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vendredi 18 mars 2022

Le malheur du monde dans les peines de cette vie, et dans les tourments de l'autre


Mort du pécheur

Il y a trois sortes de personnes dans la terre ; il y en a qui sont uniquement à Dieu seul par le renoncement à tout ce qui n'est pas Dieu. Ces personnes, dit Saint François de Sales, sont très-rares ; et il s'en trouve si peu, que le divin Époux, quand il parle de quelqu'une de ces heureuses personnes, il l'appelle son unique colombe, comme si elle était seule. Or l'on voit dans ces personnes quelque image du Paradis, où Dieu étant toutes choses en tous, un bonheur achevé et parfait, s'y rencontre toujours. Ces personnes sont le peuple béni de Dieu, dont la bénédiction l'accompagne à la ville et aux champs, et entre et sort avec lui. Sur lequel, comme nous l'enseigne l'Écriture, il étend ses ailes comme l'Aigle sur ses petits ; dont il porte le nom écrit en ses mains, dont il conserve le souvenir que les siècles ne pourront effacer ; dont la paix est comme une puissante rivière dans son abondance, dont la joie est continuelle, au moins dans la suprême partie de l'âme, qui sera durable et affermie, qui passera par les eaux, et surnagera ; qui sera au milieu des flammes sans en être brûlé : car toutes les eaux des contradictions des hommes, des afflictions de la vie, des tourments des tyrans et des Démons ne pouvant éteindre la simplicité et pureté de son amour de Dieu seul, y demeurant incessamment uni, il y repose comme dans son centre, dans une plénitude de paix si abondante, que sainte Catherine de Gènes, pour donner quelque idée de la félicité de ces personnes, assure que si on en faisait un précis, que si on les pressait fortement, il n'en sortirait autre chose qu'une paix divine.
Il y en a d'autres qui sont à Dieu, mais qui tiennent encore imparfaitement à une autre chose qu'à Dieu ; qui ne peuvent pas dire comme Saint François d'Assise : Mon Dieu et mon Tout. Ces personnes ne jouiront jamais de la paix divine des premiers. Pour peu que le cœur de l'homme se repose autre part que dans son centre qui est Dieu seul, il est tourmenté : ainsi ces personnes, quoique vertueuses, sont sujettes à bien des chagrins, ont bien des mécontentements. C'est ce qui est cause que l'on en rencontre peu qui soient dans une joie continuelle, à laquelle l'Apôtre exhorte ; qui ne contient jamais que des moments d'une paix divine, même au milieu de tout ce qu'il y a de plus affligeant en la vie ; parce qu'il y en a peu qui se contentent de Dieu seul.
Mais enfin il y en a d'autres, et c'est ce que l'on appelle le monde, qui sont vides de Dieu, plongées dans l'amour d'elles-mêmes et des autres créatures, toutes pleines des désirs du siècles et de ses vanités ; et celles-là sont malheureuses en cette vie et en l'autre. Bienheureux est l'homme, dit le Psalmiste, qui ne s'est point laissé aller au conseil des impies, qui ne s'est point arrêté dans la voie des pécheurs, et qui ne s'est point assis dans la chaire de contagion et de la peste ; mais qui au contraire met tout son affect ou en la Loi du Seigneur, et qui la médite le jour et la nuit. Il sera semblable à un arbre planté sur le bord des eaux courantes, qui portera son fruit en son temps. Sa feuille ne tombera point ; et tout ce qu'il fera, réussira heureusement. Après cela ce saint Roi s'écrie : Il n'en est pas ainsi des impies, il n'en est pas ainsi ; mais ils seront semblables à la poussière que le vent emporte de dessus la terre.
Ils seront le jouet des Démons dont ils sont les esclaves, comme nous l'avons remarqué dans le Chapitre précédent, ils les mèneront selon leur volonté ; et comme le diable est leur chef, qu'ils en sont les membres, ils seront animés de son esprit turbulent, inquiet, furieux, agité, troublé et toujours dans la peine. Les pécheurs, dit saint Pierre, tenant des discours pleins d'orgueil et de folie, promettent la liberté, quoiqu'ils soient eux-mêmes esclaves de la corruption ; parce que chacun est esclave de celui qui l'a vaincu, comme nous l'avons encore dit. Ce droit, dit un Interprète, est le droit de la guerre, et ce droit se trouve dans le péché et dans la concupiscence, et dans les démons à l'égard des pécheurs ; et pour peu que l'on cède à ces maîtres, ils augmentent leur domination, en sorte que le monde pécheur ayant pour maître le péché, la concupiscence et le démon, il est étrangement tyrannisé, tantôt par ses passions qui l'emportent comme le vent la poussière ; quelquefois en des agitations furieuses de dépit, de colère et de haine ; quelquefois en des soins inquiets et pleins de troubles, des biens et des richesses ; d'autres fois en des désirs des satisfactions sensuelles qui ne les laissent jamais en repos.
Le pécheur, dit l'Écriture, sera revêtu au-dehors, et rempli au-dedans de malédictions. car n'est-il pas bien juste, que celui qui a Dieu pour ennemi, ait pour partage l'horreur et la désolation ? Et comme les plus grands maux deviennent de grands biens à ceux qui aiment Dieu, les plus grands biens lui deviennent de grands maux.
Les impies ont beau crier : La paix, la paix. Le Seigneur a dit : Il n'y a point de paix pour les impies ; car le véritable repos ne se trouve qu'en Dieu seul, dont ils sont privés du divin amour. Et comment pourraient-ils se reposer entre les bras de celui à qui ils font une cruelle guerre ? Leurs prospérités sont pour eux de grandes peines. Ils trouvent la douleur dans leurs plaisirs ; et tous les efforts qu'ils font à se procurer de la satisfaction, leur causent mille inquiétudes.
Le monde a beau faire, qu'il aille où il voudra, qu'il prenne des ailes, pour parler avec le Psalmiste, pour voler vers l'orient, et qu'il habite vers l'extrémité de la mer, qu'il parcoure toute la terre et toutes les mers, qu'il jouisse de toutes les grandeurs qui s'y trouvent, des plaisirs que l'on y peut rencontrer, qu'il soit en pouvoir d'y prendre toutes les satisfactions que l'on y peut goûter, et qu'il ne se dénie rien de ce qui lui est agréable, il ne sera pas encore content, et il y aura bien des choses qui le feront peine. Aussi depuis la création de l'Univers, il n'a pu encore faire un homme parfaitement content. Qu'on lise toutes les Histoires, et on n'y trouvera pas une seule personne entièrement satisfaite. Il n'a point de richesses sans épines, il n'a point de douceurs sans amertume, il n'a point de grandeurs sans tourment.
Il n'y a nul âge ; nul sexe, nulle condition, qui soient exempts de souffrances : mais si le monde souffre dans ce qu'il a de plus doux et de plus agréable, quelle sera son affliction au milieu des maux qui l'environnent de toutes parts ! Quelles tristesses, quelles désolations dans la perte des biens, des charges, des femmes, des enfants, et des autres personnes que l'on aime ! Comme il est sans vue de Dieu, et sans son divin amour, sans la vue des vérités qui servent à modérer les maux de la vie, qu'il ne médite pas, il se donne en proie à la douleur, et il boit un fiel bien amer, sans le mélange des douces consolations des serviteurs de Dieu. Il demeure sans secours, et il boit de la coupe du vin de la colère du Seigneur jusqu'au fond de la lie. S'il est malade, il est dans des impatiences furieuses, il est dans des chagrins insupportables, et des inquiétudes assommantes, quand il lui arrive des maux qui l'affligent. Il est tourmenté pendant le jour ; et la nuit qui est destinée pour le repos, ne le laisse pas sans peines.
Mais qui pourrait dire les amertumes du monde, quand il faut sortir de cette vie ? Il voit que son heure est venue, il voit qu'il faut partir. Il regarde que ses attachements, dont il a dit tant de fois qu'il ne pouvait se déprendre, vont être rompus. Il connaît qu'une nécessité indispensable l'oblige de se séparer de ce qui l'arrêtait et l'empêchait d'aller à Dieu. Quelle horreur de quitter par force ce que jamais on n'a voulu lui donner par amour ! On lui arrache tout d'entre les mains, ses biens, ses amis ; il faut entrer dans une privation générale de toutes choses sans la moindre réserve. Mais quels saisissements de frayeur et d'horreur, s'il n'est point dans l'insensibilité dont nous parlerons, à la vue de l'éternité où il va entrer ? Il est certain qu'il y a un Paradis et un Enfer dans cette éternité : mais quelle espérance peut-il avoir du bonheur éternel du Paradis, après s'être écarté du chemin qui y conduit ? Toutes les apparences ne sont-elles pas qu'il s'en va dans le malheur infini de l'Enfer, après avoir tenu la voie de la perdition ? Ô quels transissements pour lors, quelles terreurs, quelle désolation !
Ces peines du monde durant la vie présente seront suivies des tourments dans la malheureuse éternité, qui ne se peuvent ni expliquer, ni être comprises. Hélas ! cela est bientôt dit, être damné ; mais c'est ce qui passe toute pensée. Ô monde ! ô monde ! il faut bien dire que ton malheur est bien grand, puisqu'il est incompréhensible.

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Le malheur du Monde dans son insensibilité, Le malheur du Monde en ce que le démon en est le Prince, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu, Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.














mardi 18 mai 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant l'histoire et l'explication de la religion


Le LEÇON


LE MESSIE PRÉPARÉ

HISTOIRE DES MACHABÉES

(AV. J.-C. 170)



Q. Qu'est-ce que l'histoire des Machabées ?
R. L'histoire des Machabées est l'histoire des Juifs dans les derniers temps qui précédèrent le Messie ; comme la famille des Machabées y joua le principal rôle, elle a donné son nom à l'histoire du peuple lui-même.

Q. Que nous apprend cette histoire ?
R. Cette histoire nous apprend que Dieu n'a pas cessé un instant de préparer les Gentils et les Juifs à l'avènement du Messie, en voulant que, durant les trois derniers siècles qui précédèrent sa venue, les Gentils fussent continuellement en rapport avec les Juifs, et qu'ils fussent témoins de prodiges bien capables de leur faire connaître le vrai Dieu.

Q. Citez un de ces prodiges ?
R. Séleucus, roi de Syrie, voulut enlever les trésors du temple de Jérusalem ; et pour cela il envoya Héliodore, intendant de ses finances, qui entra dans le temple, lorsque deux Anges, sous la figure de deux cavaliers, renversèrent ses soldats et les obligèrent à prendre la fuite,

Q. Qu'arriva-t-il à Héliodore ?
R. Héliodore lui-même fut jeté par terre, frappé à coups de verges, et ne dut la vie qu'aux prières du grand prêtre Onias.

Q. Quel fut l'effet de ce miracle ?
R. L'effet de ce miracle fut de faire connaître et respecter de plus en plus le Dieu d'Israël ; car Héliodore, honteux et corrigé, s'en retourna, publiant partout la puissance du vrai Dieu.

Q. Comment Dieu prépara-t-il les Juifs eux-mêmes à la prochaine venue du Messie ?
R. Dieu prépara les Juifs eux-mêmes à la prochaine venue du Messie, en les purifiant par des épreuves continuelles, destinées à les détacher de la terre et à leur faire goûter les doctrines de l'Évangile.

Q. Quelles furent ces épreuves ?
R. Ces épreuves furent les guerres continuelles que les rois de Syrie, et ensuite les Romains, suscitèrent à la nation sainte, qui fut assez fidèle à Dieu pour donner un grand nombre de martyrs sous Antiochus.

Q. Quels furent les principaux ?
R. Les principaux furent Éléazar et les sept frères Machabées avec leur mère.

Q. Que produisit le sang de ces martyrs ?
R. Le sang de ces martyrs produisit parmi les Juifs un éloignement plus grand pour les infidèles et un amour plus vif pour leur Religion ; en sorte que, si les Pharisiens ne les avaient pas trompés en leur faisant attendre un Messie conquérant, ils auraient reconnu Notre-Seigneur, et n'auraient pas attiré sur eux les châtiments dont ils sont accablés depuis tant de siècles.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'aurai le plus grand respect pour les choses saintes.


Et vous, qu'attendez-vous ?
Un Messie conquérant ? Un Sauveur politique ?
ou Notre-Seigneur Jésus-Christ ?


Reportez-vous à Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains.















lundi 1 février 2021

De la conformité que nous devons avoir à la volonté de Dieu dans toutes les calamités publiques



Ce n'est pas seulement en ce qui nous regarde personnellement, et par rapport à nos afflictions particulières que nous devons être tout-à-fait soumis à la volonté de Dieu ; il faut encore que nous le soyons dans les calamités publiques, pendant la famine, la guerre, la peste, et dans le temps de tous les autres fléaux de la vengeance divine. Saint Thomas dit, que (S. Th. 22. q. 19. art. 10. ad I) c'est ainsi que les bienheureux se conforment en toutes choses à la volonté divine, et saint Anselme ajoute (Anselm. l. simil. c. 63), que celle de Dieu et la nôtre seront conformes entr'elles dans le Ciel, comme les yeux le sont dans un même corps. C'est un même mouvement qui règle, et qui dirige les deux yeux : l'un ne peut regarder un objet, que l'autre ne le regarde aussi ; et encore qu'ils soient tous deux attachés sur cet objet, il ne s'en forme cependant qu'une seule et même image dans le cerveau : or, puisque la conformité qu'ont les bienheureux à la volonté de Dieu, se borne à n'envisager en tout que ce que Dieu veut (Voyez Rodriguez), et que ce qui est de sa plus grande gloire vers laquelle tous leurs désirs sont dirigés, nous ne saurions sans doute rien faire de mieux que de les imiter, en ne regardant, comme eux, en toutes choses, que l'exécution des ordres de la providence et l'accomplissement de la volonté divine. Il ne saurait y avoir une plus sainte disposition que celle de vouloir ce que Dieu veut, que de le vouloir pour les mêmes fins qu'il le veut, que de le vouloir en la manière qu'il le veut.
Mais nous avons de quoi nous consoler avec plus de fondement encore de ces sortes de calamités, si nous considérons que tout vient de la main de Dieu ; qu'en cela sa volonté s'accomplit ; et qu'encore que la cause pour laquelle il afflige quelquefois les hommes, nous soit cachée, elle ne peut pourtant jamais être injuste. Les jugements de Dieu sont un abîme (Psal. 35. 7), dit le Prophète royal. Il y aurait de la témérité à vouloir, avec un esprit aussi faible et aussi borné qu'est le nôtre, en pénétrer les secrets et les approfondir : Car qui est celui qui connaît le dessein de Dieu (Rom. 11, 34), ou qui a été appelé à son conseil ? Il faut adorer ses jugements avec une profonde humilité, et croire que, puisque nous sommes gouvernés par une sagesse infinie comme la sienne, il ne peut rien arriver qui ne tourne à notre plus grand avantage. Nous devons toujours régler là-dessus nos pensées, et espérer de sa bonté et de sa miséricorde qu'il ne permettrait pas que ces fléaux arrivassent, s'il n'en devait résulter un plus grand bien, que n'est le mal que nous y remarquons.

(Abrégé de la Perfection Chrétienne, R.-P. Alphonse Rodriguez)


Reportez-vous à Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoiePrière pour demander la cessation des calamités publiques, Litanies des Saints invoqués dans les épidémiesPrières à dire en temps de maladies ou de calamités, Prière à Marie dans le temps d'orage et de calamité, Méditation sur le malheur des temps, Méditation sur les devoirs des riches dans les malheurs publics, De la conformité que nous devons avoir à la volonté de Dieu dans le partage des autres vertus, et de tous les dons surnaturels, et La terre se couvrit de ronces et d'épines.











mardi 15 décembre 2020

L'épée et le chapeau ducal portés à la procession le jour de Noël


Louis VII reçut l'armure sacrée


LETTRE AUX ENFANTS DES CATÉCHISMES DE PERSÉVÉRANCE


Rome, 26 décembre.


Hier, mes enfants, en vous entretenant de la nuit de Noël, j'ai omis un détail qui a certainement son intérêt, et je vais tâcher de réparer aujourd'hui cette omission.
Au milieu des prélats qui précédaient le Pape à son entrée solennelle dans la basilique de Sainte-Marie-Majeure, l'un d'eux portait en grande cérémonie, sur un coussin de velours, une espèce de chapeau posé sur une superbe épée à poignée d'or. Je demandai ce que c'étaient que ces deux objets, et ce qu'ils signifiaient ? — On me répondit que c'étaient l'épée et le chapeau que le Pape a coutume de bénir tous les ans durant les fêtes de Noël, et qu'il envoie ensuite en présent à quelque prince chrétien.
Cette réponse ne m'ayant pas satisfait, je me proposai de prendre de plus amples informations, sitôt que j'en aurais le loisir, et je vais vous dire en quelques mots le résultat de mes recherches.
Je devrais avant tout vous faire la description des deux objets mystérieux dont je vous entretiens, et du chapeau surtout ; car vous devez être bien étonnés, à propos de procession, d'entendre parler d'épée et surtout de chapeau. Franchement je n'ose faire cette description, de peur de mal réussir, et de ne pas trouver au moins d'expressions qui rendent ce que j'ai vu. Je me contente de vous dire que, quoique ce chapeau ait une forme très-singulière, il a quelque analogie avec les casques anciens, tels qu'on les portait du temps de Henri II et de François Ier, et qui n'étaient point en métal comme ceux que nous voyons maintenant à nos dragons ou à nos cuirassiers. C'est une espèce de cône arrondi à larges bords : l'intérieur en est tout doublé de soie blanche, et l'extérieur est recouvert d'une étoffe de velours rouge bordé d'or, et orné de perles.
Voilà pour la description. Mais que viennent faire ce casque, cette épée, dans une procession et surtout dans une procession de Noël ? C'est ce que je vais vous dire. — Durant tout le quatorzième siècle et une partie du quinzième, les Souverains Pontifes furent souvent menacés dans leur capitale de Rome par les Turcs, qui tentèrent plusieurs fois de répandre dans tout l'Occident le nom et la religion de Mahomet. Trop faibles pour résister à des ennemis si puissants, les Papes avaient recours aux princes chrétiens ; c'étaient tantôt l'empereur d'Autriche, tantôt le roi de Hongrie ou celui de Bavière qui venaient les défendre. Sur la fin du quatorzième siècle, comme les attaques des Turcs devenaient plus terribles, et qu'il fallait presque chaque année les repousser du territoire, le Pape Urbain VI, qui régnait alors, fixa que tous les ans une armure complète serait bénie le jour de Noël, et que cette armure serait envoyée, en signe de reconnaissance ou en signe de supplication, au prince qui aurait généreusement défendu l'Église, ou à celui dont on voulait réclamer la protection, et qui devrait embrasser, l'épée à la main, la sainte cause de Dieu (L'on sait les noms de plusieurs princes auxquels les Souverains Pontifes envoyèrent l'armure sacrée. Dans les siècles reculés Urbain VI l'envoya à Fortiguerra, président de la République de Lucques, Nicolas V au prince Albert, frère de l'empereur Frédéric, Pie II à Louis VII, roi de France). Je n'ai pas besoin de faire remarquer que cette solennité et cette bénédiction furent fixées au jour de Noël, et qu'elles furent placées sous les auspices de la Crèche, en mémoire de la victoire de l'enfant Jésus sur le cruel Hérode, dont les Turcs imitaient les méchants desseins.
Quand les invasions et les attaques des Turcs eurent cessé, les Papes crurent devoir conserver un usage qui rappelait tant de souvenirs, et qui devait contribuer à confirmer l'attachement des princes chrétiens pour le Saint-Siège ; seulement, au lieu de l'armure complète, dont le prince devait se revêtir à la guerre, on ne conserva plus que le casque et l'épée, qui forment les deux insignes les plus nobles de l'armure d'un guerrier. — Telle est l'origine de la particularité des fêtes de Noël à Rome, que je viens de décrire.
On portait autrefois en procession l'armure complète, pour faire apprécier à tous les chrétiens le cas que le Pape faisait du présent qu'il allait envoyer ; c'est dans la même pensée que maintenant le casque, qu'on appelle aussi le chapeau ducal, et l'épée (L'expression italienne consacrée pour le casque et cimiero, pour l'épée stocco), sont portés en procession, et demeurent exposés sur un coin de l'autel durant tout l'office.
C'est avant-hier au soir, avant les matines de Noël, que le Pape, en présence de tous les Prélats de sa maison, après s'être revêtu de l'aube et d'une simple étole blanche, a béni l'épée et le chapeau.
Les prières qui accompagnent cette bénédiction sont si belles, que je ne puis m'empêcher de vous en citer un passage :
« Jésus-Christ, souverain Seigneur de toutes choses, daignez bénir ce casque et cette épée pour la défense de votre sainte Église.. Que la bénédiction que nous leur donnons les fasse servir à la protection des faibles et des opprimés, et à l'anéantissement des méchants... Ô Dieu ! faites que celui qui va être ceint de cette épée, consacrée par votre bénédiction, protège et défende toujours votre sainte cause, et gardez-le vous-même et protégez-le par la force de cette épée contre les ennemis qu'il aura à combattre... »
Encore un détail, qui se rapporte à notre sujet. On m'a dit qu'autrefois, lorsque le prince auquel le présent était destiné se trouvait à la bénédiction, on lui présentait d'abord l'épée qu'il ceignait par-dessus la cotte d'armes dont il était revêtu, puis le casque dont il se couvrait, et qu'il assistait ainsi armé aux prières de la cérémonie. Le soir, à l'office des matines, il devait aussi paraître revêtu de son armure, que recouvrait un grand manteau blanc, et faisait publiquement lecture d'un passage de la Sainte Écriture, où l'auteur inspiré, après avoir raconté les guerres et les combats que le peuple de Dieu a sans cesse à soutenir contre ses ennemis, annonce les vengeurs que la Providence ne manque jamais de lui envoyer. Avant de faire cette lecture, le prince se découvrait, puis, debout, frappait trois fois la terre de son épée nue, et la remettait dans le fourreau après l'avoir trois fois secouée en l'air, comme pour prendre à témoin le ciel et la terre par un triple serment qu'il ne porterait pas en vain cette épée, dont il était armé pour la défense de l'Église et de la justice.
Adieu, mes enfants. On m'a dit que cette année le présent du Saint-Père est destiné à un prince d'Allemagne. — Vous seriez peut-être bien heureux et bien justement glorieux de recevoir un semblable présent ; demandez au petit Enfant-Jésus, qui a si bien vaincu le démon sur la paille de sa crèche, de vous donner la force de le vaincre durant toute l'année qui commence. Il faut pour cela avoir un casque plus étincelant et une épée plus vaillante que toutes les épées et tous les casques qui ont jamais été donnés aux princes de la terre.

(Extrait de Les Fêtes de Noël à Rome, par M. l'Abbé V. Dumax)


Reportez-vous à L'Étable de Bethléem dans l’Église de l'Ara-CoeliDescription de la sainte Crèche, Son histoire, Cérémonie de l'Adoration, La Messe de Minuit à Sainte-Marie-Majeure, Les Boutiques de Noël et le Præsepio, Les Pifferari, Regard sur le triple sacrifice du Jour de Noël, Noël, Jour de sainte allégresse, Lumière sur Noël, La crèche, Méditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une Crèche, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 21e Méditation : Cependant Marie ne perdait rien de toutes ces choses et les méditait dans son cœur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation : Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au SeigneurDévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 20e Méditation : Ayant été averti en songe de ne point aller trouver Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 19e Méditation : Se prosternant, ils l'adorèrent ; puis ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe, Discours aux jeunes époux, du Pape Pie XII, durant l'Octave de l’Épiphanie, le 10 janvier 1940, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 18e Méditation : Voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient parut, allant devant eux, jusqu'à ce qu'elle vint s'arrêter sur le lieu où était l'enfant, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 17e Méditation : À la nouvelle de la naissance du saint Enfant, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 16e Méditation : Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 15e Méditation : Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, Méditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Du ministère de Marie dans la vocation des Gentils à la Foi, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation sur l’Épiphanie, Méditation sur la Nativité, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 14e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, Litanies du Saint Nom de Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 13e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, nom qui lui avait été donné par l'ange, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 12e Méditation : Après huit jours, le saint Enfant fut circoncis, Instruction sur la Circoncision, Méditation sur la Circoncision, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 11e Méditation : Les bergers revinrent en glorifiant et en louant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 10e Méditation : Les bergers se disaient les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 9e Méditation : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 7e Méditation : Tout à coup l'Ange du Seigneur parut auprès d'eux, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation : Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin enfantement arriva, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 2e Méditation : Je vous annonce un grand sujet de Joie, il vous est né aujourd'hui un Sauveur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 3e Méditation : Marie mit au monde son fils premier-né, et l'enveloppa de langes, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 4e Méditation : Marie, après avoir enveloppé de langes le saint Enfant, le coucha dans la crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 5e Méditation : Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 6e Méditation : Il y avait là aux environs des bergers qui veillaient et se relevaient les uns les autres pendant la nuit, pour la garde de leurs troupeaux, Litanies du Saint Enfant-Jésus, et Dévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et Consécration.














mardi 24 novembre 2020

PROTECTION MIRACULEUSE



Quand même je serais attaqué par les forces ennemies, mon cœur ne tremblera point. (Ps. XXVI, 3)

Déjà nous avons rapporté le secours miraculeux accordé par les âmes du purgatoire à un soldat dévot pour elles. Mais, de même que la Sainte-Écriture nous montre plusieurs fois les légions célestes volant à la défense des Israélites contre les armées de Sennachérib et du roi de Syrie, de même dans les annales de l'Église nous lisons plus d'une intervention de ce genre de la part des pauvres âmes souffrantes en faveur des princes qui songeaient à leur soulagement. Eusèbe, duc de Sardaigne, est un de ces témoins.
Ce prince était tellement dévoué aux âmes du purgatoire, que, indépendamment des aumônes considérables qu'il faisait à leur intention, il avait consacré à cette œuvre les revenus d'une ville entière où la piété était en honneur. On l'appelait pour ce motif la Ville de Dieu, et tout l'argent qui en provenait pour le trésor de l'État servait aux œuvres saintes, à l'entretien d'un certain nombre de prêtres et de chapelains chargés de célébrer journellement en faveur de ces âmes. Le démon ne put souffrir une si belle institution, et il excita Ostorge, roi de Sicile, qui avait de grandes richesses et des troupes nombreuses, à déclarer la guerre à Eusèbe, sous de frivoles prétextes. Ostorge se mit donc en route, assiégea cette ville et s'en empara. Dès que le duc apprit cette nouvelle, il en éprouva une aussi vive douleur que s'il eût perdu la moitié de ses États. Aussitôt il assemble ses officiers, tient conseil avec eux, et se résout à tout entreprendre pour chasser l'ennemi de cette place. L'armée se forme, bien inférieure à celle des Siciliens, et l'on marche.
Ce n'était pas sans crainte, à cause de cette grande infériorité. Mais voici que les sentinelles avancées signalent au loin des légions de cavalerie et d'infanterie vêtues de blanc, chevaux blancs, armes et bannières blanches. Le duc reste interdit : d'une part, il tremblait que ce ne fussent des renforts siciliens ; de l'autre, il lui semblait comprendre que DIEU lui envoyait du secours. Il se décide à expédier des hérauts d'armes, au nombre de quatre, pour faire une reconnaissance et découvrir à qui l'on a affaire. Dès qu'ils furent à égale distance des deux armées, quatre hérauts des nouveau-venus se détachèrent, et, marchant vers eux, les saluèrent en disant : « N'ayez aucune crainte : nous sommes la milice du souverain Roi, et nous accourons au secours de votre prince : qu'il vienne s'entendre avec notre chef. » Le duc s'avança et joignit ses soldats à ceux que le Ciel lui adressait ainsi miraculeusement. Dès qu'Ostorge aperçut les légions qu'il avait à combattre, ces vêtements blancs, ces légions martiales qui lui étaient inconnues, il fut saisi de terreur ; des éclaireurs envoyés à la découverte lui rapportèrent que ces nouvelles légions ne pouvaient apparaître que par miracle, personne dans le pays ne comprenant d‘où ni comment elles étaient venues. En même temps, il fut sommé de restituer la Ville de DIEU à son légitime souverain. Il s'empressa d'accéder à toutes les propositions, répara le dommage qu'il avait causé, et se retira en toute hâte. Eusèbe rendit à DIEU ses actions de grâces et remercia les généreux inconnus. Leur chef lui répondit : « Sachez, prince, que presque tous ces soldats que vous voyez sont des âmes tirées du purgatoire par vos suffrages ; le Seigneur leur a confié le soin de vous protéger dans cette extrémité. Continuez donc cette charitable dévotion, et n'oubliez jamais qu'autant d'âmes vous délivrez, autant vous acquérez d'amis et de défenseurs au ciel. » Puis tout disparut. Le duc se jeta à genoux et bénit le DIEU de toute miséricorde, qui n'abandonne jamais les siens. (V. Henri Grandgermain, Magn. Specul. exem., dist. 9, ex. 184)

(Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire, par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus)


Reportez-vous à Apparitions et Révélations, le témoignage de Saint Thomas d'Aquin sur les âmes du Purgatoire, Rigueur de la justice divine, Un Purgatoire plus long à qui n'a pas prié pour les morts, Accusations du démon contre les morts, Prière à Marie pour lui demander sa protection à l'heure de la mort, Prière pour obtenir une bonne mort, Supplications à Marie pour les âmes du Purgatoire, La divine Marie et le scapulaire, Suffrages conformes aux bonnes œuvres accomplies pendant la vie, Grand pécheur délivré par une âme du purgatoire, Si vous faites du bien, vos bienfaits vous attireront de grandes grâces, Prière à Marie pour ses parents en Purgatoire, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Reconnaissance des âmes du Purgatoire ou comment les âmes du Purgatoire interviennent aussi pour leurs bienfaiteurs dans les choses temporelles, Bonté des Anges pour les pauvres âmes du Purgatoire, Dévotion aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Valeur du Saint Sacrifice en faveur des âmes du Purgatoire, Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes, Protection des âmes du Purgatoire, Une âme souffrant le tourment du feu pour avoir écouté plutôt les conseils du sang que ceux de la piété, La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Sainte usure de ceux qui appliquent leurs œuvres au soulagement des défunts, Celui qui souffre pieusement ici-bas va tout droit au repos éternel,Reconnaissance des âmes pour leurs bienfaiteurs, Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du PurgatoireComment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Pour que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.













vendredi 18 septembre 2020

SAINT PIE X ET LE DON DES MIRACLES




LE DON DES MIRACLES


Autour de l'angélique figure du Pape s'était créée une auréole de sainteté. Au Vatican et au-dehors, toutes les bouches colportaient avec émotion les grâces et les miracles obtenus par ses prières ou par sa simple bénédiction. Ces bruits étant parvenus jusqu'à lui, il en plaisantait : « Voilà qu'on raconte et qu'on imprime que je me suis mis à faire des miracles, comme si je n'avais pas autre chose à faire. » Et il ajoutait avec un sourire : « Que voulez-vous !... En ce monde, il faut tout faire ! » Mais la voix populaire ne se trompait pas. Le saint Pontife n'avait-il pas inauguré son règne par une bénédiction qui avait frappé de « stupire » le Vatican ?
Le cardinal Herrero y Espinosa, archevêque de Valence en Espagne, déjà vieux de quatre-vingts ans, fut atteint pendant le Conclave d'une maladie mortelle.
Le jour même de son élection, Pie X, en dépit de sa fatigue, se rendit dans sa chambre, accompagné des cardinaux Samminiatelli et Satolli et de Mgr Merry del Val, pour assister à son agonie.
Le cardinal, averti de la présence du nouveau Pape, ouvrit les yeux et, d'une voix affaiblie, sollicita la Bénédiction Apostolique.
Pie X se recueillit un instant et, effleurant de la main son front, le bénit.
À ce contact, le mourant se ranime. Trois jours plus tard, il était sur pied et, peu après, retournait en Espagne, « ramené à la vie, disait-il lui-même, par une Bénédiction de Pie X ».
Ce cas prodigieux n'était pas nouveau dans la vie de Pie X. Evêque de Mantoue, n'avait-il pas guéri, avec une simple bénédiction, la domestique d'un curé de Trévise, souffrant d'un mal que les médecins avaient jugé inguérissable ?
Il suffisait que le Bienheureux apparût dans la grande salle des audiences, vêtu de blanc, avec sa démarche lente et silencieuse, pour que les multitudes tombassent d'instinct à genoux. Elles ne pouvaient se détacher de ce doux visage, tout en implorant ses lumières et ses consolations. Alors Pie X levait vers le ciel ses yeux qui semblaient refléter un monde surnaturel, il répandait sa bénédiction et passait comme une vision extra-terrestre, tandis que derrière lui se manifestait le « Pouvoir des Saintes Clefs », comme il disait modestement.
Il semblait qu'une impulsion irrésistible poussât tous les éprouvés à demander son aide, avec la certitude de puiser au contact de ses mains et par l'efficacité de sa bénédiction, un réconfort dans leurs larmes, un soulagement à leurs douleurs, un remède à leurs maux. De nombreux prodiges s'opéraient, comme aux jours où le Maître Divin traversait la Palestine, en faisant le bien et en procurant des guérisons.
Dans l'impossibilité de tout dire, nous ne citerons que quelques faits, au sujet desquels nous demandons une foi simplement humaine.


LE BRAS INERTE

Dans une de ces audiences publiques que Pie X accordait avec tant de facilité se trouvait, confondu parmi la foule, un homme qui avait le bras droit entièrement paralysé.
Désespérant des médecins qui n'avaient pas réussi à le guérir, il n'avait plus de confiance qu'en Pie X et l'attendait avec anxiété.
Et voici le Pontife qui passe lentement, bénit tout le monde, échange avec chacun des paroles de paternelle bonté.
Le pauvre homme lui exhibe son bras inerte et l'implore :
« Très Saint-Père, guérissez-moi, que je puisse gagner le pain de ma famille.
« Va, aie foi en Dieu, dit le Pape. Et, effleurant son bras, il répète : « Aie foi ; le Seigneur te guérira. »
À l'instant même, le bras inerte reprit force et mouvement.
Saisi d'émotion l'homme jeta un cri : « Saint-Père... Saint- Père !... » Pie X s'arrêta, le regarda fixement et lui fit signe de se taire.


« MAMAN, JE SUIS GUÉRIE ! »
 
Une jeune Irlandaise avait la tête couverte de plaies.
« Si tu me conduis à Rome, chez le Saint-Père, avait-elle dit à sa mère, je guérirai, car si le Christ a donné aux apôtres le pouvoir des miracles, à plus forte raison Pa-t-il donné aussi à son Vicaire sur la terre. »
Cédant à ces instances, la mère emmena sa fille à Rome, en dépit des médecins qui désapprouvaient un voyage aussi long.
Arrivées sans encombres, elles se rendirent tout de suite au Vatican. Dès qu'elle fut en présence de Pie X, la jeune fille le supplia de guérir ses plaies.
Pie X, souriant, pose les mains sur la tête de la malade, la bénit et passe outre.
D'un coup, la jeune fille s'écrie : « Maman, je suis guérie ! »
De retour à l'hôtel où elles logeaient, la mère enlève les bandages qui recouvraient la tête de la jeune fille.
Ô stupeur !... Les plaies avaient disparu sans laisser la moindre trace.
 

PHTISIES GUÉRIES

En 1912, une religieuse de Florence, phtisique au dernier degré, avait obtenu la permission de venir à Rome pour solliciter sa guérison.
Au cours de l'audience pontificale, elle implore cette grâce.
« Que voulez-vous ? Vous vous portez mieux que moi », dit-il, en faisant le geste de bénédiction.
La Sœur était complètement guérie *.

Une autre religieuse, atteinte du même mal, était venue à Rome dans le même dessein.
Si grave était son état que, durant le trajet d'une maison de son Institut au Vatican, elle s'évanouit plusieurs fois.
Nous ignorons les détails de l'audience. Nous savons seulement qu'à l'issue elle était guérie.

La Supérieure des Sœurs de la Sainte Famille a écrit :
« Une de nos novices, Sœur Marie Frontito, souffrait d'un mal qui la consumait depuis longtemps et qui, en quelques semaines, avait fait de terribles progrès.
« À un crachement de sang, succédèrent d'autres symptômes alarmants. Le médecin diagnostiqua une mort prochaine.
« J'eus alors la pensée de mener la novice chez le Saint-Père, comme elle le désirait ardemment.
« Le jour de l'audience arriva : 13 juillet 1913. Nous étions dans une grande salle, quand surgit le Pape.
« La novice murmura, d'une voix suppliante :
« Saint-Père, je vous demande de me guérir.
« Mais pourquoi n'allez-vous pas bien ? Il faut bien se porter, avez-vous compris? » répondit le Pape en posant une main sur sa tête.
« Sœur Marie versait d'abondantes larmes.
« Miracle !... Au contact de la main de Pie X, elle avait senti comme quelque chose qui lui tombait des épaules.
« Le mal avait disparu. »


LES AVEUGLES VOIENT

Un des Camériers Secrets Participants a fourni ce témoignage :
« Un Allemand d'une cinquantaine d'années, aveugle de naissance, s'était présenté à une audience. Quand Pie X l'approcha et connut son épreuve, il lui appliqua les mains sur les yeux, l'exhortant à la confiance en Dieu. L'aveugle-né recouvrit immédiatement la vue. »

Si toutes les misères avaient droit à la compassion du Père Commun, il enveloppait d'une tendresse particulière les petits malades.
Une pauvre mère lui avait amené son fils aveugle et l'adjurait de le guérir.
« Priez Dieu et ayez foi », fut la réponse de Pie X.
Le bambin ouvrit aussitôt les yeux et sa première vision fut le visage rayonnant du Pontife.

Le 19 juin 1945, un vieux Camérier d'honneur, de Cappe et d'Épée, nous faisait parvenir le témoignage suivant :
« Un jour que j'étais de service à St-Pierre, en traversant la salle du Trône, au milieu de rangées de fidèles, presque tous Italiens, la mère d'une fillette aveugle sollicita de Sa Sainteté, pour celle-ci, une bénédiction particulière.
« Le Saint-Père s'arrêta, il prit à la dérobée un peu de salive et fit une onction sur les yeux de la petite aveugle. La fillette cria tout à coup : « Maman, je vois, je vois ! »
Le Saint Pontife imposa silence à tous et nous recommanda, à nous, Camériers l'accompagnant, avant de rentrer dans ses appartements, après sa bénédiction, de n'en parler à personne (A. RICHARDET, de Pondremand (Hte-Saône), Camérier d'honneur de Cappe et d'Épée de Sa Sainteté : Archives de la Postulation). »


UN CANCER DISPARU

« Que voulez-vous que je vous fasse ? » demandait Pie X à une religieuse qui montrait sa main rongée par un cancer.
« Simplement me bénir, Saint-Père. »
Pie X traça lentement sur la main le signe de la croix.
De retour chez elle, la Sœur enleva ses bandages. Le mal avait disparu.


LES SOURDS ENTENDENT

Il traversait un jour une foule de pèlerins, quand il entendit des sanglots.
C'était une mère qui pleurait, venue de Lyon avec son fils complètement sourd.
Pie X se tourna vers elle et, d'un accent qui décelait une inspiration surnaturelle :
« Ayez foi, Madame, ayez foi! »
Ces mots furent comme l' « Ouvre-toi » du Maître divin (Saint MARC, VII, 34).
L'enfant entendait.

En novembre 1911, une jeune Bavaroise s'apprêtait à entrer au Carmel de San-Remo, quand, à la suite d'un refroidissement, elle ressentit de violentes douleurs aux oreilles. Un médecin spécialiste diagnostiqua une perforation du tympan, accompagnée d'un otite. Il prescrivit quelques remèdes, sans résultat.
Les souffrances devinrent intolérables. L'oreille gauche n'entendait plus rien ; l'oreille droite entendait encore, mais comme à travers une cloison.
Il ne pouvait plus être question d'embrasser la vie religieuse.
La jeune Bavaroise exprime un jour à la Supérieure son désir d'aller à Rome et sa certitude d'être guérie par le Pape.
La Supérieure consent, et, un matin, émue et sereine, la jeune fille se trouve devant Pie X.
« Que voulez-vous de moi ? lui dit-il.
« Je voudrais entrer au Carmel de San-Remo, mais il y a un obstacle, le mal qui me tourmente.
« Et quel est ce mal ? »
La jeune fille raconte ce qu'elle souffre.
« Et tu crois que je puis te guérir ?
« Oui, Saint-Père, vous le pouvez. Guérissez-moi, je vous en supplie. »
Vaincu par cette prière, il posa les mains sur la tête de la jeune fille : « Si tu crois, sois guérie ! »
Peu après, elle entendait tous les sons avec une parfaite exactitude.


« OUI, OUI, ELLE NE MOURRA PAS ! »

Un groupe de religieuses étaient admises un jour à l'audience ; l'une d'entre elles en proie à un mal très grave qui menaçait sa vie.
La Supérieure la montre au Pape, en lui demandant de la guérir.
a Oui, oui... elle ne mourra pas ! » répond-il avec un sourire plein de bonté.
Deux mois plus tard, la Sœur eut une crise qui semblait mortelle.
Le médecin déclara qu'il allait recourir à une opération, mais que, pour ce genre de maladie, dans 99 cas sur 100 l'issue fatale était à redouter.
La Sœur ne se laissa pas abattre. Se souvenant de la promesse de Pie X, elle se soumit à l'opération chirurgicale et, bientôt, elle regagnait son Institut, dans les meilleures conditions de santé.


LES PARALYTIQUES MARCHENT

La salle des audiences offrit un jour un spectacle pitoyable : un petit paralytique venu d'Allemagne, amené par son père et sa mère qui nourrissaient une grande espérance.
À la vue du bambin gisant sur le sol, Pie X demanda ce qu'il avait.
On lui apprit qu'il était paralysé. Pie X, avec un geste paternel, s'incline vers l'enfant, le prend par les mains, le relève et s'écrie :
« Mais quoi !... debout, debout... Il faut marcher! »
À l'instant même, l'enfant se dresse sur ses jambes, parfaitement guéri.
 
En 1913, une pauvre mère supplie le Pape de guérir une de ses filles, depuis longtemps paralysée.
« Je ne peux pas ! répond-il. Dieu seul peut faire des miracles. »
La mère ne se décourage pas et, débordante de foi, réplique :
« Si ! Vous le pouvez. Il suffit que vous le vouliez ! « Je ne peux pas. Dieu seul peut faire des miracles », répète Pie X. La mère insiste :
« Saint-Père, vous représentez Jésus-Christ sur la terre. Vous pouvez, vous devez faire ce miracle !
« Ayez confiance, dit alors Pie X, Dieu guérira votre fille. »
À ces mots, la fillette eut comme un frémissement ; elle se leva et, à la stupeur de toutes les personnes présentes, commença à marcher.
 
Non moins heureuse fut une fillette de onze ans, du diocèse de Nîmes, en France.
Paralytique générale depuis sa naissance, elle n'avait jamais pu faire un pas, nonobstant tous les soins et tous les remèdes.
Elle avait la conviction que le Pape la guérirait. Ses parents, pour lui donner satisfaction, l'emmenèrent à Rome.
Portée au Vatican, dès qu'elle fut en présence du Pape, et après avoir baisé son anneau :
« Très Saint-Père, une grâce... murmura-t-elle.
« Que le Seigneur ? accorde ce que tu désires », dit simplement Pie X. »
Là-dessus, l'enfant frissonne de tous ses membres, se lève d'un bond et, pleine de vigueur, se met à marcher aisément.
Les parents reconnaissants sollicitèrent, au bout de quelque jours, une audience particulière afin de remercier le Pontife. Mais il s'y refusa, disant :
« C'est la foi qui a tout fait ! C'est le pouvoir des Saintes Clefs! »
Sans doute. Mais si ce Pouvoir n'avait pas été exercé par un Pape qui n'eût point la foi aussi puissante ?


LE PETIT SOURD-MUET

Il l'exerça encore en faveur d'un petit sourd-muet. Ceci est le témoignage d'un avocat romain :
« Pendant que j'étais en villégiature à Rocca di Papa, une femme du pays me raconta un fait extraordinaire.
« Elle avait deux fils, sourds-muets de naissance, et brûlait du désir d'être présenté au Saint-Père pour qu'il leur procurât la parole.
« Le Serviteur de Dieu la reçut, l'écouta, et, posant ses mains sur la tête des deux enfants, prononça quelques mots où elle crut comprendre que le plus petit mourrait et que l'autre parlerait.
« Peu de temps après, en effet, le plus jeune mourut, et l'aîné guérit. »


LE BAS DU PAPE

Tous ces miracles s'accomplissaient comme la chose la plus naturelle du monde, et Pie X en plaisantait.
Dans un pensionnat de Rome, une jeune fille était réduite depuis un an à une absolue immobilité, par suite d'une grave périostite au pied.
On lui apporta un bas de Pie X, dans l'espoir que, si elle s'en servait, elle obtiendrait sa guérison.
C'est ce qui advint. A peine a-t-elle enfilé le bas qu'elle est complètement guérie.
Le fait fut raconté au Pape qui eut un sourire :
« C'est bien amusant. Je mets tous les matins mes bas et je continue à souffrir des pieds. D'autres les mettent et leurs douleurs s'en vont. C'est proprement curieux ! » (V. STURMUSCH, Ord. Ven., p. 1655. — Cf. aussi G. BRESSAN, Ap. Rom., p. 122.— Il est notoire que Pie X, en ses dernières années, était atteint d'uricémie et de douleurs très aiguës aux pieds qu'il supportait sans se plaindre, continuant à donner des audiences et à traiter les affaires de l'Église, et même plaisantant sur les précautions que lui prescrivaient les médecins. (Mgr PESCINI, Ord. Rom., 375. — Docteur AMICI, ib., 1424. — Professeur MARCHIAFAVA, ib., 1702. — Cardinal MERRY DEL VAL, ib., 922.—Mgr FABERI, ib., 1062)).


UN RÊVE PRODIGIEUX

La Mère Générale des Sœurs Franciscaines de la via Castro Pretorio à Rome, souffrait d'un mal de gorge qui menaçait sa vie.
L'opération de la trachéotomie était urgente. Mais la Révérende Mère se fiait moins à la science qu'au pouvoir miraculeux de Pie X.
Une nuit, tandis qu'elle craignait d'un moment à l'autre de mourir suffoquée, le Saint-Père lui apparut en songe et lui assura qu'elle allait guérir.
Le matin, son mal avait disparu !
Quelques jours plus tard, elle voulut remercier le Pape. On devine sa stupéfaction quand, dès qu'elle eut pénétré dans la salle, Pie X lui dit, comme s'il s'agissait du fait le plus ordinaire : « Je t'ai guérie. Sois bonne ! »


BÉNÉDICTIONS A DISTANCE

Ces prodiges attestent, d'une façon indubitable, l'héroïcité des vertus de notre Bienheureux. Aussi, surtout dans ses dernières années, parvenaient au Vatican, de toutes les parties du monde, des requêtes pour obtenir sa Bénédiction Apostolique destinée à soulager les infirmités physiques et morales. Requêtes si nombreuses que la Secrétairerie d'État dût créer « un véritable supertravail » (Cardinal CANALI, Ord. Rom., 2015. — Mgr PESCINI, Ord. Rom., 428. — « Toute cette correspondance spéciale — d'après un Secrétaire particulier de Pie X — fut recueillie en fascicules, mois par mois, année par année, et elle fut remise par Mgr BRESSAN au Pape Benoît XV. » (Mgr PESCINI, ib.)).
Plusieurs traits émouvants démontrent que Dieu se plaisait à manifester sa puissance par l'entremise de son plus fidèle serviteur, non seulement de près, mais de loin.
« Un bambin d'environ six ans, fils de mes cousins Joseph et Anna Corradi — raconte un Romain très autorisé — avait eu, à la suite d'une chute, un rein brisé et une déchirure de la vessie. Le cas était désespéré : les médecins ne lui accordaient que quelques heures de vie. Le jour même où fut prononcée la triste sentence, j'eus l'occasion d'être reçu par le Saint-Père.
« À la fin de l'audience, j'eus l'inspiration de solliciter une bénédiction pour la famille éprouvée. Il écouta mon récit avec attention : « Pauvre mère ! dit-il. Je lui envoie de tout cœur une Bénédiction particulière. »
« De retour chez moi, j'informai de cette bénédiction les parents de l'enfant.
« La mère, pleine de foi, s'écria : Pie X nous a envoyé sa bénédiction ; mon Georges sera sauvé !
« En effet, contrairement à tous les diagnostics des médecins, la vessie se cicatrisa et le rein retrouva son état normal, sans intervention chirurgicale.
« Quelques mois plus tard, étant reçu de nouveau par Pie X, je lui rappelai cette bénédiction. Il m'interrompit et me demanda avec son habituel sourire : « Est-il mort ? »
« Je répondis que le bambin était sauvé et que l'on attribuait sa guérison à la bénédiction du Pape.
« Le Pape bénit tout le monde ; c'est la foi de la mère qui a sauvé l'enfant, s'écria-t-il, avec son admirable humilité.
« Georges Corradi est devenu un robuste garçon et sa parfaite santé a été mise à l'épreuve comme soldat d'artillerie dans la guerre de 1914-1918. »
 
« Au début de novembre 1908 — raconte un chanoine de la cathédrale de Trente —, je fus appelé à Rome. Je ne voulais point partir, car ma mère était gravement malade depuis deux mois ; on craignait qu'elle ne mourût d'un jour à l'autre ; elle ne pouvait plus se nourrir et elle avait 76 ans.
« Elle me demande un soir pourquoi je ne m'en allais pas. Je lui expliquai que je ne pouvais l'abandonner dans un pareil état. — Pars tout de suite, me dit-elle ; il faut faire ton devoir, et sois certain que, si tu peux m'obtenir la bénédiction de Pie X, je guérirai.
« Je partis le lendemain. À Rome, je me présentai au Majordome et Maître de Chambre, Mgr Bisleti, qui m'octroya une audience pour le jour suivant.
« Pie X, dès qu'il me vit, me témoigna une grande affabilité, s'informa de ma santé et de celle de ma vieille mère. Je lui dis que je Pavais laissée moribonde et qu'elle attendait de lui une bénédiction spéciale. — Bien volontiers, répondit le Serviteur de Dieu. Joignant les mains et levant les yeux au ciel, il fit le signe de croix. Puis, me donnant un léger coup sur l'épaule : Je fais des vœux ardents pour que Dieu vous conserve votre mère de longues années encore.
« Je m'empressai d'envoyer à ma sœur une carte postale où je l'avisai de cette bénédiction.
« Le surlendemain, je reçus une lettre de ma sœur. Elle m'annonçait que la veille, vers midi, notre mère s'était sentie bien, s'était levée et avait absorbé quelque nourriture.
« Je constatai que la guérison s'était produite à l'heure même où Pie X avait prié pour elle et l'avait bénie. »

Un des plus fidèles et dévoués Aides de Chambre de Pie X a raconté ce qui suit :
« Vers 1910, mon fils Joseph avait eu une rougeole, bientôt dégénérée en une laryngite qui faisait craindre pour sa vie. Les médecins le déclaraient en danger. Il était soigné par les docteurs Amici, Marchiafava, Cogiati, Mancini et autres, qui lui appliquèrent à l'intérieur de la gorge, un tube caoutchouté pour faciliter la respiration.
« L'enfant souffrait atrocement, ne pouvait respirer. Je téléphonai à Mgr Bressan, pour qu'il sollicitât la bénédiction du Pape. Mgr Bressan me répondit : Le Saint-Père envoie une bénédiction et il prie en ce moment pour le bambin.
« Un quart d'heure s'écoula. L'enfant eut un violent accès de toux, il rejeta le tube et l'on put croire qu'il allait mourir suffoqué.
« On courut à la recherche du professeur Mancini. Mais celui-ci trouva le bambin qui respirait librement, déclara qu'il était en face d'un fait nouveau et qu'il n'y avait plus besoin, pour l'instant du moins, d'appliquer de nouveau le tube.
« C'est un fait que le petit malade guérit complètement. »

« Un évêque du Brésil avait sa mère malade de la lèpre. Attiré par la renommée de sainteté de Pie X, il se rendit à Rome, dans les premiers mois de 1914, afin d'implorer la guérison de sa mère.
« Il insista vivement auprès de Pie X. Celui-ci le pressa de se recommander à la Madone ou à quelque saint. L'évêque lui dit : Au moins, Très Saint-Père, daignez répéter la parole de Notre-Seigneur : Vola, mundare (je le veux, sois pur — Saint Luc, v, 13). Pie X répondit : Volo, mundare.
 « Quand l'évêque rentra au Brésil, il trouva sa mère complètement guérie. »
 
En avril 1911, le marquis Galeani, de Turin, gisait sur son lit avec une jambe tellement gangrenée que l'amputation fut jugée inutile.
« Sa sœur avertit immédiatement le Souverain Pontife qui célébra la messe pour le malade.
« Peu après, le docteur Galle, médecin réputé qui le soignait, constate avec étonnement que le cancer a disparu. L'illustre professeur Murri, de Bologne, appelé à donner son avis, déclara, ou que les médecins s'étaient trompés — ce qu'il ne croyait pas possible — ou que l'on était en présence d'un fait humainement inexplicable.
« La guérison s'était produite à l'heure même où Pie X avait célébré la messe. »
 
Le consul de Belgique à Rome, M. Charles Dubois, était torturé depuis longtemps par des furoncles de nature maligne qui attaquaient tout son corps. Les médecins et leurs remèdes avaient échoué. La situation allait toujours empirant.
Le matin du 8 septembre 1912, Mme Dubois, ne sachant plus que faire, accourt au Vatican.
Pie X la regarde, joint les mains, lève les yeux au ciel, murmure une courte prière. Puis il la bénit :
« — Ayez confiance, Madame, vous serez exaucée. »
Rentrée chez elle, Mme Dubois annonce au consul :
« Je t'apporte la bénédiction du Saint-Père. Tu es guéri ! » Le Consul était en effet guéri. La bénédiction de Pie X avait triomphé du mal incurable.
« Je me souviens — raconte un témoin oculaire de Trévise
— que, devant être assisté dans un différend par l'avocat Paleari, de Milan, je m'étais rendu chez lui.
« À mon grand déplaisir, je le trouvai très affecté, au chevet de son fils moribond.
« J'avais besoin de son concours et, ayant su qu'il avait toute confiance en Pie X, je me permis, sans rien lui dire, de télégraphier au Vatican pour obtenir une bénédiction spéciale.
« La réponse reçue, je l'apportai à l'avocat qui, rempli de joie, en fit part au petit malade.
a Dès l'instant, la santé de celui-ci s'améliora, et la guérison suivit. »
« La Mère Supérieure des Sœurs dont j'étais le chapelain — raconte un prêtre français — apprit un jour que j'avais quitté Rome à l'improviste, parce que mon père, un vieillard de 78 ans, était en danger de mort.
« Elle sollicita pour lui la bénédiction de Pie X.
« Le télégramme qui annonçait cette bénédiction ne se fit pas attendre. Mais, quand il parvint, mon père était dans le coma. Je le secouai, il ouvrit les yeux et écouta la lecture du télégramme.
« Aussitôt commença une amélioration. Puis il entra en convalescence, se rétablit complètement et vécut encore huit années. »
La Supérieure de l'orphelinat des Sœurs de Belgaum (Indes Anglaises) souffrait d'une maladie d'estomac, devenue chronique et inguérissable, et elle n'était plus qu'une ombre.
Les plus éminents médecins de l'endroit, ceux aussi de Bangalore et de Bombay, avaient dépensé vainement leurs efforts et deux interventions chirurgicales n'avaient pas abouti.
Le 18 janvier 1914, quelques petites élèves, qui venaient de faire leur première Communion, décident d'implorer Fie X pour leur Supérieure et lui adressent la lettre suivante :
Belgaum, couvent Saint-Joseph, 18 janvier 1914.

CHER SAINT-PÈRE,
Ayant eu le bonheur de faire notre première Communion, nous désirons de Votre Sainteté un cadeau : la guérison de notre Mère Supérieure, malade depuis quinze ans et qui, depuis douze ans, ne se nourrit plus que de lait. Nous désirons la voir se bien porter.
Nous remercions Votre Sainteté d'avoir permis à nous, enfants, de faire si jeunes leur première Communion. Nous prions pour Votre Sainteté et nous chantons avec joie : Pitié, mon Dieu, pour le Pape de Rome.
Bénissez, ô Père Saint, nos Sœurs, les élèves et les orphelines.
Les élèves et les orphelines de Belgaum.

L'état de la malade, privée de nourriture, ne cessait de s'aggraver, et telle était sa prostration que, dans la nuit du 7 février, on lui administra l'Extrême-Onction.
Le lendemain, arrive aux Sœurs de Belgaum cette dépêche :
Rome, 7 février 1914.
Le Saint-Père accorde volontiers la Bénédiction Apostolique demandée.
Cardinal MERRY DEL VAL.

La dépêche fut remise à la malade qui se trouvait seule, les Sœurs étant au réfectoire. Elle la lit, et, pleine de foi, entreprend de se lever ; ses vêtements étaient sur une chaise.
Quand les Sœurs la virent hors du lit, elles n'en croyaient pas leurs yeux ; quand elle leur dit qu'elle voulait manger, elles ne cachèrent pas leur stupeur. Quelques-unes tendaient à lui donner satisfaction immédiate ; d'autres opinaient qu'il serait préférable de patienter quelques jours. La malade trancha la discussion en déclarant qu'elle voulait manger tout de suite. Et elle absorba de la soupe, du pain, de la viande, toutes choses que retint son estomac.
Dès ce 8 février 1914, elle reprit sa place au réfectoire et, vigoureuse, bien vivante, se remit au travail.
 
Autre épisode.
En juillet 1914, le sénateur Pascal Del Giudice, professeur de l'Histoire du Droit à l'Université de Pavie, où il avait succédé à l'illustre juriste Contardo Ferrini, souffrait depuis plusieurs mois de calculs biliaires. Les plus réputés cliniciens d'Italie, appelés en consultation, furent unanimes à estimer qu'une intervention chirurgicale s'imposait. Mais elle n'était pas possible, à cause de l'âge avancé du malade — 71 ans — et de ses conditions organiques.
Se souvenant alors qu'on avait parlé d'une guérison miraculeuse obtenue par Pie X, sa femme écrivit à Mgr Ratti, préfet de la Bibliothèque Vaticane et ami du sénateur, pour qu'il sollicitât une bénédiction spéciale.
Le 21 juillet 1914, Mgr Ratti répondit que le Pape bénissait le malade.
Ce dernier éprouva une telle émotion qu'il voulut recevoir les sacrements. Il se confessa au vicaire général de Pavie, Mgr Dolcini, et communia de ses mains.
Trois heures après, sans le moindre effort et la plus minime douleur, il se débarrassa d'un gros calcul. Il était complètement guéri et vécut encore dix ans : son foie ne ressentit plus jamais aucun trouble.
Un des médecins qui l'avaient soigné, le professeur Forlanini, à l'annonce de l'heureuse nouvelle, écrivit un mois plus tard au sénateur :
Contre ce calcul, nous tous, médecins et chirurgiens, avions dû proclamer notre impuissance. La victoire acquise après un an de maladie (chose vraiment extraordinaire) n'est pas notre victoire. Nous nous en réjouissons avec toi et avec tous ceux qui t'aiment et t'honorent.


DANS LE SECRET DES CŒURS


Parmi les privilèges dont Dieu avait doué Pie X, la conviction s'était répandue qu'il avait celui de lire dans les cœurs.
« II était notoire — a affirmé un de ses Secrétaires particuliers — que le Serviteur de Dieu possédait une sûre intuition. Si des interlocuteurs se présentaient chez lui pour traiter de quelque affaire, il les devançait en abordant tout de suite la question. Ce fait a été communiqué par des personnes qui avaient eu à s'entretenir avec lui durant son épiscopat de Mantoue. »

Un autre Secrétaire particulier ajoutait :
« Beaucoup de visiteurs qui sortaient d'une audience pontificale m'ont rapporté cette impression que Pie X lisait dans leur cœur, si bien que je n'aurais jamais osé lui dire le plus léger mensonge ; j'étais certain qu'il pénétrerait la vérité. »

Voici le témoignage d'un cardinal qui fut son Maître de Chambre :
« J'ai eu souvent l'impression que le Serviteur de Dieu lisait en moi. Aussi, quand je lui parlais, je m'astreignais à une scrupuleuse relation des faits. Maintes âmes d'élite ont partagé mon impression. »

Le Supérieur de la Trappe des Trois-Fontaines de Rome vint le voir pour lui confier une affaire de grande importance et lui demander conseil. À peine s'était-il agenouillé, le Bienheureux lui dit : « Quant à l'affaire qui vous amène ici, j'agirais de telle façon » et Pie X lui donna les conseils les plus précis avant que le Supérieur n'eût commencé à parler a .

Mais les cœurs ne contenaient pas toujours des secrets consolants pour le Pape.
Un distingué Prélat lui présente un jour, avec de chaleureux éloges, un prêtre de son diocèse et lui assure que celui-ci ne compte point parmi les Modernistes.
Pie X regarde fixement le prêtre ; une ombre de tristesse passe sur son visage et il ne prononce pas une syllabe.
L'attitude sévère du Pape, d'ordinaire très expansif, émut fortement le Prélat qui réitéra ses éloges et ses assurances.
Ce fut en vain. Le Prélat connut, plus tard, la raison de cet accueil insolite.

Quand le Serviteur de Dieu, don Louis Orione, devait se rendre à une audience, il faisait deux choses : il mettait en ordre sa personne... et son âme. Il se rasait la barbe, changeait de vêtement et de chaussures, arborait un chapeau quasi neuf ; puis, rayonnant de joie, se confessait à Saint- Pierre.
Un jour, il ne trouve point dans la Basilique de pénitenciers disponibles, parce qu'il s'était présenté en dehors de l'horaire. Il entre dans l'église voisine de Sainte-Marie in Traspontina, aborde un vieux Carme auquel il se confesse, en calculant les minutes qui lui restent avant l'audience. Mais le bon Carme prolonge ses recommandations, et la confession menace de dépasser le temps prévu.
Don Orione ne cesse de compter les minutes, et voyant qu'il n'y a pas d'autre moyen, prie le confesseur de se hâter, de lui accorder promptement l'absolution, parce qu'il a une audience du Pape.
Il sort de l'église, parcourt la rue en vitesse, gravit les escaliers du Vatican et, tout haletant, arrive avec deux minutes d'avance.
Son tour étant venu, il pénètre dans le cabinet de travail de Pie X qui sourit et lui dit à brûle-pourpoint : « Vous pouvez vous passer de vous confesser avant d'aller chez le Pape. Une autre fois, confessez-vous avec un peu plus de calme. »
Personne, absolument personne, ne savait que Don Orione avait été se confesser.


IL LIT DANS L'AVENIR

Outre le don des miracles et de l'intuition des cœurs, Pie X eut le don de prophétie : ce don de prévoir les événements humains qui est le privilège des hommes parvenus aux plus hautes cimes de sainteté.
Le fait est confirmé par plusieurs témoins des Procès Ordinaires et Apostoliques. Il était rempli de cette lumière divine qui découvre aux Serviteurs de Dieu le monde du mystère et leur fait voir ce que les yeux mortels ne voient point.
L'avenir n'eut pas plus de secrets pour Pie X que les cœurs des hommes. Il pressentit clairement les événements lointains.
On en eut déjà la preuve quand il était évêque de Mantoue.
Le sacristain de la cathédrale, Aristide Gregori, avait sa belle-fille gravement malade. Trois médecins annonçaient une fin imminente.
Un matin, Gregori demande à l'évêque de célébrer la messe pour la guérison de sa bru.
Après la messe, Mgr Sarto invite Gregori à prendre le café avec lui et, restituant son aumône, lui dit :
« Achète quelque chose pour ta belle-fille et sois tranquille ; elle ne mourra pas. »
Elle guérit et vécut encore de longues années.

