Affichage des articles dont le libellé est possession démoniaque. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est possession démoniaque. Afficher tous les articles

jeudi 27 mars 2025

La prière intérieure bloque les pensées parasites - Témoignage Le démon entend les pensées 2/4



"Quand J'ai compris que le démon entendait mes pensées et cherchait à m’empêcher de prier intérieurement, j'ai donc commencé à prier le chapelet en pensée. Quand je le récitais à voix haute, j'étais toujours interrompue par des pensées parasites, mais en priant intérieurement, il n'y a plus eu de place pour les pensées parasites. La prière intérieure retient la concentration et bloque ces pensées parasites. Seul un événement extérieur, visiteur imprévu par exemple, peut venir l'interrompre. C'est moins facile pour le démon d'agiter notre environnement que nos pensées. Si nos pensées sont occupées à la prière, il aura du mal à manœuvrer et à nous influencer. Il peut par contre tenter de bloquer la prière intérieure momentanément, c'est-à-dire, qu'il va chercher à provoquer des trous de mémoire sur un mot ou une partie de la prière. Après ma conversion et l'officialisation par les autorités ecclésiastiques de ma possession, et donc en tant que commençant, la prière intérieure m'était impossible, car complètement bloquée par les esprits démoniaques."

 

Reportez-vous à Le démon entend les pensées - Témoignage et Le démon ne parvenant pas à bloquer la prière intérieure utilisera l'inspiration d'images - Témoignage Le démon entends les pensées 3/4.






vendredi 7 février 2025

Le démon entend les pensées - Témoignage 1/4




"Après ma conversion et les premiers exorcismes, le démon m'empêchait de formuler des prières en pensée. Ce fut une des premières luttes. Pourquoi ferait-il ça s'il ne peut entendre les pensées ? J'ai pu expérimenter la véracité de l'enseignement du Père Surin. Aujourd'hui, je formule le chapelet, le grand exorcisme de Léon XIII composé pour les fidèles, etc. en pensée, et le démon réagit comme si je les disais à voix haute. Ce fut une autre bataille de remportée, car il faut une grande confiance en Dieu pour s'abandonner à cette prière silencieuse, intérieure et mentale. On peut en effet croire à tort que sans avoir bougé les lèvres, le devoir n'est pas accompli. C'est faux. J'y récolte même plus de fruits. La confiance, c'est ce que l'on donne à Dieu en dernier, et c'est pourtant le début de la délivrance."


Extrait de Histoire abrégée de la possession des ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin - Première preuve de la vérité de la possession des Ursulines de Loudun, la connaissance de l'intérieur :

Je n’eus pas plutôt commencé le premier exorcisme sur la mère prieure, que je fus pleinement convaincu que les religieuses étaient possédées. Car, parlant à la mère du bien infini que l’âme goûte dans l’oraison et l’union avec Dieu, un démon ne manqua pas aussitôt de se présenter et de m’interrompre en demandant pourquoi j’avais laissé à Marennes tant de bonnes âmes que je cultivais, pour venir m’amuser avec des filles folles. Ensuite il me dit plusieurs particularités secrètes de ces personnes de Marennes, dont la mère prieure ne pouvait avoir aucune connaissance. C’est ce qui m’obligea de tirer de ma poche une lettre que m’avait écrite celle qui m’avait dit à mon départ de Marennes, que Notre Seigneur lui avait fait connaître que j’aurais bien à souffrir dans cet emploi. Montrant donc cette lettre au démon, il dit ; voilà une lettre de ta dévote. Quelle est-elle, repris-je en latin ? Ta Madeleine, dit-il. Je lui dis : quel est son propre nom ? Il entra aussitôt en fureur, et dit : ta Beinet. Cette fille alla depuis demeurer à Bordeaux, et y mourut en odeur de sainteté, estimée de tout le monde comme une personne qui avait beaucoup souffert pour Dieu, et en avait reçu de grandes faveurs, en particulier le don de prophétie. Dans cette première entrevue le démon me dit tant de choses secrètes qui s’étaient passées à Marennes, et dont il n’y avait nulle apparence que la mère fût instruite, que je n’eus aucun doute que cette révélation ne vînt du démon.

Le lendemain il se trouva un homme à l'exorcisme, qui me marqua qu’il eût bien voulu voir si le démon connaissait nos pensées. Je lui dis de lui faire un commandement dans son cœur ; et après qu’il l’eut fait, je pressai le démon de l’accomplir. Il refusa d’abord, comme c’est leur ordinaire ; puis il alla prendre l’Évangile de saint Jean qui était sur l’autel en un carton : et cet homme assura qu’il avait commandé dans son cœur, au diable, de montrer le dernier évangile qui avait été dit à la messe.

Peu après, M. de Nismes étant à l’exorcisme, me pria de faire un commandement au démon dans un latin un peu difficile, pour voir s’il l’entendrait. Le commandement était : Apponc loevam poplitibus meis ; mettez votre main gauche sur mes genoux. Je le fis, et peu après le démon exécuta ce qui avait été ordonné. M. de Nismes fit aussi au démon un commandement intérieur, puis un autre, jusqu’à six dans un instant, les révoquant l’un après l’autre, et tourmentant le démon, en lui disant : Obediat ad mentem ; qu'il obéisse suivant mon intention. Le démon répéta tout haut les six commandements du prélat, disant après chacun : Mais monsieur ne veut pas tous ces six commandements. Au sixième il dit : nous verrons si nous ferons celui auquel il s’est enfin fixé.

Le démon, par une sotte extravagance, menait la mère prieure sous une gouttière, quand il pleuvait ; et comme je savais que c’était sa coutume, je lui faisais un commandement intérieur de me l’amener. Aussitôt elle venait, et il me demandait : que me veux-tu ? Ainsi, il fallait qu’il eût connaissance de mes pensées, même étant fort éloigné de moi.

Il vint un jour beaucoup de nobles pour voir les exorcismes ; et leurs laquais étant au parloir avec une fille séculière, pensionnaire dans ce monastère, et aussi possédée, la prièrent, pour se divertir, de leur dire leurs pensées ; elle le leur promit, pourvu qu’ils lui donnassent quelque chose. Ils lui donnèrent des dragées, et pendant toute l'après-dinée elle leur dit leurs pensées : et tous avouèrent qu’elle avait deviné juste.

