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mercredi 20 janvier 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant l'histoire et l'explication de la religion
depuis le commencement du monde jusqu'à la venue du messie.



XXIIe LEÇON


LE MESSIE PROMIS ET FIGURÉ.

NOÉ, TROISIÈME FIGURE DU MESSIE

(AV. J.-C. 2348)



Q. Comment s'appelle le fils que Dieu donna à nos premiers parents à la place d'Abel ?
R. Le fils que Dieu donna à nos premiers parents pour remplacer Abel et pour conserver la Religion sur la terre, s'appelle Seth.

Q. Comment appelle-t-on les descendants de Seth ?
R. On appelle les descendants de Seth enfants de Dieu, parce qu'ils vivaient suivant l'esprit de la Religion ; les descendants de Caïn, au contraire, furent appelés enfants des hommes, parce qu'ils s'abandonnaient à tous les penchants corrompus de leurs cœurs.

Q. Dieu envoya-t-il quelqu'un pour rappeler les enfants des hommes à la pénitence ?
R. Pour rappeler les enfants des hommes à la pénitence, Dieu envoya Hénoch, qui ne cessa de les exhorter à se convertir, mais ils ne l'écoutèrent pas.

Q. Les enfants de Dieu furent-ils toujours fidèles au Seigneur ?
R. Les enfants de Dieu ne furent pas toujours fidèles au Seigneur ; car ils firent alliance avec les enfants des hommes, qui les corrompirent, et presque tous se livrèrent au péché.

Q. Comment Dieu punit-il les hommes ?
R. Dieu punit les hommes par le déluge, qui couvrit d'eau la terre et les plus hautes montagnes, pendant cent quarante jours.

Q. Qui fut sauvé du déluge ?
R. Noé et sa famille, en tout huit personnes, furent sauvés du déluge, avec des animaux de chaque espèce pour repeupler la terre.

Q. Comment furent-ils sauvés ?
R. Ils furent sauvés en entrant dans l'arche, c'est-à-dire dans un grand vaisseau que Noé avait construit par l'ordre de Dieu, et auquel il avait travaillé pendant cent vingt ans, afin de donner aux pécheurs le temps de faire pénitence.

Q. Que fit Noé en sortant de l'arche ?
R. Noé, en sortant de l'arche, témoigna sa reconnaissance au Seigneur en lui offrant un sacrifice, et le Seigneur lui promit de ne plus faire périr le monde par le déluge.

Q. Noé est-il la figure de Notre-Seigneur ?
R. Noé est la troisième figure de Notre-Seigneur. — Noé veut dire consolateur ; Jésus veut dire Sauveur. — Noé seul trouve grâce devant Dieu ; Notre-Seigneur seul trouve grâce devant son Père. Noé bâtit une arche qui le sauve et sa famille avec lui, du déluge universel ; Notre-Seigneur bâtit son Église pour sauver de la mort éternelle tous ceux qui voudront y entrer. — Plus les eaux montaient, plus l'arche s'élevait vers le ciel ; plus l'Église éprouve de tribulations, plus elle s'élève à Dieu. — Noé a été choisi pour être le père d'un monde nouveau ; Notre-Seigneur a été choisi pour peupler la terre de justes, et le ciel de saints.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je renouvellerai chaque mois les promesses de mon baptême.


Reportez-vous à De la fin des créatures, Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel.














mercredi 6 janvier 2021

La bénédiction de Noé à ses fils, Prophétie et figure de l'entrée des Gentils dans la vraie Église



Les mystères de Jésus-Christ et de son Église ont été non-seulement prédits par les prophètes, mais encore figurés par les actions des patriarches, en sorte que la vie entière de ces derniers, comme l'observe saint Augustin, est tout à la fois une histoire fidèle du passé et une prophétie continuelle des grands événements de l'avenir (Contr. Faust., 22). Telle est, entre autres, l'histoire de l'ivresse mystérieuse de Noé, et des bénédictions que ce grand patriarche donna à ses fils. Cette histoire représente la vocation et l'entrée des Gentils dans l'Église, qui fut prédite plus tard par les oracles des prophètes. Nous ne devons donc pas omettre le trait qui explique ce consolant mystère, commencé dans les Mages et accompli en nous.

La Genèse nous apprend que le patriarche Noé, lorsqu'il eut planté et cultivé la vigne après le déluge, tomba en ivresse pour avoir bu du vin dont il ignorait les effets, et parut nu dans sa tente : Plantavie vineam, bibensque vinum inebriatus est, et nudatus in tabernaculo suo (Genes., IX, 20-21). Il fut aperçu dans cet état si humiliant par Cham, son second fils, père de Chanaan. Cham ne se contenta pas d'en rire tout seul, mais appela ses frères et leur montra leur père comme un sujet de dérision : Nuntiavit duobus fratribus suis foras (-, 22). Ceux-ci, loin de prendre part aux moqueries sacrilèges de Cham, regardèrent avec une sainte indignation le procédé de leur frère. Inspirés par les sentiments de la plus sévère pudeur et du respect filial le plus profond, ils s'approchèrent de leur père à reculons, laissèrent tomber sur lui un manteau pour le couvrir et le soustraire ainsi à la risée de leur frère impie : (-, 23).
À son réveil, Noé ayant appris l'outrage qui lui avait été fait par le second de ses fils, ainsi que l'acte de respect et d'amour de ses deux autres frères : Chanaan, dit-il, sera maudit, et sera le serviteur des serviteurs de ses frères : (-, 24-25).
Pour Sem et Japhet il ajouté : « Béni soit le Dieu de Sem, et que Chanaan soit son esclave. Dieu multipliera la race de Japhet ; il habitera sous les tentes de Sem, et Chanaan sera son serviteur » (Gen., IX, 26-27).

