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samedi 1 août 2020

Marthe et Marie


Rien n'est plus digne d'attention que ce que l'Évangile nous apprend touchant les deux sœurs Marthe et Marie. Il est certain que Marthe représente la vie active, c'est-à-dire la vie où, par ses propres efforts, par son propre travail, on s'empresse de témoigner à Dieu son amour ; et que Marie est l'image de la vie contemplative, où l'on s'étudie à se tenir en repos, pour donner lieu en nous à l'action de Dieu, et où l'on n'opère que par le mouvement et sous la direction de Dieu.
Les deux sœurs reçoivent Jésus-Christ dans leur maison, toutes deux l'aiment, toutes deux veulent lui marquer leur amour ; mais elles s'y prennent d'une manière bien différente. Marthe ne pense qu'à exercer la charité envers le Sauveur et à lui préparer un repas. Son soin est digne de louange, mais elle y met beaucoup d'activité, beaucoup d'empressement : elle s'agite, elle s'inquiète ; elle apprête différents mets, tandis qu'un seul eût suffit. Marie, de son côté, ne se donne aucun mouvement pour bien traiter Jésus-Christ ; mais elle s'assoit à ses pieds pour être nourrie de sa parole. L'occupation de la première est toute extérieure, toute en action ; celle de la seconde et toute intérieure, toute en silence et en repos. L'une veut donner au Sauveur, l'autre veut recevoir de lui ; l'une lui présente de grand cœur tout ce qu'elle a, l'autre se donne elle-même.
Marthe, persuadée qu'elle fait plus pour Jésus-Christ que sa sœur, et que celle-ci devrait quitter les pieds du Sauveur pour venir à son aide, se plaint à lui de ce qu'elle la laisse servir seule, et le prie de lui dire de l'aider. Elle croyait que Marie était oisive, et que son repos et son silence n'avaient rien qui dût plaire à Jésus-Christ.
Mais que lui répond-il ? Marthe, Marthe ! vous êtes inquiète et vous vous empressez pour beaucoup de choses ; cependant une seule est nécessaire, Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée.
Pesons cette réponse : l'instruction qu'elle renferme est bien propre à modérer l'activité et à réduire la multiplicité, qui sont les deux grands défauts de la dévotion. Il était dans l'ordre que les hôtesses de Jésus-Christ lui préparassent à manger, mais il ne lui fallait qu'un repas frugal. Un seul mets suffisait aux besoins de la nature, et Marthe croirait manquer au Sauveur si elle ne lui apprêtait un grand nombre de mets. Voilà le défaut de la multiplicité. Il fallait apprêter ce repas frugal paisiblement, et sans perdre le repos intérieur ; et Marthe s'empresse, s'agite, se trouble. Voilà le défaut de l'activité. Marthe préférait son occupation à celle de sa sœur. Jésus-Christ la redresse encore là-dessus, et lui apprend que le choix de Marie est le meilleur. Il lui apprend encore que les œuvres extérieures, les œuvres de charité, quoique bonnes en elles-mêmes, quoique commandées, ne sont que pour la vie présente, et cesseront avec celle-ci ; au lieu que le repos de la contemplation ne passera jamais, et qu'après avoir commencé sur la terre, il continuera avec plus de perfection dans l'éternité.
Dans une autre occasion, lorsque Jésus-Christ vint pour ressusciter Lazare, Marthe, instruite de sa venue, et toujours active, court à sa rencontre. Marie reste au logis, elle attend, pour en sortir, que sa sœur lui dise que le Maître l'appelle. Marthe agit de son propre mouvement ; Marie attend pour agir que Jésus-Christ la mette en mouvement.
Tirons de tout ceci des règles sûres pour diriger notre jugement et notre conduite en matière de dévotion.
1° Les bonnes œuvres, eussent-elles pour objet Jésus-Christ lui-même, et une chose aussi nécessaire que la nourriture, sont en elles-mêmes d'une moindre valeur que l'oraison et le repos de la contemplation. Par conséquent il faut en général préférer l'oraison à l'action, et y donner beaucoup plus de temps. Par l'oraison j'entends ici tous les exercices de piété dont l'âme est l'objet immédiat.
2° Quand les œuvres extérieures qui regardent le prochain ne sont pas de nécessité absolue, il ne faut pas tellement les multiplier qu'elles prennent sur nos prières et sur nos exercices intérieurs. On a beau alléguer le zèle et la charité : le zèle doit être réglé, et la charité doit commencer par nous-mêmes.
3° Lors même que les œuvres extérieures sont indispensables, et que la volonté de Dieu y est expresse, il faut tâcher de s'en acquitter sans sortir du repos intérieur ; en sorte que, dans l'action, l'âme continue d'être unie à Dieu, et qu'elle ne perde point un certain recueillement qui doit l'accompagner partout. Comme cela est d'une pratique assez difficile, et n'est propre qu'aux âmes avancées, tous les maîtres de la vie spirituelle recommandent aux commençants de donner le moins qu'ils pourront à l'action, et de s'appliquer davantage à l'oraison. Un temps viendra où l'oraison leur étant devenue, pour ainsi dire, naturelle, ils pourront, si Dieu le juge à propos, agir beaucoup au-dehors, sans perdre le repos du dedans.
4° Par rapport même aux exercices intérieurs, l'activité qui a sa source dans l'amour-propre est toujours mauvaise, et l'on ne saurait trop la réprimer, pour se laisser dominer par la grâce. Que faisait Marie ? Elle était assise ; son corps était dans une situation fixe et tranquille ; elle était en silence. Jésus-Christ parlait ; elle l'écoutait de toute l'attention de son cœur. Il n'est pas dit qu'elle parlât à Jésus-Christ, ni qu'elle l'interrompît ; elle se tenait devant lui comme un disciple devant son maître ; elle recevait ses leçons, et les laissait pénétrer doucement dans son âme. Voilà le modèle de la parfaite oraison, où l'âme ne cherche point à s'exhaler en réflexions et en sentiments, mais où elle écoute celui qui l'instruit sans aucun bruit de paroles. Quand Dieu nous a fait la grâce de nous appeler à ce genre d'oraison, il n'en faut jamais sortir pour quelque prétexte que ce soit, de distraction, de sécheresse, d'ennui, de tentation. Mais il y faut persévérer ; il faut dévorer toutes les peines qui s'y rencontrent, et être persuadé qu'on fait beaucoup, qu'on fait tout ce que Dieu veut que nous fassions, lors même qu'on croit ne rien faire et perdre le temps. Il faut un grand courage, et prendre beaucoup sur soi-même, pour marcher constamment dans le désert d'une oraison nue, obscure, vide de pensées et d'affections. Aussi c'est cette oraison qui avance le plus notre mort à nous-mêmes, et notre vie en Dieu.
5° L'activité engendre la multiplicité, et le repos conduit à l'unité, à cette unité dont Jésus-Christ relève la nécessité. L'activité accumule les pratiques ; elle embrasse tous les genres de dévotion. Elle passe sans cesse d'un acte à un autre ; elle s'agite, se tourmente, et ne croit jamais avoir assez fait. Le repos nous concentre en Dieu, et nous fixe à une seule chose : à l'écouter dans l'oraison ; et, hors de l'oraison, à accomplir sa volonté dans le moment présent, sans s'inquiéter du passé ni de l'avenir. En sorte que l'âme n'a jamais qu'un seul objet, et qu'elle ne se livre jamais aux choses extérieures, moins occupée de son action que de la volonté de Dieu, qui est son motif et sa fin.
6° Elle apprend ainsi à ne point séparer l'occupation de Marie de celle de Marthe, et à les subordonner de manière que l'une ne nuise point à l'autre. Elle ne néglige aucun des devoirs de son état, même ceux de bienséance ; mais elle met à la tête de tous ses devoirs l'union inséparable avec Dieu, la dépendance continuelle de la grâce. Elle rend au prochain tous les services qui dépendent d'elle, mais elle ne s'y porte pas d'elle-même : elle attend que la Providence lui en présente l'occasion. Elle parle, elle agit en paix sous la direction de la grâce, et elle n'aspire qu'à se trouver seule avec Dieu.
7° Enfin, même dans les meilleures choses, dans celles qui intéressent le plus la gloire de Dieu, elle ne s'ingère jamais en rien ; elle ne fait pas même un pas vers Dieu, si Dieu lui-même ne l'appelle. Elle reste où elle est, comme dit saint François de Sales, parce que son état présent est celui où Dieu la veut, et qu'elle n'en doit sortir que par son ordre.
Que la dévotion serait belle, qu'elle serait glorieuse à Dieu, utile à l'âme, édifiante pour le prochain, respectée du monde même le plus corrompu, si elle se conduisait selon ces règles ! Mais, par malheur, on veut se gouverner soi-même, on se cherche soi-même dans sa dévotion, et c'est ce qui la rend sujette à tant de défauts et de travers.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à Sur les paroles du Psaume LXXXll : Je suis devenu, en votre présence, comme une bête de somme, et je suis toujours avec vousDe la pureté d'intention, Le prix d'une âme, De la Providence de Dieu sur ses enfants, De la générosité, De l'anéantissement, Du moi humain, Conduite à tenir à l'égard des tentations, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Des tentations, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
















