Nous donnons ces Pratiques pour aider aux personnes qui ne sont pas avancées dans l'exercice de la présence de Dieu, et qui ne commencent qu'à s'y appliquer. Celles qui ont fait de grands progrès dans le divin amour, n'ont pas besoin de ces moyens. C'est à celles-là que le grand Saint Augustin dit : Aimez, et faites ce que vous voudrez. Un simple regard de ces âmes, dit plus que ce que les autres peuvent dire dans une grande multitude de paroles.
Actes de la présence de Dieu
Ô Très-sainte et suradorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, mon Dieu, comme vous remplissez toutes choses par votre immensité, vous êtes, ô mon Dieu, plus présent ici que je n'y suis moi-même ! Ah ! je vous y aime, je vous y demande pardon, je vous y remercie, je vous y glorifie de tout mon cœur.
On peut faire cet acte à toutes les heures du jour. Mais pour s'en acquitter dignement, il le faut faire dans un recueillement intérieur avec attention, et un profond respect, s'anéantissant intérieurement devant la Majesté infinie de Dieu.
On peut se contenter de cet anéantissement intérieur lorsque l'on est en compagnie ; mais il est bon quand on est seul, de se mettre à genoux, et même se prosterner pour adorer les trois Personnes divines.
Comme les pauvres âmes qui sont en Purgatoire y souffrent des peines inexplicables, la divine charité demanderait que l'on y pensât souvent ; ainsi, on pourrait ajouter l'acte suivant.
Pour les Âmes du Purgatoire
Mon adorable Sauveur, quelque part de votre douloureuse Passion, de votre sainte Mort, et de tous vos mérites et satisfactions aux pauvres Âmes qui sont en Purgatoire.
Quelquefois quand on a le loisir, il faut faire quelques-uns des actes suivants, tantôt l'un, tantôt l'autre ; mais il vaut mieux en faire peu avec esprit, que d'en faire beaucoup avec peu d'attention.
Autre Acte de la présence de Dieu
Ô Dieu d'infinie Majesté, Trinité suradorable, Dieu qui êtes ici plus présent que moi-même ! comme tout ce que les pures créatures vous peuvent rendre d'honneur, est bien éloigné de ce qui vous est dû, je m'unis et je vous présente toutes les adorations, tous les amours, toutes les louanges, toutes les satisfactions, toutes les actions de grâces, toute la gloire que l'âme sainte de Jésus vous a rendues, vous rend, et vous rendra durant toute l'éternité. Ah ! je veux vous louer par toutes ces louanges, vous satisfaire par toutes ces satisfactions, vous adorer et vous aimer par toutes ces adorations et ces amours, vous remercier par toutes ces actions de grâces, et vous glorifier par toute cette gloire.
Autre Acte
Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, avec votre Fils adorable, et le Saint-Esprit, je déteste tous mes péchés plus que tous les maux ensemble ; et j'en ai regret du plus intime de mon cœur, dans la seule vue que les intérêts de votre divine Majesté en sont blessés, sans considérer les miens ni du côté de la peine, ou de la récompense, ni de la part du temps, ou de l'éternité, ni en la vue du Paradis ou de l'Enfer. Ah ! je m'unis à toute la douleur que l'adorable Jésus votre Fils bien-aimé a eue. Je vous offre pour y satisfaire toutes ses satisfactions, toute sa passion douloureuse, et sa précieuse Mort.
Autre Acte
Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, je vous y adore avec votre Fils bien-aimé, et le Saint-Esprit. Je vous offre toutes les satisfactions de l'adorable Jésus, tous ses mérites pour tous les péchés des hommes, et en particulier des Chrétiens, afin que vous en détourniez votre colère, que vous donniez la paix à votre Église, et à tous les Princes Catholiques, et la victoire contre les infidèles et hérétiques, afin que votre règne arrive par la destruction de l'infidélité et de l'erreur dans les pays des infidèles et des hérétiques, et par la destruction du péché, et de l'établissement de votre amour dans les pays des Catholiques ; et en particulier sur mon être et toutes les opérations de mon être, sur toutes mes pensées, paroles, actions et souffrances.
Autre Acte
Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, en considération de votre Fils bien-aimé, dont vous avez bien voulu que j'eusse l'honneur d'être l'un des membres en qualité de Chrétien, ah ! faites que je soutienne par votre grâce dignement une qualité si divine, qu'en qualité de membre de votre Fils bien-aimé, je ne sois animé que de son pur Esprit ; qu'il me gouverne, qu'il me conduise, et qu'il soit le principe de toutes mes actions et souffrances : en sorte qu'en toutes choses j'agisse par ses divins mouvements dans l'union avec l'adorable Jésus mon divin Chef, étant dépouillé du vieil homme.
