Affichage des articles dont le libellé est Vie intérieure. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vie intérieure. Afficher tous les articles

samedi 5 avril 2025

Le démon ne parvenant pas à bloquer la prière intérieure utilisera l'inspiration d'images - Témoignage Le démon entend les pensées 3/4



"Le démon voyant qu'il ne parvient pas à bloquer votre prière intérieure par des trous de mémoire, en vous empêchant de former un mot en penser, cherchant à vous faire buter sur chaque mot, tentera de vous troubler par l'inspiration d'images. Un moyen pour s'en détourner : visualisez chaque mot de votre prière, les images disparaissent."

 

Reportez-vous à Le démon entend les pensées - Témoignage 1/4 et La prière intérieure bloque les pensées parasites - Témoignage le démon entend les pensées 2/4.






jeudi 27 mars 2025

La prière intérieure bloque les pensées parasites - Témoignage Le démon entend les pensées 2/4



"Quand J'ai compris que le démon entendait mes pensées et cherchait à m’empêcher de prier intérieurement, j'ai donc commencé à prier le chapelet en pensée. Quand je le récitais à voix haute, j'étais toujours interrompue par des pensées parasites, mais en priant intérieurement, il n'y a plus eu de place pour les pensées parasites. La prière intérieure retient la concentration et bloque ces pensées parasites. Seul un événement extérieur, visiteur imprévu par exemple, peut venir l'interrompre. C'est moins facile pour le démon d'agiter notre environnement que nos pensées. Si nos pensées sont occupées à la prière, il aura du mal à manœuvrer et à nous influencer. Il peut par contre tenter de bloquer la prière intérieure momentanément, c'est-à-dire, qu'il va chercher à provoquer des trous de mémoire sur un mot ou une partie de la prière. Après ma conversion et l'officialisation par les autorités ecclésiastiques de ma possession, et donc en tant que commençant, la prière intérieure m'était impossible, car complètement bloquée par les esprits démoniaques."

 

Reportez-vous à Le démon entend les pensées - Témoignage et Le démon ne parvenant pas à bloquer la prière intérieure utilisera l'inspiration d'images - Témoignage Le démon entends les pensées 3/4.






dimanche 21 août 2022

Nature du don de Piété




Vous avez reçu l'esprit de l'adoption des enfants, par lequel nous crions : Abba, notre Père. (Rom., VIII, 15)

« La crainte qui vient du Saint-Esprit, ayant quelque chose de filial, contient en germe le don de piété ; il en sort comme sa première fleur et son premier fruit (Mgr Gaume, t. II, p. 397). » La piété est un don qui nous lie et nous unit à Dieu considéré comme notre Père, et à toutes les choses qui sont à lui, à proportion qu'elles sont à lui et qu'elles lui sont chères (Saint-Jure, ch. III, sec. 16, art. 6). « La piété, considérée comme don, l'emporte sur la vertu de religion ; car, rendre à Dieu un culte comme à notre père, ce que fait le don de piété, est une chose plus noble que de le lui rendre comme à notre créateur et maître, ce que fait la vertu de religion (S. Thom., 2. 2, q. 121, a, 1, ad 2). »

« Ce don se trouve dans la partie supérieure de l'âme et dans l'inférieure ; dans la supérieure, lui communiquant une onction et une suavité spirituelles ; dans l'inférieure, excitant des mouvements d'une douceur et d'une dévotion sensibles. C'est de cette source que viennent les larmes des saints et des personnes pieuses. C’est là le principe de ce doux attrait qui les porte à Dieu, de cette promptitude qui les fait courir au service du prochain. C'est ce qui les fait s'affliger avec les affligés, pleurer avec ceux qui pleurent, se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, supporter les défauts des imparfaits et se faire tout à tous (P. Lallemant, IVe princ., ch. IV, art. 5). »

« Un des plus grands obstacles qui nous rendent le chemin de la sainteté difficile, c'est la dureté et l'insensibilité du cœur. Nous croyons que Dieu est infiniment bon, qu'il mérite un amour infini ; nous croyons que toute notre joie, tout notre bonheur dans cette vie et dans l'autre, consiste à le posséder et à l'aimer. Et, néanmoins, notre cœur reste dur et insensible, sans amour, sans affection, sans tendresse pour Dieu. D'où vient ce malheur ? Ah ! c'est que le Saint-Esprit n'est pas encore descendu en nous, et que le don de piété ne réside pas encore dans notre cœur. Quand ce don arrive, le cœur change à l'instant ; la sècheresse et l'insensibilité font place à la douceur de l'amour divin. On éprouve alors ce que dit le livre de la Sagesse : Sa conversation n'a rien de désagréable, ni sa compagnie rien d'ennuyeux ; mais on n'y trouve que de la satisfaction et de la joie (Sage, VIII, 16) (P. Pergmayr). »

« La seconde béatitude : Bienheureux ceux qui sont doux, correspond au don de piété. Cette béatitude a quelque convenance avec la piété, en tant que la douceur détruit ce qui empêche d'exercer ses actes.
Les fruits du Saint-Esprit qui répondent à ce don sont ceux de bonté et de bénignité (P. Lallemant, IVe princ., ch. IV, art. 5). »

Une âme qui a le Saint-Esprit ne s'ennuie jamais en la présence de Dieu : il sort de son cœur une transpiration d'amour. (Le curé d'Ars)

À Paris, je connais plus d'un étudiant qui pratique non-seulement la piété, mais la perfection de la piété, dans un milieu plus que dissipé ; j'en connais qui font chaque jour plus d'une demi-heure d'oraison ; qui récitent avec bonheur l'office de la sainte Vierge ; qui ne quittent, pour ainsi dire, pas la présence de Dieu ; qui s'abstiennent des plaisirs mondains sans même penser qu'ils font là un sacrifice. Ils puisent la piété à sa vivante et intarissable source, l'Eucharistie ; ils en vivent, ils la reçoivent aussi souvent qu'ils le peuvent : plusieurs, tous les jours. Il en est de même parmi les soldats : j'ai connu à Rome un sous-officier converti à la piété qui servait Notre-Seigneur, au milieu des casernes et du tumulte militaire, avec une fidélité si constante et une prière si continuelle, qu'il faisait l'admiration des prêtres eux-mêmes. (Mgr de Ségur.)

