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samedi 3 octobre 2020

Prière de LA TOUTE PETITE Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus




Ô Jésus ! que ne puis-je dire à toutes les petites âmes combien ta condescendance est ineffable... je sens que si par impossible tu trouvais une âme plus faible, plus petite que la mienne, tu te plairais à la combler de faveurs plus grandes encore, si elle s'abandonnait avec une entière confiance à ta miséricorde infinie... Mais pourquoi désirer communiquer tes secrets d'amour, ô Jésus, n'est-ce pas toi seul qui me les as enseignés et ne peux-tu pas les révéler à d'autres ?... Oui je le sais, et je te conjure de le faire, je te supplie d'abaisser ton regard divin sur un grand nombre de petites âmes... Je te supplie de choisir une légion de petites victimes dignes de ton AMOUR ! ...

LA TOUTE PETITE Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus de la Sainte Face, religieuse carmélite indigne.

(Tirée des Manuscrits de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus)


Reportez-vous à Vehementer exultamus, Bulle du Pape Pie XI, sur la canonisation de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.












vendredi 20 décembre 2019

Dévotion au Coeur Sacré de Jésus : Actes de communion spirituelle


Je prends tant de plaisir à être désiré, qu'autant de fois un cœur forme ce désir, autant de fois je le regarde amoureusement pour l'attirer à moi. (Le Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie)


Mon Seigneur et mon Dieu ! pénétré du sentiment de votre présence réelle dans la Sainte Eucharistie, et ne pouvant vous recevoir maintenant dans la Sainte Communion, je viens, du moins, solliciter la grâce de vous recevoir spirituellement en mon cœur, car mon âme vous désire, comme le cerf altéré soupire après une source d'eau vive.
Pour suppléer à mon insuffisance, je vous offre la contrition infiniment parfaite que votre divin Cœur a conçue de mes péchés au jardin de l'Agonie et sur la Croix... ; je vous offre les dispositions du Cœur Immaculé de la très sainte Vierge Marie au jour de son Incarnation.
Avec la disciple bien-aimée de votre divin Cœur, j'oserai vous dire : « Abîmez ma misère et ma petitesse dans la grandeur de vos miséricordes et me transformez toute en vous, afin que je ne vive plus que de vous, en vous et pour l'amour de vous. »
« Venez donc en moi, unique objet qui me contentez, venez prendre possession de ce cœur qui est à vous et qui ne peut demeurer un seul instant sans vous. Aimable Jésus, je veux me consumer en vous désirant, et ne pouvant vous posséder sans cesse, je ne cesserai de vous désirer. »


Ce qui offense Jésus, ce qui le blesse au Cœur, c'est le manque de confiance
. (Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus)



Reportez-vous également à Sur l'institution de la fête du Sacré-Cœur : Quelle fête célébrons-nous en ce jour ?, Prière au Sacré-Cœur de JésusLa communion spirituelle, Prière fondée sur les Promesses faites par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Sainte Marguerite-Marie, Neuvaine de confiance au Sacré-Cœur, La dévotion au Coeur sacré de Jésus : Réparation, immolation, pénitence, confiance et pur amour, Amende honorable à Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement, Amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus, La dévotion au Sacré-Cœur, remède spécial aux maux qui désolent l'Église dans ces derniers temps, Méditation sur la Fête du Sacré Cœur de Jésus-Christ : Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit et le Cœur de son Fils, Instruction sur la Fête du Sacré Cœur de Jésus-Christ, Petite consécration au Sacré-Cœur de Jésus, Neuvaine au Sacré-Cœur, Miserentissimus Redemptor du Pape Pie XI sur notre devoir de réparation envers le Sacré-Cœur de Jésus, Acte de consécration du genre humain et de réparation au Sacré-cœur, Litanie de Sainte Marguerite Marie Alacoque, Litanie du Sacré-Coeur de Jésus, Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu (1/9), Dévotion au Sacré-cœur de Jésus : Don de l'Esprit et Vie intérieure, De quels religieux respects nous devons entourer le Saint-Sacrement, La communion indigne de Judas, Amende honorable à Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement, Méditation sur la Fête du Saint Sacrement : Prenez et mangez, ceci est mon Corps, Instruction sur la Fête du Saint Sacrement, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la communion, Amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus, Sur les excellences et sur les avantages de la sainte Communion, Sur la Chair adorable de Jésus-Christ dans la sainte Communion, Méditation sur la Communion, Litanies du Saint-Sacrement, Poème dogmatique sur l'Eucharistie, de Saint Thomas d'Aquin, Prière à réciter quand on ne peut assister à la messe les dimanches et fêtes d'obligation, Méditation sur la Victime du Sacrifice de la Messe, Méditation sur le Sacrifice de la Messe, Quo Primum tempore, du Pape (Saint) Pie V, sur la célébration du Saint Sacrifice de la Messe, Mystici Corporis Christi du Pape Pie XII, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation pour le Jeudi Saint, Médiator Dei, sur la Sainte liturgie, du Pape Pie XII, Les Communions sans action de grâces, et Communier saintement et trouver refuge et salut en Jésus-Christ au Saint-Sacrement.












jeudi 3 octobre 2019

Vehementer exultamus, Bulle de Sa Sainteté le Pape Pie-XI, sur la canonisation de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus


Fidèle représentation de l'expression du visage et de la pose de la tête
de sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus aussitôt après sa mort


Vehementer exultamus


Bulle de Sa Sainteté le Pape Pie XI


Sur la canonisation de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus


(17 mai 1925)




PIE ÉVÊQUE, SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU. Pour perpétuelle mémoire


C'est avec les sentiments d'une joie véhémente et de la plus vive allégresse qu'en ce jour, et au cours de cette année de miséricorde, Nous, qui avons mis au nombre des Vierges Bienheureuses la jeune Thérèse de l'Enfant-Jésus, moniale de l'ordre des carmélites déchaussées, et l'avons proposée aux Fils très aimés de l'Église, comme un très aimable modèle, Nous célébrons, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des Saints Apôtres Pierre et Paul et de Notre propre autorité, sa solennelle canonisation.

Cette Vierge véritablement sage et prudente parcourut la voie du Seigneur dans la simplicité et l'ingénuité de son âme, et, consommée en peu de temps, a fourni une longue carrière. Encore dans la fleur de sa jeunesse, elle s'envola au Ciel, appelée à recevoir la couronne que l'Époux céleste lui avait préparée pour l'éternité. Connue de peu de personnes pendant sa vie, aussitôt après sa mort précieuse, elle étonna l'Univers chrétien du bruit de sa renommée et des miracles innombrables obtenus de Dieu par son intercession. Comme elle l'avait prédit avant sa mort, elle semblait répandre sur la terre une pluie de roses. C'est à cause de ces merveilles que l'Église décida de lui accorder les honneurs réservés aux saints, sans attendre les délais ordinaires et fixés.

Elle naquit à Alençon, ville du diocèse de Séez, le deux janvier mil huit cent soixante-treize, de parents honorables : Louis-Stanislas Martin, et Marie-Zélie Guérin, remarquables par leur singulière et fervente piété. Le quatre du même mois, elle reçut le baptême avec les noms de Marie-Françoise-Thérèse.

Âgée de quatre ans et sept mois, à sa douleur immense, sa mère lui fut ravie et la joie s'éteignit dans son cœur. Son éducation fut alors confiée à ses deux sœurs aînées Marie et Pauline, auxquelles elle s'efforça d'être parfaitement soumise, et elle vécut sous la garde assidue et vigilante de son père très aimé. A leur école, Thérèse s'élança comme un géant dans la voie de la perfection. Dès ses plus jeunes années, elle faisait ses délices de parler souvent de Dieu, et vivait dans la pensée constante de n'attrister l'Enfant Jésus en quoi que ce soit.

Ayant conçu, par une prévenance du divin Esprit, le désir de mener une vie toute sainte, elle prit la ferme résolution de ne jamais refuser à Dieu rien de ce qu'il paraîtrait lui demander, et y demeura fidèle jusqu'à la mort.

Quand elle eut atteint sa neuvième année, on la confia pour son instruction aux religieuses du monastère de l'Ordre de Saint-Benoît, à Lisieux. Elle y passait la journée entière pour assister aux leçons, et le soir revenait à la maison. Si elle cédait en âge à ses compagnes du pensionnat, elle les dépassait toutes en progrès et en piété. Elle apprenait les mystères de la religion avec tant de zèle et de pénétration, que l'aumônier de la communauté l'appelait « la théologienne » ou le « petit Docteur ». Dès ce temps-là, elle apprit de mémoire et en entier le livre de l'Imitation de Jésus-Christ, et l'Écriture sainte lui devint si familière que, dans ses écrits, elle la cite souvent avec autorité.

Une mystérieuse et grave maladie la fit beaucoup souffrir. Elle en fut miraculeusement délivrée, ainsi qu'elle-même l'a raconté, par le secours de la Bienheureuse Vierge Marie qui lui apparut souriante, au cours d'une neuvaine où elle était invoquée sous son titre de Notre-Dame des Victoires. Alors, pleine d'une angélique ferveur, elle mit tous ses soins à se préparer au banquet sacré où le Christ se donne en nourriture.

