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samedi 18 septembre 2021

Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres



Un autre profit que peuvent tirer des tentations, ceux qui sont employés à la direction des âmes, c'est que leur faisant éprouver en eux-mêmes ce qu'ils doivent voir ensuite dans les autres, ils apprennent par-là comment ils doivent se conduire : car il n'y a point, dit le Proverbe, de meilleur chirurgien, qu'un homme qui a été souvent blessé. Et comme celui qui est exercé dans la milice spirituelle, connaît par lui-même tous les artifices du démon, parce que l'expérience est un grand maître, il devient bien plus habile dans la conduite du prochain : Ceux qui ont été sur mer, dit l'Ecclésiastique, connaissent les dangers qu'on y court. Ne voyons-nous pas tous les jours que ceux qui ont l'usage du monde, se démêlent bien mieux que les autres de tous les divers incidents de la vie ? Or, les tentations nous donnent le même avantage pour les choses qui concernent notre salut : et c'est ce que le Sage nous apprend par ces paroles : « Que sait celui qui n'a point été tenté ? ... Un homme qui a été éprouvé en beaucoup de choses, fait beaucoup de réflexions ; celui qui n'a point été éprouvé, ne pense à rien. » Enfin, un homme qui aura fait un long apprentissage dans ces sortes de combats, sera sans doute très-propre à la direction des âmes. C'est donc pour nous rendre plus habiles dans cette science, que Dieu veut que nous soyons exposés aux tentations. Il le veut encore, afin qu'elles nous apprennent à compatir à celles de notre prochain ; de même que les maladies et les infirmités corporelles, dont nous avons été affligés, nous apprennent à avoir compassion de ceux qui pourraient être attaqués des mêmes maux.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentationsDes tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.