C'est là un des récits de la Bible dont saint Augustin a dit : « qu'ils sont peu ou pas du tout édifiants si on les prend à la lettre. » Nous ajouterons que ce récit est obscur et inintelligible, si on le prend seulement dans son sens historique et immédiat.
En effet, comment accorder cet acte avec la justice de Noé, si vantée dans l'Écriture ! Noé punit dans Chanaan, son petit-fils, l'impiété de Cham son père, et charge du plus terrible anathème un enfant innocent qui avait à peine l'âge de raison, et il oublie, il épargne son père, seul coupable ! Comment comprendre la bénédiction de Japhet, qui devait avoir une postérité plus nombreuse, et qui cependant devait mendier un asile sous les tentes de Sem ; tandis que cette nécessité serait pour lui un précieux privilège ?
« Il faut savoir, dit encore saint Augustin, que les saintes Écritures sont remplies de sens prophétiques, et que souvent, sous le voile de circonstances légères en elles-mêmes, elles cachent de grands mystères » (De civit. Dei, XVI, 2). Noé, par la bénédiction et la malédiction qu'il prononce sur ses fils, ne prévient pas le sort de leur postérité, mais ne fait que le prédire. Ainsi, Chanaan sera le serviteur de ses frères, non parce que Noé le veut et l'annonce ; mais Noé l'annonce et le prophétise, parce que, étant inspiré d'en haut, il connait les destinées futures de ses enfants (ibid.).
Un commentateur célèbre ajoute que ce fait est rapporté dans l'Écriture, non parce que c'est un fait historique, mais à cause de son sens allégorique ; car tout nous prouve que le sens prophétique est celui que le Saint-Esprit a eu principalement en vue dans cette histoire mystérieuse (Corn. ad Lapid., in hunc loc).
Guidés par ces mêmes saintes Écritures et les saints Pères, tâchons donc de soulever le voile de la figure, et de découvrir le grand et consolant mystère qu'elle nous cache.

D'abord il est évident que cette vigne plantée par Noé est la figure de la synagogue et du peuple hébreu, comme nous allons le montrer par différents textes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Dans Jérémie, Dieu di au peuple hébreu : « Je t'ai planté dans le monde comme une vigne choisie : Ego autem plantavi te vineam electam » (II, 21). Dans Isaïe, le Seigneur se plaint que cette vigne qu'il avait cultivée avec le plus grand soin, ne produit que d'amères et sauvages raisins (V, 4). Et pour qu'il n'y ait aucun doute que ces reproches aient été adressés à la synagogue, le prophète déclare ouvertement que la vigne est la maison d'Israël (-, 7).
Il est donc certain, dit saint Augustin, que ce Noé qui plante la vigne, c'est Jésus-Christ lui-même, qui s'était formé un peuple choisi (loc. citat.).
Noé, pour avoir bu du suc de cette vigne, tomba dans l'ivresse et dans un profond sommeil : Bibensque vinum inebriatus est. Saint Ambroise et plusieurs autres saints Pères ne croient pas que le second père du genre humain soit tombé dans une véritable ivresse, mais simplement dans un sommeil involontaire. Quoi qu'il en soit, il est certain que cette ivresse, vraie ou apparente, ne fut point coupable, et qu'elle fut mystérieuse et prophétique, selon le témoignage unanime des Pères. Comment peut-on, dit saint Ambroise, lire ces paroles : « Noé s'enivra : Inebriatus est ! » sans se rappeler celles du Psalmiste : « Combien est beau le calice qui m'enivre : Calix meus inebrians quam proeclarus est » (Psalm. XXII, 5).
Or, ce calice dont parle David, est, selon saint Augustin, celui-là même que Jésus-Christ a appelé son calice et qu'il a bu jusqu'à la lie : Potestis bibere calicem quem ego bibiturus sum ? C'est-à-dire le calice de ses humiliations et de ses souffrances (loc. citat.).
Ainsi, Noé qui par suite de son ivresse demeure nu dans sa tente, représente Jésus-Christ qui, par suite de l'ivresse mystique de son amour pour son peuple, naquit pauvre et nu dans une étable. Cette circonstance qu'ajoute l'Écriture sainte, « dans sa propre tente, annonce, dit saint Augustin, que Jésus-Christ devait souffrir cette première humiliation, qui devait être suivie de plus grandes, au milieu de son propre peuple et dans sa propre maison » (loc. citat.).

Que Cham, père de Chanaan, soit la figure des Juifs, ennemis de Jésus-Christ, il n'est pas permis d'en douter, puisqu'ils sont souvent appelés dans l'Écriture : « Race, génération de Chanaan. » Ainsi, Cham qui se moque de son père, qui insulte à la nudité de son père endormi, qui le montre à ses frères comme un sujet de dérision, est la figure des Juifs qui rougirent de la pauvreté de Jésus-Christ, qui lui refusèrent un asile (Luc., II, 7) ; qui ne voulurent pas le reconnaître à sa naissance (Joann., I, 11) ; qui ensuite le poursuivaient de leurs dérisions sacrilèges, et à sa mort le montraient aux Gentils comme un sujet de scandale.
Au contraire, la piété et l'amour de Sem et de Japhet, qui, loin de prendre part aux moqueries de Cham, couvrent respectueusement leur père et détournent leurs regards pour ne pas voir l'état d'humiliation dans lequel ils l'aiment et ils l'honorent toujours comme leur père ; cette piété, cet amour filial nous représentent la foi, l'amour des bergers et des Mages, qui, loin d'imiter les Juifs dans leur indifférence pour le Messie nouveau-né, le cherchent, l'honorent et l'adorent dans l'état de misère et de nudité où ils le trouvent réduit, couvrant leurs yeux temporels du voile de la foi, portant ailleurs leurs regards ; c'est-à-dire croyant au témoignage intérieur de la grâce, plutôt qu'au témoignage extérieur des sens ; ne s'arrêtant pas aux dépouilles de l'humanité, dont le Verbe est couvert, mais reconnaissant dans l'homme leur Sauveur, leur Père, leur Dieu. Et nous aussi comme les Mages, nous reconnaissons ce même Jésus-Christ, né pauvre, mort dans l'ignominie et les douleurs, comme le vrai Père et le vrai Sauveur de nos âmes.

