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vendredi 4 mars 2022

Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu


Rencontre de Sainte Thérèse d'Avila et de Saint Jean de la Croix

C'est notre Seigneur Jésus-Christ lui-même qui nous enseigne cette vérité. Il déclare hautement et publiquement en saint Jean, que son Royaume n'est pas de ce monde ; et il veut si fortement que les hommes le sachent, qu'il le répète deux fois. Il dit à son Père, que ses Disciples ne sont pas de ce monde, comme il n'en est pas. Et il le faut bien, puisqu'ils ont l'honneur d'être ses membres : car les membres d'un corps ne sont pas où le chef ne se rencontre point. Au contraire il disait aux Juifs : Vous êtes de ce monde, et je ne suis pas de ce monde.
Malheur au monde donc, puisque Jésus-Christ n'en est point. Il est donc sans Jésus-Christ, il demeure donc en lui-même. Et que fera-t-il, que deviendra-t-il dans sa faiblesse, dans sa misère, dans son rien ? Que profite à l'homme, dit notre Maître, de gagner tout le monde, s'il perd son âme ? Posséder tous les Empires, avoir toutes les Couronnes, jouir de tous les honneurs, de tous les plaisirs, de tous les biens de la terre, c'est ce qui ne sert de rien, si avec toutes ces choses on perd malheureusement son âme. Or sa perte est bien assurée sans notre Seigneur Jésus-Christ. Il n'y a point de salut en aucun autre, nous dit le Saint-Esprit dans les Actes des Apôtres ; car il n'y a point sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. Malheur au monde, parce que les Disciples de Jésus-Christ n'en sont point, comme leur divin Maître n'en est pas. Malheur au monde, puisque les Juifs, les Gentils, les Infidèles en sont. Voilà ses disciples, ses sectateurs. Être du monde, c'est être comme les Juifs et comme les païens. Étrange état donc de ces gens, dont l'on dit qu'ils sont du monde, et qu'ils sont même bien du monde, c'est-à-dire, que non seulement ils sont malheureux, mais qu'ils sont plongés dans un extrême malheur. Héla, s'ils le connaissaient, et si les hommes trompés par l'estime qu'ils en font, le savaient ! Mais les paroles de Jésus-Christ font peu d'impression dans la plupart des esprits.
Comme cet adorable Sauveur voit que ses Disciples ne sont pas du monde, il s'adresse à son Père, et il lui fait une grande prière de les en séparer en vérité. Tous les Chrétiens en sont séparés par la sainteté de la grâce de leur Baptême, dans lequel ils y renoncent, et à toutes ses pompes. Mais ils en sont si séparés, que l'Apôtre nous déclare nettement, que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, avons été baptisés dans sa mort ; parce que nous avons été ensevelis avec lui par le Baptême, pour mourir avec lui : afin que comme Jésus-Christ est ressuscité par la gloire et par la puissance de son Père, de même aussi nous marchions dans une nouvelle vie. Étant certain que si nous sommes entés en lui par la ressemblance que nous avons eue à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection ; car nous savons que notre vieil homme a été crucifié avec lui. Si nous sommes donc tous morts par le Baptême avec Jésus-Christ, nous ne devons avoir aucune part avec le monde, de même que les morts n'y en ont plus. Il faut que la grâce du détachement nous en sépare aussi véritablement, que la mort nous en prive généralement. Il faut y être, comme si l'on n'y était pas. Il faut s'y regarder toujours comme mort ; y vivre au milieu de sa contagion, sans en contracter rien de sa corruption. L'Apôtre, qui était l'un des véritables Disciples de notre Seigneur Jésus-Christ, assure ensuite que le monde lui est crucifié, et qu'il est crucifié au monde ; parce qu'étant mort avec Jésus-Christ, tout était mort pour lui en même temps. Il n'avait ni de vie, ni de considération pour aucune des choses pour lesquelles Jésus-Christ ne vit plus ; car il n'est point ressuscité pour vivre dans ce monde, et selon la vie de ce monde, c'est comme parle un pieux Interprète de ces paroles de l'Apôtre ; mais en Dieu et pour Dieu. De la même sorte ce grand Apôtre était mort à l'égard du monde, et il ne pouvait rien trouver en lui, que la privation de la vie qui est selon lui, et que l'opprobre et l'infamie des personnes crucifiées. Il était à l'égard du monde, comme les personnes qui meurent sur un gibet ; aussi il déclare qu'il en était traité, comme les ordures de toute la terre.
Le véritable caractère de tous ceux qui sont à notre Seigneur Jésus-Christ, est d'être morts au monde, et par suite de n'en être plus : c'est ce qui les distingue d'avec les Juifs et tous les infidèles, dont le caractère au contraire est d'être du monde. Cependant grand nombre de Chrétiens ne laissent pas d'être du monde. C'est pourquoi le Fils de Dieu priant pour ses Disciples, il demande à son Père qu'il les en sépare en vérité, et non seulement par des apparences extérieures. C'est à quoi les personnes du Cloître doivent prendre garde particulièrement ; puisqu'ils ne sont pas du monde, dit notre Maître à son Père, comme je n'en suis pas : séparez-les du monde en vérité. Votre parole est la vérité ; c'est-à-dire, cette doctrine est votre vérité, dans laquelle ils doivent être sanctifiés, non selon le monde, mais selon vous ; non selon les sens, mais selon leur régénération par le Baptême.
Ensuite il dit : Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'ils soient aussi sanctifiés dans la vérité. C'est donc pour nous que cet aimable Sauveur s'est sanctifié, ou séparé dus son entrée au monde. Il s'en est séparé par sa naissance pauvre dans une étable ; dans toute la vie, vivant dans la pauvreté, le mépris et la douleur, caché dans la boutique d'un Charpentier ; dans sa vie convertissante, par les contradictions, humiliations qu'il a souffertes ; à sa mort, expirant ignominieusement sur une croix. Voilà ce qu'il a fait en notre nom, afin qu'au moins le détachement de toutes les choses de la terre fût dans nous dans la vérité. Car ce n'a pas été seulement pour ses Apôtres qu'il a prié de la manière ; car il dit encore à son Père : Ce n'est pas seulement pour eux que je vous prie, mais c'est aussi pour ceux qui croiront en moi par leurs paroles. Voyez, mon cher Lecteur, si vous en êtes vraiment du nombre, si la prière du Fils de Dieu est accomplie en vous. Êtes-vous séparé du monde en vérité ? n'y tenez-vous plus ? y êtes-vous mort ?