lundi 10 août 2020

Dieu seul


Dieu seul est le grand mot de la vie intérieure. Le premier pas qu'on fait dans cette voie est de se dévouer à Dieu seul. À mesure qu'on y avance, on se détache de tout ce qui n'est pas Dieu, et surtout de soi-même. On est au terme, lorsqu'on se trouve uni à Dieu seul, immédiatement et sans aucun milieu. Il est impossible de concevoir ce que c'est que cette possession de Dieu seul, uni par lui-même, par sa propre substance, au centre de l'âme ; il faut l'éprouver pour savoir en quoi cela consiste, et l'on ferait de vains efforts pour faire comprendre à d'autres ce qu'on éprouve. Mais la pureté où l'âme doit être pour mériter cette possession, les épreuves par lesquelles il faut qu'elle passe, ne sont pas moins incompréhensibles ; et quelque chose qu'on en lise dans les livres spirituels et dans les vies des Saints, on ne peut s'en former une juste idée, jusqu'à ce qu'on en ait fait l'expérience.
Ce n'est pas nous-mêmes, ce n'est pas le directeur, quelque éclairé qu'il soit, c'est Dieu seul qui peut nous conduire à la possession de Dieu seul. Cette œuvre est son œuvre par excellence, et une œuvre incomparablement plus grande que la création et le gouvernement de l'univers. Ce en quoi l'âme doit contribuer à l'accomplissement de cette œuvre, c'est de laisser faire Dieu sans examiner ce qu'il fait, de se tenir fidèlement dans l'état où Dieu la met ; de n'opposer aucune résistance volontaire à son opération, de se laisser dépouiller successivement de tout ce qui n'est pas Dieu seul et son bon plaisir. Tant qu'elle peut agir, elle doit coopérer à la grâce avec la plus grande exactitude, s'interdire un regard, une parole, un goût, une fantaisie, la chose même la plus innocente et la plus permise, dès que Dieu l'exige ; elle doit passer par-dessus toute considération humaine, sans se mettre en peine de ce qu'on dira, de ce qu'on pensera d'elle, de ce qui lui arrivera même de plus fâcheux ; elle doit tenir bon contre tout penchant, toute répugnance, toute révolte de la nature, toute suggestion du malin esprit.
Lorsque Dieu s'est tout à fait emparé d'elle, et qu'elle sent bien qu'elle n'est plus maîtresse de ses puissances : ni de sa mémoire pour se ressouvenir, ni de son entendement pour réfléchir, ni de sa volonté pour produire des affections, son devoir est de se laisser absolument gouverner par Dieu, de souffrir toutes les épreuves par où il la fait passer, sans penser ni à quoi servent ces épreuves, ni quelle en sera la fin, sans désirer d'en sortir ; et en même temps de ne se relâcher par elle-même d'aucun de ses exercices, ni d'aucune de ses pratiques. Dieu s'éloignera ; le ciel sera de fer et d'airain pour elle ; elle ne recevra plus une seule goutte de rosée et de consolation ; elle n'aura plus d'assurance ni du côté de Dieu, ni du côté des hommes ; tout paraîtra se déclarer contre elle : elle se croira perdue sans ressource, et néanmoins elle persévèrera toujours à s'immoler, à se sacrifier au bon plaisir de Dieu, ne se regardant jamais elle-même, ne se mettant pas en peine de ce qu'elle deviendra, persuadée que, pourvu qu'elle demeure invariablement attachée à Dieu, elle ne se perdra en lui que pour se retrouver éternellement en lui. Voilà ce que l'âme a à faire par rapport à Dieu.
Par rapport à celui que Dieu lui a donné pour guide, elle ne doit regarder que Dieu seul en lui, s'ouvrir à lui comme à Dieu même ; ne lui cacher ni ne lui dissimuler rien ; ajouter une foi entière à ce qu'il dit ; lui obéir comme à Dieu même : mais il faut en même temps qu'elle ne s'attache à lui que comme à un moyen dont Dieu se servira tant qu'il lui plaira, et qu'il lui ôtera quand il jugera à propos. Ainsi elle doit y tenir tant que Dieu le lui laisse, et ne jamais le quitter de son propre mouvement ; mais quand Dieu le lui retire, quelque sensible que lui soit cette porte, elle doit y acquiescer, et croire fermement que Dieu n'a pas besoin de tel homme pour la conduire, qu'il y suppléera par quelque autre, ou par lui-même au défaut de tout moyen humain. Il arrive quelquefois que Dieu laisse l'âme sans aucun directeur : l'épreuve est terrible ; mais si l'âme est généreuse et fidèle, elle n'y perdra rien, et n'en sera que mieux conduite, étant sous l'infaillible direction de Dieu même. Une âme qui est dans cette disposition, et qui s'y maintient par une fidèle correspondance à la grâce, parviendra infailliblement à Dieu seul.
Il n'est donc point question ni de vue, ni de projet, ni de plan ; nulle méthode, nul livre, nul directeur ne peut conduire à Dieu seul. Je le répète : Dieu seul peut nous attirer et nous unir à lui ; lui seul en connaît les moyens, il sait comment il faut prendre chaque âme, et par quelle voie il faut la conduire ; il n'y a qu'à se livrer à lui, qu'à le laisser faire, et le suivre pas à pas.
Si l'on me demande à quoi il faut renoncer pour parvenir à la possession de Dieu seul, je réponds en général qu'il faut renoncer sans aucune exception à tout ce qui n'est pas Dieu seul. J'ajoute que Dieu seul comprend toute l'étendue de ce renoncement ; que l'homme, avec les lumières ordinaires de la grâce, ne peut pas s'en former l'idée ; que parce qu'il en lit dans les livres qui traitent de la vie intérieure, il l'entrevoit plutôt qu'il ne le conçoit, et qu'à moins d'une inspiration particulière il ne fera jamais une pleine et entière donation de lui-même à Dieu. C'est donc à Dieu lui-même de nous mener de degrés en degrés jusqu'à la mort parfaite de nous-mêmes ; c'est à lui de nous inspirer à mesure les sacrifices qu'il attend de nous, et de nous donner le courage de les faire.
Ne nous effrayons pas, et ne présumons pas de nos forces. Si nous écoutons l'imagination, elle nous jettera dans le désespoir, et nous fera regarder comme une chimère, comme une chose impossible à la nature humaine, ce dépouillement entier de nous-mêmes ; la raison même, si nous la consultons, nous en dira autant ; mais si nous consultons la foi, si nous jetons un regard sur la croix de Jésus-Christ, si nous méditons attentivement le grand mystère de la passion, nous concevrons jusqu'où doit aller le renoncement à nous-mêmes pour parvenir à l'union avec Dieu seul. Prions ce divin Sauveur de nous ouvrir les yeux, et de nous donner l'intelligence de cette grande parole : Tout est consommé ; mon Père, je remets mon esprit entre vos mains. Prions-le de nous faire comprendre ce qu'il fit lorsque par une mort volontaire il remit son âme entre les mains de la justice divine pour l'expiation de nos péchés. A la pensée de ce grand sacrifice, il faut que l'imagination, que la raison, que toute intelligence créée se taise, et qu'on reconnaisse qu'il n'est point de renoncement si grand que l'homme ne doive faire de grand cœur, pour mériter la possession de Dieu seul.
Ne présumons pas non plus de nos forces, et ne nous croyons pas capables d'une générosité qui est au-dessus de la portée de la créature. Pour nous guérir de cette aveugle présomption, et pour concevoir autant qu'il se peut l'horreur extrême qu'inspire à la nature le parfait renoncement à nous-mêmes, considérons Jésus-Christ au jardin des Oliviers, écoutons ce qu'il dit à son Père : S'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi ; ce même calice qu'il avait désiré de boire avec tant d'ardeur. Si l'Homme-Dieu a voulu, pour notre instruction, éprouver cette répugnance extrême pour le sacrifice qu'il avait accepté dès le premier instant de sa vie, quelle grâce puissante ne nous faut-il pas pour faire, je ne dis pas un sacrifice pareil au sien, mais un sacrifice qui ait quelque faible ressemblance avec le sien ? Humilions-nous, confondons-nous, tremblons à la vue de notre faiblesse et de notre lâcheté ; mais en même temps disons : Dieu est tout-puissant ; pourvu que je ne veuille pas lui résister, il fera de moi et par moi tout ce qu'il lui plaira ; il me rendra capable des plus grands efforts de générosité ; il m'arrachera à moi-même, et m'apprendra à me perdre en lui pour revivre en lui.
Ah ? Dieu seul ! quelle parole ! qu'elle est grande, qu'elle renferme de choses ! Plus de créatures, plus de soi-même, plus de dons de Dieu : vide total, perte entière de tout ce qui n'est pas Dieu seul, Dieu en lui-même, Dieu sans aucun milieu.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à De la prière continuelleSur les réflexions dans l'oraison, De la pensée de l'éternité, Sur la pensée de la mort, Sur les paroles du Psaume LXXXll : Je suis devenu, en votre présence, comme une bête de somme, et je suis toujours avec vous, Marthe et Marie, De la pureté d'intention, Le prix d'une âme, De la Providence de Dieu sur ses enfants, De la générosité, De l'anéantissement, Du moi humain, Conduite à tenir à l'égard des tentations, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Des tentations, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
















vendredi 17 juillet 2020

Conduite à tenir à l'égard des tentations


Job le patient (Seghers)


