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lundi 10 août 2020

Dieu seul


Dieu seul est le grand mot de la vie intérieure. Le premier pas qu'on fait dans cette voie est de se dévouer à Dieu seul. À mesure qu'on y avance, on se détache de tout ce qui n'est pas Dieu, et surtout de soi-même. On est au terme, lorsqu'on se trouve uni à Dieu seul, immédiatement et sans aucun milieu. Il est impossible de concevoir ce que c'est que cette possession de Dieu seul, uni par lui-même, par sa propre substance, au centre de l'âme ; il faut l'éprouver pour savoir en quoi cela consiste, et l'on ferait de vains efforts pour faire comprendre à d'autres ce qu'on éprouve. Mais la pureté où l'âme doit être pour mériter cette possession, les épreuves par lesquelles il faut qu'elle passe, ne sont pas moins incompréhensibles ; et quelque chose qu'on en lise dans les livres spirituels et dans les vies des Saints, on ne peut s'en former une juste idée, jusqu'à ce qu'on en ait fait l'expérience.
Ce n'est pas nous-mêmes, ce n'est pas le directeur, quelque éclairé qu'il soit, c'est Dieu seul qui peut nous conduire à la possession de Dieu seul. Cette œuvre est son œuvre par excellence, et une œuvre incomparablement plus grande que la création et le gouvernement de l'univers. Ce en quoi l'âme doit contribuer à l'accomplissement de cette œuvre, c'est de laisser faire Dieu sans examiner ce qu'il fait, de se tenir fidèlement dans l'état où Dieu la met ; de n'opposer aucune résistance volontaire à son opération, de se laisser dépouiller successivement de tout ce qui n'est pas Dieu seul et son bon plaisir. Tant qu'elle peut agir, elle doit coopérer à la grâce avec la plus grande exactitude, s'interdire un regard, une parole, un goût, une fantaisie, la chose même la plus innocente et la plus permise, dès que Dieu l'exige ; elle doit passer par-dessus toute considération humaine, sans se mettre en peine de ce qu'on dira, de ce qu'on pensera d'elle, de ce qui lui arrivera même de plus fâcheux ; elle doit tenir bon contre tout penchant, toute répugnance, toute révolte de la nature, toute suggestion du malin esprit.
Lorsque Dieu s'est tout à fait emparé d'elle, et qu'elle sent bien qu'elle n'est plus maîtresse de ses puissances : ni de sa mémoire pour se ressouvenir, ni de son entendement pour réfléchir, ni de sa volonté pour produire des affections, son devoir est de se laisser absolument gouverner par Dieu, de souffrir toutes les épreuves par où il la fait passer, sans penser ni à quoi servent ces épreuves, ni quelle en sera la fin, sans désirer d'en sortir ; et en même temps de ne se relâcher par elle-même d'aucun de ses exercices, ni d'aucune de ses pratiques. Dieu s'éloignera ; le ciel sera de fer et d'airain pour elle ; elle ne recevra plus une seule goutte de rosée et de consolation ; elle n'aura plus d'assurance ni du côté de Dieu, ni du côté des hommes ; tout paraîtra se déclarer contre elle : elle se croira perdue sans ressource, et néanmoins elle persévèrera toujours à s'immoler, à se sacrifier au bon plaisir de Dieu, ne se regardant jamais elle-même, ne se mettant pas en peine de ce qu'elle deviendra, persuadée que, pourvu qu'elle demeure invariablement attachée à Dieu, elle ne se perdra en lui que pour se retrouver éternellement en lui. Voilà ce que l'âme a à faire par rapport à Dieu.
Par rapport à celui que Dieu lui a donné pour guide, elle ne doit regarder que Dieu seul en lui, s'ouvrir à lui comme à Dieu même ; ne lui cacher ni ne lui dissimuler rien ; ajouter une foi entière à ce qu'il dit ; lui obéir comme à Dieu même : mais il faut en même temps qu'elle ne s'attache à lui que comme à un moyen dont Dieu se servira tant qu'il lui plaira, et qu'il lui ôtera quand il jugera à propos. Ainsi elle doit y tenir tant que Dieu le lui laisse, et ne jamais le quitter de son propre mouvement ; mais quand Dieu le lui retire, quelque sensible que lui soit cette porte, elle doit y acquiescer, et croire fermement que Dieu n'a pas besoin de tel homme pour la conduire, qu'il y suppléera par quelque autre, ou par lui-même au défaut de tout moyen humain. Il arrive quelquefois que Dieu laisse l'âme sans aucun directeur : l'épreuve est terrible ; mais si l'âme est généreuse et fidèle, elle n'y perdra rien, et n'en sera que mieux conduite, étant sous l'infaillible direction de Dieu même. Une âme qui est dans cette disposition, et qui s'y maintient par une fidèle correspondance à la grâce, parviendra infailliblement à Dieu seul.
Il n'est donc point question ni de vue, ni de projet, ni de plan ; nulle méthode, nul livre, nul directeur ne peut conduire à Dieu seul. Je le répète : Dieu seul peut nous attirer et nous unir à lui ; lui seul en connaît les moyens, il sait comment il faut prendre chaque âme, et par quelle voie il faut la conduire ; il n'y a qu'à se livrer à lui, qu'à le laisser faire, et le suivre pas à pas.
Si l'on me demande à quoi il faut renoncer pour parvenir à la possession de Dieu seul, je réponds en général qu'il faut renoncer sans aucune exception à tout ce qui n'est pas Dieu seul. J'ajoute que Dieu seul comprend toute l'étendue de ce renoncement ; que l'homme, avec les lumières ordinaires de la grâce, ne peut pas s'en former l'idée ; que parce qu'il en lit dans les livres qui traitent de la vie intérieure, il l'entrevoit plutôt qu'il ne le conçoit, et qu'à moins d'une inspiration particulière il ne fera jamais une pleine et entière donation de lui-même à Dieu. C'est donc à Dieu lui-même de nous mener de degrés en degrés jusqu'à la mort parfaite de nous-mêmes ; c'est à lui de nous inspirer à mesure les sacrifices qu'il attend de nous, et de nous donner le courage de les faire.
Ne nous effrayons pas, et ne présumons pas de nos forces. Si nous écoutons l'imagination, elle nous jettera dans le désespoir, et nous fera regarder comme une chimère, comme une chose impossible à la nature humaine, ce dépouillement entier de nous-mêmes ; la raison même, si nous la consultons, nous en dira autant ; mais si nous consultons la foi, si nous jetons un regard sur la croix de Jésus-Christ, si nous méditons attentivement le grand mystère de la passion, nous concevrons jusqu'où doit aller le renoncement à nous-mêmes pour parvenir à l'union avec Dieu seul. Prions ce divin Sauveur de nous ouvrir les yeux, et de nous donner l'intelligence de cette grande parole : Tout est consommé ; mon Père, je remets mon esprit entre vos mains. Prions-le de nous faire comprendre ce qu'il fit lorsque par une mort volontaire il remit son âme entre les mains de la justice divine pour l'expiation de nos péchés. A la pensée de ce grand sacrifice, il faut que l'imagination, que la raison, que toute intelligence créée se taise, et qu'on reconnaisse qu'il n'est point de renoncement si grand que l'homme ne doive faire de grand cœur, pour mériter la possession de Dieu seul.