(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)
Reportez-vous à Exercice de la présence de Dieu, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Dieu qui est présent partout demande de l'amour, Dieu qui est partout demande le respect extérieur, Dieu qui est partout, demande le respect intérieur, Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Aveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de Dieu, Méditation sur l'oubli de la présence de Dieu, Méditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.
dimanche 19 juin 2022
Pratiques ou Actes de la présence de Dieu
mercredi 8 juin 2022
Exercice de la présence de Dieu
Cet exercice consiste dans un simple regard de Dieu par la foi, par une application affectueuse, sans bandement de tête, ni aucun effort de l'imagination, à quoi il faut prendre garde, de peur de se blesser la tête, et de se faire mal ; et de cette manière on évitera les inconvénients que l'ignorance et l'indiscrétion causent souvent ; et on n'aura pas l'esprit dans la contrainte que quelques-uns attribuent mal-à-propos à ce saint exercice, qui est tant recommandé par les Saintes Écritures, et dans les écrits des Pères de l'Église, et de tous les Docteurs qui ont été remplis du Saint-Esprit. Il est bon à son réveil, dès le matin, de commencer la journée par ce divin exercice ; et d'en faire un saint usage de temps en temps durant le jour ; et pour cela la séraphique sainte Thérèse est d'avis que l’on se serve de saintes industries pour ramener à Dieu notre pauvre esprit qui en est si égaré. On peut se servir pour cela des horloges qui forment les heures, se mettant en la présence de Dieu à toutes les heures : et ce sera un moyen d'en acquérir peu à peu l'habitude avec les secours divins. Il y en a plusieurs qui récitent quelques prières vocales à chaque heure du jour, et c'est une pratique très-bonne et très-louable ; mais souvent cela se fait avec peu d'application; et quelquefois par pure coutume. Dieu serait bien plus glorifié, que l'on entrât dans un véritable recueillement, pour le voir présent par la foi, et pour ensuite l'aimer et l'adorer. On peut dans la campagne, où il n'a point d'horloge, se servir de quelques autres moyens, pour se souvenir de cette divine présence quatre ou cinq fois tous les matins, et autant après avoir dîné.
Il y en a qui portent sur la manche une croix de deux épingles croisées, on pourrait n'y en mettre qu'une seule, comme on en met souvent pour se souvenir de quelque chose ; et cela leur sert pour voir Dieu présent par la foi, ce qui contribue beaucoup à empêcher qu'on ne l'offense dans les occasions, ou à faire ce qu'il demande de nous, et à souffrir en patience les maux qui arrivent.
Comme cet acte intérieur de la présence de Dieu se peut faire en très-peu de temps, il n'y a rien qui empêche que l'on ne s'en serve au milieu des compagnies, aussi-bien que si l'on était seul, dans tous les exercices extérieurs, parmi les affaires, les soins que l'on doit prendre, en étudiant, en se divertissant, et enfin dans quelque état que l'on se trouve. On peut même en faire usage durant les maladies ; car comme il consiste dans un simple souvenir affectueux par la foi de Dieu présent, sans s'en former d'images distinctes, cela n'apporte aucune incommodité. Il est bon, lorsque l'on est en santé, et que l'on se trouve seul, de se mettre à genoux à toutes les heures pour adorer la suprême Majesté des trois Personnes divines de la suradorable Trinité, et même de se prosterner devant sa grandeur infinie.
J'ai connu des Communautés Religieuses dans lesquelles cet exercice de la présence de Dieu était ordinaire parmi leurs pensionnaires, en sorte qu'à chaque heure toutes se mettaient à genoux pour adorer ce Dieu d'infinie Majesté présent. J'ai connu même des familles séculières où l'on n'y manquait pas, les maîtres et les serviteurs s'en acquittant avec bien de la fidélité, à moins qu'il ne se rencontrât des personnes étrangères du dehors ; et encore lorsqu'on les en jugeait capables, on les invitait à faire de même. Je demeure d'accord qu'il faut en ce sujet user de discrétion : mais chose étonnante, si quelque Grand de la terre nous faisait l'honneur de nous venir voir, non-seulement nous, mais tous ceux qui se rencontreraient, ne manqueraient pas de lui rendre leurs respects ; et nous prendrions bien la liberté de leur en donner avis s'ils ne le faisaient pas. Un Ecclésiastique de ma connaissance, pénétré de cette vérité, en use avec bénédiction dans les occasions, et particulièrement quand on le vient voir : et il invite de tous côtés ceux avec qui il se trouve, d'adorer Dieu présent, leur en faisant faire en même-temps l'exercice. Les Pères Chartreux ont une coutume sainte, lorsqu'on les visite, ils commencent toujours la conversation par la prière, et se mettent à genoux. C'est ce qui était ordinaire parmi les premiers Chrétiens. Mais malheur à nous, qui avons dégénéré si lâchement de cette première ferveur !