Y avez-vous la grâce d'y souffrir beaucoup de traverses et de contradictions ? Le feu Père Condren, l'un des plus illustres morts au monde de notre siècle, dont Dieu seul était son ciel, sa terre, tous ses honneurs, tous ses plaisirs, et tous ses biens ; qui n'a vécu que de l'esprit du sacrifice de tout l'être créé à la grandeur de Dieu, disait qu'il y avait grand sujet de craindre pour ceux qui possèdent leur repos en ce monde, et grand sujet d'espérer pour ceux dont les affaires sont toujours traversées. Le serviteur n'est pas plus grand que le maître, nous enseigne le Sauveur de tous les hommes. Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï le premier. Si vous eussiez été du monde, le monde eût aimé ce qui était à lui ; mais le monde vous hait, parce que vous n'êtes pas du monde. Grand sujet donc de joie d'en être haï, et délaissé, et méprisé ; et c'est ce qui arrive ordinairement à ceux qui sont particulièrement à notre Seigneur : ni leurs paroles, ni leurs conversations, ni leur manière de vie ne plaisent pas au monde, qui se retire d'eux, qui ne les fréquente pas. Il faut être du monde pour lui plaire, y éclater, y faire bruit, avoir équipage, du train. Ceux-là ne manquent pas de visites, d'honneurs, de respects. Ils sont même recherchés par ceux qui par état sont séparés du monde, et dont l'esprit n'en étant pas entièrement détaché, ne considèrent pas beaucoup ceux qui ne font pas grande figure. C'est assez à un Ecclésiastique de n'avoir pas de biens, de vivre ne pauvreté, de n'avoir pas de train, pour n'être pas considéré dans les compagnies, pour ne recevoir pas de visites, pour être au rebut, et de ceux mêmes qui d'autre part font profession de pauvreté. Mais bienheureux ceux qui n'ont point de part en un monde dont le Fils de Dieu n'est pas, dont tous ses véritables Disciples n'en sont pas.
Malheureux ceux qui sont du monde, puisqu'il déclare que son Royaume n'en est pas. Il ne faut qu'avoir des yeux et les ouvrir pour découvrir pleinement cette vérité. Les Rois de la terre y sont obéis, y sont respectés, ils y ont leurs Officiers, et il y en a que l'on appelle pour ce sujet les Gens du Roi, ils font exécuter ponctuellement leurs ordres ; et si quelqu'un était assez misérable pour parler contre l'obéissance et le respect qui leur son dûs, à plus forte raison si l'on se révoltait contre eux, aussitôt on se saisirait de ces personnes, et on le doit faire, on les punirait. Dieu cependant est blasphémé par quelques-uns, il est offensé de tous côtés, les crimes deviennent publics, les scandales éclatent ; on attaque Dieu jusque dans sa propre maison, dans ses Églises par les irrévérences qui s'y commettent, tout demeure impuni. L'un des premiers Princes du Royaume, qui s'était donné à Dieu spécialement dans les dernières années de sa vie, voyant quantité de personnes qui lui faisaient la cour, dit à ceux qui étaient proches de lui : Si j'offensais Dieu, par une de ces personnes n'en dirait mot ; si l'on me faisait la moindre insulte, toutes seraient dans l'émotion, mes Officiers mettraient l'épée à la main pour ma défense, on arrêterait aussitôt la personne qui m'aurait voulu insulter.
Ce Prince disait une vérité, qui n'a pas seulement lieu à l'égard des personnes de sa haute qualité, dont la crainte pourrait empêcher ceux qui ne sont pas encore morts au siècle, de prendre la liberté de les faire souvenir de leurs offenses contre Dieu. Mais ce qui est incompréhensible, on garde même le silence à l'égard des personnes les plus viles de la terre. Que l'on entende blasphémer un homme de rien dans les rues, on ne dit mot ; que l'on entende proférer des paroles déshonnêtes, on se tait. Dans les Églises où l'on a assez d'insolence pour y traiter avec peu de respect la Majesté infinie d'un Dieu, on n'a pas assez de hardiesse pour s'y opposer : dans les compagnies on y rougit pour l'Évangile, on n'oserait en soutenir les maximes.
Il y a encore plus : les Rois de la terre envoyant des ordres, donnant des déclarations pour empêcher les crimes publics, les scandales, les blasphèmes, les irrévérences dans les Églises, enjoignant à leurs Officiers d'y tenir la main, les menaçant même de peines ; tous ces ordres demeurent sans exécution, on les néglige. Si l'on y veille un peu de temps, comme on a fait il y a peu, au sujet des irrévérences dans les Églises, ensuite des ordres du Roi, et sur les plaintes que les nouveaux convertis faisaient, qui s'étonnaient du peu de respect que l'on avait pour la présence du Corps d'un Dieu dans nos Temples, dont on leur faisait un article de Foi ; et qui disaient que l'on était beaucoup plus modeste dans ceux qu'ils quittaient, où l'on ne croyait pas cette présence. Si l'on a veillé quelque temps pour faire observer les ordres de notre grand Monarque sur ce sujet, ils ont été bientôt négligés.
Disons encore que le Royaume de notre Seigneur Jésus-Christ, bien loin d'avoir quelque lieu dans le monde, y trouve des oppositions de toutes parts. Il suffit souvent d'y proposer quelque dessein pour sa gloire, pour y rencontrer des contradictions. Les plus grandes œuvres pour son honneur sont celles qui sont les plus combattues. Les personnes qui travaillent le plus pour l'établissement de ses divins intérêts, sont celles que l'on persécute. Chose étonnante parmi des Chrétiens ! que le relâchement s'introduise, soit dans le Clergé, soit parmi les Religieux, on ne fait pas grand bruit, on le tolère ; et c'est ce qui est cause de tous les désordres qui en arrivent. Que l'on travaille pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique, ou l'observance régulière, on y aura des difficultés inexplicables. Sainte Thérèse dans ces derniers siècles, et ce Séraphin terrestre le bienheureux Jean de la Croix s'appliquèrent avec un zèle divin pour rétablir le premier esprit du Carmel : quand ils auraient conspiré contre l'État, et qu'ils auraient pris des desseins de perdre les villes et les Provinces, on n'en aurait pas été plus ému. Quelles persécutions n'ont-ils pas souffertes, les prisons, les calomnies, et toutes sortes d'opprobres !

