samedi 19 juin 2021

Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve


La Tentation de Saint Antoine

Saint Léon considérant ce qui se passe dans le monde, s'écrie : Tout y est plein de périls, tout y est plein de pièges. Les convoitises y tentent, les plaisirs des sens y dressent des embûches, les biens temporels y servent d'une occasion dangereuse, les pertes que l'on en fait inquiètent, les détractions y font de la peine, les louanges sont remplies de flatteries, les haines y irritent, en sorte qu'il est difficile d'éviter les péchés que tous ces maux causent. Malheur à moi, dit saint Bernard, nous sommes dans un pays de guerre, où des flèches mortelles tombent de tous côtés. On est en danger partout, partout on trouve des obstacles. De quelque côté que je me tourne, je ne trouve rien qui m'assure ; ce qui est agréable et ce qui est fâcheux, la prospérité et l'adversité, les richesses et la pauvreté, les veilles et le sommeil, le travail et le repos, toutes ces choses sont autant de sujets de combats. La vie est tellement pleine de tentations, que l'on pourrait dire que c'est une continuelle tentation. Le monde, enseigne S. Ambroise, est tout environné de précipices ; et ce qui est de plus terrible, c'est que la plupart des hommes y périssent. C'est ce qui fut montré à saint Antoine, l'honneur des déserts : il vit le monde tout plein de pièges : et ces vues ont percé de crainte les plus grands Saints.
Les saints Religieux dans leurs Cloîtres, quoiqu'éloignés de la plupart des dangers du monde, ont servi Dieu avec crainte et avec tremblement. Les pieux solitaires au milieu des déserts les plus affreux, dans une séparation entière du siècle, et de toutes les occasions dangereuses qui y sont, ont été saisis de frayer. Le grand Apôtre, dans un parfait dépouillement, dans un dégagement universel du monde, tout plein du S. Esprit, tout rempli des sentiments de Jésus-Christ, regardant comme de la boue et de la fange tout ce que les siècles a de plus précieux, ayant été élevé jusqu'au troisième ciel ; et d'autre part châtiant son corps par de longues veilles, par la faim, la soif, la nudité, vivant dans l'affliction et dans la douleur, s'exposant à toutes choses, et les plus pénibles pour la gloire de son Maître, dans les voyages, dans les villes, dans le désert, sur mer, sur terre, souffrant de toutes sortes de personnes, de ceux de sa nation, des Gentils, des faux frères, les fouets, les verges, les naufrages, les prisons, et souvent se trouvant proche de la mort, avoue qu'il est dans la peur, et dans la peur d'être damné.
S. Jean Chrysostome méditant les périls du monde, gémit dans l'amertume de son cœur. Je ne sais, dit-il, où j'en suis, et je ne saurais revenir de l'étonnement où me met la chute de David, ce qui a donné plusieurs fois de l'émotion à mon esprit, ce qui m'a grandement affligé. Je considérais que David était le père de Jésus-Christ, à raison qu'il en tirait son origine selon la chair, qu'il avait vécu dans l'innocence, qu'il était plein d'humilité, qu'il se confiait en Dieu, dont Dieu avait dit qu'il était selon son cœur, qui faisait du bien à ses ennemis, qui portait le cilice, qui jeûnait très-rigoureusement, qui s'appliquait à la prière au milieu des plus grandes occupations que l'on puisse avoir en cette vie, sept fois le jour, qui faisait l'oraison au lever de l'aurore, à midi et le soir ; qui se levait toutes les nuits à minuit pour rendre ses adorations à l'infinie Majesté de Dieu, et qui fortifié de la sorte ne laisse pas de tomber à la seule vue d'une femme. Après cela, ou il faut être insensible, ou dans la dernière présomption, si l'on ne passe pas toute sa vie dans la crainte et le tremblement. Si ceux qui sont comme des étoiles brillantes, tombent du ciel de la plus sublime perfection, et à la moindre occasion, que ne doivent pas craindre les hommes rampants sur la terre, remplis de faiblesses, qui ne peuvent se soutenir, tout pleins de blessures, et au milieu d'une infinité de dangers ?