Ne présumons pas non plus de nos forces, et ne nous croyons pas capables d'une générosité qui est au-dessus de la portée de la créature. Pour nous guérir de cette aveugle présomption, et pour concevoir autant qu'il se peut l'horreur extrême qu'inspire à la nature le parfait renoncement à nous-mêmes, considérons Jésus-Christ au jardin des Oliviers, écoutons ce qu'il dit à son Père : S'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi ; ce même calice qu'il avait désiré de boire avec tant d'ardeur. Si l'Homme-Dieu a voulu, pour notre instruction, éprouver cette répugnance extrême pour le sacrifice qu'il avait accepté dès le premier instant de sa vie, quelle grâce puissante ne nous faut-il pas pour faire, je ne dis pas un sacrifice pareil au sien, mais un sacrifice qui ait quelque faible ressemblance avec le sien ? Humilions-nous, confondons-nous, tremblons à la vue de notre faiblesse et de notre lâcheté ; mais en même temps disons : Dieu est tout-puissant ; pourvu que je ne veuille pas lui résister, il fera de moi et par moi tout ce qu'il lui plaira ; il me rendra capable des plus grands efforts de générosité ; il m'arrachera à moi-même, et m'apprendra à me perdre en lui pour revivre en lui.
Ah ? Dieu seul ! quelle parole ! qu'elle est grande, qu'elle renferme de choses ! Plus de créatures, plus de soi-même, plus de dons de Dieu : vide total, perte entière de tout ce qui n'est pas Dieu seul, Dieu en lui-même, Dieu sans aucun milieu.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à De la prière continuelleSur les réflexions dans l'oraison, De la pensée de l'éternité, Sur la pensée de la mort, Sur les paroles du Psaume LXXXll : Je suis devenu, en votre présence, comme une bête de somme, et je suis toujours avec vous, Marthe et Marie, De la pureté d'intention, Le prix d'une âme, De la Providence de Dieu sur ses enfants, De la générosité, De l'anéantissement, Du moi humain, Conduite à tenir à l'égard des tentations, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Des tentations, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
















dimanche 9 août 2020

Sur les réflexions dans l'oraison

 

 
Il y a, comme pour tout le reste, un temps de réfléchir et un temps de ne pas réfléchir. Les réflexions sont utiles et même nécessaires pour bien pénétrer les vérités de la religion, pour rentrer en soi-même et connaître ses défauts. C'est par les salutaires réflexions que les pécheurs reviennent à Dieu, et que le commun des chrétiens se maintient dans la pratique du bien. En général, tant que l'on est dans la voie ordinaire et que l'on conserve le libre usage de son entendement, il faut toujours se conduire par réflexion, s'appliquer à la méditation, sans excès pourtant, et sans trop chercher à creuser, parce qu'il peut y avoir de l'abus dans les réflexions, ainsi que dans les meilleures choses. Le plus grand abus sans doute est d'y faire trop de fond et de compter trop sur son jugement et ses lumières. Beaucoup de défiance de soi-même, beaucoup d'humilité, un recours continuel à Dieu pour qu'il nous éclaire, une certaine sobriété de sagesse qui arrête où il faut la curiosité de l'esprit, sont autant de remèdes efficaces contre l'intempérie des réflexions et les mauvais effets qu'elles pourraient produire.
Mais n'y a-t-il pas une voie où les réflexions sont dangereuses, et où l'on ne saurait trop se les interdire pour se laisser conduire par l'esprit de Dieu et par l'obéissance ? Oui, assurément, et cette voie est la voie obscure de la foi.
On ne peut se mettre de soi-même dans cette voie ; il n'appartient qu'à Dieu seul d'y introduire les âmes sur lesquelles il a des desseins particuliers. Ni les livres, ni les directeurs, ni les propres efforts n'y peuvent rien ; il faut attendre que la grâce agisse, et ne se permettre point de penser à de semblables états, ni d'y aspirer ; sans quoi l'on serait infailliblement exposé à l'illusion. Mais l'on ne saurait non plus contester la réalité de cette voie ; et la marque principale à laquelle on reconnaît que Dieu y introduit une âme, c'est lorsqu'elle n'a plus la même liberté qu'auparavant d'user de ses facultés dans l'oraison ; lorsqu'elle ne peut plus s'appliquer à un sujet pour en tirer des réflexions et des affections, et qu'elle goûte au-dedans une certaine paix savoureuse, qui sur passe tout sentiment qui lui tient lieu de tout, et qui la force, pour ainsi dire, à se tenir dans le repos et le silence. Quand un directeur éclairé a suffisamment constaté cette disposition de l'âme, et qu'il est bien assuré qu'elle n'y met rien du sien, mais qu'elle ne fait que se prêter à l'action de Dieu, alors il n'y a pas lieu de douter que Dieu ne fasse entrer cette âme dans la voie de la foi. Je suppose d'ailleurs que cette âme est reconnue pour être droite, simple, docile, de bon esprit et de bon sens, et qu'elle a vécu dans l'innocence, ou du moins qu'elle est revenue sincèrement à Dieu, et qu'elle mène depuis quelque temps une vie chrétienne et édifiante. Car il est rare qu'un pécheur soit tout d'un coup mis dans la voie de la foi ; quoique la chose ne soit pas sans exemple, témoin sainte Marie Égyptienne et quelques autres.