lundi 29 juillet 2019

Les Neuf Mardis de Sainte Marthe


Sainte Marthe triomphant de la Tarasque



Cette dévotion consiste en une prière à Sainte Marthe à dire neuf mardis de suite, avec un cierge bénit allumé. Elle est si efficace qu'avant les neuf mardis, on obtient souvent ce que l'on avait désiré.


Ô admirable Sainte Marthe ! j'ai recours à vous et je compte entièrement sur votre aide dans mes épreuves. Comme remerciement, je vous promets de propager partout cette prière. Consolez-moi dans mes soucis et difficultés, je vous en prie humblement. Par l'immense joie qui a rempli votre âme lorsque vous receviez le Sauveur du monde dans votre demeure de Béthanie, je vous prie d'intercéder pour moi et ma famille, afin que nous gardions Dieu dans notre cœur et qu'ainsi nous méritions d'obtenir le remède à nos nécessités, spécialement dans la situation actuelle qui m'accable (Faire ici sa demande).
Je vous en supplie, auxiliatrice dans tous les besoins, aidez-nous à surmonter les difficultés, vous qui avez si victorieusement combattu le démon. Ainsi soit-il.

Pater, Ave, Gloria Patri...


ORAISON


Ô bonne sainte Marthe, vous que nous vénérons comme témoin de la Foi et hôtesse du Seigneur, vous qui avez souvent reçu le Christ dans votre maison de Béthanie, vous qui avez vu, touché et servi le Verbe de Vie, vous qui avez cru que Jésus est le Messie, Celui qui vient dans le monde, je vous confie mes intentions dans cette neuvaine.
Portez au Seigneur ma supplication, et par la puissante intercession de votre prière, rendez-moi fidèle à Son enseignement, que le Saint-Esprit rende nos cœurs ardents à Lui offrir sans cesse le séjour de l’amitié et de la confiance.


Sainte Marthe, priez pour nous (3 fois).


Au nom du Père , et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.




Reportez-vous à Marthe et Marie, et Les Sept Dimanches à Saint Joseph.














jeudi 15 novembre 2018

Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme



Extrait de "Le Cimetière au XIXe siècle" de Mgr Gaume :





VINGTIÈME LETTRE


Le dogme de l'immortalité de l’âme, chez les Juifs anciens et chez les Juifs modernes. — Chez les Indiens. — Chez les Chinois. — Chez les Perses. — En Afrique. — Dans l'Amérique du Nord. — Dans l'Amérique Méridionale. — Trait d’histoire. — Conclusion.



