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mercredi 28 avril 2021

Discours de Sa Sainteté le Pape Pie XII, aux pèlerins réunis à Rome pour la Canonisation de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort


(21 juillet 1947)


Soyez les bienvenus, chers fils et chères filles, accourus en grand nombre pour assister à la glorification de Louis-Marie Grignion de Montfort, l'humble prêtre breton du siècle de Louis XIV, dont la courte vie, étonnamment laborieuse et féconde, mais singulièrement tourmentée, incomprise des uns, exaltée par les autres, l'a posé devant le monde « en signe de contradiction », « in signum, cui contradicetur » (Luc. 2, 34). Réformant, sans y penser, l'appréciation des contemporains, la postérité l'a rendu populaire, mais, par-dessus encore le verdict des hommes, l'autorité suprême de l'Église vient de lui décerner les honneurs des saints.
Salut d'abord à vous, pèlerins de Bretagne et du littoral de l'Océan. Vous le revendiquez comme vôtre et il est vôtre en effet. Breton par sa naissance et par l'éducation de son adolescence, il est resté breton de cœur et de tempérament à Paris, dans le Poitou et en Vendée ; il le restera partout et jusqu'au bout, même dans ses cantiques de missionnaire, où par une pieuse industrie, — qui réussirait peut-être moins heureusement à une époque plus critique et volontiers gouailleuse, il adaptait des paroles religieuses aux airs populaires de son pays. Breton, il l'est par sa piété, sa vie très intérieure, sa sensibilité très vive, qu'une délicate réserve, non exempte de quelques scrupules de conscience, faisait prendre par des jeunes gens primesautiers, et par quelques-uns même de ses Supérieurs, pour gaucherie et singularité. Breton, il l'est par sa droiture inflexible, sa rude franchise, que certains esprits, plus complaisants, plus assouplis, trouvaient exagérée et taxaient avec humeur d'absolutisme et d'intransigeance.
C'est en l'épiant malicieusement à son insu, en le voyant et en l'entendant traiter avec les petits et les pauvres, enseigner les humbles et les ignorants, que plus d'un découvrit avec surprise, sous l'écorce un peu rugueuse d'une nature qu'il mortifiait et qu'il forgeait héroïquement, les trésors d'une riche intelligence, d'une inépuisable charité, d'une bonté délicate et tendre.
On a cru parfois pouvoir l'opposer à saint François de Sales, prouvant ainsi qu'on ne connaissait guère que superficiellement l'un et l'autre. Différents, certes, ils le sont, et voilà bien de quoi dissiper le préjugé qui porte à voir dans tous les saints autant d'exemplaires identiques d'un type de vertu, tous coulés dans un même moule ! Mais on semble ignorer complètement la lutte, par laquelle François de Sales avait adouci son caractère naturellement aigre, et l'exquise douceur avec laquelle Louis-Marie secourait et instruisait les humbles. D'ailleurs, l'amabilité enjouée de l'évêque de Genève ne l'a pas plus que l'austérité du missionnaire breton, mis à l'abri de la haine et des persécutions de la part des calvinistes et des jansénistes et, d'autre part, la rudesse fougueuse de l'un, aussi bien que la patience de l'autre au service de l'Église leur ont valu à tous les deux l'admiration et la dévotion des fidèles.
La caractéristique propre de Louis-Marie, et par où il est authentique breton, c'est sa ténacité persévérante à poursuivre le saint idéal, l'unique idéal de toute sa vie : gagner les hommes pour les donner à Dieu. À la poursuite de cet idéal, il a fait concourir toutes les ressources qu'il tenait de la nature et de la grâce, si bien qu'il fut en vérité sur tous les terrains — et avec quel succès ! — l'apôtre par excellence du Poitou, de la Bretagne et de la Vendée ; on a pu même écrire naguère, sans exagération, que « la Vendée de 1793 était l'œuvre de ses mains ».
Salut à vous, prêtres de tous les rangs et de tous les ministères de la hiérarchie ecclésiastique, qui portez tous sur le cœur ce souci, cette angoisse, cette « tribulation », dont parle saint Paul (2 Co 1, 8) et qui est aujourd'hui, presque partout, le partage des prêtres dignes de leur beau nom de pasteurs d'âmes. Votre regard, comme celui de milliers de vos frères dans le sacerdoce, se lève avec fierté vers le nouveau saint et puise en son exemple confiance et entrain. Par la haute conscience qu'il avait de sa vocation sacerdotale et par son héroïque fidélité à y correspondre, il a fait voir au monde le vrai type — souvent si peu et si mal connu — du prêtre de Jésus Christ et ce qu'un tel prêtre est capable de réaliser pour la pure gloire de Dieu et pour le salut des âmes, pour le salut même de la société, dès lors qu'il y consacre sa vie tout entière, sans réserve, sans condition, sans ménagement, dans le plein esprit de l'Évangile. Regardez-le, ne vous laissez pas impressionner par des dehors peu flatteurs : il possède la seule beauté qui compte, la beauté d'une âme illuminée, embrasée par la charité ; il est pour vous un modèle éminent de vertu et de vie sacerdotale.
Salut à vous, membres des familles religieuses, dont Louis-Marie Grignion de Montfort a été le Fondateur et le Père. Vous n'étiez, de son vivant et lors de sa mort prématurée, qu'un imperceptible grain de froment, mais caché dans son cœur comme au sein d'une terre fertile, mais gonflé du suc nourricier de sa surhumaine abnégation, de ses mérites surabondants, de son exubérante sainteté. Et voici que la semence a germé, grandi, qu'elle s'est développée et propagée au loin, sans que le vent de la révolution l'ait desséchée, sans que les persécutions violentes ou les tracasseries légales aient pu l'étouffer.
Chers fils et chères filles, restez fidèles au précieux héritage que vous a légué ce grand saint ! Héritage magnifique, digne que vous continuiez, comme vous l'avez fait jusqu'à présent, à y dévouer, à y sacrifier sans compter vos forces et votre vie ! Montrez-vous les héritiers de son amour si tendre pour les humbles du plus petit peuple, de sa charité pour les pauvres, vous souvenant qu'il s'arrachait le pain de la bouche pour les nourrir, qu'il se dépouillait de ses vêtements pour couvrir leur nudité, les héritiers de sa sollicitude pour les enfants, privilégiés de son cœur, comme ils l'étaient du cœur de Jésus.
La charité ! voilà le grand, disons le seul secret des résultats surprenants de la vie si courte, si multiple et si mouvementée de Louis-Marie Grignion de Montfort : la charité ! voilà pour vous aussi, soyez-en intimement persuadés, la force, la lumière, la bénédiction de votre existence et de toute votre activité. Salut enfin à vous aussi, pèlerins accourus de divers pays et apparemment bien différents entre vous, mais dont l'amour envers Marie fait l'unité, parce que, tous, vous voyez en celui que vous êtes venus honorer le guide qui vous amène à Marie et de Marie à Jésus. Tous les saints, assurément, ont été grands serviteurs de Marie et tous lui ont conduit les âmes ; il est incontestablement un de ceux qui ont travaillé le plus ardemment et le plus efficacement à la faire aimer et servir.
La Croix de Jésus, la Mère de Jésus, les deux pôles de sa vie personnelle et de son apostolat. Et voilà comment cette vie, en sa brièveté, fut pleine, comment cet apostolat, exercé en Vendée, en Poitou, en Bretagne durant à peine une douzaine d'années, se perpétue depuis déjà plus de deux siècles et s'étend sur bien des régions. C'est que la Sagesse, cette Sagesse à la conduite de laquelle il s'était livré, a fait fructifier ses labeurs, a couronné ses travaux que la mort n'avait qu'apparemment interrompus : « complevit labores illius » (Sag. 10, 10). L'œuvre est toute de Dieu, mais elle porte aussi sur elle l'empreinte de celui qui en fut le fidèle coopérateur. Ce n'est que justice de la discerner.
Notre œil, presque ébloui par la splendeur de la lumière qui émane de la figure de notre Saint, a besoin, pour ainsi dire, d'en analyser le rayonnement. Il se pose d'abord sur les dons naturels, plus extérieurs, et il a la surprise de constater que la nature n'avait pas été vis-à-vis de lui aussi avare qu'il a pu sembler à première vue. Louis-Marie n'offrait pas, c'est vrai, le charme de traits agréables qui conquièrent soudain la sympathie, mais il jouissait — avantages en réalité bien plus appréciables — d'une vigueur corporelle qui lui permettait de supporter de grandes fatigues dans son ministère de missionnaire et de se livrer quand même à de rudes et très rudes pénitences. Sans s'amuser à éblouir son auditoire par les faciles artifices du bel esprit, par les fantasmagories d'une élégance recherchée et subtile, il savait mettre à la portée des plus simples le trésor d'une théologie solide et profonde — en quoi il excellait — et qu'il monnayait de manière à éclairer et convaincre les intelligences, à émouvoir les cœurs, à secouer les volontés avec une force de persuasion qui aboutissait aux courageuses et efficaces résolutions. Grâce à son tact, à la finesse de sa psychologie, il pouvait choisir et doser ce qui convenait à chacun, et s'il avait, par abnégation et pour être plus entièrement aux études et à la piété, renoncé aux beaux-arts, pour lesquels il avait beaucoup de goût et de remarquables dispositions, il avait gardé les richesses d'imagination et de sensibilité, dont son âme d'artiste savait user pour produire dans les esprits l'image du modèle divin. Toutes qualités humaines, sans doute, mais dont il s'aidait pour conduire les pécheurs au repentir, les justes à la sainteté, les errants à la vérité, conquérant à l'amour du Christ les cœurs desséchés par le souffle glacé et aride de l'égoïsme.
Incomparablement plus que sa propre activité humaine, il mettait en jeu le concours divin qu'il attirait par sa vie de prière. Toujours en mouvement, toujours en contact avec les hommes, il était en même temps toujours recueilli, toujours livré à l'intimité divine, luttant, pour ainsi dire, contre la justice sévère de Dieu pour obtenir de sa miséricorde les grâces victorieuses de l'obstination des plus endurcis ; il semblait, comme le patriarche en lutte contre l'ange, répéter sans cesse la prière irrésistible : « Je ne vous laisserai point que vous ne m'ayez béni » (Gen. 32, 27).
Il n'ignorait pas non plus que, sans la pénitence, l'abnégation, la mortification continuelle, la prière toute seule ne suffit pas à vaincre l'esprit du mal : « in oratione et ieiunio » (Marc. 9, 29). Et notre missionnaire joignait aux fatigues des plus intrépides apôtres les saintes cruautés des plus austères ascètes. N'a-t-il pas observé presque à la lettre la consigne donnée par le Maître à ses envoyés : « N'emportez rien pour le voyage, ni bâton, ni pain, ni sac, ni argent, et n'ayez point deux tuniques » (Luc. 9, 3) ? La seule soutane, usée et rapiécée, qu'il portait sur lui était si pauvre, que les mendiants qui le rencontraient se croyaient en devoir de l'assister de leurs aumônes.
Crucifié lui-même, il était en droit de prêcher avec autorité le Christ crucifié (cf. 1 Cor. 1, 23). Partout, envers et contre tous, il érigeait des Calvaires et il les réédifiait avec une indéfectible patience, lorsque l'esprit du siècle, inimicus crucis Christi (cf. Phil. 3, 18), les avait fait abattre. Il traçait moins un programme de vie qu'il ne peignait son propre portrait dans sa lettre « aux Amis de la Croix » : « Un homme choisi de Dieu entre dix mille qui vivent selon les sens et la seule raison, pour être un homme tout divin, élevé au-dessus de la raison et tout opposé aux sens, par une vie et lumière de pure foi et un amour ardent pour la Croix ».
Le grand ressort de tout son ministère apostolique, son grand secret pour attirer les âmes et les donner à Jésus, c'est la dévotion à Marie. Sur elle il fonde toute son action : en elle est toute son assurance, et il ne pouvait trouver arme plus efficace à son époque. À l'austérité sans joie, à la sombre terreur, à l'orgueilleuse dépression du jansénisme, il oppose l'amour filial, confiant, ardent, expansif et effectif du dévot serviteur de Marie, envers celle qui est le refuge des pécheurs, la Mère de la divine Grâce, notre vie, notre douceur, notre espérance. Notre avocate aussi ; avocate qui placée entre Dieu et le pécheur est toute occupée à invoquer la clémence du juge pour fléchir sa justice, à toucher le cœur du coupable pour vaincre son obstination. Dans sa conviction et son expérience de ce rôle de Marie, le missionnaire déclarait avec sa pittoresque simplicité que « jamais pécheur ne lui a résisté, une fois qu'il lui a mis la main au collet avec son rosaire ».
Encore faut-il qu'il s'agisse d'une dévotion sincère et loyale. Et l'auteur du « Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge » distingue en traits précis celle-ci d'une fausse dévotion plus ou moins superstitieuse, qui s'autoriserait de quelques pratiques extérieures ou de quelques sentiments superficiels pour vivre à sa guise et demeurer dans le péché comptant sur une grâce miraculeuse de la dernière heure.
La vraie dévotion, celle de la tradition, celle de l'Église, celle, dirions-Nous, du bon sens chrétien et catholique, tend essentiellement vers l'union à Jésus, sous la conduite de Marie. Forme et pratique de cette dévotion peuvent varier suivant les temps, les lieux, les inclinations personnelles. Dans les limites de la doctrine saine et sûre, de l'orthodoxie et de la dignité du culte, l'Église laisse à ses enfants une juste marge de liberté. Elle a d'ailleurs conscience que la vraie et parfaite dévotion envers la Sainte Vierge n'est point tellement liée à ces modalités qu'aucune d'elles puisse en revendiquer le monopole.
Et voilà pourquoi, chers fils et chères filles, Nous souhaitons ardemment que, par-dessus les manifestations variées de la piété envers la Mère de Dieu, Mère des hommes, vous puisiez tous, dans le trésor des écrits et des exemples de notre saint, ce qui a fait le fond de sa dévotion mariale : sa ferme conviction de la très puissante intercession de Marie, sa volonté résolue d'imiter autant que possible les vertus de la Vierge des vierges, l'ardeur véhémente de son amour pour elle et pour Jésus.
Avec l'intime confiance que la Reine des cœurs vous obtiendra de l'Auteur de tout bien cette triple faveur, Nous vous donnons en gage, à vous, à tous ceux qui vous sont chers, à tous ceux qui se recommandent du patronage de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et qui l'invoquent en union avec vous, Notre Bénédiction apostolique.


