguer des ténèbres, parce qu'elle ne découvre rien de particulier. Un Directeur qui ne connaît pas cette opération délicate, traitera de perte de temps ce qui est une occupation très noble et très-utile : il obligera une âme à redoubler ses efforts, et à troubler par son action tumultueuse l'action de l'Époux céleste, qui veut qu'on le laisse opérer en paix. On n'entre pas à grand bruit dans le cabinet du Roi, quand on veut en avoir audience. L'ouvrage du Saint-Esprit, dit saint Chrysostome, demande de la tranquillité et du silence, comme celui des Peintres, qui ne veulent pas être détournés par le moindre bruit. Rien n'est donc plus nécessaire à un Directeur, que de savoir reconnaître le vrai repos aux marques que nous en avons données, pour être toujours en état de le distinguer de l'oisiveté.
Le troisième point de la science du Directeur, concerne ce qu'il doit savoir pour conduire les âmes au milieu des peines et des épreuves qu'elles rencontrent dans la voie de la contemplation. Il doit avoir assez de lumière et d'expérience pour mettre de la différence entre les peines qui sont un effet de la nature et de l'humeur, et celles qui viennent de Dieu, lorsqu'il entreprend de purifier les âmes. Il faut donc savoir que le Saint-Esprit, qui est le principe du divin amour, quand il veut préparer les âmes à l'union avec Dieu, les fait passer par de rudes épreuves, pour les purifier, pour les élever au-dessus d'elles-mêmes, et pour compenser en quelque manière la disproportion infinie qui est entre leur nature faible, et la nature divine. Il en use à peu près comme un peintre qui tend sa toile avec soin, l'arrête de tous côtés pour la rendre fixe et immobile avant que de rien ébaucher ; ou comme un Brodeur qui prend la même précaution avant que de travailler en or ou en soie sur quelque étoffe. C'est ainsi que l'amour divin attache l'âme à une croix intérieure très-rude ; il la lie, pour ainsi dire, et suspend pour un temps l'usage de ses puissances. Et après l'avoir mise en cet état violent, il permet qu'elle soit en butte à mille contradictions du dehors ; il la fait souffrir lui-même par de terribles impressions de la justice divine. Une âme ainsi plongée dans l'amertume, et livrée à ses propres misères, n'est plus soutenue que par une force secrète qui ne se fait point apercevoir, et tout ce qu'elle peut faire de mieux, c'est de porter sa croix en patience ; car si elle se donne des mouvements inquiets pour agir, elle ne fait qu'augmenter ses peines.
Ce qu'on doit lui conseiller, c'est, 1. de se tenir en repos dans cet état de privation, sans faire des efforts pour s'en tirer, jusqu'à ce qu'il plaise à Notre Seigneur de la détacher de la croix, en lui redonnant sa première facilité à se servir de ses puissances. 2. Qu'elle s'étudie à être fidèle, s'éloignant avec soin de tout ce qui peut déplaire à Dieu. 3. Que pour ce qui regarde l'intérieur, elle se contente de s'attacher à Dieu par un regard simple ; et qu'à l'extérieur, elle ait soin de remplir toutes ses obligations. Voilà les rencontres les plus difficiles où un Directeur a besoin de science. Il est certain que s'il n'est pas instruit de ce que nous venons de dire, il sera fort embarrassé, et que les âmes qu'il conduit se trouveront sans secours.


En quoi consiste le zèle du Directeur ?

