Affichage des articles dont le libellé est Élie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Élie. Afficher tous les articles

vendredi 12 novembre 2021

Efficacité de la prière des justes en faveur des âmes du Purgatoire : L'exemple de Sainte Thérèse d'Avila



Vous avez, sur la parole du Seigneur Dieu, retiré les morts des lieux bas. (Eccli. XLVIII, 5)

Le texte que nous venons de transcrire est extrait du passage du livre sacré où est loué le prophète Élie, dont la prière était, au dire de saint Augustin, comme la clef du ciel, clavis coelorum, lorsqu'il ressuscite le fils de la veuve de Sarepta ! « Exaudivit Dominus vocem Elioe, et reversa est anima pueri intrà eum, et revixit. » (3 Reg. XVII, 22) Ces mêmes paroles sont appliquées, à bon droit, à ces chrétiens pleins de charité qui par leurs pieux suffrages rappellent les âmes des peines du purgatoire aux joies du paradis. Dans ce nombre il faut inscrire au premier rang l'illustre sainte Thérèse, dont les prières avaient en leur faveur une merveilleuse efficacité. Elle raconte elle-même les efforts du démon pour la détourner ou la distraire d'un si charitable exercice.
« Un jour, dit-elle, le soir même de la commémoration des Fidèles Défunts, je me retirai dans mon oratoire pour y réciter l'office des morts : à ce moment, parut un monstre horrible, qui s'arrêta sur le livre, de telle façon que je ne pouvais plus lire ni poursuivre mes prières. Je me défendis par des signes de croix, et l'esprit maudit se retira par trois fois ; mais, à peine me mettais-je en devoir de recommencer la récitation des psaumes, qu'il revenait m'apporter le même trouble et le même dérangement. Il m'était impossible de l'éloigner, si ce n'est en aspergeant le livre d'eau bénite, et en jetant même quelques gouttes sur lui.
Oh ! à ce moment-là, il prit la fuite avec précipitation et me laissa achever mes prières. Je les avais à peine finies, que je vis sortir un certain nombre d‘âmes du purgatoire ; il ne leur avait manqué jusque-là que ce léger suffrage, et c'est pour cela que le démon jaloux voulait l'empêcher. » Elle eut encore un grand nombre d'apparitions, et elle assure que, de tant d‘âmes dont le sort lui avait été révélé, elle n'en vit que trois monter directement au ciel, sans passer par l'expiation. Nous allons donner deux seulement de ces récits.
Une religieuse de son couvent venait de mourir. Thérèse, empressée de prier pour elle, assistait à l'office des morts, lorsque, au commencement de la première leçon des matines, Parce mihi Domine, elle vit l'âme sortir de l'église et voler directement vers le paradis. La seconde fois, ce fut un religieux de la Compagnie de Jésus : elle entendait la sainte Messe à son intention, offrant à DIEU avec le prêtre l'Hostie de propitiation et tout le sang du Sauveur ; tout à coup elle voit apparaître le Sauveur lui-même, la bonté et la miséricorde sur le visage, qui vient prendre cette âme toute rayonnante, et l'emmène avec lui dans la patrie céleste.
Voyant donc ses prières ainsi exaucées, Thérèse s'enflammait d'une ardeur nouvelle pour intercéder en faveur des pauvres âmes. Et non-seulement elle le faisait elle-même, mais elle mettait tous ses soins à répandre cette sainte dévotion dans les monastères de son ordre ; et elle y réussit. Le 2 novembre, après avoir chanté l'office de Requiem, les religieux, et les religieuses de leur côté sans doute, se rassemblaient pour entendre une exhortation sur les âmes du purgatoire et sur les moyens de les soulager ; chacun donnait par écrit la promesse de faire pour elles l'année suivante telle et telle œuvre, les uns des mortifications, les autres de longues prières, ceux-ci des aumônes spirituelles aux pauvres et aux abandonnés, suivant que leur zèle ou leur inspiration particulière les dirigeait. En somme, il s'épanouissait là une moisson admirable, digne de la foi qui la faisait naître.
Don Bernardin de Mendoza avait donné, par acte authentique, une maison et un beau jardin à Valladolid, pour y fonder un monastère en l'honneur de la Mère de DIEU. Il y appela sainte Thérèse, et la pria instamment d'en prendre possession et de mettre immédiatement la main à l'œuvre, comme s'il avait eu le pressentissement qu'il lui restait peu à vivre. Or, cette aumône devait être bien profitable à son âme. La sainte, retenue ailleurs par d'autres fondations de monastères, qui furent la continuelle occupation de sa vie, ne put venir qu'au bout de plusieurs mois. Le donateur, surpris par une fièvre maligne qui lui ôta l'usage de la parole et ne lui permit même pas de se confesser, quoiqu'il donnât les signes de la plus édifiante contrition, était mort dans l'intervalle. En apprenant cette triste nouvelle, à Alcala où elle se trouvait, Thérèse fut saisie de douleur, à la pensée surtout de la privation des sacrements que la rapidité du mal n'avait point permis d'administrer à ce bon seigneur. Elle se répandit aussitôt en oraisons ferventes. Notre-Seigneur lui fit connaître que cette mort avait eu lieu dans des conditions convenables, et que la charité du défunt lui avait été la source de bien des grâces, principalement par l'intercession de Marie, à qui était dédié le nouveau couvent, et que l'âme de Mendoza sortirait du purgatoire le jour où l'on y célébrerait la première messe de communauté. Cette révélation ne laissa plus de repos à la sainte : elle n'attendait que le temps de se rendre à Valladolid, d'ouvrir la chapelle et de délivrer le bienfaiteur de ses sœurs. Elle fut obligée cependant d'aller encore auparavant au monastère d'Avila et d'y rester plusieurs jours. Comme elle s'y tenait un matin en oraison, Jésus daigna la presser lui-même de terminer l'affaire de Valladolid, dans l'intérêt de l'âme qui attendait ce moment pour être couronnée. Elle expédia donc tout de suite, avant elle, le P. Julien d'Avila, afin d'obtenir promptement de l'autorité ecclésiastique la permission de commencer la fondation. Elle-même arriva peu après et appela des maçons pour construire sans tarder les murs de la clôture. Mais, voyant que tout cela exigerait du temps, elle demanda l'autorisation de former une chapelle provisoire, à l'usage de quelques religieuses qui l'avaient accompagnée. Elle l'obtint, et le même P. Julien monta au saint autel. Au moment de communier Thérèse, il la vit dans une grande extase, comme il lui arrivait souvent à ce moment solennel, et il sut ensuite que, à l'instant où elle quittait sa place pour s'approcher de l'autel, l'âme du défunt lui était apparue couronnée de gloire, inondée de joie divine, brillante comme l'astre du jour, l'avait saluée avec respect et remerciée, dans l'effusion de sa reconnaissance, d'avoir hâté son bonheur ; puis, à ses yeux, elle avait pris son vol vers le séjour éternel. La joie de la sainte fut extrême : car elle n'osait espérer encore que cette messe, dans une église provisoire, avant que la maison fût réellement érigée et organisée, pût être comptée pour celle qu'attendait la divine justice. Elle ne cessa de bénir le Seigneur pour cette grâce, que sa charité lui rendait aussi précieuse que si elle eût été faite à elle-même. (V. Vie de sainte Thérèse par elle-même ; s. 31 et 38 ; P. Fr. Ribeira, Vita ejusdem, liv. II, ch. 10 et 12) *.

* On nous permettra de protester ici de nouveau contre l'erreur injustifiable d'un traducteur contemporain des œuvres de sainte Thérèse. le P. Bouix, qui n'a pas craint de défigurer en français le nom de cette grande sainte, en l'écrivant contre toutes les règles de la grammaire et de la tradition, TÉRÈSE. (Le Traducteur)

(Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire, par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus)


Reportez-vous à Combien la prière est utiles aux âmes du Purgatoire, L'intercession des Justes apaise la colère divine, Les souffrances de cette vie ne sont pas comparables à la gloire future, Vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps, Le Seigneur révèle les mystères du royaume de la mort, Dieu instruit les vivants sur les mystères de l'autre vie, L'amour du prochain doit s'étendre au-delà de cette vie, Prière pour les morts, Instruction sur la Fête de la Commémoration des Morts, Prière pour le repos de l'âme d'une pieuse mère, L’œil de la justice divine, Plaintes douloureuses des âmes du purgatoire, La crainte du Purgatoire fait taire la volupté, Combien effrayants sont les tourments du Purgatoire, Le Fils de l'homme rendra à chacun selon ses œuvres, Apparitions et Révélations, le témoignage de Saint Thomas d'Aquin sur les âmes du Purgatoire, Protection miraculeuse, Rigueur de la justice divine, Un Purgatoire plus long à qui n'a pas prié pour les morts, Accusations du démon contre les morts, Prière à Marie pour lui demander sa protection à l'heure de la mort, Prière pour obtenir une bonne mort, Supplications à Marie pour les âmes du Purgatoire, La divine Marie et le scapulaire, Suffrages conformes aux bonnes œuvres accomplies pendant la vie, Grand pécheur délivré par une âme du purgatoire, Si vous faites du bien, vos bienfaits vous attireront de grandes grâces, Prière à Marie pour ses parents en Purgatoire, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Reconnaissance des âmes du Purgatoire ou comment les âmes du Purgatoire interviennent aussi pour leurs bienfaiteurs dans les choses temporelles, Bonté des Anges pour les pauvres âmes du Purgatoire, Dévotion aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Valeur du Saint Sacrifice en faveur des âmes du Purgatoire, Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes, Protection des âmes du Purgatoire, Une âme souffrant le tourment du feu pour avoir écouté plutôt les conseils du sang que ceux de la piété, La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Sainte usure de ceux qui appliquent leurs œuvres au soulagement des défunts, Celui qui souffre pieusement ici-bas va tout droit au repos éternel,Reconnaissance des âmes pour leurs bienfaiteurs, Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du PurgatoireComment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Pour que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.
















mardi 31 décembre 2019

Prophéties de Sainte Hildegarde sur le Protestantisme



Extrait de "Histoire de Sainte Hildegarde, sa vie, ses œuvres et ses révélations", par le R.P. Jacques RENARD :


Sainte Hildegarde
Rappelons ici deux ou trois réponses qui sortent de la sphère des faits individuels pour revêtir un caractère d'importance générale d'un grand intérêt, puisqu'elles ne sont rien moins que l'annonce claire du protestantisme, faite par conséquent plusieurs siècles à l'avance.
Le clergé de Cologne, que la sainte avait visité, la pria de lui donner par écrit « les paroles de vie qu'elle leur avait adressées de vive voix par l'inspiration de Dieu, et d'y joindre ce qui lui avait été révélé à leur sujet (Ep. XLVIII). » La réponse est une longue lettre où, avec les accents énergiques des Prophètes, elle leur reproche leurs vices, l'oubli de la gloire de Dieu, leur négligence du soin des âmes, en même temps qu'elle leur annonce des châtiments.
« Du sein de la lumière vivante, j'ai entendu une voix disant : Ô fille de Sion, la couronne d'honneur penchera sur la tête de tes fils, et le manteau de leurs richesses sera diminué, parce qu'ils n'ont pas connu le temps que je leur ai donné pour voir et pour enseigner les peuples. Puisque vous ne faites pas cela, vous serez réduits à être les esclaves des esclaves, et eux-mêmes ils seront vos juges ; et votre liberté déclinera comme la bénédiction s'est retirée de Chanaan. Ces fléaux ne seront que les précurseurs d'autres fléaux plus terribles qui suivront. Le diable dit en lui-même à votre sujet : Je trouve en eux les choses où ma volonté se complaît. Ils ne veulent pas travailler pour leur Dieu et le comptent pour rien... Vous, ô mes disciples et mes sujets, vous êtes beaucoup plus disciplinés qu'eux devant le peuple. Et parce que vous êtes ainsi, élevez-vous au-dessus d'eux, arrachez-leur leurs richesses et leurs honneurs, et après les avoir dépouillés, étouffez-les. Et ce que le diable dit en lui-même, il l'accomplira en plusieurs par le jugement de Dieu. Mais moi qui suis, je dis à ceux qui entendent : Au temps où ceci s'exécutera par le moyen d'un peuple plongé dans l'erreur, encore pire que celui-ci, la ruine tombera sur vous en châtiment de vos prévarications, et ce peuple vous persécutera et dévoilera vos œuvres. Il les mettra au grand jour, et dira de vous : Ceux-ci sont des scorpions dans leurs œuvres, et leurs œuvres sont des œuvres de serpents. Et comme par le zèle du Seigneur, il vous lancera cette imprécation : La voie des impies périra, car ils extermineront par la dérision et le sarcasme vos voies d'iniquité. Ce peuple qui agira de la sorte, séduit et envoyé par le diable, viendra, la face pâle, se composera un masque de sainteté, et il gagnera les plus puissants princes du siècle. Ils leur parleront ainsi de vous : Pourquoi retenez-vous et souffrez-vous la société de ceux-ci qui souillent toute la terre de leurs iniquités immondes ? Ils sont livrés à l'ivresse et à la luxure, et si vous ne les rejetez pas de vous, c'en est fait de toute l'Église. »
Puis la sainte continue de peindre à grands traits ces réformateurs austères, ces loups cachés sous la peau de brebis ; car le démon qui est dans ces faux prophètes leur donnera les dehors des vertus opposées aux vices régnants, du désintéressement et même de la chasteté.