Reportez-vous à Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, La Vierge Marie et les derniers Temps, L'inimitié entre Satan et MariePrière d'un enfant de Marie, Les attraits de la Sagesse incarnée, Jésus, Sagesse souffrante et crucifiée, Aspiration dans les tentations, Cantique de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, sur l'horreur du péché mortelCantique d'Action de Grâce des esclaves d'amour de Jésus en Marie, par Saint Louis-Marie Griginion de Montfort, Cantique de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort : Dieu sollicite la conversion du pécheur, Litanies de l'Amour de Marie, Acte d'aveugle abandon et d'amoureuse confiance en la douce Vierge Marie, C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, Méditation pour la Fête du Saint Nom de Marie, Fidentem piumque, du Pape Léon XIII, pour le mois du Rosaire, Adjutricem populi, du Pape Léon XIII, pour le retour des dissidents par le Saint Rosaire, Méditation pour la Fête de saint Luc, Figure biblique de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge Marie : Rébecca et Jacob, Votre mémoire est une boîte à tentations dans laquelle le démon pioche, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Prions avec Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Les sept fausses dévotion à la Sainte Vierge Marie, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l’Église, Si un chrétien peut trop aimer et trop honorer la Sainte Vierge, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, Pratiques de dévotion envers Marie : Recourir souvent à Marie et aux Saints qui lui sont proches, Pratiques de dévotion envers Marie : L'Ave Maria, Jésus glorifié veut glorifier sa Mère, Discours sur la Visitation de Marie, Discours sur la Purification de Marie, Discours sur l'Assomption de Marie, Discours sur les douleurs de Marie, Petit chapelet de l'Immaculée Conception de Marie, et Litanies de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.














jeudi 16 janvier 2020

Prière d'un enfant de Marie




Je vous salue, Marie, reine de mon cœur, ma vie, ma douceur, mon espérance, ma joie, ma consolation et ma récompense. Je me réjouis et bénis les trois personnes divines, de vous avoir créée pure et immaculée ; bénie soyez-vous vous-même, ma tendre Mère, de tous les Anges et de tous les Saints. Bénis soient votre époux saint Joseph, votre mère sainte Anne, votre père saint Joachim, tous les Apôtres, saint Gabriel, votre ange favori ; saint Michel, le soutien de l'Église ; mes saints Patrons et mon saint Ange gardien. Que tous les hommes vous bénissent, vous servent et vous aiment, ô tendre Marie ! et moi plus qu'eux tous. Bénissez notre Évêque, notre Souverain, mon père, ma mère et tous mes parents, bénissez le zèle de tous ceux qui travaillent au salut des âmes. Protégez l'Église, élevez ses enfants, et humiliez ses ennemis ; bénissez nos confessions, communions et résolutions ; bénissez notre vie, obtenez-nous le don des trois vertus théologales, la contrition parfaite, un grand amour de Dieu, l'accomplissement des devoirs de notre état, la grâce d'une bonne mort, le repos aux âmes du Purgatoire, la persévérance des justes et la conversion des pécheurs. Enfin, bénissez-moi, moi qui vous aime de tout mon cœur, après Jésus mon Sauveur, et qui brûle du désir de vous voir aimée, servie, honorée et glorifiée. Ô Marie ! ma douce Mère, recevez mon âme à l'heure de ma mort, et placez-la près de vous. Tels sont les vœux de votre enfant qui vous aime tendrement.