Cette explication du mystère des personnages historiques, nous fait connaître le mystère de la malédiction de Chanaan et de la bénédiction de Sem et de Japhet.
La malédiction de Chanaan est la prophétie de la réprobation des Juifs et de leurs châtiments. Le sort de Chanaan, condamné à servir pour toujours ses propres frères, nous représente un fait public et permanent, l'état de servitude du peuple juif par rapport au peuple chrétien,  qu'il a servi et sert encore, non-seulement dans l'ordre temporel et civil, mais encore dans l'ordre spirituel ; puisque les Juifs ne sont, pour ainsi dire, que les archivistes des chrétiens, conservant et portant partout la loi et les prophètes, pour confirmer notre foi et le témoignage de l'Église (S. August., loc. citat.).
Noé dit ensuite à Sem : « Le Dieu de Sem sera béni ! Benedictus Deus sem. » Or, que signifie cette bénédiction, si ce n'est que de Sem naîtrait le Messie ? Et c'est pourquoi saint Luc, en écrivant la généalogie de Jésus-Christ, l'appelle fils de Sem : Qui fuit Sem (III, 36). Le Dieu de Sem est donc le Verbe incarné, le Dieu béni, puisque l'ange l'a appelé le fruit béni des entrailles de la pure Marie (Luc, I, 42) ; le Dieu béni, parce qu'en lui sont réunies toutes bénédictions, selon cette prophétie de Jacob : « En lui est par lui seront bénies toutes les tribus de la terre » (Genes., L). Mais que signifient ces paroles qui furent dites à Japhet : « Le Seigneur propagera la race de Japhet, et il habitera sous les tentes de Sem ? » Japhet est le père des Gentils ; tous les habitants de l'Occident, et nous Européens, en particulier, descendons de lui. La vraie religion s'est établie et s'est propagée parmi nous, et si elle se propage ailleurs, ce n'est que par notre intermédiaire. Voilà donc l'accomplissement de cette mystérieuse propagation qui fut promise à Japhet.
Mais observez, dit saint Augustin, que l'Église s'est propagée par Jésus, par Marie, par les Apôtres, qui furent tous Juifs de naissance, et par conséquent descendants de Sem, selon l'esprit et selon la chair. Nous Gentils, descendants de Japhet, pour devenir chrétiens, nous avons été obligés d'entrer dans cette Église formée par des descendants de Sem ; et c'est ainsi que s'accomplit la seconde partie de la prophétie que nous venons de citer : que Japhet habiterait sous les tentes de Sem. (loc. citat.)

Et admirez comment cette prophétie commença à se vérifier en la personne des Mages. L'Évangéliste nous dit d'eux : « Qu'entrant dans la maison, ils trouvèrent Jésus avec Marie sa mère. Or, quelle est cette maison dans laquelle on trouve Jésus et Marie, si ce n'est l'Église ? Aujourd'hui les Mages commencent à entrer dans l'Église ; aujourd'hui donc aussi Japhet commence à entrer dans les tabernacles de Sem.

Et admirez comment cette prophétie commença à se vérifier en la personne des Mages. L'Évangéliste nous dit d'eux : « Qu'entrant dans la maison, ils trouvèrent Jésus avec Marie sa mère. Or, quelle est cette maison dans laquelle on trouve Jésus et Marie, si ce n'est l'Église ? Aujourd'hui les Mages commencent à entrer dans l'Église ; aujourd'hui donc aussi Japhet commence à entrer dans les tabernacles de Sem.
Sur les traces des Mages sont ensuite entrés dans la même maison, dans l'Église, dont la grotte de Bethléem était la figure, les peuples gentils, descendants de Japhet, Rome, l'Italie, l'Europe, nos pères qui nous ont légué l'héritage de la foi. Voilà comment la race de Japhet s'est propagée dans l'ordre spirituel ; voilà comment cette nombreuse descendance est entrée sous les tentes de Sem ; voilà comment, après deux mille ans, la prophétie de Noé s'est littéralement accomplie. Qu'elle est belle et consolante pour nous, cette doctrine ! L'apôtre saint Paul disait aux Éphésiens : « Souvenez-vous qu'étant Gentils d'origine, vous étiez sans Jésus-Christ et sans Marie, entièrement séparés du peuple d'Israël, étrangers aux alliances divines, sans aucune espérance des biens promis pour l'autre vie, et sans Dieu sur cette terre » (Ephes., II, 12).
Le grand saint Augustin, après avoir cité ces paroles de saint Paul, fait la remarque que ces paroles de l'Apôtre prou vent qu'avant la conversion des Gentils, nos pères dans la foi, Japhet n'habitait pas encore sous les tentes de Sem. (Contr. Faust., 12-24). Mais saint Paul termine son admirable instruction par ces paroles : « Aujourd'hui vous n'êtes plus comme des étrangers hors de leur patrie, hors de la maison paternelle ; mais vous êtes des concitoyens de la cité des saints, les habitants de la maison de Dieu, puisque vous avez été établis sur le fondement des apôtres et des prophètes, et même sur la pierre angulaire qui est Jésus-Christ. » (ibid., 19, 20).
« Voilà, dit saint Augustin, selon le témoignage de l'Apôtre, comment s'est accomplie la prophétie de la propagation de la race de Japhet et de son entrée dans la maison de Sem. » (loc. citât.).

Maintenant, rappelons-nous quels sont les personnages qui composent cette famille fortunée. Lorsque les bergers et les Mages y entrèrent, l'évangéliste saint Mathieu nous apprend qu'ils y trouvèrent Jésus avec Marie. (II, 11).
Lorsque, plus tard, les premiers chrétiens y entrèrent, l'évangéliste saint Luc nous apprend qu'elle était composée des apôtres et de Marie, mère de Jésus. (Act. Apost., I, 14). Ainsi, aux deux époques principales de l'Église, on trouve toujours Marie, à laquelle, comme à un centre commun, se réunissent les vrais descendants de Japhet. C'est Marie qui les dirige par ses conseils, qui les enflamme par son zèle, qui les soutient par ses exemples.
Bien plus, Jésus-Christ n'est descendu de Sem, selon la chair, que par Marie, puisque c'est en Marie qu'il a pris sa chair (ibid.), et c'est par Marie que sa généalogie temporelle remonte jusqu'à Adam et jusqu'à Dieu. Ainsi, la maison de Sem est la maison de Marie, puisqu'elle a été fondée par Jésus-Christ son fils. C'est Marie qui est à la tête de cette famille, à cause de la part qu'elle a eue dans sa formation, par l'influence qu'elle y exerce, par les grâces qu'elle y répand, par les hommages qu'elle y reçoit. Ah ! reconnaissons ici combien nous sommes heureux d'être compris dans les membres de cette sainte et auguste famille.