Cet exercice de la présence de Dieu, fait que l'on s'acquitte saintement des bonnes actions, qui souvent se font avec une négligence lamentable. Il serait à désirer que l'on s'en servît au commencement des prières, et lorsque l'on récite l'Office au commencement de chaque heure. Certainement si on considérait bien la Majesté infinie de Dieu présent à qui l'on parle, on se donnerait bien de garde de le prier avec une telle précipitation de paroles, que l'on passerait pour ridicule si on parlait de la même manière à un valet. C'est ce qui arrive même en la célébration des Mystères divins ; et les enfants ou autres qui répondent particulièrement lorsque l'on récite les versets qui se disent immédiatement après le Confiteor, au commencement de la sainte Messe, ou au Kyrie, eleison, le font avec tant de vitesse, que les hérétiques en ont fait le sujet de leurs railleries. Ô ! si les Prêtres faisaient une sérieuse attention aux Mystères redoutables qui se passent en la sainte Messe, au grand Dieu des éternités qui se rend présent entre leurs mains, dans quels anéantissements ne seraient-ils pas ? Avec quels respects tous les peuples ne feraient-ils pas leurs prières ?
Les distractions involontaires, et qui ne sont pas causées par quelques attachements, ou par trop d'épanchement dans les choses extérieures, ne doivent pas embarrasser. Il faut donner le temps à ce qui est nécessaire dans l'ordre de Dieu, et ne négliger rien des obligations de son état. Mais il faut retrancher les occupations inutiles, et ne donner que le nécessaire à ce qui est de notre obligation. Il faut retirer son esprit de tous les embarras inutiles des créatures, qui sont cause que nous oublions le Créateur. Il faut ôter de son cœur toutes les affections qui en divertissent. Le trop de présence des créatures, nous prive de la présence de Dieu. Si nous veillions bien à retrancher les occupations qui ne sont pas nécessaires, nous trouverions du temps pour nous occuper des choses célestes. Se peut-on figurer un aveuglement plus étrange que celui de ces gens qui disent qu'ils ont trop d'affaires, et qu'ils n'ont pas le loisir de donner quelque heure pour méditer saintement sur leurs affaires éternelles. Ces gens ne trouvent-ils pas le temps de dormir, de boire et de manger, de faire des visites, et d'en recevoir, et de s'entretenir avec les hommes ?
Après tout, c'est un honneur si grand, que celui que Dieu nous fait de vouloir bien nous permettre, chétifs néants que nous sommes, de le regarder, et de l'entretenir, qu'il n'y a point de peine que nous ne devions souffrir avec joie pour avoir cette grâce. Ainsi, il sût porter avec patience et en paix l'importunité des distractions, l'ennui, et la privation du sentiment, et de toute consolation. Souvent il arrive que dans les commencements la présence de Dieu est plus sensible, et que dans la suite du temps les sens n'y ont point de part. Mais la foi nous doit suffire. Si l'on considère les peines que se donnent les Courtisans des Rois, et le plaisir qu'ils ont s'ils leurs disent quelque parole après avoir employé bien du temps à leur faire la cour, on verra très-clairement que tout ce que l'on souffre est très-peu de chose, dans l'exercice de la présence de Dieu.
Comme cette Majesté suprême est présente à toutes sortes de personnes sans aucune exception, il n'y en a point sans réserve qui ne doivent s'y appliquer, et les plus grands pécheurs même. Ce serait le grand moyen de se retirer de l'abîme de leurs vices, et d'obtenir des grâces singulières pour faire de dignes fruits de pénitence. Il faut pour ce sujet ménager quelque temps de retraite. Ceux qui vivent dans la campagne loin des embarras des Villes, en ont une heureuse occasion. Ô ! qu'il serait doux, se promenant dans quelque allée d'un jardin, d'un bois, ou en quelque autre lieu à l'écart, et éloigné des compagnies de la terre, de se souvenir de celle que l'on a des trois Personnes divines de la suradorable Trinité, et d'en faire un divin usage, se mettant à genoux lorsque l'on est seul, pour les adorer, et s'anéantir devant leur grandeur infinie.
(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)
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lundi 11 octobre 2021
Qu'il faut se conduire différemment, selon la différence des Tentations dont on est attaqué
| David et Nathan |
Il faut en différentes tentations, dit Saint Jean Climaque, tenir une différente conduite pour y résister. Il y a des vices qui sont par eux-mêmes fâcheux et désagréables, tels sont la colère, l'envie, la haine, le désir de se venger, l'impatience, l'indignation, le chagrin, l'amertume de cœur ; l'opiniâtreté, l'esprit de contention et autres semblables. Il y a des tentations, au contraire, qui flattent naturellement, et qui donnent une certaine satisfaction : telles sont les tentations qui regardent l'impureté, ou les plaisirs des sens : et parce que plus nous nous arrêtons à celles-là et plus elles nous attirent à elles : nous devons par cette raison même, ajoute le même Saint, ne les combattre qu'en fuyant, c'est-à-dire, en nous éloignant promptement des occasions qui pourraient nous abattre, et en détournant notre esprit et nos yeux de tout ce qui peut nous y rappeler. Mais à l'égard des premiers vices, il faut nécessairement nous attacher à y réfléchir, à les bien reconnaître et à les combattre, si nous voulons les vaincre : il faut en examiner la nature et la laideur : et cela se peut faire sans danger, parce qu'ils n'ont rien de contagieux : quoiqu'à l'égard de la colère et de la vengeance, il soit bon aussi, ajoute encore Saint Jean Climaque, de détourner la pensée de toutes les circonstances qui peuvent nous y exciter. En général, voici les règles que l'on doit suivre dans toutes sortes de tentations. La première que prescrivent les Maîtres de la morale chrétienne, c'est de les découvrir de bonne heure au Médecin spirituel : c'est le remède le plus efficace pour ces sortes de maladies. Un autre avertissement très-important pour le temps de la tentation, c'est qu'il faut bien prendre garde de se relâcher alors dans ses exercices spirituels, de les quitter, ou d'en retrancher la moindre partie : car quand la tentation ne nous ferait point d'autre mal que de nous porter à nous relâcher, le démon croirait avoir déjà beaucoup gagné, et s'estimerait bien content.