Reportez-vous à Aspiration dans les tentations, Prière à Saint Gabriel Archange, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Actes de Foi, d'Espérance et d'Amour à Marie, C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, Discours sur la Naissance de MariePrière pour les parentsLa vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, Méditation pour la Fête du Saint Nom de Marie, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la Sainte Vierge, Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, La Vierge Marie et les derniers Temps, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Prière de Pie XII pour la Neuvaine à l'Immaculée Conceptionpetit chapelet de l'Immaculée Conception de MarieMéditation sur l'Immaculée Conception de MariePrière à la sainte Vierge honorée dans son Immaculée-Conception, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Mère de Dieu, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Victoires, Prière à Marie, Reine du Très-Saint Rosaire, C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, Si un chrétien peut trop aimer et trop honorer la Sainte Vierge, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l’Église, Comment un véritable enfant de Dieu peut et doit honorer la Sainte Vierge, Méditation sur la dévotion envers Marie, AD DIEM ILLUM LAETISSIMUM, Lettre encyclique du Pape Pie X, Sur l'Immaculée Conception de Marie et Ineffabilis Deus, Constitution Apostolique de Sa Sainteté le Pape Pie IX pour la définition et la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.













dimanche 8 septembre 2019

Discours sur la Naissance de Marie



Extrait de "Les Gloires de Marie" de Saint Alphonse de Liguori :





Marie est née Sainte et grande Sainte, parce que la grâce dont Dieu l'enrichit dès le commencement fut grande, et que Marie correspondit aussitôt avec une grande fidélité.


Les hommes ont coutume de célébrer par des marques de joie et d'allégresse le jour de la naissance de leurs enfants, mais ils devraient bien plutôt se livrer à la douleur, puisqu'ils naissent non-seulement privés de mérite et de raison, mais encore infectés du péché, enfants de colère, et par conséquent condamnés aux misères et à la mort. Mais quand il s'agit de la Nativité de la Sainte Vierge, il est bien juste de la célébrer par des réjouissances et des louanges publiques et solennelles, puisque Marie naquit enfant, il est vrai, mais grande en mérites et en vertus. Marie naquit Sainte et grande Sainte. Pour comprendre quel fut le degré de sainteté qu'elle posséda en naissant, considérons : 1° Combien fut grande la première grâce dont Dieu enrichit. Marie : 2° Combien fut grande la fidélité avec laquelle Marie y correspondit aussitôt.

1er Point. La première grâce dont Dieu enrichît Marie fut grande, puisqu'il est certain que Marie fut l'âme la plus belle qu'il ait jamais créée ; bien plus, il est certain, qu'après l'incarnation du Verbe « cette œuvre fut la plus grande et la plus digne de Dieu qu'il ait faite en ce monde, » dit S. Pierre Damien. Ainsi la grâce ne descendit pas en Marie goutte à goutte, comme dans les autres Saints, mais (Ps. 71. 6) selon la prophétie de David, l'âme de Marie fut comme une toison « (S. Basile) qui reçut toute l'abondante pluie de la grâce, sans en perdre une goutte. » Marie le déclare elle-même dans l'Ecclésiastique : Je possède pleinement ce que les autres Saints ne possèdent qu'en partie. (Eccli. 24. 16) S. Vincent Ferrier dit « qu'avant la naissance de Marie, sa sainteté surpassa celle de tous les Saints et de tous les Anges réunis. » Ce sentiment est prouvé par le Père Pèpe, dans son excellent ouvrage intitulé : des Grandeurs de Jésus et de Marie ; et il assure que cette opinion si glorieuse pour la Vierge est aujourd'hui commune et certaine auprès des Théologiens modernes, entre autres Cartagena, Suarez, Spinelli, Recupito, Guerra, etc., qui l'ont examinée mûrement, et plus que les anciens docteurs. Il rapporte que la Mère de Dieu envoya le Père Guttièrez remercier de sa part le Père Suarez d'avoir si bien défendu cette opinion très probable, laquelle, comme l'atteste aussi le Père Segnery dans son Opuscule sur Marie, fut dans la suite soutenue unanimement par l'académie de Salamanque.
Or, puisque ce sentiment est commun et certain, pourquoi ne trouvera-t-on pas beaucoup plus probable le nôtre , que Marie, dès le premier instant de son Immaculée Conception, reçut cette grâce supérieure à la grâce de tous les Saints et de tous les Anges réunis ? Ce sentiment est vivement soutenu par le Père Suarez, Spinelli, Recupito et de la Colombière ; mais, outre l'autorité des Théologiens, deux raisons fortes et convaincantes le démontrent. La première, c'est que Marie fut choisie de Dieu pour être la Mère du Verbe ; le bienheureux Denys le Chartreux en conclut qu'ayant été établie dans un ordre supérieur à toutes les créatures, puisque la dignité de Mère de Dieu, dit Suarez, appartient en quelque sorte à l'ordre de l'union hypostatique ; la Vierge dut être dès le commencement de sa vie enrichie de dons d'un ordre tellement supérieur, qu'ils surpassent incomparablement les dons accordés aux autres créatures. En effet, on ne saurait douter qu'au même temps où la personne du Verbe éternel fut dans les décrets de Dieu prédestinée pour se faire homme, la Mère qui devait lui donner l'existence humaine ait aussi été désignée, et cette Mère fut précisément Marie. Or, S. Thomas nous apprend que le Seigneur donne à chacun une grâce proportionnée à la dignité à laquelle il le destine (S. Thom. 3. p. q. 27. a. 5. ad. I). S. Paul l'avait dit avant lui (I. Cor. 3. 6), en déclarant que les Apôtres reçurent de Dieu des dons proportionnés au grand ministère pour lequel ils furent choisis. S. Bernardin de Sienne ajoute que, « (Serm. 10. a. 2. c. 1) quand une personne est choisie de Dieu pour un état de vie, elle reçoit de lui, non-seulement les dispositions nécessaires à cet état, mais encore tout ce qu'il faut pour l'exercer dignement. » Or, « (S. Thom. 3. p. q. 27. a. 4) puisque Marie fut élue pour être Mère de Dieu, il convenait bien que Dieu l'ornât dès le premier instant d'une grâce immense et d'un ordre supérieur à celui de la grâce de tous les autres hommes et des Anges, car la grâce devait en elle correspondre à la dignité immense et très haute à laquelle Dieu l'élevait, » comme le concluent tous les Théologiens avec S. Thomas. Ainsi « (Idem. a. 5. ad. 2) Marie, avant d'être Mère de Dieu, fut ornée d'une Sainteté si parfaite, qu'elle la rendit propre à cette dignité, » dit ce saint docteur.
David a dit que les fondements de la Cité de Dieu, qui est Marie , devaient être établis sur le sommet des montagnes. (Ps. 86. 1. et 5) C'est-à-dire, que le commencement de sa vie devait être plus élevé en sainteté que les dernières années des Saints les plus consommés en Sainteté. David en donne pour raison que Dieu devait s'incarner dans son sein virginal, homonatus est in eâ. Ainsi, il convenait que Dieu donnât à cette Vierge, dès l'instant qu'il la créa, une grâce correspondante à la dignité de Dieu.
C'est encore là ce qu'a voulu nous faire entendre Isaïe (c. 2. v. 2), quand il dit que, « dans les temps futurs devait s'élever la montagne de la maison du Seigneur (c'est-à-dire la sainte Vierge), sur le sommet de toutes les autres montagnes, et que toutes les nations y devaient  accourir pour recevoir les divines miséricordes. » S. Grégoire l'explique de Marie : « (l. 1. in. Reg. c. 1) C'est la montagne que Dieu a voulu choisir pour sa demeure. » Voilà pourquoi Marie fut appelée cyprès de la montagne de Sion : cèdre, mais cèdre du Liban : olive, mais olive spécieuse : élue comme le soleil ; parce que de même que le soleil par sa lumière surpasse tellement les étoiles en clarté qu'elles disparaissent devant lui, « (S. Pierre Damien, Serm. de Ass.) de même la Vierge Mère du Sauveur surpasse en sainteté toute la cour céleste. » Marie fut si élevée en sainteté, dit S. Bernard, « qu'il ne convenait ; point à Dieu d'avoir une autre Mère que Marie , et qu'il ne convenait point à Marie d'avoir un autre Fils que Dieu. »
La seconde raison par laquelle on prouve que Marie , dès le premier instant de sa vie, fut plus sainte que tous les Saints réunis , se fonde sur le grand office de Médiatrice des hommes, qu'elle eut dès le commencement. Cette qualité demandait qu'elle possédât dès lors plus de grâces, que tous les hommes ensemble. Tous les Théologiens et les saints Pères s'accordent à donner à Marie ce titre de Médiatrice, par la raison que par sa puissante intercession et par son mérite de congruo (de convenance), elle a obtenu le salut à tous les hommes, en procurant au monde perdu le bienfait signalé de la Rédemption. Je dis, mérite de convenance, parce que Jésus-Christ seul est notre Médiateur par voie de justice, et par le mérite de condignité (de condigno), comme parle l'école, il a offert ses mérites au Père éternel, qui les a acceptés pour notre salut. Mais MARIE n'est Médiatrice de grâce, que par voie de simple intercession, et du mérite de convenance, parce qu'elle a offert à Dieu, disent les Théologiens avec S. Bonaventure, ses mérites pour le salut de tous les hommes ; et Dieu, par sa grâce, les a acceptés avec les mérites de JÉSUS-CHRIST, selon S. Arnauld et Richard de Saint Victor (c. 26. in Cant) : de sorte que tout bien, tout don de vie éternelle que chaque Saint a reçu de Dieu, lui a été accordé par le moyen de Marie.
Voilà précisément ce que veut nous faire entendre l'Église, quand elle applique à Marie ces passages de l'Ecclésiastique : « En moi toute grâce de voie et de vérité. En moi toute espérance de vie et de vertu. Je suis la Mère du pur amour, de la crainte, de la science, de la sainte espérance. (Eccli. 24. 24. etc.) » c'est-à-dire, que par Marie se dispensent toutes les grâces à ceux qui sont encore dans la voie, sur la terre ; par Marie se donne la lumière de la vérité : par Marie nous espérons obtenir la vie de grâce sur la terre, celle de la gloire dans le ciel : par le moyen de Marie on acquiert les vertus, et notamment les vertus théologales, qui sont les vertus principales des Saints : Marie par son intercession obtient à ses serviteurs les dons du pur amour, de la lumière céleste, et de la sainte confiance. Saint Bernard eu conclut, que « (Ep. 174) l'Église croit et nous enseigne que Marie est la médiatrice universelle de notre salut. »
C'est pourquoi Saint Sophrone, Patriarche de Jérusalem, assure que « (Serm. de Ass.) l'Archange Gabriel appela Marie pleine de grâce, parce que, dit ce Saint, la grâce a été donnée avec limites à tous les autres, mais à Marie elle a été donnée tout entière, » « (S. Basil.) afin qu'elle pût ensuite être la digne médiatrice entre Dieu et les hommes. » « (S. Laurent Justinien, Serm. de Ann.) Si la sainte Vierge n'eût pas été remplie de la divine grâce, comment aurait-elle pu être l'échelle du Paradis, l'avocate du monde, et la vraie médiatrice des hommes avec Dieu ? »
Reprenons cet argument. Puisque Marie, dès le commencement, en sa qualité de Mère destinée au Rédempteur, reçut l'office de Médiatrice de tous les hommes, et par conséquent de tous les Saints, il fut bien nécessaire qu'elle eût dès le commencement une grâce plus grande que tous les Saints pour lesquels elle devait intercéder. Je m'explique : puisque la médiation de Marie devait rendre tous les hommes agréables à Dieu, il fallut bien que MARIE fût plus sainte et plus agréable à Dieu que tous les hommes ensemble ; sans cela, comment aurait-elle pu intercéder pour eux ? Pour qu'un intercesseur obtienne du Prince grâce pour tous les vassaux, il est absolument nécessaire qu'il soit plus cher à son Prince que tous les autres vassaux. Ainsi, « (S. Ans. de Exc. V. c. II) Marie mérita d'être faite la digne réparatrice du monde perdu, parce qu'elle fut la plus sainte et la plus pure de toutes les créatures. »
MARIE fut, il est vrai, la Médiatrice des hommes, dira-t-on ; mais comment peut-on l'appeler la Médiatrice des anges ? Plusieurs Théologiens prétendent que Jésus-Christ mérita la grâce de la persévérance aux anges ; ainsi, comme Jésus a été leur médiateur de condigno, de même Marie peut s'appeler leur médiatrice de congruo, puisqu'elle a par ses prières accéléré la venue du Rédempteur : du moins comme elle a mérité de congruo de devenir la Mère du Messie, elle mérita aussi aux anges la réparation des places perdues par les démons. Ainsi elle leur mérita du moins cette gloire accidentelle. C'est ce qu'ont dit Richard de Saint Victor, et Saint Anselme (Ricc. de S. V. in Cant. 4 ; S. Ans. de Exc. Virg. c. II).

