Vous êtes devenu mon protecteur, et vous avez délivré mon corps de la perdition. (Eccli. LI, 3)
La Reine du ciel, mère des miséricordes, s'est servie plus d'une fois des âmes du purgatoire, soit pour convertir des pécheurs, soit pour délivrer ses dévots serviteurs de périls mortels. Dans une ville du royaume d'Arragon en Espagne, un seigneur avait épousé une dame en possession de tous les avantages de la nature et de la piété que l'on peut souhaiter dans celle dont on fait la compagne intime de sa vie. L'extraordinaire beauté de cette jeune femme frappa les yeux d'un autre cavalier, qui avait aussi pour lui des dons singuliers, et qui se mit à la poursuivre, à lui adresser la parole, à lui faire la cour. Elle, aussi craintive et aussi chaste que chrétienne, s'ingéniait à éviter ces rencontres, que le soupirant multipliait, au contraire, autant qu'il le pouvait, à la promenade, dans le monde, à la porte même et sous les fenêtres de la maison. La chose ne demeura point secrète, et le bruit en vint aux oreilles du mari. La jalousie monte aussitôt à son cœur ; il redoute quelque trahison, veille le jour et la nuit, et, quoiqu'il n'aperçût dans son épouse aucune correspondance à cette passion, il lui semble qu'il n'aura de repos qu'en ôtant la vie à l'importun rival.
Un matin donc, il prétexte une affaire et part pour une maison de campagne qu'il possédait à quelque distance de la ville. accompagné de sa femme et d'un seul domestique. Le soir venu, il appelle celle-ci dans un cabinet retiré, ferme la porte à double tour, et, tirant de sa poche un pistolet, chargé, menace de la tuer à l'instant si elle n'obéit à tout ce qu'il va lui commander. Troublée, effrayée, la pauvre femme promet de se son mettre sans hésiter. Alors il prend une feuille de papier, la pose devant elle et lui ordonne d'écrire sous sa dictée. C'était une invitation au jeune homme de venir la trouver dans ce lieu, pendant l'absence de son mari ; que telle nuit, à telle heure, il verrait une échelle dressée contre les murs du jardin, qui le conduirait jusqu'à une fenêtre, par où il entrerait en sûreté. La lettre écrite, elle est confiée au domestique, avec ordre de la remettre au destinataire en main propre et secrètement, comme si elle venait de sa maîtresse. Le serviteur s'acquitte exactement de la commission, qui remplit de joie l'imprudent jeune homme. Il lut et relut la lettre, la baisant avec transport, comme un insensé ; puis, l'heure venue, il prend ses habits de campagne, monte sur un bon cheval, annonce qu'il va faire un tour de promenade et se met en route.
Il allait rapidement, au grand galop du cheval, lorsqu'il eut à traverser un lieu où plusieurs condamnés étaient suspendus à la potence, suivant la coutume d'Arragon ; on laissait ainsi les cadavres exposés quelque temps, afin d'inspirer de la terreur aux bandits. Cette vue lui rappelant qu'il n'avait point, ce jour-là, récité le rosaire, comme il en avait l'habitude malgré ses tristes débordements, il commença à s'acquitter de ce tribut de dévotion envers la Mère de Celui qu'il était sur le point de grièvement offenser, et il le lit en faveur des âmes de ces malheureux suppliciés, pour lesquels sans doute personne ne pensait à intercéder. La récompense ne se lit pas attendre.
Une voix forte lui cria : « Arrêtez, cavalier, n'allez pas plus avant ! » Il regarde autour de lui, ne voit que les cadavres et donne de l'éperon à son cheval. La même voix recommence : « Arrêtez, vous dis-je ; n'allez pas plus loin ! » La peur lui était inconnue ; il descend et se met à chercher, parmi ces hideux restes, à moitié mangés par les corbeaux, s'il n'y avait pas quelque condamné vivant encore. En effet, d'une des potences descend cette supplication s « Cavalier, je vous prie par pitié de couper cette corde qui m'étrangle. » Touché de compassion autant que surpris, il donne un coup d'épée à ce lien, et le corps tombe à terre, d'où il se relève ; et voilà un homme plein de vie, qui se répand en remerciements, et proteste qu'il ne quittera plus son bienfaiteur, son sauveur, qu'il le servira comme un esclave. Le jeune aventurier refusa tout net cette offre de reconnaissance, et déclara qu'il voulait aller seul. — « Mais, reprit l'autre, ignorez-vous qu'un danger extrême vous attend au bout de votre course, qu'il y va pour vous de la vie même ? Je veux vous délivrer. Laissez-moi vous marquer ma reconnaissance. » Se voyant ainsi découvert, notre cavalier ne lit plus d'objection. Il remonta à cheval et prit son nouveau compagnon en croupe. Ils ne tardèrent pas à apercevoir la maison ; l'échelle était préparée. Le jeune homme voulait s'y risquer tout de suite. « Non pas, dit son compagnon ; je soupçonne quelque machine, et, si vous m'en croyez, vous me laisserez monter le premier, afin que je m'assure de tout. Donnez-moi seulement votre chapeau et votre manteau, » Quand il les eut, il s'élança à l'échelle et pénétra par la fenêtre entr'ouverte. Au même instant on entendit un cliquetis d'armes, des menaces, des cris de colère, et au bout de quelques secondes, un corps frappé de coups d'épée tombait au pied du mur. Il se releva cependant et dit au jeune homme stupéfait : « Vite ! vite ! à cheval, et sauvons-nous ! » Lorsqu'ils furent à quelque distance : « Avez-vous maintenant, dit le compagnon, vu et compris la belle réception qu'on voulait vous faire ? Le mari vous attendait tout bonnement pour vous tuer à coups de dague. Et, dites-moi, s'il avait réussi, où serait allée votre âme ? Rendez donc grâces à la Mère des miséricordes, qui vous a délivré à cause de votre fidélité à dire le saint rosaire chaque jour. Vous devez aussi bénir les âmes du purgatoire : car vous avez obtenu la délivrance de quelques-unes, alors que vous étiez en état de grâce, et elles vous le rendent aujourd'hui. Eh bien ! changez de vie, et apprenez à craindre DIEU. »
Comme il finissait cette exhortation, ils étaient revenus au lieu des potences. L'inconnu descend de cheval, se rattache au gibet, et déclare qu'il a été envoyé miraculeusement de l'autre vie pour ce qu'il vient de faire, et qu'il retourne où DIEU l'appelle. Une minute après, ce n'était plus qu'un cadavre.