Or, c'est dans la voie de la foi que les réflexions sont dangereuses, et que tous les maîtres de la vie spirituelle conviennent qu'on ne doit ni les écouter, ni les suivre. Il y en a plusieurs raisons solides, prises les unes de la nature de cette voie, les autres de l'objet des réflexions qui se présentent alors à l'esprit, et d'autres enfin de la cause qui inspire ou suggère ces réflexions.
La voie de la foi est essentiellement une voie obscure, une voie où l'âme ne connaît rien par les lumières ordinaires de la raison, une voie où Dieu se propose principalement de faire mourir le propre esprit. Il est donc évident que, dans une telle voie, ce n'est plus par nos réflexions que nous devons nous conduire, mais par la lumière de la foi et par le mouvement du Saint-Esprit. Il n'est donc plus question alors ni de méditer, car on ne le peut plus ; ni de suivre des méthodes, car le Saint-Esprit souffle où il veut et quand il veut ; ni d'exercer le propre esprit, car il faut qu'il meure ; ni de réfléchir sur ce qui se passe en soi, car on ne pourrait le discerner, ni porter sur cela un jugement éclairé.
La voie de foi est une voie où Dieu, maître de l'âme et de sa liberté qu'elle lui a donnée, dispose d'elle à son gré ; y opère ce qu'il lui plaît, y exerce un domaine souverain, et où il ne souffre pas que rien s'oppose à son action. Or, rien ne mettrait plus d'obstacle à l'action de Dieu que les réflexions que ferait l'âme, ou pour se gouverner elle même, ou pour juger de ce qui se passe en elle, et prendre son parti en conséquence. Il est évident que de telles réflexions gêneraient et empêcheraient l'opération divine, et par conséquent nuiraient à l'âme, jusqu'à la faire même sortir de son état. La voie de foi est une voie de sacrifice, une voie d'immolation continuelle, une voie qui aboutit à la perte totale en Dieu. Cette voie douce, et enrichie dans les commencements de dons et de lumières, est ensuite une voie d'obscurité, de nudité, de dépouillement, où l'âme se trouve réduite aux dernières extrémités sans avoir, ni du côté de Dieu, ni du côté des créatures, ni du sien propre, aucun soutien, aucun appui perceptible. Or, il est manifeste qu'un tel état, dans toute sa suite, ne saurait subsister avec les réflexions, qu'il les exclut absolument, et qu'il est nécessaire que l'âme ne voie pas, ne sache pas où elle va, où Dieu a dessein de la conduire, ni par quels chemins il la mène ; autre ment, elle ne se résoudrait jamais à faire les sacrifices que Dieu prétend exiger d'elle. Elle ne ferait pas en particulier le sacrifice de son esprit si elle conservait toujours l'usage de la réflexion ; et l'immolation totale que Dieu attend d'elle n'aurait jamais lieu.