Concluons donc que Marie, soit comme médiatrice des hommes, soit comme destinée à être la Mère du Rédempteur, reçut dès le premier instant de sa vie une grâce plus grande que celle de tous les Saints réunis. Qu'il dut être grand aux yeux du ciel et de la terre le spectacle de la belle âme de cette enfant si privilégiée dans le sein même de sa Mère! Elle était aux yeux de Dieu la plus aimable des créatures, comme déjà comblée de grâces et de mérites ; elle était plus remplie d'amour pour Dieu que toute autre créature qui jusqu'alors eût jamais existé ; de sorte que si la Vierge fût née immédiatement après son immaculée conception, elle serait déjà venue au monde plus riche en mérites et plus sainte que tous les Saints réunis. À une si grande sainteté ajoutons encore ce qu'elle acquit de mérites pendant les neuf mois qu'elle demeura dans le sein de sa Mère, et jugeons quel fut le degré de sa sainteté, quand elle vint au monde. Considérons maintenant combien fut grande la fidélité avec laquelle Marie correspondit aussitôt à la grâce divine.

2e Point. Ce n'est pas une simple opinion, dit le Père de la Colombière, mais c'est l'opinion de tout le monde, que Marie, en recevant la grâce sanctifiante dans le sein de sa Mère, reçut en même temps l'usage de la raison avec une grande lumière divine correspondante à la grâce dont elle fut enrichie. Nous pouvons donc croire que dès le premier instant que sa belle âme fut unie à son corps très pur, elle fut éclairée de toutes les lumières de la divine sagesse, pour connaître les vérités éternelles, la beauté des vertus, surtout l'infinie bonté de son Dieu, qui méritait d'être aimé de tout le monde, mais plus particulièrement de MARIE, à raison des privilèges singuliers dont il l'avait favorisée et distinguée du reste des créatures, en la préservant de la tache du péché originel, eu la destinant à être la Mère du Verbe et la Reine de l'univers.
Dès ce premier instant, MARIE, pleine de reconnaissance envers son Dieu, commença à faire valoir ce trésor de grâces qu'elle avait reçu ; elle s'appliqua tout entière à plaire à Dieu et à l'aimer ; elle l'aima dès lors de toutes ses forces, continua de l'aimer ainsi pendant les neuf mois qu'elle vécut avant de naître, et ne cessa pas un instant de s'unir toujours plus à Dieu par de ferventes actes d'amour. Exempte de la tache originelle, elle était aussi dégagée de tout attachement à la terre, de tout mouvement déréglé, de toute distraction, de toute rébellion des sens qui eussent pu l'empêcher de s'avancer toujours plus dans l'amour divin ; tous ses sens d'accord avec son esprit se portaient vers Dieu, et sa belle âme, libre de tout obstacle, ne cessait de voler vers Dieu, de l'aimer et de croître dans cet amour. Voilà pourquoi elle fut comparée au Platane élevé le long des eaux (Eccli. 29. 19), puisqu'elle fut cette digne plante de Dieu qui s'accrut toujours arrosée du courant des grâces divines. Elle s'appela aussi du nom de Vigne (Eccli. 24. 23), non-seulement parce qu'elle fut si humble aux yeux du monde, mais encore, parce que, semblable à la vigne qui croît toujours, selon le proverbe, jusqu'à la hauteur de l'arbre auquel elle s'attache, Marie avança toujours dans la perfection, et fut toujours unie à son Dieu, qui était son unique soutien ; car c'est de Marie que parle l'Esprit-Saint (Cant. 5), et Saint Ambroise l'explique en disant : « Quelle est celle qui s'avance appuyée sur le Verbe de Dieu, comme un Cep de vigne se soutient et s'élève en s'attachant à un grand arbre ? »
Plusieurs Théologiens très estimés disent que l'âme qui possède une habitude de vertus, si elle correspond toujours fidèlement aux grâces actuelles qu'elle reçoit de Dieu, ne cesse de produire un acte égal en intensité à l'habitude qu'elle a ; de sorte qu'elle acquiert chaque fois un nouveau et double mérite, égal à la masse de tous les mérites acquis jusqu'alors. Cette augmentation fut, dit-on, accordée aux anges, quand ils étaient dans la voie, or, si elle lut accordée aux anges, qui pourra jamais dire qu'elle ait été refusée à la Mère de Dieu, tandis qu'elle vécut sur la terre, mais spécialement dans le temps dont je parle, où elle demeura dans le sein de sa mère, temps auquel elle fut certainement plus fidèle que les anges à correspondre à la grâce? Marie donc pendant tout ce temps redoubla à chaque instant cette grâce prodigieuse qu'elle reçut avec l'être ; parce qu'y correspondant parfaitement et de toutes ses forces à chaque acte qu'elle faisait, elle redoublait par conséquent ses mérites à chaque instant. Si donc au premier instant elle eut mille degrés de grâce, elle en eut 2 mille au second, 4 mille au troisième, 8 mille au quatrième, 16 mille au cinquième, 32 mille au sixième, ainsi de suite, non pendant un jour, ni une semaine seulement ; mais pendant neuf mois entiers. Comptez, si vous le pouvez, ces grâces multipliées, et voyez quels trésors de grâces, de mérites et de sainteté Marie apporta au monde le jour de sa naissance.
Réjouissons-nous donc avec elle de ce qu'elle est née si sainte, si chère à Dieu, et comblée de tant de grâces. Réjouissons-nous pour elle, et aussi pour nous, puisqu'elle vient au monde pleine de grâce, non-seulement pour sa propre gloire, mais aussi pour notre avantage. S. Thomas remarque dans l'opuscule 4, que Marie fut pleine de grâce en trois manières. D'abord elle fut pleine de grâce dans l'âme, tellement que dès qu'elle exista, sa belle âme fut tout entière à Dieu. En second lieu, elle fut si remplie de grâce en son corps, que de sa chair très pure elle mérita de revêtir le Verbe éternel. Troisièmement, elle en fut remplie pour l'avantage de tous les hommes, c'est-à-dire, afin que tous pussent y participer. Quelques Saints ont eu une si grande abondance de grâces, qu'elle suffit pour les sauver eux-mêmes, et plusieurs autres, mais non pas tous les hommes : une telle grâce né fut accordée qu'à Jésus et à Marie, de sorte que, ce que S. Jean dit de Jésus-Christ, nous avons tout reçu de sa plénitude (Joan. 1. 16), les Saints le disent de Marie, selon S. Thomas de Villeneuve. « Il n'est personne, ajoute S. Anselme , qui ne participe à la grâce de Marie. » Quel fut jamais l'homme, qui n'a pas éprouvé les faveurs et les bienfaits de Marie ? Observons toutefois que de Jésus nous recevons la grâce comme de l'auteur de la grâce ; de Marie, comme intermédiaire : de Jésus, comme Sauveur ; de Marie, comme avocate : enfin nous la recevons de Jésus comme de la source, et nous la recevons de Marie, comme du canal par où elle nous vient.
S. Bernard dit que « (Serm. de Aquoed.) Dieu établit Marie comme le canal des miséricordes qu'il voulait dispenser aux hommes, et la remplit de grâces, pour que de sa plénitude elle pût communiquer à chacun sa part ; en conséquence il nous exhorte tous à considérer avec quel amour Dieu veut que nous honorions cette Vierge incomparable, puisque c'est en elle qu'il a mis tout le trésor de ses grâces, afin que tout ce que nous trouverons d'espérance, de grâce et de salut en nous, nous croyions le tenir de Marie et de son intercession, et que nous lui en rendions grâces. » Malheur à l'âme qui se ferme ce canal de grâces, en négligeant de se recommander à la Reine des cieux ! Holopherne voulant se rendre maître de la ville de Béthulie, fit intercepter les aqueducs (Judith. 7. 6) ; c'est aussi ce que fait le démon quand il veut s'emparer d'une âme ; il lui fait abandonner la dévotion envers Marie : ce canal lui étant une fois fermé, elle ne tardera pas à perdre la lumière, la crainte de Dieu, et enfin le salut éternel. On verra dans l'exemple suivant, combien est compatissant le saint Cœur de Marie, et quelle ruine se prépare celui qui abandonne la dévotion envers la Mère de grâce.


Exemple

Trithème Canisius, et autres, rapportent qu'à Magdebourg, en Saxe, un homme nommé Udon avait dans sa jeunesse si peu d'intelligence qu'il était la risée et le jouet de tous ses compagnons. Affligé de son peu de capacité, il alla se jeter aux pieds d'une image de la Vierge, pour se recommander à elle. Marie lui apparut en songe, et lui dit : Je vais te consoler : sache que je ne veux pas seulement t'obtenir de Dieu une habileté qui suffise pour te mettre à couvert du mépris et des avanies ; je veux encore qu'elle te rende l'admiration de tout le monde : je te promets de plus qu'après la mort de l'évêque tu seras élu en sa place. Tout ce que la Vierge lui annonça arriva ; il avança à grands pas dans les sciences, et obtint l'évêché. Elevé à cette dignité, il fut si ingrat envers Dieu et sa généreuse bienfaitrice, qu'ayant abandonné toute dévotion, il devint le scandale de tout le monde. Une nuit qu'il était en compagnie sacrilège, il entendit une voix qui lui dit : C'est assez, Udon, cesse d'offenser ton Dieu : c'est assez. La première fois qu'il entendit ces paroles, il se mit en colère, croyant que c'était un homme, qui les lui disait pour le corriger. Mais elles lui furent répétées deux et trois nuits de suite. Il commença à craindre que ce ne fût une voix du Ciel et continua néanmoins ses dérèglements. Trois mois après que Dieu lui eût donné ces avertissements, toujours inutiles, voici comment le Seigneur le punit. Un pieux chanoine nommé Frédéric, se trouvant le soir dans l'Église de S. Maurice, où il priait le Seigneur de remédier au scandale que donnait le Prélat, entendit tout à coup la porte de l'Église s'ouvrir avec bruit ; plusieurs Saints y entrèrent. Jésus-Christ les suivait accompagné de Marie. Alors le Juge ordonna qu'on produisît le coupable, et c'était le malheureux Udon. S. Maurice demanda justice contre la vie infâme du Prélat, de la part de son peuple qu'il scandalisait. À ces mots ils s'écrièrent tous : Seigneur, il mérite la mort. Qu'on le fasse mourir, dit alors le souverain Juge. Mais avant qu'on exécutât la sentence (voyez quelle est la commisération de Marie), cette Vierge compatissante pour ne pas être présente à cet acte terrible de justice, sortit de l'Église. Ensuite un ministre s'approcha d'Udon, et lui trancha la tête ; après quoi, la vision disparut. L'endroit où s'était passée cette scène épouvantable était obscur. Le chanoine tout tremblant prend une bougie, et va l'allumer à une lampe ; il revient, et voit le corps d'Udon, la tête tranchée, et le pavé tout couvert de sang. Le lendemain, dès qu'il fit jour, et que le peuple fut assemblé dans l'Église, le chanoine rapporta toute la vision et le fait de cette horrible tragédie. Un chapelain d'Udon qui ne savait encore rien de ce qui était arrivé dans l'Église vit le même jour ce malheureux Prélat enseveli dans les abîmes de l'enfer. Son cadavre fut jeté dans un marais, son sang resta sur le pavé, pour servir de monument éternel de la justice divine, et on le tient toujours couvert d'un tapis. Depuis cette époque on découvre ce sang le jour de l'intronisation de chaque nouvel évêque, afin que ce spectacle l'engage à bien vivre, le préserve d'être ingrat, et l'excite à correspondre aux grâces du Seigneur et de sa très sainte Mère.


Prière

Céleste Enfant, vous qui êtes destinée à devenir la Mère de mon Rédempteur et la grande Médiatrice des misérables pécheurs, ayez pitié de moi. Vous voyez à vos pieds encore un ingrat, qui recourt à vous, et qui implore votre protection. Je mériterais, il est vrai, par mes ingratitudes passées, d'être abandonné de vous et de mon Dieu ; mais j'ai toujours ouï dire (et pourrais-je ne le pas croire, en sachant combien est grande votre miséricorde ?), que vous ne rejetez point quiconque se recommande à vous avec confiance. Vous donc, la plus sublime des créatures, puisque Dieu seul est au-dessus de vous, et que les plus grands Saints vous sont inférieurs, vous, ô Sainte des Saints, ô Marie , abîme de grâce, secourez un malheureux qui, par sa faute, a perdu la grâce. Je sais que vous êtes si agréable à Dieu qu'il ne vous refuse rien. Je sais que vous prenez plaisir à soulager les malheureux pécheurs. Ô Marie, montrez combien est grand votre crédit auprès de Dieu, en m'obtenant une lumière et une flamme divine, si puissante, que de pécheur que je suis, elle me change en Saint, et que détachant de la terre toutes mes affections, elle embrase mon cœur du divin amour. Faites-le, ô Marie, puisque vous le pouvez. Faites-le pour l'amour de ce Dieu qui vous a faite si grande, si puissante et si miséricordieuse. Je l'espère fermement. Ainsi soit-il.



Reportez-vous à Méditation sur l'Annonciation de la Sainte Vierge, Méditation sur la Présentation de la Sainte Vierge au Temple, C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Méditation pour la Fête du Saint Nom de Marie Discours sur la Visitation de Marie, Discours sur la Purification de Marie, Discours sur l'Assomption de Marie, Discours sur les douleurs de Marie, De l'humilité de Marie, Méditation sur la dévotion envers Marie, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, Pratiques de dévotion envers Marie : L'Ave Maria, Et le Dragon persécuta la femme qui enfanta le fils, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, et Dévotion au Très Saint Rosaire.














mardi 11 septembre 2018

Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort



Catéchisme à retrouver sur EtudesAntimodernistes.fr.






Catéchisme du Saint Esclavage de Jésus en Marie




Je suis tout dans sa dépendance

Pour mieux dépendre du Sauveur

Laissant tout à sa Providence :

Mon corps, mon âme et mon bonheur


(Bienheureux de Montfort)




Quel est le but principal de cette dévotion ?

Le but principal de cette dévotion est d’établir le règne absolu de la Très Sainte Vierge dans les cœurs, afin d’y faire régner plus parfaitement Jésus-Christ. « Si nous établissons la solide dévotion de la Très Sainte Vierge, s’écrie le Bienheureux Père de Montfort, ce n’est que pour établir plus parfaitement la dévotion à Jésus-Christ : ce n’est que pour donner un moyen aisé et assuré pour trouver Jésus-Christ. Si la dévotion à la Sainte Vierge éloignait de Jésus-Christ, il faudrait la rejeter comme une illusion du démon. Mais tant s’en faut, qu’au contraire cette dévotion ne nous est nécessaire que pour trouver Jésus-Christ parfaitement, l’aimer tendrement et le servir fidèlement ! »



En quoi consiste cette dévotion ?

Elle consiste :

  • À se donner tout entier à la Très Sainte Vierge pour être tout entier à Jésus-Christ par elle ;
     
  • À vivre habituellement dans une parfaite dépendance de sa volonté, à l’exemple du Fils de Dieu à Nazareth.



Pourquoi se consacrer ainsi à la Sainte Vierge ?

On se consacre ainsi à la Sainte Vierge :

  • Pour imiter la dépendance de Jésus, qui, afin de nous sauver, a voulu être soumis à Marie pendant trente ans ;
     
  • Pour reconnaître les droits de la Sainte Vierge, qui étant Mère de Dieu, a pouvoir sur toutes les créatures ;
     
  • Pour recevoir plus de grâces, parce que Marie étant, comme Médiatrice de toutes les grâces, chargée de nous appliquer les mérites de la Rédemption, nous serons d’autant plus favorisés que nous vivrons plus soumis et plus unis à cette divine Mère.



Comment faut-il faire cette donation de tout soi-même, pratiquer cette dépendance absolue envers la Très Sainte Vierge ?

    Il faut choisir un jour remarquable pour lui donner, par un acte de consécration solennelle : 1. Notre corps ; 2. Notre âme ; 3. Nos biens matériels ; 4. Nos biens spirituels et la valeur de nos bonnes œuvres passées, présentes et futures.

    En vertu de cette consécration, pour vivre habituellement dans sa dépendance, il faut faire toutes ses actions avec Elle et par Elle, en sorte que nous la regardions toujours comme agissant de concert avec nous.



Qu’est-ce qu’agir par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie ?

Agir par Marie, c’est n’aller jamais à Notre-Seigneur que par Elle, se laisser conduire en toutes choses par ses conseils et ses inspirations et s’appuyer sans cesse sur son secours maternel : avec Marie, c’est prendre la Sainte Vierge comme le modèle accompli de tout ce qu’on doit faire et s’efforcer de l’imiter ; en Marie, c’est se recueillir souvent pour vivre en présence et en union de la Très Sainte Vierge, par la pensée et par l’amour ; pour Marie, c’est faire toutes ses actions pour Elle, pour son profit et pour sa gloire, afin de les faire ainsi plus sûrement pour la gloire de Dieu.



En quoi cette consécration diffère-t-elle de celles que l’on fait à la première communion et dans les Congrégations des Enfants de Marie ?

Par cette consécration on se donne vraiment à Marie en propriété, au lieu que par les consécrations ordinaires, on n’entend qu’une mise en dépôt de nous-mêmes et de nos biens. À la première communion, on se met sous la protection de la Sainte Vierge, comme un enfant sous la tutelle de sa mère, afin d’avoir une plus large part à sa bonté, à ses faveurs, à son amour&nbsp:; mais on ne lui sacrifie pas, pour cela, la valeur de ses actes, ni la liberté d’en disposer soi-même. Ici, au contraire, en nous donnant à la Sainte Vierge, nous lui abandonnons tous les droits que nous avons naturellement sur nos bonnes œuvres. Elle peut, dès lors, en disposer comme bon lui semble, sans que nous prétendions à autre chose qu’à l’honneur de vivre sous sa dépendance comme esclaves, afin d’être par Elle esclaves de Jésus ; de là, ce titre donné par le B. Père de Montfort à la présente dévotion : l’Esclavage de Jésus en Marie.



Dans quel sens devons-nous considérer cet abandon de tous nos droits à la Sainte Vierge ?

Pour comprendre clairement la réponse à cette question, il faut se rappeler que chacune de nos œuvres, faite en état de grâce et par des motifs de foi, renferme : 1. Une valeur satisfactoire et impétratoire, que nous pouvons communiquer à d’autres et qui sert soit à compenser la peine due au péché, soit à obtenir quelque bienfait particulier ; 2. Une valeur méritoire, qui nous est propre, que nous ne pouvons communiquer à personne, et qui apporte à notre âme une augmentation de grâce et de mérites. – Or, par cet abandon volontaire que nous lui faisons de tous nos droits, la Sainte Vierge devient la maîtresse absolue : 1. De toute la valeur satisfactoire et impétratoire de nos bonnes œuvres qu’Elle peut appliquer à qui Elle veut, comme il lui plait, selon la plus grande gloire de Dieu ; 2. De toute leur valeur méritoire, c'est-à-dire, de nos grâces, de nos mérites. Mais, parce que ces grâces et ces mérites, nous étant propres, sont incommunicables, Elle voudra bien les garder et les conserver précieusement, comme un beau et riche trésor.



Comment pourrons-nous secourir nos parents, nos amis, nos bienfaiteurs vivants et défunts, si nous ne sommes pas libres de disposer de la valeur impétratoire et satisfactoire de nos bonnes œuvres, en faveur de qui nous voulons ?

Loin de s’opposer à ce que nous venions au secours de ceux qui nous sont chers, ou qui se recommandent à nous, cette dévotion nous autorise au contraire, à prier pour eux avec plus de confiance que jamais. « Tout ainsi qu’une personne riche, dit le Bx de Montfort, qui aurait donné son bien à un grand prince, afin de l’honorer davantage, prierait avec plus de confiance ce prince de faire l’aumône à quelqu’un de ses amis qui la lui demanderait. Ce serait même faire plaisir à ce prince que de lui donner occasion de témoigner sa reconnaissance envers une personne qui s’est dépouillée pour le revêtir, qui s’est appauvrie pour l’honorer. Il faut dire la même chose de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge ». Il est de leur bonté et de leur puissance de ne jamais se laisser vaincre en générosité. Et quoique l’application de nos bonnes œuvres ne dépende plus de notre volonté, Jésus et Marie sauront bien, à notre recommandation humble et soumise, assister de notre petit revenu spirituel, ou par d’autres voies, nos parents, nos amis, nos bienfaiteurs vivants et défunts. C’est même un devoir de justice et de charité qu’ils sauront mieux que nous reconnaître et remplir.



Quels sont les principaux avantages que nous trouvons pour nous-mêmes dans l’esclavage de Jésus en Marie ?

Nous étant dépouillés de tout ce que nous avons pour le donner à la Très Sainte Vierge, nous pouvons croire :

  • Que cette bonne Mère, ayant accepté notre offrande s’est engagée à nous protéger et défendre contre nos ennemis, à nous rendre les voies du salut douces et faciles, et à nous obtenir toutes les grâces dont nous avons besoin pendant la vie ;
     
  • Que nos bonnes œuvres passant par ses mains avant d’arriver à Dieu, elle les purifie, les augmente, les embellit, les présente elle-même à Jésus-Christ, pour qu’elles soient plus favorablement accueillies ;
     
  • Que pour répondre au généreux abandon que nous lui avons fait de tous nos biens, elle acquitte dès cette vie nos dettes envers Dieu, et ne permettra pas à notre mort, que nous restions longtemps à souffrir dans le Purgatoire.

Aussi, dans l’esclavage de Jésus en Marie, une âme fervente, dirigée, soutenue par la Très Sainte Vierge, arrive plus sûrement et plus promptement à une parfaite sanctification que par toute autre voie spirituelle. « Qu’on me fasse un chemin nouveau pour aller à Jésus-Christ, dit encore le Bienheureux de Montfort, et que ce chemin soit pavé de tous les mérites des Bienheureux, orné de toutes leurs vertus héroïques, éclairé et embelli de toutes les lumières et beautés des Anges, et que tous les Anges et les Saints y soient pour y conduire, défendre et soutenir ceux et celles qui y voudront marcher ; en vérité, en vérité, je dis hardiment, et je dis la vérité, que je prendrais préférablement à ce chemin, qui serait si parfait, la voie immaculée de Marie, voie ou chemin sans aucune tache, ni souillure, sans péché originel ni actuel, sans ombre ni ténèbres ».



Quelles sont les obligations ou pratiques de cette dévotion ?

Pour être esclave de Jésus en Marie, il suffit d’avoir fait une fois pour toutes l’acte de consécration. C’est un contrat qui dure toujours, à moins qu’on ne le rétracte formellement. Le Bienheureux de Montfort conseille, en outre, quelques pratiques particulières, soit extérieures, soit intérieures.



Quelles sont les pratiques extérieures ?

Ces pratiques sont :

  • De se préparer à sa consécration en offrant à Dieu, pendant 33 jours (30 jours au moins, si on compte des semaines de 6 jours) toutes ses prières, méditations et bonnes œuvres, aux intentions et de la manière suivante : une période de douze jours pour se vider de l’esprit du monde, une première semaine pour obtenir la connaissance de soi-même, une seconde semaine pour obtenir la connaissance de la Sainte Vierge, une troisième semaine pour obtenir la connaissance de Jésus-Christ. Au terme de la préparation, un jour de fête de la Sainte Vierge, on fait la consécration en prononçant la formule composée par le Bienheureux de Montfort lui-même ;
     
  • De renouveler chaque année son acte de consécration, après s’y être préparé de la même manière que la première fois (les 12 premiers jours sont facultatifs) ;
     
  • De faire une petite offrande à la Sainte Vierge, le jour de la première consécration et le jour de la rénovation, comme marque de dépendance universelle envers Marie ;
     
  • De réciter tous les jours, ou du moins le plus souvent possible, le Magnificat, le chapelet ou même le saint Rosaire, et la Petite Couronne de la Sainte Vierge, composée de 3 Pater, suivis chacun de 4 Ave Maria et d’un Gloria Patri ;
     
  • De célébrer dévotement les fêtes de la Sainte Vierge, et particulièrement l’Annonciation (25 mars), fête de la présente dévotion.



Quelles sont les pratiques intérieures ?

Ces pratiques sont :

  • D’offrir à Notre-Seigneur Jésus-Christ, chaque matin, et même souvent dans la journée, par les mains de sa sainte Mère, nos pensées, nos désirs, nos paroles ; nos actions, en prononçant ces mots ou d’autres semblables : « Je suis tout à vous, et tout ce que j’ai je vous l’offre ô mon aimable Jésus, par Marie, votre très sainte Mère » ;
     
  • De faire toutes ses œuvres, dans le cours de la journée, en union avec Marie : « Ma bonne Mère, agissez en moi … priez en moi … souffrez en moi … parlez en moi … travaillez en moi … ». Tout cela doit se faire paisiblement, doucement, sans contention, mais aussi avec fidélité et persévérance ;
     
  • De communier avec Marie et par Marie, c'est-à-dire :

    - De renoncer, avant la communion, à nos propres dispositions pour recourir à celles de Marie, lui demandant son cœur tout brûlant d’amour pour y recevoir Jésus-Christ : « Ma bonne Mère, voici venir mon Jésus … prêtez-moi votre cœur pour le recevoir, ou plutôt recevez-le vous-même en moi. »

    - De supplier Notre-Seigneur, au moment même de la communion et pendant qu’on dit trois fois Domine non sum dignus, de ne considérer en nous que les vertus et les mérites de la Très Sainte Vierge : « Oui, doux Sauveur de mon âme, je me reconnais tout à fait indigne de vous recevoir par moi-même, vu ma tiédeur et mes nombreuses infidélités. Mais voici à la place de mon cœur, celui de Marie, votre Mère et la mienne ! Ce cœur si pur et si saint sera votre demeure … Levez-vous, et venez habiter le lieu de votre repos, l’arche de votre sanctification. »

    -D’emprunter encore après la communion, les dispositions d’amour et de reconnaissance de Marie, pour les offrir à Jésus-Christ en action de grâces : « Ma bonne Mère, adorez, aimez, glorifiez Jésus-Christ pour moi … faites-le vivre, grandir, dominer en moi. Étendez aussi, affermissez son règne dans le cœur de tous les fidèles, et surtout des personnes qui me sont chères. »



N’a-t-on pas institué, selon les désirs du Bx de Montfort, une Confrérie pour propager plus facilement cette pratique ?

Oui, Mgr Duhamel, archevêque d’Ottawa, a institué le 25 mars 1899 une Confrérie sous le titre de Confrérie de Marie, Reine des cœurs, érigée canoniquement en Archiconfrérie le 28 avril 1913 à Rome (44, Via Romagna) par saint Pie X.


(...)


N’y a-t-il pas aussi une association de prêtres fondée pour répandre plus largement cette belle dévotion parmi les fidèles ?

Oui, en l’année 1907, a pris naissance l’Association des prêtres de Marie Reine des Cœurs, qui s’engagent à pratiquer et à prêcher la dévotion de la Sainte Vierge qu’a enseignée le B. de Montfort. Cette œuvre bénie et enrichie de privilège par le pape Pie X a reçu dès la première heure les encouragements d’un grand nombre d’évêques.



Consécration de soi-même à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, par les mains de Marie


Ô Sagesse éternelle et incarnée ! ô très aimable et adorable Jésus, vrai Dieu et homme, Fils unique du Père éternel et de Marie toujours Vierge, je vous adore profondément dans le sein et les splendeurs de votre Père, pendant l'éternité, et dans le sein virginal de Marie, votre très digne Mère, dans le temps de votre Incarnation.

Je vous rends grâce de ce que vous vous êtes anéanti vous-même en prenant la forme d'un esclave, pour me retirer du cruel esclavage du démon ; je vous loue et glorifie de ce que vous avez bien voulu vous soumettre à Marie, votre sainte Mère, en toutes choses, afin de me rendre par elle votre fidèle esclave : mais, hélas ! ingrat et infidèle que je suis, je ne vous ai pas gardé les promesses que je vous ai si solennellement faites dans mon baptême ; je n'ai point rempli mes obligations ; je ne mérite pas d'être appelé votre enfant, ni votre esclave ; et, comme il n'y a rien en moi qui ne mérite vos rebuts et votre colère, je n'ose plus par moi-même approcher de votre très sainte et auguste Majesté.

C'est pourquoi j'ai recours à l'intercession de votre très sainte Mère, que vous m'avez donnée pour médiatrice auprès de vous ; et c'est par ce moyen que j'espère obtenir de vous la contrition et le pardon de mes péchés, l'acquisition et la conservation de la Sagesse.

Je vous salue donc, ô Marie immaculée, tabernacle vivant de la divinité, où la Sagesse éternelle cachée veut être adorée des Anges et des hommes ; je vous salue, ô Reine du Ciel et de la terre, à l'empire de qui est soumis tout ce qui est au-dessous de Dieu. Je vous salue, ô refuge assuré des pécheurs, dont la miséricorde ne manque à personne : exaucez les désirs que j'ai de la divine Sagesse, et recevez pour cela les vœux et les offres que ma bassesse vous présente.

Ô Moi N..., pécheur infidèle, je renouvelle et ratifie aujourd'hui entre vos mains les vœux de mon baptême ; je renonce pour jamais à Satan, à ses pompes et à ses œuvres et je me donne tout entier à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, pour porter ma croix à sa suite tous les jours de ma vie, et afin que je lui sois plus fidèle que je n'ai été jusqu'ici.

Je vous choisis aujourd'hui en présence de toute la Cour céleste, pour ma Mère et ma Maîtresse ; je vous livre et consacre, en qualité d'esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et dans l’éternité.

Recevez, ô Vierge bénigne, cette petite offrande de mon esclavage, en l'honneur et union de la soumission que la Sagesse éternelle a bien voulu avoir à votre maternité ; en hommage de la puissance que vous avez tous deux sur ce petit vermisseau et ce misérable pécheur ; en action de grâces des privilèges dont la sainte Trinité vous a favorisée. Je proteste que je veux désormais, comme votre véritable esclave, chercher votre honneur et vous obéir en toutes choses.
Ô Mère admirable, présentez-moi à votre cher Fils, en qualité d'esclave éternel, afin que, m'ayant racheté par vous, il me reçoive par vous.

Ô Mère de miséricorde, faites-moi la grâce d'obtenir la vraie Sagesse de Dieu, et de me mettre pour cela au nombre de ceux que vous aimez, que vous enseignez, que vous conduisez, que vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves.

Ô Vierge fidèle, rendez-moi en toutes choses un si parfait disciple, imitateur et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus-Christ, votre Fils, que j'arrive, par votre intercession et à votre exemple, à la plénitude de son âge sur la terre, et de sa gloire dans les Cieux. Ainsi soit-il.




N.B. : Saint Louis-Marie de Montfort fut canonisé par Pie XII en 1947 d’où le titre de bienheureux qui lui est ici donné.




J’adresse un pressant appel à la terre ; j’appelle les vrais disciples du Dieu vivant et régnant dans les cieux, j’appelle les vrais imitateurs du Christ fait homme, le seul et vrai Sauveur des hommes ; j’appelle mes enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras, ceux qui ont vécu de mon esprit ; enfin, j’appelle les apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d’eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l’humilité, dans le mépris et dans le silence, dans l’oraison et la mortification, dans la chasteté et dans l’union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu’ils sortent et viennent éclairer la terre. Allez, et montrez-vous comme mes enfants chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre foi soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheurs. Que votre zèle vous rende comme affamés pour la gloire et l‘honneur de Jésus-Christ. Combattez, enfants de lumière, vous, le petit nombre qui y voyez ; car voici le temps des temps, la fin des fins. (Notre-Dame à la Salette)





Écoutez les Cantiques de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.


Reportez-vous à Discours de Sa Sainteté le Pape Pie XII, aux pèlerins réunis à Rome pour la Canonisation de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, L'inimitié entre Satan et MariePrière d'un enfant de Marie, Aspiration dans les tentations, Acte d'aveugle abandon et d'amoureuse confiance en la douce Vierge Marie, C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, Méditation pour la Fête du Saint Nom de Marie, Fidentem piumque, du Pape Léon XIII, pour le mois du Rosaire, Adjutricem populi, du Pape Léon XIII, pour le retour des dissidents par le Saint Rosaire, Méditation pour la Fête de saint Luc, Figure biblique de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge Marie : Rébecca et Jacob, Votre mémoire est une boîte à tentations dans laquelle le démon pioche, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Prions avec Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Les sept fausses dévotion à la Sainte Vierge Marie, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l’Église, Si un chrétien peut trop aimer et trop honorer la Sainte Vierge, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, Pratiques de dévotion envers Marie : Recourir souvent à Marie et aux Saints qui lui sont proches, Pratiques de dévotion envers Marie : L'Ave Maria, Jésus glorifié veut glorifier sa Mère, Discours sur la Visitation de Marie, Discours sur la Purification de Marie, Discours sur l'Assomption de Marie, Discours sur les douleurs de Marie, Petit chapelet de l'Immaculée Conception de Marie, et Litanies de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

















vendredi 24 février 2017

Diverses pratiques de dévotion envers la Mère de Dieu : l'Ave Maria



Extrait de "Les gloires de Marie" (Tome II) de Saint Alphonse de Liguori :



L'Annonciation (Murillo)



DIVERSES PRATIQUES DE DÉVOTION ENVERS LA MÈRE DE DIEU



La Reine du Ciel est si libérale et si reconnaissante, qu'elle récompense de petits services par des grâces très signalées. Mais pour que nos pratiques de piété soient aussi récompensées, il faut qu'en les offrant nous soyons exempts de péché. Un soldat vicieux faisait chaque jour quelque acte de dévotion envers Marie. Un jour qu'il souffrait une grande faim, la Vierge lui apparut, et lui présenta un mets exquis, mais dans un vase si dégoûtant, que le soldat n'osa pas y toucher. Alors Marie lui dit : Je suis la Mère de Dieu, je viens pour te secourir dans la faim qui te presse. Mais dans ce vase y reprit le soldat, je ne saurais en goûter. Et comment, répliqua la Ste Vierge, veux-tu que j’accepte tes dévotions qui sortent d'une conscience si noire ? Il n'en fallut pas davantage pour convertir ce soldat ; il se fit ermite, vécut trente ans dans lé désert, et à sa mort Marie lui apparut de nouveau, et le conduisit en paradis, Nous ayons dit, dans la première Partie, que, moralement parlant, il est impossible qu'un serviteur de Marie se damne ; on doit l'entendre, à condition qu'il vive sans péché, on qu'il ait du moins le désir de sortir de l'état du péché, car en ce dernier cas la Ste Vierge l'aidera. Mais si quelqu'un voulait au contraire pécher, dans l'espérance que Marie le sauverait, il se rendrait par sa faute indigne et incapable de recevoir sa protection. Il faut aussi être constant dans la dévotion envers Marie. Thomas à Kempis avait coutume dans son jeune âge de réciter chaque jour quelques prières à la Ste Vierge : un jour il les laissa, puis les omit pendant quelques semaines, enfin il y renonça. Il vit en songe Marie qui embrassait tous ses compagnons, mais elle lui dit : Qu'espères-tu, toi qui as abandonné tes pratiques de piété ? Tu es indigne de mes embrassements. Thomas se réveilla tout effrayé, et reprit ses prières. Mais comme personne ne peut être sûr de cette persévérance, personne aussi ne peut être sûr de son salut, jusqu'à la mort. Le vénérable Berchmans, interrogé par ses compagnons sur son lit de mort, quelle dévotion ils devaient offrir à la Ste Vierge pour lui être plus agréables et obtenir sa protection : Les moindres choses, répondit-il, pourvu qu'on les fasse avec constance.
Je vais indiquer quelques pratiques de piété, en l'honneur de Marie. Mais je ne recommande pas tant au lecteur de les pratiquer toutes, que de pratiquer avec persévérance celles qu'il choisira, et de craindre de perdre la protection de la Mère de Dieu, s'il venait à négliger ces mêmes dévotions. Ô ! combien de personnes, qui sont maintenant dans l'enfer, se seraient sauvées, si elles eussent continué envers Marie les dévotions qu'elles avaient commencées !



1re PRATIQUE


DE L'AVE MARIA


Cette Salutation angélique plaît beaucoup à la très Sainte Vierge, puisqu'il semble qu'on lui renouvelle alors l'allégresse qu'elle ressentit, lorsque l'ange Gabriel vint lui annoncer qu'elle serait Mère de Dieu. Répétons-la donc souvent. Quiconque salue Marie, sera aussi salué par elle ; elle lui répondra en lui obtenant quelque grâce. Quand on récite l'Ave Maria, le ciel s'en réjouit, l'enfer en frémit, le démon s'enfuit.
La pratique de cette dévotion consiste : 1) à dire matin et soir, en se levant et en se mettant au lit, trois Ave Maria, la face contre terre, ou du moins à genoux, ajoutant à chaque Ave cette courte prière : Par votre sainte et immaculée Conception, ô Marie, rendez-moi pur et saint toute ma vie ; ensuite, demander à Marie , comme notre Mère, sa sainte bénédiction, à l'exemple de S. Stanislas, qui le faisait toujours ; enfin se mettre sous sa protection, en la priant de nous garder ce jour ou cette nuit de tous péchés. Il est bon d'avoir près de son lit une belle image de la Sainte Vierge. 2) À dire l'Angelus le matin, à midi et le soir. Autrefois tout le monde s'agenouillait pour dire l'Angelus ; maintenant il y en a qui ont honte de le faire : cependant S. Charles Borromée n'avait pas honte de mettre pied à terre, soit qu'il fût en voiture, ou à cheval, pour le réciter au milieu du chemin et quelquefois dans la boue. 3) À saluer la Mère de Dieu par l'Ave Maria, chaque fois qu'on entend sonner les heures. 4) En entrant et en sortant de chez soi, saluer Marie, afin, qu'elle nous garde de tous péchés. 5) À honorer par cette Salutation les images de Marie que nous rencontrons. Il sera bon de dire toujours, un Ave Maria au commencement et à la fin de chaque action soit spirituelle, comme l'oraison, la confession, la communion, la lecture ; soit temporelle, comme l'étude, le travail. À chaque tentation, à chaque péril, à chaque mouvement de colère, dire toujours un Ave Maria. Mon cher lecteur, adoptez ces pratiques, et vous verrez quelle grande utilité vous en retirerez.






Lire "Les gloires de Marie" (Tome 1, Tome II).


Reportez-vous à Méditation pour la Fête du Saint Nom de Marie, Catéchisme de l’Esclavage d'amour de Jésus en Marie, Méditation sur la dévotion envers Marie, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l’Église, Si un chrétien peut trop aimer et trop honorer la Sainte Vierge, Comment un véritable enfant de Dieu peut et doit honorer la Sainte Vierge, Pratiques de dévotion envers Marie : Les Neuvaines, Pratiques de dévotion envers Marie : Rosaire, Petit office, Jeûne, Images, Scapulaire, Pratiques de dévotion envers Marie : Recourir souvent à Marie et aux Saints qui lui sont proches, Simple et courte méthode d'oraison mentale, Petit chapelet des sept douleurs de Marie, Méditation : Marie est donnée en mariage à Saint Joseph, Des Vertus de Marie : L'humilité, Des Vertus de Marie : Amour de Marie envers Dieu, Des vertus de Marie : Charité envers le prochain, Des Vertus de Marie : La Foi, Jésus glorifié veut glorifier sa Mère, Discours sur la Visitation de Marie, Discours sur la Purification de Marie, Discours sur l'Assomption de Marie, Discours sur les douleurs de Marie, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, Figure biblique de la parfaite dévotion à la Sainte Vierge Marie : Rébecca et Jacob, Et le Dragon persécuta la femme qui enfanta le fils, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Prière de Pie XII pour la Neuvaine à l'Immaculée Conception, Histoire de Notre-Dame de Genazzano, Le Chapelet ou "Petite couronne", Litanie de la Sainte Vierge Marie, Litanie du Cœur immaculé de Marie, Votre mémoire est une boîte à tentations dans laquelle le démon pioche, Ineffabilis Deus sur le Dogme de l'Immaculée Conception, Dévotion au Très Saint Rosaire et Fabriquer un oratoire en l'honneur de Marie.