Vous enverrez votre Esprit, et tout sera créé, et vous renouvellerez la face de la terre. (Ps. 103, 30)
Les sept dons sont les sept Esprits envoyés par toute la terre contre les sept esprits mauvais dont parle l'Évangile. « Par le don de crainte, l'Esprit-Saint chasse l'orgueil du cœur de l'homme, et y introduit Dieu par l'humilité. Par le don de piété, il lui fait fouler aux pieds la honte de l'envie, et invite avec douceur le prochain à s'approcher de lui. Par le don de la science, il apaise totalement sa colère, et l'établit dans une douce paix et un calme parfait avec lui-même. Par le don de la force, il dissipe sans retard sa paresse, et excite ardemment les puissances de son âme à agir. Par le don de conseil, il comprime puissamment son avarice, et le porte sagement à acquérir des trésors pour le ciel. Par le don d'intelligence, il met un frein violent à sa gourmandise, et nourrit son âme de délices célestes. Par le don de la sagesse, il lui inspire un mépris courageux de la luxure, le soumet tout entier au joug de la chasteté, et le rend ainsi à la liberté (S. Bonav., liv. I, ch. III). »
Les sept dons du Saint-Esprit donnent secours aux trois vertus théologales et aux quatre vertus cardinales, et par conséquent à toutes les vertus, dans les rencontres difficiles où elles pourraient succomber. « Le don d'intelligence soutient la foi. Le don de science vivifie notre espérance, et nous fait voir comme nous sommes lourdement trompés de nous fier aux hommes et aux choses créées. Le don de sagesse, donnant à la charité la saveur de Dieu et des choses divines, la met tout en flammes. La prudence serait trop courte et s'abuserait souvent sans le don de conseil. La piété tempère les rigueurs de la justice. La force dans certains périls rendrait assurément les armes à l'ennemi, si le don qui porte son nom ne la soutenait dans le combat. Le don de la crainte est nécessaire à la tempérance, pour réprimer les violentes impétuosités de la concupiscence. »
« De tout cela nous pouvons conclure que les dons du Saint-Esprit, possédés en un haut degré, et non-seulement comme ils se trouvent ordinairement dans les justes avec la grâce, ne nous sont point seulement utiles pour faire excellemment notre salut et arriver à la perfection, mais qu'ils y sont même nécessaires ; que ce sont eux qui font les hommes vraiment spirituels ; que sans eux on ne peut bien se défaire de ses vices, dompter absolument ses passions, arracher les mauvaises habitudes, résister aux rudes assauts de la chair, du monde et du démon, remporter des victoires signalées, faire de grandes choses pour son avancement et pour la gloire de Dieu, et parvenir à la sainteté. »
« Les roues neuves d'un chariot ne tournent qu'avec bruit et avec peine ; mais quand elles sont ointes et huilées, elles vont paisiblement et avec promptitude. C'est ainsi que le Saint-Esprit fait aller les roues de notre âme, c'est-à-dire ses puissances, l'entendement et la volonté, avec l'onction et le baume de ses dons, que l'Église qualifie du nom d'onction spirituelle (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 2). »
L'Esprit-Saint, par ses dons, répand en nous la lumière d'une vraie connaissance et la ferveur du saint amour. (Saint Bonaventure)
L'empereur Julien, voulant rendre son apostasie solennelle, fit préparer dans un temple un grand sacrifice aux idoles. Mais, au moment de commencer la cérémonie, le feu de l'autel s'éteignit tout à coup ; les couteaux des prêtres des faux dieux ne purent couper les chairs des victimes, et le sacrificateur, effrayé, s'écria : « Il y a ici quelque Galiléen qui a été nouvellement ou lavé d'eau, ou oint de baume. » (Il voulait dire : ou baptisé, ou confirmé). Alors un jeune page chrétien qui venait de recevoir le sacrement de Confirmation, élevant la voix, lui dit : « C'est moi qui ai fait le signe de la croix et invoqué le nom de Jésus pour attirer cette honte à vos idoles. » L'empereur, qui avait été chrétien, et qui était bien instruit du pouvoir de Jésus-Christ, fut saisi de frayeur. Il appréhenda les effets de la vengeance divine, et sortit du temple couvert de confusion, sans proférer une seule parole. Le courageux soldat de Jésus-Christ rapporta aux chrétiens ce qui venait d'arriver, et ils reconnurent combien ceux en qui habite la vertu de Jésus-Christ par le sacrement de Confirmation, quand on le reçoit dans des dispositions saintes, sont redoutables au démon.
(Les sept dons du Saint-Esprit)
Reportez-vous à Nature du don de Crainte, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation
pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la
synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour
demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
dimanche 17 juillet 2022
Effets des sept dons du Saint-Esprit
vendredi 16 juillet 2021
Autres preuves de l'existence de Dieu : Les traces de son action dans la Création
Je l'ai rappelé dans le bref commentaire du texte de saint Paul aux Romains, Dieu, pour authentifier ses œuvres, les a comme signées, en laissant en chacune d'elles des traces de ses perfections invisibles. Les preuves que je vais développer ici aideront le lecteur à observer, pour quelques-uns, peut-être, à découvrir, ces traces de Dieu.
Observer des traces est à la portée de tout le monde. Ainsi, dans la vie courante, les empreintes laissées sur le sable fin de quelque plage déserte ou sur un tapis de neige, sont des signes que tout le monde peut voir et qui parlent. D'elles-mêmes, ces traces permettent d'affirmer qu'un homme ou un animal est passé par là. De plus, si l'on prend la peine de les observer de plus près, on peut même déterminer la nature de celui qui les a laissées. Les empreintes d'un oiseau ou d'un chien ne sont pas celles d'un homme et, quand il s'agit de ce dernier, on peut même savoir s'il était chaussé ou s'il allait nu-pieds. N'est-ce pas ainsi que raisonnent habituellement les gens sensés ?
Qui d'entre nous, apercevant quelques graffiti dans une caverne qu'il croyait inexplorée, n'acquiert, sur-le-champ, la certitude que quelqu'un l'a déjà visitée et qu'il y a laissé ces graffiti pour signaler son passage à ceux qui la visiteraient après lui ? De la même manière, s'il nous arrivait de découvrir, en quelque lieu que ce soit, deux simples pierres juxtaposées avec, entre elles, un peu de cendres, il ne nous viendrait pas à l'esprit de penser au hasard, ou à quelque animal qui les aurait posées là. Devant ce foyer éteint, qui manifeste le passage d'un être intelligent, le bon sens nous assure, tout naturellement, qu'un homme est passé là avant nous, ce foyer étant indubitablement la trace qu'il a laissée de son passage.
Après ces quelques explications, rappelons-nous une vérité qui, pour être évidente, n'en demeure pas moins oubliée de nos jours. Je veux parler de la notion d'ordre.
Il y a ordre, quand tout est bien à sa place, c'est-à-dire quand tout concourt à atteindre le but que l'on se propose d'atteindre. L'ordre exige donc, de toute nécessité :
— et une intelligence
— et une volonté.
Une intelligence, pour penser le but à atteindre et les moyens à prendre pour atteindre ce but.
Une volonté, pour disposer toutes choses comme l'a prévu l'intelligence en vue du but à atteindre.
Le hasard, qui ne produit de fait que du désordre, ne nécessite aucune intelligence.