Après avoir parlé de l'utilité et même de la nécessité des tentations, il faut dire quelque chose de la manière dont on doit se conduire à l'égard des tentations. Ce point, qui est tout pratique, n'est pas un des moins importants de la vie spirituelle. On en a fait des traités entiers ; je me bornerai à l'essentiel.
Les tentations sont différentes selon l'état des personnes, et c'est à quoi il faut faire une grande attention pour apprendre à les bien discerner. Les tentations du commun des chrétiens les portent au mal sous l'apparence de quelque bien sensible. Celles-là sont aisées à reconnaître : et, comme elles ne regardent pas les personnes qui se sont données tout à fait à Dieu, pour lesquelles j'écris, je n'en dirai autre chose, sinon que l'unique moyen de se mettre à l'abri des tentations est de se proposer fermement d'être attentif et fidèle à la grâce jusque dans les moindres choses, d'éviter non-seulement le péché mortel et les occasions qui nous y portent, mais encore le péché véniel et jusqu'à la plus légère apparence du péché. Quiconque a pris généreusement ce parti, et s'est mis en devoir de l'exécuter, n'est plus exposé à ce genre de tentations, qui n'a d'autre fondement que l'indétermination de la volonté, flottante entre la vertu et le vice.
Lorsqu'on s'est donné pleinement et efficacement à Dieu, il nous laisse pour l'ordinaire jouir assez longtemps d'un certain calme, et il ne permet pas au démon de nous troubler, voulant nous donner le temps de prendre des forces et nous mettre en état de résister aux attaques. Mais, comme la vertu a besoin d'exercice pour s'affermir, les tentations viennent quand Dieu le juge à propos ; et l'âme y donne occasion, parce qu'elle écoute son propre esprit et qu'elle réfléchit trop sur elle-même.
L'objet de ces tentations est : 1° de nous retirer du bien sous l'apparence du mal. Par exemple, le démon essayera d'éloigner une âme de la communion par la crainte de communier indignement, ou sous prétexte qu'elle n'en profite pas. Cette crainte n'est qu'une crainte vague qu'il imprime dans l'imagination, et l'on doit la mépriser. Ce prétexte n'a lieu que parce qu'on veut juger par soi-même du profit de ses communions, et c'est ce qu'on ne doit jamais faire.
2° De nous détourner du bien sous prétexte de perte de temps et d'oisiveté. Cela arrive surtout à l'égard de l'oraison, lorsqu'il n'y a plus ni bonnes pensées, ni affection, et qu'on y est assiégé de distractions. On croit alors ne rien faire, et l'on est tenté ou de quitter l'oraison, ou de revenir à la méditation. C'est une illusion qu'il faut combattre. L'oraison est la mort de l'amour-propre, et elle ne commence à produire cet effet que quand elle est sèche, distraite, sans goût ni consolation.
3° De nous proposer un autre bien que celui que Dieu veut de nous. Par exemple, Dieu nous porte à la retraite, à la solitude, à jouir de lui dans le repos et le silence. Et, sous prétexte de zèle, de charité, d'édification du prochain, on voudra se jeter dans les bonnes œuvres, dans les rapports du dehors ; on voudra même se mêler de gagner des âmes à Dieu. Tentation fréquente, à laquelle il faut résister, en attendant que Dieu lui-même nous fournisse les occasions de servir le prochain, et en ne s'y ingérant jamais de son chef.
4° Le démon tente encore ces âmes du côté de l'obéissance, soit en leur donnant de fâcheuses impressions sur leur directeur, soit en leur persuadant qu'il se trompe, ou qu'il excède son autorité. Sur cela je n'ai qu'une chose à dire : quand on a eu des preuves suffisantes (et on les a toujours au commencement) que le directeur est un homme de bien, éclairé, conduit par l'esprit de Dieu, il faut lui obéir en tout comme à Dieu même, ne se permettre jamais de le juger, et ne rien écouter qui puisse affaiblir la bonne opinion qu'on a de lui. J'excepte les cas où il serait d'une évidence palpable et notoire qu'il se conduit mal, et ces cas sont aisés à reconnaître.
Les tentations des âmes plus avancées sont d'un autre ordre, et ce sont plutôt des épreuves que des tentations. Dieu, qui veut les humilier, les purifier, les anéantir, permet au démon de les tenter violemment sur la pureté, sur la foi, sur l'espérance et sur la charité soit de Dieu, soit du prochain ; il permet un soulèvement et un déchaînement universel ; il permet même des fautes extérieures et apparentes, auxquelles l'âme croit avoir consenti, quoiqu'elle soit très-éloignée de le faire.
C'est surtout dans ces tentations que la conduite d'un directeur habile est nécessaire, et qu'on a besoin d'une parfaite obéissance de jugement et de volonté ; car l'âme alors est tellement troublée, l'entendement tellement obscurci, qu'elle est incapable de juger sainement de ce qui se passe en elle, et il faut absolument qu'elle s'en rapporte au jugement d'autrui. Ce qu'elle a donc à faire, et ceci est essentiel, c'est de ne rien cacher à son directeur, mais de lui dire fidèlement, sans crainte, sans honte et avec simplicité, tout ce qu'elle éprouve ; de lui en laisser le jugement sans interposer le sien, sans contester avec lui ; de s'en tenir sans examen ni réflexion à ce qu'il aura décidé, et de faire ensuite sans hésiter tout ce qu'il aura ordonné ; nonobstant toute crainte, toute assurance même prétendue qu'on a offensé ou qu'on va offenser Dieu. Ces états sont étranges sans doute, et la conscience y souffre de terribles perplexités. Mais Dieu ne les permet que pour faire mourir l'âme à tout esprit propre, à toute volonté propre, à tout intérêt propre ; et il n'y a pas d'autre moyen de les passer qu'une obéissance aveugle, une fidélité, un désintéressement à toute épreuve.
Outre ce que je viens de dire sur la manière dont on doit se comporter dans les diverses tentations, il y a quelques règles générales à observer avant, pendant ou après les tentations.
Avant la tentation, il ne faut ni la craindre, ni même y penser, ni prendre aucune mesure pour la prévenir et l'empêcher : j'entends les tentations d'épreuve, où l'âme est purement passive ; mais se tenir comme un enfant entre les bras de Dieu, mettant en lui toute sa confiance, et attendant tout de son secours. La grande préparation est une fidélité inviolable à la grâce, un courage généreux à se combattre et à se surmonter en toutes choses ; car plus la nature est domptée, moins la tentation a de prise sur nous ; le démon n'est fort contre nous que par notre amour-propre.
Dans le temps même de la tentation il faut la laisser passer comme un nuage orageux, se tenir bien attaché à Dieu, et ne se relâcher en rien de ses exercices ordinaires. Ainsi, fût-on assailli des pensées les plus horribles à l'oraison, il ne faut point la quitter que le temps ne soit rempli ; encore moins faut-il renoncer à la communion sous prétexte de pensées impures ou blasphématoires qui viennent nous assaillir à ce moment. C'est d'ordinaire ce temps que le démon choisit pour nous tourmenter. Faisons-nous une loi de ne jamais lui céder, avec quelque violence qu'il nous presse. Résistez au diable, dit saint Jacques, et il s'enfuira de vous. Il ne tient pas contre une âme qu'il voit ferme et inébranlable ; et il se retire chargé de confusion. Si le directeur a prescrit quelque pratique pour le temps de la tentation, il faut y être fidèle, parce que Dieu bénit toujours l'obéissance.
Quand le moment de la tentation est passé, il faut jouir du calme qu'elles nous laisse, sans examiner si l'on a consenti ou non : cela ne servirait qu'à nous troubler et à nous décourager. Car il est certain que ce n'est point par la manière dont l'âme est affecté dans la tentation, qu'elle peut juger si elle y a résisté ou succombé intérieurement. Elle est trop agitée alors, pour pouvoir discerner ce qui est libre ou ce qui ne l'est pas. C'est la conduite habituelle qu'elle tient lors de la tentation, qui peut seule décider infailliblement de sa victoire ou de sa chute. Si elle est humble, docile, obéissante, exacte à toutes ses pratiques, fidèles à se renoncer, Dieu ne permettra jamais qu'elle succombe ; et c'est sur cette règle que le confesseur doit prononcer et rassurer l'âme, s'il est à propos de le faire. Il faut donc qu'elle lui rende un compte fidèle de ce qu'elle a éprouvé, n'ajoutant ni ne diminuant rien, donnant pour certain ce qu'elle croit certain, pour douteux ce qu'elle croit douteux. Le reste regarde le directeur.
Ce qu'elle doit s'interdire par-dessus tout, ce sont les raisonnements et les réflexions sur la tentation et ses circonstances. Elle ne doit y penser que pour en parler au directeur, et hors de là ne s'en occuper jamais volontairement.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à Du moi humainDes tentations, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.

















