IIIe Point. Dans le ciel les saints possèdent Dieu. Il se donne, il se communique à eux, il devient leur bien, leur propriété, leur héritage, et ce Dieu de bonté en se donnant ainsi aux bien-aimés de son cœur, les fait entrer en participation de tous ses biens, de toutes ses perfections. Oui les saints sont riches des richesses de Dieu lui-même, saints de sa sainteté, sages de sa sagesse, justes de sa justice. Ils ne jugent plus par leurs idées, mais par celles de Dieu ; ils ne veulent plus et ne peuvent plus vouloir que ce qu'il veut. Enfin ils aiment par son cœur, ils vivent de sa vie, ils sont heureux de son propre bonheur, et ils lui sont tellement unis, tellement transformés en lui qu'ils sont, selon l'expression du grand apôtre, Dieux avec lui, parce que sa divine image se réfléchit en eux dans toute sa beauté comme l'image du soleil se réfléchit dans des eaux calmes et parfaitement pures.
Oh ! comme ces biens de la terre que les saints ont méprisés pour Dieu leur paraissent aujourd'hui peu de chose, que les sacrifices qu'ils ont faits pour acquérir les biens et le bonheur dont ils jouissent leur paraissent petits ! et quels regards de pitié et de mépris ne jetaient-ils pas sur toutes ces choses qui nous éblouissent et nous fascinent encore. Plaisirs, honneurs, richesses, gloire et grandeurs humaines, tout cela leur paraît bien vil, bien méprisable et souverainement indigne d'occuper des âmes créées pour le ciel, appelées à de si hautes destinées, à un bonheur si parfait, à la possession de Dieu lui-même. Quand donc, ô mon Dieu, jugerons-nous de toutes les choses d'ici-bas, comme vos saints en jugent ; dessillez nos yeux, Seigneur, afin que nous les méprisions comme ils les ont méprisées aux jours de leur vie mortelle et que comme eux nous ne soupirions plus qu'après la possession des biens éternels.
Ce qui complète le bonheur des élus, c'est la société des anges et des saints dont ils jouissent dans le ciel et avec lesquels ils vivent dans la plus douce et la plus fraternelle union. Tous se connaissent, tous s'aiment, tous sont unis par les liens d'une inaltérable charité. L'envie, la jalousie, la discorde ne pénètrent pas au ciel, et quoique tous les bienheureux ne jouissent pas du même degré de gloire et, qu'ainsi que les étoiles du ciel qui diffèrent entre elles de clarté, les uns soient plus élevés que les autres et jouissent d'une connaissance de Dieu proportionnée à l'amour qu'ils ont eu pour lui sur la terre et aux mérites qu'ils y ont acquis, chacun d'eux se trouve parfaitement satisfait de la part que Dieu lui a faite, chacun se réjouit du bonheur de ses frères comme du sien propre et voit sans envie la différence de gloire et d'élévation qui existe entre eux parce que tous s'oublient et ne se regardent plus eux-mêmes, mais Dieu seul qui se glorifie en chacun d'eux.
Si le plus grand bonheur de la terre consiste dans l'affection qu'ont entre eux les membres d'une même famille, dans l'union parfaite de leurs volontés et de leurs cœurs, quel ne doit pas être le bonheur de cette immense famille de Dieu, qui n'a qu'un cœur pour aimer le père commun, qu'une voix pour le louer et le bénir, et si une des plus vives afflictions de l'âme pieuse ici-bas est de voir le dépérissement de la foi dans les âmes et le Dieu qu'elle aime méconnu, outragé, blasphémé par l'impie, si la vue des iniquités, des scandales qui inondent le monde la fait si souvent soupirer après la fin de son exil ; quelle n'est donc pas la joie des bienheureux de se trouver dans un lieu où le péché n'entrera jamais, où Dieu sera éternellement loué, éternellement aimé, éternellement glorifié, où ce Jésus, objet de leur plus tendre amour, et qu'ils ont vu oublié, méprisé, abandonné sur la terre par les ingrats qu'il ne cessait de combler de ses grâces et de ses bienfaits reçoit enfin le juste tribut de la reconnaissance et de l'amour de tous les bienheureux qui tous jettent à ses pieds leurs couronnes et reconnaissent lui devoir leurs vertus, leurs mérites et leur gloire.
Enfin le corps même des saints participera un jour au bonheur dont leurs âmes sont déjà en possession, et jusque-là il semble que ce bonheur est en quelque sorte incomplet. Ces âmes bienheureuses soupirent après l'instant où elles se réuniront à ces anciens compagnons de leur exil, qui eux aussi ont mérité d'avoir part à leur gloire puisqu'ils ont eu part à leurs travaux et à leurs sacrifices. Il leur tarde de voir leur bien-aimé Sauveur avec leurs yeux de chair, de le louer avec ces langues qui tant de fois le louèrent ici bas, même au sein de l'affliction et de la douleur, et dont un grand nombre confessèrent son nom au milieu des plus cruels tourments. Dieu exaucera au dernier jour les vœux de ses serviteurs et de ses enfants, il accomplira ses promesses, et l'homme tout entier sera glorifié dans son âme et dans son corps : la bonté de Dieu le demande et sa justice l'exige en quelque sorte ; elle ne saurait souffrir que ces corps que les saints lui ont immolés pendant de longues années comme des hosties vivantes, qu'ils ont exténués par le jeûne, les veilles, le travail et toutes les austérités de la pénitence n'aient pas aussi leur part de gloire et de félicité. Ils l'auront donc, et au premier son de la trompette de l'ange ces corps reformés sur le modèle du corps glorieux de Jésus-Christ s'éveillant de leur sommeil séculaire et secouant la poussière de leur couche funèbre, ils seront en un instant réunis aux âmes bienheureuses dont ils furent autrefois la prison d'argile ; et brillants comme autant de soleils, ils s'élanceront radieux dans les plaines de l'immensité pour aller pleins de joie au-devant du souverain Juge et servir à la gloire de son triomphe.
Ces corps des saints revêtus alors pour toujours de la lumière de gloire comme d'un brillant vêtement dont l'éclat surpassera celui du soleil et des pierres les plus précieuses et resplendira des plus riantes couleurs, deviendront un nouvel ornement pour le ciel et leur vue augmentera la joie et la félicité des élus. Ces corps glorieux n'auront plus rien des infirmités des nôtres, ils n'auront plus la pesanteur de la matière et ne seront plus sujets aux besoins que nous éprouvons aujourd'hui. Impassibles et immortels, la maladie, les infirmités ne pourront plus les atteindre, l'âge ne pourra plus flétrir leur beauté et épuiser leurs forces, la mort ne pourra plus arrêter les battements de ces cœurs généreux qui palpiteront éternellement sous les douces étreintes de l'amour de Dieu, doués de subtilité et d'agilité comme celui de Jésus-Christ notre adorable chef ; ces corps devenus ses membres glorieux, pénétreront sans effort les corps les plus durs et se transporteront d'un lieu à un autre avec la promptitude de la pensée. Ils parcourront, sans se lasser, les vastes domaines de la création et verront sous leurs pieds ces mille millions de mondes que nous voyons aujourd'hui rouler avec tant d'harmonie sur nos têtes. Cette terre que nous habitons et que l'homme a souillée et souille encore de tant de crimes, purifiée elle aussi par le feu de la justice de Dieu, renouvelée et embellie par sa toute puissante bonté, deviendra encore un nouvel Éden que les élus parcourront avec délices, n'y retrouvant plus les douleurs du passé que par le souvenir qui leur rendra plus douces encore les joies inaltérables du présent.