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.












dimanche 27 juin 2021

Quel est le merveilleux changement qu'opéra dans saint Pierre la descente du Saint-Esprit ?



C'est que de faible, lâche et timide qu'il était, le Saint-Esprit le rendit fort, courageux et intrépide. La voix d'une servante avait suffi naguère pour renverser son courage ; maintenant, il annonce publiquement la divinité de Jésus-Christ, sans rien craindre de la fureur des Juifs.
La mort de Jésus-Christ avait dispersé les Apôtres, et dès lors, cachés dans Jérusalem et tremblants de s'exposer à la fureur des Juifs, pas un n'avait osé élever la voix pour rendre témoignage à l'innocence de son maître, et à la vérité de sa doctrine. Mais dès que l'Esprit saint est descendu sur eux, Pierre à leur tête, ils ne connaissent plus ces timides ménagements ; ils s'avancent avec une sainte fierté au milieu de Jérusalem ; ils annoncent devant les prêtres et les docteurs ce Jésus dont ils n'osaient auparavant se déclarer les disciples ; ils entrent dans les synagogues, ils paraissent devant les tribunaux, et là, méprisant touts les menaces et bravant tous les supplices, ils protestent à la face du ciel et de la terre, par la bouche de Pierre, que ce Jésus crucifié est le roi de gloire ; que ce Juste livré à la mort est le souverain auteur de la vie ; qu'il l'a bien fait voir en se ressuscitant lui-même ; qu'ils en sont les témoins oculaires et irréprochables, et qu'ils ne peuvent plus résister à la force de l'Esprit saint, qui s'est rendu maître de leur cœur. Et comme si la Judée n'avait pas offert assez de périls et assez de persécutions à leur courage, ils se répandent dans tout l'univers, et la férocité des peuples les plus barbares, et l'horreur des tourments, et la cruauté des tyrans, et l'attente de la mort la plus affreuse, et le monde entier soulevé contre eux, ne font qu'augmenter leur fermeté, et rien ne pourra jamais abattre leur inébranlable courage.

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à Méditation pour la Fête de Saint Pierre, Saint Pierre, Chef et Pasteur de l'Église de Jésus-Christ, Saint Paul Serviteur et Apôtre de Jésus-Christ, Prière à Saint Pierre, Prière à Saint Pierre, pour obtenir de vivre et de mourir dans l'unité de la Sainte Église Romaine, ou pour demander une grâce quelconque, Litanies de Saint Pierre, ApôtreCommerce : Image de la vie spirituellePrière à Saint Paul, et Le renoncement à soi-même : Le double exemple de l’apôtre Judas et de l’apôtre Simon-Pierre.













samedi 26 juin 2021

Saint Paul, Serviteur et Apôtre de Jésus-Christ


Quel est de tous les titres le plus glorieux pour saint Paul ?

C'est le titre de serviteur et d'apôtre de Jésus-Christ, et c'est celui qu'il se donne effectivement à lui-même dans ses Épîtres : Paulus servus Jesu Christi, vocatus apostolus. C'est là, en effet, tout son éloge ; ce fut l'apôtre par excellence, et, en cette qualité, il a été le maître du monde, l'oracle de l'Église universelle, l'un des fondateurs, ou, pour mieux dire, l'un des fondements de notre religion ; un homme de miracles, et dont la personne fut le plus grand de tous les miracles ; un autre Moïse par les visions et les révélations divines, un second Élie par les transports et les ravissements ; un ange de la terre qui n'eut de conversations que dans le ciel ; un disciple et un serviteur, non plus de Jésus-Christ mortel, mais de Jésus-Christ glorieux ; un vaisseau d'élection rempli, comme dit saint Chrysostome, de toutes les richesses de la grâce ; le dépositaire de l'Évangile, l'ambassadeur de Dieu. Que de gloire et de grandeur dans ce seul titre : Paul, serviteur et apôtre de Jésus-Christ ; Paulus servus Jesu Christi, vocatus apostolus !

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à Quels sont les travaux qu'entreprit saint Paul pour la propagation du christianisme ?, Prière à Saint Paul, Saint Pierre, Chef et Pasteur de l'Église de Jésus-Christ, et Litanies de Saint Paul Apôtre.











dimanche 23 mai 2021

La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?



