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samedi 12 mars 2022

Le malheur du Monde en ce que le démon en est le Prince



Nous disons malheur au monde, parce que Jésus-Christ l'a dit ; et les malheurs que nous en écrivons, sont écrits dans son saint Évangile, et dans les divines Écritures des Livres canoniques. Si la narré de ces malheurs cause de l'horreur, c'est le Saint-Esprit qui en a disposé de la sorte, nous ne faisons qu'en suivre les expressions. On ne doit pas trouver étrange que l'on parle comme Dieu parle, et que l'on écrive comme les Apôtres et Évangélistes ont écrit. Dire que le diable est le Prince de ce onde, cette expression pourra sembler bien dure à quelques-uns ; cependant ce sont les propres paroles de Jésus-Christ Dieu.
C'est de la manière qu'il parle du Diable au Chapitre 12 de l'Évangile de saint Jean, qu'il appelle le Prince de ce monde. Son Apôtre, conformément à son divin Maître, nomme aussi les Démons, les Princes de ce monde et de ces ténèbres. Le Disciple bien-aimé, dans sa première Épître, parlant de la victoire des enfants de Dieu sur l'Antechrist, dit qu'il l'ont vaincu ; parce que celui qui est en eux, est plus grand que celui qui est dans le monde. C'est-à-dire que Jésus-Christ qui est en eux, est plus grand que l'esprit malin qui est le Prince et comme l'âme du monde impie. Il est même comme le père du monde pécheur. Jésus-Christ notre Sauveur déclare aux Juifs, dont il dit aussi qu'ils sont du monde, qu'ils sont les enfants du Diable, et qu'ils veulent accomplir les désirs de leurs pères. Le Saint-Esprit nous enseigne dans la première Épître de saint Jean, que celui qui pèche, est enfant du Diable. Il est même appelé Diable par le Fils de Dieu en la personne de Judas. Or le Démon a son trône dans le monde, il y est comme dans sa ville royale, où il donne ses lois, où il a sa cour, et ses plus fidèles ministres.
C'est là où il a conspiré la perte des hommes dès la création du monde ; c'est pourquoi notre Maître nous apprend qu'il a été homicide dès le commencement, faisant mourir Adam le premier homme. C'est ce qu'il a continué dans la succession de tous les siècles, et ce qu'il continue tous les jours. L'envie qu'il a de leur nuire, est inexplicable, aussi bien que les efforts qu'il fait contre eux, et les artifices dont il se sert pour les perdre.
Il leur fait une cruelle guerre, les combattant ouvertement par les tentations les plus grossières d'impureté, d'ivrogneries, de jurements, de querelles, de haines, d'injustices, de scandales. Ainsi saint Jean dans son Apocalypse vit sortir de la gueule d'un Dragon des esprits impurs en forme de grenouilles, qui paraissent de la sorte à cause de leur impureté, et des cris importuns qu'ils font, se servant des paroles et des raisonnements du monde, qui ne parle que de sensualité, que de vengeances, que des moyens d'acquérir des richesses, que d'ambition, d'orgueil et de curiosité : c'est pourquoi l'apôtre avertit de ne se pas laisser séduire par de vains discours.
Mais il exhorte à se fortifier en notre Seigneur et en sa vertu toute-puissante, et à s'armer de toutes les armes de Dieu, afin de se pouvoir défendre des embûches du Démon. Quand il s'agit de ses artifices, l'homme Apostolique veut que l'on s'arme de toutes pièces : car il use de tant de ruses pour attaquer les hommes, qu'il n'est pas possible de les dire. C'est pourquoi il a pris la forme d'un Serpent dès le commencement du monde, et il est appelé dans l'Apocalypse, l'ancien Serpent qui séduit tout le monde. Aussi l'Écriture remarque que le Serpent est le plus rusé de tous les animaux.
Il étudie les inclinations, et il tente conformément à la propre humeur, à la condition, et à l'état où l'on se trouve. Quelquefois il attaque par ce qui éclate et qui paraît grand aux yeux des hommes. C'est de la manière dont il tenta notre Seigneur lorsqu'il lui montra tous les Royaumes du monde, ce qu'il fit par des images formées en l'air, et qu'il lui dit : Je vous donnerai tout cela, si vous vous prosternez devant moi. Quelquefois il se sert du prétexte de la nécessité, comme il fit encore à notre Seigneur, lorsqu'ayant jeûné quarante jours et quarante nuits il eut faim, et il lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, commandez que ces pierres se changent en pain. D'autres fois il tente de présomption, comme on peut encore le remarquer dans la tentation de notre adorable Sauveur, lorsque l'ayant transporté dans la ville sainte, et l'ayant mis au haut du frontispice du Temple, il lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas ; car il est écrit, qu'il a commandé à ses Anges de prendre soin de vous, et qu'ils vous porteront en leurs mains, de peur que vous ne vous heurtiez le pied contre quelque pierre. L'on peut voir ici que le Démon se servant de l'Écriture Sainte, il ne faut pas s'étonner si les Hérétiques, qui sont animés et conduits par son esprit, s'en servent si souvent en abusant malheureusement pour leur propre perte, et la perte des âmes qu'ils séduisent. Il a tenté Ève sous prétexte d'en faire une Déesse. Vous serez comme des Dieux, lui dit-il, en lui parlant d'Ève et d'Adam : il leur promet une science extraordinaire, et c'est la tentation dont il se sert à l'égard des beaux esprits, des gens de Lettres, des esprits curieux, qui sont tout plongés dans l'étude des sciences humaines, avec peu d'application à la science des Saints, qui se donne aux humbles, et que l'on acquiert par le dégagement des choses créées, l'exercice de l'oraison, et l'union intime avec notre Seigneur Jésus-Christ.