« Et le diable dit encore en lui-même : Dieu aime la chasteté et la continence ; je leur en donnerai l'apparence. Et cet ennemi ancien les enfle d'orgueil de leurs fausses vertus, et ils se montrent ainsi aux hommes revêtus d'une sainteté illusoire... Alors le peuple applaudira leur vie, parce qu'ils lui paraîtront justes.
Et lorsque ceux-ci auront ainsi accrédité leur erreur, ils persécuteront et chasseront de toutes parts les docteurs et les sages qui persévéreront dans la foi catholique ; mais cependant pas tous, parce que quelques-uns sont de vaillants soldats dans la justice de Dieu. Et de plus, certaines congrégations de saints dont la vie est pure ne pourront être ébranlées. C'est pourquoi ils conseillent aux princes et aux riches de contraindre par la violence ces pasteurs de l'Église, et les autres hommes spirituels leurs disciples à devenir justes.
C'est ce qui s'accomplira en quelques-uns, et les autres trembleront. Néanmoins, comme jadis il fut dit à Élie, beaucoup de justes seront conservés, qui ne donneront pas dans ces erreurs, et qui demeureront inébranlables.
Or, ces séducteurs commenceront leurs succès par la séduction des femmes, ce qui fera qu'ils s'écrieront dans le délire de leur orgueil : Nous avons triomphé de tous ! Mais leur feinte justice ne se soutiendra pas, et bientôt leur corruption se trahira. C'est ainsi que l'iniquité purgera l'iniquité, et que vos œuvres mauvaises se convertiront en vengeance... Ainsi votre honneur périra, et votre couronne tombera de votre tête. C'est ainsi que la justice céleste, provoquée par vous, recherchera vos scandales. Il faut que les œuvres d'iniquité soient purgées par les tribulations et les brisements. Or, ces hommes sans foi et séduits par le diable seront votre balai et votre fléau, parce que vous n'adorez pas Dieu purement ; et ils vous tourmenteront jusqu'à ce que vos iniquités et vos justices mêmes soient purifiées. Ces imposteurs ne sont pas ceux qui doivent précéder le dernier jour ; mais ils en sont le germe et les précurseurs. Toutefois, leur triomphe n'aura qu'un temps. Alors ce sera l'aurore de la justice, et votre fin sera meilleure que votre commencement ; et instruits par tout le passé, vous resplendirez comme un or très-pur, et vous demeurerez ainsi assez longtemps. Car la première aurore de justice se lèvera alors dans le peuple spirituel, comme lorsque dans le principe il commença à se former et était encore un petit nombre... Ce peuple spirituel sera affermi dans la justice par la terreur des fléaux passés, comme les anges furent confirmés dans l'amour de Dieu par la chute du diable... Et les hommes admireront comment une si forte tempête a pu finir par un tel calme... et c'est ainsi que le résultat final de cette erreur sera la confusion du siècle. »
Le tableau est complet et d'une vérité saisissante. Rien n'y manque, ni la cause de l'hérésie qui, de l'aveu de tous, est la corruption-générale et les scandales du clergé ; ni le caractère des novateurs, apôtres de la prétendue réforme ; ni le but providentiel de Dieu qui fait servir la tempête à purifier l'atmosphère, à balayer (scopa vestra crunt) l'aire de son église et à purifier le grain ; ni enfin l'issue finale qui est la décadence de l'hérésie, la rénovation religieuse qui s'accomplit déjà visiblement sous nos yeux, et les jours de prospérité qui nous sont annoncés pour un avenir désormais prochain.
Remarquons encore que cette prophétie regarde spécialement la ville de Cologne, où la séduction n'a pas entièrement prévalu, et que quelques traits de la prédiction peuvent se rapporter à un événement qui s'est passé à quelque temps de là dans cette cité.
Ces observations trouvent également leur application dans une épître adressée, dans des circonstances analogues, à l'Église de Trèves, et qui complète et explique tout à la fois la lettre adressée au clergé de Cologne. Sainte Hildegarde avait donné des avertissements sévères à la ville de Trèves. Les menaces divines qu'elle leur avait fait connaître s'étaient déjà en partie réalisées, parce qu'on avait négligé d'en éviter les effets par la pénitence. C'est alors que le clergé de cette église, de concert avec le prévôt de Saint-Pierre, pria la sainte de leur donner ces avertissements par écrit, afin que ce fût pour la postérité un monument de la justice de Dieu et de sa miséricorde, comme aussi de la vérité de la révélation faite à la bien-aimée confidente et interprète de ses secrets (Ep. XLIX). Voici le début de la réponse : « Moi, la chétive forme, qui n'ai ni santé, ni force, ni courage, ni doctrine, mais qui suis soumise aux maîtres, j'ai entendu du sein de la lumière mystique de la vision véritable ces paroles dirigées contre les prélats et les clercs de Trèves. » Elle leur adresse alors des reproches analogues à ceux de sa lettre à l'église de Cologne. Elle démontre par l'histoire « que Dieu ne laisse jamais sans châtiment la transgression de ses préceptes. » Elle prédit d'abord à la fille de Sion un déclin dans sa prospérité et une diminution dans sa puissance.
« Des hommes puissants désoleront beaucoup de villes et de cloîtres. J'ai vu et entendu que ces périls et ces désastres arriveront aux villes et aux cloîtres pour punir la transgression de l'obéissance et des autres préceptes. J'ai vu qu'au milieu de ces prévarications quelques-uns s'attacheront à Dieu et soupireront vers lui, comme autrefois Élie. » Le reste de la prophétie annonce une ère de rénovation, où la piété refleurira.
Dans ses courses apostoliques, la sainte avait visité l'abbaye de Kircheim (Ep. XXXII. — Kircheim est une ville du royaume de Wurtemberg). L'abbé Werner, avec ses religieux, la pria plus tard de leur écrire les paroles qu'elle leur avait fait entendre par l'inspiration du Saint-Esprit. Dans une très-belle allégorie, la sainte représente l'Église éplorée, exhalant des plaintes lamentables contre les désordres des ecclésiastiques et leurs péchés envers le corps et le sang du Christ. « Pour la punition de ces crimes, ajoute-t-elle, le ciel et la terre s'uniront contre vous ; car, ô vous, qui négligez mon culte, les princes et un peuple puissant se rueront sur vous ; ils vous rejetteront et vous chasseront, et vous enlèveront vos richesses, parce que vous n'avez pas rempli le devoir de votre office sacerdotal. Et ils diront de vous : Expulsons de l'Église ces prévaricateurs pleins d'avarice et de tout mal ; et en cela ils prétendront servir Dieu, parce qu'ils diront que l'Église est souillée par vous. Alors s'accomplira ce que dit l'Écriture : Pourquoi les nations ont-elles frémi ? pourquoi les peuples ont-ils médité des choses vaines ? Les rois de la terre se sont levés, et les princes se sont unis (Ps. 2). Car par la permission de Dieu plusieurs nations commenceront à frémir sur vous dans leurs jugements, et beaucoup de peuples méditeront sur vous des choses vaines, lorsqu'ils compteront pour rien votre office sacerdotal et votre consécration. Dans cette destruction ils seront secondés par les rois de la terre, attirés eux-mêmes par l'appât des richesses ; et les princes s'entendront pour vous bannir au-delà de leurs frontières, parce que par vos œuvres détestables vous avez éloigné de vous l'Agneau sans tache... Et j'ai vu un glaive nu, suspendu en l'air... et ce glaive séparait certains lieux du peuple chrétien, comme Jérusalem a été retranchée après la passion du Sauveur. Cependant j'ai vu que, dans cette calamité, Dieu se réservera plusieurs prêtres consciencieux, purs et simples.
Ces trois prophéties, qui, comme on voit, n'en font pour ainsi dire qu'une, ont trouvé leur accomplissement littéral dans la grande convulsion religieuse du XVIe siècle, ainsi qu'il serait facile de le démontrer, l'histoire à la main. Il existe cependant entre elles une différence bien sensible. Les illustres cités de Cologne et de Trèves ont résisté à l'épreuve ; elles en sont sorties plus pures et plus glorieuses que jamais, par leur foi et leurs œuvres catholiques. La même promesse n'avait pas été faite à Kircheim ; aussi a-t-elle eu un sort bien moins heureux.


Pratique : Faites pénitence. Oublier de faire pénitence, c'est appeler de grands châtiments.


Reportez-vous à Le Livre des Œuvres divines, de Sainte Hildegarde, ou comment, dans les œuvres divines, l'esprit est uni à la lettreSainte Hildegarde et le combat spirituel, victoire de l'esprit sur la chair, Miracles de Sainte Hildegarde, Visions de Sainte Hildegarde sur l'avenir de l’Église et la fin des tempsL'Amitié spirituelle de Saint Bernard et de Sainte HildegardeMort de sainte Hildegarde, Le Livre des Œuvres divines, de Sainte Hildegarde, ou comment, dans les œuvres divines, l'esprit est uni à la lettre, Méditation : Dehors séduisants des hérétiquesGrâces extraordinaires de conversion obtenues par la Médaille Miraculeuse, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Bulle Exsurge Domine du Pape Léon X, condamnant l'hérésie protestante, Les efforts incessants de Satan pour se reformer une Cité, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l'Église, Le Diable, ses paroles, son action dans les Possédés d'Illfurt, d'après des documents historiques : Perte du Ciel et peines de l'Enfer, Le Saint Curé d'Ars dans sa conversation : Aimables reparties de M. Vianney, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Gardez-vous des faux prophètes, et Arcanum divinae, Lettre encyclique du Pape Léon XIII, sur le mariage chrétien.














vendredi 25 octobre 2019

Visions de Sainte Hildegarde sur l'avenir de l'Eglise et la fin des temps


Sainte Hildegarde recevant l'inspiration divine, manuscrit médiéval



Extrait de "Histoire de Sainte Hildegarde, sa vie, ses œuvres et ses révélations", par le R.P. Jacques RENARD :


Des pensées si élevées, un enseignement si sûr des choses divines, sont surprenants dans une humble religieuse illettrée et étrangère à toute science humainement acquise.