Voici un exemple facile à comprendre :
Il permettra de mieux saisir cette double évidence. Imaginons une table recouverte d'une importante collection de timbres-poste de tous pays, parfaitement triés et classés en petites piles distinctes, suivant leur origine et la série auxquelles ils appartiennent. Le collectionneur, qui a passé des heures à faire ce tri, est sorti pour se détendre. Afin que personne ne brouille son classement, il a interdit l'entrée de la pièce où il a laissé sa collection.
Au retour de sa promenade, il trouve toutes les piles renversées et une grande partie des timbres en désordre sur le parquet.
— « Qui a fait cela ? »
— « Personne ! »
Le hasard pourrait-il expliquer ce désordre ? Parfaitement ! Et notre collectionneur doit se rendre à l'évidence. Avant de sortir, il avait bien poussé la fenêtre de la pièce, mais sans la fermer. Une tempête s'est levée, un grand vent a soufflé, ouvrant la fenêtre, renversant les piles et emportant les timbres qui sont retombés pêle-mêle sur le parquet de la pièce. Le désordre, qui ne requiert aucune intelligence, peut très bien s'expliquer par une cause aveugle, le hasard d'un coup de vent.
Découragé, notre collectionneur laisse ses timbres à terre et, après avoir fermé la fenêtre, s'en va faire une nouvelle promenade. La collection, il la reclassera plus tard ; à présent il a besoin de se changer les idées.
À son retour, après une absence de plusieurs heures, il retrouve toute sa collection sur la table et dans un ordre parfait. Tous les timbres sont à nouveau empilés, bien ordonnés, suivant leur pays d'origine et la série à laquelle ils appartiennent.
— « Qui donc m'a fait cette bonne surprise », demande-t-il, avec un large sourire ?
— « Le vent », répond un plaisantin. « Ce matin, vous aviez oublié de fermer la fenêtre de gauche et, cet après-midi, c'est celle de droite qui est restée ouverte. Et c'est encore le vent qui les a emportés, mais cette fois en sens inverse. Et voilà comment ils ont été remis en ordre ! »
Cette explication est-elle acceptable ?
Bien sûr que non, et aucun homme sensé ne pourra jamais l'admettre. Ah ! si les timbres, qui avaient été laissés en désordre sur la partie droite de la pièce, avaient été retrouvés en désordre sur le côté gauche, on aurait pu attribuer au hasard d'un coup de vent ce nouveau déplacement. Le vent, qui les avait emportés en désordre de gauche à droite, aurait très bien pu les emporter à nouveau et les déposer, toujours en désordre, de droite à gauche.
Mais lorsque des timbres qui étaient en désordre sont retrouvés en ordre, c'est que quelqu'un d'intelligent les a de nouveau classés. En effet, il faut nécessairement une intelligence pour reconnaître les séries et les pays auxquels chaque timbre appartient, et il faut aussi une volonté pour les regrouper sans les mélanger, c'est-à-dire pour les remettre en ordre.
Et toujours, en quelque domaine que ce soit, l'ordre qu'on y constate, c'est-à-dire l'arrangement des choses en vue d'obtenir une fin, prouve l'existence, et d'une intelligence qui a prévu la fin recherchée et le moyen pour l'atteindre, et d'une volonté pour exécuter le tout.
Une simple brouette, une modeste marmite, un foyer rudimentaire, tout ce qui représente un ordre quelconque, témoigne, répétons-le une fois encore, et de l'existence d'une intelligence qui a pensé la fin et les moyens pour atteindre cette fin, et d'une volonté qui a mis en place les moyens choisis.
Seuls les « imbéciles », au sens étymologique du terme, pourraient admettre que l'ordre puisse être le résultat du hasard. Un être intelligent ne l'admettra jamais ; il sait que, de fait, le hasard ne produit que du désordre.
Dieu s'est plu à laisser dans ses œuvres les traces de son action créatrice. Il les a laissées à notre intention, pour que nous les découvrions et que, par elles, nous arrivions à Le connaître Lui-même. Entreprenons cette découverte.
« Des preuves, excessivement fortes, d'un principe intelligent et bienfaisant nous entourent de toutes parts ; elles nous font voir, à travers la nature, l'influence d'un Être, d'un créateur et d'un Maître éternel. » (Lord Kelvin, physicien. Cité par les Drs Murat dans « Les grands témoignages de Dieu dans la nature »)
Extrait de Oui, c'est évident, Dieu existe vraiment, Père Noël Barbara, Ed. Fort dans la Foi.
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mercredi 14 juillet 2021
Preuves classiques de l'existence de Dieu
Elles sont multiples. La plus simple — qui ferait croire à l'évidence de l'existence de Dieu, tant cette preuve est courante et familière — c'est celle qui découle d'un principe premier : « Tout ce qui est et qui n'est pas par soi, est nécessairement par un autre. » Comme tous les principes premiers, celui-ci est évident et ne nécessite aucune démonstrations ; le moins doué des hommes, s'il est normal, en saisit aussitôt la vérité.
Or, point n'est besoin d'avoir fait de longues études pour se rendre compte que rien, absolument rien de tout ce qui existe, n'existe par soi. La conclusion qui s'impose alors tout naturellement à l'esprit qui réfléchit, c'est que tout ce qui existe, existe par un autre. Cet autre, — autre que tous ceux que nous voyons, qui, eux, n'existent pas par soi — les hommes l'appellent Dieu. Par Dieu, ils entendent donc l'Être qui existe par soi, qui a créé et qui fait exister tout ce qui est sans être par soi.
Une autre preuve, qui demande à peine un peu plus de réflexion, c'est la preuve par la contingence des êtres. La voici après quelques explications indispensables.
La philosophie du sens commun enseigne qu'il y a deux sortes d'êtres, l'Être nécessaire et l'être contingent.
L'Être nécessaire, c'est celui qui n'a besoin de rien ni de personne, aussi bien pour exister que pour agir. Son existence, il la tient de lui-même ; aussi possède-t-il l'être en plénitude. De plus, pour agir, l'Être nécessaire ne dépend de rien ni de personne.
L'être contingent, au contraire, est un être totalement dépendant, aussi bien pour être que pour agir. L'être qu'il possède et qui le fait exister, lui a été communiqué ; et pour agir, il est encore dépendant et a besoin du concours d'autres êtres.
Malheureusement, alors que nous avons l'expérience des êtres contingents, puisque tous les êtres qui nous entourent sont, comme nous, des êtres contingents, nous n'avons aucune expérience de l'Être nécessaire. De là provient la difficulté que certains esprits éprouvent à l'admettre. « Et lui, d'où vient-il ? » nous objectent-ils.
Cette difficulté n'est qu'apparente. Elle provient, comme je viens de le dire, du fait que nous n'avons aucune expérience de l'Être nécessaire. Nous ne pouvons que le concevoir intellectuellement. Son existence et sa raison d'être ne sont découvertes que par notre intelligence.
Après ces explications, voici le raisonnement que l'on fait en partant de la contingence des êtres.
Tous les êtres connus, tous sans exception, sont des êtres contingents ; des êtres qui ont dépendu d'autres êtres pour exister et qui, pour agir, dépendent encore d'autres êtres.
Or, il n'est pas possible de remonter à l'infini dans une série d'êtres qui dépendent les uns des autres. De toute nécessité, il faut quitter la lignée des êtres contingents (qui dépendent les uns des autres) et admettre à leur origine un Être nécessaire. Celui-ci, possédant l'être par lui-même, et le possédant en plénitude, pourra l'avoir transmis à ceux qui ne l'avaient pas et ainsi expliquer et leur existence et leur activité. Cet Être nécessaire, c'est Dieu.
Pour aider les personnes qui ne seraient pas habituées à saisir un raisonnement abstrait, et qui ne comprendraient pas la raison pour laquelle elles doivent nécessairement quitter la série des êtres contingents et admettre à l'origine un Être nécessaire, voici une simple comparaison aussi fantastique qu'imagée.
Dans une foire aux attractions, quelque part en Russie, la curiosité qui attire les visiteurs est en plein air, dans un champ.
Il s'agit d'un lustre suspendu à une chaîne dont on ne voit pas l'extrémité. Le charlatan athée, qui présente cette curiosité, prétend avoir résolu le problème de l'Être nécessaire, figuré par le crochet fixe qui soutient généralement les lustres, en allongeant indéfiniment la chaîne à laquelle il a suspendu le sien.
Du fait, on ne voit pas le bout de la chaîne qui se perd dans un nuage, que d'aucuns pensent artificiel.
— « Où donc ces diables ont-ils pu accrocher leur chaîne ? » se demandent intrigués les visiteurs crédules. Et le présentateur de répondre :
— Nulle part ! Nous avons résolu le problème du crochet en allongeant indéfiniment la chaîne ! »
Cette réponse ne peut contenter que les badauds des foires, pas les personnes sensées. Ces dernières, même si elles ne comprennent pas encore l'astuce, savent qu'il y en a une. En effet, qu'est-ce qui retient le lustre suspendu ?
— La chaîne.
— Non ! Ce n'est pas la chaîne, c'est son premier maillon, celui du bas. Et la preuve que c'est bien lui qui soutient le lustre ? Coupez-le, et le lustre tombera. C'est donc bien lui qui le retient.
— Mais le premier maillon est, lui-même, retenu par le second, qui l'est par le troisième et ainsi de suite jusqu'à l'extrémité que l'on n'aperçoit pas.
— Et le dernier maillon, tout en haut, par quoi est-il retenu ?
— ...
N'en doutons pas ! Le dernier maillon est nécessairement retenu par quelque point fixe qui, tenu lui-même par ailleurs, explique la suspension de tous les maillons de la chaîne et du lustre.
Jamais on ne réussira à supprimer l'Être nécessaire, même en multipliant à l'infini les êtres contingents. Croire cette suppression possible équivaudrait à croire que l'on pourrait peindre sans peindre, à condition d'allonger indéfiniment le manche du pinceau, ou que l'on pourrait faire rouler un train sans locomotive à condition d'augmenter indéfiniment le nombre des wagons. Oui, répétons-le et soyons-en bien persuadés, la multiplication des êtres contingents ne peut que retarder la découverte de l'Être nécessaire, mais, en aucune façon, elle ne peut le supprimer.
Par le seul fait que les êtres contingents existent, ils affirment l'existence d'un Être nécessaire, sans lequel ils n'existeraient pas non plus. Eh bien, c'est par une réflexion semblable, souvent faite inconsciemment, que les hommes sont arrivés tout normalement à la connaissance de l'existence de Dieu.
Qui n'a pas entendu, par exemple, le dialogue suivant, aussi simple que probant :
— « D'où viennent les poules ?
— Des œufs.
— Et la première poule ?
— Du premier œuf.
— Non, puisqu'il n'y avait pas de poule pour le pondre !
— Alors ?
— Alors ? Nigaud, la première poule vient de Dieu, l'Être nécessaire. »
Extrait de Oui, c'est évident, Dieu existe vraiment, Père Noël Barbara, Ed. Fort dans la Foi.
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lundi 12 juillet 2021
Connaissance de l'existence de Dieu
Puisque ce pur Esprit échappe à toute expérience sensible, à moins qu'il ne prenne lui-même l'initiative de se manifester, nous ne pouvons découvrir son existence que par induction. Partant des choses connues, mais qui postulent nécessairement l'existence d'un Créateur, nous affirmons l'existence de ce dernier puisque ses œuvres sont là pour l'attester. « Dieu existe vraiment » sera forcément la conclusion d'un raisonnement rigoureux.
Par contre, puisque personne ne peut donner ce qu'il n'a pas, en constatant l'existence de créatures intelligentes et libres, nous conclurons avec certitude que Dieu doit a fortiori être intelligent et libre, et même qu'il doit l'être souverainement.
Il ressort de ceci qu'un dialogue est possible entre Dieu et les créatures intelligentes et libres que nous sommes. Ce dialogue, s'il s'établit, sera comme une contre-épreuve de la justesse du raisonnement qui nous aura conduits à l'affirmation de l'existence de Dieu.
Dernière remarque avant d'aborder les preuves de l'existence de Dieu :
Pour quelle raison les sans-Dieu font-ils tant d'efforts et déploient-ils tant de zèle pour convaincre les croyants de l'inexistence de Dieu ?
C'est pour se convaincre eux-mêmes de cette absurdité. car enfin, si ces impies étaient vraiment convaincus de la non-existence de Dieu, se livreraient-ils à une telle propagande anti-Dieu ? Ils se contenteraient tout au plus de le dire, voire de hausser les épaules et de rire au spectacle que donnent ces « attardés » en s'obstinant dans une foi chimérique à leurs yeux ; mais jamais ils ne déploieraient de tels efforts s'ils étaient vraiment convaincus que Dieu n'existe pas ! Y a-t-il des groupements organisés pour prouver, par exemple, qu'il n'y a pas de pétrole sur la lune ? Les gens sensés, honnêtes et surtout désintéressés savent que l'on ne prouve pas le néant. Aussi, en constatant l'acharnement que mettent les athées à essayer de prouver que Dieu n'existe pas, on est en droit de penser que tous leurs efforts ne tendent qu'à s'encourager eux-mêmes dans leur incertitude, justement quant à l'inexistence de Dieu.
Sans aucun doute, Dieu les gêne, et ils voudraient se persuader qu'il n'existe pas. Mais comment y arriver quand, tout autour de soi, des gens sensés et, parmi eux, de vrais savants continuent à croire et à proclamer son existence ?
Nous devons le savoir et nous ne devons pas craindre de le dire, les sans-Dieu n'ont aucune certitude de leur négation et ils le savent bien. Or, en manifestant leur foi, les croyants réveillent l'incertitude des sans-Dieu, leur rappellent qu'ils n'ont aucune assurance quant à l'au-delà, et leur donnent ainsi mauvaise conscience. Oui ! Soyons-en bien persuadés, tous les efforts des athées pour prouver que Dieu n'existe pas n'ont pas d'autre raison que l'incertitude qui les torture. Aussi est-il bon de le souligner, ces efforts prouvent, à leur manière, l'évidence de cette existence qu'ils nient sans cesse et, qu'à leur grand regret, ils n'arrivent pas à supprimer ! Nous pouvons l'affirmer sans aucune hésitation : c'est parce que le doute les torture que les sans-Dieu déploient tout leur zèle. Ils veulent se persuader, par leurs déclarations et leurs blasphèmes, que Dieu n'existe pas. Voltaire, lui aussi, a fait l'impossible pour se convaincre du néant de l'au-delà, et l'on connaît la phrase qui résume sa déception après tant d'efforts : « L'univers m'embarrasse, mais je ne puis songer que cette horloge marche et n'ait point d'horloger. »
Mais, penseront certains, que faites-vous de l'athéisme scientifique des marxistes ?
Je me contente de plaindre les colporteurs de cette imbécilité. Ce qualificatif pompeux d'athéisme scientifique n'est qu'un slogan publicitaire doublé d'un mensonge éhonté, qui réussit fort bien auprès des naïfs et des sots.
« Mentez ! Mentez toujours ! disait l'impie Voltaire, il en restera bien quelque chose ! » Les marxistes ne l'ignorent pas et ils s'en servent auprès des simples et des étourdis.
Les personnes sensées savent aussi qu'on ne peut en aucune manière prouver le néant. Il ne peut donc pas exister d'athéisme scientifique.
Mais ce que les personnes qui réfléchissent comprennent aussi, c'est que s'il n'y a pas d'athéisme scientifique, il peut y avoir un procédé d'apparence scientifique qui produise des athées en série. C'est en cela, dans sa manière de faire des athées, que l'athéisme marxiste se donne une apparence scientifique. Car, il me faut le souligner, ce n'est pas par quelque preuve savante que les tenants de ce système auraient développée que cet athéisme serait scientifique, — l'athéisme marxiste est tout aussi stupide, prétentieux et menteur que ses devanciers —, mais c'est par la manière de faire des athées que l'athéisme pervers des marxistes se donne une apparence scientifique. En fait, il est tout simplement diabolique, car il est particulièrement fourbe et menteur (le diable « est menteur et père du mensonge » Jn VIII, 44). Je m'explique.
S'étant rendu compte que l'existence de Dieu s'impose à tout esprit normal qui raisonne sainement, les marxistes ont compris que, pour faire des athées en série, il fallait tout simplement, mais nécessairement, empêcher le bon fonctionnement des intelligences. Comment arriver à cette fin contre nature ? Par l'enseignement obligatoire d'une fausse philosophie.
Laquelle choisir ?
Surtout pas le thomisme, pas la philosophie du sens commun !
L'idéalisme était tout indiqué. Ce système aberrant, que contredisent toutes les sciences expérimentales sans aucune exception, qui nie l'objectivité de nos connaissances intellectuelles, s'y prêtait à merveille. Les marxistes l'adoptèrent. Et comme dans tous nos pays autrefois chrétiens, le ministère de l'Instruction publique est entre les mains des marxistes ou de leurs alliés socialistes, il leur a été facile d'imposer à toutes les générations montantes cette fausse philosophie qui détraque « scientifiquement » les intelligences, les empêche de raisonner sainement et en fait inévitablement des athées.
Pour les intelligences ainsi détraquées, il n'y a plus de raisonnement possible puisqu'il n'y a plus ni vérité objective d'aucune sorte, ni certitude. C'est ce qui explique du reste que, dans nos sociétés modernes où ces élucubrations ont été imposées et ont faussé la plupart des esprits, on ne parle plus de vérité, mais de sincérité ; c'est aussi ce qui permet à chacun d'avoir SA vérité. Voilà tout le secret de l'athéisme marxiste.
Le lecteur l'aura compris. Cet athéisme ne consiste pas en quelque objection scientifique, mise au point par les marxistes et jamais réfutée par les croyants, pas du tout. Comme tous les athéismes, le marxisme consiste uniquement en une négation gratuite. S'il se maintient, c'est seulement par l'enseignement d'une fausse philosophie, que toutes les sciences expérimentales (même celles qui sont enseignées en Russie) contredisent et réprouvent absolument, mais qui est imposée abusivement et malhonnêtement par des gouvernements impies, avec la complicité d'un épiscopat muet qui laisse faire.
Pendant la guerre de 1940, il m'est arrivé de discuter avec un professeur de philosophie idéaliste, qui appartenait au même régiment que moi. Ce malheureux n'était sûr de rien, même pas de sa propre existence. Voilà l'athéisme marxiste, un athéisme antiscientifique, que des menteurs appellent pompeusement athéisme scientifique.
Extrait de Oui, c'est évident, Dieu existe vraiment, Père Noël Barbara, Ed. Fort dans la Foi.
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samedi 6 mars 2021
LA SAGESSE ÉTERNELLE DANS LA CRÉATION, ET APRÈS LA CHUTE DE L’HOMME
LA SAGESSE ÉTERNELLE DANS LA CRÉATION
« La Sagesse a commencé d’éclater hors du sein de Dieu… lorsqu’elle a fait la lumière, le Ciel et la terre. Saint Jean dit que tout a été fait par le Verbe, c’est-à-dire la Sagesse Éternelle : Omnia per ipsum facta sunt (I, 3). Elle est la mère et l’ouvrière de toutes choses : Horum omnium mater est. Omnium artifex Sapientia… (Sap. VII, 12 et 21).
Cette Beauté souverainement droite, après avoir créé le monde, y a mis la belle ordonnance que nous admirons. Elle a séparé, elle a composé, elle a ajouté, elle a compté tout ce qui est. Elle a étendu les Cieux ; elle a placé le soleil, la lune, les étoiles et les planètes avec ordre. Elle a posé les fondements de la terre ; elle a donné des bornes et des lois à la mer et aux ondes jaillissant des hauteurs. Elle a formé les montagnes ; elle a tout pesé et balancé jusqu’aux fontaines. Enfin, dit-elle, j’étais avec Dieu, et je réglais toutes choses avec une justesse si parfaite que c’était une espèce de jeu que je jouais pour me divertir et divertir mon Père : Cum eo eram cuncta componens ; et delectabar per singulos dies, ludens coram eo omni tempore, uldens in orbe terrarum (Prov. VIII, 30, 31).
Ce jeu ineffable de la divine Sagesse se voit, en effet, dans les différentes créatures de l’univers. Car, sans parler des différentes espèces d’anges, qui sont, pour ainsi dire, infinis en nombre ; sans parler des différentes grandeurs des étoiles, ni des différents tempéraments des hommes, quel admirable changement ne voyons-nous pas dans les saisons et dans les temps, quelle variété d’instincts dans les animaux, quelles différentes espèces dans les plantes, quelles différentes beautés dans les fleurs, quels différents goûts dans les fruits ! Quis sapiens, et intelliget haec ? (Ps. CVI, 43). Qui est celui à qui la Sagesse s’est communiquée ? Celui-là seul aura l’intelligence de ces mystères de la nature.
La Sagesse les a révélés aux saints, comme nous voyons dans leurs vies, et ils ont été quelquefois si surpris de voir la beauté, la douceur et l’ordre de la divine Sagesse dans les plus petites choses, comme une abeille, une fourmi, un épi de blé, une fleur, un petit ver de terre, qu’ils en tombaient dans l’extase et le ravissement » (ASE, N° 31-34).
Admirer dans la nature, au cours des saisons comme au long des jours, ces merveilles de l’Éternelle Sagesse ; en profiter chaque fois pour la remercier, la bénir d’un élan du cœur, c’est porter en soi une âme d’oraison.
« Si la puissance et la douceur de la sagesse Éternelle a tant éclaté dans la création, la beauté et l’ordre de l’univers, elle a brillé bien davantage dans la création de l’homme, puisqu’il est son admirable chef-d'œuvre, l’image vivante de sa beauté et de ses perfections, le grand vaisseau de ses grâces, le trésor admirable de ses richesses, et son représentant unique sur la terre : Sapientia tua fecisti hominem, ut dominaretur omni creaturae quae a te facta est (Sap. IX, 2) » (N° 35).
Saint Louis-Marie de Monfort écrit ici, à la gloire de cette puissante Ouvrière, une page magnifique sur la beauté et l’excellence originelle de l’homme : « Elle fit, pour ainsi dire, des copies et expressions brillantes de sont entendement, de sa mémoire et de sa volonté, et les donna à l’âme de l’homme pour être le portrait vivant de la Divinité. Elle alluma dans son cœur un incendie de pur amour pour Dieu ; elle lui forma un corps tout lumineux, et elle renferma en lui, comme en raccourci, toutes les perfections différentes des anges et des autres créatures.
« Tout dans l’homme était lumineux sans ténèbres, beau sans laideur, pur sans souillures, réglé sans désordre et sans aucune tache ni imperfection. Il avait pour apanage la lumière de la sagesse dans son esprit, par laquelle il connaissait parfaitement son Créateur et ses créatures ; il avait la grâce de Dieu dans son âme, par laquelle il était innocent et agréable aux yeux du Très-Haut. Il avait dans son corps l’immortalité. Il avait le pur amour de Dieu dans son cœur sans crainte de la mort, par lequel il l’aimait continuellement sans relâche, et purement pour l’amour de lui-même. Enfin, il était si divin, qu’il était continuellement hors de lui-même, transporté en Dieu, sans qu’il eût aucune passion à vaincre ni aucun ennemi à combattre ! O libéralité de la Sagesse Éternelle envers l’homme ! O heureux état de l’homme dans son innocence ! » (N° 37-38).
Mais voilà que l’homme pèche et perd cette innocence, cette beauté, cette immortalité. Il perd tous les biens qu’il avait reçus. Il se voit condamné à la mort, chassé du paradis terrestre et de la présence de Dieu. Il voit la justice de Dieu qui le poursuit avec sa postérité ; il voit le Ciel fermé et l’enfer ouvert, et personne pour lui ouvrir l’un et fermer l’autre.
Que va faire la Sagesse Éternelle ?
LA SAGESSE ÉTERNELLE APRÈS LA CHUTE DE L’HOMME
« Elle est vivement touchée du malheur du pauvre Adam et de tous ses descendants. Elle voit, avec un grand déplaisir, son vaisseau d’honneur brisé, son portrait déchiré, son chef-d'œuvre détruit, son représentant sur la terre renversé. Elle prête tendrement l’oreille à sa voix gémissante et à ses cris. Elle voit avec compassion les sueurs de son front, les larmes de ses yeux, les peines de ses bras, la douleur de son cœur et l’affliction de son âme.
« Il me semble voir cette aimable Souveraine rappeler et assembler une seconde fois, pour ainsi dire, la Sainte Trinité, pour réparer l’homme, comme elle avait fait pour le former. Il me semble que, dans ce grand conseil, se livre une espèce de combat entre la Sagesse Éternelle et la Justice de Dieu.
« La Sagesse dit qu’à la vérité l’homme mérite, par son péché, le sort des anges rebelles, mais qu’il faut avoir pitié de lui, parce qu’il a plus péché par faiblesse et ignorance que par malice. Elle représente, d’un côté, que c’est un grand dommage qu’un chef-d'œuvre si accompli demeure pour jamais l’esclave de son ennemi, et que des millions d’hommes soient à jamais perdus par le péché d’un seul. Elle montre, de l’autre, les places du Ciel vacantes par la chute des anges apostats, qu’il est à propos de remplir, et la grande gloire que Dieu recevra dans le temps et l’éternité si l’homme est sauvé.
« La Justice répond que l’arrêt de mort est porté contre l’homme et ses descendants, et qu’il doit être exécuté sans remise et sans miséricorde… ; que l’homme est un ingrat pour les bienfaits qu’il a reçus, qu’il a suivi le démon en sa désobéissance et son orgueil, et qu’il le doit suivre sans ses châtiments, parce qu’il faut nécessairement que le péché soit puni.
« La Sagesse Éternelle, voyant qu’il n’y avait rien dans l’univers qui fût capable d’expier le péché de l’homme, de payer la Justice et d’apaiser la colère de Dieu, et voulant cependant sauver l’homme qu’elle aimait d’inclination, trouve un moyen admirable. Chose étonnante, amour incompréhensible qui va jusqu’à l’excès, cette aimable et souveraine Princesse s’offre elle-même en sacrifice à son Père pour payer sa justice, pour calmer sa colère et pour nous retirer de l’esclavage du démon et des flammes de l’enfer, et nous mériter une éternité de bonheur.
« Son offre est acceptée. Le conseil en est pris et arrêté : la Sagesse Éternelle, ou le Fils de Dieu, se fera homme dans le temps convenable et dans les circonstances marquées » (N° 41-46).
En attendant ce temps de son Incarnation, elle témoignera de toutes manières, aux descendants d’Adam, l’amitié qu’elle leur porte, le grand désir qu’elle a de leur communiquer ses faveurs et de s’entretenir avec eux : « Mes délices, a-t-elle dit, sont d’être avec les enfants des hommes ». Deliciae meae esse cum filiis hominum (Prov. VIII, 34).
De la sorte, elle a préservé de la damnation tous ceux qui ont eu foi en sa venue. Elle a conservé Adam et l’a délivré de sa faute par le repentir et l’expiation. Lorsque le déluge inonda la terre à cause de Caïn et de sa descendance perverse, elle sauva encore le monde en gouvernant le juste Noé, toujours docile à ses ordres. Avant Noé et après lui, c’est elle qui forma tous les saints Patriarches, gardiens et transmetteurs de la Révélation primitive.
Lorsque les nations conspirèrent ensemble pour s’abandonner au mal, elle s’est préparé, en la personne d’Abraham, un peuple de croyants. Elle le retira de la Chaldée, son milieu d’origine, pour le fixer en terre chananéenne, dans ce pays qui la verrait s’incarner (Sap. X).
L’auteur de l’Ecclésiastique (ch. XXIV) nous la montre établissant sa résidence en Israël, chez le peuple élu :
Chez tous les peuples et toutes les nations, j’ai régné.
Parmi eux tous j’ai cherché le repos,
J’ai cherché en quel patrimoine m’installer.
Alors le Créateur de l’univers m’a donné un ordre,
Celui qui m’a créée m’a fait dresser ma tente.
Il m’a dit : Installe-toi en Jacob,
Entre dans l’héritage d’Israël.
Dans la Tente sainte, en sa présence, j’ai officié ;
C’est ainsi qu’en Sion je suis établie,
Et que dans la cité bien-aimée
J’ai trouvé mon repos,
Qu’en Jérusalem j’exerce mon pouvoir.
Établie en Israël, la Sagesse y a vigoureusement poussé ses racines :
Je me suis enracinée chez un peuple plein de gloire,
Dans le domaine du Seigneur, en son patrimoine.
Elle y a pris des accroissements magnifiques. Elle y a porté des fruits incomparables de sainteté. Pour les décrire, l’auteur inspiré a recours aux comparaisons les plus poétiques, qu’il continue de placer dans la bouche de la Sagesse :
J’ai grandi comme le cèdre du Liban,
Comme le cyprès sur le mont Hermon.
J’ai grandi comme le palmier d’Engaddi,
Comme les plants de roses de Jéricho,
Comme un olivier magnifique dans la plaine,
J’ai grandi comme un platane.
Après ces comparaisons avec les arbres les mieux venus, ou dont les fruits sont les plus appréciés, en voici d’autres avec les parfums végétaux les plus recherchés :
Comme le cinnamonme et l’apalathe
J’ai donné du parfum,
Comme une myrrhe de choix, j’ai embaumé,
Comme du glabanum, de l’onyx et du stacte,
Comme la vapeur d’encens dans la Tente.
Enfin, deux dernières comparaisons nous disent sa prodigieuse fécondité :
J’ai étendu mes rameaux comme le térébinthe,
Ce sont des rameaux de gloire et de grâce.
Je suis comme une vigne aux pampres charmants,
Et mes fleurs sont des produits de gloire et de richesse.
Aussi, voyons-nous sortir de ce peuple privilégié d’illustres et saints personnages comme Moïse, Samuel, Élie, Élisée ; des poètes de génie qui nous ont laissé les Psaumes et les Livres sapientiaux ; de grands Voyants dont nous admirons les écrits prophétiques. L’Église s’en sert tout au long de son année liturgique.
Entre les cinq Livres sapientiaux, celui de « La Sagesse », composé au 1er siècle avant Jésus-Christ, a immédiatement préparé l’Évangile. Il déborde d’éloges sur les excellences, les beautés, les amabilités de la Sagesse Éternelle, et sur le désir qu’elle a de gagner le cœur de l’homme. Ce Livre, nous dit Montfort, a été écrit exprès pour cela : il faut le considérer comme une lettre d’une amante à son amant pour gagner son affection. Les désirs qu’elle y témoigne du cœur de l’homme sont si empressés, les recherches qu’elle y fait de son amitié sont si tendres, ses appels et ses vœux y sont si amoureux, qu’à l’entendre parler vous diriez qu’elle n’est pas la Souveraine du ciel et de la terre et qu’elle a besoin de l’homme pour être heureuse.
Tantôt, pour trouver l’homme, elle court dans les grands chemins ; tantôt elle monte sur la pointe des plus hautes montagnes ; tantôt elle vient aux portes des villes ; tantôt elle entre jusque dans les places publiques, au milieu des assemblées, criant le plus haut qu’elle peut : O hommes ! O enfants des hommes, c’est à vous que ma voix crie depuis si longtemps. O viri, ad vos clamito, et vox mea ad filios hominum (Prov. VIII, 4). C’est vous que je désire, c’est vous que je cherche, c’est vous que je réclame. Écoutez, venez à moi : je veux vous rendre heureux…
Et comme si les hommes craignaient encore, à cause de son éclat merveilleux et de sa majesté souveraine, de s’approcher d’elle… elle leur fait dire qu’elle est d’un accès facile ; qu’elle se laisse aisément voir à ceux qui l’aiment ; qu’elle prévient ceux qui la désirent ; qu’elle se montre à eux la première, et que celui qui se lèvera matin, pour la chercher, n’aura pas beaucoup de peine, car il la trouvera assise à sa porte. (ASE, N° 65, 66, 69).
Cependant, si malgré ces désirs empressés de la Sagesse Éternelle, des milliers d’années se sont écoulées avant son Incarnation, c’est que la réponse des hommes n’avait pas encore assez de force pour l’attirer du sein de son Père.
Les saints de l’ancienne Loi, il est vrai, ont demandé le Messie avec d’instantes prières. Ils gémissaient, ils pleuraient, ils s’écriaient : O nues, pleuvez le Juste ! O terre, germez le sauveur ! O Sagesse qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut… venez nous délivrer (Grande Antienne de l'Avent). Mais leurs appels et leurs sacrifices n’étaient pas d’un assez grand prix pour mériter cette grâce des grâces. Le peuple élu lui-même, malgré les avertissements, les remontrances de ses Prophètes, s’était montré tant de fois prévaricateur. Et le monde, au dire de saint Augustin, l’immense monde païen était indigne de recevoir le Fils de Dieu immédiatement des mains du Père.
Il n’y a eu que l’humble Marie qui ait mérité, par la force de ses prières et la hauteur de ses vertus, de voir le Verbe éternel, la Sagesse Éternelle, se faire homme en son sein. Ce qui nous montre quel Trésor infini est cette divine Sagesse, et quel ardent désir nous devons voir de la posséder, à l’exemple du Père de Montfort qui chantait :
Digne Mère de Dieu, Vierge pure et fidèle,
Communiquez-moi votre foi ;
J’aurai la Sagesse par elle,
Et tous les biens viendront en moi.
Sagesse, venez donc par la foi de Marie,
Vous n’avez pu lui résister ;
Elle vous a donné la vie,
Elle vous a fait incarner.
(Cant. N° 74)
(Père Dayet, Exercices préparatoires à la consécration de Saint Louis-Marie de Montfort)
Reportez-vous à Élévation à Dieu à la vue de ses créatures, Dieu béni dans les oiseaux, ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Nous sommes des grands blessés, Cantique des créatures ou Cantique de frère soleil, Sur la vaine curiosité, L'inimitié entre Satan et Marie, La terre se couvrit de ronces et d'épines, et Je comparerai mes péchés aux péchés d'Adam.
jeudi 25 février 2021
De l'union étroite qui doit être entre la Mortification et l'Oraison
Il est bon de joindre la prière au jeûne, dit l'Ange Raphaël à Tobie, quand il se fit connaître à lui. Les Saints Pères comprennent ordinairement sous le nom de jeûne, tout ce qui regarde la pénitence et la mortification de la chair : et ils considèrent en conséquence la mortification et l'oraison, comme les deux principaux moyens qui peuvent contribuer à notre avancement, et qui doivent être inséparables l'un de l'autre.
Que la mortification soit une disposition essentielle à la prière, c'est une vérité que tous les Saints et tous les Maîtres de la vie spirituelle nous enseignent. Ils se servent d'une comparaison qui rend cette vérité bien sensible. Ils disent que, comme on ne saurait écrire sur une peau de parchemin si elle n'est bien ratissée, et si on n'en a ôté toute la chair, de même, si toutes les affections charnelles ne sont bien déracinées de notre âme, et si elle n'est entièrement dégagée de ses passions, elle n'a point la disposition qui lui est nécessaire pour mériter que le Seigneur écrive, et imprime en elle les caractères de sa sagesse et de sa grâce. « À qui enseignera-t-il la science, dit le Prophète Isaïe, et à qui donnera-t-il l'intelligence ? Aux enfants qui sont sevrés, et qu'on a tirés de la mamelle. » C'est-à-dire, à ceux qui, pour l'amour de lui, se privent et se sèvrent des plaisirs du monde et des affections de la chair. Dieu veut trouver notre cœur libre et dégagé de toute attaché pour y entrer : il veut y voir régner une paix et une tranquillité profonde : Il a établi sa demeure dans la paix, dit le Prophète.
Quant à la seconde proposition, que l'oraison est un moyen efficace pour parvenir à la mortification, cela est suffisamment prouvé dans le Chapitre de l'Oraison. Prions donc continuellement et sans relâche, jusqu'à ce que nous ayions acquis, par la miséricorde de Dieu, cette parfaite mortification de nous-mêmes qui nous est si nécessaire, et que l'Écriture et les Saints Pères nous recommandent avec tant de soin.
(Abrégé de la pratique de la perfection chrétienne)
Reportez-vous à De la nécessité de la Mortification : En quoi elle consiste, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur le combat de la chair contre l'esprit, Moyens pour persévérer dans la sobriété et dans l'abstinence, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'anéantissement, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur le Carême : Jésus ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite, Instruction sur le Carême, Méditation sur le véritable jeûne, Méditation sur la Loi du jeûne, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la victoire sur ses passions, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Sur la vaine curiosité.
mercredi 11 novembre 2020
De la grièveté des péchés, parce qu'ils sont contraires à la raison
Je considérerai, dans ce troisième point, quelle est la laideur et la turpitude du péché, en tant qu'il est contraire à la raison naturelle, et combien, par conséquent, il serait haïssable, lors même qu'il n'y aurait point d'enfer pour le punir. L'homme, créé à l'image de Dieu, se change en bête dès qu'il offense son Créateur, c'est-à-dire qu'il contracte, à force de multiplier ses crimes, des habitudes et des inclinations qui le rendent semblable à la bête (Ps. XLVIII). L'appétit prévaut contre la raison ; la chair domine l'esprit ; l'esclave commande à son maître; et l'esprit avili devient, à sa honte, le misérable esclave de la chair, de ses convoitises, et des créatures les plus abjectes. JÉSUS-CHRIST n'a-t-il pas dit : quiconque commet le péché, est esclave du péché ? Et l'apôtre saint Pierre : On devient esclave de celui par qui on a été vaincu (Joan, VIII, 34 ; II Petr., II, 19) ? Si je suis ambitieux, je suis esclave de l'honneur et de tous ceux qui peuvent me le donner ou me le ravir. Si je suis avare, je suis esclave des richesses. Si je suis gourmand, je suis esclave de la bonne chère. Si je suis voluptueux, je suis esclave de la sensualité et des personnes qui tiennent mon cœur et ma liberté captifs. Quoi de plus assujettissant et de plus honteux que cet état ? Est-il un esclavage plus dégradant que celui du péché et des habitudes vicieuses ? Ces pensées doivent m'inspirer une profonde horreur de mes péchés, me déterminer à secouer un joug si pesant, et à recouvrer la liberté, en revenant au service de mon Créateur et de mon Rédempteur. Puisqu'il m'a racheté au prix de son sang pour me délivrer de l'esclavage du péché, et me rendre à un nouveau titre sa propriété, je le supplierai de ne pas permettre que je redevienne jamais l'esclave ni de ma chair, ni de mes vices, ni du démon, son implacable ennemi (I Cor., VI, 23).
(Extrait de Méditations sur les mystères de notre sainte foi par le V. P. Louis Du Pont)
Observations (éreintantes) : Ce n'est pas parce que vous croirez à deux cents pour cent à toutes les théories complotistes qui obstruent votre intelligence, que vous serez un meilleur catholique ; bien au contraire, vous le serez de moins en moins ; et si vous êtes honnête envers vous-même, vous constaterez que la foi n'a finalement plus beaucoup de place ni dans vos actions, ni dans vos raisonnements, ni dans vos pensées, ni dans vos paroles, etc. Il n'est pas catholique de vivre constamment dans le soupçon et la révolte. L'Évangile nous enseigne et nous exhorte à la simplicité des enfants. Prenez le temps de méditer cette vertu. Et rebroussez chemin avant qu'il ne soit trop tard, et que vous tombiez dans la voie large.
Par ailleurs, ne réclamez pas des prières pour obtenir une grâce si, une fois la grâce obtenue, vous l'attribuez au charlatan qui vous a demandé de tenir dix minutes sur un pieds, une plaque à la main, une bille dans la bouche, etc. Êtes-vous catholique ou superstitieux ?
La vérité est dans tous les exemples donnés par les saints et les saintes ; la vérité est dans l'amour et la joie de l'Évangile. N'êtes-vous pas raide, dur, froid, alors que Notre-Seigneur nous enseigne la souplesse, la douceur, l'humilité, la fermeté dans la charité... ? Vous aurez beau être un million à assurer le contraire de ce que l'Évangile et l'Église enseignent (pénitence, mortification, obéissance, joie, pauvreté d'esprit, etc.), contre une personne qui affirmera courageusement les vérités de l'Évangile et l'étendard de la croix, non seulement en parole, mais dans la pratique, vous serez toujours un million à porter l'étendard du démon, et à glorifier scandaleusement sa doctrine, contre une personne qui restera fidèle à la VÉRITÉ. Vous resterez un million d'aveugles vociférant au visage d'une humble brebis du Seigneur qui voit. C'est toute l'histoire de l'Église. Le nombre n'a jamais fait la vérité.
Si vous ne voulez ni changer ni vivre en catholique, épargnez ceux qui ont choisi de vivre selon l'Évangile. Vous avez choisi la folie du monde, eux ont choisi la folie de la Croix !
Désirez-vous rester esclave du démon ou devenir esclave d'amour de Jésus en Marie ?
Choisissez !
Saint Michel Archange, Chef de la milice céleste, Porte-étendard de la vérité, priez pour nous !
Reportez-vous à Des rechutes dans le péché, Je descendrai en esprit dans l'enfer, Aveuglement de l'homme, Sur ces paroles : Vous avez tiré votre parfaite louange de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle, De l'enfance spirituelle, Prière à Saint Pierre, pour obtenir de vivre et de mourir dans l'unité de la Sainte Église Romaine, ou pour demander une grâce quelconque, et De la simplicité.
mercredi 28 octobre 2020
Prière à Saint Gabriel Archange
Ô Dieu, qui avez si à cœur le salut des hommes, et qui avez choisi l'Archange saint Gabriel, pour annoncer à l'immaculée Vierge le mystère de l'Incarnation de votre Fils, nous vous supplions avec humilité par l'intercession du même saint Archange, de nous donner l'intelligence d'un mystère si relevé, et de nous revêtir de la force d'en haut, pour combattre les ennemis visibles et invisibles de notre salut. Servez-vous, ô mon Dieu, de son ministère pour renverser le Fort armé, et lui enlever les dépouilles dont il se glorifiait, afin que délivrés de la tyrannie qu'il exerçait sur nous, nous soyons par votre grâce remis dans la liberté de vos enfants, par Jésus-Christ Nôtre-Seigneur. Ainsi soit-il.
Reportez-vous à Litanie de Saint Gabriel Archange, LITANIES DE SAINT GABRIEL ARCHANGE, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, Avoir
une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël,
et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Prière à Saint Raphaël Archange, Litanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture
du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets
des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les
œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Manière dont les Anges Gardiens s'acquittent de leurs fonctions envers les hommes, Les Saints Anges, fidèles Gardiens des Temples, Les saints Anges Gardiens montrent le chemin du salut, Du culte et de la vénération qui est due à l'Archange Saint Michel, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Neuvaine à Saint Michel, Du combat des bons Anges contre les mauvais, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Chapelet à Saint Michel Archange, Apprenez de votre bon Ange la science du salut, De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs, De l'Excellence de la nature Angélique, La grâce des hommes, quoique inférieure à celle des Anges, a des avantages qui la relèvent infiniment, De la principale occupation des Anges, qui est de louer Dieu, et de leur Nombre, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque homme, Confiance de Saint Jean-François Régis en la protection de son Ange gardien, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piété, Sermon
du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges
de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges Gardiens, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, et Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien.
jeudi 1 octobre 2020
De l'abandon
Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains. (Jésus-Christ)
Jésus-Christ a fait cet acte d'abandon lorsqu'il était abandonné de son Père, traité de lui comme une victime chargée des péchés de tout l'univers, comme un objet de malédiction ; lorsqu'il éprouvait à la fois au dedans toutes les rigueurs de la justice divine, et au-dehors tous les tourments, toutes les ignominies que la rage de ses ennemis pouvait inventer ; lorsqu'on tournait en dérision sa sainteté, ses miracles, ses prophéties, sa qualité de roi et de Messie ; lorsque, de ses Apôtres, l'un l'avait trahi, l'autre renoncé, tous abandonné ; lorsque nu et pauvre, n'ayant absolument plus rien sur la terre, pas même sa sainte mère qu'il avait remise entre les mains de saint Jean, il était prêt à rendre en croix le dernier soupir. Ce fut alors que, recueillant toutes ses forces et tout son amour, acceptant de grand cœur tout ce qu'il souffrait dans l'âme et dans le corps de la part de Dieu et des hommes, destitué de tout appui, de toute consolation, il prononça ces grandes paroles : Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains. Cette âme qui épuise à ce moment tous les fléaux de votre colère, cette âme qui est le rebut du ciel et de la terre, je la remets, je la sacrifie, je la perds entre vos mains.
Il n'est pas permis de douter que cet acte ne fût l'expression de l'amour le plus pur et le plus désintéressé. L'amour pur n'est pas, dans l'âme fidèle, séparé de la foi ni de l'espérance ; au contraire, il perfectionne l'une et l'autre. On n'en a pas le sentiment ni même la perception ; mais on en a la réalité dans le degré le plus sublime. C'est une erreur de penser que la charité, lorsqu'elle est à son comble ici-bas, détruise ou affaiblisse les deux autres vertus théologales, et c'est calomnier les partisans de la vie intérieure, de les accuser de cette erreur et de leur imputer l'abominable hérésie du quiétisme, lorsqu'ils enseignent que le comble de la perfection est de servir Dieu sans aucune vue d'intérêt, soit pour le temps, soit pour l'éternité.
Mais il est certain, par la doctrine et par l'expérience des Saints, que l'homme, aidé de la grâce, peut en quelque sorte imiter Jésus-Christ dans cet abandon. Il est certain que Dieu peut mettre une âme, et qu'il en a mis plusieurs à une pareille épreuve, et qu'il les a conduites par degrés jusqu'à lui faire le sacrifice des plus chers intérêts de son âme. J'avoue qu'on ne peut pas faire un tel sacrifice avec la grâce ordinaire, et qu'il faut avoir passé auparavant par des états très-relevés et très-purifiants, où personne ne peut se mettre de soi-même, et dont ce sacrifice est la consommation. Dieu seul par sa grâce extraordinaire peut faire entrer une âme dans cet état et la conduire par la main jusqu'au terme. Il n'y a point d'illusion à craindre par rapport à ces états, parce que la nature a en horreur, comme de sa destruction, ces sortes d'états ; et il est impossible de les imaginer ni de les feindre ; car ceux qui y sont réellement, ignorent habituellement qu'ils y sont ; ils marchent à tâton dans les ténèbres de la foi ; ils acceptent ces états par la partie supérieure de leur âme, mais la partie inférieure souffre les combats les plus violents ; elle rejette bien loin d'elle la souffrance, et elle est assurément bien éloignée de s'y complaire. S'il arrive que de telles âmes soient persécutées, ce ne peut être que par des gens qui n'ont nulle expérience, nulle connaissance de ces états ; et l'on ne saurait apporter trop de précautions, trop se défier de son propre esprit, trop invoquer Dieu lorsqu'il s'agit de prononcer sur cette matière.
Quand Dieu veut faire entrer une âme dans cette voie, il la porte d'abord à se donner tout à fait à lui. Il la met ensuite dans le recueillement passif et dans un état habituel d'oraison. Il lui donne du goût pour les livres qui traitent de la vie intérieure, et lui en communique une intelligence proportionnée à ses vues sur elle. Quelquefois aussi il l'éclaire par lui-même sans les secours des livres. Il a soin surtout de la mettre sous la direction d'un guide convenable et propre à l'avancer ; et il inspire à cette âme une docilité, une obéissance non communes.
Il l'exerce ensuite par degrés ; il la fait passer de renoncement en renoncement, d'épreuves en épreuves, qui deviennent de plus en plus intérieures et spirituelles. Il y joint aussi différents genres de tentations, soit de la part du démon, soit de la part des hommes. En même temps il l'aveugle sur elle-même et sur ses dispositions intimes ; elle ne sait plus où elle en est, si elle aime Dieu, si elle en est aimée ; elle croit l'offenser à chaque action ; elle prend son insensibilité pour endurcissement, l'éloignement apparent de Dieu pour un commencement de réprobation ; ce qui lui cause des tourments et des révoltes inexprimables. On essaye en vain de la rassurer, de la tranquilliser ; tous les raisonnements ne font sur elle aucune impression. Dieu la conduit ainsi de précipice en précipice, jusqu'à ce qu'enfin il la mette sur le bord du grand abîme, et l'engage à s'y jeter par un abandon généreux. Il la laisse quelque temps dans cet abîme ; après quoi il l'en retire et lui donne alors une vie nouvelle et glorieuse.
Tout ceci est une énigme, un mystère pour quiconque n'est pas éclairé d'une lumière surnaturelle. Il ne s'agit pas de traiter ces états de chimère, ni ceux qui y sont, de cerveaux dérangés, mais il faut respecter ce qu'on ignore, et du moins s'abstenir de prononcer.
Quant aux âmes qui ont quelque sujet de croire que Dieu les appelle à cet abandon, qu'elles ne s'effrayent pas, sous prétexte que cela passe leurs forces présentes, que ce sacrifice leur fait horreur, et qu'elles ne peuvent même en soutenir la pensée. C'est bien ici qu'il faut dire que ce qui est impossible aux hommes est possible et facile à Dieu. Il prépare l'âme ; il change intérieurement ses dispositions ; il l'épure et la dégage peu à peu de l'amour-propre ; il lui inspire une sainte haine d'elle-même, jusqu'à la convaincre qu'elle est véritablement digne de réprobation.
Tout cela est vrai ; il n'y a ni illusion, ni quiétisme à le croire, et encore moins à l'éprouver. Cet acte est le comble de la perfection pour la créature. Il est visible qu'il ne faut rien, absolument rien refuser à Dieu, pour qu'il puisse nous conduire jusque-là ; qu'il faut donner tout, nous détacher de tout, nous laisser arracher tout. Que peut-on trouver de dangereux dans une voie si parfaite.
(Extrait du Manuel des âmes intérieures)
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