Enfin, la voie de foi est une voie de tentations où Dieu donne au démon un pouvoir étrange sur l'âme pour l'exercer. Il lui permet de remplir l'esprit de ténèbres, l'imagination de mille fantômes, la volonté de sentiments de blasphèmes, de désespoir, d'impureté, d'impiété. L'âme doit porter tout cela, et en venir par degrés jusqu'à croire que tout cela naît de son fond, qu'elle y consent, et que pour ce sujet elle est justement réprouvée de Dieu. Cet état de tentations extrêmes, où elle ne peut se soutenir que par l'abandon et la confiance en Dieu, est-il compatible avec les réflexions qu'elle ferait sur elle-même ? Il est trop visible que non. Tout ceci pourrait être considérablement étendu ; mais j'en ai dit assez pour faire comprendre que les réflexions ne peuvent que tout gâter dans la voie de pure foi, qui n'est appelée de la sorte que parce qu'elle bannit toutes les réflexions.
De plus, l'objet même de ces réflexions fournit de nouvelles raisons pour les interdire à ceux qui sont dans cette voie. Car leur objet est, ou de reconnaître ce que Dieu fait en nous, et les raisons de sa conduite, et Dieu veut que l'âme ignore les opérations secrètes de sa grâce ; ou de chercher des assurances, et Dieu ne tend qu'à ôter à l'âme toute assurance ; ou d'examiner la manière dont le directeur nous conduit, et Dieu n'exige pas moins l'obéissance du jugement que celle de la volonté. Il est essentiel à cette voie que l'âme y marche à l'aveugle, et qu'elle se repose sur Dieu du soin de la gouverner et de la conduire sûrement au terme, sans qu'elle sache où elle est, où elle va, où elle aboutira. Ainsi, tout raisonnement, toute prévoyance, tout examen, tout regard sur soi, est sévèrement interdit comme une infidélité, un écart hors de la voie, une tentation dont l'effet immanquable est de retirer l'âme de la conduite de Dieu.
Enfin, il est certain que l'âme, dans cette voie, ne doit admettre de pensées que celles qui lui viennent de Dieu. Or, toutes les réflexions qui se présentent alors à l'âme, et qui ont pour principe ou la curiosité, ou l'inquiétude, ou la prévoyance, ou une secrète complaisance, viennent du propre esprit ou sont suggérées par le démon. Il est aisé de le reconnaître, parce qu'elles lui inspirent de la vanité et de la présomption, ou qu'elles la jettent dans le trouble et le désespoir. Elle doit donc les rejeter et ne jamais s'y arrêter volontairement. C'est l'unique moyen qu'elle ait de conserver la paix intérieure dans un état si violent.
D'ailleurs, les vicissitudes dans cette voie sont telles et si fréquentes, que l'âme essayerait en vain de les observer, d'en tenir compte et de s'en rappeler le souvenir ; d'un jour à l'autre, du matin au soir, d'une heure à l'autre, son état change : son image et celle du ciel chargé d'orage, ou de la mer agitée par la tempête. Quel moyen de réfléchir dans de pareilles agitations ? Et quel fond pourrait-elle faire sur des pensées suggérées par la nature réduite aux abois ou par l'esprit de ténèbres ? L'orage est-il passé et le calme a-t-il succédé, elle jouit de ce calme et ne songe plus à la tourmente qu'elle vient d'essuyer.
Mais, dira-t-on, n'y a-t-il pas d'inconvénient à interdire à l'âme toute réflexion sur son état ? car c'est uniquement de quoi il s'agit. Non ; il n'y en a aucun dès qu'on a toutes les preuves requises de la réalité de cet état. Moins l'âme réfléchira, plus elle avancera, plus elle sera forte contre le démon et contre elle-même, plus elle aura de générosité à accomplir tous les sacrifices que Dieu lui demande. J'ajoute qu'elle abrégera considérablement par là le temps de ses épreuves, qu'elle s'épargnera beaucoup de peines dont ses propres réflexions sont la source, et qu'elle en sera moins à charge à celui qui la conduit.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à On satisfait à la plainte de ceux qui éprouvent des sécheresses dans l'oraison, Dieu seulDe la pensée de l'éternité, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison du Père Surin dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph SurinInstruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDu renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDegrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, Sur la pensée de la mort, Sur les paroles du Psaume LXXXll : Je suis devenu, en votre présence, comme une bête de somme, et je suis toujours avec vous, Marthe et Marie, De la pureté d'intention, Le prix d'une âme, De la Providence de Dieu sur ses enfants, De la générosité, De l'anéantissement, Du moi humain, Conduite à tenir à l'égard des tentations, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Des tentations, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.













 

jeudi 23 juillet 2020

De la générosité



Il y a deux sortes de générosités, l'une naturelle, l'autre surnaturelle : toutes les deux viennent de Dieu, et la première sert de disposition à la seconde. Pour entrer dans la voie de la sainteté, pour y marcher, pour y persévérer jusqu'au bout, il faut un grand fonds de générosité, parce que cette voie n'est qu'une suite de sacrifices toujours plus grands et plus difficiles les uns que les autres. Aussi toutes les âmes que Dieu destine à la sainteté ont elles une certaine noblesse de sentiments qui les élève au-dessus des biens de la terre, et en même temps une certaine tendresse de cœur qui les rend sensibles aux misères d'autrui, et les porte à se priver d'une partie de ce qu'elles ont pour les soulager ; car c'est de la réunion de ces deux qualités, élévation dans les sentiments et tendresse de cœur, que naît la générosité. Une âme basse et attachée aux biens de ce monde, une âme dure et insensible aux maux d'autrui, ne fut jamais généreuse ; elle peut donner dans la dévotion par esprit d'intérêt et pour faire son salut, mais elle sera toujours étroite, rétrécie, ne donnera à Dieu que le moins qu'elle pourra, n'aura pas même l'idée des grands sacrifices que Dieu demande des Saints.
Mais, quoique la générosité naturelle soit une disposition à la générosité surnaturelle, il y a bien loin de l'une à l'autre, soit qu'on les considère en elles-mêmes ou dans leurs motifs.
La générosité naturelle ne consiste guère qu'à donner à autrui une partie de ce qu'on a ; au lieu que la générosité surnaturelle nous fait donner à Dieu non-seulement ce que nous avons, mais ce que nous sommes, mais tout ce que nous sommes. Elle nous porte à lui sacrifier notre esprit, notre volonté, notre liberté, notre santé, notre vie, notre réputation ; à consentir, en un mot, à la destruction totale de ce moi qui nous constitue, et sur lequel reposent nos plus chers intérêts.
Or, il est aisé, dit saint Grégoire, de renoncer à ce qu'on a ; mais il est infiniment difficile de renoncer à ce qu'on est, de se dépouiller de ce soi-même ; et sans les grâces de Dieu les plus spéciales, sans les plus grands efforts de générosité, on ne le ferait jamais. On croit avoir tout fait, quand, dans certains mouvements de ferveur sensible, on s'est donné à Dieu de tout son cœur, et qu'on lui a protesté qu'on est prêt à passer dans toutes les épreuves, à souffrir tout, à sacrifier tout pour son amour. Mais ce n'est encore là qu'un sacrifice en disposition et en préparation ; le sacrifice véritable est tout autre chose.
Quand Dieu veut nous mettre dans la voie des sacrifices réels, il retire pour l'ordinaire le sensible ; il permet des répugnances, des révoltes de la nature, et un soulèvement général de l'amour-propre. On sent alors une opposition inexprimable à ce que Dieu demande de nous, un combat intérieur violent, qui réduit l'âme à une espèce d'agonie. On souhaite que le calice passe loin de nous ; on prie même Dieu pour cela ; en un mot, la nature résiste de toute sa force à sa destruction. Cependant la volonté, soutenue de la grâce d'une manière puissante mais imperceptible, demeure inébranlable dans sa soumission ; elle reçoit les coups, elle en sent toute la pesanteur, mais elle les porte avec courage, et ne se laisse point abattre.