C'est la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres. Après avoir reçu la dernière bénédiction du divin Maître sur la montagne des Oliviers, les Apôtres, profondément affligés de ne le plus voir au milieu d'eux, mais dociles à ses ordres, en se confiant à la promesse qu'il leur avait faite de ne point les laisser orphelins sur la terre, se retirèrent au cénacle, et là, recueillis dans le silence et la prière, ils se préparèrent à recevoir l'Esprit consolateur que Jésus-Christ leur avait promis. Vers le matin du dixième jour, anniversaire du jour à jamais mémorable ou l'ancienne loi avait été donnée aux Juifs sur le mont Sinaï, au milieu des foudres et des éclairs un grand bruit se fit entendre, non pareil au bruit du tonnerre et au son aigu des trompettes qui retentit autrefois sur le Sinaï, mais semblable à un vent impétueux, qui, sans être menaçant ni terrible, remplit toute la maison où ils étaient réunis, et sembla appeler tout Jérusalem au beau spectacle que Dieu allait lui donner. Tout à coup un feu céleste apparaît, beau, pur, et sans éclat effrayant. Bientôt ce beau feu se divise ; et tandis que ses flammes innocentes vont se reposer sur la tête des Apôtres en forme de langues, le Saint-Esprit pénètre leur cœur, et y imprime fortement, quoique avec une douceur divine, la loi pacifique de la nouvelle alliance, et la parole céleste qui en doit bientôt sortir pour éclairer et convertir l'univers. Aussitôt la prédication de l'Évangile commence, la nouvelle parole se multiplie d'une manière admirable. Sur le Sinaï Dieu n'avait parlé qu'une seule langue et à un seul peuple ; mais ici tout est changé, tous les peuples sont maintenant appelés à l'héritage céleste, et la prédication évangélique retentit dans toutes les langues, quoique en un seul discours, aux oreilles du Juif, du Parthe, du Mède, du Grec, du Romain, et de toutes les nations qui habitent sous le ciel.

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.














jeudi 12 mars 2020

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XLIX : De la vie des Apôtres



PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON XLIX


De la vie des Apôtres



Crucifiement de Saint Pierre (Caravage)

   
Les Apôtres souffrirent des peines incroyables dans la prédication de l'Évangile. Ils étaient toujours en voyage et vivaient pauvrement, ou du travail de leurs mains, ou des aumônes des fidèles. Ils souffraient de grandes fatigues, la faim, la soif, les veilles, le froid, le chaud, les tempêtes, les rencontres des voleurs, et les autres incommodités des voyages, sans compter les jeûnes et les mortifications volontaires qu'ils s'imposaient souvent pour réduire leur corps en servitude, et montrer l'exemple aux fidèles. Ils étaient méprisés des Gentils comme Juifs, et haïs des Juifs comme annonçant une nouvelle doctrine. Ceux qui se convertissaient leur donnaient beaucoup d'occupation pour instruire, catéchiser, exhorter en public et en particulier, baptiser et donner les autres Sacrements, établir des Prêtres et des Diacres, et donner des règlements aux nouvelles Églises. Ils repassaient aux lieux où ils avaient fait des chrétiens, ou leur envoyaient des disciples, et leur écrivaient des lettres pour les confirmer dans la foi, et corriger les abus qui se glissaient. Ceux qui rejetaient leur doctrine, et c'était toujours le plus grand nombre, les chargeaient de calomnies. Ils traitaient leurs miracles d'enchantements, et les appelaient imposteurs et séditieux, qui troublaient l'état en reversant les religions établies, et amenant des nouveautés et des coutumes étrangères. On les menait devant les juges, on les mettait en prison et dans les fers, on les fouettait publiquement ; quelquefois le peuple les poursuivait à coups de pierres. Enfin il leur arriva tout ce que Jésus-Christ leur avait prédit, et ils se trouvèrent haïs de tout le monde à cause de son nom ; mais ils sentirent aussi le courage et la fermeté qu'il leur avait promise et qu'il leur avait donnée, lorsqu'ils reçurent le Saint-Esprit. Loin de succomber à tant de maux, plus ils souffraient, plus ils sentaient de consolation et de joie, sachant bien qu'après le combat la couronne de justice les attendait dans le Ciel, ne comptant pour rien les souffrances de cette vie en comparaison de la future. Enfin, ils souffrirent tous le martyre par divers supplices, et donnèrent constamment leur vie pour le témoignage des vérités qu'ils prêchaient, particulièrement de la résurrection de Jésus-Christ. Saint Pierre fut crucifié, saint Paul eut la tête tranchée, tous les eux à Rome en même jour, sous l'Empereur Néron, le plus méchant de tous les hommes, et le premier des Empereurs qui persécuta les chrétiens.


Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XL : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Leçon XLII : De la descente du Saint-Esprit, Leçon XLIII : De l’Église de Jérusalem, Leçon XLIV : De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains, Leçon XLV : De la Conversion des Gentils, Leçon XLVI : De la Fondation et de la Subordination des Églises, Leçon XLVII : De la Tradition, de l'Écriture et des Conciles, Leçon XLVIII : De la ruine de JérusalemLeçon L : Des PersécutionsDu dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.














jeudi 31 octobre 2019

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XLVI : De la Fondation et de la Subordination des Églises



PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON XLVI


De la Fondation et de la Subordination des Églises







Avant que de se séparer, les Apôtres composèrent le symbole, c'est-à-dire, le signe auquel on connaîtrait les fidèles pour les distinguer des Juifs et des imposteurs qui commencèrent dès lors à corrompre la doctrine de Jésus-Christ. Ce symbole contient le sommaire de toute la doctrine chrétienne en cette sorte. Je crois en Dieu le Père tout-puissant, Créateur du Ciel et de la terre ; et en Jésus-Christ son Fils unique, notre Seigneur. Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie ; a souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort, et a été enseveli : Il est descendu aux enfers ; le troisième jour il est ressuscité des morts. Il est monté au Ciel, il est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant. De là il viendra juger les vivants et les morts. Je croix au Saint-Esprit, la sainte Église catholique, la communion des Saints, la rémission des péchés, la résurrection de la chair, la vie éternelle. Ainsi soit-il. La plupart des Apôtres prêchèrent dans des pays fort éloignés de nous, au levant et au midi. Saint Jacques, fils d'Alphée, demeura à Jérusalem, dont il fut l'Évêque et le Pasteur particulier. Saint Jean prêcha dans l'Asie mineure, principalement à Éphèse, où il demeura et vécut jusqu'à une extrême vieillesse. Saint Paul prêcha en Syrie, en Asie, en Macédoine et en Grèce. Saint Luc, qui l'accompagnait, a décrit ses voyages dans le livre des actes jusqu'à son arrivée à Rome ; mais ce fut Saint Pierre qui fonda les principales Églises. Il demeura d'abord à Jérusalem, où l'Église se formait sur le fondement de la synagogue des Israélites ; puis il établit son siège à Antioche, qui était la capitale de la Syrie et de tout l'Orient, et ce fut en cette ville que l'on commença à nommer chrétiens les disciples de Jésus-Christ. Saint Pierre alla ensuite à Rome, et établit son siège pour y demeurer. Il envoya son disciple Marc fonder l'Église d'Alexandrie, qui était la capitale de l'Égypte et des pays voisins, et la seconde ville du monde ; ainsi Saint Pierre fonda les Églises des trois premières villes de l'Empire Romain, Rome, Alexandrie et Antioche. De Rome il envoya ensuite ses disciples fonder des Églises dans toute l'Italie et la Sicile ; et les Papes, ses successeurs, continuèrent d'y envoyer des hommes apostoliques. Ils en envoyèrent aussi en Afrique, en Espagne et en Gaule, qui est la France, jusqu'à ce que l'Évangile fût prêché partout. Les Apôtres, en fondant les Églises, établirent dans les villes des Évêques, des Prêtres et des Diacres. L'on a nommé Évêque, c'est-à-dire, Inspecteur ou Intendant, celui qui est établi, suivant l'institution de Jésus-Christ, pour être le Chef d'une Église particulière, et y avoir toute la puissance spirituelle. On a nommé simplement Prêtres, c'est-à-dire, Anciens, ceux qui par la même institution sont établis pour soulager les Évêques dans leurs fonctions les plus saintes ; et Diacres, c'est-à-dire, Ministres, ceux qui doivent servir aux œuvres extérieures. On a donné le nom général de Clercs à tous les Ministres de l'Église, pour marquer qu'ils étaient la portion choisie de Dieu, et que Dieu était leur part et leur héritage, comme il était dit des Lévites de l'ancienne loi. Tout les Laïques, c'est-à-dire, le peuple fidèle, obéissaient aux Prêtres et aux Diacres ; les Prêtres et les Diacres obéissaient à leur Évêque, et les Évêques obéissaient aux Apôtres. Et comme Saint Pierre était le chef de tous les Apôtres établis par Jésus-Christ même, son successeur l'Évêque de Rome, que nous appelons aujourd'hui le Pape, a toujours été regardé comme le premier de tous les Évêques, ayant de droit divin sur les autres, une primauté de juridiction, et étant le chef visible de l'Église, et le Vicaire de Jésus-Christ, qui en est le chef principal mais invisible.



Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XL : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Leçon XLII : De la descente du Saint-Esprit, Leçon XLIII : De l’Église de Jérusalem, Leçon XLIV : De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains, Leçon XLV : De la Conversion des Gentils, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.


Reportez-vous également à Prière à Saint Pierre, pour obtenir de vivre et de mourir dans l'unité de la Sainte Église Romaine, ou pour demander une grâce quelconque, et Celui qui est saint ne peut être en dissentiment avec le Pape.














dimanche 30 avril 2017

Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l'Église



Extrait de "Les trois roses des élus" de Mgr de Ségur (Tome 11 des Œuvres complètes) :