jeudi 9 juillet 2020

Du directeur


On ne devrait pas plus distinguer le directeur du confesseur, qu'on ne distingue le médecin qui guérit les maladies, de celui qui prescrit un régime pour la santé. Le confesseur entend et absout les péchés ; il prescrit les moyens de n'y plus retomber, et il donne à l'âme de salutaires conseils pour s'avancer dans la vertu. Le tribunal de la pénitence comprend donc la confession et la direction, et il ne lui est pas moins essentiel de préserver des fautes que d'en absoudre. Cependant, tant par la faute des pénitents que par celle des confesseurs, il y a toujours eu très-peu de confesseurs qui fussent en même temps directeurs.
Diriger une âme, c'est la conduire dans les voies de Dieu ; c'est lui apprendre à écouter l'inspiration divine et à y répondre ; c'est lui suggérer la pratique des vertus conformes à sa situation actuelle ; c'est non-seulement la conserver dans la pureté et l'innocence, mais la faire avancer dans la perfection ; en un mot, c'est contribuer de tout son pouvoir à l'élever au degré de sainteté auquel Dieu la destine. C'est ainsi que saint Grégoire, pape, envisageait la direction, lorsqu'il disait que la conduite des âmes est l'art par excellence.
Afin que la direction puisse avoir lieu, il est clair qu'il faut de certaines dispositions de la part du confesseur et de la part de la personne qu'il dirige. Il faut que le confesseur soit l'organe de Dieu, l'instrument de la grâce, le coopérateur du Saint-Esprit, et par conséquent qu'il soit un homme intérieur, un homme d'oraison, un homme versé dans les choses spirituelles, encore plus par sa propre expérience que par l'étude et la lecture ; qu'il n'ait aucune vue naturelle, soit de vanité, soit d'intérêt, mais qu'il ne considère que la gloire de Dieu et le bien des âmes ; qu'il soit dépouillé de son propre esprit, et qu'il juge des choses de Dieu par l'esprit de Dieu. Il est aisé de conclure de là, que les vrais directeurs sont très-rares.
Quant aux personnes qui s'adressent à eux, il est évident qu'elles ne sont susceptibles de direction qu'autant qu'elles sont dociles, obéissantes, simples, droites, résolues non-seulement d'éviter le péché, mais de pratiquer tout le bien que Dieu demandera d'elles, de répondre fidèlement à la grâce, de ne lui rien refuser, quoiqu'il en puisse coûter à la nature; enfin, de mourir à elles-mêmes pour vivre tout à fait à Dieu : à quoi l'on ne peut parvenir que par l'esprit d'oraison et de mortification intérieure. On peut juger de là que, si les vrais directeurs sont rares, les vrais enfants spirituels ne le sont guère moins, parce qu'il est bien peu de personnes qui aspirent à la vraie sainteté par la voie de la croix et de la mort à elles-mêmes. Il y a encore beaucoup de dévotes, mais à leur manière, mais se conduisant par leur propre esprit, mais ne connaissant qu'une certaine routine de pratiques extérieures, mais ajustant la dévotion avec l'amour-propre, et n'ayant pas même l'idée de l'oraison et de la mortification du cœur.
Quoi qu'il en soit, rien n'est plus important pour les âmes qui veulent sincèrement se donner à Dieu : 1° que d'être bien convaincues de la nécessité d'un, directeur ; 2° que de faire un bon choix ; 3° que d'user, selon les vues de Dieu, de celui qu'elles auront choisi.
Il est nécessaire d'avoir un directeur, parce que le plus grand des abus serait de vouloir se conduire soi-même, et la plus grande illusion, de se croire en état de se conduire. L'homme le plus habile, et du meilleur esprit, est aveugle sur sa conduite intérieure ; fût-il un saint, et capable de bien diriger les autres, il n'est pas capable de se diriger lui-même ; et, s'il le prétendait, ce serait un présomptueux. La première chose que Dieu exige de quiconque aspire à la sainteté, c'est qu'il renonce à son propre esprit, c'est qu'il s'humilie et se soumette à la conduite de ceux à qui Dieu a confié le ministère des âmes. Comme il y a des grâces très-spéciales, attachées à la soumission et à l'obéissance, il y a aussi des dangers manifestes à courir, lorsqu'on a l'orgueil de se juger et de se gouverner soi-même. La voie intérieure est pleine d'obscurité, de tentations, de précipices ; et, vouloir y marcher seul, c'est évidemment s'exposer à se perdre. Ainsi, point de milieu : ou il faut absolument renoncer à entrer dans cette voie ; ou, si Dieu nous y appelle, il faut prendre un directeur, c'est-à-dire un homme à qui l'on ouvre entièrement son âme, à qui l'on rende compte de tout, et à qui l'on obéisse comme à Dieu même.
Le point est de bien choisir cet homme. Dans un choix de cette importance, c'est Dieu par-dessus, tout qu'il faut consulter ; c'est lui qu'il faut prier de nous bien adresser. Sa providence est engagée à nous fournir tous les moyens de salut et de sanctification ; et comme celui-là est un des plus nécessaires, nous devons croire qu'il nous l'accordera, si nous l'en prions avec simplicité et confiance. Se conduire par des vues humaines dans le choix d'un directeur, s'en rapporter à son propre jugement, à et se croire capable d'un tel choix, c'est s'exposer à être trompé et mériter de l'être. Si l'on s'en rapporte à Dieu, il nous adressera à celui qu'il nous a destiné, soit par un secret instinct, soit par le conseil des personnes pieuses. N'envoya-t-il pas à Dijon saint François de Sales pour madame de Chantal, et ne reconnut-elle pas à des signes certains qu'il était l'homme de Dieu pour elle ?
Ces signes sont un attrait inexplicable qui nous porte à donner toute notre confiance à tel ministre du Seigneur, et qui forme une union de grâce entre lui et nous ; c'est une paix qui se répand dans notre âme lorsqu'il nous parle, qui résout tous nos doutes, qui dissipe tous nos scrupules, qui nous rend le calme et la joie du Saint-Esprit ; c'est une certaine ardeur, un désir véhément d'être à Dieu, que ses paroles nous inspirent ; c'est, enfin, une impression de respect, d'amour, de docilité, d'obéissance, qui nous fait regarder Dieu même en sa personne. Ces signes ne sont pas trompeurs pour les âmes droites, qui ne cherchent que leur avancement. Et j'ose assurer que toutes celles qui sont trompées en ces rencontres, y contribuent par leur imagination, par leur amour-propre, par des motifs humains, quels qu'ils soient.
La certitude que Dieu nous donne d'abord, d'avoir bien rencontré, augmente de jour en jour, et l'on ne tarde pas à en avoir des preuves indubitables. Néanmoins, s'il arrivait qu'on se fût trompé, Dieu ne permettrait pas qu'une âme qui procède avec droiture fût longtemps dans l'erreur ; elle découvrirait bientôt, soit par un endroit, soit par un autre, qu'elle a fait un mauvais choix, et Dieu l'adresserait ailleurs.
Quant à l'usage du directeur, il y a bien des mesures à prendre et des défauts à éviter. Cependant on peut dire, en général, que quand le directeur et la personne dirigée sont intérieurs l'un et l'autre, il est très-rare qu'il se glisse de grandes imperfections dans la direction ; parce que, de part et d'autre, on est sur ses gardes pour ne point abuser d'une si sainte communication.
La première règle est de ne se voir que pour le besoin, et de ne s'entretenir que des choses de Dieu. La seconde, de se respecter mutuellement, et de ne jamais sortir d'une certaine décence et gravité, se souvenant toujours qu'on traite des intérêts de Dieu, et qu'il est entier dans ces sortes d'entretiens.
La troisième règle est de ne rien cacher absolument au directeur, sous quelque prétexte que ce puisse être, quand ce serait des pensées ou des soupçons contre lui. Plus le directeur avance l'œuvre de Dieu, plus l'âme est tentée à son sujet par l'instigation du diable, qui essayera toute manière de lui ôter la confiance. Mais il faut résister à ses suggestions, et se faire une loi de tout dire, de commencer même parce ce qu'on aurait le plus envie de taire.
La quatrième règle est une obéissance sans bornes pour toutes les choses qui nous coûtent le plus, qui répugnent le plus à nos inclinations et à nos idées, sans jamais nous permettre aucune résistance formelle de volonté, ni même aucun jugement intérieur contraire à celui du directeur. J'ai parlé ailleurs de l'obéissance. Je dis, de nouveau, qu'elle ne saurait aller trop loin, non plus que l'ouverture et la confiance.
La cinquième règle est, dans l'usage du directeur, de s'élever au-dessus de l'homme, de ne considérer que Dieu en lui, de ne s'attacher à lui qu'en vue de Dieu, et d'être toujours disposé à le sacrifier, si Dieu l'exige, et à dire comme Job : Dieu me l'a donné, Dieu me l'a ôté ; que le nom du Seigneur soit béni. Il faut être persuadé que, comme Dieu nous l'a donné pour notre bien, s'il nous l'ôte, ce sera pour notre plus grand bien, et que, quand il nous retirera tous les secours humains, sa bonté y suppléera abondamment par elle-même.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à De l'esprit de FoiDu bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
















samedi 13 juin 2020

Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu


Le premier moyen, qui paraît le plus aisé et qui est le plus difficile, est de le vouloir, mais d'une volonté sincère, entière, efficace et constante. Qu'elle est rare cette bonne volonté ! on se flatte de vouloir, et dans le fait on ne veut pas. Ce sont des désirs, des velléités, des souhaits ; mais ce n'est pas une volonté forte et déterminée. On veut être dévot, mais à sa manière, mais jusqu'à un certain point, mais pourvu qu'il n'en coûte pas trop. On veut, et l'on se borne à vouloir. On ne passe point à la pratique, on se rebute dès qu'il faut mettre la main à l'œuvre, écarter ou forcer les obstacles, combattre ses défauts, lutter contre la nature et ses penchants vicieux. On veut aujourd'hui, on commence avec ardeur, mais on se relâche bien vite. On entreprend, et on laisse. On ne veut pas voir que tout consiste à persévérer.
Demandons à Dieu cette bonne volonté ; demandons-la tous les jours, et méritons par notre fidélité d'aujourd'hui, de l'obtenir pour le jour suivant.
Le second moyen est de régler sa journée et d'être exact à observer tout ce qu'on s'est prescrit. Il ne faut pas trop se charger d'abord. Il vaut mieux augmenter les exercices insensiblement et par degrés. Il faut avoir égard à la santé, à l'âge, à l'état et aux devoirs qu'il exige ; car ce serait une dévotion mal entendue que celle qui préjudicierait aux devoirs de notre état.
Le troisième moyen est de s'exercer à la présence de Dieu. Pour cela, il faut se persuader, ce qui est de foi, que Dieu habite dans le cœur de l'homme, qu'on le trouve au dedans de soi-même, pour peu qu'on veuille y entrer et se recueillir ; qu'il est dans notre cœur pour nous inspirer de saintes pensées, de bons sentiments, pour nous porter au bien et nous éloigner du mal. Ce qu'on appelle la voix de la conscience, est la voix de Dieu même qui nous avertit, qui nous reprend, qui nous éclaire, qui nous dirige. Le point donc est d'être attentif et fidèle à cette voix. Ce n'est pas dans la dissipation, dans l'agitation et le tumulte qu'elle se fait entendre, mais dans la solitude, dans la paix, dans le silence des passions et de l'imagination. Le plus grand pas que l'âme puisse faire vers la perfection, est de se tenir habituellement en état d'entendre la voix de Dieu, de s'appliquer à posséder toujours son âme en paix, d'éviter tout ce qui la dissipe, tout ce qui l'inquiète, tout ce qui l'attache violemment. Tout ceci doit être pendant longtemps la matière d'un examen et d'un combat continuel.
Le quatrième moyen est de donner à Dieu un certain temps dans la journée, où l'on ne s'occupe uniquement que de sa présence ; que de lui parler, non de la bouche, mais du cœur, et de l'écouter. C'est ce qu'on appelle l'oraison mentale. Pour s'y accoutumer, on peut dans les commencements s'aider du livre de l'Imitation, faisant une pause sur chaque verset, méditant et savourant doucement la doctrine qu'il contient. On y peut donner d'abord un quart-d'heure le matin et autant le soir ; mais il faut s'accoutumer à y employer au moins une demi-d'heure le matin. Quand on aura pris goût à ce saint exercice, et qu'on pourra se passer de livre, on se tiendra de temps en temps en paix devant Dieu durant le recueillement, le priant d'agir lui-même sur notre âme, et d'y opérer suivant son bon plaisir. C'est une erreur grossière de traiter d'oisiveté le temps qu'on passe ainsi à se tenir attentif et recueilli devant Dieu, soit qu'il lui plaise de nous faire sentir ou non son action.
Le cinquième moyen est d'approcher souvent des sacrements, qui sont les principales sources de la grâce. Il ne faut pas se faire de la confession un tourment, cela est contre l'intention de Dieu ; ni se faire une routine et une espèce de formule d'accusation, chose très-ordinaire aux personnes qui se confessent fréquemment. Les choses dont les personnes qui tendent à la perfection doivent principalement s'accuser, sont les vues auxquelles elles ont résisté, les sentiments d'amour-propre qu'elles ont écoutés, tout ce qu'elles ont dit, ou fait, ou omis avec réflexion et de propos délibéré. La communion sera toujours bien faite, lorsqu'on en sortira avec un nouveau courage et une nouvelle résolution d'être plus fidèle à Dieu que jamais. Il ne faut pas croire que, pour se bien confesser et bien communier, on doive s'assujettir aux actes qui sont marqués dans les livres. Cela est bon pour les jeunes personnes dont l'imagination est vive et légère, pour ceux qui communient rarement, en général pour ceux qui n'ont aucune habitude du recueillement. Mais, pour peu qu'on soit entré dans les voies de l'oraison, il ne faut plus emprunter le secours des livres, ni pour entendre la messe, ni pour participer aux sacrements.
Le sixième moyen, ce sont les lectures de piété. Il y a un grand choix à faire pour les livres. Il faut préférer à tous les autres, ceux qui touchent le cœur et qui portent avec eux une certaine onction. Rodriguez est excellent pour les commençants. Pour ceux qui sont plus avancés, l'Imitation, le P. Surin, saint François de Sales, etc., les psaumes et le nouveau Testament, les vies des Saints. La lecture doit être une demi-oraison, c'est-à-dire qu'en lisant, il faut donner lieu à l'action de Dieu et s'arrêter aux endroits où l'on se sent touché. On doit lire dans la vue de pratiquer ; et, comme tout ne convient pas à tout le monde, il faut s'attacher à ce qui nous est propre et personnel, sans pourtant trop multiplier les pratiques, ce qui nuirait à la liberté d'esprit qu'il faut toujours conserver.
Le septième moyen est la mortification du cœur. Tout s'oppose en nous au bien surnaturel ; tout nous ramène aux sens, à l'amour-propre. Il faut lutter sans cesse contre soi-même et se faire une guerre continuelle, soit pour résister aux impressions du dehors, soit pour combattre celles du dedans. On ne saurait donc trop veiller sur son cœur et sur tout ce qui s'y passe. Cela est pénible dans les commencements ; mais la chose deviendra facile à mesure qu'on s'habituera à rentrer en soi-même, et qu'on s'appliquera à la présence de Dieu.
Le huitième moyen est la dévotion à la sainte Vierge. Qu'on demande par elle à Jésus-Christ les grâces dont on a besoin, on les obtiendra infailliblement. C'est surtout dans les tentations de dégoût, d'ennui, d'envie de tout quitter, qu'il faut s'adresser à elle avec une sainte confiance qu'elle nous exaucera.
On ne saurait aussi avoir trop de dévotion à son Ange gardien. Il ne nous quitte jamais, il nous est donné pour nous diriger dans la route de la sainteté. Il faut donc nous adresser à lui dans nos doutes, dans nos embarras, et le prier souvent de veiller sur nous.
Enfin, le point capital est d'avoir un bon guide, un directeur entendu dans les voies de Dieu, et qui se conduise lui-même par l'esprit de Dieu. Ces bons directeurs ont toujours été assez rares et ils le sont aujourd'hui plus que jamais. Cependant on peut assurer que les bonnes âmes qui veulent aller droit à Dieu, ont toujours trouvé un homme propre à les y conduire. La Providence est engagée à leur en fournir un, et elle ne manque jamais de le faire lorsqu'on l'invoque à cette fin. On peut dire que c'est toujours la faute des âmes lorsqu'elles n'ont pas le directeur que Dieu leur a destiné. Qu'elles le prient donc de leur faire connaître celui à qui elles doivent confier le soin de leur perfection, et, quand elles l'auront trouvé, qu'elles lui ouvrent leur cœur, qu'elles l'écoutent avec docilité, et qu'elles suivent ses conseils, comme si Dieu leur parlait par sa bouche. Une âme de bonne volonté et bien conduite, ne peut manquer de parvenir à la sainteté.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotionSur la vie nouvelle en Jésus-ChristDegrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, De l'union étroite qui doit être entre la Mortification et l'Oraison, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, Qu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulier, Conseils pour la lecture spirituelle, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Grâce, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Prière, Voyez de quel esprit vous êtes incité et poussé, quand vous entendez quelque chose d'extraordinaire et de grand que Dieu opère en ses véritables serviteurs, Voyez donc de quel esprit vous désirez suivre la conduite, si c'est de l'esprit de vérité, ou de celui de mensonge, Que c'est une chose dangereuse que de résister au Saint-Esprit, Faites un bon usage de tous les moyens extérieurs ou intérieurs que Dieu voudra vous donner pour votre avancement à la vertu, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
