Les trois ou quatre dernières visions sont seules par leur objet véritablement prophétiques, puisqu'elles regardent l'avenir de l'Église et la fin des temps. Voici la substance de la vision onzième du troisième livre du Scivias :

« Dieu a mis six jours à faire ses œuvres, et il s'est reposé le septième jour. Ces six jours représentent les six premiers âges du monde. Dieu a montré au monde de nouveaux prodiges dans le sixième âge, de même qu'il a couronné ses œuvres dans le sixième jour de la création.
Maintenant, le monde se trouve au septième âge, qui sera suivi des derniers jours. Les prophètes ont parlé, et leurs oracles ont eu leur accomplissement. Mon fils a exécuté mes volontés dans le monde, et l'Évangile a été prêché à tous les hommes. À présent, la foi des peuples s'affaiblit, les hommes pratiquent mal l'Évangile. On s'ennuie de la lecture des grands ouvrages, fruits de longs travaux des plus saints docteurs, et on a du dégoût pour la nourriture vivifiante des saintes Écritures.
Relevez-vous avec énergie, ô mes élus ; faites en sorte de ne vous pas laisser tomber dans les pièges de la mort. Levez haut l'étendard victorieux de mes enseignements. Suivez les traces de celui qui vous a montré les voies de la vérité ; qui, après s'être fait homme, s'est manifesté au monde dans une grande humilité.
La tête ne doit pas être sans corps et sans membres. La tête de l'Église, c'est le Fils de Dieu. Le corps et les membres, c'est l'Église et ses enfants. L'Église n'est pas encore, quant à ses enfants, arrivée au dernier degré de sa plénitude. Elle y parviendra quand le nombre des élus sera complet, ce qui aura lieu aux derniers jours.
Ce n'est qu'après les cinq premiers âges du monde que j'ai fait voir aux hommes des prodiges célestes ; de même que, dans les cinq premiers jours de la création, j'ai fait toutes les créatures soumises à l'homme, avant l'homme que j'ai créé le sixième jour.
Mon Fils est venu au monde, quand le jour de la durée des temps se trouvait au moment correspondant au temps qui s'écoule depuis l'heure de none jusqu'à celle de vêpres (depuis trois heures du soir jusqu'à six heures), c'est-à-dire lorsqu'à la chaleur du jour commence à succéder la fraîcheur de la nuit. En un mot, mon Fils a paru dans le monde après les cinq premiers âges, et lorsque le monde était déjà presque vers son déclin.
Le fils de perdition (l'Antéchrist), qui régnera très-peu de temps, viendra à la fin du jour de la durée du monde, au temps correspondant à ce moment où le soleil a déjà disparu de l'horizon, c'est-à-dire qu'il viendra dans les derniers jours.
Cette révélation, ô mes fidèles serviteurs, mérite votre attention. Vos intérêts vous font un devoir de chercher à la bien comprendre, afin que le grand séducteur ne vous entraîne pas dans la perdition, pour ainsi dire, sans que vous le sachiez. Armez-vous à l'avance, et préparez-vous au plus redoutable de tous les combats.
Après avoir passé une jeunesse licencieuse au milieu d'hommes très-pervers, et dans un désert où elle aura été conduite par un démon déguisé en ange de lumière, la mère du fils de perdition le concevra et l'enfantera sans en connaître le père. D'un autre côté, elle fera croire aux hommes que son enfantement a quelque chose de miraculeux, vu qu'elle n'a point d'époux, et qu'elle ignore, dira-t-elle, comment l'enfant qu'elle a mis au monde a été formé dans son sein, et le peuple la regardera comme une sainte et la qualifiera de ce titre.
Le fils de perdition est cette bête très-méchante (comme saint Jean l'appelle dans l'Apocalypse) qui fera mourir ceux qui refuseront de croire en lui ; qui s'associera les rois, les princes, les grands et les riches ; qui méprisera l'humilité et n'estimera que l'orgueil ; qui enfin subjuguera l'univers entier par des moyens diaboliques.
Il paraîtra agiter l'air, faire descendre le feu du ciel, produire les éclairs, le tonnerre et la grêle, renverser les montagnes, dessécher les fleuves, dépouiller la verdure des arbres, des forêts, et la leur rendre ensuite.
II paraîtra aussi rendre les hommes malades, guérir les infirmes, chasser les démons, et quelquefois ressusciter les morts, faisant qu'un cadavre remue comme s'il était en vie. Cependant cette espèce de résurrection ne durera jamais au-delà d'une petite heure, pour que la gloire de Dieu n'en souffre pas.
Il gagnera beaucoup de peuples en leur disant : Vous pouvez faire tout ce qu'il vous plaira ; renoncez aux jeûnes ; il suffit que vous m'aimiez, moi qui suis votre Dieu.
Il leur montrera des trésors et des richesses, et il leur permettra de se livrer à toutes sortes de festins, comme ils le voudront. Il les obligera de pratiquer la circoncision et plusieurs observances judaïques, et leur dira : Celui qui croit en moi recevra le pardon de ses péchés et vivra avec moi éternellement.
Il rejettera le baptême et l'Évangile, et il tournera en dérision tous les préceptes que l'Église a donnés aux hommes de ma part.
Ensuite il dira à ses partisans : Frappez-moi avec un glaive, et placez mon corps dans un linceul propre, jusqu'au jour de ma résurrection. On croira lui avoir réellement donné la mort, et de son côté il fera semblant de ressusciter. Après quoi, se composant un certain chiffre, qu'il dira être un gage de salut, il le donnera à tous ses serviteurs comme signe de leur foi en lui, et il leur commandera de l'adorer. Quant à ceux qui, par amour pour mon nom, refuseront de rendre cette adoration sacrilège au fils de perdition, il les fera mourir au milieu des plus cruels tourments.
Mais j'enverrai mes deux témoins, Enoch et Élie, que j'ai réservés pour ce temps-là. Leur mission sera de combattre cet homme du mal et de ramener dans la voie de la vérité ceux qu'il aura séduits. Ils auront la vertu d'opérer les miracles les plus éclatants, dans tous les lieux où le fils de perdition aura répandu ses mauvaises doctrines. Cependant je permettrai que ce méchant les fasse mourir ; mais je leur donnerai dans le ciel la récompense de leurs travaux.
Quand le fils de perdition aura accompli tous ses desseins, il rassemblera ses croyants et leur dira qu'il veut monter au ciel. Au moment même de cette ascension, un coup de foudre le terrassera et le fera mourir. D'un autre côté, la montagne où il se sera établi pour opérer son ascension sera à l'instant couverte d'une nuée, qui répandra une odeur de corruption insupportable et vraiment infernale ; ce qui, joint à la vue de son cadavre, couvert de pourriture, ouvrira les yeux à un grand nombre de personnes et leur fera avouer leur misérable erreur.
Après la triste défaite du fils de perdition, l'épouse de mon Fils, qui est l'Église, brillera d'une gloire sans égale, et les victimes de l'erreur s'empresseront de rentrer dans le bercail.
Quant à savoir en quel jour, après la chute de l'Antéchrist, le monde devra finir, l'homme ne doit pas chercher à le connaître : il ne pourrait y parvenir. Le Père s'en est réservé le secret.
Ô hommes, préparez-vous au jugement. »

