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mercredi 7 octobre 2020

Octobri mense, Lettre encyclique de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, sur le Rosaire de la Vierge Marie



Octobri mense


Lettre Encyclique de Sa Sainteté le Pape LÉON XIII


Du ROSAIRE de la VIERGE MARIE


(22 septembre 1891)



À nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques, Évêques, et autres Ordinaires des lieux en paix et en communion avec le Siège Apostolique.

LÉON XIII, PAPE

Vénérables Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.

À l’approche du mois d’octobre, que l’on regarde comme consacré et dédié à la Bienheureuse Vierge du Rosaire, Nous Nous rappelons, avec une très grande joie, les vives exhortations que Nous Vous avons adressées, Vénérables Frères, les années précédentes, pour que partout les troupeaux de fidèles, stimulés par votre autorité et par votre zèle, redoublent de piété envers l’auguste Mère de Dieu, la puissante auxiliatrice du peuple chrétien, pour qu’ils L’implorent pendant tout ce mois et L’invoquent par le très saint rite du Rosaire, que l’Église, principalement dans les conjonctures et dans les temps difficiles, a coutume d’employer et de célébrer, toujours avec le succès souhaité.

Nous tenons à manifester de nouveau cette année la même volonté et à Vous adresser, à Vous renouveler les mêmes exhortations ; Nous y sommes invité et poussé par l’amour pour l’Église, dont les peines, au lieu de s’alléger, croissent chaque jour en nombre et en gravité. Ce sont des maux universellement connus que Nous déplorons : que l’Église garde et transmet les dogmes sacrés attaqués, combattus ; l’intégrité de la vertu chrétienne, dont elle a le soin, tournée en dérision ; la calomnie organisée ; la haine attisée de mille manières contre l’ordre des saints Pontifes, mais surtout contre le Pontife Romain ; les attaques dirigées contre le Christ Lui-même par une audace pleine d’impudence et par une scélératesse criminelle, comme si l’on s’efforçait de détruire dans sa base et d’anéantir l’œuvre divine de la Rédemption, que jamais aucune force ne détruira ni n’anéantira.

Ce ne sont pas là des événements nouveaux pour l’Église militante : Jésus en a prévenu les Apôtres : pour qu’elle enseigne aux hommes la vérité et les conduise au salut éternel, il lui faut entrer en lutte tous les jours, et de fait, dans le cours des siècles, elle combat courageusement jusqu’au martyre, ne se réjouissant et ne se glorifiant de rien davantage que de pouvoir sceller sa cause du Sang de son Fondateur, gage très certain pour elle de la victoire qui lui a été promise.

On ne doit pas pourtant dissimuler la profonde tristesse dont cette obligation perpétuelle de lutte afflige tous les gens de bien. C’est, assurément, une cause de grande tristesse qu’il y en ait tant que les erreurs perverses et les outrages à Dieu détournent et entraînent ; tant qui soient indifférents à toute forme de religion et paraissent finalement étrangers à la foi divine ; qu’il y ait aussi tant de catholiques qui tiennent à la religion de nom seulement et ne lui rendent ni les honneurs ni le culte dus. L’âme s’attriste et se tourmente encore bien plus à songer quelle cause de maux déplorables réside encore dans l’organisation des États qui ne laissent aucune place à l’Église ou qui combattent son zèle pour la très sainte vertu ; c’est là une manifestation terrible et juste de la vengeance de Dieu, laquelle laisse l’aveuglement funeste des âmes s’appesantir sur les nations qui s’éloignent de Lui.

Aussi cela crie de soi-même, cela crie chaque jour plus fort : il est absolument nécessaire que les catholiques prient et implorent Dieu avec zèle et persévérance : sine intermissione (1) ; qu’ils le fassent non seulement chez eux, mais encore en public, réunis dans les édifices sacrés, et qu’ils supplient avec instance le Dieu très prévoyant de délivrer l’Église des hommes importuns et méchants (2), et de ramener au bon sens et à la raison, par la lumière et l’amour du Christ, les nations profondément troublées.

Car c’est un fait admirable au-delà de toute croyance ! Le siècle va son chemin laborieux, fier de ses richesses, de sa force, de ses armes, de son génie ; l’Église descend le long des âges d’un pas tranquille et sûr, se confiant en Dieu seul, vers qui, jour et nuit, elle lève ses yeux et ses mains suppliantes. Bien qu’en effet, elle ne néglige pas, dans sa prudence, les secours humains que la Providence et les temps lui procurent, ce n’est pas en eux qu’elle place sa principale espérance, mais dans la prière, dans la supplication, dans l’invocation de Dieu. Voilà comment elle entretient et fortifie son souffle vital, parce que l’assiduité de sa prière lui a permis heureusement, en restant étrangère aux vicissitudes des choses humaines et en s’unissant continuellement à la Volonté divine, de vivre de la vie même de Notre-Seigneur Jésus-Christ, tranquillement et paisiblement ; comme à l’image du Christ Lui-même, auquel l’horreur des tourments qu’Il a endurés pour notre bien commun n’a presque rien enlevé ni ôté de l’heureux éclat et de la joie qui Lui sont propres.

Cette importante doctrine de la sagesse chrétienne a été, de tout temps, crue et religieusement pratiquée par les chrétiens dignes de ce nom : leurs prières montaient vers Dieu plus vives et plus fréquentes quand les ruses et la violence des pervers avaient attiré un malheur sur la Sainte Église ou sur son Pasteur suprême.

Les fidèles de l’Église d’Orient en fournissent un exemple remarquable et qui est digne d’être proposé à l’imitation de la postérité. Pierre, vicaire de Jésus-Christ, premier Pontife de l’Église, avait été jeté en prison, chargé de chaînes par l’ordre du criminel Hérode, et il était réservé à une mort certaine : personne ne pouvait l’arracher au danger, lui porter secours. Mais il y avait là ce secours que la prière fervente obtient de Dieu : l’Église, à ce que rapporte l’Histoire sacrée, élevait pour lui des prières sans nombre : Oratio autem fiebat sine intermissione ab Ecclesia ad Deum pro eo (3) ; et plus était vive la crainte d’un grand malheur, plus était grande l’ardeur de tous à implorer Dieu. Après la réalisation de leurs vœux, le miracle se découvrit ; le peuple chrétien continue à célébrer avec une reconnaissance joyeuse la merveille de la libération de Pierre.

Le Christ a donné un exemple encore plus remarquable, un exemple divin, pour façonner et former Son Église à la sainteté, non seulement par Ses préceptes, mais aussi à Son modèle : toute Sa vie, Il S’était appliqué à la prière fréquente et fervente, et aux heures suprêmes, lorsqu’au jardin de Gethsémani, Son âme, inondée d’amertume, languissant jusqu’à la mort, Il priait Son Père, et Le priait avec effusion (prolixius orabat) (4), Il n’en a pas agi ainsi pour Lui-même, Lui qui ne craignait rien, qui n’avait besoin de rien, qui était Dieu : Il l’a fait pour nous, pour Son Église, dont Il accueillait déjà avec joie les prières et les larmes futures pour les rendre fécondes en grâce.

Mais, depuis que le salut de notre race a été accompli par le mystère de la Croix et que l’Église, dispensatrice de ce même salut, après le triomphe du Christ, a été fondée sur la terre et définitivement instituée, la Providence a établi et constitué un ordre nouveau pour un peuple nouveau.

La considération des conseils divins s’ajoute ici aux grands sentiments de religion. Le Fils éternel de Dieu, voulant prendre la nature humaine pour racheter et ennoblir l’homme, et devant, par là, consommer une union mystique avec le genre humain tout entier, n’a pas accompli Son dessein avant que ne s’y fût ajouté le libre assentiment de la Mère désignée, qui représentait en quelque sorte le genre humain, suivant l’opinion illustre et très vraie de saint Thomas : Per annuntiationem exspectabatur consensus Virginis, loco totius humanae naturae (5). D’où on peut, avec non moins de vérité, affirmer que, par la Volonté de Dieu, Marie est l’intermédiaire par laquelle nous est distribué cet immense trésor de grâces accumulé par Dieu, puisque la grâce et la vérité ont été créées par Jésus-Christ (6) ; ainsi, de même qu’on ne peut aller au Père suprême que par le Fils, on ne peut arriver au Christ que par Sa Mère.
Qu’elles sont grandes, la sagesse, la miséricorde qui éclatent dans ce dessein de Dieu ! Quelle convenance avec la faiblesse et la fragilité de l’homme ! Nous croyons à la bonté infinie du Très-Haut et nous la célébrons ; nous croyons aussi à Sa justice infinie et nous la redoutons. Nous adorons le Sauveur très aimé, prodigue de Son Sang et de Sa vie ; nous craignons Sa justice inexorable. C’est pourquoi ceux dont les actions troublent la conscience ont un absolu besoin d’un intercesseur et d’un patron puissant en faveur auprès de Dieu, et d’une bienveillance assez grande pour ne pas rejeter la cause des plus désespérés et pour relever jusqu’à l’espoir de la clémence divine les affligés et les abattus. Marie est notre glorieux intermédiaire ; Elle est puissante, Mère du Dieu tout-puissant ; mai ce qui est encore plus doux, Elle est bonne, d’une bienveillance extrême, d’une indulgence sans bornes. C’est ainsi que Dieu nous L’a donnée : L’ayant choisie pour Mère de Son Fils unique, Il Lui a inculqué des sentiments tout maternels, qui ne respirent que l’amour et le pardon ; telle, de Son côté, Jésus-Christ L’a voulue, puisqu’Il a consenti à être soumis à Marie et à Lui obéir comme un Fils à Sa Mère ; telle aussi Jésus L’a annoncée du haut de la Croix, quand Il a confié à Ses soins et à Son amour la totalité du genre humain dans la personne du disciple Jean ; telle enfin Elle S’est donnée Elle-même en recueillant avec courage l’héritage des immenses travaux de Son Fils, et en rapportant aussitôt sur tous le legs de Ses devoirs maternels.

