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lundi 13 décembre 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XLVII : Premier Commandement


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


XLVIIe LEÇON

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR LA CHARITÉ.

PREMIER COMMANDEMENT.


L’idolâtrie de Salomon

Q. Comment savons-nous que nous aimons Dieu ?
R. Nous savons que nous aimons Dieu quand nous observons ses commandements, et ses commandements ne sont pas difficiles.

Q. Combien y a-t-il de commandements de Dieu ?
R. Il y a dix commandements de Dieu, qu'on appelle le Décalogue.

Q. Quel est le premier ?
R. Voici le premier commandement : Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement.

Q. Que nous ordonne le premier commandement ?
R. Le premier commandement nous ordonne d'adorer Dieu, de n'adorer que lui, et de l'aimer de tout notre cœur : adorer Dieu, c'est le reconnaître pour le créateur, le conservateur, le souverain maître de toutes choses et l'être infiniment parfait.

Q. Comment adorons-nous Dieu ?
R. Nous adorons Dieu par la foi, en le reconnaissant pour la vérité même ; par l'espérance, en le reconnaissant pour la bonté même ; par la charité, en le reconnaissant pour le bien infini ; et par la vertu de la Religion en l'honorant comme le maître absolu de toutes choses.

Q. Quand sommes-nous obligés de faire des actes de foi, d'espérance et de charité ?
R. Nous sommes obligés de faire des actes de foi, d'espérance et de charité : 1° quand nous avons l'usage de la raison ; 2° quand nous sommes tentés ; 3° de temps en temps pendant la vie ; 4° à l'article de la mort.

Q. Qu'est-ce que la vertu de Religion ?
R. La vertu de Religion est la vertu par laquelle nous rendons à Dieu le culte suprême qui lui est dû, comme au Créateur et souverain Seigneur de toutes choses.

Q. Quels sont les principaux actes de la vertu de Religion ?
R. Les principaux actes de la vertu de Religion sont : la dévotion, la prière, l'adoration, le sacrifice, l'offrande et le vœu.
 
Q. Quels sont les péchés opposés à la vertu de Religion ?
R. Les péchés opposés à la vertu de Religion sont : l'irréligion, la superstition et le culte illégitime. On pèche par irréligion, lorsqu'on manque de respect aux personnes, aux lieux, aux choses, consacrés à Dieu ; par superstition et culte illégitime, lorsqu'on rend aux créatures un culte qui n'est dû qu'à Dieu, ou qu'on a recours au démon.

Q. Quelles sont les principales manières par lesquelles on recourt au démon ?
R. Les principales manières par lesquelles on recourt au démon sont : la magie, la divination, le maléfice et la vaine observance.

Q. Qu'est-ce que le culte illégitime ?
R. Le culte illégitime est celui qu'on rend à Dieu autrement qu'il ne lui est dû : le culte illégitime et la superstition sont des artifices du démon pour défigurer la Religion et s'attirer la confiance des hommes, afin de les détacher de Dieu et de les perdre.

Q. Nommez les superstitions les plus dangereuses et les plus répandues de notre temps ?
R. Les superstitions les plus dangereuses et les plus répandues de notre temps sont : le somnambulisme, le magnétisme, et le spiritisme. Ce dernier est l'évocation et le culte des démons sous le nom d'âmes des morts.

Q. Est-il permis de rendre un culte à la sainte Vierge, aux Anges, aux Saints, à leurs reliques, à la croix et aux images ?
R. Il est permis de rendre un culte à la sainte Vierge, aux saints, à leurs reliques, à la Croix et aux images, et ce culte est : 1° très ancien ; 2° très légitime ; 3° très utile ; 4° très consolant.

Q. Quel est le culte que nous leur rendons ?
R. Nous leur rendons un culte, non d'adoration, mais d'honneur et de respect ; nous les prions, non pas de nous exaucer, mais d'intercéder pour nous auprès de Dieu.

Q. Expliquez cette réponse ?
R. Nous honorons et nous invoquons la sainte Vierge parce qu'elle est la mère de Dieu ; les Anges parce qu'ils sont ses ministres et nos amis ; les Saints, parce qu'ils sont nos protecteurs ; leurs reliques, parce que leurs corps furent les temples vivants du Saint-Esprit ; la Croix et les images, parce qu'elles nous rappellent le souvenir de Notre-Seigneur et des Saints.

Q. À qui se rapporte le culte que nous leur rendons ?
R. Le culte que nous leur rendons se rapporte à Dieu comme l'honneur qu'on rend aux ministres d'un roi se rapporte au roi lui-même.

Q. Quel avantage temporel nous procure le premier commandement ?
R. Le premier commandement nous délivre de l'idolâtrie et de l'impiété, qui sont la cause de tous les maux.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'aurai toujours un crucifix dans ma chambre.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite), Leçon XXXVIII : De la Pénitence, Leçon XXXIX : De la Pénitence (Suite), Leçon XL : De la Pénitence (Suite), Leçon XLI : Des Indulgences et du Jubilé, Leçon XLII : De l'Extrême-Onction, Leçon XLIII : Du Sacrement de l'Ordre, Leçon XLIV : Du Sacrement de l'Ordre (Suite), Leçon XLV : Du Sacrement de Mariage, Leçon XLVI : De la Charité, Leçon XLVIII : Deuxième Commandement.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.















mardi 8 juin 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon I : État du monde à la venue du Messie


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension



PREMIÈRE LEÇON

ÉTAT DU MONDE À LA VENUE DU MESSIE



Q. Quel était l'état des nations à la venue du Messie ?
R. Suivant la prophétie de Daniel, l'empire romain avait assujetti tous les peuples à ses lois. César-Auguste régnait en paix sur le monde ; mais toutes les nations étaient plongées dans les ténèbres de l'idolâtrie.

Q. Quel était l'état des Juifs à la venue du Messie ?
R. La vérité, qui était expirante chez les nations païennes, menaçait aussi de se perdre chez les Juifs ; il y avait en Judée quatre sectes principales qui l'altéraient et lui ôtaient son empire sur les esprits.

Q. Quelles étaient ces différentes sectes ?
R. Ces différentes sectes étaient les Pharisiens, les Saducéens, les Esséniens et les Hérodiens.

Q. Qui étaient les Pharisiens ?
R. Les Pharisiens étaient des sectaires qui avaient ajouté à la loi de Moïse une foule de traditions superstitieuses et de pratiques ridicules : ils étaient orgueilleux, avares, ambitieux, hypocrites et ennemis jurés de Notre-Seigneur.

Q. Qui étaient les Saducéens ?
R. Les Saducéens étaient des incrédules qui niaient la tradition des anciens, l'immortalité de l'âme et la résurrection des corps. Moins nombreux que les Pharisiens, ils avaient cependant beaucoup d'influence, parce qu'ils étaient les premiers de la nation.