Car, qu'étions nous auparavant ? Saint Paul vient de nous le dire : race sans rédempteur, sans promesses, sans foi, sans espérance, sans Dieu sur cette terre. Quelle misère était donc comparable à la nôtre, et qui pourrait jamais en sonder tout l'abîme ? Qu'est-ce que l'homme, lorsqu'il a perdu Dieu, sans rédempteur divin qui puisse le lui faire recouvrer ? Qu'est-ce que l'homme, lorsqu'il n'a plus aucune promesse pour l'avenir, aucun bien à attendre, lorsqu'il a perdu jusqu'à l'espérance du bonheur éternel ? Cet état déplorable était non-seulement le symbole et la voie de la damnation éternelle ; c'était une damnation anticipée, puisque, dès cette vie, l'homme commençait à éprouver ce profond abattement d'esprit, cet inexprimable vide du cœur que la perte et la haine éternelles de Dieu devaient lui faire éprouver après la mort, et le rendre éternellement malheureux.
Mais depuis que nous sommes entrés dans les tabernacles de Sem, dans l'Église fondée par des fils de Sem, par les apôtres de Jésus-Christ, sous la tutelle de sa sainte Mère, que notre sort s'est changé, comme notre condition s'est ennoblie !
D'aveugles que nous étions, nous avons passé à la lumière admirable du règne de Dieu et de Jésus-Christ son Fils unique ; nous sommes devenus les disciples des prophètes et des apôtres, les dépositaires des saintes Écritures, et toutes les promesses qu'elles contiennent sont devenues le fondement de notre espérance.
D'ennemis de Dieu, nous sommes devenus non-seulement ses amis, ses concitoyens, ses serviteurs, mais encore ses parents, ses égaux, les membres du même corps dont Jésus-Christ est le chef ; tout ce qu'il possède, nous le possédons en commun avec lui ; son héritage est le nôtre ; les promesses qui lui ont été faites s'accomplissent encore sur nous (Ephes., II).
Quel bonheur, quel avantage inestimable de se trouver dans cette maison ! C'est la maison dans laquelle Dieu avait promis, par son prophète, de faire entrer son peuple choisi, le peuple chrétien : maison où la paix du cœur est aussi profonde qu'inaltérable ! où le repos de l'esprit est riche de toute espèce de secours divins ; où la confiance est immense, parce qu'on y vit en société de famille avec tout ce qu'il y a de plus saint et de plus auguste dans l'univers ; parce qu'on y a Dieu même pour père, Jésus-Christ pour frère, les Apôtres et leurs successeurs pour guides, les Anges pour gardiens, les sacrements pour remèdes, et pour mère la Mère de Dieu ! Aussi, c'est au peuple chrétien seul que s'applique cet oracle d'Isaïe : « Mon peuple s'assiéra dans la beauté de la paix, dans les tabernacles de la confiance, dans le sein d'un repos éternel. » (Isaï., XXII).

Mais n'oublions pas que des millions d'âmes, qui ne connaissent point Jésus-Christ, sont privées de ce bonheur, et que leur sort malheureux, que nous avons décrit naguère, serait le nôtre, si la bonté divine n'avait daigné nous choisir pour nous faire entrer dans sa famille, dans l'Église ! Qui pourrait voir, sans être touché de compassion, l'état de tant d'âmes si profondément malheureuses, gémissant dans les ombres de la mort, sans connaissance du vrai Dieu, sans amour pour Jésus-Christ, privées des grâces de la foi, de l'espérance, de l'immortalité, qui ne terminent une vie de crimes que pour rencontrer une mort désespérée et commencer une éternité de tourments ? Qui ne se sentira pas enflammé d'un saint zèle pour coopérer à la multiplication des anges de la paix, des ouvriers évangéliques qui puissent porter l'heureuse nouvelle de la Rédemption à ces pauvres âmes abandonnées à un si cruel destin, les consolations de l'espérance chrétienne et la lumière de la sainte vérité ? Qui pourrait ne pas désirer de contribuer à une œuvre si pieuse et si charitable, par la ferveur de leurs prières, en s'associant à ces chrétiens zélés qui s'efforcent par tous les moyens d'étendre et de propager la vraie foi ?
Ah ! Seigneur ! éveillez ces sentiments de charité vraiment chrétienne, et de zèle pour votre gloire dans les âmes de tous les fidèles, afin que chacun, selon les moyens que votre Providence lui a fournis, puisse coopérer à l'entreprise évangélique de faire participer tant d'âmes qui se perdent aux biens spirituels dont nous jouissons, et dont nous sommes redevables à votre miséricorde ! Étendez les limites de votre Église ; propagez les fidèles descendants de Japhet ; envoyez dans votre vigne de dignes ouvriers, des hommes vertueux,
pleins de zèle pour votre nom, qui aillent sur toute la terre inviter les malheureux qui gémissent loin de vous au festin mystérieux, aux noces divines qu'en ce jour vous avez célébrées avec la gentilité et avec nous ! Faites que tant de nations, qui ne vous connaissent pas, entrent dans le sein de l'Église, habitent avec nous sous les tentes de Sem, tentes sacrées, hors desquelles il n'y a pas de salut ; et qui transmettent au ciel les âmes qui s'y trouvent réunies sur la terre : Dilatet Deus Japhet et habitet in tabernaculis Sem !


PERSÉVÉRANCE

Et ayant été avertis en songe de ne point aller retrouver Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin. (Math, II, 12)


PRIÈRE

Ô saints rois Mages, qui après avoir quitté l'étable de Bethléem, conservâtes toujours le même esprit d'obéissance à la voix de Dieu, et le même zèle pour Jésus-Christ, changeant de route afin de ne pas découvrir au rusé Hérode le lieu de la naissance du Sauveur, et pour vous conformer aux avis que vous receviez à cet effet du ciel : nous vous remercions de ce bel exemple que vous nous donnez de persévérance dans votre foi, que vous avez ensuite prêché dans tous vos pays, et que vous avez enfin confirmé par le martyre. Ah ! obtenez-nous aussi cette constance dans le service de Dieu, afin que nous ne retournions pas aux vieilles habitudes du péché que nous avons abandonné, mais que persévérant jusqu'à la mort dans une vie vraiment chrétienne, nous puissions recevoir la couronne céleste promise à ceux seulement qui auront persévéré jusqu'à la fin dans l'accomplissement des saintes lois de Dieu. Ainsi soit-il.
Pater, Ave, Gloria...

Extrait de L’Épiphanie par le R.P. D. Joachim Ventura.


