La piété est utile à tout, ayant pour soi les promesses qui regardent la vie présente et celles qui regardent la vie future. (I Tim., IV, 8)
Le don de piété rend l'homme soumis et dévoué envers Dieu, et lui fait ressentir vivement l'injure que le péché fait à Dieu. « Ce don opère sur le cœur ce que le feu fait sur la cire. Méditez bien cette comparaison, car elle vient du Saint-Esprit : Mon cœur, dit le roi-prophète qui avait reçu ce don, est devenu dans mes entrailles comme de la cire fondue. (Ps. xxi, 15) Le premier effet du feu sur la cire, c'est de l'amollir tellement qu'on peut y imprimer ce qu'on veut : on peut y imprimer Jésus méprisé ou Jésus glorifié, Jésus abandonné à la croix ou servi par les anges dans le désert, Jésus glorifié dans sa résurrection ou méprisé dans sa naissance. La cire est molle, et prend toutes les formes et toutes les figures qu'on lui donne. Ce que le feu opère sur la cire, le don de piété l'opère sur le cœur ; il le rend tendre et maniable, de sorte que Dieu peut en faire ce qu'il veut ; il peut le tourner et le diriger comme il veut. Il n'y a rien de plus beau qu'un tel cœur ; il est exempt de tristesse sur le passé ; il est sans peine sur l'avenir et sans résistance sur le présent ; il regarde Dieu non-seulement comme son Seigneur, mais encore comme son père le plus aimable, de qui il n'a rien à craindre. Il lui est entièrement soumis ; il est content de toutes les dispositions de ce bon-Père, et s'y conforme ; il le loue et le bénit dans toutes les conditions où il le place. »
« Le feu, non-seulement amollit la cire, mais il la fait couler comme l'eau et l'huile. Le don de piété opère la même chose dans le cœur ; il y imprime une dévotion si tendre, un penchant si ardent envers Dieu, et envers tout ce qui tend à son honneur et à son amour, qu'il coule comme la cire fondue. »
« Une affection aussi intime pour Dieu ne peut pas exister sans la compassion. Une âme qui possède la véritable piété et le véritable amour, ne peut voir sans une grande douleur, sans une grande tristesse, les injures qu'on fait à Dieu. Semblable à un enfant qui aime tendrement son père, elle se sent profondément blessée des injures qu'on fait à ce père. Et voilà les douleurs que les saints ressentent plus que tous les maux du monde (P. Pergmayr). »
Le don de piété nous fait aimer et révérer les paroles de la sainte Écriture. « Par l'effet de ce don, toutes les paroles de la sainte Écriture nous sont comme à un enfant les paroles d'un père bien-aimé, comme des lettres que notre Père qui est au ciel nous a envoyées sur cette terre d'exil ; nous apprenons à nous en servir pour nous consoler dans nos épreuves, pour nous fortifier dans nos combats, pour nous animer, en toute circonstance, à la pratique de la vertu (P. Belot). »
Le don de piété nous inspire une grande dévotion envers Marie, et nous porte à honorer les anges et les saints. « Au premier rang, dans les affections du chrétien animé du don de piété, se placent les créatures glorifiées dont Dieu jouit éternellement, et qui jouissent de lui pour jamais. Il aime tendrement Marie, et il est jaloux de son honneur ; il vénère avec amour les saints ; il admire avec effusion le courage des martyrs, et les actes héroïques de vertu accomplis par les amis de Dieu ; il se délecte de leurs miracles, il honore religieusement leurs reliques sacrées (D. Guéranger). »
Le don de piété nous fait aimer tous les hommes comme étant les créatures et les enfants de Dieu. « Le chrétien animé du don de piété voit dans son prochain Jésus lui-même. Sa bienveillance pour ses frères est universelle. Il est disposé au pardon des injures, au support des imperfections d'autrui, à l'excuse pour les torts du prochain. Il est compatissant pour le pauvre, empressé auprès de l'infirme. Une douceur affectueuse révèle le fond de son cœur ; et dans ses rapports avec ses frères de la terre, on le voit toujours porté à pleurer avec ceux qui pleurent, à se réjouir avec ceux qui sont dans la joie (Ibid. — C'est par suite de l'amour vrai qu'il porte à ses frères que le chrétien animé du don de piété s'efforce de secourir, autant qu'il dépend de lui, les pauvres âmes du purgatoire). »
La piété est utile à tout, cette piété qui n'ambitionne que l'honneur de Dieu, éloigne des âmes ce qui peut leur être une cause de douleur, soupire après leur avancement, cette piété enfin qui excite et enflamme notre charité envers Dieu et envers le prochain. (S. Bonaventure)
Le don de piété, en nous faisant aimer Dieu comme notre Père, et les hommes comme étant avec nous les enfants de ce bon Père, fait naître par là même en nos cœurs l'esprit de réparation, c'est-à-dire qu'il nous porte à réparer, par nos prières et nos souffrances, les outrages faits à notre Père par ses enfants eux-mêmes et à obtenir pour ces enfants ingrats le pardon de leurs crimes. Notre-Seigneur révéla plusieurs fois à la B. Marguerite-Marie, qu'il ne voulait pas qu'elle se bornât à aimer et à souffrir, mais qu'il voulait encore que ses souffrances et son amour servissent à la conversion des pécheurs. Il y avait des époques où il lui demandait des réparations et des expiations particulières. C'était dans le temps du carnaval qu'elle éprouvait ordinairement plus de souffrances, parce que c'est le temps où les gens du siècle se livrant au crime avec plus de licence. Dans un de ces jours de péché, son divin Époux se présenta à elle tout déchiré de coups et couvert de meurtrissures ; son sang coulait de toutes parts ; il portait sur ses épaules une croix pesante, et il disait d'une voix triste et douloureuse : « N'y aura-t-il personne qui ait pitié de moi, qui veuille compatir à ma douleur ? Voilà l'état pitoyable où les pécheurs me mettent dans ce temps-ci. » L'épouse de Jésus-Christ fondit en larmes à un spectacle si touchant, et elle s'offrit pour soulager son divin Époux. Il accepta son offre, et depuis ce jour elle se trouva tous les ans, au temps du carnaval, réduite dans un état de grande douleur et de violente maladie.