Dès qu'elle eut goûté au Pain Eucharistique, elle éprouva une faim insatiable de cet aliment céleste. Aussi, comme inspirée, elle priait Jésus, en qui elle trouvait ses délices, de « changer pour elle en amertume toutes les consolations humaines ». Dès lors, toute brûlante d'amour pour le Christ et pour l'Église Catholique, elle n'eut bientôt de plus grand désir que d'entrer dans l'ordre des carmélites déchaussées, afin, par son immolation et ses continuels sacrifices, « d'aider les prêtres, les missionnaires, toute l'Église », et de gagner à Jésus-Christ des âmes sans nombre, comme, près de mourir, elle promit de continuer à le faire auprès de Dieu.

Au cours de sa quinzième année, elle éprouva de grandes difficultés, de la part de l'autorité ecclésiastique, pour embrasser la vie religieuse, à cause de sa grande jeunesse. Elle les surmonta cependant avec une force d'âme incroyable, et, malgré sa timidité naturelle, elle exposa son désir à Notre Prédécesseur Léon XIII, d'heureuse mémoire, lequel, cependant, remit la chose à la décision des supérieurs. Frustrée dans son espoir, Thérèse en conçut une grande douleur, mais elle acquiesça pleinement à la volonté divine.

Après cette dure épreuve de sa patience et de sa vocation, le neuf avril de l'année mil huit cent quatre-vingt-huit, elle entra enfin, avec l'approbation de son évêque et dans toute la joie de son âme, au monastère du carmel de Lisieux.

Là, Dieu opéra d'admirables ascensions dans le cœur de Thérèse, qui, imitant la vie cachée de la Vierge Marie à Nazareth, produisit, comme un jardin fertile, les fleurs de toutes les vertus, surtout d'un amour brûlant pour Dieu, et d'une éminente charité pour le prochain, car elle avait parfaitement compris ce précepte du Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Dans son désir de plaire le plus possible à Jésus-Christ, et ayant lu et médité cette invitation de la Sainte Écriture : « Si quelqu'un est tout petit qu'il vienne à moi », elle résolut de devenir petite selon l'esprit, et, en conséquence, avec la plus filiale et la plus entière confiance, elle se livra pour toujours à Dieu comme au Père le plus aimé. Cette voie de l'enfance spirituelle, selon la doctrine de l'Évangile, elle l'enseigna aux autres, spécialement aux novices, dont ses supérieures lui avaient confié la formation aux vertus religieuses ; et ensuite, par ses écrits pleins de zèle apostolique, elle enseigna, avec un saint enthousiasme, à un monde enflé d'orgueil, n'aimant que la vanité et recherchant le mensonge, la voie de la simplicité évangélique.

Son divin Époux Jésus l'enflamma encore du désir de la souffrance du corps et de l'âme. Considérant, de plus, avec une profonde douleur, combien l'amour de Dieu est méconnu et rejeté, — deux ans avant sa précieuse mort, — elle s'offrit spontanément en victime à son « amour miséricordieux ». Elle fut alors, selon qu'il est rapporté, blessée d'un trait de feu céleste. Enfin, consumée d'amour, ravie en extase, et répétant avec une ferveur extrême : « mon Dieu, je vous aime », elle s'envola joyeuse vers son Époux, le trente septembre de l'an mil huit cent quatre-vingt-dix-sept, à l'âge de vingt-quatre ans, méritant ainsi l'éloge si connu — déjà précité — du Livre de la Sagesse « consommée en peu de temps, elle a fourni une longue carrière ».

Inhumée au cimetière de Lisieux, avec les honneurs convenables, elle commença aussitôt à être célèbre dans l'univers entier et son sépulcre devint glorieux.

La promesse qu'elle avait formulée avant de mourir de « faire tomber sur la terre une pluie de roses » — c'est-à-dire de grâces, — à peine montée au Ciel, elle la réalisa à la lettre par d'innombrables miracles, et elle la réalise encore de nos jours. Cette insigne servante de Dieu qui, durant sa vie, s'était acquis la sympathie de tous ceux qui l'approchaient, a vu, depuis sa mort, ce sentiment prendre une force et une extension prodigieuses.

Émus d'un tel renom de sainteté, un grand nombre de cardinaux de la sainte Église romaine, des patriarches, archevêques et évêques, de France en particulier, beaucoup aussi de vicaires apostoliques, de supérieurs de congrégations, d'abbés de monastères et de supérieures de religieuses, adressèrent à notre prédécesseur, Pie X, de sainte mémoire, des Lettres postulatoires pour obtenir l'Introduction de la cause de la sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus, les accompagnant de beaucoup d'instances et de témoignages.

Ce pontife les accueillit très favorablement, et, le neuf juin de l'an mil neuf cent quatorze, il signa, de sa propre main, la commission de l'introduction de la cause, confiée au très diligent postulateur général de l'ordre des carmes déchaussés, le R.P. Rodrigue de Saint-François de Paule.

Toutes les phases du procès ayant été parcourues selon les règles, et la question de l'héroïcité des vertus examinée, la congrégation générale se tint, le deux août mil neuf cent vingt et un, en présence du pape Benoît XV, notre prédécesseur, d'heureuse mémoire. Le très éminent et très révérend cardinal Antoine Vico, ponent de la cause, y proposa à la discussion le doute suivant : « Est-il certain que les vertus théologales de foi, d'espérance et de charité envers Dieu et le prochain, ainsi que les vertus cardinales de prudence, de justice, de force et de tempérance, et les vertus annexes, ont été pratiquées à un degré héroïque par la servante de Dieu Thérèse de l'Enfant-Jésus, dans le cas et pour l'effet dont il s'agit ? » Tous les cardinaux de la sainte Église romaine présents et les pères consulteurs, donnèrent chacun leur sentiment. Le même pontife, les ayant écoutés avec bienveillance, réserva cependant son suprême jugement, voulant d'abord implorer de Dieu une plus grande lumière dans une chose de tant d'importance.

La veille de la fête de l'assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, notre prédécesseur manifesta enfin sa décision et prononça solennellement : « Il est certain que les vertus théologales de foi, d'espérance et de charité, envers Dieu et le prochain, ainsi que les vertus cardinales de prudence, de justice, de force et de tempérance et les vertus annexes, ont été pratiquées par la vénérable servante de Dieu, Thérèse de l'Enfant-Jésus et à un degré héroïque. »

Il ordonna d'en publier le décret, de l'insérer parmi les actes de la sacrée congrégation des rites sous la date du quatorze août mil neuf cent vingt et un.

Cette Cause avait une marche si rapide et si heureuse, accompagnée de tant d'allégresse, que deux miracles furent aussitôt proposés à l'examen, choisis entre une multitude de divers prodiges que l'on disait avoir été obtenus dans tout l'Univers chrétien, par l'intercession puissante de la vénérable Thérèse. Le premier concerne la sœur Louise de Saint-Germain, de la congrégation des Filles de la Croix, souffrant d'une maladie organique, à savoir : d'une lésion anatomique et pathologique, c'est-à-dire d'un ulcère très grave de l'estomac, de forme hémorragique. Après avoir imploré l'intercession auprès de Dieu de la vénérable Thérèse de l'Enfant-Jésus, la malade recouvra une parfaite santé, comme trois éminents médecins le reconnurent unanimement, ayant chacun donné son sentiment, par écrit, à la demande de la Sacrée Congrégation des Rites. Le second miracle, assez semblable au premier, est la guérison du jeune séminariste, Charles Anne, malade de tuberculose pulmonaire hémoptysique en période cavitaire. Il invoqua avec confiance l'aide de la servante de Dieu et guérit parfaitement, comme cela résulte avec évidence des conclusions de trois médecins et de la série d'arguments sur lesquels se basait leur décision.

Aussi tous ceux qui étaient appelés à donner leur sentiment furent en mesure, après avoir mûrement pesé toutes choses, de formuler un jugement certain et indubitable sur la question soumise à l'examen. Après donc les deux congrégations anté-préparatoire et préparatoire, vint la congrégation générale, le trente janvier mil neuf cent vingt-trois, dans laquelle fut discuté, en Notre présence, le doute suivant : « Y a-t-il certitude de miracles, et de quels miracles, dans le cas et pour l'effet dont il s'agit ? » Les cardinaux de la sainte Église romaine présents, et les pères consulteurs exposèrent, chacun à leur tour, leur manière de voir. Après les avoir écoutés avec attention, Nous avons cru pouvoir suspendre notre décision, suivant l'usage, pour obtenir, en une chose si grave, un secours plus abondant du père des lumières.