Reportez-vous à Litanies des Saints Rois-Mages, La conduite réciproque de Ruth et de Noémi figure celle de Marie et de l'Église des Gentils, Méditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Du ministère de Marie dans la vocation des Gentils à la Foi, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation sur l’Épiphanie, Discours aux jeunes époux, du Pape Pie XII, durant l'Octave de l’Épiphanie, le 10 janvier 1940, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 18e Méditation : Voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient parut, allant devant eux, jusqu'à ce qu'elle vint s'arrêter sur le lieu où était l'enfant, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 17e Méditation : À la nouvelle de la naissance du saint Enfant, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 16e Méditation : Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 15e Méditation : Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, Litanies en l'honneur de la divine Naissance du Sauveur, La fête de Noël doit être chère à la France, La Pantoufle dans la cheminée, Les Fêtes de Noël à Paris : l'Offrande et la fête des Lettres, un pieux et antique usage, Les Fêtes de Noël à Paris : en prière devant la Crèche, Les Fêtes de Noël à Paris : au Couvent, Les Fêtes de Noël à Paris : au Petit-Séminaire, La nuit de Noël à Marseille, Extrait d'une description des Fêtes de Noël à Bruxelles : La Crèche en famille, Un épisode des Fêtes de Noël dans les pays du Nord de l'Europe : L'Arbre de Noël, Particularités de la nuit de Noël à Bethléem, La Sainte Grotte, Bethléem, Le Santo Bambino, Les petits Prédicateurs de six et de huit ans, L'Étable de Bethléem dans l’Église de l'Ara-Coeli, L'épée et le chapeau ducal portés à la procession le jour de Noël, Description de la sainte Crèche, Son histoire, Cérémonie de l'Adoration, La Messe de Minuit à Sainte-Marie-Majeure, Les Boutiques de Noël et le Præsepio, Les Pifferari, Regard sur le triple sacrifice du Jour de Noël, Noël, Jour de sainte allégresse, Lumière sur Noël, La crèche, Méditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une Crèche, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 21e Méditation : Cependant Marie ne perdait rien de toutes ces choses et les méditait dans son cœur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation : Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au SeigneurDévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 20e Méditation : Ayant été averti en songe de ne point aller trouver Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 19e Méditation : Se prosternant, ils l'adorèrent ; puis ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe, Méditation sur la Nativité, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 14e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, Litanies du Saint Nom de Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 13e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, nom qui lui avait été donné par l'ange, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 12e Méditation : Après huit jours, le saint Enfant fut circoncis, Instruction sur la Circoncision, Méditation sur la Circoncision, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 11e Méditation : Les bergers revinrent en glorifiant et en louant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 10e Méditation : Les bergers se disaient les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 9e Méditation : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 7e Méditation : Tout à coup l'Ange du Seigneur parut auprès d'eux, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation : Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin enfantement arriva, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 2e Méditation : Je vous annonce un grand sujet de Joie, il vous est né aujourd'hui un Sauveur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 3e Méditation : Marie mit au monde son fils premier-né, et l'enveloppa de langes, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 4e Méditation : Marie, après avoir enveloppé de langes le saint Enfant, le coucha dans la crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 5e Méditation : Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 6e Méditation : Il y avait là aux environs des bergers qui veillaient et se relevaient les uns les autres pendant la nuit, pour la garde de leurs troupeaux, Litanies du Saint Enfant-Jésus, et Dévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et Consécration.













dimanche 25 juin 2017

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon IV : De la Loi de Nature



PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON IV


De la Loi de Nature



Job patient (Seghers)



Noé sortit de l'Arche par l'ordre de Dieu un an après qu'il y fut entré, et en sortant il lui offrit un sacrifice, pour le remercier de l'avoir sauvé avec tant de bonté. Dieu eut agréable le sacrifice de Noé ; il lui promit qu'il n'enverrait plus de déluge sur la terre, et que les saisons reprendraient leur cours ordinaire. Il lui donna sa bénédiction, et à ses enfants pour les faire multiplier, leur soumettre tous les animaux, même il leur permit d'en tuer pour les manger ; mais il défendit expressément de tuer les hommes : Quiconque, dit-il, répandra le sang humain, son sang sera répandu ; car l'homme est fait à l'image de Dieu. Les trois fils de Noé étaient Sem, Cam et Japher, qui repeuplèrent le monde ; ainsi tous les hommes sont frères, et obligés de s'aimer. Mais la nature devint beaucoup plus faible depuis le déluge : au lieu que les hommes vivaient près de mille ans, leur âge se réduisit petit à petit, à cent ou deux cents ans, et ils devinrent encore plus méchants que devant. Il fallut partager les biens et les terres, parce qu'ils ne pouvaient s'accorder à en jouir ensemble ; de là vinrent les pillages, les guerres, les servitudes. Chacun ne cherchait qu'à se donner du plaisir, boire, manger et satisfaire tous ses désirs, sans règle et sans mesure ; et pour les contenter plus librement, mépriser l'autorité des pères et des anciens, et même s'assujettir ses frères et ses égaux, ou par force ou par artifice. Au lieu d'honorer le vrai Dieu, ils adoraient des créatures, soit les hommes les plus puissants, soit les astres ou d'autres choses visibles. Ainsi commença l'idolâtrie. En tout cela ils faisaient contre leur conscience, et contre la lumière de la raison, qui dit à tous les hommes, qu'ils ne doivent rien adorer qui leur soit égal ou moindre qu'eux, mais seulement leur créateur : qu'ils doivent honorer leurs pères et leurs mères, qu'ils doivent garder l'institution du mariage, ne se point nuire les uns aux autres, ni en leur personne, ni en leurs biens, ni en leur réputation : dire toujours la vérité, et modérer leurs désirs. La raison dicte tout cela aux hommes qui la veulent écouter ; et c'est ce qui s'appelle la loi de nature. Il y eut toujours des saints qui l'observèrent, comme Job, Melchisedech, et quelques autres marqués dans l'Écriture, sans ceux que nous ne connaissons pas. Job était un prince fort riche et fort vertueux ; Dieu permit que le démon lui ôte tous ses biens, ses enfants, sa santé, et le réduisit à la dernière misère, pour donner un grand exemple de patience.





Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des dix Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XL : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Leçon XLII : De la descente du Saint-Esprit, Leçon XLIII : De l’Église de Jérusalem, Leçon XLIV : De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.

















vendredi 23 juin 2017

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge



PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON III


De la corruption du Genre humain et du déluge




Construction de l'Arche de Noé (Gustave Doré)