lundi 20 avril 2020

Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin



Extrait du CATÉCHISME SPIRITUEL DE LA PERFECTION CHRÉTIENNE, TOME I, Composé par le R. P. J. J. SURIN, de la Compagnie de Jésus :




Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs



Quel est le commencement de la vie spirituelle ?

C'est la bonne volonté, c'est-à-dire, le désir sincère de servir Dieu.


Comment se forme ce désir dans une âme ?

C'est l'effet d'une grâce spéciale que Dieu donne dans certaines conjonctures ménagées par sa providence, par exemple, à l'occasion d'une sainte lecture, d'un entretien avec quelque personne spirituelle, d'un Sermon entendu en certaines circonstances. Cependant, quoique ce désir soit un don de Dieu, nous pouvons y contribuer, et nous y contribuons en effet par notre fidélité à correspondre à la grâce qui en est le principe.


De quelle manière doit-on mettre ce désir en pratique ?

En commençant par s'éloigner du monde, de ses conversations inutiles, de ses divertissements, et de ses occupations frivoles, pour s'adonner à la pratique du recueillement intérieur, seule capable de soutenir l'homme dans la poursuite du bien. Car comme notre âme perd ses forces en se dissipant dans le commerce du monde ; elle les augmente, en les réunissant par le soin qu'elle a de se recueillir au dedans d'elle-même.


À quoi sert le recueillement ?

À nous rendre attentifs à Dieu et à nous-mêmes.


À quelle marque connait-on que cette bonne volonté dont nous parlons est dans un homme ?

C'est lorsque de l'attention sur soi-même, il passe à une application fervente à mortifier ses passions, à réprimer les mouvements de la nature corrompue, à combattre les inclinations qui portent au mal, et à s'éloigner de ce qui flatte les sens.


Combien de temps faut-il persévérer dans ce recueillement, et dans cette application à s’y mortifier ?

C'est une étude difficile, et qui demande beaucoup de générosité : suivant le cours ordinaire de la grâce, elle doit être continuée pour le moins un an. C'est à un sage Directeur à en régler la durée sur le soin qu'on prend de se vaincre, et sur les succès dont Dieu récompense les efforts que l'on fait.


Quel autre soin faut-il joindre à celui de la mortification ?

Le soin d'embraser le cœur de l'amour de Dieu, par l'assiduité aux exercices extérieurs qui excitent la dévotion ; et surtout à ceux qui regardent le Mystère de la Passion, et qui nous rendent sensibles aux souffrances de Notre Sauveur ; parce que ce sont les plus utiles. Nous en avons parlé au chapitre cinquième de la seconde Partie.