Cher ami,

L’existence de l’âme, son immortalité, la fraternité permanente des vivants et des morts, l’efficacité de nos prières pour les habitants de l'autre monde, si éloquemment prêchées par le cimetière, ne sont pas seulement des dogmes de la foi chrétienne, elles font partie du symbole immortel de tout le genre humain.
Si, dans l’antiquité, on excepte quelques grossiers épicuriens, Epicuri de grege porci, précurseurs des modernes solidaires, tous les peuples ont cru à ces vérités fondamentales. Pour en recueillir la preuve, nous allons faire, à vol d’oiseau, le tour du monde.
Transportons-nous, d’abord, en Palestine, antique séjour du peuple juif ; puis, nous suivrons ce peuple cosmopolite sur les différents points du globe, où le châtiment divin l’a dispersé.
Dans vingt endroits différents, l’Ancien Testament enseigne l’immortalité de l’âme, lorsqu’il dit que les âmes des mourants vont se réunir à leurs pères. Elles survivent donc au corps (Tu autem ibis ad Patres tuos in pace, sepultus in senectute bona. Gen., xv, 15). Crainte de longueur, je me contente de t’indiquer les passages dans lesquelles l’Écriture Sainte, depuis le premier livre jusqu’au dernier, contient les témoignages de la foi du peuple juif à ce dogme fondamental (Gen., XXXVII, 35 ; XXV, 28 ; XXXV, 29 ; Numer., LX, 26 ; Deuter., XXXII, 50 ; Jad., XI, 10 ; 4 Reg., XXII, 20; 2 Paralip., XXXIV, 28 ; Sapient., III, 1 ; Is., XXVI, 19 ; I Mach., XIV, 30 ; II id., VII, 9 ; XIV, 23).
La même foi est exprimée par le mot hébreu schéol, qui signifie le lieu où se réunissent les âmes des défunts. Tu sais que jamais le Pentateuque n’emploie ce mot dans le sens de tombeau. Ainsi, dans la Genèse, Jacob apprenant la mort de Joseph, dit : Je pleurerai toujours jusqu’à ce que je descende avec mon fils dans le schéol. Il est évident qu’il ne voulait pas dire dans le tombeau, attendu que Jacob croyait que son fils avait été dévoré ; par conséquent, il ne pouvait pas penser qu'on le mettrait avec son fils dans le même tombeau (Descendam ad filium meum lugens in infernum. Gen., XXVII, 35).
Ce dogme qu'il a révélé aux pères du genre humain, Dieu prend soin de le confirmer d’âge en âge à leurs enfants. C’est ainsi que, parlant à Moyse, il s’appelle le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob (Ego sum Deus Patris tui, Deus Abraham, Deus Isaac et Deus Jacob. Exod., III, 6 ; id., IV, 5, etc.). Dieu s'appelle le Dieu de ces patriarches longtemps après leur mort.
Or, Dieu n’est pas le Dieu du néant ; il est le Dieu de ce qui est, par conséquent de ce qui vit. Les patriarches dont Dieu se fait gloire d’être le Dieu n’étaient donc pas morts. Leur Dieu pendant qu’ils étaient pèlerins sur la terre, il continue de l’être, après qu’il ont franchi les frontières de la terre d’exil pour entrer dans l’éternelle patrie.
Tel est le sens dans lequel les Juifs, du temps même de Notre-Seigneur, entendaient ces divines paroles. L’un demande au Sauveur ce qu’il faut faire pour obtenir la vie éternelle, c’est-à-dire la bienheureuse immortalité de l’âme. Marthe dit au divin Maître qu’elle sait que son frère Lazare ressuscitera au dernier jour. Elle croyait donc que son frère n’était pas anéanti.
Cependant les Sadducéens, secte d’Épicuriens, nés chez les Juifs du contact avec les Grecs, se permettaient de nier l’immortalité de l’âme. Tu sais avec quelle autorité, le fils de Dieu leur ferma la bouche et les confondit en présence de la multitude, qui en fut enchantée. « Vous vous trompez, leur dit-il, vous ne connaissez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu. Vous n’avez pas lu ce que Dieu vous a dit : Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Or, Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants (Matth., XXII, 29, 32). »
La réponse du divin Maître est une réfutation péremptoire, un argument qu’on appelle en philosophie ad hominem, parce qu’il va droit au but et bat l’adversaire avec ses propres armes. De là vinrent les applaudissements de la foule : un mot d’explication te le fera comprendre.
Pour réfuter les Sadducéens, Notre-Seigneur choisit ses paroles dans le Pentateuque, uniquement dans le Pentateuque : Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Pourquoi laisse-t-il de côté les témoignages des autres Écritures ? parce que les Sadducéens ne reconnaissaient que le Pentateuque ; que les livres de Moïse jouissaient de la plus grande autorité, et que les trois grands Patriarches étaient chez les juifs en telle vénération, que personne n’aurait osé dire qu’ils étaient morts, c’est-à-dire anéantis ; qu’ils ne vivaient pas dans le sein de Dieu et ne veillaient pas sur leur postérité (Cor. a Lap. In hunc loc.).
Dans sa dispersion, Israël emporta le dogme de l’immortalité de l’âme qui avait fait la base de sa croyance, pendant son séjour dans la terre de ses Pères. Sais-tu, mon cher Frédéric, comment les Juifs modernes appellent le cimetière ? ils l’appellent la maison des vivants. Le mort déposé dans le sépulcre, ils lui disent : « Béni soit Dieu qui vous a formé ! Ô morts ! il sait en quel nombre vous êtes et un jour il vous rendra la vie. » Chacun travaille ensuite à le couvrir de terre avec une pelle ou simplement avec la main (Cérém. funèb. de tous les peuples, etc., publié par J.-F. Bernard, 1818).
Abordons maintenant la gentilité, en commençant par l’antiquité classique. Elien rapporte que Cercidas de Mégalopolis, interrogé s’il quittait volontiers la vie, répondit : Pourquoi pas ? Je me réjouis de la séparation de mon âme et de mon corps, parce que je vais monter au pays, où je verrai parmi les philosophes, Pythagore ; parmi les poètes, Homère ; parmi les musiciens, Olympe ; et les autres hommes illustres parleur science (Quidni ? delector separatione animae a corpore, quoniam ad eas oras ascendam, ubi videbo ex philosophis Pythagoram, ex poetis Homerum, ex musicis Olympum, et alios viros in omni scientia præstantissimos. Ælian., lib. XIII).
Dans Xénophon, Cyrus mourant dit à ses fils : « Ne croyez pas, mes enfants, que lorsque j’aurai quitté cette vie, je ne serai nulle part, ou je ne serai rien ; car lorsque j’étais avec vous, vous ne voyiez pas mon âme, mais vous saviez que mon corps était son domicile ; croyez qu’elle est la même après sa séparation du corps (Nolite putare, filii, me cum ab hac vita migravero, nusquam aut nullum fore. Nam nec dum vobiscum communicabam, animum meum intnebamini, sed corpus hoc ejus esse domicilium intelligebatis. Eumdem esse creditote, etiam modo separatur a corpore. Xénoph., Cyrop.) ».
Il est dit que Caton, lisant le livre de Platon sur l’immortalité de l'âme, se tua pour jouir de cette vie immortelle.
Cicéron fait ainsi parler Scipion, longtemps après sa mort : « Croyez que tous ceux qui ont travaillé à la conservation, à la défense et à la prospérité de la patrie, jouissent dans le ciel d’un bonheur éternel. » Et interrogé si lui-même vivait, ainsi que ceux qu’on croyait morts, il répond : « Certainement ils vivent tous ceux qui, délivrés des liens du corps, sont sortis de prison. Ce que vous appelez votre vie, c’est la mort (Sic habeto, omnibus qui patriam conservaverint, adjuverint, auxerint, certum esse in coelo, ac definitum locum ubi ævo sempiterno fruantur... tunc vero, hi vivunt, qui ex corporum vinculis, tanquam e carcere evolarunt. Vestra vero quae dicitur vita, mors est. De Repub. ; lib. VI). »
De la Grèce et de Rome, passons aux Indes. Les immobiles habitants de ces vastes contrées, croient également à l’immortalité de Pâme. Pour déterminer une femme à se brûler sur le corps de son mari, la loi des Bramines contient cet article : « II convient qu’une femme se brûle avec le cadavre de son mari. Toute femme qui en agit ainsi, accompagne son époux en paradis, où ils resteront l'un et l’autre pendant toute l’éternité (De Repub., t. I, p. 74).
Les Péguans admettent la métempsycose qui n’est, d’une part, que la croyance à l’immortalité de l’âme, et, d’autre part, que le dogme altéré de la résurrection (Ibid., p. 77).
Dans l’île de Ceylan, après la mort d’une personne, ses parents appellent un Prêtre qui récite des prières pour le repos de l’âme du défunt (Ibid., p. 103).
Même croyance chez les Insulaires de Java, et chez les peuples de Sofala. Ces derniers sont tellement convaincus que les morts ne sont pas morts, qu’ils leur portent à manger (lbid., p. 107; et t. II, p. 5).
Si des Indes, nous passons dans une autre partie de l’immense Orient, nous trouvons les Chinois, dont le culte pour les morts va jusqu’à l’idolâtrie. Qu’un solidaire aille leur dire que leurs ancêtres défunts ne sont qu’un tas de boue, et il se fera écorcher vif.
Chez les Parses, la loi veut qu’après la mort des parents, les enfants leur préparent un festin funèbre. Ce festin, auquel doivent être invités les amis du défunt, a pour but de procurer du repos et de la joie aux amis des parents de ceux qui habitent la maison (De Repub., t. I, p. 73).
Entrons maintenant dans la partie du globe, peut-être la plus dégradée, la malheureuse Afrique. Tu as pu voir dans les récits des voyageurs, comme dans les lettres des missionnaires, que le dogme de l’immortalité de l’âme règne, sauf peut- être quelques très-rares exceptions, dans toutes les tribus (voir entre autres les Voyages du capitaine Speke, et le Voyage à la côte orientale d'Afrique, par le R. P. Horner).
Au Congo, la mort se célèbre par des festins où l’on s’enivre. Le corps est placé dans une petite cabane construite exprès dans un jardin ou dans un champ. Aux pieds du défunt, on met un plat, une calebasse et une pipe. Pendant huit jours, on fait différents actes de dévotion autour de cette cabane, et dans cet intervalle on mange un porc, dont on va, en procession, jeter le squelette à la mer. Par cet acte essentiel et qui a toujours lieu dans ces sortes de cérémonies, ils croient que l'âme du défunt entre dans un repos éternel (Univ. pittor., Afrique australe, p. 417).
Tu sais ce qui se passe au Dahomey. À la mort du roi, on immole quantité de victimes humaines, destinées à suivre le monarque dans l’autre monde. Cette année même, à la mort du dernier roi, vingt-quatre femmes ont été immolées pour aller continuer auprès du mort les services qu’elles lui rendaient pendant la vie.
Dans un très-grand nombre d’autres tribus, se retrouve cette preuve barbare de la croyance à l’immortalité de l’âme. Plusieurs même, sous l’inspiration du grand homicide, affirment cette croyance, par des cruautés qui font frémir. Au lieu de les immoler, elles enterrent vivants, dans le tombeau de leur maître, les serviteurs et les destinés à lui tenir compagnie.