Enfin, le dimanche de la quinquagésime, fête de l'apparition de l'Immaculée Vierge Marie, à Lourdes, et veille du premier anniversaire de notre couronnement, nous avons voulu, en ce jour doublement heureux, manifester notre décision ; et, en présence de l'éminentissime cardinal Antoine Vico, Évêque de Porto et de Sainte-Rufine, préfet de la sacrée congrégation des rites et ponent de la cause, ainsi que des autres dignitaires de cette congrégation, nous avons déclaré solennellement : « II y a certitude de miracle dans les deux cas proposés, à savoir : la guérison instantanée et parfaite de la Sœur Louise de Saint-Germain, de la Congrégation des Filles de la Croix, d'un très grave ulcère de l'estomac, de forme hémorragique, et la guérison instantanée et parfaite du séminariste Charles Anne, d'une tuberculose pulmonaire hémoptysique en période cavitaire. » Et nous avons donné ordre d'en publier le décret et de l'insérer dans les Actes de la Sacrée Congrégation, le onze février de l'an mil neuf cent vingt-trois.

Peu de temps après, c'est-à-dire le six mars de la même année, dans une réunion générale de la même congrégation, le même cardinal-Ponent de la cause proposa, en notre présence, la question suivante : « Étant donné la reconnaissance des vertus et des deux miracles, peut-on, en toute sûreté, procéder à la solennelle béatification de la vénérable servante de Dieu, sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus ? » Tous les assistants répondirent d'une même voix : « on le peut en toute sûreté. »

Pour prononcer cependant notre jugement définitif, nous avons choisi le jour heureux de la Fête du saint patriarche Joseph, illustre époux de la Bienheureuse Vierge Marie et patron de l'Église universelle, et nous avons solennellement déclaré : « On peut, en toute sûreté, procéder à la béatification de la vénérable servante de Dieu, sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus. »

Et nous avons ordonné d'en publier le décret et de l'insérer dans les actes de la sacrée congrégation des rites, à la date du dix-neuf mars mil neuf cent vingt-trois, et d'expédier des lettres apostoliques, en forme de Bref, pour la célébration des cérémonies de la béatification dans la basilique vaticane.

Ces solennités de la béatification furent célébrées dans la basilique patriarcale de Saint-Pierre, prince des apôtres, le vingt-neuf avril suivant, avec un grand concours de clergé et de peuple et dans l'effusion de la joie universelle.

Sur le récit de nouveaux prodiges de la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus, nous avons ordonné à sa sacrée congrégation des rites, le vingt-cinq juillet de l'an mil neuf cent vingt-trois, de reprendre la cause de cette même bienheureuse. Deux miracles ayant été proposés à son examen, les procès instruits et les témoins entendus, la sacrée congrégation rendit ce décret : « On est assuré de la validité des procès accomplis, par l'autorité apostolique, dans les diocèses de Parme et de Malines, au sujet de miracles attribués à l'intercession de la bienheureuse Thérèse qui avait été sollicitée, dans le cas et pour l'effet dont il s'agit. » Ce décret a été ratifié et confirmé par Nous, le onze juin de l'an mil neuf cent vingt-quatre.

Les deux miracles proposés à la discussion étaient les suivants : le premier est la guérison de Gabrielle Trimusi, le second, la guérison de Maria Pellemans.

Gabrielle, entrée à vingt-trois ans dans la congrégation des « Pauvres Filles des Sacrés-Cœurs », dont la maison-mère est dans la ville de Parme, commença à souffrir du genou gauche en mil neuf cent treize. Employée aux travaux domestiques, elle avait coutume de briser sur son genou, à la force de son bras, le bois à brûler. La répétition de cet acte finit par produire, sans qu'elle s'en aperçût, une lésion à la jointure, qui dégénéra en affection tuberculeuse. Elle n'éprouva d'abord qu'une sensation de douleur sourde, puis vinrent un tremblement du genou, la perte de l'appétit et l'amaigrissement de la malade.

Deux médecins appelés visitèrent la sœur et ordonnèrent des remèdes, mais sans aucun succès, si bien qu'au bout de trois ans, elle fut envoyée à Milan où l'on employa l'héliothérapie, les bains, les vésicatoires, les injections et autres choses semblables, sans aucun résultat; au contraire, au bout de quatre ans, l'épine dorsale était atteinte à son tour. La sœur Gabrielle revint à Parme où plusieurs médecins qui la visitèrent reconnurent une lésion de nature tuberculeuse, et ordonnèrent des remèdes généraux. Le médecin ordinaire de la communauté, constatant que l'état de l'épine dorsale allait aussi en empirant, conseilla de conduire la malade à l'hôpital. En attendant, il effectua l'examen radioscopique du genou malade et constata une périostite du sommet du tibia. Reçue à l'hôpital, elle fut de nouveau soumise à l'application des rayons X. Pendant ce séjour à l'hôpital de Milan, atteinte de la grippe, dite espagnole, elle éprouva dans la partie dorsale de la colonne vertébrale de nouvelles douleurs qui allèrent toujours en augmentant.

Comme tous les remèdes restaient inutiles, un ecclésiastique qui la visitait conseilla, le treize juin mil neuf cent vingt-trois, de faire une neuvaine en l'honneur de la Bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus, devant une petite image où était aussi imprimée une prière à la Bienheureuse.

La malade s'y unit, plus préoccupée de la santé des autres sœurs que de la sienne propre. Comme le dernier jour de cette neuvaine coïncidait avec la clôture d'un triduum solennel, célébré en l'honneur de la bienheureuse dans l'église des carmes, toute proche du couvent, quelques-unes des sœurs, et la malade elle-même, demandèrent la permission d'y aller. Au retour, après avoir parcouru cette courte distance d'un pas lent et très douloureux, la sœur Trimusi entra dans la chapelle de la communauté où les autres sœurs étaient réunies, comme de coutume. La supérieure exhorta la malade à prier avec confiance, et lui enjoignit de regagner sa place. Chose merveilleuse ! l'infirme, inconsciemment, se mit à genoux sans ressentir aucune douleur et, sans plus de difficulté que s'il avait été parfaitement sain, resta ainsi, reposant sur son genou malade, et ne s'apercevant pas de cette merveille, parce que son attention était absorbée par les douleurs dorsales qui, à ce moment, la tourmentaient plus cruellement. Elle alla au réfectoire avec les sœurs. Le repas fini, elle monte l'escalier avec lenteur, entre dans la première chambre qu'elle rencontre, enlève son appareil et crie à haute voix : « Je suis guérie ! Je suis guérie ! »

Aussitôt, elle reprit les emplois et les travaux de sa condition et les exercices de la vie religieuse, sans aucune souffrance, ni fatigue, rendant grâce à Dieu du miracle opéré par l'intercession de la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus.

Les médecins, désignés par la sacrée congrégation, discutèrent longuement cette guérison, et statuèrent que la lésion du genou était une arthrosynovite chronique, et celle de l'épine dorsale, une spondylite également chronique. Ces deux lésions organiques, rebelles à tous les remèdes, ont cédé à la toute-puissance de Dieu, et sœur Gabrielle a recouvré par miracle la santé, et y a persévéré.

L'histoire du second miracle, telle que l'a racontée Maria Pellemans qui en fut favorisée, est plus courte. Au mois d'octobre mil neuf cent neuf, elle était malade d'une tuberculose pulmonaire bien constatée ; puis se déclarèrent une entérite et une gastrite, également de nature tuberculeuse. Elle reçut les soins des médecins, d'abord chez elle, puis dans un sanatorium appelé « La Hulpe ». Revenue à sa maison, elle entreprit, au mois d'août mil neuf cent vingt, un pèlerinage au sanctuaire de Lourdes, dans l'espoir d'obtenir sa guérison, mais ce fut sans succès. Au mois de mars mil neuf cent vingt-trois, elle se joignit à un groupe de pèlerins qui visitaient le Carmel de Lisieux, et, sur le tombeau de la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus, ayant invoqué avec confiance son intercession, elle recouvra aussitôt une parfaite santé.

Trois médecins, convoqués d'office par la Sacrée Congrégation des Rites pour donner leur avis sur ces deux miracles, exprimèrent tous, et par écrit, une réponse favorable.

Dans ces guérisons, la vérité du miracle apparut hors de doute, elle brilla même avec une splendeur inaccoutumée, à cause des particularités dont ces prodiges étaient entourés. C'est pourquoi ceux qui ont été appelés à donner leur suffrage ont pu le faire, en s'appuyant sur l'autorité qui résulte de l'accord unanime des hommes de l'art ; dans la congrégation générale, tenue, en notre présence, le dix-sept mars de l'année courante, et au cours de laquelle notre cher fils Antoine Vico, cardinal de la sainte Église romaine, ponent de la cause, proposa le doute suivant : « Y a-t-il certitude de miracle, et de quels miracles, dans le cas et pour l'effet dont il s'agit ? » Les révérendissimes pères cardinaux de la sainte Église romaine, les prélats et les pères consulteurs exprimèrent leur avis, chacun à son tour. Après les avoir entendus, dans la joie de notre âme, nous avons cependant sursis à faire connaître notre pensée, voulant implorer encore, par d'instantes prières, pour une décision si importante, un secours plus puissant et plus efficace du père des lumières.

