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lundi 18 janvier 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant l'histoire et l'explication de la religion
depuis le commencement du monde jusqu'à la venue du messie.


XXe LEÇON

CONNAISSANCE DE LA RELIGION.

QUE LA RELIGION EST UNE LOI



Q. Comment devons-nous considérer la Religion ?
R. Nous devons considérer la Religion comme une grande loi et comme un grand bienfait.

Q. Pourquoi dites-vous que la Religion est une loi ?
R. Je dis que la Religion est une loi, 1° parce qu'elle est une règle qui dirige nos pensées, nos paroles, nos actions ; 2° parce que tout ce qu'elle commande est juste et vrai ; 3° parce qu'elle vient de Dieu, qui a le droit de nous commander.

Q. Pourquoi dites-vous que la Religion est une grande loi ?
R. Je dis que la Religion est une grande loi, et la plus sacrée de toutes les lois, à cause du Législateur qui l'a établie, de l'importance des devoirs qu'elle impose, et de la grandeur des récompenses, et des châtiments qui la confirment.

Q. La Religion est-elle une loi universelle ?
R. La Religion est une loi universelle, c'est-à-dire que tous les hommes, sans exception d'un seul, sont obligés de la pratiquer, parce que tous les hommes sont les créatures et les sujets de Dieu.

Q. Comment faut-il regarder ceux qui restent indifférents à l'égard de la Religion ?
R. Il faut regarder ceux qui restent indifférents à l'égard de la Religion comme les plus insensés, les plus coupables et les plus malheureux des hommes.

Q. Pourquoi cela ?
R. Parce qu'il n'y a pas de folie plus grande que de ne pas vouloir s'assurer si nous avons des devoirs à remplir envers Dieu, et si nous avons quelque chose à craindre ou à espérer après la mort ; parce qu'il n'y a pas de crime plus grand que de mépriser habituellement les ordres de Dieu quand nous les connaissons ; parce qu'enfin il n'y a pas de malheur plus grand que de vivre comme des bêtes et de n'avoir en mourant, d'autre espérance que le néant ou l'enfer.

Q. Que faut-il penser de cette maxime : La Religion est bonne pour le peuple ?
R. Il faut penser de cette maxime : La Religion est bonne pour le peuple, qu'elle est une impiété, un mensonge et une cruauté.

Q. Pourquoi dites-vous qu'elle est une impiété ?
R. Elle est une impiété, parce qu'elle fait entendre que Dieu n'oblige que le peuple à le servir, tandis qu'il laisse aux riches la liberté de lui désobéir et de se livrer à leurs passions,

Q. Pourquoi dites-vous qu'elle est un mensonge ?
R. Elle est un mensonge, parce que les grands ont autant besoin de la Religion que les petits et les faibles.

Q. Pourquoi dites-vous qu'elle est une cruauté ?
R. Elle est une cruauté parce qu'elle tend à ôter au peuple la Religion, qui est le plus grand de tous les biens.

Q. Quelque chose peut-il remplacer la Religion ?
R. Rien ne peut remplacer la Religion, ni l'honneur, ni l'intérêt, parce que la Religion seule nous donne des secours et des motifs suffisants pour nous vaincre en toute circonstance.

Q. Que faut-il conclure de là ?
R. Il faut conclure de là qu'on ne peut être vertueux sans Religion. « Je n'entends pas, a dit un impie fameux, qu'on puisse être vertueux sans Religion ; j'eus longtemps cette opinion trompeuse, dont je suis bien désabusé. »


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je ferai souvent des Oraisons jaculatoires.



Reportez-vous à De la fin des créatures, Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel.














vendredi 11 septembre 2020

Comment le mal physique et moral se propage ; Rapport de la magie et de la possession avec la première chute

 

Satan au conseil de l'enfer (Doré)

Comment le mal physique et moral se propage. Rapport de la magie et de la possession avec la première chute. Des deux cités. Des degrés de l'ascèse diabolique.