(Les sept dons du Saint-Esprit)


Reportez-vous à Effets du don de piété, Moyens pour obtenir le don de Crainte, Effets du don de Crainte, Nature du don de Crainte, Effets des sept dons du Saint-Esprit, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.












dimanche 19 juin 2022

Pratiques ou Actes de la présence de Dieu



Nous donnons ces Pratiques pour aider aux personnes qui ne sont pas avancées dans l'exercice de la présence de Dieu, et qui ne commencent qu'à s'y appliquer. Celles qui ont fait de grands progrès dans le divin amour, n'ont pas besoin de ces moyens. C'est à celles-là que le grand Saint Augustin dit : Aimez, et faites ce que vous voudrez. Un simple regard de ces âmes, dit plus que ce que les autres peuvent dire dans une grande multitude de paroles.


Actes de la présence de Dieu

Ô Très-sainte et suradorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, mon Dieu, comme vous remplissez toutes choses par votre immensité, vous êtes, ô mon Dieu, plus présent ici que je n'y suis moi-même ! Ah ! je vous y aime, je vous y demande pardon, je vous y remercie, je vous y glorifie de tout mon cœur.

On peut faire cet acte à toutes les heures du jour. Mais pour s'en acquitter dignement, il le faut faire dans un recueillement intérieur avec attention, et un profond respect, s'anéantissant intérieurement devant la Majesté infinie de Dieu.

On peut se contenter de cet anéantissement intérieur lorsque l'on est en compagnie ; mais il est bon quand on est seul, de se mettre à genoux, et même se prosterner pour adorer les trois Personnes divines.
Comme les pauvres âmes qui sont en Purgatoire y souffrent des peines inexplicables, la divine charité demanderait que l'on y pensât souvent ; ainsi, on pourrait ajouter l'acte suivant.


Pour les Âmes du Purgatoire

Mon adorable Sauveur, quelque part de votre douloureuse Passion, de votre sainte Mort, et de tous vos mérites et satisfactions aux pauvres Âmes qui sont en Purgatoire.

Quelquefois quand on a le loisir, il faut faire quelques-uns des actes suivants, tantôt l'un, tantôt l'autre ; mais il vaut mieux en faire peu avec esprit, que d'en faire beaucoup avec peu d'attention.


Autre Acte de la présence de Dieu

Ô Dieu d'infinie Majesté, Trinité suradorable, Dieu qui êtes ici plus présent que moi-même ! comme tout ce que les pures créatures vous peuvent rendre d'honneur, est bien éloigné de ce qui vous est dû, je m'unis et je vous présente toutes les adorations, tous les amours, toutes les louanges, toutes les satisfactions, toutes les actions de grâces, toute la gloire que l'âme sainte de Jésus vous a rendues, vous rend, et vous rendra durant toute l'éternité. Ah ! je veux vous louer par toutes ces louanges, vous satisfaire par toutes ces satisfactions, vous adorer et vous aimer par toutes ces adorations et ces amours, vous remercier par toutes ces actions de grâces, et vous glorifier par toute cette gloire.


Autre Acte

Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, avec votre Fils adorable, et le Saint-Esprit, je déteste tous mes péchés plus que tous les maux ensemble ; et j'en ai regret du plus intime de mon cœur, dans la seule vue que les intérêts de votre divine Majesté en sont blessés, sans considérer les miens ni du côté de la peine, ou de la récompense, ni de la part du temps, ou de l'éternité, ni en la vue du Paradis ou de l'Enfer. Ah ! je m'unis à toute la douleur que l'adorable Jésus votre Fils bien-aimé a eue. Je vous offre pour y satisfaire toutes ses satisfactions, toute sa passion douloureuse, et sa précieuse Mort.


Autre Acte

Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, je vous y adore avec votre Fils bien-aimé, et le Saint-Esprit. Je vous offre toutes les satisfactions de l'adorable Jésus, tous ses mérites pour tous les péchés des hommes, et en particulier des Chrétiens, afin que vous en détourniez votre colère, que vous donniez la paix à votre Église, et à tous les Princes Catholiques, et la victoire contre les infidèles et hérétiques, afin que votre règne arrive par la destruction de l'infidélité et de l'erreur dans les pays des infidèles et des hérétiques, et par la destruction du péché, et de l'établissement de votre amour dans les pays des Catholiques ; et en particulier sur mon être et toutes les opérations de mon être, sur toutes mes pensées, paroles, actions et souffrances.


Autre Acte

Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, en considération de votre Fils bien-aimé, dont vous avez bien voulu que j'eusse l'honneur d'être l'un des membres en qualité de Chrétien, ah ! faites que je soutienne par votre grâce dignement une qualité si divine, qu'en qualité de membre de votre Fils bien-aimé, je ne sois animé que de son pur Esprit ; qu'il me gouverne, qu'il me conduise, et qu'il soit le principe de toutes mes actions et souffrances : en sorte qu'en toutes choses j'agisse par ses divins mouvements dans l'union avec l'adorable Jésus mon divin Chef, étant dépouillé du vieil homme.