Peu après, cependant, nous avons choisi et fixé le dix-neuvième jour de mars, auquel l'église se réjouit en la fête du saint patriarche Joseph, époux de la Bienheureuse Vierge Marie et patron de l'Église universelle, et, en présence du cardinal préfet de la sacrée congrégation des rites et des principaux dignitaires, nous avons prononcé solennellement : « Il y a certitude de miracle dans les deux cas proposés. »

Puis, le vingt-neuvième jour du même mois, après avoir recueilli les suffrages unanimes des cardinaux de la sainte Église romaine et des pères consulteurs, nous avons solennellement déclaré : « on peut en toute sûreté procéder à al canonisation solennelle de la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus, vierge, moniale professe de l'ordre des carmélites déchaussées, du monastère de Lisieux. »

Après tous ces préliminaires et ces décrets, afin d'observer jusqu'au bout toutes les sages prescriptions de nos Prédécesseurs en vue de la célébration et de l'éclat d'une si auguste cérémonie, nous avons d'abord convoqué nos chers fils, les cardinaux de la sainte Église romaine, à un consistoire secret, le trente du mois de mars, pour leur demander leur avis. Dans ce consistoire, notre vénérable frère Antoine Vico, cardinal de la sainte Église romaine, évêque de Porto et de Sainte-Rufine, et préfet de la sacrée congrégation des rites, nous exposa éloquemment, à nous, et aux cardinaux de la sainte Église romaine, la vie et les miracles de la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus et des autres nouveaux saints, et demanda avec beaucoup d'ardeur qu'elle fût élevée aux suprêmes honneurs. Ce discours achevé, nous avons recueilli les suffrages des cardinaux de la sainte église romaine sur cette question : « Faut-il en venir à la canonisation solennelle de cette bienheureuse ? » et chacun des Cardinaux exprima son avis.

Puis, le second jour d'avril, nous avons tenu un consistoire public dans lequel, après avoir entendu avec plaisir un très savant discours sur la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus, de notre cher fils Jean Guasco, avocat de notre cour consistoriale, tous les cardinaux de la sainte église romaine, d'une voix unanime, nous ont exhorté à la décision suprême de cette cause.

Nous avons pris soin encore d'expédier des lettres de la sacrée congrégation consistoriale aux vénérables évêques, non seulement aux plus voisins, mais même aux plus éloignés, pour les aviser de cette solennité, afin, que, s'il leur était possible, ils vinssent près de nous, pour nous donner aussi leur sentiment. Il en vint de divers pays, et ils assistèrent, le vingt-deux du mois d'avril, à un consistoire semi-public, en notre présence, après avoir pris connaissance de la cause, par un résumé, qui fut remis à chacun, tant de la vie, des vertus et des miracles de la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus, que de tous les actes faits en notre présence et dans la sacrée congrégation des rites. Et, non seulement nos chers fils, les cardinaux de la sainte Église romaine, mais aussi nos vénérables frères les patriarches, archevêques et évêques, d'un accord unanime, nous ont pressé de célébrer cette canonisation. De tous ces suffrages, nos chers fils, les protonotaires apostoliques, ont dressé les actes pour être conservés dans les archives de la sacrée congrégation des rites.

Nous avons donc décidé de célébrer la solennité de cette canonisation en ce jour, dix-septième du mois de mai, en la basilique vaticane, et, en attendant, nous avons vivement exhorté les fidèles du Christ à redoubler de ferventes prières, spécialement dans les églises où le très saint sacrement est exposé à l'adoration ; afin qu'eux-mêmes goûtent plus abondamment les fruits d'une si grande solennité, et que le Saint-Esprit daigne nous assister plus efficacement dans un si grave exercice de notre charge.

En ce jour donc, si heureux et si désiré, les ordres du clergé séculier et régulier, les prélats et les dignitaires de la curie romaine et tout ce que Rome compte de cardinaux, patriarches, archevêques, évêques et abbés, se rassemblèrent dans la Basilique Vaticane magnifiquement ornée. En leur présence, nous fîmes nous-même notre entrée.

Alors notre vénérable frère Antoine Vico, cardinal de la sainte Église romaine, évêque de Porto et de Sainte-Rufine, préfet de la sacrée congrégation des rites et préposé à la poursuite de cette cause de canonisation, après un discours de notre cher fils Virgile Jacoucci, avocat de notre cour consistoriale, nous présenta les vœux et les prières de l'épiscopat et de tout l'ordre des carmes déchaussés, pour que nous mettions au nombre des saints la bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus que nous avons déjà déclarée patronne des missions et des noviciats de l'ordre du carmel.

Le même cardinal et le même avocat renouvelèrent une seconde et une troisième fois leur demande avec une plus grande et suprême instance. Nous, alors, ayant imploré avec ferveur la lumière céleste, « pour l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour l'accroissement et la gloire de la foi catholique, par l'autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, les saints apôtres Pierre et Paul et la nôtre, après mûre délibération et du suffrage de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte église romaine, ainsi que les patriarches, archevêques et évêques, nous avons déclaré que ladite bienheureuse Thérèse de l'Enfant-Jésus, moniale professe de l'ordre des carmélites déchaussées, est sainte et doit être inscrite au catalogue des saints. »

Nous avons ordonné que sa mémoire de cette sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus soit célébrée chaque année, le trois octobre, et notée au martyrologe romain.

Enfin, nous avons rendu au Dieu très bon et très grand de ferventes actions de grâces pour un si grand bienfait, et nous avons célébré solennellement le saint sacrifice, et accordé très affectueusement une indulgence plénière à tous les assistants : et, pour perpétuelle mémoire, nous avons ordonné de rédiger et publier les présentes lettres qui seront signées de notre main et des cardinaux de la sainte Église romaine.

Fidèles du Christ, l'église vous présente aujourd'hui un nouveau et admirable modèle de vertus que tous vous devez contempler sans cesse, car le caractère propre de la sainteté à laquelle Dieu appela Thérèse de l'Enfant-Jésus, consiste surtout en ce qu'ayant entendu l'appel de Dieu, elle lui obéit avec la plus grande promptitude et la plus entière fidélité. Sans que sa manière de vivre sortît de l'ordinaire, elle suivit sa vocation et la consomma avec tant de ferveur, de générosité et de constance qu'elle atteignit à l'héroïcité des vertus.

C'est de notre temps, où les hommes recherchent avec tant de passion les biens temporels, que vécut cette jeune vierge, dans la pratique sereine et courageuse des vertus, en vue de la vie éternelle et pour procurer la gloire de Dieu. Puisse son exemple, confirmer dans l'exercice des vertus, non seulement ceux qui habitent les cloîtres, mais les fidèles qui vivent dans le monde, et les conduire à une vie plus parfaite !

Implorons tous, en nos nécessités présentes, la protection de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, afin que, sur nous aussi, par son intercession, descende une pluie de roses, c'est-à-dire les grâces dont nous avons besoin.

De science certaine, et dans toute la plénitude de notre autorité apostolique, nous affirmons et confirmons tout ce qui précède, et de nouveau nous le décrétons et ordonnons, et nous voulons que les copies de ces lettres, même imprimées, pourvu cependant qu'elles soient signées d'un notaire public et munies du sceau d'un personnage constitué en dignité ecclésiastique, aient la même valeur que si nos Lettres originales elles-mêmes étaient produites ou montrées.

Que personne donc n'ose attaquer ou contredire ces lettres de notre décision, décret, mandat ou volonté ; si quelqu'un avait la témérité de le tenter, qu'il sache qu'il encourrait l'indignation du Dieu Tout-Puissant et de ses saints apôtres Pierre et Paul.

Donné à Rome près Saint-Pierre, l'an du Seigneur mil neuf cent vingt-cinq, le dix-septième jour du mois de mai, de notre Pontificat l'an quatrième.

Pie XI, Pape.



Reportez-vous à Prière de LA TOUTE PETITE Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Litanies de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Victoires.














mardi 29 décembre 2015

Les œuvres de miséricorde


« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :  il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle
. » (Mt 25, 31-46)


Les sept œuvres de miséricorde (Frans Francken)


Les œuvres de miséricorde sont les actions charitables par lesquelles nous venons en aide à notre prochain dans ses nécessités corporelles et spirituelles. (Catéchisme de l’Église catholique)


Œuvres de miséricorde spirituelle :


* Conseiller celui qui est perdu,
* Instruire les ignorants,
* Avertir les pécheurs,
* Consoler les affligés,
* Pardonner les offenses,
* Supporter avec patience les personnes désagréables,
* Prier Dieu pour les vivants et pour les morts.


Œuvres de miséricorde corporelle :


* Donner à manger aux affamés,
* Donner à boire à ceux qui ont soif,
* Loger les sans logis,
* Vêtir ceux qui sont nus,
* Assister les malades,
* Visiter les prisonniers,
* Ensevelir les morts.


Ces œuvres de miséricorde sont les actions que tout chrétien se doit d'accomplir, non seulement pour pratiquer la charité de l’Évangile, mais aussi pour racheter ses fautes.



Quelques références bibliques sur les œuvres de miséricorde :



« Certes les pauvres ne disparaîtront point de ce pays ; aussi je te donne ce commandement : tu dois ouvrir ta main à ton frère, à celui qui est humilié et pauvre dans ton pays. » (Dt 15, 11)

« A qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos. » (Mt 5, 42)

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Mt 10, 8)

« Eh bien, maintenant, les riches ! Pleurez, hurlez sur les malheurs qui vont vous arriver. Votre richesse est pourrie, vos vêtements sont rongés par les vers. Votre or et votre argent sont souillés, et leur rouille témoignera contre vous : elle dévorera vos chairs ; c’est un feu que vous avez thésaurisé dans les derniers jours ! Voyez : le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont fauché vos champs, crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur des Armées. Vous avez vécu sur terre dans la mollesse et le luxe, vous vous êtes repus au jour du carnage. Vous avez condamné le juste, il ne vous résiste pas. » (Jc 5, 1-6)

« Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez ! » (Lc 6, 24-25)

« Chaque jour, mon enfant, souviens-toi du Seigneur. Garde-toi de pécher et de transgresser ses commandements. Fais ce qui est juste tous les jours de ta vie et ne marche pas dans les voies de l’injustice. Car ceux qui agissent selon la vérité réussiront dans leurs entreprises. À tous ceux qui pratiquent la justice, fais l’aumône avec les biens qui t’appartiennent. Ne détourne ton visage d’aucun pauvre, et le visage de Dieu ne se détournera pas de toi. Mon fils, agis suivant ce que tu as : si tu es dans l’abondance, donne davantage ; mais si tu as peu, donne selon le peu que tu as. Quand tu fais l’aumône, mon fils, n’aie aucun doute : tu te constitues un beau trésor pour les jours de détresse, car l’aumône délivre de la mort et empêche d’aller dans les ténèbres. » (Tb 4, 5-11)

« L’aumône d’un homme est marquée d’un sceau devant Dieu qui veille sur une bonne action comme sur la prunelle de l’œil et accorde le repentir à ses fils et à ses filles. » (Si 17, 22)

« Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense.  Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. » (Mt 6, 2-4)

« Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ? N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? » (Is 58, 6-7)

« Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a à manger fasse de même. » (Lc 3, 11)

« Donnez plutôt en aumône tout ce que vous avez, et tout sera pur pour vous. » (Lc 11, 41)

« Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise : "Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous", sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? » (Jc 2, 15-16)

« Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? » (1 Jn 3, 17)

« Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux. Souvenez-vous de ceux qui sont maltraités, car vous aussi, vous avez un corps. » (He 13, 3)

« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. » (Mt 5, 7)



Pratiquer la miséricorde, oui, mais pas n'importe comment !


Les œuvres de miséricorde doivent être d'abord pratiquées au sein même de son foyer, au cœur même de sa paroisse, etc. Soyez à l'écoute de vos proches, soyez attentif à vos frères en paroisse. La charité et la miséricorde ne sont pas seulement de jolis mots ou un moyen d'évangélisation ; ils sont aussi un moyen de sanctification. Appliquez et vivez la Parole du Seigneur. Il est bien beau de créer des associations pour aider les pauvres, mais si vous n'avez pas la charité auprès de ceux que vous côtoyez tous les jours, que pourrez-vous faire pour ces étrangers que vous rencontrerez à l'extérieur ? (par exemple : être membre d'une association qui visite les malades, et ne pas visiter son grand-père hospitalisé). 

La pratique de la miséricorde n'est pas une case à remplir. Elle doit être vécue en profondeur, dans le don de soi et l'abandon à la volonté de Dieu.

Comme Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, apprenons à accepter en silence les critiques, même les plus injustes, à sourire à ceux qui nous sont déplaisants, à tout faire, y compris les plus petites choses, par amour et avec simplicité.

Le commandement qui nous ordonne d'aimer le prochain est (donc) « semblable » au commandement qui nous ordonne d'aimer Dieu, mais il n'est pas le premier, il est le second. Et de même qu'il n'est pas possible d'observer le premier commandement si l'on refuse d'observer le second - « Celui qui prétend aimer Dieu et qui n'aime pas son frère est un menteur », nous dit saint Jean, - il n'est pas possible d'observer le second commandement si on exclut positivement le premier ; en effet, celui qui aimerait le prochain et se dévouerait, se sacrifierait pour lui non seulement sans aucune référence à Dieu, mais en excluant Dieu, ferait du prochain un absolu en soi et sa philanthropie ne serait en réalité qu'une forme d'idolâtrie. Les deux commandements doivent aller de pair, ils sont semblables, mais le premier, le plus grand, celui qui légitime et rend méritoire l'autre, c'est l'amour de Dieu. (R.P. Noël Barbara - Catéchèse du mariage)

La  charité  est  une  vertu surnaturelle qui nous incline à aimer Dieu par-dessus toute chose et le prochain  comme  nous-mêmes  pour  l'amour  de  Dieu.  Ainsi,  après  Dieu, nous devons aimer le prochain comme nous-mêmes, et cela, non d'une manière quelconque, mais pour l'amour de Dieu et par obéissance à sa loi.
Et  maintenant,  qu'est-ce  qu'aimer  ?  Amare  est  velle  bonum,  répond  la philosophie, "Aimer,  c'est  vouloir  le  bien  à  celui qu'on  aime".  A  qui  la charité commande-t-elle de vouloir le bien ? Au prochain ! c'est-à-dire non à tel ou tel homme seulement, mais à tous les hommes.
Et  quel  est  ce  bien  qu'il  faut  vouloir  pour  qu'il  en  résulte  le  véritable amour ? Premièrement, le  bien  suprême,  qui  est  le  bien  surnaturel ; immédiatement  après,  les biens  de  l'ordre naturel, qui  ne  sont  pas incompatibles avec lui. Tout ceci se résume dans la phrase : "pour l'amour de Dieu" et mille autres dont le sens est le même
. ("Le libéralisme est un péché" - Don Sarda y Salvany)

Or faisant le bien, ne nous lassons point ; car ne nous lassant pas, nous recueillerons la moisson en son temps. C'est pourquoi, tandis que nous avons le temps, faisons du bien à tous, et principalement à ceux qui sont de la famille de la Foi. (Gal. 6, 9)

Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et surtout de ceux de sa maison, il a renié la Foi, et il est pire qu'un infidèle. (1 Tm 5, 8)

Si l'on parle de charité, on devrait toujours rappeler auparavant, que cinq conditions s'imposent pour que la charité soit vraie :
-  1. Être en état de grâce.
-  2. Qu'elle soit mue par des motifs surnaturels. 
-  3. Qu'elle soit efficace :   

a) en tant qu’elle se rapporte à Dieu, elle doit porter à accomplir Sa divine volonté ;  
b) en tant qu'elle se rapporte aux hommes, elle doit nous porter à chercher le bien du prochain.
-  4. Qu'elle soit ordonnée  : 

a) aimer Dieu par-dessus tout, et pas n'importe comment : Si quelqu'un M'aime, il garde d'abord Mes commandements ;  
b) faire passer l'amour pour la patrie après l'amour pour l'Église ;   
c) ne pas chercher le bien du prochain au détriment de notre propre bien spirituel ;   
d) chercher d'abord le bien spirituel de l'âme de notre prochain et, après, le bien matériel de son corps.
-  5. Qu'elle se déploie dans la Justice et la Vérité. 


(Catéchisme catholique par le cardinal Gasparri)




Pratique :
Méditons nos œuvres de charité et de miséricorde et orientons-les de façon à ce qu'elles plaisent à Dieu et jaillissent d'un acte d'amour pur et d'un véritable don de nous-mêmes pour trouver le Cœur du Christ à travers l'amour de notre prochain. Appliquons dans notre vie les Béatitudes.




Attention : Les œuvres extérieures ne sont rien sans une profonde vie intérieure. Lire "L'âme de tout apostolat" de Dom Chautard (à télécharger ici).



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jeudi 1 octobre 2015

Litanie de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face





Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père Céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Immaculée Conception, priez pour nous.
Sainte Marie, Mère du Sauveur, priez pour nous.
Sainte Marie, Mère des Vierges, priez pour nous.

Saint Jean Baptiste, Précurseur du Seigneur, priez pour nous.
Saint Joseph, Patron de la Sainte Église, priez pour nous.

Sainte Thérèse, que Dieu combla de grâces dès votre tendre enfance, priez pour nous.
Sainte Thérèse, pareille aux anges par votre innocence, priez pour nous.
Sainte Thérèse, enfant chérie de la Vierge Marie, priez pour nous.
Sainte Thérèse, enfant guérie par le sourire de Marie, priez pour nous.
Sainte Thérèse, épouse choisie du Seigneur, priez pour nous.
Sainte Thérèse, nouvelle fleur du Carmel, priez pour nous.
Sainte Thérèse, insensible aux biens et aux délices de la terre, priez pour nous.
Sainte Thérèse, dont aucune faute n'a jamais terni la pureté, priez pour nous.
Sainte Thérèse, étoile du pontificat de Saint Pie XI, priez pour nous.
Sainte Thérèse, parfait modèle d'obéissance, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Petite reine du grand Roi, priez pour nous.
Sainte Thérèse, très dévote au Sacré-cœur de Jésus, priez pour nous.
Sainte Thérèse, humble servante du Seigneur, priez pour nous.
Sainte Thérèse, victime de l'amour divin, priez pour nous.
Sainte Thérèse, pleinement confiante en Dieu, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Docteur de la voie d'enfance, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Amoureuse de l'Enfant-Jésus, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Amoureuse de la Croix du Christ, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Amoureuse de la Face du Christ, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Amoureuse de la Parole de Dieu, priez pour nous.
Sainte Thérèse, toute brûlante de zèle pour le salut des âmes, priez pour nous.
Sainte Thérèse, digne fille de Sainte Thérèse d'Avila, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Chantre de la tendresse du Père, priez pour nous.
Sainte Thérèse, miroir du Cœur immaculé de Marie, priez pour nous.
Sainte Thérèse, rose effeuillée pour l'Enfant-Jésus, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Amour au cœur de l'Église, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Parole de Dieu pour notre temps, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Modèle de la pureté de cœur, priez pour nous.
Sainte Thérèse, vivant ostensoir consumé d'amour, priez pour nous.
Sainte Thérèse, immolée en silence près de l'Eucharistie, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Trésor de joie dans la souffrance, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Martyre d'amour du Cœur Sacré de Jésus, priez pour nous.
Sainte Thérèse, vaillant guerrier dans le champ de l'apostolat, priez pour nous.
Sainte Thérèse, offerte à l'Amour Miséricordieux, priez pour nous.
Sainte Thérèse, petite fleur de Notre Seigneur, priez pour nous.
Sainte Thérèse, épanouie éternellement dans les jardins célestes, priez pour nous.
Sainte Thérèse, répandant des pluies de roses sur le monde, priez pour nous.
Sainte Thérèse, qui passez votre ciel à faire du bien sur la terre, priez pour nous.
Sainte Thérèse, qui faites descendre sur le monde une pluie abondante de bienfaits, priez pour nous.
Sainte Thérèse, dispensatrice des grâces, priez pour nous.
Sainte Thérèse, petite sœur du Ciel, priez pour nous.
Sainte Thérèse, puissante protectrice de tous ceux qui vous invoquent, priez pour nous.
Sainte Thérèse, assise à la table des pécheurs, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Ange des prisonniers et des malades, priez pour nous.
Sainte Thérèse, petite sœur des pauvres dans l'Esprit, priez pour nous.
Sainte Thérèse, recours des plus grands pécheurs, priez pour nous.
Sainte Thérèse, ultime recours des condamnés, priez pour nous.
Sainte Thérèse, protectrice des exilés, priez pour nous.
Sainte Thérèse, trésor de tendresse pour tous les orphelins, priez pour nous.
Sainte Thérèse, réconfort des missionnaires, priez pour nous.
Sainte Thérèse, ardent modèle des consacrés, priez pour nous.
Sainte Thérèse, petite sœur cachée de tous les prêtres, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Apôtre de la Miséricorde, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Apôtre de la confiance et de l'abandon, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Apôtre de la simplicité de cœur, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Patronne des Missions, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Patronne de la France, priez pour nous.
Sainte Thérèse, Prophète des derniers temps, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.


V/
Priez pour nous, Sainte Thérèse.
R/ Afin que nous soyons dignes des promesses de notre Seigneur Jésus-Christ.


PRIONS

Ô Mon Dieu, qui avez orné votre servante, Sainte Thérèse, du don des miracles, accordez-nous, nous vous en supplions, par son intercession, la grâce de vous servir toujours à son exemple, en esprit de confiance et d'humilité, et gardez-nous, Seigneur, un cœur d’enfant, à l'image de celui de notre petite sœur du Ciel. Par Jésus le Christ, Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec vous, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il.




mardi 11 août 2015

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et la Vie d'Oraison


Extrait des Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de Lisieux


« En parlant de visite aux carmélites je me souviens de la première, qui eut lieu peu de temps après l'entrée de Pauline, j'ai oublié d'en parler plus haut, mais il est un détail que je ne dois pas omettre. Le matin du jour où je devais aller au parloir, réfléchissant toute seule dans mon lit (car c'était là que je faisais mes plus profondes oraisons et contrairement à l'épouse des cantiques j'y trouvais toujours mon Bien-Aimé), je me demandai quel nom j'aurais au Carmel ; je savais qu'il y avait une Sr Thérèse de Jésus, cependant mon beau nom de Thérèse ne pouvait pas m'être enlevé. Tout à coup je pensai au Petit Jésus que j'aimais tant et je me dis : « Oh ! que je serais heureuse de m'appeler Thérèse de l'Enfant Jésus ! » Je ne dis rien au parloir du rêve que j'avais fait toute éveillée, mais la bonne Mère M. de Gonzague demandant aux Sœurs quel nom il faudrait me donner, il lui vint à la pensée de m'appeler du nom que j'avais rêvé... Ma joie fut grande et cette heureuse rencontre de pensées me sembla une délicatesse de mon Bien-Aimé Petit Jésus. »

« Ah ! qu'elle était éloquente ma chère marraine ! J'aurais voulu n'être pas seule à entendre ses profonds enseignements, je me sentais si touchée que dans ma naïveté je croyais que les plus grands pécheurs auraient été touchés comme moi et que, laissant là leurs richesses périssables, ils n'auraient plus voulu gagner que celles du Ciel... À cette époque personne ne m'avait encore enseigné le moyen de faire oraison, j'en avais cependant bien envie, mais Marie me trouvant assez pieuse ne me laissait faire que mes prières. Un jour une de mes maîtresses de l'Abbaye me demanda ce que je faisais les jours de congé lorsque j'étais seule. Je lui répondis que j'allais derrière mon lit dans un espace vide qui s'y trouvait et qu'il m'était facile de fermer avec le rideau et que là « je pensais. »  Mais à quoi pensez-vous ? me dit-elle.  Je pense au Bon Dieu, à la vie... à l'ÉTERNITÉ, enfin je pense !... La bonne religieuse rit beaucoup de moi, plus tard elle aimait à me rappeler le temps où je pensais, me demandant si je pensais encore... Je comprends maintenant que je faisais oraison sans le savoir et que déjà le Bon Dieu m'instruisait en secret. »

« Enfin j'avais trouvé le repos... Considérant le corps mystique de l'Église, je ne m'étais reconnue dans aucun des membres décrits par St Paul, ou plutôt je voulais me reconnaître en tous... La Charité me donna la clef de ma vocation. Je compris que si l'Église avait un corps, composé de différents membres, le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l'Église avait un Cœur, et que ce Cœur était BRÛLANT d'AMOUR. Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Église, que si l'Amour venait à s'éteindre, les Apôtres n'annonceraient plus l'Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang.. Je compris que l'AMOUR RENFERMAIT TOUTES LES VOCATIONS, QUE L'AMOUR ÉTAIT TOUT, QU'IL EMBRASSAIT TOUS LES TEMPS ET TOUS LES LIEUX... EN UN MOT, QU'IL EST ÉTERNEL !...
Alors dans l'excès de ma joie délirante, je me suis écriée : Ô Jésus, mon Amour... ma vocation, enfin je l'ai trouvée, MA VOCATION, C'EST L'AMOUR ...
Oui j'ai trouvé ma place dans l'Église et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée... dans le Cœur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé !!!... »

« Mère bien-aimée, voici ma prière, je demande à Jésus de m'attirer dans les flammes de son amour, de m'unir si étroitement à Lui, qu'Il vive et agisse en moi. Je sens que plus le feu de l'amour embrasera mon cœur, plus je dirai : Attirez-moi, plus les âmes qui s'approcheront de moi (pauvre petit débris de fer inutile, si je m'éloignais du brasier divin), plus ces âmes courront avec vitesse à l'odeur des parfums du Bien-Aimé, car une âme embrasée d'amour ne peut rester inactive ; sans doute comme Ste Madeleine elle se tient aux pieds de Jésus, elle écoute sa parole douce et enflammée. Paraissant ne rien donner, elle donne bien plus que Marthe qui se tourmente de beaucoup de choses et voudrait que sa sœur l'imite. Ce ne sont point les travaux de Marthe que Jésus blâme, ces travaux, sa divine Mère s'y est humblement soumise toute sa vie puisqu'il lui fallait préparer les repas de la Ste Famille. C'est l'inquiétude seule de son ardente hôtesse qu'il voulait corriger. Tous les saints l'ont compris et plus particulièrement peut-être ceux qui remplirent l'univers de l'illumination de la doctrine évangélique. N'est-ce point dans l'oraison que les Sts Paul, Augustin, Jean de la Croix, Thomas d'Aquin, François, Dominique et tant d'autres illustres Amis de Dieu ont puisé cette science Divine qui ravit les plus grands génies ? Un savant a dit : « Donnez-moi un levier, un point d'appui, et je soulèverai le monde. » Ce qu'Archimède n'a pu obtenir, parce que sa demande ne s'adressait point à Dieu et qu'elle n'était faite qu'au point de vue matériel, les Saints l'ont obtenu dans toute sa plénitude. Le Tout-Puissant leur a donné pour point d'appui : LUI-MÊME et LUI SEUL ; pour levier : L'oraison, qui embrase d'un feu d'amour, et c'est ainsi qu'ils ont soulevé le monde ; c'est ainsi que les Saints encore militants le soulèvent et que, jusqu'à la fin du monde, les Saints à venir le soulèveront aussi. »




Pratique :
Apprenez à prier mentalement. La prière mentale est supérieure à la prière vocale.




