Les Apôtres ayant proposé aux Fidèles de choisir sept hommes pleins de sagesse et du Saint-Esprit, sur qui ils pussent se reposer du soin des pauvres et de la distribution des aumônes, afin de s'appliquer entièrement à la prière et à la prédication, saint Étienne fut le premier qu'ils leur présentèrent. L'Écriture dit de lui qu'il était plein de foi et du Saint-Esprit.
Les Apôtres l'ordonnèrent Diacre avec les six autres, et il reçut, par l'imposition de leurs mains, un accroissement de grâce et de vertu. Il ne borna pas son zèle à avoir soin des pauvres ; il le fit éclater contre les Juifs incrédules, en prêchant la Religion de son divin Maître, avec une sainte ardeur. Comme il faisait de grands prodiges devant le peuple, plusieurs membres des différentes synagogues s'élevèrent contre lui ; mais ils ne pouvaient résister à la force de ses discours, et à l'esprit divin qui l'animait. Se voyant confondus, ils entrèrent dans des transports de fureur contre lui. Le Seigneur, pour soutenir et récompenser déjà d'avance son courage, lui fit voir la couronne qui lui était destinée pour prix de ses combats. Je vois les Cieux ouverts sur ma tête, s'écria-t-il, et le Fils de l'Homme qui est debout à la droite de Dieu. Ce spectacle ravissant donna une nouvelle activité à son zèle. Ses ennemis redoublant leur rage, se jetèrent sur lui, et le traînèrent hors de la ville pour le lapider. Ce généreux Martyr n'opposa à la barbarie que la charité la plus ardente ; et en remettant son âme entre les mains de son Dieu, digne disciple du Maître le plus miséricordieux, il le conjura de pardonner à ses meurtriers, réunissant ainsi la double palme de la charité et du martyre... Saul, qui devint ensuite le grand Apôtre, un vase d'élection, était témoin de sa mort, et s'en rendait complice.
Que d'instructions nous fournit ici Saint Étienne ! Il se déclare hautement en faveur de l'Évangile ; et nous rougissons tous les jours de ses maximes. Il s'estime heureux de répandre son sang pour Jésus-Christ ; et nous redoutons le plus léger sacrifice, lorsqu'il s'agit de lui plaire. Saint Étienne, non-seulement pardonne à ses ennemis, mais encore il conjure le Ciel de les regarder d'un œil de miséricorde ; tandis que nous ne pouvons nous résoudre à oublier une injure, croyant que ce serait une lâcheté que de n'en pas tirer vengeance.
PRIÈRE
Grand Saint, obtenez-nous une étincelle du feu sacré qui dévorait votre âme, et demandez pour nous le zèle que nous devons avoir pour soutenir les intérêts de notre Religion sainte ; et si nous ne sommes pas destinés à endurer le martyre, demandez pour nous la charité envers nos frères, dont vous nous avez donné l'exemple le plus héroïque, afin que, non-seulement nous excusions leurs faiblesses, nous supportions leurs défauts, mais encore, qu'à leurs mauvais traitements nous opposions des bienfaits.
Appelé par les Apôtres pour pourvoir aux besoins du pauvre et de l'indigent, vous nous apprenez à contribuer selon nos facultés, au soulagement de leurs maux, et à compatir à leur douleur. Répandre dans leur sein un superflu réglé par l'Évangile, est un devoir que la Religion nous impose ; faites que nous soyons fidèles à le remplir.
(Manuel du Catholique)
Reportez-vous à Le Martyre de Saint Étienne.
dimanche 26 décembre 2021
Pour la Fête de Saint Étienne
vendredi 16 avril 2021
Ce que l'on entend par le Monde
Le Monde, dont parlent les divines Écritures avec horreur, n'est pas l'Univers, les éléments, la terre, ni une société civile de personnes dans les différents états et conditions qui s'y rencontrent. Ce n'est pas de ce monde dont le Fils de Dieu assure qu'il n'est point, ni ses Disciples ; mais c'est le monde qui vit selon la sensualité, l'orgueil et la curiosité : c'est de ce monde dont le Saint-Esprit nous déclare en la première Épître de saint Jean, que tout ce qui s'y trouve, est, ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie ; ce qui ne vient point du Père, dit le saint Évangéliste, car les inclinations corrompues du corps et de l'âme qui nous portent à user des choses avec dérèglement, ne viennent pas de Dieu ; c'est le péché qui en est la cause.
Par ces trois concupiscences le bien-aimé Disciple entend les trois sources de tous les péchés, lesquels selon la doctrine des Saints, sont les voluptés des sens, le désir des honneurs, et la curiosité de savoir ; c'est de ce monde dont il crie, que si quelqu'un l'aime, la charité du Père n'est pas en lui ; car son amour et celui de Dieu ne peuvent pas compatir ensemble. Il ne faut pas penser à les accorder l'un avec l'autre, ce qui fait dire à l'Apôtre : N'aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde ; et le grand et puissant motif qu'il en suggère, est que le monde passe, et sa concupiscence aussi, qu'il périt avec ses plaisirs, que nous touchons déjà à sa fin. C'est un motif dont le Saint-Esprit se sert en plusieurs lieux de l'Écriture pour nous déprendre de son malheureux attachement. Et saint Paul animé de cet Esprit divin a jugé qu'il était si fort et si efficace, qu'il le propose pour être dans le monde comme si on n'y était point ; ce qui lui fait dire aux Corinthiens : Je vous déclare, mes Frères, que le temps est court, et qu'il faut désormais que ceux qui sont mariés, vivent comme ne l'étant point ; ceux qui pleurent, comme ne pleurant point ; ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant point ; ceux qui achètent, comme ne possédant point ; ceux qui usent de ce monde, comme n'en usant point, parce que la figure du monde passe.
Ici je me sens pressé de crier avec le Prophète Roi : Hommes sans jugement, revenez à vous : insensés, devenez enfin sages. Avec le Saint-Esprit : Souvenez-vous que la mort ne tardera guère à venir. En ce jour-là que deviendront vos pensées, vos inclinations, vos attaches pour le siècle ? Est-ce la peine de s'embarrasser, de s'inquiéter, de s'arrêter à ce qui passe si vite pour ne revenir jamais ? Hé que vous restera-t-il de ces faux biens de la terre, de ces honneurs trompeurs, de ces malheureux plaisirs ? Nous mourons tous les jours, nous approchons de notre dernière heure ; et l'enchantement où le péché nous met, et dont le Diable se sert, est si étrange, que nous vivons comme si nous ne devions jamais mourir. Le conçoive qui pourra ; car c'est ce qui paraît inconcevable, quand nous devrions éternellement demeurer en la terre, on ne pourrait pas s'y attacher davantage ; et quand on ne ferait que passer en l'autre vie pour quelques heures, on ne pourrait pas s'en mettre moins en peine.
Cependant, répétons-le avec l'homme Apostolique, le temps est court, la figure de ce monde passe ; mais l'expérience nous laisse-t-elle le lieu d'en douter. Que reste-t-il donc désormais, sinon que ceux qui usent de ce monde, y soient comme n'en usant point ? J'ai connu une jeune Demoiselle, riche, fille unique, et de qualité, qui étant pressée par sa mère de se marier, qui était demeurée veuve fort jeune, peut-être dans la pensée de faire trouver à sa fille un parti plus avantageux, elle lui demanda pour combien de temps elle pourrait espérer de demeurer dans le mariage. Sa mère lui ayant répondu que dans l'âge où elle était, elle pouvait bien demeurer dans cette condition quarante ou cinquante ans. Ha ! ma mère, répliqua-t-elle, ce n'est pas la peine de se marier ; et elle ne s'est point mariée, et ces années sont présentement passées. Au contraire j'ai connu un Ecclésiastique, qui avait bien de l'esprit humain, qui était d'une condition à entrer dans les premières dignités de l'Église, et qui ayant été touché particulièrement de Dieu, vivait d'une manière édifiante. Mais comme la mortification du corps et de l'esprit, qui est inséparable du véritable Chrétien, lui était dure, le démon s'en servit dans la pensée qu'il lui donna, qu'étant encore jeune il aurait longtemps à souffrir. Il adhéra aux illusions du malin Esprit, et il se relâcha beaucoup de sa manière de vie. Il me disait qu'il avait considéré que la vie était longue, et qu'il lui faudrait souffrir longtemps. J'appris peu de temps après sa mort, qui fut terrible. Le monde passe, et sa concupiscence aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement, parce qu'il s'attache à celui qui est éternel.
C'est de ce monde et de la concupiscence que nous parlons dans ce petit Traité, nous laissant à l'esprit de notre bon Sauveur Jésus-Christ, sous la protection de son immaculée Mère Vierge, qui nous sert, par une miséricorde inénarrable, de Protectrice et de Mère continuellement en toutes choses, des bons Anges et des Saints, pour en découvrir dans sa divine lumières les malheurs.
Cependant il nous faut remarquer qu'il y a des personnes dans le siècle, qui ne sont point de ce monde, et qu'il y en a qui en ont tout l'esprit, et qui en sont véritablement, quoiqu'elles en soient séparées par le Cloître, comme les personnes Religieuses, ou par la sainteté de leur état, comme les Ecclésiastiques. Combien y a-t-il eu de personnes qui, au milieu des embarras du siècle, ont usé du monde comme n'en usant point ? Que l'iniquité se ferme la bouche ; que le pécheur ne s'égare point en cherchant des excuses dans ses péchés. Les Rois et les Princes sont ceux sans doute qui sont plus dans le monde ; et il y en a eu plusieurs qui y ont été comme n'y étant point. Saint Louis Roi de France, saint Édouard Roi d'Angleterre, saint Étienne Roi de Hongrie, et un grand nombre d'autres Rois, de Princes et de Princesses y ont paru comme des morts par leur dégagement parfait, et un entier renoncement à eux-mêmes. On a vu un saint Henry Empereur, grand dans le siècles par ses victoires, par ses conquêtes, par des actions dignes d'une éternelle mémoire, se prosterner aux pieds d'un saint Abbé en plein Chapitre, en la présence de tous ses Religieux, lui demandant avec une humilité presque sans exemple l'habit de la Religion, étant dans le dessein de quitter l'Empire, si on lui eût permis, pour se soumettre à un simple Moine ; et cet incomparable Empereur passait les nuits en oraison, souffrait les injures avec une patience angélique, et est demeuré Vierge avec sainte Cunegonde son épouse, soutenu par la vertu de notre Seigneur Jésus-Christ, et le secours de la Reine des Vierges, la très-digne Mère de Dieu, à qui il avait une dévotion toute singulière. Que les Justes en voyant ces choses se réjouissent ; que la confusion couvre le pécheur ; que l'homme sage les observe, et que tous ensemble nous chantions les miséricordes du Seigneur.
Mais d'autre part il a des personnes séparées du monde par leur état et par leur profession, qui y sont bien plongées en esprit et par leurs attachements. Un Religieux est un mauvais riche devant Dieu, qui après avoir fait vœu de pauvreté, a encore l'esprit de propriété, soit en se réservant des choses particulières : car parmi les personnes religieuses, tout à l'imitation des premiers Chrétiens, doit être mis en commun, et on doit distribuer ce qui est nécessaire à chacun selon son besoin. L'usage des pensions que l'on a introduit, et qui n'entre point entièrement dans le commun, a introduit un grand relâchement dans les Communautés régulières, d'autre part fort réglées, lorsqu'on en laisse la disposition aux particuliers. Si l'on considère l'esprit et la vie de tous les saints Fondateurs de chaque Ordre, et de tous leurs premiers Religieux, on verra quelle horreur ils auraient eue de ce dérèglement. Certainement saint François de Sales dans ces derniers temps où la concupiscence du monde règne, quoiqu'il ait donné à ses Religieuses des Constitutions d'une douceur admirable, comme les appelle l'Église, a bien pensé à remédier à ce désordre, lorsqu'il veut même que l'on change aux Religieuses leurs chapelets de temps en temps, de peur que la propriété ne s'y glisse. S'il ne veut pas qu'une Religieuse garde un chapelet, ce qui est d'un prix si modique, comment aurait-il permis de disposer d'une pension que les gens du siècle disent être accordée pour les menus plaisirs, à des personnes qu'il a voulu porter toutes extérieurement à une croix, pour les faire souvenir que leur vie doit être crucifiée ?
Les Ecclésiastiques qui sont séparés du monde par la sainteté de leur état, à même temps qu'ils reçoivent, en prenant la Tonsure, le saint habit de la Religion du Clergé, car c'est ainsi que l'Église l'appelle en conserve l'esprit, lorsque s'étant dépouillé de l'ignominie de l'habit séculier, c'est encore comme l'Église parle, ils le portent de telle manière, qu'à peine le peut-on distinguer d'avec les personnes séculières. Comment pourrait-on même penser que les Ecclésiastiques ne sont pas du monde, qui sont tout pleins des désirs des ses biens temporels, de ses honneurs, et de ses faux plaisirs, après cependant qu'ils ont déclaré au pied des Autels devant l'Évêque, et à la face de l'Église, qu'ils ont pris le Seigneur pour leur portion et héritage ? Ô combien il y a de personnes qui étant séparées du monde par leur état et profession, y demeurent d'esprit et de cœur, y vivent et y meurent !
(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)
Reportez-vous à Le malheur du Monde dans les ténèbres, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliques, Du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'amour de la retraite, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.
dimanche 16 février 2020
Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin
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| Saint Étienne (Carlo Crivelli) |
Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire
Quelles sont ces qualités ?
Il y en a trois principales ; savoir, la simplicité, l'efficace et la solidité.
En quoi consiste la simplicité ?
En ce que, toute abondante qu'est cette voie en grâces et en faveurs célestes, elle apprend aux âmes à passer par ces richesses spirituelles sans s'y arrêter. Elle est aussi très-simple de sa nature, parce qu'elle n'admet pour tout exercice qu'un regard de l'esprit et un acquiescement du cœur, et même ce regard et cet acquiescement sont des actes si subtils et si déliés, que l'âme qui les forme peut à peine s'en apercevoir.
Puisque l'âme en cet état semble ne rien faire, ne peut-on pas conclure qu’elle est oisive dans son oraison ?
Elle le serait sans doute si elle était sans action ; mais c'est ce que nous n'avons pas dit. Nous disons seulement que son action est si profonde et si délicate, qu'elle n'a pas la satisfaction de se rendre à elle-même témoignage de ce qu'elle fait ; que par le simple regard on ne connaît rien de distinct ; que l'acquiescement de la volonté n'est, à parler précisément, ni contrition, ni remerciement, ni offrande ; mais tout cela éminemment. Nous disons enfin que cette manière d'oraison est très agréable à Dieu, et qu'elle produit d'excellents effets.
Ne pourriez-vous pas par quelque comparaison nous rendre cette doctrine sensible ?
En voici une dont se sert un docteur mystique. Si une grande Reine faisait son plaisir d'habiller une Villageoise, et de la parer de ses propres mains ; tout ce que pourrait faire de mieux cette pauvre fille, ce serait d'être modestement attentive à ce qu'on ferait pour elle, de laisser satisfaire la Reine, de faire ensuite la révérence, et de se retirer ; cette conduite simple vaudrait mieux que tous les soins empressés qu'elle aurait pu se donner, et que tous les compliments qu'elle aurait pu faire. C'est la conduite qu'on doit garder dans l'exercice du repos dont nous avons parlé.
En quoi faites-vous consister l'efficace de cette voie ?
En ce que le regard unique et le saint acquiescement au bon plaisir de Dieu , ont une vertu singulière qui fortifie l'homme, l'élève au-dessus de lui-même, et le fait opérer d'une manière qui surpasse visiblement sa faculté naturelle.
Ce regard est l'instrument dont se sert le saint Esprit pour travailler dans les âmes ; c'est comme un trésor où il leur fait trouver ses dons les plus précieux ; le don de sagesse, c'est-à-dire, la connaissance expérimentale et savoureuse des objets spirituels et divins ; le don d'intelligence, c'est-à-dire, la faculté de comprendre les choses difficiles, et de les réduire à leurs principes éternels et immuables ; le don de conseil, c'est-à-dire, la prudence et la discrétion pour conduire les âmes ; le don de science, c'est-à-dire, la connaissance certaine des choses spirituelles, et quelquefois même de plusieurs qui sont de l'ordre naturel ; tous ces dons sont renfermés comme en un point dans l'unique regard dont nous parlons. C'est une lumière très simple où l'âme puise toute science et toute vertu ; de sorte qu'elle est toujours pourvue, et qu'elle n'a pas besoin de préparation soit pour parler aux peuples assemblés, soit pour instruire en particulier, parce que des fleuves d'eau vive coulent de son sein (Jean. 7, 38), couronnement à la promesse de N. S. Le Saint-Esprit seul a la clef de ce trésor qui ne s'épuise jamais, et il est dit de celui qui le possède : qu'il répandra comme une pluie les paroles de la sagesse. (Eccl. 39, 9)
Ce qu'est le simple regard à l'entendement qu'il éclaire, le simple acquiescement l'est à la volonté qu'il fortifie. C'est de cette source sacrée que découlent les autres dons du Saint-Esprit ; don de force, don de piété et de crainte de Dieu, les pieuses affections, les bons mouvements, les saintes saillies, les ardeurs du zèle. Mais (ce qu'on ne saurait assez observer) toute cette abondance de richesses vient d'un principe très-simple qu'on peut comparer à une fontaine qui se remplit par un seul tuyau, et qui se partage ensuite en plusieurs ; et c'est pour cela que l'Esprit de Dieu est appelé dans les saintes Écritures, unique et multiplié. (Sap. 7,22)
On peut donc dire de ceux qui marchent dans cette voie, qu'ils portent toujours en eux-mêmes, sans fatigue et sans embarras, tout ce qui leur est nécessaire en toutes sortes a occasions ; puisqu'un seul bien qu'ils possèdent, leur fournit à propos tous les autres, à mesure qu'ils en ont besoin. Il en est d'eux, comme d'un Prince, qui avec une seule clef ouvrirait toutes les portes d'un grand Palais ; ou comme d'un Médecin, qui trouverait dans une seule plante, le remède à toutes sortes de maux. C'est ainsi qu'une seule chose tient lieu de toutes les autres, à ceux dont nous parlons. Sans qu'ils se donnent aucun soin, un esprit très-simple qui est en eux, leur suggère tout ce qu'ils doivent dire ou faire dans les différentes occasions. Et c'est là-dessus qu'est fondé le commandement que Notre-Seigneur fait à ses disciples, de ne point compter sur leurs soins et sur leur industrie, quand ils auront à lui rendre témoignage devant les Puissances du monde. Ne songez point, ni comment vous parlerez, ni à ce que vous direz. (Matth. 10, 19)
Quel est cet esprit très-simple dont vous venez de parler ?
C'est le Saint-Esprit, qui n'étant que feu et que lumière, que paix et que liberté, forme lui-même dans l'esprit et dans le cœur, ce simple regard et ce doux acquiescement, par lesquels il opère ensuite de grandes choses, et rend les hommes puissants en œuvres et en paroles. Munis de ce secours, les Apôtres, sans science, sans étude, et sans talents naturels, ont fait plier tout le monde sous leurs volontés ; et rien ne prouve mieux l'efficace de ce don merveilleux, que ces paroles dont se servit Notre Seigneur pour le faire attendre à ses Apôtres : Tenez-vous dans la ville, leur dit-il, jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force qui vienne d'en haut. (Luc. 24, 4)
Comment prouvez-vous la solidité de cette voie ?
Par son efficacité même. On peut dire de ceux qui sont dans cette voie, qu'ils rendent à Dieu le service le plus agréable qu'il puisse recevoir de la part des hommes. Tout autre service est imparfait ; toute autre conduite est faible en comparaison de celle-ci, qui est pleine de force, et capable de venir à bout de tout. Ceux qui ne sont pas favorisés de ce don, peuvent bien se rendre agréables à Dieu par l'humilité et l'abnégation intérieure ; ils peuvent faire beaucoup de bien avec le secours de Dieu. Mais la nature en eux se mêle souvent avec la grâce ; il y a beaucoup du leur dans ce qu'ils font. Aussi voyons-nous que leurs paroles sont peu efficaces, qu'elles font peu d'impression, et qu'ils ne sont pas capables d'entreprendre beaucoup pour Dieu, et d'exécuter de grands desseins pour sa gloire.
Les personnes que Dieu introduit dans la voie extraordinaire sont pleines de force ; elles portent au-dedans d’elles-mêmes une vive impression des vérités divines ; leur attrait est puissant ; leurs paroles sont persuasives ; elles embrasent les cœurs ; et par tout ce qu'elles font pour leur propre perfection et pour celle du prochain, il paraît bien que l'Esprit de J. C. habite en elles d'une manière particulière. Saint Étienne, premier Martyr, en est une preuve éclatante. Il est dit de lui dans les Actes des Apôtres (6, 10) : Que les Juifs ne pouvaient résister à la Sagesse et à l'Esprit qui parlait par sa bouche.
Rien de plus simple que la grâce de cet état, si on la considère en elle-même, puisqu'elle ne consiste qu'en un regard de l'esprit, et en un doux acquiescement du cœur ; et cependant rien de plus fertile en grandes actions, excepté au temps de l'impuissance, qui est le second degré de la voie extraordinaire. Car alors l'âme est privée de l'usage ordinaire de ses facultés intérieures ; quoique dans le fond elle agisse par une opération occulte qui la soutient, principalement dans tous ses besoins ; mais qui ne la console point, parce qu'elle lui est inconnue.
D'où, vient que vous ne parle point des extases, des ravissements, des visions et des paroles intérieures dont Dieu favorise les âmes dans cette voie ?
Parce que nous ne parlons ici que de ce qui concerne la pratique de la vertu. Outre que nous avons dit ailleurs, qu'on ne doit point s'attacher à ces sortes de grâces, ni les prendre pour appui ; il ne convient pas de les rejeter, ni de les mépriser, puisque ce sont des dons de Dieu ; mais il convient encore moins d'y mettre sa confiance. La pratique des Saints, est de les recevoir avec dégagement de cœur, et de fonder leur conduite sur la Foi.
N'y a-t-il point d'autre avis à donner aux personnes qui sont dans la voie extraordinaire ?
Le plus important est, qu'en suivant les mouvements de l'esprit intérieur qui les gouverne, elles ne s'écarte point de la règle extérieure prescrite à tous les hommes, laquelle comprend la doctrine de la foi, l'autorité des Supérieurs, et le sentiment commun des gens sages et spirituels. C'est en cet heureux accord de la Loi intérieure avec la Loi extérieure, que consiste la perfection. Tout est dans l'ordre, et rien n'est suspect, lorsque l'attrait de la grâce n'est point gêné par les règles du dehors, et lorsque les règles du dehors, c'est-à-dire, la foi, l'obéissance, et la droite raison rendent témoignage à l'attrait de la grâce. Il n'y a plus qu'un écueil à craindre, et c'est qu'on ne confonde quelquefois la prudence humaine avec la sagesse évangélique, qui doit guider la raison.
On ne peut donc trop recommander aux personnes que Dieu conduit par la voie extraordinaire, de faire consister leur principale perfection dans les vertus communes et nécessaires à tous, et de préférer constamment la pratique de l'humilité, à tous les dons les plus sublimes que Dieu leur communique. Lorsqu'aux vertus extraordinaires, qui sont propres de leur état, elles joignent la fidélité et l'exactitude à remplir tous les devoirs de la vie commune, elles ont atteint le plus haut point de sainteté où l'on puisse arriver sur la terre.
On remarque cette union admirable dans presque tous les Saints : nous n'en connaissons guère qui n'aient participé au don de la contemplation, et en qui ce don sublime n'ait contribué à nourrir et à faire croître l'humilité : de sorte qu'on peut leur appliquer ces paroles de l'Apôtre : Vous êtes mort, et votre vie est cachée en Dieu avec J. C. En effet, le secret et le silence au milieu duquel le S. Esprit opère dans les âmes de ce rang, est très-propre, non-seulement à les cacher en Dieu, mais encore à les faire mourir à elles-mêmes, au monde, et à toutes les choses de la terre.
Il est vrai que ceux qui meurent de la sorte, ne le font que pour vivre d'une vie de grâce, et que la grâce opère en eux et par eux de merveilleux effets. Mais quelque riches qu'ils soient en grâce et en dons surnaturels, ils font toujours grand fond sur la charité, l'humilité, et les autres vertus, qui rendent l'homme digne de la récompense éternelle. Ils savent que ce que Dieu agrée le plus dans les âmes, ce ne sont pas les dispositions sublimes qu'il met en elles, ni les faveurs extraordinaires qu'il leur accorde, mais le soin qu'elles prennent de pratiquer la vertu ; parce que c'est l'homme qui donne à Dieu, lorsqu'il pratique la vertu, au lieu que Dieu seulement donne à l'homme lorsqu'il accorde des faveurs singulières ; et il est écrit, qu'on est bien plus heureux de donner que de recevoir. (Act. 20, 35) Les dons sublimes, l'abondance des lumières, et la douceur des consolations élèvent l'homme sans aucun mérite de sa part : ce qui lui attire les grâces du Ciel, c'est de vivre saintement.
Reportez-vous à Le Martyre de Saint Étienne, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Jésus condamné à mort, Pilate lave ses mains, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Seigneur, que vous plaît-il que je fasse ?, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), et Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4).
samedi 20 juillet 2019
GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XLIV : De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains
PREMIÈRE PARTIE
Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne
LEÇON XLIV
De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains
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| La conversion de Saint Paul (Murillo) |
Les Juifs charnels et intéressés ne pouvaient goûter la doctrine de l'Évangile, surtout les Saducéens, qui ne croyaient ni la résurrection ni l'immortalité de l'âme, et dont le parti était le plus puissant, car même le grand Pontife en était. Dès que les Apôtres commencèrent à prêcher, les plus puissants d'entre les Juifs leur défendirent avec menaces, de parler de Jésus-Christ ; ensuite ils les firent mettre en prison, d'où un Ange les délivra : et les ayant repris, il les firent fouetter. Les Apôtres se réjouissaient de l'honneur de souffrir des affronts pour le nom de Jésus-Christ, et leur disaient hardiment : Jugez vous-même s'il est juste devant Dieu de vous obéir plutôt qu'à lui : Car nous ne pouvons nous empêcher de dire ce que nous avons vu et entendu. Que ce Jésus que vous avez crucifié, est ressuscité, et que c'est en son nom que nous faisons des miracles. Saint Étienne, le premier des sept Diacres, faisait de grands miracles, et reprochait hardiment aux Juifs leur endurcissement, leur faisait voir que la religion n'était point attachée à leur temple, ni à leur ville. Ils le condamnèrent comme ayant parlé contre le lieu saint, et le lapidèrent. Ce fut donc le premier martyr, c'est-à-dire, le premier qui mourut pour le témoignage de l'Évangile, car martyr signifie témoin. Il s'éleva à cette occasion une grande persécution contre l'Église de Jérusalem, en sorte que tous les Disciples furent dispersés dans la Judée et la Samarie, hors les Apôtres. Celui qui était le plus échauffé contre eux était un jeune homme nommé Saul, de la secte des Pharisiens, et fort savant. Il entrait dans les maisons, et traînait par force les hommes et les femmes en prison. Il ne respirait que les menaces et le sang, et se fit donner commission par le Grand-Prêtre pour les aller chercher jusqu'à Damas. Comme il en était proche, il vit en plein midi une lumière extraordinaire, qui l'aveugla et le fit tomber par terre, et il entendit une voix qui lui dit : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Je suis Jésus, c'est en vain que tu me résistes. Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? dit Saul. Le Seigneur l'adressa à un saint home nommé Ananias, qui le baptisa, et lui rendit la vue. Saul commença aussitôt à prêcher l'Évangile avec grand zèle : il est connu sous le nom de Paul, qu'il prit depuis, et compté entre les Apôtres du premier ordre, ayant été appelé et instruit par Jésus-Christ même. Cependant le Diacre saint Philippe vint à Samarie où plusieurs se convertirent, et reçurent le baptême. Les Apôtres qui étaient demeurés à Jérusalem l'ayant appris, leur envoyèrent saint Pierre et saint Jean pour les confirmer et les perfectionner dans la foi. Ils prièrent sur eux, et leur imposèrent les mains ; et ces nouveaux fidèles reçurent le Saint-Esprit, c'est-à-dire, une grâce plus abondante, et le don des miracles. Entre ceux qui avaient été baptisés à Samarie, il y avait un magicien, nommé Simon, qui, voyant que les Apôtres donnaient le Saint-Esprit par l'imposition de leurs mains, leur offrit de l'argent pour avoir la même puissance. Saint Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu crois que le don de Dieu se puisse acheter, et l'exhorta à faire pénitence. On a toujours depuis appelé simonie, le crime de ceux qui trafiquent des choses spirituelles.
Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XL : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Leçon XLII : De la descente du Saint-Esprit, Leçon XLIII : De l’Église de Jérusalem, Leçon XLV : De la Conversion des Gentils, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.
vendredi 7 avril 2017
PETIT CATÉCHISME HISTORIQUE, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Leçon XXIV : De la vocation des Gentils
PREMIÈRE PARTIE
Contenant en abrégé l'Histoire Sainte
LEÇON XXIV
De la vocation des Gentils
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| Saint Pierre dans la maison de Corneille (Gustave Doré) |
Il y eut un grand nombre de Juifs qui se convertirent ; mais il y en eut encore plus qui rejetèrent la doctrine des Apôtres, et même les persécutèrent cruellement. Ils firent mourir Saint Étienne, l'un des sept Diacres, que les Apôtres avaient établi pour servir l'Église. Ce fut le premier Martyr ; c'est-à-dire, le premier qui souffrit la mort pour le témoignage de la doctrine de Jésus-Christ. Alors les Samaritaines Schismatiques reçurent la parole de Dieu, plusieurs se convertirent et furent baptisés ; et les Apôtres vinrent leur imposer les mains, afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit, leur donnant ainsi la confirmation. Les Gentils commencèrent peu de temps après à entrer dans l'Église. Le premier fut un Capitaine Romain, nommé Corneille, qui reconnaissait déjà le vrai Dieu, le priait sans cesse, et faisait de grandes aumônes. Dieu lui ordonna par un Ange d'envoyer quérir Saint Pierre, qui de son côté fut averti par révélation de ne point faire difficulté d'y aller : lorsqu'il fut venu, et qu'il eut commencé à parler, Corneille, et tous ceux qu'il avait assemblés, reçurent le Saint-Esprit et le don des langues. Saint Pierre les fit aussitôt baptiser : et alors commença à s'accomplir le mystère de la vocation des Gentils. Il consiste en ce que Dieu par Sa pure bonté a appelé les païens à la foi et à la grâce de Jésus-Christ, aussi bien que les Juifs, et qu'ils ont pris la place des Juifs rebelles. Jésus-Christ appela exprès un troisième Apôtre après Son Ascension pou travailler à la conversion des Gentils, et c'est l'Apôtre Saint Paul.
Demande.
Qui fut le premier Martyr ?
Réponse.
Saint Étienne.
Demande.
Que veut dire Martyr ?
Réponse.
Témoin.
Demande.
Quel témoignage les Martyrs ont-ils rendu ?
Réponse.
Que la doctrine de l'Évangile est vraie.
Demande.
Qui furent les premiers qui reçurent l'Évangile après les Juifs ?
Réponse.
Les Samaritains.
Demande.
Qui fut le premier des Gentils qui reçut l'Évangile ?
Réponse.
Le Centenier Corneille.
Demande.
Dites-en l'histoire ?
Réponse.
Corneille était un homme craignant Dieu qui faisait beaucoup de prières et d'aumônes. Il fut averti par un Ange de faire venir Saint Pierre : et Saint Pierre fut averti de ne point faire difficulté d'y aller.
Demande.
Qu'arriva-t-il quand il y fut ?
Réponse.
Comme il commençait à l'instruire avec sa famille, ils reçurent le Saint-Esprit.
Demande.
Que fit Saint-Pierre ?
Réponse.
Il les fit baptiser aussitôt.
Demande.
Quel mystère commença-t-on à connaître alors ?
Réponse.
Le mystère de la vocation des Gentils.
Demande.
En quoi consiste-t-il ?
Réponse.
En ce que Dieu a appelé les Gentils pour remplir la place des Juifs incrédules.
Demande.
Pourquoi Dieu les a-t-il appelés ?
Réponse.
Par Sa pure bonté.
Demande.
Qui fut l'Apôtre des Gentils ?
Réponse.
Saint Paul.
Demande.
Quand Notre-Seigneur l'appela-t-il ?
Réponse.
Après Son Ascension.
Reportez-vous à Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché du premier Homme, Leçon III : Du déluge et de la Loi de Nature, Leçon IV : D'Abraham et des autres Patriarches, Leçon V : De la servitude d’Égypte et de la Pâque, Leçon VI : Du voyage dans le désert et de la Loi écrite, Leçon VII : De l'Alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon VIII : De l'Idolâtrie, Leçon IX : De David et du Messie, Leçon X : Du Schisme de Samarie, Leçon XI : Des Prophètes, Leçon XII : De la Captivité de Babylone, Leçon XIII : De l'état des Juifs après la captivité, Leçon XIV : Des Juifs spirituels et des Juifs charnels, Leçon XV : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XVI : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XVII : De la vocation des Apôtres, Leçon XVIII : Prédication de Jésus-Christ, Leçon XIX : Des ennemis de Jésus-Christ, Leçon XX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XXI : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XXII : De la Résurrection de Jésus-Christ, Leçon XXIII : De la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, Leçon XXV : De la fondation des Églises, Leçon XXVI : De la Tradition et de l’Écriture, Leçon XXVII : De la ruine de Jérusalem, Leçon XXVIII : Des persécutions, Leçon XXIX : De la liberté de l’Église, et des Moines.
Reportez-vous également à Le Martyre de Saint Étienne.
samedi 11 février 2017
Jésus glorifié veut glorifier sa Mère
Combien d’années, après son départ et la descente de l’Esprit-Saint, Jésus laissa-t-il Marie sur la terre ? Aucun texte sacré ne nous le fait connaître. Le nom de la Vierge disparaît des Écritures. Retirée auprès de l’apôtre Jean, cette dernière phase de sa vie fut la phase à dominance contemplative, comme le laisse entendre le silence même des pages inspirées. La vigilance du disciple bien-aimé la délivrait de tout souci temporel. Sa messe lui apportait le réconfort du Pain eucharistique et remettait chaque fois sous ses yeux le souvenir de la divine institution, intimement liée à l’immolation sanglante du Calvaire. Qui, plus que Marie, pouvait pénétrer ce mystère de douleur et d’amour ? Qui pouvait plus profondément découvrir l’identité absolue du sacrifice de l’autel avec celui de la croix ? Elle revivait alors les heures du Vendredi Saint, mais c’était dans une action de grâce d’extase ; car son Fils n’avait plus à souffrir et les trésors de sa Rédemption se déversaient sur le monde. Elle-même augmentait de plus en plus ses mérites par ce sacrement de l’Eucharistie, le seul qui convenait à son âme encore voyageuse ici-bas. Quelle merveille de grâce ! Recevoir le Verbe fait pain, Elle, la Mère du Verbe fait chair ! Recevoir sacramentellement Celui qu’elle a conçu spirituellement et corporellement !
Sans doute aimait-elle aussi se remémorer au long des jours les années d’intimité de Nazareth, ce long temps que Jésus lui avait consacré avant de se donner aux autres. Tous ces souvenirs demeuraient vivants dans son cœur ; mais le fait de sa présence à Jérusalem ramenait irrésistiblement ses pensées aux Mystères de la Résurrection, de l’Ascension et de la Pentecôte, qui célébraient le triomphe de son Fils et soutenaient en ce moment la marche de l’Église.
Marie, d’ailleurs, ne pouvait qu’être maternellement attentive à cette chrétienté de la capitale, déjà aux prises avec les autorités juives et si heureuse de son assistance. Par Jean, elle connaissait et suivait l’avance de la prédication apostolique en Judée, en Samarie, et au-delà. Combien elle dut admirer et louer la force d’âme du saint diacre Étienne, le premier martyr ! Avec quelle ferveur elle implorait la conversion de Saul de Tarse, le plus acharné des persécuteurs ! Elle remerciait le Seigneur de savoir les apôtres dans la jubilation, après avoir été emprisonnés et battus de verges pour l’amour de leur Maître. Plus tard, quand s’étendra la persécution, elle sera là pour consoler et soutenir les amis de son Fils. Après la fondation de l’Église d’Antioche, elle livrera aux Évangélistes, à Luc en particulier, le fidèle compagnon de Paul, les plus intimes secrets de son cœur, le récit de l’Annonciation, son cantique du Magnificat, et tant de détails qu’elle était seule à connaître.
Tout cela n’arrêtait pas sa contemplation, mais la surélevait bien plutôt, et l’étendait sur toutes les âmes qui viendront boire, dans la suite des temps, à la source évangélique. Jésus, cependant, ne pouvait tarder davantage à l’appeler à lui. Nous aimons, selon la Tradition la plus ancienne, la voir partir de ce monde en cette ville de Jérusalem, à jamais sanctifiée par la mort et la Résurrection de son Fils. Les apôtres, pour la plupart, s’étaient dispersés à travers les nations ; saint Jean, son prêtre et son confident, demeurait fidèlement auprès d’elle, en la maison de Gethsémani, sans doute avec quelques parents et chrétiens dévoués. C’est lui qui aurait pu nous décrire ces journées d’attente paisible qui précédèrent sa dormition ; ou bien nous dire en termes clairs qu’il l’avait vue, ainsi que d’autres personnes présentes, s’en aller corporellement, vivante, immortelle, et non ressuscitée. Il a préféré le silence, se contentant en son Apocalypse de soulever un coin du voile comme nous allons le voir, en laissant à l’Église le soin de définir en son temps ce mystérieux départ. Il a fallu des siècles.
Notre génération a été l’heureuse bénéficiaire de la Définition dogmatique, faite par S.S. Pie XII, le matin du 1er novembre 1950, sur la place Saint-Pierre de Rome. Elle a pu entendre directement, ou par les ondes, ces solennelles et infaillibles paroles : « ... Nous prononçons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que Marie, Mère Immaculée de Dieu et Vierge perpétuelle, au terme de sa vie terrestre, a été élevée avec son corps et son âme dans la gloire du Ciel ».
C’est bien à dessein que, dans cette Définition, aucune mention n’est faite de la mort ni de la résurrection de la Très Sainte Vierge. De même, dans la nouvelle messe de l’Assomption, le Souverain Pontife a fait supprimer l’allusion à la mort de Marie que nous lisions à la Secrète. Et l’Introït de cette messe n’est plus le Gaudeamus omnes in domino, commun à plusieurs autres messes du Missel, mais le Signum magnum apparuit in coelo du XIIe chapitre de l’Apocalypse, qui nous met de suite en présence de la grandiose vision de saint Jean, exilé à Pathmos (cette vision de la « femme » dans l’Apocalypse semble au P. Jugie, A. A., la grande preuve scripturaire du Dogme défini. Voir son article dans l’Année théologique, 1951, pp. 97-116). L’apôtre revoit et contemple, dans la Jérusalem céleste, Marie en corps et en âme, parée de tout ce qu’il y a de lumineux dans notre firmament.
Le soleil l’enveloppe comme d’un manteau ; la lune est placée sous ses pieds ; douze étoiles forment couronne autour de la tête. Ce SIGNE merveilleux n’est-il pas la description symbolisée de son Assomption de créature immaculée et immortelle ? Une pareille splendeur ne nous laisse-t-elle pas entendre qu’elle fut la plus glorieuse qui puisse lui convenir ? La Divinité de son Fils est son vêtement de gloire. Tous les élus, ses enfants, l’entoureront à jamais de leur vivante couronne. Représenté par la lune qui reçoit sa clarté du soleil, notre monde inférieur apparaît sous ses pieds, pour nous dire qu’elle l’a traversé en pureté et beauté, dans le rayonnement de son Fils, sans avoir connu nos misères et notre fin charnelle. Si l’on peut, d’ailleurs, parler de mort au sujet de la Vierge, on doit dire qu’au Calvaire elle l’avait expérimentée en la Personne de Jésus Rédempteur. Le glaive de la Passion transperçait alors son âme de Mère Corédemptrice. Désormais, la Rédemption étant entièrement accomplie, l’entrée de Marie dans la grâce sans l’ombre du péché appelait son entrée dans la gloire sans l’attouchement de la mort. La Définition dogmatique de Pie XII, portant uniquement sur sa glorification en corps et en âme à la fin de sa vie terrestre, laisse la voie ouverte à cette interprétation reposante. Ainsi le plan de revanche sur le démon apparaît total et sans restriction, au moins dans un membre de l’humanité rachetée (Le P. Roschini, directeur du Marianum, pense que désormais le nombre des théologiens, se déclarant en faveur de l’immortalité de Marie, ira croissant. Voir l’Ami du Clergé, N° 38, 20 sept. 1951 ; et N° 32, 12 août 1954. Dans le N° 38, page 562, l’Ami rapporte le petit fait suggestif de la photographie d’une prière à Marie dans son Assomption, avec une correction autographe de Pie XII, supprimant les paroles relatives à la mort de la Vierge) .
Que dire à présent de l’accueil fait par Jésus à sa Mère, quand les anges la virent élevée au-dessus de leurs hiérarchies les plus hautes dans le Ciel de la Trinité ? C’est lui, ce Fils bien-aimé, qui la présente, la livre à son Père pour être mise éternellement en possession de la béatitude des trois Personnes, dans la vision face à face. C’est lui qui la fait asseoir à ses côtés sur le même trône : Adstitit Regina a dextris tuis (Ps. 131, 8), pour son Couronnement de gloire.
Y eut-il un rite sensible de cette Intronisation et de ce Couronnement, puisque Jésus couronnait ici, comme homme, la tête glorifiée de sa Mère ? Sans doute, une bénédiction, une consécration, une imposition de ses mains adorables, comme le pense Mgr Gay. « Quant à dire, ajoute cet auteur mystique, l’ampleur, la grâce, l’incomparable beauté de ce geste du Christ, l’expression que prit alors son visage, toute son attitude enfin au moment où il servit d’organe aux trois Personnes divines pour couronner sa Mère, ni le plus sublime génie de l’art ne l’a rêvé, ni la plus haute contemplation des plus grands saints n’a pu l’entrevoir. Ce fut dans le ciel tout entier la cause d’un vrai transport, mais cela reste pour nous indescriptible et ineffable ; et il faut en dire autant de l’attitude et de la physionomie de la sainte Vierge ». Quelle exaltation de son humilité d’esclave du Seigneur au matin de l’Annonce angélique, et combien son cantique du Magnificat est admirablement placé sur nos lèvres dans l’Évangile de la nouvelle messe d’Assomption !
La voilà Souveraine bienheureuse de la Cour céleste et « Toute-Puissance-Suppliante » auprès de son Fils, en faveur de ses enfants de la terre. Constamment occupée de nous, elle prépare ainsi notre place, la place de nos âmes au moment de notre mort ou de notre sortie du Purgatoire, la place de nos corps eux-mêmes au jour de la résurrection générale. Nous participerons alors entièrement à sa béatitude, selon le degré de nos mérites.
Faisons confiance à cette toute-puissante intercession, nous surtout qui, par notre Consécration, permettons à Marie d’exercer sur nos âmes et sur nos corps toute son action de mère et de Maîtresse. Laissons-la nous former, nous transformer, nous appeler, nous attirer, en ne lui offrant – redisons-le encore – que dépendance amoureuse et persévérante docilité. Remercions-la de nous avoir conduits tout au long de ces Mystères que nous venons de méditer. C’est elle qui les avait commencés, c’est elle qui les clôture ; mais sa mission ne sera terminée que lorsqu’elle verra tous ses enfants réunis autour d’elle dans le Ciel de l’Agneau, comme une couronne de joie ajoutée à sa couronne de gloire. Jésus, Sagesse éternellement glorieuse et triomphante en son Humanité et en sa Mère, le sera aussi dans ses élus : et ce sera le Règne qui ne connaîtra plus aucune des ombres et des vicissitudes d’ici-bas.
Laissons-nous soulever par l’espérance vers cette récompense d’un bonheur sans fin.
Reportez-vous à Apparition de Jésus ressuscité à sa sainte Mère, Ce qui se passa à la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Réflexions sur quelques circonstances de la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Instruction sur la Fête de Pâques, Méditation pour le jour de Pâques, Méditation sur la Fête de Pâques, Hymne du Temps Pascal, Prière d'un enfant de Marie, Assomption de la Sainte Vierge : La mort des saints est précieuse devant le Seigneur, L'Assomption de Marie, Méditation pour la Fête du Saint Nom de Marie, Octave de l'Assomption : Préparation, Jésus, Sagesse glorieuse et triomphante, Si un chrétien peut trop aimer et trop honorer la Sainte Vierge, Votre mémoire est une boîte à tentations dans laquelle le Démon pioche, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Leçon IV : De la descente de Jésus-Christ aux enfers, de sa Résurrection et de son Ascension, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Les sept fausses dévotion à la Sainte Vierge Marie, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Figure biblique de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge Marie : Rébecca et Jacob, Compassion de la Sainte Vierge, Pratiques de dévotion envers Marie : L'Ave Maria, De l'humilité de Marie, Sermon pour la Fête de Saint Joseph, Discours sur les douleurs de Marie, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Et le Dragon persécuta la femme qui enfanta le fils, Méditation pour le jour de la Pentecôte, Méditation pour le Samedi après la Pentecôte, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Méditation pour le Dimanche d'après l'Ascension, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie et Discernement des esprits.
samedi 25 juin 2016
Le Martyre de Saint Étienne
Bible de l'abbé Glaire, selon la Vulgate :
Murmures des Juifs grecs. Élection des sept diacres. Étienne, plein de foi, fait des miracles. Il est accusé faussement.
1. Or en ces jours-là, le nombre des disciples croissant, il s'éleva un murmure des Grecs contre les Hébreux, de ce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution de chaque jour.
2. Les douze donc, convoquant la multitude des disciples, dirent : Il n'est pas juste que nous abandonnions la parole de Dieu ; et que nous vaquions au service des tables.
3. Cherchez donc parmi vous, mes frères, sept hommes de bon témoignage, pleins de l'Esprit-Saint et de sagesse que nous puissions préposer à cette œuvre.
4. Pour nous, nous nous appliquerons à la prière et au ministère de la parole.
5. Ce discours plut à toute la multitude. Et ils élurent Étienne, homme plein de foi et de l'Esprit-Saint, Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parmenas et Nicolas, prosélyte d'Antioche.
6. Ils les présentèrent aux apôtres, et ceux-ci, priant, leur imposèrent les mains.
7. Et la parole du Seigneur croissait, et le nombre des disciples se multipliait grandement à Jérusalem ; et même un grand nombre de prêtres obéissaient à la foi.
8. Or Étienne, plein de grâce et de force, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple.
9. Mais quelques-uns de la synagogue qui est appelée des Affranchis, de celle des Cyrénéens et des Alexandrins, et de ceux qui étaient de Cilicie et d'Asie se levèrent disputant contre Étienne ;
10. Et ils ne pouvaient résister à la sagesse et à l'Esprit-Saint qui parlait.
11. Alors ils subornèrent des hommes pour dire qu'ils l'avaient entendu proférer des paroles de blasphème contre Moïse et contre Dieu.
12. Ils soulevèrent ainsi le peuple, les anciens et les scribes ; et ceux-ci accourant ensemble, l'entraînèrent et l'amenèrent au conseil.
13. Et ils produisirent de faux témoins pour dire : Cet homme ne cesse de parler contre le lieu saint et contre la loi ;
14. Car nous l'avons entendu disant que ce Jésus de Nazareth détruira ce lieu, et changera les traditions que nous a données Moïse.
15. Et tous ceux qui siégeaient dans le conseil, ayant fixé les yeux sur lui, ils virent son visage comme le visage d'un ange.
CHAPITRE VII
Discours de Saint Étienne devant le conseil des Juifs. Il leur reproche leurs infidélités. Il est emmené hors de la ville et lapidé. Sa charité pour ses ennemis. Saul consent à sa mort.
1. Alors le prince des prêtres lui demanda : Les choses sont-elles ainsi ?
2. Il répondit : Hommes, mes frères et mes pères, écoutez : Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham lorsqu'il était en Mésopotamie, avant qu'il demeurât à Charan.
3. Et il lui dit : Sors de ton pays et de ta parenté, et viens dans la terre que je te montrerai.
4. Alors il sortit du pays des Chaldéens, et il demeura à Charan. Et de là, après que son père fut mort, Dieu le transporta dans cette terre que vous habitez aujourd'hui.
5. Et il ne lui donna là ni héritage, ni même où poser le pied ; mais il promit de la lui donner en possession et à sa postérité après lui, lorsqu'il n'avait point encore de fils.
6. Toutefois Dieu lui dit que sa postérité habiterait en une terre étrangère, où elle serait réduite en servitude et maltraitée pendant quatre cents ans.
7. Mais la nation qui l'aura tenue en servitude, c'est moi qui la jugerai, dit le Seigneur, et après cela, elle sortira et me servira en ce lieu-ci.
8. Il lui donna l'alliance de la circoncision ; et ainsi il engendra Isaac, et le circoncit le huitième jour ; et Isaac, Jacob ; et Jacob ; les douze patriarches.
9. Et les patriarches envieux vendirent Joseph pour l'Égypte ; mais Dieu était avec lui.
10. Et il le délivra de toutes ses tribulations, et il lui donna grâce et sagesse devant Pharaon, roi d'Égypte, qui le préposa sur l'Égypte et sur toute sa maison.
11. Or vint une famine dans toute l'Égypte et en Chanaan, et une grande tribulation, et nos pères ne trouvaient pas de nourriture.
12. Mais quand Jacob eut appris qu'il y avait du blé en Égypte, il y envoya nos pères une première fois.
13. Et la seconde, Joseph fut reconnu de ses frères, et son origine fut découverte à Pharaon.
14. Or Joseph envoya quérir Jacob son père et toutes sa parenté, au nombre de soixante-quinze personnes.
15. Jacob descendit donc en Égypte, et il y mourut, lui et nos pères.
16. Et ils furent transportés à Sichem, et déposés dans le sépulcre qu'Abraham avait acheté à prix d'argent des fils d'Hémor, fils de Sichem.
17. Mais comme approchait le temps de la promesse que Dieu avait jurée à Abraham, le peuple crut et se multiplia en Égypte,
18. Jusqu'à ce qu'il s'éleva en Égypte un autre roi, qui ne connaissait point Joseph.
19. Celui-ci, circonvenant notre nation, affligea nos pères jusqu'à leur faire exposer leurs enfants pour en empêcher la propagation.
20. En ce même temps naquit Moïse qui fut agréable à Dieu, et nourri trois mois dans la maison de son père.
21. Exposé ensuite, la fille de Pharaon le prit et le nourrit comme son fils.
22. Et Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres.
23. Mais lorsque s'accomplissait sa quarantième année, il lui vint dans l'esprit de visiter ses frères, les enfants d'Israël.
24. Et ayant vu l'un d'eux injustement traité, il défendit et vengea celui qui souffrait l'injure, en frappant l'Égyptien.
25. Or il pensait que ses frères comprendraient que Dieu les sauverait par sa main ; mais ils ne le comprirent pas.
26. Le jour suivant, il en vit qui se querellaient, et il tâchait de les remettre en paix, disant : Hommes, vous êtes frères ; pourquoi vous nuisez-vous l'un à l'autre ?
27. Mais celui qui faisait injure à l'autre le repoussa, disant : Qui t'a établi chef et juge sur nous ?
28. Veux-tu me tuer, comme tu as tué hier l'Égyptien ?
29. Moïse s'enfuit à cette parole, et il demeura comme étranger, dans la terre de Madian, où il engendra deux fils.
30. Et quarante ans s'étant passés, un ange lui apparut au désert de la montagne de Sina, dans le feu d'un buisson enflammé.
31. ce que Moïse apercevant, il admira la vision ; et comme il s'approchait pour regarder, la voix du Seigneur se fit entendre à lui, disant :
32. Je suis le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Mais devenu tout tremblant, Moïse n'osait regarder.
33. Et le Seigneur lui dit : Ôte la chaussure de tes pieds, car le lieu où tu es est une terre sainte.
34. J'ai vu parfaitement l'affliction de mon peuple qui est en Égypte ; j'ai entendu son gémissement, et je suis descendu pour le délivrer. Maintenant, viens, je t'enverrai en Égypte.
35. Ce Moïse qu'ils avaient renié, disant : Qui t'a établi chef et juge ? fut celui-là même que Dieu envoya chef et libérateur par la main de l'ange qui lui apparut dans le buisson ;
36. C'est lui qui les tira de la terre d'Égypte, y opérant des prodiges et des miracles, aussi bien que dans la mer Rouge, et pendant quarante ans dans le désert.
37. C'est ce Moïse qui dit aux enfants d'Israël : Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi ; vous l'écouterez.
38. C'est lui qui se trouva dans l'assemblée du peuple, au désert, avec l'ange qui lui parlait sur le mont Sina, et avec nos pères ; lui qui reçut des paroles de vie pour nous les donner.
39. Et nos pères ne voulurent point lui obéir, mais ils le repoussèrent, retournant de cœur en Égypte,
40. Et disant à Aaron : Fais-nous des dieux qui aillent devant nous ; car ce Moïse qui nous a tirés de la terre d'Égypte, nous ne savons ce qui lui est arrivé.
41. Et ils firent un veau en ces jours-là et ils offrirent une hostie à l'idole, et ils se réjouissaient dans l'œuvre de leurs mains.
42. Et Dieu se détourna et les laissa servir la milice du ciel comme il est écrit au livre des prophètes : Maison d'Israël, m'avez-nous offert des victimes et des hosties pendant quarante ans dans le désert ?
43. Au contraire, vous avez porté le tabernacle de Moloch et l'astre de votre dieu Remphan, figures que vous avez faites pour les adorer. Aussi je vous transporterai au-delà de Babylone.
44. Le tabernacle de témoignage a été avec nos pères dans le désert, comme Dieu leur ordonna, parlant à Moïse, afin qu'il le fit selon le modèle qu'il avait vu.
45. Et l'ayant reçu, nos pères l'emportèrent sous Jésus, dans le pays des nations que Dieu chassa devant nos pères, jusqu'aux jours de David,
46. Lequel trouva grâce devant Dieu et demanda de trouver une demeure pour le Dieu de Jacob.
47. Et ce fut Salomon qui lui bâtit un temple.
48. Mais le Très-Haut n'habite point dans des temples faits de la main des hommes, selon ce que dit le prophète :
49. Le ciel est mon trône, et la terre l'escabeau de mes pieds. Quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, ou quel est le lieu de mon repos ?
50. N'est-ce pas ma main qui a fait toutes ces choses ?
51. Durs de tête, et incirconcis de cœur et d'oreilles, vous résistez toujours à l'Esprit-Saint : il en est de vous comme de vos pères.
52. Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils point persécuté ? Ils ont tué ceux qui prédisaient l'avènement du Juste que vous venez de trahir, et dont vous êtes les meurtriers, vous,
53. Qui avez reçu la loi par le ministère des anges, et qui ne l'avez point gardée.
54. Entendant cela, ils frémissaient de rage en leur cœur, et grinçaient des dents contre lui.
55. Mais comme il était rempli de l'Esprit-Saint, levant les yeux au ciel, il vit la gloire de Dieu, et Jésus qui se tenait à la droite de Dieu, et il dit : Voilà que je vois les cieux ouverts, et le fils de l'homme qui est à la droite de Dieu.
56. Eux alors, criant d'une voix forte et se bouchant les oreilles, se précipitèrent tous ensemble sur lui,
57. Et l'entraînant hors de la ville, ils le lapidaient ; et les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Saul.
58. Et ils lapidaient Étienne qui priait et disait : Seigneur Jésus, recevez mon esprit.
59. Puis s'étant mis à genoux, il cria d'une voix forte : Seigneur, ne leur imputez point ce péché. Et lorsqu'il eut dit cela, il s'endormit dans le Seigneur. Or Saul était consentant de sa mort.
45. Jésus, c'est-à-dire Josué. Ces deux noms ayant la même signification, celle de Sauveur, se mettent quelquefois l'un pour l'autre. — Jusqu'aux jours de David, s'entend, selon les uns, du temps pendant lequel le tabernacle séjourna dans le pays des nations conquises ; d'où le sens serait : Et il y demeura jusqu'aux jours de David ; et selon les autres, de l'expulsion même des nations ; en sorte qu'on doit traduire : Dans le pays des nations que Dieu chassa peu à peu devant nos pères jusqu'aux jours de David, qui acheva de purger le pays de tous les Chananéens.
48. Selon ce que dit le prophète, voy. Isaïe, IXVI, 1-2.
51. Incirconcis de cœur et d'oreilles ; c'est-à-dire qui n'avez pas retranché de votre cœur tous les mauvais désirs, et qui n'avez pas fermé vos oreilles à toute sorte de mauvais discours.