Quant au jeune homme, il est à peine besoin de dire dans quels sentiments il rentra chez lui. Son cœur tout bouleversé n'eut point de repos qu'il n'eût fait à Dieu le sacrifice entier de sa vie ; il se dévoua pour le reste de ses jours à la pénitence et aux œuvres de piété, et il devint un modèle de sainteté, aussi empressé à se mortifier et à gagner les âmes au bien, qu'il avait autrefois recherché les plaisirs et compté pour rien le salut des autres. (V. J. de Alloza, Coelum stel. Marioe, l. III, ch. 3, ex. 60)
(Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire, par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus)
Reportez-vous à Suffrages conformes aux bonnes œuvres accomplies pendant la vie, Si vous faites du bien, vos bienfaits vous attireront de grandes grâces, Prière à Marie pour ses parents en Purgatoire, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Reconnaissance
des âmes du Purgatoire ou comment les âmes du Purgatoire interviennent
aussi pour leurs bienfaiteurs dans les choses temporelles, Bonté des Anges pour les pauvres âmes du Purgatoire, Dévotion
aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur
soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints
Anges, Valeur du Saint Sacrifice en faveur des âmes du Purgatoire, Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes, Protection des âmes du Purgatoire, Une âme souffrant le tourment du feu pour avoir écouté plutôt les conseils du sang que ceux de la piété, La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Sainte usure de ceux qui appliquent leurs œuvres au soulagement des défunts, Celui qui souffre pieusement ici-bas va tout droit au repos éternel, Reconnaissance des âmes pour leurs bienfaiteurs, Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude
des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une
âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses
frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du Purgatoire, Comment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Pour
que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour
que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes
du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le
Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements
autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et
prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment
les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de
vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de
l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.
mardi 10 novembre 2020
Grand pécheur délivré par une âme du purgatoire
mercredi 7 octobre 2020
Octobri mense, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, sur le Rosaire de la Vierge Marie
Octobri mense
Lettre Encyclique de Sa Sainteté le Pape LÉON XIII
Du ROSAIRE de la VIERGE MARIE
(22 septembre 1891)
À nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques, Évêques, et autres Ordinaires des lieux en paix et en communion avec le Siège Apostolique.
LÉON XIII, PAPE
Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.
À l’approche du mois d’octobre, que l’on regarde comme consacré et dédié à la Bienheureuse Vierge du Rosaire, Nous Nous rappelons, avec une très grande joie, les vives exhortations que Nous Vous avons adressées, Vénérables Frères, les années précédentes, pour que partout les troupeaux de fidèles, stimulés par votre autorité et par votre zèle, redoublent de piété envers l’auguste Mère de Dieu, la puissante auxiliatrice du peuple chrétien, pour qu’ils L’implorent pendant tout ce mois et L’invoquent par le très saint rite du Rosaire, que l’Église, principalement dans les conjonctures et dans les temps difficiles, a coutume d’employer et de célébrer, toujours avec le succès souhaité.
Nous tenons à manifester de nouveau cette année la même volonté et à Vous adresser, à Vous renouveler les mêmes exhortations ; Nous y sommes invité et poussé par l’amour pour l’Église, dont les peines, au lieu de s’alléger, croissent chaque jour en nombre et en gravité. Ce sont des maux universellement connus que Nous déplorons : que l’Église garde et transmet les dogmes sacrés attaqués, combattus ; l’intégrité de la vertu chrétienne, dont elle a le soin, tournée en dérision ; la calomnie organisée ; la haine attisée de mille manières contre l’ordre des saints Pontifes, mais surtout contre le Pontife Romain ; les attaques dirigées contre le Christ Lui-même par une audace pleine d’impudence et par une scélératesse criminelle, comme si l’on s’efforçait de détruire dans sa base et d’anéantir l’œuvre divine de la Rédemption, que jamais aucune force ne détruira ni n’anéantira.
Ce ne sont pas là des événements nouveaux pour l’Église militante : Jésus en a prévenu les Apôtres : pour qu’elle enseigne aux hommes la vérité et les conduise au salut éternel, il lui faut entrer en lutte tous les jours, et de fait, dans le cours des siècles, elle combat courageusement jusqu’au martyre, ne se réjouissant et ne se glorifiant de rien davantage que de pouvoir sceller sa cause du Sang de son Fondateur, gage très certain pour elle de la victoire qui lui a été promise.
On ne doit pas pourtant dissimuler la profonde tristesse dont cette obligation perpétuelle de lutte afflige tous les gens de bien. C’est, assurément, une cause de grande tristesse qu’il y en ait tant que les erreurs perverses et les outrages à Dieu détournent et entraînent ; tant qui soient indifférents à toute forme de religion et paraissent finalement étrangers à la foi divine ; qu’il y ait aussi tant de catholiques qui tiennent à la religion de nom seulement et ne lui rendent ni les honneurs ni le culte dus. L’âme s’attriste et se tourmente encore bien plus à songer quelle cause de maux déplorables réside encore dans l’organisation des États qui ne laissent aucune place à l’Église ou qui combattent son zèle pour la très sainte vertu ; c’est là une manifestation terrible et juste de la vengeance de Dieu, laquelle laisse l’aveuglement funeste des âmes s’appesantir sur les nations qui s’éloignent de Lui.
Aussi cela crie de soi-même, cela crie chaque jour plus fort : il est absolument nécessaire que les catholiques prient et implorent Dieu avec zèle et persévérance : sine intermissione (1) ; qu’ils le fassent non seulement chez eux, mais encore en public, réunis dans les édifices sacrés, et qu’ils supplient avec instance le Dieu très prévoyant de délivrer l’Église des hommes importuns et méchants (2), et de ramener au bon sens et à la raison, par la lumière et l’amour du Christ, les nations profondément troublées.
Car c’est un fait admirable au-delà de toute croyance ! Le siècle va son chemin laborieux, fier de ses richesses, de sa force, de ses armes, de son génie ; l’Église descend le long des âges d’un pas tranquille et sûr, se confiant en Dieu seul, vers qui, jour et nuit, elle lève ses yeux et ses mains suppliantes. Bien qu’en effet, elle ne néglige pas, dans sa prudence, les secours humains que la Providence et les temps lui procurent, ce n’est pas en eux qu’elle place sa principale espérance, mais dans la prière, dans la supplication, dans l’invocation de Dieu. Voilà comment elle entretient et fortifie son souffle vital, parce que l’assiduité de sa prière lui a permis heureusement, en restant étrangère aux vicissitudes des choses humaines et en s’unissant continuellement à la Volonté divine, de vivre de la vie même de Notre-Seigneur Jésus-Christ, tranquillement et paisiblement ; comme à l’image du Christ Lui-même, auquel l’horreur des tourments qu’Il a endurés pour notre bien commun n’a presque rien enlevé ni ôté de l’heureux éclat et de la joie qui Lui sont propres.
Cette importante doctrine de la sagesse chrétienne a été, de tout temps, crue et religieusement pratiquée par les chrétiens dignes de ce nom : leurs prières montaient vers Dieu plus vives et plus fréquentes quand les ruses et la violence des pervers avaient attiré un malheur sur la Sainte Église ou sur son Pasteur suprême.
Les fidèles de l’Église d’Orient en fournissent un exemple remarquable et qui est digne d’être proposé à l’imitation de la postérité. Pierre, vicaire de Jésus-Christ, premier Pontife de l’Église, avait été jeté en prison, chargé de chaînes par l’ordre du criminel Hérode, et il était réservé à une mort certaine : personne ne pouvait l’arracher au danger, lui porter secours. Mais il y avait là ce secours que la prière fervente obtient de Dieu : l’Église, à ce que rapporte l’Histoire sacrée, élevait pour lui des prières sans nombre : Oratio autem fiebat sine intermissione ab Ecclesia ad Deum pro eo (3) ; et plus était vive la crainte d’un grand malheur, plus était grande l’ardeur de tous à implorer Dieu. Après la réalisation de leurs vœux, le miracle se découvrit ; le peuple chrétien continue à célébrer avec une reconnaissance joyeuse la merveille de la libération de Pierre.