Q. Qui étaient les Esséniens ?
R. Les Esséniens étaient d'autres sectaires qui rejetaient toutes les traditions, niaient la résurrection des corps et la spiritualité de l'âme : ils vivaient loin des villes, et se livraient à des grandes austérités.

Q. Qui étaient les Hérodiens ?
R. Les Hérodiens étaient des hommes attachés à la cour d'Hérode, qui professaient une morale très dangereuse.

Q. Comment se divisait la Palestine à la venue du Messie ?
R. À la venue du Messie, la Palestine se divisait en trois parties : la Samarie, dont les habitants s'appelaient Samaritains. C'étaient des idolâtres convertis à la religion judaïque, mais à laquelle ils mêlaient beaucoup d'erreurs.

Q. Quelles étaient ces erreurs ?
R. 1° Ils n'admettaient de toute l'Écriture sainte que les cinq livres de Moïse ; 2° ils rejetaient la tradition des docteurs juifs ; 3° ils soutenaient qu'il fallait adorer Dieu sur le mont Garizim et non point à Jérusalem : les Juifs les avaient en horreur.

Q. Quelle était la seconde partie de la Palestine ?
R. La seconde partie de la Palestine était la Galilée, dont les habitants s'appelaient Galiléens. C'étaient des Israélites des dix tribus qui, après le retour de la captivité de Ninive, avaient rebâti une partie des villes de l'ancien royaume d'Israël : ils pratiquaient la même religion que les Juifs.

Q. Quelle était la troisième ?
R. La troisième était la Judée proprement dite, dont Jérusalem était la capitale. Cette partie de la Palestine était occupée par les tribus de Juda et de Benjamin, qui, au retour de la captivité de Babylone, avaient rebâti Jérusalem et le temple.

Q. De qui dépendaient les Juifs à la naissance du Messie ?
R. À la naissance du Messie, les Juifs dépendaient des Romains, qui leur avaient imposé un tribut et ôté le droit de faire exécuter à mort les criminels : c'était le signe que la souveraine puissance était sortie de leurs mains et que le Messie était proche.

 
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je mettrai le plus grand soin à étudier cette seconde partie du Catéchisme.


Deuxième Partie : Leçon II : Naissance du Messie.

Première Partie : Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.













dimanche 13 septembre 2020

C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs

 