(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)


Reportez-vous à Exercice de la présence de Dieu, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Dieu qui est présent partout demande de l'amour, Dieu qui est partout demande le respect extérieur, Dieu qui est partout, demande le respect intérieur, Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte TrinitéAveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de DieuMéditation sur l'oubli de la présence de DieuMéditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.














dimanche 5 juin 2022

Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit




Ceux qui vivent selon la chair goûtent les choses de la chair, tandis que ceux qui sont spirituels n'ont de goût que pour les choses de l'Esprit. (Rom., VIII, 5)

« Les dons de l'Esprit-Saint sont unis entre eux dans la charité, de telle sorte que celui qui a la charité a tous les dons de l'Esprit-Saint, et que, sans elle, on ne peut en avoir aucun (S. Thom., 1. 2, q. 68, a. 5). » — « Les dons sont donc toujours et infailliblement distribués avec la grâce sanctifiante ; mais, en cet état commun, ils ne produisent pas un grand effet ; voici comment nous pouvons en mériter un notable accroissement et les posséder à un haut degré. »

Recourir au Saint-Esprit par la prière. « Comme ce sont les dons du Saint-Esprit, il est raisonnable et nécessaire de les lui demander, et, comme ce sont de très-grands dons, de les lui demander avec toutes les instances possibles. Pour cela, outre les prières que nous pourrons faire de nous-mêmes, il faudra dire, souvent et avec une affection très-grande, le Veni, creator, et la belle prose, Veni, sancte Spiritus. Il sera même bon, durant quelque temps, de demander un don, de faire tous ses efforts pour l'obtenir, et de passer ensuite à un autre (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 3). »

S'unir intimement à Notre-Seigneur Jésus-Christ. « Nous acquérons la grâce du Saint-Esprit par Notre-Seigneur, de la plénitude de qui nous avons tout reçu (S. Jean, I. 16), et par ses mérites, et par les douleurs de sa mort, qui ont obligé son Père à verser sur nous toutes sortes de bénédictions célestes. (Ephés, I, 3) Entre ces bénédictions, il n'y a point de doute que les sept dons du Saint-Esprit ne tiennent un des premiers rangs ; et, comme Notre-Seigneur en a été surabondamment rempli, et pour lui et pour nous, nous devons nous unir à lui pour les prendre de lui (Ibid. — Cette union s'accomplit surtout par la sainte communion : en recevant, par la communion, Jésus-Christ en nous, nous recevons aussi l'Esprit de Jésus-Christ). » — « C'est surtout dans les scènes de la Passion qu'il faut chercher l'humanité sainte du Dieu Sauveur, et nous y attacher par la contemplation. De ses plaies sacrées couleront sur nous, comme d'autant de sources fécondes, et les eaux de la grâce, et les dons de l'Esprit sanctificateur. Là, en effet, dit saint Bonaventure, on voit briller avec éclat, dans un foyer commun, la sagesse et l'intelligence, le conseil et la force, la science et la piété, et la crainte du Seigneur (P. Belot, p. 50. Lire, dans l'admirable ouvrage de saint Bonaventure intitulé : Aiguillon de l'amour divin, les chapitres VII, VIII et IX, qui traitent des rapports de la Passion avec les dons, les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit.

La dévotion à Marie. « Marie a été, dès le premier instant de sa conception immaculée, enrichie des dons de l'Esprit-Saint. Elle a reçu ces dons sacrés, comme notre mère, pour nous les communiquer à nous-mêmes. Elle est la Mère du bel amour, de la divine connaissance et de la sainte espérance. Elles est pour nous la Mère de la grâce divine. C'est donc de cette tendre mère que nous devons les attendre, ces dons précieux ; c'est par elle que nous devons les demander (P. Belot, p. 236). »

Bannir de l'âme l'esprit du monde. « Les amateurs du monde ne sont point capables de tels dons, d'actes si parfaits, de rayons si lumineux ; car l'Esprit-Saint est donné lui-même au milieu de telles faveurs, et le monde ne peut recevoir cet Esprit de vérité, selon la parole du Seigneur. (S. Jean, XIV, 17) Et la raison qu'il en donne, c'est que le monde ne le voit point et ne le connaît point. L'intelligence des mondains n'est point apte à voir la lumière ; elle n'a point ces yeux invisibles par lesquels on peut contempler cet Esprit. Et la raison, c'est que, selon saint Paul, l'homme animal ne conçoit point les choses qui sont de l'Esprit de Dieu (I Cor., II, 14) ; car de tels hommes, dit le Psalmiste, ont résolu de tenir leurs yeux baissés vers la terre (Ps. XVI) (S. Bonaventure, liv. I, ch. V.). »

Pratiquer le recueillement intérieur. « Les rayons de ce divin soleil ne pénètreront pas les forces de notre âme, si celles-ci ne sont recueillies. Quelque pures que soient les eaux d'une rivière, les rayons lumineux ne peuvent les pénétrer, l'œil ne peut y rien distinguer, si elles sont agitées. Le Saint-Esprit ne parle pas dans le bruit ; il attend que l'on fasse silence pour faire entendre ses leçons. Et parlerait-il, d'ailleurs, comment une âme distraite, agitée, pourrait-elle prêter l'oreille à sa voix, et quel fruit pourrait-elle retirer de ses divins enseignements (P. Belot, p. 46. La vigilance sur nous-mêmes et l'usage des oraisons jaculatoires nous sont nécessaires pour garder le recueillement. L'amour du silence en est une autre condition ; mais sa source principale, c'est l'oraison. Un homme d'oraison ou un homme recueilli, c'est une seule et même chose : l'oraison n'est que l'exercice destiné à nous établir dans le recueillement. Le recueillement, c'est l'état habituel d'oraison ; et l'oraison, c'est l'acte, l'exercice quotidien du recueillement. (Mgr de Ségur, Le Chrétien vivant en Jésus, ch. VIII, 3.))