Le Christ a donné un exemple encore plus remarquable, un exemple divin, pour façonner et former Son Église à la sainteté, non seulement par Ses préceptes, mais aussi à Son modèle : toute Sa vie, Il S’était appliqué à la prière fréquente et fervente, et aux heures suprêmes, lorsqu’au jardin de Gethsémani, Son âme, inondée d’amertume, languissant jusqu’à la mort, Il priait Son Père, et Le priait avec effusion (prolixius orabat) (4), Il n’en a pas agi ainsi pour Lui-même, Lui qui ne craignait rien, qui n’avait besoin de rien, qui était Dieu : Il l’a fait pour nous, pour Son Église, dont Il accueillait déjà avec joie les prières et les larmes futures pour les rendre fécondes en grâce.
Mais, depuis que le salut de notre race a été accompli par le mystère de la Croix et que l’Église, dispensatrice de ce même salut, après le triomphe du Christ, a été fondée sur la terre et définitivement instituée, la Providence a établi et constitué un ordre nouveau pour un peuple nouveau.
La considération des conseils divins s’ajoute ici aux grands sentiments de religion. Le Fils éternel de Dieu, voulant prendre la nature humaine pour racheter et ennoblir l’homme, et devant, par là, consommer une union mystique avec le genre humain tout entier, n’a pas accompli Son dessein avant que ne s’y fût ajouté le libre assentiment de la Mère désignée, qui représentait en quelque sorte le genre humain, suivant l’opinion illustre et très vraie de saint Thomas : Per annuntiationem exspectabatur consensus Virginis, loco totius humanae naturae (5). D’où on peut, avec non moins de vérité, affirmer que, par la Volonté de Dieu, Marie est l’intermédiaire par laquelle nous est distribué cet immense trésor de grâces accumulé par Dieu, puisque la grâce et la vérité ont été créées par Jésus-Christ (6) ; ainsi, de même qu’on ne peut aller au Père suprême que par le Fils, on ne peut arriver au Christ que par Sa Mère.
Qu’elles sont grandes, la sagesse, la miséricorde qui éclatent dans ce dessein de Dieu ! Quelle convenance avec la faiblesse et la fragilité de l’homme ! Nous croyons à la bonté infinie du Très-Haut et nous la célébrons ; nous croyons aussi à Sa justice infinie et nous la redoutons. Nous adorons le Sauveur très aimé, prodigue de Son Sang et de Sa vie ; nous craignons Sa justice inexorable. C’est pourquoi ceux dont les actions troublent la conscience ont un absolu besoin d’un intercesseur et d’un patron puissant en faveur auprès de Dieu, et d’une bienveillance assez grande pour ne pas rejeter la cause des plus désespérés et pour relever jusqu’à l’espoir de la clémence divine les affligés et les abattus. Marie est notre glorieux intermédiaire ; Elle est puissante, Mère du Dieu tout-puissant ; mai ce qui est encore plus doux, Elle est bonne, d’une bienveillance extrême, d’une indulgence sans bornes. C’est ainsi que Dieu nous L’a donnée : L’ayant choisie pour Mère de Son Fils unique, Il Lui a inculqué des sentiments tout maternels, qui ne respirent que l’amour et le pardon ; telle, de Son côté, Jésus-Christ L’a voulue, puisqu’Il a consenti à être soumis à Marie et à Lui obéir comme un Fils à Sa Mère ; telle aussi Jésus L’a annoncée du haut de la Croix, quand Il a confié à Ses soins et à Son amour la totalité du genre humain dans la personne du disciple Jean ; telle enfin Elle S’est donnée Elle-même en recueillant avec courage l’héritage des immenses travaux de Son Fils, et en rapportant aussitôt sur tous le legs de Ses devoirs maternels.
Le dessein d’une si chère miséricorde, réalisé en Marie par Dieu et confirmé par le testament du Christ, a été compris dès le commencement et accueilli avec la plus grande joie par les saints Apôtres et les premiers fidèles ; ce fut aussi l’avis et l’enseignement des vénérables Pères de l’Église ; tous les peuples de l’âge chrétien s’y rallièrent unanimement, et même, quand la tradition ou la littérature se tait, il est une voix qui éclate de toute poitrine chrétienne et qui parle avec la dernière éloquence. Il n’y a pas à cela d’autre raison qu’une foi divine qui, par une impulsion toute puissante et très agréable, nous pousse et nous entraîne vers Marie ; rien de plus naturel, de plus souhaité que de chercher un refuge en la protection et, en la loyauté de Celle à qui nous pouvions confier nos desseins et nos actions, notre innocence et notre repentir, nos tourments et nos joies, nos prières et nos vœux, toutes nos affaires enfin ; de plus, tous sont possédés par l’espoir et la confiance que les vœux qui seraient accueillis avec moins de faveur venant de la part de gens indignes soient, grâce à la recommandation de Sa Très Sainte Mère, reçus par Dieu avec la plus grande faveur et exaucés. La vérité et la suavité de ces pensées procurent à l’âme une indicible consolation, mais elles inspirent une compassion d’autant plus vive pour ceux qui, privés de la foi divine, n’honorent pas Marie et ne l’ont pas pour Mère ; pour ceux aussi qui, participants aux croyances saintes, osent traiter parfois d’excessif et d’extrême le culte de Marie ; par cela, ils blessent grandement la piété filiale.
Cette tempête de maux, au milieu de laquelle l’Église lutte si durement, montre donc à tous ses pieux enfants à quel saint devoir ils sont assujettis de prier Dieu avec plus d’instances, et de quelle façon plus particulière ils doivent s’efforcer de donner à ces supplications la plus grande efficacité. Fidèles aux exemples si religieux de nos pères et de nos ancêtres, recourons à Marie, notre sainte Souveraine ; invoquons, supplions d’un seul cœur Marie, la Mère de Jésus-Christ et la nôtre : Montrez que Vous êtes notre Mère ; faites accueillir nos prières par Celui qui, né pour nous, a consenti à être Votre Fils. (7)
Or, entre les diverses formules et manières d’honorer la divine Marie, il en est qu’il faut préférer, puisque nous savons qu’elles sont plus puissantes et plus agréables à notre Mère ; et c’est pourquoi Nous Nous plaisons à désigner en particulier et à recommander tout spécialement le Rosaire. Le langage vulgaire a donné le nom de couronne à cette manière de prier, parce qu’elle rappelle, en les réunissant par les plus heureux liens, les grands mystères de Jésus et de Marie, leurs joies, leurs douleurs et leurs triomphes. Le souvenir de la pieuse contemplation de ces augustes mystères, médités dans leur ordre, peut procurer aux fidèles un admirable secours, aussi bien pour alimenter leur foi et la protéger contre la contagion des erreurs que pour relever et entretenir la vigueur de leur âme. En effet, la pensée et la mémoire de celui qui prie de la sorte, éclairées par la foi, sont entraînées vers ces mystères avec l’ardeur la plus suave ; elles s’y absorbent et les pénètrent, et ne peuvent assez admirer l’œuvre inénarrable de la Rédemption des hommes, accomplie à un prix si élevé et par une succession de si grands événements.
L’âme alors s’enflamme d’amour et de gratitude, devant ces preuves de la charité divine ; elle sent se fortifier et s’accroître son espérance, et devient plus avide de ces récompenses célestes que le Christ a préparées pour ceux qui se seront unis à Lui en imitant Son exemple et en participant à Ses douleurs. Et cette prière s’exhale dans des paroles émanées de Dieu Lui-même, de l’archange Gabriel et de l’Église ; pleine de louanges et de vœux salutaires, elle se renouvelle et se continue dans un ordre déterminé et varié, et elle produit sans cesse de nouveaux et de doux fruits de piété.
Or, il y a d’autant plus de raisons de croire que la Reine du Ciel Elle-même a attaché à cette forme de prière une grande efficacité, que c’est sous sa protection et Son inspiration qu’elle a été établie et propagée par l’illustre saint Dominique, à une époque très hostile au nom catholique et assez peu différente de la nôtre, comme une sorte d’instrument de guerre tout-puissant pour combattre les ennemis de la foi. En effet, la secte hérétique des Albigeois avait envahi de nombreuses contrées, tantôt clandestinement, tantôt ouvertement ; fille cruelle des Manichéens dont elle répandait les monstrueuses erreurs, elle travestissait les dogmes, excitait au massacre des chrétiens et soulevait contre l’Église une haine profonde et implacable. À peine pouvait-on se fier aux puissances humaines contre cette tourbe si pernicieuse et si arrogante, lorsque le secours vint manifestement de Dieu Lui-même, par le moyen du Rosaire de Marie. Ainsi, grâce à la Sainte Vierge, si glorieusement victorieuse de toutes les hérésies, les forces des impies furent renversées et brisées, la foi fut sauvée et demeura intacte.
On sait de même que, dans de nombreuses circonstances et dans différents pays, des dangers de même nature ont été conjurés, des bienfaits analogues ont été obtenus : l’histoire des temps anciens et de ceux plus rapprochés de nous en fournit des témoignages éclatants. Il faut aussi ajouter cette autre preuve, évidente en quelque sorte, qu’aussitôt que la prière du Rosaire fut instituée, elle fut adoptée de toutes parts par les citoyens de toutes les classes et devint parmi eux d’un usage fréquent. C’est qu’en effet, la religion du peuple chrétien tient à honorer par des titres insignes et de mille façons la divine Mère, élevée si excellemment au-dessus de toutes les créatures par tant et de si grande gloire ; or, elle a toujours aimé particulièrement ce titre du Rosaire, cette manière de prier, qui est comme le mot d’ordre de la foi et qui résume le culte dû à Marie ; elle l’a pratiquée dans l’intimité et en public, dans l’intérieur des maisons et des familles, en instituant en son honneur des confréries, en Lui consacrant des autels, en L’entourant de toutes les pompes, convaincue qu’elle ne pourrait recourir à de meilleurs moyens pour orner les fêtes sacrées de la Sainte Vierge et pour mériter Son patronage et Ses grâces.
Nous ne devons point passer sous silence ce qui met ici en lumière la particulière protection de notre Souveraine. En effet, lorsque, par l’effet du temps, le goût de la piété a paru s’affaiblir dans quelque pays et la pratique de cette forme de prière se relâcher, on admire comment ensuite, soit à raison de quelque danger redoutable menaçant l’État, soit sous la pression de quelque nécessité, l’institution du Rosaire, bien plus que tous les autres secours religieux, a été rétablie d’après le vœu général, a repris sa place d’honneur et, de nouveau florissante, a exercé grandement son influence salutaire. Il n’est point nécessaire d’aller en chercher dans le passé des exemples, alors que notre époque elle-même nous en fournit d’admirables. Dans ce temps, en effet, qui, comme nous le disions en commençant, est si dur pour l’Église, et qui l’est devenu plus encore depuis que la sagesse divine Nous a placé au gouvernail, on peut constater et admirer avec quelle ardeur et quel zèle dans tous les pays et chez tous les peuples catholiques le Rosaire de Marie est pratiqué et célébré. Or, c’est plutôt à Dieu, qui dirige et mène les hommes, qu’à la sagesse et à la diligence humaine, qu’il faut attribuer ce fait, où notre âme puise une grande consolation et un grand courage, et qui nous remplit de la confiance absolue que, par la protection de Marie, les triomphes de l’Église se renouvelleront et s’étendront.
Il y a des chrétiens qui comprennent très bien tout ce que Nous venons de rappeler ; mais, parce que rien de ce qu’on espérait n’a encore été obtenu, et avant tout la paix et la tranquillité de l’Église ; bien plus, parce que la situation semble venir plus troublée et plus mauvaise, ils laissent se relâcher leur régularité et leur affection pour la prière, comme s’ils étaient fatigués et défiants. Mais que ces hommes réfléchissent et qu’ils s’appliquent à ce que les prières qu’ils adressent à Dieu soient revêtues des qualités nécessaires, selon le précepte de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Si elles les possèdent, qu’ils considèrent qu’il est injuste et qu’il est défendu de vouloir assigner à Dieu le moment et la manière de venir à notre secours ; car Dieu ne nous doit rien, si bien que, quand Il exauce nos prières et couronne nos mérites, Il ne fait autre chose que couronner Ses propres dons (8) et quand Il ne seconde pas notre manière de voir, c’est un bon Père qui agit avec prévoyance à l’égard de Ses fils, qui a pitié de leur fausse sagesse et qui ne prend conseil que de leur utilité. Mais ces prières, par lesquelles nous supplions Dieu de protéger Son Église, en les unissant aux suffrages des Saints du Ciel, Dieu les accueille toujours avec la plus grande bonté et les exauce, aussi bien celle qui concernent les intérêts majeurs et immortels de l’Église que celles qui visent des intérêts moindres, propres à ce temps, mains néanmoins en harmonie avec les premiers. Car, à ces prières s’ajoutent la puissance et l’efficacité assurément infinies des prières et des mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui aime l’Église et qui S’est livré pour elle afin de la sanctifier... et de Se la présenter à Lui-même pleine de gloire (9), Lui qui en est le Pontife suprême, saint, innocent, toujours vivant pour intercéder pour nous, et dont la foi divine nous enseigne que la prière et les supplications sont incessantes.