Malgré le respectueux silence dont l'Esprit-Saint a voulu que les Évangélistes et les Apôtres entourassent la sainteté de MARIE, une parole véritablement royale a été déposée, pour la gloire de la Mère de DIEU, dans la Sainte Écriture au début même de l'histoire de l'Église. Dès la première page des Actes des Apôtres, il est dit, que les Apôtres et les disciples, descendant de la montagne des Oliviers et rentrant à Jérusalem, après l'Ascension, se réunirent dans le Cénacle, sur le mont Sion, pour se préparer à recevoir le Saint-Esprit et à inaugurer la mission divine de l'Église catholique. Or, ajoute l'auteur inspiré, « n'ayant tous qu'un cœur et qu'une unie, ils persévéraient dans la prière, avec les saintes femmes, et MARIE, la Mère de JÉSUS. » Ces saintes femmes étaient celles qui avaient accompagné la Sainte-Vierge au Calvaire.
MARIE nous est ici montrée comme le CŒUR, comme la Mère de l'Église naissante. Elle est à côté de saint Pierre, le premier Pape, au milieu des Apôtres et des disciples, les premiers Évêques et les premiers prêtres de la sainte Église, au moment où ils reçoivent l'Esprit-Saint, le jour de la Pentecôte. Il semble que ce divin Esprit veuille d'abord reposer sur elle avant de se donner à Pierre et aux Apôtres, comme jadis il avait reposé eu elle et l'avait « couverte de son ombre » au jour de l'Annonciation, lorsqu'elle était devenue la Mère du Verbe incarné, du divin Chef de cette même Église, du Prêtre éternel de DIEU.
Jusqu'à sa bienheureuse mort, qui eut lieu à Jérusalem, quatorze ans environ après la Pentecôte, la Mère de DIEU fut l'objet de la vénération et du religieux amour des premiers disciples de Notre-Seigneur. Les plus antiques traditions de l'Église nous l'attestent. Et comment en aurait-il pu être autrement, la foi catholique ayant enseigné aux premiers fidèles, comme elle nous l'enseigne à nous-mêmes, que MARIE est la Mère de DIEU, et que, avant de quitter ce monde, Notre-Seigneur l'a donnée pour Mère à tous les chrétiens ?
Cette vénération, ce culte d'amour et de respect a été tenu religieusement sous la loi du secret, comme la plupart des dogmes intimes du christianisme, pendant toute la période des persécutions, pour une raison de haute sagesse, bien facile à comprendre : dans des temps où le dogme de l'unité de DIEU dominait toute la lutte de l'Église contre le paganisme, il fallait, avant tout, ne point exposer les nouveaux chrétiens à une alternative que beaucoup d'entre eux n’auraient peut-être pu affronter impunément ; à savoir, de ne point rendre à la Très-Sainte Mère de DIEU le culte de haute et très haute vénération qui lui était dû ; ou bien, de dépasser la mesure, et de l'adorer comme une nouvelle déesse.
Ce qui est certain, c'est que le culte de la Sainte-Vierge, comme celui des saints martyrs, comme celui de l'Eucharistie, a été, dès l'origine, réservé aux seuls initiés ; les catéchumènes n'en connaissaient que le strict nécessaire, et, après le Baptême seulement, l'Église soulevait peu à peu, et toujours avec un respect religieux, le voile qui avait dû jusque-là dérober à leurs yeux des lumières dont ils n'auraient pu supporter l'éclat.
Néanmoins, la piété des fidèles ne pouvait s'empêcher d'exprimer ça et là, du moins par des figures, par des symboles dont les profanes ne pouvaient saisir le sens, des pensées chères à leurs cœurs. C'est ainsi qu'on a retrouvé, non seulement dans les immenses catacombes de Rome, mais encore en Orient et dans les Gaules, de nombreux débris d'un symbolisme chrétien qui date certainement des trois et quatre premiers siècles de l'Église, et qui nous attestent, entre autres, le culte de vénération et d'honneur dont l'antiquité chrétienne entourait le souvenir sacré de la Mère de Dieu.
Depuis trente ou quarante ans, l'archéologie romaine a fait à cet égard les découvertes les plus précieuses ; et les protestants sincères et instruits ont reconnu, avec une loyauté qui les honore grandement, que les peintures, les symboles et les inscriptions des catacombes attestent jusqu'à l'évidence, non seulement le culte rendu par nos pères à la Très-Sainte-Vierge dès l'origine du christianisme, mais encore la plupart des dogmes et des pratiques religieuses qui sont jusqu'à nos jours l'honneur et la vie de l'Église : la Papauté, par exemple, la suprématie de saint Pierre, et la hiérarchie ecclésiastique, la Présence réelle, le sacrifice et le sacrement de l'Eucharistie, la confession auriculaire, le culte des reliques et des images, etc.
Jadis j'ai vu moi-même, et j'ai pu les copier, plusieurs images fort bien conservées de la Sainte-Vierge, soit tenant l'Enfant-Jésus sur ses genoux, soit seule et dans l'attitude de la prière. L'une de ces dernières portait cette inscription, qui atteste l'antique tradition de l'éducation de la jeune vierge Marie au temple jusqu'à son mariage avec saint Joseph : Maria Ministra Templi Hyerusalem.
La plus remarquable de ces anciennes peintures remonte, d'une manière absolument certaine, au premier siècle, quelques années à peine après le martyre de saint Pierre et de saint Paul. Tout près de la chapelle souterraine où reposaient les corps des saints martyrs Nérée et Achillée, capitaines des gardes de sainte Domitilla, propre nièce des empereurs Titus et Domitien, on voit une belle peinture murale, qui ornait la tombe de quelque grand personnage sans doute, et qui représente, d'un côté la Sainte-Vierge, assise sur un siège d'honneur, habillée de blanc, avec un grand voile sur la tète, et portant sur ses genoux l'Enfant-Jésus, qui bénit les trois rois Mages, agenouilles à gauche, et lui offrant leurs présents. L'Enfant-Jésus est coiffé à la Titus. Guidés par les inscriptions des corridors voisins de cette catacombe, et par d'autres indices que la science a reconnus tout à fait péremptoires, les archéologues assignent à cette sainte image de MARIE, sans contredit l'une des plus anciennes des catacombes, la date des deux ou trois premières années du règne de Donatien, successeur immédiat de Titus. Flavia Domitilla avait été convertie à la foi par Nérée et Achillée, et baptisée avec eux par l'Apôtre saint Pierre en personne ; et le cruel Domitien Tayaut appris, les punit de mort. Domitilla fit recueillir leurs restes sacrés, et les déposa dans une de ses propriétés qu'elle donna à l'Église pour en faire une catacombe chrétienne.
Au sortir des persécutions, le culte île la Sainte-Vierge prit aussitôt dans toute l'Église un développement bien naturel ; quantité de basiliques et d'oratoires furent dédiés en son honneur, tant en Occident qu'en Orient. La plus célèbre de ces basiliques remonte au Bienheureux Pape Libère, en l'année 360, et fut appelée Sainte-Marie-Majeure, pour la distinguer des églises qui existaient déjà sous le vocable de la Bienheureuse Vierge.
Donc, rien de plus contraire à l'histoire et à la vérité que l'assertion de ceux qui ont osé dire que le culte de la Sainte-Vierge ne remontait qu'au cinquième siècle, ou tout au plus au quatrième.




Reportez-vous à Fidentem piumque, du Pape Léon XIII, pour le mois du Rosaire, Catéchisme de l’Esclavage d'amour de Jésus en Marie, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Si un chrétien peut trop aimer et trop honorer la Sainte Vierge, Comment un véritable enfant de Dieu peut et doit honorer la Sainte Vierge, De quels religieux respects nous devons entourer le Saint-Sacrement, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, Petit chapelet des sept douleurs de Marie, Pratiques de dévotion envers Marie : L'Ave Maria, Les sept fausses dévotion à la Sainte Vierge Marie, Figure biblique de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge Marie : Rébecca et Jacob, Votre mémoire est une boîte à tentations dans laquelle le démon pioche, Discours sur la Visitation de Marie, Discours sur la Purification de Marie, Discours sur l'Assomption de Marie, Discours sur les douleurs de Marie, Jésus glorifié veut glorifier sa Mère, De l'humilité de Marie, Et le Dragon persécuta la femme qui enfanta le fils, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Par quelles armes battre le Tentateur ?, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Litanies de Notre-Dame de Fatima, Histoire de Notre-Dame de Genazzano, Litanies des Saints Pères et Saints Docteurs de l’Église, Le Chapelet ou "Petite couronne", Litanie de la Sainte Vierge Marie, Ineffabilis Deus sur le Dogme de l'Immaculée Conception, Litanie du Cœur immaculé de Marie, Litanie de Notre-Dame du Perpétuel Secours, Histoire religieuse des deux cités, Découvertes sur le Tilma de la Vierge de Guadalupe, et Dévotion au Très Saint Rosaire.














samedi 11 février 2017

Jésus glorifié veut glorifier sa Mère



Extrait des exercices préparatoires à la consécration à la Sainte Vierge Marie par le Père Dayet :


Combien d’années, après son départ et la descente de l’Esprit-Saint, Jésus laissa-t-il Marie sur la terre ? Aucun texte sacré ne nous le fait connaître. Le nom de la Vierge disparaît des Écritures. Retirée auprès de l’apôtre Jean, cette dernière phase de sa vie fut la phase à dominance contemplative, comme le laisse entendre le silence même des pages inspirées. La vigilance du disciple bien-aimé la délivrait de tout souci temporel. Sa messe lui apportait le réconfort du Pain eucharistique et remettait chaque fois sous ses yeux le souvenir de la divine institution, intimement liée à l’immolation sanglante du Calvaire. Qui, plus que Marie, pouvait pénétrer ce mystère de douleur et d’amour ? Qui pouvait plus profondément découvrir l’identité absolue du sacrifice de l’autel avec celui de la croix ? Elle revivait alors les heures du Vendredi Saint, mais c’était dans une action de grâce d’extase ; car son Fils n’avait plus à souffrir et les trésors de sa Rédemption se déversaient sur le monde. Elle-même augmentait de plus en plus ses mérites par ce sacrement de l’Eucharistie, le seul qui convenait à son âme encore voyageuse ici-bas. Quelle merveille de grâce ! Recevoir le Verbe fait pain, Elle, la Mère du Verbe fait chair ! Recevoir sacramentellement Celui qu’elle a conçu spirituellement et corporellement !

Sans doute aimait-elle aussi se remémorer au long des jours les années d’intimité de Nazareth, ce long temps que Jésus lui avait consacré avant de se donner aux autres. Tous ces souvenirs demeuraient vivants dans son cœur ; mais le fait de sa présence à Jérusalem ramenait irrésistiblement ses pensées aux Mystères de la Résurrection, de l’Ascension et de la Pentecôte, qui célébraient le triomphe de son Fils et soutenaient en ce moment la marche de l’Église.

Marie, d’ailleurs, ne pouvait qu’être maternellement attentive à cette chrétienté de la capitale, déjà aux prises avec les autorités juives et si heureuse de son assistance. Par Jean, elle connaissait et suivait l’avance de la prédication apostolique en Judée, en Samarie, et au-delà. Combien elle dut admirer et louer la force d’âme du saint diacre Étienne, le premier martyr ! Avec quelle ferveur elle implorait la conversion de Saul de Tarse, le plus acharné des persécuteurs ! Elle remerciait le Seigneur de savoir les apôtres dans la jubilation, après avoir été emprisonnés et battus de verges pour l’amour de leur Maître. Plus tard, quand s’étendra la persécution, elle sera là pour consoler et soutenir les amis de son Fils. Après la fondation de l’Église d’Antioche, elle livrera aux Évangélistes, à Luc en particulier, le fidèle compagnon de Paul, les plus intimes secrets de son cœur, le récit de l’Annonciation, son cantique du Magnificat, et tant de détails qu’elle était seule à connaître.

Tout cela n’arrêtait pas sa contemplation, mais la surélevait bien plutôt, et l’étendait sur toutes les âmes qui viendront boire, dans la suite des temps, à la source évangélique. Jésus, cependant, ne pouvait tarder davantage à l’appeler à lui. Nous aimons, selon la Tradition la plus ancienne, la voir partir de ce monde en cette ville de Jérusalem, à jamais sanctifiée par la mort et la Résurrection de son Fils. Les apôtres, pour la plupart, s’étaient dispersés à travers les nations ; saint Jean, son prêtre et son confident, demeurait fidèlement auprès d’elle, en la maison de Gethsémani, sans doute avec quelques parents et chrétiens dévoués. C’est lui qui aurait pu nous décrire ces journées d’attente paisible qui précédèrent sa dormition ; ou bien nous dire en termes clairs qu’il l’avait vue, ainsi que d’autres personnes présentes, s’en aller corporellement, vivante, immortelle, et non ressuscitée. Il a préféré le silence, se contentant en son Apocalypse de soulever un coin du voile comme nous allons le voir, en laissant à l’Église le soin de définir en son temps ce mystérieux départ. Il a fallu des siècles.

Notre génération a été l’heureuse bénéficiaire de la Définition dogmatique, faite par S.S. Pie XII, le matin du 1er novembre 1950, sur la place Saint-Pierre de Rome. Elle a pu entendre directement, ou par les ondes, ces solennelles et infaillibles paroles : « ... Nous prononçons, Nous déclarons et Nous définissons comme un dogme divinement révélé que Marie, Mère Immaculée de Dieu et Vierge perpétuelle, au terme de sa vie terrestre, a été élevée avec son corps et son âme dans la gloire du Ciel ».

C’est bien à dessein que, dans cette Définition, aucune mention n’est faite de la mort ni de la résurrection de la Très Sainte Vierge. De même, dans la nouvelle messe de l’Assomption, le Souverain Pontife a fait supprimer l’allusion à la mort de Marie que nous lisions à la Secrète. Et l’Introït de cette messe n’est plus le Gaudeamus omnes in domino, commun à plusieurs autres messes du Missel, mais le Signum magnum apparuit in coelo du XIIe chapitre de l’Apocalypse, qui nous met de suite en présence de la grandiose vision de saint Jean, exilé à Pathmos (cette vision de la « femme » dans l’Apocalypse semble au P. Jugie, A. A., la grande preuve scripturaire du Dogme défini. Voir son article dans l’Année théologique, 1951, pp. 97-116). L’apôtre revoit et contemple, dans la Jérusalem céleste, Marie en corps et en âme, parée de tout ce qu’il y a de lumineux dans notre firmament.

Le soleil l’enveloppe comme d’un manteau ; la lune est placée sous ses pieds ; douze étoiles forment couronne autour de la tête. Ce SIGNE merveilleux n’est-il pas la description symbolisée de son Assomption de créature immaculée et immortelle ? Une pareille splendeur ne nous laisse-t-elle pas entendre qu’elle fut la plus glorieuse qui puisse lui convenir ? La Divinité de son Fils est son vêtement de gloire. Tous les élus, ses enfants, l’entoureront à jamais de leur vivante couronne. Représenté par la lune qui reçoit sa clarté du soleil, notre monde inférieur apparaît sous ses pieds, pour nous dire qu’elle l’a traversé en pureté et beauté, dans le rayonnement de son Fils, sans avoir connu nos misères et notre fin charnelle. Si l’on peut, d’ailleurs, parler de mort au sujet de la Vierge, on doit dire qu’au Calvaire elle l’avait expérimentée en la Personne de Jésus Rédempteur. Le glaive de la Passion transperçait alors son âme de Mère Corédemptrice. Désormais, la Rédemption étant entièrement accomplie, l’entrée de Marie dans la grâce sans l’ombre du péché appelait son entrée dans la gloire sans l’attouchement de la mort. La Définition dogmatique de Pie XII, portant uniquement sur sa glorification en corps et en âme à la fin de sa vie terrestre, laisse la voie ouverte à cette interprétation reposante. Ainsi le plan de revanche sur le démon apparaît total et sans restriction, au moins dans un membre de l’humanité rachetée (Le P. Roschini, directeur du Marianum, pense que désormais le nombre des théologiens, se déclarant en faveur de l’immortalité de Marie, ira croissant. Voir l’Ami du Clergé, N° 38, 20 sept. 1951 ; et N° 32, 12 août 1954. Dans le N° 38, page 562, l’Ami rapporte le petit fait suggestif de la photographie d’une prière à Marie dans son Assomption, avec une correction autographe de Pie XII, supprimant les paroles relatives à la mort de la Vierge) .

Que dire à présent de l’accueil fait par Jésus à sa Mère, quand les anges la virent élevée au-dessus de leurs hiérarchies les plus hautes dans le Ciel de la Trinité ? C’est lui, ce Fils bien-aimé, qui la présente, la livre à son Père pour être mise éternellement en possession de la béatitude des trois Personnes, dans la vision face à face. C’est lui qui la fait asseoir à ses côtés sur le même trône : Adstitit Regina a dextris tuis (Ps. 131, 8), pour son Couronnement de gloire.

Y eut-il un rite sensible de cette Intronisation et de ce Couronnement, puisque Jésus couronnait ici, comme homme, la tête glorifiée de sa Mère ? Sans doute, une bénédiction, une consécration, une imposition de ses mains adorables, comme le pense Mgr Gay. « Quant à dire, ajoute cet auteur mystique, l’ampleur, la grâce, l’incomparable beauté de ce geste du Christ, l’expression que prit alors son visage, toute son attitude enfin au moment où il servit d’organe aux trois Personnes divines pour couronner sa Mère, ni le plus sublime génie de l’art ne l’a rêvé, ni la plus haute contemplation des plus grands saints n’a pu l’entrevoir. Ce fut dans le ciel tout entier la cause d’un vrai transport, mais cela reste pour nous indescriptible et ineffable ; et il faut en dire autant de l’attitude et de la physionomie de la sainte Vierge ». Quelle exaltation de son humilité d’esclave du Seigneur au matin de l’Annonce angélique, et combien son cantique du Magnificat est admirablement placé sur nos lèvres dans l’Évangile de la nouvelle messe d’Assomption !

La voilà Souveraine bienheureuse de la Cour céleste et « Toute-Puissance-Suppliante » auprès de son Fils, en faveur de ses enfants de la terre. Constamment occupée de nous, elle prépare ainsi notre place, la place de nos âmes au moment de notre mort ou de notre sortie du Purgatoire, la place de nos corps eux-mêmes au jour de la résurrection générale. Nous participerons alors entièrement à sa béatitude, selon le degré de nos mérites.

Faisons confiance à cette toute-puissante intercession, nous surtout qui, par notre Consécration, permettons à Marie d’exercer sur nos âmes et sur nos corps toute son action de mère et de Maîtresse. Laissons-la nous former, nous transformer, nous appeler, nous attirer, en ne lui offrant – redisons-le encore – que dépendance amoureuse et persévérante docilité. Remercions-la de nous avoir conduits tout au long de ces Mystères que nous venons de méditer. C’est elle qui les avait commencés, c’est elle qui les clôture ; mais sa mission ne sera terminée que lorsqu’elle verra tous ses enfants réunis autour d’elle dans le Ciel de l’Agneau, comme une couronne de joie ajoutée à sa couronne de gloire. Jésus, Sagesse éternellement glorieuse et triomphante en son Humanité et en sa Mère, le sera aussi dans ses élus : et ce sera le Règne qui ne connaîtra plus aucune des ombres et des vicissitudes d’ici-bas.

Laissons-nous soulever par l’espérance vers cette récompense d’un bonheur sans fin.



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