Je ne veux pas donner davantage de preuves que les démons connaissent nos pensées les plus secrètes ; quoique durant mon séjour à Loudun, il ne se soit guère passé de jours que je n’en aie eu de semblables, qui m’ont entièrement persuadé que nous n’avons presque rien de caché pour les démons. Plusieurs théologiens soutiennent le contraire ; mais depuis cette expérience je ne saurais être de leur sentiment.
 
 
Reportez-vous à La prière intérieure bloque les pensées parasites - Témoignage le démon entend les pensées suite, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, Des opérations malignes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Quel est le dessein de Satan contre l'Église, qui le veut déposséder ?, Quel est le Dessein de Satan envers celui qu'il possède, Quelles sont les causes dispositives et applicatives du malin esprit au corps de l'Énergumène ?, Quelle est la Qualité précise de cette vexation du malin esprit, Que la Misère est grande de l'homme possédé de Satan, qui livre un combat furieux à son Âme, et donne un tourment extrême à son Corps, Que cette sorte de Communication, en laquelle Satan s'incorpore dedans l'homme, est fréquente, même depuis le Mystère de l'incarnation, Que Satan communique avec l'homme depuis l'état du péché, et jusqu'où arrive cette communication, Les possessions démoniaques sont rares uniquement pour ceux qui ne combattent pas le démon, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les Possédés d'Illfurt : Satan et les fêtes, bals et danses, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les possédés d'Illfurt : Perte du Ciel et peines de l'Enfer, Miracles de Sainte Hildegarde, Pouvoir de Saint François de Sales : Délivrance de Françoise Favre, possédée du Démon, Pouvoir de Saint François de Sales : Délivrance d'Antonie Durand, possédée du Démon, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, et Des fruits merveilleux des Confessions générales au Laus ; délivrance de plusieurs possédés par l'intercession de la très-Sainte Vierge.

  






samedi 12 mars 2022

Le malheur du Monde en ce que le démon en est le Prince



Nous disons malheur au monde, parce que Jésus-Christ l'a dit ; et les malheurs que nous en écrivons, sont écrits dans son saint Évangile, et dans les divines Écritures des Livres canoniques. Si la narré de ces malheurs cause de l'horreur, c'est le Saint-Esprit qui en a disposé de la sorte, nous ne faisons qu'en suivre les expressions. On ne doit pas trouver étrange que l'on parle comme Dieu parle, et que l'on écrive comme les Apôtres et Évangélistes ont écrit. Dire que le diable est le Prince de ce onde, cette expression pourra sembler bien dure à quelques-uns ; cependant ce sont les propres paroles de Jésus-Christ Dieu.
C'est de la manière qu'il parle du Diable au Chapitre 12 de l'Évangile de saint Jean, qu'il appelle le Prince de ce monde. Son Apôtre, conformément à son divin Maître, nomme aussi les Démons, les Princes de ce monde et de ces ténèbres. Le Disciple bien-aimé, dans sa première Épître, parlant de la victoire des enfants de Dieu sur l'Antechrist, dit qu'il l'ont vaincu ; parce que celui qui est en eux, est plus grand que celui qui est dans le monde. C'est-à-dire que Jésus-Christ qui est en eux, est plus grand que l'esprit malin qui est le Prince et comme l'âme du monde impie. Il est même comme le père du monde pécheur. Jésus-Christ notre Sauveur déclare aux Juifs, dont il dit aussi qu'ils sont du monde, qu'ils sont les enfants du Diable, et qu'ils veulent accomplir les désirs de leurs pères. Le Saint-Esprit nous enseigne dans la première Épître de saint Jean, que celui qui pèche, est enfant du Diable. Il est même appelé Diable par le Fils de Dieu en la personne de Judas. Or le Démon a son trône dans le monde, il y est comme dans sa ville royale, où il donne ses lois, où il a sa cour, et ses plus fidèles ministres.
C'est là où il a conspiré la perte des hommes dès la création du monde ; c'est pourquoi notre Maître nous apprend qu'il a été homicide dès le commencement, faisant mourir Adam le premier homme. C'est ce qu'il a continué dans la succession de tous les siècles, et ce qu'il continue tous les jours. L'envie qu'il a de leur nuire, est inexplicable, aussi bien que les efforts qu'il fait contre eux, et les artifices dont il se sert pour les perdre.
Il leur fait une cruelle guerre, les combattant ouvertement par les tentations les plus grossières d'impureté, d'ivrogneries, de jurements, de querelles, de haines, d'injustices, de scandales. Ainsi saint Jean dans son Apocalypse vit sortir de la gueule d'un Dragon des esprits impurs en forme de grenouilles, qui paraissent de la sorte à cause de leur impureté, et des cris importuns qu'ils font, se servant des paroles et des raisonnements du monde, qui ne parle que de sensualité, que de vengeances, que des moyens d'acquérir des richesses, que d'ambition, d'orgueil et de curiosité : c'est pourquoi l'apôtre avertit de ne se pas laisser séduire par de vains discours.
Mais il exhorte à se fortifier en notre Seigneur et en sa vertu toute-puissante, et à s'armer de toutes les armes de Dieu, afin de se pouvoir défendre des embûches du Démon. Quand il s'agit de ses artifices, l'homme Apostolique veut que l'on s'arme de toutes pièces : car il use de tant de ruses pour attaquer les hommes, qu'il n'est pas possible de les dire. C'est pourquoi il a pris la forme d'un Serpent dès le commencement du monde, et il est appelé dans l'Apocalypse, l'ancien Serpent qui séduit tout le monde. Aussi l'Écriture remarque que le Serpent est le plus rusé de tous les animaux.
Il étudie les inclinations, et il tente conformément à la propre humeur, à la condition, et à l'état où l'on se trouve. Quelquefois il attaque par ce qui éclate et qui paraît grand aux yeux des hommes. C'est de la manière dont il tenta notre Seigneur lorsqu'il lui montra tous les Royaumes du monde, ce qu'il fit par des images formées en l'air, et qu'il lui dit : Je vous donnerai tout cela, si vous vous prosternez devant moi. Quelquefois il se sert du prétexte de la nécessité, comme il fit encore à notre Seigneur, lorsqu'ayant jeûné quarante jours et quarante nuits il eut faim, et il lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, commandez que ces pierres se changent en pain. D'autres fois il tente de présomption, comme on peut encore le remarquer dans la tentation de notre adorable Sauveur, lorsque l'ayant transporté dans la ville sainte, et l'ayant mis au haut du frontispice du Temple, il lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas ; car il est écrit, qu'il a commandé à ses Anges de prendre soin de vous, et qu'ils vous porteront en leurs mains, de peur que vous ne vous heurtiez le pied contre quelque pierre. L'on peut voir ici que le Démon se servant de l'Écriture Sainte, il ne faut pas s'étonner si les Hérétiques, qui sont animés et conduits par son esprit, s'en servent si souvent en abusant malheureusement pour leur propre perte, et la perte des âmes qu'ils séduisent. Il a tenté Ève sous prétexte d'en faire une Déesse. Vous serez comme des Dieux, lui dit-il, en lui parlant d'Ève et d'Adam : il leur promet une science extraordinaire, et c'est la tentation dont il se sert à l'égard des beaux esprits, des gens de Lettres, des esprits curieux, qui sont tout plongés dans l'étude des sciences humaines, avec peu d'application à la science des Saints, qui se donne aux humbles, et que l'on acquiert par le dégagement des choses créées, l'exercice de l'oraison, et l'union intime avec notre Seigneur Jésus-Christ.
C'est aux pieds d'un homme Dieu crucifié que l'on devient savant dans cette science du Ciel, dont les gens de Lettres, qui ne sont pas mortifiés à eux-mêmes, sont dépourvus ; dont l'intérieur est sec et tout aride dans la privation des bénédiction de Dieu, par leur curiosité d'esprit, et l'application immodérée à l'étude : et l'on voit de ces gens-là qui auront de la peine à employer une heure dans l'oraison, qui passent les jours à la lecture des Livres : tentation assez ordinaire aux esprits, ou curieux, ou qui veulent paraître par leurs discours ou leurs écrits.
Ô qu'il est difficile aux doctes, dans la recherche de l'Histoire, et l'examen des difficultés qui s'y trouvent, dans la discussion des vérités dont l'on dispute, de n'y chercher que Dieu seul ! Qu'il est rare d'y conserver l'esprit d'oraison et de recueillement ! Et cependant à la mort que servira la curiosité des sciences ? Ô que la savante ignorance des personnes sans Lettres, qui auront eu la science des Saints, y aura d'avantages et de bénédictions ! Certainement tout est donné à la vraie humilité de cœur, au détachement et à l'union avec Dieu, grâces qui s'accordent par l'oraison et le recueillement. C'est pourquoi les Démons tâchent toujours de jeter dans les embarras d'occupations qui n'en laissent pas le temps. C'est à quoi même les personnes qui s'emploient dans les bonnes œuvres extérieures, doivent veiller ; car si elles ne prennent le temps pour se retirer et vaquer à Dieu, à la fin elles seront toutes dissipées. Un Prédicateur, un Missionnaire, qui de temps en temps ne fera pas quelque retraite, se répandra tout au-dehors, et perdra l'esprit intérieur.
C'est à quoi les Démons travaillent, qui savent bien que les œuvres éclatantes extérieures servent de peu, si elles ne sont animées de l'Esprit de Dieu. Ce sont des ennemis bien redoutables qui joignent avec la grandeur de leur esprit, qui ne trouve rien de semblable parmi les hommes, une force incroyable. Ce qui faisait dire à l'un d'eux à Saint Pacôme, qu'il n'y aurait point d'homme qui pût leur résister, s'il n'était soutenu de la vertu divine de Jésus-Christ, dont la providence ne leur permettait pas de ses servir de tout leur pouvoir. Ils ont de plus l'expérience de tous les siècles, ils sont invisibles, ils sont infatigables, ils reviennent toujours à la charge, ils ne se lassent jamais. C'est pourquoi il est dit dans l'Apocalypse : Malheur à vous, terre et mer, parce que le Diable est descendu vers vous dans une grande colère, sachant qu'il lui reste peu de temps. Ces paroles sont remarquables pour le temps de la mort.
Après tout, la plupart des hommes se laissent vaincre par ces malheureux esprits, et c'est pour ce sujet qu'ils sont appelés les Princes de ce monde. Et l'Écriture nous apprend que chacun est esclave de celui qui l'a vaincu. Ô dure servitude, que l'esclavage du Démon ! Jamais y a-t-il eu une tyrannie pareille, une cruauté semblable ? On en peut voir quelque chose en de certaines occasions dans les possédés : mais ce sera dans l'Enfer où ils exerceront leur tyrannie d'une manière inconcevable sur les malheureux damnés.
L'Apôtre nous apprend que dès ce monde les Démons tiennent captifs les pécheurs selon leur volonté. Vérité terrible, et dont le monde n'est point pénétré. Quelle horreur du pécheur de vivre sous la captivité du Diable selon sa volonté ! Ainsi il tombe d'abîme en abîme, de péché en péché. Ainsi quand on lui parle de quitter ses vices, ses passions, il répond qu'il ne saurait. Ô si les braves du monde, si ceux qu'on en appelle les Héros, qui sont dans le péché, savaient l'effroyable esclavage du Diable dont ils sont les captifs ! Ô si ces beaux Messieurs et ces belles Dames du monde qui s'étudient avec tant de soin à vivre en leur liberté, connaissaient la misérable servitude où ils sont réduits ayant le Démon pour tyran, qui les mène comme il veut ! si Dieu ouvrait les yeux pour découvrir ce qui se passe dans le monde, que l'on y verrait d'épouvantables choses ! Malheur à vous, dit le Saint-Esprit en Isaïe, qui traînez comme des cordes une longue suite d'iniquités. Ce sont les engagements différents dans le péché d'où se forme une chaîne qui entraîne les pécheurs dans le mal, et dont le Diable les tient garrottés.

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu, Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.













jeudi 1 juillet 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


VIIIe LEÇON


VIE PUBLIQUE DE NOTRE-SEIGNEUR

DEUXIÈME ANNÉE



Q. Quel miracle opéra le Sauveur en descendant de la montagne ?
R. En descendant de la montagne, le Sauveur guérit un enfant possédé du démon.

Q. Quelle instruction le Sauveur donna-t-il à ses Apôtres à cette occasion ?
R. A cette occasion, le Sauveur instruisit ses Apôtres sur la nécessité et la puissance du jeûne et de la prière.

Q. Quelle autre instruction leur donna-t-il ?
R. Le Sauveur, ayant repris son voyage dans la Galilée, fit comprendre à ses Apôtres et à tous ses Disciples la nécessité de pardonner, et l'indignité de la conduite de celui qui refuse d'oublier les injures qu'on lui a faites.

Q. Quel moyen employa-t-il ?
R. Pour cela il se servit d'une parabole. Un serviteur, dit-il, devait dix mille talents à son maître et n'avait pas de quoi le satisfaire. Le maître ordonna qu'on le saisît et qu'on vendît sa femme et ses enfants, et que le prix fût employé à payer la dette. Le serviteur le conjura d'avoir pitié de lui et de prendre patience ; le maître, touché de compassion, lui remit sa dette. En sortant, ce serviteur rencontra un de ces compagnons qui lui devait la modique somme de cent deniers. Il le saisit à la gorge, et, l'étouffant, il lui dit : Paye ce que tu me dois. Le malheureux lui dit : Ayez patience, je vous rendrai tout. L'autre ne voulut pas, et sur-le-champ il le fit conduire en prison.

Q. Continuez la parabole.
R. Le maître, apprenant cette barbare conduite fit venir ce méchant serviteur et lui dit : J'ai eu pitié de vous, je vous ai remis toute votre dette ; ne deviez-vous pas aussi avoir pitié de votre compagnon ? Et il le fit mettre en prison jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. C'est ainsi, ajouta le Sauveur, que mon Père céleste en usera, si vous, à qui il a pardonné et à qui il pardonne tous les jours tant de péchés, vous ne remettez pas de bon cœur les offenses que vos frères auront commises contre vous.

Q. De quoi fut suivie cette instruction ?
R. Cette instruction fut suivie d'un événement qui donna lieu au Sauveur de nous apprendre quel esprit de douceur doit animer ses disciples.

Q. Quel est cet événement ?
R. Les habitants d'une ville de Samarie, ayant refusé de le recevoir, deux de ses Apôtres lui demandèrent la permission de faire descendre le feu du Ciel sur cette ville coupable. Le Sauveur leur répondit ; Vous ne savez pas de quel esprit vous devez être animés, le fils de l'homme n'est pas venu sur la terre pour perdre les âmes, mais pour les sauver. Il souffrit l'affront sans se plaindre, et alla chercher un asile ailleurs.

Q. Que lui arriva-t-il encore dans ce voyage ?
R. Dans ce voyage, le Sauveur proclama de nouveau le grand précepte de l'amour de Dieu et du prochain ; puis, il arriva dans la petite ville de Béthanie, et logea dans la maison de Lazare et de ses deux sœurs, Marthe et Marie.

Q. Où alla-t-il ensuite ?
R. De là il se rendit à Jérusalem pour célébrer la fête des Tabernacles, où ses ennemis furent forcés de dire comme le peuple ; Jamais homme n'a parlé comme cet homme.

Q. Se convertirent-ils ?
R. Ils ne se convertirent pas, quoique le Sauveur eût fait en leur présence un de ses plus éclatants miracles.

Q. Quel est ce miracle ?
R. Ce miracle est la guérison d'un aveugle de naissance, miracle qu'aucun prophète n'avait opéré et qu'on n'avait jamais vu depuis le commencement du monde.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux pardonner à ceux qui m'auront offensé.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.














dimanche 20 juin 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


Ve LEÇON

VIE PUBLIQUE DE NOTRE-SEIGNEUR

PREMIÈRE ANNÉE



Q. Que fit Notre-Seigneur après avoir chassé les vendeurs du temple ?
R. Après avoir chassé les vendeurs du temple, Notre-Seigneur partit pour la Galilée en passant par la Samarie.

Q. Que lui arriva-t-il dans ce voyage ?
R. Dans ce voyage, il convertit la Samaritaine, en lui révélant tout ce qu'elle avait fait, et en lui annonçant qu'il était lui-même le Messie. Cette femme courut raconter ce qui lui était arrivé aux habitants de la ville de Sichar, qui vinrent aussitôt trouver le Sauveur, dont les discours en convertirent un grand nombre.

Q. Où alla Notre-Seigneur en quittant la Samarie ?
R. En quittant la Samarie, Notre-Seigneur alla en Galilée, dans la ville de Capharnaüm.

Q. Quel miracle y fit-il ?
R. Comme il était environné d'une grande multitude, on lui amena un possédé. Tout à coup le démon s'écria par la bouche du possédé : Laissez-moi tranquille, Jésus de Nazareth, ne me troublez pas dans ma possession. Je sais que vous êtes le Saint de Dieu. Le Sauveur prit un ton menaçant, et dit à l'esprit malin : Tais-toi, et sors du corps de cet homme, qui fut aussitôt délivré.

Q. Quel miracle fit-il encore ?
R. Il guérit encore un paralytique. La nouvelle de la délivrance du possédé se répandit bientôt dans tout le pays, et de toutes parts on venait pour voir et pour entendre le grand prophète. Un jour il s'assembla tant de monde devant la maison où il était, qu'il était impossible de percer la foule. Alors quatre hommes, qui portaient un paralytique dans son lit, montèrent sur le toit et y firent une large ouverture, par laquelle ils descendirent le malade couché dans son lit, aux pieds de Jésus et au milieu de l'assemblée.

Q. Comment le Sauveur commença-t-il sa guérison ?
R. Le Sauveur, voyant la foi de cet homme, lui dit : Ayez confiance, mon fils, vos péchés vous sont pardonnés. Les Scribes et les Pharisiens qui étaient dans l'assemblée se dirent en eux-mêmes : Il blasphème, il n'y a que Dieu seul qui puisse remettre les péchés.

Q. Que leur dit le Sauveur ?
R. Le Sauveur, connaissant leurs pensées, leur demanda : Lequel est le plus facile de dire à ce paralytique : Vos péchés vous sont remis, ou de lui dire : Levez-vous, prenez votre lit et marchez ? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de remettre les péchés, je vais guérir à l'instant sous vos yeux ce paralytique. Il dit donc au paralytique : Levez-vous, emportez votre lit et marchez. Le paralytique se leva, chargea son lit sur ses épaules, et s'en alla publiant les louanges de Dieu.

Q. Que fit ensuite le Sauveur ?
R. Après ce miracle, qui prouvait si bien sa divinité, le Sauveur sortit de la ville, monta sur une montagne, où il passa la nuit en prière, et dès la matin il choisit douze de ses disciples qu'il nomma Apôtres, ce qui veut dire envoyés.

Q. Quels sont les noms des douze Apôtres ?
R. Voici les noms des douze apôtres : Pierre, André, Jacques et Jean, fils de Zébédée ; Philippe, Barthélémy, Matthieu, Thomas, Jacques et Judas, fils d'Alphée ; Simon et Judas Iscariote qui le trahit.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et en témoignage de cet amour, je veux prier aujourd'hui pour les pécheurs et les malades.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.












dimanche 10 janvier 2021

Éclaircissement touchant la possession des Religieuses Ursulines, et de quelques autres personnes de la Ville de Loudun



Après avoir montré que le Père Surin était (comme dit l'Apôtre) tout à tous les hommes et dans toutes les occasions où il y allait du service du prochain sans s'épargner : Il faut maintenant parler, de la force et de la générosité invincible de ce fidèle serviteur de Dieu et de son immaculées Mère dans les combats qu'il a eus avec les Démons et les supports de l'Enfer ; et parce que cette grande et longue guerre est arrivée au sujet de la possession que les Démons avaient prise des Religieuses Ursulines, et de quelques autres personnes de la Ville de Loudun, dont nous avons déjà parlé en plusieurs endroits, et dont nous parlerons plus amplement avec le secours divin dans le reste de ce petit ouvrage. Nous avons cru qu'il y allait de la gloire de notre Maître de donner quelque éclaircissement sur ce sujet, laissant à ceux à qui Dieu tout bon inspirera d'en donner l'histoire au public, d'en traiter plus au long et de donner une plus grande lumière sur une matière de cette importance.
Premièrement ce serait une chose superflue que de s'arrêter à la preuve qu'il y a des possédés, puisque l'Évangile nous le dit clairement, et que l'une des promesses que le Fils de Dieu a faite à ses Apôtres, et en leurs personnes à son Église, est de pouvoir chasser les Diables des corps qu'ils possèdent, de là vient qu'il y a un ordre d'Exorcistes établis pour cette fonction, et qui est un de ceux que l'on donne encore aujourd'hui à tous ceux qui entrent dans le sacerdoce. Les Pères, et entr'eux les plus anciens ont parlé des exorcistes, et des exorcismes, comme Saint Ignace, le Martyr Évêque d'Antioche, S. Justin Martyr, Tertulien, S. Jérôme, S. Cyprien ; S. Augustin, S. Athanase, et S. Chrysostome. On trouve dans l'histoire que l'on usait d'exorcismes du temps de saint Martin, et le savant Tottiel remarque que souvent les Diables sont chassés par ce moyen.
Ce que nous avons donc à montrer ici en peu de paroles en laissant à ceux qui écriront l'histoire, à en traiter plus au long et plus expressément, est que les possédés de Loudun, l'ont été véritablement, et premièrement c'est un grand préjugé de la possession de Loudun, que le sentiment de tant de personnes qualifiées qui l'ont estimé de la sorte, comme l'on fait les Cardinaux, les Évêques, les Généraux, les Provinciaux de l'Ordre, et les Docteurs, les Princes, les Magistrats, les Médecins, et mêmes les Hérétiques qui apparemment ne sont pas gens à croire de léger sur ces matières. L'Éminentissime Cardinal de Richelieu l'un des plus grands esprits de notre siècle, et qui était très-savant à tellement cru la possession de Loudun, que les exorcistes y ont été envoyés par son ordre, qu'ils y ont été défrayés par ses soins aux dépens du Roi, et qu'il a soutenu toute cette affaire par son autorité. Il y a peu d'apparence qu'un si grand Génie se soit laissé persuader sans des preuves convaincantes. Messeigneurs les Prélats qui gouvernaient pour lors les Églises de Toulouse et de Nîmes s'y tendirent en personnes, pour porter un jugement plus certain de cette affaire, et ils en demeurèrent parfaitement convaincus. Un Provincial de la Compagnie de J2sus avec plusieurs personnes savantes, et expérimentées, tant de son Ordre que des autres Ordres réguliers en firent le même jugement ; le Général même de la Compagnie de Jésus sur les preuves qui lui en furent données entra dans les mêmes sentiments ; feu Monseigneur le duc d'Orléans ayant assisté à quelques exorcismes, ne douta point de leur possession. Le Milord Montaigu, qui depuis a été assez connu en France sous la qualité d'Abbé, d'homme d'esprit et de capacité n'ayant encore fait profession ouverte de la foi Catholique, et ayant avec lui des hérétiques Anglais étant passé par Loudun fut témoin avec sa compagnie de la sortie de l'un des Démons du corps de la Mère des Anges par les signes visibles qu'il en a laissé, et ils en furent tellement convaincus que le Milord, et les gentils-hommes qu'il avait avec lui en laissèrent leur témoignage au greffe ; davantage le Milord Montaigu crût la chose si importante pour la gloire de Dieu qu'il en voulut entretenir le Souverain Pontife Urbain VIII lorsqu'il fit profession de la foi Catholique entre ses mains. Grand nombre d'autres personnes d'une doctrine et d'une piété éminente ayant jugé cette possession réelle et très-véritable, cela assurément en doit être un grand préjugé.
Mais les règles que les ordres de l'Église prescrivent pour avoir des preuves infaillibles d'une véritable possession, se sont trouvés dans celle de Loudun, et entre autres ces actions qu'on a vu faire à ses Religieuses, au-dessus des forces de la nature, l'intelligence qu'elles avaient des langues inconnues, la science qui paraissait si grande en des personnes d'elles-mêmes ignorantes, la révélation ou la connaissance qu'elles avaient des choses cachées où qui se passaient dans les lieux éloignés en sont des preuves bien convaincantes. On leur a vu souvent faire des mouvements qui étant au-dessus des forces naturelles de l'homme au jugement même des Médecins ; il faut conclure que cela venait d'un principe étranger qui est le Démon. Dans le commencement elles ont parlé de la langue latine qu'elles n'entendaient pas, et elles ont toujours répondu aux demandes qu'on leur a faites en cette langue quoique l'on se servît exprès de termes les plus difficiles à entendre, comme il est arrivé en la présence de plusieurs Prélats. Elles ont révélé ce qui était arrivé dans des Provinces et des Pays éloignés ; elles ont manifesté bien des fois les pensées de quelques personnes quand elles le désiraient intérieurement ; et (ce qui est étonnant) quelquefois même contre leur volonté ; le Père Surin atteste qu'il a eu une grande expérience de la connaissance que les Démons avaient des pensées même les plus cachées, dont l'on prenait garde de ne pas donner le moindre signe au-dehors ; ce qui favorise l'opinion de quelques Théologiens qui estiment que si les démons connaissent bien la substance de l'âme, comme on le croit, ils n'en ignorent pas les pensées bien qu'ils ne voient pas ce qui se passe dans la volonté touchant le libre usage qu'elle en fait, mais il faut toujours avouer, soit que la manifestation des pensées viennent de la connaissance naturelle qu'en ont les Démons, soit qu'elle vienne par permission divine, qu'elle n'est pas naturelle à l'homme non plus que la science des questions les plus difficiles de la Théologie à de simples filles sans aucune étude comme on la remarqué très-souvent dans les Religieuses de Loudun.
Ces preuves infaillibles ont été données en présence des Évêques, des supérieurs d'Ordres, des Docteurs, et de personnes de haute qualité, des Magistrats, des M2decins. Il est vrai que Dieu qui résiste aux superbes n'a pas voulu permettre quelquefois qu'elles aient été données en présence de certains esprits fiers et hautains que la seule curiosité y conduisait ; mais il suffit qu'elles aient été reconnues par des personnes éminentes par leurs qualités, et par leur doctrine et leur piété. Les Diables étaient obligés de déclarer aux exorcistes qu'ils faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour se cacher, pour ne pas faire connaître les choses extraordinaires que la possession découvre, et que Dieu leur permettait de se tenir cachés à l'égard des esprits suffisants et curieux, il est vrai que la possession découvre manifestement de grandes vérités, car s'il y a des Démons uil y a un Dieu qui les a créés et qui les punit, et cela marque aux Athées et aux libertins, que Dieu châtie les crimes, et qu'il y a un Enfer et une autre vie, où Dieu punit les méchantes actions. La possession fait voir le pouvoir de l'Église et de ses Ministres, la présence réelle du corps du fils de Dieu en la divine Eucharistie, l'honneur dû aux reliques, et le pouvoir de l'intercession des Saints contre les hérétiques. C'est pourquoi il ne faut pas s'étonner si les Démons se servent des impies, des libertins et des personnes vicieuses, pour ôter la créance qu'il y ait des corps possédés, à cause de la grande gloire qui en arrive à Dieu et des grands biens que les âmes en tirent. Les Pères de l'Église ont jugé que la possession était une preuve bien forte et solide ; puisqu'ils s'en sont servis contre les hérétiques, et que S. Jérôme l'un des plus savants objectait aux hérétiques de son temps qui n'honoraient pas les reliques des Saints comme le font encore présentement ceux de nôtre siècle, la crainte que les Démons faisaient paraître dans les corps des possédés ; si on répond que l'on ne doit pas croire aux Démons qui sont des esprits de mensonge, il faut dire qu'ils sont menteurs quand ils sont contraints par le pouvoir que Jésus-Christ a laissé à son Église de manifester souvent de grandes vérités comme l'expérience le fait voir et comme nous n'en pouvons douter lorsque les vérités sont de celles que la foi nous révèle.
Or il faut bien considérer que Dieu tout bon et miséricordieux, ne permet ces grands maux que pour de très grands biens comme l'on peut voir dans cette possession de Loudun, de laquelle dieu a tiré une très-grande gloire par la conversion et sanctification de plusieurs âmes à l'honneur des mystères de la Religion et des saints dont la vénération s'est augmentée à la confusion des Démons qui ont eux-mêmes contribué à détruire la magie et les superstitions qui voulaient s'établir ; les pécheurs se sont convertis à la vue des choses extraordinaires qui se passaient en leur présence ; les hérétiques en ont été touchés, obligés même de reconnaître le pouvoir de l'Église ; et ce qui est davantage, les Athées non seulement ont été forcés de reconnaître un Dieu, mais s'y sont sanctifiés, comme il paraît en la personne de Monsieur de Kerioles Conseiller du Parlement de Bretagne : C'était un homme qui ne croyait point de Dieu, sans religion et sans foi, abîmé dans toutes sortes de désordres, dans des emportements si excessifs, que lorsqu'il tonnait il tirait conter le ciel à coups de pistolet pour le braver ; si désespéré, que la foudre étant tombée dans sa chambre et qu'il avait remplie de feux et de flammes, il se moquait encore pendant que ses gens criaient miséricorde ; sa grande application était à chercher les moyens de faire du mal ; et où il paraissait le plus grand, c'est où il se portait davantage ; il avait même pris résolution de se faire Turc pour avoir lieu de combattre contre les Chrétiens. A peine a-t-on vu une personne plus désespérée et plus criminelle. Comme ses intentions n'allaient qu'au crime il était venu à Loudun pour une méchante fin ; et à son arrivée il ne manqua pas de se railler de la bonne manière des possédés (comme c'est l'ordinaire des libertins) et d'accuser ces filles de folie ; Cependant, ô mon Dieu ! vous qui savez conduire les choses à vos fins par les moyens qui semblent les plus opposés, et qui voulez triompher de vos ennemis par vos ennemis mêmes vous voulûtes que ce libertin, cet esclave du Diable vît leurs opérations funestes pour le tirer de leur esclavage ; il alla donc voir les possédées pour se divertir et pour en faire le sujet de ses railleries. Mais les Démons lui ayant révélé des choses très secrètes et que personne ne savait, il fut d'abord étonné, et cela l'obligea de retourner encore aux exorcismes où il fut tellement touché, que depuis ce temps il a mené une vie très sainte, et a fait une pénitence si exemplaire, que l'on a donné l'histoire de sa vie au public. Comme nous ne pouvons rien omettre qui regarde la gloire de l'immaculée Mère de Dieu, nous rapporterons ici que les Démons avouèrent que c'était cette Mère de miséricorde qui avait intercédé puissamment auprès de son fils pour en obtenir une conversion si extraordinaire et à leur grande confusion, puisque ce fut par eux-mêmes qu'un si grand pécheur fut délivré de leurs mains ; et c'est une chose bien remarquable que ce libertin sans savoir ce qu'il faisait, puisqu'il ne croyait pas de Dieu avait une inclination de respect et d'honneur pour la très sacrée Vierge sa digne mère ; la divine Providence qui se voulait servir de cette grande Reine, en disposant de la sorte pour tirer le misérable de l'abîme où il était plongé.
Mais quelle gloire Dieu n'a-t-il pas tiré de cette possession, faisant voir l'honneur qui est dû à ses mystères par les adorations et les respects extrêmes que les Diables étaient obligés de rendre au très-saint Sacrements de l'Autel. Quelle gloire n'en a-t-il pas tirée dans les honneurs qu'ils ont été contraints de rendre à sa très pure Mère, à ses Anges, et à ses saints, et spécialement à S. Joseph. L'on peut même dire que Dieu a permis spécialement cette possession, afin qu'elle contribuât d'une manière extraordinaire à la gloire de cet incomparable Saint. Nous avons rapporté son apparition glorieuse à la Mère Jeanne des Anges. Nous avons dit comme elle a été guérie miraculeusement plusieurs fois par ses intercessions, et comme Dieu s'était servi du linge teint de l'onction sacrée que ce grand Saint avait appliquée à cette bonne Mère, et même des morceaux de papier qui avaient touché ce linge pour faire quantité de miracles dans un grand nombre de Villes et de Provinces différentes, et d'une manière si éclatante et si glorieuse pour cet aimable époux de la très pure Vierge, et père putatif de Jésus, que l'on ne trouvera pas dans l'histoire rien de pareil en fait de miracles pour l'honneur d'un saint si admirable ; ce qui doit bien persuader que la volonté de Dieu est que sa dévotion s'établisse plus que jamais, et que l'on en doit espérer toutes sortes de secours dans ses besoins. Mais quelle édification n'a point donnée aux personnes de toutes sortes d'âge et de qualité, l'impression merveilleuse des noms sacrés sur la main de la Mère Jeanne des Anges, que les Démons ont été obligés d'y faire à leur sortie. L'on a vu durant plus de vingt ans les quatre noms de Jésus, Marie, Joseph, François de Sales, imprimés sur la main de cette Religieuse, qui s'effaçant peu à peu se renouvelaient tous les quinze jours ; et aux grandes Fêtes avec des effets qui donnaient beaucoup d'admiration et de consolation, il en sortait même une odeur suave qui laissait de grands sentiments de piété. Le feu Roi Louis XIII, (d'heureuse mémoire) la voulut voir lorsque la Mère passa par Paris, et en par la ensuite bien touché de la vue d'un état si étonnant, la feue Reine Mère, l'Éminentissime Cardinal de Richelieu, quantité de personnes illustres firent la même chose avec admiration de la puissance de Dieu.
Enfin la magie se trouva bien renversée dans ses desseins, puisqu'elle fut détruite par les moyens dont elle s'était servie pour s'établir. Je ne puis m'empêcher ici de remarquer avec étonnement l'aveuglement de plusieurs personnes qui d'autre part sont considérables et ont de l'esprit, qui avancent inconsidérément qu'il n'y a point de magie ni de magiciens, et que les effets qu'on leur attribue ne viennent que des personnes à la vérité méchantes et qui sont punissables. Mais sans rapport ni liaison avec les Démons, je qualifie leurs sentiments d'aveuglement ; car c'est avoir bien peu de lumière que de soutenir des maximes contraires à l'expérience de tous les siècles et aux sentiments de toutes les nations infidèles aussi bien que fidèles. Il ne faut pas être beaucoup savant dans l'histoire pour savoir cette vérité, et n'ignorer pas que toute l'antiquité a reconnu des magiciens, que les Païens en étaient si persuadés qu'ils attribuaient la vertu des miracles que Dieu opérait par les saints Martyrs à un effet de la Magie. Car enfin voyant très bien les prodiges et les miracles que Dieu faisait pour la confirmation de notre sainte Religion, pour se défendre de l'impression qu'ils en devaient recevoir ils avaient recours aux effets de la magie qu'ils attribuaient à ces glorieux témoins de Jésus-Christ.
Saint Clément, Saint Irénee, Saint Épiphane, Saint Jérôme, Saint Cyprien, Saint Augustin, Saint Thomas, Saint Albert le Grand, le Célèbre Jean Gerson, Chancelier de l'Université de Paris, reconnaissent qu'il y a des Magiciens qui ont fait pacte avec les Démons, ceux qui voudront lire les Livres de ces Pères où ils en parlent, les trouveront cotés dans le savant traité des Recherches de la Magie, par Detrio Religieux de la Compagnie de Jésus personnage d'une grande érudition. L'Église reconnait les Magiciens puisque tous les Évêques où la plupart les font dénoncer publiquement pour excommuniés les Souverains Pontifes exhortent les Inquisiteurs de la foi d'agir contre eux, comme l'on peut voir dans les bulles d'Innocent VI, aux Inquisiteurs d'Allemagne, dans celles de Julle III à l'Inquisiteur de Créance, d'Adrian VI, Inquisiteur de Lombardie, et dans les bulles de plusieurs autres Souverains Pontifes.
Mais ce qui est de la dernière force, est que l'Écriture tant de l'ancien que du Nouveau Testament reconnait la Magie et les magiciens, l'on ne peut rien voir de plus exprès sur cette matière que ce qu'on lit dans l'Exode ; et les effets de la magie qui y sont rapportés surpassent visiblement toutes les forces et l'industrie humaine, et font voir à même temps celles des Démons. Je demande à ces esprits suffisants s'ils trouvent rien dans ce qui les surprend en ce sujet et qui leur paraisse incroyable, qui égale l'étonnement que leur doit causer les opérations des Magiciens de Baraon qu'ils doivent croire indubitablement s'ils sont Chrétiens ; peut-on voir rien de plus prodigieux que toutes les rivières, les lacs et le reste des eaux d'un Pays changées en sang, et toutes les autres choses qui sont rapportées dans le Livre de l'Exode. Nous lisons au Chapitre treizième des Actes des Apôtres que Saint Paul punit d'aveuglement au Magicien qui résistait à la doctrine de la Foi qu'il prêchait ; nous voyons au Chapitre huitième des mêmes Actes qu'il y avait dans la Ville de Samarie un homme nommé Simon, qui y avait auparavant exercé la Magie et avait séduit le peuple de Samarie, se faisant passer pour un grand personnage et jusque-là que tous les Ordres de la Ville l'appelaient la grande vertu de Dieu, leur ayant fait perdre l'esprit par ses enchantements.
L'Écriture apprend ensuite que ce Simon s'étant converti, voulut donner de l'argent pour avoir la grâce de donner le Saint-Esprit : ce qui a donné lieu à ceux qui l'imitent d'être appelés simoniaques et l'on appelle simonie le péché qu'ils commettent ; c'est une peste maligne qui ayant infecté plusieurs des siècles qui nous ont précédés est venue jusqu’au nôtre, et qui est d'autant plus maligne et dangereuse qu'elle se cache davantage. C'est une chose déplorable que l'homme cherche des excuses dans ses péchés comme s'il les pouvait déguiser aux yeux de Dieu, comme il les cèle aux yeux des hommes. On resigne, on change un Bénéfice, mais il faut que l'on achète les meubles ou le revenu de l'année ; et combien y en a-t-il qui en paieraient ce qu'ils en donnent si ce n'était en vue du Bénéfice. J'apporte cet exemple de mille que l'on pourrait alléguer où l'esprit de l'homme tâche de trouver des prétextes pour se sauver des peines que l'Église ordonne à ces gens-là qui se réduisent presque dans un état d'endurcissement de cœur, parce qu'il faudrait une grâce très-extraordinaire pour y satisfaire et une fidélité toute particulière pour y coopérer dont ces personnes sont bien éloignées. Que ces gens se souviennent qu'ils ont pour Père, pour Fondateur, pour Patron et exemplaire Simon le Magicien, et qu'ils se convertissent de bonne heure s'ils ne veulent tomber dans les châtiments qui leur sont préparés.
Après cela, s'il est vrai que de croire trop facilement es tune marque de la légèreté ; il est aussi certain que de ne pas croire du tout, et ne pas entrer dans des sentiments reçus généralement c'est, dit Saint Augustin, une folie insupportable, mais ne pas croire ce que l'écriture nous enseigne c'est tomber manifestement dans l'hérésie ; aussi ceux qui ont soutenu opiniâtrement qu'il n'y avait point de Magiciens ont toujours été fort suspects. Le savant Detrio rapporte que le Démon fait promettre souvent à ses suppôts qu'ils soutiendront par tout qu'il n'y en a point. Et de vrai, c'est le moyen de les mettre à couvert et de leur donner une liberté toute entière dans tous les maux qu'ils font sans aucune crainte de punition. Le Docteur Ulart qui était l'un des Conseillers de l'Électeur de Treves dans le dernier siècle, soutenait partout avec beaucoup de hardiesse que la Magie était une fable ; que c'était une illusion de s'imaginer qu'il y eût des sorciers ; que cette opinion n'était recevable que par les esprits simples et crédules ; et qu'elle était indigne des bons esprits et des Magistrats. Bonstel assez connu par ses écrits, qui était de ce Diocèse, où ce personnage débitait ses maximes, le réfuta par un docte Traité ; mais la Divine Providence s'en mêla elle-même. Je ne sais comment cet homme se rendit suspect ; mais il fut pris, et il confessa lui-même qu'il était atteint du crime qu'il niait : ce qui obligea les Juges avec les preuves qu'ils eurent d'autre part de le condamner à être brûlé. Monstrelet rapporte dans son histoire, et d'autres Auteurs avec lui, qu'il y avait dans le Diocèse d'Évreux un célèbre Docteur, dont ils disent le nom que nous supprimons pour de bonnes raisons, qui avait de bonnes qualités, et qui s'était acquis une réputation considérable : Mais s'étant laissé aller à l'amour de la créature, il tomba bientôt dans l'aveuglement, et l'endurcissement que les attaches trop grandes aux créatures causent. Ce misérable Docteur alla donc dans une telle extrémité qu'il se donna au Diable, pour jouir malheureusement d'une Demoiselle de qualité, mais l'un des pactes qu'il fit avec le Démon, comme il le confessa depuis, fut comme il était grand Prédicateur, qu'il prêcherait partout qu'il n'y avait point de sorciers parce que, lui dit le Démon, il appuierait beaucoup son Empire, par ce moyen. Or Dieu très-bon, et très-miséricordieux ; lui ayant touché le cœur par une grâce extraordinaire, il confessa publiquement son crime à l'Évêque d'Évreux qui était pour lors, et s'étant présenté devant lui dans sa sale, il pleura son impiété avec des témoignages d'une forte douleur ; il avoua qu'il avait été transporté réellement plusieurs fois aux sabbats ; et s'étant soumis à la pénitence qu'il plairait à son Évêque de lui imposer, il fut condamné à une prison perpétuelle avec plusieurs autres peines.
Nous avons cru pour la gloire de notre Maître, devoir parler de ce sujet, en traitant de la possession de Loudun ; où Dieu a fait par son juste Jugement que les desseins de ceux qui voulaient perdre ces Religieuses soient retombés sur eux-mêmes, et ont été cause de leur propre perte. Car encore que ces gens eussent assez de réputation, comme il a été ci-devant remarqué, et qu'il se fussent acquis l'amitié des Juges du lieu qui les soutenaient beaucoup dans l'ignorance, où ils étaient de leurs malices ; comme il n'y a point de prudence si grande pour résister aux ordres de Dieu, le Roi ayant envoyé Monsieur de Laubardemont, Intendant de la Province pour examiner la vérité des choses, et l'ayant député pour Commissaire, afin que l'on ne pût pas attribuer à aucune préoccupation le Jugement qui s'en ferait. Sa Majesté voulut qu'il eût pour adjoints à cette cause quatorze Juges de différents Présidiaux ; qui après avoir examiné murement, et à loisir le procès d'Urbain Grandier, il demeure convaincu d'avoir donné les maléfices aux Religieuses, et par le consentement unanime de tous ces Juges il fut condamné à être brûlé vif dans la place publique de la Ville, ce qui fut exécuté, les Démons ayant marqué dans les exorcismes qu'ils le tenaient pour l'Éternité dans les feux de l'Enfer. Toujours est-il certain que sans s'en rapporter à ces malheureux esprits, sa mort a été bien funeste par l'endurcissement de cœur qu'il a fait paraître dont nous en avons touché quelque chose. Il ne faut pas se tromper dit le grand apôtre, on ne se moque pas de Dieu.

Extrait de L'Homme de Dieu en la personne du R. P. Jean-Joseph Surin, par H. M. Boudon.


Reportez-vous à Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la liberté des enfants de Dieu, Des saintes Pratiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Réparation de l'Intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Progrès, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelle manière on doit aider les personnes faibles, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander l'humilité, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des secours qu'il faut donner au Peuple dans les Missions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et prière pour les Missions, Soin que l'état de maladie demande, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, et De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.