La révélation, l'histoire, l'étude de la nature démontrent que tous les domaines de la création visible ou invisible sont partagés, d'après un ancien symbole, en deux royaumes, celui de la lumière et celui des ténèbres, et que l'homme, placé entre les deux, a pris part aussi à cette division ; de sorte que son être penche des deux côtés, et est accessible aux influences qui partent de ces deux régions opposées. Le principe de cette division appartient au monde invisible : c'est le péché, acte libre d'une intelligence créée, qui, altérant l'œuvre de Dieu, bonne à son origine, a introduit cette opposition du bien et du mal moral, laquelle, s'étendant au monde physique, s'y manifeste comme opposition du bien et du mal naturel, de l'harmonie et du désordre. L'homme, ajoutant à la connaissance du bien qu'il avait reçue de Dieu la science du mal, et s'assimilant en quelque sorte celui-ci, par un acte extérieur, a laissé pénétrer dans son âme cette division funeste du bien et du mal moral, par suite de quoi celle du bien et du mal physique a envahi son corps. À partir de ce moment, une lutte terrible et incessante a commencé en lui. Ainsi placé entre la lumière et les ténèbres, les portant à la fois au fond de son être, il se sent poussé intérieurement, et attiré au-dehors des deux côtés ; car il a en lui comme un aimant, dont les deux pôles correspondent à ceux de l'aimant extérieur ; et il a dans son cœur une réponse pour ces deux voix qui l'appellent. Sous le rapport moral et spirituel, il peut suivre l'un ou l'autre de ces deux attraits ; car il est libre dans son for intérieur, et d'autant plus libre que le bien prédomine en lui davantage. Mais il n'en est pas ainsi du mal physique ; il ne peut pas toujours s'en garantir, parce qu'il est lié de ce côté. Ce lien a commencé le jour où il a donné accès en lui au mal moral, lequel est la racine et le principe du mal physique. Sa liberté morale est d'autant plus liée qu'il donne accès davantage au mal. En commettant celui-ci il se soumet à la puissance du mal radical, de même que sa vie se trouve assujettie au mal physique.
Le germe de mort qui réside en son corps est dans ce commerce organique avec le mal physique, le lien où se rattache ce rapport de l'un à l'autre. De même aussi le principe de mort morale, le péché, est en lui le lien qui le met en rapport avec le mal radical. Le principe de vie qui anime l'organisme entier est au contraire le lien qui met l'homme en rapport avec la vie de la nature et toutes les influences salutaires qu'elle renferme en son sein, tandis que le bien moral qui est en lui le rattache à tout le bien qui est autour de lui. Ce rapport du corps avec le mal physique peut avoir lieu de deux manières. Il peut venir de celui-ci par une sorte de contagion. La nature en ce cas dépose dans l'organisme le poison qu'elle couvait en son sein, comme il arrive dans les pestes et les épidémies. Ici le principe positif du rapport est en dehors de la personnalité : il n'y a donc point de faute en ce cas, mais seulement un accident ; et le miasme, engendré hors de l'individu, lui est seulement communiqué. Il faut cependant pour cela qu'il ait en lui certaines dispositions qui le rendent accessible à la contagion. Or, ces dispositions peuvent être l'effet d'une faute, et rendre ainsi la conscience responsable devant Dieu ; mais elles peuvent aussi exister dans l'homme sans aucune faute de sa part : elles ne lui sont point imputables alors, et la contagion est un fait indépendant de sa volonté, qui rentre dans le plan du gouvernement général de ce monde. Il peut arriver au contraire que ce rapport prenne son point de départ dans la personnalité même. Il n'y a plus seulement une rencontre fortuite de l'organisme et du virus contagieux ; mais l'homme cherche celui-ci avec intention, ou il devient volontairement lui-même un foyer de contagion pour les autres. Dans le premier cas, il s'inocule en quelque sorte le mal qu'il trouve au-dehors, tandis que dans le second il le produit en soi d'une manière positive. Là comme ici le mal est volontaire chez lui, et il est responsable des suites de son action. La moralité de celle-ci dépend du but que l'homme se propose en introduisant ou en développant le mal physique dans son corps. Il peut, en effet, comme cela arrive tous les jours dans la médecine, avoir pour but de combattre un poison par un autre, un mal plus grand par un mal plus petit ; comme il peut aussi se proposer une fin criminelle. Lorsqu'il y a faute, le châtiment est plus grand dans ce dernier cas que dans le premier, parce que le premier principe de la faute est dans la volonté même de celui qui la commet.
Il en est du rapport de l'homme au mal moral comme du rapport au mal physique : il peut venir de l'homme par dedans, ou pénétrer en lui du dehors. Dans le dernier cas, la cause de ce rapport est extérieure à l'homme, et il peut y être soumis d'une manière purement passive, sans concours réfléchi, et par conséquent sans aucune faute de sa part ; comme aussi ce rapport peut être l'effet de sa coopération, et par conséquent lui être imputé. Dans l'autre cas, c'est dans la volonté même qu'est le principe de ce rapport ; c'est d'elle que part l'action directe : et le mal extérieur ne fait que donner en quelque sorte son concours à l'intention coupable, et lui servir d'instrument. La faute alors se partage inégalement entre la cause principale et primitive et la cause secondaire. La possession est un rapport du premier genre. Ici, en effet, nous trouvons une puissance extérieure à la volonté, laquelle s'empare de toutes les puissances qui lui sont livrées, selon la mesure des dispositions qu'elle y trouve, les lie, les enchaîne et les possède comme sa propriété. La magie établit au contraire un rapport du second genre. Ici en effet l'initiative vient de la volonté humaine, qui a recours à des moyens extérieurs, afin de réaliser d'une manière plus puissante encore ses intentions coupables. Or, ce qui dans le premier cas possède, et se laisse posséder au contraire dans le second, c'est la mal radical. Ce mal n'a point en soi de raison d'être ; car il n'a pas été créé de Dieu. Tout être, ayant été créé de Dieu, est bon : le mal étant donc le non-bien est par là même non-être, c'est-à-dire une pure négation. Pour qu'il acquière l'être qui lui manque, il faut qu'il s'attache à quelque chose qui l'a déjà : en d'autres termes il doit se produire dans un être personnel, qui lui communique une raison d'être, et lui donne ainsi une réalité. Le mal n'est pas, mais le mauvais existe. Celui-ci a un être positif, puisqu'il est créé de Dieu ; et c'est dans cet être que le mal qui n'est rien en soi acquiert l'être et la réalité. De négation abstraite qu'il était auparavant, il devient contre-affirmation ; négation de ce que Dieu affirme, affirmation de ce que Dieu nie : de sorte qu'il n'est pas simplement l'absence du bien, mais encore un effort positif contre lui.
Ce premier suppôt du mal est donc aussi son premier auteur, puisque c'est lui qui lui a donné l'être et la réalité. Ce n'est point ailleurs en effet qu'il l'a trouvé, ce n'est point d'un autre qu'il l'a reçu ; mais il l'a inventé et produit : il a voulu pour ainsi dire imiter Dieu, et créer comme lui, et c'est là le chef-d'œuvre qui est sorti de ses mains. L'auteur du mal est donc un esprit ; et comme tout être spirituel est un et personnel, l'auteur du mal est un et personnel par conséquent. Comme d'un autre côté, il y a beaucoup de mal et beaucoup de méchants, il est le chef de ces multitudes égarées, et c'est en cette qualité qu'il s'appelle Satan. Le mal qu'il a tiré de son propre fond à l'origine, étant le produit de sa volonté, a quelque chose du péché de magie, tandis que le mal qu'il communique aux hommes par une sorte de contagion ressemble à la possession volontaire et coupable. C'est ce Satan qui, soit en vertu du pouvoir qu'il a acquis sur la nature dégénérée, soit par la séduction, établit ces rapports intimes entre lui et ceux qu'il possède ; et ce n'est là que la continuation de cette première possession qui a eu lieu lors de la chute du premier homme. C'est encore avec ce même Satan que les hommes qui sont devenus ses esclaves contractent dans le péché de magie ne fait que continuer la première chute des anges rebelles, et placer l'homme à l'égard de Satan dans le même rapport où les démons qui composent son royaume se sont mis au commencement avec lui. L'homme, en effet, par la magie, se fait, comme les anges rebelles, le sujet du diable, son aide, son instrument dans la production du mal, chacun dans les limites de sa personnalité.