(Les sept dons du Saint-Esprit)
Reportez-vous à Moyens pour obtenir le don de piété, Nature du don de Piété, Moyens pour obtenir le don de Crainte, Effets du don de Crainte, Nature du don de Crainte, Effets des sept dons du Saint-Esprit, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation
pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la
synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour
demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
dimanche 4 septembre 2022
Effets du don de piété
dimanche 3 juillet 2022
Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit
Ceux que l'Esprit de Dieu fait agir sont enfants de Dieu. (Rom., VIII, 14)
Nature des dons du Saint-Esprit. « Les dons sont des habitudes qui perfectionnent l'homme pour qu'il suive promptement l'impulsion de l'Esprit-Saint. Comme les dons, les vertus théologales et les vertus cardinales sont aussi des habitudes (1), venues du Saint-Esprit et perfectionnant l'homme ; mais il y a différence de fonctions entre les dons et les vertus. Les vertus surnaturelles sont des forces divines, communiquées à l'âme pour opérer le bien surnaturel. Le don est l'impulsion qui met ces forces en mouvement. Ce que la sève est à l'arbre, les vertus infuses le sont à l'âme baptisée. Mais pour qu'un arbre croisse et porte des fruits, il est nécessaire que la sève soit mise en mouvement par la chaleur du soleil. De même, par le baptême, le chrétien possède la sève des vertus surnaturelles ; mais, s'il veut croître et porter des fruits, il faut que cette sève divine soit mise en mouvement par l'Esprit aux sept dons. » (Mgr Gaume, t. II, ch. XXV)
(1) Entre la puissance, qui est une disposition naturelle à quelque chose, et l'acte effet et exercice de cette puissance, il y a l'habitude. Celle-ci est une qualité attachée à la puissance, qui la porte à exercer aisément son action. Ainsi l'on dit d'un enfant doué d'une belle voix et d'une oreille juste, qu'il a de la disposition pour la musique ; quand il s'exerce à chanter, il réduit en acte cette disposition naturelle ; lorsque ensuite il a acquis par l'exercice une grande facilité à chanter, on dit de lui qu'il a l'habitude de la musique, qu'il est musicien. L'habitude est une qualité fixe et durable. (P. Belot, p. 15)
« Les vertus théologales sont supérieures aux dons, parce que l'esprit de l'homme n'est pas mû par l'Esprit-Saint, s'il ne lui est uni d'une certaine manière ; or, la première union de l'homme est celle qui s'opère par la foi, l'espérance et la charité ; les dons, par conséquent, présupposent ces vertus qui sont leurs racines (S. Thomas, 1. 2, q. 68, art. 4, ad 3) »
« Mais les vertus morales surnaturelles sont inférieures aux dons. Quant aux vertus morales naturelles, elles ne perfectionnent l'âme que selon la raison, et elles peuvent être séparées de la grâce sanctifiante (P. Lallemant, IVe princ., ch. III, art. 1). »
Nécessité des sept dons. « Par les vertus théologales et morales, l'homme n'est pas tellement perfectionné dans ses rapports avec sa fin dernière, qu'il n'ait encore besoin d'être mû par une impulsion supérieure de l'Esprit-Saint. Les dons du Saint-Esprit, soit comme principes de mouvement surnaturel, soit comme éléments de lumière, de force et de défense, sont aussi nécessaires au salut que le mouvement à la vie, la chaleur à la sève, le vent au navire, la vapeur à la locomotive (Mgr Gaume, ch. XXV). »
Du don habituel et du don actuel. « Distinguons, dans les dons du Saint-Esprit, l'habitude de l'acte, c'est-à-dire le don habituel du don actuel. Le don actuel consiste en ces lumières particulières et en ces inspirations à l'aide desquelles l'Esprit divin nous excite intérieurement à certaines opérations fort nobles qui dépassent la capacité humaine. L'habitude du don est une qualité spirituelle, qui est versée en nous simultanément avec la grâce, et qui a la propriété de rendre nos puissances souples et dociles, de les incliner et de les disposer à l'obéissance envers l'Esprit-Saint, chaque fois que, par un instinct particulier et par ses inspirations, il nous pousse à ces actes. Elle s'appelle habitude : bien qu'en effet l'Esprit-Saint ne nous excite pas toujours par des motions spéciales à des œuvres extraordinaires ; il réside cependant toujours dans cette qualité infuse, qui nous rend prompts à adhérer à ses impulsions dès qu'il les imprime en nous. »
« Et ainsi se résout d'elle-même une difficulté qui pourra venir à l'esprit du lecteur : Si tous ceux qui sont en état de grâce ont reçu par infusion, avec les vertus théologales et morales, les dons du Saint-Esprit, pourquoi tous n'en font-ils pas les actes ? Si tous reçoivent par infusion le don de force, pourquoi tous n'éprouvent-ils pas en eux-mêmes une vigueur suffisante pour exercer des actes de force héroïque ? Même question pour les autres dons. La réponse est contenue dans ce que nous avons déjà dit. Les dons habituels sont versés en nous par l'Esprit divin avec la grâce sanctifiante ; mais il n'en est pas de même des dons actuels. D'où il suit que toute âme juste possédant le don de la force n'est pas pour cela extraordinairement forte dans ses opérations (Scaramelli, Dir. myst., Ier traité, ch. VI). »
Nombre des dons. « Le prophète Isaïe dit en parlant de Jésus-Christ : L'Esprit du Seigneur reposera sur lui, l'Esprit de sagesse et d'intelligence, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de science et de piété, et il sera rempli de la crainte du Seigneur (Is., XI, 2) (la crainte que nous ouvre la marche vers les hauteurs de la perfection se montre seule dans l'énumération d'Isaïe. Ensuite le saint prophète associe ensemble les dons qui ont du rapport l'un à l'autre, et dont l'un regarde plus spécialement l'entendement, et l'autre la volonté. P. Belot, p. 12). Ces dons ne sont qu'au nombre de sept, parce que, dit saint Grégoire, le nombre sept représente l'universalité, et de même que le monde a été conduit en sept jours à sa perfection, de même l'homme, qui en est l'abrégé, devient parfait par les sept dons du Saint-Esprit. Ces sept dons sont nécessaires à sept besoins de l'homme, tant pour la vie active que pour la vie contemplative. Les cinq derniers, selon saint Anselme, regardent la vie active ; et les deux plus élevés, la vie contemplative. Ainsi ces sept dons sont sept rayons spirituels aussi brillants qu'enflammés, et procédant du soleil d'une charité tout embrasée. Sur eux, comme sur sept colonnes qui en sont le soutien, l'ornement et la perfection, la sagesse s'est bâti une demeure et un sanctuaire (S. Bonaventure, liv. I, ch. II — Isaïe, considérant les dons en Notre-Seigneur, les a énumérés en commençant par le don le plus élevé. S. Bonaventure et les anciens Pères, qui les ont considérés en nous-mêmes, ont dû suivre l'ordre inverse, parce que les dons se développent en nous dans cet ordre. Quelques auteurs, tels que le P. Saint-Jure, ont d'abord traité des trois dons destinés à perfectionner la volonté, la crainte, la force et la piété ; et ensuite des quatre autres, qui ont leur siège dans l'entendement. Nous avons adopté l'ordre suivi par saint Bonaventure). »
Donnez-moi un vaisseau, un pilote, d'habiles matelots, des voiles, des câbles, des ancres, tout ce qu'il faut pour que le vaisseau soit complet ; si le vent manque, tout n'est-il pas retardé ? Ainsi en est-il si le Saint-Esprit est absent. Quelque science, quelque intelligence que l'on ait, tout est inutile sans l'aide du Saint-Esprit. (Saint Chrysostome)
Par le sacrement de Confirmation, nous recevons le Saint-Esprit avec l'abondance de ses dons. C'est pourquoi on doit s'y disposer par d'ardents désirs, quand on ne l'a pas encore reçu, et en garer ensuite le souvenir, en conserver le fruit avec une pieuse reconnaissance.
« Je me souviens avec bonheur, écrit un missionnaire, d'avoir rencontré une petite fille de dix ans très-bien instruite de la religion, ce qui, à cet âge, est extrêmement rare chez les Chinois. Cette enfant désirait avec ardeur le sacrement de Confirmation, que j'hésitais néanmoins à lui accorder, parce que je la trouvais trop jeune. Je voulus m'assurer si son courage égalait son intelligence, et je lui dis : “Après que tu auras été confirmée, si le mandarin te met en prison et qu'il t'interroge sur ta foi, que répondras-tu ? — Je répondrai que je suis chrétienne par la grâce de Dieu. — Et s'il te demande de renoncer à l'Évangile, que feras-tu ? — Je répondrai : Jamais ! — S'il fait venir les bourreaux et qu'il te dise : Tu apostasieras, ou l'on va te couper la tête, quelle sera ta réponse ? — Je lui dirai : Coupe !” Enchanté de la voir si bien disposée et si fortement résolue, je l'admis avec joie au sacrement qui faisait l'objet de tous ses vœux. » (Annales de la Propagation)
(Les sept dons du Saint-Esprit)
Reportez-vous à Effets des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation
pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la
synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour
demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
dimanche 5 juin 2022
Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit
Ceux qui vivent selon la chair goûtent les choses de la chair, tandis que ceux qui sont spirituels n'ont de goût que pour les choses de l'Esprit. (Rom., VIII, 5)
« Les dons de l'Esprit-Saint sont unis entre eux dans la charité, de telle sorte que celui qui a la charité a tous les dons de l'Esprit-Saint, et que, sans elle, on ne peut en avoir aucun (S. Thom., 1. 2, q. 68, a. 5). » — « Les dons sont donc toujours et infailliblement distribués avec la grâce sanctifiante ; mais, en cet état commun, ils ne produisent pas un grand effet ; voici comment nous pouvons en mériter un notable accroissement et les posséder à un haut degré. »
Recourir au Saint-Esprit par la prière. « Comme ce sont les dons du Saint-Esprit, il est raisonnable et nécessaire de les lui demander, et, comme ce sont de très-grands dons, de les lui demander avec toutes les instances possibles. Pour cela, outre les prières que nous pourrons faire de nous-mêmes, il faudra dire, souvent et avec une affection très-grande, le Veni, creator, et la belle prose, Veni, sancte Spiritus. Il sera même bon, durant quelque temps, de demander un don, de faire tous ses efforts pour l'obtenir, et de passer ensuite à un autre (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 3). »
S'unir intimement à Notre-Seigneur Jésus-Christ. « Nous acquérons la grâce du Saint-Esprit par Notre-Seigneur, de la plénitude de qui nous avons tout reçu (S. Jean, I. 16), et par ses mérites, et par les douleurs de sa mort, qui ont obligé son Père à verser sur nous toutes sortes de bénédictions célestes. (Ephés, I, 3) Entre ces bénédictions, il n'y a point de doute que les sept dons du Saint-Esprit ne tiennent un des premiers rangs ; et, comme Notre-Seigneur en a été surabondamment rempli, et pour lui et pour nous, nous devons nous unir à lui pour les prendre de lui (Ibid. — Cette union s'accomplit surtout par la sainte communion : en recevant, par la communion, Jésus-Christ en nous, nous recevons aussi l'Esprit de Jésus-Christ). » — « C'est surtout dans les scènes de la Passion qu'il faut chercher l'humanité sainte du Dieu Sauveur, et nous y attacher par la contemplation. De ses plaies sacrées couleront sur nous, comme d'autant de sources fécondes, et les eaux de la grâce, et les dons de l'Esprit sanctificateur. Là, en effet, dit saint Bonaventure, on voit briller avec éclat, dans un foyer commun, la sagesse et l'intelligence, le conseil et la force, la science et la piété, et la crainte du Seigneur (P. Belot, p. 50. Lire, dans l'admirable ouvrage de saint Bonaventure intitulé : Aiguillon de l'amour divin, les chapitres VII, VIII et IX, qui traitent des rapports de la Passion avec les dons, les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit.
La dévotion à Marie. « Marie a été, dès le premier instant de sa conception immaculée, enrichie des dons de l'Esprit-Saint. Elle a reçu ces dons sacrés, comme notre mère, pour nous les communiquer à nous-mêmes. Elle est la Mère du bel amour, de la divine connaissance et de la sainte espérance. Elles est pour nous la Mère de la grâce divine. C'est donc de cette tendre mère que nous devons les attendre, ces dons précieux ; c'est par elle que nous devons les demander (P. Belot, p. 236). »
Bannir de l'âme l'esprit du monde. « Les amateurs du monde ne sont point capables de tels dons, d'actes si parfaits, de rayons si lumineux ; car l'Esprit-Saint est donné lui-même au milieu de telles faveurs, et le monde ne peut recevoir cet Esprit de vérité, selon la parole du Seigneur. (S. Jean, XIV, 17) Et la raison qu'il en donne, c'est que le monde ne le voit point et ne le connaît point. L'intelligence des mondains n'est point apte à voir la lumière ; elle n'a point ces yeux invisibles par lesquels on peut contempler cet Esprit. Et la raison, c'est que, selon saint Paul, l'homme animal ne conçoit point les choses qui sont de l'Esprit de Dieu (I Cor., II, 14) ; car de tels hommes, dit le Psalmiste, ont résolu de tenir leurs yeux baissés vers la terre (Ps. XVI) (S. Bonaventure, liv. I, ch. V.). »
Pratiquer le recueillement intérieur. « Les rayons de ce divin soleil ne pénètreront pas les forces de notre âme, si celles-ci ne sont recueillies. Quelque pures que soient les eaux d'une rivière, les rayons lumineux ne peuvent les pénétrer, l'œil ne peut y rien distinguer, si elles sont agitées. Le Saint-Esprit ne parle pas dans le bruit ; il attend que l'on fasse silence pour faire entendre ses leçons. Et parlerait-il, d'ailleurs, comment une âme distraite, agitée, pourrait-elle prêter l'oreille à sa voix, et quel fruit pourrait-elle retirer de ses divins enseignements (P. Belot, p. 46. La vigilance sur nous-mêmes et l'usage des oraisons jaculatoires nous sont nécessaires pour garder le recueillement. L'amour du silence en est une autre condition ; mais sa source principale, c'est l'oraison. Un homme d'oraison ou un homme recueilli, c'est une seule et même chose : l'oraison n'est que l'exercice destiné à nous établir dans le recueillement. Le recueillement, c'est l'état habituel d'oraison ; et l'oraison, c'est l'acte, l'exercice quotidien du recueillement. (Mgr de Ségur, Le Chrétien vivant en Jésus, ch. VIII, 3.))
Les âmes terrestres, à mesure qu'elles se dilatent au-dehors par des désirs, resserrent de plus en plus l'entrée de leur cœur, et même la ferment quelquefois à l'Esprit divin. (Saint Grégoire)
« Que vous êtes heureux ! disait le jeune Décalogne à deux ou trois de ses camarades ; que vous êtes heureux ! Vous allez recevoir un sacrement qui vous donnera tant de facilité pour persévérer dans le bien et soutenir les bonnes résolutions que vous avez prises lors de votre première communion ! Que je voudrais être à votre place ! Pourquoi ce sacrement ne peut-il se réitérer ! car je savais à peine ce que je faisais lorsque je le reçus. Puisque le Saint-Esprit est Dieu, disait-il une autre fois à un de ses condisciples, il me semble qu'on ne doit pas se préparer avec moins de soin à recevoir la confirmation qu'à faire sa première communion. » Afin de réparer, en la manière qu'il pouvait, le manque de préparation qui avait précédé pour lui la confirmation, faute qui était du reste bien moins l'effet d'un manque de volonté que de la faiblesse de l'âge, il s'instruisit avec soin de tout ce qui a rapport à ce sacrement. Il en paraissait plus occupé que ceux qui se disposaient à le recevoir. Le jour de la confirmation, il s'approcha de la sainte table pour demander à Dieu de lui communiquer, comme à ses camarades, les précieux dons du Saint-Esprit, et la ferveur de ses désirs lui mérita d'en recevoir toute la plénitude. (Vie du jeune Décalogne)
(Les sept dons du Saint-Esprit)
Reportez-vous à Action du Saint-Esprit dans l'Église, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation
pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la
synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour
demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
vendredi 5 novembre 2021
Combien la Méditation des souffrances de Jésus-Christ est méritoire pour nous, et agréable à Dieu
Il n'est rien de plus salutaire, dit Saint Augustin, que de penser chaque jour combien un Dieu-Sauveur a souffert pour nous : S. Bernard ajoute que rien n'est si propre pour guérir les blessures de la conscience et purifier l'âme, que la méditation fréquente des souffrances de J.-C. C'est encore un puissant secours contre toutes sortes de tentations, disent les Saints : et particulièrement contre celle d'impureté, que d'avoir recours à la méditation de la Passion du Fils de Dieu, et de nous réfugier dans ses plaies adorables. Enfin, c'est un remède universel contre toutes sortes de maux, que de penser à Jésus crucifié : et S. Augustin nous assure qu'en toutes sortes de rencontres, il n'en a jamais trouvé de si efficace que de recourir aux plaies de l'homme-Dieu. Celui, dit S. Bonaventure, qui s'attache à méditer affectueusement sur la vie et sur la mort de J.-C., y rencontre avec abondance toutes les choses dont il a besoin, et il n'a plus besoin de rien chercher hors de Jésus-Christ. On voit partout ce que nous venons de dire, combien cette pratique a été familière aux Saints, et que c'est par ce moyen qu'ils sont parvenus à un sublime degré de sainteté et de perfection.
Blosius rapporte que Dieu révéla un jour à Sainte Gertrude, que toutes les fois qu'on s'attachait à regarder avec dévotion l'image de Jésus crucifié, on attirait sur soi les regards de la miséricorde divine. Profitons de cet avertissement, et puisque ce divin Sauveur n'a pas dédaigné de souffrir pour nous, ne dédaignons pas du moins de penser à tout ce qu'il a souffert pour nous mériter le salut. On raconte de S. François, qu'un jour qu'il passait auprès de Notre-Dame de la Portioncule, pleurant et soupirant, il fut rencontré par un serviteur de Dieu qui le connaissait, et qui le voyant si affligé : et craignant qu'il ne lui fût arrivé quelque chose de fâcheux, lui demanda ce qui lui faisait tant de peine. Je pleure et je gémis, répondit le Saint, de ce que mon Sauveur J.-C. a tant souffert, sans l'avoir mérité, et de ce que les hommes, qui en sont la cause, songent si peu combien ils lui sont redevables pour un si grand bienfait.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Des sentiments que doit produire en nous la Méditation des souffrances de Jésus-Christ : et premièrement des sentiments de compassion qu'elle doit exciter dans nos cœurs, Jésus crucifié est le Livre des Élus, Des fruits que porte Jésus crucifié, l'Arbre de vie, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Passion de Jésus-Christ, Des Trésors infinis que nous possédons en JÉSUS-CHRIST, Sur Jésus-Christ et L'intérieur de Jésus-Christ.
mardi 26 octobre 2021
De la Tristesse que cause la tiédeur au service de Dieu ; et de la joie que donne la bonne conscience
La lâcheté dans le service de Dieu, et la négligence à remplir les devoirs de notre état, est encore une des causes les plus ordinaires de la tristesse. Nous voyons tous les jours, et chacun le peut éprouver soi-même, que quand on s'acquitte bien de son devoir, on se sent à l'aise, et on a le cœur satisfait ; au lieu que quand on néglige de remplir ses obligations, on tombe dans l'abattement et dans le chagrin. C'est le propre du péché de rendre triste : Un méchant, dit le Sage, sera accablé de douleurs.
« Il n'y a point de tourment plus insupportable, dit Saint Bernard, que celui qui provient d'une mauvaise conscience ; la mauvaise conscience porte son supplice avec elle : on a beau cacher son crime, et paraître innocent aux yeux des hommes, on ne peut se le cacher à soi-même, ni éviter la condamnation de sa propre conscience. » Faites tout ce que vous voudrez ; cherchez la compagnie et les divertissements, pour vous délivrer des reproches qu'elle vous fait, vous n'en viendrez jamais à bout, et elle vous tourmentera toujours sans relâche. C'est ce qui a fait dire à Sénèque, que la plus grande punition du crime était de l'avoir commis.
Cela se vérifie surtout en ceux qui ont commencé à goûter Dieu, et qui après l'avoir servi pendant quelque temps avec ferveur, viennent à se relâcher, et à se démentir : car la misère est plus sensible et plus douloureuse à supporter à celui qui s'est vu dans l'abondance, qu'à celui qui n'a jamais été dans cet état.
Si vous voulez donc n'être point exposé à ces ressentiments de tristesse, et vivre toujours content, dit Saint Bernard, vivez comme vous devez vivre ; songez quelles sont vos obligations ; appliquez-vous à les remplir avec exactitude, à vous corriger de vos défauts, et à expier vos péchés ; ce sont eux qui troublent la paix de votre âme. Un homme de bien est toujours dans la joie ; un méchant homme a toujours la conscience bourrelée, et comme il n'y a point de plus cruel supplice pour celui-ci que les reproches continuels de sa conscience, il n'y a point aussi de joie plus sensible pour l'homme de bien, que le témoignage qu'il peut se rendre de la droiture de la sienne. « Il n'y a point de plus grand plaisir que la joie du cœur, dit l'Écriture-Sainte... Un esprit tranquille est toujours comme dans un festin perpétuel... Si notre cœur ne nous reproche rien, dit Saint Jean, nous devons avoir confiance en Dieu.... Ce qui fait notre gloire, dit Apôtre, c'est le témoignage de notre conscience. »
Mais la joie dont nous parlons, n'est pas seulement un effet de la bonne conscience, elle en est aussi un signe extérieur, ainsi que nous l'apprend Saint Bonaventure, lorsqu'il dit que la joie spirituelle est une marque évidente de la grâce. Le Saint-Esprit nous enseigne la même vérité en plusieurs endroits de l'Écriture : « La lumière est faite pour le juste, dit David, et la joie pour ceux qui ont le cœur droit... Mais les méchants ne marchent que dans les ténèbres... Ils ne trouvent dans leur chemin que confusion et que malheur, et ils n'ont point connu la paix. »
Une des raisons pour lesquelles Saint François voulait toujours voir la joie exprimée sur le visage de ses religieux, c'est qu'il regardait cette joie comme un des fruits du Saint-Esprit, et comme la marque de la demeure de Dieu dans les âmes. Il disait même qu'elle faisait tant d'impression sur lui, que toutes les fois qu'il se sentait porté à la tristesse et au découragement, il n'avait qu'à jeter les yeux sur ses frères ; et qu'aussitôt il se sentait délivré de cette tentation, parce qu'en les voyant, il lui semblait voir des Anges.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Comment saint François, cheminant avec Frère Léon, lui exposa les choses dans lesquelles consiste la joie parfaite, Qu'il y a une Tristesse louable et sainte, Que l'Oraison est un puissant remède contre la tristesse, Des causes de la Tristesse, et des remèdes qu'on doit lui opposer, Que les fautes légères où l'on tombe ne doivent pas faire perdre la joie du cœur, Raisons qui nous obligent à servir Dieu avec joie, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, Des maux réels et considérables que cause la Tristesse, Méditation sur la tristesse, Méditation sur deux sortes de tristesse, et De la réformation de la tristesse.
mardi 19 octobre 2021
Des causes de la Tristesse, et des remèdes qu'on doit lui opposer
Allons, maintenant à la source du mal, et voyons quelles sont les causes de la tristesse, afin d'en connaître mieux aussi les remèdes, et de les appliquer plus à propos. Cassien et Saint Bonaventure disent que la tristesse peut naître de diverses causes. Quelquefois elle ne vient que de la constitution du tempérament, et de ce que l'humeur mélancolique domine sur tout le reste ; et alors c'est un mal qui a plus besoin de Médecins que de Directeur. Il faut pourtant remarquer que cette humeur se nourrit et s'augmente par les pensées affligeantes où l'on s'entretient. Cassien dit qu'il est si dangereux de se laisser aller à ces sortes de pensées, qu'il faut les éloigner de nous avec autant de soin que celles qui sont contre la pureté et contre la foi.
Quelquefois on ne saurait dire précisément d'où naît cette tristesse ; car il arrive souvent que sans en avoir aucun sujet, on tombe tout d'un coup dans une profonde mélancolie. Alors son ne prend plus plaisir à rien, tout nous blesse, tout nous déplaît, nous fuyons les hommes, et même nos meilleurs amis ; il faut nous arracher, pour ainsi dire, les paroles, et si nous disons quelque chose, ce n'est qu'avec sécheresse et dureté. Cela nous fait voir, dit Cassien, que nos impatiences et nos promptitudes ne viennent pas toujours de l'occasion qu'on nous en donne ; mais plutôt de la mauvaise disposition de notre intérieur, et de ce que nous ne mortifions pas assez nos passions. En sorte que le remède qu'il faut y apporter, n'est pas de nous retirer de la société des hommes ; mais de bien mortifier nos passions : car sans cette mortification, dans quelque endroit que nous allions, et en quelque désert que nous puissions nous cacher, nous porterons toujours avec nous la cause intérieure de notre chagrin et de nos mouvements de colère.
La tristesse, dit Saint Bonaventure, vient encore quelquefois, ou de ce qu'il nous sera arrivé quelque chose de fâcheux, ou de ce que nous aurons manqué à obtenir ce que nous poursuivions avec ardeur. Saint Grégoire et Saint Augustin sont du même sentiment, et disent que la tristesse dans les gens du monde vient de leur attache aux choses du siècle : car il est certain que celui, qui aime quelque chose, ne s'en peut voir priver qu'avec regret : au lieu que rien ne peut affliger celui qui est détaché de tout ce qui est créé, et de qui Dieu seul fait tout le bonheur, comme il est le seul objet de tous ses désirs. Il n'y a point de doute, dit le Père Avila, que ce sont nos désirs qui causent nos inquiétudes et nos chagrins : plus les désirs sont ardents, plus l'inquiétude est violente : moins on forme de désirs, moins on ressent d'inquiétude : et quand on est parvenu à ne plus rien désirer, on jouit alors d'un parfait repos d'esprit. Enfin, il est vrai de dire que nos désirs sont nos bourreaux, parce que ce sont eux qui nous tourmentent, et qui font notre supplice.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Que les fautes légères où l'on tombe ne doivent pas faire perdre la joie du cœur, Raisons qui nous obligent à servir Dieu avec joie, Comment Saint François voulait que le Serviteur de Dieu montrât toujours un visage joyeux, Des maux réels et considérables que cause la Tristesse, Méditation sur la tristesse, Méditation sur deux sortes de tristesse, et De la réformation de la tristesse.
samedi 9 octobre 2021
Des Tentations qui se présentent à nous sous l'apparence du bien
Saint Bonaventure nous donne un avertissement bien essentiel touchant les tentations. Prenez garde, dit-il, que le démon se déguise quelquefois en Ange de lumière, et qu'il se sert des apparences du bien pour séduire les serviteurs de Dieu. On peut mêler le poison dans une liqueur agréable, dit Saint Jérôme, et l'hameçon est ordinairement caché sous un appât. C'est ainsi que le démon en use : Il tend secrètement un piège dans la voie où marchent les serviteurs de Dieu : s'il les attaquait ouvertement, et en leur montrant le vice à découvert, il les effaroucherait sans doute, et ne gagnerait rien avec eux. Les bons, remarque judicieusement Saint Bernard, ne sont jamais tombés que par l'apparence du bien. Le démon est subtil et adroit, il sait par où il doit attaquer chacun de ceux qu'il tente. Ainsi, pour parvenir plus sûrement à son but, il use de déguisement avec les gens de bien ; il
commence premièrement, reprend Saint Bonaventure, par leur proposer des choses qui sont bonnes en elles-mêmes : il y en mêle ensuite de mauvaises ; après sous l'apparence d'un faux bien, il leur présente des maux véritables : enfin, quand il les voit tellement engagés dans ses filets, que difficilement ils s'en pourraient dégager, il les attaque alors à découvert, et les fait bientôt tomber dans des péchés manifestes. Combien a-t-on vu de liaisons, continue Saint Bonaventure, qui paraissent saintes d'abord, qui l'étaient peut-être en effet, et dans lesquelles on s'imaginait ne rechercher que Dieu, et que l'avancement dans la perfection ! Ce n'était cependant qu'un artifice du démon, comme la suite de ces liaisons funestes l'a bien fait connaître : Nous n'ignorons plus ses desseins, dit Saint Paul. Cette liaison, que l'ennemi du salut nous propose de faire, est d'abord innocente de part et d'autre : le motif même en paraît saint : on ne parle, dans les premières conversations que de Dieu : mais ensuite, comme on se recherche avec empressement, qu'on se voit plus souvent, on mêle sensiblement d'autres intérêts dans les longues conversations qu'on a ensemble : on s'y entretient des sentiments d'amitié qu'on ressent l'un pour l'autre : on cherche à s'en donner des assurances mutuelles, à les confirmer par de petits présents réciproques, et par mille autres marques qu'une amitié sainte ne connaît point. C'est alors que le démon commence à mêler de mauvaises pensées aux bonnes, et à porter au mal, sous l'apparence trompeuse du bien : et c'est ainsi que dans ces sortes de liaisons, et en plusieurs autres circonstances, il séduit une infinité de personnes, et cache artificieusement, sous le masque de la vertu, ce qu'il y a de dangereux et de criminel dans ce qu'il suggère.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Gémissements en la présence de Dieu et de ses Anges d'une âme éprouvée par les tentations, Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Comment il faut se comporter dans les Tentations contre la foi et Contre la Pureté, Autres remèdes contre les Tentations, La
prière est encore un puissant remède contre la Tentation : Prières
courtes et ferventes dont on se peut servir dans le temps des Tentations, La défiance de soi-même et la confiance en Dieu, sont des moyens salutaires pour vaincre les Tentations, Ce
qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne
permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentations, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.
mardi 14 septembre 2021
Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations
« Le Seigneur votre Dieu vous tente, afin que l'on connaisse si vous l'aimez, ou non, de tout votre cœur et de toute votre âme. » Dieu se plait à nous éprouver, pour nous faire connaître nos forces ; et de quelle sorte nous l'aimons et nous le craignons ; c'est par le même motif que dès qu'Abraham eut levé le bras pour immoler son fils : Je connais maintenant, lui dit il, que vous craignez Dieu ; c'est-à-dire, comme l'explique Saint Augustin : Je vous ai fait connaître que vous l'aimiez.
Il y adonc deux sortes de tentations : les unes que Dieu nous envoie lui-même ; les autres, qui nous arrivent seulement par sa permission, et qui viennent de nos ennemis, c'est-à-dire, du diable, du monde et de la chair.
Saint Grégoire dit que Dieu, par une providence secrète et adorable, veut que les Élus soient tentés et affligés en cette vie ; parce que ce monde n'est qu'un lieu de pèlerinage ou plutôt d'exil, où il faut que nous marchions sans nous arrêter, jusqu'à ce que nous arrivions à notre céleste patrie. Et d'autant que quand les voyageurs rencontrent quelque agréable prairie, et quelque ombrage rafraîchissant, ils se détournent quelquefois de leur chemin ; Dieu qui ne veut pas que rien nous puisse détourner du nôtre, ni que nous nous attachions à la terre, ni que nous prenions le lieu de notre exil pour celui de notre patrie, permet que le cours de cette vie mortelle soit rempli de peines et de tentations, afin que la considération de ce que nous y souffrons, nous oblige de soupirer avec plus d'ardeur après la jouissance d'une autre vie. Saint Augustin est du même sentiment : car il dit que les tentations et les afflictions servent à nous faire connaître les misères de cette vie, à nous faire désirer plus ardemment, à nous porter, même à rechercher avec plus de soin la seule vie où l'on doit jouir éternellement du véritable bonheur.
« Heureux l'homme qui supporte la tentation ; car lorsqu'il aura été éprouvé, il recevra la couronne de vie. » Il est nécessaire, dit Saint Bernard, expliquant ces paroles de Saint Jacques, il est nécessaire que les tentations arrivent; car qui est-ce qui sera couronné, s'il n'a légitimement combattu, et comment peut-on combattre, si l'on n'est point attaqué ?
La nécessité de l'épreuve des tentations nous est encore bien clairement marquée dans ces paroles de l'Ange à Tobie : « Parce que vous étiez agréable à Dieu, il a fallu que vous ayez été éprouvé par la tentation. » Et le Sage dit, que c'est la tentation qui a fait paraître la fidélité d'Abraham. » En effet, c'est parce qu'il fut trouvé ferme dans la tentation, que Dieu lui proposa aussitôt la récompense de sa vertu, et lui jura qu'il multiplierait ses descendants comme les étoiles du Ciel, et comme le sable de la mer.
En sorte qu'une des raisons pour laquelle Dieu nous envoie des tentations, c'est pour nous faire mériter une plus grande récompense et une plus riche couronne. C'est ce qu'il faisait dire aux Saints que Dieu nous fait plus de grâces en nous envoyant des tentations, et en nous donnant la force de les surmonter, que s'il nous en délivrait entièrement ; parce que, sans ces tentations nous serions privés de la récompense de la gloire qu'elles nous donnent occasion de mériter en les combattant avec courage.
Saint Bonaventure ajoute une autre raison: C'est que l'amour que Dieu a pour nous, fait que non-seulement il veut que nous parvenions à la gloire et à un haut degré de gloire ; mais que nous puissions aussi jouir bientôt de cette gloire, sans être obligés de demeurer longtemps dans le lieu qu'il a destiné à l'expiation de nos fautes. C'est donc à cette fin qu'il nous envoie ici-bas des tentations et des souffrances, qui en purifiant notre âme des taches et de la rouille du péché, la mettent en état de jouir plutôt de la vue de Dieu : Ôtez la rouille de l'argent, dit le sage, et on en fera un vase très-pur.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Prière pour demander à Dieu la victoire des tentations, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentations, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.
samedi 4 septembre 2021
De la Médisance
Ne parlez point mal les uns des autres, mes Frères, dit l'Apôtre Saint Jacques. Les médisants, dit Saint Paul, sont haïs de Dieu. Le Sage nous assure aussi qu'ils sont en abomination aux hommes. Car encore qu'il semble que les hommes prennent plaisir à entendre parler un médisant, ils ne laissent pas néanmoins de le détester dans le fond du cœur : et ils se donnent bien garde de lui : parce qu'ils craignent, et avec raison, que de la manière qu'il traite les autres devant eux, il ne les traite aussi de même à leur tour devant les autres. Cette réflexion devrait suffire pour nous faire concevoir de l'horreur pour la médisance : que peut-on imaginer de plus odieux, que d'être en abomination à Dieu et aux hommes ? Mais, sans nous arrêter à cette considération, attachons-nous seulement à faire voir combien ce vice est énorme et dangereux, et combien il est aisé de pécher mortellement en ce point : afin que cette connaissance nous oblige à avoir toujours un grand éloignement d'un vice dont les suites sont si funestes. Si vous me demandez en quoi consiste l'énormité de ce vice, je vous répondrai qu'elle consiste en ce qu'il ternit et qu'il ruine la réputation du prochain, dont le prix est au-dessus de tous les trésors du monde, suivant ces paroles du Sage : « La bonne réputation vaut mieux que toutes les richesses... Travaillez à vous acquérir une bonne réputation, car ce vous sera un bien plus stable que tous les trésors imaginables. » Les Docteurs assurent qu'autant que la bonne réputation est au-dessus des richesses, autant le Péché de la médisance l'emporte sur le péché de larcin : et quand ils entrent ensuite dans le détail des cas où la médisance est péché mortel, et de ceux où elle n'est que péché véniel, ils disent ce qu'on dit ordinairement de tous les autres péchés, qui de leur nature sont mortels : ils disent, par exemple, que comme le larcin est de soi un péché mortel, mais qu'il peut n'être que véniel, quand ce qu'on a dérobé est de très peu de conséquence, comme serait le larcin d'une pomme ou de quelque autre chose de cette nature : de même la médisance est de soi un péché mortel, mais. que la matière en peut-être néanmoins si légère, que ce ne sera plus alors qu'un péché véniel.
Mais ils font en même temps une remarque très importante, qui nous fait voir combien la moindre médisance est dangereuse, et avec quel soin nous devons nous abstenir de celles qui nous semblent les plus légères; c'est que bien souvent celles qui paraissent si peu de chose, ne le sont pas effectivement ; car les mêmes Théologiens disent, qu'encore qu'il n'y ait pas de péché mortel à rapporter une faute légère qu'un séculier aura commise, faute qui n'est même qu'un péché véniel, comme de dire qu'il a fait un mensonge : toutefois la même faute, ou quelque autre péché véniel, ou même une simple imperfection que l'on dira d'un Prêtre ou d'un Religieux, peut-être un péché mortel : parce que la réputation de l'un et de l'autre peut être en cela plus blessée que celle d'un séculier ne le serait, si on disait qu'il eût commis un péché mortel.
Saint Bonaventure établit cette règle pour parler des absents : que l'on doit avoir honte de dire d'un homme en son absence, ce qu'on ne pourrait dire en sa présence, sans s'exposer à blesser la charité : et, qu'il faut que chacun sache, qu'en quelque temps que ce soit, il est en sûreté avec vous. Cette règle est sans doute très sage, et elle embrasse également les choses importantes, et celles qui nous paraissent les plus légères : celles-là nous trompent souvent par cette apparence : car elles ne sont pas toujours si légères qu'il nous plaît de le croire; et il ne faut point alléguer, ni qu'elles ne sont d'aucune conséquence, ni que les autres n'y feront point attention, ni que ce sont des choses publiques.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Que tous nos discours et nos entretiens doivent être de Dieu ; et de quelques moyens qui peuvent y contribuer, Méditation sur la Médisance, Méditation sur les péchés de la langue, Méditation sur le soin qu'un Chrétien doit avoir de la réputation du prochain, Circonstances que nous devons observer en parlant, Vivre dans le recueillement et dans le silence, c'est mener une vie douce et agréable, Le Silence est un moyen efficace pour acquérir la Perfection, Il est difficile, sans l'observation du Silence, de devenir homme d'oraison, Du Silence : Ses avantages et son utilité, Du Silence, par Saint Vincent Ferrier, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, Méditation sur les discours immodestes, Méditation sur les péchés de la langue, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Qu'il ne sorte aucun mauvais discours de votre bouche, Qu'il faut s'abstenir de toutes paroles de raillerie, et éviter toute contestation avec le prochain, Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !, et Qu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulier.

