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mardi 25 juillet 2023

La politesse est indissociable de la charité, Considérations sur la nature, les principes, les règles fondamentales, la nécessité de la bienséance et de la civilité


La politesse, on le constate, se fait de plus en plus rare dans ce monde, mais aussi malheureusement chez les catholiques, plus encore chez ceux qui crient haut et fort détenir la bonne doctrine... ce ne sont pas des mots qui font un catholique, mais l'esprit de Dieu qui l'anime et les actes qui en découlent ; d'où selon nous la nécessité de rappeler que la politesse est indissociable de la charité. Sans politesse donc, nulle charité. Espérons que ce rappel soit une source de motivation pour ceux qui ont oublié l'importance de la politesse et de la civilité pour être agréables à Dieu et aux hommes.


Sainte Anne et Saint Joachim instruisant Marie


Considérations sur la nature, les principes, les règles fondamentales,
la nécessité de la bienséance et de la civilité


La Bienséance, telle que nous la considérons dans ce traité, est la convenance qui règle nos rapports extérieurs avec Dieu, avec le prochain, avec nous-mêmes.
La Civilité, cette partie de la bienséance qui ne s'occupe que des rapports mutuels des hommes entre eux, ajoute aux convenances naturelles auxquelles nous sommes tenus à l'égard des autres, certaines règles arbitraires qui varient avec les temps et les lieux. Elle emprunte à la Politesse ce qu'elle peut avoir, dans le mode, d'aisé, de fin et de délicat.
Fondées sur la nature des choses, les règles de bienséance sont immuables, elles obligent tous les hommes, et elles ne peuvent être enfreintes sans un désordre plus ou moins grave.
Quant aux lois de la civilité et de la politesse qui changent suivant les pays et les temps, elles doivent être respectées d'après les principes de la bienséance générale. Celle-ci, en effet, tout en gardant le silence sur les formes arbitraires du respect et de la bienveillance extérieure, prescrit indirectement l'observation de ces règles, précisément par l'obligation qu'elle impose de se montrer bon et honnête à l'égard des autres.
L'infraction de ces lois dépendant des usages, peut provenir ou de l'ignorance : elle annonce une mauvaise éducation ; ou de l'oubli : il dévoile un esprit léger, et peu fait pour sentir vivement les convenances ; ou de la grossièreté : elle ne se trouve que dans un cœur sans vertus, et nullement susceptible de se plier à la politesse extérieure ; ou bien enfin d'un caractère plein d'orgueil : abaissant les autres à ses propres yeux, il se croit dispensé des règles de l'honnêteté ; froissé dans sa vanité, il ne garde plus aucune mesure à l'égard de ceux qui l'on blessé.
Toutefois, gardez-vous de cette civilité purement extérieure, telle qu'elle se trouve ordinairement dans le monde. On croit avoir gardé toutes les règles, lorsque, sous des formes pleines de politesse, sous les protestations réitérées d'une bienveillance hypocrite et d'un respect apparent, on cache le mépris ou l'indifférence, souvent même la haine.
La civilité, pour un chrétien, doit puiser son principe dans la charité, seul lien d'union solide entre les hommes. Le chrétien, non content d'y chercher ces motifs si puissants qui le portent à regarder dans les autres hommes des chefs-d’œuvre sortis des mains du Créateur, des enfants, comme lui, de ce père commun, des frères régénérés avec lui dans le sang du Sauveur, dont ils sont appelés à partager ensemble le royaume et la gloire ; le chrétien, dis-je, trouvera encore dans les caractères de la vraie charité, des règles qui le guideront avec d'autant plus de sûreté dans ses rapports avec ses frères, qu'elles lui sont données par l'Esprit-Saint lui-même.
Formée sur ces divins enseignements, la civilité du chrétien sera donc, comme sa charité, pleine de patience et de douceur ; dans ses procédés, elle ne fera paraître ni précipitation ni orgueil ; apprenant à fouler aux pieds ses propres intérêts, elle ne cachera jamais des desseins ambitieux. Au lieu de montrer de l'aigreur contre ceux qui auraient pu le piquer, celui qui règle sa civilité sur l'amour de ses frères supporte tout, souffre tout ; loin de témoigner des défiances injurieuses, par une louable simplicité et une noble franchise, il croit et il espère toute espèce de bien des autres. Si quelquefois il blâme le mal, plus souvent et avec plus de complaisance il relève les belles actions. Sa civilité, comme sa charité, ne lui fait jamais défaut ; elle répand sur toute sa conduite les charmes les plus attrayants.
Tels sont les principes, telles sont les règles de cette civilité véritable dont la politesse du monde n'est qu'une froide et pâle image.
L'esprit de charité qui inspire, qui vivifie la civilité et la politesse de tout chrétien, doit surtout se faire remarquer chez un ecclésiastique, obligé, par état, à une vie de dévouement, de zèle et de charité. Appelé à continuer et à perpétuer, sur la terre, la mission d'amour et de sacrifice de son divin maître, il imitera son humilité et sa douceur. Dans tous ses rapports avec le prochain devront se faire remarquer et sa modestie et sa bienveillance. Au-dessus du monde, par son caractère et ses fonctions ; hors du monde, par un esprit vraiment sacerdotal qui l'éloigne des habitudes de la société mondaine, le prêtre, cependant, vit au milieu du monde : aussi doit-il se plier à ces règles de bienséance, d'ailleurs indifférentes, mais auxquelles il est soumis comme les autres, et qu'il ne pourrait enfreindre sans s'exposer au mépris, au discrédit des gens du monde, et sans compromettre le succès d'un ministère laborieux et sanctifié même par de grandes vertus. Cependant, se souvenant toujours de sa dignité et de son caractère, il ne doit se prêter à rien de bas ni de trop mondain : ce serait une autre manière de tomber dans le mépris que d'affecter une politesse mondaine, contraire à ce que les gens du monde eux-mêmes attendent des mœurs graves d'un ecclésiastique.
Nous faisons connaître au jeune élève du sanctuaire le caractère spécial de la civilité pour un ecclésiastique, afin que, de bonne heure, il s'accoutume à cette bienveillance, à cette modestie, à cet esprit de dévouement, et à cette sage réserve qui devront, plus tard, paraître tout particulièrement dans ses rapports avec ses frères.
Exposer les principes et les règles fondamentales de la civilité chrétienne, n'est-ce pas faire sentir toute son utilité, toute son importance ? En effet, l'exercice de la civilité, telle que nous l'entendons, n'est autre chose que l'exercice des plus belles vertus chrétiennes : la patience, le renoncement à soi-même, l'humilité, la modestie, la douceur, en un mot la charité.
De l'observation consciencieuse des règles de la bienséance naît comme nécessairement cette habitude d'une sainte contrainte qui dispose à tous les sacrifices que demande la pratique des vertus.
La vigilance que nous devons avoir sur nous-mêmes et sur toutes nos démarches pour ne manquer à aucune convenance, facilité cette autre vigilance plus rigoureuse avec laquelle nous devons garder notre cœur et nos sens ; elle facilité aussi l'attention continuelle que nous devons apporter à l'accomplissement de nos devoirs.
De tout ce que nous venons de dire, il est facile de conclure combien il est important, combien il est nécessaire de s'exercer de bonne heure à la pratique de la civilité.
Elle forme, nous venons de le voir, aux habitudes les plus propres à faire naître et à entretenir les vertus. Pratiquée dès le jeune âge, la civilité préserve souvent les enfants, les jeunes gens, de ces vices grossiers qui ne trouvent pas de prise sur un cœur formé, par la bienséance, à la délicatesse et à l'honnêteté. Combien de fois un air de modestie et d'une honnête retenue n'a-t-il pas préservé un jeune homme du contact des méchants, qui fuient à l'aspect de la vertu ?
La considération de ne pouvoir se former plus tard que très-difficilement à ces habitudes d'honnêteté qu'il n'aurait pas contractées dans sa jeunesse, doit déterminer un jeune homme à s'accoutumer à l'exercice de la civilité et de la politesse, et à redresser, de bonne-heure, les mauvais plis qu'il réussirait avec peine à réformer dans la suite.
Un jeune élève se fera donc un devoir d'étudier avec attention les règles de la bienséance, et les différents usages de la société dans laquelle il est appelé à vivre. Ce sera surtout par la pratique qu'il parviendra à la connaissance de ces règles et de ces coutumes.
Une grande vigilance sur soi-même, sans préoccupation gênante ; l'observation attentive des bons procédés et des bonnes manières dans les personnes civiles et délicates ; la bonne volonté de profiter des avis ou des corrections par lesquelles un supérieur, un ami, cherchent à réformer des défauts contraires à la civilité et à la politesse : tous ces moyens seront employés avec zèle, et conséquemment avec profit, par les jeunes gens qui sentiront l'importance et la nécessité de se former aux bienséances et à la politesse.

(Politesse et Bienséances, par l'Abbé Théodore de Beauvois)







dimanche 4 septembre 2022

Effets du don de piété



La piété est utile à tout, ayant pour soi les promesses qui regardent la vie présente et celles qui regardent la vie future. (I Tim., IV, 8)


Le don de piété rend l'homme soumis et dévoué envers Dieu, et lui fait ressentir vivement l'injure que le péché fait à Dieu
. « Ce don opère sur le cœur ce que le feu fait sur la cire. Méditez bien cette comparaison, car elle vient du Saint-Esprit : Mon cœur, dit le roi-prophète qui avait reçu ce don, est devenu dans mes entrailles comme de la cire fondue. (Ps. xxi, 15) Le premier effet du feu sur la cire, c'est de l'amollir tellement qu'on peut y imprimer ce qu'on veut : on peut y imprimer Jésus méprisé ou Jésus glorifié, Jésus abandonné à la croix ou servi par les anges dans le désert, Jésus glorifié dans sa résurrection ou méprisé dans sa naissance. La cire est molle, et prend toutes les formes et toutes les figures qu'on lui donne. Ce que le feu opère sur la cire, le don de piété l'opère sur le cœur ; il le rend tendre et maniable, de sorte que Dieu peut en faire ce qu'il veut ; il peut le tourner et le diriger comme il veut. Il n'y a rien de plus beau qu'un tel cœur ; il est exempt de tristesse sur le passé ; il est sans peine sur l'avenir et sans résistance sur le présent ; il regarde Dieu non-seulement comme son Seigneur, mais encore comme son père le plus aimable, de qui il n'a rien à craindre. Il lui est entièrement soumis ; il est content de toutes les dispositions de ce bon-Père, et s'y conforme ; il le loue et le bénit dans toutes les conditions où il le place. »

« Le feu, non-seulement amollit la cire, mais il la fait couler comme l'eau et l'huile. Le don de piété opère la même chose dans le cœur ; il y imprime une dévotion si tendre, un penchant si ardent envers Dieu, et envers tout ce qui tend à son honneur et à son amour, qu'il coule comme la cire fondue. »

« Une affection aussi intime pour Dieu ne peut pas exister sans la compassion. Une âme qui possède la véritable piété et le véritable amour, ne peut voir sans une grande douleur, sans une grande tristesse, les injures qu'on fait à Dieu. Semblable à un enfant qui aime tendrement son père, elle se sent profondément blessée des injures qu'on fait à ce père. Et voilà les douleurs que les saints ressentent plus que tous les maux du monde (P. Pergmayr). »

Le don de piété nous fait aimer et révérer les paroles de la sainte Écriture. « Par l'effet de ce don, toutes les paroles de la sainte Écriture nous sont comme à un enfant les paroles d'un père bien-aimé, comme des lettres que notre Père qui est au ciel nous a envoyées sur cette terre d'exil ; nous apprenons à nous en servir pour nous consoler dans nos épreuves, pour nous fortifier dans nos combats, pour nous animer, en toute circonstance, à la pratique de la vertu (P. Belot). »

Le don de piété nous inspire une grande dévotion envers Marie, et nous porte à honorer les anges et les saints. « Au premier rang, dans les affections du chrétien animé du don de piété, se placent les créatures glorifiées dont Dieu jouit éternellement, et qui jouissent de lui pour jamais. Il aime tendrement Marie, et il est jaloux de son honneur ; il vénère avec amour les saints ; il admire avec effusion le courage des martyrs, et les actes héroïques de vertu accomplis par les amis de Dieu ; il se délecte de leurs miracles, il honore religieusement leurs reliques sacrées (D. Guéranger). »

Le don de piété nous fait aimer tous les hommes comme étant les créatures et les enfants de Dieu. « Le chrétien animé du don de piété voit dans son prochain Jésus lui-même. Sa bienveillance pour ses frères est universelle. Il est disposé au pardon des injures, au support des imperfections d'autrui, à l'excuse pour les torts du prochain. Il est compatissant pour le pauvre, empressé auprès de l'infirme. Une douceur affectueuse révèle le fond de son cœur ; et dans ses rapports avec ses frères de la terre, on le voit toujours porté à pleurer avec ceux qui pleurent, à se réjouir avec ceux qui sont dans la joie (Ibid. — C'est par suite de l'amour vrai qu'il porte à ses frères que le chrétien animé du don de piété s'efforce de secourir, autant qu'il dépend de lui, les pauvres âmes du purgatoire). »

La piété est utile à tout, cette piété qui n'ambitionne que l'honneur de Dieu, éloigne des âmes ce qui peut leur être une cause de douleur, soupire après leur avancement, cette piété enfin qui excite et enflamme notre charité envers Dieu et envers le prochain. (S. Bonaventure)

Le don de piété, en nous faisant aimer Dieu comme notre Père, et les hommes comme étant avec nous les enfants de ce bon Père, fait naître par là même en nos cœurs l'esprit de réparation, c'est-à-dire qu'il nous porte à réparer, par nos prières et nos souffrances, les outrages faits à notre Père par ses enfants eux-mêmes et à obtenir pour ces enfants ingrats le pardon de leurs crimes. Notre-Seigneur révéla plusieurs fois à la B. Marguerite-Marie, qu'il ne voulait pas qu'elle se bornât à aimer et à souffrir, mais qu'il voulait encore que ses souffrances et son amour servissent à la conversion des pécheurs. Il y avait des époques où il lui demandait des réparations et des expiations particulières. C'était dans le temps du carnaval qu'elle éprouvait ordinairement plus de souffrances, parce que c'est le temps où les gens du siècle se livrant au crime avec plus de licence. Dans un de ces jours de péché, son divin Époux se présenta à elle tout déchiré de coups et couvert de meurtrissures ; son sang coulait de toutes parts ; il portait sur ses épaules une croix pesante, et il disait d'une voix triste et douloureuse : « N'y aura-t-il personne qui ait pitié de moi, qui veuille compatir à ma douleur ? Voilà l'état pitoyable où les pécheurs me mettent dans ce temps-ci. » L'épouse de Jésus-Christ fondit en larmes à un spectacle si touchant, et elle s'offrit pour soulager son divin Époux. Il accepta son offre, et depuis ce jour elle se trouva tous les ans, au temps du carnaval, réduite dans un état de grande douleur et de violente maladie.