Les âmes terrestres, à mesure qu'elles se dilatent au-dehors par des désirs, resserrent de plus en plus l'entrée de leur cœur, et même la ferment quelquefois à l'Esprit divin. (Saint Grégoire)

« Que vous êtes heureux ! disait le jeune Décalogne à deux ou trois de ses camarades ; que vous êtes heureux ! Vous allez recevoir un sacrement qui vous donnera tant de facilité pour persévérer dans le bien et soutenir les bonnes résolutions que vous avez prises lors de votre première communion ! Que je voudrais être à votre place ! Pourquoi ce sacrement ne peut-il se réitérer ! car je savais à peine ce que je faisais lorsque je le reçus. Puisque le Saint-Esprit est Dieu, disait-il une autre fois à un de ses condisciples, il me semble qu'on ne doit pas se préparer avec moins de soin à recevoir la confirmation qu'à faire sa première communion. » Afin de réparer, en la manière qu'il pouvait, le manque de préparation qui avait précédé pour lui la confirmation, faute qui était du reste bien moins l'effet d'un manque de volonté que de la faiblesse de l'âge, il s'instruisit avec soin de tout ce qui a rapport à ce sacrement. Il en paraissait plus occupé que ceux qui se disposaient à le recevoir. Le jour de la confirmation, il s'approcha de la sainte table pour demander à Dieu de lui communiquer, comme à ses camarades, les précieux dons du Saint-Esprit, et la ferveur de ses désirs lui mérita d'en recevoir toute la plénitude. (Vie du jeune Décalogne)

(Les sept dons du Saint-Esprit)


Reportez-vous à Action du Saint-Esprit dans l'Église, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.