Adam n'eut des enfants qu'après son péché, et sa femme, ayant péché comme lui, leurs enfants naquirent dans la corruption, sujets aux mêmes misères, et chargés du péché qu'ils tiraient de leur origine. Il a passé à tous leurs descendants ; tous les hommes naissent tachés de ce péché, que nous appelons originel, et qui les rend ennemis de Dieu, incapables de faire aucun bien, et dignes de l'enfer. Les premiers enfants d'Adam et Ève furent Caïn et Abel. Caïn tua son frère par envie. Dieu lui reprocha son crime, disant que le sang de son frère criait vengeance contre lui, et il se jugea lui-même digne de mort ; mais Dieu défendit de le tuer pour ne pas multiplier les meurtres. Les descendants de Caïn furent méchants ; mais Adam eut un fils nommé Seth, dont les enfants conservèrent la piété et la connaissance de Dieu. Cette race, s'étant mêlée avec l'autre par des alliances criminelles, se corrompit comme elle. Tous les hommes s'écartèrent du chemin de la raison ; et leur malice fut si grande que Dieu résolut de les faire tous périr, comme s'il se fut repenti de les avoir créés. Il n'y eut que Noé, descendu de Seth, qui trouva grâce devant Dieu. Dieu l'avertit du dessein qu'il avait de purger toute la terre par un déluge universel, et lui commanda de bâtir une Arche ; c'est-à-dire, un Vaisseau carré et couvert, de la forme d'un grand coffre, capable de contenir un couple de chaque espèce de bêtes et d'oiseaux, et de quoi les nourrir durant une année. Pendant que Noé bâtissait l'Arche, il exhortait les hommes à faire pénitence, et les menaçait du déluge, ce qui dura plus de cent ans, mais ils ne voulurent point le croire. Le temps étant venu, Dieu fit entrer Noé dans l'Arche avec sa femme, ses trois fils et leurs femmes, toutes sortes d'animaux terrestres et d'oiseaux ; puis il ouvrit les réservoirs du Ciel, et fit tomber une pluie épouvantable pendant quarante jours et quarante nuits : il fit aussi déborder les abîmes de la mer, en sorte que la terre fut inondée, et que l'eau surpassa de vingt pieds les plus hautes montagnes. Tous les hommes et tous les animaux furent noyés ; il n'y eut que Noé et sa famille de sauvés : c'est-à-dire, huit personnes seulement. l'Arche était une figure de l'Église, où se sauve un petit nombre d'élus, tandis que tous les autres hommes périssent dans leurs péchés.








Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des dix Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XL : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Leçon XLII : De la descente du Saint-Esprit, Leçon XLIII : De l’Église de Jérusalem, Leçon XLIV : De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.

Reportez-vous aussi à Méditation sur la grièveté du Péché.











samedi 18 février 2017

PETIT CATÉCHISME HISTORIQUE, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Leçon III : Du déluge et de la Loi de Nature



PETIT CATÉCHISME HISTORIQUE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte



LEÇON III


Du déluge et de la Loi de Nature




Le déluge (Gustave Doré)




Les premiers enfants d'Adam et d'Ève furent Caïn et Abel. Caïn tua son frère par envie de sa vertu ; et les descendants de Caïn furent méchants : Adam eut un autre fils nommé Seth, dont les enfants conservèrent la crainte de Dieu, mais ils s'allièrent avec les méchants, et se corrompirent ; de sorte que tous les hommes étant adonnés au mal, Dieu résolut de les faire périr par un déluge universel. Il n'y eut que Noé, descendu de Seth, qui trouva grâce devant Dieu. Dieu l'avertit de Son dessein, et lui commanda de bâtir une Arche : c'est-à-dire, un vaisseau carré et couvert en forme de Coffre, assez grand pour contenir une couple de chaque espèce de bêtes et d'oiseaux. Quand il y fut entré, Dieu fit tomber pendant quarante jours et quarante nuits une pluie épouvantable, accompagnée de débordements de la mer ; en sorte que toute la terre fut couverte d'eau.  Tous les hommes et tous les animaux furent noyés ; il n'y eut que huit personnes de sauvées, Noé, sa femme, ses trois fils et leurs femmes, et les animaux qui étaient dans l'Arche. Après le déluge le monde fut repeuplé par les trois enfants de Noé, Sem, Cham et Japhet : ainsi nous sommes tous frères. Mais les hommes devinrent bientôt plus méchants qu'auparavant ; au lieu d'adorer Dieu, la plupart adoraient le soleil, la lune ou d'autres créatures : ils n'honoraient point leurs pères, ils étaient impudiques, ils se tuaient, se volaient et se calomniaient les uns les autres, ne disaient point la vérité, et suivaient leurs désirs déréglés. En tout cela ils faisaient contre leur raison et leur conscience qui est la Loi de Nature.



Demande.
Qui fut le premier meurtrier dans le monde ?
Réponse.
Caïn qui tua son frère Abel.

Demande.
Pourquoi le tua-t-il ?
Réponse.
Par envie de sa vertu.

Demande.
Tous les hommes furent-ils méchants comme lui ?
Réponse.
La plupart le furent.

Demande.
Ne resta-t-il pas un homme agréable à Dieu ?
Réponse.
Il ne resta que Noé.

Demande.
Que fit Dieu pour punir les hommes ?
Réponse.
Il envoya le déluge.

Demande.
Qu'est-ce que ce déluge ?
Réponse.
Une grande inondation qui couvrit toute la terre.

Demande.
Que devinrent les hommes ?
Réponse.
Ils furent tous noyés.

Demande.
Et les bêtes ?
Réponse.
Elles furent aussi noyées.

Demande.
Que devint Noé ?
Réponse.
Dieu le conserva dans l'Arche.

Demande.
Qu'était-ce que l'Arche de Noé ?
Réponse.
Un grand vaisseau carré et couvert en forme de Coffre.

Demande.
S'y sauva-t-il seul ?
Réponse.
Oui, avec sa famille.

Demande.
Et quoi encore ?
Réponse.
Une couple de bêtes et d'oiseaux de toutes sortes.

Demande.
Tous les hommes sont-ils nos frères ?
Réponse.
Oui, parce que nous venons tous d'Adam et de Noé.

Demande.
Qu'est-ce que la Loi de Nature ?
Réponse.
C'est la raison et la conscience.

Demande.
Que nous enseigne-t-elle à l'égard de Dieu ?
Réponse.
Qu'il ne faut adorer que Lui.

Demande.
Et à l'égard des hommes ?
Réponse.
De ne faire à personne ce que nous ne voudrions pas que l'on nous fît.

Demande.
Et à l'égard de nous-mêmes ?
Réponse.
De modérer nos passions et nos désirs.






Reportez-vous à Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché du premier Homme, Leçon IV : D'Abraham et des autres Patriarches, Leçon V : De la servitude d’Égypte et de la Pâque, Leçon VI : Du voyage dans le désert et de la Loi écrite, Leçon VII : De l'Alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon VIII : De l'Idolâtrie, Leçon IX : De David et du Messie, Leçon X : Du Schisme de Samarie, Leçon XI : Des Prophètes, Leçon XII : De la Captivité de Babylone, Leçon XIII : De l'état des Juifs après la captivité, Leçon XIV : Des Juifs spirituels et des Juifs charnels, Leçon XV : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XVI :  De Saint Jean-Baptiste, Leçon XVII : De la vocation des Apôtres, Leçon XVIII : Prédication de Jésus-Christ, Leçon XIX : Des ennemis de Jésus, Leçon XX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XXI : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XXII : De la Résurrection de Jésus-Christ, Leçon XXIII : De la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, Leçon XXIV : De la vocation des Gentils, Leçon XXV : De la fondation des Églises, Leçon XXVI : De la Tradition et de l’Écriture, Leçon XXVII : De la ruine de Jérusalem, Leçon XXVIII : Des persécutions, Leçon XXIX : De la liberté de l’Église, et des Moines.

Reportez-vous également à Méditation sur l'observation des Lois de Dieu, Méditation sur la crainte de Dieu.


Voir aussi Évolution : science ou croyance ? et L'Arche de Noé et le Déluge : les preuves historiques et scientifiques.













samedi 26 novembre 2016

Méditation : Quelles sont les âmes qui vont en Purgatoire







Méditation pour le 26 novembre


Quelles sont les âmes qui vont en Purgatoire



    L'on entend souvent des chrétiens, peu fervents et n'ayant nulle idée du bonheur du ciel, dire fort sérieusement : Qu'il craignent bien l'enfer, mais que, quant au purgatoire, ils ne pensent pas à l'éviter : ils sont tout décidés à y faire quelque séjour, parce que, ajoutent-ils avec une humilité feinte, ils ne sont pas assez saints et n'ont pas envie de se donner la peine de le devenir, pour entrer tout de suite après leur mort dans le séjour de la gloire. Tous les auteurs sont d'avis qu'un pareil langage doit faire trembler sur la destinée de ceux qui le tiennent : il prouve tout au moins une indifférence bien coupable, et l'ignorance la plus impardonnable de la sainteté de Dieu et de sa haine souveraine pour le péché. Réfléchissons aujourd'hui sur la vie qu'ont menée sur la terre les âmes qui vont en purgatoire, et nous reconnaîtrons que de semblables dispositions ne sont guère propres à introduire ces chrétiens indifférents dans ce lieu d'expiation.
    D'abord, nous savons tous que le nombre de ceux qui se sauvent est petit : Il y a beaucoup d'appelés, dit le Sauveur, et peu d'élus. C'est une vérité que l'Écriture nous marque expressément, et qu'elle nous rend sensible par des figures et des comparaisons. Il n'y eut que très peu de personnes, dit l'Apôtre, c'est-à-dire huit, qui se sauvèrent dans l'arche. La seule famille de Loth fut préservée des flammes qui détruisirent cinq grandes villes. De la prodigieuse multitude d'Israélites qui sortirent d'Égypte pour la terre de promission, il n'y eut que Josué et Caleb qui y entrèrent. L'Écriture compare le nombre des élus à ce peu d'olives qui restent sur l'arbre après qu'on l'a secoué, à ce peu de grappes qui restent sur la vigne après la vendange, à ce peu d'épis qui échappent au moissonneur. C'est ce chemin rude et étroit où très peu de gens s'engagent, et où cependant il faut s'engager, même pour parvenir en purgatoire ; c'est cette petite porte par où il n'y a que très peu de personnes qui puissent entrer ; c'est cette ville située sur la montagne, où peu ont le courage de monter. Si les âmes qui vont en purgatoire n'ont pas fait les derniers efforts pour gravir cette montagne, ce sentier escarpé qui conduit au ciel, du moins elles ne l'ont point fui ; et, si elles s'en étaient écartées, elles y sont rentrées et ont fait des efforts pour ne plus le quitter, et sur monter les obstacles qu'elles y rencontraient. Or, est-ce là la conduite des chrétiens lâches et indifférents ? Et peuvent-ils espérer avec quelque fondement partager le sort de ces âmes et être comptés au nombre des élus ? Qu'ils raisonnent un instant et ils comprendront leur erreur et le danger de leur indifférence. En effet, pour se sauver il faut croire l'Évangile, se régler sur ses maximes, suivre Jésus-Christ, conformer sa vie à la sienne, imiter ses exemples ; sans cela point de salut, c'est un article de foi : or est-ce là ce que font ces chrétiens ? — Pour se sauver il faut se renoncer soi-même, porter sa croix, se faire violence, haïr son âme, c'est-à-dire mortifier ses sens, ses passions, ses inclinations naturelles et sensuelles ; y pensent-ils ces gens qui crient bien haut qu'ils ne veulent pas être des Saints ? Ne font-ils pas le contraire ? De sorte qu'une règle sure pour connaître ce que l'Évangile nous enseigne et ce que nous devons pratiquer, c'est de faire le contraire de ce que font la plupart des chrétiens, et en particulier ceux dont nous parlons ; et n'est-ce pas une règle sûre pour juger qu'il y en aura peu de sauvés, c'est-à-dire qui iront en purgatoire ? Il n'y a que deux routes pour aller à Dieu, pour être sauvé. Ces deux routes sont l'innocence et la pénitence. Dès qu'on est sorti de la première, c'est sans espérance d'y pouvoir rentrer ; il ne reste que la seconde, qui nous est toujours ouverte ; ressource unique pour la plupart des hommes. Or les chrétiens qui ne veulent pas suivre cette dernière route ; qui, sentant la nécessité de faire pénitence de leurs péchés, ne veulent pas se gêner en cette vie, et laissent à satisfaire à la justice divine dans les flammes expiatrices ; ces chrétiens sont-ils des disciples de Jésus-Christ ? Suivent-ils la voie qu'ont suivie les âmes du purgatoire ? Celles-ci, touchées de l'offense faite à Dieu par leurs fautes, se sont converties à lui de tout leur cœur, et ont évité le péché et toute attache au péché avec le plus grand soin ; et, si elles ne sont pas entrées immédiatement après la mort dans le ciel, c'est qu'elles n'avaient pas encore entièrement satisfait à la justice divine, ou qu'enfin, malgré leur vigilance continuelle, elles ont offensé le Très-Haut, mais plutôt par fragilité que par malice. En un mot, c'a été sur la terre de saintes âmes, occupées toute leur vie, ou du moins depuis leur conversion, à plaire en tout à leur Créateur, travaillant à imiter leur Sauveur. C'étaient des âmes fidèles, suivant la voie de la justice et de la sainteté, auxquelles on n'a pu reprocher que ce qu'il est bien difficile à l'homme d'éviter ; exemptes de tout ce qui fait les grands vices, il ne leur a manqué que peu de ce qui fait les grandes vertus. Leurs péchés ont été des péchés de faiblesse plus que de volonté ; ou, si ce furent des péchés griefs, ils ne sont point descendus dans le tombeau avec le pécheur ; ils ont été détestés, ils ont été pleurés, ils ont été lavés dans le sang de Jésus-Christ. Par conséquent, dans le purgatoire, ce sont des âmes qui n'ont plus de péchés, sur lesquelles il ne demeure que la trace, que l'ombre du péché. Ces pénitents du purgatoire, ce sont des justes qui se sont endormis du sommeil de paix ; ce sont des justes dont la grâce et la charité ont formé les derniers soupirs ; ce sont des âmes que Dieu aimait et dont il était aimé, lorsqu'encore sur la terre, elles faisaient de grands efforts pour obtenir le pardon de leurs fautes, et pour ne plus l'offenser.
    Maintenant, chrétien lâche, vous, qui vous flattez d'aller en purgatoire, si nous tracions votre portrait, nous fournirait-il quelque trait de ressemblance avec celui de ces saintes âmes ? Vous voulez vous dispenser de faire le moindre effort pour parvenir à ce degré de justice et de sainteté, et cependant jouir de leur sort qui, quoiqu'extrêmement douloureux, doit toutefois avoir pour terme le ciel et ses délices ! Sur quoi donc fondez-vous votre espoir ? vous ne pouvez, dites-vous, éviter le purgatoire, parce que vous ne voulez pas être un saint ? Mais n'est-ce pas pour devenir un saint, n'est-ce pas pour tendre à la sainteté que vous existez ? N'est-ce pas pour connaître, aimer et servir Dieu, et parvenir au ciel que vous avez été créé ?
Jésus-Christ ne vous dit-il pas, à vous comme à tous ses disciples : Soyez parfaits, de même que votre Père céleste est parfait ?
Et vous osez proclamer, sans trembler pour votre salut, que vous ne voulez pas être un saint? Et vous vous flattez en même temps que vous irez en purgatoire ?
Illusion, illusion, lâche chrétien ! le purgatoire n'est point pour vous ; ce séjour des âmes chéries de Dieu, des âmes pénitentes, ne sera jamais votre séjour ; mais l'enfer, oui l'enfer, s'ouvrira seul pour les contempteurs de la sainteté ; pour ceux qui méprisent la perfection recommandée par Jésus-Christ à ses disciples ; pour ceux qui abusent des grâces et de la miséricorde d'un Dieu infiniment bon ; pour ceux enfin qui bravent sa justice et qui négligent, pour ainsi dire de propos délibéré, de l'apaiser pendant le cours de la vie, examinez si telle n'est pas votre conduite, vous qui vous vantez niaisement de vouloir vous contenter du purgatoire. Si vous êtes prudent, si vous voulez assurer votre salut, ne bornez pas ainsi vos vues ; rappelez-vous la fin pour laquelle vous avez été créé ; travaillez à parvenir au ciel, trop heureux si votre lâcheté et votre tiédeur vous donnent entrée dans le lieu d'expiation. Enfin, méditez attentivement ces paroles des Livres saints : Je vous ai appelés pendant la vie, et vous n'avez pas voulu venir ; je rirai et je me moquerai aussi de vous à votre mort. (Prov.) Répondez dès maintenant à la voix de Dieu qui vous appelle, et imitez les âmes qui n'ont mérité d'aller en purgatoire que par une vigilance soutenue et des efforts continuels.