Ainsi la magie et la possession, ces deux ramifications de la mystique infernale, sont à l'égard de la première chute dans le même rapport que les deux branches de la mystique divine, le miracle et l'extase, à l'égard de l'œuvre de la rédemption. De même donc que le mauvais paganisme, et même en partie le meilleur, a été la continuation du péché originel, de même aussi le christianisme est comme le prolongement de l'œuvre de la rédemption. Et de même que celui-ci, toujours présent dans tous ses éléments, se continue dans la mystique divine, ainsi la première faute se continue toujours dans ce mauvais paganisme qui a su pénétrer jusqu'au fond même du christianisme, et qui ne peut trouver qu'en lui son contre-poids et son remède. Nous nous sommes déjà convaincus en partie de cette vérité dans la mystique divine. Nous y avons vu en effet comment tous les éléments particuliers de la rédemption, présents au souvenir de tous les siècles, se propagent et se développent sous la forme d'une tradition vivante et sensible dans les saints mystiques et dans leurs œuvres ; de sorte que, la vie tout entière du Rédempteur se prolongeant en eux, il ne reste étranger à aucune époque, et continue par eux en chacune l'œuvre qu'il a commencée d'abord dans sa propre personne. Ainsi, par exemple, le don de guérir les malades, que Notre-Seigneur a laissé comme héritage à son Église, n'a jamais cessé en celle-ci depuis le jour où il est monté au ciel ; et ce que nous voyons dans les saints en ce genre n'est qu'un écoulement de cette source qui ne tarit jamais.
Il en est de même de tous les autres dons et de tous les phénomènes qui se sont produits dans la vie du Sauveur. N'avons-nous pas vu percer partout dans l'extase le sommet glorieux du Thabor ? N'avons-nous pas reconnu dans ces saints élevés en l'air celui qui marchait sur les eaux ; dans la stigmatisation les plaies faites sur le Thabor ? Or, il n'en va pas autrement dans le royaume des ténèbres, et nous aurons à juger la mystique infernale d'après le même principe. La chute des esprits rebelles, quoiqu'elle n'ait eu lieu qu'une fois dans les régions invisibles, à un moment déterminé, ne se borne point cependant à celui-ci : ce fait primitif est devenu comme fluide avec le temps, et se prolonge jusqu'à l'époque la plus reculée. La révolte des esprits ne cesse jamais, parce que le péché, s'engendrant toujours soi-même, continue toujours d'enchaîner la liberté. Ce désordre, trouvant un conducteur dans l'élément spirituel du premier homme, s'est inoculé en lui dans le péché originel, et a infecté de sa contagion toutes les générations jusqu'à nous. Ce premier acte vit en chacun de nous ; mais dans la possession il se produit selon toute son énergie et son extension. Notre-Seigneur, dans cet acte grandiose et universel qu'il a accompli sur le Calvaire, a délivré par un exorcisme divin le genre humain de la possession qui le retenait captif, et a laissé à son Église le pouvoir de faire pur chaque individu ce qu'il a fait pour tous les hommes en général et pour chacun en particulier. Mais dès lors aussi l'homme a pu de nouveau faire de son propre mouvement, avec une réflexion parfaite, ce qu'ont fait les esprits rebelles avant lui, et prendre part à leur révolte comme auteur et principe de son propre péché. Ainsi, par le péché de magie qui existait déjà dans le paganisme, quoiqu'il fût beaucoup moins grave alors qu'aujourd'hui, la chute des anges superbes se continue jusque dans le christianisme. Cette chute se reflète comme en un miroir, d'après les proportions humaines toutefois, dans l'ensemble de la magie, qui, se prolongeant à travers les siècles, forme comme un enfer sur la terre, de même que la possession, sous toutes ses formes et à tous ses degrés, nous apparait comme le purgatoire ici-bas, et nous permet de jeter un regard dans l'économie de ce lieu d'expiation.
La création tout entière est donc partagée comme en deux Églises, dont l'une renferme la source de tout bien et l'autre la source de tout mal. La première est en rapport avec tout ce qui a quelque affinité avec elle, depuis le plus haut degré du bien moral jusqu'au dernier degré de l'ordre et du bien physique. La seconde, de son côté, est en rapport avec le mal, sous quelque forme et à quelque degré qu'il se produise, depuis les plus profonds abîmes du désordre moral jusqu'au bien purement extérieur et matériel. Chacune des deux églises est de plus partagée en une église invisible et triomphante, et une autre visible et militante. Le siège de l'église triomphante du mal est l'enfer, de même que celui de l'église triomphante du bien est le ciel ; et toutes les deux ont aussi comme un purgatoire, qui participe en même temps à la nature de l'église qui triomphe et de celle qui combat. L'église militante et visible a aussi deux côtés ou deux éléments. L'un, prenant son point de départ dans le bien que Dieu a déposé dans la nature humaine ou qu'il y a ajouté par sa grâce, lutte contre le mal ; l'autre au contraire, s'appuyant sur le mal que le péché a introduit en nous, combat contre le bien et s'efforce de le renverser. Ceux qui combattent contre le mal ont pour chef celui qui, Dieu et homme, invisible et visible à la fois, a fondé l'Église, visible ici-bas, invisible dans sa partie la meilleure. L'église du mal, au contraire, attend encore un chef visible : mais, jusqu'à ce qu'il vienne, elle honore comme son chef invisible l'antique dragon, qui l'a fondée lors de la chute des anges rebelles. C'est de celui-ci que part la malédiction dans les charmes et les enchantements, de même que c'est de celui-là que découle la bénédiction dans le don des miracles, des guérisons et de la science. La divinité plane au-dessus de cette lutte des deux royaumes l'un contre l'autre. Bien loin d'en être troublée, elle la domine au contraire de sa puissance et de son regard, inspirant, fortifiant, encourageant les bons, réprimant les méchants, et enfermant leur action dans de justes limites, tirant le bien des intentions les plus perverses, accomplissant toujours sa volonté, sans jamais faire violence à celle de ses créatures, et propageant ainsi son empire. Les chefs, dans ce combat, étant des êtres intelligents et personnels et portant à cause de cela l'empreinte de la Divinité, prennent part à la lutte de trois manières ; et leur royaume se compose aussi de trois ordres, correspondant aux trois personnes divines. D'un côté, en effet, Notre-Seigneur est la vérité, la voie et la vie ; et de l'autre, Satan est le mensonge, le chemin qui égare et le père de la mort, ou plutôt la mort elle-même. Ceux donc qui se rangent sous l'étendard de l'un ou de l'autre éprouvent l'effet de leur action sous chacun de ces trois rapports. Ce que nous avons vu dans la mystique divine va se reproduire dans la mystique infernale. Ici comme là, les phénomènes se développent dans le même ordre et par les mêmes degrés, avec cette différence que chaque série forme comme le revers et le contre-pied de l'autre. Ainsi les voies que nous avons parcourues dans les régions lumineuses de la mystique divine nous indiquent d'avance celles que nous allons parcourir dans les régions ténébreuses de la mystique infernale ; et c'est ainsi seulement qu'il nous était possible de nous retrouver dans l'obscurité et les contradictions de ce domaine, et d'arriver à un résultat positif.