Abraham servant les trois Anges

C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs. Cette Épouse de Jésus-Christ si sage et si prudente, éclairée par les divins Oracles, et conduite par le Saint-Esprit, ne pouvait ignorer les intentions de son divin Époux, et les services qu'elle pouvait espérer de leur protection auprès de lui. Une pratique si universellement et si anciennement établie dans l'Église Catholique, et qui ne doit ses commencements à aucun Concile, ni à aucune Assemblée Ecclésiastique, ne peut être rapportée, quant à son origine, qu'au temps des Apôtres, suivant cette règle de saint Augustin, qui est, qu'un usage généralement observé par toute l'Église, et dont on ne peut trouver l'établissement dans aucun Concile, vient indubitablement des Apôtres qui l'ont enseigné de vive voix (Lib. 4. de Baptisme contrà Donatistas, cap. 24).
Il est vrai que dans les premiers siècles de l'Église il était plus rare d'honorer d'un culte particulier les Anges, de peur de donner sujet aux Païens, d'accuser les Chrétiens d'idolâtrie, s'ils avaient pu dire qu'ils ne différaient en rien d'eux, en honorant, comme ils faisaient, des divinités subalternes sous le nom des Anges ; ce qu'ils ne pouvaient pas dire de même en leur voyant honorer les Martyrs, sachant qu'ils ne les honoraient qu'à cause de leur mort ; et parce qu'ils avaient donné leur vie pour la ruine de l'idolâtrie. D'ailleurs, une pratique de piété peut être plus ou moins éclatante dans l'Église, moins dans un siècle que dans un autre. L'Esprit de Jésus-Christ qui règle les mouvements des membres de son Église, leur inspire toujours l'approbation des mêmes choses, parce que la vérité est invariable ; mais il ne les applique pas toujours également aux mêmes pratiques, rendant certaines actions de piété plus fréquentes en un temps qu'en un autre. Ainsi, lorsque la Religion chrétienne étant favorisée des Empereurs convertis à la foi n'eut plus à craindre les calomnies des Païens ; elle commença d'honorer les Anges, et les Saints qui n'ayant pas souffert le martyre pour Jésus-Christ n'en étaient pas moins dignes de respect pour avoir passé leur vie dans les pratiques de la pénitence.
On ne peut douter que le culte des Anges ne soit très-ancien parmi les Juifs. Je parle de ce culte qui consiste à les honorer, à leur adresser des prières comme à ceux d'entre les Ministres du Seigneur qui sont les Médiateurs entre lui et nous ; culte, dis-je, qui consiste à leur donner des preuves de notre reconnaissance et de notre profonde vénération. Moïse et Josué se déchaussent par respect en présence d'un Ange qui apparaît, à l'un dans le buisson ardent (Exod. 3, 5), et à l'autre dans la campagne de Jéricho (Josué 5, 13-14). Abraham se prosterne devant ceux qu'il reçoit dans sa tente (Genes. 15, 2), et Daniel devant celui qui se présente à lui sur le Tigre (Daniel 10, 5-6). Moïse ordonne aux Israélites de craindre, et d'honorer l'Ange que le Seigneur leur donne pour les conduire (Exod. 13, 20). Jacob prie avec larmes celui contre qui il avait lutté, de lui accorder sa bénédiction (Genes. 22, 36). Flevit et rogavit eum (Osée 12, 4). Étant au lit de la mort, il prie l'Ange qui l'a toujours conduit et protégé de bénir ses petit-fils, Éphraïm et Manassé (Genes. 48, 16). L'Ange dit à Loth (Genes. 19, 21) : Voici que j'ai reçu vos prières par lesquelles vous avez demandé que votre ville ne fût point détruite. Si cet Ange a admis les prières de Loth, il les lui avait donc adressées. Et si l'Ange lui a promis qu'il ne renverserait pas Sodome, Loth le lui avait donc demandé ? Philon (L. de Gigantibus), Auteur Juif, et Historien célèbre, parle des Anges comme des Entremetteurs et des Médiateurs entre Dieu et les hommes ; ce sont eux en effet, qui leur portent les faveurs et les grâces de Dieu, et qui lui représentent leurs besoins : ils sont comme les yeux et les oreilles du Tout-puissant qui voient tout, et qui écoutent tout, qui portent aux hommes les Commandements de Dieu, et qui rapportent à Dieu les prières des hommes. L'Église chrétienne a imité la piété de la Synagogue envers les Anges, comme elle a imité sa foi sur leur existence, et sur les secours que nous en recevons. Elle a toujours cru qu'ils offraient à Dieu nos prières.
L'invocation des Anges pratiquée dans l'ancien Testament, non-seulement n'est point défendue dans le Nouveau, mais elle s'y trouve marquée assez expressément dans l'Apocalypse (Chap. I, V, 4), où la grâce et la paix sont demandées par l'Apôtre saint Jean à Dieu par l'entremise des sept Esprits. La grâce et la paix vous soient données par Celui qui est, qui était, et qui doit venir, et par les sept Esprits qui sont devant son Trône, toujours prêts à exécuter ses ordres. Celui qui veut attirer la grâce sur les Fidèles en interposant le crédit des sept Anges, les invoque certainement pour qu'ils demandent à Dieu le bien qu'il leur souhaite.
Quant aux Pères de l'Église qui forment la chaîne de la tradition, en défendant contre les ennemis de notre Religion le culte et le respect qu'on rendait aux Saints, ils ont en même temps défendu celui qui est dû aux Anges. Nous rapporterons ici le témoignage de quelques-uns des plus anciens. Dans les lettres écrites à saint Cyprien, on en trouve une de Nemesien, Évêque en Numidie (Epist. 77. inter Cypr.), où se recommandant à ses prières ; il dit : « Assistons-nous les uns les autres par nos prières, et demandons à Dieu, à Jésus-Christ, et aux Anges, comme vous le dites fort bien, qu'ils nous aident dans toutes nos actions. » Il croyait donc que leur protection pouvait être utile pour se bien conduire. Tertullien en réprouvant la superstition des Païens qui invoquaient une Déesse qu'ils appelaient Allemone, parce qu'elle présidait, disaient-ils, à la formation et à la nourriture des enfants dans le ventre de leur mère, attribue aux Anges de rendre ces bons offices aux Chrétiens (Lib. de anima cap. 37. p. 30). On sait assez en quel sens Origène dit qu'il ne faut prier que Dieu, n'invoquer que Dieu ; il le disait par rapport à la manière dont Celse voulait qu'on invoquât et qu'on priât les Anges et les démons en leur offrant des sacrifices, en les faisant auteurs des biens qu'on leur demandait ; car pour ce qui est de la prière et de l'invocation, telle qu'elle est pratiquée dans l'Église, Origène était si éloigné de la condamner, qu'il adresse lui-même sa prière à l'Ange Gardien d'un bon vieillard qu'on allait baptiser : Venez Ange de Dieu, lui dit-il (Hom. I. in Ezech. tom. 2), recevez celui que la prédication de l'Évangile a retiré de son ancienne erreur, de la doctrine des démons, et de l'iniquité : Recevez-le comme un bon Médecin : prenez-en soin, et apprenez-lui à bien vivre. Saint Ambroise, qui aux erreurs près qu'il condamne dans Origène faisait tant de cas de ses écrits, qu'il semble les avoir copiés ou abrégés en plusieurs endroits ; dit, conformément à sa doctrine, dans ce que l'on vient de citer de lui, qu'il faut prier et invoquer les Anges (L. de Viduis c. 9. tom. I. édit. Paris. p. 200). Notre infirmité, dit aussi saint Hilaire, a besoin de leur intercession (S. Hil. in Psal. 129. II. 7). La piété de l'Empereur Constantin, qui le porta à bâtir dans Constantinople tant de belles Églises, fit qu'il en éleva une des plus célèbres et des plus fréquentées, qui s'appela, Michaëlium ; on l'a ainsi nommée au rapport de Sozomène (Sozom. lib. 2. cap. 3), parce que l'on croyait que l'Archange saint Michel y avait apparu. Je puis rendre témoignage, ajoute cet Auteur, des bienfaits que j'ai reçus par son intercession, et la vérité de ce que j'en assure sera confirmée par l'expérience de plusieurs personnes. Il rapporte ensuite en particulier quelques guérisons opérées dans ce temple, n'ayant pu, dit-il, raconter tous les miracles qui ont été faits dans cette Église. Il y avait aussi en Phrygie, selon Theodoret, nombre d'Oratoires dédiées à saint Michel. On verra dans l'une des Méditations (p. 210), une belle invocation des Anges faite par Victor d'Utique en l'an quatre cent quatre-vingt-huit, où il écrivait son histoire de la persécution des Vandales.
Il paraît superflu de pousser plus loin la tradition sur l'invocation des Anges et des Saints, dont les témoignages sont si authentiques et si fréquents depuis le quatrième siècle ; outre que la pratique présente de l'Église est un sûr garant de la légitimité du culte qu'elle leur accorde.
Il serait inutile d'objecter contre cet usage de la sainte Église, qu'un Ange dans l'Apocalypse refuse l'honneur que saint Jean voulait lui rendre en l'adorant : Gardez-vous bien de faire cela, lui dit l'Ange, car je suis votre conserviteur et celui des Prophètes vos frères : Rendez vos adorations à Dieu seul (Apoc. cap. 22. n. 8. 9). Il ne le refuse que parce que l'Apôtre voulait lui rendre le culte de latrie, croyant que ce fût le Fils de Dieu. Le Concile de Laodicée, cité par Théodoret, qui défend de quitter l'Église pour invoquer les Anges et faire des assemblées particulières, n'est que contre ceux qui préfèrent la médiation des Anges à celle du Sauveur ; il ne condamne que ceux qui laissent Jésus-Christ pour s'attacher par une espèce d'idolâtrie, aux Anges (Derelinquens Dominum nostrum Jesum Christum Filium Dei accessit ad idola) ou qui, comme il est dit dans le premier livre des Capitulaires de Charlemagne (In Concilio Laodicensi pracipitur ut ignota Angelorum nomina nec singantur, nec nominntur nisi illorum quos habemus in autoritate. Hi sunt Michaël, Gabriël, Raphaël. capitulanium lib. I. cap. 16. pag. 707), imposeraient des noms de magie aux Anges, et les invoqueraient pour en faire. C'est pourquoi le Canon qui suit dans le Concile parle de magie. Laodicée était la capitale de Phrygie qui n'était pas éloignée de Colosse. Le Concile n'aura donc défendu que ce que saint Paul avait défendu lui-même dans son Épître aux Colossiens, chap. 2. V. 18. que nul ne vous ravisse le prix de votre course, dit l'Apôtre, en affectant de paraître humble, par un culte superstitieux des Anges. Il veut marquer, dit Dom Calmet sur cet endroit de l'Épître, que ceux contre qui il parle se mêlaient de donner des noms aux Anges, de les distribuer par classe comme s'ils avaient vécu dans le Ciel : quoe non vidit ambulans, marchant par une route qui lui est inconnue, ou bien se mêlant de parler de choses qu'il ne sait point, dit saint Paul. Il est certain qu'il y a eu un culte superstitieux des Anges dans les premiers siècles. Tertullien assure que Simon et Cerinthe préféraient la médiation des Anges à celle de Jésus-Christ (Lib. de praeserip. cap. 43) : et saint Jérôme soutient, qu'ils juraient non seulement par le Ciel, mais aussi par les Anges (Sanctus Hieron. in cap. 5. Matrh. et quaest. 10. ad Algasiam). Saint Épiphane a reconnu qu'il y avait eu des Hérétiques dont l'hérésie n'avait pas fait de grand progrès, qui attribuaient aux Anges la création du monde (S. Epiph. lib. 2. de haeresibus tom. I. p. 505. haeresi. 60). Saint Augustin fait mention d'eux sous le nom d'Angeliques ; et attribue aussi aux Gnostiques d'avoir imaginé sur les Anges des dogmes fabuleux pour tromper et séduire les âmes (S. August. tom. 6. de haeresib. haeresi 39 et 6. p. 7 et 5 tom. 6. edit. Lovan.). C'est contre de pareils Hérétiques, ou des Philosophes Platoniciens qui mettaient les Anges au rang des Dieux du second ordre, et qui élevaient les Anges au-dessus de Notre-Seigneur même, parce qu'étant de purs Esprits ils étaient d'une nature supérieure à la nôtre, que saint Paul s'élève : ils ne reconnaissaient pas le Fils de Dieu pour Chef des Anges et des hommes, comme l'insinue cet Apôtre au verset suivant. Non tenentes Caput. C'est pour cela que dans l'Épître aux Hébreux, il élève si fort Jésus-Christ au-dessus des Anges.
Nous sommes (grâces à Dieu) bien éloignés des sentiments des Hérétiques dont on vient de parler, car nous reconnaissons les Anges pour de pures créatures, soumises aux ordres du Fils de Dieu, qui mérite seul nos adorations, étant Dieu lui-même de même nature que son Père ; mais cela n'empêche pas qu'on ne doive honorer les Anges, quoique d'un culte infiniment au-dessous de Dieu, soit à cause de l'excellence de leur nature, de leur éminente sainteté, de la dignité de leurs emplois, soit à cause des grands services qu'ils rendent aux hommes.
Au reste si l'ancien et sublime écrivain qui a composé un traité de la Hiérarchie céleste, et que l'on cite ordinairement sous le nom de saint Denis, quoique l'on n'ait point encore bien résolu le problème, si c'est saint Denis Aréopagite qui en est l'Auteur, ou si c'est seulement un Père du troisième siècle ; si, dis-je, ce génie également supérieur et profond, que saint Jean Chrysostome appelle l'Oiseau du ciel, Volucris, coeli, et saint Jean Damascène le plus grand des Théologiens, en commençant d'entrer en matière, demande à Jésus-Christ qu'il soit son guide et son conducteur, pour lui inspirer ce qu'il doit mettre par écrit ; combien avons-nous plus de sujet de demander au Fils de Dieu des lumières assez vives pour traiter d'un sujet aussi élevé que celui où l'on parle des perfections Angéliques ? Disons-le donc avec lui. Sit dux Verbi Christus, (si mihi dicere liceat) meus, qui de tantâ re quid dicere debeamus, inspiret. Est enim ipse totius scientioe sfons, coelestisque afflatûs indultor. Pour vous, ô Chrétiens, recevez en esprit de religion ce que les saintes Écritures nous apprennent sur une si belle manière : en écoutant des choses divines ; cachez-les dans le plus intime de votre cœur, puisqu'elles sont capables de vous unir à Dieu très-étroitement : conservez pure cette doctrine, en vous séparant de cette multitude profane qui ne comprend pas les choses de Dieu. Tu autem, ô fili, justà quod sancit nostra piissima et Sacro-sancta traditio, et ipsa quoe sancta dicuntur, congruâ suscipe pietate, ac divina dicendo, divinus efficere, et sancta mentis recessibus condens, ea ut eximia, et conjungendi nos Deo vim habentia singularem, à prophanâ multitudine inviolata custodi (L. coelesti Hierarchià de cap. 2. sub finem).