Quelquefois, au moment où le coup lui est porté, elle est paisible, forte, contente ; mais ensuite le trouble s'empare d'elle, l'imagination travaille, l'amour-propre se réveille, et ces agitations intérieures fatiguent l'âme, la poursuivent partout, et ne s'apaisent qu'après un temps plus ou moins long, selon qu'il plaît à Dieu de faire durer l'exercice et le combat. L'épreuve revient ainsi à plusieurs reprises, jusqu'à ce que l'âme soit parfaitement morte sur l'objet dont il s'agit. Alors Dieu passe à une autre épreuve, et ainsi de sacrifice en sacrifice jusqu'à la consommation.
Mais pourquoi Dieu permet-il ces répugnances, ces révoltes, soit avant, soit après le sacrifice ? Pour plusieurs raisons toutes dignes de sa sagesse. Premièrement, pour apprendre à l'âme à se connaître, à juger combien elle est mauvaise, opposée à tout bien, incapable du moindre effort de générosité, et la tenir par là dans une profonde humilité. Car elle serait tentée de s'applaudir elle-même, et d'attribuer son sacrifice à ses propres forces, si Dieu ne lui en faisait sentir toute la difficulté. Secondement, elle connaît aussi mieux par là tout le prix de la grâce, et combien elle a besoin de se confier uniquement en Dieu, puisqu'elle ne trouve nulle force, nul soutien en elle-même. Troisièmement, plus elle éprouve de résistance, plus elle a d'obstacles à vaincre, plus aussi son mérite est grand ; plus le combat dure, plus la victoire est complète ; plus la nature est détruite, plus Dieu est glorifié et le démon confondu ; plus encore l'âme acquiert d'expérience et d'habileté dans les choses de la vie intérieure.
Comme toute notre générosité vient de Dieu, il nous en dérobe la connaissance, de peur que nous ne lui ravissions la gloire qui lui appartient tout entière.
Par le peu que je viens de dire, il est facile de juger combien est grande la différence qu'il y a de la générosité naturelle à la générosité surnaturelle, et que celle-ci s'exerce sur des objets tout autrement intéressants pour nous, et avec une peine incomparablement plus grande que l'autre. Elles ne diffèrent pas moins par leurs motifs. Il entre toujours de l'amour-propre, et beaucoup même, dans l'exercice de la générosité naturelle. Il s'y mêle souvent de l'intérêt, de la vanité, de l'orgueil ; on se croit au-dessus de ceux qu'on oblige ; on s'applaudit d'une noblesse de sentiment qui nous élève au-dessus du commun des hommes ; on se repaît des louanges que cela nous attire ; on s'en donne soi-même, et l'on jouit avec complaisance d'une certaine satisfaction intérieure.
Aucun de ces motifs ne souille l'exercice de la générosité surnaturelle. L'amour-propre n'y trouve point de nourriture, puisque c'est sur lui et à ses dépens qu'elle s'exerce. La vue de notre propre intérêt n'y a pas lieu, puisque la générosité nous porte à le sacrifier à l'intérêt de Dieu. Les victoires coûtent si cher et sont si pénibles, qu'on n'est point exposé à en concevoir de la vanité. Les humiliations intérieures et extérieures nous garantissent de l'orgueil et des vains applaudissements des hommes. Tout y est pour Dieu, uniquement pour Dieu ; et c'est ce qui imprime à cette générosité ce caractère sublime et divin, qui ne peut être que l'œuvre de la grâce.
Lorsqu'il plaît donc à Dieu d'exiger de l'âme de grands sacrifices, il lui donne une générosité proportionnée ; il lui élargit le cœur ; il élève ses sentiments ; il lui donne la plus haute idée de ce qu'il mérite ; et lui fait connaître que tout ce qu'elle peut faire pour lui n'est rien, moins que rien ; que c'est une pure bonté de sa part de vouloir bien accepter ce qu'elle lui offre ; que toute la gloire que pourrait lui procurer l'anéantissement volontaire de toutes les créatures raisonnables, n'ajoute rien à sa grandeur et à sa félicité ; enfin, que c'est un honneur inestimable qu'il nous fait d'agréer nos offrandes et nos sacrifices.