C'est aux pieds d'un homme Dieu crucifié que l'on devient savant dans cette science du Ciel, dont les gens de Lettres, qui ne sont pas mortifiés à eux-mêmes, sont dépourvus ; dont l'intérieur est sec et tout aride dans la privation des bénédiction de Dieu, par leur curiosité d'esprit, et l'application immodérée à l'étude : et l'on voit de ces gens-là qui auront de la peine à employer une heure dans l'oraison, qui passent les jours à la lecture des Livres : tentation assez ordinaire aux esprits, ou curieux, ou qui veulent paraître par leurs discours ou leurs écrits.
Ô qu'il est difficile aux doctes, dans la recherche de l'Histoire, et l'examen des difficultés qui s'y trouvent, dans la discussion des vérités dont l'on dispute, de n'y chercher que Dieu seul ! Qu'il est rare d'y conserver l'esprit d'oraison et de recueillement ! Et cependant à la mort que servira la curiosité des sciences ? Ô que la savante ignorance des personnes sans Lettres, qui auront eu la science des Saints, y aura d'avantages et de bénédictions ! Certainement tout est donné à la vraie humilité de cœur, au détachement et à l'union avec Dieu, grâces qui s'accordent par l'oraison et le recueillement. C'est pourquoi les Démons tâchent toujours de jeter dans les embarras d'occupations qui n'en laissent pas le temps. C'est à quoi même les personnes qui s'emploient dans les bonnes œuvres extérieures, doivent veiller ; car si elles ne prennent le temps pour se retirer et vaquer à Dieu, à la fin elles seront toutes dissipées. Un Prédicateur, un Missionnaire, qui de temps en temps ne fera pas quelque retraite, se répandra tout au-dehors, et perdra l'esprit intérieur.
C'est à quoi les Démons travaillent, qui savent bien que les œuvres éclatantes extérieures servent de peu, si elles ne sont animées de l'Esprit de Dieu. Ce sont des ennemis bien redoutables qui joignent avec la grandeur de leur esprit, qui ne trouve rien de semblable parmi les hommes, une force incroyable. Ce qui faisait dire à l'un d'eux à Saint Pacôme, qu'il n'y aurait point d'homme qui pût leur résister, s'il n'était soutenu de la vertu divine de Jésus-Christ, dont la providence ne leur permettait pas de ses servir de tout leur pouvoir. Ils ont de plus l'expérience de tous les siècles, ils sont invisibles, ils sont infatigables, ils reviennent toujours à la charge, ils ne se lassent jamais. C'est pourquoi il est dit dans l'Apocalypse : Malheur à vous, terre et mer, parce que le Diable est descendu vers vous dans une grande colère, sachant qu'il lui reste peu de temps. Ces paroles sont remarquables pour le temps de la mort.
Après tout, la plupart des hommes se laissent vaincre par ces malheureux esprits, et c'est pour ce sujet qu'ils sont appelés les Princes de ce monde. Et l'Écriture nous apprend que chacun est esclave de celui qui l'a vaincu. Ô dure servitude, que l'esclavage du Démon ! Jamais y a-t-il eu une tyrannie pareille, une cruauté semblable ? On en peut voir quelque chose en de certaines occasions dans les possédés : mais ce sera dans l'Enfer où ils exerceront leur tyrannie d'une manière inconcevable sur les malheureux damnés.
L'Apôtre nous apprend que dès ce monde les Démons tiennent captifs les pécheurs selon leur volonté. Vérité terrible, et dont le monde n'est point pénétré. Quelle horreur du pécheur de vivre sous la captivité du Diable selon sa volonté ! Ainsi il tombe d'abîme en abîme, de péché en péché. Ainsi quand on lui parle de quitter ses vices, ses passions, il répond qu'il ne saurait. Ô si les braves du monde, si ceux qu'on en appelle les Héros, qui sont dans le péché, savaient l'effroyable esclavage du Diable dont ils sont les captifs ! Ô si ces beaux Messieurs et ces belles Dames du monde qui s'étudient avec tant de soin à vivre en leur liberté, connaissaient la misérable servitude où ils sont réduits ayant le Démon pour tyran, qui les mène comme il veut ! si Dieu ouvrait les yeux pour découvrir ce qui se passe dans le monde, que l'on y verrait d'épouvantables choses ! Malheur à vous, dit le Saint-Esprit en Isaïe, qui traînez comme des cordes une longue suite d'iniquités. Ce sont les engagements différents dans le péché d'où se forme une chaîne qui entraîne les pécheurs dans le mal, et dont le Diable les tient garrottés.

