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vendredi 18 mars 2022

Le malheur du monde dans les peines de cette vie, et dans les tourments de l'autre


Mort du pécheur

Il y a trois sortes de personnes dans la terre ; il y en a qui sont uniquement à Dieu seul par le renoncement à tout ce qui n'est pas Dieu. Ces personnes, dit Saint François de Sales, sont très-rares ; et il s'en trouve si peu, que le divin Époux, quand il parle de quelqu'une de ces heureuses personnes, il l'appelle son unique colombe, comme si elle était seule. Or l'on voit dans ces personnes quelque image du Paradis, où Dieu étant toutes choses en tous, un bonheur achevé et parfait, s'y rencontre toujours. Ces personnes sont le peuple béni de Dieu, dont la bénédiction l'accompagne à la ville et aux champs, et entre et sort avec lui. Sur lequel, comme nous l'enseigne l'Écriture, il étend ses ailes comme l'Aigle sur ses petits ; dont il porte le nom écrit en ses mains, dont il conserve le souvenir que les siècles ne pourront effacer ; dont la paix est comme une puissante rivière dans son abondance, dont la joie est continuelle, au moins dans la suprême partie de l'âme, qui sera durable et affermie, qui passera par les eaux, et surnagera ; qui sera au milieu des flammes sans en être brûlé : car toutes les eaux des contradictions des hommes, des afflictions de la vie, des tourments des tyrans et des Démons ne pouvant éteindre la simplicité et pureté de son amour de Dieu seul, y demeurant incessamment uni, il y repose comme dans son centre, dans une plénitude de paix si abondante, que sainte Catherine de Gènes, pour donner quelque idée de la félicité de ces personnes, assure que si on en faisait un précis, que si on les pressait fortement, il n'en sortirait autre chose qu'une paix divine.
Il y en a d'autres qui sont à Dieu, mais qui tiennent encore imparfaitement à une autre chose qu'à Dieu ; qui ne peuvent pas dire comme Saint François d'Assise : Mon Dieu et mon Tout. Ces personnes ne jouiront jamais de la paix divine des premiers. Pour peu que le cœur de l'homme se repose autre part que dans son centre qui est Dieu seul, il est tourmenté : ainsi ces personnes, quoique vertueuses, sont sujettes à bien des chagrins, ont bien des mécontentements. C'est ce qui est cause que l'on en rencontre peu qui soient dans une joie continuelle, à laquelle l'Apôtre exhorte ; qui ne contient jamais que des moments d'une paix divine, même au milieu de tout ce qu'il y a de plus affligeant en la vie ; parce qu'il y en a peu qui se contentent de Dieu seul.
Mais enfin il y en a d'autres, et c'est ce que l'on appelle le monde, qui sont vides de Dieu, plongées dans l'amour d'elles-mêmes et des autres créatures, toutes pleines des désirs du siècles et de ses vanités ; et celles-là sont malheureuses en cette vie et en l'autre. Bienheureux est l'homme, dit le Psalmiste, qui ne s'est point laissé aller au conseil des impies, qui ne s'est point arrêté dans la voie des pécheurs, et qui ne s'est point assis dans la chaire de contagion et de la peste ; mais qui au contraire met tout son affect ou en la Loi du Seigneur, et qui la médite le jour et la nuit. Il sera semblable à un arbre planté sur le bord des eaux courantes, qui portera son fruit en son temps. Sa feuille ne tombera point ; et tout ce qu'il fera, réussira heureusement. Après cela ce saint Roi s'écrie : Il n'en est pas ainsi des impies, il n'en est pas ainsi ; mais ils seront semblables à la poussière que le vent emporte de dessus la terre.
Ils seront le jouet des Démons dont ils sont les esclaves, comme nous l'avons remarqué dans le Chapitre précédent, ils les mèneront selon leur volonté ; et comme le diable est leur chef, qu'ils en sont les membres, ils seront animés de son esprit turbulent, inquiet, furieux, agité, troublé et toujours dans la peine. Les pécheurs, dit saint Pierre, tenant des discours pleins d'orgueil et de folie, promettent la liberté, quoiqu'ils soient eux-mêmes esclaves de la corruption ; parce que chacun est esclave de celui qui l'a vaincu, comme nous l'avons encore dit. Ce droit, dit un Interprète, est le droit de la guerre, et ce droit se trouve dans le péché et dans la concupiscence, et dans les démons à l'égard des pécheurs ; et pour peu que l'on cède à ces maîtres, ils augmentent leur domination, en sorte que le monde pécheur ayant pour maître le péché, la concupiscence et le démon, il est étrangement tyrannisé, tantôt par ses passions qui l'emportent comme le vent la poussière ; quelquefois en des agitations furieuses de dépit, de colère et de haine ; quelquefois en des soins inquiets et pleins de troubles, des biens et des richesses ; d'autres fois en des désirs des satisfactions sensuelles qui ne les laissent jamais en repos.