Pénétrée de ces idées, l'âme voit clairement que jusqu'à ce moment elle n'a rien fait pour Dieu, elle conçoit un désir immense de se dévouer tout entière à lui ; et, parce que tout ce qu'elle pourrait faire et souffrir pour son infinie majesté n'est pas digne de lui, elle le prie de se glorifier lui-même en elle de la manière qu'il lui plaira, et elle se livre entièrement à lui dans cette vue. De ce moment son cœur s'élargit, et, autant qu'une petite créature en est susceptible, devient propre à la grandeur des desseins de Dieu. Le joug des commandements et même celui des conseils, qui paraît si pesant, si gênant aux chrétiens ordinaires, lui semble doux et léger ; elle s'étonne que Dieu lui demande si peu, et elle voudrait faire pour son amour mille fois davantage. C'est ce que David éprouvait lorsqu'il disait : J'ai couru dans la voie de vos commandements, après que vous avez élargi mon cœur. Auparavant il marchait avec peine et avec effort ; il trouvait la voie trop dure et trop étroite, parce que son cœur était étroit et resserré. À présent que Dieu, en prenant possession de son cœur, lui a communiqué quelque chose de son immensité, il ne marche plus, il court, il vole ; nulle difficulté, nul obstacle ne l'arrête.
Il n'est que trop vrai que dans le service de Dieu tout dépend de la disposition du cœur, et que ce qui paraît beaucoup à une âme avare et concentrée en elle-même, n'est rien pour une âme généreuse, qui est sortie d'elle pour passer en Dieu. Demandons donc continuellement à Dieu cette générosité. Prions-le de ne jamais permettre que nous mesurions ce que nous lui devons sur nos idées étroites et bornées, mais de nous élever à l'idée qu'il a de lui-même, et de nous apprendre à le servir en Dieu. Servir Dieu en Dieu ! Ô la grande parole ! Mais l'exécution en est infiniment au-dessus de notre portée. Il n'y a qu'un moyen d'accomplir ce service, c'est de se livrer à Dieu, afin qu'il dispose absolument de nous, qu'il nous dépouille de notre esprit et qu'il nous revête du sien ; qu'il nous donne un cœur selon son cœur. Demandons-le sans cesse, et, pour vérifier l'effet d'une demande d'où dépend la plus grande gloire de Dieu et notre perfection, soyons d'une fidélité inviolable à tous les mouvements de la grâce. Moins nous serons menés selon nos vues, plus nous serons conduits selon les vues de Dieu ; car il n'y a pas plus de proportion des idées que Dieu a de la sainteté aux nôtres, que de sa nature à la nôtre ; et tant que nous ne serons généreux qu'à notre manière, nous ne le serons pas à la sienne.


(Extrait du Manuel des âmes intérieures)


Reportez-vous à De la Providence de Dieu sur ses enfantsDe l'anéantissement, Du moi humain, Conduite à tenir à l'égard des tentations, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Des tentations, Du directeur, Du cœur humain, Du monde, Faiblesse et corruption du cœur humain, Aveuglement de l'homme, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du prochain, De l'esprit de Foi, De la fidélité aux petites choses, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, De l'emploi du temps, Ce que Dieu nous demande, et ce qu'il faut demander à Dieu, Commerce : Image de la vie spirituelle, De la liberté des enfants de Dieu, Instruction sur la Grâce, Instruction sur la Prière, Sur la sainteté, De la Crainte de Dieu, Conduite de Dieu sur l'âme, Moyens d'acquérir l'amour de Dieu, Quels moyens prendrez-vous pour acquérir, conserver et augmenter en vous l'amour de Dieu ?, Litanies de l'amour de DieuSoupir d'amour vers Jésus, Prière de Sainte Gertrude, Élan d'amour, Prière, Acte d'amour parfait, de Sainte Thérèse d'Avila, Prière de Saint Augustin, pour demander l'amour divin, Motifs et marques de l'amour de Dieu, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Se conformer en tout à la volonté de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Charité, Méditation sur l'excellence de la Charité, Prière pour demander la charité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la croix, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.