On doit encore, dans le temps de la tentation, se donner entièrement de garde de rien changer à sa conduite spirituelle, et de former aucune nouvelle résolution : le temps n'est pas propre. On ne peut distinguer aucun objet plongé dans l'eau, tant qu'elle est trouble ; laissez-la se reposer et s'éclaircir, et alors vous verrez les ordures qui se déposent au fond. L'agitation et le trouble que cause la tentation, ne vous permettent pas de voir, ni de reconnaître ce qui serait le plus expédient à pratiquer dans cette circonstance : Les maux m'ont environné, s'écrie David, et je n'ai pu rien voir. Ce n'est donc pas là le temps de délibérer, ni de prendre de nouvelles mesures pour se défendre : laissez passer l'orage de la tentation : et quand votre esprit sera dans une assiette plus tranquille, alors vous pourrez mieux connaître ce que vous aurez à faire de plus avantageux pour vous défendre.
Il faut au surplus, dans ces temps de tentation, être extrêmement soigneux de recourir aux remèdes que nous avons déjà marqués, et ne pas demeurer dans l'inaction.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien, Autres remèdes contre les Tentations, La
prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières
courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce
qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne
permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentations, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.
samedi 20 juin 2020
Des saintes Pratiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin
Des saintes Pratiques
Quelles sont ces pratiques, et combien y en a-t-il ?
Ce sont des exercices intérieurs de vertu, auxquels doivent s'adonner ceux qui tendent à la plus haute perfection. Il y en a six principales.
Quelle est la première ?
De ne jamais contenter entièrement la nature, et de lui refuser toujours une partie de ce qu'elle souhaite, dans l'usage ordinaire des choses, même les plus nécessaires. Ceux qui vivent selon leurs inclinations naturelles, ayant pourtant quelque estime et quelque amour pour la vertu, se satisfont pleinement en toute occasion et croient faire beaucoup, pourvu qu'ils s'abstiennent du mal. Mais les hommes spirituels craignent ces sortes de satisfactions entières, parce qu'elles diminuent la vigueur de l'esprit, et ils mêlent partout la mortification ; afin que la nature n'ait jamais tout ce qu'elle demande. Ils ne mettent à cette pratique, point d'autres bornes que celles de la discrétion, qui veut qu'on se conserve pour le service le Dieu, et qui ne permet pas de retrancher du nécessaire, jusqu'à nuire à la santé, et à perdre notablement de ses forces.
Quelle est la seconde pratique ?
C'est celle du détachement du cœur, que les Mystiques appellent la sainte Abstraction. Elle consiste à user de toutes les choses de cette vie, non seulement avec modération, mais encore avec dégagement, et sans y mettre son affection, qu'on doit réserver toute entière pour Dieu. On s'applique à ce qu'on fait, non parce qu'on aime à le faire, mais parce qu'on aime Dieu, pour lequel on fait toutes choses. Quoiqu'occupé au-dehors, on est toujours libre au-dedans ; parce qu'on ne donne point son affection aux objets auxquels on s'applique. On se prête et on se refuse en même temps aux œuvres extérieures : on s'y prête, parce qu'on y donne une partie de son attention, et qu'on emploie les facultés de son corps et de son âme pour réussir dans ses entreprises : et il est vrai aussi qu'on s'y refuse, parce qu'on en détache constamment son cœur, et que si on s'y affectionne, ce n'est jamais que pour Dieu.
Sainte Catherine de Gènes était dans cette disposition, lorsqu'adressant la parole aux affaires de ce monde : faites, leur disait-elle, faites de mon extérieur ce que vous voudrez, je vous l'abandonne ; mais ne touchez point à l'intérieur ; je veux qu'il soit libre pour Dieu. Cette pratique revient à ce que dit saint Ignace dans ses Constitutions, lorsqu'il ordonne à ses enfants de refuser leur affection à toutes les créatures, pour la donner toute entière au Créateur. Et en effet, ce n'est que par le moyen de ce renoncement continuel à toutes les choses visibles, qu'on peut entretenir la vigueur de l'esprit, et conserver les forces de l'âme pour le service de Dieu.
Quelle est la troisième pratique ?