Saint Anselme, Archevêque de Cantorberi, qui a eu l'honneur d'être appelé le Chapelain de la Mère de Dieu, pour sa rare dévotion envers cette auguste Reine du Ciel, et à raison de ses incomparables grandeurs qu'il a prêchées, et dont il a écrit avec un zèle singulier, vit un jour dans une extase un grand fleuve impétueux qui entraînait quantité d'ordures, trouble, sale et vilain étrangement ; et il entendit une voix qui disait : Ce fleuve est le monde, et c'est de cette eau dont les hommes de la terre son abreuvés.
C'était le sentiment de saint Augustin, qui s'écrie : Malheur à toi, fleuve du monde. Qui pourra ne pas se laisser emporter à l'impétuosité de tes eaux ? Jusqu'à quand ne seras-tu point desséché ? jusqu'à quand entraîneras-tu après toi les malheureux enfants d'Ève dans les abîmes d'une mer épouvantable ? Mais ce saint Docteur remarque que la coutume est l'un des plus gros torrents de ce fleuve, et l'un des plus rapides, qui enlève le plus de monde, et les jette dans le précipice. Quand le Saint-Esprit, par le Prophète Isaïe, dit : Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé d'iniquités, plusieurs Interprètes pensent qu'il parle aux pécheurs habitués dans leurs péchés, qui n'ayant point résisté à la coutume, se sont fait une nécessité de pécher, qui les tyrannise cruellement. Ainsi on entend dire aux moindres : Que fera-t-on ? c'est la coutume ; et de la sorte on est damné pour jamais par coutume. On a honte même, comme le remarque saint Augustin, de ne pas faire comme les autres. Si l'on porte des habits trop magnifiques, ou même qui ne soient pas assez modestes, on rougira d'être vêtu chrétiennement ; car ce n'est pas la mode. Maudites modes que le diable invente quand elles sont contre la modestie, et que l'on aime mieux suivre, que celle de Jésus-Christ. Si l'on est trop libre dans les compagnies et dans les divertissements, on veut faire comme les autres. Si on fait des dépenses excessives, si l'on emploie l'argent au jeu, on est de ces parties, et l'on ne fait pas réflexion que ceux qui se sauvent sont en petit nombre, et qu'ainsi l'on ne doit pas faire comme le grand nombre, puisqu'il faut être du petit, si l'on aspire véritablement au salut. Qui pourrait jamais expliquer les maux des méchantes coutumes dont le monde est rempli ? S. Chrysostome faisant attention sur les maux qui en arrivent, s'étonne des Juifs, qui étant nourris de la manne, qui était une nourriture céleste, et du ministère des saints Anges, c'est pourquoi elle est appelée le pain du Ciel et le pain des Anges, ne laissaient pas de regretter les oignons d'Égypte, parce qu'ils y étaient accoutumés. Ainsi la maudite coutume du monde est cause que l'on préfère la dure servitude de ses passions à la liberté glorieuse des enfants de Dieu, les plaisirs des sens à ceux de l'esprit, la chair à Dieu.
Le monde étant ainsi plein de toutes parts de dangers, notre Maître, dit S. Bernard, nous apprend dans la prière qu'il nous a enseignée, de demander à Dieu en toute humilité, de ne pas permettre que nous soyons tentés, notre faiblesse nous devant faire craindre la tentation. Il nous crie : Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas en tentation, veillez, priez, de peur que l'on ne vous trouve endormis. Prenez garde que vos coeurs ne s'appesantissent par les soins de cette vie. Le Prince de ses Apôtres, saint Pierre, nous exhorte à être prudents, et à veiller dans la prière. Ces avis ne s'adressent pas seulement aux Ecclésiastiques et aux Religieux, aux Solitaires, aux personnes retirées. Quand notre Sauveur ordonne à ses Apôtres de veiller, il leur déclare qu'il dit à tous ce qu'il leur dit.
Les gens du monde ont une éternité de bonheur à acquérir, et une éternité de peines à éviter, aussi bien que ceux du Cloître. Ils ont le même Paradis à espérer, et le même Enfer à craindre. Il n'y a que cela de différence, que ceux qui sont séparés des embarras du siècle, sont incomparablement moins en danger, que ceux qui y demeurent. Cependant l'enchantement est si prodigieux, que le monde renvoie au Cloître l'application à la prière ; comme si les malades renvoyaient la médecine à ceux qui se portent bien ; comme si ceux qui marchent dans un chemin plein de voleurs et de précipices, ne s'appliquaient point à en éviter les périls, disant que ces soins sont bons pour ceux qui voyagent en des lieux où il n'y a rien à craindre. Voilà la folie du monde insensé. On dit qu'on n'a pas le loisir de penser à Dieu ; que l'on a trop d'affaires. Hé, quoi donc, il n'y aura que la seule et unique affaire, affaire d'une conséquence infinie, qui sera négligée ! Ces gens d'affaires, néanmoins, trouvent du temps pour boire, pour manger, pour dormir ; et jamais le monde a-t-il eu une seule personne, quelques affaires qu'elle ait eues, qui n'en ait pas trouvé le loisir ? Si ce n'est en de certaines heures, on en sait bien trouver d'autres. Ces gens d'affaires ne parlent-ils plus aux autres créatures ? Ô folie, qui n'a rien de pareil ! Il n'y a que Dieu à qui l'on n'a pas le loisir de parler : il n'y a que l'affaire de l'éternité qui ne nous occupe point.
Après tout, il n'y a point de moment dans la vie, dans lequel nous ne soyons en danger de perdre le Paradis, et d'être damnés. Il est très certain que tous les hommes seront ou sauvés, ou damnés ; qu'ils seront pour une éternité, ou dans le Paradis, ou dans l'Enfer. Où serez-vous, vous qui lisez ceci ? À quoi pensez-vous, si vous n'y pensez bien ? De là vient la nécessité de l'oraison mentale. Elle est telle, que saint François de Sales, que chacun sait n'avoir pas été emporté en matière de dévotion, veut néanmoins que les gens mêmes qui vivent dans le siècle et dans l'embarras du ménage, en fassent tous les jours une heure ; et cela avec tant d'exactitude, que si l'on n'a pas eu le loisir le matin, qu'on ne reprenne le temps vers le soir. Nous en pourrons parler encore avec le secours divin, dans la suite de ce Traité.
Mais écoutons ici le grand Maître, notre divin Sauveur, qui dit qu'il faut toujours prier, et ne se point relâcher ; qu'il faut veiller et prier en tout temps. Écoutons son Apôtre, qui nous dit : Priez continuellement, faites en tout temps par l'esprit toutes sortes de prières et des applications à Dieu, et veillez par lui en offrant des vœux avec grande instance : qui nous avertit que le jour du Seigneur arrivera, comme un voleur qui vient la nuit. Car lors, nous apprend-il, que les hommes se vanteront d'être en paix et en assurance, ils seront surpris par une soudaine ruine qu'ils ne pourront éviter, comme une femme est surprise par les douleurs de l'enfantement. Il crie ensuite aux Chrétiens, qu'ils ne sont pas dans les ténèbres pour être surpris par ce jour comme par un voleur : qu'ils sont tous enfants de la lumière et du jour, et non pas des enfants de la nuit et des ténèbres : qu'ils ne doivent donc pas s'endormir comme les autres, mais veiller et être sobres. Écoutons le Prince des Apôtres, qui nous dit : Soyez prudents, et veillez dans la prière ; et il parle de la sorte après avoir donné avis que la fin de toutes choses était proche. Écoutons le Disciple de l'amour, et le Disciple bien aimant et bien-aimé, qui nous dit : Heureux celui qui veille, et qui conserve ses vêtements, afin qu'il ne marche point nu, la grâce dont nous devons être revêtus ; de peur qu'en étant dépouillés nous ne demeurions confus devant Dieu et ses Anges.