samedi 12 mars 2022

Le malheur du Monde en ce que le démon en est le Prince



Nous disons malheur au monde, parce que Jésus-Christ l'a dit ; et les malheurs que nous en écrivons, sont écrits dans son saint Évangile, et dans les divines Écritures des Livres canoniques. Si la narré de ces malheurs cause de l'horreur, c'est le Saint-Esprit qui en a disposé de la sorte, nous ne faisons qu'en suivre les expressions. On ne doit pas trouver étrange que l'on parle comme Dieu parle, et que l'on écrive comme les Apôtres et Évangélistes ont écrit. Dire que le diable est le Prince de ce onde, cette expression pourra sembler bien dure à quelques-uns ; cependant ce sont les propres paroles de Jésus-Christ Dieu.
C'est de la manière qu'il parle du Diable au Chapitre 12 de l'Évangile de saint Jean, qu'il appelle le Prince de ce monde. Son Apôtre, conformément à son divin Maître, nomme aussi les Démons, les Princes de ce monde et de ces ténèbres. Le Disciple bien-aimé, dans sa première Épître, parlant de la victoire des enfants de Dieu sur l'Antechrist, dit qu'il l'ont vaincu ; parce que celui qui est en eux, est plus grand que celui qui est dans le monde. C'est-à-dire que Jésus-Christ qui est en eux, est plus grand que l'esprit malin qui est le Prince et comme l'âme du monde impie. Il est même comme le père du monde pécheur. Jésus-Christ notre Sauveur déclare aux Juifs, dont il dit aussi qu'ils sont du monde, qu'ils sont les enfants du Diable, et qu'ils veulent accomplir les désirs de leurs pères. Le Saint-Esprit nous enseigne dans la première Épître de saint Jean, que celui qui pèche, est enfant du Diable. Il est même appelé Diable par le Fils de Dieu en la personne de Judas. Or le Démon a son trône dans le monde, il y est comme dans sa ville royale, où il donne ses lois, où il a sa cour, et ses plus fidèles ministres.
C'est là où il a conspiré la perte des hommes dès la création du monde ; c'est pourquoi notre Maître nous apprend qu'il a été homicide dès le commencement, faisant mourir Adam le premier homme. C'est ce qu'il a continué dans la succession de tous les siècles, et ce qu'il continue tous les jours. L'envie qu'il a de leur nuire, est inexplicable, aussi bien que les efforts qu'il fait contre eux, et les artifices dont il se sert pour les perdre.
Il leur fait une cruelle guerre, les combattant ouvertement par les tentations les plus grossières d'impureté, d'ivrogneries, de jurements, de querelles, de haines, d'injustices, de scandales. Ainsi saint Jean dans son Apocalypse vit sortir de la gueule d'un Dragon des esprits impurs en forme de grenouilles, qui paraissent de la sorte à cause de leur impureté, et des cris importuns qu'ils font, se servant des paroles et des raisonnements du monde, qui ne parle que de sensualité, que de vengeances, que des moyens d'acquérir des richesses, que d'ambition, d'orgueil et de curiosité : c'est pourquoi l'apôtre avertit de ne se pas laisser séduire par de vains discours.
Mais il exhorte à se fortifier en notre Seigneur et en sa vertu toute-puissante, et à s'armer de toutes les armes de Dieu, afin de se pouvoir défendre des embûches du Démon. Quand il s'agit de ses artifices, l'homme Apostolique veut que l'on s'arme de toutes pièces : car il use de tant de ruses pour attaquer les hommes, qu'il n'est pas possible de les dire. C'est pourquoi il a pris la forme d'un Serpent dès le commencement du monde, et il est appelé dans l'Apocalypse, l'ancien Serpent qui séduit tout le monde. Aussi l'Écriture remarque que le Serpent est le plus rusé de tous les animaux.
Il étudie les inclinations, et il tente conformément à la propre humeur, à la condition, et à l'état où l'on se trouve. Quelquefois il attaque par ce qui éclate et qui paraît grand aux yeux des hommes. C'est de la manière dont il tenta notre Seigneur lorsqu'il lui montra tous les Royaumes du monde, ce qu'il fit par des images formées en l'air, et qu'il lui dit : Je vous donnerai tout cela, si vous vous prosternez devant moi. Quelquefois il se sert du prétexte de la nécessité, comme il fit encore à notre Seigneur, lorsqu'ayant jeûné quarante jours et quarante nuits il eut faim, et il lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, commandez que ces pierres se changent en pain. D'autres fois il tente de présomption, comme on peut encore le remarquer dans la tentation de notre adorable Sauveur, lorsque l'ayant transporté dans la ville sainte, et l'ayant mis au haut du frontispice du Temple, il lui dit : Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas ; car il est écrit, qu'il a commandé à ses Anges de prendre soin de vous, et qu'ils vous porteront en leurs mains, de peur que vous ne vous heurtiez le pied contre quelque pierre. L'on peut voir ici que le Démon se servant de l'Écriture Sainte, il ne faut pas s'étonner si les Hérétiques, qui sont animés et conduits par son esprit, s'en servent si souvent en abusant malheureusement pour leur propre perte, et la perte des âmes qu'ils séduisent. Il a tenté Ève sous prétexte d'en faire une Déesse. Vous serez comme des Dieux, lui dit-il, en lui parlant d'Ève et d'Adam : il leur promet une science extraordinaire, et c'est la tentation dont il se sert à l'égard des beaux esprits, des gens de Lettres, des esprits curieux, qui sont tout plongés dans l'étude des sciences humaines, avec peu d'application à la science des Saints, qui se donne aux humbles, et que l'on acquiert par le dégagement des choses créées, l'exercice de l'oraison, et l'union intime avec notre Seigneur Jésus-Christ.
C'est aux pieds d'un homme Dieu crucifié que l'on devient savant dans cette science du Ciel, dont les gens de Lettres, qui ne sont pas mortifiés à eux-mêmes, sont dépourvus ; dont l'intérieur est sec et tout aride dans la privation des bénédiction de Dieu, par leur curiosité d'esprit, et l'application immodérée à l'étude : et l'on voit de ces gens-là qui auront de la peine à employer une heure dans l'oraison, qui passent les jours à la lecture des Livres : tentation assez ordinaire aux esprits, ou curieux, ou qui veulent paraître par leurs discours ou leurs écrits.
Ô qu'il est difficile aux doctes, dans la recherche de l'Histoire, et l'examen des difficultés qui s'y trouvent, dans la discussion des vérités dont l'on dispute, de n'y chercher que Dieu seul ! Qu'il est rare d'y conserver l'esprit d'oraison et de recueillement ! Et cependant à la mort que servira la curiosité des sciences ? Ô que la savante ignorance des personnes sans Lettres, qui auront eu la science des Saints, y aura d'avantages et de bénédictions ! Certainement tout est donné à la vraie humilité de cœur, au détachement et à l'union avec Dieu, grâces qui s'accordent par l'oraison et le recueillement. C'est pourquoi les Démons tâchent toujours de jeter dans les embarras d'occupations qui n'en laissent pas le temps. C'est à quoi même les personnes qui s'emploient dans les bonnes œuvres extérieures, doivent veiller ; car si elles ne prennent le temps pour se retirer et vaquer à Dieu, à la fin elles seront toutes dissipées. Un Prédicateur, un Missionnaire, qui de temps en temps ne fera pas quelque retraite, se répandra tout au-dehors, et perdra l'esprit intérieur.
C'est à quoi les Démons travaillent, qui savent bien que les œuvres éclatantes extérieures servent de peu, si elles ne sont animées de l'Esprit de Dieu. Ce sont des ennemis bien redoutables qui joignent avec la grandeur de leur esprit, qui ne trouve rien de semblable parmi les hommes, une force incroyable. Ce qui faisait dire à l'un d'eux à Saint Pacôme, qu'il n'y aurait point d'homme qui pût leur résister, s'il n'était soutenu de la vertu divine de Jésus-Christ, dont la providence ne leur permettait pas de ses servir de tout leur pouvoir. Ils ont de plus l'expérience de tous les siècles, ils sont invisibles, ils sont infatigables, ils reviennent toujours à la charge, ils ne se lassent jamais. C'est pourquoi il est dit dans l'Apocalypse : Malheur à vous, terre et mer, parce que le Diable est descendu vers vous dans une grande colère, sachant qu'il lui reste peu de temps. Ces paroles sont remarquables pour le temps de la mort.
Après tout, la plupart des hommes se laissent vaincre par ces malheureux esprits, et c'est pour ce sujet qu'ils sont appelés les Princes de ce monde. Et l'Écriture nous apprend que chacun est esclave de celui qui l'a vaincu. Ô dure servitude, que l'esclavage du Démon ! Jamais y a-t-il eu une tyrannie pareille, une cruauté semblable ? On en peut voir quelque chose en de certaines occasions dans les possédés : mais ce sera dans l'Enfer où ils exerceront leur tyrannie d'une manière inconcevable sur les malheureux damnés.
L'Apôtre nous apprend que dès ce monde les Démons tiennent captifs les pécheurs selon leur volonté. Vérité terrible, et dont le monde n'est point pénétré. Quelle horreur du pécheur de vivre sous la captivité du Diable selon sa volonté ! Ainsi il tombe d'abîme en abîme, de péché en péché. Ainsi quand on lui parle de quitter ses vices, ses passions, il répond qu'il ne saurait. Ô si les braves du monde, si ceux qu'on en appelle les Héros, qui sont dans le péché, savaient l'effroyable esclavage du Diable dont ils sont les captifs ! Ô si ces beaux Messieurs et ces belles Dames du monde qui s'étudient avec tant de soin à vivre en leur liberté, connaissaient la misérable servitude où ils sont réduits ayant le Démon pour tyran, qui les mène comme il veut ! si Dieu ouvrait les yeux pour découvrir ce qui se passe dans le monde, que l'on y verrait d'épouvantables choses ! Malheur à vous, dit le Saint-Esprit en Isaïe, qui traînez comme des cordes une longue suite d'iniquités. Ce sont les engagements différents dans le péché d'où se forme une chaîne qui entraîne les pécheurs dans le mal, et dont le Diable les tient garrottés.