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu, Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.













samedi 19 février 2022

Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ


Saint François renonçant au monde

Jésus-Christ, nous enseigne l'Apôtre, est toutes choses en tous. Il est notre lumière, sans lui nous sommes des aveugles, et nous marchons dans de perpétuelles ténèbres. Il est notre force, sans lui nous ne sommes qu'une pure faiblesse. Il est notre vie, sans lui nous sommes dans l'état d'une affreuse mort. Il est notre salut, sans lui il faut être perdu. Hors de lui il n'y a plus rien à espérer. Quel malheur après cela non seulement de n'être pas avec lui, mais de lui être entièrement opposé ! C'est néanmoins le malheur commun du monde, ce qui mérite des torrents de larmes ; du monde qui se dit Chrétien, et qui faisant profession d'être son disciple, lui est tout-à-fait contraire.
Si nous méditions bien cette vérité, il sera très-difficile de n'être pas pénétré de douleur et de crainte. Oui, il est vrai, le monde au milieu du Christianisme est tellement opposé à Jésus-Christ, que si une personne étrangère venait dans le pays des Chrétiens, n'en ayant jamais vu, et que d'autre part un Ange lui eût révélée la doctrine de Jésus-Christ, elle ne pourrait pas les discerner, si elle s'arrêtait seulement à leurs sentiments. Car ce qui semble épouvantable à écrire, mais ce qui se passe réellement, le monde est tout opposé à Jésus-Christ dans ses pensées, dans ses paroles, et dans ses actions. Cependant, nous dit l'Apôtre, nous devons avoir les mêmes sentiments que Jésus-Christ ; c'est une suite nécessaire du Christianisme, dont la grâce nous faisant une même chose avec lui, puisqu'elle nous fait ses membres, nous donne à même temps le même esprit. Et où le trouverons-nous parmi la plupart des Chrétiens ?
Le Fils de Dieu a déclaré bienheureux les pauvres. Ce qu'il a appris par ses divines paroles, et par les exemples d'une vie qui crie hautement le bonheur de la pauvreté à ceux qui ont des oreilles pour entendre. Et le monde les dit et il les estime malheureux, soit qu'ils le soient par leur naissance, soit qu'ils le soient devenus par la perte de leurs biens. Combien est-il éloigné de la haute estime que cet état demande au Chrétien, qui, selon ce que nous apprend le Saint-Esprit dans l'Épître de saint Jacques, est un état dont il se doit glorifier ; et de vrai, c'est une grande gloire d'être de la condition de Jésus-Christ notre Roi.
Le Fils de Dieu nous apprend que ceux qui pleurent, sont bienheureux, c'est-à-dire, qui sont dans des états de misères, de souffrances, soit de l'esprit, soit du corps, soit qu'elles viennent des hommes, des démons, ou par une pure conduite de son aimable providence ; qui soient si affligeantes, que, selon la nature, on ait de la peine à ne pas pleurer : et le monde regarde ces états comme un vrai malheur.
Le Fils de Dieu dit : Bienheureux ceux qui souffrent maintenant la faim. Et le monde tient que c'est une grande misère, qu'il est bon d'avoir une bonne table, de faire grand'chère, de se nourrir délicatement. Le Fils de Dieu déclare à ses Disciples, qu'ils seront bienheureux lorsque les hommes les haïront, leur diront des injures, et qu'ils auront leur nom en abomination à cause de lui ; que pour lors ils doivent se réjouir, et être transportés de joie : ce qui fait voir que c'est un incomparable bonheur. Et c'est ce que le monde regarde comme un grand mal.
Au contraire le Fils de Dieu prononce que les riches sont malheureux, parce qu'ils ont leur consolation. Que ceux qui sont rassasiés, qui rient maintenant, que les hommes bénissent, sont malheureux. Et le monde est tout persuadé que c'est un bonheur d'être riche, de faire de bons repas, d'être dans les aises de la vie, d'y être approuvé des hommes.
Le Fils de Dieu dit : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. Et le monde dit : quand il est offensé de quelqu'un : C'est mon ennemi, je ne saurais le voir, je ne saurais lui parler ; dans la rencontre on s'en détourne, ou on ne le salut pas. Bien loin de lui faire du bien, le monde qui paraît le plus modéré, se contente de dire : Je ne lui veux pas de mal. Bien loin de le bénir, quand il maudit ; et de prier pour lui, quand on en est calomnié, on en dit tout le mal que l'on en sait, et quelquefois le mal que l'on ne sait pas. On se sert de toutes sortes de voies pour le décrier. On porte un cœur toujours irrité, on tâche par toutes sortes de moyens de s'en venger. Que l'on est éloigné de lui faire du bien, comme notre divin Maître le demande !
Le Fils de Dieu nous apprend qu'on nous fera la même mesure que nous aurons faite aux autres. Où trouvera-t-on du monde qui croie cette vérité ? Celui qui ne fait pas du bien à son ennemi, ne la croit pas ; car il serait sans espérance du salut. Quelque mal qu'il en ait reçu, il n'approchera jamais du mal du péché que nous commettons contre dieu, qui est un mal qui a quelque chose d'infini, et qui nous rend coupables de la mort d'un homme-Dieu, et que nous traitons si outrageusement, après qu'il a donné son sang jusqu'à la dernière goutte pour nous, et dont nous dépendons si absolument, que s'il cessait un moment de nous faire du bien, nous serions tout-à-fait perdus. Hélas ! à quoi le monde pense-t-il ? Pense-t-il qu'il sera traité de Dieu comme il aura traité le prochain ? Qu'il considère donc la manière dont il en use à son égard, pour connaître ce qu'il en doit espérer.
Le Fils de Dieu nous assure qu'il répute fait à sa propre personne, ce que l'on fait à son prochain. Le monde le traite-t-il comme Jésus-Christ ? Loge-t-on les pauvres, leur donne-t-on leurs besoins, leur parle-t-on avec respect, les reçoit-on avec honneur, comme on serait ce divin Sauveur, si on le voyait en sa propre personne ? Les premières personnes de la terre avaient la foi de cette vérité, comme saint Henri, saint Louis, saint Édouard, et plusieurs autres Rois et Reines, qui avaient pour eux des respects inexplicables, qui les servaient à genoux ; et ceux qui étaient les plus affreux, qui avaient les maux les plus capables de donner de l'honneur, ils leur donnaient à manger de leurs propres mains.
Le Fils de Dieu dit : Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. Est-ce là le modèle que le monde prend pour régler ses mœurs ? Se règle-t-il en ses pensées, en ses paroles, en ses actions sur la conduite d'un Dieu ? A-t-il un cœur miséricordieux envers les misérables, comme le cœur de ce Père qui est dans les cieux, soit en compatissant à leurs misères, soit en leur donnant des secours, soit en supportant leurs défauts, en exerçant la patience, en leur remettant leurs offenses, en ne se lassant point de leur bien faire, quel mal qu'ils nous fassent, à l'imitation de notre Père qui fait lever le soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons.
Le Fils de Dieu dit : Je vous dis moi, que vous ne résistiez point quand on vous fera du mal. Si on vous fait un procès pour avoir votre robe, abandonnez encore votre manteau. Donnez à qui vous demande, et ne vous détournez point de celui qui veut emprunter quelque chose de vous. Prêtez sans en rien espérer. Et le monde dit : Il se faut défendre, quand on nous fait du mal. Il faut plaider fortement, quand on veut nous prendre ce qui nous appartient. On ne doit pas prêter facilement ; et quand on le fait, il faut faire valoir son argent.
Le Fils de Dieu dit : N'amassez pas des trésors sur la terre, où la rouille et les vers les peuvent corrompre, et où les larrons les déterrent et les dérobent. Personne ne peut servir Dieu et l'argent. On ne peut servir deux maîtres. Vous ne devez pas vous inquiéter pour le boire et pour le manger, ni pour les vêtements. Ce sont les Gentils qui s'inquiètent de toutes ces choses. Cherchez premièrement le Royaume de Dieu, et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. Et le monde dit : Il est bon d'amasser de grands biens. Il met sa joie et son repos dans l'argent qu'il a dans ses coffres. Il se tourmente, dans la crainte de manquer de bien ; et il agit en cela comme les Gentils, et quelquefois s'en mettant plus en peine que ces Infidèles. Notre Maître n'exclut pas par ces paroles les soins modérés que l'on prend dans son ordre, mais les soins inquiets et qui troublent. Saint Jean Chrysostome remarque ici que, si notre sauveur nous avait recommandé d'amasser des trésors, et de faire tous nos efforts avec toutes les inquiétudes possibles pour avoir de l'argent, que nous ne pourrions pas nous y appliquer davantage.
Le Fils de Dieu crie à tous ceux qui veulent le suivre, qu'ils renoncent à eux-mêmes, et qu'ils portent leurs croix. C'est la condition indispensable de tous les Chrétiens. Et partout on ne trouve que des gens qui tâchent de satisfaire à leurs désirs, la propre volonté domine et règne dans les personnes de toutes sortes d'états, et en toutes sortes d'occasions.
Après cela, si l'on médite sérieusement et avec attention ces vérités, on verra dans un grand jour, que les sentiments, les paroles, les actions et la conduite du monde sont tout-à-faire opposés à Jésus-Christ. Ainsi que l'on aille de Royaume en Royaume, de ville en ville, de porte en porte ; que l'on demande au monde qui s'y rencontre, s'il croit que les riches soient malheureux, que ce soit un bonheur d'être pauvre, que ce soit un malheur d'avoir vingt, trente mille livres de rente, un bonheur d'avoir perdu un procès, son bien, d'être né pauvre ; un bonheur d'être délaissé des créatures, d'en être méprisé et rebuté, d'en recevoir des injures. Combien en trouvera-t-on qui répondront selon l'Évangile, qui parleront comme le Fils de Dieu a fait ? Chose étonnante, que parmi même ceux qui font une profession plus spéciale de dévotion, on a peu de foi des maximes de l'Évangile, on rencontrera de ces gens piqués au vif, si on a médit d'eux, si on leur a fait quelque offense sensible étrangement au point d'honneur. Il n'y a pas, dit la séraphique Thérèse, jusqu'au Prédicateur, au Religieux et à la Religieuse, qui n'en soient touchés, et qui n'aient le respect humain.
Cependant les vérités pratiquées dont nous venons de parler dans ce Chapitre, sont les sujets de notre Foi, aussi bien que les vérités spéculatives. Le même Dieu qui nous a révélé le mystère de la suradorable Trinité et du très-saint Sacrement de l'autel, est le même qui nous a déclaré le bonheur de la pauvreté et le malheur des richesses, le bonheur des afflictions et le malheur des aises de la vie, le bonheur des humiliations et le malheur de l'élévation des honneurs : nous sommes obligés de croire à ce qu'il nous dit à l'égard des vérités pratiques, comme à l'égard des spéculatives. Les cinq sens, il est vrai, y répugnent entièrement, et elles sont au-dessus de la raison. Mais la raison comprend-t-elle le mystère suradorable de la glorieuse Trinité ? Mais tous les sens ne sont-ils pas contraires à la foi de la présence réelle du corps de Jésus-Christ en la divine Eucharistie ? Les yeux n'y voient que du pain, le goût et l'attouchement n'y goûtent et n'y touchent que du pain ; et néanmoins au-dessus de la raison, et malgré les sens, on croit ces mystères ; et celui qui ne les croit pas, est véritablement hérétique. On rapporte sur ce sujet d'une Demoiselle, qui ayant été reçue de saint François de Sales pour être Religieuse dans l'Ordre de la Visitation de sainte Marie, lui demanda de faire abjuration de l'hérésie auparavant que de prendre l'habit. Ce qui ayant surpris le Saint, parce qu'elle avait toujours fait profession de la Foi catholique, elle s'expliqua, lui disant : Mon Père, il est vrai que je suis née, et que j'ai toujours vécu dans la Religion catholique, mais sans avoir cru les vérités ; car j'ai toujours cru que les riches étaient bienheureux, et les pauvres malheureux ; que c'était un malheur d'être dans les misères de la vie, et un bonheur d'y avoir ses aises. Ainsi je n'ai point cru les vérités que Jésus-Christ a révélées.
Mais, comment le monde les pourrait-il croire ? À peine commence-t-on à avoir l'usage de raison, que l'esprit s'imprime des sentiments tout opposés. Les pères, les mères, les nourrices, les gouvernantes les inspirent aux enfants, qui n'entendent parler qu'avec estime de tout ce que le Fils de Dieu condamne. Qu'il est rare de trouver des familles où l'on apprenne les maximes de l'Évangile ! Au contraire, les enfants sont élevés en païens ; car on leur enseigne ce qui est propre aux Infidèles, selon la doctrine de notre Sauveur Jésus-Christ. Il ne faut pas s'étonner ensuite si le cœur et l'affection tendent à l'amour des choses du siècle, des honneurs, des richesses et des plaisirs ; et à l'éloignement des humiliations, des mortifications et des croix.
Ce sont de ces honneurs, de ces biens temporels, et des fausses joies du siècle, dont l'on parle dans les compagnies. C'est ce qui y fait le sujet des entretiens. À peine oserait-on y parler de Dieu. Que les entretiens de l'éternité y sont rares, du mépris des choses qui passent, de la vanité de ce qui est l'objet des désirs de la plupart des hommes, des moyens de servir Dieu ! On y parlera assez des voies pour acquérir des biens, des bénéfices, des dignités, des charges ; on y louera hautement ceux qui y réussissent dans les assemblées, même les plus sérieuses, où l'on traite d'affaires, de sciences, de doctrine ; l'on s'y occupe peu de la doctrine de Jésus-Christ. Souvent, pour me servir des paroles de l'Apôtre, on s'y arrête à des fables, à des généalogies qui n'ont point de fin, et qui sont plutôt une source de disputes que d'édification selon Dieu. On disputera de l'origine des familles, de leur noblesse, de leur antiquité ; on considérera peu la glorieuse et inestimable alliance que la grâce du Christianisme nous donne avec les trois personnes divines de la suradorable Trinité, la condition où elle nous élève d'être les membres de Jésus-Christ, et ensuite d'être les cohéritiers de son Royaume infiniment glorieux, et qui n'aura jamais de fin. On parle de tout, on s'entretient de tout, à l'exception de l'unique chose nécessaire.
Qui pourrait dire la compassion que ces entretiens donnent aux saints Anges, et combien ceux des personnes, même les plus sérieuses selon le monde, leur paraissent ridicules ? Les Saints les ont vus plusieurs fois, lorsqu'ils leur ont apparu sous des formes sensibles, en des manières tristes, pour apprendre la pitié qu'ils avaient des hommes qui s'occupaient en des choses si peu dignes de la grandeur de leur vocation. C’est ce qui éteint aussi l'Esprit de Dieu, empêchant l'usage de ses dons, ou faisant perdre la ferveur de la dévotion. Comme notre bon Sauveur se trouve au milieu de ceux qui sont assemblés en son nom, qu'il s'y plaît et qu'il y demeure, qu'il y communique ses grâces, aussi il s'éloigne de ceux qui sont unis par l'esprit du monde. Ce qu'on lit de la bienheureuse Angèle de Foligny sur ce sujet, est très-considérable, qu'ayant pris pour compagne dans un voyage qu'elle faisait une personne d'une grande piété, notre Seigneur lui fit connaître qu'il ne lui aurait pas fait les grâces singulières qu'il lui accorda, si elle en eût choisi une autre qui eût eu moins de son esprit.
Au contraire le démon se rencontre parmi les amateurs du siècle ; et il y a des personnes dans lesquelles il réside d'une manière particulière, et qui sont ensuite très-dangereuses à celle avec qui elles conservent. Un homme se mourant, et dans une assez douce paix, un hérétique de ses amis l'étant venu voir par civilité, à même temps il s'écria qu'il était tourmenté de tentations contre la foi ; c'est que le démon qui résidait dans l'hérétique comme dans son fort, lui jeta ses traits enflammés, comme parle l'Apôtre.
Il tente dans l'impudique, de l'impureté ; dans l'avare, de l'avarice ; dans le superbe, de vanité et d'orgueil : c'est à quoi il faut prendre garde, et particulièrement à la mort, tâchant de n'avoir que des personnes de piété auprès de soi. Comme les enfants de Dieu sont poussés par son Esprit, comme nous l'enseigne saint Paul ; de même ceux qui par le péché sont les enfants du diable, sont mus de son esprit ; et c'est lui qui les fait agir. Il a sa demeure dans eux, et il s'en sert. On a remarqué dans les personnes qu'il possède corporellement ; et à qui il donne le mouvement de leurs actions, qu'elles font les mêmes choses que les pécheurs ordinaires, en leur façon de s'exprimer, ou en leur manière d'agir. Tout y est mouvement d'orgueil, de vanité, d'impureté, de colère, tout y ressent l'esprit du monde, leurs paroles, leurs gestes. Le dérèglement du siècle y paraît hautement : on y voit la bagatelle, la curiosité, les vains attachements des dames du monde, et les manières dont elles se servent. C'est que l'esprit du monde, que l'Apôtre déclare n'avoir point, est l'esprit du démon, et qui est opposé à Jésus-Christ.
Certainement il est si contraire, que les maximes de l'Évangile lui semblent une folie, et ce qui est rapporté dans l’Évangéliste Saint Luc, que les Pharisiens, qui étaient avares, se moquaient de la doctrine du Fils de Dieu, qui ne prêchait que l'amour de la pauvreté, et le détachement des richesses, arrive encore tous les jours. Les vérités du renoncement à soi-même, et aux autres créatures, sont dures ; on ne peut les goûter, et souvent on se raille de ceux qui les disent et les pratiquent. C'en est assez d'être plein de l'esprit de Dieu, pour trouver partout de l'opposition. Les Prédicateurs Apostoliques, qui vivent dans l'amour de la pauvreté, du dégagement de toutes choses, ne manqueront jamais de contradictions. Ceux qui se rendent complaisants aux hommes, sont les bienvenus, on leur applaudit, on les recherche, on les aime. On laisse les gens de Dieu, on les contredit, on les fuit, ils ne sont pas approuvés. Les œuvres qui sont le plus à la gloire de Dieu, trouvent mille difficultés ; les œuvres du péché, ou qui y tendent, n'en rencontrent point. On jurera, on dira des paroles indécentes, on chantera publiquement des chansons peu honnêtes, les Magistrats passent, pas un ne dit mot : on les laisse distribuer dans les campagnes, où des gens les apprennent, les chantent, qui souvent ignorent les principes de la Foi.