(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)


Reportez-vous à Le Malheur du monde pour les scandales, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliques, Du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'amour de la retraite, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.













vendredi 18 juin 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


IVe LEÇON


VIE PUBLIQUE DE NOTRE-SEIGNEUR

PREMIÈRE ANNÉE



Q. Qu'entendez-vous par la vie publique du Messie ?
R. On entend par la vie publique du Messie le temps pendant lequel Notre-Seigneur prêcha sa doctrine dans la Judée ; ce temps fut d'environ trois ans.

Q. Comment Notre-Seigneur commença-t-il sa vie publique ?
R. Notre-Seigneur commença sa vie publique par recevoir le baptême de saint Jean-Baptiste. Ce n'était pas le sacrement de Baptême, mais un signe de pénitence que le Précurseur donnait à ceux qui voulaient se convertir et se préparer à la réception du Messie.

Q. Qu'arriva-t-il au moment du baptême de Notre-Seigneur ?
R. Au moment du baptême de Notre-Seigneur, le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe, descendit sur lui, et on entendit une voix céleste qui disait : C'est ici mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances.

Q. Que fit ensuite Notre-Seigneur ?
R. Notre-Seigneur, ayant reçu le baptême de Jean-Baptiste, qui était une profession publique de pénitence, voulut en exercer sur soi toutes les rigueurs. Il alla au désert, passa quarante jours sans prendre de nourriture, et permit au démon de le tenter.

Q. Pourquoi Notre-Seigneur voulut-il être tenté par le démon ?
R. Notre-Seigneur voulut être tenté par le démon, pour le vaincre et pour nous apprendre la manière de triompher de ses attaques.

Q. Où Notre-Seigneur alla-t-il en sortant du désert ?
R. En sortant du désert, Notre-Seigneur retourna sur les bords du Jourdain, où il s'attacha ses premiers disciples. Ce furent André et Simon-Pierre, son frère, avec Philippe, tous trois de la ville de Bethsaïde : Notre-Seigneur se rendit avec eux à Cana en Galilée.

Q. Quel miracle Notre-Seigneur fit-il dans cette ville ?
R. Notre-Seigneur, arrivé dans la ville de Cana, fut invité, ainsi que la sainte Vierge et ses disciples, à un repas de noces. À la demande de sa divine Mère, il changea l'eau en vin, et nous apprit par là que la sainte Vierge est toute-puissante auprès de lui, et qu'il est touché même de nos besoins temporels.

Q. Quel fut l'effet de ce miracle ?
R. L'effet de ce miracle fut d'affermir la foi des disciples de Notre-Seigneur et de lui en attacher d'autres ; en particulier Jacques et Jean, fils de Zébédée, tous pêcheurs de profession, qui suivirent le Sauveur à Jérusalem, où il alla pour célébrer la fête de Pâque.

Q. Que fit-il à Jérusalem ?
R. Il se rendit au temple, d'où il chassa les vendeurs.

Q. De quelle manière ?
R. Il s'arma d'un fouet et renversa leurs tables en disant ; Ma maison est une maison de prière, et vous en avez fait une retraite de voleurs. Personne n'osa lui résister, tant l'impression de la Divinité s'était fait sentir aux profanateurs.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux résister promptement aux tentations.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.













