mercredi 28 février 2018

Méditation pour le Mercredi de la deuxième semaine de Carême : Jour d'humilité








LE MERCREDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE DE CARÊME

Jour d'humilité


PRATIQUE

Ne laissez échapper aujourd'hui aucune pensée, aucune parole ni aucune action d'orgueil. Pratiquez l'humilité d'esprit, en vous persuadant que vous n'êtes rien ; l'humilité de cœur, en sentant votre bassesse et vos misères ; l'humilité d'action, en choisissant toujours le plus bas et le plus ravalé pour vous. Humiliez-vous devant votre prochain ; soyez petit à vos yeux, et agissez conséquemment. Mais pour le faire avec succès, ayez devant les yeux Jésus-Christ, qui s'est humilié jusqu'à la mort, et songez aux récompenses glorieuses qu'il a promises aux humbles.


MÉDITATION

Ordonnez, Seigneur, que mes deux fils que voici soient assis dans votre royaume, l'un à votre droite, l'autre à votre gauche (Matt. 20).


1er point.
Jésus-Christ souffre qu'une mère ambitieuse lui demande des places d'honneur pour ses deux enfants ; et de là, il prend occasion d'inviter à pratiquer l'humilité. Vous ne savez ce que vous demandez, dit-il à cette femme ; pour faire entendre à ses disciples, qui étaient présents, que, pour être admis au royaume du ciel, il faut avoir une véritable humilité dans le cœur, et que l'ambition est seule capable de nous en exclure. Dieu regarde les superbes comme ses ennemis, et ne donne sa grâce qu'aux humbles. Jésus-Christ répond à cette demande par une prédiction sanglante, en proposant à Jean et à Jacques de boire le calice qu'il boira, pour nous montrer qu'un orgueilleux ne doit s'attendre qu'à des humiliations et à des souffrances. Dieu permet toutes ces contradictions et ces amertumes pour le guérir et le confondre ; si elles ne guérissent pas son orgueil, elles seront de tristes préludes des humiliations et des souffrances éternelles qui lui sont préparées selon cet oracle que Jésus-Christ a prononcé tant de fois : Celui qui s'élève sera abaissé. Gravez-le profondément dans votre cœur pour en réprimer toutes les saillies d'orgueil.


Jésus dit à ses disciples : Quiconque d'entre vous voudra être le plus grand, doit être le serviteur de tous, pour imiter le Fils de l'homme, qui n'est pas venu pour être servi, mais pour servir.


2e point. La conversation des apôtres doit nous faire trembler ; si les saints ne sont pas exempts de sentiments d'orgueil et de disputes basses et puériles, nous n'en serons pas exempts nous-mêmes, et nous devons être incessamment en garde contre ces dangereuses saillies. Les rois des gentils, dit notre adorable Sauveur, dominent avec empire sur leurs sujets, et je ne prétends pas qu'il en soit de même entre vous ; celui qui voudra être le plus grand, sera le serviteur des autres : il soutient cette céleste doctrine par son exemple, en ajoutant ces paroles : Comme le Fils de l'homme, il n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour la rédemption de plusieurs. Un Dieu réduit par amour à la condition de serviteur, quel exemple ! Un serviteur superbe, qui veut mettre tout le monde à ses pieds, quel monstre ! Ah ! si l'humilité d'un Dieu sauveur ne guérit pas notre orgueil, il n'y a plus de remède.


SENTIMENTS

Ô mon adorable Sauveur ! vous m'apprenez l'humilité, non-seulement par vos paroles, mais encore par vos actions. Je vous vois tantôt dans l'obéissance et dans la servitude à l'égard de vos parents, qui étaient vos créatures ; tantôt aux pieds d'un traître pour les lui laver ; tantôt injurié, méprisé et outragé par des scélérats, vous, Seigneur, la grandeur même, puisque vous êtes Dieu ! Et moi, vile créature et indigne pécheur, qui ne mérite que des humiliations et des mépris, je me révolte dès qu'on m'humilie, et il n'est rien que je ne mette en usage pour m'élever au-dessus des autres ! Domptez mon orgueil, ô mon Dieu !, et apprenez-moi à le dompter moi-même ; éclairez mon esprit, pour le convaincre que je ne suis rien ; que mon cœur le sente et ne se révolte jamais, et que toutes mes actions portent un témoignage authentique de la sincère humilité de mon esprit et de mon cœur.


SENTENCES

Dieu résiste aux superbes, et donne sa grâce aux humbles (Jac. 4).

La juste mesure de votre grandeur est celle de votre humilité ; celle de votie vraie bassesse est celle de votre orgueil (Div. Aug. de virgin. c. 31).


RÉFLEXIONS

Jésus au tribunal d'Anne


Conduire Jésus-Christ à un tribunal composé de scélérats et d'un juge impie et passionné ! Conduire le souverain juge des vivants et des morts devant ses propres créatures, pour être interrogé, jugé et condamné à mort comme un coupable, lui devant le tribunal duquel tous les hommes et les plus puissants monarques paraîtront en posture de criminels, pour entendre de sa bouche un arrêt irrévocable de vie ou de mort ! Quelle affreuse injustice, et quel énorme attentat !
Jésus, fatigué de ce douloureux voyage dans lequel il avait été si cruellement outragé, entra chez Anne, où les prêtres et les pharisiens, tous avides de son sang, l'attendaient avec impatience pour contenter leur envie et commencer son procès.
Voyez Jésus seul au milieu de ce conseil de cruels ennemis. Il est debout comme un criminel ; ses mains sont liées de cordes, la tristesse est peinte sur son visage, sa bouche garde le silence, son esprit est accablé de peine, et son cœur est percé d'une vive douleur. Il va répondre, il va souffrir à notre place. On l'interroge sur ses disciples, sur sa doctrine qui était toute divine ; il répond avec modestie et fermeté, et cette réponse lui attire le plus grand des outrages. C'est ainsi que la vérité, loin de triompher des cœurs rebelles, ne produit souvent que la haine.


PRIÈRE

Jetez un regard favorable, Seigneur tout-puissant, sur votre peuple humilié, qui implore avec ardeur votre divine miséricorde. Ouvrez-lui les yeux de l'âme pour connaître ses misères ; faites-lui sentir qu'il n'est rien, ne peut rien sans vous, pour lui faire embrasser par amour la véritable humilité dont vous lui avez donné l'exemple, depuis votre crèche jusqu'au tombeau ; et faites qu'en humiliant et en mortifiant sa chair, il purifie son âme, et en retranche tous les vices. Nous vous en prions par les mérites de Jésus-Christ, votre fils.





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