Le pécheur, dit l'Écriture, sera revêtu au-dehors, et rempli au-dedans de malédictions. car n'est-il pas bien juste, que celui qui a Dieu pour ennemi, ait pour partage l'horreur et la désolation ? Et comme les plus grands maux deviennent de grands biens à ceux qui aiment Dieu, les plus grands biens lui deviennent de grands maux.
Les impies ont beau crier : La paix, la paix. Le Seigneur a dit : Il n'y a point de paix pour les impies ; car le véritable repos ne se trouve qu'en Dieu seul, dont ils sont privés du divin amour. Et comment pourraient-ils se reposer entre les bras de celui à qui ils font une cruelle guerre ? Leurs prospérités sont pour eux de grandes peines. Ils trouvent la douleur dans leurs plaisirs ; et tous les efforts qu'ils font à se procurer de la satisfaction, leur causent mille inquiétudes.
Le monde a beau faire, qu'il aille où il voudra, qu'il prenne des ailes, pour parler avec le Psalmiste, pour voler vers l'orient, et qu'il habite vers l'extrémité de la mer, qu'il parcoure toute la terre et toutes les mers, qu'il jouisse de toutes les grandeurs qui s'y trouvent, des plaisirs que l'on y peut rencontrer, qu'il soit en pouvoir d'y prendre toutes les satisfactions que l'on y peut goûter, et qu'il ne se dénie rien de ce qui lui est agréable, il ne sera pas encore content, et il y aura bien des choses qui le feront peine. Aussi depuis la création de l'Univers, il n'a pu encore faire un homme parfaitement content. Qu'on lise toutes les Histoires, et on n'y trouvera pas une seule personne entièrement satisfaite. Il n'a point de richesses sans épines, il n'a point de douceurs sans amertume, il n'a point de grandeurs sans tourment.
Il n'y a nul âge ; nul sexe, nulle condition, qui soient exempts de souffrances : mais si le monde souffre dans ce qu'il a de plus doux et de plus agréable, quelle sera son affliction au milieu des maux qui l'environnent de toutes parts ! Quelles tristesses, quelles désolations dans la perte des biens, des charges, des femmes, des enfants, et des autres personnes que l'on aime ! Comme il est sans vue de Dieu, et sans son divin amour, sans la vue des vérités qui servent à modérer les maux de la vie, qu'il ne médite pas, il se donne en proie à la douleur, et il boit un fiel bien amer, sans le mélange des douces consolations des serviteurs de Dieu. Il demeure sans secours, et il boit de la coupe du vin de la colère du Seigneur jusqu'au fond de la lie. S'il est malade, il est dans des impatiences furieuses, il est dans des chagrins insupportables, et des inquiétudes assommantes, quand il lui arrive des maux qui l'affligent. Il est tourmenté pendant le jour ; et la nuit qui est destinée pour le repos, ne le laisse pas sans peines.
Mais qui pourrait dire les amertumes du monde, quand il faut sortir de cette vie ? Il voit que son heure est venue, il voit qu'il faut partir. Il regarde que ses attachements, dont il a dit tant de fois qu'il ne pouvait se déprendre, vont être rompus. Il connaît qu'une nécessité indispensable l'oblige de se séparer de ce qui l'arrêtait et l'empêchait d'aller à Dieu. Quelle horreur de quitter par force ce que jamais on n'a voulu lui donner par amour ! On lui arrache tout d'entre les mains, ses biens, ses amis ; il faut entrer dans une privation générale de toutes choses sans la moindre réserve. Mais quels saisissements de frayeur et d'horreur, s'il n'est point dans l'insensibilité dont nous parlerons, à la vue de l'éternité où il va entrer ? Il est certain qu'il y a un Paradis et un Enfer dans cette éternité : mais quelle espérance peut-il avoir du bonheur éternel du Paradis, après s'être écarté du chemin qui y conduit ? Toutes les apparences ne sont-elles pas qu'il s'en va dans le malheur infini de l'Enfer, après avoir tenu la voie de la perdition ? Ô quels transissements pour lors, quelles terreurs, quelle désolation !
Ces peines du monde durant la vie présente seront suivies des tourments dans la malheureuse éternité, qui ne se peuvent ni expliquer, ni être comprises. Hélas ! cela est bientôt dit, être damné ; mais c'est ce qui passe toute pensée. Ô monde ! ô monde ! il faut bien dire que ton malheur est bien grand, puisqu'il est incompréhensible.

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Le malheur du Monde dans son insensibilité, Le malheur du Monde en ce que le démon en est le Prince, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu, Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.














jeudi 25 novembre 2021

C'EST UNE ERREUR DE S'EN REMETTRE SUR LES AUTRES DU SOIN D'APAISER LA COLÈRE DE DIEU


Sainte Catherine de Gênes

En qui mettez-vous votre confiance ? Voilà que vous vous appuyez sur un roseau ! (Isaïe, XXXVI, 6)

La bienheureuse Catherine de Gênes avait coutume de dire cette mémorable parole : « Celui qui se purifie de ses fautes dans la vie présente satisfait avec un sou à une satisfaction de mille ducats, et celui qui attend pour s'acquitter au jour de l'autre vie se résigne à donner mille ducats pour un sou qui lui aurait suffi en temps opportun. » Ce qui veut dire qu'ici-bas nous pouvons aisément apaiser la colère divine, par des œuvres peu coûteuses, tandis qu'alors c'est à peine si nous le pourrons faire avec une expiation qui fait frissonner la nature. Il ne s'agit pas non plus de mettre sa confiance dans les autres, et de se dire tranquillement qu'ils prieront pour nous, lorsque nous n'avons pas le courage de le faire dans notre intérêt personnel. Oui, il vaut infiniment mieux dire une seule fois, pendant la vie, Miserere mei Deus, que de répéter cent fois, étant mort : « Miseremini, saltèm vos amici mei, miseremini mei ! Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous du moins qui fûtes mes amis ! » David, après sa chute, récita utilement le Miserere qu'il avait composé : le Mauvais riche de l'Évangile le répéta inutilement quand il fut mort ; ce cri de douleur ne lui servit de rien, parce qu'il n'était plus temps. Cette réflexion doit être suggérée principalement aux gens du monde, qui s'occupent si peu de leur salut ; elle n'est pas inutile aux bons chrétiens, ni même aux religieux, qui trop souvent perdent de vue, dans la pratique, les saintes terreurs du jugement final.
Le vénérable Denys-le-Chartreux, également illustre pour sa science et pour sa sainteté, assista à la mort d'un pieux novice, dans la chartreuse de Ruremonde.
Ce jeune homme, averti de songer au suprême départ, montra une grande terreur du purgatoire, parce qu'il se souvenait de n'avoir pas accompli l'obligation contractée par lui volontairement, de réciter deux fois le psautier tout entier. Afin de l'encourager dans ce pénible moment, Denys lui promit qu'il s'acquitterait lui-même, en son nom, de ce vœu, et il en avait très sincèrement l'intention. Mais la multitude de ses affaires, comme supérieur, les correspondances assujettissantes et sans nombre que son zèle pour les âmes lui faisait entretenir, lui firent oublier bientôt sa promesse. L'âme du défunt le vint trouver alors ,toute triste, toute désolée, disant ces simples mots : « Pitié, pitié ! Miserere mei ! » Étonné et en même temps confus, le bon Père voulait expliquer la cause de son omission et montrer que ce n'était point défaut du cœur ; mais l'âme lui cria aussitôt 'd‘un ton suppliant : « Ah ! si vous enduriez la millième partie de mes tourments, vous n'admettriez pas plus que moi l'excuse en apparence la plus légitime, et en ce moment même-vous ne diffèreriez pas d'une seconde. »
Le même religieux tomba dans un autre oubli, dont l'histoire ne paraîtra pas moins remarquable. Lorsqu'il reçut la nouvelle de la mort de son père, il en ressentit une vive affliction à cause du grand amour qu'il lui portait et de la reconnaissance qu'il lui avait vouée pour le bienfait de son éducation. Désireux de savoir en quel état se trouvait, par-delà le tombeau, cette chère âme pour laquelle il eût tout fait, il supplia le Ciel de le lui faire connaître. Un soir principalement qu'après l'office des vêpres il s'était retiré dans l'oratoire de sa cellule et que là, seul, il priait avec une ferveur tout extraordinaire la divine Bonté de ne lui pas refuser cette consolation, il entendit clairement une voix qui lui disait : « Pourquoi donc te laisser tenter de cette vaine curiosité ? combien il vaudrait mieux employer le mérite de tes oraisons, non plus à savoir en quel état se trouve ton père, mais à le délivrer s'il est dans les flammes du Purgatoire ! Ces oraisons lui seraient utiles alors, et à toi aussi. » Cette réflexion lui fut un avertissement précieux ; il changea de pensée, et appliqua toute son ardeur à demander la délivrance de cette âme et son admission dans le séjour du repos. Certes, il ne tarda pas à s'assurer que ce parti était de beaucoup le meilleur : car, la nuit suivante, il vit en songe l'âme de son père, que deux démons plongeaient au milieu d'une fournaise brûlante, et qui, se tournant vers lui, criait de toutes ses forces : « Miserere mei ! pitié, pitié ! ô mon cher fils, ayez compassion de mon état, et que vos bonnes prières me viennent promptement en aide ! Accomplissez pour moi des pénitences, des œuvres pieuses, hâtez-vous, ne perdez pas de vue, un seul instant, cette intention de piété filiale. » Le religieux redoubla de ferveur, jusqu'à ce qu'il sût avec certitude, et par une voie miraculeuse, qu'il avait procuré cette délivrance. »
Ces apparitions, et d'autres du même genre, augmentèrent la dévotion de Denys pour les âmes du purgatoire, et il chercha toujours à l'inspirer à ses moines par ses exhortations quotidiennes. À la mort du célèbre Jean de Louvain, bien que la sainte vie qu'il avait menée fit espérer qu'il n'avait pas grand besoin de suffrages (il avait été un prélat de mœurs exemplaires, défenseur incorruptible de la justice, propagateur zélé de l'Évangile, préférant toujours le bien des autres à son avantage personnel), les Chartreux ne manquèrent pas de prier beaucoup pour son âme. Il avait été leur bienfaiteur, comme celui de plusieurs autres monastères, auxquels il distribuait une partie des aumônes dont il disposait. L'abbaye de Buremonde avait reçu beaucoup de ces sommes. Il avait voulu y être enterré, au milieu du chœur, afin de jouir encore, en quelque façon, de la compagnie des Chartreux après sa mort. Un personnage de tant de vertu et de charité ne put cependant éviter l'épreuve du purgatoire, peut-être à cause des nombreux bénéfices qu'il avait possédés, source d'obligations auxquelles on peut ne pas songer, et au sujet desquelles on se repait d'illusions. Ce qui est certain, c'est que deux fois il fut montré manifestement à ses amis qu'il avait besoin d'intercession. La première, pendant l'office même de ses funérailles, où une nuée épaisse et en même temps enflammée environna tout-à-coup le catafalque. Denys, à cette vue, resta tout interdit, ne sachant s'il devait interpréter ce feu comme celui de l'enfer ou comme celui du purgatoire. Le démon ne manqua pas de lui suggérer que c'était le feu de la damnation, afin de le faire désister de ses prières en faveur du défunt. Néanmoins il les continua toute l'année, sans interrompre aucune des bonnes œuvres qu'il avait entreprises dans ce but. Comme il y avait fondation annuelle, au jour anniversaire ou chanta encore l'office pour Jean de Louvain. Au même moment que la première fois, c'est-à-dire au Benedictus, la nuée et le globe de feu apparurent encore de la même manière, mais beaucoup moins épais et moins effrayants : d'où le saint religieux inféra à bon droit que DIEU faisait connaître par ce signe l'adoucissement apporté aux souffrances du défunt, quoiqu'il fût retenu encore loin du ciel. Les suffrages furent donc continués avec plus de confiance, et en effet, au second anniversaire, une belle et éclatante lumière brilla sur le catafalque et remplit toute l'église de ses rayons. Le prélat était donc admis dans la troupe trois fois bénie des élus.
Songeons, nous qui lisons ceci, qu'il faut préparer nous-mêmes notre jugement, et ne point laisser aux autres la charge de l'adoucir : car ce serait un calcul à la fois imprudent et trompeur. (V. Acta Sanctorum des Bollandistes, 2 mars, Vie de Denys-le-Chartreux)

(Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire, par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus)


Reportez-vous à Conclusion sur la dévotion aux âmes du Purgatoire, L'affection pour les amis et les parents meurt point avec eux, Communion sainte entre la terre et le Purgatoire, Zèle de Saint Louis Bertrand pour les âmes du Purgatoire, Purgatoire imposé à ceux qui résistent à la Parole de Dieu, Double prodige des âmes du purgatoire : Vous qui dérobez, vous serez dérobé vous-même, Les âmes délivrées venant au-devant de leurs bienfaiteurs, La peine du Purgatoire prolongée jusqu'à l'acquittement des dettes, Combien Dieu aime qu'on prie pour ses parents défunts, Les âmes du Purgatoire demandent un souvenir, Récompense assurée à l'aumône pour les âmes du Purgatoire, L'or et l'argent des vertus doivent souvent être purifiés par le feu, Protection spéciale de Marie : le zèle pour les âmes du Purgatoire récompensé, Efficacité de la prière des justes en faveur des âmes du Purgatoire : L'exemple de Sainte Thérèse d'Avila, Combien la prière est utiles aux âmes du Purgatoire, L'intercession des Justes apaise la colère divine, Les souffrances de cette vie ne sont pas comparables à la gloire future, Vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps, Le Seigneur révèle les mystères du royaume de la mort, Dieu instruit les vivants sur les mystères de l'autre vie, L'amour du prochain doit s'étendre au-delà de cette vie, Prière pour les morts, Instruction sur la Fête de la Commémoration des Morts, Prière pour le repos de l'âme d'une pieuse mère, L’œil de la justice divine, Plaintes douloureuses des âmes du purgatoire, La crainte du Purgatoire fait taire la volupté, Combien effrayants sont les tourments du Purgatoire, Le Fils de l'homme rendra à chacun selon ses œuvres, Apparitions et Révélations, le témoignage de Saint Thomas d'Aquin sur les âmes du Purgatoire, Protection miraculeuse, Rigueur de la justice divine, Un Purgatoire plus long à qui n'a pas prié pour les morts, Accusations du démon contre les morts, Prière à Marie pour lui demander sa protection à l'heure de la mort, Prière pour obtenir une bonne mort, Supplications à Marie pour les âmes du Purgatoire, La divine Marie et le scapulaire, Suffrages conformes aux bonnes œuvres accomplies pendant la vie, Grand pécheur délivré par une âme du purgatoire, Si vous faites du bien, vos bienfaits vous attireront de grandes grâces, Prière à Marie pour ses parents en Purgatoire, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Reconnaissance des âmes du Purgatoire ou comment les âmes du Purgatoire interviennent aussi pour leurs bienfaiteurs dans les choses temporelles, Bonté des Anges pour les pauvres âmes du Purgatoire, Dévotion aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Valeur du Saint Sacrifice en faveur des âmes du Purgatoire, Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes, Protection des âmes du Purgatoire, Une âme souffrant le tourment du feu pour avoir écouté plutôt les conseils du sang que ceux de la piété, La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Sainte usure de ceux qui appliquent leurs œuvres au soulagement des défunts, Celui qui souffre pieusement ici-bas va tout droit au repos éternel,Reconnaissance des âmes pour leurs bienfaiteurs, Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du PurgatoireComment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Pour que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.