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.












mercredi 9 février 2022

Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges, d'une âme éprouvée par les tentations



Qui me délivrera, Seigneur, de ce corps de péché qui fait ce que je ne veux pas, et qui m'impose une loi contraire à celle de l'esprit ? Qui me délivrera de cette foule de monstres qui m'environnent, et que je déteste ? Mon âme est comme la poussière de la terre exposée au gré des vents, comme une fleur de quelque apparence, que la moindre haleine flétrit, et comme une glace que le moindre souffle ternit. La tempête des tentations comme celle d'une mer agitée, m'inonde de telle sorte, que je ne vois point d'espérance d'échapper, si vous ne me préservez vous-même du naufrage. Mon imagination, ma mémoire, mon esprit et mon cœur sont d'intelligence pour me séduire. Mon corps et mes sens se livrent des combats continuels. Ce sont des ennemis domestiques qu'il est difficile d'attaquer, et encore plus difficile de vaincre. La jalousie du démon va jusqu'à la fureur, surtout contre ceux qui s'engagent à mener une vie angélique dans un corps mortel. Comment après cela, mon Dieu, vous pourrai-je, selon l'avis de l'Apôtre, glorifier dans mon corps tout grossier et terrestre qu'il est ? Cet Apôtre des nations veut que les corps des Chrétiens soient comme autant de chars glorieux où votre Majesté soit continuellement portée comme dans une espèce de triomphe. Grand Dieu, comment pourrez-vous être glorifié dans un corps si impur ? Comment votre Esprit pourra-t-il être porté dans un vase plein de corruption, et habiter dans une maison remplie d'objets capables d'irriter votre colère ? Quelle apparence que vous demeuriez dans les temples remplis d'idoles et d'abominations ? Levez-vous, Seigneur, et dissipez vos ennemis, purifiez le sanctuaire que vous voulez habiter. Soyez ma lumière et ma force, et étouffez dans leur naissance tant de sentiments indignes d'un Chrétien. Purifiez mon imagination des fantômes qui la souillent, des pensées qui la troublent, des désirs qui l'inquiètent. Découvrez-moi la vanité des plaisirs sensuels, les beautés de la chasteté, et la honte du vice contraire. Mais surtout, inspirez-moi assez de vigilance sur moi-même, pour résister dès le commencement de la tentation ; assez de fidélité pour recourir à vous au moment qu'elle me presse ; assez de courage pour la vaincre entièrement. J'implore ici votre assistance, Esprits angéliques, afin que je n'offense jamais la pureté de vos yeux. Placez-vous sur les murs de la Jérusalem céleste et spirituelle pour défendre le troupeau de la gueule du loup infernal, qui ne cesse de tendre des pièges à l'innocence. Sublimes Esprits, Astres brillants du matin, qui avez un accès si facile auprès de la Reine des vierges, obtenez-moi sa protection, et ne m'abandonnez pas dans le combat ; autrement je périrai dans ma misère. Faites-moi souvenir dans les moments critiques, que si on goûte ici-bas quelque volupté passagère, le remords qui l'accompagne, et la tristesse qui la suit, en découvrent bientôt la vanité, que ces plaisirs ne sont qu'imaginaires, et qu'il n'en est point de plus réels et de plus véritables, que ceux que goûtent les âmes pures dans la pratique de la chasteté.


Reportez-vous à Autres Gémissements d'une âme sur ses égarements passés, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, Saint François d'Assise : Qu'il faut traiter le corps avec ménagement pour lui enlever tout prétexte à murmurer, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.













lundi 7 février 2022

Autre prière pour demander la pureté de l'âme et du corps



Seigneur Dieu Tout-puissant, qui avez créé mon âme à votre ressemblance, ne souffrez pas que je souille jamais votre image. Vous menacez de perdre celui qui profanerait votre saint temple ; mon corps, Seigneur, est ce temple sacré, où le Saint-Esprit réside par sa grâce, et que Jésus-Christ a sanctifié tant de fois par sa présence dans la sainte Communion. Ne souffrez donc pas, ô mon Dieu, dans ce temple aucune de ces abominations que vous détestez avec tant d'horreur, et ne permettez pas que rien ternisse la pureté de mon âme et de mon corps.
Je sais qu'il faut une grâce particulière pour obtenir et conserver cette angélique vertu : c'est pour cela que j'ai recours à vous, ô Dieu de tant de vierges ! Combien, qui par votre grâce, ont vécu sur la terre comme les Anges vivent dans le Ciel ? Ils étaient faibles comme moi : ainsi, ma faiblesse ne me décourage point, si vous daignez, ô Dieu de force, me soutenir, je puis tout aussi bien qu'eux, en celui qui me fortifie.
Accordez-moi donc, ô mon Dieu, la grâce de veiller avec tant de soin sur moi-même, et de prier avec tant de ferveur, que le tentateur, cet ennemi de votre gloire, de mon salut et généralement de tout bien, n'ait jamais aucun avantage sur moi. Faites que je règle si bien mon imagination, que je garde si soigneusement tous mes sens, que je m'éloigne si courageusement de toutes les occasions, que je vive dans une si grande horreur de tout ce qui peut me souiller, que rien ne puisse jamais altérer en moi une si grande vertu.


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Prière à Saint Louis de Gonzague pour obtenir la pureté d'esprit et de corps, Excellence de la chasteté, Prière pour obtenir la pureté, Prière pour demander la pureté, Prière à Sainte Maria Goretti, Prière à Saint Louis de Gonzague pour demander la contrition et Petit chapelet de l'Immaculée Conception de Marie.












dimanche 6 février 2022

Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations



Nous savons par l'Écriture que nous devons attendre à être tentés, et que nous sommes obligés de nous préparer à vaincre les tentations. L'Apôtre Saint Paul assure que Dieu ne permettra pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, et qu'il n'est point de tentation que nous ne puissions surmonter avec le secours de la grâce ; ayons donc soin de la demander souvent à Dieu par la prière suivante.

Ô Dieu Tout-puissant, qui par une miséricorde infinie, avez bien voulu me créer pour le Ciel, me donner votre Fils adorable pour Sauveur, et me permettre de vous regarder et de vous invoquer comme le meilleur et le plus tendre de tous les pères ; venez, je vous supplie, à mon secours, donnez-moi la grâce de résister à tant de tentations qui pressent ; chassez de mon esprit ces fantômes impurs, et ces pensées criminelles qui se présentent si souvent à moi ; fortifiez mon cœur contre le torrent du mauvais exemple, contre l'amour des richesses et des honneurs, faites-moi triompher des attraits, des plaisirs, des révoltes de la chair, et des attaques du démon. Voyez, Seigneur, la triste situation où je me trouve ; je suis perdu, si votre grâce ne me fortifie ; je suis tout à fait indigne de la recevoir, mais je me confie dans votre bonté qui n'a point de bornes.
Ô grâce de mon Dieu, secourez-moi, je vous désire, je vous invoque, je me livre à vous de tout mon cœur. Peut-être que la mort me surprendrait à l'instant que je succomberais à la tentation ; ô mon Dieu et mon tout ! Ayez pitié de moi, soutenez-moi, je suis sur le bord du précipice, sauvez-moi, je m'abandonne à votre puissant secours, je vous le demande par les mérites infinis du Sang adorable que mon Divin Sauveur a versé sur la Croix pour me l'obtenir, et par l'intercession de la très-sainte Vierge, l'avocate et le refuge des pécheurs, par celle des Esprits célestes, afin qu'après avoir fortement combattu pour me conserver dans votre grâce, je puisse vous aimer, vous bénir, et vous posséder à jamais dans le Ciel. Ainsi soit-il.

