mardi 26 mars 2019

Saint Joseph à Nazareth



Extrait de "Pouvoir de Saint Joseph", par le R. P. Huguet, Mariste :






Ma maison est une maison de prière. (S. Évangile.)

La maison de Nazareth était véritablement le Ciel. (Ruppert.)



Plus heureux que les Apôtres, Joseph eut le bonheur de passer une grande partie de sa vie avec Jésus et Marie dans sa pauvre maison de Nazareth, devenue un paradis sur la terre. Qui pourrait dire les divins exemples dont il fut le témoin, les grâces abondantes qu'il reçut pendant ces années de grâces et de bénédictions ?
Le Fils de Dieu vient commencer ici-bas une vie d'homme ; il vient sanctifier la famille, ses liens et ses affections. Votre oreille mortelle, ô Joseph ! l'entendra vous nommer son père ; vos yeux le verront obéir à vos commandements. Quelles furent, ô Joseph ! les émotions de votre cœur, lorsque, pleinement instruit des grandeurs de votre Épouse et de la divinité de votre Fils adoptif, il vous fallut remplir le rôle de chef, dans cette famille au sein de laquelle le ciel et la terre se réunissaient ! Quel souverain et tendre respect pour Marie votre Épouse ! Quelle reconnaissance et quelles adorations pour Jésus, votre enfant soumis ! Ô mystère de Nazareth ! un Dieu habite parmi les hommes et il souffre d'être appelé le fils de Joseph !
Oh ! qu'il était doux pour ce saint Patriarche de travailler avec Jésus sous le regard de Marie ! Quelle paix, quel calme ! il évitait tout à la fois la précipitation et la lenteur, il imprimait à toutes ses œuvres le cachet de la perfection.
On ne sent point le poids du travail quand on le fait en union avec Dieu et en présence de Marie, ou si l'on sent quelque peine, elle de vient douce et agréable.
Voulons-nous, à l'exemple de saint Joseph, nous faire un grand trésor dans le Ciel, soyons d'abord en état de grâce comme lui : offrons ensuite notre travail à Dieu en esprit de pénitence et de prière ; unissons enfin notre travail à celui de Jésus-Christ ; ainsi tout en travaillant pour la terre nous travaillerons en même temps pour le Ciel.
Quel palais renferma jamais une si auguste famille ? Que de grandes choses il se passa dans cette humble demeure ! C'est là que se traçait le plan d'un monde nouveau, créé dans la justice et dans la sainteté de la vérité. C'est là que commençaient à s'exécuter dans le temps les projets éternels de la miséricorde de Dieu sur les hommes. C'est là que se formaient les premiers modèles du culte spirituel et intérieur qui allaient s'établir. C'est là que Jésus-Christ, tout enfant qu'il était, faisait déjà l'office de Médiateur et de Pontife, comme dans un sanctuaire, qu'il offrait à Dieu un sacrifice de prière et de pénitence, qu'il traitait de notre salut avec son Père, et qu'il avançait l'œuvre de notre réconciliation. C'est là enfin que Joseph et Marie admiraient les merveilles de Dieu, qu'ils voyaient croître l'objet de leur espérance et de leur amour. Ils recevaient son obéissance au-dehors, et lui rendaient leurs adorations au-dedans.
Le plus beau spectacle qui s'offrit jamais aux regards du Très-Haut, dit un pieux auteur, ce fut la Trinité terrestre en prière. Considérez le chef de cette Sainte Famille, à genoux auprès du Sauveur et de sa divine Mère, unissant ses vœux à leurs vœux, priant dans le recueillement le plus profond, avec une ferveur plus qu'angélique ; insensible à tout ce qui se passe dans le monde, il offre à Dieu le sacrifice de ses lèvres, mais plus encore celui de son cœur.
Le recueillement était habituel et le silence religieusement gardé, le jour était partagé entre le travail des mains (on lit dans saint Bonaventure que Notre-Dame, la Reine du monde, filait la quenouille et travaillait à l'aiguille pour subvenir à ses besoins et à ceux de son Fils. Quand elle allait par les maisons demander le lin ou le bysse qu'elle devait filer, ce divin Fils l'accompagnait ; il entendait les refus méprisants, les dures paroles qui tombaient souvent des lèvres d'une Égyptienne sur la pauvreté de sa Mère. Méditations de la vie de Jésus-Christ) et les pieux exercices de religion. Les personnes du dehors admises dans l'atelier de Joseph ne pénétraient pas dans le sanctuaire occupé par Jésus et par sa sainte Mère (selon un auteur très-versé dans les antiquités orientales, l'atelier de saint Joseph était, comme tous les ateliers du Levant, séparé de l'habitation où vivait Marie : il en était éloigné d'environ cent trente pas. Cette pièce était une salle basse de dix ou douze pieds de large sur autant de long. On en désigne encore la place sous le nom de Boutique de Joseph. Cet atelier avait été transformé en une église assez vaste. Les Turcs en ont détruit une partie, il en reste une chapelle, où on célèbre tous les jours la sainte Messe. Pèlerinage à Jérusalem, par le P. de Geramb. — Vie de la sainte Vierge, d'après la tradition, par l'abbé Begel, t. I, p. 189 ; t. II, p. 130) ; là se trouvait la pauvreté religieuse qui exclut toute superfluité ; là aussi brillait la chasteté, car il n'y avait dans ce ciel terrestre que des vierges (« Les créatures qui reçoivent en elles le plus de beauté de Dieu, dit sainte Magdeleine de Pazzi, ce sont les vierges, parce que la pureté est ce qui attire le plus les dons de Dieu ») ; l'obéissance y régnait en souveraine, car Jésus était soumis à ses parents, Marie à son chaste époux, qui était lui-même le plus obéissant des mortels ; là le Créateur demeurait sous un même toit avec ses créatures ; la paix du Ciel y avait établi son domicile en commun avec la charité qui unit si étroitement les cœurs. C'est l'heureuse retraite de Nazareth qui a servi de modèle aux communautés religieuses, on, dans la compagnie de Jésus et dans la société de Marie, on s'applique à pratiquer les conseils évangéliques.
Si Zachée qui était publicain fut sanctifié pour avoir demeuré quelques instants dans la Compagnie de Jésus ; si les Apôtres, grossiers et ignorants, sont devenus les maîtres de la terre pour avoir conversé trois ans avec le Sauveur ; ne devons-nous pas croire que Joseph, en demeurant si longtemps avec Jésus, a été comblé de toutes les richesses du Ciel ? Si le Fils de Dieu répand ses bienfaits dans tous les lieux par où il passe : Periransiit benefaciendo, que devons-nous penser de sa libéralité envers saint Joseph honoré pendant trente ans de sa divine présence ? Quelle correspondance intérieure et continuelle entre Jésus et Marie, entre Marie et Joseph !
Jésus communiquait à Joseph la sagesse et la prudence, lui laissant le soin de tout régler, de tout disposer comme il l'entendrait ; et Joseph, fidèle aux saintes inspirations qu'il recevait, s'acquittait de ses devoirs avec une sagesse admirable. Il exerçait sur Jésus et Marie son autorité de chef ; et Jésus la lui cédait tout entière, se contentant de lui être soumis en tout et de l'honorer par une exacte et religieuse obéissance. Quel honneur pour Joseph de commander à Jésus, à qui tout le Ciel obéit ! Mais ce qui lui était bien plus glorieux, c'était l'obéissance de Jésus. Être servi en tout par un Dieu, quelle gloire !
Les abaissements incompréhensibles du Fils de Dieu tenaient Joseph dans un ravissement continuel. Tobie se prosterna la face contre terre, saisi d'étonnement et hors de lui-même, au moment où l'Ange Raphaël, qui sous une figure humaine lui avait servi de guide, dévoila tout à coup le secret de sa grandeur. Mais combien plus humilié devait être Joseph, lui qui connaissait bien plus clairement encore les grandeurs de ce Dieu fait chair et revêtu d'une forme servile, lorsqu'il en recevait tous les services qu'on peut attendre d'un fils et même d'un esclave ! Plus il se voyait grand par la faveur divine, plus il avait soin de descendre dans l'abîme de son néant, selon le conseil de l'Esprit saint : « Humiliez-vous en proportion du rang sublime que vous occupez. »
Joseph, établi chef de la Sainte Famille, est devenu le patron et le protecteur des communautés religieuses et des familles chrétiennes. Heureuse la maison dont Joseph est le premier chef ! Jésus y est connu et aimé, Marie y est imitée, Dieu y est servi avec respect et amour. Elle est établie sur la pierre ; que les vents soufflent, que la pluie tombe, que les fleuves débordent, elle ne sera pas renversée, car elle est assise sur un bon fondement. Elle pourra essuyer les orages des tribulations, mais la foi y apportera toujours le calme et la résignation, jusqu'à ce que le Ciel devienne plus serein. Ô Joseph ! soyez le protecteur de ma famille. Je vous en établis aujourd'hui le patron ; et votre image, honorablement placée dans ma maison, attestera que vous en êtes le premier chef.


EXEMPLE

Voici comment Sainte Thérèse raconte elle-même, dans l'histoire de sa vie, une apparition de saint Joseph, qu'elle eut au monastère de Saint-Thomas, à Avila, l'an 1561 :
« Le jour même de l'Assomption de Notre-Dame, étant dans l'église d'un monastère du glorieux saint Dominique, et pensant aux nombreux péchés de ma vie, que j'y avais confessés autrefois, je fus tout à coup saisie d'un grand ravissement. Me trouvant presque hors de moi-même, je m'assis ; et il me sembla que je ne pus voir élever la sainte Hostie, ni être attentive à la messe, ce qui me laissa du scrupule. Durant cette extase, je me vis revêtir d'une robe éblouissante de blancheur et de lumière ; je ne vis pas d'abord par qui, mais bientôt j'aperçus la très-sainte Vierge à mon côté droit, et mon Père saint Joseph à mon côté gauche ; ils me firent connaître  « que j'étais purifiée de mes péchés. » À peine étais-je entièrement revêtue de cette robe, que, pour comble de bonheur et de gloire, la très-sainte Vierge me prenant la main, me dit : « que je lui causais un grand plaisir par ma dévotion au glorieux saint Joseph ; que je devais croire que mon dessein concernant la fondation s'exécuterait ; que Notre-Seigneur ainsi qu'elle et saint Joseph seraient très-bien servis dans ce monastère ; je ne devais pas craindre de voir jamais se refroidir la première ferveur, quoique je me misse sous une obéissance qui n'était pas de mon goût, parce qu'elle et son glorieux Époux nous protégeraient. Son Fils nous avait déjà promis d'être toujours au milieu de nous ; or, pour gage de la vérité de sa divine promesse, elle me faisait don de ce joyau. »
« En achevant ces paroles, elle me mit au cou un collier d'or, très-beau, d'où pendait une croix d'une valeur inestimable. Cet or et ces pierres différaient infiniment de tout ce que l'œil voit ici-bas, et l'imagination même ne saurait rien concevoir qui approche d'une telle beauté. Il était également impossible de comprendre de quel tissu était cette robe, et de donner la moindre idée de son incomparable blancheur : à côté d'elle, tout ce que la nature a de plus éclatant est noir comme la suie. Je ne pus saisir rien de particulier dans les traits du visage de la sainte Vierge ; je vis seulement en général qu'elle était d'une ravissante beauté. Je ne vis pas si clairement saint Joseph ; il m'était présent néanmoins, mais comme on l'est dans ces visions où nulle image ne frappe les sens. Après qu'ils eurent resté quelques moments avec moi, versant dans mon âme un bonheur qu'elle n'avait pas encore senti, et dont elle eût voulu jouir sans fin, je les vis remonter au Ciel, accompagnés d'une grande multitude d'Anges. Je me trouvai par leur absence dans une grande solitude ; mais je goûtais une consolation si pure, mon âme se sentait si élevée, si recueillie en Dieu, si attendrie, que je fus quelque temps comme hors de moi, sans pouvoir faire aucun mouvement ni proférer une parole. J'en demeurai transportée du désir de me consumer tout entière pour la gloire de Dieu : et cette vision produisit en moi de si heureux effets, que jamais je n'ai pu douter qu'elle ne vint de lui, malgré tous mes efforts pour me persuader le contraire. » (Vie de sainte Thérèse écrite par elle-même, ch. XXXIII)


PRATIQUE

Faire son Oraison, le mercredi, sur les sublimes prérogatives de saint Joseph.




Reportez-vous à Saint Joseph élevé au-dessus de tous les saints, Prière pour son père et sa mèreVIE CHRÉTIENNE : Travail et NégoceL'obéissance est la fille et l'inséparable compagne de l'humilitéPouvoir de Saint Joseph, Confiance de sainte Thérèse d'Avila en saint Joseph, Saint Joseph, patron et modèle des âmes intérieures, Saint Joseph choisi de Dieu pour être le chef de la Sainte-Famille, Tendresse de saint Joseph pour Jésus, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Neuvaine de prières à Saint Joseph, Neuvaine à Saint Joseph, pour se préparer à ses Fêtes, et obtenir quelque grâce spéciale pendant la vie et une bonne mort, Les Sept Dimanches de Saint Joseph, Excellence du saint nom de Joseph, Saint Joseph patron et modèle des religieux, Hymne en l'honneur de Saint Joseph, Prière pour obtenir la pureté, Litanies de la paternelle protection de Saint Joseph, Litanies des souffrances de Saint Joseph, Litanies de Saint Joseph, Prière efficace en l'honneur de Saint Joseph, Courtes prières à Saint Joseph, Chapelet de Saint Joseph, Acte de consécration au glorieux Saint Joseph, Prière de Saint Pie X au glorieux Saint Joseph modèle des travailleurs, Sermon pour la Fête de Saint Joseph, Marie est donnée en mariage à Saint Joseph, Litanies de l'amour de Marie, Supplique à Saint Joseph, Oraison pour présenter son cœur à saint Joseph et Méditations et Exemples pour le Mois de Saint Joseph.