vendredi 31 juillet 2020

De la pureté d'intention


Sainte Catherine de Gênes
Si votre œil est simple, dit Jésus-Christ, tout votre corps sera lumineux. L'intention est l'œil de l'âme, puisqu'elle est le motif qui la fait agir, le but qu'elle se propose, le flambeau qui l'éclaire et la dirige. Si cet œil est simple, c'est-à-dire si l'intention est pure, si elle ne regarde que Dieu, si elle n'est pas double, et si elle ne se replie point sur nos propres intérêts, tout notre corps, c'est-à-dire toutes nos actions seront saintes, et participeront à la vraie lumière, qui est Dieu.
La simplicité de l'intention en suppose la droiture et la pureté. L'intention est droite quand on ne cherche point à se tromper soi-même, quand on agit de bonne foi, quand on fait tout ce qu'on peut pour connaître et suivre la vérité. Cette droiture d'intention est bien rare parmi les hommes. Les erreurs, les préjugés, les passions, les vices, et même les moindres défauts, y donnent de grandes atteintes, et rendent la conscience fausse, souvent sur des objets très importants. Tant qu'on ne sera pas en garde et toujours en garde contre l'amour-propre, le plus dangereux des séducteurs, on aura toujours sujet de se défier de la droiture de ses vues, et l'on ne sera pas exempt de tout reproche à cet égard.
L'intention est pure lorsqu'elle n'est point mélangée, lorsque Dieu seul en est l'objet, et qu'elle n'est infectée d'aucune vue d'amour propre. Cette pureté a ses degrés, et elle n'est parfaite que dans les plus saintes âmes : c'est même dans cette pureté d'intention que consiste proprement la sainteté. Tant qu'on aime Dieu avec quelque retour sur soi-même, qu'on ne l'aime pas uniquement pour lui ; tant qu'on regarde le propre intérêt de son service, qu'on se cherche soi-même, si peu que ce soit; tant qu'on envisage la perfection par rapport à soi, même au bien spirituel qui nous en reviendra ; en un mot, tant que le moi entre pour quelque chose dans notre intention, elle est, je ne dis pas criminelle ni même mauvaise, mais mêlée d'imperfection et d'impureté ; elle n'a pas cette éminente simplicité qui est si agréable à Dieu.
La simplicité d'intention exclut absolument toute multiplicité ; elle ne se porte pas sur plusieurs objets, mais sur un seul, qui est Dieu ; et dans Dieu même elle n'envisage que sa gloire, son bon plaisir, l'accomplissement de sa volonté. L'intention simple est toute pour Dieu ; l'âme ne s'y regarde point, ne s'y compte pour rien ; ce n'est pas qu'elle exclue ses véritables intérêts, à Dieu ne plaise ! mais elle n'y fait pas attention, elle les oublie ; elle va jusqu'à les sacrifier, si Dieu la met dans le cas de faire ce sacrifice ; et elle consent de tout son cœur à le servir pour lui-même, sans espoir de retour. Quand on en est là, l'intention est parfaitement simple et pure ; elle communique aux actions même les plus petites une valeur inestimable ; Dieu les agrée, les adopte, se les approprie, comme faites uniquement dans la vue de lui plaire; et l'on peut juger si, quand le moment en sera venu, il les récompensera libéralement. Je le dis hardiment : la moindre chose faite avec cette pureté est d'un plus grand prix aux yeux de Dieu que les plus grandes actions, les plus pénibles, les plus mortifiantes pour la nature, s'il y entre le plus petit mélange de propre intérêt. C'est que Dieu ne regarde point à la matière de nos actions, mais au principe d'où elles partent ; et que ce n'est pas ce que nous faisons qui le glorifie, mais la disposition de notre cœur en agissant. Nous avons peine à concevoir cela, parce que nous ne pouvons pas nous dépendre de nous-mêmes, et que le malheureux amour-propre se glisse partout, corrompt et empoisonne tout. Mais au fond la chose est et doit être ainsi ; et, si nous voulons réfléchir sur nous-mêmes, nous verrons que, dans les services qu'on nous rend, nous suivons la même règle que Dieu ; que nous estimons moins ces services parce qu'ils sont en eux-mêmes que par l'affection avec laquelle on nous les rend, et que cette disposition intérieure en fait le principal mérite. La différence qu'il y a entre Dieu et nous, c'est que nous ne connaissons pas avec assurance la disposition du cœur, et que Dieu la voit. Mais, du reste, nous voulons comme lui être aimés, être servis pour nous-mêmes ; c'est là ce qui nous rend chères et précieuses les moindres attentions ; enfin, nous aimons plus la volonté de nous obliger sans le bienfait, que le bienfait sans la volonté de nous obliger.
Nous ne méritons pas qu'on nous aime et qu'on nous oblige pour nous-mêmes ; et c'est une injustice, c'est un vol que nous faisons à Dieu, quand nous voulons qu'on nous aime ainsi; mais Dieu le mérite, et il a seul droit de prétendre à un tel amour ; il y a droit à toutes sortes de titres, quand même, par une bonté infinie, il ne se serait pas engagé à nous en récompenser.
Mais que faut-il faire pour parvenir à cette pureté d'intention ? Une seule chose : ne point se conduire soi-même, ne disposer en rien de soi-même, mais se laisser entre les mains de Dieu, le prier qu'il nous gouverne, non-seulement pour le dehors, mais encore plus pour le dedans ; qu'il s'empare de notre esprit et de notre cœur ; qu'il nous inspire des pensées, des affections, des motifs dignes de lui ; qu'il nous purifie de ce levain d'amour-propre que nous portons dans l'intime de l'âme ; et que, par des moyens que lui seul connaît et peut mettre en usage, il nous élève par degrés à cette sublime pureté. Ces moyens sont durs à la nature, et ils doivent l'être, puisqu'ils ont pour objet de la détruire.
Il faut donc s'attendre à passer par de rudes épreuves; mais Dieu donne à une âme généreuse la force de les porter. Elle sent que ces épreuves la purifient, la détachent d'elle-même, l'unissent à Dieu sans milieu ; et ce sentiment les lui rend non-seulement légères, mais agréables et désirables : en sorte que, malgré les répugnances extrêmes de la nature, qui ne saurait consentir à sa destruction, elle les accepte et les embrasse de tout son cœur, et ne voudrait pour rien au monde s'y soustraire ni en voir la fin, avant le moment que Dieu a marqué.
Tout ce que nous avons à faire de notre côté, c'est, à mesure que nous apercevons dans nos intentions quelque chose d'humain, de naturel, d'imparfait, de le rejeter et de le désavouer, selon la lumière que Dieu nous donne. Cette lumière change suivant les divers états où nous entrons. D'abord elle ne nous montre que les imperfections les plus grossières ; bornons-nous pour lors à rectifier celles-là, et gardons-nous bien de vouloir nous mettre tout d'un coup dans une pureté de désintéressement dont nous ne sommes pas capables. Laissons faire Dieu. Ayons seulement l'intention qu'il nous purifie; secondons son action, faisons les sacrifices à mesure qu'ils se présentent ; ne prévenons rien par des ferveurs d'imagination, et soyons assurés que Dieu nous purifiera par des voies auxquelles nous ne nous attendons pas.
Mais n'est-il pas nécessaire, à chaque action que l'on fait, d'avoir une intention expresse et marquée, et de se dire à soi-même : Je fais telle chose dans telle vue ? C'est ce qu'on appelle la direction d'intention. Je réponds que quand on s'est une fois donné à Dieu, cela n'est pas nécessaire, ni même à propos. L'intention générale de plaire à Dieu, de faire sa volonté, suffit ; et l'on a toujours cette intention, dès qu'on s'est donné sincèrement à lui. Tant que le don de soi-même subsiste, l'intention subsiste aussi : il n'est pas besoin de la renouveler, ni d'y réfléchir, ni de s'en rendre, pour ainsi dire, compte à soi-même. Si l'on s'apercevait que l'on se fût repris en quelque chose, il n'y a simplement qu'à rendre à Dieu ce qu'on lui a pris après le lui avoir donné, et se remettre dans la voie de l'abandon.
Cette intention générale, qu'il est bon de renouveler chaque matin, renferme éminemment toutes les intentions particulières, et elle a seule plus de perfections que toutes les autres ensemble. Si elle est plus parfaite, elle est aussi plus avantageuse pour l'âme, et elle lui procure plus de bien que toutes les autres. Ainsi il n'est pas besoin qu'on se propose ni de satisfaire pour ses péchés par telle bonne œuvre, ni d'acquérir telle vertu, ni d'obtenir telle grâce. L'intention générale de faire la volonté de Dieu comprend tout cela, et elle a l'avantage de détourner nos regards de dessus nous-mêmes, ce que n'ont pas les autres. On ne doit donc pas être surpris lorsqu'on entend une sainte Catherine de Gênes dire qu'elle ne pouvait plus penser à gagner les indulgences. Est-ce qu'elle ne faisait pas cas des trésors de l'Église ? Ce serait un crime de le penser. Est-ce qu'elle n'avait pas l'intention générale de les gagner ? Elle l'avait sans doute. Est-ce qu'elle ne les gagnait pas, faute d'y penser expressément ? Dieu occupait sa pensée à quelque chose de mieux ; et pouvait-il refuser le pardon de ses péchés, et la participation au mérite des saints, à une âme qui ne vivait que de son amour, qui ne se gouvernait que par son esprit, qui n'avait en vue que sa gloire ?
Ayons cette intention pure dans les sens que je l'ai expliqué, ce regard simple vers Dieu, ce zèle de la gloire et des intérêts de Dieu ; ne pensons, n'agissons, ne souffrons que pour lui, et tous nos péchés nous seront remis, et nous acquerrons toutes les vertus, et nous obtiendrons toutes les grâces, et nous mettrons Dieu dans une espèce de nécessité de pourvoir en Dieu à tous nos intérêts que nous aurons négligés, oubliés, sacrifiés pour les siens. Voilà la plus sainte et la plus excellente de toutes les méthodes.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à Marthe et MarieDe la droiture et de la pureté d'intention que nous devons avoir en toutes nos actions, De ce que nous devons faire pour acquérir tous les jours une plus grande pureté d'intention, Le prix d'une âme, De la Providence de Dieu sur ses enfants, De la générosité, De l'anéantissement, Du moi humain, Conduite à tenir à l'égard des tentations, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Des tentations, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
















vendredi 15 février 2019

De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin



Extrait du Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, Tome II, par le R.P. Jean-Joseph Surin :



Sainte Catherine au service des malades



De la réformation de la mémoire




Comment est-ce que Dieu opère dans la mémoire, pour la réformer par sa grâce ?

Il prend, pour ainsi dire, possession de cette faculté, qu'on peut appellera base et le fondement de tout le bien qui se fait en l'homme ; parce qu'elle donne occasion à ses pensées, où dépendent ses raisonnements, et ses affections.
Lorsqu'il s'est rendu maître de cette puissance de l'âme, il prend soin premièrement de la vider ; secondement, de la remplir ; troisièmement, de la conduire, et de l'appliquer, comme il convient, au plus grand avantage de l'homme.


Comment est-ce que Dieu vide la mémoire ?


Quand Dieu fait entrer l'homme dans la voie parfaite, et qu'il veut opérer en lui d'une manière surnaturelle et extraordinaire, il commence par agir dans la mémoire, qu'il réduit et qu'il attache, pour ainsi dire, au seul souvenir de Dieu, ne lui laissant d'idée de toutes les autres choses qu'autant qu'il est nécessaire pour ne pas oublier ses devoirs, et pour être en état de remplir ses obligations. L'homme ainsi vidé de tous les objets humains et ordinaires, se sent abîmé en Dieu, et absorbé dans son amour, il se regarde dans le monde comme un étranger dans un pays inconnu. En cet état, il ne pourrait pas quand il le voudrait, se mettre en peine de ce qu'il doit faire, ni de ce qu'il doit dire ; parce qu'il sent en soi-même l'accomplissement de cette promesse du Fils de Dieu. Ne songez point, ni comment vous parlerez, ni à ce que vous direz : car ce que vous aurez à dire, vous sera suggéré à l'heure même.
En vertu de cette promesse, les personnes dont nous parlons, quoiqu'uniquement et entièrement occupées de Dieu, sont assez présentes à elles-mêmes, pour ne manquer à rien de ce qui est du devoir. Tout ce qu'elles ont à faire ou à dire, leur est suggéré, lorsqu'elles en ont besoin. Ceux même qui par leur emploi sont obligés de parler souvent en public, peuvent le faire dignement avec peu de préparation. Ils éprouvent que les paroles leur sont mises en la bouche ; ils ne pensent qu'à ce qu'ils disent actuellement, sans prévoir ce qu'ils ont à dire, et ils oublient d'abord ce qu'ils ont dit.
Il est écrit dans la vie de sainte Catherine de Gennes, qu'elle gouvernait un grand Hôpital, où elle avait un maniement considérable, et de grands comptes à exiger et à rendre, sans que la multitude des soins la mît jamais en peine un seul moment : chaque chose se présentait d'elle-même à son esprit, lorsqu'il fallait y pourvoir : de sorte qu'elle ne se trompait jamais, et que ne pouvant être en peine ni sur le passé, parce qu'elle oubliait les choses à me sure qu'elle les faisait, ni sur l'avenir, parce qu'elle ne prévoyait jamais rien de ce qu'elle avait à faire, elle était toujours parfaitement libre pour s'appliquer entièrement à Dieu.
Le fondement de cette liberté d'esprit, est le vide dont nous venons de parler, par lequel Dieu commence très-souvent les opérations extraordinaires de la grâce. Et il n'est pas surprenant , que ceux, en qui Dieu opère de la sorte, quoique chargés de plusieurs obligations à remplir, puissent néanmoins suffire à tout, et que sans être jamais embarrassés, ils fassent chaque chose en son temps : parce que celui, qui fait un si grand vide dans leur âme, la tient entre ses mains pour l'avertir à propos, afin qu'elle se trouve prête à tout.
Au reste, comme ce vide fait par la grâce ne les rend pas moins propres à action ; l'action, de quelque nature qu'elle soit, n'est point un obstacle à ce vide. On en voit qui, de l'embarras des soins et des affaires domestiques, ou d'une forte application à l'étude, passent à l'oraison avec un dégagement et une facilité merveilleuse. D'autres après les occupations extérieures, qui épuisent le plus l'attention, rentrent d'abord dans leur premier vide, et se trouvent comme s'ils n'avoient rien fait, et qu'ils n'eussent rien à faire.


Comment est-ce que Dieu remplit la mémoire ?

Premièrement, comme c'est la mémoire qui conserve les richesses de l'entendement, on peut dire que Dieu remplit celle-là de toutes les connaissances dont il enrichit celui-ci. Et pour être remplie, elle n'en est pas moins libre, parce que sa liberté vient du vide que Dieu a fait en elle, et que la plénitude qui vient des richesses spirituelles, peut subsister avec le vide des objets créés.
Secondement, Dieu en ouvrant la mémoire, et en réveillant ses idées, lui fournit bien des trésors, qui étaient fermés pour elle auparavant, et rend capable de fournir elle-même à l'homme, promptement et à propos, tout ce qui lui sera suggéré ; c'est-à-dire, que Dieu, après avoir communiqué à l'esprit l'abondance des lumières, après avoir vidé la mémoire ; après l'avoir remplie, se charge de la conduire et de l'appliquer comme il convient.
Cette opération, qui est la troisième que nous avons remarquée au commencement de ce chapitre, consiste en ce que Dieu, qui tient lame en sa puissance, prend un soin particulier de cette faculté, que nous appelions la mémoire ; si bien que tout lui vient à propos, et que les vérités qu'elle a une fois connues, les textes de l'Écriture, le souvenir des choses passées, et généralement tout ce qui lui est nécessaire, se présente à elle dans l'occasion, avec la même facilité que s'il était présent devant les yeux : ce qui est pour l'homme un avantage merveilleux, qui le met en état de rendre à Dieu des services importants.


Que peut faire l'homme, pour préparer les voies à cette opération de la grâce ?

Premièrement, il doit faire une étude particulière de ne rien laisser entrer d'inutile dans, sa mémoire ; d'en chasser tout ce qui n'a aucun rapport au service de Dieu : de ne s'entretenir jamais du souvenir des objets, qui ne servent qu'à procurer de vaines satisfactions, et à nourrir l'amour-propre.
Secondement, il faut qu'il s'accoutume à donner toute son attention à l'objet présent qui l'occupe, et à se tenir comme en sentinelle à la porte de son âme, pour en défendre l'entrée aux autres objets, afin d'éloigner cette multitude de pensées inutiles au sujet de l'avenir, lesquelles importunent les hommes ordinaires, et troublent la paix de leur cœur. Comme ce sont les soins qui tourmentent, et qui produisent cette foule de pensées, le vrai moyen de s'en délivrer, c'est de jeter, comme dit l'Apôtre Saint Pierre, toutes nos inquiétudes dans le sein de Dieu, et de nous conformer à cette maxime de Jésus-Christ : Ne vous inquiétez point. En remettant ainsi à Dieu tous ses soins, on soulage la mémoire, et on engage Dieu à venir prendre possession de cette faculté de l'âme, pour achever de la vider, et d'en perfectionner la liberté. Ce qui a fait dire à quelques Mystiques, que la confiance en Dieu purifie la mémoire, comme la foi purifie l'entendement.
L'homme doit, en troisième lieu, fournir à sa mémoire quelques objets particuliers, qui l'exercent saintement : par exemple, le désir ardent de la gloire de Dieu, et les moyens de la procurer, la vie, la passion, et la mort de Jésus-Christ. Ces saints objets, en prenant la place des autres, qui sont vains et terrestres, disposent merveilleusement la mémoire à recevoir les opérations de la grâce, à ne s'occuper que de Dieu, et de ce qui regarde sa gloire.




Reportez-vous à De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur l'union de l'âme avec Dieu, Votre mémoire est une boîte à tentations dans laquelle le démon pioche, De l'imagination de l'homme, par le Père Surin, Les apparences que peuvent prendre les démons, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Confiance en la divine Providence, Secret de paix et de bonheur, par le Père Jean-Baptiste Saint-Jure, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), et Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu : Décalogue de la plus haute perfection (5/9).
















lundi 20 février 2017

DES VERTUS DE MARIE : Charité de Marie envers le prochain



Extrait de "Les gloires de Marie" (Tome II) de Saint Alphonse de Liguori :





§ III. De la Charité de Marie envers le prochain


Le même précepte qui nous ordonne d'aimer Dieu, nous commande aussi d'aimer le prochain (Joan. 4, 21) ; car celui qui aime Dieu aime tout ce qui est aimé de Dieu. Ste Catherine de Gênes disait un jour à Dieu : Seigneur, vous voulez que j'aime le prochain, et je ne puis aimer que vous. Dieu lui répondit : Celui qui m'aime aime en même temps tout ce qui m'est cher. Mais comme il n'y a jamais eu et qu'il n'y aura jamais de créature qui aime Dieu plus que Marie, il n'y en a aussi jamais eu et il n'y en aura jamais à laquelle le prochain soit plus cher qu'il ne le fut à la Mère de Dieu. Marie fut tellement pleine de charité, pendant qu'elle vivait sur la terre, qu'elle secourait les indigents, sans même qu'ils le demandassent.
Au festin des noces de Cana, elle demanda à son Fils le miracle du vin, en lui exposant l'affliction de cette famille. Quel empressement n'a-t-elle pas toujours montré à secourir le prochain ? On le voit en particulier dans la visite qu'elle rendit par charité à sa cousine Élisabeth. Elle ne put donner de plus grandes marques de cette charité, qu'en offrant son Fils à la mort pour notre salut. « Marie, dit S. Bonaventure, a tellement aimé le monde, qu'elle a donné son Fils unique » et cette charité de Marie envers nous, loin de s'être affaiblie dans le ciel, y a pris un nouvel accroissement. Personne ne prie Marie qu'il n'en reçoive les grâces qu'il demande de sa grande charité. Malheur à nous si Marie ne priait point pour nous !
Bienheureux, dit la Mère de Dieu, bienheureux celui qui m'écoute, et qui, à mon exemple, exerce la charité envers les autres (Prov. 8. 34). S. Grégoire de Nazianze dit que nous n'avons point de moyen plus sûr pour mériter l'amour de Marie, que d'être charitables envers notre prochain. Dieu et Marie seront miséricordieux envers nous, comme nous l'aurons été envers les autres (Luc. 6, 63 et 38). La charité envers le prochain nous rend heureux et en cette vie et en l'autre (2 Tim. 3. 5) S. Chrysostôme dit « qu'en soulageant les indigents, on fait Dieu son débiteur. » Ô Mère de miséricorde, vous êtes pleine de charité pour tout le monde, n'oubliez donc pas mes misères. Elles sont toutes présentes à vos yeux. Recommandez-moi à ce Dieu qui ne vous refuse rien... Obtenez-moi la grâce de vous pouvoir imiter dans la vertu de charité envers Dieu et envers le prochain. Ainsi soit-il.






Lire "Les gloires de Marie" (Tome 1, Tome II).


Reportez-vous à L'intérieur de MarieMéditation pour le Mercredi suivant le dix-septième Dimanche d'après la Pentecôte : Le Commandement d'aimer le prochain est semblable au Commandement d'aimer Dieu, De la Charité à l'égard du prochain : Du mérite et de l'excellence de cette vertu, Pratiques de dévotion envers Marie : L'Ave Maria, Des Vertus de Marie : L'humilité, Des Vertus de Marie : Amour de Marie envers Dieu, Des Vertus de Marie : La Foi, Jésus glorifié veut glorifier sa Mère, Discours sur la Visitation de Marie, Discours sur la Purification de Marie, Discours sur l'Assomption de Marie, Discours sur les douleurs de Marie, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, Figure biblique de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge Marie : Rébecca et Jacob, Et le Dragon persécuta la femme qui enfanta le fils, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Prière de Pie XII pour la Neuvaine à l'Immaculée Conception, Histoire de Notre-Dame de Genazzano, Le Chapelet ou "Petite couronne", Litanie de la Sainte Vierge Marie, Litanie du Cœur immaculé de Marie, Votre mémoire est une boîte à tentations dans laquelle le démon pioche, Ineffabilis Deus sur le Dogme de l'Immaculée Conception, Dévotion au Très Saint Rosaire et Fabriquer un oratoire en l'honneur de Marie.