Quant aux intérêts extérieurs, à ceux qui ne regardent que cette vie, il est manifeste que l’Église a souvent à compter avec la malveillance et la puissance d’adversaires acharnés. Il lui faut s’affliger de les voir spolier ses biens, restreindre et opprimer sa liberté, attaquer et mépriser son autorité, lui infliger enfin toutes sortes de dommages et d’injures. Et si l’on se demande pourquoi leur méchanceté n’arrive point à ce degré d’injustice qu’elle se propose et qu’elle s’efforce d’atteindre : pourquoi, au contraire, l’Église, à travers tant d’événements divers, conservant sa même grandeur et sa même gloire, quoique sous des formes variées, s’élève toujours et ne cesse de progresser, il est légitime de chercher la cause principale de l’un et de l’autre fait dans la force de la prière de l’Église sur le cœur de Dieu ; autrement, en effet, la raison humaine ne peut comprendre que la puissance de l’iniquité soit contenue dans des limites si étroites, tandis que l’Église, réduite à l’extrémité, triomphe néanmoins si magnifiquement. Et cela apparaît mieux encore dans ce genre de biens par lesquels l’Église conduit les hommes à la possession du bien suprême. Puisqu’elle est née pour cette fonction, elle doit pouvoir beaucoup par ses prières, afin que l’ordre de la Providence et de la miséricorde divines ait dans Ses enfants son accomplissement et sa perfection ; et ainsi les hommes qui prient avec l’Église et par l’Église demandent et obtiennent, en définitive, ce que, avant tous les siècles, le Dieu tout-puissant a décidé de donner (10). Actuellement, l’esprit humain est impuissant à pénétrer la profondeur des desseins de la Providence ; mais il viendra un jour où, dans Sa grande bonté, Dieu montrant à découvert les causes et les conséquences des événements, il apparaîtra clairement combien l’office de la prière aura eu de puissance à cet égard et que de choses utiles il aura obtenues. On verra alors que c’est grâce à la prière qu’au milieu de la corruption si grande d’un monde dépravé, beaucoup se sont gardés intacts et se sont préservés de toute souillure de la chair et de l’esprit, accomplissant leur sanctification dans la croyance de Dieu (11) ; que d’autres, au moment où ils allaient se laisser entraîner au mal, se sont soudain retenus et ont puisé dans le danger et dans la tentation même d’heureux accroissements de vertu ; que d’autres enfin, qui avaient succombé, ont senti dans leur âme une certaine sollicitation à se relever et à se jeter dans le sein du Dieu de miséricorde.
C’est pourquoi Nous supplions avec les plus vives instances tous les chrétiens de peser ces pensées dans leur conscience, de ne pas céder aux supercheries de l’antique ennemi, de ne se laisser détourner sous aucun prétexte du goût de la prière, mais d’y persévérer au contraire et d’y persévérer sans interruption. Que leur premier soin soit de demander le bien suprême, c’est-à-dire le salut éternel de tous, et la conservation de l’Église ; puis il est permis de solliciter de Dieu les autres biens, pour l’utilité et la commodité de la vie, pourvu qu’on le fasse en se soumettant à Sa Volonté souverainement juste, et que, soit qu’Il accorde, soit qu’Il refuse ce qu’on désire, on Lui rende grâces comme à un Père infiniment bienfaisant. Enfin, que ces demandes soient adressées à Dieu avec la religion et la haute piété qui conviennent et qui sont nécessaires, à grands cris et avec larmes (12), comme les Saints ont eu coutume de le faire et comme en a Lui-même donné l’exemple notre Très Saint Rédempteur et Maître.
Ici, notre devoir et Notre paternelle affection exigent que Nous demandions au Dieu dispensateur de tous les biens, pour tous les enfants de l’Église, non seulement l’esprit de prière, mais encore l’esprit de la sainte pénitence. En le faisant de tout Notre cœur, Nous exhortons avec la même sollicitude tous et chacun en particulier à cette vertu si étroitement unie à l’autre. Car, si la prière a pour effet de nourrir l’âme, de l’armer de courage, de l’élever aux choses divines, la pénitence nous donne la force de nous dominer, et surtout de commander au corps, qui, par suite de la faute originelle, est l’ennemi le plus redoutable de la doctrine et de la loi évangéliques. Il y a entre ces vertus, cela est évident, une cohésion parfaite ; elles s’entr’aident et tendent l’une comme l’autre à détacher des choses périssables l’homme né pour le Ciel, et à l’emporter, pour ainsi dire, jusqu’à l’intimité céleste avec Dieu. Au contraire, celui dont l’âme est agitée par les passions et amollie par les plaisirs a le cœur aride et n’éprouve que du dégoût pour la suavité des choses du Ciel ; sa prière n’est qu’une voix glacée et languissante, indigne assurément d’être écoutée par Dieu.
Nous avons sous les yeux l’exemple de la pénitence des Saints, et les fastes sacrés nous apprennent qu’à cause d’elle précisément, leurs prières et leurs supplications ont été grandement agréables à Dieu et ont même eu la puissance d’opérer des prodiges. Ils dirigeaient et domptaient continuellement leur esprit, leur cœur et leurs passions ; ils se conformaient avec une soumission parfaite aux enseignements et aux préceptes de Jésus-Christ et de Son Église ; ils ne déterminaient leur volonté, qu’après avoir reconnu celle de Dieu ; dans toutes leurs actions, ils ne recherchaient rien autre que l’accroissement de Sa gloire ; ils réprimaient et brisaient énergiquement les mouvements tumultueux de leur âme ; ils traitaient leur corps durement et sans pitié ; ils poussaient la vertu jusqu’à s’abstenir des choses agréables et même des plaisirs innocents. Aussi pouvaient-ils s’appliquer avec raison ce mot que l’Apôtre saint Paul disait de lui-même : Pour nous, notre vie est dans les cieux (13), et c’est pourquoi leurs prières étaient si efficaces pour apaiser et fléchir Dieu.
Il est certain que tous ne peuvent point et ne doivent point faire tout cela ; cependant, que chacun corrige sa vie et ses mœurs par une pénitence proportionnée à ses forces, c’est ce qu’exigent les dispositions de la justice divine, qui a le droit de réclamer une réparation sévère pour les fautes commises ; or, il est préférable d’avoir accompli pendant la vie, par des peines volontaires, ce qui procure la récompense de la vertu.
En outre, dans le corps mystique du Christ, qui est l’Église, nous jouissons tous comme membre de la communauté de vie et de croissance ; d’où il suit, d’après saint Paul, que, de la façon dont les membres participent à chaque joie d’un des leurs, ils doivent aussi partager ses douleurs ; c’est-à-dire que les frères doivent aimer à secourir leurs frères chrétiens, en leurs souffrances spirituelles ou corporelles, et leur procurer la guérison dans la mesure du possible. Que les membres aient de la sollicitude l’un pour l’autre. Si un membre souffre, tous souffrent avec lui ; si l’un est heureux, tous se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps du Christ et les membres du même corps (14).
Or, ce gendre de charité qui, modelé sur l’exemple du Christ donnant, par un immense amour, Sa vie pour le rachat de nos péchés communs, consiste à prendre pour soi l’expiation des fautes d’autrui, cette charité enfin renferme le grand lien de perfection qui unit les fidèles entre eux et avec les habitants du Ciel, et les rapproche le plus étroitement de Dieu.
Enfin, l’action de la sainte pénitence est si diverse, si ingénieuse et si étendue, que toute personne, avec de la piété et du zèle, peut l’exercer très fréquemment et sans efforts.
Puissions-Nous, Vénérables Frères, grâce à Votre amour particulier et éminent pour la Très Sainte Mère de Dieu, grâce aussi à Votre affection à Votre sollicitude remarquables pour le peuple chrétien, Nous promettre avec Votre concours les meilleurs résultats de Nos admonitions et de Nos exhortations ! Nous brûlons de recueillir dès maintenant les fruits si agréables et si abondants que la piété des catholiques pour Marie a maintes fois produits dans Ses manifestations éclatantes. Qu’à Votre appel donc, à Vos exhortations et sous Votre conduite, les fidèles, surtout en ce mois qui approche accourent et s’assemblent autour des autels solennellement ornés de l’auguste Reine et de la Mère de bonté ; qu’ils Lui tressent et Lui offrent filialement des guirlandes mystiques, suivant le rite si répandu du Rosaire. Nous laissons entières et nous ratifions les prescriptions déjà édictées par Nous-même, ainsi que les indulgences concédées (15).
Quel état, quelle utilité dans ce concert de louanges et de prières qui s’élèvera par les villes, par les bourgs, par les villages, sur terre et sur mer, dans toute l’étendue de l’univers catholique, et que feront retentir des centaines de milliers d’âmes pieuses, saluant Marie à toute heure d’un cœur et d’une voix, implorant Marie, espérant tout par Marie ! Que l’universalité des fidèles Lui demande d’intercéder auprès de Son Fils pour que les nations dévoyées reviennent aux institutions et aux principes chrétiens, qui constituent la base du salut public et qui donnent une abondante floraison de la paix si désirée, et du vrai bonheur.
Que les fidèles Lui demandent aussi instamment le bien qui doit être le plus souhaité de tous, la liberté pour l’Église, leur Mère, et la paisible possession de cette liberté dont elle n’use qu’en vue de procurer aux hommes le souverain bien, et dont jamais ni particuliers ni États n’ont souffert dommage, mais dont ils ont toujours recueilli les bienfaits les plus grands et les plus nombreux.
Que Dieu Vous prodigue enfin, Vénérables Frères, par l’intermédiaire de la Reine du Très Saint Rosaire, les faveurs et les grâces célestes qui vous donneront des secours et un accroissement continuel de forces pour le saint accomplissement des devoirs de la charge pastorale. En gage et en témoignage de quoi, recevez la Bénédiction Apostolique que Nous Vous accordons très affectueusement, à Vous, à Votre clergé et aux peuples confiés à vos soins.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 22 septembre de l’année 1891, la quatorzième année de Notre Pontificat.
LÉON XIII, Pape.
Notes :
(1) I Thess., V, 17.
(2) II Thess., III, 2.
(3) Act., XII, 5.
(4) Luc., XXII, 43.
(5) III q. XXX, a. 1.
(6) Joan. I, 17.
(7) Ex sacr. Liturg.
(8) S. August. Ép. CXCIV, al. 105 ad Sixtum, c. V, n. 19.
(9) Éphés. V, 25, 27.
(10) S. Th. II 11, q. LXXXIII, a. 2, ex S. Greg. M.
(11) II Corinth., VII, 1.
(12) Hébr., V, 7.
(13) Phillip., III, 20.
(14) Corinth., XII, 25-27.
(15) Cf. Epistola Encyclica Supremi Apostolatus, die 1 septemb. anno MDCCCLXXXIII ; Epistola Encyclica Superiore anno, die 30 aug. an. MDCCCLXXXIX ; Décret. S. R. C. Inter plurimos, die 20 aug. an. MDCCCLXXXV ; Epistola Encyclica Quamquam pluries, die 15 aug. an. MDCCCLXXXIX.
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du Pape Léon XIII, sur le patronage de saint Joseph et de la Très
Sainte Vierge qu’il convient d’invoquer à cause de la difficulté des
temps.
mardi 21 avril 2020
Promesses faites par la Très Sainte Vierge à Saint Dominique et au bienheureux Alain De la Roche en faveur des personnes dévotes au Chapelet ou Rosaire
Elles verront toutes leurs prières exaucées. — Elles auront ma spéciale protection et des grâces de choix. — Elles seront puissantes contre le vice, l'hérésie et le démon. — Elles seront vertueuses, obtiendront miséricorde et aimeront Dieu. — Elles ne seront jamais abandonnées de moi. — Elles n'iront point en enfer. — Elles trouveront durant la vie et à la mort, réconfort et lumières célestes. — Elles ne mourront point sans les sacrements. — Elles seront délivrées du purgatoire le jour de leur mort. — Elles jouiront au ciel d'une gloire particulière. — Elles obtiendront tout ce qu'elles demanderont en récitant le chapelet. — Elles auront, comme frères, en la vie et en la mort, les élus du ciel. — Elles seront assistées par moi, dans toutes leurs nécessités. — Elles seront mes enfants bien-aimées. — Elles auront, dans la dévotion au Rosaire, un signe certain de salut. — Ces promesses prouvent que la dévotion au chapelet ou rosaire et encore plus avantageuse aux vivants qu'aux défunts.
(Extrait de Livre d'or des âmes du Purgatoire).
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dimanche 15 décembre 2019
VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Mère de Dieu
Il n'est point de véritable Serviteur de Dieu, qui ne se fasse un aimable devoir d'honorer sa sainte Mère d'un culte singulier. Peut-on penser aux grâces qu'elle a reçues de Dieu, et à celles qu'elle nous procure, et ne lui être pas, après Jésus-Christ, totalement dévoué ? On ne doit passer aucun jour, sans lui donner quelques témoignages d'honneur ; mais ce devoir devient plus indispensable les jours de Dimanches et de Fêtes.
Pour rendre à la sainte Mère de Dieu un culte qui lui plaise, et qui soit digne d'elle, il faut détester le péché, qui est le meurtrier de son adorable fils, et souhaiter ardemment d'imiter ses vertus. Si nous voulions persévérer dans nos dérèglements, et ne point travailler à acquérir les vertus dont elle nous a donné l'exemple, le culte extérieur par lequel nous prétendrions l'honorer, l'offenserait plutôt qu'il ne lui serait agréable. Il n'y a rien que nous ne puissions espérer de sa protection quand nous lui présenterons nos vœux et nos prières dans un désir sincère de devenir les véritables Serviteurs de son fils et ses parfaits imitateurs.
Vertus de la Vierge à imiter, tirées de saint Ambroise, livre des Vierges
Elle était Vierge de corps et d'esprit, humble de cœur, grave en ses paroles, prudente en ses conseils, appliquée au travail, retenue dans ses discours, aimant la lecture.
Elle excellait en foi, en pudeur, en piété, en silence.
Jamais elle n'a offensé ses parents, méprisé les petits, raillé les faibles, rejeté les pauvres.
Elle avait pour principe de ne chercher que Dieu, de vivre en solitude, de ne faire peine à personne, de faire du bien à tous, d'honorer les personnes âgées, de ne point porter envie à ses égaux, de fuir la vaine gloire, d'aimer la vertu, de suivre en tout la droite raison.
Il n'y avait rien d'immodeste dans son marcher, dans son air, dans son parler, dans son entretien, dans son regard, dans ses actions.
Ce serait une sainte pratique les jours de Dimanches et de Fêtes, hors le temps des Offices publics, de passer quelques moments dans quelque Chapelle, ou auprès de quelque Autel consacré à Dieu sous son nom, ou même auprès de quelqu'une de ses Images. On pourrait s'appliquer à la méditation de quelqu'un de ses Mystères, ou de quelqu'une de ses vertus, en la regardant comme un modèle dont nous devons être les copies. On pourrait aussi réciter les Vêpres, quelque partie de son Office, ou quelqu'autre prière vocale en son honneur ; mais il faut que le cœur s'accorde avec la langue.
Chapelet, Rosaire
La manière d'honorer la Sainte Vierge par la récitation du Chapelet et du Rosaire, est d'autant plus recommandable qu'ils sont composés des excellentes prières, le Pater et l'Ave Maria, et qu'ils sont destinés, du moins le Rosaire, pour honorer les Mystères de Jésus-Christ, où la Sainte Vierge a eu beaucoup de part. On répète souvent les mêmes prières dans la récitation du Rosaire et du Chapelet pour marquer l'ardeur avec laquelle on prie ; mais il est à craindre qu'on ne manque souvent d'avoir cette ardeur. La coutume y a d'ordinaire trop de part. On propose ici la manière dont il faut s'acquitter de cette dévotion pour le faire avec fruit.
Manière de réciter le Chapelet
En commençant votre Chapelet, faites deux choses : 1. Examinez si vous êtes en état de vous adresser à la sainte Mère de Dieu, si vos louanges lui seront agréables, s'il n'y a point en vous quelque péché qui vous rende le meurtrier de son Fils. Si cela est, concevez-en la plus vive horreur, et demandez par son intercession une véritable conversion.
2. Outre l'intention générale d'adorer Dieu, d'honorer la très-sainte Vierge, proposez, vous quelque intention particulière qui regarde la gloire de Dieu ou votre salut, comme serait la victoire de quelque tentation, ou l'acquisition de quelque vertu.
En continuant votre Chapelet, arrêtez-vous de temps en temps, afin d'empêcher la dissipation. Mêlez quelques courtes réflexions, bu quelques actes. Renouvelez la bonne intention. Ne croyez pas que le plus avantageux pour vous soit de réciter plusieurs dizaines à la fois. Il vaut mieux en dire moins, et les dire avec plus d'attention et de dévotion. Vous pouvez vous exciter à des sentiments à peu près semblables à ceux que nous allons marquer
Sur la Croix
Au nom du Père, etc.
C'est en votre Nom, Trinité adorable, que je vais réciter cette prière pour honorer celle qui est votre fille bien-aimée, Père éternel ; votre digne Épouse, Esprit-Saint. Donnez-moi toutes les saintes dispositions pour m'en acquitter dignement.
Je crois en Dieu le Père, etc.
Je récite, ô mon Dieu, le Symbole de la foi ; augmentez ma foi, rendez-la vive et agissante.
Sur les gros grains
Notre Père, etc. Que je ne me contente pas de prononcer ces paroles de bouche. Que je les dise comme vous les disiez, Vierge sainte. Je vous appelle mon Père, ô mon Dieu ! suis-je votre enfant, etc. Pesez les paroles du Pater.
Sur les petits grains
Je vous salue, Marie, etc. Ces paroles sont belles, mais sont-elles belles dans ma bouche ? Que n'ai-je les sentiments de l'Ange Gabriel et de sainte Élisabeth en les récitant ? Que j'entre dans l'esprit de l'Église qui a ajouté les dernières paroles de cette excellente salutation : je vous salue Marie, pleine de grâce, c'est cette plénitude que j'honore singulièrement.
À chaque dizaine
Je vous offre, Vierge sainte, cette dizaine pour honorer une telle prérogative qu'il a plu à Dieu de vous accorder, et pour obtenir par votre intercession une telle vertu. Que j'aie toute l'attention et toute la dévotion que je dois avoir.
À la fin du Chapelet
Vierge sainte, que je n'oublie pas l'honneur que j'ai eu de m'entretenir avec vous, que je ne perde pas le fruit de ma prière ? Pardonnez- moi, mon Dieu, les fautes que j'ai faites.
Manière de réciter le Rosaire
On réciterait parfaitement le Rosaire, si l'on pratiquait exactement ce que nous venons de marquer pour la récitation du Chapelet ; mais il faut de plus en récitant chaque dizaine avoir soin d'y joindre quelques réflexions sur le Mystère joyeux, douloureux, ou glorieux qui répond à cette dizaine. On peut se servir des petits livres du Rosaire. Il faut du moins au commencement de chaque dizaine appliquer un moment son esprit et son cœur à la considération du Mystère.
Mystères joyeux
1. Annonciation. L'amour de Jésus-Christ pour les hommes, son anéantissement. La pureté, l'humilité, la divine maternité de la Vierge.
2. Visitation. La charité et l'humilité de la Vierge, les louanges que lui donne Élisabeth, la sanctification de saint Jean, le Cantique d'actions de grâces de Marie, le Magnificat.
3. Nativité de Jésus. La pauvreté, les abaissements, les douleurs de l'enfant Jésus. Les adorations que lui rendent Marie, Joseph, les Anges et les Pasteurs.
4. Purification de la Vierge. Marie se soumet à la loi de la Purification sans y être obligée. Jésus présenté au Temple. Siméon le bénit. Anne la Prophétesse publie ses louanges.
5. Jésus trouvé dans le Temple. La douleur de Marie et de Joseph, d'avoir perdu Jésus, et leur joie quand ils l'ont trouvé. L'application unique de Jésus à ce qui intéresse la gloire de son Père. Son détachement de ses parents.
Mystère douloureux
1. La prière de Jésus au jardin. Il s'abandonne à la crainte, à l'ennui, à la tristesse. Il prie avec humilité, confiance et persévérance. Il demande que la volonté de son Père s'accomplisse, et non pas la sienne.
2. Flagellation. Combien ce tourment est cruel, combien les péchés et surtout l'impureté, sont horribles. La manière dont Jésus endure.
3. Couronnement d'épines. Le Roi de gloire ne peut être plus humilié. La douleur causée par les perçantes épines ne peut être plus vive. Ce que méritent notre orgueil et nos mauvaises pensées.
4. Le portement de Croix. Jésus accablé sous le poids de sa croix. Simon de Cyrène lui aide à la porter. Ne surchargeons pas Jésus-Christ. Portons sa croix en portant les nôtres.
5. Le crucifiement. Jésus cloué et élevé en croix, insulté par un des voleurs et par les assistants, abandonné de son Père, abreuvé de fiel et de vinaigre, expirant pour nous donner la vie.
Mystères glorieux
1. Résurrection. Jésus ressuscite plein de gloire, se fait voir à ses Disciples, et nous donne le modèle de la résurrection spirituelle, l'espérance de la résurrection glorieuse.
2. Ascension. Jésus va s'asseoir à la droite de son Père, et nous prépare une place. La gloire de son triomphe. L'empressement que nous devons avoir pour le suivre.
3. Descente du Saint-Esprit. Ce qu'il opère dans la sainte Vierge, les Apôtres et les Disciples assemblés. Ce qu'il opère dans les véritables fidèles.
4. L'Assomption de la Vierge. La sainteté de sa mort répond à la sainteté de sa vie ; son élévation répond à son humilité.
5. Son couronnement. Son entrée dans le Ciel ne pouvait être plus glorieuse. La Couronne qu'elle reçoit des trois divines Personnes, ne pouvait être plus magnifique. Son pouvoir auprès de son Fils.
