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dimanche 12 janvier 2020

Règlement pour les écoliers pendant les vacances


L'écolier vertueux


Règlement pour les écoliers pendant les vacances (datant de 1860)



Pour bien passer le temps des vacances, il faut chaque jour :

1. Réciter dévotement les prières du matin et du soir.
2. Faire la résolution d'éviter le péché et de bien remplir ses devoirs.
3. Assister dévotement à la sainte messe.
4. Être bien obéissant à ses parents.
5. Offrir souvent son cœur et ses actions à Dieu.
6. Étudier son catéchisme.
7. Faire une page d'écriture matin et soir.
8. Faire quelques saintes lectures, et jamais de mauvaises.
9. Dire dévotement et à genoux l'Oraison universelle (puis Souvenez-vous... prière de saint Bernard à la sainte Vierge).
10. Chanter quelques cantiques spirituels.
11. Dire l'Angelus trois fois le jour, le matin, à midi, et le soir.
12. Dire le Benedicite et les Grâces, à chaque repas.
13. Aller visiter et adorer le très saint Sacrement.
14. Dire le chapelet, afin d'acquérir et conserver la dévotion envers la très sainte Vierge.
15. Éviter soigneusement les mauvaises compagnies.
16. Éviter les lieux défendus ou dangereux.
17. Éviter les jeux défendus.
18. Ne point se baigner à nu.
19. Ne point aller dérober les fruits à la campagne.
20. Sanctifier le saint Dimanche par l'assistance à la messe et aux offices de la paroisse.
21. Se confesser au moins une fois pendant le temps des vacances.
22. Lire souvent et bien observer le présent Règlement.

Les parents sont invités à faire observer ce petit Règlement.


samedi 14 décembre 2019

Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin


Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME II, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :




Des divertissements



Quels divertissements conviennent aux personnes spirituelles ?

On distingue trois sortes de divertissements ; les uns sont nuisibles, les autres indifférents ; les derniers qui sont utiles, conviennent aux personnes spirituelles, parce que ce sont les seuls qui soient compatibles avec la pratique de la vertu.


Quels sont les divertissements nuisibles ?

Tous ceux où il entre du vice, et qui sont accompagnés de quelque excès. Tels sont les festins où la tempérance n'est pas gardée, presque tous les plaisirs du théâtre, et en particulier les comédies représentées par des gens qui n'ont point d'autre profession que de divertir le public ; le jeu où l'on risque beaucoup, ou qui emporte un temps considérable ; tous ces divertissements et plusieurs autres semblables, ne sauraient s'allier avec le soin de la perfection. Ceux qui croient n'avoir autre chose à faire qu'à passer le temps, qui jouent presque tout le jour, et souvent une grande partie de la nuit, ne sont point propres au Royaume de Dieu ; et ils sont même très-coupables, parce qu'ils abusent de la vie que Dieu ne leur a pas donnée pour la perdre misérablement au jeu ; mais pour l'employer à faire de bonnes œuvres. Ce n'est pas à dire que tout jeu soit criminel. Une personne, qui pour se délasser de l'application aux affaires, jouerait quelque temps dans son domestique, ne ferait rien contre la vertu. Mais, on ne peut excuser d'excès et de dérèglement ceux qui tiennent académie de jeu, ou qui jouent presque continuellement, et pour ainsi dire, par état et par profession, y employant autant de temps que les personnes régulières en mettent à s'acquitter des devoirs de leur condition.


Quels sont les divertissements indifférents ?

Ce sont ceux qu'on peut prendre sans péché, mais dont on ne tire d'autre profit que de se relâcher l'esprit. De ce nombre sont, le jeu quand il est modéré, la promenade, les concerts de musique, et les autres plaisirs qu'on appelle innocents : ils ne conviennent nullement aux personnes spirituelles, si ce n'est lorsqu'elles ne peuvent les éviter, et que c'est le hasard ou l'occasion qui les présente. La raison est, que dans ces sortes de récréations, quoiqu'honnêtes et exemptes de vice, il n'y a pourtant rien que d'humain et de naturel ; et que tout ce qui n'est qu'humain et naturel, abaisse l'esprit, l'affaiblit et en diminue la ferveur, si bien qu'il a besoin ensuite de faire des efforts pour s'élever jusqu'à Dieu. Il ne suffit pas à ceux qui ont leur perfection à cœur, d'éviter ce qui est péché ; ils doivent avec grand soin s'éloigner de tout ce qui peut diminuer leur ferveur et leur union avec Dieu. Il y a des fruits qui ne sont bons pour la santé que lorsqu'ils ont été confits dans le sucre. Il faut que les plaisirs soient assaisonnés par quelque profit spirituel, ou qu'ils se terminent à quelque bonne œuvre, pour être au goût d'une âme qui cherche Dieu.


Quels sont les divertissements utiles, et comment peut-on les rendre tels ?

Une personne qui désire son avancement spirituel, quand elle a besoin de prendre quelque relâche, accommode tellement les choses que la bonne œuvre se trouve toujours jointe au plaisir, et que ce qui procure son divertissement contribue à satisfaire son principal désir, qui est de contenter Dieu et de le trouver partout. Si elle cherche à se récréer dans quelque conversation, ce sera avec des personnes vertueuses, auprès desquelles elle trouvera, avec le divertissement qu'elle cherche, l'avantage de parler et d'entendre parler de Dieu. Si elle a besoin de prendre l'air à la campagne, elle choisira si bien son temps, qu'il y aura quelques personnes à instruire, ou quelqu'autre service à rendre au Seigneur. Si c'est une personne soumise à l'obéissance, elle n'envisagera que la volonté de Dieu qui lui est manifestée par celle de ses Supérieurs ; et ce sera là l'unique motif qui occupera son cœur et son esprit dans le soulagement qu'elle prendra. Pour cela, elle n'aura pas besoin de se faire violence, parce que ceux qui marchent dans la voie de la perfection, ne peuvent pas trouver leur paix et leur tranquillité dans des choses purement naturelles. Si leurs divertissements n'étaient saints, comme toutes leurs autres actions, ils cesseraient d'être des divertissements pour eux. Voilà pourquoi ceux qui sont entièrement à Dieu, craignent sur toutes choses de s'en séparer et de le perdre de vue ; ce qui leur arriverait, s'ils mettaient leur plaisir, leur appui et leur confiance en quelque objet où Dieu ne se trouvât pas.
Comme il faut que la parole du Fils de Dieu s'accomplisse : Ce qui est né de la chair, est chair, et ce qui est né de l'esprit, est esprit (Jean 3, 6) ; les personnes spirituelles, convaincues de cette vérité, ne s'arrêtent point à ce qui est naturel et sensible ; elles percent les apparences, pour saisir en toutes choses ce qu'il y a de surnaturel et de divin ; et jusque dans les divertissements et les besoins de la vie, elles n'envisagent que ce qui a rapport à Dieu, et qui peut contribuer à sa gloire. Pour ceux qui disent que les choses qui regardent Dieu ne sont pas propres à les récréer, ils font bien voir par un tel aveu, que Dieu ne règne pas seul dans leur cœur. Il est vrai qu'il n'y aurait pas de la prudence à chercher son divertissement dans l'oraison, l'étude, les lectures sérieuses, et dans d'autres exercices qui demandent une grande application d'esprit : mais il n'est pas moins vrai aussi, que ce qu'on aime plaît toujours ; que ce qui contente le cœur, est très-propre à récréer l'esprit, et qu'il y a des occupations fort saintes qui peuvent servir de divertissements ; comme il y a des divertissements, dont les gens de bien savent faire autant de moyens de servir Dieu, et de procurer sa gloire.



Reportez-vous à Du Silence, par Saint Vincent Ferrier, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, Méditation sur l'Autorité, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les bonnes et les mauvaises Paroles, Méditation sur la différence des devoirs, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la connaissance des vertus et des vices, VIE CHRÉTIENNE : Conduite pour sanctifier les Dimanches et Fêtes de l'année, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la sanctification du dimanche, Prière à réciter quand on ne peut assister à la messe les dimanches et fêtes d'obligation, VIE CHRÉTIENNE : Entrer dans l'esprit des différentes Solennités, Petits exercices de piété, VIE CHRÉTIENNE : Le coucher, VIE CHRÉTIENNE : La prière du Matin, la Bonne Pensée, la Méditation, et la Lecture Spirituelle, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Passion de Jésus-Christ, Le Saint Curé d'Ars dans sa conversation : Pensées de M. Vianney sur les joies de la vie intérieure, Saint Joseph, patron et modèle des âmes intérieures, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Dévotion au Sacré-cœur de Jésus : Don de l'Esprit et Vie intérieure, La dévotion au Cœur sacré de Jésus : Réparation, immolation, pénitence, confiance et pur amour, Jésus crucifié est le Livre des Élus, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), et Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4).
















lundi 25 novembre 2019

Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts


Extrait de « Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire » par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus :




Veillez dans la prière, exerçant la charité les uns envers les autres (I Petr. IV, 7)


Il ne serait pas facile de décider à qui la prière pour les morts est le plus utile, ou aux morts eux-mêmes ou à ceux qui travaillent à leur délivrance. En effet, si d'une part les âmes du purgatoire sont puissamment soulagées par nos suffrages, de l'autre elles nous obtiennent elles-mêmes des grâces non moins précieuses. La vie de la vénérable Mère Françoise du Saint-Sacrement, qui avait la plus grande dévotion à ces pauvres âmes, peut fournir d'utiles éclaircissements sur ce sujet.
Elle avait été élevée dans cette sainte pratique, et tant qu'elle vécut elle y resta fidèle ; elle était tout cœur, tout dévouement envers ces âmes souffrantes ; pour elles chaque jour elle récitait le rosaire, qu'elle avait coutume d'appeler son aumônier, et elle en terminait chaque dizaine par le Requiescant in pace. Les jours de fêtes, où elle était plus libre de son temps, elle y ajoutait l'office des morts. La meilleure partie de l'année, elle se condamnait pour elles au jeûne au pain et à l'eau, sans parler des cruelles disciplines dont elle accablait son corps ; ainsi, elle ne quittait jamais son rude cilice. Le repos qu'elle était obligée de prendre, elle le troublait encore par plusieurs genres de mortifications. Toutes les fonctions dont elle s'acquittait, les travaux qu'elle faisait, les pensées de son esprit, les souffrances intérieures, les fatigues du corps, les persécutions continuelles des démons, elle consacrait tout aux âmes des défunts.
Ce n'est pas tout. Elle s'unissait avec les religieuses qu'elle fréquentait davantage, afin de former avec elles une sorte de ligue de bonnes œuvres et de prières. Quand des ecclésiastiques venaient au monastère, elle les exhortait à dire des messes de Requiem ; elle en faisait autant envers les laïques qu'elle voyait, les engageant à répandre beaucoup d'aumônes dans le même but. En un mot, pour les secourir, elle avait renoncé au mérite personnel de ses œuvres ; elle présentait chaque jour à la justice divine, pour leur soulagement, les oraisons, les pénitences, les privations qu'elle s'imposait, et les indulgences qu'elle gagnait. Le malin esprit s'efforça de lui suggérer une pensée de regret ; il lui représenta qu'en se dépouillant ainsi de tous ses mérites elle n'en aurait plus aucun quand elle paraîtrait devant Dieu, et devrait par conséquent souffrir elle-même un long purgatoire. Mais il ne réussit point ; tout retour d'intérêt propre était impossible à cette âme généreuse et ferme comme le diamant : les défunts qui lui apparaissaient l'assuraient d'ailleurs qu'ils sauraient bien compenser cette différence par leur intercession quand ils seraient délivrés, et que DIEU ne ferait point tourner contre elle son héroïque charité.
Ceci nous amène à dire encore un mot de la reconnaissance des âmes du purgatoire envers leurs bienfaiteurs. On la vit dans cette sainte femme. Ces âmes la visitaient fréquemment, non-seulement pour solliciter ses suffrages, mais pour l'en remercier. Des témoins ont assuré que, plusieurs fois, elles l'attendirent visiblement à sa porte, quand elle se rendait à l'office de matines, pour se recommander à elle ; d'autres fois, elles pénétrèrent dans sa chambre, afin de lui présenter leur requête ; elles se rangeaient autour de son lit jusqu'à ce qu'elle s'éveillât. Pour elle, elle ne témoignait aucune crainte devant ces apparitions, qui auraient rempli tout autre de frayeur. « Nos peines sont adoucies, disaient les âmes, rien que par votre présence. » Elles lui disaient en entrant, afin qu'elle ne se crût point le jouet de quelque rêve ou d'une illusion du démon : « Nous vous saluons, servante de DIEU, épouse du Seigneur : que Jésus soit avec vous toujours ! » Puis, elles témoignaient leur vénération pour une grande croix et pour des reliques que leur bienfaitrice conservait dans sa cellule. Si elles la trouvaient récitant le rosaire, ajoutent les mêmes témoins, elles le lui prenaient des mains et semblaient le baiser avec respect et confiance, comme un instrument de salut et de délivrance. Elles la prévenaient des artifices de Satan, des pièges qu'il dressait contre elle et des tentations ou des illusions qu'il lui préparait, afin qu'elle se disposât à les déjouer par les sacrements et par la prière.
Dans le but de la toucher davantage, elles se montraient à elle sous des formes particulières. C'était, ordinairement, accompagnées des signes ou des instruments de leurs péchés, devenus ceux de leur châtiment. Tantôt c'étaient des évêques la mitre en tête, la crosse à la main, revêtus de la chasuble, et en même temps environnés de flammes ; ils lui disaient : « Nous souffrons tout ceci pour avoir recherché ambitieusement les dignités, et n'avoir point correspondu aux obligations qu'elles nous ont fait contracter. » D'autres fois, c'étaient des prêtres avec leurs ornements en feu, l'étole transformée en chaîne, les mains couvertes d‘ulcères : ils s'accusaient d'avoir traité avec irrévérence le divin corps du Seigneur, et d'avoir administré sans respect les sacrements. Un religieux, se fit voir entouré d'objets précieux, d'écrins, de fauteuils, de tableaux, tout en flammés, parce que, manquant à son vœu de pauvreté, il avait rassemblé ces futilités dans sa cellule. Elle vit aussi un notaire de Soria avec tous les insignes de sa profession, qui, accumulés autour de lui et enflammés, le tourmentaient terriblement : « J'ai employé cet encrier, cette plume, ce papier, dit-il, à des actes illégitimes, contraires à la justice et à l'équité. J'avais aussi la passion du jeu : et ces cartes tout en feu que je suis obligé de tenir dans les mains font ma punition. Cette bourse brûlante contient mes gains illicites et me les fait expier. Au moment de mourir, j'aurais infailliblement couru à ma damnation, si une sincère contrition n'avait alors rempli mon cœur. Du moins suis-je condamné à un long et rigoureux purgatoire, si vous ne consentez charitablement à l'abréger par vos bonnes œuvres. » Ces apparitions causaient un grand chagrin à la servante de DIEU ; mais d'un autre côté, elle éprouvait une immense consolation lorsque les âmes délivrées venaient la remercier avant de monter au ciel.
Nous ne pouvons passer sous silence le trait qui concerne Christophe de Ribéra, évêque de Pampelune. Ce prélat, ayant appris que la Mère Françoise était animée d'une grande dévotion pour l'Église souffrante, et qu'elle avait eu révélation que trois de ses prédécesseurs sur ce siège étaient encore dans le purgatoire, s'empressa de prier et de faire prier pour eux, mu par un sentiment de vive compassion ; et, comme c'était le moment où l'on distribuait dans toute l'Espagne les bulles dites de la Croisade, qui contiennent pour ce royaume des privilèges spirituels, il en envoya quatorze à la servante de DIEU, en lui faisant dire d'en appliquer trois pour les trois évêques, et les onze autres suivant son inspiration. La nuit suivante, les trois prélats apparurent à Françoise et lui rendirent grâces ; ils la prièrent de remercier pour eux Christophe de Ribéra. D'autres âmes lui demandèrent de leur appliquer le fruit des autres bulles : ce qu'elle fut heureuse de leur accorder. Les apparitions se multiplièrent dans cette circonstance, et, par son empressement à intercéder et à mériter, la sainte rendit de nouveau gloire à DIEU.

(V. Vie de Françoise du Saint-Sacrement, par le frère Joachim de Sainte-Marie, I. II)



Reportez-vous à Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du Purgatoire, Comment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Dévotion aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pour que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.















vendredi 11 octobre 2019

VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites


Extrait de "MORALE CHRÉTIENNE EN FORME DE MÉDITATIONS, ET VIE CHRÉTIENNE, Où l'on donne des Règles pour faire ses actions, remplir ses devoirs en Chrétien, et passer saintement les Dimanches et les Fêtes", Ed. 1811 :


Vitrail de la Visitation, Archiconfrérie N-D. des Victoires



VIE CHRÉTIENNE, Où l'on donne des règles pour faire en Chrétien toutes les actions de la vie, pour remplir dignement ses devoirs, soit généraux, soit particuliers.



DES REPAS


Les repas sont un soulagement nécessaire à la nature. La faim et la soif sont les deux grandes maladies de l'homme, le manger et le boire en sont le remède : n'en usez donc que comme d'un remède.
Pour prendre vos repas en chrétien, ne négligez point, en les commençant, la pieuse coutume de bénir les viandes ; mais que ce soit avec attention, avec foi et piété. Pensez, si vous n'êtes point de ceux à qui l'Apôtre ne permet pas de manger, parce qu'ils ne travaillent pas ; en ce cas, détestez votre oisiveté. Loin de regarder les viandes avec joie, gémissez plutôt d'être encore sujet aux nécessités humiliantes de nourrir votre corps comme les bêtes. Relevez cette action en la consacrant à Dieu, priez-le qu'en bénissant les viandes, il vous les rende profitables. Priez-le surtout qu'elles ne servent pas au démon pour vous tenter, et que l'appât du plaisir ne vous expose point à quelque péché.
Pendant vos repas, observez une tempérance exacte, convaincu que l'on ne doit user des aliments que comme des remèdes ; ne passez jamais les bornes de la nécessité autant que vous le pouvez connaître. Ne cherchez ni la délicatesse ni la somptuosité à la table. Ne mangez point avec avidité, ni hors du temps convenable. On en use ainsi pour les remèdes, et c'est toujours une faute de n'en pas user de même pour la nourriture : d'ailleurs un corps que l'on flatte, expose à bien des péchés. Accoutumez-vous à lui retrancher quelque chose de ce que vous pourriez lui accorder. Le retranchement de quelques mets agréables est un grand mérite devant Dieu.
Observez exactement l'abstinence et les jeûnes commandés par l'Église. En jeûnant, ne devancez pas l'heure du repas ; et que vos collations ne soient pas des soupers ; qu'elles soient légères. Souvenez-vous que Dieu jugera lui-même les excuses et les dispenses qu'on allègue pour ne pas observer les lois de l'Église.
L'ivrognerie est un crime honteux, indigne non seulement d'un Chrétien, mais d'un homme raisonnable. Un ivrogne est incapable de tout bien, capable de tous les maux, disposé à violer tout ce qu'il doit à Dieu et à son prochain ; il ruine également ses biens et sa réputation, sa santé et son âme. Vous ne sauriez avoir trop d'horreur et d'éloignement pour un vice si détestable.
En évitant l'intempérance pour vous, ne vous rendez pas coupable de celle des autres, soit en les excitant à des excès, et à violer les lois du jeûne ou de l'abstinence ; soit en ne les empêchant pas, autant que vous le devez. Le péché en ce point n'en est pas moins grief pour être plus commun.
L'intempérance n'est pas la seule faute que l'on commette dans les repas. Soyez en garde contre les médisances, les railleries, les bouffonneries, les mauvais contes, les paroles indécentes, les chansons dissolues, les louanges outrées, enfin contre tout ce qui peut blesser la pudeur, la piété, la charité, et tout ce qui autorise l'impudence, la Sensualité, etc. Élevez votre cœur à Dieu de temps en temps. Pensez à nourrir votre âme en nourrissant votre corps. Quelques lectures de piété vous seraient d'un grand avantage. Rappelez du moins quelques pensées édifiantes. Que les viandes que l'on sert, vous fassent souvenir du banquet céleste.
Qu'il est difficile d'observer ces règles dans les cabarets et dans les festins, surtout de mariage ? Évitez-les autant que vous le pourrez. Que la nécessité seule vous y conduise. N'y allez jamais qu'en tremblant. N'y allez point du tout, lorsqu'ils vous seraient une occasion de péché. Aller dans ces festins, où l'on fait gloire de violer toutes les lois de la modestie et de la tempérance chrétienne, c'est s'exposer au danger évident de souffrir avec le riche sensuel une faim et une soif éternelles.
Après le repas, soyez exact à rendre grâces à Dieu, et à examiner les manquements dans lesquels vous serez tombé, pour en gémir et les corriger. Demandez à Dieu la grâce de faire un saint usage des forces que vous venez de prendre.

Cf. Bénédicités et Grâces (prières avant et après le repas) dans votre Missel (avant 1958) ou Livre bleu (Livre de prières, de cantiques et d'exercices spirituels).


Prière avant le repas :

Mon Dieu, bénissez la nourriture que je vais prendre pour m'entretenir dans votre service. Que par votre bénédiction, cette nourriture soit salutaire à mon corps, et qu'elle ne soit pas nuisible à mon âme. Faites, ô mon Dieu, qu'en prenant mon repas, j'observe toutes les règles de la tempérance et de la modestie, de la charité et de la piété. Pendant que vous donnez le pain matériel à mon corps, ne refusez pas à mon âme le pain de votre grâce.


Prière après le repas :

Mon Dieu, je vous remercie de la nourriture que vous m'avez donnée, faites-moi la grâce d'en bien user. Vous m'avez donné la nourriture qui périt, donnez-moi celle qui demeure jusqu'à la vie éternelle. Que je sois toujours en état de dire comme votre Fils : Ma nourriture est de faire votre sainte volonté. (Joan. 4. 34)



DES RECRÉATIONS


Les Récréations semblent peu convenables à un Chrétien, dont la vie doit être une pénitence perpétuelle ; moins encore à un pécheur, qui ne mérite que l'enfer : cependant il y a des récréations permises, parce qu'il y en a de nécessaires. Le corps fatigué par de longs et pénibles travaux, a besoin de repos ; l'esprit épuisé par une forte application, a besoin de relâche.
Ne vous récréez jamais que par besoin, c'est le besoin seul qui rend la récréation permise. Elle ne doit interrompre le travail précédent que pour préparer à celui qui suit. C'est un remède, et le remède est pernicieux quand il est inutile. Employez peu de temps à vous récréer. La récréation longue passe les bornes de la nécessité ; ce n'est plus un délassement permis, c'est une oisiveté criminelle. Une vie de divertissement et de plaisir, est une vie antichrétienne et de réprouvé ; Souvenez-vous de cette maxime des Pères, qu'un pécheur doit se priver de plusieurs plaisirs permis, pour expier les criminels. N'employez jamais à la récréation le temps des divins Offices et de la Prière. Si le repos en Dieu ne vous suffit pas, du moins ne devons-nous pas lui préférer le repos que l'on cherche dans les divertissements du monde. Étrange erreur et trop ordinaire, de s'imaginer que les Dimanches et les Fêtes consacrées au culte du Seigneur, soient destinés à délasser le corps par des jeux et des amusements.
Évitez tous les divertissements défendus et dangereux. Nous n'avons que trop de penchant au péché, sans le fortifier par de telles récréations. Les jeux de hasard, les danses, les bals, les mascarades, ont été regardés par les Pères de l'Église, comme les pompes de Satan auxquelles nous avons renoncé au Baptême. Les veillées et les promenades, de la manière dont on s'y comporte ordinairement, ne conviennent point à des Chrétiens qui veulent se sauver. Regardez avec horreur tous ces jeux accompagnés de paroles ou de gestes qui réveillent des pensées impures, les débauches du carnaval, de la veille des Rois, de la Saint-Martin, etc.
Si vous jouez de l'argent à des jeux permis, que ce soit peu de chose : ne jouez jamais précisément pour gagner ; on ne doit jouer que pour se délasser. Ne vous emportez point dans la perte. N'insultez pas à ceux qui perdent. Ne vous récréez pas indifféremment avec toutes sortes de personnes. Les personnes attachées au jeu vous feront passer les bornes d'une récréation permise. Les personnes emportées vous causeront du chagrin au lieu de vous réjouir. Les personnes d'un sexe différent sont souvent pernicieuses, et toujours à craindre. Si des personnes déréglées, qui aiment les plaisirs contraires à la pudeur ou à la charité, ne vous nuisaient pas, ce serait un miracle auquel vous ne devez pas vous attendre. Le danger est plus grand dans la récréation que partout ailleurs, parce que l'on s'y observe moins.
Sanctifiez vos récréations. Offrez-les à Dieu, en commençant. Élevez dans la suite de temps en temps votre cœur à Dieu. Prêtez-vous seulement, et ne vous livrez pas au plaisir. Après la récréation, recueillez-vous pendant quelques moments, pour examiner, détester et corriger vos fautes.


Prière avant la récréation :

Mon Dieu, je ne vais prendre cette récréation que parce que je crois que vous me le permettez. C'est moins pour me satisfaire que pour me disposer à exécuter plus parfaitement dans la suite ce que vous exigez de moi. Ne permettez pas que je dise, que je fasse, ou que je souffre quoi que ce soit qui puisse vous déplaire.


Prière pendant la Récréation :

Mon Dieu, je suis devant vous. Que je ne dise, que je ne fasse rien d'indigne de vos yeux. Que je ne nuise pas à mon cœur, en soulageant mon esprit et mon corps. Ces moments sont à vous, Seigneur ; que je les emploie pour vous. Je veux mourir dans ces moments, comment les dois-je passer ?


Prière après la récréation :

Je me suis réjoui ; n'ai-je point causé de la joie aux ennemis de mon salut ? Ne vous ai-je point offensé, mon Dieu? N'ai-je rien fait de contraire à la gravité et à la modestie chrétienne ? Faites-moi connaître, ô mon Dieu ! faites-moi détester et expier mes fautes. Que les forces que je viens de réparer soient toutes employées à vous plaire.



DES CONVERSATIONS


La plus grande partie de la vie, pour plusieurs, se passe en conversant. On converse en travaillant, en prenant ses repas, en faisant voyage, en se récréant. De quelle conséquence n'est-il point pour un Chrétien, d'être Chrétien dans ses conversations, d'éviter les fautes innombrables qui s'y peuvent glisser, et de se comporter de sorte que l'on se procure, et aux autres, tous les avantages d'une conversation chrétienne.
Ne commencez aucune conversation sans y avoir bien pensé. Souvenez-vous de ce que disait agréablement un Saint (Saint Vincent) : On ne doit tirer des paroles de sa bouche, que comme on tire de l'argent de sa bourse ; l'en tire-t-on sans y penser ? Évitez avec soin la conversation des personnes dont les entretiens sont mauvais, celle des personnes d'un sexe différent. Ayez pour règle de ne converser, autant que la chose dépendra de tous, qu'avec des personnes à qui vous puissiez être utile, ou qui puissent l'être pour vous. Donnez-vous premièrement à J. C. conversant avec les hommes, et pensez quelles étaient ses conversations.
Prévoyez et prévenez les tentations différentes auxquelles la conversation expose. On est tenté de parler trop, et de se répandre ; d'entrer dans les passions des autres, et de les faire entrer dans les nôtres ; de s'engager à approuver nos défauts, ou d'approuver les leurs ; de dire ce que l'on doit taire, et de taire ce que l'on doit dire ; d'excuser le mal, et de blâmer le bien ; de donner pour douteux ce qui est certain, et pour certain ce qui est douteux ; de blesser la pureté, la piété, la charité, l'humilité, la vérité, ou de souffrir que d'autres les blessent ; de gâter les meilleures choses, en les disant mal ; d'autoriser les mauvaises, en ne s'y opposant pas avec assez de force et de sagesse, etc.
Dans le temps que vous conversez avec les hommes, ayez soin d'écouter Dieu ; soyez plus attentif à sa voix qu'à celle des personnes qui sont avec vous. Rentrez dans vous-même pour voir si vous ne vous laissez point aller à quelqu'une des fautes que l'on vient de marquer, ou à d'autres semblables. Parlez le moins que vous pourrez, sans faire peine à personne par un silence affecté. On doit parler comme l'on paye une dette ; ne payer qu'autant qu'il est nécessaire, et ne parler qu'à propos. Usez de l'autorité que vous donnent votre rang et votre âge, pour empêcher les mauvais discours ; si l'autorité vous manque, usez d'adresse pour les dissiper ; si cela ne réussit pas, marquez par vos manières l'éloignement que vous en avez, et retirez-vous au plus vite.
Que vos discours soient de Dieu et pour Dieu ; qu'ils soient tellement assaisonnés qu'il puissent porter à Dieu. Faites grande attention au caractère des personnes à qui vous parlez ; ménagez leur faiblesse, épargnez leur délicatesse, cherchez leurs intérêts. Que la charité soit le motif de vos entretiens, et que la prudence Chrétienne en soit la règle. Quelles étaient les conversations des Saints, de la sainte Vierge, de Jésus-Christ même ? Voilà notre modèle.
Après la conversation, ne manquez pas d'examiner les fautes que vous avez commises. Il sera difficile que vous n'en remarquiez beaucoup. Gémissez-en devant Dieu, et que la vue du passé vous rende circonspect pour l'avenir.


Prière avant la Conversation :

Seigneur, mettez une sûre garde à ma bouche, et une porte à mes lèvres. Vous seul avez plein pouvoir pour réprimer la langue ; gouvernez la mienne. Environnez mes oreilles d'épines, ô mon Dieu, de peur que je ne les ouvre aux mauvais discours. Que mes entretiens soient de vous, avec vous et pour vous.


Prière pendant la Conversation :

Parlez-moi, Seigneur, pendant que je parle aux hommes. Que je ne taise pas ce que je dois dire, et que je ne dise point ce que je devrais taire. Que les discours séduisants des pécheurs ne me nuisent pas. Que je n'écoute pas inutilement les discours édifiants de vos serviteurs. Que je vous parle et que je vous écoute dans le fond de mon cœur, comme la sainte Vierge et les Saints conversant avec les hommes. Divin Jésus, faites-moi la grâce de converser comme vous.


Prière après la Conversation :

Pardonnez-moi, mon Dieu, les fautes que je viens de commettre en parlant à des hommes semblables à moi. Quand sera-ce que je ne m'entretiendrai plus que dé vous et avec vous ! Faites que toutes les fois que je converserai avec quelque personne, ce soit comme devant vous, en Jésus-Christ votre Fils.



DES VISITES


Un Chrétien ne doit point employer en visites inutiles, moins encore en Visites dangereuses, un temps qui ne lui est accordé que pour gagner le Ciel. La nécessité, l'utilité, la bienséance, ou la charité doivent être le principe de toutes nos visites. N'en faire aucune et n'en point recevoir que par l'un de ces motifs. Des visites qui se font par simple oisiveté, ne peuvent pas être innocentes, puisqu'une parole oiseuse est un péché. Que penser des visites dont le motif est mauvais ?
Les visites des personnes dont la vie n'est pas solidement Chrétienne, sont très dangereuses ; les maladies du cœur se communiquent plus aisément que celles du corps. On n'est pas sans danger avec des personnes d'un sexe différent, lors même qu'elles ne sont pas déréglées. Que ces visites soient courtes et rares.
Prenez pour modèle dans vos visites, celle que la sainte Vierge rendit à sainte Élisabeth. Que l'Esprit de Dieu vous y conduise. Portez-y J. C., procurez-y sa gloire, rapportez-le. Observez avec soin ce que l'on vient de dire des conversations.


Prière avant les Visites :

Conduisez mes pas, Seigneur, et servez-moi de guide. C'est pour obéira vos ordres que j'entreprends cette visite ; que je la continue dans la vue de vous plaire et sous vos yeux. Que tout s'y passe dans votre esprit, et pour votre gloire.


Prière après les Visites :

Ne vous ai-je point oublié, mon Dieu, en parlant à vos créatures ? n'aurais-je point nui aux autres, au lieu de leur être utile ; ou ne me serais-je point nui à moi-même, au lieu de m'édifier ? Vivifiez-moi par votre grâce, ô mon Dieu ! purifiez-moi, sanctifiez-moi, afin qu'à l'avenir je sois partout et toujours la bonne odeur de Jésus-Christ.



Reportez-vous à De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Moyens pour persévérer dans la sobriété et dans l'abstinence, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Conduite pour sanctifier les Dimanches et Fêtes de l'année, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : La prière du Matin, la Bonne Pensée, la Méditation, et la Lecture Spirituelle, VIE CHRÉTIENNE : Le coucher, VIE CHRÉTIENNE : Entrer dans l'esprit des différentes Solennités, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Passion de Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Mère de Dieu, Petits exercices de piété, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Méditation sur l'Autorité, Doctrine et paroles remarquables du bienheureux Frère Égide, compagnon de Saint François d'Assise : Sur les bonnes et les mauvaises Paroles, Méditation sur la différence des devoirs, Instruction sur le Carême, Méditation sur le Carême : Jésus ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les péchés de la langue, Méditation sur le soin qu'un Chrétien doit avoir de la réputation du prochain, Méditation sur les discours immodestes, Méditation sur la Médisance, Méditation sur les discours impies, Qu'il ne sorte aucun mauvais discours de votre bouche, Méditation sur la curiosité, Méditation sur les moyens d'éviter les jugements téméraires, Méditation sur la fausseté des jugements téméraires, Méditation sur les prétextes qu'on emploie pour justifier le jugement téméraire, Méditation sur les jugements téméraires, par le défaut d'équité, Méditation sur les jugements téméraires, par le défaut de connaissance, Méditation sur les jugements téméraires, par défaut d'autorité, Méditation sur les défauts qui rendent un jugement téméraire, Méditation sur les bornes que l'on doit mettre à la défiance et aux soupçons, Méditation sur les soupçons, Méditation sur la défiance, Méditation sur la défense de juger le prochain, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Des autres Commandements de l'Église, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Les voies du salut, Méditation sur l'application aux devoirs de son état, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur le mérite attaché à la pratique des devoirs de son état, Méditation sur le motif qui doit nous conduire dans la pratique des devoirs de notre état, Méditation sur les dangers propres de chaque état, Méditation sur les vertus qu'on exerce en pratiquant les devoirs de son état, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la sanctification du dimanche, Méditation sur les prétendus avantages de la naissance, Méditation sur la dévotion des Grands, Méditation sur l'ambition, Méditation sur l'usage qu'un Chrétien doit faire de ses talents, Rerum novarum, du Pape Léon XIII, sur la doctrine sociale de l’Église, Méditation sur la vaine gloire, Méditation sur la gloire de Dieu, Méditation sur la gloire du monde, et Méditation sur les dangers du monde.














lundi 23 avril 2018

Méditation sur la passion du jeu


Les tricheurs (Le Caravage)





1er point. Ce jeu qui paraît si indifférent par lui-même, devient souvent une passion, et quelquefois même une rage et une fureur. Ce n'est plus pour la plupart des mondains un simple amusement ; c'est une occupation constante et perpétuelle, c'est un état, c'est une profession et un trafic, c'est ce qui remplit toutes les heures de la nuit et du jour, hors celles que les repas et le sommeil lui dérobent. Ce jeu fait, pour ainsi dire, le fond et l'entretien de leur vie ; mais si la Religion condamne indistinctement toute espèce d'excès ; qui doute que l'état habituel d'un joueur de profession ne soit un état habituel de péché ?


2e point.
Les suites de cette passion, sont, 1°, l'abandon de tous les devoirs : on quitte tout, on renonce à tout pour courir au jeu : 2°, la dissipation des revenus ; on y met d'abord le superflu, et si le hasard nous l'enlève, on y sacrifie jusqu'au nécessaire ; 3°, le dérangement dans les affaires : on contracte, pour les soutenir, des dettes qui montent à l'infini, et l'on se met insensiblement dans une impossibilité absolue de les acquitter : 4°, des chagrins qui déchirent le cœur, quoique l'on affecte, par bienséance, de souffrir les plus grandes pertes avec toutes les apparences de la tranquillité. Les mondains s'efforcent en vain de justifier cette passion, en disant qu'il vaut mieux jouer que de médire. Excuse frivole ; puisqu'il n'est jamais permis de commettre un péché pour en éviter un autre.





Reportez-vous à Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la grandeur d'âme, Méditation sur l'humilité des Saints, Méditation sur la pratique de l'humilité Chrétienne, Méditation sur l'ignorance de l'homme à l'égard de l'état de grâce, Méditation sur l'ordre que l'on doit observer dans la pratique de l'aumône, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur l'usage qu'un Chrétien doit faire de ses talents, Méditation sur les petites actions de Vertu, Méditation sur l'habitude des fautes légères, Méditation sur la négligence à éviter les fautes légères, Méditation sur l'attache au péché véniel, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur la différence des devoirs, Méditation sur les obligations attachées aux Charges et aux Dignités du monde, Méditation sur l'ambition, Méditation sur la gloire de Dieu, Méditation sur les jugements du monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'application aux devoirs de son état, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur le mérite attaché à la pratique des devoirs de son état, Méditation sur le motif qui doit nous conduire dans la pratique des devoirs de notre état, Méditation sur les dangers propres de chaque état, Méditation sur les vertus qu'on exerce en pratiquant les devoirs de son état, Méditation sur les défauts qui rendent un jugement téméraire, Méditation sur la connaissance des vertus et des vices, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur le respect humain, Méditation sur les péchés d'ignorance, Méditation sur l'aveuglement de la Conscience, Méditation sur la passion dominante, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, et Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché.