Le Seigneur dévoile ce qui est profond et caché, et son œil voit dans les ténèbres. (Daniel II, 22)
Le Seigneur, voulant faire connaître aux hommes, pour les engager à la vertu, une partie de ce qui les attend au-delà du tombeau, a fait plusieurs révélations, dont une des plus instructives est celle qui se lit dans le procès authentique de la canonisation de saint Bernardin de Sienne.
Au diocèse de Nocéra, dans le royaume de Naples, était mort un enfant de onze ans, nommé Biagio. Au moment où l'on accomplissait la cérémonie des funérailles, voici que le défunt, en présence de tout le peuple, agite ses bras et ses mains, se remue tout entier, et pousse un gémissement fort et douloureux ; puis il retombe dans son insensibilité cadavéreuse. Grande fut la stupeur de chacun. On se jette à genoux, à faire des prières ; d'autres, pensant qu'il n'est qu'évanoui, lui font respirer des sels, le frictionnent, l'appellent, le secouent ; et, en effet, il s'agite de nouveau et soupire encore. On différa donc l'enterrement et on fit venir les médecins, pour s'assurer s‘il n'y avait pas moyen de rendre à la vie cet enfant qui paraissait respirer. Tout fut inutile. Le cinquième jour cependant, sa famille eut recours à l'intercession du bienheureux Bernardin, qui leur obtint la grâce désirée : Biagio, semblant sortir d'un profond sommeil, ouvrit les yeux, reconnut ceux qui l'entouraient et se mit à leur raconter les secrets de l'autre vie.
Il demeura dans cet étrange état quatorze jours entiers, immobile comme un mort, n'ayant de libre que la langue, avec laquelle il instruisait merveilleusement les assistants.
Il raconta donc qu'il avait véritablement rendu le dernier soupir ; qu'au moment de sa mort saint Bernardin, auquel il avait une grande dévotion, l'avait appelé à lui, et, se faisant son guide, lui avait recommandé de ne rien craindre, d'observer attentivement tout ce qu'il verrait et de le graver dans sa mémoire, afin d'en pouvoir faire le récit plus tard. Alors, rapide comme l'éclair, il l'avait transporté en enfer, où il avait vu une troupe innombrable de damnés, parmi lesquels il y en avait de sa connaissance ; le saint lui en nommait d'autres, ajoutant que ceux-ci expiaient éternellement leur orgueil, ceux-là leur avarice, d'autres leur gourmandise, leur dureté, leurs impures habitudes, leurs hideux blasphèmes, leur déloyauté, etc. Pendant qu'il contemplait avec horreur cet épouvantable spectacle, il avait vu une nouvelle armée de démons traîner violemment un homme de son pays, usurier connu, et qui était précisément mort à cet instant, et le précipiter dans un brasier ardent où , malgré les flammes, régnait une obscurité effrayante. Le fils de cet homme, qui assistait à ce récit, prit aussitôt la résolution de distribuer aux pauvres toutes les richesses paternelles, et de se retirer dans un couvent à faire pénitence le reste de ses jours pour se préparer au jugement.
L'horreur que ce spectacle causait à l'âme de l'enfant était telle, que saint Bernardin voulut l'y arracher tout de suite, et le conduisit au paradis, où il pouvait contempler les récompenses magnifiques assurées à la fidélité persévérante des justes. Il vit donc la glorieuse armée des martyrs les palmes du triomphe à la main, le chœur des vierges couronnées de lys, la troupe innombrable des anges, divisés en ordres sous le regard du Seigneur ; au-dessus de tout cela se tenait la Reine du Ciel, un diadème d'étoiles sur le front, ayant pour manteau l'astre du jour, environnée de tant de splendeurs, que rien ne lui pouvait être comparé, si ce n'est la gloire encore bien plus grande de son divin Fils, qui paraissait former lui seul tout un paradis. Aucune expression humaine n'était capable de rendre la splendeur de l'auguste TRINITÉ. Bernardin lui fit remarquer la gloire particulière du séraphique saint François, dont on voyait étinceler les miraculeux stigmates ; il avait autour de lui une couronne de ses religieux, dont un grand nombre avaient été délivrés du purgatoire par l'intercession du béni patriarche. François avait le privilège, au jour de sa fête, de descendre dans ce lieu de tourments et d'en retirer quelques âmes de celles qui avaient embrassé sa règle ou qui avaient été les protectrices de l'ordre.
Mais, ce qui doit nous intéresser davantage, Biagio fut aussi conduit par Bernardin au lieu de l'expiation, et il y put étudier les différents supplices infligés aux différentes fautes. Il vit plusieurs de ses parents et de ses amis tourmentés selon les dettes spirituelles qu'ils avaient à acquitter. Notre historien applique ici, à la suite de saint Augustin (De civit. Dei, liv. 21, ch. 13) les vers si connus de Virgile :
Ergo exercentur poenis, veterumque malorum
Supplicia expendunt ; aliæ tolluntur inanes
Suspensæ ad ventos; aliis sub gurgite vasto
lnfectum eluitur scelus, aut exuritur igni. (Æn. VI, 746)
Ces âmes, l'apercevant, le conjurèrent, s'il retournait à la vie, de réclamer pour elles le souvenir de leurs proches, de leurs amis, de tous ceux qui les avaient aimées ; qu'on apaisât la colère divine par les œuvres saintes que recommande l'Église ; alors elles verraient finir leurs affreux tourments et béniraient leurs bienfaiteurs.