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu, Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.













jeudi 28 octobre 2021

Qu'il y a une Tristesse louable et sainte



Mais, dira-t-on, faut-il donc être toujours dans la joie ? Ne faut-il jamais s'affliger ? N'y a-t-il aucune sorte de tristesse qui puisse être utile et avantageuse à l'âme ? Il y en a une sans doute, dit Saint Basile, puisque Jésus-Christ lui-même nous le dit par ces paroles : Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. Cassien, après le même Saint Basile, et après Saint Léon pape, distingue deux sortes de tristesses, l'une purement humaine et selon l'esprit du monde, l'autre spirituelle et selon Dieu. La tristesse, selon le monde, est de s'affliger des mauvais succès et des choses fâcheuses qui arrivent dans le cours de la vie : les vrais serviteurs de Dieu doivent être absolument inaccessibles à cette sorte de tristesse. Quand à la tristesse spirituelle, et qui est selon Dieu, celle-ci est bonne et salutaire ; les serviteurs de Dieu peuvent y être sensibles, et s'y livrer. S. Basile et Cassien disent qu'un pareil sentiment de tristesse peut avoir quatre causes. Premièrement, cette tristesse peut procéder de la vue de nos péchés, suivant ces paroles de l'Apôtre : « Maintenant je me réjouis, non pas de la douleur d'esprit que vous avez eue, mais de ce que cette douleur vous a portés à vous repentir : car vous vous affligez selon Dieu ; et la tristesse qui est selon Dieu, produit un ferme repentir, qui est utile pour le salut. » C'est donc une tristesse sainte et selon Dieu, que celle qui nous fait pleurer nos péchés, et qui est causée en nous par le regret de l'avoir offensé. Saint Chrysostôme fait sur ce sujet une remarque digne de la justesse de son esprit : « De toutes les pertes, dit-il, qui peuvent arriver à un homme, il n'y a que celles qui arrivent par le péché, qui puissent se réparer par la douleur et par le regret. » Ainsi donc dans toutes les autres choses, excepté dans le péché, la douleur est inutile, car elle augmente plutôt le sentiment de nos pertes, qu'elle ne le diminue. Mais ces pertes qui sont causées par le péché, se réparent entièrement par la douleur que l'on conçoit du péché : il ne faut donc s'affliger que de ses péchés.
En second lieu, cette tristesse salutaire peut naître en nous de la considération de tant de péchés qui se commettent tous les jours dans le monde : alors ce sentiment est encore très saint, puisqu'il procède d'un zèle ardent pour la gloire de Dieu, et pour le salut des âmes. C'était de cette espèce de douleur dont David avait le cœur pénétré, lorsqu'il s'écriait en s'adressant à Dieu : « Je suis tombé en défaillance, en songeant aux pécheurs qui abandonnent votre loi.... Le zèle m'a desséché, parce que vos ennemis ont mis vos commandements en oubli... J'ai vu les méchants, et je me desséchais de voir qu'ils ne gardaient pas vos ordonnances. »
En troisième lieu, cette tristesse peut venir du désir d'une grande perfection ; et cela arrive, lorsque ce désir est si ardent qu'on ne cesse de s'affliger de ce qu'on ne fait pas plus de progrès dans la vertu : ce sentiment est selon l'esprit de Dieu, puisque Jésus-Christ lui-même a dit : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. »
Enfin, la considération des biens éternels dont on est privé en cette vie, et l'impatience d'en jouir bientôt dans l'autre, est encore un juste sujet de tristesse pour les véritables serviteurs de Dieu. C'était ainsi que les enfants d'Israël, en se rappelant les beautés et les merveilles de Sion, s'affligeaient dans Babylone dans le temps de leur exil ; c'était aussi dans le même esprit que le Prophète Royal s'écriait : Hélas ! pourquoi faut-il que mon exil soit prolongé ! Ces paroles que l'Église adresse à la Sainte Vierge : Nous soupirons, nous pleurons, nous gémissons après vous dans cette vallée de larmes, forment sans doute un concert bien doux et bien agréable aux oreilles de Dieu.
Après avoir établi ces règles, Cassien indique les marques auxquelles on peut discerner la tristesse qui est selon Dieu, d'avec celle qui ne l'est pas. La tristesse qui a les choses de Dieu pour objet, est selon ce grand Maitre de la vie spirituelle, obéissante, affable, humble, douce et patiente ; et comme elle naît de l'amour de Dieu, elle renferme en elle tous les fruits du Saint-Esprit, dont parle Saint Paul, c'est-à-dire, la charité, la joie, la paix, la patience, la bonté, la foi, la modestie et la continence : la tristesse qui a toute autre origine, est au contraire impatiente, et accompagné de chagrin et d'amertume ; elle donne de l'éloignement pour le bien, elle jette dans le découragement, et enfin dans le désespoir. De plus, ajoute Cassien, cette tristesse n'est tempérée par aucune consolation, ni susceptible d'aucun adoucissement. La tristesse selon Dieu, est en quelque façon toujours gaie, elle porte sa consolation avec elle, elle donne du courage et des forces pour pratiquer le bien. On peut ainsi connaître la différence de ces sortes de tristesses d'après le détail que nous en avons fait ci-devant.
On peut encore conclure de tout ce que nous venons de dire, que la joie que nous désirons voir dans les serviteurs de Dieu, n'est pas cette joie vaine et frivole, qui nous transporte jusqu'aux éclats de rire, ni à dire de bons mots, et à se répandre inconsidérément dans les conversations avec toutes les personnes qu'on rencontre ; cette joie n'est pas convenable à des serviteurs de Dieu, c'est plutôt un effet de la légèreté de l'esprit. Ce n'est plus alors une joie sainte, c'est immodestie et dérèglement. La joie dont nous entendons parler, est une joie sage, qui vient d'un intérieur tranquille et réglé, et qui se manifeste extérieurement sur le visage : car, comme la tristesse de l'esprit fait impression sur le corps, suivant ces paroles du Sage : L'esprit triste dessèche les os ; de même la joie intérieure éclate au-dehors, suivant ces autres paroles : Le cœur joyeux rend le visage gai. Aussi lisons-nous de plusieurs Saints, qu'ils faisaient toujours voir sur leur front une joie et une sérénité, qui rendait un témoignage non suspect de la paix et de la satisfaction dont ils jouissaient intérieurement : c'est là proprement cette joie que nous devons souhaiter de pouvoir obtenir.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à De la Tristesse que cause la tiédeur au service de Dieu ; et de la joie que donne la bonne conscience, Que l'Oraison est un puissant remède contre la tristesse, Des causes de la Tristesse, et des remèdes qu'on doit lui opposer, Que les fautes légères où l'on tombe ne doivent pas faire perdre la joie du cœur, Raisons qui nous obligent à servir Dieu avec joie, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, Des maux réels et considérables que cause la Tristesse, Méditation sur la tristesse, Méditation sur deux sortes de tristesse, et De la réformation de la tristesse.