(La dévotion aux Saints Anges réduite en méditations)


Reportez-vous à Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Autres Gémissements d'une âme sur ses égarements passés, Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.













vendredi 5 novembre 2021

Combien la Méditation des souffrances de Jésus-Christ est méritoire pour nous, et agréable à Dieu



Il n'est rien de plus salutaire, dit Saint Augustin, que de penser chaque jour combien un Dieu-Sauveur a souffert pour nous : S. Bernard ajoute que rien n'est si propre pour guérir les blessures de la conscience et purifier l'âme, que la méditation fréquente des souffrances de J.-C. C'est encore un puissant secours contre toutes sortes de tentations, disent les Saints : et particulièrement contre celle d'impureté, que d'avoir recours à la méditation de la Passion du Fils de Dieu, et de nous réfugier dans ses plaies adorables. Enfin, c'est un remède universel contre toutes sortes de maux, que de penser à Jésus crucifié : et S. Augustin nous assure qu'en toutes sortes de rencontres, il n'en a jamais trouvé de si efficace que de recourir aux plaies de l'homme-Dieu. Celui, dit S. Bonaventure, qui s'attache à méditer affectueusement sur la vie et sur la mort de J.-C., y rencontre avec abondance toutes les choses dont il a besoin, et il n'a plus besoin de rien chercher hors de Jésus-Christ. On voit partout ce que nous venons de dire, combien cette pratique a été familière aux Saints, et que c'est par ce moyen qu'ils sont parvenus à un sublime degré de sainteté et de perfection.
Blosius rapporte que Dieu révéla un jour à Sainte Gertrude, que toutes les fois qu'on s'attachait à regarder avec dévotion l'image de Jésus crucifié, on attirait sur soi les regards de la miséricorde divine. Profitons de cet avertissement, et puisque ce divin Sauveur n'a pas dédaigné de souffrir pour nous, ne dédaignons pas du moins de penser à tout ce qu'il a souffert pour nous mériter le salut. On raconte de S. François, qu'un jour qu'il passait auprès de Notre-Dame de la Portioncule, pleurant et soupirant, il fut rencontré par un serviteur de Dieu qui le connaissait, et qui le voyant si affligé : et craignant qu'il ne lui fût arrivé quelque chose de fâcheux, lui demanda ce qui lui faisait tant de peine. Je pleure et je gémis, répondit le Saint, de ce que mon Sauveur J.-C. a tant souffert, sans l'avoir mérité, et de ce que les hommes, qui en sont la cause, songent si peu combien ils lui sont redevables pour un si grand bienfait.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Des sentiments que doit produire en nous la Méditation des souffrances de Jésus-Christ : et premièrement des sentiments de compassion qu'elle doit exciter dans nos cœurs, Jésus crucifié est le Livre des Élus, Des fruits que porte Jésus crucifié, l'Arbre de vie, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Passion de Jésus-Christ, Des Trésors infinis que nous possédons en JÉSUS-CHRIST, Sur Jésus-Christ et L'intérieur de Jésus-Christ.













lundi 25 octobre 2021

ORAISON AUX SEPT ANGES QUI ASSISTENT DEVANT LE TRÔNE DE DIEU



Bienheureux Esprits, qui apparaissiez à saint Jean dans la révélation de l'Apocalypse, nous nous prosternons à son exemple, devant vous, nous vous honorons comme les distributeurs de la grâce, de la miséricorde et de la justice du Très-Haut : car, d'après le langage de l’Apôtre bien-aimé de Jésus, nous pouvons croire que non-seulement toutes les bénédictions, mais toutes les malédictions hélas ! du Tout-Puissant passent par vos mains pour être répandues sur la terre. (Apoc. 15)
Apprenez-nous à accomplir avec une humble fidélité, comme des enfants nouvellement nés (I Pet. 2) les volontés du Seigneur, afin que vous n'ayez point à nous faire sentir les effets de sa terrible colère. Illuminez-nous d'en haut, instruisez-nous de la doctrine des saints, de la science des élus, afin que notre vie, s'inspirant d'une piété pure dans ses motifs, autant que fervente dans ses actes, nous méritions que vous nous dispensiez, comme disait saint Paul, les richesses de la bonté du Christ (Rom. 4) et la récompense promise à l'économe vigilant et prudent de l'Évangile. (Matth. 24)
Très-saints Archanges, Esprits de feu et de flammes (Heb. 24), allumez en nous les saintes ardeurs que Jésus-Christ est venu apporter sur la terre (Luc. 12). Sources intarissables de sagesses et de vie (Eccl. 21), faites couler jusqu'au fond de nos âmes, l'eau que donne ce Sauveur, et qui deviendra une fontaine d'eau jaillissante jusqu'à l'éternité (Joan. 14). Ministres très-élevés de la puissance et de la force de Dieu (Ps. 143), remplissez-nous de sa crainte, et défendez-nous contre les embûches des esprits infernaux. Secourez-nous dans les dangers et les tentations, préservez-nous des blessures toujours cruelles, mais surtout des blessures mortelles, que le démon cherche à nous faire tous les jours par le péché. Nous voulons être, avec votre assistance, courageux dans la lutte, pour que le Seigneur nous garde contre nos ennemis (Heb. 2 — Sap. 10).
Saint Michel, vous êtes envoyé pour nous aider à combattre et à vaincre ; saint Gabriel, vous avez mission de nous consoler dans l'exil, de nous transmettre les fruits de l'Incarnation, de nous donner le délectable amour de Jésus et de Marie ; saint Raphaël, vous êtes destiné à nous procurer les biens du temps, quand il plaît à Dieu, et à nous obtenir ceux de l'éternité ; et à soulager tout à la fois nos corps et nos âmes. Et vous autres saints Archanges, qui complétez le nombre des sept Esprits principaux, suprêmes adorateurs de l'ineffable et infinie Trinité, vous êtes de même nos insignes bienfaiteurs, en veillant à la vénération et à la bonne réception des sacrements dont la grâce vous est confiée. Mais vous êtes également nos modèles, pour nous faire marcher partout en présence du Seigneur, et pour nous pénétrer de recueillement, de crainte, d'amour, en face des autels et des saints tabernacles, où habite, sous des voiles mystérieux, le Dieu de l'Eucharistie.
Ô glorieux Princes du ciel, daignez, tous les sept, réaliser en notre faveur les grandes choses que vos noms et vos fonctions près de Dieu nous annoncent. Gardez-nous, protégez-nous à l'ombre de vos ailes. Remplissez-nous de l'onction de la grâce dont vous êtes les dépositaires. Nous serons dociles à vos leçons ici-bas : nous ne cesserons pas de tendre, par tous les efforts de nos cœurs, à nous réunir à vous dans l'immortelle félicité ; par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.