Reportez-vous à Acte d'aveugle abandon et d'amoureuse confiance en la douce Vierge Marie, Promesses faites par la Très Sainte Vierge à Saint Dominique et au bienheureux Alain De la Roche en faveur des personnes dévotes au Chapelet ou Rosaire, Prière d'un enfant de Marie, Diverses pratiques de dévotion envers la Mère de Dieu : Rosaire, Petit office, Jeûne, Images de Marie et Scapulaire, Si un chrétien peut trop aimer et trop honorer la Sainte Vierge, Dévotion au Très Saint Rosaire, Le Chapelet ou "Petite couronne", La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Petit chapelet de l'Immaculée Conception de Marie, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l’Église, Comment un véritable enfant de Dieu peut et doit honorer la Sainte Vierge, Méditation sur la dévotion envers Marie, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Victoires, Augustissimae Virginis Mariae, Lettre encyclique du Pape Léon XIII, sur le Rosaire de Marie, Fidentem piumque, du Pape Léon XIII, pour le mois du Rosaire, Adjutricem populi, du Pape Léon XIII, pour le retour des dissidents par le Saint Rosaire, Prière à Marie, Reine du Très Saint Rosaire, Supremi apostolatus officio, du Pape Léon XIII, sur le Très Saint Rosaire, Jucunda semper expectatione, du Pape Léon XIII, sur le Rosaire de Marie, Catalogue officiel des indulgences du Rosaire, publié par ordre de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, et VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, VIE CHRÉTIENNE : Le coucher, VIE CHRÉTIENNE : Conduite pour sanctifier les Dimanches et Fêtes de l'année, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Passion de Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Mère de Dieu.
mercredi 27 novembre 2019
La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire
Ce que Pline assure de la rose, qu'elle reçoit de la nature non seulement l'office de nous embaumer de ses parfums, mais aussi d'être utile à notre santé, peut s'appliquer justement à la dévotion du Rosaire : car cette dévotion, outre le bonheur qu'elle procure à ceux qui l'embrassent, leur est très-profitable pour les guérir à la fois du mal du péché et de la peine qui lui est réservée. En voici un exemple très-convaincant.
Dans le royaume d'Arragon, une jeune fille de haute naissance, appelée Alexandra, assistant aux prédications du grand saint Dominique, se décida à entrer dans la confrérie instituée pour cet objet. Mais, livrée à la vanité mondaine, elle oubliait souvent de réciter son chapelet, préférant passer des heures entières au miroir et aux conversations inutiles. Comme elle était fort belle et gracieuse, plusieurs jeunes gens commencèrent à l'entourer de leurs hommages et à lui demander sa main, et chacun faisait de son mieux pour attirer ses regards et son cœur. Il y en avait deux surtout, d'une condition élevée, qui se montraient plus ardents à sa poursuite, et qui finirent par se défier en duel. La jeune fille était présente pour décider entre les combattants, armés chacun d'une longue lance comme pour un tournoi. Au signal donné, ils se précipitèrent l'un sur l'autre avec tant de fureur, qu'ils tombèrent tous deux à la renverse, mutuellement frappés, et ne tardèrent pas à expirer. Ce fut un sujet de vive douleur pour les deux familles ; unissant leur colère contre celle qui avait été l'occasion de ce malheur, elles se jetèrent sur elle, et la battirent jusqu'à compromettre sa vie. Baignant dans son sang, l'infortunée demandait grâce et suppliait qu'on la laissât au moins se confesser ; mais ces furieux, s'animant de plus en plus, l'achevèrent en lui coupant la tête d'un coup de sabre ; après quoi, afin d'échapper à la justice, ils jetèrent le cadavre au fond d'un puits et se sauvèrent.
Cependant, la divine Marie, mère des miséricordes, voulut récompenser les quelques actes de piété de cette malheureuse enfant envers elle ; elle révéla tous les détails du crime à saint Dominique, qui se trouvait alors dans une autre ville. Le saint fut consterné ; il serait parti aussitôt pour se rendre en ce lieu-là, s'il n'avait été retenu par les affaires de son ordre. Au bout de quelques jours seulement, il put venir au bord du puits, y plongea le regard, et, après avoir fait une prière, se mit à appeler : « Alexandra ! Alexandra ! » Ô prodige inouï ! En présence de plusieurs personnes que la venue du Père avait attirées, la morte s'anime, la tête se rapproche du tronc, et la voici qui sort pleine de vie, quoique couverte de sang ; elle se jette aux pieds de Dominique, et fait avec beaucoup de larmes une confession générale, en bénissant DIEU qui lui avait permis de se faire inscrire parmi les servantes de la Reine du ciel. Elle vécut encore deux jours, afin de pouvoir réciter un certain nombre de rosaires qui lui avaient été imposés pour pénitence. On vint la voir de tous côtés, et elle ne cessait de prêcher la dévotion à Marie.
Interrogée par le saint patriarche sur ce qui lui était arrivé après sa mort, elle raconta trois choses bien mémorables. La première, que, par les mérites de la confrérie du Rosaire, elle avait eu la grâce de la contrition au moment d'expirer, sans quoi elle eût été damnée. Secondement, quand on lui tranchait la tête, elle s'était vue assaillie d'une troupe de démons hideux qui voulaient l'emporter en enfer, lorsque Marie était accourue à son aide et l'avait délivrée. En troisième lieu, elle avait été condamnée parla divine justice, à deux cents années de purgatoire pour avoir causé la mort des deux jeunes gens ; en outre, à cause de ses parures vaines et immodestes, qui avaient été à beaucoup une occasion prochaine de péché, elle avait à endurer encore cinq cents autres années de souffrances. « Mais j'espère, ajouta-t-elle, que les confrères auxquels je m'étais associée pour honorer Marie prieront pour moi avec tant de ferveur, que ce temps de terrible épreuve sera miséricordieusement abrégé. »
Elle mourut de nouveau, après avoir donné les marques de la plus édifiante piété. On lui fit des obsèques solennelles. Saint Dominique prit tellement à cœur l'heureuse fin du miracle que DIEU avait opéré par lui, il fit lui-même et fit faire à d'autres tant de pénitences, de prières, d'aumônes et de jeûnes, qu'il obtint la délivrance entière d'Alexandra. Au bout de quinze jours, elle lui apparut toute éclatante de lumière, semblable à une étoile. Elle pria le saint de remercier pour elle ses confrères, qui lui avaient été autant de bienfaiteurs, et qui avaient par leurs suffrages hâté son salut. Elle ajouta aussi qu'elle venait, comme ambassadrice des âmes du purgatoire, le conjurer de prêcher et d'étendre la dévotion du Rosaire, qui leur procurait chaque jour un admirable soulagement. « Que les confrères, dit-elle, appliquent à ces pauvres âmes les indulgences et les faveurs spirituelles dont ils possèdent un trésor si abondant : ils n'y perdront rien, car les élus à leur tour intercèderont pour eux quand ils auront reçu la couronne. Les anges se réjouissent de cette dévotion, et la Reine du ciel s'est déclarée la tendre mère de tous ceux qui l'embrassent. » Dominique, ravi de cette révélation nouvelle, en fit part à ses disciples, et travailla avec un redoublement de zèle à faire réciter autour de lui le chapelet.
(V. Alain Durocher (De Rupe), Psalterium, 5e p., ch. 52 ; Eusèbe Nieremberg, Trophoe. Marian., liv. 1er ch. 29)
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