jeudi 17 juin 2021

Comment faire son examen particulier sur la vertu de l'Humilité




L'examen particulier comme nous l'avons déjà remarqué doit avoir un seul objet : l'examen fait de cette sorte est plus efficace que si, dans cet exercice, on embrassait plusieurs objets à la fois ; et c'est précisément parce qu'on ne s'y attache qu'à un seul, qu'on l'appelle examen particulier. Cette pratique est d'une très-grande importance ; et même pour y réussir plus facilement, il faut séparer en plusieurs membres le vice ou la vertu que l'on choisit pour sujet de cet examen. Voyez donc en quoi principalement vous avez coutume de manquer d'humilité, ou de vous laisser dominer par l'orgueil : c'est par-là que vous devez commencer à vous réformer ; ensuite, quand vous serez venu à bout de surmonter un obstacle, attachez-vous à en écarter un autre, puis un autre ; par cette méthode, vous arracherez peu à peu l'orgueil de votre cœur, et vous parviendrez à acquérir l'humilité. Mais afin que l'on puisse s'examiner plus utilement sur une vertu si nécessaire, nous parcourrons ici en détail les divers points que chacun peut prendre pour sujet de son examen particulier.
Proposons-nous, en premier lieu, de ne rien dire qui puisse tourner à notre avantage.
Prenons pour second sujet de notre examen, ainsi que Saint Basile, Saint Jérôme, Saint Augustin et Saint Bernard nous le recommandent, de n'aimer en aucune manière à nous entendre louer et à entendre dire du bien de nous ; car il est dangereux d'y prendre plaisir. Saint Jean Climaque dit, que quand on nous loue, nous devons nous rappeler le souvenir de nos Péchés ; qu'alors nous nous trouverons bien indignes des louanges qu'on nous donne, et qu'elles ne serviront qu'à nous faire entrer dans de plus grands sentiments de confusion et d'humilité.
Nous pouvons prendre pour troisième point de notre examen particulier, de ne rien faire pour être remarqués ni estimés des hommes : c'est de quoi Jésus-Christ nous avertit dans l'Évangile, quand il dit : « Prenez garde de ne pas faire vos bonnes œuvres devant les hommes pour en être vus ; autrement, vous n'en aurez nulle récompense de votre Père qui est dans les Cieux. »
Cet examen est très utile, et on pourra le diviser en plusieurs parties. On peut se proposer d'abord de ne rien faire par respect humain ; ensuite d'agir avec une grande pureté d'intention ; de plus, de faire ses actions avec toute la perfection dont nous sommes capables, comme les faisant en effet sous les yeux de Dieu et en sa présence, et comme les faisant pour le service de Dieu, et non pour celui des hommes ; enfin, de les faire de telle sorte, qu'il semble, comme nous avons déjà dit ailleurs, en parlant de la pureté d'intention, que toutes nos actions ne soient qu'une suite et un effet d'un mouvement de l'amour de Dieu, dont nous devons être épris.
Le quatrième sujet de notre examen sera de ne point chercher à nous excuser, lorsqu'on nous reprochera quelque faute : car il n'y a que l'orgueil qui nous porte alors à nous justifier et à nous défendre.
En cinquième lieu, c'est encore une sorte d'examen très-utile, que de nous attacher à ne pas entretenir librement notre imagination dans des pensées d'orgueil où elle s'égare souvent.
Le sixième sujet de cet examen particulier, pourra être de placer tous les autres hommes au-dessus de soi.
On peut pour septième point de cet examen particulier, se proposer de supporter avec douceur et avec patience toutes les occasions d'humiliation qui pourront se présenter.
Nous pouvons, en dernier lieu, employer notre examen particulier à faire des actes d'humilité, soit intérieurs, soit extérieurs ; nous accoutumer à en produire plusieurs dans la matinée, et plusieurs autres dans le reste de la journée ; commencer d'abord par produire quelques-uns de ces actes, et en augmenter ensuite chaque jour le nombre, jusqu'à ce que nous ayons acquis une grande facilité à pratiquer cette vertu, et que nous en ayons absolument contracté l'habitude. Ce que je dis de la vertu d'humilité, peut s'appliquer aisément à toutes les autres ; et de cette sorte, l'adresse que nous aurons eu de diviser nos ennemis et de les combattre séparément, et l'un après l'autre, nous fera remporter une victoire et plus prompte et plus complète.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