Si les deux royaumes sont liés par un parallélisme si complet, l'initiation aux mystères des ténèbres exige donc aussi une préparation et des exercices ascétiques, comme l'introduction dans le royaume de la lumière, et il est naturel que nous commencions par étudier ceux-ci. Cette ascèse, qui tend à abaisser l'homme, doit imiter dans son mode l'ascèse qui tend à l'élever au contraire. C'est le christianisme qui nous a frayé les voies pour retourner au bien, et qui nous donne les moyens à l'aide desquels nous pouvons reconquérir les biens célestes que nous avons perdus. Mais le christianisme n'ôte point à l'homme sa liberté, et il ne peut par conséquent empêcher le mal de préparer de son côté des liens pour se mettre en rapport avec ceux qui penchent vers lui, afin de propager par eux son royaume sur la terre. Ainsi le don de la foi, qui nous a conduits à la vérité immédiate, est un de ces liens qui attachent l'homme à Dieu. La foi s'adresse particulièrement à l'esprit, et c'est lui qu'elle met en rapport avec la vérité souveraine. Au don de la foi correspond dans la cité du diable l'incrédulité, qui conduit à la négation du fondement de la vérité, à l'affirmation du mensonge et avec elle à la superstition. L'incrédulité est donc le lien qui met en rapport les puissances supérieures du démon avec celles de l'homme. Dans l'Église du Christ, la vie inférieure de l'homme est mise en rapport avec Dieu par des moyens qui ont pour but de la fortifier, de la spiritualiser, de la purifier, afin que, réglée et disciplinée par l'ascèse chrétienne, elle puisse s'approprier la vie de Dieu lui-même, et se laisser assimiler par elle, pour entrer ainsi comme membre vivant dans l'organisme divin de son corps mystique. La cité du diable possède aussi des moyens de ce genre : elle a des poisons qui ont la faculté de stimuler, d'irriter, de décomposer pour ainsi dire les forces vitales de l'homme, à l'aide des esprits sauvages de la nature qui résident en eux, et que le souffle de Satan a rendus diaboliques pour ainsi dire.
C'est là la contre-partie des sacrements de l'Église, et en particulier du sacrement adorable de l'autel. Aussi, lorsque l'homme a rompu ce pain de l'enfer, il mange pour ainsi dire la malédiction : lorsqu'il approche de ses lèvres ce calice abominable, il s'enivre d'illusions et de songes, et boit à longs traits la colère divine. Ces poisons sont pour lui des liens, vincula, et mettent sa vie en rapport avec la mort qui git au fond des régions ténébreuses. Mais pour que dans l'un et l'autre cas l'union soit consommée il faut un troisième élément qui, se plaçant entre les deux premiers, les unisse d'une manière intime et active par la force d'en haut d'un côté, par celle d'en bas du côté opposé. C'est ce que fait dans l'Église lumineuse la sainteté, qui se développe et se perfectionne par l'exercice des vertus les plus sublimes ; la sainteté qui, ajoutant à la force de l'homme la force de Dieu, unit intimement le premier au second, et l'aide à réaliser son règne sur la terre. De même aussi, du côté opposé, comme contre-partie de la sainteté, nous trouvons un état où l'homme, de propos délibéré et avec une pleine réflexion, se livre sans mesure à tous les vices et à tous les crimes, et suit tous ses mauvais penchants. Dans cet état si terrible et si dangereux, la force du démon s'ajoute aussi à celle de l'homme, et, rivant la volonté de celui-ci à celle du premier, agit avec elle comme la grâce agit dans les justes ; de sorte que l'homme devenu esclave de Satan fait tout ce qu'il peut pour que la volonté de celui-ci se fasse sur la terre comme en enfer, et pour que son règne advienne ici-bas.
L'une et l'autre ascèse est donc divisée en trois degrés, et il ne s'agit plus que de savoir de quel côté se tournera la volonté humaine. Sera-ce à droite ou à gauche ? Sera-ce vers les voies qui montent ou vers les sentiers qui conduisent à l'abîme ? Dans le premier cas, l'ascèse chrétienne dégage peu à peu la psyché liée et ensevelie dans la nuit ; elle dégage la lumière que l'enivrement des sens tient captive et cachée dans le monde des illusions terrestres ; elle rend à l'homme cette liberté primitive que le péché tient enchaînée, et à la vie ce ressort, cet éclat, cette énergie qu'elle avait au commencement. Les étoiles du monde intérieur scintillent de nouveau dans son ciel : les puissances de l'âme, que le péché comprime et tient arrêtées, se remettent en mouvement, comme un fleuve que la glace tient captif recommence à couler aux premières chaleurs du printemps. Les ombres de la mort que l'homme porte en son sein se dissipent peu à peu ; au lieu de ce poids qui l'entraîne vers la terre, il se sent attiré, enlevé vers le ciel ; et à mesure que l'enfer perd de ses droits et de son pouvoir sur lui, il se rapproche davantage des régions célestes et de l'état où il a été créé à l'origine. Que si l'homme, au contraire, met le pied dans les sentiers ténébreux qui conduisent à l'abîme, le rayon de lumière que le péché originel avait laissé encore intact s'obscurcit dans le mensonge par les péchés personnels et particuliers qu'il accumule sans cesse, de sorte que la lumière, s'éteignant peu à peu en lui, est remplacée à la fin par la lueur sombre et terrible du feu de l'enfer. À mesure que le bien disparait en son âme, sa volonté se pervertit ; une inimitié secrète s'établit entre lui et tout ce qui est bon, et Satan s'empare de lui toujours davantage. Il règne et gouverne en lui, par l'intermédiaire de tel ou tel des démons qu'il commande, selon que l'homme est esclave de tel ou tel vice en particulier ; et lorsque, méprisant la vie qu'il peut s'assimiler dans les sacrements de l'Église, il préfère manger la mort dans les poisons préparés par l'enfer, son corps, les forces et les puissances de celui-ci, les éléments qui le composent, et jusqu'à l'âme qui les anime, tout appartient au démon. Il est à lui comme un organe est au corps dont il fait partie ; il entre dans le corps mystique de Satan, et il devient un de ses membres.
Ainsi, un abîme affreux est creusé dans toutes les régions de son être, et les met en rapport avec le démon. Aussi l'homme se remplit des images de l'enfer : tous les forfaits dont la nature humaine est capable lui deviennent familiers : tous ces monstres que renferme en son sein le cœur de l'homme, et qui, dans l'état ordinaire, liés et comprimés par le bien se cachent dans l'obscurité de la nuit, apparaissent au grand jour. Cet état lamentable augmente à mesure que l'homme, s'enfonçant davantage dans le péché, se détache plus aussi de la société des puissances supérieures. À mesure qu'il méprise davantage les voix amies qui l'avertissent, il se livre plus aussi aux puissances invisibles du royaume du mal, et aggrave le joug qui pèse sur lui. Cette région lumineuse qui survit ordinairement dans la conscience humaine à l'abus de la grâce et dans laquelle le démon ne peut pénétrer, se rétrécit toujours plus à mesure que l'abîme devient plus profond, de sorte que les puissances de l'enfer trouvent toujours plus d'espace pour s'étendre. Les ténèbres qui obscurcissent l'esprit deviennent toujours plus profondes ; la pente qui emporte la volonté vers l'abîme devient plus rapide ; le feu qui embrase le cœur devient plus dévorant ; jusqu'à ce qu'enfin, le mal étant arrivé à son comble et l'union avec le démon étant consommée, tout signe de vie disparait, la dernière étincelle de lumière s'éteint, et les flots de l'abîme se referment pour toujours sur le malheureux réprouvé.
Après avoir suivi dans la mystique divine les traces des saints montant vers le ciel, nous ne pouvons éviter de descendre dans les abîmes de l'enfer sur les traces des réprouvés. Et puisque nous avons rassasié notre âme du spectacle ravissant que nous offre la vie des élus de Dieu, nous ne devons pas nous laisser arrêter par l'épouvante et l'effroi qu'inspire le spectacle lamentable de la perversité humaine arrivée à son comble ; car elle aussi, de même que la vertu, doit rendre à sa manière témoignage à la vérité. Entrons donc résolument dans ces sentiers ténébreux de l'abîme ; un rayon d'en haut nous éclairera. Nous commencerons par exposer dans ce livre l'ascèse diabolique, qui introduit l'homme dans ces régions maudites, et l'initie à ses mystères abominables.