Franchissons l’Océan et abordons au nouveau monde. Les découvertes successives du vaste continent nous montrent partout la croyance, plus ou moins altérée, mais très-reconnaissable, à l’immortalité de l’âme et même à la résurrection. Nulle part elles n’accusent les sauvages, même les plus sauvages, de regarder leurs défunts comme un tas de boue.
Les nombreuses tribus du Canada croyaient à la transmigration des âmes et à leur immortalité. « Chez elles, disent les premiers voyageurs, la sépulture se fait avec autant de magnificence qu’elles peuvent. On pare les morts ; on leur peint le visage et le corps de plusieurs couleurs ; après quoi on les met dans un cercueil d’écorce, dont on polit très-proprement la superficie avec des pierres ponces, fort légères ; puis, on élève une palissade autour du tombeau.
« Le mort s’en va dans l’autre monde, bien équipé et bien muni. On lui donne des souliers neufs, une hache, des colliers de porcelaine, un calumet, une chaudière, de la viande, du tabac et un pot de terre rempli de bouillie de froment. Tous ces objets sont destinés à l’usage du défunt dans un pays délicieux, habité par des chasseurs éternels ; car la seule idée qu’ils ont de ce Paradis, c'est qu’on y chasse aux siècles des siècles.
« Plusieurs de ces tribus canadiennes solennisent des fêtes en l’honneur des morts. On tire leurs os des tombeaux, on les transporte même dans d'autres sépulcres, après les avoir ornés de fourrures et de colliers de porcelaine. Tout cela sert, disent-ils, à soulager les pauvres défunts. En un mot, toutes les peuplades de l’Amérique septentrionale pratiquent très-scrupuleusement tout ce qui peut honorer la mémoire des morts (Cérém. funèb., t. I, p. 35, 36). »
Après les combats, on se partage les prisonniers, et on les donne spécialement aux femmes qui ont perdu, sur le champ de bataille, leurs maris ou leurs frères. Si celle à qui un prisonnier vient d’échoir veut qu’il meure, elle lui dit : Mon père, mon frère, mon mari n’ont point d’esclaves pour les servir dans le pays des morts, il faut que tu partes incessamment pour les servir ; et on l’égorge avec d’affreux raffinements de cruauté (Ibid., p. 37).
Même croyance dans la Virginie, où, près du Mausolée des chefs, se tient nuit et jour un prêtre qui prie pour le mort ; et chez les habitants de la Floride qui enterrent avec leurs souverains des esclaves vivants, pour aller les servir en l’autre monde. Ils croient à l’immortalité de Pâme et au ciel qu’ils placent dans les étoiles, et à l’enfer, au milieu des montagnes et des précipices, parmi les ours.
Même croyance, chez les Caraïbes, chez les Mexicains et chez les habitants de la Guyane. Ces derniers donnent des captifs ou des esclaves au défunt pour le servir dans l’autre monde. Gomme les autres ils admettent un paradis pour les gens de bien, et un enfer pour les méchants (Cérém. funèb., t. I, p. 50, 57, 63, 81, 97),
Si nous descendons dans l’Amérique méridionale, nous trouvons des peuplades non moins sauvages, mais non moins fidèles à garder la foi à l’immortalité de l'âme. Tous les jours, les habitants du Brésil portent à manger au mort, afin qu’après sou décès il ne meure pas de faim. Gomme le paradis consiste pour lui eu danses éternelles, il est bien aise, pour se délasser de ses fatigues, de venir de temps à autre se faire en ce monde (Ibid., p. 102).
Dans son livre sur le Pérou, Francisco Lopez de Gomara, dit : « Quand les Espagnols ouvraient les tombeaux des grands seigneurs du Pérou, les Indiens les priaient de n’en rien faire, afin que les ossements se trouvassent ensemble quand il faudrait ressusciter. Par où l’on voit qu’ils croyaient à la résurrection des corps et à l’immortalité de Pâme. C’est en vertu de la même croyance, que les domestiques et les femmes du défunt s’offraient à mourir pour aller le servir en l’autre monde (Cérém. funèb., t. I, p. 122, 123). »
À Taïti, lorsqu’un Indien s’approche d’un cimetière, Morai, pour y rendre un culte religieux, il se découvre toujours le corps jusqu’à la ceinture ; et son attitude et ses regards montrent assez que la disposition de l’âme répond à son extérieur, et que tous ont une vénération particulière pour ces lieux, auxquels, suivant leurs idées, préside un être d’un rang supérieur. D’ailleurs toutes leurs funérailles sont accompagnées de lamentations et de prières (Ibid., 131, 145).
Je termine notre voyage qu’il serait facile de prolonger, par un trait que nous devons à un navigateur anglais, le capitaine Wilson. Son navire était ancré aux îles Pélew, dans les mers du Sud. Le fils du roi se trouvait à bord. C’était le dimanche, et l'équipage était réuni sur le pont pour faire les prières.
S’adressant au fils du roi, le capitaine lui dit : « Nous prions, afin de rendre les hommes meilleurs ; car, lorsqu’ils sont bons et qu’ils sont enterrés, ils vont revivre là-haut, en lui montrant le ciel. Le jeune insulaire répondit aussitôt en levant la main en l’air et en remuant les doigts : « La même chose à Pélew. Méchants hommes, rester en terre. Bonnes gens aller au ciel, devenir très-beaux (Cérém. funèb., t. I, p. 165). »
Tous ces peuples païens ou sauvages que nous venons de visiter, sont des enfants prodigues qui ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités, reçu des pères du genre humain ; mais, à la honte des solidaires, tous ont conservé le dogme de l’existence et de l’immortalité de l’âme. La preuve est faite et je finis.

Tout à toi



Il y a deux sources de révélations : l'une bonne, qui est la vérité même ; l'autre mauvaise, origine de l'erreur. Les unes émanent du Créateur, les autres de l'esprit malin, ennemi de l'homme. Moïse nous apprend que Dieu, dès le principe, se révéla à nos premiers parents et leur fit une défense. Satan intervint et leur dit qu'en la violant ils seraient comme des dieux. Cette double manifestation a continué durant la longue suite des âges ; si de la part de Dieu elle est parfois accompagnée de miracles éclatants, de la part de Satan, c'est une foule de prodiges trompeurs. De là cette distinction du surnaturel et du surhumain, si importante à faire ; la véritable révélation avait fait connaître un Dieu éternel, unique, puissant, bon, juste, créateur de l'univers ; elle s'altéra, les hommes disséminés sur le globe l'oublièrent, les esprits malins intervinrent et trompèrent les premiers prêtres ou chefs de famille par de fréquentes manifestations et de nombreux prodiges bien capables de séduire, car c'étaient : la divination qui flatte la curiosité de l'homme, les guérisons, les révélations de secrets utiles à son bien-être ou propres à satisfaire sa cupidité ou ses passions. ("Des rapports de l'homme avec le démon", Tome I, Joseph Bizouard)





Reportez-vous à Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Passer de l'attrait du laid à l'attrait du beau, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sensEnseignement de l'Église sur le Purgatoire, Méditation pour le jour des morts, Litanies de la bonne mort, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.
















mardi 6 novembre 2018

Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère





Imitation et Paraphrase du discours de Marthe à Jésus-Christ, sur la mort de son frère Lazare.


Hélas ! Seigneur, si vous l'aviez voulu, elles ne couleraient pas ces larmes que je viens répandre maintenant à vos pieds ! si vous l'aviez voulu, elle vivrait encore cette personne, dont la perte, vous le voyez, afflige mon cœur et le pénètre du plus vif et du plus cuisant regret. Mais je me soumets à l'ordre de votre volonté toute puissante, et je vous fais le sacrifice que vous exigez de moi, prête à vous en faire encore de plus sensibles, s'il est possible, de plus douloureux et de plus coûteux à mon cœur.
Mais, Seigneur, permettez-moi seulement de vous faire une prière, que vous ne désapprouverez pas sans doute, que votre sainte Église m'autorise à vous faire, qu'elle m'ordonne même et me prescrit.
Je sais que vous êtes la résurrection et la vie ; je sais que quiconque a cru en vous ne mourra point, et que cette mort passagère, qui n'est à proprement parler qu'un sommeil, sera pour lui l'entrée et le passage à une vie éternelle. Oui, je le crois ; car je crois, ô mon Rédempteur, que vous êtes le Fils du Dieu vivant, qui êtes venu dans le monde pour vaincre la mort par votre mort, et nous accorder par votre résurrection une vie éternelle !
Ah ! daignez donc, c'est tout ce que je désire, daignez hâter ce bonheur que j'espère pour cette personne si chère que vous m'avez ravie ! Je sais que, son corps ressuscitera un jour ; mais faites d'avance et au plus tôt entrer son âme dans le lieu du repos, et qu'au grand jour de la résurrection future que j'attends, j'aie la joie et la consolation de me réunir à elle dans votre sein pour l'éternité.



Reportez-vous à Prière pour les morts, Petits exercices de piété, L'erreur qui consiste à croire que la vie d'ici-bas c'est la vie, est de toutes les erreurs la plus radicale, la plus cruelle, la plus désastreuse et malheureusement la plus répandue de nos jours, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sensEnseignement de l'Église sur le Purgatoire, Méditation pour le jour des morts, Litanies de la bonne mort, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.
















lundi 10 avril 2017

Méditation pour le Lundi Saint : Jour de reconnaissance





Marie-Madeleine repentante (Gustave Doré)



LE LUNDI SAINT

Jour de reconnaissance


PRATIQUE

Pensez aux bienfaits que vous avez reçus de Dieu depuis que vous êtes au monde, à la création, à la rédemption, à la vocation au christianisme ; pensez aux sacrements, aux grâces générales et particulières, au pardon qu'il vous a accordé dans un temps auquel, s'il vous avait appelé de cette vie, vous n'auriez eu qu'un enfer éternel pour partage. Demandez pardon de vos ingratitudes ; réparez-les de votre mieux en produisant fréquemment des actes d'une tendre et sincère reconnaissance.


MÉDITATION

Marie ayant pris une livre de baume précieux de vrai nard, le répandit sur les pieds de Jésus-Christ, et les essuya de ses cheveux. (Jean, 12)


1er point. Le temps auquel Jésus-Christ devait souffrir la mort approchait. Il aimait Lazare, Marthe et Marie, et son bon cœur l'engagea à leur rendre une dernière visite à Béthanie. Ils le reçurent avec toutes les démonstrations possibles de respect, de tendresse et de reconnaissance, et lui donnèrent à souper ; Marthe les servait ; et Marie prit, à son ordinaire, possession de ses pieds adorables, les parfuma et les essuya de ses cheveux. Elle avait déjà fait la même chose chez le Pharisien, où elle avait obtenu par son amour et par ses larmes le pardon de ses péchés. Là, elle demandait ; ici, c'est une amante pénétrée d'une vive reconnaissance, qui s'efforce de rendre bienfait pour bienfait à son Sauveur. Elle est à ses pieds, et elle en sera inséparable dans tout le cours de sa passion ; elle lui verra rendre les derniers soupirs ; elle souffrira avec lui, pour lui, et par lui ; elle le cherchera même pour l'embaumer après sa mort, et tant qu'elle restera sur la terre, elle lui marquera son amour et sa reconnaissance. Heureux, dit saint Bernard, celui qui lui ressemble et qui gravant dans son cœur les différents bienfaits de Dieu, lui en rend de continuelles actions de grâces (D. Bern. serm. 15. in Cant.).


Et toute la maison a été remplie de l'odeur de ce baume.


2e point. La reconnaissance n'est donc pas parfaite, si la bonne odeur ne s'en répand au-dehors, et si elle n'est effective. Le cœur de Madeleine est si pénétré de reconnaissance pour la grâce qu'elle a reçue de Jésus-Christ, chez le Pharisien, qu'elle veut que tout le monde sache combien elle lui est redevable. Elle agit, elle se prosterne en public, elle donne, s'abaisse, s'humilie ; et l'odeur de cette action se répand partout. Ainsi la vraie reconnaissance doit être effective. Elle ne consiste pas dans le souvenir et dans le sentiment, mais dans l'action.
C'est à la vérité un souvenir, une persuasion et un sentiment du bienfait ; mais c'est encore un retour sincère, qui tire les actions de grâces de la bouche, et les bonnes œuvres des mains. Vous avez tout reçu de Dieu, et vous en recevez des grâces dans tous les moments de votre vie, quand ce ne serait que la conservation , qui est toujours une création nouvelle. Saint Augustin louait la pieuse coutume des catholiques de son temps d'avoir toujours l'action de grâces à la bouche, et de se saluer par un Deo Gratias. Que pouvons-nous prononcer, dit ce père, de meilleur ? Rien de plus agréable à entendre, rien de plus grand à méditer, et rien de plus profitable à pratiquer (Div. Aug. Epist. 77).


SENTIMENTS

Source féconde et intarissable de grâces et de miséricordes ! principe adorable et plénitude infinie de tous biens ! je vous dois tout, et je ne suis rien que par vous. Mon corps, mon âme, mes talents, tout ce que je possède de biens corporels et spirituels, ne viennent que de vos libéralités : mais, hélas ! je n'y puis penser que mon ingratitude ne se présente à mes yeux, et ne me couvre de honte et de confusion. Pardon ! ô mon divin bienfaiteur, je veux la réparer, en vous protestant que je ne veux plus penser, aimer, travailler, vivre et mourir que pour vous.


SENTENCES

Tout ce que vous ferez en parlant ou en agissant, faites-le au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces par lui à Dieu le père (Col. 3. 5. 19).

Quand je pense aux bienfaits que j'ai reçus de Dieu, je sens dans mon âme des transports ineffaçables d'amour et de reconnaissance (Cassian. Coll. 9).


RÉFLEXIONS

Plaintes de Jésus à son père



Depuis la sixième heure du jour à laquelle Jésus fut crucifié, jusqu'à la neuvième, le soleil disparut. Ce fut alors que le Sauveur en croix, et tout enveloppé de ces ténèbres, ouvrit la bouche pour la quatrième fois, et s'adressant à Dieu son père, il dit : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ? C'est ici la nature humaine qui se plaint amèrement, parce qu'elle souffre des supplices insupportables, sans aucun adoucissement. La tête de ce Sauveur expirant, environnée d'épines, serrée cruellement et percée de tous côtés, n'a que le bois de sa croix pour se reposer. Ses yeux languissants et baignés de larmes ne voient que de cruels ennemis qui l'outragent et le maudissent comme s'il était le plus grand scélérat de la terre. Ses mains percées et sanglantes, aussi bien que ses pieds, lui font sentir à chaque moment des douleurs aiguës. Son propre peuple qui devait le chérir, parce qu'il l'avait comblé de faveurs, insulte à sa peine au lieu de le plaindre.
Ne serons-nous pas sensibles à l'abandon de Jésus-Christ ? et refuserons-nous quelques larmes à un Dieu sauveur qui nous donne tout son sang ? Ah ! Seigneur, nous serions bien ingrats et bien insensibles ! Mous allons graver dans nos cœurs la douleur de votre mystérieux abandon de la part d'un père qui vous aime d'un amour infini, et qui vous a toujours exaucé : ne nous abandonnez jamais, ô adorable Sauveur ! faites-nous la grâce d'abandonner tout pour ne nous attacher jamais qu'à vous.


PRIÈRE

Secourez-nous, ô mon Dieu ! soyez notre force dans notre infirmité. Nous gémissons sous le poids de nos misères, et nous nous sommes rendus indignes de nouvelles grâces par notre ingratitude à reconnaître les anciennes. Accordez-nous, par la passion de Jésus-Christ, de respirer au milieu des maux qui nous pressent ; que la faiblesse de ce Dieu souffrant nous fortifie ; que ses douleurs guérissent les nôtres ; que son innocence efface nos péchés ; que sa mort précieuse nous vivifie ; que son sang adorable nous purifie de toutes nos souillures et nous ouvre les portes du ciel. Ainsi soit-il.





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