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dimanche 16 mai 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant l'histoire et l'explication de la religion


XLIXe LEÇON


LE MESSIE PRÉPARÉ

MONARCHIE DES GRECS ET DES ROMAINS

(AV. J.-C. 336-170)



Q. Comment la grande monarchie des Grecs contribua-t-elle à établir le règne du Messie ?
R. La grande monarchie des Grecs contribua à établir le règne du Messie, en préparant les voies à la rapide propagation de l'Évangile.

Q. En combien de manières la monarchie des Grecs prépara-t-elle les voies de l'Évangile ?
R. La monarchie des Grecs prépara les voies à l'Évangile en trois manières.

Q. Quelle est la première ?
R. La première ; en s'étendant dans une grande partie du monde, elle rendit populaire la langue grecque, dans laquelle l'Évangile devait être prêché de vive voix et surtout par écrit.

Q. Quelle est la seconde ?
R. La seconde ; en attirant les Juifs dans la plus grande partie du monde, elle fit connaître le vrai Dieu aux différents peuples, que ces nouveaux missionnaires préparèrent à recevoir les lumières de l'Évangile.

Q. Quelle est la troisième ?
R. La troisième : en faisant traduire la Bible en grec et en la gardant dans la bibliothèque d'Alexandrie, elle procura aux nations infidèles la connaissance des livres saints, qu'elle mit à couvert des altérations judaïques.

Q. Par qui fut faite cette traduction ?
R. Un des successeurs d'Alexandre, nommé Ptolémée, roi d'Égypte, s'adressa au grand prêtre Éléazar, qui lui envoya une copie des livres saints, écrite en lettres d'or, avec soixante-douze vieillards fort instruits pour en faire la traduction ; c'est ce qu'on appelle la version des Septante.

Q. Comment la grande monarchie des Romains contribua-t-elle à établir le règne du Messie ?
R. La grande monarchie des Romains contribua à établir le règne du Messie, en faisant naître Notre-Seigneur à Bethléem, au temps marqué par les Prophètes, et en faisant briller de tout son éclat le miracle de rétablissement du Christianisme.

Q. Que nous apprend la succession des quatre grandes monarchies ?
R. La succession des quatre grandes monarchies nous apprend que Dieu gouverne du haut du Ciel tous les empires de la terre, et qu'il dirige tous les événements à l'accomplissement de son grand dessein, le salut de l'homme par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Q. Comment cela ?
R. Avant le Messie, tous les événements du monde concourent à établir son règne ; après le Messie, tous concourent à le conserver et à l'étendre.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'adorerai la Providence dans tous les événements.


Reportez-vous à Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther.















jeudi 6 août 2020

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition



ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant l'histoire et l'explication de la religion
depuis le commencement du monde jusqu'à la venue du messie.



IIe LEÇON


ENSEIGNEMENT
ÉCRIT

ÉCRITURE ET TRADITION






Q. Comment pouvons-nous connaître Dieu ?
R. Nous pouvons connaître Dieu par sa parole et par ses ouvrages.

Q. Où se trouve la parole de Dieu ?
R. La parole de Dieu se trouve dans l'Écriture sainte et dans les traditions.

Q. Pourquoi Dieu écrivit-il sa loi ?
R. Dieu écrivit sa loi afin d'empêcher les hommes de l'oublier ou de l'altérer.

Q. Qu'est-ce que l'Écriture sainte ?
R. L'Écriture sainte ou la Bible, est le livre qui contient la parole de Dieu écrite par les auteurs inspirés.

Q. En combien de parties se divise la Bible ?
R. La Bible se divise en deux parties : l'Ancien et le Nouveau Testament.

Q. Quels sont les principaux livres de l'Ancien Testament ?
R. Les principaux livres de l'Ancien Testament sont : 1° les livres de Moïse, qui sont au nombre de cinq : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome : on les appelle le Pentateuque ou la Loi, parce qu'ils contiennent l'alliance ; 2° les livres historiques, qui contiennent l'histoire du peuple de Dieu en général, tels que les livres de Josué, celui des Juges, les quatre livres des Rois, les deux livres appelés Paralipomènes, le livre d'Esdras, celui de Néhémias et les deux livres des Macchabées, ou l'histoire de quelques saints et autres personnages illustres : telles sont les histoires de Job, de Ruth, de Tobie, de Judith et d'Esther.

Q. Continuez la même réponse.
R. 3° L'Ancien Testament contient encore les livres d'instruction pour apprendre à bien vivre : tels sont les Psaumes de David, au nombre de cent cinquante, les Proverbes, l'Ecclésiaste, le Cantique des cantiques, le livre de la Sagesse et l'Ecclésiastique ; 4° les livres prophétiques, c'est-à-dire les livres des quatre grands prophètes Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, auxquels on peut ajouter David et les livres des douze petits prophètes, qu'on appelle ainsi parce qu'ils ont moins écrit que les premiers.

Q. Pourquoi les appelle-t-on l'Ancien Testament ?
R. On les appelle l'Ancien Testament, parce qu'ils contiennent l'alliance que Dieu fit avec les juifs par le ministère de Moïse : on y voit, d'une part, les volontés et les promesses de Dieu, et, de l'autre, les engagements du peuple juif.

Q. Quels sont les livres du Nouveau Testament ?
R. Les livres du Nouveau Testament sont : 1° les livres historiques, c'est-à-dire les Évangiles de saint Mathieu, de saint Marc, de saint Luc, de saint Jean, et les Actes des Apôtres, écrits par saint Luc ; 2° les livres d'Instruction ; telles sont les lettres que les Apôtres écrivaient à leurs disciples ou aux Églises qu'ils avaient fondées. On en compte quatorze de saint Paul, une de saint Jacques, deux de saint Pierre, trois de saint Jean et une de saint Jude ; 3° un livre prophétique, c'est l'Apocalypse de saint Jean.

Q. Pourquoi les appelle-t-on le Nouveau Testament ?
R. On les appelle le Nouveau Testament, parce qu'ils contiennent l'alliance que Dieu a faite avec tous les hommes par le ministère de Notre-Seigneur Jésus-Christ : cette alliance est bien plus parfaite que l'ancienne.

Q. Qu'entendez-vous par l'inspiration, l'authenticité et l'intégrité des Livres saints ?
R. Un livre est inspiré lorsque Dieu lui-même a révélé les choses qu'il contient et que l'auteur ne pouvait pas naturellement connaître ; lorsqu'il l'a dirigé dans le choix des choses que l'auteur connaissait, et l'a préservé d'erreur en les écrivant ; authentique, lorsqu'il est véritablement de l'auteur auquel on l'attribue ; intègre, lorsqu'il est parvenu jusqu'à nous tel qu'il sortit des mains de l'auteur, sans aucun changement essentiel.

Q. Comment savons-nous que les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament sont inspirés, authentiques et intègres ?
R. Nous savons que les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament sont inspirés, authentiques et intègres, par les témoignages des Juifs et des Chrétiens, par le témoignage des martyrs, enfin par l'enseignement de l'Église, dont l'infaillibilité est prouvée par des miracles incontestables.

Q. Toutes les vérités de la Religion se trouvent-elles dans l'Écriture sainte ?
R. Toutes les vérités de la Religion ne se trouvent pas dans l'Écriture sainte : il y en a plusieurs qui ont été transmises par la tradition.

Q. Qu'est-ce que la tradition ?
R. La tradition, c'est la parole de Dieu non écrite dans les livres saints, mais transmise de vive voix des pères aux enfants.

Q. Combien y a-t-il de traditions ?
R. Il y a deux traditions : la tradition juive et la tradition chrétienne.

Q. Qu'est-ce que la tradition juive ?
R. La tradition juive est la parole de Dieu non écrite dans l'Ancien Testament, conservée chez les Juifs de vive voix ou par écrit.

Q. Qu'est-ce que la tradition chrétienne ?
R. La tradition chrétienne, c'est la parole de Dieu non écrite dans le Nouveau Testament, que les Apôtres ont reçue de la bouche de Jésus-Christ, qu'ils ont transmise de vive voix à leurs disciples, et qui est venue jusqu'à nous par l'enseignement ou par les écrits des Pères de l'Église et des pasteurs.

Q. Quelle foi devons-nous à l'Écriture et à la tradition ?
R. Nous devons une foi entière à l'Écriture et à la tradition générale de l'Église, parce qu'elles sont également la parole de Dieu.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'écouterai la lecture de l'Évangile avec le plus profond respect.



Reportez-vous à Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, CatéchismeLeçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même.















dimanche 26 avril 2020

PSAUMES 11 à 20, La Sainte Bible selon la Vulgate, Traduction par l'abbé J.-B. Glaire





PSAUME XI

(Hébr., XII)



David représente à Dieu qu'il n'y a plus de bonne foi parmi les hommes, et il le prie de le sauver des artifices et des calomnies de ses ennemis.

1. Pour la fin, pour l'octave, psaume de David.

2. Sauvez-moi, Seigneur, car il n'y a plus de saint : les vérités ont diminué parmi les fils des hommes.

3. Ils ont dit des choses vaines, chacun à son prochain : leurs lèvres sont trompeuses ; ils ont parlé avec un cœur et un cœur.

4. Que Dieu perde entièrement toutes les lèvres trompeuses, et la langue qui profère des discours superbes.

5. Ils ont dit : Nous ferons éclater la puissance de notre langue ; nos lèvres sont à nous, qui est notre maître ?

6. À cause de la misère de ceux qui sont sans secours, et du gémissement des pauvres, maintenant je me lèverai, dit le Seigneur.
Je les établirai dans le salut : j'agirai en cela avec une entière liberté.

7. Les paroles du Seigneur sont des paroles pures, un argent éprouvé par le feu, purifié dans la terre, raffiné jusqu'à sept fois.

8. C'est vous, Seigneur, vous qui nous sauverez, et qui nous préserverez de cette génération éternellement.

9. Les impies rôdent autour de nous ; c'est dans la profondeur de vos desseins que vous avez multiplié les fils des hommes.


PSAUME XII

(Hébr., XIII)


David prie le Seigneur de ne pas le laisser tomber dans la mort que son ennemi veut lui donner, et il fait cette prière avec une ferveur et une confiance qui peuvent servir de modèle à tous ceux qui veulent recourir à Dieu.

1. Pour la fin, psaume de David.
Jusques à quand. Seigneur, m'oublierez-vous pour toujours ?
Jusques a quand détournerez-vous de moi votre visage ?

2. Jusques à quand formerai-je des projets dans mon âme, et donnerai-je du tourment à mon cœur pendant le jour ?

3. Jusques à quand mon ennemi s'élèvera-t-il au-dessus de moi ?

4. Regardez et exaucez-moi, Seigneur mon Dieu.
Éclairez mes yeux, que jamais je ne m'endorme dans la mort :

5. De peur qu'un jour mon ennemi ne dise : J'ai prévalu contre lui.
Ceux qui me tourmentent tressailliront de joie, si je suis ébranlé ;

6. Mais moi, j'ai espéré dans votre miséricorde.
Mon cœur tressaillira d'allégresse dans votre salut ; je chanterai le Seigneur qui m'a comblé de biens ; je chanterai le nom du Dieu Très-Haut.


PSAUME XIII

(Hébr., XIV)


David décrit d'une manière très vive la corruption générale des hommes. Il prédit la délivrance du peuple de Dieu et la joie dont elle sera suivie.

1. Pour la fin, psaume de David.
L'insensé a dit dans son cœur : Il n'y a point de Dieu.
Ils se sont corrompus, et ils sont devenus abominables dans leurs affections ; il n'y en a point qui fasse le bien, il n'y en a pas même un seul.

2. Le Seigneur, du haut du ciel, a jeté un regard sur les fils des hommes, pourvoir s'il en est un qui ait de l'intelligence, et qui cherche Dieu.

3. Tous se sont détournés ; tous ensemble sont devenus inutiles ; il n'en est pas qui fasse le bien, il n'en est pas même un seul.
Leur gosier est un sépulcre ouvert, ils trompaient avec leurs langues ; le venin de l'aspic est sous leurs lèvres.
Leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume ; leurs pieds courent avec rapidité pour verser le sang.
La désolation et le malheur sont sur leurs voies ; mais la voie de la paix, ils ne l'ont pas connue ; la crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux.

4. Est-ce qu'ils ne connaîtront point tous ceux qui opèrent l'iniquité, qui dévorent mon peuple comme un morceau de pain ?

5. Ils n'ont pas invoqué le Seigneur, ils ont tremblé de frayeur là où n'était pas la crainte.

6. Parce que le Seigneur est avec la génération des justes, vous avez confondu les desseins du pauvre, parce que le Seigneur est son espérance.

7. Qui fera sortir de Sion le salut d'Israël ? Lorsque le Seigneur aura mis fin à la captivité de son peuple, Jacob tressaillira de joie et Israël sera dans l'allégresse.


PSAUME XIV

(Hébr., XV)


David représente la sainteté que doivent avoir ceux qui aspirent à demeurer dans les tabernacles éternels de la Jérusalem céleste.

1. Psaume de David.
Seigneur, qui habitera dans votre tabernacle, et qui reposera sur votre montagne sainte ?

2. Celui qui marche sans tache, et qui pratique la justice.

3. Celui qui dit la vérité qui est dans son cœur ; qui n'a pas trompé avec sa langue ;
Qui na pas fait de mal à son prochain, et qui n'a pas accueilli l'injure contre ses frères.

4. En présence de qui le méchant est regardé comme un néant, mais qui glorifie ceux qui craignent Dieu.
Celui qui ayant fait un serment à son prochain, ne le trompe point.

5. Celui qui n'a point donné son argent à usure, et n'a point reçu de présents contre l'innocent : celui qui fait ces choses ne sera jamais ébranlé.


PSAUME XV

(Hébr., XVI)


David implore le secours de Dieu parmi les nations étrangères où il se trouvait. Il déclare qu'il ne veut prendre aucune part à leurs sacrifices et à leur idolâtrie, et qu'il met tout son bonheur dans le culte du Seigneur. Il rend grâces à Dieu pour la protection qu'il lui a accordée, il espère tout de sa bonté. Enfin il prédit la résurrection du Sauveur.


1. Inscription de titre par David lui-même.
Conservez-moi, Seigneur, parce que j'ai espéré en vous.

2. J'ai dit au Seigneur : Vous êtes mon Dieu, vous n'avez pas besoin de mes biens.

3. Aux saints qui sont sur la terre, il a manifesté d'une manière admirable mes volontés pour eux.

4. Leurs infirmités se sont multipliées, ensuite, ils ont accéléré leur course.
Je ne réunirai point leurs assemblées pour offrir des victimes sanglantes, je ne rappellerai même pas leurs noms sur mes lèvres.

5. Le Seigneur est la part de mon héritage et de mon calice ; c'est vous qui me rendrez mon héritage.

6. Un lot m'est échu dans des lieux excellents ; car mon héritage est excellent pour moi.

7. Je bénirai le Seigneur de ce qu'il m'a donné l'intelligence, et de ce que jusque dans la nuit même mes reins m'ont repris.

8. Je voyais toujours le Seigneur en ma présence, parce qu'il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé.

9. C'est pourquoi mon cœur s'est réjoui et ma langue a tressailli, et même ma chair reposera dans l'espérance.

10. Car vous ne laisserez point mon âme dans l'enfer, et vous ne permettrez point que votre saint voie la corruption.

11. Vous m'avez fait connaître les voies de la vie, vous me remplirez de joie par votre visage ; des délices sont à votre droite pour toujours.