Dans une autre vision, sainte Hildegarde a contemplé la scène finale de ce monde, le dernier jugement.

« Et voici que tous les éléments et toutes les créatures sont ébranlés d'un choc soudain. Le feu, l'air et l'eau se confondent, la terre tremble, la foudre et le tonnerre éclatent, les montagnes et les forêts s'écroulent ; tout ce qui était mortel perd la vie. Tous les éléments sont purifiés, toute souillure disparaît. Et j'entendis une voix criant à la terre : Ô vous, fils des hommes, qui êtes gisants, levez-vous. Et voici que tous les ossements humains se rassemblent et se revêtent de leur chair. Les uns brillent de clarté, et les autres sont enveloppés de ténèbres ; et chacun porte le témoignage de ses œuvres. Les uns ont le signe de la foi, qui illumine leur face comme une auréole ; chez les autres, cette auréole est remplacée par une ombre, qui est comme un signe distinctif. Soudain l'orient s'éclaira d'une lumière splendide, et je vis sur une nuée le Fils de l'homme, paraissant avec le même visage qu'il a eu dans ce monde, et siégeant sur un trône enflammé, mais non ardent, au-dessous duquel le monde achevait de se purifier dans cette tempête effroyable dont j'ai parlé. Et ceux qui étaient signés, étant comme ravis par un tourbillon, se portèrent à sa rencontre dans les airs, vers le point où j'avais vu d'abord cette lumière, qui est le tabernacle de la Divinité. Les bons restèrent séparés des méchants. Et, comme il est écrit dans l'Évangile, le souverain juge, d'un ton plein de douceur, admit les justes au royaume céleste, et d'une voix foudroyante, il précipita les réprouvés dans les flammes éternelles. Il ne se fit aucun autre examen ou interrogatoire sur la vie des hommes, rien de plus que ce que dit l'Évangile, car leurs œuvres bonnes ou mauvaises apparaissaient visiblement dans leurs personnes. Ceux qui n'étaient pas signés se tenaient au loin, du côté de l'aquilon, avec la tourbe infernale, et n'approchaient pas du juge ; mais voyant toutes ces choses comme dans un tourbillon, ils attendaient la fin du jugement et éclataient en sanglots lugubres.
Le jugement terminé, les foudres et les tonnerres, les tempêtes et les ouragans cessèrent, et tout ce qu'il y avait de passager dans les éléments s'évanouit. Puis il se fit un calme profond. Les élus, devenus radieux comme des soleils, s'élevaient pleins d'allégresse vers le ciel avec le Fils de Dieu et les myriades des esprits angéliques, tandis que les réprouvés descendaient en enfer avec le diable et ses anges, en poussant des clameurs lamentables. Et ainsi le ciel reçut des citoyens, et l'enfer engloutit des victimes. Le contraste de ces deux destinées est une chose que la langue humaine ne saurait exprimer.
Et bientôt tous les éléments resplendirent d'une souveraine sérénité, comme s'ils eussent été dépouillés d'une peau noire. Le feu était sans brûlure, l'air sans mélange, l'eau sans agitation, la terre sans oscillations. Le soleil aussi, la lune et les étoiles, et tout ce qui luit au firmament, brillaient d'un grand éclat. Ils demeuraient fixes et immobiles, cessant de produire le jour et la nuit. Et ce fut fini (Sciv., I. III, vis. XII). »

La dernière vision est un hymne triomphal, d'une poésie à la fois pleine d'élévation et de grâce, d'éclat et de fraîcheur. Ce tableau est suivi d'un petit drame charmant, dont les personnages sont les vertus, l'âme fidèle et le tentateur.


SYMPHONIE CÉLESTE

« Je vis ensuite une atmosphère splendide, où se firent entendre, du milieu des allégories précédentes, toutes sortes d'instruments de musique à la louange des citoyens des séjours célestes, et de ceux qui persévèrent avec constance dans la voie de la vérité. Ils redisaient aussi les gémissements des âmes pénitentes, rappelées à la joie par la voix des vertus qui les animent à triompher des embûches du diable. Elles les surmontent heureusement, et ainsi les hommes fidèles passent par la pénitence à l'amour des choses d'en haut. Et ce concert était comme la clameur d'une multitude, harmonieuse symphonie à la louange des sublimes hiérarchies. »



Reportez-vous à Le Livre des Œuvres divines, de Sainte Hildegarde, ou comment, dans les œuvres divines, l'esprit est uni à la lettreL'Amitié spirituelle de Saint Bernard et de Sainte HildegardeLa Vierge Marie et les derniers Temps, Un signe des temps : Le siècle de Saint Vincent Ferrier et Notre-Dame de Lourdes, Dernier dimanche après la Pentecôte : L'évangile de la fin des temps, La dévotion au Sacré-Cœur, remède spécial aux maux qui désolent l'Église dans ces derniers temps, Prédiction de Saint François d'Assise, Sainte Hildegarde et le combat spirituel, victoire de l'esprit sur la chair, Miracles de Sainte HildegardeMort de sainte Hildegarde, Le Livre des Œuvres divines, de Sainte Hildegarde, ou comment, dans les œuvres divines, l'esprit est uni à la lettre, et Puissance de Saint Michel au jugement dernier.














dimanche 5 mai 2019

De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin



Extrait du Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, Tome II, par le R.P. Jean-Joseph Surin :





De la réformation de la colère




Qu'est-ce que la colère ?