(Extrait de La Mystique diabolique de Görres)


Reportez-vous à L'ascèse diabolique, Quel est le Dessein de Satan envers celui qu'il possède, Satan veut déformer l'homme, afin d'effacer en lui l'image de Dieu, et le façonner à sa propre image, État religieux et moral de l'univers au temps de l'établissement du Christianisme, La terre se couvrit de ronces et d'épines, Comment Saint Nicolas abat les temples des idoles et détruit les lieux dédiés aux superstitions païennes, et comment le démon tenta de se venger, Méditation pour le quatorzième Dimanche d'après la Pentecôte : Choisissez aujourd'hui quel Maître vous voulez servir, Manichéisme, Schisme et Hérésies ; Continuation du culte de Satan au sein du Christianisme, Comment Satan a égaré l’humanité dans ses voies, après lui avoir fait perdre la connaissance du vrai Dieu : magie naturelle, magie noire, idolâtrie, divination, mystères et sociétés secrètes, Les efforts incessants de Satan pour se reformer une Cité, Le retour du règne de Satan par la négation du dogme de l'Incarnation, Summis desiderantes affectibus, Bulle apostolique du Pape Innocent VIII, contre l'hérésie des sorcières, Histoire religieuse des deux cités, Résultats du spiritisme : la folie et le suicide - Dernier obstacle à l'envahissement satanique : la papauté, La communication de Satan avec l'homme, Les princes de la Cité du Mal, Le Roi de la Cité du Mal, Passer de l'attrait du laid à l'attrait du beau, La religion a été et sera toujours l'âme de la société, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Culte de la pierre, de l'arbre, de la source : traditions et origines magiques de ces dieux, Médiums et faux exorcistes : disciples de Satan, Méditation transcendantale, hypnose et forces démoniaques, Mission du Saint-Esprit, Quand les dieux du paganisme avouent qu'ils ne sont que des démons, Traité de l'Enfer de Sainte Françoise Romaine, L'existence du surnaturel et du surhumain, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande Cité du bien, Interprétation des rêves : mise en garde, Symptômes de possession ou infestation démoniaques, Transport aérien des corps, voyages des âmes, pérégrinations animiques et bilocations, Un signe des temps : Le siècle de Saint Vincent Ferrier et Notre-Dame de Lourdes, La réalité des apparitions démoniaques, Quel est le Dessein de Satan contre l'Église qui le veut déposseder ?, Quelles sont les causes dispositives et applicatives du malin esprit au corps de l'Énergumène ?, Quelle est la Qualité précise de cette vexation du malin esprit, Que la Misère est grande de l'homme possédé de Satan, qui livre un combat furieux à son Âme, et donne un tourment extrême à son Corps, Que cette sorte de Communication, en laquelle Satan s'incorpore dedans l'homme, est fréquente, même depuis le Mystère de l'incarnation, Que Satan communique avec l'homme depuis l'état du péché, et jusqu'où arrive cette communication, Les possessions démoniaques sont rares uniquement pour ceux qui ne combattent pas le démon, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, Des opérations malignes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les Possédés d'Illfurt : Satan et les fêtes, bals et danses, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les possédés d'Illfurt : Perte du Ciel et peines de l'Enfer, Miracles de Sainte Hildegarde, Pouvoir de Saint François de Sales : Délivrance de Françoise Favre, possédée du Démon, Pouvoir de Saint François de Sales : Délivrance d'Antonie Durand, possédée du Démon, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, Symptômes de possession ou infestation démoniaques, Phénomènes possibles en cas de possession démoniaque et signes de délivrance et Des fruits merveilleux des Confessions générales au Laus ; délivrance de plusieurs possédés par l'intercession de la très-Sainte Vierge.













 

vendredi 3 juillet 2020

Aveuglement de l'homme



Je suis venu en ce monde, dit Jésus-Christ, pour exercer un jugement, en sorte que ceux qui sont aveugles voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. Le Sauveur prononça ces paroles au sujet de l'aveugle-né, à qui il avait donné la vue de l'âme après lui avoir rendu la vue du corps, en présence des pharisiens, que ce miracle aurait dû éclairer, et qu'il ne fit qu'aveugler davantage. Le sens de cette sentence de Jésus-Christ est très-profond, et il nous regarde tous : tâchons de le pénétrer, avec le secours de sa grâce.
Nous naissons tous aveugles, par une suite déplorable du péché originel. Nous ne connaissons ni Dieu ni nous-mêmes. Nous sommes dans une ignorance profonde sur notre destination, c'est-à-dire incontestablement sur la chose la plus importante, ou plutôt sur la seule chose qui nous intéresse véritablement. Nous ne savons en quoi consiste le vrai bonheur, ni quelle route il faut tenir pour y parvenir. Cette ignorance est un fait auquel l'univers entier rend témoignage. Rappelons-nous ce qu'étaient tous les peuples avant la venue de Jésus-Christ, et ce que sont encore les nations à qui il n'a pas été annoncé.
Mais ce n'est pas encore le plus grand mal. Nous sommes aveugles, et nous ne savons pas que nous le sommes. Nés avec cette maladie, nous nous croyons en parfaite santé ; et jamais nous ne nous serions douté de notre aveuglement, si un Dieu fait homme n'était venu nous en tirer.
Le comble du mal est de croire qu'on voit, quoiqu'on ne voie pas. Ce mal a été celui des prétendus sages du paganisme et, chez les Juifs, des orgueilleux pharisiens.
Quoique le christianisme nous ait éclairés sur les objets essentiels, il n'a pas entièrement dissipé notre aveuglement. Tant que le propre esprit, tant que l'amour-propre subsiste en nous, nous sommes aveugles à bien des égards, et sur Dieu, et sur nous-mêmes. Sur Dieu : nous n'entendons rien à ses voies ; nous nous formons de fausses idées de la sainteté ; nous ne connaissons pas en quoi consiste la vraie vertu. Sur nous-mêmes : le fond intime de nos dispositions nous est inconnu ; clairvoyant sur les autres, nos propres défauts nous échappent ; nos jugements, en ce qui nous regarde, sont remplis d'illusions.
Comme cet aveuglement affecte l'âme, elle ne le connaît pas, et ne peut le connaître ; car, comment verrait-elle par elle-même qu'elle ne voit pas ? Ce mal est grand, mais il n'est pas sans remède. La lumière divine dissipe sans peine l'aveuglement, lorsqu'il n'est pas volontaire. Mais comment dissiperait-elle un aveuglement dont on ne veut pas convenir ? Comment éclairerait-elle des orgueilleux qui croient voir, et qui la rejettent, parce qu'ils pensent n'en avoir pas besoin ? Quel moyen qu'elle pénètre dans des esprits prévenus, entêtés de mille préjugés, obstinés à ne pas voir ce qu'elle leur montre, ou à voir les choses sous un faux jour, qu'ils se sont fait à eux-mêmes ? Cette maladie est bien commune chez les personnes de piété ; et, parce que sa source est dans l'orgueil, elle oppose à la grâce un obstacle que l'humiliation seule peut surmonter, et qu'elle ne surmonte pas toujours.
Jésus-Christ, la lumière du monde, est venu pour nous guérir de notre aveuglement. Mais il exerce, en cela, une espèce de jugement plein de bonté pour les uns, et de justice pour les autres. Il donne la vue à ceux qui ne voient pas, et il aveugle ceux qui voient. Que veulent dire ces paroles ? Est-ce que parmi les hommes, avant qu'il les éclaire, il en est qui ne voient pas, et d'autres qui voient ? Non ; tous sont également aveugles. Mais les uns, instruits par sa grâce de leur triste état, reconnaissent humblement qu'ils le sont : ils lui demandent avec instance leur guérison ; et ceux-là il les éclaire, et ne cesse de les éclairer tant qu'ils usent bien de sa lumière et qu'ils se laissent absolument conduire par elle. Les autres ne veulent pas convenir qu'ils sont aveugles ; et il les laisse dans leur aveuglement, qui devient incurable. Ou ils n'attribuent les lumières qu'ils reçoivent de lui, et se les approprient comme si elles venaient de leur fonds ; et, en punition, il les leur retire. Ou, enfin, ils usent mal des lumières qu'il leur donne : ils les négligent, ils les redoutent et les fuient ; et ils méritent justement d'en être privés.
De quel nombre sommes-nous et voulons-nous être ? Malheur à nous si nous adhérons à notre propre esprit, si nous voulons juger par nous-mêmes des voies de Dieu, et nous rendre les arbitres de notre propre conduite ! Dieu nous laissera à nous-mêmes. Et que peut-il arriver à un aveugle qui se conduit, sinon de tomber dans le précipice ! Malheur aussi à nous, s'il nous arrive de nous approprier les lumières que Dieu nous envoie, de les regarder comme notre bien, d'en tirer vanité, et de les faire servir à nourrir notre présomption ! Sa jalousie ne nous pardonnera pas ce larcin, et nous dépouillera d'un bien que nous usurpons. Malheur enfin à nous, si nous ne tirons pas des lumières que nous recevons tout le profit que Dieu a en vue ; si nous craignons d'être éclairés sur ce qu'il demande de nous, parce que nous ne sommes pas déterminés à lui donner tout ! Il donnera à d'autres les lumières qu'il nous destinait ; et, au lieu d'avancer, nous reculerons.
Imitons donc l'aveugle de l'Évangile ; persuadons-nous bien que nous sommes toujours investis de ténèbres, et que nous n'avons aucune ressource en nous-mêmes pour en sortir. Disons continuellement à Jésus-Christ : Seigneur, faites que je voie. Éclairez-moi, ou par vous-même, ou par celui que vous m'avez donné pour guide. Si nous avons à délibérer sur quelque chose, craignons de nous décider nous-mêmes ; craignons d'agir par un instinct de nature, par un mouvement de passion, par préjugé, par respect humain ; mais demandons humblement à Dieu qu'il nous éclaire, qu'il nous montre la vérité, et qu'il nous donne le courage de la suivre. Tenons notre esprit dans une dépendance continuelle de la lumière divine ; et soyons convaincus que, si elle nous quitte un seul instant, nous ferons un faux pas.
Ce n'est pas tout : rendons grâces à Dieu de ses lumières, reconnaissant que nous les tenons de lui. Ne comptons pas sur nos réflexions ni sur la pénétration de notre esprit. Les choses de Dieu ne s'entendent que par l'esprit de Dieu. Il se plaît à éclairer les âmes simples, qui sont pénétrées de leur ignorance, qui ne s'attribuent rien, qui ne jugent de rien par elles-mêmes, et qui rapportent à Dieu, comme à la source, tout ce qu'elles ont de connaissances. Oh ! si nous savions combien le propre esprit est dangereux, combien Dieu est jaloux de l'humilier, de l'abattre, de l'anéantir, nous n'aurions point de repos que nous ne l'ayons mis sous nos pieds, et nous en ferions le sacrifice avec la plus grande joie ; nous nous estimerions heureux d'être dans l'impuissance de rien prévoir, de réfléchir sur rien, de dire un seul mot, d'avoir une seule pensée, de former un seul jugement de nous-mêmes, et de dépendre, en tout cela, de la motion divine ; nous nous appliquerions à tenir toujours notre esprit dans une espèce de vide, afin que Dieu pût le remplir, à son gré, et nous étoufferions avec soin toute pensée que nous sentirions naître de notre propre fonds ! Heureuse l'oraison, heureux l'état où l'esprit n'agit plus que d'une manière directe et imperceptible ; c'est une preuve que Dieu s'en est emparé, et qu'il veut s'en rendre tout à fait le maître. Ne nous plaignons point de ce que cet état a de pénible. C'est une espèce d'aveuglement, mais qui est produit par la lumière divine : on n'y voit rien de distinct, mais, à la faveur de cette lumière, on distingue très-clairement, au besoin, tout ce qu'on a à faire. Que faut-il davantage ? Le repos de l'esprit en Dieu n'est-il pas préférable à l'exercice de l'esprit hors de Dieu ?
Enfin, usons de la lumière que Dieu nous communique, soit pour connaître notre misère et nous en humilier, soit pour discerner ce que Dieu veut de nous et le pratiquer, soit pour apercevoir nos défauts et nous en corriger. Ne craignons pas certaines vues que Dieu nous donne, parce que ces vues nous contrarient, et que l'exécution coûte à notre lâcheté. Ne haïssons pas le miroir qui nous montre notre laideur ; aimons la vérité qui nous reprend, et croyons qu'après la connaissance de Dieu, il n'est rien de plus utile pour nous que la connaissance de nous-mêmes. Bien plus, soyons persuadés que nous ne nous élèverons à la connaissance de Dieu qu'à proportion que nous connaîtrons et que nous sentirons mieux notre néant. Ce sont deux abîmes, dont l'un attire l'autre, selon l'expression de l'Écriture. Aveugles sur ces deux objets qui comprennent tout pour nous, disons avec saint Augustin : Que je vous connaisse, Seigneur, et que je me connaisse !