C'est celle de la résignation, par laquelle on se remet continuellement entre les mains de Dieu, et on accepte les ordres de sa providence, en tout ce qui arrive de fâcheux ou d'agréable. Cette pratique est une suite de la précédente : quand on ne s'affectionne à rien de créé, on n'est pas fort éloigné d'agréer en toutes choses, ce qu'on y trouve de Dieu. Dieu, je veux dire sa sainte volonté, et de se plaire à la voir accomplie. Ce saint exercice combat directement l'amour-propre. Les goûts particuliers et les inclinations naturelles cèdent au goût et à l'estime qu'on a pour la volonté divine. Et tout ce qu'on appelle aigreur, indignation, ressentiment, toutes les répugnances que font naître les contrariétés de la part des créatures, sont bientôt sacrifiées au désir de contenter Dieu. Cette pratique est une des plus utiles et des plus importantes de la vie spirituelle ; elle mène droit à la paix et à la pureté du cœur, et contribue plus que toute autre à l'amour divin.
Quelle est la quatrième pratique ?
De ne point compter sur l'amitié des créatures. Il est naturel d'avoir des amis en qui on se confie, de recourir à eux dans l'affliction, et de leur faire confidence de ses peines. L'homme spirituel n'a pour ami à qui il décharge son cœur, que Jésus-Christ, qui lui suffit. Dire, lorsqu'on est désolé : Je me consolerai auprès de cette personne qui m'aime ; je trouverai dans son humeur qui me revient, un soulagement à mes maux ; c'est s'éloigner beaucoup de la perfection. La pratique que nous assignons, tend à retrancher ces sortes d'appuis humains, pour n'avoir recours qu'à la foi et à Notre-Seigneur. Mais elle n'empêche pas qu'on ne se lie d'amitié avec des personnes dont on est aimé, et qu'on aime uniquement en Dieu et pour Dieu : on peut chercher auprès de ces personnes le soutien, la consolation et le conseil dont on a besoin dans ses peines et ses afflictions ; parce que s'adresser à de tels amis, c'est s'adresser à Dieu même, qui est le motif et le lien de l'amitié.
Qu'elle est la cinquième pratique ?
Elle regarde le commerce de la vie, et consiste à faire la volonté des autres plutôt que la sienne, se faisant une étude de se conformer à leurs inclinations et à leurs manières. Par ce moyen on meurt à sa propre volonté, qui est le plus grand obstacle à la perfection. Un beau modèle en ce genre, c'est S. François. On lit dans la chronique de son Ordre , qu'il était devenu si doux et si accommodant, qu'au péché près et à l'imperfection, on pouvait en obtenir tout ce qu'on voulait. Aussi avait-il en partage une grande liberté d'esprit, qui est le fruit ordinaire de cette pratique, et qui se faisait remarquer en lui parmi plusieurs autres dons de Dieu.
Quelle est la sixième pratique ?
C'est qu'autant qu'il dépend de nous, et que la prudence le permet, nous laissions ce qui est aisé, pour prendre ce qui est difficile ; et que de deux choses qui nous sont présentées, nous choisissions la plus désagréable ou la moins commode. C'est le vrai moyen de se fortifier et de faire de grands progrès en peu de temps. La plupart des hommes font tout le contraire ; et c'est pour cela que si peu de gens arrivent à la perfection, qui est un bien difficile à acquérir. Mais ceux qui voudront embrasser généreusement cette pratique, trouveront que toute la doctrine de Jésus-Christ est renfermée dans ces paroles : Si quelqu'un veut marcher sur mes pas, qu'il renonce à soi-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. (Matth. 16, 24) Et ils comprendront bientôt par leur expérience que cette doctrine porte, pour ainsi dire, avec soi la force et le courage pour faire pratiquer ce qu'elle enseigne.
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Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, et Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?.
samedi 30 mai 2020
Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir
MÉDITATION POUR LE SAMEDI, VEILLE DE LA PENTECÔTE
Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir. (S. Jean, 14).
I. Considérez que les Apôtres réunis demeurèrent en retraite dans le Cénacle, depuis que Notre-Seigneur fut monté au ciel, attendant la venue du Saint-Esprit, suivant la promesse qu'il leur avait faite ; et quoiqu'ils eussent une ferme foi et une espérance assurée que cette promesse aurait son effet, ils ne laissèrent pas de s'y disposer par divers exercices spirituels, et particulièrement par la persévérance dans l'oraison.
Apprenez, de leur exemple, que, pour vous disposer à recevoir le Saint-Esprit, vous devez vous recueillir intérieurement dans la solitude spirituelle de votre cœur, et vous adonner avec dévotion et persévérance à la prière et à la méditation. Examinez si vous vous préparez aussi saintement.
II. Considérez qu'une disposition bien nécessaire pour recevoir l'Esprit de Dieu, c'est de se détacher entièrement de l'esprit du monde ; car Jésus-Christ nous déclare que le monde n'est pas capable de recevoir ce divin Esprit.