Le dessein d’une si chère miséricorde, réalisé en Marie par Dieu et confirmé par le testament du Christ, a été compris dès le commencement et accueilli avec la plus grande joie par les saints Apôtres et les premiers fidèles ; ce fut aussi l’avis et l’enseignement des vénérables Pères de l’Église ; tous les peuples de l’âge chrétien s’y rallièrent unanimement, et même, quand la tradition ou la littérature se tait, il est une voix qui éclate de toute poitrine chrétienne et qui parle avec la dernière éloquence. Il n’y a pas à cela d’autre raison qu’une foi divine qui, par une impulsion toute puissante et très agréable, nous pousse et nous entraîne vers Marie ; rien de plus naturel, de plus souhaité que de chercher un refuge en la protection et, en la loyauté de Celle à qui nous pouvions confier nos desseins et nos actions, notre innocence et notre repentir, nos tourments et nos joies, nos prières et nos vœux, toutes nos affaires enfin ; de plus, tous sont possédés par l’espoir et la confiance que les vœux qui seraient accueillis avec moins de faveur venant de la part de gens indignes soient, grâce à la recommandation de Sa Très Sainte Mère, reçus par Dieu avec la plus grande faveur et exaucés. La vérité et la suavité de ces pensées procurent à l’âme une indicible consolation, mais elles inspirent une compassion d’autant plus vive pour ceux qui, privés de la foi divine, n’honorent pas Marie et ne l’ont pas pour Mère ; pour ceux aussi qui, participants aux croyances saintes, osent traiter parfois d’excessif et d’extrême le culte de Marie ; par cela, ils blessent grandement la piété filiale.

Cette tempête de maux, au milieu de laquelle l’Église lutte si durement, montre donc à tous ses pieux enfants à quel saint devoir ils sont assujettis de prier Dieu avec plus d’instances, et de quelle façon plus particulière ils doivent s’efforcer de donner à ces supplications la plus grande efficacité. Fidèles aux exemples si religieux de nos pères et de nos ancêtres, recourons à Marie, notre sainte Souveraine ; invoquons, supplions d’un seul cœur Marie, la Mère de Jésus-Christ et la nôtre : Montrez que Vous êtes notre Mère ; faites accueillir nos prières par Celui qui, né pour nous, a consenti à être Votre Fils. (7)

Or, entre les diverses formules et manières d’honorer la divine Marie, il en est qu’il faut préférer, puisque nous savons qu’elles sont plus puissantes et plus agréables à notre Mère ; et c’est pourquoi Nous Nous plaisons à désigner en particulier et à recommander tout spécialement le Rosaire. Le langage vulgaire a donné le nom de couronne à cette manière de prier, parce qu’elle rappelle, en les réunissant par les plus heureux liens, les grands mystères de Jésus et de Marie, leurs joies, leurs douleurs et leurs triomphes. Le souvenir de la pieuse contemplation de ces augustes mystères, médités dans leur ordre, peut procurer aux fidèles un admirable secours, aussi bien pour alimenter leur foi et la protéger contre la contagion des erreurs que pour relever et entretenir la vigueur de leur âme. En effet, la pensée et la mémoire de celui qui prie de la sorte, éclairées par la foi, sont entraînées vers ces mystères avec l’ardeur la plus suave ; elles s’y absorbent et les pénètrent, et ne peuvent assez admirer l’œuvre inénarrable de la Rédemption des hommes, accomplie à un prix si élevé et par une succession de si grands événements.

L’âme alors s’enflamme d’amour et de gratitude, devant ces preuves de la charité divine ; elle sent se fortifier et s’accroître son espérance, et devient plus avide de ces récompenses célestes que le Christ a préparées pour ceux qui se seront unis à Lui en imitant Son exemple et en participant à Ses douleurs. Et cette prière s’exhale dans des paroles émanées de Dieu Lui-même, de l’archange Gabriel et de l’Église ; pleine de louanges et de vœux salutaires, elle se renouvelle et se continue dans un ordre déterminé et varié, et elle produit sans cesse de nouveaux et de doux fruits de piété.

Or, il y a d’autant plus de raisons de croire que la Reine du Ciel Elle-même a attaché à cette forme de prière une grande efficacité, que c’est sous sa protection et Son inspiration qu’elle a été établie et propagée par l’illustre saint Dominique, à une époque très hostile au nom catholique et assez peu différente de la nôtre, comme une sorte d’instrument de guerre tout-puissant pour combattre les ennemis de la foi. En effet, la secte hérétique des Albigeois avait envahi de nombreuses contrées, tantôt clandestinement, tantôt ouvertement ; fille cruelle des Manichéens dont elle répandait les monstrueuses erreurs, elle travestissait les dogmes, excitait au massacre des chrétiens et soulevait contre l’Église une haine profonde et implacable. À peine pouvait-on se fier aux puissances humaines contre cette tourbe si pernicieuse et si arrogante, lorsque le secours vint manifestement de Dieu Lui-même, par le moyen du Rosaire de Marie. Ainsi, grâce à la Sainte Vierge, si glorieusement victorieuse de toutes les hérésies, les forces des impies furent renversées et brisées, la foi fut sauvée et demeura intacte.

On sait de même que, dans de nombreuses circonstances et dans différents pays, des dangers de même nature ont été conjurés, des bienfaits analogues ont été obtenus : l’histoire des temps anciens et de ceux plus rapprochés de nous en fournit des témoignages éclatants. Il faut aussi ajouter cette autre preuve, évidente en quelque sorte, qu’aussitôt que la prière du Rosaire fut instituée, elle fut adoptée de toutes parts par les citoyens de toutes les classes et devint parmi eux d’un usage fréquent. C’est qu’en effet, la religion du peuple chrétien tient à honorer par des titres insignes et de mille façons la divine Mère, élevée si excellemment au-dessus de toutes les créatures par tant et de si grande gloire ; or, elle a toujours aimé particulièrement ce titre du Rosaire, cette manière de prier, qui est comme le mot d’ordre de la foi et qui résume le culte dû à Marie ; elle l’a pratiquée dans l’intimité et en public, dans l’intérieur des maisons et des familles, en instituant en son honneur des confréries, en Lui consacrant des autels, en L’entourant de toutes les pompes, convaincue qu’elle ne pourrait recourir à de meilleurs moyens pour orner les fêtes sacrées de la Sainte Vierge et pour mériter Son patronage et Ses grâces.

Nous ne devons point passer sous silence ce qui met ici en lumière la particulière protection de notre Souveraine. En effet, lorsque, par l’effet du temps, le goût de la piété a paru s’affaiblir dans quelque pays et la pratique de cette forme de prière se relâcher, on admire comment ensuite, soit à raison de quelque danger redoutable menaçant l’État, soit sous la pression de quelque nécessité, l’institution du Rosaire, bien plus que tous les autres secours religieux, a été rétablie d’après le vœu général, a repris sa place d’honneur et, de nouveau florissante, a exercé grandement son influence salutaire. Il n’est point nécessaire d’aller en chercher dans le passé des exemples, alors que notre époque elle-même nous en fournit d’admirables. Dans ce temps, en effet, qui, comme nous le disions en commençant, est si dur pour l’Église, et qui l’est devenu plus encore depuis que la sagesse divine Nous a placé au gouvernail, on peut constater et admirer avec quelle ardeur et quel zèle dans tous les pays et chez tous les peuples catholiques le Rosaire de Marie est pratiqué et célébré. Or, c’est plutôt à Dieu, qui dirige et mène les hommes, qu’à la sagesse et à la diligence humaine, qu’il faut attribuer ce fait, où notre âme puise une grande consolation et un grand courage, et qui nous remplit de la confiance absolue que, par la protection de Marie, les triomphes de l’Église se renouvelleront et s’étendront.

Il y a des chrétiens qui comprennent très bien tout ce que Nous venons de rappeler ; mais, parce que rien de ce qu’on espérait n’a encore été obtenu, et avant tout la paix et la tranquillité de l’Église ; bien plus, parce que la situation semble venir plus troublée et plus mauvaise, ils laissent se relâcher leur régularité et leur affection pour la prière, comme s’ils étaient fatigués et défiants. Mais que ces hommes réfléchissent et qu’ils s’appliquent à ce que les prières qu’ils adressent à Dieu soient revêtues des qualités nécessaires, selon le précepte de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Si elles les possèdent, qu’ils considèrent qu’il est injuste et qu’il est défendu de vouloir assigner à Dieu le moment et la manière de venir à notre secours ; car Dieu ne nous doit rien, si bien que, quand Il exauce nos prières et couronne nos mérites, Il ne fait autre chose que couronner Ses propres dons (8) et quand Il ne seconde pas notre manière de voir, c’est un bon Père qui agit avec prévoyance à l’égard de Ses fils, qui a pitié de leur fausse sagesse et qui ne prend conseil que de leur utilité. Mais ces prières, par lesquelles nous supplions Dieu de protéger Son Église, en les unissant aux suffrages des Saints du Ciel, Dieu les accueille toujours avec la plus grande bonté et les exauce, aussi bien celle qui concernent les intérêts majeurs et immortels de l’Église que celles qui visent des intérêts moindres, propres à ce temps, mains néanmoins en harmonie avec les premiers. Car, à ces prières s’ajoutent la puissance et l’efficacité assurément infinies des prières et des mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui aime l’Église et qui S’est livré pour elle afin de la sanctifier... et de Se la présenter à Lui-même pleine de gloire (9), Lui qui en est le Pontife suprême, saint, innocent, toujours vivant pour intercéder pour nous, et dont la foi divine nous enseigne que la prière et les supplications sont incessantes.

Quant aux intérêts extérieurs, à ceux qui ne regardent que cette vie, il est manifeste que l’Église a souvent à compter avec la malveillance et la puissance d’adversaires acharnés. Il lui faut s’affliger de les voir spolier ses biens, restreindre et opprimer sa liberté, attaquer et mépriser son autorité, lui infliger enfin toutes sortes de dommages et d’injures. Et si l’on se demande pourquoi leur méchanceté n’arrive point à ce degré d’injustice qu’elle se propose et qu’elle s’efforce d’atteindre : pourquoi, au contraire, l’Église, à travers tant d’événements divers, conservant sa même grandeur et sa même gloire, quoique sous des formes variées, s’élève toujours et ne cesse de progresser, il est légitime de chercher la cause principale de l’un et de l’autre fait dans la force de la prière de l’Église sur le cœur de Dieu ; autrement, en effet, la raison humaine ne peut comprendre que la puissance de l’iniquité soit contenue dans des limites si étroites, tandis que l’Église, réduite à l’extrémité, triomphe néanmoins si magnifiquement. Et cela apparaît mieux encore dans ce genre de biens par lesquels l’Église conduit les hommes à la possession du bien suprême. Puisqu’elle est née pour cette fonction, elle doit pouvoir beaucoup par ses prières, afin que l’ordre de la Providence et de la miséricorde divines ait dans Ses enfants son accomplissement et sa perfection ; et ainsi les hommes qui prient avec l’Église et par l’Église demandent et obtiennent, en définitive, ce que, avant tous les siècles, le Dieu tout-puissant a décidé de donner (10). Actuellement, l’esprit humain est impuissant à pénétrer la profondeur des desseins de la Providence ; mais il viendra un jour où, dans Sa grande bonté, Dieu montrant à découvert les causes et les conséquences des événements, il apparaîtra clairement combien l’office de la prière aura eu de puissance à cet égard et que de choses utiles il aura obtenues. On verra alors que c’est grâce à la prière qu’au milieu de la corruption si grande d’un monde dépravé, beaucoup se sont gardés intacts et se sont préservés de toute souillure de la chair et de l’esprit, accomplissant leur sanctification dans la croyance de Dieu (11) ; que d’autres, au moment où ils allaient se laisser entraîner au mal, se sont soudain retenus et ont puisé dans le danger et dans la tentation même d’heureux accroissements de vertu ; que d’autres enfin, qui avaient succombé, ont senti dans leur âme une certaine sollicitation à se relever et à se jeter dans le sein du Dieu de miséricorde.

C’est pourquoi Nous supplions avec les plus vives instances tous les chrétiens de peser ces pensées dans leur conscience, de ne pas céder aux supercheries de l’antique ennemi, de ne se laisser détourner sous aucun prétexte du goût de la prière, mais d’y persévérer au contraire et d’y persévérer sans interruption. Que leur premier soin soit de demander le bien suprême, c’est-à-dire le salut éternel de tous, et la conservation de l’Église ; puis il est permis de solliciter de Dieu les autres biens, pour l’utilité et la commodité de la vie, pourvu qu’on le fasse en se soumettant à Sa Volonté souverainement juste, et que, soit qu’Il accorde, soit qu’Il refuse ce qu’on désire, on Lui rende grâces comme à un Père infiniment bienfaisant. Enfin, que ces demandes soient adressées à Dieu avec la religion et la haute piété qui conviennent et qui sont nécessaires, à grands cris et avec larmes (12), comme les Saints ont eu coutume de le faire et comme en a Lui-même donné l’exemple notre Très Saint Rédempteur et Maître.

Ici, notre devoir et Notre paternelle affection exigent que Nous demandions au Dieu dispensateur de tous les biens, pour tous les enfants de l’Église, non seulement l’esprit de prière, mais encore l’esprit de la sainte pénitence. En le faisant de tout Notre cœur, Nous exhortons avec la même sollicitude tous et chacun en particulier à cette vertu si étroitement unie à l’autre. Car, si la prière a pour effet de nourrir l’âme, de l’armer de courage, de l’élever aux choses divines, la pénitence nous donne la force de nous dominer, et surtout de commander au corps, qui, par suite de la faute originelle, est l’ennemi le plus redoutable de la doctrine et de la loi évangéliques. Il y a entre ces vertus, cela est évident, une cohésion parfaite ; elles s’entr’aident et tendent l’une comme l’autre à détacher des choses périssables l’homme né pour le Ciel, et à l’emporter, pour ainsi dire, jusqu’à l’intimité céleste avec Dieu. Au contraire, celui dont l’âme est agitée par les passions et amollie par les plaisirs a le cœur aride et n’éprouve que du dégoût pour la suavité des choses du Ciel ; sa prière n’est qu’une voix glacée et languissante, indigne assurément d’être écoutée par Dieu.

Nous avons sous les yeux l’exemple de la pénitence des Saints, et les fastes sacrés nous apprennent qu’à cause d’elle précisément, leurs prières et leurs supplications ont été grandement agréables à Dieu et ont même eu la puissance d’opérer des prodiges. Ils dirigeaient et domptaient continuellement leur esprit, leur cœur et leurs passions ; ils se conformaient avec une soumission parfaite aux enseignements et aux préceptes de Jésus-Christ et de Son Église ; ils ne déterminaient leur volonté, qu’après avoir reconnu celle de Dieu ; dans toutes leurs actions, ils ne recherchaient rien autre que l’accroissement de Sa gloire ; ils réprimaient et brisaient énergiquement les mouvements tumultueux de leur âme ; ils traitaient leur corps durement et sans pitié ; ils poussaient la vertu jusqu’à s’abstenir des choses agréables et même des plaisirs innocents. Aussi pouvaient-ils s’appliquer avec raison ce mot que l’Apôtre saint Paul disait de lui-même : Pour nous, notre vie est dans les cieux (13), et c’est pourquoi leurs prières étaient si efficaces pour apaiser et fléchir Dieu.

Il est certain que tous ne peuvent point et ne doivent point faire tout cela ; cependant, que chacun corrige sa vie et ses mœurs par une pénitence proportionnée à ses forces, c’est ce qu’exigent les dispositions de la justice divine, qui a le droit de réclamer une réparation sévère pour les fautes commises ; or, il est préférable d’avoir accompli pendant la vie, par des peines volontaires, ce qui procure la récompense de la vertu.

En outre, dans le corps mystique du Christ, qui est l’Église, nous jouissons tous comme membre de la communauté de vie et de croissance ; d’où il suit, d’après saint Paul, que, de la façon dont les membres participent à chaque joie d’un des leurs, ils doivent aussi partager ses douleurs ; c’est-à-dire que les frères doivent aimer à secourir leurs frères chrétiens, en leurs souffrances spirituelles ou corporelles, et leur procurer la guérison dans la mesure du possible. Que les membres aient de la sollicitude l’un pour l’autre. Si un membre souffre, tous souffrent avec lui ; si l’un est heureux, tous se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps du Christ et les membres du même corps (14).

Or, ce gendre de charité qui, modelé sur l’exemple du Christ donnant, par un immense amour, Sa vie pour le rachat de nos péchés communs, consiste à prendre pour soi l’expiation des fautes d’autrui, cette charité enfin renferme le grand lien de perfection qui unit les fidèles entre eux et avec les habitants du Ciel, et les rapproche le plus étroitement de Dieu.

Enfin, l’action de la sainte pénitence est si diverse, si ingénieuse et si étendue, que toute personne, avec de la piété et du zèle, peut l’exercer très fréquemment et sans efforts.

Puissions-Nous, Vénérables Frères, grâce à Votre amour particulier et éminent pour la Très Sainte Mère de Dieu, grâce aussi à Votre affection à Votre sollicitude remarquables pour le peuple chrétien, Nous promettre avec Votre concours les meilleurs résultats de Nos admonitions et de Nos exhortations ! Nous brûlons de recueillir dès maintenant les fruits si agréables et si abondants que la piété des catholiques pour Marie a maintes fois produits dans Ses manifestations éclatantes. Qu’à Votre appel donc, à Vos exhortations et sous Votre conduite, les fidèles, surtout en ce mois qui approche accourent et s’assemblent autour des autels solennellement ornés de l’auguste Reine et de la Mère de bonté ; qu’ils Lui tressent et Lui offrent filialement des guirlandes mystiques, suivant le rite si répandu du Rosaire. Nous laissons entières et nous ratifions les prescriptions déjà édictées par Nous-même, ainsi que les indulgences concédées (15).

Quel état, quelle utilité dans ce concert de louanges et de prières qui s’élèvera par les villes, par les bourgs, par les villages, sur terre et sur mer, dans toute l’étendue de l’univers catholique, et que feront retentir des centaines de milliers d’âmes pieuses, saluant Marie à toute heure d’un cœur et d’une voix, implorant Marie, espérant tout par Marie ! Que l’universalité des fidèles Lui demande d’intercéder auprès de Son Fils pour que les nations dévoyées reviennent aux institutions et aux principes chrétiens, qui constituent la base du salut public et qui donnent une abondante floraison de la paix si désirée, et du vrai bonheur.

Que les fidèles Lui demandent aussi instamment le bien qui doit être le plus souhaité de tous, la liberté pour l’Église, leur Mère, et la paisible possession de cette liberté dont elle n’use qu’en vue de procurer aux hommes le souverain bien, et dont jamais ni particuliers ni États n’ont souffert dommage, mais dont ils ont toujours recueilli les bienfaits les plus grands et les plus nombreux.

Que Dieu Vous prodigue enfin, Vénérables Frères, par l’intermédiaire de la Reine du Très Saint Rosaire, les faveurs et les grâces célestes qui vous donneront des secours et un accroissement continuel de forces pour le saint accomplissement des devoirs de la charge pastorale. En gage et en témoignage de quoi, recevez la Bénédiction Apostolique que Nous Vous accordons très affectueusement, à Vous, à Votre clergé et aux peuples confiés à vos soins.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 22 septembre de l’année 1891, la quatorzième année de Notre Pontificat.

LÉON XIII, Pape.


Notes :

(1) I Thess., V, 17.
(2) II Thess., III, 2.
(3) Act., XII, 5.
(4) Luc., XXII, 43.
(5) III q. XXX, a. 1.
(6) Joan. I, 17.
(7) Ex sacr. Liturg.
(8) S. August. Ép. CXCIV, al. 105 ad Sixtum, c. V, n. 19.
(9) Éphés. V, 25, 27.
(10) S. Th. II 11, q. LXXXIII, a. 2, ex S. Greg. M.
(11) II Corinth., VII, 1.
(12) Hébr., V, 7.
(13) Phillip., III, 20.
(14) Corinth., XII, 25-27.
(15) Cf. Epistola Encyclica Supremi Apostolatus, die 1 septemb. anno MDCCCLXXXIII ; Epistola Encyclica Superiore anno, die 30 aug. an. MDCCCLXXXIX ; Décret. S. R. C. Inter plurimos, die 20 aug. an. MDCCCLXXXV ; Epistola Encyclica Quamquam pluries, die 15 aug. an. MDCCCLXXXIX.




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lundi 7 octobre 2019

Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de Notre-Dame du Saint Rosaire : Mon Fils, voilà votre Mère




 
Dicit discipulo : Ecce mater tua.
Jésus dit au disciple qu'il aimait : Mon Fils, voilà votre Mère. (S. Jean, XIX, 27)
 

Que ces paroles, M.F., sont douces et consolantes, pour un chrétien qui peut comprendre toute l'étendue de l'amour qu'elles renferment ! Oui, Jésus-Christ, après nous avoir donné tout ce qu'il pouvait nous donner, c'est-à-dire, les mérites de tous ses travaux, de ses souffrances, de sa mort douloureuse, ah ! vous le dirais-je, son Corps adorable et son Sang précieux pour servir de nourriture à nos âmes, il veut encore nous faire héritiers de ce qu'il a de plus précieux, c'est-à-dire sa sainte Mère. Ne semble-t-il pas lui dire : « Ma Mère, il faut que je retourne à mon Père et que je quitte mes enfants ; le démon va faire tout ce qu'il pourra pour les perdre ; mais, ce qui me console, c'est que vous en prendrez soin, que vous les défendrez et que vous les soutiendrez dans leurs peines. » Et la sainte Vierge ne lui dit-elle pas de son côté : « Non, mon Fils, je ne cesserai jamais d'en avoir soin, jusqu'à ce qu'ils soient arrivés dans votre royaume, dans ce royaume que vous leur avez acquis par vos souffrances ? » Oh ! Quel bonheur pour nous, M.F. ! quelle ressource ! et quelle espérance nous trouvons dans Marie pour vaincre le démon, nos passions et le monde ! « Avec un tel guide, nous dit saint Bernard, l'on ne peut pas s'égarer ; avec une telle protection, il est impossible de périr. » Oh ! M.F., comme il est en sûreté, celui qui a une vraie confiance en la sainte Vierge ! Toutes les fêtes de la sainte Vierge nous annoncent quelque nouveau bienfait du ciel. Sa Conception, sa Naissance, sa Présentation au temple, sa Visitation à sainte Élisabeth, la fête de sa Compassion, et enfin son Assomption  ; mais nous pouvons dire que la fête du saint Rosaire est comme un résumé de toutes les grâces que le bon Dieu lui a accordées pendant sa vie, et elle nous rappelle que son divin Fils lui a mis entre les mains tous ses trésors. En conséquence, M.F., voulons-nous devenir riches des biens du ciel ? Allons à Marie, nous trouverons auprès d'elle toutes les grâces que nous pouvons désirer : grâces d'humilité, de pureté, de chasteté, d'amour de Dieu et du prochain, de mépris de la terre et de désir du ciel. Mais, pour mieux vous en convaincre, je vais vous montrer 1° que toutes les grâces nous viennent par elle ; et 2° que toutes les confréries qui sont établies en son honneur, et en particulier celle du saint Rosaire, nous attirent les faveurs les plus abondantes.
 
I. – Nous avons besoin d'un puissant secours dans trois différents états. Le premier est celui où nous nous trouvons pendant que nous sommes sur la terre, où le démon ne cesse de nous tendre mille pièges pour nous tromper et nous perdre. Le deuxième état, c'est celui où nous serons quand nous paraîtrons devant le juge, et que nous rendrons compte d'une vie qui peut-être ne sera qu'un tissu de péchés. Enfin, le troisième état est celui où nous nous trouverons quand, après avoir été jugés, nous irons passer peut-être un nombre infini d'années dans les flammes du purgatoire. Ah ! malheur à nous, si dans tous ces états nous n'avions pas la sainte Vierge pour venir à notre secours, pour solliciter la miséricorde de son Fils en notre faveur ! Mais nous sommes sûrs qu'elle sera avec nous si, pendant notre vie, nous avons eu une grande confiance en elle, si nous avons tâché d'imiter ses vertus aussi fidèlement que possible.
1° Je dis que notre vie est une chaîne de misères, de maladies, de chagrins et de mille autres peines, ainsi que le Saint-Esprit nous le dépeint si bien par la bouche du saint homme Job : « L'homme... souffre beaucoup (JOB, XIV, 1). » Mais sans remonter si loin, rentrons dans notre propre cœur, et nous verrons des familles de péchés qui en naissent sans cesse. En effet, combien, pendant notre vie, n'éprouvons-nous pas de mauvaises pensées, et de ces mauvais désirs que bien souvent nous ne voudrions pas avoir ; combien de pensées de haine, de vengeance, d'orgueil, de vanité ; combien de murmures dans les petites peines que le bon Dieu nous envoie ; combien de dégoûts pour le service de Dieu, même pendant la Messe, temps si précieux où Jésus-Christ s'immole pour nous à la justice de son Père ? Combien de fois ne nous sentons-nous pas comme entraînés par les mauvais exemples de ceux qui nous environnent, et surtout par leur conduite toute impie, toute mondaine ? Mais, sans sortir de nous-même, tous nos sens ne sont-ils pas comme autant de cordes qui nous traînent au mal, presque malgré nous ? De ceci je conclus que, si nous sommes seuls pour combattre, il nous est très difficile d'échapper au danger. Voici un exemple qui va bien nous le démontrer. Saint Philippe de Néri méditait un jour sur le danger continuel où nous sommes de nous perdre ; il s'étonnait de ce que déjà si portés au mal de nous-mêmes, nous fussions encore environnés de si nombreux et si mauvais exemples. Une fois, il sortit dans un lieu retiré pour mieux pleurer à son aise ; se croyant seul, il s'écria : « Hélas ! mon Dieu, je suis perdu ! je suis damné ! » Une personne l'ayant entendu, courut à lui. « Mon père, est-ce que vous vous laissez aller au désespoir ? Vous savez bien que la miséricorde de Dieu est infinie ! » Oh ! non, mon ami, je ne désespère pas, au contraire, j'espère beaucoup ; mais la pensée que je suis seul pour combattre m'effraye, à la vue de tant de dangers qui m'environnent. »
Dites-moi, M.F., comment pouvoir échapper à tous les pièges que nous tendent le démon, le monde et nos penchants ! Hélas ! si nous sommes seuls pour combattre, si nous n'avons pas quelqu'un de puissant pour nous aider, il est bien à craindre que jamais nous n'allions jusqu'au bout ! Et pour cela, que pouvons-nous trouver de plus puissant pour vaincre nos ennemis, sinon la sainte Vierge ? Si malheureux que nous soyons, M.F., nous avons cependant de grandes ressources. Écoutez saint Bernard (Homil. 2 super Missus est, 17) : « Mes enfants, êtes-vous tentés ? Appelez Marie à votre secours, et le tentateur disparaîtra. Elle est cette Vierge sans pareille qui a enfanté Celui qui a enchaîné le démon. Êtes-vous dans la peine ? Regardez Marie, elle est la consolatrice des affligés, elle est aussi mère de douleur, puisque sa vie n'a été qu'un abîme d'amertume. Êtes-vous attaqués par le démon d'impureté ? Jetez-vous aux pieds de Marie ; elle a trop à cœur de vous conserver cette belle vertu si agréable à son Fils. » Disons plus, M.F., avec l'aide de Marie, nous n'avons qu'à vouloir vaincre pour être sûrs d'être victorieux. Oh ! M.F., que nous sommes heureux d'avoir tant de moyens de faire notre salut, si nous savons en profiter. Hélas ! que d'âmes brûleraient maintenant en enfer, sans la protection de Marie !
2° Nous venons de voir, M.F., que pendant notre vie, mille dangers nous environnent pour nous perdre ; mais, en revanche, nous avons de grandes ressources pour nous aider à vaincre. Lorsque nous sortons de ce monde, nous allons rendre compte à Dieu de toutes nos œuvres. Ce moment est effrayant, puisqu'il décide de notre sort ou pour le ciel ou pour l'enfer, sans appel, sans espérance de jamais changer notre arrêt. Le démon, qui en connaît bien mieux que nous les dangers, redouble ses efforts pour nous tromper ; car, s'il peut nous gagner, il nous traîne aussitôt en enfer. C'est la pensée de ce terrible moment qui a porté tant de grands du monde à tout quitter, pour aller passer le reste de leur vie dans les larmes et les pénitences, et avoir ainsi quelque espérance à ce moment si redoutable au pécheur. Voyez un saint Hilarion (Citer sa vie), un saint Arsène (Citer...). Ah ! M.F., que sera-t-il de nous qui serons tout couverts de péchés, et qui n'aurons rien fait de bon ?...
Ce qui pourra cependant nous rassurer, c'est que, pendant que nous serons devant le tribunal de Jésus-Christ, un grand nombre d'âmes seront en prières, demandant grâce pour nous ; je dis plus, c'est la sainte Vierge elle-même qui présentera nos âmes à son Fils, notre juge. Oh ! M.F., quelle espérance pour nous dans ce moment terrible ! (Citer le trait de saint Jérôme devant le tribunal de Jésus-Christ).
3° Après que ce moment redoutable sera passé, quoique jugés dignes pour le ciel, combien d'années n'aurons-nous pas à souffrir en purgatoire, où la justice de Dieu se fait sentir avec tant de rigueur ? (Citer l'exemple de sainte Hildegarde). Mais, dites-moi, quelle plus grande consolation pour un chrétien dans les flammes, que de savoir et de sentir que de si puissantes prières sont dites pour lui, et lorsqu'il voit le temps de sa peine s'écouler avec rapidité ?...
 
II. – Nous pouvons dire, M.F., que toutes les confréries établies par l'Église, sont des moyens que le bon Dieu nous fournit pour nous aider à faire notre salut, et des moyens d'autant plus puissants, que les membres, qu'ils soient sur la terre, qu'ils soient dans le ciel, réunissent ensemble toutes leurs prières. Chaque confrérie a un but particulier. Ceux qui font partie de la confrérie du Saint-Sacrement ont pour but de dédommager Jésus-Christ des outrages qu'il reçoit dans la réception des sacrements, et surtout dans le sacrement adorable de l'Eucharistie. Ils se réunissent pour faire amende honorable à Jésus-Christ de tant de communions et de confessions sacrilèges ; ils doivent aussi faire des pénitences, des aumônes... Ceux qui sont de la sainte confrérie du Cœur de Jésus-Christ, veulent dédommager le divin Maître du mépris que l'on fait de son amour pour les hommes. Ils doivent souvent faire des actes d'amour de Dieu, et se plaindre auprès de lui de ce que les hommes ont si peu d'amour pour celui qui nous a tant aimés. Ceux qui sont de la confrérie du saint Esclavage, déposent entre les mains de la sainte Vierge toutes leurs actions, afin qu'elle les présente elle-même à son divin Fils ; ils se regardent comme ne s'appartenant plus à eux-mêmes, mais tout à la sainte Vierge. Dans la confrérie du Saint-Scapulaire, nous nous faisons un honneur de porter sur nous un signe, par lequel nous reconnaissons que Marie est notre souveraine, et que nous lui appartenons d'une manière toute particulière. De son côté, elle s'engage à ne jamais nous refuser sa protection, pendant notre vie et à l'heure de notre mort. Quant à la confrérie du Saint-Rosaire, c'est une des plus étendues. Elle est, pour ainsi dire, établie dans tout le monde catholique, et se compose de tout ce qu'il y a de plus fervents chrétiens. Nous pouvons dire que si quelqu'un a le bonheur d'être de cette sainte confrérie, dans tous les coins du monde chrétien il y a des âmes qui prient pour sa conversion, s'il est assez malheureux d'être dans le péché ; pour sa persévérance, s'il a le bonheur d'être dans la grâce du bon Dieu, et pour sa délivrance, s'il est dans les flammes du purgatoire. Cela seul devrait nous faire sentir combien nous en recevons de secours, pour nous aider à opérer notre salut.
Le Rosaire est composé de trois parties, qui sont consacrées à honorer les trois différents états de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ. La première est pour honorer son Incarnation, sa Naissance, sa Circoncision, sa fuite en Égypte, sa Présentation, sa perte dans le temple. Il faut alors demander à Dieu la conversion des pécheurs et la persévérance des justes. La seconde est pour honorer sa vie souffrante et sa mort douloureuse sur la croix, en demandant les grâces nécessaires pour les affligés, pour les agonisants et pour ceux qui vont paraître devant le tribunal de Dieu et y rendre compte de leur vie. La troisième est consacrée à honorer sa vie glorieuse, en priant pour la délivrance des âmes du purgatoire. Oui, M.F., tous ces mystères bien médités seraient capables de toucher les cœurs les plus endurcis, et d'en arracher les habitudes les plus invétérées.
Je dis d'abord que, dans la première partie, nous demandons à Dieu la conversion des pécheurs et la persévérance des justes. En effet, dès que nous sommes dans le péché, nous n'avons plus que l'enfer à attendre: la foi s'éteint en nous peu à peu, l'horreur du péché diminue et la pensée du bonheur du ciel s'affaiblit ; de sorte que nous tombons dans le péché sans presque nous en apercevoir ; et, ce qui est bien plus malheureux encore, un grand nombre prennent plaisir à y rester. Voyez-en un exemple dans la personne de David, qui demeura dans son péché jusqu'à ce que le prophète vint le faire rentrer en lui-même (II Reg. XII). (Citer le trait.) Eh bien ! M.F., qui nous aidera à sortir de cet abîme ? Ce n'est pas nous, puisque nous ne connaissons pas même notre état ; or, qu'arrive-t-il ? Pendant que nous sommes dans un état si malheureux, un grand nombre d'âmes, dans tous les lieux du monde, sont en prières pour demander à Dieu d'avoir pitié de nous. II est impossible qu'il ne se laisse pas toucher par cette union de prières. Que de remords de conscience, que de bonnes pensées, que de bons désirs, que de moyens se présentent à nous pour nous faire sortir du péché ! Ne sommes-nous pas étonnés de voir comment nous avons pu rester dans un état si malheureux et qui nous exposait à nous perdre à tout moment ? Si nous nous damnons étant de cette confrérie, il faudra autant nous faire violence que pour nous sauver, tant les grâces et les secours y sont grands et abondants. Ce qu'il y a encore de consolant, c'est qu'il n'y a pas une minute dans le jour et la nuit où l'on ne prie pour nous ; comment donc pourrait-on rester dans le péché et se damner ?
Nous disons que cette partie est encore offerte pour demander au bon Dieu la persévérance de ceux qui ont le bonheur d'être dans sa grâce. Mais, M.F., quand nous aurions ce bonheur, nous ne sommes pas tout à fait délivrés pour cela ; le démon ne laisse pas que de revenir pour nous porter au mal s'il le peut. Combien de fois ne nous sommes-nous pas trouvés dans de si grands dangers, que nous sommes étonnés de n'y avoir pas succombé ! Ah ! la véritable cause de notre résistance c'est que, dans le temps où nous étions tentés, il y avait un nombre presque infini d'âmes, qui, par leurs prières, leurs pénitences et toutes leurs saintes communions, ont opposé aux efforts du démon un rempart impénétrable !
Une autre raison qui nous prouve combien cette confrérie est agréable à Dieu et à sa sainte Mère, et si terrible au démon, c'est le mépris qu'en font les méchants. Voyez ces plaisanteries, ces railleries sur une pratique de piété, qui nous met devant les yeux les mystères de notre sainte religion les plus frappants, les plus capables de nous éloigner du mal et de nous porter vers Dieu. En voulez-vous la preuve ? Écoutez le démon lui-même. Il dit un jour, par la bouche d'un possédé, que la sainte Vierge est sa plus cruelle ennemie, que, sans elle, il aurait depuis longtemps renversé l'Église, et que grand nombre d'âmes qu'il se flattait d'avoir, lui étaient arrachées, dès qu'elles avaient recours à elle. Convenez avec moi, M.F., que grand est le bonheur de ceux qui sont de cette sainte confrérie, puisque le bon Dieu a promis à la sainte Vierge de ne jamais rien lui refuser. Si Moïse obtint le pardon de trois cent mille personnes (EXOD. XXXII, 31), que ne fera pas la sainte Vierge qui est bien plus agréable à Dieu que Moïse ? Ce n'est pas seulement la sainte Vierge qui prie pour nous, mais une infinité d'âmes aussi agréables à Dieu que Moïse. Si nous voyons tant de pécheur n'avoir vécu que pour outrager Dieu, et cependant, être encore sauvés, n'en cherchons point d'autre cause que la protection de la sainte Vierge. Ah ! M.F., que celui qui a recours à Marie trouve son salut facile !... Mais afin de vous mieux faire comprendre combien ces mystères, médités attentivement, sont consolants pour un chrétien, je vais vous les expliquer, et vous ne pourrez pas vous empêcher de remercier le bon Dieu, qui vous a inspiré la pensée d'entrer dans cette sainte confrérie.
Le saint Rosaire est composé de tout ce qu'il y a de plus touchant. C'est une pratique de piété qui a rapport à Jésus-Christ aussi bien qu'à sa Mère. De plus, il est impossible de rester dans le péché en méditant sincèrement ces mystères ; de quelque côté que nous prenions cette pratique, tout nous en démontre l'excellence et l'utilité. Quand nous prions la sainte Vierge, nous ne faisons rien autre chose que de la charger de présenter elle-même nos prières à son divin Fils ; afin qu'elles soient mieux reçues, et que nous en recevions plus de grâces. Marie est le canal par lequel nous faisons monter au ciel le mérite de nos bonnes œuvres, et qui nous transmet ensuite les grâces célestes. Ce qui doit nous engager à nous adresser à elle avec une grande confiance, c'est qu'elle est toujours attentive à écouter nos demandes. En voici une preuve : Un jour saint Dominique gémissait sur les progrès que faisait l'impiété dans le monde, et sur la foi qui se perdait de plus en plus. Prosterné devant une image de la sainte Vierge, il lui demanda, dans sa simplicité, quel remède l'on pourrait employer pour empêcher la perte de tant d'âmes. La sainte Vierge lui apparut, lui disant que s'il voulait ramener des âmes à son Fils, la seule ressource était d'inspirer une grande dévotion pour le saint Rosaire, et que bientôt il verrait le fruit de cette dévotion. Saint Dominique se mit donc à prêcher la dévotion du saint Rosaire, et commença d'abord à la pratiquer lui-même. Cette dévotion se répandit en peu de temps, et si bien, qu'il y eut un grand nombre de conversions ; ce qui fit dire au saint, qu'il avait plus converti d'âmes par la récitation d'un Ave Maria, que par tous ses sermons (RIBADENERIA, au 4 août). Il est vrai que la récitation du saint Rosaire est simple, mais c'est ce qu'il y a de plus touchant. On se met en la présence de Dieu par un acte de foi ; on récite le Je crois en, Dieu, qui nous met devant les yeux ce que Jésus-Christ a souffert pour nous... (explication du Credo). Peut-on bien réciter ces paroles sans se sentir pénétré de respect et de reconnaissance envers le bon Dieu, qui nous donne tant de moyens de revenir à lui, quand nous avons eu le malheur de nous en écarter par le péché !
Dans le Rosaire, les premiers mystères que nous appelons joyeux, et que nous méditons pour la conversion des pécheurs, nous représentent les humiliations, l'anéantissement de Jésus-Christ, sa Naissance, sa Circoncision, sa Présentation au temple, sa fuite en Égypte, sa perte dans le temple. (Expliquer tout cela...) Pouvons-nous trouver, M.F., quelque chose de plus capable de nous toucher, de nous détacher de nous-même et du monde, de nous faire supporter nos peines en esprit de pénitence, que de contempler le modèle divin, dans la méditation de ces mystères ? Les saints en faisaient toute leur occupation. Deux jeunes étudiants, rapporte l'histoire, étaient toujours ensemble à méditer sur la vie cachée de Jésus-Christ. L'un d'eux, après sa mort, apparut à l'autre, selon la promesse qu'il avait faite, et lui dit qu'il était au ciel pour avoir communié avec beaucoup de ferveur et avec une conscience bien pure ; pour avoir eu une grande dévotion à la sainte Vierge, chose qui est très agréable à Dieu ; pour avoir souvent médité la vie cachée de Jésus-Christ et l'avoir imité autant qu'il avait pu. Il est raconté dans la vie de saint Bernard, que la sainte Vierge le protégea toujours d'une manière si particulière, que le démon perdit sur lui tout son empire. Ayant perdu sa mère encore tout jeune, il pria Marie de l'adopter pour son enfant : plus tard, sa dévotion augmentant toujours, Bernard pria la sainte Vierge de lui montrer ce qu'il fallait faire pour lui être plus agréable, et il entendit une voix qui lui dit : « Bernard, mon fils, fuis le monde et cherche une retraite dans quelque solitude : là tu te sanctifieras. » Il y passa toute sa vie dans la pénitence et les larmes, et, de là, il monta au ciel. Voyez-vous ce que lui valut sa confiance en la sainte Vierge ? Nous lisons dans la vie de la bienheureuse Marguerite de Cortone, qu'elle faisait consister toute sa dévotion à imiter la vie pauvre et inconnue de la sainte Famille ; elle ne voulut jamais rien posséder, pas même pour le lendemain ; elle fut abandonnée de tous ses parents, de ses amis, mais le bon Dieu en prit soin lui-même. Elle faisait toutes ses pratiques de piété pour honorer la sainte Famille dans l'étable de Bethléem, elle arrosait le pavé de ses larmes, quand elle pensait à ces mystères de pauvreté et d'abandon. Quand elle fut morte, on ouvrit son cœur, l'on y trouva trois petites pierres où étaient écrits les noms de Jésus, de Marie et de Joseph. Voyez-vous combien la méditation de ces mystères est agréable à Dieu ?... Il est encore rapporté qu'un grand pécheur avait passé sa vie dans toutes sortes de désordres. À l'heure de la mort, comme nous voyons les choses bien autrement que quand nous sommes en santé ! Voyant qu'il avait fait tant de mal, il se laissa aller au désespoir. L'on eut beau faire pour lui inspirer confiance en la miséricorde de Dieu, rien ne put le gagner. On lui parla de saint Augustin. « Mais, disait-il, saint Augustin n'avait pas encore été… » On lui dit d'avoir recours à la sainte Vierge, mais il répondit qu'il l'avait méprisée toute sa vie ; on lui représenta Jésus-Christ qui a tant souffert pour nous sauver. – « C'est vrai, dit-il, mais je l'ai persécuté et fait mourir tous les jours. » On lui dit encore : « Mon ami, croyez-vous qu'un enfant bien jeune se rappelle, quand il est grand, des petites peines qu'on lui a faites dans son enfance ? » – « Non, dit-il. » – « Eh bien ! mon ami, allons à la crèche, et nous y trouverons ce jeune Enfant que vous avez offensé, il est vrai, mais il vous dira qu'il ne s'en rappelle plus maintenant. » Il entra dans une si grande confiance et une si grande douleur de ses péchés, qu'il mourut avec des marques visibles que le bon Dieu l'avait pardonné. Voyez-vous, M.F., combien ces méditations sont agréables à Dieu, et combien elles sont capables d'attirer sur nous ses miséricordes ?
Il n'y a point de prières qui nous rapprochent mieux de la vie de Jésus-Christ que cette pieuse pratique. Cependant, il faut que notre dévotion soit éclairée et sincère, et non une dévotion d'habitude et de routine. Saint Césaire nous rapporte un exemple, pour nous faire voir que la sainte Vierge ne reçoit guère bien ces dévotions qui ne sont pas sincères. « II y avait, dans l'ordre de Cîteaux, un religieux qui, faisant le médecin, sortait contre la volonté de son supérieur et de son confesseur. Mais, par une certaine dévotion qu'il avait en Marie, il rentrait dans le monastère à toutes les fêtes de la sainte Vierge. Un jour de la Présentation, comme il était au chœur avec les autres religieux pour chanter les saints offices, il vit la sainte Vierge se promener dans le chœur, et donner à tous les religieux une certaine liqueur qui les enflammait d'un tel amour, qu'ils ne se croyaient plus sur la terre, tant ils éprouvaient de douceur. Quand la sainte Vierge vint à côté de lui, elle passa sans lui en donner, en lui disant « que ceux qui voulaient chercher les douceurs de la terre ne méritaient pas de goûter celles du ciel, et, quoiqu'il se rendît au monastère le jour de sa fête, cela ne lui était pas agréable. » Ce reproche lui fut si sensible, qu'il se mit à pleurer et promit de ne plus sortir. Une autre fois que la sainte Vierge reparut, elle lui accorda, comme aux autres, la même grâce, parce qu'il avait tenu sa promesse (On peut voir dans la Patrologie latine, t. CLXXXV, 1077, une histoire semblable, peut-être la même arrivée à Cîteaux). Il passa sa vie dans une grande dévotion à la sainte Vierge, et en reçut de grandes grâces ; il ne pouvait se contenter de dire combien celui qui aimait la Mère de Dieu recevait de grands secours pour faire son salut et pour vaincre le démon. Saint Stanislas avait une si grande dévotion envers la sainte Vierge, qu'il la consultait en tout ce qu'il faisait. Ce jeune homme se figurait souvent le bonheur qu'avait eu le saint vieillard Siméon de prendre le saint Enfant Jésus entre ses bras. Un jour qu'il était en prières, tout occupé de cette pensée, la sainte Vierge lui apparut tenant le saint Enfant Jésus, elle le lui donna pour lui procurer le même avantage. Saint Stanislas le prit comme saint Siméon, et il en eut tant de bonheur, qu'il ne pouvait en parler sans verser des larmes abondantes, tant son cœur était rempli de joie (RIBADENERIA, au 15 août). Voyez-vous, M.F., combien la sainte Vierge est attentive à nous obtenir les grâces dès que nous les lui demandons ? Ah ! M.F., que nous assurerions notre salut, si nous avions une grande confiance en la sainte Vierge ! Que de péchés nous éviterions, si nous avions recours à elle dans toutes nos actions, si tous les matins, nous nous unissions à elle, en la priant de nous présenter à son divin Fils !
Si nous passons aux deuxièmes mystères que nous appelons douloureux, que de motifs puissants et capables de nous toucher, de nous faire comprendre l'amour infini d'un Dieu pour nous ! En effet, M.F., qui ne serait pas touché en voyant un Dieu qui tombe en agonie, qui couvre la terre de son sang adorable ? Un Dieu lié, garrotté, jeté à terre par ses ennemis, et cela pour nous délivrer de l'esclavage du démon ! Qui ne sera pas ému de voir un Dieu couronné d'épines qui lui traversent le front, un roseau à la main, au milieu d'un peuple qui l'insulte et le méprise ! Oh ! qui pourra comprendre toutes les horreurs qu'il endura pendant cette nuit affreuse qu'il passa avec des scélérats ? On l'attache à une colonne, où il fut frappé avec tant de cruauté que son pauvre corps n'était plus que comme un morceau de chair découpée ! Ô mon Dieu, que de cruautés vous avez endurées pour nous mériter le pardon de tous nos péchés ! Oh ! M.F., qui de nous ne craindrait plutôt le péché que la mort !... Oh ! nous avons bien de quoi nous consoler dans nos souffrances, et un bien juste motif de pleurer nos péchés !... Un missionnaire prêchant dans une grande ville, apprit qu'il y avait dans un cachot un malheureux qui se désolait ; ses larmes et ses gémissements faisaient frémir ceux qui l'entendaient ; il eut la pensée d'aller le voir pour le consoler, et lui offrir les secours de son ministère. Étant entré dans la prison, il fut lui-même effrayé des lamentations de ce pauvre malheureux, il vit bien que la peinture qu'on lui en avait faite n'était rien en comparaison de ce qu'il voyait. Il lui dit avec bonté : « Mon cher ami, quel est le sujet de votre douleur ? » Comme le prisonnier ne répondait rien , le missionnaire lui dit : « Est-ce votre position qui vous afflige ? » – « Non, j'en mérite bien davantage. » – « Avez-vous laissé dans le monde quelqu'un qui souffre par rapport à vous ? » – « Non, rien de tout cela ne m'inquiète » – « C'est donc la pensée de la mort qui vous afflige ? » – « Non certainement, je sais bien que je ne vivrai pas toujours : un peu plus tôt, un peu plus tard, la mort viendra assez ; pourvu que je puisse expier mes péchés je serai trop heureux. Mais puisque vous voulez savoir le sujet de mes larmes, le voici. » Et tout en sanglotant, il tira de dessous ses vêtements un gros crucifix et le montra au missionnaire : « Voilà le sujet de mes larmes. Oh ! un Dieu qui a tant souffert et qui est mort pour moi, malgré mes offenses, peut-il bien encore me pardonner ? La grandeur de ses souffrances et de son amour pour moi sont la cause que je ne puis retenir mes larmes ; depuis que je suis ici, tout le monde m'abandonne, il n'y a que mon Dieu qui pense à moi, qui veut encore me donner l'espérance du ciel. Ah ! qu'il est bon ! Comment se peut-il faire que j'aie été si malheureux pour l'offenser ?... » M.F., convenez avec moi que si nous sommes si peu touchés de la méditation de ces mystères, c'est que nous n'y faisons point d'attention. Mon Dieu ! quel malheur pour nous !...
Si nous poursuivons, nous voyons un Dieu chargé d'une grosse croix ; il est conduit entre deux voleurs par une troupe de scélérats, qui l'accablent des plus sanglants outrages. Le poids de sa croix le fait tomber à terre ; à grands coups de pied et de poing il est relevé, et, bien loin de penser à ses souffrances, il semble ne penser qu'à consoler les personnes qui prennent part à ses maux. Oh ! pourrions-nous n'être pas touchés et trouver nos croix pesantes, en voyant ce que souffre un Dieu pour nous ? En faut-il davantage pour nous exciter à la douleur de nos péchés ? Écoutez : on le cloua sur la croix, sans qu'il laissât sortir de sa bouche un mot pour se plaindre qu'il endurât trop de souffrances. Écoutez ses dernières paroles : «  Mon Père, pardonnez-leur, parce qu'ils ne savent ce qu'ils font. » N'avais-je pas bien raison de vous dire que le saint Rosaire nous représente tout ce qui est le plus capable de nous porter au repentir, à l'amour et à la reconnaissance ? hélas ! M.F., qui pourra jamais comprendre l'aveuglement de ces pauvres impies, qui méprisent une pratique de dévotion si capable de les convertir, si capable de nous donner la force de persévérer quand nous sommes assez heureux d'être dans la grâce de Dieu !
Parlons maintenant des troisièmes mystères que l'on appelle glorieux. Que pouvons-nous trouver de plus pressant pour nous détacher de la vie et nous faire soupirer après le ciel ? Dans ces mystères, Jésus-Christ nous apparaît sans souffrances, et prenant possession d'un bonheur infini qu'il nous a mérité à tous. Pour nous faire concevoir un grand désir du ciel, il y monte en plein jour, en présence de plus de cinq cents personnes (Saint Paul [I Cor. xv, 6] dit bien que Notre-Seigneur ressuscité apparut une fois à « plus de cinq cents personnes réunies » mais saint Luc, qui raconte en détail l'Ascension [Luc. XXIV, ACT. l]) ne nomme que les Apôtres comme témoins de ce glorieux mystère). Si vous méditez encore ces mystères, vous voyez la sainte Vierge, que son divin Fils vient chercher lui-même avec toute la cour céleste ; les anges paraissent visiblement et entonnent des cantiques de joie qu'entendent tous les assistants ; elle quitte la terre où elle a tant souffert, et va rejoindre son Fils, pour être heureuse du bonheur de celui qui nous appelle et qui nous attend tous. Pouvons-nous trouver quelque chose dans notre sainte religion qui puisse mieux nous porter au bon Dieu et nous détacher de la vie ?
Eh bien ! M.F., voilà ce que c'est que le saint Rosaire, voilà cette dévotion que l'on blâme tant et dont on fait si peu de cas. Ah ! belle religion, si l'on te méprise, c'est bien parce que l'on ne te connaît pas !... Cependant, ne nous arrêtons pas à cela ; il faut encore, autant que nous le pouvons, imiter les vertus de la sainte Vierge pour mériter sa sainte protection, et surtout son humilité, sa pureté, sa grande charité. Ah ! pères et mères, si vous aviez le bonheur de recommander souvent à vos enfants cette dévotion à la sainte Vierge, que de grâces elle leur obtiendrait ! que de vertus ils pratiqueraient ! Vous verriez naître en eux tout ce qu'il y a de plus capable de les rendre agréables au bon Dieu ! Non, M.F., nous ne pourrons jamais comprendre combien la sainte Vierge désire nous aider à nous sauver, combien sont grands les soins qu'elle prend de nous. La moindre confiance que nous avons en elle n'est jamais sans récompense. Heureux celui qui vit et meurt sous sa protection, l'on peut bien dire que son salut est en sûreté et que le ciel lui sera donné un jour ! C'est le bonheur que je vous souhaite.


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Reportez-vous à Le style du Saint Curé d'ArsPromesses faites par la Très Sainte Vierge à Saint Dominique et au bienheureux Alain De la Roche en faveur des personnes dévotes au Chapelet ou Rosaire, Octobri mense, du Pape Léon XIII, sur le Rosaire de la Vierge Marie, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Mère de Dieu, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Victoires, Prière à Marie, Reine du Très-Saint Rosaire, C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, Si un chrétien peut trop aimer et trop honorer la Sainte Vierge, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l’Église, Comment un véritable enfant de Dieu peut et doit honorer la Sainte Vierge, Méditation sur la dévotion envers Marie, Adjutricem populi, du Pape Léon XIII, pour le retour des dissidents par le Saint Rosaire, Fidentem piumque, du Pape Léon XIII, pour le mois du Rosaire, Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Praeclara gratulationis du Pape Léon XIII, Catalogue officiel des indulgences du Rosaire, publié par ordre de Sa Sainteté le Pape Léon XIII, Jucunda semper expectatione, du Pape Léon XIII, sur le Rosaire de Marie, Supremi apostolatus officio, du Pape Léon XIII, sur le Très Saint Rosaire, Le Saint Curé d'Ars et l'apostolat de la conversation, et Quamquam pluries, du Pape Léon XIII, sur le patronage de saint Joseph et de la Très Sainte Vierge qu’il convient d’invoquer à cause de la difficulté des temps.
















mardi 3 janvier 2017

Litanies de Notre-Dame de Fatima


Voir Source à la fin de la Litanie


Litanies de Notre-Dame de Fatima

(Nous avons rédigé la première partie de cette litanie)


Notre-Dame de Fatima, qui exhortez vos enfants à prier pour la conversion des pécheurs, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui nous exhortez à accepter les souffrances en acte de réparation pour les péchés qui offensent Dieu, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui nous avez demandé de réciter le chapelet tous les jours en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, afin d'obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, Messagère de la Miséricorde de Dieu, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui avez apporté la dévotion à votre Cœur Immaculé pour notre salut, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, dont le Cœur Immaculé est notre refuge, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, dont le Cœur immaculé est le chemin qui nous conduit à Dieu, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui avez montré combien les âmes des pauvres pécheurs tombaient dans la damnation éternelle, par une terrifiante vision de l'Enfer, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, venue annoncer de terribles châtiments si l'on ne cesse d'offenser Dieu, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui avez demandé la consécration de la Russie à votre Cœur Immaculé, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui avez institué la communion réparatrice des premiers samedis du mois afin que votre cœur soit consolé et que les épines que nous y avons enfoncées par nos blasphèmes et nos ingratitudes soient retirées, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui par la suite avez demandé réparation des blasphèmes commis contre votre Immaculée Conception, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui par la suite avez demandé réparation des blasphèmes commis contre votre virginité, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui par la suite avez demandé réparation des blasphèmes commis contre Votre maternité divine et de tous ceux qui refusent de vous reconnaître comme Mère des hommes, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui par la suite avez demandé réparation des blasphèmes de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l'indifférence ou le mépris, ou même la haine à l'égard de Notre Mère Immaculée, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui par la suite avez demandé réparation des offenses de ceux qui vous outragent directement dans les saintes images, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui nous avez promis à la fin le triomphe de votre Cœur Immaculé, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui nous exhortez à faire pénitence en esprit de réparation, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui nous exhortez à prier toujours et dans tous les moments afin d'obtenir la confiance du Seigneur, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui avez promis la guérison à ceux qui se corrigeraient, qui renonceraient au péché et qui changeraient de vie, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui avez imploré les hommes de cesser d'offenser davantage le bon Dieu, priez pour nous.
Notre-Dame de Fatima, qui par un miracle avez fait danser le soleil, afin que tous croient, priez pour nous.


Notre-Dame de Fatima, priez pour notre pays bien-aimé.
Notre-Dame de Fatima, sanctifiez notre clergé.
Notre-Dame de Fatima, faites de nous des catholiques plus fervents.
Notre-Dame de Fatima, (convertissez)* ceux qui nous gouvernent.
Notre-Dame de Fatima, guérissez les malades qui se fient à vous.
Notre-Dame de Fatima, consolez les malheureux qui ont confiance en vous.
Notre-Dame de Fatima, aidez ceux qui invoquent timidement votre aide.
Notre-Dame de Fatima, délivrez-nous de tous dangers.
Notre-Dame de Fatima, aidez-nous à résister à la tentation.
Notre-Dame de Fatima, accordez-nous tout ce que tendrement nous vous demandons.
Notre-Dame de Fatima, aidez ceux qui nous sont chers.
Notre-Dame de Fatima, amenez à la Sainte Église Catholique ceux qui sont dans l'erreur.
Notre-Dame de Fatima, redonnez-nous notre ancienne ferveur.
Notre-Dame de Fatima, obtenez-nous le pardon de nos multiples péchés et offenses.
Notre-Dame de Fatima, conduisez tous les hommes aux pieds de Votre divin Enfant.
Notre-Dame de Fatima, obtenez la paix pour le Monde.


Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.
Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.


PRIONS

Ô Dieu d'infinie bonté et de miséricorde, remplissez nos cœurs avec une grande confiance en Votre (si Sainte et Tendre) Mère, que nous invoquons sous le titre de Notre-Dame du Rosaire et de Notre-Dame de Fatima, et accordez-nous par sa puissante intercession toutes les grâces spirituelles et temporelles dont nous avons besoin (pour persévérer dans la vraie foi). Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.


*
Nous avons pris la liberté de procéder à quelques modifications, signalées par des parenthèses.



La prédication des premières vérités de la foi et des fins dernières, non seulement n'a rien perdu en nos jours de son opportunité, elle est même devenue plus que jamais nécessaire et urgente. Même la prédication sur l'enfer. Sans doute il faut traiter ce sujet avec dignité et sagesse. Mais quant à la substance de cette vérité, L’Église a, devant Dieu et devant les hommes, le devoir sacré de l'annoncer, de l'enseigner sans aucune atténuation, telle que le Christ l'a révélée, et il n'y a aucune circonstance de temps qui puisse diminuer la rigueur de cette obligation. Elle lie en conscience chaque prêtre auquel, dans le Ministère ordinaire ou extraordinaire, est confié le soin d'instruire, d'avertir et de guider les fidèles. Il est vrai que le désir du ciel est un motif en soi plus parfait que la crainte des peines éternelles ; mais il ne s'ensuit pas que ce soit pour tous les hommes aussi le motif le plus efficace pour les retenir éloignés du péché et pour les convertir à Dieu. (Pie XII, allocution aux Curés et Prédicateurs de Carême de Rome, 23 mars 1949)

La révélation et le magistère de l’Église l'établissent fermement : après le terme de la vie terrestre, ceux qui sont chargés d'une grave faute seront soumis par le Maître Suprême à un jugement et subiront une peine qui ne comporte ni libération ni pardon. Dieu pourrait même dans l'au-delà remettre une telle peine : tout dépend de Sa libre volonté ; mais Il ne l'a jamais accordé ni ne l'accordera jamais. Ce n'est pas ici le lieu de discuter pour savoir si l'on peut rigoureusement démontrer ce fait par la seule raison naturelle ; certains l'assurent, d'autres le mettent en doute. Mais les uns comme les autres apportent dans leurs arguments ex ratione des considérations qui indiquent qu'une telle disposition de Dieu n'est contraire à aucun de Ses attributs, ni à Sa justice, ni à Sa sagesse, ni à Sa miséricorde, ni à Sa bonté ; ils montrent encore qu'elle n'est pas non plus en opposition avec la nature humaine donnée par le Créateur lui-même, avec sa finalité métaphysique absolue tendant à Dieu, avec l'élan de la volonté humaine vers Dieu, avec la liberté physique du vouloir, enracinée et toujours présente dans la créature humaine. Toutes ces réflexions laissent sans doute chez l'homme, quand il juge en se fiant seulement à sa propre raison, une dernière question portant non plus sur la possibilité mais sur la réalité d'une si inflexible sentence du Juge Suprême. Nul ne pourra donc s'étonner qu'un Théologien de grande renommée ait pu écrire au début du XVIIe siècle : Quator sunt mysteria nostræ sanctissimæ fidei maxime difficilia creditu menti humanæ : mysterium Trinitatis, Incarnationis, Eucharistiæ et æternitatis suppliciorum. Mais malgré tout cela, le fait de l'immutabilité et de l'éternité de ce jugement de réprobation et de son accomplissement est hors de toute discussion. Les débats auxquels a donné lieu un livre publié récemment manifestent souvent un grave défaut de connaissance de la doctrine catholique et partent de prémisses fausses ou faussement interprétées. Dans le cas présent, le législateur suprême, en usant de son pouvoir supérieur et absolu, a fixé la validité irrévocable de son jugement et de son exécution. Cette durée sans limite est donc le droit en vigueur. (Pie XII, rappelant combien l'Enfer est terrible, lors de son Discours aux Juristes catholiques italiens, 5 février 1955)




Consultez ce site de référence sur les apparitions de Notre-Dame de Fatima et ces articles : Une apparition moins connue et 3e apparition : la vision de l'Enfer.


Écoutez Ils ont vu l'enfer, témoignage et cette prédication sur le Principe et fondement : L’homme est créé pour louer, révérer et servir Dieu, de l'Abbé Vérité.


Lire "Du nombre des élus" de José Ricart Torrens et Ce que doit être notre espérance.



Reportez-vous à La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Sermon sur l'Enfer, par M. J.-M.-B. Vianney, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Prière à Marie, Reine du Très Saint Rosaire, Méditation sur l'éternité des peines de l'Enfer, Jucunda semper expectatione, du Pape Léon XIII, sur le Rosaire de Marie, Litanies de Notre-Dame du Mont Carmel, Prière pour demander le salut des pécheurs, Le retour du règne de Satan par la négation du dogme de l'Incarnation, Divini Redemptoris du Pape Pie XI sur le communisme athée, Votre mémoire est une boîte à tentations dans laquelle le démon pioche, Litanie des Cœurs unis de Jésus et de Marie, Litanie du Cœur immaculé de Marie, Satan veut déformer l'homme afin d'effacer en lui l'image de Dieu, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, Traité de l'Enfer de Sainte Françoise Romaine, Sermon du Saint Curé d'Ars sur l'Enfer des Chrétiens, Litanies de Notre-Dame de la Salette, Prière de Mélanie Calvat, bergère de la Salette, à réciter en temps de calamités, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Figure biblique de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge Marie : Rébecca et Jacob, Et le Dragon persécuta la femme qui enfanta le fils, L'évangile de la fin des temps, Le roi de la Cité du Mal, Les princes de la Cité du Mal, Par quelles armes battre le Tentateur ?, Quo Primum tempore du Pape Saint Pie V, Cantique pour le Jour de l'Assomption, Notre-Dame du Bon Conseil, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discours sur la Visitation de Marie, Découvertes sur le Tilma de la Vierge de Guadalupe, Discours sur la Purification de Marie, Discours sur l'Assomption de Marie, Petit chapelet des sept douleurs de Marie, Histoire religieuse des deux cités, Homélie prononcée par le Cardinal Pie dans la solennité du couronnement de Notre-Dame de Lourdes, Cum ex apostolatus officio du Pape Paul IV, La voie qui conduit au Ciel est étroite, De la méditation de la mort, Enseignement de l’Église sur le Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, Méditation pour le jeudi de la deuxième semaine de Carême, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel et Savoir-vivre dans l’Église.