samedi 29 juin 2019

La dévotion au Sacré-Cœur, remède spécial aux maux qui désolent l'Église dans ces derniers temps



Extrait du "Manuel de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus" :




Cette dévotion est le remède spécial que Dieu a voulu opposer aux maux qui désolent l'Église dans ces derniers temps ; elle est un moyen puissant de régénérer le monde, et de ranimer dans les chrétiens la foi qui s'éteint et la charité qui se refroidit.
« Notre-Seigneur, dit encore la Vén. M. M., me fit connaître que le grand désir qu'il avait d'être parfaitement aimé des hommes lui avait fait prendre le dessein de leur manifester son Cœur, et de leur donner dans ces derniers temps ce dernier effort de son amour, en leur proposant un objet et un moyen si propre pour les engager à l'aimer, et à l'aimer solidement... Qu'en cela, il leur ouvrait tous les trésors d'amour, de grâces et de miséricordes, de sanctification et de salut que ce Cœur contient, afin que tous ceux qui voudraient lui rendre, et lui procurer tout l'honneur et l'amour qui leur seraient possibles, fussent enrichis avec profusion des trésors dont ce divin Cœur est la source, source féconde et inépuisable (p. 234.)
Quoi de plus consolant que cette promesse, dans ces temps malheureux, où le démon déchaîné semble être sorti des enfers pour semer dans tout l'univers, avec les idées erronées d'une liberté mensongère, le trouble, le désordre, la licence et tous les crimes ? Non, jamais la France, l'Europe tout entière n'eurent un plus pressant besoin d'un secours extraordinaire. Quelque grands que fussent les maux de l'Église à l'époque où cette dévotion fut révélée et commença à s'établir, ils n'étaient pas comparables à ceux qui l'affligent aujourd'hui. La dévotion au Sacré Cœur n'a donc pas encore pleinement obtenu sa fin, ses résultats, son but ; elle n'a pas acquis tout le développement qu'elle doit avoir, et ce dernier effort de l'amour d'un Dieu n'a pas encore produit tous les fruits qu'il doit produire... Aussi voyons-nous avec bonheur les progrès qu'elle ne cesse de faire de nos jours, malgré la marche funeste de l'impiété qui porte partout le ravage dans les âmes. Déjà un certain nombre de diocèses ont été solennellement et authentiquement consacrés à cet adorable Cœur. Cet exemple sera suivi, et bientôt, nous en avons la confiance, la France tout entière, qui a vu naître dans son sein cette dévotion, la France si chère au ciel malgré ses crimes, cette France où se trouvent en présence le génie du bien et celui du mal, la propagande catholique et la propagande révolutionnaire, le camp de Jésus-Christ et celui de Satan, cette France coupable et malheureuse, mais repentante, prosternée aux pieds de Jésus-Christ, et faisant amende honorable à son Cœur, retrouvera sa paix et sa prospérité, son honneur et sa gloire. — Ô Dieu ! que cet heureux moment ne tarde pas, et que le cœur de Jésus, soit à jamais notre refuge, notre asile et notre salut.



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vendredi 28 juin 2019

Méditation sur la Fête du Sacré Cœur de Jésus-Christ : Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit et le Cœur de son Fils



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :




Misit Deus Spiritum Fili sui in corda vestra ; Dieu a envoyé dans vos cœurs l'Esprit et le Cœur de son Fils. (Galat. 4)


I. POINT. Quel bonheur pour nous, ô mon Sauveur ! de trouver dans votre Cœur le désir de nous sauver, et d'être assurés que c'est votre amour qui vous le fait désirer ! Si les obstacles à notre salut viennent de nous, les moyens de les surmonter viennent de vous ; vos secours sont plus grands, et aussi prompts que nos besoins. Nous sommes sûrs que votre Cœur nous est toujours ouvert, et qu'il suffit, pour y être reçus, de vous donner le nôtre. Mon Fils, nous dites-vous dans les Livres de la Sagesse, donnez-moi votre cœur ; Fili, prabe mihi cor tuum.
Nous devons être bien sûrs du sien, puisqu'il nous demande le nôtre ; on ne demande pas le cœur de ceux qui nous sont indifférents. Serions-nous assez ingrats, assez insensibles pour lui refuser ce qu'il nous demande avec un sentiment et des expressions si tendres ? Mais pourquoi son Cœur demande-t-il le nôtre ; C'est pour nous rendre heureux en l'aimant, c'est afin que, nous aimant comme un Père aime son Fils, nous devenions les Enfants bien-aimés d'un si bon Père; et nous n'en pouvons être les Enfants, et lui être chers, qu'en lui ressemblant. C'est en prenant dans son Cœur tous les sentiments qu'il a pour nous, et qu'il veut que nous avions pour lui, que le nôtre peut être digne de lui. C'est en l'aimant que nous pouvons répondre à son amour. C'est en devenant doux et humbles, comme son Cœur, que nous pouvons lui plaire. C'est par la pureté de notre cœur que nous pouvons, selon notre portée, approcher de la sainteté du sien.
Quel attrait ! quel encouragement pour nous d'être prévenus par le Cœur d'un Dieu, et de pouvoir nous promettre qu'il recevra le nôtre comme le don le plus agréable que nous puissions lui faire, et le seul qu'il souhaite de nous ; parce que tout l'homme est dans son Cœur ! Oui, Cœur adorable, je vous donne le mien. Recevez-le comme le tribut et le retour que je dois à l'amour du vôtre. Rendez-le digne de vous en l'embrassant de votre amour ; afin que je vous aime comme vous voulez être aimé, et comme vous méritez de l'être. Inondez-le de vos grâces. Accordez la fidélité à y répondre, et la persévérance, afin de vivre et de mourir en vous aimant.

II. POINT. En vous donnant mon cœur, ô mon Sauveur ! vous le voulez sans partage et sans réserve ; votre jalousie n'y souffre ni égal ni second. Il faut qu'il soit dégagé et vuide de tout ce qui tient à la terre, et qu'il ne soupire plus qu'après les biens du Ciel. Il faut que le cœur, qu'on donne à Dieu, soit semblable au Cœur d'un Dieu. Il faut que toutes les vertus décorent ce Tabernacle, où son amour veut descendre et habiter. Il faut qu'il en ait la pureté ; et que nulle affection, nul sentiment, nulle imagination ne le salissent et ne le souillent. Il faut que sa pureté soit Angélique, pour être digne du Cœur du Dieu des Anges ; qu'il ait une douceur, qui, semblable à la sienne, souffre tout sans se plaindre, et accepte tout avec résignation à la volonté de Dieu ; une humilité si profonde, qu'on se croie le dernier des hommes ; qu'on se trouve indigne des grâces qu'on reçoit, et qu'on n'ose, comme le Publicain, lever les yeux vers le Ciel ; une innocence semblable à celle des enfants, ou conservée depuis le Baptême, ou recouvrée par la pénitence. Mais surtout, et c'est en cela que notre cœur aura plus de conformité arec le Cœur de Jésus, un amour, qui soit le principe, l'âme et la fin de toutes nos pensées, de toutes nos actions, de tous nos sentiments, et de tous nos désirs. Ce Cœur divin n'est qu'amour, le nôtre ne doit être rempli et enflammé que du même amour.
Ah ! quand par la grâce, qui de ce sacré Cœur coule dans le nôtre, il se trouve cette ressemblance avec le sien ; quand nous aimons Dieu comme Dieu nous aime ; quand nous n'aimons rien que lui, que pour lui, que par rapport à lui, nous femmes les images de ce Cœur divin. Il respire en nous, il vit en nous ; nous ne respirons que pour lui, et nous vivons en lui ; nous ne sommes plus dans cette vallée de misères et de larmes ; la charité nous fait jouir par avance de la félicité du Ciel ; puisque les délices, dont on y est enivré sont d'aimer Dieu ; et nous commençons sur la terre la vie bienheureuse de la céleste Jérusalem, où Dieu recevra dans son Sein ceux qui l'aiment par-dessus toutes choses, et de toute l'étendue de leur cœur.
Sacré Cœur de mon Sauveur, inspirez dans le mien cet amour. Faites-l'y croître de jour en jour ; afin qu'il me rejoigne un jour et pour toujours au centre de mon amour et de mon bonheur.



Reportez-vous à Sur l'institution de la fête du Sacré-Cœur : Quelle fête célébrons-nous en ce jour ?, Neuvaine de confiance au Sacré-CœurPrière au Sacré-Cœur de JésusDévotion au Cœur Sacré de Jésus : Actes de communion spirituelle, Prière fondée sur les Promesses faites par Notre-Seigneur Jésus-Christ à Sainte Marguerite-Marie, La dévotion au Sacré-Cœur, remède spécial aux maux qui désolent l'Église dans ces derniers temps, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus, Instruction sur la Fête du Sacré Cœur de Jésus-Christ, Petite consécration au Sacré-Cœur de Jésus, Neuvaine au Sacré-Cœur, Miserentissimus Redemptor du Pape Pie XI sur notre devoir de réparation envers le Sacré-Cœur de Jésus, Acte de consécration du genre humain et de réparation au Sacré-cœur, Litanie de Sainte Marguerite Marie Alacoque, Litanie du Sacré-Coeur de Jésus, Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu (1/9), Dévotion au Sacré-cœur de Jésus : Don de l'Esprit et Vie intérieure et Litanie des Cœurs unis de Jésus et de Marie. Instruction sur la Fête du Saint Sacrement, Méditation sur la Fête du Saint Sacrement : Prenez et mangez, ceci est mon Corps, Sur les excellences et sur les avantages de la sainte Communion, Sur la Chair adorable de Jésus-Christ dans la sainte Communion, Méditation sur la Communion, Litanies du Saint-Sacrement, Poème dogmatique sur l'Eucharistie, de Saint Thomas d'Aquin, Prière à réciter quand on ne peut assister à la messe les dimanches et fêtes d'obligation, Méditation sur la Victime du Sacrifice de la Messe, Méditation sur le Sacrifice de la Messe, De quels religieux respects nous devons entourer le Saint-Sacrement, Quo Primum tempore, du Pape (Saint) Pie V, sur la célébration du Saint Sacrifice de la Messe, Mystici Corporis Christi du Pape Pie XII, Méditation pour le Jeudi Saint, La communion indigne de Judas, Médiator Dei, sur la Sainte liturgie, du Pape Pie XII, Les Communions sans action de grâces, La communion spirituelle, et Communier saintement et trouver refuge et salut en Jésus-Christ au Saint-Sacrement.















INSTRUCTION Sur la Fête du Sacré Cœur de Jésus-Christ



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :


LA FÊTE DU SACRÉ Cœur de Jésus-Christ se célèbre le premier Vendredi d'après l'Octave de la Fête du Saint Sacrement.

Cette Fête n'est pas encore célébrée dans l'Église ; mais elle l'est par la piété et par la dévotion de beaucoup de Fidèles, et de plusieurs Maisons Religieuses, qui, après l'Octave solennelle de la Fête du Corps de Jésus-Christ, rendent encore, le jour suivant, leurs hommages, leurs adorations et leur culte à son sacré Cœur. Cette Fête est une suite de l'Octave qui la précède, et fournit un objet particulier à notre piété, à notre amour, à notre reconnaissance, puisqu'elle remonte à la source des grâces que nous avons reçues. C'est dans ce Cœur adorable qu'a été conçu le dessein miséricordieux de sauver les hommes, et qu'a été pris pour moyens de les réconcilier avec Dieu, de souffrir et de mourir pour eux. Car il est le centre de cet amour infini et incompréhensible, dont il leur a donné depuis son Incarnation jusqu'à sa mort des preuves si manifestes et si salutaires. C'est dans ce sacré Cœur que règnent souverainement toutes les vertus, dont il nous a donné tant d'exemples, et que nous ne pouvons imiter qu'avec la grâce dont il est la source et la plénitude. C'est dans ce Cœur divin que brûle constamment le feu de la charité, parce qu'il en est le vrai séjour, d'où il répand ses flammes dans les cœurs qui l'aiment, et où il se plaît à habiter.
C'est dans ce Cœur si pur que se trouve une horreur invincible et nécessaire pour le péché, tant de compassion pour le pécheur, et tant de bonté quand il se convertit, et où réside la Sainteté par excellence. C'est ce Cœur qui n'aime que Dieu, qui ne respire que pour Dieu, qui ne vit que pour Dieu, et qui est perpétuellement uni à Dieu, parce qu'il n'est qu'un avec Dieu.
Voilà l'objet de nos adorations dans ce jour, et le modèle de tous nos sentiments pendant toute notre vie ; car c'est sur le Cœur de Jésus-Christ que nous devons régler et conformer la nôtre. Notre vrai culte n'est pas seulement de l'adorer ; c'est de l'imiter ; c'est de faire ce qu'il veut, d'aimer ce qu'il aime, de haïr ce qu'il hait, de fuir ce qui lui déplait, et de devenir l'image et la ressemblance du sacré Cœur de Jésus-Christ.
Mon Sauveur et mon Dieu, communiquez à mon cœur les sentiments et les affections du vôtre. Répandez-y vos grâces. Embrasez-le de votre amour. Faites-y votre demeure ; votre présence le purifiera, le sanctifiera, et le rendra digne de vous adorer, de vous aimer, de vous être attaché et uni si intimement pendant cette vie, que rien ne puisse jamais le séparer de vous.


Conseil : Allez puiser dans le puits de grâces ouvert par la lance sur la Croix au Calvaire. Cherchez dans le Cœur Sacré de Jésus la suprême vérité. Ne laissez pas le démon vous perdre, vous détourner de la voie droite, disperser votre désir de vérité dans les méandres de l'intellect, avec de fausses pistes qu'il aura subtilement semées pour que vous ne voyez jamais ce qui est vraiment. La vérité est simple, là, devant vous, à portée de main, claire, pure, dans ce vase précieux. Humiliez-vous devant ce puits de miséricorde, abaissez-vous pour mieux voir, repoussez loin de vous l'esprit d'orgueil, pour enfin comprendre, et trouver la véritable paix. Soyez doux et humbles de cœur comme je suis doux et humble de cœur, nous dit Notre Sauveur. Ne cherchez pas à être savant, mais petit enfant.




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jeudi 20 juin 2019

Méditation sur la Fête du Saint Sacrement : Prenez et mangez, ceci est mon Corps



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :





Accipite et manducate, hoc est enim Corpus meum. Prenez et mangez, ceci est mon Corps. (Math. 26)


I. POINT. Ce n'était pas assez pour votre amour, ô mon Sauveur ! de vous être fait Chair, et de l'avoir immolée sur l'Autel de la Croix pour me sauver, vous avez voulu que ce Sacrifice se renouvelât tous les jours, se perpétuât jusqu'à la fin du monde, pour nous prouver et l'énormité du péché, qu'il expie, et l'immensité de votre amour, qui vous le fait expier. Avant de mourir, vous avez voulu toujours vivre avec nous, en vous donnant vous-même sur vos Autels, et à votre sainte Table. Vous faites vos délices d'être avec les enfants des hommes ; vous voulez vivre en eux, et qu'ils vivent en vous, afin d'être un avec vous, comme vous êtes un avec votre Père céleste. Vous voilez votre Majesté, vous cachez votre gloire sous les Espèces du Pain et du Vin pour être plus accessible à notre faiblesse. Vous réalisez toutes les figures. Le Pain des Anges devient le Pain des hommes. Vous donnez votre Chair pour nourriture à notre Âme, afin qu'elle vive de la grâce, et pour être le gage de notre immortalité bienheureuse.
Que vous rendrai-je, ô mon Sauveur ! pour un si grand bienfait, le plus grand de tous les biens que l'âme puisse désirer ? Je prendrai le Calice du salut, et, en le prenant, je vous offrirai à vous-même ; afin que le Corps et le Sang de mon Dieu conservent mon âme pour la vie éternelle. Cet aliment sera ma force contre mes ennemis, ce breuvage me lavera de toutes mes souillures ; et engraissé de votre Chair, et blanchi dans votre Sang, je demeurerai en vous, et vous demeurerez en moi, c'est par leurs mérites infinis que je vous en demande la grâce. Accordez-la, mon Dieu, à mes prières et à mes instances.

II. POINT. Ce n'est pas assez de vous la demander, o mon Sauveur ! il faut la mériter. C'est par la pureté de conscience, par la sainteté de l'âme, par tout l'amour de notre cœur qu'on peut obtenir cette grâce. Qu'il faut être pur pour manger l'Agneau sans tache ! Qu'il faut être saint pour posséder le Saint des Saints ! Qu'il faut aimer pour recevoir un Dieu qui se donne par amour ! Quelles épreuves ne faut-il pas faire de ses actions, de ses pensées, de ses désirs pour acquérir cette pureté, cette sainteté ! Il faut avoir celles des Anges, si l'on veut préparer une demeure au Dieu des Anges. Il faut avoir toutes les vertus pour plaire au Dieu de toutes les vertus. Il faut que l'amour divin embrase le cœur, où le Dieu d'amour veut descendre et faire son séjour. Ah ! mon Seigneur et mon Dieu, faites la grâce à mon âme de vous désirer comme le Cerf altéré délire l'Eau des fontaines ; de ne se permettre aucun désir, aucune pensée, qui ne tende à vous plaire ; de fuir comme la mort tout ce qui peut, non seulement vous offenser ; mais vous contrister et vous déplaire ; de vous aimer de tous les mouvements, de toute l'étendue de l'amour dont elle peut être capable ; et de mesurer son amour sur ce que vous méritez, pour vous aimer sans mesure.
C'est par ces sentiments, par cette conduite, continuée pendant toute la vie, que tu mériteras, ô mon âme ! de t'en nourrir, de le posséder, de vivre de lui et en lui, et de jouir pendant toute l'éternité du bonheur ineffable de le voir, de l'adorer et de l'aimer autant qu'il le mérite.



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Instruction sur la Fête du Saint Sacrement



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :


Voici l'auguste Mystère par lequel l'Église termine et couronne tous les Mystères qu'elle célèbre dans le cours de l'année. C'est le Mystère de l'amour de Jésus-Christ pour les hommes, ou plutôt, c'est le prodige, l'excès, le chef-d'œuvre, la consommation de son amour pour eux. Il leur en avait donné des preuves inconcevables depuis son Incarnation jusqu'à sa Mort. Mais dans le Sacrement de l'Eucharistie, son amour épuisé, pour ainsi dire, son pouvoir ; et en pouvait-il faire de plus pour nous ?
La veille de sa Mort il fait son Testament, et c'est lui-même qui se donne. Il prend du Pain et du Vin qu'il bénit ; il dit à ses Apôtres, et, en leur parlant, à toute l'Église ; prenez et mangez, ceci est mon Corps, qui sera donné pour vous ; buvez, ceci est mon Sang, Mystère de Foi, Alliance nouvelle et éternelle ; ce Sang; sera répandu pour vous, et pour la rémission des péchés. Que de prodiges en un seul ! Le Pain et le Vin deviennent le Corps et le Sang d'un Dieu; il n'en reste aux sens que les espèces. La moindre partie le contient tout entier ; et en le recevant, le Fidèle reçoit son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. Quel présent qu'un Dieu qui se donne pour l'aliment de nos âmes ; qui se donne dans tous les lieux du monde, et jusqu'à la consommation des siècles !
Cette Fête, où l'on porte en pompe le Corps de Jésus-Christ, a été instituée premièrement, en mémoire de ce qu'il se porta lui-même, quand il distribua à ses Apôtres sa Chair et son Sang. Secondement, en action de grâces de ce qu'il parcourait les Villes et les Bourgades de la Judée et de la Galilée, guérissant les maladies du corps et de l'âme, et laissant sur son passage des effets de sa miséricorde et de sa bonté. Troisièmement, comme le dit le saint Évêque de Genève, pour lui faire une réparation authentique de tous les opprobres qu'il souffrit dans Jérusalem. Quatrièmement, et c'est l'époque de l'Institution de cette grande Fête, pour lui faire un honneur solennel des victoires qu'il a remportées sur l'hérésie et sur l'Infidélité dans le Sacrement de son Corps. Et enfin, pour faire une Amende honorable de toutes les irrévérences, de toutes les profanations, de tous les sacrilèges qu'on a commis devant les Autels de Jésus-Christ, et dans son Sanctuaire, c'est pour tous les scandales que nous y donnons ; pour toutes les Communions indignes des pécheurs hypocrites ; pour toutes nos froideurs, en approchant de la sainte Table ; et pour toutes les négligences qu'y apportent les Âmes justes.
Vous vengez dans ce jour, ô mon Sauveur ! votre gloire outragée. L'Église tâche aujourd'hui d'expier par ses hommages et les adorations publiques les profanations commises contre votre divine Majesté. Et votre Divinité, renfermée dans vos Tabernacles, est prête à pardonner, à recevoir à sa Table les profanateurs humiliés et les pécheurs contrits.



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mercredi 19 juin 2019

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XLIII : De l’Église de Jérusalem



PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON XLIII


De l’Église de Jérusalem




Saint Pierre consacrant Saint Étienne,1er Diacre, Aumône de Saint Étienne

   
Il y eut en peu de temps à Jérusalem une grande multitude de Juifs qui crurent en Jésus-Christ. Ils vivaient dans une union parfaite, et n'avaient qu'un cœur et qu'une âme ; aussi Jésus-Christ avait dit, que tout le monde connaîtrait ceux qui seraient ses Disciples, par l'amour qu'ils auraient les uns pour les autres. Ils s'appliquaient aux instructions des Apôtres, et les suivaient exactement et constamment : Ils allaient tous les jours au temple, et y faisaient ensemble leurs prières : ils s'assemblaient aussi dans les maisons pour rompre le pain et communier, c'est-à-dire, recevoir le précieux corps de Jésus-Christ, et prenaient ensuite leur nourriture avec joie et simplicité de cœur. Comme ils savaient que Jérusalem allait bientôt périr, et que d'ailleurs ils ne prétendaient aucun établissement sur la terre, et n'aspiraient qu'au royaume céleste de Jésus-Christ, ils méprisaient les biens temporels. Ils mettaient tout en commun, et ceux qui avaient des héritages, les vendaient et en apportaient le prix aux pieds des Apôtres, qui distribuaient à chacun ce dont il avait besoin, en sorte qu'il n'y avait point de pauvre parmi eux. Tout le peuple les aimait et les honorait, mais les autres n'osaient se joindre à eux par la crainte des Juifs. Cette première Église de Jérusalem est la plus parfaite qui ait jamais été sur la terre et tous les Religieux et les autres qui ont voulu pratiquer fidèlement l'Évangile, l'ont regardée comme le modèle le plus excellent. Le nombre des fidèles croissant, les Apôtres jugèrent à propos d'établir des Officiers pour les soulager, qu'ils nommèrent Diacres, c'est-à-dire, Ministres. Ils en choisirent sept, de l'avis de toute l'Église assemblée, et leur donnèrent la charge de servir aux tables : Premièrement à la table sacrée, c'est-à-dire, à la distribution de la sainte Eucharistie, puis à la table commune, c'est-à-dire, de prendre soin de tout ce qui était nécessaire pour la nourriture des fidèles, et généralement de tous les biens temporels de l'Église. Les Apôtres s'étant déchargés de ces fonctions, ne s'appliquèrent plus qu'à l'oraison et au ministère de la parole, et toutefois ils permettaient encore aux Diacres de prêcher et de baptiser.



Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XV : De l'Idolâtrie, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Leçon XL : De la mort de Jésus-Christ, Leçon XLI : De la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ, Leçon XLII : De la descente du Saint-Esprit, Leçon XLIV : De la Persécution des Juifs, et de la Conversion des Samaritains, Leçon XLV : De la Conversion des Gentils, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.














vendredi 14 juin 2019

Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit



Extrait de "L'Esprit de l’Église dans le cours de l'année Chrétienne" :





In Nomine Patris, et Filii, et Spintûs Sancti. Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. (Math. 28)


I. Point. Ce n'est pas assez de croire un Dieu en trois Personnes, et d'être prêt de donner sa vie pour preuve de cette croyance. La Foi qui transporte les montagnes ne suffit pas pour sauver votre âme ; sans les œuvres elle est morte. Il faut adorer et aimer en esprit et en vérité ces trois Personnes, d'un même culte, d'un même amour, et reconnaître dans les différents attributs, par lesquels elles se communiquent à nous, les différents bienfaits dont elles nous comblent, et ne cessent de nous combler. Un Dieu Créateur, un Dieu Sauveur, un Dieu Consolateur ; voilà l'objet de nos adorations et de notre amour dans le Mystère de la Très-Sainte Trinité.
Le Père, en nous créant, nous a faits pour le servir, pour n'aimer que lui, pour nous rendre heureux en devenant saints, et pour être lui-même la récompense de notre sainteté. Quelle bonté ! Il n'emploie sa puissance que pour notre félicité. Il semble, par tout ce qu'il fait pour nous, que nous manquions à sa gloire, et qu'il mette son bonheur à le partager avec nous.
Le Fils, pour nous sauver, descend du Trône de son Père, où il est assis à la droite, pour s'anéantir jusqu'à devenir homme. Il prend la forme d'esclave du péché pour racheter le pécheur. Il naît dans la pauvreté et dans les souffrances. Dans le cours de sa vie il n'a pas où reposer sa Tête. Il est en but à la contradiction des hommes. Il meurt au milieu des ignominies des tourments, et sur une Croix. Quel amour ! Il n'y a qu'un Dieu capable d'en avoir un aussi incompréhensible, et d'en donner des preuves aussi indubitables ! Un Dieu se faire Homme pour moi, souffrir pour moi, mourir pour moi ! Il faut être un monstre d'ingratitude pour ne pas aimer un Dieu qui a tant fait pour me sauver.
Le Saint-Esprit, pour me consoler dans cette vallée de larmes répand sur moi ses grâces. Il m'en prévient pour me faire éviter le péché, pour me faire pratiquer la vertu ; pour adoucir les peines dont cette vie est semée ; pour les rendre méritoires par la patience ; pour me faire résister aux épreuves, aux tentations ; pour me faire combattre et vaincre mes ennemis, dont le plus dangereux est moi-même ; pour me faire trouver des douceurs dans la pénitence, des attraits dans le bien, des consolations ineffables dans l'innocence. Ah ! par des moyens, par des secours si puissants, ma perdition ne peut venir que de moi, et mon salut est assuré, si j'en profite. Dieu en trois Personnes, divines Personnes en un seul Dieu, je vous adore, je vous aime. Je veux vous adorer et vous aimer toute ma vie, pour mériter de bénir, de louer dans l'éternité le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

II. Point. Pour être digne de rendre ce Culte éternel d'adoration et d'amour à la Très-Sainte Trinité, il faut se rendre conforme aux trois Personnes qui ne sont qu'un seul Dieu, et imiter, autant qu'il est en nous avec le secours de la grâce, les qualités qui les distinguent. Le Père nous dit dans le Lévitique : soyez saints, parce que je suis Saint et dans l'Évangile, soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait. Ce n'est que par la Sainteté qu'on peut lui plaire. La Sainteté est l'hommage te plus digne de lui. C'est à des Saints qu'il a dit par le Prophète ; vous êtes des Dieux. Rien n'approche de plus près la Divinité que la Sainteté.
Pour l'acquérir, il faut marcher sur les pas de Jésus-Christ ; devenir ses imitateurs, en le prenant pour modèle ; mener comme lui une vie pénitente ; pratiquer toutes les vertus, en suivant ses exemples ; être, comme il le dit lui-même, doux et humble de cœur ; perdre sa vie, s'il le faut, pour sauver son âme, comme il est mort pour sauver les hommes. Ce n'est que par la ressemblance que nous aurons avec le Fils éternel de Dieu que nous pourrons devenir les Enfants du Père, et les Cohéritiers du Fils.
Le Saint-Esprit, qui procède de leur Amour, et qui n'est qu'Amour, veut tout notre cœur et tout notre amour. Comme il est délicat et jaloux, on le blesse aisément. Quand on le contriste, il se retire. Il faut répondre à ses grâces pour qu'elles se succèdent, le bon usage qu'on en fait les attire et les multiplie. Il faut se rendre à leur attrait, goûter leur onction, et, en faisant le bien qu'il inspire, en pratiquant les vertus où il nous porte, il couronne ses dons. L'hommage le plus agréable que nous puissions lui rendre, c'est d'écouter sa voix, de suivre ses inspirations, et de ne jamais résister au dessein qu'il a de nous rendre heureux, en nous rendant saints. Dieu Créateur, c'est en obéissant au Commandement que vous nous faites d'être saints ; Dieu Sauveur, c'est en suivant vos exemples pour le devenir ; Dieu Consolateur, c'est en répondant à vos grâces, que je tâcherai de rendre à votre Très-Sainte Trinité le tribut que je vous dois de louanges, de gloire, de bénédictions, d'amour, d'actions de grâces pendant toute ma vie, afin de les continuer dans les siècles des siècles. Amen, amen.



Reportez-vous à Du Mystère de la très Sainte TrinitéInstruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : les noms qui lui sont donnés, ses attributs et ses œuvres et Instruction sur la Fête de la Pentecôte.