Voyez donc s'il ne reste point en vous quelque chose de cet esprit du monde ; si votre cœur n'est point conduit par quelque vanité cachée, s'il n'a point d'affection pour les choses terrestres ; et si vous trouvez encore en vous quelque reste de ce mauvais esprit, renoncez-y absolument, et demandez à Jésus-Christ la grâce de vous en séparer pour jamais, afin qu'ayant reçu son Saint-Esprit, il demeure, suivant sa parole, éternellement avec vous.
III. Considérez que les Apôtres et les Disciples, attendant le Saint-Esprit, étaient en la compagnie de la très sainte Mère de Jésus, persévérant avec elle en oraison ; et il n'y a point de doute que les prières de cette Mère de miséricorde n'aient beaucoup contribué pour avancer la venue de ce divin Esprit, et pour leur obtenir une plus abondante communication de ses grâces.
Mettez-vous en esprit en la compagnie de cette très sainte Vierge, et conjurez-la instamment de vouloir bien, par ses prières et son intercession toute-puissante, suppléer à toutes les dispositions qui vous manquent, pour que vous méritiez de recevoir dignement le Saint-Esprit.
PRATIQUES
1° Unissez-vous en esprit à la sainte Vierge et aux Apôtres dans le Cénacle.
2° Entrez dans les sentiments de désir et d'amour qui les animaient.
vendredi 29 mai 2020
Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites
MÉDITATION POUR LE VENDREDI D'APRÈS L'ASCENSION
Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites. (S. Jean, ch. 16)
I. Considérez que, pour profiter saintement des paroles de Jésus-Christ, consignées dans le saint Évangile, il ne suffit pas de les repasser simplement dans sa mémoire ; mais il faut y appliquer la considération et la méditation de l'entendement, aussi bien que les affections de la volonté, afin que toutes les puissances de notre âme en soient pénétrées, de manière que du souvenir et de la pensée de ces divines paroles, on en vienne à l'effet et à l'accomplissement de ce qu'elles enseignent.
Voilà comment notre divin Sauveur veut qu'on se rappelle et qu'on se mette en l'esprit ce qu'il a dit.
Voyez comment vous vous acquittez de ce devoir ; et si, par le passé, ces paroles divines ont fait peu d'impression sur votre âme, prenez une nouvelle résolution de les lire et de les méditer avec plus d'attention et d'affection que vous n'avez fait.
II. Considérez que toute l'occupation des saints Apôtres et des Disciples de Jésus-Christ dans le Cénacle, où ils attendaient la venue du Saint-Esprit, était de rappeler en leur mémoire les paroles qu'ils avaient entendues de la bouche de leur divin Maître, de les méditer, de les approfondir, de les graver dans leur cœur, et de s'en entretenir ensemble, pour s'enflammer de plus en plus de son amour, et pour se disposer plus parfaitement à recevoir son Saint-Esprit.
Mettez-vous par affection et par désir en leur sainte compagnie, et bannissant de votre esprit les autres pensées temporelles, appliquez-vous avec plus de recueillement à la prière, à la lecture et aux autres exercices de la vie spirituelle, pendant ce peu de temps qui reste jusqu'à la Pentecôte, afin de vous préparer, par l'exemple des Apôtres, à recevoir plus dignement le Saint-Esprit.
III. Considérez que pour tirer le fruit des paroles de Jésus-Christ, après les avoir gravées dans votre esprit par la lecture et par la méditation, il faut en venir aux effets et à la pratique : il faut voir ce qu'il y a en vous qui ne soit pas conforme à l'enseignement et aux maximes qu'elles contiennent, pour y apporter le remède, en déplorant vos fautes passées et en concevant un nouveau désir et une nouvelle résolution pour l'avenir, de vous conduire en toutes vos actions et en tous vos desseins, selon cette sainte règle ; en sorte que cette divine parole soit comme un flambeau que vous teniez toujours en main pour découvrir les voies assurées de la justice et de la sainteté, dans lesquelles vous devez marcher pour arriver à Dieu. Voyez quelle résolution vous voulez prendre sur ce sujet.
PRATIQUES
1° Faîtes que la prière, la lecture et vos occupations remplissent votre journée.
2° Réparez par là les jours que vous avez perdu dans la dissipation et les illusions de ce monde.
jeudi 20 février 2020
Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin
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| Saint Ignace de Loyola |
Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection
Quels sont les moyens extérieurs ?
Ce sont certaines actions de piété, certains exercices spirituels qui font l'occupation du cœur et de l'esprit, et qu'on appelle pourtant moyens extérieurs, parce qu'ils ont quelque chose de visible. Tels sont l'oraison, l'examen de conscience, la lecture spirituelle, la confession, la communion, la retraite de quelques jours, le renouvellement de l'intérieur.
Quelles qualités doit avoir l'oraison ?