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à Faiblesse et corruption du cœur humain, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Que c'est une chose dangereuse que de résister au Saint-Esprit, Défiez-vous de vous-même et ne croyez pas à toutes sortes d'esprits, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, L'Orgueil, ce cercle infernal, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de Dieu, Soupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
















mardi 2 juin 2020

LA CONFESSION : QUALITÉS QU'ELLE DOIT AVOIR




LA CONFESSION


QUALITÉS QU'ELLE DOIT AVOIR



Les qualités requises pour une bonne confession peuvent se réduire à trois : L'intégrité, la sincérité, et la simplicité.
L'intégrité consiste à se confesser et du nombre de ses péchés, et de toutes les circonstances qui changent l'espèce du péché : car tout cela doit diriger le ministre dans le jugement qu'il forme de la conscience d'un pécheur. Pour ce qui est du nombre, il faut le déclarer à peu près comme on le pense, après un sérieux examen, en ajoutant ces paroles : plus ou moins. Si l'on a été dans une longue habitude, on marque le temps qu'elle a duré, et combien on y tombait de fois par semaine. Quant à ce qui regarde les circonstances, on doit les déclarer, lorsqu'elles changent l'espèce du péché, ou qu'elles en augmentent la malice. Car vous devez vous faire connaître aussi criminel que vous l'êtes : or, vous l'êtes plus ou moins, selon la sainteté du lieu où vous avez péché ; selon votre caractère, ou le caractère de la personne à l'égard de qui vous avez péché ; selon la connaissance et la volonté délibérée, avec laquelle vous avez péché ; selon les motifs que vous vous êtes proposés en péchant, ambition, haine, vengeance ; selon les suites et les pernicieux effets que vous avez causés, scandales, dommages ; selon les moyens que vous avez employés, mensonges, calomnies, violences. Au reste, le défaut d'intégrité ne rend point la confession nulle ou sacrilège, si l'oubli est involontaire ; car dès-lors les péchés sont pardonnés : reste seulement l'obligation de les confesser, lorsqu'ils reviendront à la mémoire, dans les confessions suivantes.
La sincérité vous oblige, dans l'aveu que vous faites de vos fautes, à n'en retenir aucune volontairement ; ce qui serait mentir au Saint-Esprit. Pour vous précautionner contre cette malheureuse honte, dont il n'y a qu'un esprit faible qui soit capable, et qui peut être la source de bien des sacrilèges, faites les considérations suivantes. La personne à qui vous vous confessez est un homme sujet aux mêmes faiblesses, ou à d'autres aussi grandes : si c'est un homme de bien, il ne l'a peut-être pas toujours été, et dès-lors il sait le besoin qu'il eut autrefois lui-même de compassion : s'il l'a toujours été, l'esprit de Dieu, dont il est rempli, ne lui peut inspirer que bonté et miséricorde. C'est un homme accoutumé à entendre des pécheurs, pour qui par conséquent il n'y a rien de nouveau et d'extraordinaire ; un homme qui, sachant la faiblesse qui entraîne dans le péché, et la honte qu'on éprouve lorsqu'il faut accuser une faute, admirera plus la force de la grâce dans votre aveu, qu'il ne sera indigné de votre fragilité. Le ministre même de la pénitence peut assurer que, si quelque chose est propre à lui inspirer de l'affection pour un pénitent, c'est que celui-ci le juge capable d'une confidence, que longtemps il n'a pas eu le courage de faire à tout autre. Enfin, c'est un homme obligé au secret par toutes les lois naturelles, divines et humaines ; sans que jamais nulle raison, ni de près, ni de loin, puisse l'autoriser à manifester la moindre de vos fautes. D'ailleurs, qu'on exagère tant qu'on voudra la peine de se confesser, celle où jette le parti contraire est encore plus grande : en effet, quel état plus triste que celui d'une personne qui a encore de la religion, et qui cache ses fautes au sacré tribunal ? « Je suis mal avec Dieu, et je n'en puis douter. Voilà toutes mes confessions et mes communions, faites depuis ce jour-là, qui sont autant d'énormes sacrilèges, et toutes mes bonnes œuvres perdues. Encore si j'évitais la nécessité de confesser ce péché ; mais il faudra en venir là ; et, outre l'embarras d'une revue de tant de temps, qu'aurai-je gagné, qu'une nouvelle honte ? car, et ce péché dissimulé, et tant d'autres que j'ai eu l'humiliation de dire, il faudra de nouveau les accuser tous ensemble. » Ne vaut-il pas mieux s'armer de courage, et secouer ce poids énorme, sous lequel on cache un triste désespoir ? Ah ! qu'on est alors soulagé ! qu'on est bien dédommagé de sa peine ! on ne craint plus rien ; on n'a plus à revenir sur le passé. Tous ceux qui en ont fait l'expérience en conviennent.
La simplicité de la confession n'est autre chose que l'attention à retrancher tout ce qui est inutile, et le soin de s'expliquer nettement, dans l'exposition de ses fautes. Point de ces longues narrations, où l'on perd le temps en de vains discours ; point de ces accusations qui intéressent la réputation du prochain ; point de ces déclarations ambiguës, où l'on enveloppe et l'on adoucit son péché. Ne nommer ni ne désigner personne, sans nécessité ou utilité ; parler ingénument, n'ajouter, ne retrancher rien ; accuser comme certain, ce qui est certain, et confesser comme douteux, ce qui est douteux ; enfin, répondre avec beaucoup de simplicité à toutes les interrogations d'un confesseur sage et discret : telle a toujours été la disposition des saints, et c'est aussi la voie la plus sûre pour acquérir une paix véritable.
Ici il faut résoudre une question importante, pour les âmes timorées, à cause des suites d'une pénible perplexité.
Si elles n'accusaient que des fautes légères, sans avoir regret d'aucune de ces fautes, qu'arriverait-il ? Elles rendraient le sacrement nul, faute de matière sur laquelle tombât l'absolution ; et il n'y aurait que la bonne foi avec laquelle elles se confesseraient, qui pût empêcher le sacrilège. Or, pour obvier aux scrupules que ceci pourrait faire naître, dans le doute si on a eu la contrition des fautes légères, les docteurs et les maîtres de la vie spirituelle conseillent de ne manquer jamais d'accuser en général, ou, si l'on veut, en particulier, à la fin des confessions ordinaires, quelque faute grave de la vie passée, dont on puisse être comme certain d'avoir un vrai regret, avec une résolution forte et déterminée de ne jamais y retomber. Ces péchés déjà confessés, sans être une matière nécessaire, sont toujours une matière suffisante de l'absolution ; ou, si l'on aime mieux, l'absolution présente est une confirmation de la première absolution qu'on a reçue. Mais il faut faire, sur cette accusation des fautes graves déjà confessées, trois remarques qui méritent attention.
La première, que nous venons d'indiquer, c'est qu'il n'en faut point confesser de la sorte, qu'on ne puisse vraisemblablement s'assurer qu'on en est repentant ; ainsi les péchés les plus graves, et ceux dont le souvenir cause plus de peine et de confusion, sont ordinairement ceux qu'il faut confesser.
La deuxième, qu'il est bon de s'accuser tantôt des uns, tantôt des autres. Par ce moyen, dans l'espace d'une année, après plusieurs confessions, on aura fait comme une revue de toute la vie, et on en aura moins de besoin dans des temps de maladie, et aux approches de la mort.
La troisième, qu'il ne faut pas que ces accusations du passé empêchent de s'exciter, autant qu'il se peut, à la douleur des péchés présents ; car on doit toujours se souvenir que les péchés, dont on n'a pas un regret proportionné à leur nature et à leur matière, ne sauraient être pardonnés, même dans le sacrement ; de sorte que le sacrement se trouverait sans effet, à l'égard de tous les péchés commis depuis peu, que l'on doit principalement avoir en vue, quand on vient souvent à confesse, afin de s'en repentir et de s'en corriger.