C'est un mouvement ardent de l'âme, contre un mal présent, qui est difficile à repousser.


Qu'est-ce que réformer la colère ?

C'est se mettre en état de la réprimer, et de la faire éclater à propos.


Comment et dans quelles occasions faut-il réprimer la colère ?

Par un effort généreux que l'homme doit faire sur soi même, pour étouffer cette passion, principalement en trois rencontres. Premièrement, lorsqu'il se voit contrarié dans ses desseins par des accidents fâcheux qui l'irritent quelquefois contre des animaux, et contre des créatures insensibles. Un ancien Philosophe, pour faire comprendre combien cette colère est aveugle et déraisonnable, décrit un homme qui ne pouvant pas ouvrir une porte à son gré, s'indigne, entre en fureur, frappe du pied la porte, et jette la clef par terre, comme si c'étaient des ennemis qui pussent lui résister, et dont il pût se venger avec gloire. L'homme spirituel, accoutumé à se vaincre, réprime incontinent ces saillies, en y opposant la résignation et la tranquillité, que la grâce opère dans son cœur.
Il est aussi fort ordinaire de s'indigner contre les personnes avec qui on vit, lorsqu'elles sont inconsidérées, ou qu'elles ont un naturel violent. On a besoin de beaucoup de charité et de douceur, pour supporter les défauts qui choquent, et pour étouffer les mouvements d'indignation. Les âmes dociles à se laisser conduire à la grâce, reçoivent à propos les secours dont elles ont besoin pour se modérer dans ces rencontres.
Une troisième occasion où la colère est difficile à surmonter, c'est lorsqu'on se voit insulté, ou maltraité par les autres. La perfection demande alors, non seulement qu'on ne se venge point, mais encore qu'on ne s'aigrisse pas, et qu'on ne témoigne aucune inquiétude. C'est la Doctrine de Jésus-Christ qu'il a confirmée par son exemple. Nous voyons dans l'Évangile, que pour l'ordinaire, il ne répondait point à ceux qui lui faisaient outrage, et que lorsqu'il était à propos de leur répondre, il le faisait avec une modération et une douceur charmante. Ses vrais Disciples doivent l'imiter en ce point, et s'étudier à de venir doux comme des agneaux et des colombes, pour remporter une victoire complète sur la colère.


Y a-t-il des occasions où l’on puisse faire un saint usage de la colère ?

Il n'y en a qu'une ; et c'est lorsqu'il s'agit de soutenir les intérêts de Dieu, ou de venger le mépris qu'on en fait.
On remarque cette sainte colère dans les hommes Apostoliques, lorsqu'ils sont témoins de l'offense de Dieu, ou de quelque action qui leur paraît déraisonnable et indigne.
Il est dit de Jésus-Christ, qu'il regardait les Pharisiens avec indignation, et qu'il reprenait vivement leurs vices. S. Pierre dans le feu d'une semblable indignation, frappa de mort ceux qui avoient menti au Saint-Esprit. Moïse, voyant que le peuple avait idolâtré, jeta les Tables de la Loi au pied de la montagne. Le Prophète Élie commanda au feu du Ciel de descendre sur les Envoyés du Roi d’Israël, et de les dévorer.
Saint François faisant la visite des Maisons de son Ordre dans l'État de Florence, trouva que dans un Monastère, les jeunes Religieux employaient trop de temps à subtiliser sur certains points de Philosophie, et chargea le Provincial de mettre fin à ces disputes qu'il jugeait contraires à l'esprit d'oraison et de religiosité. Le Provincial promit de les faire cesser, et il n'en fit rien. Le Saint en étant averti, entra dans une sainte colère, et maudit le Provincial, qui étant tombé malade, envoya prier son Général de lui pardonner. Le Saint dit aux envoyés : je l'ai maudit, et il le sera ; sans qu'on pût tirer de lui d'autre réponse. À ces paroles, il partit du ciel un carreau qui tomba sur la chambre du malade, perça le toit et le plancher, et le tua lui même dans son lit.
On raconte de ce même Saint un trait beaucoup plus surprenant. Il dit un jour de quelqu'un, qu'il était prédestiné, et qu'il le savait par révélation : ces paroles furent rapportées à un Docteur qui avait beaucoup de capacité, mais peu de dévotion, et d'esprit de Dieu. Cet homme enflé de sa science, ayant rencontré S. François : et d'où savez-vous, lui dit-il, qu'un tel est prédestiné ? Je l'ai appris, répliqua le Saint, de celui-là même qui m'a dit que vous étiez damné. Et en effet, la nuit suivante il fut surpris et poignardé dans un crime qu'il commettait habituellement. Il y a plusieurs exemples semblables dans la vie de ce Saint, dont on peut dire, qu'il avait l'ire de Dieu.
Il est écrit de S. Xavier, qu'ayant formé le dessein d'aller à la Chine pour conquérir cet empire à Jésus-Christ, son voyage fut traversé par le Gouverneur de Malaca. Xavier n'oublia rien pour l'adoucir, et ne pouvant rien gagner sur son esprit, il passa de la douceur à une sainte indignation, mit la Ville à interdit, en qualité de Légat Apostolique, donna sa malédiction aux auteurs du retardement de son voyage, ordonna à tous les Peres de sa Compagnie de sortir du Pays ; il en sortit lui-même, et secoua la poussière de ses pieds à la porte de la Ville. Aussitôt après son départ, la ville fut affligée de peste ; le Gouverneur accusé de plusieurs crimes à la Cour, fut saisi par ordre du Roi, conduit en Portugal, et mis en prison, où il mourut de chagrin et de misère. Il y a tant d'exemples de cette colère Apostolique, qu'on ne peut pas douter que le Saint-Esprit n'en soit l'auteur.
Il est seulement à remarquer que ces mouvements d'indignation, qui viennent de Dieu, et qui ont Dieu pour objet, ne causent aucun trouble dans l'âme, et qu'ils la laissent aussi libre et aussi tranquille, que si elle était dans un mouvement de joie. On peut dire en général, de la colère, ce que nous avons déjà dit de la tristesse et de la haine : quand c'est la grâce qui les forme dans le cœur, non seulement elles n'éloignent pas Dieu, mais elles unissent à lui, et disposent à l'oraison, aussi bien que pourrait le faire une consolation céleste. La raison est que ce n'est pas un intérêt propre, ni aucune satisfaction particulière, qui touche l'âme dans ces rencontres ; mais le seul intérêt de Dieu, auquel elle veut plaire uniquement.



Reportez-vous à Méditation sur les caractères de la colère de zèle, Méditation sur la colère, Méditation sur les caractères de la colère passionnée, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph SurinAvis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph SurinDe la réformation de la compassion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie unitive, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la victoire sur ses passions, Saint Joseph patron et modèle des religieux, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la hardiesse ou du courage, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la sècheresse dans l'oraison, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie, Avis pour la lecture spirituelle, Confiance en la divine Providence, Secret de paix et de bonheur, par le Père Jean-Baptiste Saint-Jure, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Science expérimentale des choses de l'autre vie, par le Père Surin, et Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu : Décalogue de la plus haute perfection (5/9).


















dimanche 5 mars 2017

PETIT CATÉCHISME HISTORIQUE, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Leçon XI : Des Prophètes



PETIT CATÉCHISME HISTORIQUE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte



LEÇON XI


Des Prophètes



Élie enlevé sur un char de feu (Gustave Doré)



Tous les Rois d'Israël furent méchants et idolâtres : il y en eut aussi plusieurs entre les Rois de Juda, et Dieu leur envoya aux uns et aux autres plusieurs Prophètes pour les rappeler à son service. On appelle Prophètes tous ceux que Dieu a remplis de son esprit et à qui il a découvert les choses cachées, et cet esprit de Dieu, qui a parlé par les Prophètes, est le Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant. Ainsi Moïse, Samuel, David et Salomon étaient des Prophètes ; mais on donna ce nom particulièrement à ceux qui menaient une vie austère et retirée, comme des Religieux, et qui furent en fort grand nombre pendant la division des Royaumes. Tel fut Élie, qui arrêta la pluie pendant trois ans et demi, fit plusieurs autres miracles étonnants, et enfin fut enlevé au Ciel, et est encore vivant. Il y a d'autres Prophètes, dont nous avons des écrits, comme Isaïe et Jérémie. Ils prédirent que Samarie et Jérusalem seraient détruites, et que Jérusalem serait rétablie. À ces prédictions ils en mêlaient plusieurs touchant le Messie, marquant toutes les circonstances de sa naissance, de sa vie, de ses souffrances, de sa mort, et de son règne éternel. Ils ont dit que Dieu ferait avec son Peuple une nouvelle alliance plus parfaite que l'ancienne, et qu'il appellerait à son service toutes les Nations du monde, les faisant renoncer à leurs idoles.



Demande.
Qui étaient les Prophètes ?
Réponse.
Des hommes remplis de l'esprit de Dieu.

Demande.
Quel était cet esprit ?
Réponse.
Le Saint-Esprit Seigneur et vivifiant.

Demande.
Pourquoi les appelle-t-on Prophètes ?
Réponse.
Parce qu'ils prédisaient l'avenir.

Demande.
Quand y en eut-il le plus ?
Réponse.
Depuis la division des deux Royaumes.

Demande.
Qui est le plus fameux de ce temps-là ?
Réponse.
Élie.

Demande.
Comment est-il mort ?
Réponse.
Il n'est point mort.

Demande.
Qu'est-il donc devenu ?
Réponse.
Il a été enlevé au Ciel tout vivant.

Demande.
Qui sont les Prophètes dont nous avons des écrits ?
Réponse.
Isaïe, Jérémie et plusieurs autres.

Demande.
Qu'ont-ils prédit ?
Réponse.
La ruine entière du Royaume de Samarie.

Demande.
Et de Jérusalem ?
Réponse.
Ils ont prédit qu'elle serait ruinée et rétablie.

Demande.
Ont-ils parlé du Messie ?
Réponse.
Oui, ils ont prédit tout ce qui lui devait arriver.

Demande.
Ont-ils parlé d'une nouvelle alliance ?
Réponse.
Oui, ils ont prédit qu'elle serait plus parfaite que l'ancienne.

Demande.
Qu'ont-ils dit de la vocation des Gentils ?
Réponse.
Que toutes les Nations quitteraient leurs idoles pour adorer le vrai Dieu.






Reportez-vous à Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché du premier Homme, Leçon III : Du déluge et de la Loi de Nature, Leçon IV : D'Abraham et des autres Patriarches, Leçon V : De la servitude d’Égypte et de la Pâque, Leçon VI : Du voyage dans le désert et de la Loi écrite, Leçon VII : De l'Alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon VIII : De l'Idolâtrie, Leçon IX : De David et du Messie, Leçon X : Du Schisme de Samarie, Leçon XII : De la Captivité de Babylone, Leçon XIII : De l'état des Juifs après la captivité, Leçon XIV : Des Juifs spirituels et des Juifs charnels, Leçon XV : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XVI :  De Saint Jean-Baptiste, Leçon XVII : De la vocation des Apôtres, Leçon XVIII : Prédication de Jésus-Christ, Leçon XIX : Des ennemis de Jésus, Leçon XX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XXI : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XXII : De la Résurrection de Jésus-Christ, Leçon XXIII : De la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres, Leçon XXIV : De la vocation des Gentils, Leçon XXV : De la fondation des Églises, Leçon XXVI : De la Tradition et de l’Écriture, Leçon XXVII : De la ruine de Jérusalem, Leçon XXVIII : Des persécutions, Leçon XXIX : De la liberté de l’Église, et des Moines.

Reportez-vous également à Mission du Saint-Esprit et Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré.