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vendredi 8 août 2025

Contre toutes formes de ressentis - Témoignage




"Certains prêtres vont vous expliquer qu'on n'a pas à ressentir, qu'un abbé ne ressent rien, qu'on n'est pas médium. Effectivement, la médiumnité telle que répandue et vue par le monde est à éviter impérativement car elle est un piège démoniaque et un empoisonnement spirituel. Sauf que dire qu'un catholique ne doit rien ressentir, c'est à la fois avouer qu'il est coupé des ressources du cœur, foyer de l'action divine, mais aussi qu'il n'est absolument pas docile à l'inspiration du Saint-Esprit. Si un catholique dérange le démon, le démon lui fera vite savoir, il lui fera sentir sa présence. Un chrétien qui ne dérange pas le démon ne sera jamais embêté par ce dernier. Il ne ressentira effectivement jamais rien. Un chrétien docile à l'inspiration divine, qui vit dans une démarche de vertus et de sainteté, qui nourrit sa vie intérieure, ressentira l'invisible, pourra lire dans les âmes, recevoir en esprit les avertissements de Dieu, etc. Le Saint Curé d'Ars en est le parfait exemple. Si vous coupez l'écoute de Dieu en fermant les vannes du cœur et de l'esprit, vous ne serez, comme le disait le jeune Carlo Acutis, que des "photocopies" de ces gens terre à terre à l'esprit dur qui suivent les mouvements du monde sans jamais regarder le ciel. Dans toutes choses, il faut de la prudence, mais prudence ne signifie pas tiédeur. L'esprit de Dieu n'est pas une théorie, Il est une pratique."

Il est en effet bien déplorable de voir comment par ces simples phrases toutes faites sorties de la bouche des prêtres, beaucoup de fidèles finissent par se couper de la grâce en rejetant tous ressentis. La sécheresse, la perte de toute joie, de la paix du cœur... s'ensuivent. Les saints ne cherchaient pas à voir l'invisible, ils le voyaient malgré eux par la volonté de Dieu. Ouvrez bien les yeux chers amis du Seigneur, afin de déjouer les pièges du malin esprit, mais surtout ouvrez bien votre cœur. 


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dimanche 19 juin 2022

Pratiques ou Actes de la présence de Dieu



Nous donnons ces Pratiques pour aider aux personnes qui ne sont pas avancées dans l'exercice de la présence de Dieu, et qui ne commencent qu'à s'y appliquer. Celles qui ont fait de grands progrès dans le divin amour, n'ont pas besoin de ces moyens. C'est à celles-là que le grand Saint Augustin dit : Aimez, et faites ce que vous voudrez. Un simple regard de ces âmes, dit plus que ce que les autres peuvent dire dans une grande multitude de paroles.


Actes de la présence de Dieu

Ô Très-sainte et suradorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, mon Dieu, comme vous remplissez toutes choses par votre immensité, vous êtes, ô mon Dieu, plus présent ici que je n'y suis moi-même ! Ah ! je vous y aime, je vous y demande pardon, je vous y remercie, je vous y glorifie de tout mon cœur.

On peut faire cet acte à toutes les heures du jour. Mais pour s'en acquitter dignement, il le faut faire dans un recueillement intérieur avec attention, et un profond respect, s'anéantissant intérieurement devant la Majesté infinie de Dieu.

On peut se contenter de cet anéantissement intérieur lorsque l'on est en compagnie ; mais il est bon quand on est seul, de se mettre à genoux, et même se prosterner pour adorer les trois Personnes divines.
Comme les pauvres âmes qui sont en Purgatoire y souffrent des peines inexplicables, la divine charité demanderait que l'on y pensât souvent ; ainsi, on pourrait ajouter l'acte suivant.


Pour les Âmes du Purgatoire

Mon adorable Sauveur, quelque part de votre douloureuse Passion, de votre sainte Mort, et de tous vos mérites et satisfactions aux pauvres Âmes qui sont en Purgatoire.

Quelquefois quand on a le loisir, il faut faire quelques-uns des actes suivants, tantôt l'un, tantôt l'autre ; mais il vaut mieux en faire peu avec esprit, que d'en faire beaucoup avec peu d'attention.


Autre Acte de la présence de Dieu

Ô Dieu d'infinie Majesté, Trinité suradorable, Dieu qui êtes ici plus présent que moi-même ! comme tout ce que les pures créatures vous peuvent rendre d'honneur, est bien éloigné de ce qui vous est dû, je m'unis et je vous présente toutes les adorations, tous les amours, toutes les louanges, toutes les satisfactions, toutes les actions de grâces, toute la gloire que l'âme sainte de Jésus vous a rendues, vous rend, et vous rendra durant toute l'éternité. Ah ! je veux vous louer par toutes ces louanges, vous satisfaire par toutes ces satisfactions, vous adorer et vous aimer par toutes ces adorations et ces amours, vous remercier par toutes ces actions de grâces, et vous glorifier par toute cette gloire.


Autre Acte

Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, avec votre Fils adorable, et le Saint-Esprit, je déteste tous mes péchés plus que tous les maux ensemble ; et j'en ai regret du plus intime de mon cœur, dans la seule vue que les intérêts de votre divine Majesté en sont blessés, sans considérer les miens ni du côté de la peine, ou de la récompense, ni de la part du temps, ou de l'éternité, ni en la vue du Paradis ou de l'Enfer. Ah ! je m'unis à toute la douleur que l'adorable Jésus votre Fils bien-aimé a eue. Je vous offre pour y satisfaire toutes ses satisfactions, toute sa passion douloureuse, et sa précieuse Mort.


Autre Acte

Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, je vous y adore avec votre Fils bien-aimé, et le Saint-Esprit. Je vous offre toutes les satisfactions de l'adorable Jésus, tous ses mérites pour tous les péchés des hommes, et en particulier des Chrétiens, afin que vous en détourniez votre colère, que vous donniez la paix à votre Église, et à tous les Princes Catholiques, et la victoire contre les infidèles et hérétiques, afin que votre règne arrive par la destruction de l'infidélité et de l'erreur dans les pays des infidèles et des hérétiques, et par la destruction du péché, et de l'établissement de votre amour dans les pays des Catholiques ; et en particulier sur mon être et toutes les opérations de mon être, sur toutes mes pensées, paroles, actions et souffrances.


Autre Acte

Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, en considération de votre Fils bien-aimé, dont vous avez bien voulu que j'eusse l'honneur d'être l'un des membres en qualité de Chrétien, ah ! faites que je soutienne par votre grâce dignement une qualité si divine, qu'en qualité de membre de votre Fils bien-aimé, je ne sois animé que de son pur Esprit ; qu'il me gouverne, qu'il me conduise, et qu'il soit le principe de toutes mes actions et souffrances : en sorte qu'en toutes choses j'agisse par ses divins mouvements dans l'union avec l'adorable Jésus mon divin Chef, étant dépouillé du vieil homme.

(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)


Reportez-vous à Exercice de la présence de Dieu, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Dieu qui est présent partout demande de l'amour, Dieu qui est partout demande le respect extérieur, Dieu qui est partout, demande le respect intérieur, Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte TrinitéAveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de DieuMéditation sur l'oubli de la présence de DieuMéditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.














mercredi 8 juin 2022

Exercice de la présence de Dieu



Cet exercice consiste dans un simple regard de Dieu par la foi, par une application affectueuse, sans bandement de tête, ni aucun effort de l'imagination, à quoi il faut prendre garde, de peur de se blesser la tête, et de se faire mal ; et de cette manière on évitera les inconvénients que l'ignorance et l'indiscrétion causent souvent ; et on n'aura pas l'esprit dans la contrainte que quelques-uns attribuent mal-à-propos à ce saint exercice, qui est tant recommandé par les Saintes Écritures, et dans les écrits des Pères de l'Église, et de tous les Docteurs qui ont été remplis du Saint-Esprit. Il est bon à son réveil, dès le matin, de commencer la journée par ce divin exercice ; et d'en faire un saint usage de temps en temps durant le jour ; et pour cela la séraphique sainte Thérèse est d'avis que l’on se serve de saintes industries pour ramener à Dieu notre pauvre esprit qui en est si égaré. On peut se servir pour cela des horloges qui forment les heures, se mettant en la présence de Dieu à toutes les heures : et ce sera un moyen d'en acquérir peu à peu l'habitude avec les secours divins. Il y en a plusieurs qui récitent quelques prières vocales à chaque heure du jour, et c'est une pratique très-bonne et très-louable ; mais souvent cela se fait avec peu d'application; et quelquefois par pure coutume. Dieu serait bien plus glorifié, que l'on entrât dans un véritable recueillement, pour le voir présent par la foi, et pour ensuite l'aimer et l'adorer. On peut dans la campagne, où il n'a point d'horloge, se servir de quelques autres moyens, pour se souvenir de cette divine présence quatre ou cinq fois tous les matins, et autant après avoir dîné.
Il y en a qui portent sur la manche une croix de deux épingles croisées, on pourrait n'y en mettre qu'une seule, comme on en met souvent pour se souvenir de quelque chose ; et cela leur sert pour voir Dieu présent par la foi, ce qui contribue beaucoup à empêcher qu'on ne l'offense dans les occasions, ou à faire ce qu'il demande de nous, et à souffrir en patience les maux qui arrivent.
Comme cet acte intérieur de la présence de Dieu se peut faire en très-peu de temps, il n'y a rien qui empêche que l'on ne s'en serve au milieu des compagnies, aussi-bien que si l'on était seul, dans tous les exercices extérieurs, parmi les affaires, les soins que l'on doit prendre, en étudiant, en se divertissant, et enfin dans quelque état que l'on se trouve. On peut même en faire usage durant les maladies ; car comme il consiste dans un simple souvenir affectueux par la foi de Dieu présent, sans s'en former d'images distinctes, cela n'apporte aucune incommodité. Il est bon, lorsque l'on est en santé, et que l'on se trouve seul, de se mettre à genoux à toutes les heures pour adorer la suprême Majesté des trois Personnes divines de la suradorable Trinité, et même de se prosterner devant sa grandeur infinie.
J'ai connu des Communautés Religieuses dans lesquelles cet exercice de la présence de Dieu était ordinaire parmi leurs pensionnaires, en sorte qu'à chaque heure toutes se mettaient à genoux pour adorer ce Dieu d'infinie Majesté présent. J'ai connu même des familles séculières où l'on n'y manquait pas, les maîtres et les serviteurs s'en acquittant avec bien de la fidélité, à moins qu'il ne se rencontrât des personnes étrangères du dehors ; et encore lorsqu'on les en jugeait capables, on les invitait à faire de même. Je demeure d'accord qu'il faut en ce sujet user de discrétion : mais chose étonnante, si quelque Grand de la terre nous faisait l'honneur de nous venir voir, non-seulement nous, mais tous ceux qui se rencontreraient, ne manqueraient pas de lui rendre leurs respects ; et nous prendrions bien la liberté de leur en donner avis s'ils ne le faisaient pas. Un Ecclésiastique de ma connaissance, pénétré de cette vérité, en use avec bénédiction dans les occasions, et particulièrement quand on le vient voir : et il invite de tous côtés ceux avec qui il se trouve, d'adorer Dieu présent, leur en faisant faire en même-temps l'exercice. Les Pères Chartreux ont une coutume sainte, lorsqu'on les visite, ils commencent toujours la conversation par la prière, et se mettent à genoux. C'est ce qui était ordinaire parmi les premiers Chrétiens. Mais malheur à nous, qui avons dégénéré si lâchement de cette première ferveur !
Cet exercice de la présence de Dieu, fait que l'on s'acquitte saintement des bonnes actions, qui souvent se font avec une négligence lamentable. Il serait à désirer que l'on s'en servît au commencement des prières, et lorsque l'on récite l'Office au commencement de chaque heure. Certainement si on considérait bien la Majesté infinie de Dieu présent à qui l'on parle, on se donnerait bien de garde de le prier avec une telle précipitation de paroles, que l'on passerait pour ridicule si on parlait de la même manière à un valet. C'est ce qui arrive même en la célébration des Mystères divins ; et les enfants ou autres qui répondent particulièrement lorsque l'on récite les versets qui se disent immédiatement après le Confiteor, au commencement de la sainte Messe, ou au Kyrie, eleison, le font avec tant de vitesse, que les hérétiques en ont fait le sujet de leurs railleries. Ô ! si les Prêtres faisaient une sérieuse attention aux Mystères redoutables qui se passent en la sainte Messe, au grand Dieu des éternités qui se rend présent entre leurs mains, dans quels anéantissements ne seraient-ils pas ? Avec quels respects tous les peuples ne feraient-ils pas leurs prières ?
Les distractions involontaires, et qui ne sont pas causées par quelques attachements, ou par trop d'épanchement dans les choses extérieures, ne doivent pas embarrasser. Il faut donner le temps à ce qui est nécessaire dans l'ordre de Dieu, et ne négliger rien des obligations de son état. Mais il faut retrancher les occupations inutiles, et ne donner que le nécessaire à ce qui est de notre obligation. Il faut retirer son esprit de tous les embarras inutiles des créatures, qui sont cause que nous oublions le Créateur. Il faut ôter de son cœur toutes les affections qui en divertissent. Le trop de présence des créatures, nous prive de la présence de Dieu. Si nous veillions bien à retrancher les occupations qui ne sont pas nécessaires, nous trouverions du temps pour nous occuper des choses célestes. Se peut-on figurer un aveuglement plus étrange que celui de ces gens qui disent qu'ils ont trop d'affaires, et qu'ils n'ont pas le loisir de donner quelque heure pour méditer saintement sur leurs affaires éternelles. Ces gens ne trouvent-ils pas le temps de dormir, de boire et de manger, de faire des visites, et d'en recevoir, et de s'entretenir avec les hommes ?
Après tout, c'est un honneur si grand, que celui que Dieu nous fait de vouloir bien nous permettre, chétifs néants que nous sommes, de le regarder, et de l'entretenir, qu'il n'y a point de peine que nous ne devions souffrir avec joie pour avoir cette grâce. Ainsi, il sût porter avec patience et en paix l'importunité des distractions, l'ennui, et la privation du sentiment, et de toute consolation. Souvent il arrive que dans les commencements la présence de Dieu est plus sensible, et que dans la suite du temps les sens n'y ont point de part. Mais la foi nous doit suffire. Si l'on considère les peines que se donnent les Courtisans des Rois, et le plaisir qu'ils ont s'ils leurs disent quelque parole après avoir employé bien du temps à leur faire la cour, on verra très-clairement que tout ce que l'on souffre est très-peu de chose, dans l'exercice de la présence de Dieu.
Comme cette Majesté suprême est présente à toutes sortes de personnes sans aucune exception, il n'y en a point sans réserve qui ne doivent s'y appliquer, et les plus grands pécheurs même. Ce serait le grand moyen de se retirer de l'abîme de leurs vices, et d'obtenir des grâces singulières pour faire de dignes fruits de pénitence. Il faut pour ce sujet ménager quelque temps de retraite. Ceux qui vivent dans la campagne loin des embarras des Villes, en ont une heureuse occasion. Ô ! qu'il serait doux, se promenant dans quelque allée d'un jardin, d'un bois, ou en quelque autre lieu à l'écart, et éloigné des compagnies de la terre, de se souvenir de celle que l'on a des trois Personnes divines de la suradorable Trinité, et d'en faire un divin usage, se mettant à genoux lorsque l'on est seul, pour les adorer, et s'anéantir devant leur grandeur infinie.

(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)


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dimanche 29 mai 2022

Dieu qui est présent partout demande de l'amour



Dieu, selon le témoignage de l'Apôtre, est un feu consumant, et le Disciple bien-aimé nous assure qu'il est l'amour même. Si donc Dieu est un feu et l'amour même, et que Dieu étant partout soit en nous, partout nous sommes donc dans le feu et dans l'amour. Quel moyen donc de ne pas brûler, et de ne pas aimer ? Être au milieu des feux et des flammes sans brûler, être tout plongé dans l'amour sans aimer, c'est ce qui ne se peut comprendre. Sera-t-il dit que le fer ne pourra pas être longtemps dans une fournaise ardente sans prendre les qualités du feu, et que nous aurons un feu infini dans nos poitrines, et que cependant nos cœurs seront toujours glacés ? Il me prendrait ici envie d'aller crier partout au feu, au feu, non pas pour l'éteindre, mais pour l'allumer où il ne brûlerait pas, et pour appeler au secours tous ceux qui aiment véritablement, afin que tous ensemble, nous le fissions brûler toujours davantage. Si nous considérions bien dans un profond recueillement ces paroles de notre grand Maître : Je suis venu apporter le feu en terre, et que veux-je, sinon qu'il y brûle ; entrant dans les desseins de ce Dieu d'amour, nous ne penserions plus à autre chose, nous ne voudrions plus autre chose, nous ne travaillerions plus à autre chose. C'est tout ce que nous demanderions.
J'ai connu une personne, qui, dès son bas-âge, prévenue des bénédictions de la douceur de la divine Providence, était pressée de demander fortement et instamment le divin amour. Ô mon Dieu, disait-elle, votre saint amour ! C'est votre amour que je cherche, c'est votre amour que je vous demande. Je ne désire que cet amour. Je n'aspire qu'après cet amour. Et Dieu qui est riche en miséricorde sur tous ceux qui l'invoquent, lui en a fait porter des effets très-singuliers dans la suite de ses années, et l'a conduite toujours par les voies du pur amour de Dieu seul.
J'ai joie de pouvoir par ce petit écrit crier à l'amour, au pur amour de Dieu seul en trois Personnes, à tous ceux qui le liront, et de leur dire : Aimons Dieu généralement dans toutes nos actions, dans toutes nos souffrances, dans tout ce que nous sommes. Aimons Dieu incessamment dans tous les moments de notre vie, dans l'instant de notre mort, pour ne cesser jamais de l'aimer après la mort. Aimons Dieu uniquement, toujours Dieu seul, quoiqu'il arrive, quoiqu'il nous en coûte ; ne soyons pas assez malheureux pour partager nos cœurs et nos affections. Que tout l'être crie, en sorte que Dieu seul les remplisse sans aucune exception, et il nous doit grandement suffire.
Mais si nous l'aimons, nous le possèderons, et si nous en jouissons, nous possédons un bien souverain, infini. Nous serons donc bien riches, bien en honneur, bien dans la joie, quand d'autre part nous serions les plus pauvres du monde, et que notre vie se passerait dans la douleur. Nous serons bienheureux dès ce monde, et d'un bonheur que personne ne nous peut ôter, ni les hommes, ni les démons. Il n'y aura que notre seule malice. Après cela faut-il s'étonner si le grand Apôtre nous exhorte, et il le réitère plusieurs fois, à une joie continuelle. Il nous apprend donc que la joie du Chrétien doit être sans intermission ; ce qu'il faut entendre de la partie supérieure de l'âme. Joie qui compatit bien avec tout ce qui se passe de plus affligeant, et en même temps dans la partie inférieure. Ce qui ne laisse aucun lieu de douter en notre bon Sauveur Jésus-Christ, qui en même temps que sa partie inférieure était abîmée dans une mer de peines, sa très sainte âme dans sa suprême partie, jouissait de la vision béatifique.
Dieu seul est l'élément de notre âme ; c'est en lui seul que nous pouvons trouver notre véritable repos. L'homme a beau faire hors de lui, quand il aurait tout le monde entier, il n'aura jamais une pleine satisfaction. Si vous tirez un poisson hors de l'eau qui est son élément, il souffrira quand vous le mettriez dans un bassin d'or chargé de perles. Dieu est donc le lieu divin de la demeure de notre âme. C'est ce que nous avons bien à considérer.
Que le Seigneur soit béni de l'intelligence qu'il nous donne de ces divines vérités. Je l'avais toujours présent devant moi, dit le Prophète Roi : c'est pour cela que mon cœur se réjouit, et que ma langue chante de joie, et que de plus ma chair reposera en espérance. Il appelle ensuite cette voie le chemin de la vie. Il dit, que la vue de Dieu le remplira de joie, et que les délices qu'il donne n'auront jamais de fin. Ô qu'il est doux et glorieux de servir un tel Maître !

(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)


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dimanche 22 mai 2022

Dieu qui est partout demande le respect extérieur



Que votre modestie soit connue à tous les hommes, s'écrie le grand Apôtre, parce que le Seigneur est proche : et il est bien proche, puisqu'il est plus où nous sommes, que nous n'y sommes nous-mêmes. Nous agissions, nous touchons, nous marchons dans son essence divine. Ah ! si les personnes considérables donnent du respect, si des gens qui jouent et qui badinent s'arrêtent aussitôt, et règlent leur extérieur à la vue d'une personne qualifiée qui arrive, y a-t-il lieu dans la terre, y a-t-il occasion où notre extérieur même ne doive pas être réglé ; puisque partout nous sommes en la présence de Dieu, et dedans Dieu. Le très-illustre Prélat de Bellai, rapporte qu'ayant eu la curiosité d'épier saint François de Sales, pour voir en quel état, et en quelle posture il était lorsqu'il se trouvait seul, il l'avait toujours vu dans une modestie admirable. C'est que ce saint Évêque agissait en la présence de Dieu.
Mais n'est-ce pas ce que tous les Chrétiens devraient faire ? Ces enfants de lumière, et qui sont appelés encore par l'Apôtre la lumière même en Jésus-Christ, ne doivent pas vivre comme ceux dont l'esprit est obscurci de ténèbres, qui, par leur ignorance née de l'aveuglement de leur cœur, sont éloignés de la vue de Dieu ; mais ils doivent se renouveler dans l'esprit de leur raison, selon l'expression de l'Écriture, c'est-à-dire, se servir de leur raison, comme éclairée, et conduite par l'esprit de Dieu ; comme soumise à lui, comme régénérée, comme celle qui est la lumière du nouvel homme, qui est créé selon Dieu dans la justice, et dans la sainteté de la vérité. C'est-à-dire, dans la séparation des choses présentes, et dans la consécration, et l'application à Dieu : non selon le mensonge du monde, mais selon la vérité, et la pureté de Dieu le Père, et de Jésus-Christ son Fils, qui a demandé : Sanctifiez-les en vérité.
Ils doivent vivre, dit encore l'Apôtre, comme des enfants de lumière, et n'avoir nulle part aux œuvres infructueuses des ténèbres ; mais au contraire les reprendre. Ces œuvres procèdent de l'ignorance de Dieu, et du défaut d'attention à sa divine présence. Ceux qui font mal, en détournent leurs yeux de peur de bien faire, et ils se laissent aller à toutes sortes d'immodesties, parce que Dieu ne leur est pas présent ; mais ceux qui le regardent, marchent prudemment, et non pas comme ces insensés. Ils ne sont pas imprudents, parce qu'ils considèrent que Dieu les voit.
Dans la vue de la présence de sa Majesté infinie, ils ne font rien qu'ils ne voudraient faire devant les premières personnes de la terre : non-seulement ils ne font aucune action mauvaise, mais ils ne les nomment pas, comme il est bien séant parmi ceux qui sont les membres de Jésus-Christ. On ne les entend pas même parler ni de folie, ni de raillerie, ni de choses impertinentes et inutiles. S'ils parlent, c'est comme des gens qui sont écoutés de Dieu. En toutes choses ils n'en perdent pas la vue, et dans les actions même les plus basses, comme celles du boire, du manger, du dormir. Ainsi, ils y gardent la modération chrétienne, et en évitent l'excès. Ils se récréent en sa présence suradorable, comme des enfants devant un bon père ; mais qui est très-sage. Ils vont à la promenade, ils conversent, ils se divertissent, ils font enfin tout, et ils souffrent tout, ayant toujours Dieu devant leurs yeux.
David était Roi, et par suite, au milieu des plus grands embarras du monde, et parmi tout ce qu'il y a dans le siècle qui y peut apporter plus de distraction ; et cependant il assure que ses yeux sont toujours élevés vers le Seigneur, et que les pensées de son cœur sont toujours en sa présence. Aussi, il déclare que le Seigneur est l'appui de ceux qui le craignent, et que son alliance est de se manifester à eux. Si nos ténèbres sont si épaisses qu'elles nous empêchent cette précieuse grâce, c'est que nous nous les formons nous-mêmes par nos péchés, dont les moindres donnent toujours quelque obscurité à l'esprit.
Ah ! si nous nous réveillions du profond assoupissement où nous vivons, agissant comme si Dieu était bien éloigné de nous, et que nous laissant à sa pure lumière, nous fussions pénétrés de sa divine présence, pour lors nous accomplirions ce que le grand Apôtres demande de tous les Chrétiens ; notre modestie serait connue à tous les hommes.
C'est cette divine présence qui a causé des respects si singuliers aux âmes éclairées. On trouvait un Religieux de la Compagnie de Jésus, prosterné le visage contre terre dans sa chambre dans des abaissements étonnants ; et comme l'on en était surpris, ah ! s'écriait-il, eh ! ne voyez-vous pas l'infinie Majesté de Dieu qui est ici présente ? Dans cette pensée le célèbre Grégoire de Lopez marchait découvert, la tête nue ; et feu M. de Renty, Gentilhomme, d'une vertu éminente ; allait de la même manière quelquefois, exposé au soleil et aux incommodités de l'air.

(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)


Reportez-vous à Dieu qui est présent partout demande de l'amour, Dieu qui est partout, demande le respect intérieur, Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte TrinitéAveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de DieuMéditation sur l'oubli de la présence de DieuMéditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.














mercredi 6 avril 2022

Dieu qui est partout, demande le respect intérieur



Le respect est dû aux Rois de la terre, et c'est ce qui est inséparable de la haute élévation où les met leur grandeur royale. On peut voir même par une induction générale de toutes les personnes qualifiées, qu'elles s'attirent la vénération de celles qui leur sont inférieures. Où iront donc nos respects pour la présence de Dieu, devant qui toutes les Majestés du monde, et tout le reste des créatures ne sont qu'un peu de poussière, et même sont moins que rien ? Apprenons de l'adorable Jésus ce que nous lui devons rendre. Ô si nous étudions bien en sa divine école, efforçons-nous en sa sainte vertu de nous instruire aux pieds de ses Autels, de la manière étonnante qu'il y réside. Ah ! nous l'y verrons autant de fois anéanti, qu'il s'y rencontre en la divine Eucharistie. Ô merveille ! ô miracle d'une humiliation incompréhensible ! Celui qui est égal à son Père, et Dieu comme lui, se faisant homme, s'anéantit lui-même en autant de lieux qu'il se trouve, par le respect qu'il lui porte. Ah ! que ferons-nous donc, chétifs néants que nous sommes. Celui qui est tout, se met dans le rien devant la grandeur infinie de son Père, et où le rien se mettra-t-il ? Il ne faut pas s'étonner si les Saints, après cela, ont toujours vécu dans un esprit de sacrifice ; s'ils ont été des hosties vivantes, s'immolant sans cesse à la grandeur de Dieu par la destruction de leurs passions, de leur propre esprit, de leur propre volonté, des plaisirs des sens, et évitant d'être quelque chose dans les autres créatures, ne voulant y avoir aucune part, soit dans leur esprit par leur estime, soit dans leur cœur par leur amitié ; car ils ne pouvaient souffrir d'entrer en partage avec Dieu, et d'occuper au moins une partie des esprits et des cœurs, qu'il doit remplir lui seul : et pour ce sujet, que n'ont-ils pas fait pour se cacher, pour n'être rien dans les créatures, ou pour s'y perdre dès-lors qu'ils se sont aperçus qu'ils y étaient quelque chose, prenant toutes sortes de voies, et les plus humiliantes pour s'y détruire ?
Le respect donc intérieur que nous devons à la présence de Dieu, est un état d'anéantissement perpétuel que nous devons porter, lui sacrifiant sans cesse tout ce que nous sommes, tout ce que nous faisons, et tout ce que nous souffrons, le monde et toutes les créatures du monde. Voilà le fond de la disposition respectueuse que nous devons à son adorable présence.
Dans cet état d'anéantissement, ne se regardant plus soi-même, on ne voit plus que Dieu ; et à la vue de sa Majesté suprême on fait tout le bien qu'il demande de nous. Pour lors les voies qui conduisent à lui, et qui sont les plus difficiles, deviennent aplanies, et le cœur se trouvant dilaté, on court dans les sentiers les plus saints de la perfection Chrétienne ; car il n'y a rien qui anime davantage que la vue de sa divine présence. N'est-ce pas même ce qui arrive parmi les enfants du siècle ? Que ne font pas les soldats quand ils combattent à la vue de leur Roi ? De simples ouvriers même travaillent avec plus de vigueur, quand celui qu'ils servent a les yeux sur eux, et qu'ils savent qu'il les regarde.
Davantage on ne fait pas seulement le bien, mais on le fait dans une grande perfection ; ce qui remédie à une infinité de dérèglements qui se trouvent dans les meilleures actions que l'on fait souvent très-imparfaitement. La présence de Dieu sanctifie encore les actions les plus indifférentes, comme celles du boire, du manger, du dormir, des récréations nécessaires. Elle fait agir le Chrétien en Chrétien en toutes choses, par des principes surnaturels, à la différence des honnêtes infidèles, qui, en plusieurs choses, agissent moralement bien : comme lorsqu'ils assistent les misérables, qu'ils honorent leurs pères et mères, que les pères aiment leurs enfants, les maris leurs femmes : mais qui ne font ces choses que par nature, et non pas par la grâce.
Mais le respect qui est dû à la présence de Dieu, demande particulièrement que l'on évite le péché. Ô combien cette vérité est efficace pour nous empêcher d'offenser la Majesté infinie de cet être suradorable. Dieu nous regarde. Ce Solitaire s'en servit saintement à l'égard d'une malheureuse qui le sollicitait au péché : Allons, lui dit-il, dans la place publique ; ce qui ayant comblé de confusion cette infâme créature, qui s'écria, qu'il n'était pas possible de commettre des actions pareilles devant tant de monde : Héla, lui répondit le Solitaire, comment donc peut-on les faire devant Dieu ? Un autre Hermite se servit encore heureusement de la même pensée, qui, dans un voyage, s'étant trouvé dans une hôtellerie où il rencontra une femme qui le portait au crime, il lui dit qu'il le voulait bien, à condition qu'elle le menât en quelque lieu si retiré, qu'ils n'y puissent être aperçus de personne. Ensuite cette femme l'ayant conduit dans plusieurs chambres écartées (car l'Hermite lui disait toujours qu'il n'en trouvait pas d'assez retirée) comme elle lui en demandait la raison ; c'est, lui dit-il, que je n'en trouve point où nous ne soyons vus de Dieu.
Où ira donc le pécheur pour se cacher de son esprit, et pour fuir de devant sa face ? Il n'y a point de ténèbres qui le puissent cacher à ses yeux ; car la nuit même sera lumineuse au milieu de ses plaisirs. L'obscurité des ténèbres n'est point obscure pour Dieu, elle est claire pour lui comme le jour, et la nuit et le jour sont à son égard les mêmes choses. Comment donc faire en sa divine présence, ce qu'on ne voudrait pas devant la moindre honnête personne ? Si saint Bernard s'étonnait si fortement de ce que l'on osait pécher en la présence de son Ange gardien, dans quels étonnements devons-nous être de ce que l'on est assez hardi d'offenser Dieu devant Dieu ?
Mais voici quelque chose de bien plus surprenant : c'est que non-seulement le pécheur commet ses crimes en la présence de Dieu, mais dans Dieu même, dont l'immense Majesté remplit toutes choses. Certainement cette vérité est grande et efficace : Dieu nous regarde. Mais c'est une vérité sainte et terrible, nous sommes dans Dieu ; nous aurions bien de la peine à contenir ici nos larmes, si nous avions plus de lumière et plus d'amour. Hé ! quoi donc, le pécheur offense Dieu dans Dieu même. C'est dans Dieu que cet impie le blasphème, que ce vindicatif se venge, que l'on profère tant de mauvaises paroles, et enfin que l'on commet toutes les méchantes actions. Après un attentat si horrible contre la grandeur infinie du Créateur du ciel et de la terre, cessons de nous étonner s'il le punit par des supplices éternels. Ô, si l'on était fortement pénétré de ces tourments inexplicables !
Dieu est plus dans nous que notre propre âme, rien donc ne lui peut être caché. Nous entendons et nous imaginons dedans son être. Cette vérité nous fait connaître que toute cette grande multitude de créatures qu'il voit, ne diminue rien de ses attentions, et qu'il nous considère aussi attentivement, que si nous étions seuls dans tout l'Univers. Il n'est pas un seul instant sans nous regarder, il considère toutes nos actions les unes après les autres, il les pèse, tous nos gestes, tous nos mouvements ; et il n'y a pas une seule de nos pensées qui ne demeure à toute éternité dans sa connaissance.
Il ne faut pas s'inquiéter des mauvaises que l'on souffre avec peine, et sans y donner un consentement libre : toutes les plus abominables qui arrivent contre notre volonté, ne nous peuvent rendre désagréables à Dieu. Elles ont servi d'exercice aux plus saintes âmes, et elles ont aidé à leur perfection. Elles ne sont criminelles que lorsque l'on y adhère librement : mais comment pouvoir le faire ? Il est vrai que nous rougirions, si souvent ce que nous pensons, était connu de la dernière créature du monde : comment donc nous y entretenir volontairement dans Dieu même ? Comment même nous amuser non-seulement dans des pensées mauvaises, mais dans tant de pensées ridicules, ou vaines, ou inutiles ?
Mais si nous rougirions de nos pensées si elles étaient connues de la plus chétive créature ; que ferions-nous, si une ville entière, si une province, si tout un royaume le savait ? On se met en colère si l'on fait quelque rapport de nos défauts ; et cependant, dit un serviteur de Dieu, quand Dieu les voit, ils sont plus connus que s'ils étaient publiés à son de trompe par toute la terre ; et il y a plus d'infamie que s'ils étaient rapportés dans une assemblée de tout ce qu'il y a de grand, de sage et d'illustre dans le monde.
Ô l'horreur d'une âme qui est dans le péché ! Qui pourrait donner à entendre combien c'est une chose énorme, de le commettre devant une si grande Majesté ! J'ai été saisie de frayeur, s'écrie sainte Thérèse, pensant à cette horreur. Ne vous en étonnez pas, mais seulement comme je peux vivre lorsque j'y fais réflexion. Dieu lui avait fait voir l'âme comme un clair miroir transparent, qu'il remplissait de ses divines clartés, et dans lequel il se manifestait d'une manière admirable.
Quelle abomination de désolation, lorsqu'elle est souillée d'un péché mortel, et qu'elle substitue le démon à la place de Dieu. Ce n'est pas que sa Majesté infinie cesse d'y être ; mais autant qu'il est en elle, elle en rend le démon le maître. Ces horreurs peuvent-elles se concevoir ?

(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)


Reportez-vous à Dieu qui est partout demande le respect extérieur, Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte TrinitéAveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de DieuMéditation sur l'oubli de la présence de DieuMéditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.













samedi 2 avril 2022

Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence



C'est le propre des grandes choses, de celles qui sont extraordinairement belles et rares, d'attirer les yeux, et d'occuper l'esprit. Ainsi, vous verrez des gens qui y sont attachés avec plaisir, et qui ont de la peine à en retirer leurs yeux. Ah ! si cela est, comment ne point avoir d'application à la présence de Dieu, devant qui toutes les beautés les plus charmantes ne sont que de vilaines laideurs, devant qui tout ce qu'il y a de plus rare parmi les choses créées, soit dans la terre, soit dans le ciel même, ne mérite pas qu'on s'applique un moment à le regarder ? Est-il possible que ce Dieu qui fera toute l'occupation du Paradis, et dont l'occupation en fera la félicité, qui est un bonheur infini, soit ainsi dans l'oubli en ce monde ; et qu'étant partout, partout on ne le voie point ?
Mais dira-t-on, c'est qu'il est caché à nos yeux corporels. Réponse bien indigne de l'homme, qui n'a pas seulement un corps qui a des yeux, ce qui lui est commun avec les bêtes, mais une âme spirituelle, douée d'intelligence, qui lui fait discerner ce que les sens n'aperçoivent pas. Nous avons dit que plusieurs Philosophes, par la seule lumière naturelle, avaient connu la présence de la Divinité en toute chose. Mais réponse intolérable dans le Chrétien qui a reçu le don de la foi, qui est un œil spirituel qui lui découvre certainement la présence de Dieu qui est partout, et avec plus d'assurance que les choses qui sont plus présentes à ses sens. Est-ce donc que ce bel œil qui est même éclairé par la lumière divine, lui sera inutile, et qu'il n'en sera point d'usage ?
Quoi donc, il sera vrai que nous marcherons dans Dieu ; que si nous regardons, nos regards passent à travers de Dieu ; que si nous respirons, c'est en Dieu ; que l'être de Dieu est intimement présent à notre être, qu'il le pénètre, qu'il l'anime, qu'il le soutient, qu'il lui donne la vie, l'opération, et tout ce qu'il a, et que néanmoins nous ne le regarderons pas seulement, on n'y pensera pas ?
Cependant on regarde, on s'applique à tout ce qui tombe sous les sens, en sorte, dit saint Augustin, qu'il semble que l'homme soit devenu tout chair ; car il ne pense qu'à ce que ses yeux de chair lui découvrent. Étrange et malheureuse corruption ! Infâme extase bestiale, par la domination de la partie animale ! Ainsi, l'homme dépravé est tout occupé des choses sensibles, soit qu'il soit seul, soit qu'il soit en compagnie. Que l'on fasse réflexion sur l'occupation des hommes ; leur pauvre esprit n'est rempli que de créatures, de terre, et des choses de la terre, de maisons, de jardins, de bois, de rivières, d'ameublements, de chevaux, d'équipages, d'habits, d'honneurs, de plaisirs, et des biens temporels. C'est à quoi ils pensent, c'est ce qu'ils aiment. Voilà le sujet de leurs entretiens, la matière de leurs conversations, pendant, hélas ! que l'on passe sa vie dans la désoccupation du Créateur.
Un serviteur de Dieu, (et c'est ce que nous avons rapporté autre part, dans l'un des ouvrages que la divine Providence nous a fait donner au public) arrivant à Paris par la voie d'un carrosse public, entendant toutes les personnes de sa compagnie qui s'entretenaient des nouveaux bâtiments que l'on avait faits dans cette grande ville, et qui s'invitaient à la regarder. Hélas ! dit-il, et personne ne pense à dire que Dieu est ici, et personne ne pense à le regarder. Un autre faisant voyage sur l'eau dans un bateau plein de monde, comme quelques-uns ayant remarqué qu'il était tout pensif, et qu'il ne disait rien, lui en eussent demandé la cause ; hélas ! leur répondit-il, c'est que je pensais à l'intime présence de Dieu qui remplit ce bateau, et que personne n'y pense. Le même, dans plusieurs autres voyages, ne pouvait assez s'étonner, qu'il ne trouvait que des gens qui s'occupaient de tout ce qui se présentait à leurs yeux corporels, sans se souvenir de l'immense Majesté de Dieu qui remplit toutes choses. Mais ce qui le surprenait davantage, est que lorsqu'il leur montrait combien il était juste de s'y appliquer, une si grande vérité ne faisait aucune impression, ni sur leurs esprits, ni sur leurs cœurs. Ah ! disait-il en lui-même, il faut que l'esprit et le cœur de l'homme soient dans un épouvantable dérèglement ! On lui dit : voilà des bêtes, des maisons, des arbres : il les regarde, il en parle, il ne fait son entretien ; on lui dit : voilà Dieu, et il n'y pense pas, et il n'en parle point ! On plaignait la personne dont nous parlons, qui , dans un long voyage, se trouvait seule dans un carrosse public ; et elle ne pouvait assez admirer la l'aveuglement des gens qui ne considéraient pas qu'elle avait avec elle les trois Personnes divines de la suradorable Trinité. Si en passant par quelques lieux, et que l'on prît quelqu'un dans le carrosse, on lui marquait que ce lui serait une satisfaction d'avoir de la compagnie : ô pauvres aveugles, disait-elle en elle-même, j'en ai bien une autre ; et bien loin d'avoir du plaisir de celle des créatures, elles me donnent de la peine ; car elles ne servent qu'à divertir de celle du Créateur.
Ô qu'une âme qui découvrirait la présence de Dieu, y goûterait de délices, et qu'elle y trouverait de matière pour s'entretenir avec cette suprême Majesté ! Ô quelle différence entre la vie des sains Anachorettes, et celles des personnes qui vivent dans le siècle ! Les créatures du monde, à peine peuvent-elles supporter la retraite. Il leur faut toujours de la compagnie, et des divertissements qui ne sont que bagatelles. Elles passent leur vie à s'entretenir avec d'autres créatures leurs semblables, et une demi-heure que dure la célébration du très-saint Sacrifice de la Messe, leur paraît bien longue. On crie si un Prédicateur parle plus d'une heure des plus grandes vérités de la Religion. On dit qu'on a de la peine à s'entretenir avec Dieu l'espace d'une demi-heure ou d'une heure ; et cependant, où trouve-t-on de ces créatures du monde parfaitement contentes, même de celle qui jouissent davantage de ce que l'on y recherche le plus. Leurs jeux, leur bonne chère, leurs récréations, leurs plaisirs, leurs plus belles conversations, donnent-ils à leur cœur un repos entier ? C'est ce qu'ils ne peuvent faire, parce qu'ils n'ont rien de véritablement solide, ils ne sont qu'une pure vanité.
Au contraire les divins Solitaires, dans une entière séparation des créatures, sans avoir de conversation avec elles, sans leurs jeux, leurs divertissements, n'ayant que Dieu seul dans leurs déserts pour compagnie, qui était toutes leurs richesses, tout leur plaisir, possédaient une tranquillité que le monde ne connaît point. Une paix divine qui surpasse tout sentiment, demeurait dans leurs cœurs. Ils menaient une vie angélique, et ils commençaient à en goûter les joies célestes. Ô ! qui pourrait nous dire ce qui s'est passé dans l'intérieur du divin Paul, Hermite, qui a vécu plus de quatre-vingts ans dans le désert, sans jamais y avoir vu ni parlé à personne ; car il y avait plus de quatre-vingts ans qu'il s'y était retiré lorsqu'il y fut visité par saint Antoine. Certainement sa vie a été une vie du Paradis, toujours dans la contemplation de la Divinité.
Malheur à nous, qui en sommes si peu occupés. Malheur à toi, ô monde, dans tes ténèbres, qui, ayant Dieu présent partout, et qui partout ne le regardes pas, et qui t'ennuies si-tôt dans le peu de temps que tu y penses, et que l'on te parle de sa suprême Majesté. Ô si tu savais quel honneur c'est que la permission qu'il nous donne de nous entretenir avec sa grandeur infinie, que ne serais-tu pas pour jouir d'un bien si divin ? Une âme éclairée voit bien que s'il fallait souffrir durant toute la vie pour avoir cette grâce seulement un moment, que ce serait peu de chose : et voici que nous pouvons, quand il nous plaît, et facilement avec le secours divin, jouir de cet honneur inestimable ; et nous le négligeons !
Ô vraiment, s'écriait la séraphique Thérèse, puisque mon Dieu est partout, je ne le laisserai pas sans avoir l'honneur de l'entretenir ! Certainement c'est une indignité insupportable à une chétive créature, de traiter de la sorte son Créateur. Hélas ! voudrait-on en user de cette manière avec une personne un peu considérable ? C'est ce qui paraîtrait insupportable à une créature, et il faut qu'un Dieu le souffre !
Mais d'où vient un aveuglement si excessif parmi les hommes ? C'est que les esprits sont aveuglés par la terre à laquelle ils sont attachés. Ô bienheureux ceux qui ont le cœur pur par le dégagement ; car ils verront Dieu. C'est à eux à qui il se manifeste avec des amours ineffables ; et c'est cette manifestation qui est le don de sa divine présence.
Toutes les créatures à la vérité, avec le secours de sa grâce, peuvent le voir partout, puisqu'il remplit tout de son immense Majesté. Mais dans la voie commune, il faut s'appliquer avec une attention spéciale pour découvrir son adorable présence. Les Chrétiens, avec la lumière de la Foi, s'y appliquent comme ceux qui cherchent quelque chose avec une chandelle durant l'obscurité de la nuit ; c'est avec une attention particulière, et avec peine. Mais il y en a à qui il se découvre par une lumière infuse, et qui marchent sans peine en sa présence, comme ceux qui cheminent pendant la clarté d'un grand jour, à qui les objets sont présents sans aucune difficulté. C'est le don que ce Dieu de toute bonté fait à ceux qui le servent en vérité, par un véritable renoncement à eux-mêmes, au monde, et à toutes les choses du monde. Il s'en est même trouvé qui ont eu ce don continuel : comme il est rapporté du saint Homme, le grand dévot de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu, le vénérable Frère Alphonse Rodriguez, Religieux de la Compagnie de Jésus, comme lui-même l'assura un jour à plusieurs Pères de sa Compagnie, qui, disputant un jour sur ce sujet, estimaient que cela n'était pas possible. Mais ce qui ne l'est pas dans la voie ordinaire, l'est bien extraordinairement, quand il plaît à Dieu d'en faire la grâce.
Ce divin Souverain qui en est le Maître, en dispose comme bon lui semble. Toujours est-il vrai que ceux qui le cherchent le trouveront. Ainsi, le Chrétien, qui, se servant de la Foi, s'applique de temps en temps à son adorable présence, peu à peu avec son secours en aura la sainte habitude, et souvent s'en souviendra.
Il ne faut donc pas borner l'Oraison dans l'espace de nos Églises. L'Apôtre voulait qu'on priât Dieu en toutes sortes de lieux. Tout le monde, dit Saint Cyprien, est le Temple de la Divinité ; dans toute son étendue, l'on y trouve la société des trois Personnes divines de la suradorable Trinité, nous avons donc partout une belle compagnie. Que personne donc ne se plaigne de sa solitude. Que les Religieuses pensent à cette importante vérité, et leur retraite n'aura plus rien de rebutant pour elles ; et ce leur sera une peine d'aller aux parloirs. Les premières carmélites de la réforme de saint Thérèse, assuraient que ce leur était une espèce de martyre, quand elles étaient obligées de s'y rendre ; et leur grand soin était d'en sortir au plutôt. Que les pauvres, et les autres personnes délaissées se consolent, puisqu'elles ont avec elles ces Personnes divines qui font tout le bonheur du Paradis. Ô si elles savaient le don de Dieu ! Il est aisé de se passer des créatures quand on a le Créateur. Comment après cela désirer avec empressement la conversation des hommes, ou se plaindre d'en être privé ?

(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)


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mardi 29 mars 2022

Dieu est partout avec toutes ses grandeurs



Cette vérité est une suite de celle dont nous venons de parler dans le Chapitre précédent ; car si Dieu est partout tout ce qu'il est, il faut nécessairement qu'il y soit avec toutes ses grandeurs, et toutes ses perfections infinies, qui non seulement sont inséparables, mais qui ne sont qu'une même chose avec son essence. Dieu ne possède aucune grandeur en lui-même, qu'il ne rende présente au moins considérable de ses ouvrages. Partout c'est un Dieu fécond qui produit son semblable de sa propre substance ; et puisqu'il produit il est Père, et puisque celui qu'il produit est de sa substance propre, il est son Fils. Tous les deux, le Père et le Fils (deux personnes qui ne sont qu'un Dieu) en produisent une troisième qui leur est égale, parce que se voyant l'une et l'autre parfaites et infiniment aimables, il est impossible qu'elles ne s'aiment infiniment. Elles produisent donc un amour infini, et c'est le Saint Esprit, qui est Dieu comme le Père et comme le Fils. Dans ce mystère suradorable de la Trinité, il n'y a qu'une seule essence divine, et cette seule essence est toute entière dans chacune des trois Personnes. Ainsi, toutes trois son Dieu, puisqu'elles ont toutes la nature divine ; et chacune des trois est Dieu, parce qu'elle a autant la divinité comme les deux autres : mais elles ne sont toutes trois qu'un même Dieu, parce qu'elles n'ont toutes trois qu'une même divinité. Les trois personnes divines sont donc un seul Dieu.
Mais ce seul Dieu en trois personnes est dans la terre, aussi bien que dans le ciel. En quelque lieu que nous puissions être, le Père Éternel y engendre son Fils, et le Père et le Fils y produisent le Saint-Esprit. Ainsi, de cette manière le Paradis est notre Terre, ou notre Terre devient un Paradis. Que nous serions heureux si nos yeux étaient ouverts, et que nous y vissions toujours, comme nos Anges, la face du Père, avec le Fils et le Saint-Esprit. Cependant la foi donne ce privilège au Chrétien.
Nous sommes donc dedans l'être infini de Dieu, dedans l'essence et la substance divine, dedans les propriétés incommunicables, et les attributs personnels de la glorieuse Trinité. Nous puisons notre vie dedans la vie vivante, qui est vie au Père, vie au Fils, vie au Saint-Esprit. Ce Dieu qui est, et qui ne reçoit d'aucun, et partant dont les perfections vont à l'infini, puisqu'il n'y a rien qui puisse lui assigner des bornes, est dans mon être, qui pénètre jusqu'au plus profond de mes artères, et il n'y a rien de si caché qu'il ne remplisse. Ô si la vue d'un objet excellent nous ravit à nous-mêmes, et nous enlève l'esprit et le cœur, où est ici notre foi ? et la vue surnaturelle qu'elle nous doit donner des grandeurs et des beautés infinies de l'être suradorable qui est au dedans de nous, et qui est partout, ne doit-elle pas emporter toutes nos affections dans une heureuse désoccupation des créatures, qui, devant cette haute Majesté, ne sont pas des atomes, et dont les premières et les plus élevées dans le monde sont moins que rien en sa divine présence. Certes une âme séraphique pénétrée de la vue des grandeurs de Dieu, assurait qu'ensuite son âme était comblée de honte lorsqu'elle considérait qu'elle pouvait encore penser aux créatures, et à plus forte raison qu'elle était encore dans le pouvoir d'y engager ses affections : et cette lumière produisait deux grands effets en elle, le premier un saint mépris du siècle et de tout ce que le siècle estime et recherche, voyant dans un grand jour que toutes ces choses n'étaient qu'une vraie vanité, et qu'elles n'étaient que des néants ; le second un respect inexplicable pour la suprême Majesté de Dieu.
Mais quelle douce pensée pour un véritable Chrétien, lorsque considérant que si Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, il y est donc avec sa toute-puissance ! Quel repos ensuite dans son cœur, sachant que toutes les créatures de la terre et tous les démons de l'enfer sont entièrement assujettis à cette puissance qui est sans limites ! Que peut-il donc craindre ? Quand il verrait la terre crouler dessous ses pieds, il demeurerait assuré au milieu de ses ruines, parce qu'il est appuyé sur un Dieu tout-puissant. Sa paix, pour parler avec un Prophète, est abondante comme les eaux d'une rivière, et rien n'est capable de l'ébranler.
Si Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, il y est donc avec ses bontés divines, et qui ne peuvent s'expliquer. Quelle consolation de savoir, que si nous avons au-dedans de nous un Dieu tout-puissant, nous l'y avons aussi infiniment bon, et qui veut bien nous permettre de l'y regarder comme Père ; et un Père devant qui tous les autres ne doivent pas porter ce nom, ses bontés surpassant infiniment tous les amours et toutes les tendresses de tous les pères et de toutes les mères ensemble : mais un Père qui est encore infiniment riche en miséricorde, pour donner le remède à tous nos maux.
Si Dieu est partout avec toutes ses grandeurs et ses perfections, il y est avec sa sagesse qui gouverne toutes choses, qui dispose de toute en des manières admirables ; et qui fait que les plus grands maux deviennent de très-grands biens à ceux qui l'aiment. Il y est avec une Providence qui accable ses chétives créatures sous ses bienfaits. Il étend, dit l'Écriture, ses ailes sur elles, ainsi qu'un aigle sur ses petits, et il les porte sur ses épaules. Il les porte même comme une mère dans son sein. Il assure que leurs noms sont écrits dans ses mains, et qu'il ne les oubliera jamais ; qu'il répandra sur elles ses bénédictions, et qu'elles seront bénies en toutes choses. Il veille sur leur garde avec des soins admirables, et il tient compte jusqu'au moindre de leurs cheveux. Quel moyen après cela de ne pas mettre toute sa confiance en une si douce providence ? Quel moyen de ne s'y pas reposer dans une parfaite tranquillité ?
Mais le Chrétien, bien loin de se servir de la lumière de la foi, qui lui faisant voir Dieu au dedans de lui-même, et partout avec toutes ses grandeurs et ses perfections, lui donnerait des pensées si douces, qu'elles seraient capables d'effacer l'image même des tristesses les plus désolantes, ne s'occupe que de la terre, devient tout terrestre, et vie ainsi malheureusement sujet à la malédiction qui lui a été donnée à raison du péché.

(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)


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