Le jeune enfant, après avoir vu tout cela, le cinquième jour, au moment où l'on avait recouru à saint Bernardin, avait été remis en vie et en état de rapporter chaque chose de point en point. Il le faisait avec une telle justesse d'expression, une exactitude si remarquable de doctrine, une telle sûreté de récit, qu'on aurait cru entendre, non point un enfant sans science, sans langue et sans expérience, mais tout au moins un théologien consommé. On n'eut aucun effort à faire pour lui accorder pleine confiance. Il disait à l'un : « Ton père, qui est mort à telle époque, souffre dans le purgatoire et se lamente douloureusement, à cause que tu n'as point exécuté son testament, qui t‘obligeait à faire telle aumône, à demander tant de messes, à faire chanter tel office des défunts. » À l'autre : « Ton père, enterré depuis deux mois, est cruellement traité dans le lieu de l'expiation ; il se plaint de ton infidélité, lorsqu'en héritant de la part de bien qui lui revenait tu lui as promis tant et tant de prières, dont la moitié n'a pas encore été acquittée. » Enfin, pour ne pas étendre outre mesure ce récit, il apprenait à chacun, distinctement, ce qu'il devait faire pour répondre à ce que des parents ou des amis espéraient de lui dans l'autre monde. Tous s'empressèrent de lui obéir, et le pays entier prit de ce miracle un nouveau motif de fidélité aux saintes lois de l'Évangile et aux inspirations de la charité. (V. Acta Sanctorum des Bollandistes, Append. ad 20 mai, p. 823, n. 36)
(Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire, par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus)
Reportez-vous à Le Seigneur révèle les mystères du royaume de la mort, L'amour du prochain doit s'étendre au-delà de cette vie, Prière pour les morts, Instruction sur la Fête de la Commémoration des Morts, Prière pour le repos de l'âme d'une pieuse mère, L’œil de la justice divine, Plaintes douloureuses des âmes du purgatoire, La crainte du Purgatoire fait taire la volupté, Combien effrayants sont les tourments du Purgatoire, Le Fils de l'homme rendra à chacun selon ses œuvres, Apparitions et Révélations, le témoignage de Saint Thomas d'Aquin sur les âmes du Purgatoire, Protection miraculeuse, Rigueur de la justice divine, Un Purgatoire plus long à qui n'a pas prié pour les morts, Accusations du démon contre les morts, Prière à Marie pour lui demander sa protection à l'heure de la mort, Prière pour obtenir une bonne mort, Supplications à Marie pour les âmes du Purgatoire, La divine Marie et le scapulaire, Suffrages conformes aux bonnes œuvres accomplies pendant la vie, Grand pécheur délivré par une âme du purgatoire, Si vous faites du bien, vos bienfaits vous attireront de grandes grâces, Prière à Marie pour ses parents en Purgatoire, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Reconnaissance
des âmes du Purgatoire ou comment les âmes du Purgatoire interviennent
aussi pour leurs bienfaiteurs dans les choses temporelles, Bonté des Anges pour les pauvres âmes du Purgatoire, Dévotion
aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur
soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints
Anges, Valeur du Saint Sacrifice en faveur des âmes du Purgatoire, Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes, Protection des âmes du Purgatoire, Une âme souffrant le tourment du feu pour avoir écouté plutôt les conseils du sang que ceux de la piété, La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Sainte usure de ceux qui appliquent leurs œuvres au soulagement des défunts, Celui qui souffre pieusement ici-bas va tout droit au repos éternel,Reconnaissance des âmes pour leurs bienfaiteurs, Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude
des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une
âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses
frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du Purgatoire, Comment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Pour
que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour
que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes
du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le
Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements
autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et
prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment
les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de
vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de
l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.
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samedi 6 novembre 2021
Dieu instruit les vivants sur les mystères de l'autre vie
jeudi 19 mars 2020
Saint Joseph, Protecteur de l'Église
Extrait de "Pouvoir de Saint Joseph", par le R. P. Huguet, Mariste :
Joseph ressembla aux Apôtres à qui était confié le soin de porter Jésus-Christ en tous lieux. (S. Hilaire)
C'est dans l'humble maison de Nazareth, dont le Bienheureux Joseph était le chef visible, qu'a commencé cette société spirituelle qui devait honorer et glorifier Dieu dans tous les lieux du monde en esprit et en vérité. Jésus représentait tous les fidèles, qui, comme chrétiens, sont ses membres et enfants de Dieu par sa grâce. La sainte Vierge figurait l'Église, qui, étant vierge et mère, enfante et porte ses enfants dans son sein. Saint Joseph était l'image des pasteurs, qui gouvernent l'Église ; et nourrissent ses enfants des sacrements et de la parole de Dieu. Il n'a plus, dans le Ciel, aucun secours à donner à cette famille dont il était le chef ; mais il y a lieu de croire que son zèle, sa sollicitude et sa charité sont toujours appliqués aux besoins de l'Église. Et c'est pour ces besoins de l'Église militante qu'il faut le prier de s'employer auprès de Jésus-Christ, afin qu'elle croisse en sagesse et en grâce, qu'elle évite les pièges de ses ennemis. Les choses ne se conservent jamais mieux que par les soins de celui qui a contribué à les former : s'il est vrai que notre sainte Religion, encore au berceau dans la personne du divin Sauveur, fut confiée à la sollicitude et aux soins pleins de zèle de saint Joseph, ne pouvons-nous pas croire que, selon les différents états où elle se trouve, Dieu veut qu'elle naisse, qu'elle se développe, qu'elle se maintienne, qu'elle fleurisse, toujours en vertu des mérites de l'auguste Époux de Marie qui, comme le dit saint Bernardin de Sienne, eut dans ses mains la clef pour ouvrir les portes de la loi nouvelle et fermer celles de Moïse? Saint Joseph a plus coopéré, dit saint Bernard, par la pureté de sa vie à l'ineffable mystère de l'Incarnation du Verbe que tous les anciens patriarches par leurs soupirs, leurs larmes et leurs mérites. Sa virginité a été en un sens plus féconde que la fécondité de tous les ancêtres du Sauveur (Novar., liv. iv, n. 1108 et S. Bern. Sen.). Plus heureux que le vice-roi d'Égypte, il n'a pas amassé d'abondantes provisions d'un blé matériel pour nourrir les sujets d'un monarque idolâtre ; mais il a préparé et conservé au peuple fidèle le froment des élus, le véritable Pain des enfants de Dieu, le pain vivant et vivifiant, l'aliment de l'immortalité, le germe de salut (S. Bern. Sen.).
A la vue de tant de services inappréciables, la sainte Église a choisi Joseph comme son patron et son puissant protecteur. Pharaon, pour témoigner sa reconnaissance à l'ancien Joseph, ne se contenta pas de le placer au-dessus de tous les seigneurs de sa cour, il lui confia, de plus l'autorité suprême dans tout son royaume. L'Église n'a pas témoigné moins de confiance au Père adoptif du Sauveur. Ô Joseph ! lui dit-elle, je remets tous mes enfants entre vos mains. Qu'ils seront bien placés sous le patronage de celui à qui le Seigneur a confié le trésor de son divin Fils ! Vous leur servirez de protecteur et de père. En adoptant le Sauveur du monde, vous avez adopté tous les fidèles qui sont devenus ses frères bien-aimés, vous les aimerez et vous les servirez comme vous avez aimé et servi le Verbe Incarné. Saint Joseph a répondu admirablement à la confiance de l'Épouse de Jésus-Christ ; c'est sous son auguste patronage, que les nouvelles églises se sont établies et que les anciennes ont eu le bonheur de conserver leur foi. Il semble, dit un pieux écrivain, que comme le Fils de Dieu, dans son enfance, ne voulut entrer en Égypte que porté par saint Joseph ; de même la foi du Sauveur ne peut s'introduire dans le pays des infidèles qu'à l'aide de la puissante intercession de saint Joseph. Ce fut dans sa compagnie que Jésus-Enfant renversa les idoles de l'Égypte ; c'est encore par le bras de son bien-aimé père qu'il les détruit aujourd'hui pour planter sur leurs ruines l'arbre du salut. Pour récompenser saint Joseph des travaux et des peines qu'il eut à souffrir dans ces contrées barbares. Dieu a rendu son nom glorieux chez les nations infidèles. Le grand saint Hilaire, considérant Joseph dans le voyage de Judée en Égypte, tenant le Sauveur entre ses bras, croit voir figurés en lui le zèle et la ferveur des saints Apôtres, quand ils portèrent dans tout l'univers la parole de leur divin Maître pour instruire les hommes et les gagner à Jésus-Christ. Saint Anselme se représente, dans la personne de saint Joseph brûlant du désir de voir le monde entier soumis à l'aimable joug du Sauveur, les prédicateurs de l'Évangile qui multiplient les enfants de l'Église, et reculent tous les jours les limites de son royaume.
Dès que l'Égypte, dit saint Bernard, eut fixé les yeux sur les belles et aimables qualités du Patriarche Joseph, la nation entière se pressa autour de lui. Le chaste Époux de Marie, mille fois plus aimable que le fils de Jacob, a vu les cœurs les plus dociles et les plus sauvages se consacrer avec bonheur à son service. En effet, la dévotion à saint Joseph ne s'est pas seulement répandue dans toute l'Europe, mais encore on l'a vue fleurir en Asie, en Afrique, en Amérique. Si nous parcourons la Turquie, nous verrons les Latins, les Grecs catholiques se distinguer par leur zèle à honorer notre saint Patriarche ; si nous consultons les annales de l'Église de l'Amérique septentrionale, nous trouverons que le premier des Iroquois admis à recevoir le saint baptême a voulu prendre le nom béni de Joseph. Si nous suivons au Tonking les missionnaires apostoliques, nous aborderons avec confiance à des ports placés sous la protection de saint Joseph. Enfin, si nous pénétrons jusque dans les contrées les plus reculées des Indes, partout dans l'Orient, comme dans l'Occident, nous aurons la consolation d'entendre invoquer le nom de Joseph. C'est sous ses auspices que l'on voit les Églises naître, fleurir et conserver leur foi dans toute sa pureté et son intégrité.
La dévotion à saint Joseph prit un grand accroissement à l'occasion de l'extrême nécessité dans laquelle se trouva l'Église, lorsqu'elle vit s'élever dans l'Occident cet horrible schisme qui, semblable à un vent furieux, l'ébranlait et la déchirait de toutes parts. Dans le célèbre concile que l'on tint à Constance pour essayer de mettre fin au schisme, le pieux chancelier Gerson proposa, parmi d'autres moyens propres à calmer la tempête, d'invoquer spécialement saint Joseph et de propager son culte, dans l'espérance que cette dévotion serait comme un astre avant-coureur de paix et de sainteté. Il ajouta que ce grand Saint ayant été le gardien et comme le tuteur de Jésus-Christ, il le serait sans doute aussi du christianisme. Le concile approuva à l'unanimité cette résolution, et l'événement justifia sa confiance dans le chaste époux de Marie.
Âmes fidèles, demandez tous les jours dans vos prières à ce grand Saint, qu'il continue de protéger l'Église contre ces ennemis visibles et invisibles ; qu'il déjoue les projets des nouveaux Hérodes qui voudraient éteindre l'amour de Jésus-Christ dans tous les cœurs ; qu'il veille sur les apôtres de l'Évangile qui vont jusqu'aux extrémités du monde porter le flambeau de la vraie foi, afin que les vaines idoles et les mauvaises passions étant renversées, il n'y ait plus qu'un seul troupeau et un seul pasteur, unum ovile et unus pastor. Amen.
EXEMPLE
L'Ordre de Saint-François se distingua par la tendre dévotion qu'il eut presque dès le berceau pour saint Joseph. Un Chapitre Général, tenu en 1399, en établit la fêle, et plusieurs autres Chapitres ajoutèrent successivement à la pompe de cette fête. Sans entrer dans plus de détails sur ces temps reculés, il suffirait de lire tout ce que saint Bernardin de Sienne a écrit de tendre et de touchant sur saint Joseph, pour avoir une idée de la dévotion qu'avait déjà pour ce saint Patriarche l'Ordre de Saint-François. Voyant, en 1564, s'accroître de plus en plus la multitude des Franciscains qui désiraient revenir à l'ancienne rigueur de la règle primitive, il convoqua, en vertu des pouvoirs que lui avait donnés le Saint Siège, un Chapitre Général de la Réforme, où les neuf maisons qui s'y étaient soumises, furent érigées en une province particulière. En même temps, le saint Réformateur, voulant assurer à cette plante encore faible, un tuteur capable de la protéger et de la défendre, lui donna le saint nom de Joseph, et recommanda instamment, à tous ses Religieux, de l'honorer comme leur Patron spécial ; enfin il régla que le sceau de la nouvelle province porterait l'image de saint Joseph tenant l'Enfant-Jésus entre ses bras.
PRATIQUE
Prier Saint Joseph pour la paix et la liberté de l'Église, et pour la conversion des hérétiques et des schismatiques.
Reportez-vous à Miracle de guérison obtenu par Saint Joseph, Prééminence de saint Joseph dans le Ciel, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Saint Joseph refuge des pécheurs, De la confiance que nous devons avoir en Saint Joseph, Saint Joseph honoré par les saints, Saint Joseph élevé au-dessus de tous les saints, Prière à Saint Joseph, Père et Protecteur des Vierges, Prière pour demander la pureté, Prière pour obtenir la pureté, Pouvoir de saint Joseph, Confiance de sainte Thérèse d'Avila en saint Joseph, Invocations et prières à Saint Joseph pour chaque jour de la semaine, Union admirable de Jésus, Marie et Joseph, Délices de Nazareth, Saint Joseph, patron et modèle des âmes intérieures, Saint Joseph à Nazareth, Saint Joseph choisi de Dieu pour être le chef de la Sainte-Famille, Tendresse de saint Joseph pour Jésus, Neuvaine de prières à Saint Joseph, Neuvaine à Saint Joseph, pour se préparer à ses Fêtes, et obtenir quelque grâce spéciale pendant la vie et une bonne mort, Les Sept Dimanches de Saint Joseph, Excellence du saint nom de Joseph, Saint Joseph patron et modèle des religieux, Hymne en l'honneur de Saint Joseph, Litanies de la paternelle protection de Saint Joseph, Litanies des souffrances de Saint Joseph, Litanies de Saint Joseph, Prière efficace en l'honneur de Saint Joseph, Courtes prières à Saint Joseph, Chapelet de Saint Joseph, Acte de consécration au glorieux Saint Joseph, Prière de Saint Pie X au glorieux Saint Joseph modèle des travailleurs, Sermon pour la Fête de Saint Joseph, Marie est donnée en mariage à Saint Joseph, Litanies de l'amour de Marie, Supplique à Saint Joseph, Oraison pour présenter son cœur à saint Joseph et Méditations et Exemples pour le Mois de Saint Joseph.
lundi 9 mars 2020
De la confiance que nous devons avoir en Saint Joseph
Extrait de "Pouvoir de Saint Joseph", par le R. P. Huguet, Mariste :
Prenez saint Joseph pour le premier de vos Patrons, pour le plus intime de vos amis. (Gerson)
Si l'on regarde comme heureux dans le monde celui qui a un ami haut placé et qui possède les bonnes grâces du souverain, jouissant d'un libre accès auprès de sa personne, parce que l'on espère obtenir de sa médiation tout ce que l'on désire, à combien plus forte raison doit-on estimer bienheureux le fidèle qui a dans la Cour céleste un puissant protecteur, toujours disposé à présenter ses demandes et ses vœux au Seigneur ! S'il était libre à chacun de se faire un ami à la cour et de le prendre pour son bienfaiteur, ne pensez-vous pas que tout le monde prendrait le plus cher au prince ? Or, dans le royaume du Roi de gloire, qui n'est plein que de ses favoris, il nous est permis de choisir celui que nous voudrons pour notre intercesseur ; et nous sommes assurés que pas un ne nous refusera sa faveur ni son crédit auprès de sa Majesté souveraine.
Jetez les yeux sur la multitude innombrable des saints qui composent la Cour céleste, et voyez s'il y en a un seul qui soit plus favorisé de Dieu et plus puissant auprès de lui que le grand saint Joseph ! C'est lui seul qui a été choisi et nommé dans les décrets éternels de la providence de Dieu pour être le chef de la sainte Famille : Quem constituis Dominus super Familiam suam ; c'est lui que la grâce a uni inséparablement à la personne adorable du Fils unique de Dieu et à sa bienheureuse Mère.
Il est impossible de réfléchir sur les rapports qu'a eus Joseph avec le Sauveur et sa sainte Mère, sans être pénétré de confiance en son pouvoir. En effet, Jésus pourrait-il oublier tant de pas, tant de démarches, tant de soins, tant d'inquiétudes, tant de soupirs, tant de larmes, tant de travaux, tant de fatigues qu'il a coûtés à Joseph ? Marie ne se souviendrait-elle plus que Joseph ne lui a été donné pour époux que pour être son fidèle gardien et pour sauver son honneur devant les hommes ? Ne se souviendrait-elle plus de tout ce qu'il a fait pour la consoler, pour la soulager, pour l'accompagner, pour la faire subsister ? Nous ne pouvons nous le persuader. Mais si nous sommes convaincus que Jésus et Marie n'oublient pas ce que Joseph a fait pour eux ; ne devons-nous pas croire, par la même raison, que quand ce glorieux Patriarche s'intéressera pour nous auprès du Verbe Incarné et de sa sainte Mère, il en sera exaucé ?
Ô grand saint Joseph ! vous êtes le premier entre tous les favoris de Dieu ; vous possédez son cœur, vous avez un libre accès auprès de lui, vous êtes son meilleur et son plus cher ami, il s'est laissé conduire par vous durant tant d'années comme vous avez voulu ; vous lui disiez : Faites cela, et il le faisait ; Allez là, et il y allait ; Travaillez, et il travaillait ; Reposez-vous, et il se reposait Quelle admiration pour les Anges du Ciel quand ils voyaient ainsi Dieu obéissant à la voix d'un homme, Obediente Deo voci hominis ! Le Fils de Dieu, dit sainte Thérèse, dont l'autorité est si grande dans l'Église, n'a jamais rien refusé à saint Joseph, pendant qu'il vivait sous sa dépendance. Combien moins encore lui refuse-t-il ce qu'il lui demande pour nous, maintenant qu'il règne à la droite de Dieu son Père ! Peut-on croire qu'il l'aime moins dans le Ciel qu'il ne l'aimait sur la terre ? S'il l'a choisi pendant les jours de sa vie mortelle comme son plus cher favori, pour être toujours auprès de sa personne, afin d'en recevoir tous les services dont il avait besoin et pour lui rendre en retour les témoignages de l'amour le plus tendre et le plus reconnaissant, est-il possible qu'il ne lui continue pas cette même faveur maintenant qu'il règne dans la splendeur des saints ? Qu'a-t-il fait pour être disgracié et pour n'être plus son premier ministre dans le ciel comme il l'a été sur la terre ? Ne doit-il pas au contraire lui accorder les mêmes privilèges en le rapprochant de plus près de sa divinité que les autres bienheureux et en ne lui refusant rien de ce qu'il désire ?
Saint Bernard de Sienne dit encore quelque chose de plus fort : « À n'en pas douter, non seulement Jésus-Christ, dans le Ciel, ne refuse point à saint Joseph ces marques de familiarité et de respect qu'il lui donnait durant sa vie, comme un fils à son père ; mais il y met le comble par de nouveaux égards. » On remarquera ces deux mots : familiarité et respect. Ce même Seigneur, qui, sur la terre, honora comme son père saint Joseph, certainement ne lui refusera, dans les cieux, rien de ce qu'il demande. Dubitandum non est quod Christus familiaritatem et reverentiam quam exhibuit illi cum viveret, tanquam filius patri suo, in coelis utique non negavit, sed potius complent (S. Bernardin, Serm. de saint Joseph).
Il est certain que saint Joseph jouit d'un plus grand crédit auprès de Dieu que les Anges et tous les autres Bienheureux. Quel est en effet le prince sage et généreux qui ne se montre pas plus sensible aux prières de son père ou de son ancien gouverneur qu'aux supplications de tous les serviteurs qui composent sa cour et son royaume ?
Saint Antonin en donne encore une excellente raison : le pouvoir d'une personne, dit ce grand docteur, vient de la nature, de la grâce et du mérite. La nature rend un père tout-puissant sur le cœur de son fils, la grâce rend un époux tout-puissant sur le cœur de son épouse, le mérite rend un serviteur tout-puissant auprès de son maître, auquel il a rendu de grands services. Or, quelle créature a des liaisons plus étroites avec Jésus et Marie que Joseph qui est tout à la fois le père de l'un et le chaste époux de l'autre ? Qui pourrait être plus agréable à Dieu que ce grand Saint dont la pureté angélique n'a jamais été ternie par le souffle des passions, et qui a pendant trente ans exercé toutes les œuvres de miséricorde sur sa personne adorable avec un zèle si ardent, avec une humilité si profonde et avec une fidélité si inviolable ? Et s'il est écrit, dit saint Bernard, que le Seigneur fait la volonté de ceux qui le craignent, comment refuserait-il de faire celle de saint Joseph qui l'a nourri si longtemps à la sueur de son front ? Voluntatem timentium se faciet, quomodo voluntatem nutrientium non faciet ? « Nous devons être bien persuadés, dit saint Liguori, que Dieu, en considération des mérites de saint Joseph, ne lui refusera jamais une grâce qu'il lui demandera en faveur de ceux qui l'honorent. » Ah ! si, d'après le témoignage de Jésus-Christ lui-même, tout est possible à celui qui a de la foi seulement comme un grain de sénevé, ne devons-nous pas croire, sans craindre de nous tromper, que saint Joseph est tout-puissant dans le Ciel, lui qui a eu plus de foi qu'Abraham et les Apôtres, plus de charité que les Séraphins et les Chérubins ?
« Quelques saints, dit le Docteur Angélique, ont reçu de Dieu le pouvoir de nous assister dans les besoins particuliers, mais le crédit de saint Joseph n'est point limité, il s'étend à toutes nos nécessités, et tous ceux qui l'invoquent avec confiance sont assurés d'être promptement exaucés. » Les autres saints jouissent, il est vrai, d'un grand crédit dans le Ciel ; mais, enfin, ils intercèdent en suppliant, comme serviteurs, et ne commandent pas en maîtres. Joseph, qui a vu Jésus soumis a son
autorité, obtient tout ce qu'il veut du Roi son Fils, et, comme dit le savant Gerson, il ordonne plutôt qu'il ne demande, non impetrat, sed imperat. Jésus, dit saint Bernard de Sienne, veut continuer dans le Ciel à donner à saint Joseph des preuves de son respect filial en obéissant à tous ses désirs : Dum pater orat natum, velut imperium reputatur.
L'Égypte a respecté le pouvoir du fils de Jacob qui commandait à tous les sujets du roi Pharaon ; ce prince pourtant n'était pas soumis à son favori. Mais l'Église admire le pouvoir de saint Joseph à qui le Roi des rois s'est assujetti en toutes choses. Moïse s'est trouvé bien honoré lorsqu'il a été choisi pour être le chef de tout le peuple de Dieu ; mais Joseph a reçu un honneur infiniment plus considérable en gouvernant le Dieu de tout ce peuple, et en devenant dans le Ciel, avec son auguste Épouse, le dispensateur de toutes ses grâces et de toutes ses faveurs.
« Oh ! combien nous serons heureux, dit saint François de Sales, si nous pouvons mériter d'avoir part en ses saintes intercessions ! car rien ne lui sera refusé, ni de Notre Dame ni de son Fils. Il nous obtiendra, si nous avons confiance en lui, un saint accroissement en toutes sortes de vertus, mais spécialement en celles qu'il avait au plus haut degré que toutes les autres, qui sont la très-sainte pureté de corps et d'esprit, la très-aimable vertu d'humilité, la constance, vaillance et persévérance, vertus qui nous rendront victorieux en cette vie de nos ennemis et qui nous feront la grâce d'aller jouir, en la vie éternelle, des récompenses qui sont préparées à ceux qui imiteront l'exemple que saint Joseph leur a donné. »
Si autrefois le Seigneur bénit la maison royale de Pharaon, s'il multiplia ses richesses, ses possessions et ses revenus en considération de Joseph son serviteur, pourrions-nous après cela douter que Jésus, pour l'amour de Joseph son père adoptif, veuille nous enrichir de ses biens les plus précieux, et augmenter le peu de grâces, de vertus et de bonnes habitudes que nous avons déjà. Ah ! Notre-Seigneur lui dit bien mieux encore que le roi d'Égypte au fils de Jacob qu'il avait nommé son premier ministre : Mon royaume est tout entre vos mains, depuis que moi-même je m'y suis mis ; je me repose sur vous plus que sur tout autre après ma Mère, pour faire réussir le dessein, que vous savez que j'ai, de sauver tous les hommes. Je laisse à votre disposition le trésor de mes grâces, faites-en part libéralement à vos frères, découvrez-leur la richesse et la beauté du séjour que je leur prépare dans mon royaume et dont ils jouiront éternellement, s'ils sont fidèles à me servir et à m'honorer.
Imaginons-nous que le Seigneur, nous voyant dans la peine, nous adresse les paroles que Pharaon dit au peuple dans le temps de celle grande famine qui eut lieu en Égypte : « Allez à Joseph, si vous voulez être consolés. » Par la grâce de Dieu, il n'y a présentement au monde aucun chrétien qui n'ait de la dévotion à saint Joseph ; mais entre tous les autres, ceux-là certainement en reçoivent plus de grâces, qui l'invoquent plus souvent et avec plus de confiance. Ainsi, ne manquons jamais chaque jour, et plusieurs fois le jour, de nous recommander à saint Joseph qui, après la très-sainte Vierge, est de tous les saints le plus puissant auprès de Dieu. Ne manquons jamais de lui adresser quelque prière fervente et pleine de confiance.
Ô bienheureux Joseph, notre protecteur et notre père ! usez de votre pouvoir sans bornes en faveur des hommes, vos serviteurs, vos frères et vos enfants. Obtenez-nous une place à la cour de Jésus, admettez-nous parmi ses favoris, aidez-nous auprès de lui dans l'affaire si importante de notre salut, afin que nous méritions d'habiter un jour avec vous dans les tabernacles éternels incomparablement plus agréables que la contrée d'Égypte qui, par l'entremise de Joseph, servit d'habitation à Jacob et à ses enfants.
EXEMPLE
Une personne dont je dois taire le nom m'écrivait dernièrement la lettre suivante, dit le P. de Barry :
« Ayant appris que vous vous occupez à recueillir des traits propres à montrer la puissance et la bonté de saint Joseph, je veux vous en fournir un dont la manifestation m'est dictée par la reconnaissance. Je m'étais liée dans ma jeunesse par un vœu de chasteté, auquel j'eus le malheur d'être infidèle. Honteuse de mon péché, je n'eus pas la force de l'accuser au saint Tribunal, et je profanai les sacrements. Ma conscience, déchirée par de cruels remords, me fit payer bien cher ce triple crime. Je n'avais plus de repos ni le jour ni la nuit, me voyant toujours près de tomber dans les flammes éternelles. Je détestais ma coupable faiblesse, je maudissais l'infâme plaisir qui m'avait plongée dans un tel abîme de malheurs, et toutefois je ne pouvais pas me résoudre à faire à mon confesseur l'aveu qui aurait terminé mes peines. Dans cet état de perplexité, il me vint à l'esprit de recourir à saint Joseph. C'était une bonne inspiration. Dieu me fit la grâce d'y être fidèle. Je récitai dévotement, pendant neuf jours l'Hymne des Vêpres et l'Oraison de son Office. À peine cette salutaire pratique fut-elle terminée que je fus délivrée de ma fausse honte. Je confessai mes affreux péchés, non-seulement sans répugnance, mais avec bonheur, et là finirent toutes mes peines. Convaincue par cette expérience de la puissance et de la bonté de saint Joseph, je pris sur moi son image, avec l'intention de ne m'en séparer jamais ; depuis ce moment, j'ai vaincu facilement toutes les mauvaises tentations, et j'ai reçu tant de grâces que je ne saurais les reconnaître suffisamment. »
PRATIQUE
Apprendre aux jeunes enfants à connaître et à aimer saint Joseph.
Reportez-vous à Miracle de guérison obtenu par Saint Joseph, Prééminence de saint Joseph dans le Ciel, Saint Joseph, Protecteur de l'Église, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Saint Joseph refuge des pécheurs, Saint Joseph honoré par les saints, Saint Joseph élevé au-dessus de tous les saints, Prière à Saint Joseph, Père et Protecteur des Vierges, Prière pour demander la pureté, Prière pour obtenir la pureté, Pouvoir de saint Joseph, Confiance de sainte Thérèse d'Avila en saint Joseph, Invocations et prières à Saint Joseph pour chaque jour de la semaine, Union admirable de Jésus, Marie et Joseph, Délices de Nazareth, Saint Joseph, patron et modèle des âmes intérieures, Saint Joseph à Nazareth, Saint Joseph choisi de Dieu pour être le chef de la Sainte-Famille, Tendresse de saint Joseph pour Jésus, Neuvaine de prières à Saint Joseph, Neuvaine à Saint Joseph, pour se préparer à ses Fêtes, et obtenir quelque grâce spéciale pendant la vie et une bonne mort, Les Sept Dimanches de Saint Joseph, Excellence du saint nom de Joseph, Saint Joseph patron et modèle des religieux, Hymne en l'honneur de Saint Joseph, Litanies de la paternelle protection de Saint Joseph, Litanies des souffrances de Saint Joseph, Litanies de Saint Joseph, Prière efficace en l'honneur de Saint Joseph, Courtes prières à Saint Joseph, Chapelet de Saint Joseph, Acte de consécration au glorieux Saint Joseph, Prière de Saint Pie X au glorieux Saint Joseph modèle des travailleurs, Sermon pour la Fête de Saint Joseph, Marie est donnée en mariage à Saint Joseph, Litanies de l'amour de Marie, Supplique à Saint Joseph, Oraison pour présenter son cœur à saint Joseph et Méditations et Exemples pour le Mois de Saint Joseph.
Publié par
Le Petit Sacristain
dimanche 7 avril 2019
Pouvoir de saint Joseph
Extrait de "Pouvoir de Saint Joseph", par le R. P. Huguet, Mariste :
Il l'établit maître de toute sa maison, et seigneur absolu de tous ses biens. (Ps. 104)
Jamais aucun Saint n'a eu sur la terre le pouvoir que le Père éternel avait confié à Joseph, puisqu'il a eu seul le droit de commander à Celui au nom duquel tout fléchit le genou, dans le Ciel, sur la terre et au plus profond des enfers. On peut dire de lui qu'il n'a pas seulement gardé la Loi, les Tables de la loi et l'Auteur de la loi, mais encore qu'il a donné la loi au Législateur lui-même, et qu'il a vu le Très-Haut abaissé à ses pieds pour la recevoir de sa main. Après avoir médité ce mystère, on n'hésite pas à croire avec la plupart des Pères et des Docteurs que saint Joseph a surpassé les Apôtres en dignité, les saints en vertu et en grâce, et en gloire tout ce qui est au-dessous de Jésus et de Marie : Ideo fecit illum Dominus crescere in plebem suam.
L'Esprit saint a voulu nous donner dans la personne du Fils de Jacob, du premier Joseph, une idée du pouvoir dont jouit notre saint Patriarche dans le royaume du Ciel, où il voit Jésus, son Fils adoptif, et Marie, son Épouse immaculée, élevés au-dessus de tous les chœurs des Anges et des bienheureux.
L'ancien Joseph, qui n'était que l'ombre et la figure de notre vrai Joseph, fut si favorisé du roi Pharaon, qu'il fut comblé de toutes les grandeurs et de toutes les grâces qu'un prince peut accorder à un sujet. Il le fit l'intendant général de toute sa maison, en lui disant : « Vous serez le maître absolu de tout, je veux que tout se fasse comme vous l'aurez ordonné. » Il le créa vice-roi de tout le royaume d'Égypte ; il ordonna que tous ses sujets, sans distinction d'âge ou de rang, lui rendissent les mêmes hommages et la même obéissance qu'à sa propre personne ; il lui confia le sceau de son autorité royale, et il lui donna le plein pouvoir d'accorder toutes les grâces et toutes les faveurs qu'il voudrait ; il le fit conduire en public dans son char de triomphe, précédé des hérauts qui avaient ordre de crier que chacun fléchit les genoux devant le prince que le roi honore comme son père et qu'il a établi après lui souverain sur toute la terre d'Égypte ; il voulut qu'on le nommât Sauveur du monde, et que ses sujets reconnussent qu'ils lui étaient redevables de leur salut ; enfin, il renvoyait à Joseph tous ceux qui lui demandaient quelques grâces ; Ite ad Joseph, afin qu'ils les obtinssent par son crédit et qu'ils lui en eussent l'obligation : Ite ad Joseph, et quidquid dixerit vobis, facite, Allez à Joseph, et faites tout ce qu'il vous dira, et recevez de lui tout ce qu'il voudra vous donner (Genèse, XLI).
Tous les Pères ont vu dans ces privilèges accordés au fils de Jacob une prophétie des prérogatives beaucoup plus grandes encore dont devait être honoré le véritable Joseph. Ce n'est pas seulement Pharaon, un roi de la terre ; mais c'est le Dieu Tout Puissant, le Roi immortel des siècles qui a voulu combler de ses faveurs le nouveau Joseph.
Il commence par l'établir le maître et le chef de la sainte Famille. Il veut que tout le monde lui obéisse et lui rende hommage, même son propre Fils. Il l'a fait comme son vice-roi, voulant qu'il représentât sa personne jusqu'à lui accorder le privilège de porter son nom, et d'être appelé le père de son Fils unique. Il a mis entre ses mains ce divin Fils, qui est comme le sceau de son autorité souveraine, pour nous montrer qu'il lui avait donné tout pouvoir d'accorder et de sceller les grâces. Voyez comme il fait publier dans l'Évangile par tous les siècles que saint Joseph est le père du Roi des rois : Erant Pater et Mater ejus mirantes. Il le fait appeler le Sauveur du monde, parce qu'il a nourri et conservé celui qui est le salut de tous les hommes ; enfin, et c'est là ce qui doit augmenter notre confiance, si nous voulons des grâces de lui, c'est à Joseph que nous devons nous adresser : Ite ad Joseph. On invoque les autres saints pour des nécessités particulières, comme si les grâces et le don des miracles étaient partagés entre eux ; mais saint Joseph tient le remède général de tous les besoins de l'âme et du corps, et tous ceux qui s'adressent à lui avec confiance, expérimentent, comme sainte Thérèse, qu'on ne demande jamais rien à Dieu par son intercession, sans l'obtenir infailliblement.
Car s'il est vrai, comme dit saint Bernard, que Jésus-Christ, qui est notre Avocat auprès de son Père, lui montre son côté ouvert et ses plaies sacrées, que Marie montre à son Fils unique le sein qui l'a porté, ne pouvons-nous pas ajouter que saint Joseph montre au Fils et à la Mère les mains qui ont tant travaillé, les sueurs qu'il a versées pour conserver leur vie sur la terre (la plupart des Interprètes pensent que saint Joseph est au Ciel en corps et en âme. Saint Bernardin de Sienne, prêchant dans Padoue, embrassa ce sentiment et dit au peuple : « Je vous assure, mes frères, que saint Joseph est en corps et en âme au Ciel éclatant de gloire. » L'histoire rapporte que Dieu voulut confirmer cette vérité, il parut miraculeusement sur la tête de saint Bernardin une croix d'or qui fut vue par tout l'auditoire) ! Et si on dit avec raison que le Père éternel ne peut rien refuser à son Fils bien-aimé quand il le prie par ses plaies, ni le Fils rien refuser à sa très-sainte Mère, quand, elle le conjure par son sein, ne devons-nous pas croire que ni le Fils ni la Mère ne peuvent rien refuser au glorieux saint Joseph, quand il les supplie par ses mains qui ont été si généreusement dévouées à leur service pendant qu'il était sur la terre ? Si dans le temps que Jésus et Marie vivaient à Nazareth, nous avions désiré en obtenir quelque grâce, quelque faveur, quel médiateur plus puissant aurions-nous pu employer auprès d'eux que Joseph ?
Marie, comme l'enseignent les saints Docteurs, est devenue par sa maternité divine la trésorière et la dispensatrice de toutes les grâces et de tous les dons de Dieu, elle les donne à qui elle veut, dans le temps qu'elle veut et de la manière qu'elle veut. On, s'il est vrai, dit saint Bernardin, que tout ce qui appartient à la femme appartient aussi à celui que Dieu lui a donné pour époux, ne devons-nous pas croire que saint Joseph peut disposer à son gré en faveur de ceux qui l'implorent de tous les trésors que le Seigneur a confiés à Marie sa chaste Épouse ? Adressez-vous donc à saint Joseph avec une confiance inébranlable ; ses prières unies à celles de Marie, présentées à Dieu au nom de l'enfance adorable de Jésus, ne sauraient éprouver de refus, elles doivent obtenir tout ce qu'elles demandent.
EXEMPLE
Il y a environ cinq ans, dit le P. Jacquinot, que j'assistai à la mort d'un pieux serviteur de saint Joseph, M. de la Bèno, procureur du roi à Saintes : les derniers moments de cet homme de bien furent accompagnés des circonstances les plus heureuses et les plus édifiantes : je ne dirai rien dont je n'aie été moi-même spectateur et témoin. Ce sage et vertueux vieillard, très-dévot à saint Joseph, qu'il appelait son bon Père, après avoir langui près de deux ans, en proie à une cruelle maladie, sentant diminuer ses forces et approcher sa fin, il demanda son confesseur ; et comme celui-ci lui fit observer que la fête de son bien-aimé patron approchait, et qu'on espérait que Notre-Seigneur le conserverait encore, pour l'entremise de ce grand Saint : « Ah ! mon Père, répondit le malade, que la sainte volonté de Dieu soit faite, et non pas la mienne ni celle de ma famille ! Il y a déjà longtemps que je pense à cette belle fête, et que je demande à Dieu de mourir ou de guérir ce jour-là, et si je touche à ma fin, que j'aie le bonheur de communier pour la dernière fois, ce même jour, et de mourir dans la matinée de cette solennité, afin qu'on puisse encore célébrer des messes pour le repos de ma pauvre âme. » Humainement parlant, il n'y avait pas d'apparence qu'il dût être exaucé, son mal était trop violent peur qu'on pût espérer qu'il vécût jusqu'à la fête de saint Joseph, encore éloignée de neuf jours. Néanmoins sa confiance inébranlable fut exaucée, au grand étonnement des médecins. Après avoir bien profité de tout ce temps pour se préparer à la mort, la veille de la fête, il donna sa bénédiction, avec de grands sentiments de piété, à toute sa famille, agenouillée autour de son lit. Le jour de la fête de saint Joseph, il eut le bonheur de communier à deux heures après minuit, et, sur les neuf heures du matin, ayant jusqu'à ce moment conservé l'usage de toutes ses facultés, il entra dans une douce et courte agonie, et il s'endormit paisiblement dans le Seigneur, laissant tous ceux qui avaient assisté à sa mort très-édifiés, et pénétrés de la plus vive confiance pour son charitable et puissant protecteur. À peine eut-il rendu le dernier soupir, que plusieurs prêtres célébrèrent le saint Sacrifice à son intention. C'est ainsi que tous les désirs de ce fidèle et pieux serviteur de saint Joseph furent exaucés.
PRATIQUE
Faire une mortification ou une aumône (en l'honneur de Saint Joseph ou) pour se préparer aux fêtes de saint Joseph.
Reportez-vous à Miracle de guérison obtenu par Saint Joseph, Prééminence de saint Joseph dans le Ciel, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Saint Joseph élevé au-dessus de tous les saints, Confiance de sainte Thérèse d'Avila en saint Joseph, Invocations et prières à Saint Joseph pour chaque jour de la semaine, Union admirable de Jésus, Marie et Joseph, Délices de Nazareth, Saint Joseph, patron et modèle des âmes intérieures, Saint Joseph à Nazareth, Saint Joseph choisi de Dieu pour être le chef de la Sainte-Famille, Tendresse de saint Joseph pour Jésus, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Neuvaine de prières à Saint Joseph, Neuvaine à Saint Joseph, pour se préparer à ses Fêtes, et obtenir quelque grâce spéciale pendant la vie et une bonne mort, Les Sept Dimanches de Saint Joseph, Excellence du saint nom de Joseph, Saint Joseph patron et modèle des religieux, Hymne en l'honneur de Saint Joseph, Prière pour obtenir la pureté, Litanies de la paternelle protection de Saint Joseph, Litanies des souffrances de Saint Joseph, Litanies de Saint Joseph, Prière efficace en l'honneur de Saint Joseph, Courtes prières à Saint Joseph, Chapelet de Saint Joseph, Acte de consécration au glorieux Saint Joseph, Prière de Saint Pie X au glorieux Saint Joseph modèle des travailleurs, Sermon pour la Fête de Saint Joseph, Marie est donnée en mariage à Saint Joseph, Litanies de l'amour de Marie, Supplique à Saint Joseph, Oraison pour présenter son cœur à saint Joseph et Méditations et Exemples pour le Mois de Saint Joseph.
dimanche 19 février 2017
DES VERTUS DE MARIE : De l'Amour de Marie envers Dieu
Extrait de "Les gloires de Marie" (Tome II) de Saint Alphonse de Liguori :
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| La Vierge et l'Enfant (Murillo) |
§ II. De l'Amour de Marie envers Dieu
S. Anselme dit que « plus un cœur est pur et vide de soi-même, plus il est rempli d'amour envers Dieu. » Comme Marie était humble et toute vide d'elle-même, le Seigneur la remplit de son amour ; « (S. Bernardin) elle surpassa en amour tous les hommes et tous les Anges. » S. François de Sales la nomme aussi la Reine de l'amour. L'homme a reçu de Dieu le précepte de l'aimer de tout son cœur ; mais « (S. Thom. 2. 2. q. 24. a. 6. 8) il ne pourra l'accomplir pleinement ce précepte que dans le ciel. » Il ne convenait pas que Dieu donnât un précepte qui n'aurait été pleinement rempli par personne, si sa divine Mère ne l'eût parfaitement accompli (B. Albert). « (S. Bern. Serm. 29. in Cant.) L'amour divin fit une si profonde blessure au cœur de Marie, qu'il n'y resta aucun lieu qui ne fût blessé d'amour ; ainsi elle remplit entièrement ce premier précepte ; » de sorte qu'elle pouvait bien dire : Mon bien-aimé s'est livré tout entier à moi ; et je me suis livrée tout entière à lui. (Cant. 2. 16) « (Ricc. de S. Laur.) Les Séraphins pouvaient descendre du ciel pour apprendre dans le cœur de Marie la manière d'aimer Dieu. »
Dieu, qui est l'amour par essence, vint sur la terre pour embraser tous les cœurs du feu de son divin amour ; mais aucun cœur ne fut aussi enflammé que celui de sa Mère, « (S. Hier. aut. Sephr. de Ass.) qui, étant tout pur et dégagé des affections terrestres, était tout disposé à brûler de ce feu précieux. » Ainsi le cœur de Marie fut transformé en une flamme d'amour, comme il est dit dans les saints Cantiques (Cant. 8. 6). Ce cœur brûlait intérieurement d'amour, et brillait à tous les yeux par l'exercice des vertus. Quand Marie portait Jésus, on pouvait dire que « le feu portait le feu. » Le cœur de Marie fut figuré par le buisson que Moïse vit brûler sans se consumer.
« (S. Bern. S. in Sign. magn.) C'est avec raison qu'elle se montra à S. Jean revêtue du soleil (Apoc. 12, 11), puisqu'elle fut si unie à Dieu par l'amour, qu'il semble qu'une créature ne puisse s'unir davantage à son Créateur. »
Marie ne fut jamais tentée par l'enfer ; car « (S. Bonav. t. 2. s. 51. a. 3) de même que les mouches s'éloignent d'un grand feu, ainsi le cœur de Marie n'étant qu'une flamme de charité, les démons étaient mis en fuite et n'osaient pas même s'approcher d'elle. »
Son âme bienheureuse ne faisant autre chose que contempler Dieu, les actes d'amour qu'elle produisait étaient sans nombre. Marie, dit S. Bernardin de Buste, sans répéter les actes d'amour de Dieu l'un après l'autre, comme le font les autres Saints, eut le privilège tout à fait singulier d'aimer toujours actuellement Dieu par un seul et continuel acte d'amour. « Semblable à l'aigle royal, comme le dit S. Pierre Damien, elle tenait toujours les jeux levés vers le Soleil divin, de manière que les actions journalières ne l'empêchaient point de l'aimer, et l'amour ne l'empêchait point de vaquer à ses occupations. » Marie ; dit S. Germain, fut figurée par l'autel de propitiation, ou le feu ne s'éteignait jamais ni jour ni nuit.
Le sommeil même n'empêchait pas Marie d'aimer son Dieu. Si ce privilège fut accordé à nos premiers parents dans l'état d'innocence, on ne doit point douter qu'il n'ait aussi été départi à la Mère de Dieu, comme le pensent Suarez, Rupert, S. Bernardin et S. Ambroise. Marie, tant qu'elle vécut sur la terre, ne cessa jamais d'aimer Dieu : elle ne fit jamais que ce qu'elle connut être agréable à Dieu, et elle l'aima autant qu'elle crut le devoir aimer. Marie fut remplie de tant de charité, qu'il eût été impossible à une pure créature d'en recevoir davantage sur la terre.
Marie par son ardente charité se rendit si belle aux yeux de son Dieu, lui inspira tant d'amour, qu'épris de sa beauté, il voulut bien descendre dans son sein pour s'incarner. C'est ainsi que s'expriment S. Bernard, le bienheureux Albert, et S. Thomas de Villeneuve.
Mais, puisque Marie aime tant son Dieu, il est certain qu'elle ne désire aussi rien tant de ses serviteurs que de les voir aimer Dieu de toutes leurs forces.
Ah ! Reine de l'amour, Marie, la plus aimable, la plus aimée et la plus aimante de toutes les créatures, vous disait S. François de Sales, ah ! ma Mère, vous brûlâtes toujours tout entière d'amour pour Dieu ; hélas! daignez m'en donner du moins une étincelle. Vous priâtes votre Fils pour les époux qui manquaient de vin ; et vous ne prieriez pas pour nous qui manquons d'amour pour Dieu et qui sommes si obligés de l'aimer ? Dites-lui donc que nous n'avons pas d'amour, et obtenez-nous cet amour. C'est la seule grâce que nous vous demandons, ô notre Mère ! Par le grand amour que vous portez à Jésus, exaucez-nous, et priez pour nous. Ainsi soit-il.
Lire "Les gloires de Marie" (Tome 1, Tome II).
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Le Petit Sacristain
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