mercredi 20 octobre 2021

Que l'Oraison est un puissant remède contre la tristesse



Suivant Cassien, c'est un excellent remède contre toute cause de tristesse, que d'avoir recours à l'oraison, d'élever sa pensée à Dieu, et de l'appliquer à l'espérance des biens éternels qui nous sont promis ; il ajoute que cet acte dissipe tous les nuages de l'esprit, et chasse le démon de la tristesse ; de même que le son de la harpe de David chassait le démon qui tourmentait Saül. L'Apôtre Saint Jacques nous propose le même remède dans son Épître Canonique, quand il dit : Si quelqu'un de vous est triste, qu'il prie. Le Prophète Royal nous marque aussi qu'il se servait du même secours : Mon âme, dit-il, rejetait toute sorte de consolation. J'ai songé à Dieu, et je me suis réjoui..... Vos ordonnances pleines de justice, Seigneur, étaient mes Cantiques de réjouissance dans le lieu de mon exil. Il ne faut bien souvent que l'entretien de nos amis pour dissiper notre chagrin, et pour nous donner du calme ; quelle consolation et quelle douceur ne devons-nous point espérer, à plus forte raison, de trouver dans un entretien avec Dieu ! ce n'est donc pas dans la conversation des hommes, ni dans la lecture des Auteurs profanes, ni dans les concerts de musique, ni dans les autres divertissements du siècle, qu'un vrai Chrétien doit chercher du soulagement et du secours contre les atteintes de la tristesse ; il n'en doit espérer qu'au pied de la croix de Jésus-Christ, en le priant avec ferveur : c'est là qu'il trouvera infailliblement de la consolation et de la joie. Saint Augustin expliquant ces paroles du Psalmiste : Vous avez mis la joie dans mon cœur : « Ce n'est donc pas au-dehors, dit-il, qu'il faut chercher cette joie ; c'est dans l'homme intérieur, c'est au-dedans de soi-même, c'est dans cette retraite de cœur, qui est consacrée à la méditation et à la prière. »

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à De la Tristesse que cause la tiédeur au service de Dieu ; et de la joie que donne la bonne conscience, Des causes de la Tristesse, et des remèdes qu'on doit lui opposer, Que les fautes légères où l'on tombe ne doivent pas faire perdre la joie du cœur, Raisons qui nous obligent à servir Dieu avec joie, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, Des maux réels et considérables que cause la Tristesse, Méditation sur la tristesse, Méditation sur deux sortes de tristesse, et De la réformation de la tristesse.