CONSIDÉRATION

Si la mort me frappait aujourd'hui, dans l'état de tiédeur où peut-être je languis depuis si longtemps, quel serait mon sort ? Pourrais-je me flatter d'être admis en purgatoire ?... Ô mon âme ! médite, tremble et change une bonne foi de vie, puisque tu sais que le purgatoire même s'ouvre difficilement pour les chrétiens tièdes et lâches.


PRIÈRE

Ô Dieu bon et magnifique en sainteté ! Mon cœur est l'ouvrage de vos mains ; il est le prix de votre sang : les vœux et les soupirs qu'il vous adresse en ce moment au pied de votre croix sont l'effet de votre grâce ; qu'est-ce qui l'empêche, ô mon Sauveur ! Qu'il ne soit rempli de votre saint amour ? Je vous l'offre et vous le consacre dès cet instant ; préparez-le vous-même pour en faire une hostie digne d'être consumée à votre gloire par le feu de la charité. Ôtez-en tout ce qui vous déplaît ; lavez-le des taches du péché ; purifiez-le de toute affection terrestre ; rendez-le saint et agréable à vos yeux, afin qu'il ne vive plus pour lui-même, mais pour vous et de vous qui régnez dans la gloire de votre Père, à jamais. Ainsi soit-il.



Indulgence applicable aux morts


Indulgence de cent jours lorsqu'on récite, avec un cœur contrit, les oraisons jaculatoires suivantes, en l'honneur du saint Sacrement.
« Je vous adore dans tous les instants, ô pain vivant du ciel, sacrement admirable ! »
« Bénissez mon âme, ô Jésus ! l'unique objet de l'amour de Marie ! »
« À vous seul je donne mon cœur, divin Jésus, mon Sauveur ! »
« Que le très saint et très divin Sacrement soit connu, adoré et remercié par tous les hommes et dans tous les moments ! » (Rescrits du 21 janvier 1815 et du 13 août 1828)


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Pratique : Demandez souvent à Notre Seigneur Jésus-Christ d'éclairer votre intelligence et de vous faire la grâce d'une parfaite contrition de vos péchés.





Reportez-vous à Enseignement de l’Église sur le Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du PurgatoireUne âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, Cession de nos bonnes œuvres en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (1/4), Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (2/4), Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (3/4), Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (4/4), La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, Méditation pour le Jour des Morts, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, La voie qui conduit au Ciel est étroite, Les différents moyens de soulager les morts, Litanies de la bonne mort, Être en état de grâce afin que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, La pensée du purgatoire porte notre cœur à la pratique des vertus chrétiennes, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Défendre le Cimetière, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Les âmes du Purgatoire ont besoin de nos prières, Les indulgences pour les fidèles défunts, Languentibus in Purgatorio, prose à la Sainte Vierge Marie pour les défunts, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, Méditation sur l'éternité des peines de l'Enfer, Méditation pour le jeudi de la deuxième semaine de Carême, Les œuvres de miséricorde et Litanie pour les âmes du Purgatoire.