Principalement en trois choses. La première est qu'il se propose fortement de faire mourir l'amour du monde et de ses vanités, dans les personnes qui s'adressent à lui, ne permettant à aucune de vivre d'une manière mondaine, et les encourageant toutes de telle sorte, qu'elles renoncent au péché, et à tout ce qui est contraire à la sainteté du Christianisme. Mais ce n'est encore là que le premier pas ; il ne suffit pas qu'il étouffe l'esprit du monde dans les âmes qu'il dirige ; il faut (et c'est ici la seconde chose en quoi son zèle doit s'exercer) il faut qu'il tâche par toutes sortes de voies, de les porter à la perfection de leur état.
C'est donc à lui à bien connaître les personnes que Dieu lui confie, et à former sur chacune d'elles des desseins de sainteté proportionnés à leur portée, et à la grâce qui leur est communiquée, prenant son temps pour arracher de leur âme les imperfections qu'il y trouve, sans se rebuter jamais. Il a besoin d'une grande douceur et d'une sainte adresse pour les porter à la pratique du renoncement ; et il doit user à cette fin des innocents artifices que le zèle suggère en semblables occasions. Après qu'il aura gagné leur volonté, jusqu'à leur faire former la résolution de s'adonner à la vertu sans réserve, il sera temps de déclarer la guerre aux vices par la pratique de ce que nous avons enseigné dans le chapitre 5 de la première Partie. Cela demande une attention singulière à observer jusqu'aux moindres mouvements de l'intérieur, afin de connaître les passions et les vices qui y dominent, et de choisir ensuite le temps propre pour les combattre. Mais ce à quoi le zèle et la prudence du Directeur doivent principalement s'employer, c'est à faire naître la bonne volonté dans ceux qu'il conduit, et à ne point permettre qu'ils se bornent par lâcheté dans leurs projets de perfection, ni qu'ils se contentent d'une vertu médiocre.
Au reste, tous ces soins seraient inutiles, et on n'aurait pas sujet d'en attendre des fruits de conversion et de sainteté, si Dieu ne répandait abondamment ses grâces sur les âmes pour lesquelles on travaille. Ainsi le troisième devoir d'un Directeur zélé, est d'attirer cette abondance de grâces et de bénédictions célestes, non-seulement par ses prières, mais encore par ses pénitences. C'est ce que le zèle a toujours inspiré aux Directeurs éclairés qui connaissaient leurs obligations ; ils ne cessaient ni jour ni nuit de penser à l'avancement de ceux qui étaient commis à leurs soins. Et c'est aussi ce qui faisait dire au Père Balthazard Alvarez : que Dieu lui demanderait compte non-seulement des fautes que les âmes qui lui étaient confiées auraient commises par sa négligence, mais encore du peu de progrès qu'elles auraient fait sous sa conduite.



Reportez-vous à Du directeurOrdre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Direction spirituelle : Dieu supplée aux secours extérieurs qui nous manquent, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph SurinConduite de Dieu sur l'âmeDe l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des secours qu'il faut donner au Peuple dans les Missions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et prière pour les MissionsDe la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du discernement des esprits en tant que vertu acquise par le travail et l'industrie, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Jésus condamné à mort, Pilate lave ses mains, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Seigneur, que vous plaît-il que je fasse ?, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), et Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4).
















jeudi 1 août 2019

Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la parole de Dieu



Extrait de "Esprit du Curé d'Ars, M. Vianney dans ses catéchismes, ses homélies et sa conversation" (1864) :


Mes enfants, ce n'est pas peu de chose que la parole de Dieu ! Les premiers mots de Notre-Seigneur à ses Apôtres furent ceux-ci : « Allez et instruisez... » pour nous faire voir que l'instruction passe avant tout.

Mes enfants, qu'est-ce qui nous a fait connaître notre religion ? Ce son les instructions que nous avons entendues. Qu'est-ce qui nous donne l'horreur du péché... qui nous fait apercevoir la beauté de la vertu... nous inspire le désir du ciel ? Les instructions. Qu'est-ce qui fait connaître aux pères et aux mères les devoirs qu'ils ont à remplir envers leurs enfants, aux enfants les devoirs qu'ils ont à remplir envers leurs parents ? Les instructions.

Mes enfants, pourquoi est-on si aveugle et si ignorant ? Parce qu'on ne fait point de cas de la parole de Dieu. Il y en a qui ne disent pas même un Pater et un Ave pour demander au bon Dieu la grâce de la bien entendre et d'en bien profiter.

Je crois, mes enfants, qu'une personne, qui n'entend pas la parole de Dieu comme il faut, ne se sauvera pas ; elle ne saura pas ce qu'il faut faire pour cela. Mais avec une personne instruite, il y a toujours de la ressource. Elle a beau s'égarer dans toutes sortes de voies mauvaises, il y a toujours espérance qu'elle reviendra au bon Dieu tôt ou tard, quand ce ne serait qu'à l'heure de la mort. Au lieu qu'une personne qui n'est pas instruite est là comme une personne languissante, comme un malade à l'agonie qui n'a plus sa connaissance ; elle ne connaît ni la grandeur du péché, ni la beauté de son âme, ni le prix de la vertu ; elle se traîne de péché en péché comme une guenille qu'on traîne dans la boue.