Reportez-vous à Prière de LA TOUTE PETITE Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Vehementer exultamus, Bulle du Pape Pie XI, sur la canonisation de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Neuvaine en l'honneur de Sainte Thérèse d'Avila, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De la sècheresse dans l'oraison, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Avis pour la lecture spirituelle, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour bien faire oraison et pour en tirer du fruit, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, Litanie de Sainte Jeanne d'Arc, L'Imitation de Jésus-Christ, Les saints et le combat spirituel : Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Litanie de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ! et Sainte Thérèse d'Avila.



Lire aussi
"L'âme de tout apostolat" de Dom Chautard, "De l'oraison mentale et de la Retraite" de Saint Alphonse de Liguori, "Esprit" du R.P. Avrillon (Pour passer saintement l'Avent, le Carême, l'Ascension), "Méditations selon la méthode de Saint Ignace de Loyola sur la Vie et les Mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ" (5 tomes), "Méditations sur les souffrances de N.S. Jésus-Christ" par l'auteur du Culte Public, "La perfection chrétienne" du R.P. Alphonse Rodriguez, "L'Imitation de Jésus-Christ" de Thomas A. Kempis, "Abrégé des Méditations" du Père Louis Dupont et "Le combat spirituel" de Lorenzo Scupoli.











dimanche 12 juillet 2015

Litanie de Louis et Zélie Martin

 

Louis et Zélie Martin

 

À l'occasion de la Fête en l'honneur du mariage de Louis et Zélie Martin qui ont su éduquer leurs enfants dans la Foi et l'Amour de Dieu, prions-les afin qu'ils intercèdent pour que nous soyons de bons parents et des modèles de sainteté pour nos enfants.



Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face : Le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre. (Lt 261)







Litanie de Louis et Zélie Martin


Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.

Louis et Zélie Martin, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, père et mère de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez mis votre Foi et votre Espérance dans le Seigneur, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez vécu votre union dans la fidélité, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez enfanté de nombreux enfants, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez élevé vos enfants dans la Foi, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez désiré la sainteté pour vous et vos enfants, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez offert vos enfants au Seigneur, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez perdu des enfants en bas âge, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez travaillé de vos mains, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez pratiqué une ardente Charité, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez puisé votre force dans l'Eucharistie quotidienne, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez prié fidèlement chaque jour, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez partagé le souci missionnaire de l'Église, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui vous êtes toujours confié à la Vierge, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui avez connu la souffrance et la maladie, priez pour nous.
Louis et Zélie Martin, qui contemplez dans le Ciel la Face Adorable du Seigneur, priez pour nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.


V.
Priez pour nous, Louis et Zélie Martin,
R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ.


PRIONS

Dieu Éternel d'Amour, Vous nous avez donné dans les époux Louis et Zélie Martin, un exemple de sainteté vécue dans le mariage : ils ont gardé la Foi et l’Espérance au milieu des devoirs et des difficultés de la vie ; ils ont élevé leurs enfants pour qu’ils deviennent des Saints. Puissent leur prière et leur exemple soutenir les familles dans leur vie chrétienne et nous aider à marcher vers la sainteté. Ô Dieu, si telle est Votre Volonté, daignez nous accorder les grâces que nous Vous demandons à travers leur intercession et sanctifier Vos serviteurs à l'image des parents de la petite Thérèse. Par Jésus le Christ, Notre Seigneur. Ainsi soit-il.



Famille Martin

mardi 23 juin 2015

Les saints et le combat spirituel : Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face


Les Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de Lisieux, Extrait :



« Je me souviens d'un rêve que j'ai dû faire vers cet âge (4 ans) et qui s'est profondément gravé dans mon imagination. Une nuit, j'ai rêvé que je sortais pour aller me promener seule au jardin. Arrivée au bas des marches qu'il fallait monter pour y arriver, je m'arrêtai saisie d'effroi. Devant moi, auprès de la tonnelle, se trouvait un baril de chaux et sur ce baril deux affreux petits diablotins dansaient avec une agilité surprenante malgré des fers à repasser qu'ils avaient aux pieds ; tout à coup ils jetèrent sur moi leurs yeux flamboyants, puis au même moment, paraissant bien plus effrayés que moi, ils se précipitèrent au bas du baril et allèrent se cacher dans la lingerie qui se trouvait en face. Les voyant si peu braves je voulus savoir ce qu'ils allaient faire et je m'approchai de la fenêtre. Les pauvres diablotins étaient là, courant sur les tables et ne sachant comment faire pour fuir mon regard ; quelquefois ils s'approchaient de la fenêtre, regardant d'un air inquiet si j'étais encore là et me voyant toujours, ils recommençaient à courir comme des désespérés. Sans doute ce rêve n'a rien d'extraordinaire, cependant je crois que le Bon Dieu a permis que je m'en rappelle, afin de me prouver qu'une âme en état de grâce n'a rien à craindre des démons qui sont des lâches, capables de fuir devant le regard d'un enfant... »

« Il se trouve dans la communauté une sœur qui a le talent de me déplaire en toutes choses, ses manières, ses paroles, son caractère me semblaient très désagréables, cependant c'est une sainte religieuse qui doit être très agréable au Bon Dieu, aussi ne voulant pas céder à l'antipathie naturelle que j'éprouvais, je me suis dit que la charité ne devait pas consister dans les sentiments, mais dans les œuvres ; alors / je me suis appliquée à faire pour cette sœur ce que j'aurais fait pour la personne que j'aime le plus. À chaque fois que je la rencontrais, je priais le Bon Dieu pour elle, lui offrant toutes ses vertus et ses mérites. Je sentais bien que cela faisait plaisir à Jésus, car il n'est pas d'artiste qui n'aime à recevoir des louanges de ses œuvres et Jésus l'Artiste des âmes est heureux lorsqu'on ne s'arrête pas à l'extérieur, mais que pénétrant jusqu'au sanctuaire intime qu'il s'est choisi pour demeure, on en admire la beauté.
Je ne me contentais pas de prier beaucoup pour la sœur qui me donnait tant de combats, je tâchais de lui rendre tous les services possibles et quand j'avais la tentation de lui répondre d'une façon désagréable, je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire et je tâchais de détourner la conversation, car il est dit dans l'Imitation : Il vaut mieux laisser chacun dans son sentiment que de s'arrêter à contester.
Souvent aussi, lorsque je n'étais pas à la récréation (je veux dire pendant les heures de travail), ayant quelques rapports d'emploi avec cette sœur, lorsque mes combats étaient trop violents, je m'enfuyais comme un déserteur. Comme elle ignorait absolument ce que je sentais pour elle, jamais elle n'a soupçonné les motifs de ma conduite et demeure persuadée que son caractère m'est agréable. Un jour à la récréation, elle me dit à peu près ces paroles d'un air très content : “Voudriez-vous me dire, ma Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, ce qui vous attire tant vers moi, à chaque fois que vous me regardez, je vous vois sourire ?” Ah ! ce qui m'attirait, c'était Jésus caché au fond de son âme... Jésus qui rend doux ce qu'il y a de plus amer... Je lui répondis que je souriais parce que j'étais contente de la voir (bien entendu je n'ajoutai pas que c'était au point de vue spirituel).
Ma Mère bien-aimée, je vous l'ai dit, mon dernier moyen de ne pas être vaincue dans les combats, c'est la désertion, ce moyen je l'employais déjà pendant mon noviciat, il m'a toujours parfaitement réussi. Je veux ma Mère, vous en citer un exemple qui je crois vous fera sourire. Pendant une de vos bronchites, je vins un matin tout doucement remettre chez vous les clefs de la grille de communion, car j'étais sacristine ; au fond je n'étais pas fâchée d'avoir cette occasion de vous voir, j'en étais même très contente, mais je me gardais bien de le faire paraître ; une sœur, animée d'un saint zèle et qui cependant m'aimait beaucoup, me voyant entrer chez vous, ma Mère, crut que j'allais vous réveiller, elle voulut me prendre les clefs, mais j'étais trop maligne pour les lui donner et céder mes droits. Je lui dis le plus poliment possible que je désirais autant qu'elle de ne point vous éveiller et c'était à moi de rendre les clefs... Je comprends maintenant qu'il aurait été bien plus parfait de céder à cette sœur, jeune il est vrai, mais enfin plus ancienne que moi. Je ne le comprenais pas alors, aussi voulant absolument entrer à sa suite malgré elle qui poussait la porte pour m'empêcher de passer, bientôt le malheur que nous redoutions arriva : le bruit que nous faisions vous fit ouvrir les yeux... Alors, ma Mère, tout retomba sur moi, la pauvre sœur à laquelle j'avais résisté se mit à débiter tout un discours dont le font était ceci : C'est sœur Thérèse de l'Enfant Jésus qui a fait du bruit... mon Dieu, qu'elle est désagréable, etc. Moi qui sentais tout le contraire j'avais bien envie de me défendre, heureusement il me vint une idée lumineuse ; je me dis que certainement si je commençais à me justifier je n'allais pas pouvoir garder la paix de mon âme, je sentais aussi que je n'avais pas assez de vertu pour me laisser accuser sans rien dire, ma dernière planche de salut était donc la fuite. Aussitôt pensé aussitôt fait, je partis sans tambour ni trompette, laissant la sœur continuer son discours qui ressemblait aux imprécations de Camille contre Rome. Mon cœur battait si fort qu'il me fut impossible d'aller loin et je m'assis dans l'escalier pour jouir en paix des fruits de ma victoire. Ce n'était pas là de la bravoure, n'est-ce pas, Mère chérie, mais je crois cependant qu'il vaut mieux ne pas s'exposer au combat lorsque la défaite est certaine ? »

« Je me souviens d'un acte de charité que le Bon Dieu m'inspira de faire étant encore novice, c'était peu de chose, cependant notre Père qui voit dans le secret, qui regarde plus à l'intention qu'à la grandeur de l'action, m'en a déjà récompensée sans attendre l'autre vie. C'était du temps que St St Pierre (Sœur Saint-Pierre de Sainte-Thérèse) allait encore au chœur et au réfectoire. À l'oraison du soir elle était placée devant moi : 10 minutes avant 6 heures, il fallait qu'une sœur se dérange pour la conduire au réfectoire, car les infirmières avaient alors trop de malades pour venir / la chercher. Cela me coûtait beaucoup de me proposer pour rendre ce petit service, car je savais que ce n'était pas facile de contenter cette pauvre St St Pierre qui souffrait tant qu'elle n'aimait pas à changer de conductrice. Cependant je ne voulais pas manquer une si belle occasion d'exercer la charité, me souvenant que Jésus avait dit : Ce que vous ferez au plus petit des miens c'est à moi que vous l'aurez fait. Je m'offris donc bien humblement pour la conduire : ce ne fut pas sans mal que je parvins à faire accepter mes services ! Enfin je me mis à l'œuvre et j'avais tant de bonne volonté que je réussis parfaitement.

Chaque soir quand je voyais ma St St Pierre secouer son sablier, je savais que cela voulait dire : partons. C'est incroyable comme cela me coûtait de me déranger, surtout dans le commencement, je le faisais pourtant immédiatement et puis toute une cérémonie commençait. Il fallait remuer et porter le banc d'une certaine manière, surtout ne pas se presser, ensuite la promenade avait lieu. Il s'agissait de suivre la pauvre infirme en la soutenant par sa ceinture, je le faisais avec le plus de douceur qu'il m'était possible ; mais si par malheur elle faisait un faux pas, aussitôt il lui semblait que je la tenais mal et qu'elle allait tomber : “Ah mon Dieu, vous allez trop vite, j'vais m'briser.” Si j'essayais d'aller encore plus doucement : “Mais suivez-moi donc, je n'sens plus vot'main, vous m'avez lâchée, j'vais tomber, ah ! j'avais bien dit qu'vous étiez trop jeune pour me conduire.” Enfin nous arrivions sans accident au réfectoire : là survenaient d'autres difficultés, il s'agissait de faire asseoir St St Pierre et d'agir adroitement pour / ne pas la blesser, ensuite il fallait relever ses manches (encore d'une certaine manière), puis j'étais libre de m'en aller. Avec ses pauvres mains estropiées, elle arrangeait son pain dans son godet, comme elle pouvait. Je m'en aperçus bientôt et, chaque soir, je ne la quittai qu'après lui avoir encore rendu ce petit service. Comme elle ne me l'avait pas demandé, elle fut très touchée de mon attention et ce fut par ce moyen que je n'avais pas cherché exprès, que je gagnai tout à fait ses bonnes grâces et surtout (je l'ai su plus tard) parce que, après avoir coupé son pain, je lui faisais avant de m'en aller mon plus beau sourire. »


Lettre de Sainte Thérèse de Lisieux à Marie Guérin, Jeudi 30 mai 1889 :



Ma petite sœur chérie,

Tu as bien fait de m'écrire, j'ai tout compris... tout tout tout !...

Tu n'as pas fait l'ombre du mal, je sais si bien ce que sont ces sortes de tentations que je puis te l'assurer sans crainte, d'ailleurs Jésus me le dit au fond du cœur... Il faut mépriser toutes ces tentations, n'y faire aucune attention.

Faut-il te confier une chose qui m'a fait beaucoup de peine ?...

C'est que ma petite Marie a laissé ses communions... le jour de l'Ascension et le dernier jour du mois de Marie !... Oh ! que cela a fait de peine à Jésus !...

Il faut que le démon soit bien fin pour tromper ainsi une âme !... mais ne sais-tu pas, ma chérie, que c'est là tout le but de ses désirs. Il sait bien, le perfide, qu'il ne peut faire pécher une âme qui voudrait être toute à Jésus, aussi n'essaye-t-il que de le lui faire croire. C'est déjà beaucoup pour lui de mettre le trouble dans cette âme, mais pour sa rage il faut autre chose, il veut priver Jésus d'un tabernacle aimé, ne pouvant entrer dans ce sanctuaire, il veut du moins qu'il demeure vide et sans maître !... Hélas ! que deviendra ce pauvre cœur ?... Quand le diable a réussi à éloigner une âme de la Ste Communion il a tout gagné... Et Jésus pleure !...

O ma chérie, pense donc que Jésus est là dans le tabernacle exprès pour toi, pour toi seule, il brûle du désir d'entrer dans ton cœur... va, n'écoute pas le démon, moque-toi de lui et vas sans crainte recevoir le Jésus de la paix et de l'amour !...

Mais je t'entends dire : « Thérèse dit cela parce qu'elle ne sait pas... elle ne sait pas comme je le fais bien exprès... cela m'amuse... et puis je ne puis communier, puisque je crois faire un sacrilège, etc., etc., etc. » Si, ta pauvre petite Thérèse sait bien, je te dis qu'elle devine tout, elle t'assure que tu peux aller sans crainte recevoir ton seul ami véritable... Elle aussi a passé par le martyre du scrupule mais Jésus lui a fait la grâce de communier quand même, alors même qu'elle croyait avoir fait de grands péchés... eh bien ! je t'assure qu'elle a reconnu que c'était le seul moyen de se débarrasser du démon, car quand il voit qu'il perd son temps il vous laisse tranquille !...

Non, il est IMPOSSIBLE qu'un cœur « qui ne se repose qu'à la vue du tabernacle » offense Jésus au point de ne pouvoir le recevoir. Ce qui offense Jésus, ce qui le blesse au cœur c'est le manque de confiance !...

Petite Soeur, avant de recevoir ta lettre je pressentais tes angoisses, mon cœur était uni à ton cœur, cette nuit dans mon rêve je tâchais de te consoler, mais hélas ! je ne pouvais y réussir !... Je ne vais pas être plus heureuse aujourd'hui à moins que Jésus et la Ste Vierge me viennent en aide ; j'espère que mon désir va être réalisé et que le dernier jour de son mois, la Ste Vierge va guérir ma petite sœur chérie. Mais pour cela il faut prier, beaucoup prier, si tu pouvais mettre un cierge à Notre-Dame-des-Victoires... j'ai tant de confiance en elle ?...

Ton cœur est fait pour aimer Jésus, pour l'aimer passionnément, prie bien afin que les plus belles années de ta vie ne se passent pas en craintes chimériques.

Nous n'avons que les courts instants de notre vie pour aimer Jésus, le diable le sait bien, aussi tâche-t-il de la consumer en travaux inutiles...

Petite Sœur chérie, communie souvent, bien souvent... Voilà le seul remède si tu veux guérir, Jésus n'a pas mis pour rien cet attrait dans ton âme. (Je crois qu'il serait content si tu pouvais reprendre tes 2 Communions manquées, car alors la victoire du démon serait moins grande puisqu'il n'aurait pu réussir à éloigner Jésus de ton cœur). Ne crains pas d'aimer trop la Ste Vierge, jamais tu ne l'aimeras assez, et Jésus sera bien content puisque la Ste Vierge est sa Mère.

Adieu petite Sœur, pardonne mon brouillon que je ne puis même relire, le temps me manquant, embrasse pour moi tous les miens.

Sr Thérèse de l'Enfant Jésus.


Citation :


« La maladie dont je fus atteinte venait certainement du démon, furieux de l’entrée de Pauline au Carmel, il voulut se venger sur moi du tort que notre famille devait lui faire dans l'avenir, mais il ne savait pas que la douce Reine du Ciel veillait sur sa fragile petite fleur, qu'elle lui souriait du haut de son trône et s'apprêtait à faire cesser la tempête au moment où sa fleur devait se briser sans retour. »