Enfin, tous les sens des corps des saints jouiront chacun de la félicité qui leur est propre ; leur vue sera ravie par les merveilles de la maison du Seigneur et des splendeurs de cette Jérusalem céleste, dont saint Jean, dans ses mystérieuses révélations, nous raconte les beautés et les richesses. Leurs oreilles seront charmées par l'harmonie des concerts angéliques, leur goût satisfait par de divines suavités, leur odorat par le céleste arôme des suaves parfums qui s'exhaleront du corps adorable de Jésus, de celui de sa Mère immaculée et de ceux de tous les élus, comme d'une magnifique corbeille de fleurs ornant et embaumant à la fois les parvis éternels.
Que cette pensée du bonheur des saints que nous venons de méditer nous enflamme d'une sainte ardeur, d'une noble ambition et d'une généreuse émulation. Comme eux, nous sommes créés pour le ciel, l'heureuse patrie où ils sont arrivés est aussi notre patrie ; les joies dont ils jouissent nous sont promises, et il dépend de nous qu'elles nous soient un jour données. Élevons donc nos yeux vers ces demeures éternelles, où nous ont devancés nos frères dans la foi, nos parents, nos amis bien-aimés. Du sein de leur éternelle félicité, leurs regards s'abaissent vers nous, ils nous tendent les bras et nous montrent à côté de leurs trônes de gloire ceux qui nous sont destinés et qu'ils brûlent du désir de nous voir occuper. Élançons-nous donc courageusement sur leurs traces, suivons les exemples qu'ils nous ont laissés et disons avec saint Augustin : Pourquoi ne pourrais-je pas ce qu'ont pu tant de saints de mon état, de mon âge, et qui se sont sanctifiés dans la même position que moi. Ils n'étaient pas d'une autre nature que la mienne ; ils avaient les mêmes penchants à vaincre, les mêmes obstacles à surmonter, les mêmes épreuves et de bien plus grandes encore à supporter ; avec la grâce de Dieu, ils ont triomphé de toutes les difficultés et sont arrivés au terme. De moi-même je ne puis rien, mais Dieu m'offre sa grâce comme il la leur a offerte, et avec elle je pourrai ce qu'ils ont pu. Oui, soyons-en convaincus, pour gagner le ciel, il ne faut que le vouloir, mais le vouloir fortement, sincèrement, constamment, et par là même il faut vouloir les moyens qui peuvent nous y conduire, c'est-à-dire les vertus, les souffrances, les humiliations, les sacrifices, qui seuls peuvent assurer nos droits à cet héritage éternel. Lors donc que nous sentirons notre courage faiblir sous le poids de l'épreuve, la nature effrayée à la vue des sacrifices reculer et réclamer ses droits, rappelons-nous la magnifique récompense promise à quelques instants de peine, et ranimons notre courage en nous disant : Le ciel sera le prix de cette épreuve supportée avec résignation, de cette croix portée avec patience, de ce sacrifice accompli avec amour. Ainsi soit-il.
PRIÈRE
Que la terre me paraît vile, ô mon Dieu, quand je regarde le ciel ! Que les jours de mon exil me paraissent longs, lorsque je pense à l'éternelle patrie où vous enivrez vos élus de bonheur et d'amour. Non, rien ici-bas, ô mon Dieu, ne peut plus satisfaire mon âme qui a soif de vous ; elle languit, elle se dessèche, se consume loin de vous, par l'ardeur de ses désirs. Toutes les jouissances terrestres ne lui semblent plus qu'amertume ; l'affection des créatures ne peut pas éteindre cette soif d'amour que vous seul pouvez étancher. C'est vous, c'est vous seul, ô mon Dieu, que mon âme désire ; c'est vous qu'elle appelle et la nuit et le jour ; c'est à vous qu'elle aspire comme à sa seule joie, à sa seule félicité, à son éternelle vie. C'est vous, vous seul enfin qu'elle veut voir, qu'elle veut aimer, qu'elle veut posséder.
Mais hélas ! je m'égare, ô mon Dieu, et dans ma présomption j'oublie ma misère, mon indignité, ma profonde indigence, et j'aspire à la récompense que vous accordez à vos fidèles serviteurs, sans avoir rien fait encore pour la mériter. Il n'en sera plus ainsi, ô mon Dieu ! aidé de votre grâce, je vais m'efforcer de me rendre moins indigne du bien auquel j'aspire ; je n'oublierai plus que le ciel doit être le prix de nos efforts et de nos sacrifices ; que nous devons, pour ainsi dire, le prendre d'assaut, et que ceux-là seuls qui auront vaillamment combattu seront couronnés. Je m'efforcerai donc de marcher avec tous vos saints sur les traces du chef des élus ; comme eux je veux le suivre avec courage dans la voie des humiliations, des souffrances et des sacrifices, puisque c'est la seule qui peut me conduire à la vie et à l'éternel bonheur. Ainsi soit-il.
(Méditations pour l'Octave de la Toussaint et pour tout le mois de Novembre)
Reportez-vous à BONHEUR DES SAINTS DANS LE CIEL : Dans le Ciel, Dieu justifie sa providence aux yeux de ses élus, et étanche la soif d'amour qui dévorait le cœur des saints, BONHEUR DES SAINTS DANS LE CIEL : Les saints bénissent Dieu des souffrances et des épreuves qu'ils ont eues à subir, Sentiments qui doivent nous animer et résolutions à prendre le jour de la Toussaint, Sur l'institution de la fête de la Toussaint, Culte des Saints, Grandeur des Saints, Les Attributs de Dieu qui font la Béatitude des Saints dans le Ciel, Sur la sainteté, Prière à la Très Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Pensons souvent à notre destination, Méditation sur la Fête de tous les Saints : Vous devez être Saints, parce que moi-même je suis Saint, Instruction sur la Fête de tous les Saints, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, et Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts.
mardi 1 novembre 2022
BONHEUR DES SAINTS DANS LE CIEL : Dans le ciel, les saints possèdent Dieu
BONHEUR DES SAINTS DANS LE CIEL : Dans le Ciel, Dieu justifie sa providence aux yeux de ses élus, et étanche la soif d'amour qui dévorait le coeur des saints
IIe Point. Les saints, dans le Ciel, ne sont pas seulement exempts de tous les maux de la vie présente, ils jouissent encore de la plénitude de tous les biens. Là, tous leurs désirs sont satisfaits, et le vide de leur âme, ce vide immense que nous éprouvons tous et que rien ne peut remplir ici-bas, est pour jamais comblé. Il l'est par Dieu lui-même, qui seul pouvait le remplir. Et Dieu, en se donnant à ses élus, leur donne tous les biens avec lui. Il leur communique son propre bonheur, sa paix, sa gloire, son amour, et les fait vivre de sa propre vie. Nul ne peut donc exprimer la félicité, les joies toujours renaissantes dont sont enivrés les bien-aimés du Père céleste. Ce n'est pas seulement la joie du Seigneur qui est entrée dans ces âmes bienheureuses ; quelque grandes qu'elles soient, leur capacité ne l'eût pas été assez pour la contenir. Ce sont elles qui sont entrées dans cette joie du Seigneur, qui sont plongées, submergées, abîmées dans cet océan sans rivages et sans fond, dont nul ne peut sonder les insondables abîmes. C'est là qu'elles vivent et qu'elles vivront éternellement, sans que la satiété puisse jamais les atteindre, sans qu'elles puissent se lasser d'une félicité qui leur semblera toujours nouvelle. Pour elles plus de passé, plus d'avenir, plus rien que le moment toujours présent de leur immuable éternité. Le moment a commencé pour elles au jour où elles sont entrées en possession de leur bonheur, et il ne doit plus finir. Là, où elles sont arrivées, la course fugitive du temps a cessé, le jour qui a lui pour elles n'aura pas de soir, pas de nuit. Au ciel, les heures ne succèdent pas aux heures les mois aux mois, les années aux années, les siècles aux siècles, tout cela passe, fuit comme un songe ; là-haut, rien ne passe, rien ne change, tout est stable, permanent, immuable comme Dieu lui-même.
Pendant leur séjour sur la terre, l'âme des saints était comme la nôtre dévorée du triple besoin de connaître, d'aimer et de posséder. Mais rien ici-bas ne put satisfaire aux aspirations de ces grandes âmes. Elles avaient soif de vérité, soif d'amour, soif de Dieu et ne trouvant dans les créatures que mensonge, vanité et néant, elles languissaient ici-bas comme des exilés languissent loin de leur patrie, et soupirant sans cesse après la fin de leur exil, elles étaient étrangères au milieu du monde, y vivaient comme n'y vivant pas puisque toutes leurs pensées, toutes leurs espérances, toutes leurs affections étaient fixées dans le ciel. Aujourd'hui leurs vœux sont accomplis et le triple besoin de leur cœur est satisfait.
En effet, la soif qu'avaient les saints de connaître Dieu est étanchée. Ils s'abreuvent aux sources de la lumière et de la vérité. Les voiles obscurs de la foi sont tombés pour eux, toutes les ombres qui obscurcissaient leur intelligence se sont dissipées aux brillants rayons du soleil de justice. Ils voient Dieu tel qu'il est et cette vision intuitive de Dieu les plonge dans un immortel ravissement, dans des extases d'admiration et d'amour qui se renouvellent et s'augmentent à chaque nouvelle beauté qu'ils découvrent en celui qui est seul la vérité, la vie, la beauté infinie. Je ne veux pas dire que les saints comprennent l'essence de Dieu, aucune créature quelque pure, quelque élevée en gloire qu'elle soit ne la comprendra jamais ; mais Dieu se montre à ses élus, ils le voient tel qu'il est, ils le connaissent, et cette connaissance est proportionnée au degré de sainteté qu'ils ont acquis sur la terre et à l'amour qu'ils ont eu pour lui.
Les saints comprennent le mystère de l'adorable Trinité devant lequel ils ont autrefois abaissé les lumières de leur faible raison et qu'ils ont adoré sans le comprendre. Ils voient comment Dieu le Père est le principe du Verbe et engendre éternellement ce Fils qui lui est égal en toutes choses ; ils voient également comment l'Esprit saint, amour du Père et du Fils procède de l'un et de l'autre et leur est égal en puissance, en grandeur et en sainteté. Ils comprennent enfin comment ces trois adorables personnes parfaitement distinctes l'une de l'autre ne forment pourtant qu'un seul et même Dieu. Ils connaissent de même tous les autres mystères qui ont été ici-bas l'exercice de leur foi et l'objet de leur contemplation et de leur amour. La charité de Dieu dans les divers mystères de l'Incarnation et de la Rédemption leur est révélée dans toute son étendue, ils sondent les profondeurs de cet incompréhensible amour d'un Dieu pour de misérables créatures et cette vue excite en eux des transports d'admiration et de reconnaissance qu'il n'est pas possible à une langue mortelle d'exprimer.
Dans le ciel Dieu justifie sa providence aux yeux de ses élus. Ils voient en lui pourquoi ses amis sont éprouvés sur la terre, pourquoi les croix, les afflictions les plus pesantes leur sont en quelque sorte réservées. Pourquoi il semble les abandonner si souvent à la méchanceté et à l'oppression de leurs persécuteurs et se montre sourd à leurs gémissements et à leurs prières. Pourquoi le juste languit dans la souffrance, dans les humiliations, dans l'indigence, tandis que tout prospère à l'impie, qu'il nage au sein de l'opulence, qu'il regorge des biens du monde et s'enivre de la vaine fumée de la gloire humaine. L'infinie sagesse qui a réglé cette distribution si inégale de biens et de maux est dévoilée aux yeux des bienheureux ; ils l'admirent, ils la bénissent avec amour et comprennent pourquoi Dieu a voulu cette inégalité qui fait si souvent blasphémer l'impie et murmurer l'âme peu affermie dans la foi.
Enfin les saints voient tout en Dieu, ils connaissent en lui tous les secrets de sa grâce, toutes les avances de sa miséricorde, toutes les inventions de son amour. Ils connaissent également tous les secrets de la nature, toutes les merveilles de la création et le dernier des élus en sait plus sur toutes ces choses que le savant qui a consumé sa vie dans l'étude des astres et des secrets de la nature. Oui les sciences n'ont plus ni obscurités, ni mystère pour les saints ; ils les connaissent toutes sans rien ignorer, ils connaissent clairement et distinctement les lois qui régissent tous les corps qui composent ce vaste univers et d'un coup d'œil ils embrassent tout ce qui s'est passé dans le monde depuis sa création. Ils voient de même dans la lumière de Dieu les besoins spirituels et temporels de ceux qui les invoquent, leurs afflictions, leurs épreuves, leurs tentations, les grâces qu'ils reçoivent et celles qui leur sont nécessaires pour correspondre aux desseins de Dieu sur eux et atteindre la fin pour laquelle il les a créés. Cette vue enflamme leur charité et les porte à se faire auprès du Seigneur les intercesseurs de ceux qui réclament leur assistance et les prient avec ferveur et confiance.
Les saints jouissent encore dans le ciel de la vue de la sainte humanité de Jésus, de ce Jésus qui fut sur la terre l'appui de leur espérance et le plus tendre objet de leur amour. Ils le voient non plus souffrant et rassasié d'opprobre comme aux jours de sa douloureuse passion, mais impassible, glorieux et immortel. Ah ! si un seul rayon de cette gloire inhérente à la divinité que le Sauveur laissa sur le Thabor éclater sur sa sainte humanité suffit pour jeter les apôtres dans une extase d'admiration et de ravissement et arracha à saint Pierre ce cri qui peint si bien le bonheur qui remplissait son âme : Seigneur il fait bon ici ; souffrez que j'y dresse trois tentes, une pour vous, une pour Moïse et l'autre pour Élie ! quel ne doit donc pas être le ravissement, la joie, le bonheur de ces âmes bienheureuses qui voient non pas un reflet de la gloire de l'Homme-Dieu, mais qui le voient dans tout l'éclat de sa gloire, couronné de toutes les splendeurs de la divinité, élevé au-dessus de tous les chœurs des anges et assis à la droite de son Père sur un trône éclatant de lumière, recevant sans cesse les hommages et les adorations de toute la cour céleste, l'éclairant comme un radieux soleil de sa divine lumière, et laissant tomber sur cette multitude d'élus, qui tous lui doivent leur bonheur et leur gloire, un éternel regard de bienveillance et d'amour. Ah ! c'est là un bonheur que notre cœur comprend. Voir Jésus, l'aimer, en être aimé, le posséder, être sûr que rien ne pourra plus jamais nous séparer de lui, ne plus le voir offensé, mais au contraire aimé, loué, béni par des millions d'esprits célestes et d'âmes bienheureuses. Cette félicité toute seule est déjà le ciel.
La vue de Marie leur douce et tendre mère augmente encore le bonheur des élus. Ils la voient assise sur un trône de gloire, tout à côté de celui de son Fils, revêtue de la lumière de ce soleil de justice qu'elle a donné au monde, portant dans ses mains le sceptre de la clémence et dominant de sa douce majesté l'auguste assemblée des saints, jouissant du bonheur de toutes ces âmes qui après Jésus lui doivent leur salut, comme une tendre mère jouit du bonheur de ses enfants.
Dans le ciel, la soif d'amour qui dévorait le cœur des saints est pleinement étanchée. Ici bas, ils se plaignaient avec douleur de l'impuissance où ils étaient d'aimer comme ils auraient voulu le faire l'objet divin qui seul leur paraissait aimable et cette parole : Nul ne sait s'il est digne d'amour ou de haine, les remplissait de crainte et les faisait languir dans les angoisses d'une sainte tristesse. Mais aujourd'hui plus de craintes, plus d'inquiétudes, l'incertitude a cessé, ils savent maintenant qu'ils étaient dignes d'amour, et que le Dieu si bon qui les a couronnés les aime et les aimera éternellement. Pour eux aussi l'impuissance a cessé, Dieu a étendu leurs facultés aimantes, et il a centuplé leur puissance d'aimer, dilaté sans mesure la capacité de ces âmes bienheureuses et à peine le Seigneur s'est-il découvert à elles que le feu du divin amour les a pénétrées tout entières, il s'est attaché à toutes leurs puissances, il les a transformées, identifiées en celui qu'elles aimaient ; et comme Dieu est amour, on peut dire aussi qu'elles sont devenues tout amour.
Ah ! si le sentiment de l'amour de Dieu nous rend déjà si heureux sur la terre, si une seule goutte de cet amour suffit pour adoucir les plus poignantes douleurs, pour remplir d'une sainte énergie et d'un invincible courage les âmes les plus faibles et les plus timides, qu'est-ce donc que l'amour du ciel, que Dieu ne verse plus goutte à goutte, mais qu'il fait entrer par torrents dans l'âme de ses élus. Ils ne boivent pas seulement à cette source de délices, ils se baignent, ils se plongent dans les vagues brûlantes de cet océan de la charité d'un Dieu, ils s'enfoncent, ils se perdent dans ses divines profondeurs et plus ils s'y enfoncent, plus les horizons qui s'ouvrent devant eux s'agrandissent ; sans cesse ils découvrent de nouvelles beautés, de nouvelles amabilités dans celui qu'ils aiment : aussi plus ils l'aiment, plus ils veulent l'aimer et cet acte d'amour béatifique commencé à leur entrée dans le ciel se continuera pendant toute l'éternité toujours plus ardent, plus intense et les remplissent toujours de nouvelles délices, de nouveaux ravissements, parce que cette éternité avec son interminable durée ne suffira pas à leur révéler tout ce qu'il y a de grandeurs, de beautés et de perfections en Dieu.
(Méditations pour l'Octave de la Toussaint et pour tout le mois de Novembre)
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lundi 31 octobre 2022
BONHEUR DES SAINTS DANS LE CIEL : Les saints bénissent Dieu des souffrances et des épreuves qu'ils ont eues à subir
L'œil de l'homme n'a point vu, son oreille n'a point entendu et son cœur ne saurait comprendre ce que Dieu réserve à ceux qu'il aime.
1er Point. l'Église, mère toujours tendre et compatissante, ouvre aujourd'hui le ciel à nos regards pour exciter notre émulation, encourager et soutenir notre faiblesse dans les épreuves incessantes de la vie présente, en nous montrant dans cet heureux séjour ceux de nos frères dans la foi qui ont combattu avant nous les combats du Seigneur, et qui, pleins d'une sainte ardeur, soutenus et aidés par la grâce, ont triomphé du monde, du démon et d'eux-mêmes, et reçu des mains du souverain rémunérateur de la vertu, la palme et l'immortelle couronne de la victoire. Élevons donc nos yeux et plus encore nos cœurs, vers cette heureuse patrie, où Dieu enivre de bonheur et couronne d'honneur et de gloire cette multitude de saints de tous rangs, de tous sexes, de tous âges, brillantes fleurs écloses sur notre terre au vivifiant soleil de sa grâce et de son amour et moissonnées par l'ange de la mort pour en orner les parvis éternels.
Qui pourrait énumérer le nombre de ces héros chrétiens ? Qui pourrait compter ces légions de martyrs, qui ont arrosé de leur sang et cueilli au milieu des plus affreux supplices les palmes glorieuses qu'ils tiennent entre leurs mains, ces troupes innombrables de vierges plus pures que les lis et qui se pressent avec amour sur les pas de l'Époux divin qu'elles ont préféré à tout et pour lequel elles ont renoncé à toutes les joies, à tous les bonheurs de la terre. Qui pourrait compter encore la multitude des confesseurs de la foi, des saints pénitents, des saintes veuves, de tous ceux qui se sont sanctifiés dans l'état du mariage ? Non, nulle langue ne saurait nous dire le nombre des élus du Seigneur, de ces pierres précieuses qui toutes ont été taillées et polies par le ciseau de la souffrance, et qu'il a choisies et recueillies dans tous les climats, sous tous les cieux du monde, pour servir à la construction de la Jérusalem céleste. Les yeux sont à la fois éblouis et charmés à la vue de ces innombrables légions de saints qui forment la cour du Roi des rois, et se pressent autour du trône de son éternité, jetant au pied de celui de l'Agneau les palmes et les couronnes qu'ils reconnaissent ne devoir qu'à ses mérites et non aux leurs.
Tous ces saints dont la gloire nous éblouit et fait palpiter nos codeurs d'une noble émulation, ne sont pas seulement cette foule de héros chrétiens auxquels l'Église décerne les honneurs dus à la sainteté, qu'elle propose à notre vénération, et qu'elle nous offre comme des modèles que nous devons imiter ; leur nombre est grand sans doute ; mais il est petit si on le compare à celui de nos frères dans la foi, dont la sainteté n'a été connue que de Dieu, qui se sont sanctifiés dans l'obscurité d'une vie humble et cachée, non par des actions d'éclat, mais par le fidèle accomplissement des devoirs de l'état où la Providence les avait placés ; par la perfection avec laquelle ils ont fait les actions les plus communes, les plus habituelles de la vie. Tous ceux-là aussi ont trouvé place dans le royaume de la gloire, et le Seigneur récompense aujourd'hui avec magnificence leurs vertus, leurs obscurs sacrifices, les souffrances et les mérites dont lui seul fut le témoin et que sa miséricorde consigne jour par jour, heure par heure dans ses registres éternels.
Qu'il est doux et consolant pour nos cœurs de pouvoir chercher et distinguer pour ainsi dire parmi cette multitude de bienheureux ces parents, ces amis tant aimés et si amèrement regrettés qui nous ont devancés dans cette éternité où nous les suivrons bientôt, et dont la foi, la piété, les vertus et la mort édifiante justifient l'espérance que nous avons de leur bonheur. Oui, aujourd'hui l'Église semble nous autoriser à chercher parmi les élus ceux que nous pleurons encore, ces êtres chéris dont nos cœurs gardent le souvenir avec un si tendre et si constant amour. Elle veut sécher nos larmes en nous montrant ce père, cette mère bien aimés, cette fille, ce fils, ce frère, cette sœur, cet ami, que nous avons vus avec tant de douleur lutter avec la mort et tomber sous ses coups, vivant maintenant dans le sein de Dieu d'une immortelle vie. Eux-mêmes semblent nous crier du haut du ciel : Pourquoi nous pleurer et nous regretter encore ? puisque nous avons échangé les misères de la vie du temps contre les joies et le bonheur sans fin de l'éternité. Pour nous maintenant plus de douleurs, plus de larmes, plus de souffrances, plus de mort ; mais une paix, une joie inaltérable, une félicité qu'aucun revers ne saurait altérer. Réjouissez-vous donc avec nous, et surtout imitez-nous, marchez généreusement sur nos traces, et bientôt, oui bientôt, nous serons réunis là où il n'y a plus ni absence, ni séparation.
Mais quel est donc ce bonheur dont jouissent nos frères bien-aimés dans le sein du Seigneur ? Hélas ! sur cette terre d'exil, si justement appelée la vallée des larmes, nous ne pouvons nous en former qu'une faible et imparfaite idée, et le grand Apôtre lui-même, après cet inénarrable ravissement, où il fit l'expérience des délices et des joies enivrantes du ciel, ne peut que nous dire, que l'œil de l'homme n'a pas vu, que son oreille n'a pas entendu, que son cœur ne saurait comprendre ce que Dieu réserve à ceux qu'il aime. La langue est impuissante à trouver des expressions qui puissent nous donner une idée d'une félicité qui dépassera toutes nos espérances et qui sera au-dessus de tout ce que l'imagination la plus riche et la plus féconde peut rêver de jouissances et de bonheur. En parlant du bonheur des saints dans le ciel, nous resterons toujours, quoi que nous puissions dire, bien au-dessous de la réalité et nous ressemblons à un aveugle qui n'ayant jamais joui de la lumière du soleil, voudrait faire comprendre à d'autres aveugles l'éclat et les splendeurs de cet astre dans une belle journée d'été. Et cependant, pour soutenir notre courage au milieu des misères de la vie présente, nous avons besoin de nous occuper du ciel : nous aimons à en parler, comme des exilés aiment à parler de leur patrie. Le ciel est pour nous la maison paternelle, son souvenir est doux à nos cœurs, il nous console et adoucit nos peines. Parlons donc du ciel à ceux qui le désirent et l'espèrent comme nous l'espérons nous-mêmes.
Dans le ciel les saints sont exempts pour jamais de toutes les douleurs, de toutes les épreuves qui empoisonnent notre existence et troublent les quelques joies que nous pouvons goûter ici-bas. Pour eux plus d'affliction, plus de larmes, plus de souffrances ; plus de maladies, plus de mort, plus de séparations douloureuses à appréhender et à voir se réaliser. Plus de péchés surtout à craindre, plus de tentations à subir, plus de sacrifices à faire, plus de ces doutes, de ces inquiétudes désolantes sur leur salut : leur sort est irrévocablement fixé ; ils sont entrés dans le port et rien ne pourra les rejeter sur la mer orageuse où tant de fois ils furent battus par la tempête. Le calme a succédé à l'orage, le repos au travail, la main du Seigneur a pour jamais essuyé toutes les larmes de ses serviteurs et de ses amis ; pour eux, les jours de l'épreuve sont passés pour ne plus revenir, et le souvenir de ces épreuves, de ces peines, de ces douleurs qui ont été si courtes et qui leur ont valu une si magnifique récompense ajoute encore à leur bonheur et le rend plus vif et plus intense.
Loin de se repentir d'avoir souffert sur la terre, les saints bénissent Dieu des souffrances et des épreuves qu'ils ont eues à subir ; ils l'en remercient comme de la plus précieuse des grâces qu'il leur ait accordées, et si le regret trouvait encore accès au ciel, ils regretteraient de n'avoir pas eu plus de souffrances à endurer, plus de sacrifices à accomplir, tant est grande la récompense que Dieu accorde à chacune de leurs douleurs. Oh ! comme les martyrs s'applaudissent d'avoir enduré tant de tourments, comme ils bénissent et la cruauté de leurs bourreaux, et ces instruments de supplice qui brisèrent leurs membres et mirent leur chair en lambeaux. Chacune de ces plaies reçues pour l'amour de Jésus-Christ leur vaut une joie nouvelle et augmentera après la résurrection la gloire dont leurs corps eux-mêmes seront environnés. Comme elles se réjouissent d'avoir tout sacrifié pour leur divin époux, ces vierges innocentes qui, après avoir renoncé pour lui à toutes les joies du monde, à toutes les espérances et les affections de la terre, lui immolèrent leurs corps par les saintes rigueurs et les austérités d'une effrayante pénitence. Comme elles s'applaudissent de ces sacrifices passagers dont l'accomplissement fit déjà leur bonheur aux jours de leur vie mortelle et que Jésus récompense aujourd'hui avec tant de libéralité et de magnificence. Comme ils bénissent aussi leur glorieuse indigence ces milliers de pauvres volontaires, qui ne voulurent que Jésus pour la part de leur héritage, et qui se dépouillèrent de tout pour courir sur ses traces avec plus d'agilité. Oh ! comme les privations, les humiliations de leur pauvreté passée leur paraissent peu de chose maintenant qu'ils sont payés avec tant d'usure par le bien souverain dont ils jouissent et qui est devenu leur éternelle propriété.
Il en est de même de ces parents, de ces amis que nous avons vus si souvent dans la douleur et dans les larmes ; de ces pauvres que nous avons peut-être secourus, de ces infirmes que nous avons visités, consolés, encouragés dans leurs souffrances. Tous aujourd'hui se réjouissent de leurs maux passés, tous bénissent avec amour la main divine qui s'appesantissait autrefois sur eux ; alors ils la trouvaient bien lourde, aujourd'hui ils reconnaissent que c'était dans sa miséricorde qu'elle les frappait, et tous s'écrient dans leurs transports de joie et de reconnaissance : Heureuses croix ! heureuses larmes, qui nous ont valu une telle récompense ! Soyez béni, Seigneur, pour toutes les afflictions, pour toutes les épreuves que vous nous avez envoyées ; soyez béni surtout pour ne nous avoir pas exaucés, alors que, pauvres aveugles, nous vous demandions avec larmes d'en être délivrés. Bénis soient éternellement votre sagesse, votre miséricorde et votre amour, qui nous ont fait arriver par la voie de la croix au séjour du bonheur éternel.
(Méditations pour l'Octave de la Toussaint et pour tout le mois de Novembre)
Reportez-vous à BONHEUR
DES SAINTS DANS LE CIEL : Dans le Ciel, Dieu justifie sa providence aux
yeux de ses élus, et étanche la soif d'amour qui dévorait le cœur des
saints, Sentiments qui doivent nous animer et résolutions à prendre le jour de la Toussaint, Sur l'institution de la fête de la Toussaint, Culte des Saints, Grandeur des Saints, Les Attributs de Dieu qui font la Béatitude des Saints dans le Ciel, Sur la sainteté, Prière à la Très Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Pensons souvent à notre destination, Méditation sur la Fête de tous les Saints : Vous devez être Saints, parce que moi-même je suis Saint, Instruction sur la Fête de tous les Saints, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, et Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts.
dimanche 30 octobre 2022
Nature du don de science
Le Seigneur a conduit le juste par les voies droites, et lui a donné la science des saints. (Sag., X, 10)
« L'âme ayant été détachée du mal par la crainte de Dieu, et ouverte aux nobles affections par le don de piété, éprouve le besoin de savoir par quel moyen elle évitera ce qui fait l'objet de sa crainte et pourra trouver ce qu'elle doit aimer. L'Esprit Saint vient à son secours, et lui apporte ce qu'elle désire, en répandant en elle le don de science (D. Guéranger). »
« On distingue trois sortes de sciences : la première est celle des philosophes, qui consiste à connaître une chose par sa cause. La seconde est la science des théologiens, qui est la connaissance d'une chose tirée, non point de sa cause naturelle, comme celle des philosophes, mais de l'Écriture sainte et des principes de la foi. La troisième science est celle des saints, dont l'Écriture sainte fait souvent mention. Elle est un des sept dons de l'Esprit-Saint (Saint-Jure, ch. III, sect. 16. art. 8) »
« Ce don est une lumière du Saint-Esprit qui éclaire l'âme pour connaître les choses humaines et pour en porter un jugement certain, par rapport à Dieu et en tant qu'elles sont l'objet de la foi. Le don de science nous fait voir promptement ce que nous devons croire ou ne pas croire, ce qu'il faut faire ou ne pas faire ; le milieu qu'il faut tenir entre les deux extrémités où l'on peut tomber dans l'exercice des vertus ; mais tout cela en général, car, pour tout ce qui concerne les cas particuliers, dans les occasions où l'on se trouve, et lorsqu'on veut se déterminer à agir, c'est au don de conseil qu'il appartient de prescrire ce qu'il faut faire.
« La béatitude qui répond à ce don est la troisième : Bienheureux ceux qui pleurent ; parce que la science que le Saint-Esprit nous donne nous apprend à connaître nos défauts et la vanité des choses de la terre, et qu'elle nous montre que nous ne devons attendre des créatures que des misères et des pleurs.
« Le fruit du Saint-Esprit qui lui répond est celui de foi, en tant que ce don perfectionne les connaissances que nous avons des actions humaines et des créatures par la lumière de la foi (P. Lallemant, IVe princ., ch. IV, art. 3). »
Ceux qui sont conduits par le Saint-Esprit ont des idées justes. Voilà pourquoi il y a tant d'ignorants qui en savent plus que les savants. (Le curé d'Ars)
La foi du bon curé d'Ars était toute sa science ; son livre, c'était Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il ne cherchait pas la sagesse ailleurs qu'en Jésus-Christ, dans sa mort et dans sa croix. Il n'y avait pas pour lui d'autre sagesse véritable, pas d'autre sagesse utile. Ce n'est pas dans la poussière des bibliothèques, ce n'est pas à l'école des savants, c'est dans la prière, à genoux aux pieds du Maître, en couvrant ses pieds divins de larmes et de baisers ; c'est en présence des saints tabernacles, où il passait ses jours et ses nuits, dans les temps que la foule ne lui avait point encore ôté la liberté de ses jours et de ses nuits, c'est là qu'il avait tout appris. (Vie du curé d'Ars)
On raconte de Charles de Lorraine, évêque de Verdun, et aussi grand évêque qu'il était grand prince, qu'il fut voir un jour le P. Lessius, de la Compagnie de Jésus, au collège de Louvain, et que ce Père, qu'il trouva dans la bibliothèque, lui dit, en lui montrant cette grande multitude de livres, qu'ils avaient devant les yeux : « Monseigneur, ne serait-ce pas un grand avantage, que de savoir tout ce qui est contenu dans ces volumes ? Je crois néanmoins qu'un petit rayon de la lumière qui vient de Dieu vaut mieux que tout cela. » En effet, cette lumière est d'un prix inestimable : Dieu la donne quelquefois à une pauvre servante, à un frère lai, qui fait les fonctions domestiques dans un couvent, et qui se trouve par là plus éclairé que le plus grand docteur de l'ordre. Il est à croire que Suarez avait part à cette faveur, et que c'est ce qui lui faisait dire qu'il aurait volontiers donné toute sa science pour une heure de conversation avec Dieu. (Surin)
(Les sept dons du Saint-Esprit)
Reportez-vous à Moyens pour obtenir le don de piété, Effets du don de piété, Nature du don de Piété, Moyens pour obtenir le don de Crainte, Effets du don de Crainte, Nature du don de Crainte, Effets des sept dons du Saint-Esprit, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation
pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la
synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour
demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
dimanche 9 octobre 2022
Moyens pour obtenir le don de piété
Pratiquez dans la piété l'amour de vos frères. (II S. Pierre, I, 5, 7)
La prière. « Demandons instamment le don de piété au Saint-Esprit, attendu que c'est son don, et au Fils de Dieu Notre-Seigneur, afin que nous entrions dans son esprit filial, pour estimer, honorer et aimer Dieu notre Père, par proportion comme lui. Chaque fois que nous disons l'Oraison dominicale, récitons-la avec cet esprit filial, et savourons les premières paroles, qui nous assurent que Dieu est notre père (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). » — « Notre Père, Pater noster ; Pater, voilà, résumée en un seul mot, la première loi du christianisme, la première loi de la piété : noster, voilà la seconde ; voilà l'amour fraternel que S. Denis appelle ce qui vient en premier lieu après la première. Un chrétien ne peut réciter le Pater sans recevoir ainsi du Sauveur lui-même la douce leçon de la vraie piété chrétienne (Mgr de Ségur, La piété). »
Le renoncement. « Ce double amour de Dieu et des hommes, que le Saint-Esprit verse dans notre cœur, rencontre en nous-mêmes, et dans le monde où nous sommes obligés de vivre, une foule d'obstacles, de digues qui l'empêchent d'arriver jusqu'à nous. L'office du renoncement est d'abattre les unes après les autres, et de maintenir à terre ces digues funestes ; et comme le démon et le péché travaillent incessamment à les relever, à mesure que nous les renversons, le renoncement est un travail de tous les jours et de tous les instants. Si une seule de ces digues, en effet, vient à se relever, le courant divin qui nous apporte la piété n'arrive plus jusqu'à nous (Mgr de Ségur, Jésus vivant en nous). »
L'union à Jésus-Christ. « Le renoncement n'est que la condition de la piété ; le but du renoncement, c'est de recevoir l'Esprit de Jésus-Christ, de s'unir à Jésus-Christ, seul fondement de la piété de ses fidèles. Personne ne peut en poser un autre. (I Cor., III, 11) De cette source divino-humaine coule du ciel en terre l'eau vivante de la piété. Saint Paul appelle Jésus-Christ le grand mystère de la piété (I Tim. III, 16) (Idid., ch. I et II). »
La méditation de la Passion du Sauveur. « Lorsque l'homme considère les profondeurs de la tendresse de Jésus-Christ Notre-Seigneur , tendresse qu'il a répandue sur nous avec abondance en mourant pour nous sur la croix, il se sent ému, et son cœur se dilate à l'égard du prochain ; en sorte qu'il sacrifierait volontiers sa vie pour le salut de celui qu'il voit racheté par la croix de son Seigneur. Ainsi le salut des âmes, la gloire de Dieu, la compassion pour le prochain, un amour qui enflamme son propre cœur ; voilà ce que l'homme doit chercher dans les plaies de Jésus (S. Bonav., Aiguil. de l'am. div., ch. VII). »
La sainte communion. « L'acte de la communion est comme un redoublement de tendresse, de caresses pures, qu'une mère prodigue à l'enfant qui lui doit tout et qu'elle aime par-dessus tout. Ce bon petit enfant aime bien toujours sa chère mère ; mais dans ces moments-là, il sent davantage qu'il l'aime, et, par suite de ce sentiment, il l'en aime davantage. Ainsi en est-il de Jésus et de l'âme, qui est sa petite enfant bien-aimée ; le céleste baiser de la communion ravive, enflamme, augmente l'amour habituel que l'âme a pour son Dieu, resserre l'union déjà si intime de la grâce sanctifiante. L'habitude de la charité éclate en acte sous l'influence du saint Sacrement ; et la grâce sanctifiante, enflammée par la grâce sacramentelle, augmente puissamment en nous l'amour du bon Dieu (Mgr de Ségur, Nos grandeurs en Jésus, — C'est surtout par la communion réparatrice que nous développerons en nous la vraie piété. Nous pratiquerons ainsi l'amour de Dieu, en prenant les intérêts de sa gloire outragée ; nous consolerons le Cœur sacré de Jésus indignement offensé par des ingrats dans le sacrement de son amour ; nous détournerons les châtiments de sa justice prêts à éclater sur la tête des pécheurs, et nous attirerons sur ces pauvres pécheurs des grâces de pardon et de miséricorde. La communion réparatrice est enrichie de nombreuses indulgences pour ceux qui se font inscrire dans l'association (...). Voyez Recueil de différentes publications concernant l'œuvre de la communion réparatrice, par le P. Drevon.). »
La dévotion à Marie. « Marie est la mère de Celui qui est la source de la vraie piété : elle nous apprendra à connaître en Jésus notre frère, et à voir en Dieu notre père ; elle nous obtiendra la douce confiance et le filial abandon, car elle nous dit elle-même : Je suis la mère du bel amour, de la divine connaissance et de la sainte espérance : venez à moi, ô vous tous qui m'aimez avec ardeur (Eccles., XXIV, 24, 26) (P. Belot). »
Nous rendre familier le souvenir que Dieu est notre Père. « Accoutumons-nous à cette noble pensée que Dieu est notre Père, et rendons-nous-la tellement ordinaire et familière qu'elle passe, pour ainsi dire, dans notre nature. Traitons avec Dieu, offrons-lui nos prières, recevons tout ce qui nous arrive ; enfin, faisons absolument tout avec un esprit filial, exécutant ce que Dieu dit par Jérémie : Commencez donc, au moins maintenant, à m'appeler votre Père (Jérém., III, 4) (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). »
Agir avec les hommes dans un esprit d'amour. « Efforçons-nous de traiter avec les hommes dans cet esprit de piété, les regardant comme les ouvrages les plus achevés de Dieu et comme ses enfants ; n'admettons aucune pensée qui blesse l'estime et la charité que nous devons avoir pour eux, n'arrêtant, pour l'ordinaire, notre esprit que sur les qualités de la nature et de la grâce qui les relèvent (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 6). »
Comme le soleil éclaire et vivifie le ciel et la terre, ainsi la douceur de Marie obtient le don de piété à tous ceux qui la servent. (Sainte Brigitte)
Le Cœur sacré de Jésus a été le plus aimant de tous les cœurs ; nul cœur n'a plus aimé Dieu et les hommes. Dans ce Cœur béni, le chrétien puise, comme à une source intarissable, les eaux pures du saint amour et de la vraie piété. Sainte Claire assurait que c'était à la tendre dévotion qu'elle avait eue au sacré Cœur de Jésus qu'elle devait ces délices ineffables dont son âme était comblée, toutes les fois qu'elle se présentait devant le très-saint Sacrement. Sainte Catherine de Sienne se sentait tout embrasée de l'amour de Jésus, dès qu'elle pensait à cet adorable Cœur. Et Jésus-Christ étant apparu à sainte Mechtilde, lui dit : « Ma fille, ayez une tendre dévotion envers mon Cœur, car il est le trésor de toutes les grâces que je vous fais : il est lui-même la source de ces consolations intérieures, de ces douceurs ineffables dont je comble mes fidèles âmes. » Cette dévotion est donc une dévotion toute d'amour et de piété, et, ainsi qu'il a été révélé à sainte Gertrude, c'est précisément afin de ranimer la flamme de la charité refroidie que Notre-Seigneur a réservé à ces derniers temps la manifestation des richesses de son divin Cœur.
(Les sept dons du Saint-Esprit)
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synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
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demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
dimanche 4 septembre 2022
Effets du don de piété
La piété est utile à tout, ayant pour soi les promesses qui regardent la vie présente et celles qui regardent la vie future. (I Tim., IV, 8)
Le don de piété rend l'homme soumis et dévoué envers Dieu, et lui fait ressentir vivement l'injure que le péché fait à Dieu. « Ce don opère sur le cœur ce que le feu fait sur la cire. Méditez bien cette comparaison, car elle vient du Saint-Esprit : Mon cœur, dit le roi-prophète qui avait reçu ce don, est devenu dans mes entrailles comme de la cire fondue. (Ps. xxi, 15) Le premier effet du feu sur la cire, c'est de l'amollir tellement qu'on peut y imprimer ce qu'on veut : on peut y imprimer Jésus méprisé ou Jésus glorifié, Jésus abandonné à la croix ou servi par les anges dans le désert, Jésus glorifié dans sa résurrection ou méprisé dans sa naissance. La cire est molle, et prend toutes les formes et toutes les figures qu'on lui donne. Ce que le feu opère sur la cire, le don de piété l'opère sur le cœur ; il le rend tendre et maniable, de sorte que Dieu peut en faire ce qu'il veut ; il peut le tourner et le diriger comme il veut. Il n'y a rien de plus beau qu'un tel cœur ; il est exempt de tristesse sur le passé ; il est sans peine sur l'avenir et sans résistance sur le présent ; il regarde Dieu non-seulement comme son Seigneur, mais encore comme son père le plus aimable, de qui il n'a rien à craindre. Il lui est entièrement soumis ; il est content de toutes les dispositions de ce bon-Père, et s'y conforme ; il le loue et le bénit dans toutes les conditions où il le place. »
« Le feu, non-seulement amollit la cire, mais il la fait couler comme l'eau et l'huile. Le don de piété opère la même chose dans le cœur ; il y imprime une dévotion si tendre, un penchant si ardent envers Dieu, et envers tout ce qui tend à son honneur et à son amour, qu'il coule comme la cire fondue. »
« Une affection aussi intime pour Dieu ne peut pas exister sans la compassion. Une âme qui possède la véritable piété et le véritable amour, ne peut voir sans une grande douleur, sans une grande tristesse, les injures qu'on fait à Dieu. Semblable à un enfant qui aime tendrement son père, elle se sent profondément blessée des injures qu'on fait à ce père. Et voilà les douleurs que les saints ressentent plus que tous les maux du monde (P. Pergmayr). »
Le don de piété nous fait aimer et révérer les paroles de la sainte Écriture. « Par l'effet de ce don, toutes les paroles de la sainte Écriture nous sont comme à un enfant les paroles d'un père bien-aimé, comme des lettres que notre Père qui est au ciel nous a envoyées sur cette terre d'exil ; nous apprenons à nous en servir pour nous consoler dans nos épreuves, pour nous fortifier dans nos combats, pour nous animer, en toute circonstance, à la pratique de la vertu (P. Belot). »
Le don de piété nous inspire une grande dévotion envers Marie, et nous porte à honorer les anges et les saints. « Au premier rang, dans les affections du chrétien animé du don de piété, se placent les créatures glorifiées dont Dieu jouit éternellement, et qui jouissent de lui pour jamais. Il aime tendrement Marie, et il est jaloux de son honneur ; il vénère avec amour les saints ; il admire avec effusion le courage des martyrs, et les actes héroïques de vertu accomplis par les amis de Dieu ; il se délecte de leurs miracles, il honore religieusement leurs reliques sacrées (D. Guéranger). »
Le don de piété nous fait aimer tous les hommes comme étant les créatures et les enfants de Dieu. « Le chrétien animé du don de piété voit dans son prochain Jésus lui-même. Sa bienveillance pour ses frères est universelle. Il est disposé au pardon des injures, au support des imperfections d'autrui, à l'excuse pour les torts du prochain. Il est compatissant pour le pauvre, empressé auprès de l'infirme. Une douceur affectueuse révèle le fond de son cœur ; et dans ses rapports avec ses frères de la terre, on le voit toujours porté à pleurer avec ceux qui pleurent, à se réjouir avec ceux qui sont dans la joie (Ibid. — C'est par suite de l'amour vrai qu'il porte à ses frères que le chrétien animé du don de piété s'efforce de secourir, autant qu'il dépend de lui, les pauvres âmes du purgatoire). »
La piété est utile à tout, cette piété qui n'ambitionne que l'honneur de Dieu, éloigne des âmes ce qui peut leur être une cause de douleur, soupire après leur avancement, cette piété enfin qui excite et enflamme notre charité envers Dieu et envers le prochain. (S. Bonaventure)
Le don de piété, en nous faisant aimer Dieu comme notre Père, et les hommes comme étant avec nous les enfants de ce bon Père, fait naître par là même en nos cœurs l'esprit de réparation, c'est-à-dire qu'il nous porte à réparer, par nos prières et nos souffrances, les outrages faits à notre Père par ses enfants eux-mêmes et à obtenir pour ces enfants ingrats le pardon de leurs crimes. Notre-Seigneur révéla plusieurs fois à la B. Marguerite-Marie, qu'il ne voulait pas qu'elle se bornât à aimer et à souffrir, mais qu'il voulait encore que ses souffrances et son amour servissent à la conversion des pécheurs. Il y avait des époques où il lui demandait des réparations et des expiations particulières. C'était dans le temps du carnaval qu'elle éprouvait ordinairement plus de souffrances, parce que c'est le temps où les gens du siècle se livrant au crime avec plus de licence. Dans un de ces jours de péché, son divin Époux se présenta à elle tout déchiré de coups et couvert de meurtrissures ; son sang coulait de toutes parts ; il portait sur ses épaules une croix pesante, et il disait d'une voix triste et douloureuse : « N'y aura-t-il personne qui ait pitié de moi, qui veuille compatir à ma douleur ? Voilà l'état pitoyable où les pécheurs me mettent dans ce temps-ci. » L'épouse de Jésus-Christ fondit en larmes à un spectacle si touchant, et elle s'offrit pour soulager son divin Époux. Il accepta son offre, et depuis ce jour elle se trouva tous les ans, au temps du carnaval, réduite dans un état de grande douleur et de violente maladie.
(Les sept dons du Saint-Esprit)
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pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la
synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour
demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.