Elle doit être humble, tranquille et fervente ; humble, c'est-à-dire, qu'on doit se présenter devant Dieu dans la disposition d'un pauvre qui attend à la porte d'un riche le secours dont il a besoin ; tranquille, c'est-à-dire, qu'il faut prendre garde que pour vouloir trop faire on n'empêche par sa propre action l'opération de la grâce, et qu'on doit être toujours prêt à suivre les mouvements du S. Esprit lorsqu'on se sent attiré à l'écouter en silence. Plusieurs manquent en ce point par trop d'activité, et par la trop grande confiance qu'ils ont en leur propre industrie. C'est à l'esprit de piété à rabattre cet orgueil secret qui s'oppose à la sainte paix que Dieu veut donner aux âmes. Enfin elle doit être fervente pour surmonter la lâcheté naturelle par une diligente attention qui tienne l'esprit appliqué, non seulement quand on parle à Dieu, mais encore lorsqu'on s'occupe à faire des réflexions et des raisonnements.
Quel ordre faut-il garder dans l'examen de conscience ?
Il faut commencer par la recherche de ses péchés, et ensuite se demander à soi-même si l'on a eu soin de se conserver dans le recueillement intérieur : si on a été généreux à se vaincre dans les occasions. Il faut encore s'interroger sur le vice qu'on a entrepris de combattre, ou bien renvoyer cette recherche à l'examen particulier dont nous avons parlé ailleurs, si on doit le faire séparément. Les personnes qui commencent sont susceptibles de respect humain ; elles manquent souvent de sincérité ; elles n'ont pas assez de charité envers le prochain ; elles souffrent des inutilités dans leur esprit et dans leur cœur ; elles sont négligentes dans leurs exercices de piété et dans leurs pratiques de vertu : ce sont là des défauts sur lesquels elles ne doivent jamais manquer de s'examiner.
Comment faut il entendre ce que dit un grand maître en la vie spirituelle, que dans l'examen de sa conscience il faut mettre peu de temps à rechercher ses fautes, et beaucoup à en concevoir de la douleur ?
On doit supposer qu'il a parlé pour les personnes tièdes et lâches, qui manquent de générosité, et qui font souvent des chutes, parce que n'étant pas touchées de leurs fautes, elles ont besoin de se pénétrer de sentiments de componction. Mais les personnes ferventes, déterminées au bien, et qui ont déjà fait des progrès dans la vertu, ne doivent pas employer beaucoup de temps pour s'exciter à la contrition, parce qu'elles portent au dedans d'elles-mêmes un repentir presque continuel de leurs péchés. Il leur est plus avantageux d'employer un temps considérable à s'examiner sur les points que nous avons marqués, et en particulier sur ce qui regarde le recueillement et la générosité à se vaincre : car de ces deux points dépend l'avancement spirituel.
Quelle doit être la lecture pour être utile ?
Comme elle sert de nourriture à l'âme, il faut, 1°. qu'elle soit solide ; on ne doit point s'attacher aux Livres propres à contenter la curiosité, ou qui donnent trop à la subtilité des raisonnements, ou qui traitent de matières trop relevées, 2°. Qu'elle soit dévote, c'est-à-dire, propre à donner le goût de la piété. 3°. Qu'elle soit proportionnée aux besoins et à la portée de ceux qui lisent. Ce ne serait pas avoir égard au besoin des personnes qui commencent et qui n'ont aucune connaissance de la vie spirituelle, que de leur mettre entre les mains des Livres mystiques.
Dans quels Livres peut-on puiser cette science de la vie spirituelle ?
On peut mettre parmi les Auteurs modernes qui en ont le mieux traité, Blosius, Grenade, Dupont, Rodriguez. Après les saintes Écritures, je ne sache rien de plus instructif ni de plus propre à enflammer les cœurs, que le Livre de l'Imitation de Jésus-Christ et le Traité de saint Vincent Ferrier de la vie spirituelle. La vie des Saints est encore très-propres pour instruire et pour animer.
Quels fruits tire-t-on de la lecture des Livres spirituels ?
Outre ce que nous avons dit, elle sert encore de préparation à l'oraison, en formant comme un trésor de connaissances, qui sont la matière de nos entretiens avec Dieu.
De quelle utilité sont les Livres mystiques ?
Ils peuvent servir beaucoup, en élevant l'esprit et le cœur aux choses divines, pourvu qu'on soit bien conseillé dans le choix qu'on doit faire de ces Livres. Cette lecture convient proprement aux directeurs ; la plupart des autres personnes en sont moins capables.
Quels avis avez-vous à donner sur la Confession ?
Elle doit avoir trois qualités. Premièrement, il faut qu'elle soit nette, que tout y soit distingué et clairement expliqué. Secondement, il faut qu'elle soit sincère, et que les exagérations et les excuses en soient également bannies. Troisièmement, il faut qu'elle soit pour ainsi dire sérieuse, c'est-à-dire, qu'elle roule sur de véritables fautes, et non sur des bagatelles : car il y a une infinité de gens qui ne vont pas jusqu'au fond dans la recherche de leurs défauts : ils confessent des manquements légers et purement extérieurs, et ils ne s'examinent point sur plusieurs fautes assez grandes, que leurs inclinations déréglées et leurs méchantes habitudes leur font commettre. Il est aussi très-utile de s'accuser des mouvements que les passions excitent dans l'âme quand ils sont considérables, parce qu'il y a souvent de la négligence à les réprimer ; outre qu'en les accusant on s'humilie, et que cette humiliation jointe à la grâce du Sacrement, est un puissant moyen pour étouffer ces sortes de mouvements, et pour affaiblir le principe qui les produit.