Reportez-vous à Du troisième degré de l'Humilité : En quoi il consiste, Comment dans l'oraison nous pouvons nous exercer à la pratique du second degré d'Humilité, Pour acquérir la vertu de l'Humilité, il faut en pratiquer les Actes, Sans l'Humilité, on ne saurait avoir la paix intérieure, De quelle manière on peut s'élever au second degré de l'Humilité, Du second degré de l'Humilité, et en quoi il consiste, La connaissance de nous-mêmes ne doit pas nous faire perdre le courage, ni la confiance, Que la considération de ses péchés est un excellent moyen pour se connaître soi-même, et pour acquérir l'humilité, Du premier degré de l'Humilité, qui est d'avoir une humble opinion de soi-même, Principales Vertus dont l'Humilité est le fondement, Il n'y a point de Vertu solide sans l'Humilité : elle est le fondement de toutes les autres Vertus, Excellence et nécessité de l'Humilité, Prière pour demander l'humilité, Prière pour obtenir l'humilité, l'exemple de Saint Robert Bellarmin et de Saint Ignace, et comment acquérir cette vertu, Le Saint Curé d'Ars dans sa conversation : Humilité de M. Vianney, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Des vertus de Marie : l'humilité, De la merveilleuse humilité du séraphique saint François, Litanies de l'humilité, Méditation sur les effets de l'orgueil, Méditation sur l'humilité des Saints, Méditation sur la pratique de l'humilité Chrétienne, Méditation sur les avantages de l'humilité Chrétienne, La Crèche, Sur ces paroles : Vous avez tiré votre parfaite louange de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle. (Psaume 8), De deux sortes de Mortifications, De la nécessité de la Mortification : En quoi elle consiste, Sur Jésus-Christ, L'intérieur de Marie, De l'enfance spirituelle, et De la paix de l'âme.















mercredi 16 juin 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


IIIe LEÇON

VIE CACHÉE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST



Q. Que firent la sainte Vierge et saint Joseph après la circoncision ?
R. Quarante jours après la naissance de l'Enfant Jésus, saint Joseph et la sainte Vierge le portèrent au temple de Jérusalem pour l'offrir à Dieu son Père.

Q. Pourquoi cela ?
R. Pour accomplir un article de la loi de Moïse qui ordonnait que tout fils premier-né, serait présenté au temple comme appartenant au Seigneur.

Q. Pourquoi la sainte Vierge elle-même se présenta-t-elle au temple ?
R. La sainte Vierge elle-même se présenta au temple, pour accomplir la loi qui ordonnait à toutes les femmes qui avaient enfanté de venir se purifier devant le Seigneur. La Sainte Vierge et Notre-Seigneur n'étaient pas obligés de se soumettre à ces lois, mais ils voulurent les accomplir pour nous apprendre l'humilité et l'obéissance.

Q. Qu'arriva-t-il pendant qu'ils étaient au temple ?
R. Pendant qu'ils étaient au temple, un saint vieillard nommé Siméon y vint aussi, et, tenant dans ses bras l'enfant Jésus, il annonça les grandeurs futures du Messie et les douleurs de la sainte Vierge.

Q. Où allèrent ensuite la sainte Vierge et saint Joseph ?
R. La sainte Vierge et saint Joseph allèrent ensuite en Égypte, pour sauver l'enfant Jésus de la fureur d'Hérode.

Q. Qui était Hérode ?
R. Hérode était un méchant roi qui voulait faire mourir l'enfant Jésus. Pour cela il envoya tuer tous les enfants de Bethléem et des environs, depuis l'âge de deux ans et au-dessous, croyant envelopper dans ce massacre le nouveau roi des Juifs ; mais saint Joseph, averti par un Ange, s'était sauvé en Égypte avec l'enfant et sa mère.

Q. Où habitèrent saint Joseph et la sainte Vierge après la mort d'Hérode ?
R. Après la mort d'Hérode, saint Joseph et la sainte Vierge vinrent habiter leur maison de Nazareth en Galilée, n'osant pas demeurer dans la Judée proprement dite, parce que Archélaus, fils d'Hérode y régnait. Néanmoins ils allaient tous les ans à Jérusalem pour célébrer la fête de Pâque.

Q. Qu'arriva-t-il dans un de ces voyages ?
R. Il arriva que, dans un de ces voyages, Notre-Seigneur, alors âgé de douze ans, se sépara de saint Joseph et de la sainte Vierge. Il resta dans le temple au milieu des docteurs, qu'il étonna par la sagesse de ses questions et de ses réponses : c'est là que ses parents le trouvèrent au bout de trois jours.

Q. Que lui dit la sainte Vierge ?
R. La sainte Vierge lui dit : Pourquoi nous avez-vous quittés ? votre père et moi nous vous cherchions avec inquiétude.

Q. Quelle réponse lui fit Notre-Seigneur ?
R. Notre-Seigneur lui fit cette réponse pleine d'instruction ; Ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois là où m'appellent les affaires de mon Père ? afin de nous apprendre à préférer à tout la volonté de Dieu. Il revint ensuite à Nazareth avec saint Joseph et la sainte Vierge, et il leur était soumis.

Q. Que remarquez-vous sur ces dernières paroles ?
R. Je remarque sur ces dernières paroles qu'elles renferment toute la vie de Notre-Seigneur jusqu'à trente ans. Notre-Seigneur a voulu vivre dans l'obéissance de deux de ses créatures, pour nous enseigner cette vertu et pour confondre à jamais notre orgueil.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux imiter l'obéissance de Jésus enfant.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.












mardi 15 juin 2021

Dans quels sentiments devons-nous célébrer la fête du Sacré-Cœur de Jésus ?



C'est dans les sentiments de l'amour le plus vif et le plus tendre que nous devons célébrer cette fête : le plus vif pour payer l'amour dont ce Cœur de Jésus nous a aimés d'un généreux retour ; le plus tendre, pour compatir aux opprobres et aux douleurs de ce divin Cœur outragé. Nous le savons, Jésus obéissait à l'amour dont son cœur était embrasé pour nous, lorsqu'il se faisait homme, enfant, le dernier des hommes, rassasié d'ignominies, mourant dans l'opprobre et les douleurs de la croix. Ce n'était pas trop pour un cœur qui nous aimait infiniment ; mais le cœur bas et rétréci des hommes n'a rien compris à cet excès d'amour. Aveugles et endurcis, ils n'ont eu ni des yeux assez purs pour reconnaître le codeur d'un Dieu, à ces traits d'un amour infini, ni des cœurs assez grands pour les ressentir, y correspondre.
Les cœurs ingrats ont été plus loin : ils ont outragé ce Cœur tendre et paternel, qui les aimait malgré leur ingratitude : enfin les cœurs impies sont venus ; mais ç'a été pour déchirer ce Cœur sacré où le sang ruisselait encore, lui arracher toute consolation et combler ses douleurs ! À la vue de tant de maux quel codeur fidèle ne serait ému ? Au récit de ces sanglants outrages, dont le douloureux souvenir ira arracher des larmes aux cœurs généreux et compatissants de tous les siècles, quel cœur parmi nous si insensible et si dur pourrait refuser à ce divin Cœur abreuvé d'amertume un amour plus ardent, une fidélité plus constante, une commisération plus tendre ? Quel bonheur, quelle consolation vraiment ineffable si parmi nous il se trouvait un seul cœur assez fervent, assez tendre, assez pur, assez ardent, pour faire oublier en ce jour au Cœur de Jésus ses profonds ennuis et ses amères douleurs à force d'amour, de reconnaissance, d'adorations et d'hommages !

(Manuel des petits séminaires)


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lundi 14 juin 2021

Sur l'excellence de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus



La piété et la nature sont ici d'accord pour nous représenter la dévotion au sacré Cœur de Jésus comme la plus solide, la plus sainte et la plus excellente des dévotions : car enfin si l'Église décerne un magnifique triomphe au corps adorable de Jésus-Christ, et déploie en son honneur la pompe de ses premières solennités, pourquoi son divin Cœur, c'est-à-dire, la plus touchante portion de son humanité sainte, resterait-il sans honneur et sans gloire ? Si les plaies de Jésus-Christ, ces témoins éloquents de son amour, reçoivent un culte spécial ; si la piété des fidèles les vénère comme les sources du salut, pourquoi la blessure de son Cœur entr'ouvert ne ferait-elle que des indifférents et des ingrats ? Si nous adorons enfin les épines mêmes dont son front fut couronné, les clous qui percèrent ses pieds et ses mains, la croix où il expira, la lance dont fut transpercé son Cœur, pourquoi ce cœur lui-même, oublié, méconnu, demeurerait-il sans adorations et sans hommages ? Ici-bas d'ailleurs, après une séparation douloureuse, ne s'estime-t-on pas heureux de recueillir le cœur d'un père, pour le déposer avec respect sous la garde de la religion et de la piété filiale ?
Toutes les nations de la terre n'ont-elles pas connu l'usage de conserver le cœur de leurs héros, orné de ce que la nature et l'art offraient de plus précieux ? Qui nous accusera donc de rendre hommage au Cœur sacré de Jésus ? Pour nous, n'est-ce pas le cœur d'un père ? n'est-ce pas le cœur d'un Dieu ? n'est-ce pas le cœur divin du Verbe éternel fait chair ? n'est-ce pas le plus grand, le plus généreux, le plus saint, le plus pure, le plus compatissant et le plus tendre de tous les cœurs ? Quelle dévotion donc plus solide, plus naturelle, plus sainte et plus excellente que la dévotion au sacré Cœur de Jésus ?

(Manuel des petits séminaires)


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dimanche 13 juin 2021

Comment l'Église de France a-t-elle contribué à l'établissement de la fête du Sacré-Cœur de Jésus ?



On peut dire que les admirables Saints à qui cette dévotion avait été d'abord révélée n'avaient fait qu'entrevoir la brillante aurore d'une fête dont Jésus-Christ réservait la lumière et la grâce à ces derniers siècles, comme un remède extrême aux maux qui devaient les ravager. Ce fut à une âme pure et ardente, à une vierge humble et cachée dans le secret de son sanctuaire, que Jésus-Christ confia le soin de donner cette nouvelle à son divin Cœur et cette consolation nouvelle à son Église affligée.
Une dévotion si sainte, si pure, si éminemment chrétienne, trouva quelques contradicteurs parmi les chrétiens dégénérés ; mais bientôt toutes les Églises s'empressèrent unanimement de l'adopter. À la sollicitation d'un grand roi et des évêques de son royaume, la sainte Église romaine donna une autorisation solennelle qui fut reçue, non-seulement avec respect, mais avec empressement et avec joie par tous les évêques du monde chrétien. Au milieu de ce mouvement général de la foi et de la piété des fidèles, l'Église de France ne demeura pas en arrière : elle avait vu naître dans son sein la dévotion au sacré Cœur de Jésus, et son zèle pour cette dévotion sainte ne se reposa que lorsque tout l'épiscopat français solennellement assemblé, et sollicité par la très-chrétienne reine de France, Marie Lekzinska, eut institué et établi universellement cette fête dans tous les diocèses de ce grand royaume.

(Manuel des petits séminaires)


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