Voyez, mes enfants, l'estime que Notre-Seigneur fait de la parole de Dieu ; à cette femme qui crie : « Bienheureuses sont les mamelles qui vous ont nourri et les entrailles qui vous ont porté ! » il répond : « Combien plus heureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique ! »

Notre-Seigneur, qui est la vérité même, ne fait pas moins de cas de sa parole que de son corps. Je ne sais pas si c'est plus mal fait d'avoir des distractions pendant la messe que pendant les instructions ; je ne vois point de différence. Pendant la messe on laisse perdre les mérites de la mort et passion de Notre-Seigneur, et pendant l'instruction on laisse perdre sa parole qui est lui-même. Saint Augustin dit que c'est aussi mal fait que de prendre le calice après la consécration et de le répandre sous les pieds.

Mes enfants, on se fera un scrupule de manquer la sainte messe, parce qu'en la manquant par sa faute on comment un gros péché, mais on ne se fait pas scrupule de manquer une instruction. On ne pense pas que l'on puisse offenser Dieu gravement de cette manière. Au jour du jugement, quand vous serez là tous à côté de moi, que le bon Dieu vous dira « Rends-moi compte des instructions et des catéchismes que tu as entendus et de ceux que tu aurais pu entendre !...» vous penserez bien autrement. Mes enfants, on sort pendant les instructions, on s'amuse à rire, on n'écoute pas, on se croit trop savant pour venir au catéchisme... croyez-vous, mes enfants, que ça passera comme ça ? oh ! non, bien sûr ! Le bon Dieu rangera bien les choses autrement.

Tenez, comme c'est triste ! on verra des pères et des mères rester dehors pendant les instructions ; ils sont obligés cependant d'instruire leurs enfants, mais que voulez-vous qu'ils leur apprennent ? Ils ne sont pas instruits eux-mêmes, tout ça court en enfer... C'est dommage !

Mes enfants, j'ai remarqué qu'il n'y avait pas de moment où l'on ait plus envie de dormir que pendant les instructions... Vous me direz : J'ai trop sommeil... Si je prenais un violon, personne ne songerait à dormir ; tout bougerait, tout serait en alerte... Mes enfants, on écoute encore un prêtre qui convient, mais si c'est un prêtre qui ne convient pas, on le tourne en ridicule... Il ne faut pas agir si humainement. Ce n'est pas le cadavre qu'il faut regarder. Quel que soit le prêtre, c'est toujours l'instrument dont le bon Dieu se sert pour distribuer sa sainte parole. Vous faites passer de la liqueur par un entonnoir : qu'il soit d'or ou de cuivre, si la liqueur est bonne, elle est toujours bonne.

Il y en a qui s'en vont répétant sur tous les tons : « Les prêtres disent bien ce qu'ils veulent. » Non, mes enfants, les prêtres ne disent pas ce qu'ils veulent ; ils disent ce qu'il y a dans l'Évangile... Les prêtres qui sont venus avant nous ont dit ce que nous disons ; ceux qui viendront après nous diront la même chose. Si nous disions des choses qui ne son pas, Mgr l'évêque nous aurait bientôt défendu de prêcher. Nous ne disons que ce que Notre-Seigneur a enseigné.

Mes enfants, je vais vous citer un exemple qui fait voir ce que c'est que de ne pas croire ce que les prêtres disent. Il y avait deux soldats qui passaient dans un endroit où l'on faisait une mission ; l'un des soldats proposa à son camarade d'aller au sermon ; ils y allèrent. Le missionnaire prêchait sur l'enfer. « Crois-tu tout ce que dit ce curé ? demanda le moins mauvais des deux. — Oh ! non, reprit l'autre, je crois que c'est des bêtises pour faire peur au monde. —  Eh bien ! moi, je le crois ; et, pour te prouver que je le crois, je quitte l'était militaire, j'entre dans un couvent. — Vas où tu voudras ! moi je continue ma route. » Voilà qu'en continuant sa route, il tombe malade et meurt. L'autre qui était au couvent apprend sa mort et il se met en prière, pour que Dieu lui fasse connaître dans quel état son compagnon était mort. Un jour, comme il priait, ce compagnon lui apparait ; il le reconnaît et lui demande : « Où es-tu ? — En enfer, je suis damné ! — Malheureux ! crois-tu, à présent, ce que le missionnaire a dit ? — Oui, je le crois. Les missionnaires n'ont qu'un tort : c'est de ne pas dire la centième partie des peines que l'on souffre ici. »

Mes enfants, je pense souvent que le plus grand nombre des chrétiens, qui se damnent, se damnent faute d'instruction... On entend mal la religion. Tenez, voici, par exemple, une personne qui devra aller à sa journée. Cette personne à la pensée de faire de grandes pénitences, de passer la moitié de la nuit en prières ; si elle est instruite, elle se dira : Non, il ne faut pas faire cela, parce que je ne pourrai pas remplir mon devoir demain ; j'aurai sommeil, et la moindre chose m'impatientera ; je serai ennuyée toute la journée, je ne pourrai rien faire, je ne ferai pas la moitié tant d'ouvrage que si j'avais reposé la nuit ; il ne faut pas faire ça... Tenez, encore, mes enfants, un domestique aura la pensée de jeûner, mais il faut qu'il passe toute la journée à bêcher ou à labourer la terre, ce que vous voudrez... Eh bien ! si ce domestique est instruit, il pensera : Cependant si je fais ça je ne pourrai pas contenter mes maîtres. Eh bien ! que fera-t-il ? Il déjeunera et il se mortifiera d'une autre façon. Voilà ce qu'il faut faire, il faut toujours se comporter de la manière qui doit rendre le plus de gloire au bon Dieu.

Une personne en sait une autre dans la misère, et elle prendra à ses parents pour soulager cette misère. Certainement elle ferait bien mieux de demander que de prendre. Si ses parents refusent de lui donner, elle priera Dieu d'inspirer à une personne riche de faire l'aumône à sa place.

Une personne instruite a toujours deux guides qui marchent devant elle : Le conseil et l'obéissance.


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En ces temps où le peuple de Dieu est, dans sa majorité, privé de prêtres validement ordonnés et de sacrements valides ; en ces temps où il ne reste plus beaucoup de prêtres fidèles à la vraie foi catholique, plus beaucoup de prêtres aimant instruire et travaillant au salut des âmes ; en ces temps où l'instruction est frelatée, où les fidèles restent ignorants de leur religion et se laissent dirigés par leur libre-pensée, Saint Curé d'Ars priez pour nous.



Reportez-vous à Le Saint Curé d'Ars et l'apostolat de la conversation, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur le Salut, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur l'amour de Dieu, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur les prérogatives de l'âme pure, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur le Saint-Esprit, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la Sainte Vierge, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la sanctification du dimanche, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la prière, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur le Saint Sacrifice de la Messe, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la présence réelle, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la communion, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur le péché, L'Esprit du Saint Curé d'Ars, Comment M. Vianney abolit les danses à Ars, Vie domestique de M. Vianney : Depuis sa naissance jusqu'à sa nomination à la cure d'Ars (1786-1818) (1/2), Vie domestique de M. Vianney : Depuis sa naissance jusqu'à sa nomination à la cure d'Ars (1786-1818) (2/2), Les saints et le combat spirituel : Saint Jean-Marie-Baptiste Vianney, le Curé d'Ars, Litanies du Saint Curé d'Ars, Litanies de Sainte Philomène, Sermon sur l'Enfer, par M. J.-M.-B. Vianney, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Sermon du Saint Curé d'Ars sur l'Enfer des Chrétiens, Du jugement et des peines des pécheurs, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Traité de l'Enfer de Sainte Françoise Romaine, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Méditation sur le Jugement de Dieu, Méditation sur le discernement des bons et des mauvais exemples, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur l'exemple de la multitude, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, Méditation sur l'homicide, Méditation sur la pensée de la mort, Défendre le Cimetière, De la méditation de la mort, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la disposition habituelle où les Chrétiens doivent être à l'égard de leur mort, Litanies de la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Méditation sur l'éternité des peines de l'Enfer, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur la voie étroite, Méditation sur la Pénitence différée à l'heure de la mort, Méditation sur la fausse idée que les Pécheurs se forment de la miséricorde de Dieu, Méditation sur le délai de la conversion, Méditation sur l'incertitude de l'avenir, Le retour du règne de Satan par la négation du dogme de l'Incarnation, Méditation sur le bon usage du temps présent, Méditation sur l'inquiétude de l'avenir, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur l'expiation du péché, et Méditation sur la réparation du péché.