(Extrait de La dévotion aux Saints Anges, particulièrement aux Anges Gardiens, réduite en méditations)


Reportez-vous à De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque homme, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piété, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Litanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges Gardiens, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Neuvaine à Saint Michel, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Chapelet à Saint Michel Archange, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, et Litanie de Saint Gabriel Archange.














 

samedi 12 septembre 2020

Bienfaisantes initiatives de Don Sarto, vicaire à Tombolo, pour mettre fin aux blasphèmes dans son église




On ne s'étonnera pas qu'il ait été très populaire auprès du peuple laborieux de Tombolo.
Tout ardeur pour le salut des âmes, il causait volontiers avec les gens, écoutait leurs propos, notait leurs tendances et leurs besoins. Un jour, comme d'aucuns se lamentaient de ne savoir ni lire ni écrire :
— Menons sur pied une école du soir ! suggéra don Joseph qui cherchait le moyen de remédier à l'affreuse manie de blasphème, si répandue dans le village.
— Parfait, répondirent-ils d'une voix unanime.
— Mais comment faire ? objecta un jeune homme. Certains d'entre nous possèdent déjà quelques rudiments et d'autres ne savent rien.
— Qu'à cela ne tienne, dit le vicaire. Ceux qui savent quelque chose, nous les confierons à l'instituteur. Les autres, je m'en chargerai, car l'alphabet est plus difficile à enseigner.
— Et que vous donnerons-nous en échange ? lui demande-t-on.
— Pas un centime, mais une chose plus importante : que vous cessiez de profaner le nom de Dieu, conclut avec force don Sarto.
Ils le promirent tous, et de vigoureuses poignées de main scellèrent le pacte (Mgr CAVALLIN, Ord. Trev., pp. 706-707. — Mgr MARCHESAN, op. cit., ch. v, p. 119). Ils avaient compris que le vicaire avait voulu, par l'école du soir, mettre fin à leurs jurons. Que de fois il s'était indigné contre les blasphémateurs, allant même jusqu'à leur administrer un soufflet ! Il ne cédait pas à la colère, mais appliquait un châtiment alors préconisé comme méthode d'éducation (G. BEGHETTO, Ord. Trev., p. 168. — S . PILOTTO, ib., p. 183. — A. RINALDI, ib., p. 194. — LUCIA SARTO, ib., pp. 408-409. — L. ANDRETTA, ib., p. 721. — V. PIVATO. ib., p. 737. — G. PILOTTO, ib., P- 749).
Les Tomboliens avaient, d'autre part, une fâcheuse habitude : à peine avaient-ils reçu la bénédiction du Saint Sacrement, les fidèles s'échappaient de l'église sans attendre que l'officiant eût replacé l'Hostie dans le tabernacle. Don Costantini n'avait jamais réussi à les retenir. Un jour qu'il s'en plaignait, don Sarto lui dit :
« Ce n'est rien, Monsieur le curé. Laissez-moi faire, et les choses s'arrangeront. »
Don Sarto avait remarqué la grande dévotion des Tomboliens pour la Madone qu'on vénérait dans l'église. Dévotion qui confinait un peu à la superstition. On ne pouvait soulever le voile qui recouvrait la Madone sans allumer d'abord quatre cierges, et quand elle était découverte, tout le monde s'agenouillait. Rester debout eût ressemblé à un sacrilège. Un dimanche, il fit allumer les cierges de l'autel de la Madone. Le curé ayant donné la bénédiction, les gens, selon leur habitude, se lèvent pour sortir. À cet instant, don Sarto écarte le voile qui recouvrait la Madone. Aussitôt les assistants se précipitent à genoux; ils ne se redressent qu'une fois l'Hostie replacée dans le Tabernacle.
Don Sarto renouvela l'expérience que sa chaude parole mit en valeur, et le vieil abus disparut à jamais.


(Extrait de la biographie de J. Dal-Gal)


Reportez-vous à Saint Pie X et le don des miracles, Saint Pie X, toujours avec Dieu, Saint Pie X, toujours avec Marie, Saint Pie X, pauvre et riche, Saint Pie X et l'Esprit de pauvreté, Fermeté invincible de Saint Pie X, Extrait de la Lettre au Clergé du Cardinal Sarto, nommé Patriarche de Venise, Neuvaine à Saint Pie X, Litanies de Saint Pie X, Haerent animo, Exhortation apostolique du Pape Pie X, au Clergé catholique, Celui qui est saint ne peut être en dissentiment avec le Pape, Saint Pie X, côté mystique d'une élection papale, E supremi du Pape Pie X, Acerbo nimis du Pape Pie X, Editae saepe Dei du Pape Pie X, Vehementer nos du Pape Pie X, Notre charge apostolique du Pape Pie X, Pascendi du Pape Pie X, Décret Lamentabili du Pape Pie X, Il fermo proposito, du Pape Pie X, sur l'Action catholique ou Action des catholiques, Ex Quo Nono, du Pape Pie X, sur la question du retour des Églises à l'unité catholique, Vi ringrazio du Pape Pie X, Le progrès religieux, et Vehementer nos du Pape Pie X.













vendredi 11 septembre 2020

Comment le mal physique et moral se propage ; Rapport de la magie et de la possession avec la première chute

 

Satan au conseil de l'enfer (Doré)

Comment le mal physique et moral se propage. Rapport de la magie et de la possession avec la première chute. Des deux cités. Des degrés de l'ascèse diabolique.

La révélation, l'histoire, l'étude de la nature démontrent que tous les domaines de la création visible ou invisible sont partagés, d'après un ancien symbole, en deux royaumes, celui de la lumière et celui des ténèbres, et que l'homme, placé entre les deux, a pris part aussi à cette division ; de sorte que son être penche des deux côtés, et est accessible aux influences qui partent de ces deux régions opposées. Le principe de cette division appartient au monde invisible : c'est le péché, acte libre d'une intelligence créée, qui, altérant l'œuvre de Dieu, bonne à son origine, a introduit cette opposition du bien et du mal moral, laquelle, s'étendant au monde physique, s'y manifeste comme opposition du bien et du mal naturel, de l'harmonie et du désordre. L'homme, ajoutant à la connaissance du bien qu'il avait reçue de Dieu la science du mal, et s'assimilant en quelque sorte celui-ci, par un acte extérieur, a laissé pénétrer dans son âme cette division funeste du bien et du mal moral, par suite de quoi celle du bien et du mal physique a envahi son corps. À partir de ce moment, une lutte terrible et incessante a commencé en lui. Ainsi placé entre la lumière et les ténèbres, les portant à la fois au fond de son être, il se sent poussé intérieurement, et attiré au-dehors des deux côtés ; car il a en lui comme un aimant, dont les deux pôles correspondent à ceux de l'aimant extérieur ; et il a dans son cœur une réponse pour ces deux voix qui l'appellent. Sous le rapport moral et spirituel, il peut suivre l'un ou l'autre de ces deux attraits ; car il est libre dans son for intérieur, et d'autant plus libre que le bien prédomine en lui davantage. Mais il n'en est pas ainsi du mal physique ; il ne peut pas toujours s'en garantir, parce qu'il est lié de ce côté. Ce lien a commencé le jour où il a donné accès en lui au mal moral, lequel est la racine et le principe du mal physique. Sa liberté morale est d'autant plus liée qu'il donne accès davantage au mal. En commettant celui-ci il se soumet à la puissance du mal radical, de même que sa vie se trouve assujettie au mal physique.
Le germe de mort qui réside en son corps est dans ce commerce organique avec le mal physique, le lien où se rattache ce rapport de l'un à l'autre. De même aussi le principe de mort morale, le péché, est en lui le lien qui le met en rapport avec le mal radical. Le principe de vie qui anime l'organisme entier est au contraire le lien qui met l'homme en rapport avec la vie de la nature et toutes les influences salutaires qu'elle renferme en son sein, tandis que le bien moral qui est en lui le rattache à tout le bien qui est autour de lui. Ce rapport du corps avec le mal physique peut avoir lieu de deux manières. Il peut venir de celui-ci par une sorte de contagion. La nature en ce cas dépose dans l'organisme le poison qu'elle couvait en son sein, comme il arrive dans les pestes et les épidémies. Ici le principe positif du rapport est en dehors de la personnalité : il n'y a donc point de faute en ce cas, mais seulement un accident ; et le miasme, engendré hors de l'individu, lui est seulement communiqué. Il faut cependant pour cela qu'il ait en lui certaines dispositions qui le rendent accessible à la contagion. Or, ces dispositions peuvent être l'effet d'une faute, et rendre ainsi la conscience responsable devant Dieu ; mais elles peuvent aussi exister dans l'homme sans aucune faute de sa part : elles ne lui sont point imputables alors, et la contagion est un fait indépendant de sa volonté, qui rentre dans le plan du gouvernement général de ce monde. Il peut arriver au contraire que ce rapport prenne son point de départ dans la personnalité même. Il n'y a plus seulement une rencontre fortuite de l'organisme et du virus contagieux ; mais l'homme cherche celui-ci avec intention, ou il devient volontairement lui-même un foyer de contagion pour les autres. Dans le premier cas, il s'inocule en quelque sorte le mal qu'il trouve au-dehors, tandis que dans le second il le produit en soi d'une manière positive. Là comme ici le mal est volontaire chez lui, et il est responsable des suites de son action. La moralité de celle-ci dépend du but que l'homme se propose en introduisant ou en développant le mal physique dans son corps. Il peut, en effet, comme cela arrive tous les jours dans la médecine, avoir pour but de combattre un poison par un autre, un mal plus grand par un mal plus petit ; comme il peut aussi se proposer une fin criminelle. Lorsqu'il y a faute, le châtiment est plus grand dans ce dernier cas que dans le premier, parce que le premier principe de la faute est dans la volonté même de celui qui la commet.
Il en est du rapport de l'homme au mal moral comme du rapport au mal physique : il peut venir de l'homme par dedans, ou pénétrer en lui du dehors. Dans le dernier cas, la cause de ce rapport est extérieure à l'homme, et il peut y être soumis d'une manière purement passive, sans concours réfléchi, et par conséquent sans aucune faute de sa part ; comme aussi ce rapport peut être l'effet de sa coopération, et par conséquent lui être imputé. Dans l'autre cas, c'est dans la volonté même qu'est le principe de ce rapport ; c'est d'elle que part l'action directe : et le mal extérieur ne fait que donner en quelque sorte son concours à l'intention coupable, et lui servir d'instrument. La faute alors se partage inégalement entre la cause principale et primitive et la cause secondaire. La possession est un rapport du premier genre. Ici, en effet, nous trouvons une puissance extérieure à la volonté, laquelle s'empare de toutes les puissances qui lui sont livrées, selon la mesure des dispositions qu'elle y trouve, les lie, les enchaîne et les possède comme sa propriété. La magie établit au contraire un rapport du second genre. Ici en effet l'initiative vient de la volonté humaine, qui a recours à des moyens extérieurs, afin de réaliser d'une manière plus puissante encore ses intentions coupables. Or, ce qui dans le premier cas possède, et se laisse posséder au contraire dans le second, c'est la mal radical. Ce mal n'a point en soi de raison d'être ; car il n'a pas été créé de Dieu. Tout être, ayant été créé de Dieu, est bon : le mal étant donc le non-bien est par là même non-être, c'est-à-dire une pure négation. Pour qu'il acquière l'être qui lui manque, il faut qu'il s'attache à quelque chose qui l'a déjà : en d'autres termes il doit se produire dans un être personnel, qui lui communique une raison d'être, et lui donne ainsi une réalité. Le mal n'est pas, mais le mauvais existe. Celui-ci a un être positif, puisqu'il est créé de Dieu ; et c'est dans cet être que le mal qui n'est rien en soi acquiert l'être et la réalité. De négation abstraite qu'il était auparavant, il devient contre-affirmation ; négation de ce que Dieu affirme, affirmation de ce que Dieu nie : de sorte qu'il n'est pas simplement l'absence du bien, mais encore un effort positif contre lui.
Ce premier suppôt du mal est donc aussi son premier auteur, puisque c'est lui qui lui a donné l'être et la réalité. Ce n'est point ailleurs en effet qu'il l'a trouvé, ce n'est point d'un autre qu'il l'a reçu ; mais il l'a inventé et produit : il a voulu pour ainsi dire imiter Dieu, et créer comme lui, et c'est là le chef-d'œuvre qui est sorti de ses mains. L'auteur du mal est donc un esprit ; et comme tout être spirituel est un et personnel, l'auteur du mal est un et personnel par conséquent. Comme d'un autre côté, il y a beaucoup de mal et beaucoup de méchants, il est le chef de ces multitudes égarées, et c'est en cette qualité qu'il s'appelle Satan. Le mal qu'il a tiré de son propre fond à l'origine, étant le produit de sa volonté, a quelque chose du péché de magie, tandis que le mal qu'il communique aux hommes par une sorte de contagion ressemble à la possession volontaire et coupable. C'est ce Satan qui, soit en vertu du pouvoir qu'il a acquis sur la nature dégénérée, soit par la séduction, établit ces rapports intimes entre lui et ceux qu'il possède ; et ce n'est là que la continuation de cette première possession qui a eu lieu lors de la chute du premier homme. C'est encore avec ce même Satan que les hommes qui sont devenus ses esclaves contractent dans le péché de magie ne fait que continuer la première chute des anges rebelles, et placer l'homme à l'égard de Satan dans le même rapport où les démons qui composent son royaume se sont mis au commencement avec lui. L'homme, en effet, par la magie, se fait, comme les anges rebelles, le sujet du diable, son aide, son instrument dans la production du mal, chacun dans les limites de sa personnalité.
Ainsi la magie et la possession, ces deux ramifications de la mystique infernale, sont à l'égard de la première chute dans le même rapport que les deux branches de la mystique divine, le miracle et l'extase, à l'égard de l'œuvre de la rédemption. De même donc que le mauvais paganisme, et même en partie le meilleur, a été la continuation du péché originel, de même aussi le christianisme est comme le prolongement de l'œuvre de la rédemption. Et de même que celui-ci, toujours présent dans tous ses éléments, se continue dans la mystique divine, ainsi la première faute se continue toujours dans ce mauvais paganisme qui a su pénétrer jusqu'au fond même du christianisme, et qui ne peut trouver qu'en lui son contre-poids et son remède. Nous nous sommes déjà convaincus en partie de cette vérité dans la mystique divine. Nous y avons vu en effet comment tous les éléments particuliers de la rédemption, présents au souvenir de tous les siècles, se propagent et se développent sous la forme d'une tradition vivante et sensible dans les saints mystiques et dans leurs œuvres ; de sorte que, la vie tout entière du Rédempteur se prolongeant en eux, il ne reste étranger à aucune époque, et continue par eux en chacune l'œuvre qu'il a commencée d'abord dans sa propre personne. Ainsi, par exemple, le don de guérir les malades, que Notre-Seigneur a laissé comme héritage à son Église, n'a jamais cessé en celle-ci depuis le jour où il est monté au ciel ; et ce que nous voyons dans les saints en ce genre n'est qu'un écoulement de cette source qui ne tarit jamais.
Il en est de même de tous les autres dons et de tous les phénomènes qui se sont produits dans la vie du Sauveur. N'avons-nous pas vu percer partout dans l'extase le sommet glorieux du Thabor ? N'avons-nous pas reconnu dans ces saints élevés en l'air celui qui marchait sur les eaux ; dans la stigmatisation les plaies faites sur le Thabor ? Or, il n'en va pas autrement dans le royaume des ténèbres, et nous aurons à juger la mystique infernale d'après le même principe. La chute des esprits rebelles, quoiqu'elle n'ait eu lieu qu'une fois dans les régions invisibles, à un moment déterminé, ne se borne point cependant à celui-ci : ce fait primitif est devenu comme fluide avec le temps, et se prolonge jusqu'à l'époque la plus reculée. La révolte des esprits ne cesse jamais, parce que le péché, s'engendrant toujours soi-même, continue toujours d'enchaîner la liberté. Ce désordre, trouvant un conducteur dans l'élément spirituel du premier homme, s'est inoculé en lui dans le péché originel, et a infecté de sa contagion toutes les générations jusqu'à nous. Ce premier acte vit en chacun de nous ; mais dans la possession il se produit selon toute son énergie et son extension. Notre-Seigneur, dans cet acte grandiose et universel qu'il a accompli sur le Calvaire, a délivré par un exorcisme divin le genre humain de la possession qui le retenait captif, et a laissé à son Église le pouvoir de faire pur chaque individu ce qu'il a fait pour tous les hommes en général et pour chacun en particulier. Mais dès lors aussi l'homme a pu de nouveau faire de son propre mouvement, avec une réflexion parfaite, ce qu'ont fait les esprits rebelles avant lui, et prendre part à leur révolte comme auteur et principe de son propre péché. Ainsi, par le péché de magie qui existait déjà dans le paganisme, quoiqu'il fût beaucoup moins grave alors qu'aujourd'hui, la chute des anges superbes se continue jusque dans le christianisme. Cette chute se reflète comme en un miroir, d'après les proportions humaines toutefois, dans l'ensemble de la magie, qui, se prolongeant à travers les siècles, forme comme un enfer sur la terre, de même que la possession, sous toutes ses formes et à tous ses degrés, nous apparait comme le purgatoire ici-bas, et nous permet de jeter un regard dans l'économie de ce lieu d'expiation.
La création tout entière est donc partagée comme en deux Églises, dont l'une renferme la source de tout bien et l'autre la source de tout mal. La première est en rapport avec tout ce qui a quelque affinité avec elle, depuis le plus haut degré du bien moral jusqu'au dernier degré de l'ordre et du bien physique. La seconde, de son côté, est en rapport avec le mal, sous quelque forme et à quelque degré qu'il se produise, depuis les plus profonds abîmes du désordre moral jusqu'au bien purement extérieur et matériel. Chacune des deux églises est de plus partagée en une église invisible et triomphante, et une autre visible et militante. Le siège de l'église triomphante du mal est l'enfer, de même que celui de l'église triomphante du bien est le ciel ; et toutes les deux ont aussi comme un purgatoire, qui participe en même temps à la nature de l'église qui triomphe et de celle qui combat. L'église militante et visible a aussi deux côtés ou deux éléments. L'un, prenant son point de départ dans le bien que Dieu a déposé dans la nature humaine ou qu'il y a ajouté par sa grâce, lutte contre le mal ; l'autre au contraire, s'appuyant sur le mal que le péché a introduit en nous, combat contre le bien et s'efforce de le renverser. Ceux qui combattent contre le mal ont pour chef celui qui, Dieu et homme, invisible et visible à la fois, a fondé l'Église, visible ici-bas, invisible dans sa partie la meilleure. L'église du mal, au contraire, attend encore un chef visible : mais, jusqu'à ce qu'il vienne, elle honore comme son chef invisible l'antique dragon, qui l'a fondée lors de la chute des anges rebelles. C'est de celui-ci que part la malédiction dans les charmes et les enchantements, de même que c'est de celui-là que découle la bénédiction dans le don des miracles, des guérisons et de la science. La divinité plane au-dessus de cette lutte des deux royaumes l'un contre l'autre. Bien loin d'en être troublée, elle la domine au contraire de sa puissance et de son regard, inspirant, fortifiant, encourageant les bons, réprimant les méchants, et enfermant leur action dans de justes limites, tirant le bien des intentions les plus perverses, accomplissant toujours sa volonté, sans jamais faire violence à celle de ses créatures, et propageant ainsi son empire. Les chefs, dans ce combat, étant des êtres intelligents et personnels et portant à cause de cela l'empreinte de la Divinité, prennent part à la lutte de trois manières ; et leur royaume se compose aussi de trois ordres, correspondant aux trois personnes divines. D'un côté, en effet, Notre-Seigneur est la vérité, la voie et la vie ; et de l'autre, Satan est le mensonge, le chemin qui égare et le père de la mort, ou plutôt la mort elle-même. Ceux donc qui se rangent sous l'étendard de l'un ou de l'autre éprouvent l'effet de leur action sous chacun de ces trois rapports. Ce que nous avons vu dans la mystique divine va se reproduire dans la mystique infernale. Ici comme là, les phénomènes se développent dans le même ordre et par les mêmes degrés, avec cette différence que chaque série forme comme le revers et le contre-pied de l'autre. Ainsi les voies que nous avons parcourues dans les régions lumineuses de la mystique divine nous indiquent d'avance celles que nous allons parcourir dans les régions ténébreuses de la mystique infernale ; et c'est ainsi seulement qu'il nous était possible de nous retrouver dans l'obscurité et les contradictions de ce domaine, et d'arriver à un résultat positif.
Si les deux royaumes sont liés par un parallélisme si complet, l'initiation aux mystères des ténèbres exige donc aussi une préparation et des exercices ascétiques, comme l'introduction dans le royaume de la lumière, et il est naturel que nous commencions par étudier ceux-ci. Cette ascèse, qui tend à abaisser l'homme, doit imiter dans son mode l'ascèse qui tend à l'élever au contraire. C'est le christianisme qui nous a frayé les voies pour retourner au bien, et qui nous donne les moyens à l'aide desquels nous pouvons reconquérir les biens célestes que nous avons perdus. Mais le christianisme n'ôte point à l'homme sa liberté, et il ne peut par conséquent empêcher le mal de préparer de son côté des liens pour se mettre en rapport avec ceux qui penchent vers lui, afin de propager par eux son royaume sur la terre. Ainsi le don de la foi, qui nous a conduits à la vérité immédiate, est un de ces liens qui attachent l'homme à Dieu. La foi s'adresse particulièrement à l'esprit, et c'est lui qu'elle met en rapport avec la vérité souveraine. Au don de la foi correspond dans la cité du diable l'incrédulité, qui conduit à la négation du fondement de la vérité, à l'affirmation du mensonge et avec elle à la superstition. L'incrédulité est donc le lien qui met en rapport les puissances supérieures du démon avec celles de l'homme. Dans l'Église du Christ, la vie inférieure de l'homme est mise en rapport avec Dieu par des moyens qui ont pour but de la fortifier, de la spiritualiser, de la purifier, afin que, réglée et disciplinée par l'ascèse chrétienne, elle puisse s'approprier la vie de Dieu lui-même, et se laisser assimiler par elle, pour entrer ainsi comme membre vivant dans l'organisme divin de son corps mystique. La cité du diable possède aussi des moyens de ce genre : elle a des poisons qui ont la faculté de stimuler, d'irriter, de décomposer pour ainsi dire les forces vitales de l'homme, à l'aide des esprits sauvages de la nature qui résident en eux, et que le souffle de Satan a rendus diaboliques pour ainsi dire.
C'est là la contre-partie des sacrements de l'Église, et en particulier du sacrement adorable de l'autel. Aussi, lorsque l'homme a rompu ce pain de l'enfer, il mange pour ainsi dire la malédiction : lorsqu'il approche de ses lèvres ce calice abominable, il s'enivre d'illusions et de songes, et boit à longs traits la colère divine. Ces poisons sont pour lui des liens, vincula, et mettent sa vie en rapport avec la mort qui git au fond des régions ténébreuses. Mais pour que dans l'un et l'autre cas l'union soit consommée il faut un troisième élément qui, se plaçant entre les deux premiers, les unisse d'une manière intime et active par la force d'en haut d'un côté, par celle d'en bas du côté opposé. C'est ce que fait dans l'Église lumineuse la sainteté, qui se développe et se perfectionne par l'exercice des vertus les plus sublimes ; la sainteté qui, ajoutant à la force de l'homme la force de Dieu, unit intimement le premier au second, et l'aide à réaliser son règne sur la terre. De même aussi, du côté opposé, comme contre-partie de la sainteté, nous trouvons un état où l'homme, de propos délibéré et avec une pleine réflexion, se livre sans mesure à tous les vices et à tous les crimes, et suit tous ses mauvais penchants. Dans cet état si terrible et si dangereux, la force du démon s'ajoute aussi à celle de l'homme, et, rivant la volonté de celui-ci à celle du premier, agit avec elle comme la grâce agit dans les justes ; de sorte que l'homme devenu esclave de Satan fait tout ce qu'il peut pour que la volonté de celui-ci se fasse sur la terre comme en enfer, et pour que son règne advienne ici-bas.
L'une et l'autre ascèse est donc divisée en trois degrés, et il ne s'agit plus que de savoir de quel côté se tournera la volonté humaine. Sera-ce à droite ou à gauche ? Sera-ce vers les voies qui montent ou vers les sentiers qui conduisent à l'abîme ? Dans le premier cas, l'ascèse chrétienne dégage peu à peu la psyché liée et ensevelie dans la nuit ; elle dégage la lumière que l'enivrement des sens tient captive et cachée dans le monde des illusions terrestres ; elle rend à l'homme cette liberté primitive que le péché tient enchaînée, et à la vie ce ressort, cet éclat, cette énergie qu'elle avait au commencement. Les étoiles du monde intérieur scintillent de nouveau dans son ciel : les puissances de l'âme, que le péché comprime et tient arrêtées, se remettent en mouvement, comme un fleuve que la glace tient captif recommence à couler aux premières chaleurs du printemps. Les ombres de la mort que l'homme porte en son sein se dissipent peu à peu ; au lieu de ce poids qui l'entraîne vers la terre, il se sent attiré, enlevé vers le ciel ; et à mesure que l'enfer perd de ses droits et de son pouvoir sur lui, il se rapproche davantage des régions célestes et de l'état où il a été créé à l'origine. Que si l'homme, au contraire, met le pied dans les sentiers ténébreux qui conduisent à l'abîme, le rayon de lumière que le péché originel avait laissé encore intact s'obscurcit dans le mensonge par les péchés personnels et particuliers qu'il accumule sans cesse, de sorte que la lumière, s'éteignant peu à peu en lui, est remplacée à la fin par la lueur sombre et terrible du feu de l'enfer. À mesure que le bien disparait en son âme, sa volonté se pervertit ; une inimitié secrète s'établit entre lui et tout ce qui est bon, et Satan s'empare de lui toujours davantage. Il règne et gouverne en lui, par l'intermédiaire de tel ou tel des démons qu'il commande, selon que l'homme est esclave de tel ou tel vice en particulier ; et lorsque, méprisant la vie qu'il peut s'assimiler dans les sacrements de l'Église, il préfère manger la mort dans les poisons préparés par l'enfer, son corps, les forces et les puissances de celui-ci, les éléments qui le composent, et jusqu'à l'âme qui les anime, tout appartient au démon. Il est à lui comme un organe est au corps dont il fait partie ; il entre dans le corps mystique de Satan, et il devient un de ses membres.
Ainsi, un abîme affreux est creusé dans toutes les régions de son être, et les met en rapport avec le démon. Aussi l'homme se remplit des images de l'enfer : tous les forfaits dont la nature humaine est capable lui deviennent familiers : tous ces monstres que renferme en son sein le cœur de l'homme, et qui, dans l'état ordinaire, liés et comprimés par le bien se cachent dans l'obscurité de la nuit, apparaissent au grand jour. Cet état lamentable augmente à mesure que l'homme, s'enfonçant davantage dans le péché, se détache plus aussi de la société des puissances supérieures. À mesure qu'il méprise davantage les voix amies qui l'avertissent, il se livre plus aussi aux puissances invisibles du royaume du mal, et aggrave le joug qui pèse sur lui. Cette région lumineuse qui survit ordinairement dans la conscience humaine à l'abus de la grâce et dans laquelle le démon ne peut pénétrer, se rétrécit toujours plus à mesure que l'abîme devient plus profond, de sorte que les puissances de l'enfer trouvent toujours plus d'espace pour s'étendre. Les ténèbres qui obscurcissent l'esprit deviennent toujours plus profondes ; la pente qui emporte la volonté vers l'abîme devient plus rapide ; le feu qui embrase le cœur devient plus dévorant ; jusqu'à ce qu'enfin, le mal étant arrivé à son comble et l'union avec le démon étant consommée, tout signe de vie disparait, la dernière étincelle de lumière s'éteint, et les flots de l'abîme se referment pour toujours sur le malheureux réprouvé.
Après avoir suivi dans la mystique divine les traces des saints montant vers le ciel, nous ne pouvons éviter de descendre dans les abîmes de l'enfer sur les traces des réprouvés. Et puisque nous avons rassasié notre âme du spectacle ravissant que nous offre la vie des élus de Dieu, nous ne devons pas nous laisser arrêter par l'épouvante et l'effroi qu'inspire le spectacle lamentable de la perversité humaine arrivée à son comble ; car elle aussi, de même que la vertu, doit rendre à sa manière témoignage à la vérité. Entrons donc résolument dans ces sentiers ténébreux de l'abîme ; un rayon d'en haut nous éclairera. Nous commencerons par exposer dans ce livre l'ascèse diabolique, qui introduit l'homme dans ces régions maudites, et l'initie à ses mystères abominables.

(Extrait de La Mystique diabolique de Görres)


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