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samedi 8 janvier 2022

Temps de la Sainte Enfance de Jésus



La dévotion de la sainte enfance de Jésus n'est pas une dévotion nouvelle. Saint Léon le Grand en parlait déjà aux fidèles de son temps : « Jésus-Christ, disait-il, aime l'enfance, et il l'a prise d'abord à son entrée dans le monde. Il aime l'enfance qui, en sa personne, la forme de la douceur. Il aime l'enfance et il apprend à tous les âges de la vie à se modeler sur elle ; il y ramène même la vieillesse. Il abaisse jusqu'à l'imitation de ses exemples ceux qu'il élève ensuite dans son éternel royaume. »
L'Église, depuis bien des siècles, a consacré les temps qui suivent Noël et l'Épiphanie à célébrer les mystères de l'enfance de Jésus. Mais cette dévotion, au commencement de notre siècle, a reçu un développement heureux et une impulsion toute nouvelle.
Un saint prêtre qui s'appliquait avec un zèle infatigable à l'instruction de l'enfance et de la jeunesse chrétienne, dans les catéchismes de Saint Thomas d'Aquin, M. l'abbé Borderies, depuis évêque de Versailles, pour inspirer à ces jeunes cœurs la piété tout à la fois la plus tendre et la plus solide, les invitait souvent à méditer les mystères de l'enfance de Jésus, et proposait à leur imitation les vertus de ce divin modèle.
Le développement d'une dévotion si sainte et si utile était réservé à ces temps malheureux, où tout concourt à corrompre l'enfance presque au sortir du berceau, et à étouffer les germes de foi déposés dans son âme par le baptême. Cette dévotion devait arrêter l'action corruptrice d'un siècle impie, en inspirant au jeune âge des goûts de piété et d'innocence. Aussi s'est-elle répandue dans les catéchismes et dans les institutions chrétiennes, où elle a produit des fruits précieux de sanctification parmi la jeunesse. Mais elle doit être chère surtout aux enfants que la religion a recueillis à l'ombre de ses sanctuaires. Ils embrasseront avec joie une dévotion dont le divin objet est Jésus lui-même grandissant à Nazareth, pour le salut du monde, et leur offrant l'exemple de toutes les vertus qu'ils ont eux-mêmes à pratiquer : ils s'efforceront de retracer sa piété pour son Père céleste, son aimable innocence, sa docilité et son obéissance à Marie et à Joseph, son amour du travail, sa patience à supporter les rigueurs de la pauvreté. Les saintes pratiques de cette dévotion leur inspireront le respect le plus profond et l'amour le plus tendre pour cet adorable Enfant ; elles leur mériteront ses plus précieuses faveurs, et, à son exemple, ils croîtront chaque jour en âge, en grâce et en sagesse devant Dieu et devant les hommes.