Où est-ce que ces saintes pratiques ont coutume de conduire ?

Après qu'on a travaillé à se vaincre avec le secours ordinaire de la grâce, à former l'habitude du recueillement, et à s'enflammer de l'amour de Dieu, il arrive que le Saint-Esprit se rend maître de l'âme, en faisant cesser son activité. Il se communique à elle d'une manière très-douce, et il la remplit de saints désirs ; de sorte qu'elle ne peut agir que fort peu par elle même, et qu'elle n'a qu'à suivre le Saint-Esprit qui la meut, et qui la guide presqu'en toutes choses, d'une manière occulte. Le devoir de l'âme alors, est de se laisser conduire aux mouvements de ce guide intérieur ; de conserver avec soin la paix et la tranquillité qu'il lui donne, et de marcher avec fidélité dans cette nouvelle voie, beaucoup plus avantageuse, plus douce, et plus relevée que la première.


Est-il ordinaire aux âmes d'entrer dans cette voie ?

Dieu y conduit ordinairement les personnes qui ont bonne volonté : mais c'est par un pur effet de sa miséricorde.


Où est-ce que cette voie va enfin aboutir ?

Après avoir longtemps joui de la paix du Saint-Esprit, et de ses communications intérieures, on tombe dans l'aridité, qui sert à épurer notre foi, et à nous faire marcher en esprit. Cet état de sécheresse dure ordinairement six mois, ou un an, et quelquefois davantage, selon qu'il plaît à Dieu d'en ordonner ; pour nous apprendre à nous passer des goûts sensibles, et à nous contenter d'une vie qui se soutienne par la pure foi.


Quelles sont les suites de cette aridité ?

Quelquefois l'âme recouvre son ancienne paix d'une manière avantageuse, avec un goût purement spirituel, et beaucoup plus excellent que le premier. Elle est attachée à Dieu plus solidement; et elle le sert avec tranquillité jusqu'à la mort, sans éprouver de changement notable. Quelquefois aussi Dieu la fait passer par les peines et les tentations extraordinaires, dont nous avons parlé au chapitre 5 de la 4e Partie, après lesquelles elle est enfin élevée à la plus noble et la plus excellente de toutes les vies ; ce qui s'accomplit de deux manières. En quelques personnes, c'est une vicissitude de grands biens et de grands maux, qui se succèdent les uns aux autres. Elles sont dans des peines étranges pendant quelques mois ; et ensuite elles reçoivent de la part de Dieu de grandes faveurs pendant un temps considérable. En d'autres, les peines sont continuelles et sans relâche durant plusieurs années, après quoi elles sont établies dans un état permanent de félicité.
C'est la conduite ordinaire que Dieu garde envers les âmes qui aspirent à la perfection ; ce qui n'empêche pas qu'il n'y en ait plusieurs, qui ne passent point par ces épreuves, soit à cause de leur grande innocence, soit parce qu'il plaît à Dieu qui est le maitre, de les en dispenser.


Quel ordre faut-il garder pour conduire le commun des hommes qui s'adonnent à la vertu ?

Ce que nous avons dit jusqu'à maintenant regarde les âmes généreuses qui se donnent à Dieu sans réserve. Car pour le grand nombre des hommes, en qui la bonne volonté n'est pas entière, qui ne servent Dieu qu'à demi, qui conservent toujours les mêmes attaches, qui se cherchent toujours eux-mêmes ; on ne voit pas quel ordre on pourrait prescrire pour leur conduite, parce qu'ils n'en gardent point eux-mêmes ; leur vie étant un mélange confus de vertus et d'imperfection, de ferveur et de relâchement, qui se succèdent sans cesse.
L'ordre suppose des progrès, et des changements notables, et on n'en voit presque point dans ces personnes. Au bout de vingt ans, leur état est à peu près le même ; elles en sont au même degré d'oraison ; elles ont les mêmes défauts à combattre, parce qu'elles ne font que des efforts médiocres, que leur résolution n'est pas assez généreuse, et qu'elles n'ont pas pris au commencement une assez haute idée de la perfection. Cependant elles ne laissent pas de faire quelque profit à cause des bonnes œuvres qu'elles pratiquent constamment, et de quelque soin qu'elles prennent de se corriger de certains défauts ; et on doit les mettre au rang des enfants de Dieu, non seulement parce que sa grâce habite en elles, mais encore parce qu'elles s'emploient utilement à son service.


À quoi peut-on comparer ces personnes ?

On peut les comparer à ces marchands qui ne font que de petits profits, parce qu'ils n'osent étendre leur commerce. Au lieu que les personnes de bonne volonté ressemblent à ceux, qui d'un petit négoce passent à un plus grand, et vont toujours en augmentant, jusqu'à ce que leur opulence les mette en état de monter à une condition plus relevée. Tout dépend du commence ment, c'est-à-dire, de la première idée qu'on se forme de la perfection, et du premier désir, qui est plus sincère et plus efficace dans les unes que dans les autres.
Ce qu'on doit souhaiter à ces spirituels lâches et timides, c'est que Dieu leur ménage quelque heureuse rencontre, qui leur donne d'autres idées et d'autres désirs, et qui leur fasse prendre la résolution, de tendre à la perfection de toutes leurs forces. Alors ils entreront dans cet ordre admirable, qui fait passer successivement les serviteurs de Dieu, des consolations aux épreuves, et des épreuves aux consolations : jusqu'à ce que la lumière se découvrant à eux, les fasse entrer dans les voies de la parfaite sainteté.



Reportez-vous à Du directeurDu Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe quelle manière on doit aider les personnes faibles, par le R.-P. Jean-Joseph SurinRemèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe la vraie et solide dévotionDe quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des opérations malignes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, et Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie.