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vendredi 4 mars 2022

Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu


Rencontre de Sainte Thérèse d'Avila et de Saint Jean de la Croix

C'est notre Seigneur Jésus-Christ lui-même qui nous enseigne cette vérité. Il déclare hautement et publiquement en saint Jean, que son Royaume n'est pas de ce monde ; et il veut si fortement que les hommes le sachent, qu'il le répète deux fois. Il dit à son Père, que ses Disciples ne sont pas de ce monde, comme il n'en est pas. Et il le faut bien, puisqu'ils ont l'honneur d'être ses membres : car les membres d'un corps ne sont pas où le chef ne se rencontre point. Au contraire il disait aux Juifs : Vous êtes de ce monde, et je ne suis pas de ce monde.
Malheur au monde donc, puisque Jésus-Christ n'en est point. Il est donc sans Jésus-Christ, il demeure donc en lui-même. Et que fera-t-il, que deviendra-t-il dans sa faiblesse, dans sa misère, dans son rien ? Que profite à l'homme, dit notre Maître, de gagner tout le monde, s'il perd son âme ? Posséder tous les Empires, avoir toutes les Couronnes, jouir de tous les honneurs, de tous les plaisirs, de tous les biens de la terre, c'est ce qui ne sert de rien, si avec toutes ces choses on perd malheureusement son âme. Or sa perte est bien assurée sans notre Seigneur Jésus-Christ. Il n'y a point de salut en aucun autre, nous dit le Saint-Esprit dans les Actes des Apôtres ; car il n'y a point sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés. Malheur au monde, parce que les Disciples de Jésus-Christ n'en sont point, comme leur divin Maître n'en est pas. Malheur au monde, puisque les Juifs, les Gentils, les Infidèles en sont. Voilà ses disciples, ses sectateurs. Être du monde, c'est être comme les Juifs et comme les païens. Étrange état donc de ces gens, dont l'on dit qu'ils sont du monde, et qu'ils sont même bien du monde, c'est-à-dire, que non seulement ils sont malheureux, mais qu'ils sont plongés dans un extrême malheur. Héla, s'ils le connaissaient, et si les hommes trompés par l'estime qu'ils en font, le savaient ! Mais les paroles de Jésus-Christ font peu d'impression dans la plupart des esprits.
Comme cet adorable Sauveur voit que ses Disciples ne sont pas du monde, il s'adresse à son Père, et il lui fait une grande prière de les en séparer en vérité. Tous les Chrétiens en sont séparés par la sainteté de la grâce de leur Baptême, dans lequel ils y renoncent, et à toutes ses pompes. Mais ils en sont si séparés, que l'Apôtre nous déclare nettement, que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, avons été baptisés dans sa mort ; parce que nous avons été ensevelis avec lui par le Baptême, pour mourir avec lui : afin que comme Jésus-Christ est ressuscité par la gloire et par la puissance de son Père, de même aussi nous marchions dans une nouvelle vie. Étant certain que si nous sommes entés en lui par la ressemblance que nous avons eue à sa mort, nous le serons aussi à sa résurrection ; car nous savons que notre vieil homme a été crucifié avec lui. Si nous sommes donc tous morts par le Baptême avec Jésus-Christ, nous ne devons avoir aucune part avec le monde, de même que les morts n'y en ont plus. Il faut que la grâce du détachement nous en sépare aussi véritablement, que la mort nous en prive généralement. Il faut y être, comme si l'on n'y était pas. Il faut s'y regarder toujours comme mort ; y vivre au milieu de sa contagion, sans en contracter rien de sa corruption. L'Apôtre, qui était l'un des véritables Disciples de notre Seigneur Jésus-Christ, assure ensuite que le monde lui est crucifié, et qu'il est crucifié au monde ; parce qu'étant mort avec Jésus-Christ, tout était mort pour lui en même temps. Il n'avait ni de vie, ni de considération pour aucune des choses pour lesquelles Jésus-Christ ne vit plus ; car il n'est point ressuscité pour vivre dans ce monde, et selon la vie de ce monde, c'est comme parle un pieux Interprète de ces paroles de l'Apôtre ; mais en Dieu et pour Dieu. De la même sorte ce grand Apôtre était mort à l'égard du monde, et il ne pouvait rien trouver en lui, que la privation de la vie qui est selon lui, et que l'opprobre et l'infamie des personnes crucifiées. Il était à l'égard du monde, comme les personnes qui meurent sur un gibet ; aussi il déclare qu'il en était traité, comme les ordures de toute la terre.
Le véritable caractère de tous ceux qui sont à notre Seigneur Jésus-Christ, est d'être morts au monde, et par suite de n'en être plus : c'est ce qui les distingue d'avec les Juifs et tous les infidèles, dont le caractère au contraire est d'être du monde. Cependant grand nombre de Chrétiens ne laissent pas d'être du monde. C'est pourquoi le Fils de Dieu priant pour ses Disciples, il demande à son Père qu'il les en sépare en vérité, et non seulement par des apparences extérieures. C'est à quoi les personnes du Cloître doivent prendre garde particulièrement ; puisqu'ils ne sont pas du monde, dit notre Maître à son Père, comme je n'en suis pas : séparez-les du monde en vérité. Votre parole est la vérité ; c'est-à-dire, cette doctrine est votre vérité, dans laquelle ils doivent être sanctifiés, non selon le monde, mais selon vous ; non selon les sens, mais selon leur régénération par le Baptême.
Ensuite il dit : Je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'ils soient aussi sanctifiés dans la vérité. C'est donc pour nous que cet aimable Sauveur s'est sanctifié, ou séparé dus son entrée au monde. Il s'en est séparé par sa naissance pauvre dans une étable ; dans toute la vie, vivant dans la pauvreté, le mépris et la douleur, caché dans la boutique d'un Charpentier ; dans sa vie convertissante, par les contradictions, humiliations qu'il a souffertes ; à sa mort, expirant ignominieusement sur une croix. Voilà ce qu'il a fait en notre nom, afin qu'au moins le détachement de toutes les choses de la terre fût dans nous dans la vérité. Car ce n'a pas été seulement pour ses Apôtres qu'il a prié de la manière ; car il dit encore à son Père : Ce n'est pas seulement pour eux que je vous prie, mais c'est aussi pour ceux qui croiront en moi par leurs paroles. Voyez, mon cher Lecteur, si vous en êtes vraiment du nombre, si la prière du Fils de Dieu est accomplie en vous. Êtes-vous séparé du monde en vérité ? n'y tenez-vous plus ? y êtes-vous mort ?
Y avez-vous la grâce d'y souffrir beaucoup de traverses et de contradictions ? Le feu Père Condren, l'un des plus illustres morts au monde de notre siècle, dont Dieu seul était son ciel, sa terre, tous ses honneurs, tous ses plaisirs, et tous ses biens ; qui n'a vécu que de l'esprit du sacrifice de tout l'être créé à la grandeur de Dieu, disait qu'il y avait grand sujet de craindre pour ceux qui possèdent leur repos en ce monde, et grand sujet d'espérer pour ceux dont les affaires sont toujours traversées. Le serviteur n'est pas plus grand que le maître, nous enseigne le Sauveur de tous les hommes. Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï le premier. Si vous eussiez été du monde, le monde eût aimé ce qui était à lui ; mais le monde vous hait, parce que vous n'êtes pas du monde. Grand sujet donc de joie d'en être haï, et délaissé, et méprisé ; et c'est ce qui arrive ordinairement à ceux qui sont particulièrement à notre Seigneur : ni leurs paroles, ni leurs conversations, ni leur manière de vie ne plaisent pas au monde, qui se retire d'eux, qui ne les fréquente pas. Il faut être du monde pour lui plaire, y éclater, y faire bruit, avoir équipage, du train. Ceux-là ne manquent pas de visites, d'honneurs, de respects. Ils sont même recherchés par ceux qui par état sont séparés du monde, et dont l'esprit n'en étant pas entièrement détaché, ne considèrent pas beaucoup ceux qui ne font pas grande figure. C'est assez à un Ecclésiastique de n'avoir pas de biens, de vivre ne pauvreté, de n'avoir pas de train, pour n'être pas considéré dans les compagnies, pour ne recevoir pas de visites, pour être au rebut, et de ceux mêmes qui d'autre part font profession de pauvreté. Mais bienheureux ceux qui n'ont point de part en un monde dont le Fils de Dieu n'est pas, dont tous ses véritables Disciples n'en sont pas.
Malheureux ceux qui sont du monde, puisqu'il déclare que son Royaume n'en est pas. Il ne faut qu'avoir des yeux et les ouvrir pour découvrir pleinement cette vérité. Les Rois de la terre y sont obéis, y sont respectés, ils y ont leurs Officiers, et il y en a que l'on appelle pour ce sujet les Gens du Roi, ils font exécuter ponctuellement leurs ordres ; et si quelqu'un était assez misérable pour parler contre l'obéissance et le respect qui leur son dûs, à plus forte raison si l'on se révoltait contre eux, aussitôt on se saisirait de ces personnes, et on le doit faire, on les punirait. Dieu cependant est blasphémé par quelques-uns, il est offensé de tous côtés, les crimes deviennent publics, les scandales éclatent ; on attaque Dieu jusque dans sa propre maison, dans ses Églises par les irrévérences qui s'y commettent, tout demeure impuni. L'un des premiers Princes du Royaume, qui s'était donné à Dieu spécialement dans les dernières années de sa vie, voyant quantité de personnes qui lui faisaient la cour, dit à ceux qui étaient proches de lui : Si j'offensais Dieu, par une de ces personnes n'en dirait mot ; si l'on me faisait la moindre insulte, toutes seraient dans l'émotion, mes Officiers mettraient l'épée à la main pour ma défense, on arrêterait aussitôt la personne qui m'aurait voulu insulter.
Ce Prince disait une vérité, qui n'a pas seulement lieu à l'égard des personnes de sa haute qualité, dont la crainte pourrait empêcher ceux qui ne sont pas encore morts au siècle, de prendre la liberté de les faire souvenir de leurs offenses contre Dieu. Mais ce qui est incompréhensible, on garde même le silence à l'égard des personnes les plus viles de la terre. Que l'on entende blasphémer un homme de rien dans les rues, on ne dit mot ; que l'on entende proférer des paroles déshonnêtes, on se tait. Dans les Églises où l'on a assez d'insolence pour y traiter avec peu de respect la Majesté infinie d'un Dieu, on n'a pas assez de hardiesse pour s'y opposer : dans les compagnies on y rougit pour l'Évangile, on n'oserait en soutenir les maximes.
Il y a encore plus : les Rois de la terre envoyant des ordres, donnant des déclarations pour empêcher les crimes publics, les scandales, les blasphèmes, les irrévérences dans les Églises, enjoignant à leurs Officiers d'y tenir la main, les menaçant même de peines ; tous ces ordres demeurent sans exécution, on les néglige. Si l'on y veille un peu de temps, comme on a fait il y a peu, au sujet des irrévérences dans les Églises, ensuite des ordres du Roi, et sur les plaintes que les nouveaux convertis faisaient, qui s'étonnaient du peu de respect que l'on avait pour la présence du Corps d'un Dieu dans nos Temples, dont on leur faisait un article de Foi ; et qui disaient que l'on était beaucoup plus modeste dans ceux qu'ils quittaient, où l'on ne croyait pas cette présence. Si l'on a veillé quelque temps pour faire observer les ordres de notre grand Monarque sur ce sujet, ils ont été bientôt négligés.
Disons encore que le Royaume de notre Seigneur Jésus-Christ, bien loin d'avoir quelque lieu dans le monde, y trouve des oppositions de toutes parts. Il suffit souvent d'y proposer quelque dessein pour sa gloire, pour y rencontrer des contradictions. Les plus grandes œuvres pour son honneur sont celles qui sont les plus combattues. Les personnes qui travaillent le plus pour l'établissement de ses divins intérêts, sont celles que l'on persécute. Chose étonnante parmi des Chrétiens ! que le relâchement s'introduise, soit dans le Clergé, soit parmi les Religieux, on ne fait pas grand bruit, on le tolère ; et c'est ce qui est cause de tous les désordres qui en arrivent. Que l'on travaille pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique, ou l'observance régulière, on y aura des difficultés inexplicables. Sainte Thérèse dans ces derniers siècles, et ce Séraphin terrestre le bienheureux Jean de la Croix s'appliquèrent avec un zèle divin pour rétablir le premier esprit du Carmel : quand ils auraient conspiré contre l'État, et qu'ils auraient pris des desseins de perdre les villes et les Provinces, on n'en aurait pas été plus ému. Quelles persécutions n'ont-ils pas souffertes, les prisons, les calomnies, et toutes sortes d'opprobres !

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinCe qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliquesDu mondeMéditation sur les dangers du mondeMéditation sur l'amour de la retraiteMéditation sur les moyens de se sanctifier dans le mondeMéditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.












mercredi 16 février 2022

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XLVIII : Deuxième Commandement


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


XLVIIIe LEÇON


DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR LA CHARITÉ.

SECOND COMMANDEMENT.


Les trois enfants dans la fournaise louant Dieu (Doré)

Q. Quel est le second commandement de Dieu ?
R. Voici le second commandement de Dieu : Dieu en vain tu ne jureras ni autre chose pareillement.

Q. Que nous ordonne-t-il ?
R. Il nous ordonne d'honorer le nom de Dieu par nos paroles, et nous défend de le déshonorer : le nom de Dieu, c'est la puissance, la sagesse, la bonté, la majesté de Dieu et Dieu lui-même.

Q. Quels sont les moyens d'honorer Dieu par nos paroles ?
R. Les moyens d'honorer Dieu par nos paroles sont : la prononciation respectueuse du nom de Dieu, le serment, la louange et le vœu.

Q. Qu'est-ce que prononcer le nom de Dieu avec respect ?
R. Prononcer le nom de Dieu avec respect, c'est le prononcer en se rappelant et en honorant les divines perfections qu'il exprime ; on le déshonore quand on le prononce avec légèreté et à tout propos.

Q. Qu'est-ce que jurer ou faire serment ?
R. Jurer ou faire serment, c'est prendre Dieu à témoin de ce qu'on assure : le serment honore Dieu, parce que c'est un hommage rendu à la vérité, à sa justice et à sa majesté souveraine.

Q. Comment le serment doit-il être fait pour honorer Dieu ?
R. Pour honorer Dieu, le serment doit être fait avec vérité, c'est-à-dire seulement pour assurer une chose vraie ; avec justice, pour promettre une chose permise ; avec discernement, pour assurer une chose importante.

Q. Quel est le péché opposé au jurement ?
R. Le péché opposé au jurement, c'est le parjure ou le faux serment.

Q. Qu'est-ce que louer le nom de Dieu ?
R. Louer le nom de Dieu, c'est le bénir et l'invoquer ; à la louange de Dieu sont opposés le silence, qui consiste à ne pas invoquer, à ne pas bénir le nom de Dieu, puis le blasphème et les imprécations.

Q. Qu'est-ce que le blasphème ?
R. Le blasphème est une parole injurieuse à Dieu ou aux Saints, ou à la Religion : par exemple, c'est un blasphème d'ôter à Dieu, aux Saints, à la Religion, ce qui leur appartient, et de leur attribuer ce qui ne leur convient pas : le blasphème est un très grand péché.

Q. Que faut-il faire quand on entend blasphémer ?
R. Quand on entend blasphémer, il faut bénir intérieurement le nom de Dieu et prier pour le blasphémateur.

Q. Qu'est-ce que les imprécations ?
R. Les imprécations sont des paroles blasphématoires, par lesquelles on souhaite du mal aux autres ou à soi-même.

Q. Qu'est-ce que le vœu ?
R. Le vœu est une promesse faite à Dieu par laquelle on s'oblige, sous peine de péché, à faire quelque bonne œuvre.

Q. Quelles sont les principales espèces de vœux ?
R. Les principales espèces de vœux sont les vœux solennels, qu'on fait par la réception des ordres sacrés, ou par la profession religieuse dans un ordre approuvé de l'Église ; les vœux simples, qu'on fait en particulier ou dans une congrégation, non érigée en ordre religieux.

Q. Quels sont les vœux de Religion ?
R. Les vœux de Religion sont les trois vœux ; de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Ils sont opposés aux trois grandes passions de notre cœur, ils obligent celui qui les fait à la perfection et ils sont une source de biens pour le monde.

Q. Comment doit-on accomplir ses vœux ?
R. On doit accomplir ses vœux comme on les a faits, dans le temps et de la manière indiqués, à moins qu'on n'en soit dispensé; c'est pourquoi il est très prudent de ne pas faire de vœux sans avoir consulté son confesseur,

Q. Quels sont les avantages du second commandement ?
R. Voici quelques-uns des avantages du second commandement : 1° en nous obligeant à respecter Dieu, il protège en nous son amour ; car on cesse bientôt d'aimer ce qu'on peut mépriser impunément ; 2° il garantit les conventions et la bonne foi parmi les hommes ; ce qui est la base de la société.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je ne prononcerai jamais le nom de Dieu en vain.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite), Leçon XXXVIII : De la Pénitence, Leçon XXXIX : De la Pénitence (Suite), Leçon XL : De la Pénitence (Suite), Leçon XLI : Des Indulgences et du Jubilé, Leçon XLII : De l'Extrême-Onction, Leçon XLIII : Du Sacrement de l'Ordre, Leçon XLIV : Du Sacrement de l'Ordre (Suite), Leçon XLV : Du Sacrement de Mariage, Leçon XLVI : De la Charité, Leçon XLVII : Premier Commandement, Leçon XLIX : Troisième Commandement.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.













samedi 22 janvier 2022

Pie IX et Don Bosco, Audiences pontificales pour la fondation de la Société Salésienne



L'œuvre de don Bosco se développe toujours. Le grand établissement, à la fois internat et externat, héberge deux cents enfants. Au collège, fondé depuis quelques années, vient s'ajouter une école primaire. Il existe des cours pour les jeunes artisans et commerçants, des ateliers de tous genres, un asile pour les sans-travail.
Tout cela entraîne bien des tracas et des soucis, tout cela coûte cher, très cher. Mais la Providence n'abandonne pas son serviteur, certainement assisté du haut du ciel par sa sainte mère et son angélique disciple. De temps en temps on organise une grande tombola pour laquelle les commerçants de Turin fournissent des lots importants. Le roi Victor-Emmanuel lui-même souscrit pour cinq cents billets. La tsarine, de passage à Turin, y consacre une somme considérable. Ainsi pare-t-on aux nécessités croissantes.
L'avenir de son œuvre inquiète beaucoup plus don Bosco que les difficultés présentes. Qu'arrivera-t-il lorsqu'il aura disparu ? Ses fondations, qui les maintiendra, qui les achèvera après sa mort ?
Don Bosco s'entretient souvent de ce sujet avec ses fils, surtout ses nombreux clercs, les futurs prêtres.
Il décide avec eux de créer une société qui portera le nom de Salésiens.
Mgr Fransoni, en exile, l'approuve. Don Cafasso l'encourage, et le ministre Rattazzi lui-même, le promoteur de la "loi des couvents", admet l'éventualité désirable d'une nouvelle société religieuse.
Un jour il fait venir don Bosco.
— Mon cher don Bosco, lui dit-il, je n'ai pas toujours été votre ami. J'avoue que je me suis longtemps défié de vous, mais j'ai constaté que vous faites beaucoup de bien et que vous méritez d'être aidé. Je vous souhaite de vivre longtemps, très longtemps, pour l'instruction et l'éducation de tant de pauvres enfants. Mais vous n'êtes pas immortel. Que deviendra votre œuvre après vous ? Y avez-vous songé ?
— Certainement, Excellence. J'y pense tous les jours.
— À mon avis, vous devriez choisir quelques laïques, quelques ecclésiastiques, de votre entourage, les grouper en une société bien définie, leur inculquer enfin votre esprit et vos méthodes d'éducation, de façon à en faire non pas de simples auxiliaires, mais les continuateurs de votre œuvre.
— Je m'étonne que ce soit vous, Excellence, qui m'encouragiez à fonder une société religieuse.
— Je sais, je sais ! Vous pensez à la suppression de nombreuses maisons religieuses dans le royaume, vous pensez à la loi qui porte mon nom, mais tranquillisez-vous, la société que je préconise ne contredirait aucunement la législation en cours.
— Comment cela ?
— Fondez une société non pas de mainmorte, mais de vivants. Chaque membre y conserverait ses droits civiques. En un mot vote société ne devrait être aux yeux de la loi qu'une simple association de libres citoyens travaillant de concert à la réalisation d'un idéal de bienfaisance.
— Et votre Excellence me garantirait l'autorisation du gouvernement !
— Aucun gouvernement régulier et sérieux ne fera jamais obstacle à la fondation et au développement d'une telle société. Toute association de libres citoyens est autorisée, tant que son but et ses activités ne s'opposent pas aux lois de l'État. Fondez donc cette société et soyez sûr de l'approbation et de l'appui absolu du roi.
De ce côté, la voie est libre. Don Bosco rédige une règle pour la soumettre au Saint-Père. Le 18 février 1858, il part pour Rome avec Michel Rua. Le 9 mars, Pie IX leur accorde une audience.
Le pape reçoit fort aimablement don Bosco. Il le presse de questions sur son œuvre et sur ses travaux :
— Que faites-vous maintenant à l'oratoire ?
— Un peu de tout, Saint-Père. Je célèbre la messe, je prêche, je confesse, je fais la classe, parfois la cuisine, ou je balaie l'église.
— Des occupations très variées ! constate le pape.
Puis s'adressant à Michel Rua :
— Êtes-vous prêtre ?
— Non, très Saint-Père. Je n'ai encore reçu que les ordres mineurs.
— Eh bien, mon fils, il ne vous sera pas difficile avec un pareil maître, de vous préparer au sacerdoce.
Le pape réfléchit un instant, puis il ajoute :
— Je me souviens de vos enfants, don Bosco, des trente-trois lires qu'ils m'ont envoyées, lorsque j'étais en exil. J'ai été très touché de cette générosité.
— Oh, un rien ! Mais nous étions peu nombreux encore, et si pauvres !
— J'ai été d'autant plus sensible à ce témoignage de filial attachement. Mais, dites-moi, mon fils, qu'est-ce que deviendra votre communauté lorsque vous ne serez plus ?
Don Bosco explique au Saint-Père son projet de fondation et lui présente une lettre de recommandation de Mgr Fransoni.
— Je vois que nous sommes tous trois du même avis, repartit le pape. Votre conception répond exactement aux besoins de notre triste époque. Cette société comporterait naturellement des vœux, condition indispensable pour maintenir l'unité de l'esprit et des œuvres. Puis, des règles appropriées et précises, ni trop austères ni trop faciles. Avec un costume discret. Les confrères de votre société doivent être des religieux aux yeux de l'Église, mais de simples citoyens aux yeux de la société civile et de l'État. Rédigez une Règle conforme à ces directives et apportez-la-nous.
Don Bosco remet alors au Saint-Père un volume des Lectures catholiques, relié en cuir blanc et orné des armoiries pontificales gravées en or.
— C'est un cadeau de mes jeunes gens, fabriqué par eux dans notre atelier.
Le pape, extrêmement touché de cette délicate attention, remet à don bosco une médaille de l'Immaculée pour chacun des quinze relieurs.
Il le reçoit deux autres fois. Il approuve les statuts de sa Société et lui concède des privilèges importants. Mais, dès qu'il lui parle de l'élever à la dignité de camérier secret, don Bosco se récrie :
— Oh, Saint-Père, de grâce, gardez cet honneur pour de plus dignes. La belle figure que je ferais au milieu de mes gamins avec du violet à ma soutane ! Ces pauvres petits ne me reconnaîtraient plus ; j'y perdrais toute leur confiance. Et puis les bienfaiteurs de mon œuvre me croiraient devenu riche ; je n'aurais plus le courage d'aller leur tendre la main pour mes enfants. Non, Saint-Père, vraiment, renoncez à votre idée. Laissez-moi demeurer le pauvre don Bosco !
— Cela fait bien des raisons, répond le pape. Alors, soit ! nous les admettons. Mais peut-être auriez-vous un autre désir à nous exprimer ? Une petite surprise pour vos enfants à votre retour ne vous serait-elle pas agréable ?
— Oh, si ! Très Saint-Père !
— Alors, attendez.
Le pape tire de son bureau un rouleau de pièces de monnaie :
— Voici pour donner une bonne collation à vos enfants.
Quel bonheur cela va être ! Rien que d'y penser, don Bosco en a les larmes aux yeux.
Don Bosco profite de son voyage à Rome pour en visiter les sanctuaires et les monuments témoins du glorieux passé de la Ville éternelle. Tous les jours il est en route. Il va de Saint-Pierre à Saint-Paul-hors-les-Murs, du Colisée aux Catacombes, pèlerin intrépide que le pauvre Michel s'évertue à suivre.
Naturellement, don Bosco visite aussi les oratoires romains du temps de saint Philippe de Néri. Il en étudie avec beaucoup d'intérêt les institutions, en particulier les méthodes d'éducation. D'ailleurs, sans tout approuver.
Le second dimanche après Pâques, il est de retour à Turin :
— Que nous sommes contents de vous voir revenu, lui disent ses enfants. Nous avons prié pour vous tous les jours. N'allez pas repartir tout de suite !
— Je resterai avec vous le plus longtemps possible. C'est promis !

(Don Bosco, l'Apôtre des Jeunes, G. Hünermann)


Reportez-vous à Perquisition et interrogatoires à l'oratoire de Don Bosco, La sainte mort de Dominique Savio, Mort de maman Marguerite, Mère de Saint Jean Bosco, Le songe de Don Bosco, Don Bosco rencontre Dominique Savio, Don Bosco et le Grigio, Don Bosco et le jeune condamné à la potence, La sainte amitié qui amena Jean Bosco séminariste, à la perfection chrétienne.












mercredi 19 janvier 2022

Le songe de Don Bosco



Un jour de novembre 1854, don Bosco se fait attendre au réfectoire. Le repas achevé sans lui, chacun retourne à son travail ; seuls don Victor Alasonatti et quelques clercs restent à discuter autour de la table.
— Pourquoi don Bosco n'arrive-t-il pas ? demande Dominique Tomatis. Nous devrions aller le chercher.
— Il n'aime pas être dérangé dans son travail, dit don Alasonatti. Je sais qu'il a de grands soucis.
— À notre sujet ? interroge Jean Cagliero, qui porte la soutane depuis un mois. Au sujet de l'oratoire ?
— Non, pour l'Église. Comme vous le savez, les libéraux ont l'intention de déposer à la Chambre un projet de loi qui dépossède de ses biens l'Église de Piémont-Sardaigne et supprime la plupart des couvents. Nul n'est plus peiné de cette injustice que notre Père, mais il n'est pas moins inquiet des malheurs qu'encourt notre roi s'il se prête à ces projets.
— Déposséder l'Église, fermer les couvents, belle façon de remercier les religieux de leur dévouement pendant le choléra ! s'écrie don Michel Rua.
Don Bosco arrive :
— Excusez mon retard, mes amis. J'espère que vous m'avez gardé une cuillerée de soupe ?
— Votre mère l'a tenue au chaud. J'y vais ! propose Félix Reviglio.
— Il me restait un peu de travail, continue don Bosco. J'ai écrit aujourd'hui à trois importants personnages, au pape, au roi et au bourreau.
Les abbés se mettent à rire en entendant ce singulier rapprochement. Que leur père écrive au pape, ce n'est pas très extraordinaire. Le bourreau, malgré sa profession, est un ami et un bienfaiteur de l'oratoire. Mais une lettre au roi ? Qu'est-ce que don Bosco peut avoir à écrire au roi ?
— Voici ma lettre pour le Roi. Veux-tu la copier au propre, Ange Savio ?
— Très volontiers, répond celui-ci, parent de Dominique.
— Bon ! la voici. Mais, commence par la lire tout haut ! Vous devez tous savoir ce qu'elle contient.
Ange Savio parcourt la lettre et lit, de plus en plus étonné :
— « J'ai eu la nuit dernière un songe étrange. Je me trouvais au milieu du chœur de l'oratoire quand, soudain, un messager portant la livrée écarlate des laquais de la cour arriva en criant : “Nouvelle importante !” “Quelle nouvelle ?” demandai-je. “Annoncez : Grand deuil à la cour ! Grand deuil à la cour !” Je voulais lui demander qui était mort, mais le cavalier s'en allait déjà. »
— Rien de plus ? demande Ange Savio.
— Non, c'est tout. Au roi d'y réfléchir ! Je vais manger. Voici Félix qui arrive avec la soupe. Merci, mon enfant !
Cinq jours plus tard, le songe se répète. Don Bosco entend de nouveau les sabots du coursier royal, mais, cette fois, le messager annonce : « Grands deuils à la cour ! Grands deuils à la cour ! »
Le lendemain, de sa propre écriture, don Bosco informe le roi de cette seconde vision et le prie d'écarter pareils malheurs en s'opposant au nouveau projet de loi.
« Cette loi attirera un grand malheur sur la cour », déclare-t-il tristement le soir.
Quelques jours après, arrive le marquis Dominique Fassati, bienfaiteur de l'oratoire :
— Qu'avez-vous fait ! dit-il à don Bosco. Vos lettres ont mis toute la cour en grand émoi. Le roi en est fort affecté, furieux. Vous savez pourtant quelle reconnaissance vous lui devez pour ses bonnes dispositions.
— Certes oui, je le sais ! répond tranquillement don Bosco. C'est précisément pourquoi j'estime de mon devoir de l'avertir. Je ne lui ai écrit que la pure vérité.
Le ministre de la Justice, Urbain Rattazzi, n'en dépose pas moins, le 28 novembre, le projet de loi pour la suppression des couvents, et le comte de Cavour, depuis deux ans chef du gouvernement, est absolument décidé à le faire passer. Vu la violente opposition des conservateurs, les libéraux soutiennent la loi par des arguties d'une mauvaise foi évidente.
« L'Église n'a pas le droit de posséder, déclare le rapporteur. Les biens de l'Église appartiennent aux pauvres. Si la nation est pauvre, elle peut légitimement s'en emparer. »
Après des débats mouvementés, au cours desquels le comte Solaro della Margherita qualifie cette loi d'escroquerie monstrueuse, l'affaire est ajournée.
Mais au début de l'année suivante les rêves de don Bosco se réalisent. Le 12 janvier, Marie-Thérèse, mère de Victor-Emmanuel II, meurt après une courte maladie. Don Bosco perd en elle une insigne bienfaitrice. Le roi est accablé de tristesse et le sommeil le fuit.
Ce premier deuil à peine passé, Adélaïde, épouse du roi, meurt en mettant au monde un fils. Encore quelques semaines, et le prince Ferdinand de Savoie, frère du roi, la suit au tombeau.
Malgré tous ces avertissements du Ciel, la Chambre décide, le 2 mars 1855, d'adopter la loi Rattazzi.
Une quatrième fois, la mort frappe à la porte du roi. Elle lui ravit, le 17 mai, son plus jeune fils. Comment faire la sourde oreille à de pareils coups ? Mais le sénat, cinq jours plus tard, vote de justesse la loi, malgré l'offre de Mgr di Calabiana, évêque de Casale, près d'un million de lires au gouvernement contre l'abandon du projet de spoliation.
Le dernier mot est désormais au roi, dit don Bosco le lendemain à ses jeunes gens. De sa signature dépend la fermeture d'une foule de couvents. Mais je crains que le Ciel ne fasse s'abattre un nouveau malheur sur sa Maison.
— Ne serait-il pas bon d'écrire au roi ? demande Jean Cagliero.
— Si. Veux-tu t'en charger, Ange ?
— Volontiers. Dites-moi ce que je dois écrire.
— Majesté, dicte don Bosco, hier j'assistai à un entretien de plusieurs personnes parmi lesquelles se trouvait don Bosco. La conversation porta sur les événements du jour et, par conséquent, sur la loi Rattazzi récemment passée au sénat. S'il m'était possible de parler au roi, déclara don Bosco, Majesté, lui dirais-je, gardez-vous de signer cette loi pour ne point attirer sur vous et sur votre famille une grande calamité. — C'est ce dont je me fais un devoir de vous informer comme fidèle et obéissant sujet de Votre Majesté. Signé : Aange Savio, de Châteauneuf d'Asti.
À la lecture de cette lettre, Victor-Emmanuel pâlit. Les avertissements du Ciel l'ont trop fortement frappé ; quatre deuils en quelques mois, sa mère, son épouse, son frère et son fils.
« Que ce don Bosco me laisse donc en paix ! » murmure-t-il d'une voix tremblante.
Lorsqu'on soumet à sa signature, peu après, le texte de la loi, il demande quelques jours de réflexion. Il en profite pour consulter plusieurs théologiens, docteurs en droit ecclésiastique, en leur faisant connaître les avertissements de don Bosco et leur accablante réalisation. Ces ecclésiastiques, au lieu de défendre les droits de l'Église selon leur devoir, lui répondent obséquieusement : « Que Votre Majesté ne s'inquiète nullement des messages de don bosco ! Le temps des révélations est passé ! Prophéties et menaces ne méritent plus aucun crédit ! »
Le roi Victor-Emmanuel prend alors la plume et signe cette loi, qui supprime trois cent trente-quatre établissements religieux et arrache à leurs foyers plus de cinq mille religieux et religieuses.
Au demeurant, le monarque n'en veut pas à don Bosco de ses prémonitions ; souvent il le cite comme un saint. Mais ce qui est fait est fait. Derrière les religieux expulsés se ferment les portes de leurs couvents. Tous leurs biens, dont ils ont usé pendant des siècles au service de Dieu et des pauvres, passent à l'État. L'ambitieux comte de Cavour est arrivé à ses fins.

(Don Bosco, l'Apôtre des Jeunes, G. Hünermann)


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samedi 8 janvier 2022

Temps de la Sainte Enfance de Jésus



La dévotion de la sainte enfance de Jésus n'est pas une dévotion nouvelle. Saint Léon le Grand en parlait déjà aux fidèles de son temps : « Jésus-Christ, disait-il, aime l'enfance, et il l'a prise d'abord à son entrée dans le monde. Il aime l'enfance qui, en sa personne, la forme de la douceur. Il aime l'enfance et il apprend à tous les âges de la vie à se modeler sur elle ; il y ramène même la vieillesse. Il abaisse jusqu'à l'imitation de ses exemples ceux qu'il élève ensuite dans son éternel royaume. »
L'Église, depuis bien des siècles, a consacré les temps qui suivent Noël et l'Épiphanie à célébrer les mystères de l'enfance de Jésus. Mais cette dévotion, au commencement de notre siècle, a reçu un développement heureux et une impulsion toute nouvelle.
Un saint prêtre qui s'appliquait avec un zèle infatigable à l'instruction de l'enfance et de la jeunesse chrétienne, dans les catéchismes de Saint Thomas d'Aquin, M. l'abbé Borderies, depuis évêque de Versailles, pour inspirer à ces jeunes cœurs la piété tout à la fois la plus tendre et la plus solide, les invitait souvent à méditer les mystères de l'enfance de Jésus, et proposait à leur imitation les vertus de ce divin modèle.
Le développement d'une dévotion si sainte et si utile était réservé à ces temps malheureux, où tout concourt à corrompre l'enfance presque au sortir du berceau, et à étouffer les germes de foi déposés dans son âme par le baptême. Cette dévotion devait arrêter l'action corruptrice d'un siècle impie, en inspirant au jeune âge des goûts de piété et d'innocence. Aussi s'est-elle répandue dans les catéchismes et dans les institutions chrétiennes, où elle a produit des fruits précieux de sanctification parmi la jeunesse. Mais elle doit être chère surtout aux enfants que la religion a recueillis à l'ombre de ses sanctuaires. Ils embrasseront avec joie une dévotion dont le divin objet est Jésus lui-même grandissant à Nazareth, pour le salut du monde, et leur offrant l'exemple de toutes les vertus qu'ils ont eux-mêmes à pratiquer : ils s'efforceront de retracer sa piété pour son Père céleste, son aimable innocence, sa docilité et son obéissance à Marie et à Joseph, son amour du travail, sa patience à supporter les rigueurs de la pauvreté. Les saintes pratiques de cette dévotion leur inspireront le respect le plus profond et l'amour le plus tendre pour cet adorable Enfant ; elles leur mériteront ses plus précieuses faveurs, et, à son exemple, ils croîtront chaque jour en âge, en grâce et en sagesse devant Dieu et devant les hommes.

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à Aimer Jésus enfant, Invitation à célébrer la sainte enfance de Jésus, La Fête de la Purification ou de la Chandeleur, Méditation pour le Jour de la Purification, Instruction sur la Fête de la Purification, Épiphanie : Acte de consécration au Désiré des nations, L'Épiphanie de Notre-Seigneur, Comment pouvons-nous imiter l'exemple des Rois-Mages ?, Quels fruits pouvons-nous recueillir de la fête de l'Épiphanie ?, Litanies des Saints Rois-Mages, Prière sur le saint nom de Jésus, Litanies des Saints consacrés à l'Enfance de Jésus, Litanies en l'honneur de la divine Naissance du Sauveur, Litanies des Saints Anges de la Crèche, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, Litanies des Justes de l'Ancienne Loi, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, La fête de Noël doit être chère à la France, La Pantoufle dans la cheminée, Les Fêtes de Noël à Paris : l'Offrande et la fête des Lettres, un pieux et antique usage, Les Fêtes de Noël à Paris : en prière devant la Crèche, Les Fêtes de Noël à Paris : au Couvent, Les Fêtes de Noël à Paris : au Petit-Séminaire, La nuit de Noël à Marseille, Extrait d'une description des Fêtes de Noël à Bruxelles : La Crèche en famille, Un épisode des Fêtes de Noël dans les pays du Nord de l'Europe : L'Arbre de Noël, Particularités de la nuit de Noël à Bethléem, La Sainte Grotte, Bethléem, Le Santo Bambino, Les petits Prédicateurs de six et de huit ans, L'Étable de Bethléem dans l’Église de l'Ara-Coeli, L'épée et le chapeau ducal portés à la procession le jour de Noël, Description de la sainte Crèche, Son histoire, Cérémonie de l'Adoration, La Messe de Minuit à Sainte-Marie-Majeure, Les Boutiques de Noël et le Præsepio, Les Pifferari, Regard sur le triple sacrifice du Jour de Noël, Noël, Jour de sainte allégresse, Lumière sur Noël, La crèche, Méditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une Crèche, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Litanies de la Sainte Famille, Visite à l'Enfant-Jésus dans la Crèche, La bénédiction de Noé à ses fils, Prophétie et figure de l'entrée des Gentils dans la vraie Église, La conduite réciproque de Ruth et de Noémi figure celle de Marie et de l'Église des Gentils, Méditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Du ministère de Marie dans la vocation des Gentils à la Foi, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation sur l’Épiphanie, Discours aux jeunes époux, du Pape Pie XII, durant l'Octave de l’Épiphanie, le 10 janvier 1940, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 18e Méditation : Voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient parut, allant devant eux, jusqu'à ce qu'elle vint s'arrêter sur le lieu où était l'enfant, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 17e Méditation : À la nouvelle de la naissance du saint Enfant, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 16e Méditation : Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 15e Méditation : Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 21e Méditation : Cependant Marie ne perdait rien de toutes ces choses et les méditait dans son cœur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation : Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au SeigneurDévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 20e Méditation : Ayant été averti en songe de ne point aller trouver Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 19e Méditation : Se prosternant, ils l'adorèrent ; puis ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe, Méditation sur la Nativité, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 14e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, Litanies du Saint Nom de Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 13e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, nom qui lui avait été donné par l'ange, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 12e Méditation : Après huit jours, le saint Enfant fut circoncis, Instruction sur la Circoncision, Méditation sur la Circoncision, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 11e Méditation : Les bergers revinrent en glorifiant et en louant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 10e Méditation : Les bergers se disaient les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 9e Méditation : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 7e Méditation : Tout à coup l'Ange du Seigneur parut auprès d'eux, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation : Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin enfantement arriva, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 2e Méditation : Je vous annonce un grand sujet de Joie, il vous est né aujourd'hui un Sauveur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 3e Méditation : Marie mit au monde son fils premier-né, et l'enveloppa de langes, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 4e Méditation : Marie, après avoir enveloppé de langes le saint Enfant, le coucha dans la crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 5e Méditation : Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 6e Méditation : Il y avait là aux environs des bergers qui veillaient et se relevaient les uns les autres pendant la nuit, pour la garde de leurs troupeaux, Litanies du Saint Enfant-Jésus, et Dévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et Consécration.













mercredi 27 octobre 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XLIV : Du Sacrement de l'Ordre (Suite)


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


XLIVe LEÇON


DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR L'ESPÉRANCE.

DU SACREMENT DE L'ORDRE (SUITE).



Q. Quels sont les Ordres mineurs ?
R. Les Ordres mineurs sont ceux de portier, de lecteur, d'exorciste et d'acolyte,

Q. Quel est le premier des Ordres mineurs ?
R. Le premier des Ordres mineurs qui se donne après la cérémonie de la tonsure, c'est l'ordre de portier.

Q. Quelles en sont les fonctions ?
R. Dans les premiers siècles, les portiers avaient soin d'ouvrir les églises, d'y entretenir le recueillement et la propreté, et d'annoncer les heures de la prière et des offices, comme le rappellent encore les cérémonies de leur ordination.

Q. Quel est le second des Ordres mineurs ?
R. Le second des Ordres mineurs est celui de lecteur : les lecteurs furent établis pour lire au peuple, dans l'église, l'Écriture sainte ; voilà pourquoi l'Évêque, en les ordonnant, leur fait toucher le livre des leçons.

Q. Quel est le troisième ?
R. Le troisième des Ordres mineurs est celui d'exorciste, établi pour exorciser les Catéchumènes et pour délivrer les possédés, très nombreux au commencement de l'Église, comme l'apprennent l'Évangile et les Pères ; de là vient qu'en ordonnant les exorcistes, l'Évêque leur fait toucher le missel, car c'est par la parole de Dieu qu'ils peuvent chasser le démon.

Q. Quel est le quatrième ?
R. Le quatrième des Ordres mineurs est celui d'acolyte, qui veut dire qui suit, qui accompagne, parce que les acolytes devaient toujours accompagner les Évêques et servir à F autel : c'est pour cela qu'en les ordonnant, l'Évêque leur fait toucher une burette vide et porter un chandelier avec un cierge allumé.

Q. Quels sont les Ordres majeurs ?
R. Les Ordres majeurs sont : le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise.

Q. Quel est le premier des Ordres majeurs ?
R. Le premier des Ordres majeurs, c'est le sous-diaconat : les sous-diacres étaient autrefois les secrétaires des Évêques, qui les employaient à des négociations, à la distribution des aumônes et au soin de leur temporel.

Q. Quelles sont aujourd'hui leurs fonctions ?
R. Aujourd'hui leurs fonctions se réduisent à servir le diacre à l'autel : avant leur ordination, les sous-diacres se prosternent le visage contre terre pour montrer qu'ils renoncent pour toujours au monde, et se consacrent au service de Dieu et de l'Église.

Q. Quel est le second des Ordres majeurs ?
R. Le second des Ordres majeurs, c'est le diaconat : les diacres furent ordonnés par les Apôtres eux-mêmes pour veiller aux besoins des pauvres, baptiser, prêcher, distribuer l'Eucharistie aux Fidèles, visiter les confesseurs et les martyrs dans leurs prisons et pourvoir à leurs besoins.

Q. Que font-ils aujourd'hui ?
R. Aujourd'hui ils servent le Prêtre et l'Évêque à l'autel, chantent l'Évangile et présentent le pain et le vin qui doivent être consacrés ; avant leur ordination, ils se prosternent, comme les sous-diacres, pour marquer de nouveau leur renoncement au monde.

Q. Quel est le troisième des Ordres majeurs ?
R. Le troisième des Ordres majeurs, c'est la prêtrise : les fonctions des Prêtres ont toujours été et sont encore d'offrir le saint Sacrifice, de présider aux assemblées des Fidèles, de prêcher la parole de Dieu, de bénir le peuple, de baptiser et d'administrer les Sacrements.

Q. Que font-ils avant leur ordination ?
R. Avant leur ordination, les Prêtres se prosternent comme les sous-diacres et les diacres : avant d'être faits chrétiens, nous avons renoncé trois fois au démon ; avant d'être ordonnés, les Prêtres renoncent trois fois au monde pour marquer qu'ils sont parfaitement consacrés au service de Jésus-Christ et des Fidèles.

Q. Pourquoi appelle-t-on ces Ordres mineurs et majeurs ?
R. On appelle ces Ordres mineurs et majeurs, parce qu'ils se rapportent plus ou moins directement à la sainte Eucharistie ; mais, tous ensemble, ils ne forment qu'un même Sacrement, qui est le Sacrement de l'Ordre.

Q. Quels sont les avantages sociaux du Sacrement de l'Ordre ?
R. La société doit tout au Sacrement de l'Ordre : car point de société sans religion ; point de religion sans Prêtres ; point de Prêtres sans le Sacrement de l'Ordre.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'aurai toujours le plus grand respect pour les personnes consacrées à Dieu.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite), Leçon XXXVIII : De la Pénitence, Leçon XXXIX : De la Pénitence (Suite), Leçon XL : De la Pénitence (Suite), Leçon XLI : Des Indulgences et du Jubilé, Leçon XLII : De l'Extrême-Onction, Leçon XLIII : Du Sacrement de l'Ordre, Leçon XLV : Du Sacrement de Mariage.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.