N'avez-vous rien à dire sur la Communion ?
Nous en avons parlé dans le Chapitre 7 de la première Partie. On peut ajouter ici que tout le fruit de la communion dépend de la manière dont on s'y prépare, et dont on la fait. On s'y dispose, 1. Par une grande pureté, et cette pureté s'acquiert par la confession, et par les austérités qu'on pratique avant que de s'approcher de la sainte Table. 2. Par un profond respect, que les réflexions sur la dignité de J. C., et sur son indignité propre, doivent naturellement imprimer. 3. Par l'amour et par le désir qui se produisent, et qui s'enflamment l'un l'autre.
On reçoit Jésus-Christ, comme il souhaite d'être reçu, quand on sait s'entretenir avec lui ; lui représenter ses propres besoins, s'offrir à lui, se dévouer à son service, et le remercier du bienfait de sa visite.
Pour les âmes qui sont parvenues à l'état d'union, leur préparation consiste dans une espèce de faim et de soif spirituelle de cette viande sacrée ; et l'accueil le plus agréable qu'elles puissent faire à Jésus-Christ, c'est de l'embrasser tendrement, de se reposer sur son sein, et de jouir tranquillement de sa présence.
En quoi consiste la retraite qu'on doit faire chaque année ?
Elle consiste à se retirer du commerce du monde pendant quelques jours, à s'éloigner des occasions de plaisir et de dissipation, pour vaquer à loisir aux choses de Dieu, dans la solitude. Mais il ne suffit pas de garder la solitude extérieure, il faut que l'esprit se recueille pour méditer sur les vérités de la Religion les plus propres à procurer l'avancement spirituel. Il faut aussi que celui qui entre en retraite, se propose quelque fin particulière ; par exemple, de faire quelque changement considérable dans sa vie ; qu'il rapporte à cette fin tous les exercices de la retraite, et qu'il en fasse sa principale occupation, pour le reste de l'année. Le temps qu'on passe dans la solitude, est destiné à pourvoir à ses besoins, et à se munir de tous les secours spirituels nécessaires pour se maintenir dans la ferveur, jusqu'à la prochaine retraite.
Quel doit être le sujet des méditations pendant la retraite ?
Saint Ignace, dans son Livre des Exercices spirituels, propose des sujets de méditation, dans un ordre méthodique. Il veut qu'on commence par la dernière fia de l'homme, et par les grandes vérités qui y ont rapport ; ce qu'il appelle le fondement de l'édifice spirituel : qu'on passe de là à la considération de ses défauts, afin de purifier son cœur par une sincère conversion, et qu'ensuite on s'occupe de la Vie de Jésus-Christ et de sa Passion. L'expérience fait voir qu'on ne peut rien faire de mieux, que de se conformer à cette méthode ; et les bénédictions que Dieu ne cesse de répandre sur ceux qui la suivent, ne permettent pas d'en douter.
Outre la méditation, n'y a-t-il pas d'autres exercices spirituels qui conviennent à la retraite ?
On peut employer tous les jours quelque temps à s'instruire de quelque point de perfection. Nous en avons marqué plusieurs dans le premier et le second chapitre de la troisième partie. On peut aussi chaque jour prendre quelque temps pour s'interroger soi-même sur quelqu'une de ses actions les plus importantes et les plus ordinaires ; par exemple, sur l'Oraison, la Messe, les devoirs, l'Office divin, la conversation, les divertissements, l'usage de la nourriture, et autres semblables. On considère devant Dieu combien il est important de sanctifier ses actions ; on remarque les défauts dans lesquels on tombe, et on prend des mesures pour se corriger. Il est bon aussi de mettre par écrit les principales réflexions qu'on a faites, et les résolutions qu'on a formées, pour les conserver comme un témoignage qui nous rappelle les pensées et la ferveur de la retraite.
Quelle est la pratique du renouvellement de l'intérieur ?
Les personnes zélées pour leur perfection, prennent quelquefois pendant l'année, surtout à l'approche des grandes Fêtes, deux ou trois jours pour rentrer en elles-mêmes, peur renouveler les promesses qu'elles ont faites à Dieu, et pour exciter dans leur âme des désirs ardents de servir Dieu. Ce temps doit être comme un abrégé de la retraite dont nous venons de parler, et on doit s'y occuper des mêmes exercices. Il est particulièrement destiné à faire reprendre à l'âme sa première vigueur en tout ce qui regarde le recueillement et la victoire de soi même, qui sont les deux grands ressorts de l'avancement spirituel. On doit aussi s'examiner sur le défaut particulier auquel on avait déclaré la guerre, pour voir si on est venu à bout de le vaincre ; ou s'il est à propos de tourner sa vigilance contre quelque autre défaut.
Reportez-vous à Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Simple et courte méthode d'oraison mentale, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. 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Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, De la sècheresse dans l'oraison, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. 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