(Extrait de Manuel du Pénitent ou conduite pour la Contrition)



Reportez-vous à Litanies de l'âme pénitente, La satisfaction, Le ferme propos, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Première Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Intérieure, Deuxième Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Surnaturelle, Troisième Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Souveraine, Quatrième Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Universelle, Méditation sur la pénitence du cœur, Première Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Acte de Foi, Deuxième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Sentiments de Crainte de Dieu, Troisième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Sentiments de Confiance en Dieu, Quatrième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Acte d'Amour de Dieu, Cinquième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Détestation du péché, Sixième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Résolution de devenir meilleur, Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (1/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (2/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (3/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (4/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (5/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (6/6), Conduite pour la Contrition, Premier Motif de Contrition : La Majesté de Dieu, Deuxième Motif de Contrition : La Justice de Dieu, Instruction sur la Contrition, Prière pour obtenir de Dieu miséricorde, Instruction sur la Grâce, De l'examen de conscience, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Cinq points dans l'examen général de la conscience, Trois temps pour l'examen particulier, Prière à Saint Louis de Gonzague pour demander la contrition, Bien choisir le sujet sur lequel on doit faire l’examen particulier, Combien l'examen de notre conscience est important, Méditation pour la Fête de Sainte Marie-Madeleine, Prière pour obtenir la persévérance dans le jeûne et la pénitence, Méditation sur la promptitude et la vivacité de la vraie pénitence, Méditation sur le souvenir des jours que l'on a passé dans l'oubli de Dieu et de ses devoirs, Méditation sur la miséricorde de Dieu, Méditation sur la pénitence du cœur, Psaumes de la Pénitence, Méditation sur la mort dans le péché, Méditation sur la confiance qu'un Chrétien doit avoir en la miséricorde de Dieu, Hymne du Carême, Méditation sur la réparation du péché, Méditation sur l'expiation du péché, Méditation sur la miséricorde de Dieu, Exercice pour la confession, Litanies de Sainte Marie-Madeleine, Méditation sur la promptitude et la vivacité de la vraie pénitence, Méditation sur la vraie pénitence, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la confession, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Qu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulier, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Instruction sur la Prière, Explication du premier commandement de Dieu, Explication du deuxième commandement de Dieu, Explication du quatrième commandement de Dieu, et Explication du cinquième commandement de Dieu.
















samedi 30 mai 2020

Motifs et marques de l'amour de Dieu




INSTRUCTION


Motifs de l'amour de Dieu


Il n'est rien de plus raisonnable, de plus juste, de plus honorable, de plus excellent, de plus utile et de plus nécessaire que d'aimer Dieu. Si Dieu nous a créés, s'il nous conserve, s'il nous comble sans interruption de tant de biens, c'est afin que nous l'aimions. C'est l'amour de Dieu qui est la fin de l'homme, la fin des temps et de l'éternité, la fin de tous les mystères de Notre-Seigneur J.-C. Comment ayant un cœur fait pour l'aimer, pouvons-nous ne pas aimer de tout ce cœur un Dieu qui nous a aimés d'un amour éternel, si désintéressé, si tendre, si généreux et si constant ? Aimons Dieu : celui qui l'aime est son enfant ; il demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui ; il sera semblable à Jésus-Christ, lorsque notre aimable Sauveur se montrera dans sa gloire. Quel plus grand malheur que celui de ne pas aimer Dieu ! Quel malheur pendant la vie et à la mort ! Quel malheur, quand on comparaîtra au tribunal du souverain juge ! Quel malheur pendant l'éternité !


Marques de l'amour de Dieu


Les paroles, les consolations et les larmes mêmes ne sont que des signes équivoques. La véritable marque, c'est lorsqu'on reconnaît que tout ce qui déplaît à Dieu est mensonge, et qu'on agit en conséquence ; c'est lorsqu'on sert Dieu avec justice, force et humilité. Les bonnes œuvres faites saintement sont la pierre de touche de l'amour de Dieu. Un grand amour produit toujours de grandes choses.


(Instruction tirée de Vie des Bienheureux et des Saints de Bretagne)


Reportez-vous à Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Sur l'Amour de Dieu, De l'amour pur, Litanies de l'amour de Dieu, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, Instruction sur la Contrition, Oraison pour demander la foi, l'espérance et la charité, De la Charité à l'égard du prochain : Du mérite et de l'excellence de cette vertu, Instruction sur les Conseils évangéliques, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelle manière on doit aider les personnes faibles, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Explication du premier commandement de Dieu, Les deux Commandements de charité contiennent tous les enseignements contenus dans l'Écriture sainte pour notre perfection, Voyez devant Dieu comment vous devez vous comporter pour vous acquitter du devoir de charité, Le Commandement d'aimer le prochain est semblable au Commandement d'aimer Dieu, Aimez Dieu comme il veut être aimé de vous au temps et en l'éternité, Aimez Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, et de tout votre esprit, Méditation sur l'outrage que nous faisons à Dieu par le péché, Première Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Intérieure, Deuxième Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Surnaturelle, Troisième Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Souveraine, Quatrième Condition que doit avoir la Contrition, soit parfaite, soit imparfaite : Universelle, Méditation sur la pénitence du cœur, Première Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Acte de Foi, Deuxième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Sentiments de Crainte de Dieu, Troisième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Sentiments de Confiance en Dieu, Quatrième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Acte d'Amour de Dieu, Cinquième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Détestation du péché, Sixième Disposition pour recevoir la grâce de la Justification : Résolution de devenir meilleur, Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (1/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (2/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (3/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (4/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (5/6), Troisième Motif de Contrition : La Bonté de Dieu (6/6), Conduite pour la Contrition, Premier Motif de Contrition : La Majesté de Dieu, Deuxième Motif de Contrition : La Justice de Dieu, et De la Foi, de l'Espérance et de la Charité.