dimanche 10 octobre 2021

Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté


Il y a des âmes simples, que les pensées contre la foi et contre la pureté jettent dans l'accablement : comme si ce qui se passe alors en elles, était une marque de réprobation, et une preuve que Dieu les eût abandonnés. Il est bon d'avertir ici que c'est une illusion et une erreur. Gerson rapporte à ce sujet, qu'un Solitaire, tourmenté de ces pensées affligeantes, fut vingt ans sans oser jamais les découvrir à personne, s'imaginant que l'état ou il se trouvait, était une disposition si affreuse et si horrible, qu'elle scandaliserait celui à qui il pourrait en faire la confidence. Enfin, après une épreuve si longue et si pénible, il se résolut de s'adresser a un de ses anciens ; et encore n'osa-t-il pas lui faire verbalement ce détail, mais par un écrit qu'il lui remit entre les mains. Le saint Vieillard, après l'avoir lu, se mit à sourire, et lui dit : Mon fils, mettez votre main sur ma tête. Le solitaire ayant obéi : Je prends sur moi votre péché continua le saint homme : ne vous en mettez plus désormais en peine. Comment, mon père, lui répliqua le Solitaire, il me semble que j'ai déjà un pied dans l'enfer, et vous me dites que je ne m'en mette point en peine ? Mais, mon fils, reprit le Vieillard, prenez-vous quelque délectation à ces sortes de pensées ? Le Solitaire ayant répondu qu'au contraire elles lui avaient toujours causé beaucoup de chagrin et de douleur.
Puisque cela est ainsi, répliqua l'homme de Dieu, c'est une marque que vous n'y avez nulle part, et que c'était le démon qui excitait en vous ces pensées pour vous porter au désespoir.
Écoutez-moi donc, mon fils, ajouta-t-il, et suivez mon conseil : Si ces sortes de pensées viennent encore vous importuner, dites au démon qui en est l'auteur : Malheur à toi, esprit d'orgueil et d'impureté! que tes impuretés et tes blasphèmes retombent sur toi! je ne veux point y participer ; je me tiens à ce que l'Église croit ; et je mourrais plutôt mille fois que d'offenser mon Dieu. Les paroles du saint Vieillard consolèrent et fortifièrent ce Solitaire, qu'il ne fut Plus attaqué dans la suite de pareilles tentations. Sur quoi il est à propos, pour l'instruction de ceux qui ont de la répugnance à découvrir ces sortes de tentations à leurs directeurs, de remarquer ici en passant, qu'il en coûte beaucoup plus de les tenir cachées, qu'il n'en coûte d'en faire l'aveu.
Voyons maintenant ce qu'il faut faire en de pareilles occasions ; car il y a des Chrétiens qui s'y prennent tout autrement qu'il ne faut. Quand ces sortes de pensées viennent à les tourmenter, Ils se pressent fortement les tempes avec les mains, froncent le sourcil, ferment les yeux ; et secouent la tête, comme pour leur dire qu'ils ne les laisseront point entrer : quelquefois même, s'ils ne parlent effectivement, ils croient n'avoir rien fait, et se persuadent d'y avoir consenti. Ils se font alors plus de mal par de pareils efforts et ces sortes de contentions, que la tentation même ne leur en pourrait faire.
Mais que faut-il donc pratiquer pour les vaincre ? Il n'est point question, disent les Maîtres de la vie spirituelle, de faire de grands efforts d'imagination, ni de se rompre la tête pour repousser ces tentations : il faut les mépriser et ne s'y point arrêter. Il en est de ces pensées, disent-ils, comme de ces petits chiens qui aboient après un homme qui passe : si cet homme continue son chemin, sans se mettre en peine de les chasser, ils cessent bientôt de crier ; mais s'il s'amuse à les vouloir éloigner, ils se mettent alors à redoubler leurs aboiements et à le poursuivre. On peut encore faire comme un homme qui marche dans un chemin où le vent souffle, et lui porte la poussière au visage : cet homme ferme alors les yeux, et poursuit promptement sa route, sans s'embarrasser ni du vent ni de la poussière. En un mot, le remède contre ces sortes de pensées, et le moyen d'en être promptement délivré, est de ne s'en pas inquiéter. Il y a même plus (et cela doit bien engager ceux qui en sont attaqués à se servir de ce remède, et à leur mettre l'esprit en repos), c'est disent les Saints, que plus ces tentations semblent horribles et détestables, moins il les faut craindre ; parce qu'elles sont déjà moins dangereuses par l'horreur qu'elles inspirent.
Le combat contre les tentations, dit Saint Bernard, est un combat pénible, mais il est utile ; car la récompense y est proportionnée à la peine, et le sentiment qu'elles causent ne peut nuire, si l'on n'y donne son consentement : et, au contraire : plus la résistance est pénible, plus la récompense qui nous est promise est grande. Blosius est du même avis : il assure qu'une pensée de vaine complaisance de soi-même, où l'on se laisse aller une seule fois, est plus désagréable à Dieu que les pensées les plus honteuses qui nous attaquent, mais auxquelles on ne consent point. Il ne faut donc ni s'en affliger, ni s'en mettre en peine, et regarder ces tentations comme si elles se passaient hors de nous.
Les Directeurs les plus expérimentés dans la conduite des âmes, donnent encore un avis très sage sur cette matière, c'est, disent-ils, qu'il est dangereux de trop craindre ces sortes de tentations, et de s'en trop inquiéter : parce que cette crainte ne sert qu'à les augmenter, et leur donner plus de force par l'attention que l'on y porte.
J'ajoute un dernier préservatif qui nous est extrêmement recommandé par les Saints, et qui peut servir de remède général contre toutes les tentations intérieures : c'est que, quand il se présente à l'esprit quelque mauvaise pensée, il faut essayer de s'en distraire, en portant aussitôt son attention sur quelque autre objet : telle est la considération de la mort et des souffrances de Jésus-Christ, ou sur quelqu'une des vérités effrayantes de la Religion. Au reste, il ne faut pas employer, pour cela de grands efforts d'imagination, ni se donner la torture à l'esprit : mais il faut seulement faire en sorte d'éviter adroitement le coup que le démon nous porte, et parer cette attaque avec quelque bonne pensée, ou quelque utile occupation. Les uns, pour cet effet, cherchent un asile dans les plaies de Jésus-Christ, et principalement dans celle de son sacré côté, ils se retirent en esprit dans les trous de cette pierre, et dans les ruines de cette muraille : les autres ont recours à la méditation salutaire de la mort et de l'enfer, et disent avec Job : « Qui m'accordera, Seigneur, que vous me protégiez contre les attaques de l'enfer, et que vous me cachiez jusqu'à ce que votre fureur soit passée ? » Que chacun s'attache donc à ce qu'il connaîtra lui être le plus utile, et qui lui paraîtra le plus propre à faire ces sortes de diversions contre l'ennemi du salut ; et lorsqu'il aura trouvé un sujet frappant de méditation, qu'il fasse tous ses efforts pour le bien approfondir et le bien pénétrer, afin que dans le besoin il puisse y avoir recours, et y trouver un rempart assuré contre les attaques de l'ennemi de son salut.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Autre prière pour demander la pureté de l'âme et du corps, Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, La prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.