Mgr Sarto se trouvait un jour à Castiglione della Stiviere pour le centenaire de saint Louis de Gonzague. Il s'aperçut que l'économe du collège dont il était l'hôte était très troublé.
« Qu'avez-vous, Louis ? demanda-t-il.
« J'ai un fils de trois ans en danger de mort.
« J'irai le voir », dit l'Évêque.
Le lendemain, il tint sa promesse. Monté dans la chambre du petit moribond, il le regarde, le bénit et rassure ses parents désolés :
« Il ne mourra pas, il ne mourra pas, non ! »
Pierino — ainsi s'appelait le bambin — guérit en effet, et se développa, l'intelligence alerte, exubérant de vie.

À Venise, près de l'église des Miracles — relate son secrétaire particulier, Mgr Bressan — il rencontre une pauvre femme qui portait sa fillette mourante.
« Éminence, bénissez cet enfant qui meurt », gémit-elle.
Le cardinal bénit la fillette et, s'adressant à la mère :
« Sois tranquille, ton enfant ne mourra pas. »
L'événement confirma cette parole du Patriarche des Vénitiens *.

Un Mantouan distingué, en résidence à Rome, était très lié avec le Bienheureux depuis l'époque où celui-ci avait été évêque de Mantoue. Il a fait ce récit :
« Le 29 août 1901, mourait un de mes fils, âgé de dix-huit ans.
« On imagine la douleur de la mère qui, ne pouvant se résigner, était tombée dans le désespoir, à tel point que l'on craignait pour sa raison.
« Le Serviteur de Dieu, alors Patriarche de Venise, m'envoya une lettre de réconfort et, peu après, de passage à Rome, il voulut consoler ma femme et lui dit :
« Courage l Le Seigneur prend parfois pour rendre. Ayez confiance, Gaëtana ! Il vous donnera un autre fils. »
« Le chagrin de ma femme ne s'apaisa pas, car, à la suite d'une opération chirurgicale subie en 1884, les médecins lui avaient signifié qu'il lui serait désormais impossible d'avoir des enfants.
« Or, un jour, après dix-neuf ans, s'annonça une maternité prochaine.
« En février 1903, le cardinal Sarto passe devant mon magasin, me salue et m'interroge :
« Vous ne me dites pas que votre femme va devenir mère ?
« Serait-ce donc vrai ? répondis-je, tant le cas me semblait extraordinaire.
« Vous ne le croyez pas encore? ajouta-t-il en souriant.
« Je lui demandai comment il le savait.
« Qu'il vous suffise de savoir que je le sais. Dites-moi plutôt : votre femme préférerait-elle un garçon ou une fille ?
« Un garçon, pour remplacer celui que nous avons perdu !
« Assurez-lui qu'elle aura un garçon. Et puis, elle et vous, ayez plus de confiance dans le Seigneur.
« Quatre mois plus tard, le 8 juillet 1903, naissait un garçon, qui, à l'âge de sept ans, reçut la première Communion des mains de Pie X. »

Une fillette se trouvait au Vatican pour recevoir de Pie X le sacrement de Confirmation, quand soudain elle éclata en sanglots.
Le Pape lui demanda ce qu'elle avait. La voix mouillée de larmes, elle répondit qu'elle pleurait parce qu'il n'y avait personne qui pensât à elle.
La mère était séparée de son mari qui vivait avec une autre femme.
Pie X la réconforte et lui dit :
« Sois tranquille. Quand tu rentreras à la maison, tu trouveras le papa et la maman. »
Prédiction réalisée : la fillette trouva son père et sa mère, réconciliés, qui attendaient son retour.

« En 1912 — raconte un témoin autorisé de Venise — j'exposai à Pie X, au cours d'une audience, que ma mère, âgée de 75 ans, était depuis longtemps malade et paralysée. Je lui demandai une bénédiction spéciale.
« Dites à votre maman, me répondit-il, que je la bénis volontiers. Le Seigneur lui a infligé une grande croix qu'elle portera longtemps ; mais qu'elle ne se décourage point, cette croix lui fera gagner le paradis.
« La parole du Pape se vérifia de la façon la plus précise. À la surprise des médecins, l'infirmité de ma mère se prolongea encore quatorze ans. Elle la subit avec une patience admirable et une parfaite sérénité. »


LA GUERRE
 
Entre toutes ses prophéties, la plus mémorable est celle qui a trait à la conflagration européenne de 1914, qu'il appelait il guerrone.
Le premier indice remonte à 1906.
Il convoque à Rome Mgr Luçon, évêque de Belley.
Le Prélat français part immédiatement. Dès qu'il l'aperçoit, Pie X lui dit : « Je vous nomme Archevêque de Reims. »
Mgr Luçon met en avant plusieurs motifs pour décliner cette promotion. Pie X lui répond :
« J'ai pensé à vous promouvoir au Siège archiépiscopal de Reims, non pour vous donner un honneur ou une récompense, mais pour vous donner une croix. Un évêque peut-il refuser la croix, s'il contemple le Crucifix ? Vous êtes déjà évêque et vous portez une croix, mais celles qui vous attendent à Reims seront bien plus graves et plus lourdes, et donc plus méritoires. »
Mgr Luçon, très ému, supposa que le Pape faisait allusion à l'événement de l'époque, la séparation de l'Église et de l'État.
Mais, huit ans après, en septembre 1914, lorsque, sous les coups implacables des canons allemands, s'écroulaient les tours gothiques de la cathédrale de Reims, l'archevêque, devenu cardinal, se souvint de la prédiction de 1906 ; prédiction tragiquement confirmée dans ces jours de terreur.

À mesure que les années s'écoulaient, le Pontife revenait sur ce présage avec une précision impressionnante ; c'était chez lui comme une idée fixe.
Il semblait déjà voir la grande guerre européenne ; il la sentait prochaine, traînant la destruction et la mort.
« Je vois une grande guerre ! » disait-il de temps en temps à ses sœurs avec une immense tristesse. Elles cherchaient à le rassurer, lui suggéraient de ne pas se laisser ainsi émouvoir par les événements du monde. « Hélas! s'écriait-il, ce sera un guerrone ! »
« Éminence, les choses vont mal... le Guerrone approche » disait-il fréquemment à son Cardinal Secrétaire d'État, étonné de cette insistance et de cette précision.
« Je ne parle pas de cette guerre-ci », disait-il en 1911, où se déroulait l'expédition militaire italienne en Libye. Et, pendant le conflit balkanique de 1912-1913 : « Tout cela n'est rien en comparaison du Guerrone que l'on verra. » Chaque fois qu'il revenait là-dessus — affirme le cardinal Merry del Val — il semblait voir et toucher de ses mains ce qu'il annonçait. Et si le cardinal lui faisait observer que la guerre n'était pas en vue, ou que, du moins, elle pouvait être différée, peut-être même évitée, le saint vieillard, élevant la main, ajoutait : « Éminence, nous ne passerons pas 1914 ! »

En 1912, un Vénitien lui proposait d'acquérir, pour un Institut religieux, une grande propriété, à Gradisca, dans la région de Goritz, avec de vastes bâtiments.
« Ce n'est pas possible, répondit-il, car ces bâtiments seront tous détruits. »
Trois années plus tard, l'ouragan de la guerre transformait cette propriété en un amas de ruines.

Le 30 mai 1913, Pie X reçut en audience de congé le ministre du Brésil auprès du Saint-Siège.
« Vous êtes heureux, Monsieur le Ministre, lui dit-il, de pouvoir retourner au Brésil. Ainsi ne verrez-vous pas les horreurs de la guerre qui va se déchaîner. »
« Je pensai — a écrit plus tard le diplomate — que Pie X faisait allusion aux Balkans. Mais il continua en me disant :
« Les Balkans sont le début d'une grande conflagration que je ne pourrai éviter et à laquelle je ne pourrai résister. »
Phrase prophétique !
Quatorze mois plus tard, le 28 juillet 1914, des champs de la Bosnie, ensanglantés par un horrible crime, l'ombre de Tamerlan se profilait, avec ses chevaux apocalyptiques, aux portes de l'Europe !


(Extrait de la biographie de J. Dal-Gal)


Reportez-vous à Saint Pie X, ni noble ni Docteur en théologie, Bienfaisantes initiatives de Don Sarto, vicaire à Tombolo, pour mettre fin aux blasphèmes dans son église, Saint Pie X, toujours avec Dieu, Saint Pie X, toujours avec Marie, Saint Pie X, pauvre et riche, Saint Pie X et l'Esprit de pauvreté, Fermeté invincible de Saint Pie X, Extrait de la Lettre au Clergé du Cardinal Sarto, nommé Patriarche de Venise, Neuvaine à Saint Pie X, Litanies de Saint Pie X, Haerent animo, Exhortation apostolique du Pape Pie X, au Clergé catholique, Celui qui est saint ne peut être en dissentiment avec le Pape, Saint Pie X, côté mystique d'une élection papale, E supremi du Pape Pie X, Acerbo nimis du Pape Pie X, Editae saepe Dei du Pape Pie X, Vehementer nos du Pape Pie X, Notre charge apostolique du Pape Pie X, Pascendi du Pape Pie X, Décret Lamentabili du Pape Pie X, Il fermo proposito, du Pape Pie X, sur l'Action catholique ou Action des catholiques, Ex Quo Nono, du Pape Pie X, sur la question du retour des Églises à l'unité catholique, Vi ringrazio du Pape Pie X, Le progrès religieux, et Vehementer nos du Pape Pie X.