(Les sept dons du Saint-Esprit)


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dimanche 14 août 2022

Moyens pour obtenir le don de Crainte



La crainte du Seigneur est la fin que se propose l'humilité (Prov., XXII, 4)


La prière
. « Pour nous disposer à recevoir les biens attachés au don de crainte, demandons-le instamment au Saint-Esprit, lui disant souvent avec David : Transpercez ma chair de votre crainte (Ps. CXVIII, 120), remplissez si abondamment de ce don ma volonté et tout mon intérieur, que la crainte découle et déborde sur mon corps et sur tout mon extérieur (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4) »

La méditation. « Méditons souvent les droits infinis que le Seigneur a à nos hommages ; considérons combien nous serions ingrats d'offenser, de contrister en quelque chose un Dieu si bon, un Père si tendre, un Sauveur si dévoué. Rappelons-nous en même temps les grands biens promis dans les divines Écritures à ceux qui craignent le Seigneur, et les abondantes bénédictions qui leur sont annoncées. Les lumières de l'oraison feront naître en nous cette crainte salutaire (P. Belot). »

L'exercice de la présence de Dieu. « Si le souvenir et surtout la présence d'un père, d'un chef, d'un ami, quelquefois même du dernier de nos semblables, nous maintient dans le respect de l'ordre et dans la crainte du devoir, que n'opèrera pas l'habitude de al présence de Dieu sur un cœur animé par la crainte de l'amour ? Qui ne vous craindra pas, ô Roi des nations ? Et en vous craignant comme la bonté même, qui ne s'efforcera de vous plaire, qui n'appréhendera de vous offenser, quand ce souvenir sera mêlé de respect, de crainte, d'amour et de reconnaissance (Mgr le Courtier, Retraite de la Pent.) ? »

Faire la guerre aux craintes diverses opposées au don de crainte. « Toute autre crainte que celle de déplaire à Dieu est indigne d'une âme chrétienne ; mais en particulier il y a trois sortes de craintes qu'il faut soigneusement combattre. La première, qu'on appelle ordinairement peur, vient de la faiblesse de l'imagination ; elle consiste en de vaines terreurs, qui ont souvent pour cause un manque de foi et de confiance en Dieu ; il faut les combattre en s'y opposant directement. Les personnes qui aiment Dieu se croient toujours en sûreté, parce qu'elles sont persuadées que rien n'arrive que par l'ordre de la Providence. Une autre crainte très-dangereuse, c'est la crainte des hommes qu'on appelle respect humain. Une personne spirituelle doit s'appliquer ces paroles du Prophète : Qui êtes-vous pour avoir peur d'un homme mortel ? (Is., LI, 12) N'êtes-vous pas enfant de Dieu ? Et pourquoi vous mettre en peine d'autre chose que de lui plaire ? La troisième sorte de crainte qu'on ne doit point souffrir en soi, c'est celle de Dieu quand elle est excessive, et qu'elle va jusqu'à troubler et tourmenter le cœur. Dieu s'en sert quelquefois pour éprouver et purifier les âmes qui sont à lui, et pour les disposer à recevoir les plus grandes grâces. Cependant elles doivent travailler de leur côté à modérer cette crainte par la confiance et par l'exercice du parfait amour de Dieu, qui, comme dit saint Jean, chasse la crainte (S. Jean, IV, 18), c'est à dire la crainte propre des esclaves (Surin, Cat. spir., t. II, 6e p., ch. VIII). »

Notre crainte doit être telle, qu'elle n'altère point notre confiance en l'immense miséricorde de Dieu ; car sans aucun doute sa bonté l'emporte infiniment sur notre malice. (Saint Bonaventure)

Les personnes qui sont déjà avancées dans la vertu ne doivent pas pour cela cesser de vivre dans une sainte crainte du Seigneur. Un moyen d'entretenir dans leur cœur cette crainte salutaire sera de se souvenir souvent de cette parole de l'Apôtre : Que celui qui est debout prenne garde de tomber. (I Cor., X, 12) « Et qui donc ne craindrait pas ? Lucifer, l'ange très-sage et très-éclairé, était dans le ciel, et il est tombé. Adam était dans le paradis terrestre, et il est tombé. Samson, David, Salomon, saint Pierre, Tertullien, etc., fidèles serviteurs et amis de Dieu, sont tombés. Combien d'hérésiarques ont été d'abord des modèles de vertu ! Des anachorètes d'une grande perfection sont tombés. Des confesseurs de la foi, des martyrs sur le point de recevoir la couronne de vie sont tombés. On en a vu qui ont persévéré dans la sainteté jusqu'à leur vieillesse, et qui ont déshonoré leurs cheveux blancs et ses ont perdus. Si les arbres les plus vigoureux ont été ébranlés par les orages, si la foudre les a écrasés, quelle ne doit pas être notre crainte, nous qui ne sommes que de faibles roseaux ? » (Corneille de la Pierre)

(Les sept dons du Saint-Esprit)


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dimanche 17 juillet 2022

Effets des sept dons du Saint-Esprit



Vous enverrez votre Esprit, et tout sera créé, et vous renouvellerez la face de la terre. (Ps. 103, 30)


Les sept dons sont les sept Esprits envoyés par toute la terre contre les sept esprits mauvais dont parle l'Évangile. « Par le don de crainte, l'Esprit-Saint chasse l'orgueil du cœur de l'homme, et y introduit Dieu par l'humilité. Par le don de piété, il lui fait fouler aux pieds la honte de l'envie, et invite avec douceur le prochain à s'approcher de lui. Par le don de la science, il apaise totalement sa colère, et l'établit dans une douce paix et un calme parfait avec lui-même. Par le don de la force, il dissipe sans retard sa paresse, et excite ardemment les puissances de son âme à agir. Par le don de conseil, il comprime puissamment son avarice, et le porte sagement à acquérir des trésors pour le ciel. Par le don d'intelligence, il met un frein violent à sa gourmandise, et nourrit son âme de délices célestes. Par le don de la sagesse, il lui inspire un mépris courageux de la luxure, le soumet tout entier au joug de la chasteté, et le rend ainsi à la liberté (S. Bonav., liv. I, ch. III). »

Les sept dons du Saint-Esprit donnent secours aux trois vertus théologales et aux quatre vertus cardinales, et par conséquent à toutes les vertus, dans les rencontres difficiles où elles pourraient succomber. « Le don d'intelligence soutient la foi. Le don de science vivifie notre espérance, et nous fait voir comme nous sommes lourdement trompés de nous fier aux hommes et aux choses créées. Le don de sagesse, donnant à la charité la saveur de Dieu et des choses divines, la met tout en flammes. La prudence serait trop courte et s'abuserait souvent sans le don de conseil. La piété tempère les rigueurs de la justice. La force dans certains périls rendrait assurément les armes à l'ennemi, si le don qui porte son nom ne la soutenait dans le combat. Le don de la crainte est nécessaire à la tempérance, pour réprimer les violentes impétuosités de la concupiscence. »

« De tout cela nous pouvons conclure que les dons du Saint-Esprit, possédés en un haut degré, et non-seulement comme ils se trouvent ordinairement dans les justes avec la grâce, ne nous sont point seulement utiles pour faire excellemment notre salut et arriver à la perfection, mais qu'ils y sont même nécessaires ; que ce sont eux qui font les hommes vraiment spirituels ; que sans eux on ne peut bien se défaire de ses vices, dompter absolument ses passions, arracher les mauvaises habitudes, résister aux rudes assauts de la chair, du monde et du démon, remporter des victoires signalées, faire de grandes choses pour son avancement et pour la gloire de Dieu, et parvenir à la sainteté. »

« Les roues neuves d'un chariot ne tournent qu'avec bruit et avec peine ; mais quand elles sont ointes et huilées, elles vont paisiblement et avec promptitude. C'est ainsi que le Saint-Esprit fait aller les roues de notre âme, c'est-à-dire ses puissances, l'entendement et la volonté, avec l'onction et le baume de ses dons, que l'Église qualifie du nom d'onction spirituelle (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 2). »

L'Esprit-Saint, par ses dons, répand en nous la lumière d'une vraie connaissance et la ferveur du saint amour. (Saint Bonaventure)

L'empereur Julien, voulant rendre son apostasie solennelle, fit préparer dans un temple un grand sacrifice aux idoles. Mais, au moment de commencer la cérémonie, le feu de l'autel s'éteignit tout à coup ; les couteaux des prêtres des faux dieux ne purent couper les chairs des victimes, et le sacrificateur, effrayé, s'écria : « Il y a ici quelque Galiléen qui a été nouvellement ou lavé d'eau, ou oint de baume. » (Il voulait dire : ou baptisé, ou confirmé). Alors un jeune page chrétien qui venait de recevoir le sacrement de Confirmation, élevant la voix, lui dit : « C'est moi qui ai fait le signe de la croix et invoqué le nom de Jésus pour attirer cette honte à vos idoles. » L'empereur, qui avait été chrétien, et qui était bien instruit du pouvoir de Jésus-Christ, fut saisi de frayeur. Il appréhenda les effets de la vengeance divine, et sortit du temple couvert de confusion, sans proférer une seule parole. Le courageux soldat de Jésus-Christ rapporta aux chrétiens ce qui venait d'arriver, et ils reconnurent combien ceux en qui habite la vertu de Jésus-Christ par le sacrement de Confirmation, quand on le reçoit dans des dispositions saintes, sont redoutables au démon.

(Les sept dons du Saint-Esprit)


Reportez-vous à Nature du don de Crainte, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.












dimanche 3 juillet 2022

Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit




Ceux que l'Esprit de Dieu fait agir sont enfants de Dieu. (Rom., VIII, 14)


Nature des dons du Saint-Esprit
. « Les dons sont des habitudes qui perfectionnent l'homme pour qu'il suive promptement l'impulsion de l'Esprit-Saint. Comme les dons, les vertus théologales et les vertus cardinales sont aussi des habitudes (1), venues du Saint-Esprit et perfectionnant l'homme ; mais il y a différence de fonctions entre les dons et les vertus. Les vertus surnaturelles sont des forces divines, communiquées à l'âme pour opérer le bien surnaturel. Le don est l'impulsion qui met ces forces en mouvement. Ce que la sève est à l'arbre, les vertus infuses le sont à l'âme baptisée. Mais pour qu'un arbre croisse et porte des fruits, il est nécessaire que la sève soit mise en mouvement par la chaleur du soleil. De même, par le baptême, le chrétien possède la sève des vertus surnaturelles ; mais, s'il veut croître et porter des fruits, il faut que cette sève divine soit mise en mouvement par l'Esprit aux sept dons. » (Mgr Gaume, t. II, ch. XXV)

(1) Entre la puissance, qui est une disposition naturelle à quelque chose, et l'acte effet et exercice de cette puissance, il y a l'habitude. Celle-ci est une qualité attachée à la puissance, qui la porte à exercer aisément son action. Ainsi l'on dit d'un enfant doué d'une belle voix et d'une oreille juste, qu'il a de la disposition pour la musique ; quand il s'exerce à chanter, il réduit en acte cette disposition naturelle ; lorsque ensuite il a acquis par l'exercice une grande facilité à chanter, on dit de lui qu'il a l'habitude de la musique, qu'il est musicien. L'habitude est une qualité fixe et durable. (P. Belot, p. 15)

« Les vertus théologales sont supérieures aux dons, parce que l'esprit de l'homme n'est pas mû par l'Esprit-Saint, s'il ne lui est uni d'une certaine manière ; or, la première union de l'homme est celle qui s'opère par la foi, l'espérance et la charité ; les dons, par conséquent, présupposent ces vertus qui sont leurs racines (S. Thomas, 1. 2, q. 68, art. 4, ad 3) »
« Mais les vertus morales surnaturelles sont inférieures aux dons. Quant aux vertus morales naturelles, elles ne perfectionnent l'âme que selon la raison, et elles peuvent être séparées de la grâce sanctifiante (P. Lallemant, IVe princ., ch. III, art. 1). »

Nécessité des sept dons. « Par les vertus théologales et morales, l'homme n'est pas tellement perfectionné dans ses rapports avec sa fin dernière, qu'il n'ait encore besoin d'être mû par une impulsion supérieure de l'Esprit-Saint. Les dons du Saint-Esprit, soit comme principes de mouvement surnaturel, soit comme éléments de lumière, de force et de défense, sont aussi nécessaires au salut que le mouvement à la vie, la chaleur à la sève, le vent au navire, la vapeur à la locomotive (Mgr Gaume, ch. XXV). »

Du don habituel et du don actuel. « Distinguons, dans les dons du Saint-Esprit, l'habitude de l'acte, c'est-à-dire le don habituel du don actuel. Le don actuel consiste en ces lumières particulières et en ces inspirations à l'aide desquelles l'Esprit divin nous excite intérieurement à certaines opérations fort nobles qui dépassent la capacité humaine. L'habitude du don est une qualité spirituelle, qui est versée en nous simultanément avec la grâce, et qui a la propriété de rendre nos puissances souples et dociles, de les incliner et de les disposer à l'obéissance envers l'Esprit-Saint, chaque fois que, par un instinct particulier et par ses inspirations, il nous pousse à ces actes. Elle s'appelle habitude : bien qu'en effet l'Esprit-Saint ne nous excite pas toujours par des motions spéciales à des œuvres extraordinaires ; il réside cependant toujours dans cette qualité infuse, qui nous rend prompts à adhérer à ses impulsions dès qu'il les imprime en nous. »

« Et ainsi se résout d'elle-même une difficulté qui pourra venir à l'esprit du lecteur : Si tous ceux qui sont en état de grâce ont reçu par infusion, avec les vertus théologales et morales, les dons du Saint-Esprit, pourquoi tous n'en font-ils pas les actes ? Si tous reçoivent par infusion le don de force, pourquoi tous n'éprouvent-ils pas en eux-mêmes une vigueur suffisante pour exercer des actes de force héroïque ? Même question pour les autres dons. La réponse est contenue dans ce que nous avons déjà dit. Les dons habituels sont versés en nous par l'Esprit divin avec la grâce sanctifiante ; mais il n'en est pas de même des dons actuels. D'où il suit que toute âme juste possédant le don de la force n'est pas pour cela extraordinairement forte dans ses opérations (Scaramelli, Dir. myst., Ier traité, ch. VI). »

Nombre des dons. « Le prophète Isaïe dit en parlant de Jésus-Christ : L'Esprit du Seigneur reposera sur lui, l'Esprit de sagesse et d'intelligence, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de science et de piété, et il sera rempli de la crainte du Seigneur (Is., XI, 2) (la crainte que nous ouvre la marche vers les hauteurs de la perfection se montre seule dans l'énumération d'Isaïe. Ensuite le saint prophète associe ensemble les dons qui ont du rapport l'un à l'autre, et dont l'un regarde plus spécialement l'entendement, et l'autre la volonté. P. Belot, p. 12). Ces dons ne sont qu'au nombre de sept, parce que, dit saint Grégoire, le nombre sept représente l'universalité, et de même que le monde a été conduit en sept jours à sa perfection, de même l'homme, qui en est l'abrégé, devient parfait par les sept dons du Saint-Esprit. Ces sept dons sont nécessaires à sept besoins de l'homme, tant pour la vie active que pour la vie contemplative. Les cinq derniers, selon saint Anselme, regardent la vie active ; et les deux plus élevés, la vie contemplative. Ainsi ces sept dons sont sept rayons spirituels aussi brillants qu'enflammés, et procédant du soleil d'une charité tout embrasée. Sur eux, comme sur sept colonnes qui en sont le soutien, l'ornement et la perfection, la sagesse s'est bâti une demeure et un sanctuaire (S. Bonaventure, liv. I, ch. II — Isaïe, considérant les dons en Notre-Seigneur, les a énumérés en commençant par le don le plus élevé. S. Bonaventure et les anciens Pères, qui les ont considérés en nous-mêmes, ont dû suivre l'ordre inverse, parce que les dons se développent en nous dans cet ordre. Quelques auteurs, tels que le P. Saint-Jure, ont d'abord traité des trois dons destinés à perfectionner la volonté, la crainte, la force et la piété ; et ensuite des quatre autres, qui ont leur siège dans l'entendement. Nous avons adopté l'ordre suivi par saint Bonaventure). »

Donnez-moi un vaisseau, un pilote, d'habiles matelots, des voiles, des câbles, des ancres, tout ce qu'il faut pour que le vaisseau soit complet ; si le vent manque, tout n'est-il pas retardé ? Ainsi en est-il si le Saint-Esprit est absent. Quelque science, quelque intelligence que l'on ait, tout est inutile sans l'aide du Saint-Esprit. (Saint Chrysostome)

Par le sacrement de Confirmation, nous recevons le Saint-Esprit avec l'abondance de ses dons. C'est pourquoi on doit s'y disposer par d'ardents désirs, quand on ne l'a pas encore reçu, et en garer ensuite le souvenir, en conserver le fruit avec une pieuse reconnaissance.
« Je me souviens avec bonheur, écrit un missionnaire, d'avoir rencontré une petite fille de dix ans très-bien instruite de la religion, ce qui, à cet âge, est extrêmement rare chez les Chinois. Cette enfant désirait avec ardeur le sacrement de Confirmation, que j'hésitais néanmoins à lui accorder, parce que je la trouvais trop jeune. Je voulus m'assurer si son courage égalait son intelligence, et je lui dis : “Après que tu auras été confirmée, si le mandarin te met en prison et qu'il t'interroge sur ta foi, que répondras-tu ? — Je répondrai que je suis chrétienne par la grâce de Dieu. — Et s'il te demande de renoncer à l'Évangile, que feras-tu ? — Je répondrai : Jamais ! — S'il fait venir les bourreaux et qu'il te dise : Tu apostasieras, ou l'on va te couper la tête, quelle sera ta réponse ? — Je lui dirai : Coupe !” Enchanté de la voir si bien disposée et si fortement résolue, je l'admis avec joie au sacrement qui faisait l'objet de tous ses vœux. » (Annales de la Propagation)

(Les sept dons du Saint-Esprit)


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lundi 27 juin 2022

Fondements de la Dévotion au Sacré Cœur de Jésus



Que toute la sainteté, toute la perfection du chrétien, du religieux, consiste à imiter Jésus-Christ et à reproduire les vertus de ce divin modèle, c'est une vérité que l'on ne saurait révoquer en doute. Ceux que Dieu a connus d'avance devoir être à lui, il a voulu qu'ils fussent conformes à son Fils (Rom. 8).
Que Jésus-Christ soit le principe de la vie surnaturelle pour ses membres, et que de lui, comme de la racine, provienne la sève qui nourrit toutes les branches de ce grand arbre, c'est ce qu'on ne peut nier : Je suis, nous dit-il lui-même, le cep et vous êtes les branches, Ego sum vitis, vos palmites. (Jo.15.)
Que ce divin Sauveur soit la source unique des grâces accordées à ses membres ; qu'il soit la règle universelle que nous devons consulter en tout ; qu'il soit le moyen nécessaire par lequel tout doit se faire dans l'ordre surnaturel ; enfin qu'il soit la fin propre et immédiate du chrétien qui ne peut arriver à Dieu que par Jésus-Christ, c'est ce qui n'est pas moins certain
S'unir à Jésus-Christ comme à son chef, l'imiter comme son modèle, s'appuyer sur lui comme sur le fondement qui soutient tout l'édifice, tendre à lui comme à sa fin ; voilà le devoir de tout chrétien ; voilà l'étude et le travail de sa vie tout entière ; voilà le commencement, le progrès, la fin de la perfection (Jo. 14 et 15 ; Rom. 3).
Jésus-Christ, dit saint Augustin, ne doit point être considéré comme séparé des hommes auxquels il s'est uni par l'incarnation. Le chef et le corps ne font qu'un seul homme, un seul christ. Le Sauveur du corps et les membres du corps sont réunis en quelque sorte dans une même chair : leur prière est commune, leurs souffrances sont communes, et lorsque le temps de l'iniquité aura passé, le repos et le bonheur leur seront communs (Apoc. 22).
Mais s'il en est ainsi, si selon la doctrine de saint Augustin et avant lui de l'apôtre saint Paul, nous ne faisons tous qu'un même corps avec Jésus-Christ, duo in carne una, si sa prière est notre prière, et in voce una, si les souffrances auxquelles nous sommes soumis, et les joies que nous espérons nous sont communes avec lui, et inpassione una, et in requie una ; si enfin il n'y a dans l'Église qu'un chef qui est Jésus-Christ, caput Christus (Eph. 4), ne doit-on pas dire dans le même sens qu'il n'y a aussi qu'un seul cœur? Oui, dit saint Bernard, votre cœur, ô Jésus, est aussi le mien (Serm. 3 de Pass.). Ne considérons donc pas le cœur de Jésus-Christ comme le cœur du Fils de Dieu seulement, mais comme le cœur de tous les hommes : s'il a été rempli de grâce et embrasé d'un amour infini, c'est afin qu'il versât en nous de sa plénitude et que le feu sacré dont il brûle consumât le nôtre, de plenitudine ejus nos omnes accepimus (Jo. 1).
Oui, le cœur de Jésus est le foyer universel qui communique ses ardeurs à toute âme qui aime son Dieu.
Il est le précieux supplément accordé à notre faiblesse et destiné à élever à des proportions infinies nos actions et nos vertus, nos prières et nos mérites.
Il est l'organe admirable donné à la nature humaine pour accomplir dans sa perfection le grand précepte de l'amour,
Le cœur de Jésus est la vie des cœurs ; c'est lui qui leur communique la grâce et la force, l'amour et la fécondité des bonnes œuvres.
Le cœur de Jésus est le modèle de tous les cœurs ; c'est lui qui les éclaire de sa lumière ; c'est en lui que nous trouvons, réalisées dans la plus haute perfection, les vertus que nous devons pratiquer.
Le cœur de Jésus est le roi des cœurs ; à lui de les diriger et de régler toutes leurs affections. Comme le soleil détermine tous les mouvements et règle les évolutions des corps célestes qui composent notre système planétaire, ainsi ce bienfaisant soleil des esprits doit régler la marche et les mouvements de tous les autres cœurs et les entraîner tous avec lui dans sa course divine.
Tel est l'office du cœur adorable de Jésus ; si ce divin Sauveur est justement appelé l'homme par excellence, Ecce homo, son cœur doit être aussi regardé comme le seul cœur véritablement saint et digne de Dieu, puisque ce n'est que par lui et en lui que les autres peuvent être agréables à la divine Majesté. Voilà le point de vue auquel il faut se placer pour avoir une idée juste de la dévotion dont il est ici question. Il nous sera facile maintenant de comprendre quel en est l'objet propre et le véritable esprit, et quelle est la pratique la plus solide et la plus substantielle à laquelle il convient que s'attachent de préférence et avant tout, ceux qui font profession d'honorer le cœur de Jésus.

(Manuel de la Dévotion au Sacré-Cœur de Jésus)


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