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à Aimer Jésus enfant, Invitation à célébrer la sainte enfance de Jésus, La Fête de la Purification ou de la Chandeleur, Méditation pour le Jour de la Purification, Instruction sur la Fête de la Purification, Épiphanie : Acte de consécration au Désiré des nations, L'Épiphanie de Notre-Seigneur, Comment pouvons-nous imiter l'exemple des Rois-Mages ?, Quels fruits pouvons-nous recueillir de la fête de l'Épiphanie ?, Litanies des Saints Rois-Mages, Prière sur le saint nom de Jésus, Litanies des Saints consacrés à l'Enfance de Jésus, Litanies en l'honneur de la divine Naissance du Sauveur, Litanies des Saints Anges de la Crèche, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, Litanies des Justes de l'Ancienne Loi, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, La fête de Noël doit être chère à la France, La Pantoufle dans la cheminée, Les Fêtes de Noël à Paris : l'Offrande et la fête des Lettres, un pieux et antique usage, Les Fêtes de Noël à Paris : en prière devant la Crèche, Les Fêtes de Noël à Paris : au Couvent, Les Fêtes de Noël à Paris : au Petit-Séminaire, La nuit de Noël à Marseille, Extrait d'une description des Fêtes de Noël à Bruxelles : La Crèche en famille, Un épisode des Fêtes de Noël dans les pays du Nord de l'Europe : L'Arbre de Noël, Particularités de la nuit de Noël à Bethléem, La Sainte Grotte, Bethléem, Le Santo Bambino, Les petits Prédicateurs de six et de huit ans, L'Étable de Bethléem dans l’Église de l'Ara-Coeli, L'épée et le chapeau ducal portés à la procession le jour de Noël, Description de la sainte Crèche, Son histoire, Cérémonie de l'Adoration, La Messe de Minuit à Sainte-Marie-Majeure, Les Boutiques de Noël et le Præsepio, Les Pifferari, Regard sur le triple sacrifice du Jour de Noël, Noël, Jour de sainte allégresse, Lumière sur Noël, La crèche, Méditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une Crèche, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Litanies de la Sainte Famille, Visite à l'Enfant-Jésus dans la Crèche, La bénédiction de Noé à ses fils, Prophétie et figure de l'entrée des Gentils dans la vraie Église, La conduite réciproque de Ruth et de Noémi figure celle de Marie et de l'Église des Gentils, Méditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Du ministère de Marie dans la vocation des Gentils à la Foi, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation sur l’Épiphanie, Discours aux jeunes époux, du Pape Pie XII, durant l'Octave de l’Épiphanie, le 10 janvier 1940, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 18e Méditation : Voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient parut, allant devant eux, jusqu'à ce qu'elle vint s'arrêter sur le lieu où était l'enfant, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 17e Méditation : À la nouvelle de la naissance du saint Enfant, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 16e Méditation : Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 15e Méditation : Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 21e Méditation : Cependant Marie ne perdait rien de toutes ces choses et les méditait dans son cœur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation : Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au SeigneurDévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 20e Méditation : Ayant été averti en songe de ne point aller trouver Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 19e Méditation : Se prosternant, ils l'adorèrent ; puis ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe, Méditation sur la Nativité, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 14e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, Litanies du Saint Nom de Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 13e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, nom qui lui avait été donné par l'ange, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 12e Méditation : Après huit jours, le saint Enfant fut circoncis, Instruction sur la Circoncision, Méditation sur la Circoncision, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 11e Méditation : Les bergers revinrent en glorifiant et en louant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 10e Méditation : Les bergers se disaient les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 9e Méditation : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 7e Méditation : Tout à coup l'Ange du Seigneur parut auprès d'eux, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation : Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin enfantement arriva, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 2e Méditation : Je vous annonce un grand sujet de Joie, il vous est né aujourd'hui un Sauveur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 3e Méditation : Marie mit au monde son fils premier-né, et l'enveloppa de langes, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 4e Méditation : Marie, après avoir enveloppé de langes le saint Enfant, le coucha dans la crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 5e Méditation : Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 6e Méditation : Il y avait là aux environs des bergers qui veillaient et se relevaient les uns les autres pendant la nuit, pour la garde de leurs troupeaux, Litanies du Saint Enfant-Jésus, et Dévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et Consécration.













jeudi 28 octobre 2021

Qu'il y a une Tristesse louable et sainte



Mais, dira-t-on, faut-il donc être toujours dans la joie ? Ne faut-il jamais s'affliger ? N'y a-t-il aucune sorte de tristesse qui puisse être utile et avantageuse à l'âme ? Il y en a une sans doute, dit Saint Basile, puisque Jésus-Christ lui-même nous le dit par ces paroles : Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Cassien, après le même Saint Basile, et après Saint Léon pape, distingue deux sortes de tristesses, l'une purement humaine et selon l'esprit du monde, l'autre spirituelle et selon Dieu. La tristesse, selon le monde, est de s'affliger des mauvais succès et des choses fâcheuses qui arrivent dans le cours de la vie : les vrais serviteurs de Dieu doivent être absolument inaccessibles à cette sorte de tristesse. Quand à la tristesse spirituelle, et qui est selon Dieu, celle-ci est bonne et salutaire ; les serviteurs de Dieu peuvent y être sensibles, et s'y livrer. S. Basile et Cassien disent qu'un pareil sentiment de tristesse peut avoir quatre causes. Premièrement, cette tristesse peut procéder de la vue de nos péchés, suivant ces paroles de l'Apôtre : « Maintenant je me réjouis, non pas de la douleur d'esprit que vous avez eue, mais de ce que cette douleur vous a portés à vous repentir : car vous vous affligez selon Dieu ; et la tristesse qui est selon Dieu, produit un ferme repentir, qui est utile pour le salut. » C'est donc une tristesse sainte et selon Dieu, que celle qui nous fait pleurer nos péchés, et qui est causée en nous par le regret de l'avoir offensé. Saint Chrysostôme fait sur ce sujet une remarque digne de la justesse de son esprit : « De toutes les pertes, dit-il, qui peuvent arriver à un homme, il n'y a que celles qui arrivent par le péché, qui puissent se réparer par la douleur et par le regret. » Ainsi donc dans toutes les autres choses, excepté dans le péché, la douleur est inutile, car elle augmente plutôt le sentiment de nos pertes, qu'elle ne le diminue. Mais ces pertes qui sont causées par le péché, se réparent entièrement par la douleur que l'on conçoit du péché : il ne faut donc s'affliger que de ses péchés.
En second lieu, cette tristesse salutaire peut naître en nous de la considération de tant de péchés qui se commettent tous les jours dans le monde : alors ce sentiment est encore très saint, puisqu'il procède d'un zèle ardent pour la gloire de Dieu, et pour le salut des âmes. C'était de cette espèce de douleur dont David avait le cœur pénétré, lorsqu'il s'écriait en s'adressant à Dieu : « Je suis tombé en défaillance, en songeant aux pécheurs qui abandonnent votre loi.... Le zèle m'a desséché, parce que vos ennemis ont mis vos commandements en oubli... J'ai vu les méchants, et je me desséchais de voir qu'ils ne gardaient pas vos ordonnances. »
En troisième lieu, cette tristesse peut venir du désir d'une grande perfection ; et cela arrive, lorsque ce désir est si ardent qu'on ne cesse de s'affliger de ce qu'on ne fait pas plus de progrès dans la vertu : ce sentiment est selon l'esprit de Dieu, puisque Jésus-Christ lui-même a dit : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. »
Enfin, la considération des biens éternels dont on est privé en cette vie, et l'impatience d'en jouir bientôt dans l'autre, est encore un juste sujet de tristesse pour les véritables serviteurs de Dieu. C'était ainsi que les enfants d'Israël, en se rappelant les beautés et les merveilles de Sion, s'affligeaient dans Babylone dans le temps de leur exil ; c'était aussi dans le même esprit que le Prophète Royal s'écriait : Hélas ! pourquoi faut-il que mon exil soit prolongé ! Ces paroles que l'Église adresse à la Sainte Vierge : Nous soupirons, nous pleurons, nous gémissons après vous dans cette vallée de larmes, forment sans doute un concert bien doux et bien agréable aux oreilles de Dieu.
Après avoir établi ces règles, Cassien indique les marques auxquelles on peut discerner la tristesse qui est selon Dieu, d'avec celle qui ne l'est pas. La tristesse qui a les choses de Dieu pour objet, est selon ce grand Maitre de la vie spirituelle, obéissante, affable, humble, douce et patiente ; et comme elle naît de l'amour de Dieu, elle renferme en elle tous les fruits du Saint-Esprit, dont parle Saint Paul, c'est-à-dire, la charité, la joie, la paix, la patience, la bonté, la foi, la modestie et la continence : la tristesse qui a toute autre origine, est au contraire impatiente, et accompagné de chagrin et d'amertume ; elle donne de l'éloignement pour le bien, elle jette dans le découragement, et enfin dans le désespoir. De plus, ajoute Cassien, cette tristesse n'est tempérée par aucune consolation, ni susceptible d'aucun adoucissement. La tristesse selon Dieu, est en quelque façon toujours gaie, elle porte sa consolation avec elle, elle donne du courage et des forces pour pratiquer le bien. On peut ainsi connaître la différence de ces sortes de tristesses d'après le détail que nous en avons fait ci-devant.
On peut encore conclure de tout ce que nous venons de dire, que la joie que nous désirons voir dans les serviteurs de Dieu, n'est pas cette joie vaine et frivole, qui nous transporte jusqu'aux éclats de rire, ni à dire de bons mots, et à se répandre inconsidérément dans les conversations avec toutes les personnes qu'on rencontre ; cette joie n'est pas convenable à des serviteurs de Dieu, c'est plutôt un effet de la légèreté de l'esprit. Ce n'est plus alors une joie sainte, c'est immodestie et dérèglement. La joie dont nous entendons parler, est une joie sage, qui vient d'un intérieur tranquille et réglé, et qui se manifeste extérieurement sur le visage : car, comme la tristesse de l'esprit fait impression sur le corps, suivant ces paroles du Sage : L'esprit triste dessèche les os ; de même la joie intérieure éclate au-dehors, suivant ces autres paroles : Le cœur joyeux rend le visage gai. Aussi lisons-nous de plusieurs Saints, qu'ils faisaient toujours voir sur leur front une joie et une sérénité, qui rendait un témoignage non suspect de la paix et de la satisfaction dont ils jouissaient intérieurement : c'est là proprement cette joie que nous devons souhaiter de pouvoir obtenir.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à De la Tristesse que cause la tiédeur au service de Dieu ; et de la joie que donne la bonne conscience, Que l'Oraison est un puissant remède contre la tristesse, Des causes de la Tristesse, et des remèdes qu'on doit lui opposer, Que les fautes légères où l'on tombe ne doivent pas faire perdre la joie du cœur, Raisons qui nous obligent à servir Dieu avec joie, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, Des maux réels et considérables que cause la Tristesse, Méditation sur la tristesse, Méditation sur deux sortes de tristesse, et De la réformation de la tristesse.















vendredi 2 juillet 2021

Que l'Humilité n'est point opposée à la Magnanimité, mais qu'elle en est le fondement


Saint Thomas et Saint Pie V

Saint Thomas traitant de la magnanimité, propose une question qui servira de preuve à cette vérité. Les Saints, dit-il, et l'Évangile, nous apprennent d'un côté, que l'humilité est très-essentielle aux Chrétiens ; d'autre part ils prouvent que la magnanimité ne leur est pas moins nécessaire, et surtout à ceux qui sont employés dans les ministères relevés. Ces deux vertus, cependant, semblent être directement opposées, car la magnanimité est une grandeur de courage qui porte à entreprendre des choses grandes et dignes de gloire, et rien ne paraît plus opposé à l'humilité. Ce saint Docteur résout très-bien cette difficulté, en disant qu'encore que ces deux vertus paraissent opposées l'une à l'autre, à ne regarder que l'extérieur qu'elles présentent, cependant elles ne le sont point ; non-seulement par la raison qu'aucune vertu ne peut être contraire à l'autre: mais encore, parce que l'humilité et la magnanimité ont une grande affinité entr'elles, et une grande dépendance l'une de l'autre. Car enfin, loin qu'il soit contraire à l'humilité d'entreprendre de grandes choses, ce qui est le propre de l'homme magnanime, cela n'appartient proprement qu'à celui qui est véritablement humble. Il y aurait en effet de la présomption et de l'orgueil à entreprendre de grandes choses, sur la confiance qu'on aurait en ses propres forces : car de quoi sommes-nous capables de nous-mêmes, puisque, selon l'Apôtre, « nous ne sommes pas même capables de penser quelque chose comme de nous ? » Mais aussi ce n'est que sur la défiance de nous-mêmes et sur la confiance en Dieu , que la magnanimité chrétienne fonde les grandes entreprises : et c'est-là précisément ce qu'opère l'humilité. Car la raison pour laquelle les Saints l'appellent le fondement de toutes les vertus, c'est comme nous avons déjà dit, parce que c'est elle qui ouvre la terre pour l'édifice spirituel ; c'est elle qui en creuse les fondations et qui en rejette tout ce qu'il y a de terre légère et sablonneuse, jusqu'à ce qu'étant parvenue à trouver la pierre ferme qui est Jésus-Christ, elle commence alors à élever sur cette pierre l'édifice de la perfection.
Rien n'est difficile aux humbles, dit Saint Léon : celui qui est véritablement humble, est en même temps magnanime, il est courageux, il est hardi à entreprendre de grandes choses ; rien ne lui paraît impossible, parce que ce n'est pas en lui-même, mais en Dieu qu'il met sa confiance ; et que quand il tourne les yeux vers Dieu, il ne voit rien qui puisse lui opposer obstacle dans ce qu'il exécute : « Nous ferons des prodiges avec le secours de Dieu ; et ce sera lui qui fera périr ceux qui nous affligent. Il faut donc que nous soyions intérieurement humbles, que nous reconnaissions que de nous-mêmes nous ne sommes rien, que nous ne pouvons rien : mais il faut aussi que nous soyons courageux en Dieu ; et qu'avec le secours de sa grâce, nous nous croyons capables de tout. »

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Des précieux avantages que procure le troisième degré de l'Humilité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, Pour vaincre toutes sortes de tentations, et pour acquérir la perfection chrétienne, ne point compter sur nous-mêmes, mais uniquement sur le secours de Dieu, Du troisième degré de l'Humilité : En quoi il consiste, Comment faire son examen particulier sur la vertu de l'Humilité, Comment dans l'oraison nous pouvons nous exercer à la pratique du second degré d'Humilité, Pour acquérir la vertu de l'Humilité, il faut en pratiquer les Actes, Sans l'Humilité, on ne saurait avoir la paix intérieure, De quelle manière on peut s'élever au second degré de l'Humilité, Du second degré de l'Humilité, et en quoi il consiste, La connaissance de nous-mêmes ne doit pas nous faire perdre le courage, ni la confiance, Que la considération de ses péchés est un excellent moyen pour se connaître soi-même, et pour acquérir l'humilité, Du premier degré de l'Humilité, qui est d'avoir une humble opinion de soi-même, Principales Vertus dont l'Humilité est le fondement, Il n'y a point de Vertu solide sans l'Humilité : elle est le fondement de toutes les autres Vertus, Excellence et nécessité de l'Humilité, Prière pour demander l'humilité, Prière pour obtenir l'humilité, l'exemple de Saint Robert Bellarmin et de Saint Ignace, et comment acquérir cette vertu, Le Saint Curé d'Ars dans sa conversation : Humilité de M. Vianney, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Des vertus de Marie : l'humilité, De la merveilleuse humilité du séraphique saint François, Litanies de l'humilité, Méditation sur les effets de l'orgueil, Méditation sur l'humilité des Saints, Méditation sur la pratique de l'humilité Chrétienne, Méditation sur les avantages de l'humilité Chrétienne, La Crèche, Sur ces paroles : Vous avez tiré votre parfaite louange de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle. (Psaume 8), De deux sortes de Mortifications, De la nécessité de la Mortification : En quoi elle consiste, Sur Jésus-Christ, L'intérieur de Marie, De l'enfance spirituelle, et De la paix de l'âme.