Reportez-vous à Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Prière à Saint Raphaël Archange, Litanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, LITANIES DE SAINT RAPHAËL ARCHANGE, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Litanie de Saint Gabriel Archange, Prière à Saint Gabriel Archange, LITANIES DE SAINT GABRIEL ARCHANGE, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, LITANIES DE SAINT MICHEL ARCHANGE, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, De la dévotion à Saint Michel, à Saint Gabriel et à Saint Raphaël, Le Dragon, persécuteur de l'Église, Saint Michel, porte-étendard de Dieu, Saint Michel, l'Ange de l'Eucharistie, Satan domine sur toutes les nations par l'idolâtrie, Saint Michel le combat par l'intermédiaire de Moïse, Saint Michel, ange protecteur de l'Église, Sur la terre comme dans le ciel, saint Michel vient avec ses anges combattre Lucifer et ses légions perverses, et prendre soin des élus, Saint Michel, premier des anges, Michael ? sens de ce mot, titre de gloire pour celui qui l'a prononcé, Les Anges dans l'épreuve, Le combat de Saint Michel contre Satan continue sur terre, Quelles sont les plus célèbres apparitions des Anges dans l'Ancien Testament ?, De l'amour que les Saints Anges portent aux hommes, L'Ange à la garde duquel nous sommes confiés, Quels sont les plus excellents parmi les chœurs des Anges ?, Les saints Anges sont-ils bien nombreux ?, Sous quels traits les saintes Écritures nous représentent-elles les saints Anges ?, Prière à saint Michel Archange, Du culte et de la vénération qui est due à l'Archange Saint Michel, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Neuvaine à Saint MichelDu combat des bons Anges contre les mauvaisMéditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Pieuses invocations à l'Ange Gardien, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Chapelet à Saint Michel Archange, Manière dont les Anges Gardiens s'acquittent de leurs fonctions envers les hommes, Les Saints Anges, fidèles Gardiens des Temples, Les saints Anges Gardiens montrent le chemin du salut, Apprenez de votre bon Ange la science du salut, De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs, De l'Excellence de la nature Angélique, La  grâce des hommes, quoique inférieure à celle des Anges, a des avantages qui la relèvent infiniment, De la principale occupation des Anges, qui est de louer Dieu, et de leur Nombre, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque hommeConfiance de Saint Jean-François Régis en la protection de son Ange gardienDu grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piétéSermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges GardiensDes exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, et Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien.















lundi 11 octobre 2021

Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué


David et Nathan

Il faut en différentes tentations, dit Saint Jean Climaque, tenir une différente conduite pour y résister. Il y a des vices qui sont par eux-mêmes fâcheux et désagréables, tels sont la colère, l'envie, la haine, le désir de se venger, l'impatience, l'indignation, le chagrin, l'amertume de cœur ; l'opiniâtreté, l'esprit de contention et autres semblables. Il y a des tentations, au contraire, qui flattent naturellement, et qui donnent une certaine satisfaction : telles sont les tentations qui regardent l'impureté, ou les plaisirs des sens : et parce que plus nous nous arrêtons à celles-là et plus elles nous attirent à elles : nous devons par cette raison même, ajoute le même Saint, ne les combattre qu'en fuyant, c'est-à-dire, en nous éloignant promptement des occasions qui pourraient nous abattre, et en détournant notre esprit et nos yeux de tout ce qui peut nous y rappeler. Mais à l'égard des premiers vices, il faut nécessairement nous attacher à y réfléchir, à les bien reconnaître et à les combattre, si nous voulons les vaincre : il faut en examiner la nature et la laideur : et cela se peut faire sans danger, parce qu'ils n'ont rien de contagieux : quoiqu'à l'égard de la colère et de la vengeance, il soit bon aussi, ajoute encore Saint Jean Climaque, de détourner la pensée de toutes les circonstances qui peuvent nous y exciter. En général, voici les règles que l'on doit suivre dans toutes sortes de tentations. La première que prescrivent les Maîtres de la morale chrétienne, c'est de les découvrir de bonne heure au Médecin spirituel : c'est le remède le plus efficace pour ces sortes de maladies. Un autre avertissement très-important pour le temps de la tentation, c'est qu'il faut bien prendre garde de se relâcher alors dans ses exercices spirituels, de les quitter, ou d'en retrancher la moindre partie : car quand la tentation ne nous ferait point d'autre mal que de nous porter à nous relâcher, le démon croirait avoir déjà beaucoup gagné, et s'estimerait bien content.
On doit encore, dans le temps de la tentation, se donner entièrement de garde de rien changer à sa conduite spirituelle, et de former aucune nouvelle résolution : le temps n'est pas propre. On ne peut distinguer aucun objet plongé dans l'eau, tant qu'elle est trouble ; laissez-la se reposer et s'éclaircir, et alors vous verrez les ordures qui se déposent au fond. L'agitation et le trouble que cause la tentation, ne vous permettent pas de voir, ni de reconnaître ce qui serait le plus expédient à pratiquer dans cette circonstance : Les maux m'ont environné, s'écrie David, et je n'ai pu rien voir. Ce n'est donc pas là le temps de délibérer, ni de prendre de nouvelles mesures pour se défendre : laissez passer l'orage de la tentation : et quand votre esprit sera dans une assiette plus tranquille, alors vous pourrez mieux connaître ce que vous aurez à faire de plus avantageux pour vous défendre.
Il faut au surplus, dans ces temps de tentation, être extrêmement soigneux de recourir aux remèdes que nous avons déjà marqués, et ne pas demeurer dans l'inaction.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.