PSAUME XVI

(Hébr., XVII)


Le psalmiste implore le secours de Dieu contre ses ennemis. Il représente à Dieu sa propre innocence, et décrit la malice et la violence de ceux qui le persécutent.

1. Prière de David.
Exaucez, Seigneur, ma justice. Soyez attentif à ma supplication.
Prêtez l'oreille à ma prière, elle ne vient pas de lèvres trompeuses.

2. Que de vous émane mon jugement ; que vos yeux voient l'équité.

3. Vous avez éprouvé mon cœur, et vous l'avez visité pendant la nuit ; vous m'avez exaucé en me faisant passer par le feu, et il ne s'est pas trouvé en moi d'iniquité.

4. Afin que ma bouche ne parle pas même des œuvres des hommes, j'ai gardé, à cause des paroles de vos lèvres, des voies dures.

5. Affermissez mes pas dans vos sentiers, afin que mes pieds ne soient point ébranlés.

6. Moi, j'ai crié, parce que vous m'avez exaucé, mon Dieu ; inclinez votre oreille vers moi, et exaucez mes paroles.

7. Faites éclater vos miséricordes, vous qui sauvez ceux qui espèrent en vous.

8. Contre ceux qui résistent à votre droite, gardez-moi comme la prunelle de l'œil. Sous l'ombre de vos ailes, protégez-moi.

9. Contre la face des impies qui m'ont tourmenté.
Mes ennemis ont environné mon âme,

10. Ils ont fermé leurs entrailles, leur bouche a parlé orgueil,

11. Après m'avoir rejeté, maintenant ils m'environnent, ils ont résolu d'incliner leurs yeux vers la terre.

12. Ils m'ont saisi comme un lion préparé pour la proie, et comme le petit d'un lion qui habite dans des lieux cachés.


PSAUME XVII

(Hébr., XVIII)


Cantique d'actions de grâces de David, ou description des périls auxquels il a été exposé, des victoires qu'il a remportées, et des grâces qu'il a reçues du Seigneur.

1 . Pour la fin, par le serviteur du Seigneur, David, qui a prononcé à la gloire du Seigneur les paroles de ce cantique, au jour où le Seigneur l'arracha à la main de ses ennemis, et à la main de Saül, et a dit :

2. Je vous aimerai, Seigneur, ma force :

3. Le Seigneur est mon ferme appui, et mon refuge, et mon libérateur.
Mon Dieu est mon aide, et j'espérerai en lui.
Il est mon protecteur, la corne de mon salut et mon soutien.

4. En le louant, j'invoquerai le Seigneur, et je serai sauvé de mes ennemis.

5. Les douleurs de la mort m'ont environné ; les torrents de l'iniquité m'ont troublé.

6. Les douleurs de l'enfer m'ont environné ; les lacs de la mort m'ont prévenu.

7. Dans ma tribulation j'ai invoqué le Seigneur, et j'ai crié vers mon Dieu ;
Et de son temple saint il a exaucé ma voix ; et mon cri poussé en sa présence est parvenu à ses oreilles.

8. La terre s'est émue et a tremblé ; les fondements des montagnes ont été bouleversés et ébranlés, parce qu'il s'est irrité contre eux.

9. La fumée a monté dans sa colère, et un feu ardent a jailli de sa face ; des charbons en ont été embrasés.

10. Il a incliné les cieux, et il est descendu ; et un nuage obscur est sous ses pieds.

11. Et il est monté sur des chérubins et il s'est envolé ; il s'est envolé sur les ailes des vents.

12. Et il a fait des ténèbres son lieu de retraite ; autour de lui est sa tente, une eau ténébreuse est dans les nuées de l'air.

13. À l'éclat qui jaillit de sa présence, les nuées se sont dissipées ; il en est sorti de la grêle et des charbons de feu.

14. Et le Seigneur a tonné du ciel, et le Très-Haut a fait entendre sa voix ; il est tombé de la grêle et des charbons de feu.

15. Et il a lancé ses flèches, et il les a dissipés ; il a multiplié ses éclairs, et il les a troublés.

16. Alors ont paru les sources des eaux, et les fondements du globe de la terre ont été mis à nu.
À votre menace. Seigneur, au souffle du vent de votre colère.

17. Il a envoyé d'en haut, et il m'a pris, et il m'a retiré d'un gouffre d'eaux.

18. Il m'a arraché à mes ennemis très puissants, et à ceux qui me haïssaient, parce qu'ils étaient devenus plus forts que moi.

19. Ils m'ont prévenu au jour de mon affliction, et le Seigneur s'est fait mon protecteur.

20. Et il m'a mis au large : il m'a sauvé, parce qu'il m'aimait.

21. Et le Seigneur me rétribuera selon ma justice, et il me rétribuera selon la pureté de mes mains,

22. Parce que j'ai gardé les voies du Seigneur, et que je n'ai pas agi avec impiété en m'éloignant de mon Dieu.

23. Puisque tous ses jugements sont devant mes yeux, et que je n'ai point éloigné de moi ses justices.

24. Et je serai sans tache avec lui, et je me donnerai de garde de mon iniquité.

25. Et le Seigneur me rétribuera selon ma justice et selon la pureté de mes mains, présente à ses yeux.

26. Avec un saint, vous serez saint, et avec un homme innocent, vous serez innocent ;

27. Et avec un homme excellent, vous serez excellent, et avec un pervers perversité.

28. Parce que c'est vous qui sauverez un peuple humble, et qui humilierez les yeux des superbes.

29. Parce que c'est vous, Seigneur, qui faites luire ma lampe ; mon Dieu, illuminez mes ténèbres.

30. Parce qu'avec vous je serai délivré de la tentation, et avec mon Dieu je franchirai un mur.

31. Mon Dieu, sa voie est sans souillure ; les paroles du Seigneur sont éprouvées par le feu ; il est le protecteur de tous ceux qui espèrent en lui.

32. Car qui est Dieu, excepté le Seigneur, ou qui est Dieu, excepté notre Dieu ?

33. Le Dieu qui m'a ceint de la force, et qui a fait ma voie sans tache.

34. Qui a disposé mes pieds comme les pieds des cerfs, et m'a établi sur les lieux élevés :

35. Qui a instruit mes mains au combat ; et vous avez rendu mes bras comme un arc d'airain.

36. Et vous m'avez donné la protection de votre salut ; et votre droite m'a soutenu ;
Et votre discipline m'a corrigé jusqu'à la fin, et votre discipline elle-même m'instruira encore.

37. Vous avez agrandi mes pas sous moi, et mes pieds n'ont pas été affaiblis.

38. Je poursuivrai mes ennemis, et je les attendrai, et je ne reviendrai point jusqu'à ce qu'ils soient entièrement défaits.

39. Je les briserai, et ils ne pourront se soutenir ; ils tomberont sous mes pieds.

40. Et vous m'avez ceint de force pour la guerre ; et ceux qui s'insurgeaient contre moi, vous les avez renversés sous moi.

41. Et vous m'avez livré mes ennemis par-derrière ; et ceux qui me haïssaient vous les avez exterminés.

42. Ils ont crié, et il n'y avait personne qui les sauvât ; ils ont crié vers le Seigneur, et il ne les a pas exaucés.

43. Et je les broierai comme de la poussière à la face du vent ; et je les ferai disparaître comme la boue des rues.

44. Vous me délivrerez des contradictions du peuple, et vous m'établirez chef de nations.

45. Un peuple que je ne connaissais pas m'a servi ; en écoutant de ses oreilles, il m'a obéi.

46. Des fils étrangers m'ont menti, des fils étrangers ont vieilli, et ils ont chancelé en sortant de leurs voies.

47. Le Seigneur vit! et béni mon Dieu ! et que le Dieu de mon salut soit exalté !

48. Vous, le Dieu qui me donnez des vengeances et qui me soumettez des peuples, qui me délivrez de mes ennemis furieux.

49. Et vous m'élèverez au-dessus de ceux qui s'insurgent ; vous m'arracherez à l'homme inique.

50. À cause de cela, je vous confesserai parmi les nations, Seigneur, et je dirai un psaume à la gloire de votre nom,

51. Qui exalte les victoires de son roi, et qui fait miséricorde à son christ, David, et à sa postérité pour toujours.


PSAUME XVIII

(Hébr., XIX)


David admire la puissance, la sagesse et la bonté de Dieu manifestées aux hommes par ses ouvrages exposés à leurs yeux, par la loi donnée aux Juifs et par le Rédempteur envoyé au monde.

1. Pour la fin, psaume de David.

2. Les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce les œuvres de ses mains.

3. Le jour en fait le récit au jour, et la nuit en donne connaissance à la nuit.

4. Ce ne sont point des paroles, ni des discours, dont on n'entende point les voix.

5. Leur bruit s'est répandu dans toute la terre, et leurs paroles jusques aux confins du globe de la terre.

6. Il a placé sa tente dans le soleil ; et cet astre, comme un époux qui sort de son lit nuptial,
S'est élancé comme un géant pour parcourir sa carrière :

7. À l'extrémité du ciel est sa sortie ;
Et le terme de sa course à l'autre extrémité ; et il n'y a personne qui se cache à sa chaleur.

8. La loi du Seigneur est sans tache, elle convertit les âmes ; le témoignage du Seigneur est fidèle ; il donne la sagesse aux plus petits.

9. Les justices du Seigneur sont droites, elles réjouissent les cœurs ; le précepte du Seigneur est plein de lumière, il éclaire les yeux.

10. La crainte du Seigneur est sainte, elle subsiste dans les siècles des siècles ; les jugements du Seigneur sont vrais, ils se justifient par eux-mêmes.

11. Ils sont désirables au-dessus de l'or et de nombreuses pierres de prix, et plus doux que le miel et un rayon de miel.

12. Aussi votre serviteur les garde, et en les gardant, il trouve une grande récompense.

13. Qui comprend ses fautes ? Purifiez-moi des miennes qui sont cachées en moi :

14. Et préservez votre serviteur de la corruption des étrangers.
S'ils ne me dominent point, je serai alors sans tache, et purifié d'un très grand péché.

15. Alors les paroles de ma bouche pourront vous plaire aussi bien que la méditation de mon cœur que je ferai toujours en votre présence.
Seigneur, mon aide et mon rédempteur.


PSAUME XIX

(Hébr., XX)


Prière que David met dans la bouche de son peuple pour demander à Dieu l'heureux succès de ses armes.

1. Pour la fin, psaume de David.

2. Que le Seigneur vous exauce au jour de la tribulation ; que le nom du Dieu de Jacob vous protège.

3. Qu'il vous envoie du secours du lieu, saint ; et que de Sion il vous défende.

4. Qu'il se souvienne de tous vos sacrifices, et que votre holocauste lui soit agréable.

5. Qu'il vous rende selon votre cœur, et qu'il confirme tous vos desseins.

6. Nous nous réjouirons de votre salut ; et dans le nom de notre Dieu nous nous glorifierons.

7. Que le Seigneur accomplisse toutes vos demandes ; maintenant j'ai reconnu que le Seigneur a
sauvé son Christ.
Il l'exaucera du ciel, son sanctuaire : le salut de sa droite est puissant.

8. Ceux-ci se confient dans des chariots, et ceux-là dans des chevaux ; mais nous, c'est le nom du Seigneur que nous invoquerons.

9. Ils ont été pris dans des lacs, et ils sont tombés ; mais nous, nous nous sommes relevés et nous sommes restés debout.

10. Seigneur, sauvez le roi, et exaucez-nous au jour où nous vous invoquerons.


PSAUME XX

(Hébr., XXI)


Ce psaume est une suite du précédent. Dans celui-là David demandait à Dieu la victoire sur ses ennemis. Dans celui-ci il le remercie de la lui avoir accordée. Il convient parfaitement à Jésus-Christ triomphant du démon et demandant la même grâce pour ses membres.


1. Pour la fin, psaume de David.

2. Seigneur, dans votre force le roi se réjouira, et à cause de votre salut, il tressaillira de la plus vive allégresse.

3. Vous lui avez accordé le désir de son cœur ; et vous n'avez pas trompé le vœu de ses lèvres ;

4. Puisque vous l'avez prévenu des bénédictions les plus douces ; vous avez mis sur sa tête une couronne de pierres précieuses.

5. Il vous a demandé la vie ; et vous lui avez accordé une longueur de jours jusqu'à un siècle, et jusqu'à un siècle de siècles.

6. Grande est sa gloire par votre salut ; vous l'avez couvert de gloire et de beauté.

7. Car vous en ferez un objet de bénédiction pour les siècles des siècles : vous le remplirez de joie par la vue de votre visage.

8. Parce que le roi espère dans le Seigneur et dans la miséricorde du Très-Haut, il sera inébranlable.

9. Que votre main se trouve sur tous vos ennemis ; que votre droite trouve tous ceux qui vous haïssent.

10. Vous les rendrez comme une fournaise ardente, au temps de votre visage : le Seigneur dans sa colère les jettera dans le trouble, et un feu les dévorera.

11. Vous ferez disparaître son fruit de la terre, et sa semence d'entre les fils des hommes.

12. Parce qu'ils ont voulu faire tomber des maux sur vous ; ils ont conçu des desseins qu'ils n'ont pu exécuter.

13. Parce que vous leur ferez tourner le dos : quant à ceux que vous laisserez survivre, vous disposerez leur visage à recevoir vos traits.

14. Élevez-vous, Seigneur, dans votre force, nous chanterons et nous célébrerons par des hymnes les merveilles de votre puissance.



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mercredi 1 avril 2020

PSAUMES 1 à 10, La Sainte Bible selon la Vulgate, Traduction par l'abbé J.-B. Glaire





PSAUME PREMIER


Ce Psaume contient comme un précis de toute la doctrine du psautier et un abrégé de toute la morale. Le psalmiste y représente que le bonheur de l'homme en cette vie consiste à s'éloigner des maximes et des mœurs des impies, et à s'attacher constamment à la loi de Dieu.

1. Heureux l'homme qui n'est pas allé au conseil des impies, qui ne s'est pas arrêté dans la voie des pécheurs, qui ne s'est pas assis dans la chaire de pestilence ;

2. Mais dont la volonté est dans la loi du Seigneur, et qui médite cette loi le jour et la nuit.

3. Il sera comme l'arbre planté près des courants des eaux, qui donnera son fruit en son temps ; Et sa feuille ne tombera point ; et tout ce qu'il fera prospérera.

4. Il n'en est pas ainsi des impies ; non, il n'en est pas ainsi, mais ils sont comme la poussière que le vent emporte de la face de la terre.

5. C'est pourquoi les impies ne ressusciteront pas au jugement, ni les pécheurs dans l'assemblée des justes.

6. Parce que le Seigneur connaît la voie des justes, et la voie des impies périra.




PSAUME II


En vain les rois et les peuples de la terre s'opposent à l'établissement du règne de Jésus-Christ. David les exhorte à se soumettre à lui.


1. Pourquoi les nations ont-elles frémi, elles peuples médité des choses vaines ?

2. Les rois de la terre se sont levés, elles princes se sont ligués contre le Seigneur et contre son Christ.

3. Rompons leurs liens, ont-ils dit, et rejetons loin de nous leur joug.

4. Celui qui habite dans les cieux se rira d'eux, et le Seigneur se moquera d'eux.

5. Alors il leur parlera dans sa colère, et dans sa fureur il les confondra.

6. Pour moi, j'ai été établi roi par lui sur Sion, sa montagne sainte, annonçant ses préceptes.

7. Le Seigneur m'a dit : Vous êtes mon Fils, c'est moi qui aujourd'hui vous ai engendré.

8. Demandez-moi, et je vous donnerai les nations en héritage, et en possession les extrémités de la terre.

9. Vous les gouvernerez avec une verge de fer, et vous les briserez comme un vase de potier.

10. Et maintenant, ô rois, comprenez ; instruisez-vous, vous qui jugez la terre.

11. Servez le Seigneur dans la crainte, et réjouissez-vous en lui avec tremblement.

12. Embrassez la doctrine, de peur que quelque jour le Seigneur ne s'irrite, et que vous ne périssiez hors de la voie de la justice.

13. Lorsque sa colère s'enflammera en un instant, heureux tous ceux qui se confient en lui.




PSAUME III


David se soutient contre la crainte qu'on veut lui donner de ses ennemis, par le souvenir des secours qu'il a reçus de Dieu, et par l'espérance qu'il a d'en recevoir de nouveaux de sa bonté.


1. Psaume de David, lorsqu'il fuyait devant Absalom son fils.

2. Seigneur, pourquoi se sont-ils multipliés, ceux qui me persécutent ? Ils sont bien nombreux, ceux qui s'élèvent contre moi.

3. Beaucoup disent à mon âme : Il n'y a point de salut pour elle en son Dieu.

4. Mais vous, Seigneur, vous êtes mon soutien, ma gloire, et vous élevez ma tête.

5. De ma voix, j'ai crié vers le Seigneur, et il m'a exaucé de sa montagne sainte.

6. Pour moi, je me suis endormi, j'ai sommeillé ; et je me suis levé, parce que le Seigneur m'a pris sous sa protection.

7. Je ne craindrai point les milliers d'hommes du peuple qui m'environne : levez-vous. Seigneur, sauvez-moi, mon Dieu.

8. Parce que c'est vous qui avez frappé tous ceux qui me combattaient sans raison ; vous avez brisé les dents des pécheurs.

9. Au Seigneur appartient le salut ; et c'est sur votre peuple que se répand votre bénédiction.




PSAUME IV


David, plein de reconnaissance de ce que Dieu a écouté sa prière, l'invoque de nouveau. Il exhorte ses ennemis à ne pas mettre leur confiance dans les biens de ce monde, mais à ne chercher, comme lui, leur repos qu'en Dieu seul.


1. Pour la fin, dans les cantiques, psaume de David.

2. Lorsque je l'invoquais, il m'a exaucé, le Dieu de ma justice ; dans la tribulation, vous m'avez mis au large. Ayez pitié de moi, et exaucez ma prière.

3. Fils des hommes, jusqu'à quand aurez-vous le cœur appesanti ? pourquoi aimez-vous la vanité, et cherchez-vous le mensonge ?

4. Sachez donc que le Seigneur a glorifié son saint : le Seigneur m'exaucera, lorsque je crierai vers lui.

5. Irritez-vous et ne péchez pas ; et ce que vous dites en vos cœurs, repassez-le sur vos lits avec componction.

6. Offrez un sacrifice de justice, et espérez dans le Seigneur. Beaucoup disent : Qui nous montrera les biens qu'on nous promet ?

7. La lumière de votre visage a été marquée sur nous, Seigneur ; vous avez donné la joie à mon cœur.

8. Ils ont eu en abondance le fruit de leur froment, de leur vin et de leur huile.

9. Dans la paix je m'endormirai et je reposerai tout à la fois,

10. Parce que vous, Seigneur, vous seul m'avez établi dans l'espérance.




PSAUME V


Belle prière du psalmiste. Il y représente ce que les méchants doivent craindre de la justice de Dieu, et ce que les justes doivent attendre de sa bonté.


1. Pour la fin, pour celle qui obtient l'héritage, psaume de David.

2. Prêtez l'oreille à mes paroles, Seigneur, entendez mon cri.

3. Soyez attentif à la voix de ma prière, mon roi et mon Dieu.

4. Parce que c'est vous que je prierai ; Seigneur, dès le matin vous entendrez ma voix.

5. Dès le matin je me présenterai devant vous, et je verrai que vous n'êtes pas un Dieu qui veut l'iniquité.

6. Le méchant n'habitera pas près de vous ; et les hommes injustes ne subsisteront pas devant vos yeux.

7. Vous haïssez tous ceux qui opèrent l'iniquité ; vous perdrez tous ceux qui profèrent le mensonge. Le Seigneur aura en abomination un homme de sang et un fourbe.

8. Mais moi, grâce à la multitude de vos miséricordes, j'entrerai dans votre maison ; j'adorerai en approchant de votre saint temple, pénétré de votre crainte.

9. Seigneur, conduisez-moi dans votre justice ; à cause de mes ennemis dirigez ma voie en votre présence.

10. Parce que la vérité n'est pas dans leur bouche : leur cœur est vain.

11. C'est un sépulcre ouvert que leur gosier ; avec leurs langues ils agissaient astucieusement : jugez-les, ô Dieu.

Qu'ils soient déçus de leurs pensées ; à cause de la multitude de leurs impiétés, chassez-les, parce qu'ils vous ont irrité, Seigneur.

12. Mais qu'ils se réjouissent, tous ceux qui espèrent en vous ; éternellement ils tressailliront d'allégresse, et vous habiterez en eux.
Et ils se glorifieront en vous, tous ceux qui aiment votre nom ;

13. Parce que vous, vous bénirez le juste.
Seigneur, vous nous avez couronnés de votre bonne volonté comme d'un bouclier.




PSAUME VI


David, pénétré de douleur de ses péchés et accablé des maux qui en étaient la peine, implore la miséricorde de Dieu. Il est si sûr d'être exaucé, qu'il reproche à ses ennemis d'avoir eu vain espéré sa perte.


1. Pour la fin, dans les cantiques, psaume de David, pour l'octave.

2. Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur, et ne me châtiez pas dans votre colère.

3. Ayez pitié de moi, Seigneur, parce que je suis infirme ; guérissez-moi, Seigneur, parce que mes os sont ébranlés.

4. Et mon âme est troublée à l'excès ; mais vous, Seigneur, jusqu'à quand ?...

5. Revenez, Seigneur, et délivrez mon âme ; sauvez-moi à cause de votre miséricorde.

6. Parce que nul dans la mort ne se souvient de vous : et dans l'enfer qui vous glorifiera ?

7. Je me suis fatigué dans mon gémissement ; je laverai chaque nuit mon lit de mes pleurs ; j'arroserai ma couche de mes larmes.

8. Mon œil a été troublé par l'indignation ; j'ai vieilli au milieu de tous mes ennemis.

9. Retirez-vous de moi, vous tous qui opérez l'iniquité ; parce que le Seigneur a exaucé la voix de mon pleur.

10. Le Seigneur a exaucé ma supplication, le Seigneur a accueilli ma prière.

11. Qu'ils rougissent et qu'ils soient remplis de trouble, tous mes ennemis ; qu'ils s'en retournent très promptement et qu'ils rougissent.




PSAUME VII


David, persécuté par Saul, invoque le secours du Seigneur. Il le prend à témoin de son innocence, et il prédit que le mal que son ennemi veut lui faire retombera sur lui.


1. Psaume de David qu'il chanta au Seigneur, à cause des paroles de Chus, fils de Jémini.

2. Seigneur, mon Dieu, c'est en vous que j'ai espéré ; sauvez-moi de tous ceux qui me persécutent et délivrez-moi.

3. De peur qu'enfin, comme un lion, il ne ravisse mon âme, tandis qu'il n'y a personne qui me délivre et me sauve.

4. Seigneur mon Dieu, si j'ai fait cela, si l'iniquité est dans mes mains ;

5. Si j'ai rendu le mal à ceux qui m'en avaient fait, que je tombe devant mes ennemis sans défense ; je l'ai mérité.

6. Que l'ennemi poursuive mon âme, qu'il la saisisse, et qu'il foule ma vie contre la terre, et qu'il ensevelisse ma gloire dans la poussière.

7. Levez-vous, Seigneur, dans votre colère, et paraissez dans votre grandeur au milieu de mes ennemis.
Levez-vous, Seigneur mon Dieu, selon le précepte que vous avez établi.

8. Et l'assemblée des peuples vous environnera.
Et à cause d'elle retournez en haut.

9. Le Seigneur juge les peuples.
Jugez-moi, Seigneur, selon ma justice, et selon l'innocence qui est en moi.

10. La méchanceté des pécheurs sera anéantie, et vous dirigerez le juste, ô Dieu qui sondez les cœurs et les reins.

11. Un juste secours me viendra du Seigneur, qui sauve les hommes droits de cœur.

12. Dieu est un juge équitable, fort et patient ; est-ce qu'il s'irrite tous les jours ?

13. Si vous ne vous convertissez, il fera vibrer son glaive ; il a tendu son arc, et il l'a préparé.

14. Il y a adapté des instruments de mort, il a préparé ses flèches contre les ardents persécuteurs.

15. Voilà qu'il a enfanté l'injustice : il a conçu la douleur et a mis au monde l'iniquité.

16. Il a ouvert un abîme, et il l'a creusé ; et il est tombé dans la fosse qu'il avait faite.

17. La douleur qu'il voulait me causer retournera sur sa tête ; et son iniquité descendra sur lui.

18. Je louerai le Seigneur selon sa justice ; je chanterai le nom du Dieu très-haut.




PSAUME VIII


Le psalmiste admire la grandeur de Dieu peinte dans ses ouvrages, et l'excès de sa bonté dans le soin qu'il prend de l'homme et dans la puissance qu'il lui a donnée sur toutes les créatures. Ce psaume regarde particulièrement Jésus-Christ.


1. Pour la fin, pour les pressoirs, psaume de David.

2. Seigneur, notre Seigneur, que votre nom est admirable dans toute la terre !
Puisque votre magnificence est élevée au-dessus des cieux.

3. De la bouche des enfants et de ceux qui sont à lu mamelle, vous avez tiré une louange parfaite pour anéantir l'ennemi et son vengeur.

4. Je considérerai vos cieux, les œuvres de vos doigts ; la lune et les étoiles que vous avez affermies.

5. Qu'est-ce qu'un homme, pour que vous vous souveniez de lui, et le fils d'un homme, pour que vous le visitiez ?

6. Vous l'avez abaissé un peu au-dessous des anges, vous l'avez couronné de gloire et d'honneur,

7. Et vous l'avez établi sur les œuvres de vos mains.

8. Vous avez mis toutes choses sous ses pieds, brebis et bœufs, et de plus les animaux des champs ;

9. Les oiseaux du ciel, et les poissons de la mer qui parcourent les sentiers de la mer.

10. Seigneur notre Seigneur, que votre nom est admirable dans toute la terre!




PSAUME IX


David loue le Seigneur de l'avoir rendu victorieux de ses ennemis, il assure que Dieu protégera de même tous ceux qui auront recours à lui.


1. Pour la fin, pour les mystères du Fils, psaume de David.

2. Je vous louerai, Seigneur, en tout mon cœur ; je raconterai toutes vos merveilles.

3. Je me réjouirai et je tressaillirai d'allégresse en vous ; je chanterai votre nom, ô Très-Haut.

4. Quand vous aurez mis mon ennemi en fuite, ils seront sans force, et ils périront devant votre face.

5. Puisque vous m'avez fait justice et pris en main ma cause : vous vous êtes assis sur votre trône, vous qui jugez selon la justice.

6. Vous avez gourmandé les nations, et l'impie a péri ; vous avez effacé leur nom pour l'éternité, et pour les siècles des siècles.

7. Les armes de l'ennemi ont perdu leur force pour toujours, et vous avez détruit leurs villes. Leur mémoire a péri avec bruit :

8. Elle Seigneur demeure éternellement. Il a préparé son trône pour le jugement :

9. Et lui-même jugera le globe de la terre avec équité, il jugera les peuples avec justice.

10. Et le Seigneur s'est fait le refuge du pauvre, son aide au temps du besoin, dans la tribulation.

11. Qu'ils espèrent donc en vous ceux qui connaissent votre nom, puisque vous n'avez pas délaissé ceux qui vous cherchent, Seigneur.

12. Chantez le Seigneur, qui habite dans Sion ; annoncez ses desseins parmi les nations.

13. Puisqu'il s'est souvenu d'eux, en demandant compte du sang, et qu'il n'a pas oublié le cri du pauvre.

14. Ayez pitié de moi. Seigneur, voyez l'abaissement où m'ont réduit mes ennemis.

15. Vous qui me relevez des portes de la mort, afin que je publie toutes vos louanges aux portes de la fille de Sion.

16. Je tressaillirai de joie dans votre salut. Les nations ont été englouties dans le gouffre qu'elles avaient préparé ;
Leur pied a été pris dans le même lacet qu'elles avaient caché.

17. Ainsi on reconnaîtra que le Seigneur rend justice ; le pécheur a été pris dans les œuvres de ses mains.

18. Que de même les pécheurs soient précipités dans l'enfer, et toutes les nations qui oublient Dieu.

19. Car le pauvre ne sera pas pour toujours en oubli ; la patience des pauvres ne sera pas toujours vaine.

20. Levez-vous, Seigneur, que l'homme ne se fortifie point : que les nations soient jugées en votre présence.

21. Établissez, Seigneur, un législateur sur eux, afin que les peuples sachent qu'ils ne sont que des hommes.



PSAUME X

(selon les hébreux)


1. Pourquoi, Seigneur, vous êtes-vous retiré au loin, et avez-vous détourné de moi vos regards au temps du besoin, dans la tribulation ?

2. Pendant que l'impie s'enorgueillit, le pauvre est persécuté avec ardeur ; ils sont pris dans les projets qu'ils forment.

3. Parce que le pécheur est loué dans les désirs de son âme, et que le méchant est béni.

4. Le pécheur a irrité le Seigneur ; il ne se mettra pas en peine de la grandeur de sa colère.

5. Dieu n'est point devant ses yeux ; ses voies sont souillées en tout temps.
Vos jugements sont ôtés de devant sa vue ; il dominera tous ses ennemis.

6. Car il a dit dans son cœur : Je ne serai point ébranlé ; de génération en génération je serai sans aucun mal.

7. Sa bouche est pleine de malédiction, d'amertume et de fraude : sous sa langue sont le travail et la douleur.

8. Il est assis en embuscade avec les riches, dans des lieux cachés, afin de tuer l'innocent.

9. Ses yeux observent le pauvre : il lui dresse des embûches dans le secret, comme un bon dans sa caverne. Il dresse des embûches pour prendre le pauvre ; pour prendre le pauvre, tandis qu'il l'attire.

10. Quand il l'aura dans son filet, il le renversera, il s'inclinera, et tombera, lorsqu'il se sera rendu maître des pauvres.

11. Car il a dit dans son cœur : Dieu a perdu le souvenir, il a détourné sa face pour ne rien voir à jamais.

12. Levez-vous, Seigneur Dieu, que votre main s'élève : n'oubliez pas les pauvres.

13. Pourquoi l'impie a-t-il irrité Dieu ? C'est qu'il a dit dans son cœur : Il n'en recherchera pas la vengeance.

14. Vous le voyez; car vous considérez le travail et la douleur, afin de livrer les oppresseurs entre vos mains.
Le pauvre vous est abandonné ; c'est vous qui serez le protecteur de l'orphelin.

15. Brisez le bras du pécheur et du méchant; l'on cherchera son péché, et on ne le trouvera pas.

16. Le Seigneur régnera éternellement et dans les siècles des siècles : nations, vous serez exterminées de la terre.

17. Le Seigneur a exaucé le désir des pauvres : votre oreille a entendu la préparation de leur cœur :

18. Afin de rendre justice à l'orphelin et au faible, afin que l'homme cesse de s'élever d'orgueil sur la terre.



PSAUME X

(Hébr., XI)


David se fortifie contre la crainte qu'on voulait lui donner de ses ennemis, par la vue de la justice de Dieu, et de son attention à punir les impies et à protéger les innocents.

1. Pour la fin, psaume de David.

2. Je me confie dans le Seigneur : comment dites-vous à mon âme : Émigré sur la montagne comme un passereau?

3. Parce que voilà que les pécheurs ont tendu un arc ; ils ont préparé leurs flèches dans un carquois, pour percer dans les ténèbres les hommes droits de cœur.

4. Parce que, ce que vous avez établi, ils l'ont détruit ; mais le juste, qu'a-t-il fait ?

5. Le Seigneur est dans son saint temple; le Seigneur, son trône est dans le ciel.
Ses yeux observent le pauvre : ses paupières interrogent les enfants des hommes.

6. Le Seigneur interroge le juste et l'impie; mais celui qui aime l'iniquité hait son âme.

7. Il fera pleuvoir sur les pécheurs des pièges ; le feu, le soufre et le vent des tempêtes sont la part de leur calice.

8. Car le Seigneur est juste et il aime la justice : son visage a vu l'équité.


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samedi 2 novembre 2019

L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !



Extrait de "Le Cimetière au XIXe siècle" de Mgr Gaume :





Mon cher Frédéric,

Dieu peut nous ressusciter, nous l’avons vu et bien vu. Il veut nous ressusciter, nous allons le voir. Sa Vérité le veut, sa Sagesse le veut, sa Justice le veut, sa bonté le veut.
Sa vérité. Dieu a écrit deux grands livres : l’Univers et la Bible. Dans l’un et l’autre, nous lisons la volonté absolue et immuable de Dieu, de ressusciter tout le genre humain. Je veux dire de rappeler de leur sommeil toutes les générations endormies, depuis le commencement du monde, dans les vastes dortoirs, appelés cimetières. Le premier de ces livres divins est le monde matériel que nous habitons, que nous voyons de nos yeux et que nous touchons de nos mains.
Je dis le premier, parce qu’il a précédé la Bible. « Vous nous demandez, dit saint Chrysostome, comment, avant qu’il y eût des livres. Dieu enseignait aux hommes à le connaître ? Comment ? de la même manière que nous nous y sommes pris nous-mêmes pour vous amener à la connaissance de cet être souverain. Nous vous avons promenés sur le théâtre entier de l’univers. Nous vous avons montré le ciel, la terre, la mer, les campagnes, les vergers, les richesses variées de la nature. Nous sommes remontés jusqu’aux éléments des productions diverses ; et tous ensemble, unissant nos voix à l’aspect de tant de merveilles, étalées à nos yeux, nous nous sommes écriés dans le transport de l’admiration : Que vos ouvrages sont grands, ô Seigneur ! Que vos desseins sont profonds ! (Homil. I, in Gen.)
Nous verrons bientôt que dans ce grand livre sont gravés en caractères de feu et intelligibles à tous, non-seulement la puissance, la sagesse et la bonté du Créateur ; mais de plus, ce qui en est l’inévitable conséquence, le dogme de la résurrection future.
« Vous me demandez encore, continue l’illustre patriarche, pourquoi la Bible, étant si utile, Dieu ne l’a pas donnée au monde dès le commencement ? c’est que Dieu voulait instruire les hommes par les choses, c’est-à-dire par les créatures et non par les livres. Si Dieu eût commencé à nous instruire au moyen des livres et des caractères, intelligibles pour le savant, ils auraient été sans aucune utilité pour l’ignorant. Le riche en aurait pu faire l’acquisition : le pauvre non. Il eût fallu, pour les entendre, connaître la langue dans laquelle ils auraient été écrits. Ils eussent été perdus pour le Scythe, le Barbare, l'Indien, l'Égyptien, pour tout homme, en un mot, à qui cette langue eut été étrangère.
« Il n’en est pas ainsi du grand spectacle de l’univers. Tous les peuples du monde entendent sou langage. Ce livre est ouvert indistinctement au savant, comme à l’ignorant ; au pauvre, comme au riche. Aussi le prophète ne dit pas que les cieux témoignent, mais qu’ils racontent la gloire de Dieu : prédicateurs qui ont pour auditoire le genre humain tout entier, et pour livre le magnifique spectacle qu’ils développent (Homil. I, in Gen.). »
Comment l’univers prêche-t-il la résurrection future. Telle est, mon cher Frédéric, la question qui est sur tes lèvres et à laquelle j’ai hâte de répondre. D’après les paroles que nous venons d’entendre, et d’après le témoigne plus explicite encore de l’apôtre saint Paul, nous savons que Dieu n’a créé le monde que pour manifester sa gloire, et que cet univers matériel est un miroir, placé devant nous, dans lequel se réfléchissent les réalités du inonde spirituel, invisibles à nos yeux (Rom. I, 20).
Partant de ce principe tu vas comprendre, comme l’ont compris les Pères de l’Église, que le spectacle de l’univers est le prédicateur incessant de la résurrection future. Écoutons d’abord Tertullien.
« Promenez vos regards sur le monde, et vous verrez briller à vos yeux la preuve de la puissance divine, et les images frappantes de la résurrection future. Le jour meurt dans la nuit, qui l’enveloppe comme d’un linceul, dans d’épaisses ténèbres. Tout l’éclat du monde disparaît ; tout devient noir ; le silence et la stupeur sont partout, c’est ainsi que la nature pleure la perte de la lumière.
« Mais bientôt, la lumière reparaît avec le soleil, toujours la même et sans avoir rien perdu de ses charmes ni de son intégrité. Elle ressuscite pour le monde entier, tuant la nuit, sa mort, et déchirant le ténébreux linceul dont elle l’avait enveloppée. Elle reparaît héritière d’elle-même, jusqu’à ce que la nuit remonte sur son trône. Alors les astres se rallument, et les étoiles absentes reparaissent au firmament. Il en est de même des saisons.
Le printemps, l’été, l’automne, l’hiver se succèdent avec leurs vertus, leurs habitudes et leurs fruits...
« L’hiver imprime aux arbres, aux plantes, à toute la nature, l’apparence de la mort, mais ils ressuscitent au printemps. Le grain est jeté dans le sein de la terre, et transformé dans le sein de cette mère féconde, il se relève, et ne se relève qu’après avoir été consumé.
Notre vie elle-même, n’est-elle pas une suite continuelle de morts et de renaissances ? Qu’est-ce que l’homme qui s’endort, sinon l’image de l’homme qui meurt ? et qu’est-ce que l’homme qui se réveille, sinon l’image de l’homme qui ressuscite ? Ainsi, toute la nature meurt et ressuscite sans cesse. Tout commence après avoir fini, et ne meurt que pour renaître et renaître en gloire.
« Cette vicissitude éternelle des créatures, sans cesse passant de la mort à la vie et de la vie à la mort, vous donne le témoignage palpable de la résurrection future du genre humain. Dieu en a empreint la vérité sur chacun de ses ouvrages, avant de la consigner dans les Écritures. Il l'a enseignée par les effets de sa puissance, avant de la proclamer par ses oracles.
Il a fait de la nature le premier livre qui nous prépare aux instructions de la foi, afin qu’après avoir pris leçon de la première, nous soyons plus disposés à écouter l’autre ; à conclure de ce que nous voyons sous nos yeux, en faveur de ce qui nous est annoncé ; à croire sans hésiter que le même Dieu nous ressuscitera, quand nous le voyons tout renouveler. Certes, si toutes les créatures ressuscitent pour l’homme, pour la chair, dis-je, en faveur de qui elles ont été faites, comment se ferait-il que la chair de l’homme périt tout entière, elle pour qui rien ne périt (Ibid., C. XII)) ? »
Voilà, mon cher Frédéric, ce qu’ont vu, et ce que voient encore, dans le grand spectacle de l’univers, tous les hommes qui ont des yeux pour voir et la faculté de lier deux idées. Seuls, les solidaires, anciens et modernes, ne savent épeler la première syllabe de ce grand livre : semblables, comme dit saint Paul, à l’âne, au bœuf et au mulet, ils ne voient que la surface des choses, sans en pénétrer le fond : Prout animalia muta norunt.
Pour confirmer les paroles de Tertullien et te montrer que, dans le miroir du monde visible, les plus grands génies ont vu se réfléchir le dogme de la résurrection, voici le témoignage de saint Augustin. « Tout le gouvernement de ce monde, dit l'illustre évêque d'Hippone, est le témoignage permanent de la résurrection future. À l'approche de l’hiver, nous voyons les arbres perdre leurs fruits et se dépouiller de leurs feuilles. Puis, au printemps, ils nous offrent l’image de la résurrection. Ils commencent d’abord par pousser des bourgeons ; puis, ils produisent des fleurs et se revêtent de feuilles, et enfin se chargent de fruits.
« Je vous demande, homme incrédule, qui doutez de la résurrection, où sont toutes ces choses, qui, au temps voulu, paraissent à vos yeux ? dites-moi où elles sont cachées. Personne ne les a jamais vues ; mais c’est Dieu dont la puissance les a tirées du néant, qui par une vertu mystérieuse les fait paraître au grand jour.
« Regardez encore les champs et les prairies. Après l’été, ils sont dépouillés de leurs herbes et de leurs fleurs ; toute la surface de la terre est nue. Mais au printemps, elle se r’habille de nouveau et les germes qui commencent à poindre font la joie du laboureur. Ainsi cette herbe, qui a vécu et qui meurt, ressort vivante de la semence. De môme notre corps sortira vivant de la poussière (De verbis apostoli. Ser. XXXIV). »
Au jugement de saint Augustin, tu vois que la résurrection est de tous les dogmes de notre foi, celui qui est le plus souvent annoncé, puisque l’univers entier en est le prédicateur infatigable : Tota hujus mundi administratio, testimonium est resurrectionis futuroe. Tous les autres pères de l'Église, tous les docteurs tiennent le même langage.
Citer leurs paroles serait me répéter sans profit, et je passe au second livre, dans lequel Dieu a écrit le dogme fondamental de la résurrection. Ici encore pour n’être pas long, je me contenterai de rapporter deux pages de nos Écritures, l’une de l’Ancien Testament et l’autre du Nouveau.
Il y a plus de trente siècles que le monde et le monde païen retentit de cette sublime profession de foi au dogme de la résurrection. Qui la fît entendre ? c'est Job, l’ami de Dieu, héritier fidèle des traditions primitives. Dans quelle circonstance ?
Du faite des grandeurs, ce prince, grand parmi les princes de l’Orient, était tombé, par la malice du démon, dans l'abîme de la misère. Couvert d’ulcères, assis sur un fumier, il voyait sa chair s’en aller en lambeaux, ses membres se déformer et lui-même mourir tout vivant : rien ne décourage sa foi.
« En vain, s’écrie-t-il, la vie m’échappe par tous les pores, ma confiance n’est point ébranlée. Je le sais, mon Rédempteur est vivant, et au dernier jour je me relèverai de terre. De nouveau je serai revêtu de ma peau, et dans ma propre chair je verrai mon Dieu. Je le verrai moi-même de mes propres yeux, moi et non pas un autre. Cette espérance repose dans mon sein, et les leviers de mon cercueil la descendront avec moi dans ma tombe (Job, XIV, 25, 26, 27). »
Merci, mon Dieu ! d’avoir dicté, il y a tant de siècles, cette profession de foi à laquelle il n’y a rien à ajouter.
Non moins explicite est celle que nous lisons dans le Nouveau Testament. « Nous ressusciterons tous, dit l’apôtre saint Paul, oui tous sans exception ; mais nous ne serons pas tous changés. Comme la création s’est faite d’un seul mot, la résurrection se fera en un clin d’œil (I. Cor., XV, 51, 50). » Ces paroles n’ont besoin ni d’explications ni de commentaires : et je passe.
Tu vois donc, mon cher ami, que les deux grands livres que Dieu a écrits de sa main pour notre instruction, l’Univers et la Bible, annoncent de la manière la plus certaine la volonté de Dieu de nous ressusciter un jour. Sous peine de se mentir à lui-même, Dieu accomplira le mystère. Il le peut et il le veut. Dans le fond de notre nature repose cette douce espérance : Reposita est hoec spes mea in sinu meo.

Tout à toi.


Reportez-vous à Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Du jugement et des peines des pécheurs, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, Méditation sur la Fête de tous les Saints : Vous devez être Saints, parce que moi-même je suis Saint, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sensEnseignement de l'Église sur le Purgatoire, Méditation pour le jour des morts, Litanies de la bonne mort, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.















lundi 9 septembre 2019

Divino afflante spiritu, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Pie XII, sur les Études bibliques






DIVINO AFFLANTE SPIRITU


LETTRE ENCYCLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE XII


SUR LES ÉTUDES BIBLIQUES


(30 septembre 1943)




À nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques, évêques et autres Ordinaires en paix et communion avec le Siège apostolique, ainsi qu'à tout le clergé et aux fidèles de l'univers catholique,


Vénérables Frères et chers Fils, Salut et Bénédiction Apostolique



1. Sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, les écrivains sacrés ont composé les livres que Dieu dans sa paternelle bonté a voulu donner au genre humain « pour enseigner, convaincre, corriger, former à la justice, en vue de rendre l'homme de Dieu parfait, apte à toute bonne œuvre » (II Tim. III, l6 sq.). Ce trésor, qui lui est venu du ciel, l'Église le tient comme la source la plus précieuse et une règle divine de la doctrine de la foi et des mœurs. Il n'est donc pas étonnant qu'elle l'ait gardé avec le plus grand soin tel qu'elle l'a reçu intact des mains des apôtres ; qu'elle l'ait défendu contre toute interprétation fausse et perverse ; qu'elle l'ait employé avec zèle dans sa tâche de procurer aux âmes le salut éternel, comme d'innombrables documents de toute époque l'attestent clairement.

2. Mais parce que, dans les temps modernes, la divine origine des Saintes Écritures et leur interprétation correcte ont été particulièrement mises en question, l'Église s'est appliquée à les défendre et à les protéger avec encore plus d'ardeur et de soin. Aussi le saint Concile de Trente, dans un décret solennel, a-t-il déjà déclaré, au sujet de la Bible, qu'on devait en reconnaître « comme sacrés et canoniques les livres entiers, avec toutes leurs parties, tels qu'on a coutume de les lire dans l'Église catholique et tels qu'ils sont contenus dans l'ancienne édition de la Vulgate latine » (Sessio IV décret. I ; Ench. Bibl. n. 45).

3. Puis, de notre temps, le Concile du Vatican, voulant réprouver de fausses doctrines sur l'inspiration, a déclaré que l'Église tient les Livres Saints pour sacrés et canoniques, « non parce que, œuvre de la seule industrie humaine, ils auraient été approuvés ensuite par son autorité, ni pour cette seule raison qu'ils contiendraient la vérité sans erreur, mais parce que, écrits sous l'inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur et ont été transmis comme tels à l'Église » (Sessio III cap. II, Ench. Bibl. n. 62).

4. Plus récemment cependant, en dépit de cette solennelle définition de la doctrine catholique, qui revendique pour ces « livres entiers, avec toutes leurs parties », une autorité divine les préservant de toute erreur, quelques écrivains catholiques n'ont pas craint de restreindre la vérité de l'Écriture Sainte aux seules matières de la foi et des mœurs, regardant le reste, au domaine de la physique ou de l'histoire, comme « choses dites en passant » et n'ayant — ainsi qu'ils le prétendirent — aucune connexion avec la foi. Mais Notre Prédécesseur Léon XIII, d'immortelle mémoire, dans son Encyclique Providentissimus Deus du 18 novembre 1893, a confondu à bon droit ces erreurs et réglé l'étude des Livres Divins par des instructions et des directives très sages.

5. Puisqu'il convient de célébrer le cinquantième anniversaire de la publication de cette Encyclique, considérée comme la loi fondamentale des études bibliques, après avoir affirmé dès le commencement de Notre Pontificat Notre intérêt pour les sciences sacrées (Sermo ad alumnos Seminariorum... in Urbe [24 juin 1939] ; Acta Ap. Sedis, XXXI [1939], p. 245-251), Nous avons jugé très opportun, d'une part, de rappeler et de confirmer ce que Notre Prédécesseur a établi dans sa sagesse et ce que ses Successeurs ont ajouté pour affermir et parfaire son œuvre ; d'autre part, d'indiquer ce que les temps présents semblent postuler, afin de stimuler de plus en plus à une entreprise aussi nécessaire et aussi louable tous les fils de l'Église qui s'adonnent à ces études.

6. Le premier et principal soin de Léon XIII fut d'exposer la doctrine de la vérité des Livres Saints et de la venger des attaques lancées contre elle. Il proclama donc avec insistance qu'il n'y a absolument aucune erreur quand l'hagiographe, traitant des choses de la nature, « a suivi ce qui apparaît aux sens », comme dit le Docteur angélique (cf. Ia, q. LXX, art. 1 ad 3), parlant « ou par une sorte de métaphore, ou comme le comportait le langage usité à cette époque ; il en est encore ainsi aujourd'hui, sur beaucoup de points, dans la vie quotidienne, même parmi les hommes les plus savants ». En effet, « les écrivains sacrés ou, plus véritablement — ce sont les paroles mêmes de saint Augustin (De Gen. ad litt. II, IX, 20 ; P. L., XXXIV, col. 270 s. ; C. S. E. L. XXVIII [Sectio III, pars II], p. 46), — l'Esprit de Dieu, qui parlait par leur bouche, n'a pas voulu enseigner aux hommes ces vérités concernant la constitution intime des objets visibles, parce qu'elles ne devaient leur servir de rien pour leur salut » (LEONIS XIII Acta, XIII, p. 355 ; Ench. Bibl. n. 106) ; principe qu'il « sera permis d'appliquer aux sciences du même genre et notamment à l'histoire », en réfutant « de la même manière les objections fallacieuses des adversaires » et en défendant « la vérité historique de l'Écriture Sainte contre leurs attaques » (cf. BENOÎT XV, Encyclique Spiritus Paraclitus, Acta Ap. Sedis, XII [1920], p. 396 ; Ench. Bibl. n. 471).

Il ne faut pas, en outre, imputer une erreur à l'auteur sacré « là où des copistes, en exécutant leur travail, ont laissé échapper quelque inexactitude », ou « lorsque le sens véritable de quelque passage demeure douteux ». Enfin, il serait absolument funeste « soit de limiter l'inspiration à quelques parties seulement de la Sainte Écriture, soit d'accorder que l'écrivain sacré lui-même s'est trompé », puisque l'inspiration divine « non seulement par elle-même exclut toute erreur, mais encore l'exclut et y répugne aussi nécessairement que nécessairement Dieu, souveraine vérité, ne peut être l'auteur d'aucune erreur. Telle est la foi antique et constante de l'Église » (LEONIS XIII Acta, XIII, p. 357 sq. ; Ench. Bibl. n. 109 sq.).

7. Cette doctrine, que Notre Prédécesseur Léon XIII a exposée avec tant de force, Nous la proposons aussi avec Notre autorité et Nous insistons pour qu'elle soit religieusement tenue par tous. Nous statuons aussi qu'on doit se conformer, aujourd'hui encore, avec la même application aux conseils et aux encouragements qu'il a donnés, pour son temps, avec une si grande sagesse. En effet, comme de nouvelles et graves difficultés et problèmes avaient surgi, soit en raison des préjugés du rationalisme, qui s'était insinué partout, soit surtout à la suite des fouilles et des explorations de monuments très anciens, effectuées en maintes régions de l'Orient, afin de rendre plus sûrement et plus abondamment accessible, pour l'utilité du troupeau du Seigneur, cette source insigne de la révélation catholique, et aussi afin de ne pas la laisser violer en aucun point, Notre Prédécesseur, poussé par la sollicitude de la charge apostolique, souhaita et voulut « que plusieurs entreprennent, comme il convient, la défense des Saintes Lettres et s'y attachent avec constance ; et que, surtout, ceux qui ont été appelés par la grâce de Dieu dans les Ordres sacrés mettent de jour en jour un plus grand soin et un plus grand zèle à lire, à méditer et à expliquer les Écritures, rien n'étant plus conforme à leur état » (cf. LEONIS XIII Acta, XIII, p. 328 ; Ench. Bibl. n. 67 sq.).

8. C'est pourquoi le même Pontife loua et approuva l'École pour les études bibliques, fondée à Jérusalem, au couvent de Saint-Étienne, par les soins du Maître général de l'Ordre sacré des Prêcheurs ; Ecole grâce à laquelle, disait-il, « la science biblique a reçu des avantages sérieux et dont elle en attend de plus grands encore » (Lettre apost. Hierosolymae in coenobio, 17 septembre 1892. LEONIS XIII Acta, XII, p. 239-241, v. p. 240). Puis, dans la dernière année de sa vie, il trouva un nouveau moyen pour rendre chaque jour plus parfaites ces études tant recommandées par son Encyclique Providentissimus Deus et pour les faire progresser le plus sûrement possible. En effet, par la Lettre apostolique Vigilantiae du 30 octobre 1902, il institua un Conseil ou Commission, composé d'hommes compétents, « dont la fonction devait être de diriger tous leurs soins et tous leurs efforts à ce que les divines Écritures trouvent partout, chez nos exégètes, cette interprétation plus critique que notre temps réclame, et qu'elles soient préservées non seulement de tout souffle d'erreur, mais encore de toute témérité d'opinions » (cf. LEONIS XIII Acta, XXII, p. 232 sq. ; Ench. Bibl. n. 130-141 ; v. n. 130, 132). Ce Conseil, Nous l'avons, Nous aussi, confirmé et accru, suivant l'exemple de Nos Prédécesseurs, usant de son ministère, comme il avait été fait plusieurs fois auparavant, pour rappeler aux interprètes des Livres Sacrés les saintes lois de l'exégèse catholique, que les saints Pères, les Docteurs de l'Église et les Souverains Pontifes eux-mêmes ont transmises. (Lettre de la Commission pontificale des études bibliques aux archevêques et évêques d'Italie, 20 août 1941 ; Acta Ap. Sedis, XXXIII [1941], p. 465-472.)

9. Ici il ne semble pas hors de propos de rappeler avec reconnaissance les contributions de Nos Prédécesseurs au même but, du moins les plus importantes et les plus utiles ; contributions que nous dirions volontiers les compléments ou les fruits de l'heureuse initiative de Léon XIII.

Tout d'abord Pie X, « voulant procurer un moyen certain de préparer en abondance des maîtres recommandables par la profondeur et l'intégrité de leur doctrine, qui se consacreraient dans les écoles catholiques à l'interprétation des Livres Saints..., institua les grades académiques de licencié et de docteur dans la science de l'Écriture Sainte... à conférer par la Commission biblique » (Lettre apost. Scripturae Sanctae, 23 février 1904 ; PII X Acta, 1, p. 176-179 ; Ench. Bibl. n. 142-150 ; v. n. 143-144). Il porta ensuite une loi « sur les règles qui doivent présider à l'enseignement de l'Écriture Sainte dans les Grands Séminaires », visant à ce que les séminaristes « non seulement eussent une pleine notion et compréhension de la portée, de la valeur et de la doctrine des Livres Saints, mais encore pussent, avec une science saine, se livrer au ministère de la parole sacrée et défendre... contre les attaques les livres écrits sous l'inspiration divine » (cf. Lettre apost. Quoniam in re biblica, 27 mars 1906 ; PII X Acta, III, p. 72-76 ; Ench. Bibl. n. 155-173 ; v. n. 155). Enfin Pie X voulut « qu'il y eut dans la ville de Rome un centre de hautes études relatives aux Livres Saints, afin de développer le plus efficacement possible, selon l'esprit de l'Église catholique, la science biblique et toutes les études annexes », Il fonda donc l'Institut Biblique Pontifical, à confier aux soins de l'illustre Compagnie de Jésus ; il statua qu'il serait « pourvu de cours supérieurs et de toutes les ressources de l'érudition biblique » et lui donna lui-même des lois et un règlement, affirmant qu'il voulait réaliser en cela « le projet salutaire et fécond » de Léon XIII. (Lettre apost. Vinea electa, 7 mai 1909 ; Acta Ap. Sedis, I [1909], p. 447-449 ; Ench. Bibl. n. 293-306 ; v. n. 296 et 294.)

10. Tout cela enfin fut achevé par Notre dernier Prédécesseur, Pie XI, d'heureuse mémoire, quand il décréta, entre autres, que nul ne serait admis « à professer l'enseignement des Saintes Écritures dans les Séminaires s'il n'avait pas obtenu légitimement, après avoir suivi des cours spéciaux de science scripturaire, les grades académiques devant la Commission ou l'Institut Biblique ». À ces grades il voulut que fussent reconnus les mêmes droits et les mêmes effets qu'aux grades dûment conférés en théologie et en droit canonique ; il établit en outre qu'à personne ne devrait être conféré « un bénéfice comportant canoniquement la charge d'expliquer au peuple la Sainte Écriture s'il ne possédait, en plus des autres qualités, la licence ou le doctorat en science biblique ».

11. Il invitait en même temps les Supérieurs généraux des Ordres religieux et des Congrégations religieuses, ainsi que les évêques du monde catholique, à envoyer les plus aptes parmi leurs sujets fréquenter les cours de l'Institut Biblique et y conquérir les grades académiques. De plus, il confirmait ses exhortations par l'exemple, en constituant généreusement, à cet effet, des revenus annuels. (Cf. Motu proprio Bibliorum scientiam. 27 avril 1924 ; Acta Ap. Sedis, XVI [1924], p. 180-182 ; Ench. Bibl. n. 518-525.)

12. Enfin, après que Pie X eut favorisé et approuvé en 1907 « la tâche confiée aux religieux Bénédictins de préparer, par leurs investigations et leurs études, les éléments nécessaires à une nouvelle édition de la traduction latine des Écritures, connue sous le nom de Vulgate » (Lettre au Rev.me D. Aidan Gasquet, 3 déc. 1907 ; PII X Acta, IV, p. 117-119 ; Ench. Bibl. n. 285 sq.), Pie XI, voulant établir sur des bases plus solides et plus sûres cette « entreprise laborieuse et ardue » qui exige beaucoup de temps et de grandes dépenses, et dont la très grande utilité était manifestée par les excellents volumes déjà parus, éleva depuis ses fondements le monastère romain de Saint-Jérôme et le dota largement d'une bibliothèque et de tous les autres moyens de travail. (Const. Apost. Inter praecipuas, 15 juin 1933 ; Acta Ap. Sedis, XXVI [1934], p. 85-87.)

13. Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence le soin avec lequel Nos Prédécesseurs, quand l'occasion s'en présentait, ont recommandé l'étude ou la prédication des Saintes Écritures, comme aussi leur pieuse lecture et leur méditation. Pie X, en effet, approuva chaleureusement la Société de Saint-Jérôme, qui s'applique à recommander aux fidèles la si louable coutume de lire et de méditer les saints Évangiles et à rendre, par tous les moyens, cette pratique plus facile. Il l'exhorta à persévérer avec ardeur dans cette entreprise en déclarant que « c'était là chose utile entre toutes, qui répondait très bien aux besoins du temps », puisque cela ne contribue pas peu à « dissiper ce préjugé selon lequel l'Église voit de mauvais œil et entrave la lecture de l'Écriture Sainte en langue vulgaire » (Lettre à l'Eme. card. Casseta, Qui piam, 21 janv. 1907 ; PII X Acta, IV, p. 23-25).

14. À l'occasion du XVe centenaire de la mort de saint Jérôme, le plus grand des Docteurs dans l'interprétation des Saintes Lettres, Benoît XV, après avoir très religieusement rappelé les instructions et les exemples du saint Docteur, ainsi que les principes et les règles donnés par Léon XIII et par lui-même, et après d'autres recommandations des plus opportunes dans cette matière, qui ne doivent jamais être oubliées, exhorta « tous les enfants de l'Église, et principalement les clercs, au respect en même temps qu'à la lecture pieuse et à la méditation assidue de la Sainte Écriture » ; il les engagea à « chercher dans ces pages la nourriture qui alimente la vie spirituelle et la fait avancer dans la voie de la perfection », rappelant que « l'Écriture sert principalement à sanctifier et féconder le ministère de la parole divine ». Enfin, Benoît XV loua de nouveau l'œuvre de la Société établie sous le nom de Saint-Jérôme, par le soin de laquelle les Évangiles et les Actes des Apôtres sont répandus aussi largement que possible, « de manière que ces livres aient désormais leur place dans chaque famille chrétienne et que chacun prenne l'habitude de les lire et méditer chaque jour » (Encyclique Spiritus Paraclitus, 15 sept. 1920 ; Acta Ap. Sedis, XII [1920], p. 385-422 ; Ench. Bibl. n. 457-508 ; v. n. 457, 495, 497, 491).

15. Mais ce n'est pas seulement grâce à ces entreprises, à ces préceptes, à ces encouragements de Nos Prédécesseurs, que la science des Saintes Écritures et leur usage ont notablement progressé parmi les catholiques, c'est aussi, il est juste et agréable de le reconnaître, grâce aux efforts et aux travaux de tous ceux qui les secondèrent par leur zèle, en méditant, en étudiant, en écrivant, comme aussi en enseignant et en prêchant, en traduisant ou en propageant les Livres Saints. Déjà, en effet, de très nombreux professeurs d'Écriture Sainte sont sortis des écoles de haut enseignement théologique et biblique, principalement de Notre Institut Biblique et il en sort chaque jour qui, animés d'un zèle ardent pour les Livres Saints, s'emploient à pénétrer le jeune clergé du même zèle généreux et se dévouent à lui communiquer la doctrine qu'ils ont reçue eux-mêmes. Nombre d'entre eux aussi, par leurs écrits, ont fait avancer et font avancer en différentes manières la science biblique, soit en publiant les textes sacrés selon la méthode critique, soit en les expliquant, en les illustrant, en les traduisant en langue vulgaire, soit en les proposant à la pieuse lecture et à la méditation des fidèles, soit enfin en cultivant et s'assimilant les sciences profanes utiles à l'interprétation de l'Écriture.

16. Ces travaux et d'autres initiatives encore qui, de jour en jour, se répandent plus largement et s'affermissent, comme, par exemple, les Sociétés, Congrès et Semaines bibliques, les bibliothèques et les Associations pour la méditation de l'Évangile, Nous font concevoir une ferme espérance que le respect, l'usage, la science des Saintes Lettres se développeront de plus en plus pour le bien des âmes. Il en sera ainsi, pourvu que tous observent avec une fermeté, une ardeur et une confiance toujours plus grandes la méthode des études bibliques prescrite par Léon XIII, développée et perfectionnée par ses Successeurs, confirmée et enrichie par Nous, seule méthode sûre et pleinement approuvée par l'expérience, sans se laisser décourager par les difficultés qui, ainsi qu'il arrive toujours dans la vie humaine, ne manqueront jamais à une œuvre aussi excellente.

17. Il n'y a personne qui ne soit à même de remarquer combien, au cours des cinquante dernières années, se sont modifiées les conditions des études bibliques et des disciplines auxiliaires. Ainsi, pour ne pas parler du reste, au temps où Notre Prédécesseur publiait son Encyclique Providentissimus Deus, c'est à peine si l'on avait commencé l'exploration de l'un ou de l'autre des sites de la Palestine au moyen de fouilles scientifiques. Maintenant les explorations de ce genre ont grandement augmenté en nombre, tandis qu'une méthode plus sévère et un art perfectionné par l'expérience nous fournissent des résultats plus nombreux et plus certains. Quelle lumière jaillit de ces recherches pour une intelligence plus exacte et plus pleine des Saints Livres, tous les spécialistes le savent, ainsi que tous ceux qui se livrent à ces études. L'importance de ces explorations est encore accrue par la fréquente découverte de monuments écrits, qui sont d'un grand secours pour la connaissance des langues, des littératures, des événements, des mœurs et des cultes les plus anciens. La découverte et l'étude des papyrus, aujourd'hui si développées, ne sont pas d'un moindre intérêt, car ils nous font mieux connaître la littérature ainsi que les institutions publiques et privées, surtout à l'époque de Notre Sauveur. En outre, d'anciens manuscrits des Livres Saints ont été découverts et publiés avec soin et sagacité ; l'exégèse des Pères de l'Église a été plus largement étudiée et plus profondément ; enfin la manière de raconter et d'écrire des anciens a été illustrée de nombreux exemples.

18. Toutes ces ressources, que notre âge a conquises, non sans un secret dessein de la Providence, invitent en quelque sorte les interprètes des Saintes Lettres et les engagent à user avec allégresse d'une si belle lumière pour scruter plus à fond les paroles divines, les commenter plus clairement, les exposer plus lumineusement. Que si, avec une suprême consolation, Nous voyons que ces mêmes exégètes ont déjà répondu avec empressement à cet appel et y répondent encore, ce n'est certes ni le dernier ni le moindre fruit de l'Encyclique Providentissimus Deus, par laquelle Notre Prédécesseur Léon XIII, comme pressentant cette floraison nouvelle de la science biblique, a invité au travail les exégètes catholiques et leur a tracé avec sagesse la voie et la méthode à suivre dans ce travail. Nous aussi, par la présente Encyclique, Nous désirons obtenir non seulement que ce travail soit continué avec persévérance et constance, mais qu'il devienne de jour en jour plus parfait et plus fécond, c'est pourquoi Nous Nous proposons de montrer à tous ce qui reste à faire et dans quelles dispositions l'exégète catholique doit s'adonner aujourd'hui à une tâche si importante et si sublime, voulant aussi donner aux ouvriers, qui travaillent avec zèle dans la vigne du Seigneur, de nouveaux stimulants et un nouvel élan.

19. À l'exégète catholique, qui se dispose au travail de comprendre et d'expliquer les Saintes Écritures, déjà les Pères de l'Église, et surtout saint Augustin, recommandaient avec force l'étude des langues anciennes et le recours aux textes originaux. (Cf. p. ex. S. JÉRÔME, Praef. in IV Evang. ad Damasum ; P. L., XXIX, col. 526-527 ; S. AUGUSTIN, De doctr. christ. II, 16 ; P. L., XXXIV, col. 42-43.) Cependant, à cette époque, les conditions des lettres étaient telles que rares étaient ceux qui connaissaient même imparfaitement la langue hébraïque. Au moyen âge, tandis que la théologie scolastique était à son apogée, la connaissance de la langue grecque elle-même était depuis longtemps si affaiblie en Occident que même les plus grands Docteurs de ce temps, pour commenter les Livres Divins, ne se servaient que de la version latine de la Vulgate. De nos jours, au contraire, non seulement la langue grecque, rappelée en quelque sorte à une vie nouvelle dès le temps de la Renaissance, est familière à presque tous ceux qui cultivent l'antiquité et les lettres, mais aussi la connaissance de la langue hébraïque et des autres langues orientales est largement répandue parmi les hommes cultivés. Il y a maintenant tant de facilités pour apprendre ces langues que l'interprète de la Bible qui, en les négligeant, s'interdirait l'accès aux textes originaux ne pourrait échapper au reproche de légèreté et de nonchalance.

20. Il appartient, en effet, à l'exégète de chercher à saisir religieusement et avec le plus grand soin les moindres détails sortis de la plume de l'hagiographe sous l'inspiration de l'Esprit Divin, afin d'en pénétrer plus profondément et plus pleinement la pensée. Qu'il travaille donc avec diligence à s'assurer une maîtrise chaque jour plus grande des langues bibliques et orientales, et qu'il étaye son exégèse avec toutes les ressources que fournissent les différentes branches de la philologie. C'est cette maîtrise que saint Jérôme s'efforçait anxieusement d'acquérir suivant l'état des connaissances de son temps ; c'est à elle qu'aspirèrent avec un zèle infatigable, et non sans un réel profit, plusieurs des meilleurs exégètes des XVIe et XVIIe siècles, bien que la science des langues fût alors très inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui. C'est en suivant la même méthode qu'il importe d'expliquer le texte primitif qui, écrit par l'auteur sacré lui-même, a plus d'autorité et plus de poids qu'aucune version, même la meilleure, ancienne ou moderne ; ce en quoi on réussira sans doute avec plus de facilité et de succès si l'on joint à la connaissance des langues une solide expérience de la critique textuelle.

21. Quelle importance il faut attribuer à une telle méthode critique, saint Augustin nous l'enseigne avec pertinence quand, parmi les préceptes à inculquer à qui étudie les Livres Saints, il met en première ligne le soin qu'il faut avoir de se procurer un texte correct. « La sagacité de ceux qui désirent connaître les Écritures Divines doit veiller en premier lieu à corriger les manuscrits — ainsi s'exprime l'illustre Docteur de l'Église, — afin que les manuscrits non corrigés cèdent le pas à ceux qui sont corrigés. » (De doctr. christ. II, 21 ; P. L., XXXIV, col. 46.) Cet art de la critique textuelle, qu'on emploie avec beaucoup de succès et de fruit dans l'édition des textes profanes, doit servir aujourd'hui, à plus forte raison en vérité, pour les Livres Saints, à cause du respect qui est dû à la parole divine. Le but de cet art est, en effet, de restituer le texte sacré, autant qu'il se peut, avec la plus grande perfection, en le purifiant des altérations dues aux insuffisances des copistes et en le délivrant, dans la mesure du possible, des gloses et des lacunes, des inversions de mots et des répétitions, ainsi que des fautes de tout genre qui ont coutume de se glisser dans tous les écrits transmis à travers plusieurs siècles.

22. D'aucuns, il est vrai, ont employé la critique, il y a quelques dizaines d'années, d'une façon tout arbitraire, et souvent de telle sorte qu'on aurait pu dire qu'ils agissaient ainsi afin d'introduire dans le texte sacré leurs opinions préconçues ; mais aujourd'hui, il est à peine besoin de le remarquer, la critique possède des lois si stables et si assurées qu'elle est devenue un instrument de choix pour éditer la parole divine avec plus de pureté et d'exactitude, tout abus pouvant être facilement dépisté. Il n'est pas nécessaire de rappeler ici — car c'est trop évident et trop connu de tous ceux qui s'adonnent à l'étude de l'Écriture Sainte — combien l'Église depuis les premiers siècles jusqu'à nos jours a eu en honneur ces travaux de l'art critique.

23. Aujourd'hui donc que cet art a été si parfaitement discipliné, c'est pour ceux qui étudient les questions bibliques, une tâche honorable, sinon toujours facile, de s'employer à ce que paraissent le plus tôt possible, suivant les opportunités, des éditions soit des Livres Saints eux-mêmes, soit de leurs anciennes versions, préparées par des catholiques selon cette règle qu'au respect le plus absolu pour le texte sacré se joigne l'application de toutes les lois de la critique. Que tous le comprennent bien : ce travail de longue durée n'est pas seulement nécessaire pour comprendre, comme il faut, le texte écrit sous l'inspiration divine ; il est encore vivement, requis par cette piété qui doit nous porter à être infiniment reconnaissants envers la Providence divine de ce qu'elle nous a destiné ces livres comme des lettres paternelles envoyées du siège de sa majesté à ses enfants.

24. Et que personne ne voie dans ce recours aux textes originaux, conformément à la méthode critique, une dérogation aux prescriptions si sagement formulées par le Concile de Trente au sujet de la Vulgate. (Decr. de editione et usu Sacrorum Librorum ; Conc. Trid. éd. Soc. GOERRES, t. V, p. 91 sq.) Car c'est un fait appuyé sur des documents certains que le saint Concile chargea ses présidents de prier le Souverain Pontife en son nom — et ils le firent — de faire corriger d'abord le texte latin, ensuite, autant que possible, les textes grec et hébreu (Ib., t. X, p. 471 ; cf. t. V, p. 29, 59, 65 ; t. X, p. 446 sq.), afin de les publier plus tard pour l'utilité de la sainte Église de Dieu. S'il ne fut pas possible de répondre alors pleinement à ce désir, à cause des difficultés du temps et d'autres obstacles, Nous avons la confiance que, maintenant, il pourra y être donné plus parfaitement et plus entièrement satisfaction grâce à la collaboration entre savants catholiques.

25. Si le Concile de Trente a voulu que la Vulgate fût la version latine « que tous doivent employer comme authentique », cela, chacun le sait, ne concerne que l'Église latine et son usage public de l'Écriture, mais ne diminue en aucune façon — il n'y a pas le moindre doute à ce sujet — ni l'autorité ni la valeur des textes originaux. Au surplus, il ne s'agissait pas alors des textes originaux, mais des versions latines qui circulaient à cette époque ; versions entre lesquelles le Concile, à juste titre, déclara préférable celle qui, « par un long usage de tant de siècles, était approuvée dans l'Église ».

26. Cette autorité éminente de la Vulgate ou, comme l'on dit, son authenticité, n'a donc pas été décrétée par le Concile surtout pour des raisons critiques, mais bien plutôt à cause de son usage légitime dans les Églises prolongé au cours de tant de siècles. Cet usage, en vérité, démontre que, telle qu'elle a été et est encore comprise par l'Église, elle est absolument exempte de toute erreur en ce qui concerne la foi et les mœurs ; si bien que la même Église l'attestant et le confirmant, on peut la produire en toute sûreté et sans péril d'erreur dans les discussions, dans l'enseignement et dans la prédication. D'où une authenticité de ce genre ne doit pas être qualifiée en premier lieu de critique, mais bien plutôt de juridique. C'est pourquoi l'autorité de la Vulgate en matière de doctrine n'empêche donc nullement — aujourd'hui elle le demanderait plutôt — que cette doctrine soit encore justifiée et confirmée par les textes originaux eux-mêmes et que ces textes soient appelés couramment à l'aide pour mieux expliquer et manifester le sens exact des Saintes Lettres. Le décret du Concile de Trente n'empêche même pas que, pour l'usage et le bien des fidèles, en vue de leur faciliter l'intelligence de la parole divine, des versions en langue vulgaire soient composées précisément d'après les textes originaux, comme Nous savons que cela a déjà été fait d'une manière louable en plusieurs régions avec l'approbation ecclésiastique.

27. Bien fourni de la connaissance des langues anciennes et des ressources de la critique, l'exégète catholique peut aborder la tâche — la plus importante de toutes celles qui lui incombent — de découvrir et d'exposer le véritable sens des Livres Saints. Que les exégètes, dans l'accomplissement de ce travail, aient toujours devant les yeux qu'il leur faut avant tout s'appliquer à discerner et à déterminer ce sens des mots bibliques qu'on appelle le sens littéral. Ils doivent mettre le plus grand soin à découvrir ce sens littéral des mots au moyen de la connaissance des langues, en s'aidant du contexte et de la comparaison avec les passages analogues ; toutes opérations qu'on a coutume de faire aussi dans l'interprétation des livres profanes, pour faire ressortir plus clairement la pensée de l'auteur.

28. Que les exégètes des Saintes Lettres, se souvenant qu'il s'agit ici de la parole divinement inspirée, dont la garde et l'interprétation ont été confiées à l'Église par Dieu lui-même, ne mettent pas moins de soin à tenir compte des interprétations et déclarations du magistère de l'Église, ainsi que des explications données par les saints Pères, en même temps que de « l'analogie de la foi », comme Léon XIII les en avertit très sagement dans l'Encyclique Providentissimus Deus (LEONIS XIII Acta, XIII, p. 345-346 ; Ench. Bibl. n. 94-96). Qu'ils s'appliquent d'une manière toute particulière à ne pas se contenter d'exposer ce qui regarde l'histoire, l'archéologie, la philologie et les autres sciences auxiliaires — comme Nous regrettons qu'on ait fait dans certains commentaires ; — mais, tout en alléguant à propos ces informations, pour autant qu'elles peuvent aider à l'exégèse, qu'ils exposent surtout quelle est la doctrine théologique de chacun des livres ou des textes en matière de foi et de mœurs, de sorte que leurs explications ne servent pas seulement aux professeurs de théologie à proposer et à confirmer les dogmes de la foi, mais encore qu'elles viennent en aide aux prêtres pour expliquer la doctrine chrétienne au peuple et qu'elles soient utiles enfin à tous les fidèles pour mener une vie sainte, digne d'un chrétien.

29. Quand les exégètes catholiques donneront une pareille interprétation, avant tout théologique, comme Nous avons dit, ils réduiront définitivement au silence ceux qui assurent ne rien trouver dans les commentaires qui élève l'âme vers Dieu, nourrisse l'esprit et stimule la vie intérieure, prétendant en conséquence qu'il faut avoir recours à une interprétation spirituelle, ou, comme ils disent, mystique. Que cette manière de voir ne soit pas juste, l'expérience d'un grand nombre l'enseigne, qui, considérant et méditant sans cesse la parole de Dieu, ont conduit leur âme à la perfection et ont été entraînés vers Dieu par un amour ardent. C'est aussi ce que montrent clairement et la pratique constante de l'Église et les avertissements des plus grands Docteurs. Ce qui ne signifie certes pas que tout sens spirituel soit exclu de la Sainte Écriture ; car les paroles et les faits de l'Ancien Testament ont été merveilleusement ordonnés et disposés par Dieu de telle manière que le passé signifiât d'avance d'une manière spirituelle ce qui devait arriver sous la nouvelle alliance de la grâce. C'est pourquoi l'exégète, de même qu'il doit rechercher et exposer le sens littéral des mots, tel que l'hagiographe l'a voulu et exprimé, ainsi doit-il exposer le sens spirituel, pourvu qu'il résulte certainement qu'il a été voulu par Dieu. Dieu seul, en effet, peut connaître ce sens spirituel et nous le révéler. Or, un pareil sens, notre Divin Sauveur nous l'indique et nous l'enseigne lui-même dans les Saints Évangiles, à l'exemple du Maître, les apôtres le professent aussi par leurs paroles et leurs écrits ; la tradition constante de l'Église le montre ; enfin, le très ancien usage de la liturgie le déclare quand on est en droit d'appliquer l'adage connu : « La loi de la prière est la loi de la croyance. »

30. Ce sens spirituel donc, voulu et ordonné par Dieu lui-même, les exégètes catholiques doivent le manifester et l'exposer avec le soin qu'exige la dignité de la parole divine. Qu'ils veillent religieusement, toutefois, à ne pas présenter d'autres significations métaphoriques des choses ou des faits comme sens authentique de la Sainte Écriture. Car si, dans le ministère de la prédication surtout, un emploi plus large et métaphorique du texte sacré peut être utile pour éclairer et mettre en valeur certains points de la foi et des mœurs, à condition de le faire avec modération et sobriété, il ne faut cependant jamais oublier que cet usage des paroles de la Sainte Écriture lui est comme extrinsèque et adventice. Il arrive même, surtout aujourd'hui, que cet usage n'est pas sans danger, parce que les fidèles, et en particulier ceux qui sont au courant des sciences sacrées comme des sciences profanes, cherchent ce que Dieu nous signifie par les Lettres sacrées de préférence à ce qu'un écrivain ou un orateur disert expose en jouant habilement des paroles de la Bible. « La parole de Dieu, vivante et efficace, plus acérée qu'une épée à deux tranchants, si pénétrante qu'elle va jusqu'à séparer l'âme de l'esprit, les jointures et les moelles, qui démêle les sentiments et les pensées des cœurs » (Hebr. IV, 12), n'a pas besoin de colifichets ni d'ornements humains pour émouvoir et frapper les esprits. Les pages sacrées, en effet, sous l'inspiration de Dieu, abondent par elles-mêmes de sens propre ; douées de vertu divine, elles valent par elles-mêmes ; ornées d'une beauté qui vient d'en haut, elles brillent et resplendissent par elles-mêmes, pourvu que le commentateur les explique si pleinement, si soigneusement, que tous les trésors de sagesse et de prudence, y contenus, soient mis en lumière.

31. Pour s'acquitter de sa tâche, l'exégète aura bénéfice à s'aider par une étude sérieuse des œuvres que les saints Pères, les Docteurs de l'Église et les plus illustres exégètes des temps passés ont consacrées à l'explication des Saintes Lettres. Ceux-là, en effet, bien que leur érudition et leurs connaissances linguistiques fussent moins poussées que celles des exégètes modernes, excellent, en vertu du rôle que Dieu leur a attribué dans l'Église, par un discernement tout suave des choses célestes et par une admirable puissance d'esprit, grâce auxquels ils pénètrent plus avant dans les profondeurs de la parole divine, et mettent en lumière tout ce qui peut servir à illustrer la doctrine du Christ et à faire progresser la sainteté de la vie.

32. Il est, certes, regrettable que ces précieux trésors de l'antiquité chrétienne soient si peu connus de maints écrivains de notre temps et que les historiens de l'exégèse n'aient pas encore accompli tout ce qui semblerait nécessaire pour une étude méthodique et une juste appréciation de cette matière si importante. Plaise au ciel que se lèvent en grand nombre des travailleurs qui explorent avec zèle l'interprétation catholique des Écritures, auteurs et œuvres, et qui épuisent, pour ainsi dire, les richesses presque immenses amassées par ces auteurs. Ils contribueront ainsi à manifester toujours mieux avec quel soin ceux-là ont scruté et mis en lumière la doctrine des Livres Saints et à obliger les exégètes contemporains à s'inspirer de leur exemple, à chercher chez eux des arguments opportuns. Ainsi se réalisera enfin l'heureuse et féconde union de la doctrine et de l'onction des anciens avec l'érudition plus grande et l'art plus avancé des modernes ; union qui produira des fruits nouveaux dans le champ des Lettres Divines, lequel ne sera jamais ni suffisamment cultivé ni entièrement épuisé.

33. Désormais Nous avons de bonnes et justes raisons d'espérer que notre temps lui aussi apportera sa contribution à une interprétation plus pénétrante et plus exacte des Saintes Lettres. Car bien des points, en particulier parmi ceux qui touchent à l'histoire, ont été expliqués à peine ou insuffisamment par les exégètes des siècles écoulés, parce qu'il leur manquait presque toutes les connaissances nécessaires pour les élucider. Combien il était difficile et quasi impossible aux Pères mêmes de traiter certaines questions, Nous le voyons, pour ne rien dire d'autre, aux efforts réitérés de beaucoup d'entre eux pour interpréter les premiers chapitres de la Genèse, comme aux divers essais tentés par saint Jérôme pour traduire les psaumes de façon à mettre clairement en lumière leur sens littéral, c'est-à-dire celui que les mots mêmes expriment. Il y a enfin d'autres livres ou textes sacrés dont les difficultés n'ont été découvertes qu'à l'époque moderne, depuis qu'une meilleure connaissance de l'antiquité a soulevé des questions nouvelles, faisant pénétrer d'une manière plus appropriée dans le vif du sujet. C'est donc à tort que certains, ne connaissant pas exactement les conditions actuelles de la science biblique, prétendent que l'exégète catholique contemporain ne peut rien ajouter à ce qu'a produit l'antiquité chrétienne, alors qu'au contraire notre temps a mis en évidence tant de questions qui, en exigeant de nouvelles recherches et de nouveaux contrôles, stimulent grandement à une étude énergique les exégètes modernes.

34. Notre âge, en vérité, qui soulève de nouvelles questions et de nouvelles difficultés, fournit aussi à l'exégète, grâce à Dieu, de nouvelles ressources et de nouveaux appuis. Sous ce rapport, il paraît juste de faire une mention particulière de ce que les théologiens catholiques, en suivant la doctrine des saints Pères, surtout celle du Docteur angélique et commun, ont scruté et expliqué la nature et les effets de l'inspiration biblique d'une façon plus appropriée et plus parfaite qu'on n'avait coutume de le faire dans les siècles passés.

Partant, dans leurs recherches, du principe que l'hagiographe, en composant le Livre Saint, est organon ou instrument de l'Esprit-Saint, mais instrument vivant et doué de raison, ils remarquent à juste titre que, conduit par la motion divine, il use cependant de ses facultés et de ses forces, de telle manière que l'on peut facilement saisir dans le livre, composé par lui, « son caractère particulier et, pour ainsi dire, ses traits et linéaments personnels » (cf. BENOÎT XV, Encyclique Spiritus Paraclitus ; Acta Ap. Sedis, XII [1920], p. 390 ; Ench. Bibl. n. 461). L'exégète doit donc s'efforcer, avec le plus grand soin, sans rien négliger des lumières fournies par les recherches récentes, de discerner quel fut le caractère particulier de l'écrivain sacré et ses conditions de vie, l'époque à laquelle il a vécu, les sources écrites ou orales qu'il a employées, enfin sa manière d'écrire. Ainsi pourra-t-il bien mieux connaître qui a été l'hagiographe et ce qu'il a voulu exprimer en écrivant. Il n'échappe, en effet, à personne que la loi suprême de l'interprétation est de reconnaître et de définir ce que l'écrivain a voulu dire, comme nous en avertit admirablement saint Athanase : « Ici, ainsi qu'il convient de faire dans tous les autres passages de la Sainte Écriture, il faut observer à quelle occasion l'Apôtre a parlé, remarquer avec soin et impartialité à qui et pourquoi il a écrit, de peur qu'en ignorant ces circonstances ou les comprenant autrement, on ne s'écarte du véritable sens. » (Contra Arianos, I, 54 ; P. G., XXXVI, col. 123.)

35. Or, dans les paroles et les écrits des anciens auteurs orientaux, souvent le sens littéral n'apparaît pas avec autant d'évidence que chez les écrivains de notre temps ; ce qu'ils ont voulu signifier par leurs paroles ne peut pas se déterminer par les seules lois de la grammaire ou de la philologie, non plus que par le seul contexte. Il faut absolument que l'exégète remonte en quelque sorte par la pensée jusqu'à ces siècles reculés de l'Orient, afin que, s'aidant des ressources de l'histoire, de l'archéologie, de l'ethnologie et des autres sciences, il discerne et reconnaisse quels genres littéraires les auteurs de cet âge antique ont voulu employer et ont réellement employés. Les Orientaux, en effet, pour exprimer ce qu'ils avaient dans l'esprit, n'ont pas toujours usé des formes et des manières de dire dont nous usons aujourd'hui, mais bien plutôt de celles dont l'usage était reçu par les hommes de leur temps et de leur pays. L'exégète ne peut pas déterminer a priori ce qu'elles furent ; il ne le peut que par une étude attentive des littératures anciennes de l'Orient. Or, dans ces dernières dizaines d'années, cette étude, poursuivie avec plus de soin et de diligence qu'autrefois, a manifesté plus clairement quelles manières de dire ont été employées dans ces temps anciens, soit dans les descriptions poétiques, soit dans l'énoncé des lois et des normes de vie, soit enfin dans le récit des faits et des événements de l'histoire.

36. Cette même étude a déjà établi avec clarté que le peuple d'Israël l'emporte singulièrement sur les
autres nations de l'Orient dans la manière d'écrire correctement l'histoire, tant pour l'antiquité que pour la fidèle relation des événements ; prérogative qui est due, sans doute, au charisme de l'inspiration divine et au but particulier religieux de l'histoire biblique.

37. Néanmoins, personne, qui ait un juste concept de l'inspiration biblique, ne s'étonnera de trouver chez les écrivains sacrés, comme chez tous les anciens, certaines façons d'exposer et de raconter, certains idiotismes propres aux langues sémitiques, des approximations, certaines manières hyperboliques de parler, voire même parfois des paradoxes destinés à imprimer plus fermement les choses dans l'esprit. En effet, des façons de parler dont le langage humain avait coutume d'user pour exprimer la pensée chez les peuples anciens, en particulier chez les Orientaux, aucune n'est étrangère aux Livres Saints, pourvu toutefois que le genre employé ne répugne en rien à la sainteté ni à la vérité de Dieu ; c'est ce que déjà le Docteur angélique a remarqué dans sa sagacité, lorsqu'il dit : « Dans l'Écriture, les choses divines nous sont transmises selon le mode dont les hommes ont coutume d'user. » (Comment. ad Hebr. cap. I, lectio 4.)

De même que le Verbe substantiel de Dieu s'est fait en tout semblable aux hommes « hormis le péché » (Hebr. IV, 15), ainsi les paroles de Dieu, exprimées en langue humaine, sont semblables en tout au langage humain, l'erreur exceptée. C'est là la sugkatabasiv, ou condescendance de la divine Providence, que saint Chrysostome a déjà magnifiquement exaltée, affirmant à plusieurs reprises qu'elle se trouve dans les Livres Saints. (Cf. p. ex. In Gen. I, 4 [P. G., LIII, col. 34-35] ; In Gen. II, 21 [ib., col. 121] ; In Gen. III,8 [ib., col. 135]; Hom. XV in Ioan. ad I, 18 [P. G., LIX, col. 97 sq.].)

38. Ainsi donc, pour bien répondre aux besoins actuels des études bibliques, que l'exégète catholique, en exposant l'Écriture Sainte, en prouvant et défendant son absolue inerrance, use prudemment de cette ressource ; qu'il recherche comment la manière de parler ou le genre littéraire, employé par l'hagiographe, peut amener à la vraie et exacte interprétation, et qu'il se persuade ne pouvoir négliger cette partie de sa tâche sans un grand détriment de l'exégèse catholique. Souvent, en effet — pour Nous en tenir là, — lorsque certains se plaisent à objecter que les auteurs sacrés se sont écartés de la fidélité historique ou qu'ils ont rapporté quelque chose avec peu d'exactitude, on constate qu'il s'agit seulement de manières de dire ou de raconter habituelles aux anciens, dont les hommes usaient couramment dans leurs relations mutuelles, et qu'on employait en fait licitement et communément. L'équité requiert donc, lorsqu'on rencontre ces expressions dans le langage divin, qui s'exprime au profit des hommes en termes humains, qu'on ne les taxe pas plus d'erreur que lorsqu'on les rencontre dans l'usage quotidien de la vie. Grâce à la connaissance et à la juste appréciation des leçons et usages de parler et d'écrire des anciens, bien des objections, soulevées contre la vérité et la valeur historiques des Lettres Divines, pourront être résolues. En outre, cette étude conduira d'une façon non moins appropriée à un discernement plus complet et plus lumineux de la pensée de l'Auteur Sacré.

39. Ceux donc qui, parmi nous, s'adonnent aux études bibliques, doivent soigneusement faire attention à ce point et ne rien négliger de ce qu'ont apporté de nouveau l'archéologie, l'histoire de l'antiquité et la science des lettres anciennes, rien de ce qui est apte à mieux faire connaître la mentalité des écrivains anciens, leur manière de raisonner, de raconter et d'écrire, leurs formules et leur technique. En cet ordre de choses les laïques catholiques, qu'ils le remarquent bien, ne rendront pas seulement service aux sciences profanes, mais mériteront encore beaucoup de la religion chrétienne, s'ils se livrent avec toute l'application et tout le zèle possible à l'exploration et à l'investigation de l'antiquité, et s'ils contribuent dans la mesure de leurs forces à résoudre les questions de ce genre, demeurées jusqu'ici moins claires et moins manifestes. Toute connaissance humaine, en effet, même non sacrée, ayant une dignité et une excellence quasi innée, en tant qu'elle est une participation de la connaissance infinie de Dieu, reçoit une nouvelle et plus haute dignité et comme une consécration, quand elle s'emploie à mettre les choses divines en une plus vive lumière.

40. Par le progrès, dont Nous avons parlé plus haut, de l'exploration des antiquités orientales, par l'étude plus approfondie des textes originaux, comme aussi par une connaissance plus étendue et plus minutieuse des langues bibliques et orientales en général, il est arrivé heureusement, avec l'aide de Dieu, que, maintes questions soulevées au temps de Notre Prédécesseur d'immortelle mémoire Léon XIII, par des critiques étrangers ou même opposés à l'Église, contre l'authenticité des Livres Sacrés, leur antiquité, intégrité et vérité historique, ne présentent plus de difficultés aujourd'hui et sont résolues.

Les exégètes catholiques, usant correctement de ces mêmes armes d'ordre scientifique dont abusaient trop souvent nos adversaires, ont proposé des interprétations qui, tout en s'accordant avec l'enseignement catholique et les sentences traditionnelles, paraissent en même temps répondre aux difficultés soulevées par les nouvelles explorations et les nouvelles découvertes, ou à celles dont l'antiquité a laissé à notre temps la solution. D'où il est résulté que la confiance dans l'autorité de la Bible et dans sa valeur historique, ébranlée jusqu'à un certain point auprès de quelques-uns par tant d'attaques, est aujourd'hui complètement rétablie chez les catholiques ; bien plus, il ne manque pas d'écrivains même non catholiques, qui, grâce à des recherches entreprises avec calme et sans préjugés, ont été amenés à rejeter les opinions des modernes et à revenir, au moins ici ou là, aux sentences plus anciennes. Ce changement est dû, en grande partie, au labeur infatigable par lequel les commentateurs catholiques des Saintes Lettres, sans se laisser effrayer par les difficultés et les obstacles de tout genre, se sont employés de toutes leurs forces à utiliser tout ce que les recherches actuelles des érudits, soit en archéologie, soit en histoire ou en philologie, ont apporté pour résoudre les questions nouvelles.

41. Personne, toutefois, ne doit s'étonner qu'on n'ait pas encore tiré au clair ni résolu toutes les difficultés et qu'il y ait encore aujourd'hui de graves problèmes qui préoccupent sérieusement les exégètes catholiques. Il ne faut pas, pour autant, perdre courage, ni oublier que dans les disciplines humaines il ne peut en être autrement que dans la nature, où ce qui commence croît peu à peu et où les fruits ne se recueillent qu'après de longs travaux. C'est ainsi que des controverses, laissées sans solution et en suspens dans les temps passés, ont été enfin débrouillées en notre temps, grâce au progrès des études. On peut donc espérer que celles-là aussi, qui aujourd'hui paraissent les plus compliquées et les plus ardues, s'ouvriront enfin un jour, grâce à un effort constant, à la pleine lumière.

Que si une solution désirée tarde longtemps et ne nous sourit pas à nous, mais que peut-être une heureuse issue ne doive être obtenue que par nos successeurs, personne ne doit le trouver mauvais ; car il est juste que s'applique aussi à nous l'avis donné par les Pères pour leurs temps, et en particulier par saint Augustin (cf. S. AUG., Epist. CXLIX ad Paulinum, n. 34 [P. L., XXXIII, col. 644] ; De diversis quaestionibus, q. LIII, n. 2 [ib., XL, col. 36] ; Enarr. in Ps., CXLVI, n. 12 [ib., XXXVII, col. 1907] : que Dieu a parsemé à dessein de difficultés les Livres Saints qu'il a inspirés lui-même, afin de nous exciter à les lire et à les scruter avec d'autant plus d'attention et pour nous exercer à l'humilité par la constatation salutaire de la capacité limitée de notre intelligence. Il n'y aurait donc rien d'étonnant si l'une ou l'autre question devait rester toujours sans réponse absolument adéquate, puisqu'il s'agit parfois de choses obscures, très éloignées de notre temps et de notre expérience, et puisque l'exégèse, elle aussi, comme toutes les sciences et les plus importantes, peut avoir ses secrets, inaccessibles à nos intelligences et revêches à tout effort humain.

42. Même dans ces conditions ; cependant, l'exégète catholique, poussé par un amour de sa science, actif et courageux, sincèrement dévoué à notre Mère la sainte Église, ne doit, en aucune façon, se défendre d'aborder, et à plusieurs reprises, les questions difficiles qui n'ont pas été résolues jusqu'ici, non seulement pour repousser les objections des adversaires, mais encore pour tenter de leur trouver une solide explication, en accord parfait avec la doctrine de l'Église, spécialement avec celle de l'inerrance biblique, et capable en même temps de satisfaire pleinement aux conclusions certaines des sciences profanes.

Les efforts de ces vaillants ouvriers dans la vigne du Seigneur méritent d'être jugés non seulement avec équité et justice, mais encore avec une parfaite charité ; que tous les autres fils de l'Église s'en souviennent. Ceux-ci doivent se garder de ce zèle tout autre que prudent, qui estime devoir attaquer ou tenir en suspicion tout ce qui est nouveau. Qu'ils aient avant tout présent, que, dans les règles et les lois portées par l'Église, il s'agit de la foi et des mœurs, tandis que dans l'immense matière contenue dans les Livres Saints, livres de la Loi ou livres historiques, sapientiaux et prophétiques, il y a bien peu de textes dont le sens ait été défini par l'autorité de l'Église, et il n'y en a pas davantage sur lesquels règne le consentement unanime des Pères. Il reste donc beaucoup de points, et d'aucuns très importants, dans la discussion et l'explication desquels la pénétration et le talent des exégètes catholiques peuvent et doivent avoir libre cours, afin que chacun contribue pour sa part et d'après ses moyens à l'utilité commune, au progrès croissant de la doctrine sacrée, à la défense et à l'honneur de l'Église. Cette vraie liberté des enfants de Dieu, qui, gardant fidèlement la doctrine de l'Église, embrasse avec reconnaissance comme un don de Dieu et met à profit tout l'apport des sciences ; cette liberté, secondée et soutenue par la confiance de tous, est la condition et la source de tout réel succès et de tout solide progrès dans la science catholique, comme nous en avertit excellemment Notre Prédécesseur d'heureuse mémoire Léon XIII, lorsqu'il dit : « Si l'on ne sauvegarde pas l'union des esprits et le respect des principes, il n'y aura pas à espérer qu'une multitude de travaux variés fasse réaliser à cette science de notables progrès. » (Litt. apost. Vigilantiae : LEONIS XIII Acta, XIII, p.237 ; Ench. Bibl. n. 136.)

43. Considérant les immenses efforts soutenus par l'exégèse catholique pendant près de deux mille ans, pour comprendre toujours plus profondément et plus parfaitement la parole divine communiquée aux hommes par les Saintes Lettres et pour l'aimer plus ardemment, on se persuadera aisément que c'est un grave devoir pour les fidèles, et en particulier pour les prêtres, d'user abondamment et saintement de ce trésor accumulé pendant tant de siècles par les génies les plus élevés. Les Livres Saints, en effet, Dieu ne les a pas accordés aux hommes pour satisfaire leur curiosité ou leur fournir des sujets d'étude et de recherche, mais, comme le remarque l'Apôtre pour que ces divines paroles puissent nous « donner la sagesse qui conduit au salut par la foi en Jésus-Christ », et « en vue de rendre l'homme de Dieu parfait, apte à toute bonne œuvre » (cf. II Tim. III, 15, 17). Que les prêtres donc, à qui est confié le soin de procurer aux fidèles le salut éternel, après avoir scruté par une étude diligente les pages sacrées et se les être assimilées par la prière et la méditation, aient à cœur d'expliquer les célestes richesses de la parole divine dans leurs sermons, leurs homélies, leurs exhortations ; qu'ils confirment la doctrine chrétienne par des maximes tirées des Livres Saints ; qu'ils l'illustrent par les merveilleux exemples de l'Histoire Sainte, et nommément par ceux de l'Évangile du Christ, Notre-Seigneur, évitant avec un soin attentif les accommodations subjectives, arbitraires et cherchées trop loin, qui sont non un usage, mais un abus de la parole divine ; qu'ils exposent tout cela avec tant d'éloquence, de netteté et de clarté, que les fidèles ne soient pas seulement mus et excités à y conformer exactement leur vie, mais encore conçoivent un souverain respect envers l'Écriture sacrée.

44. Ce respect, les évêques s'attacheront à l'accroître toujours davantage et à le rendre parfait chez les fidèles qui leur sont confiés, en encourageant toutes les initiatives entreprises par des apôtres zélés dans le but louable d'exciter et d'entretenir, parmi les catholiques, la connaissance et l'amour des Livres Saints. Qu'ils favorisent donc et qu'ils soutiennent ces pieuses associations, qui se proposent de répandre parmi les fidèles des exemplaires des Saintes Lettres, surtout des Évangiles, et qui veillent à ce que la pieuse lecture s'en fasse tous les jours dans les familles chrétiennes ; qu'ils recommandent instamment par la parole et par l'usage, là où les lois liturgiques le permettent, les traductions de l'Écriture Sainte, approuvées par l'autorité ecclésiastique ; qu'ils tiennent eux-mêmes ou fassent tenir par des orateurs sacrés particulièrement compétents des leçons ou conférences publiques sur des questions bibliques. Que tous les ministres du sanctuaire soutiennent, dans la mesure de leurs forces, et divulguent opportunément, parmi les différents groupes et rangs de leur troupeau, les périodiques qui se publient d'une manière si louable et si utile, dans les diverses parties du globe, soit pour traiter et exposer les questions bibliques selon la méthode scientifique, soit pour adapter les fruits de ces recherches au ministère sacré ou aux besoins des fidèles. Que les ministres du sanctuaire en soient bien convaincus : toutes ces initiatives et les autres du même genre, que le zèle apostolique et un sincère amour de la parole divine trouveront appropriées à ce sublime dessein leur seront d'un secours efficace dans le ministère des âmes.

45. Mais il ne peut échapper à personne que tout cela ne peut être convenablement effectué par les prêtres, si eux-mêmes, pendant leur séjour au Séminaire, n'ont pas reçu un amour actif et durable des Saintes Écritures. C'est pourquoi les évêques, à qui incombe la direction paternelle de leurs Séminaires, doivent veiller avec soin à ce que, en ce domaine aussi, rien ne soit omis qui puisse contribuer à cette fin. Que les professeurs d'Écriture Sainte organisent tout le cours biblique de telle manière que les jeunes gens destinés au sacerdoce et au ministère de la parole divine soient instruits de cette connaissance des Saintes Lettres et pénétrés de cet amour envers elles, sans lesquels l'apostolat ne peut guère porter des fruits abondants. Il faut donc que leur exégèse fasse ressortir avant tout le contenu théologique, en évitant les discussions superflues, et en omettant tout ce qui est pâture de curiosité plutôt que source de doctrine véritable et stimulant de solide piété. Que les professeurs exposent le sens littéral et surtout le sens théologique, d'une manière si solide, qu'ils l'expliquent si pertinemment, qu'ils l'inculquent avec tant de chaleur, qu'il advienne à leurs élèves ce qui arriva aux disciples de Jésus-Christ allant à Emmaüs, lorsqu'ils s'écrièrent après avoir entendu les paroles du Maître : « Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au dedans de nous, lorsqu'Il nous découvrait les Écritures ? » (Luc. XXIV, 32.) Qu'ainsi les Lettres Divines deviennent pour les futurs prêtres de l'Église une source pure et permanente pour leur propre vie spirituelle, un aliment et une force pour la tâche sacrée de la prédication qu'ils vont assumer. Quand les professeurs de cette matière importante, dans les Séminaires, auront atteint ce but, qu'ils se persuadent avec joie qu'ils ont grandement contribué au salut des âmes, au progrès de la cause catholique, à l'honneur et à la gloire de Dieu, et qu'ils ont accompli une œuvre intimement liée aux devoirs de l'apostolat.

46. Ce que Nous venons de dire, Vénérables Frères et chers Fils, nécessaire en tout temps, l'est certainement beaucoup plus en ces jours malheureux, où presque tous les peuples et nations sont plongés dans un océan de calamités, tandis qu'une guerre affreuse accumule ruine sur ruine, carnage sur carnage, tandis que, par le fait des haines impitoyables des peuples excités les uns contre les autres, Nous voyons, avec une suprême douleur, s'éteindre dans beaucoup d'hommes non seulement le sens de la modération chrétienne et de la charité, mais même celui de l'humanité. Qui peut porter remède à ces mortelles blessures de la société humaine, sinon Celui à qui le Prince des apôtres, plein d'amour et de confiance, adressa ces paroles : « Seigneur, à qui irions-nous ? Vous avez les paroles de la vie éternelle. » (Ioan. VI, 69.) À notre Rédempteur très miséricordieux, il nous faut donc, de toutes nos forces, ramener tous les hommes : il est le consolateur divin des affligés ; il est Celui qui enseigne à tous — qu'ils tiennent en main l'autorité publique ou que leur incombe le devoir de l'obéissance et de la soumission — la probité digne de ce nom, la justice intègre, la charité généreuse ; il est enfin, et lui seul, Celui qui peut être le ferme fondement et le soutien de la paix et de la tranquillité : « Car personne ne peut poser un autre fondement que Celui qui est déjà posé, savoir Jésus-Christ. » (I Cor. III, 11.)

47. Or, ce Christ, auteur de notre salut, les hommes le connaîtront d'autant plus parfaitement, l'aimeront d'autant plus ardemment, l'imiteront d'autant plus fidèlement qu'ils seront poussés avec plus de zèle à la connaissance et à la méditation des Saintes Lettres, en particulier du Nouveau Testament. Car, comme le dit saint Jérôme, le Docteur de Stridon : « L'ignorance des Écritures est l'ignorance du Christ » (S. JÉRÔME, In Isaiam, prologue ; P. L. XXIV, col. 17), et « s'il y a quelque chose qui tienne l'homme sage en cette vie et le persuade, au milieu des souffrances et des tourments de ce monde, de garder l'égalité d'âme, j'estime que c'est en tout premier lieu la méditation et la science des Écritures » (Id. in Ephesios, prologue ; P. L., XXVI, col. 439). C'est ici que tous ceux qui sont fatigués et opprimés par l'adversité et l'affliction puiseront les véritables consolations et la vertu divine de souffrir et d'endurer ; ici — à savoir dans les Saints Évangiles —, le Christ est présent pour tous, exemple suprême et parfait de justice, de charité et de miséricorde ; ici s'ouvrent pour le genre humain, déchiré et inquiet, les sources de cette grâce divine sans laquelle peuples et conducteurs de peuples ne pourront établir ou consolider ni l'ordre public ni la concorde des esprits. C'est là, enfin, que tous apprendront à connaître ce Christ, « qui est le chef de toute principauté et de toute puissance » (Col. II, 10) et « qui, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, et justice, et sanctification, et rédemption » (I Cor. I, 30).

48. Après avoir exposé et recommandé les moyens requis pour adapter les études bibliques aux besoins de l'heure, il Nous reste, Vénérables Frères et chers Fils, à féliciter avec une paternelle bienveillance tous ceux qui cultivent les études bibliques et qui, en fils dévoués de l'Église, suivent fidèlement sa doctrine et ses directives, de ce qu'ils ont été élus et appelés à une tâche aussi noble. À ces félicitations, Nous voulons ajouter Nos encouragements afin qu'ils poursuivent de tout leur zèle, avec tout leur soin et avec une énergie toujours nouvelle, l'œuvre heureusement entreprise. Noble tâche, avons-Nous dit, car qu'y a-t-il de plus sublime que de scruter, d'expliquer, de proposer aux fidèles, de défendre contre les infidèles, la parole même de Dieu, donnée aux hommes sous l'inspiration du Saint-Esprit ? L'esprit lui-même de l'exégète se nourrit de cet aliment spirituel et en profite « pour le renouvellement de la foi, pour la consolation de l'espérance, pour l'exhortation de la charité » (cf. S. AUG., Contra Faustum, XIII, 18 ; P. L., XLII, col. 294 ; C. S. E. L. XXV, p. 400). « Vivre au milieu de ces choses, les méditer, ne connaître ni ne chercher rien d'autre, cela ne vous paraît-il pas dès ici-bas comme le paradis sur terre ? » (S. JÉRÔME, Ep. LIII, 10 ; P. L., XXII, col. 549 ; C. S. E. L. LIV, p. 463.)

Que les âmes des fidèles se nourrissent aussi du même aliment, qu'elles y puisent la connaissance et l'amour de Dieu, le progrès spirituel et la félicité.

Que de tout leur cœur les commentateurs de la parole divine se donnent à ce saint commerce. « Qu'ils prient pour comprendre. » (S. AUG., De doctr. christ., III, 56 ; P. L., XXXIV, col. 89.) Qu'ils travaillent pour pénétrer chaque jour plus profondément dans les secrets des pages sacrées ; qu'ils enseignent et qu'ils prêchent pour ouvrir aussi aux autres les trésors de la parole de Dieu. Ce qu'aux siècles révolus les illustres interprètes de la Sainte Écriture ont réalisé avec tant de fruit, que les modernes s'efforcent de l'imiter autant qu'ils le peuvent, en sorte que, comme aux temps passés, ainsi à l'heure actuelle l'Église ait des docteurs éminents dans l'exposition des Lettres Divines, et que les fidèles, grâce à leur peine et à leur travail, reçoivent des Saintes Écritures pleine lumière, exhortation, allégresse. Dans cette tâche, certes ardue et lourde, qu'ils aient eux aussi « pour consolation les Saints Livres » (I Macch. XII, 9) ; qu'ils se souviennent de la récompense qui les attend, puisque « ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du firmament, et ceux qui en auront conduit beaucoup à la justice seront comme les étoiles, éternellement et sans fin » (Dan. XII, 3).

Et maintenant, tandis que Nous souhaitons vivement à tous les fils de l'Église, et nommément aux professeurs des sciences bibliques, au jeune clergé et aux orateurs sacrés, que, méditant sans relâche la parole de Dieu, ils goûtent combien l'esprit du Seigneur est suave et bon (cf. Sap. XII, 1), comme gage des faveurs célestes, en témoignage de Notre paternelle bienveillance, à vous tous et à chacun d'entre vous, Vénérables Frères et chers Fils, Nous accordons, très affectueusement dans le Seigneur, la Bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 30 septembre, en la fête de saint Jérôme, le plus grand des Docteurs dans l'exposition des Saintes Écritures, l'année 1943, cinquième de Notre Pontificat.



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