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jeudi 3 décembre 2020

Noël, Jour de sainte allégresse



Dans tous les temps, l'Église s'est plu à faire éclater, le jour de Noël, les hymnes de sa joie et les chants de son allégresse ; dans tous les temps, elle s'est plu à inviter ses enfants à se livrer à tous les transports de leurs cœurs.
« Notre-Seigneur est né aujourd'hui, mes bien-aimés, réjouissons-nous, » disait à tous les fidèles de son temps le pape saint Léon. « Oui, réjouissons-nous, ajoutait le vénérable pontife, il n'est pas permis de se laisser aller à la tristesse en ce jour où l'Auteur de la vie prend naissance pour nous. » — Et il ajoutait encore : « Personne n'est exclu de cette sainte allégresse. Tous ont droit d'y participer. »
Ne nous étonnons pas de cette joie surabondante de l'Église et de l'invitation qu'elle adresse à ses enfants pour la répandre dans leurs cœurs. La raison en est facile à comprendre. Si, dans un royaume, le jour de la naissance d'un jeune prince destiné à en devenir le fortuné monarque est marqué de réjouissances, n'est -il pas incomparablement plus juste que toute la terre se réjouisse à la naissance de l'Enfant divin, qui n'a paru dans le monde que pour lui procurer une éternelle félicité ?...
Fidèles à cette inspiration de leur mère, les anciens chrétiens célébraient la solennité de Noël avec toute l'expansion de la joie la plus vive (M. de Châteaubriand a remarqué avec raison que les hommes, quelque puissants qu'ils soient, ne peuvent répandre la joie dans les cours qui pleurent, tandis qu'ils peuvent faire couler des larmes des yeux de ceux qui se réjouissaient tout à l'heure... « C’est qu'il ne suffit pas de dire à ses semblables : Réjouissez-vous pour qu'ils se réjouissent, et que l'on ne crée pas des jours de plaisir comme des jours de deuil... » Seule, la religion qui sait consoler les douleurs, sécher les pleurs, purifier les consciences, donner de véritables espérances, a le droit de demander aux hommes de se réjouir ; et de fait, les âmes les plus désolées subissent l’influence de ses invitations, parce qu'elles n'ignorent pas que, quelque désespérée que semble être leur tristesse, la religion a le secret d'y mêler encore un peu de joie !). En ce jour-là, chacun semblait oublier ses affaires, ses soucis et ses chagrins : c'était un instant de bonheur, une fête de famille ; il n'y avait pas jusqu'au plus modeste foyer qui n'eût ses réjouissances.
Nous savons par les récits de nos pères comment parents et amis se réunissaient, dès la veille au soir du grand jour, attendant, autour du foyer, où pétillait la bûche de Noël, l'heure fortunée de l'office de la nuit.
Et cette réunion était l'objet de tous les désirs, la pensée de tous les cœurs. Ô nuit, répétait-on à l'avance,

Ô nuit ! dont on a vu les astres messagers
Prophétiser aux rois comme aux simples bergers
La naissance d'un Dieu, Rédempteur de la terre,
Viens de ce grand bienfait rappeler le mystère !
Que pour inaugurer ton retour solennel
On veille, on se rassemble au foyer paternel.

L'aïeule de la maison lisait dans la sainte Bible, d'une voix tremblante et affaiblie par l'âge, les pages où sont exprimés les désirs ardents que faisaient autrefois monter vers les cieux les anciens patriarches soupirant après le Messie : Ô cieux ! répandez votre rosée ; que les nuées fassent descendre le Juste, que la terre s'entr'ouvre et qu'elle germe le Sauveur !
Les enfants qui avaient obtenu de ne pas célébrer Noël dans LA CHAPELLE blanche (Ce n'était guère qu'à partir de dix ou onze ans que les enfants étaient admis à assister à la messe de minuit. — Tous ceux qui n'avaient point cet âge devaient donc se coucher, le 24 décembre comme tous les autres jours de l'année, malgré leurs prières et leurs supplications. Des draps et des rideaux bien blancs ornaient leurs lits ; et, de génération en génération, sans doute à cause de la blancheur des rideaux et des draps, on appelait ce soir-là le lit : chapelle blanche, et aller se coucher : célébrer Noël dans la chapelle blanche. Au sujet de la chapelle blanche, nous invitons nos lecteurs à lire soit dans le tome II de l'Ami des Enfants chrétiens, p. 57 et suivantes, soit dans la dernière édition de l'Obéissance enseignée aux Enfants, p. 153, un épisode intitulé : LA CHAPELLE BLANCHE, OU L'OBÉISSANCE RÉCOMPENSÉE), chantaient ensuite quelques couplets des cantiques les plus aimés qu'ils avaient tant de fois répétés, durant les longues soirées de l'Avent, ceux-ci, par exemple, qui expriment en peu de mots le bonheur de la naissance du Sauveur :

Ô Dieu de clémence !
Viens par ta présence
Combler nos désirs,
Apaiser nos soupirs.


Ou ces autres que les enfants répètent encore aujourd'hui dans les catéchismes :

Venez, divin Messie,
Sauvez nos jours infortunés ;
Venez, source de vie ; venez, venez, venez !
Ah ! descendez, hâtez vos pas,
Sauvez les hommes du trépas,
Secourez-nous, ne tardez pas :
...
Venez, source de vie ; venez, venez, venez !


Ou ces autres encore, qui semblent annoncer la venue toute prochaine du Sauveur :

Vous nous avez promis cent fois
Que nous verrions le Roi des rois !...
...
Déjà le ciel est plus serein !
...
Déjà les plus charmants concerts
Se font entendre dans les airs !...
Ô soleil de justice,
Par vos purs rayons éclairez
Notre affreux précipice.
Venez, venez, venez.


Les mères, tantôt unissaient leurs voix aux enfants, tantôt lisaient entre elles les récits des événements de la naissance du Sauveur, tels que les Évangélistes nous les ont laissés.
Les hommes, plus à l'écart, se laissaient aller à quelques amicales causeries : on s'apitoyait sur les calamités de son parent, de son ami, de son voisin ; on se promettait assistance, on se serrait la main, on échangeait une parole d'oubli si quelque inimitié avait voulu s'élever dans les cœurs...
Soirée délicieuse ! touchants épanchements ! comme tout cela préparait bien à cet acte solennel que chacun allait accomplir quelques heures après, en participant à la table eucharistique !
Et puis, l'on revenait, sur les deux heures du matin, reprendre sa place au foyer. La bûche brûlait encore... Pendant l'office, la table avait été dressée : on l'entourait, et, sous l'influence d'une douce gaité, commençait le charmant festin de la nuit de Noël que nos ancêtres appelaient si naïvement le Réveillon, et dont la tradition nous rapporte des légendes si pittoresques.
Âges fortunés ! heureux temps !
Aujourd'hui, à part quelques pays privilégiés du monde chrétien, presque partout les anciens souvenirs de la fête de Noël sont effacés, et le prêtre catholique serait bien plus en droit que saint Bernard de laisser échapper cette plainte que le saint docteur ne pouvait retenir en lui-même :
« Il m'arrive souvent de penser aux saintes ardeurs qui faisaient soupirer les Patriarches après la venue du Messie, et cette pensée me couvre de confusion et me remplit d'amertume. J'ai peine à retenir mes larmes, tant je suis pénétré de honte et de douleur à la vue de la tiédeur et de l'indifférence de ces temps malheureux ; car, à qui d'entre nous la réalisation du grand mystère de l'Incarnation apporte-t-il autant de satisfaction et de joie, que la promesse qui en avait été faite aux Saints de l'Ancien Testament leur inspirait de désirs ? Plusieurs, à la vérité, se réjouiront dans cette fête ; mais j'ai bien peur que ce soit moins pour la fête que pour quelque vanité de ce monde (Le réveillon est un des seuls souvenirs des fêtes de Noël d'autrefois, que beaucoup de chrétiens, oublieux d'ailleurs de toute pratique religieuse, aient conservé. Triste souvenir, si on le dépouille de ce qui en faisait autrefois le mérite et le charme, je veux dire les soupirs d'un cœur purifié, la messe de minuit et les saintes douceurs de la communion. Ces chrétiens me paraissent ressembler à un homme qui aurait laissé se dégrader et se détruire le portrait d'un ami chéri, et qui montrerait avec ostentation les débris du cadre doré qui entourait la peinture..... Il y en a d'autres qui appréhendent de veiller quelques heures pour assister à la messe de minuit : Ils craignent de se fatiguer en consacrant une nuit à Dieu, à la prière, à la piété... Hélas ! et ces mêmes chrétiens, peut-être, passent des nuits entières dans de frivoles amusements, et ils ne soupçonnent pas même qu'ils puissent se fatiguer !)

Outre les transports d'une joie ineffable, l'Église dans la solennité de Noël s'empresse d'offrir au Dieu enfant le tribut de ses profondes adorations, l'hommage d'une reconnaissance sans borne, la tendresse du plus affectueux amour : il suffit de lire les prières de sa liturgie en ce jour pour apprécier qu'elles sont l'expression la plus complète de ces trois sentiments.
Le jeune chrétien n'oubliera donc pas que si l'allégresse doit faire le caractère de sa dévotion en cette solennité, l'adoration, la reconnaissance et l'amour forment l'ensemble des devoirs qu'il offrira à l'Emmanuel dans son berceau.
Pourquoi ne s'unirait-il pas aux Anges qui entouraient le Sauveur naissant et formaient sa cour, pour lui rendre avec eux des adorations ? pourquoi ne laisserait-il pas échapper sa reconnaissance avec les bergers ? pourquoi ne demanderait-il pas à Marie et à Joseph d'échauffer son amour ?

(Extrait de Rome chrétienne racontée à la jeunesse, Les Fêtes de Noël à Rome)


Reportez-vous à Regard sur le triple sacrifice du Jour de Noël, Lumière sur Noël, La crèche, Méditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une Crèche, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 21e Méditation : Cependant Marie ne perdait rien de toutes ces choses et les méditait dans son cœur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation : Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au Seigneur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 20e Méditation : Ayant été averti en songe de ne point aller trouver Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 19e Méditation : Se prosternant, ils l'adorèrent ; puis ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe, Discours aux jeunes époux, du Pape Pie XII, durant l'Octave de l’Épiphanie, le 10 janvier 1940, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 18e Méditation : Voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient parut, allant devant eux, jusqu'à ce qu'elle vint s'arrêter sur le lieu où était l'enfant, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 17e Méditation : À la nouvelle de la naissance du saint Enfant, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 16e Méditation : Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 15e Méditation : Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, Méditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Du ministère de Marie dans la vocation des Gentils à la Foi, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation sur l’Épiphanie, Méditation sur la Nativité, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 14e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, Litanies du Saint Nom de Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 13e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, nom qui lui avait été donné par l'ange, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 12e Méditation : Après huit jours, le saint Enfant fut circoncis, Instruction sur la Circoncision, Méditation sur la Circoncision, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 11e Méditation : Les bergers revinrent en glorifiant et en louant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 10e Méditation : Les bergers se disaient les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 9e Méditation : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 7e Méditation : Tout à coup l'Ange du Seigneur parut auprès d'eux, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation : Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin enfantement arriva, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 2e Méditation : Je vous annonce un grand sujet de Joie, il vous est né aujourd'hui un Sauveur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 3e Méditation : Marie mit au monde son fils premier-né, et l'enveloppa de langes, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 4e Méditation : Marie, après avoir enveloppé de langes le saint Enfant, le coucha dans la crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 5e Méditation : Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 6e Méditation : Il y avait là aux environs des bergers qui veillaient et se relevaient les uns les autres pendant la nuit, pour la garde de leurs troupeaux, Litanies du Saint Enfant-Jésus, et Dévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et Consécration.












vendredi 25 septembre 2020

De la principale occupation des Anges, qui est de louer Dieu, et de leur Nombre




I. Point. Adoration. Adorons Dieu, toujours grand, indépendamment de ses créatures. Cependant comme la multitude du Peuple, est l'honneur du Roi, et son petit nombre la honte du Prince (Prov. 14, 22), on peut dire que la multitude des Officiers qui composent la Cour céleste, relève infiniment sa Grandeur et sa Majesté, eu égard à l'estime des hommes et à ce que nous voyons sur la terre.
Représentons-nous donc cet Esprit souverain, se suffisant à lui-même, environné sur son trône de ces millions d'Anges qui le louent et le servent. Le Prophète Daniel a décrit en peu de mots ce ravissant spectacle : Il dit, que s'étant approché du Trône de l'Ancien des jours ; il en vit sortir un fleuve de feu, et mille milliers d'Anges le servaient, et dix mille millions assistaient en sa présence (Dan. 7, 10). Le livre de Job, suppose ce nombre comme excessif : Peut-on compter le nombre de ses Soldats (Joq. 25, 3) ? Le char de Dieu, dit aussi le Prophète, est environné de plus de dix mille ; ce sont des millions d'Anges qui sont dans des transports de joie. Le Seigneur est au milieu d'eux, comme autrefois à Sinaï (Psal. 67, 18). Saint Jean dans l'Apocalypse (Apoc. 5, 11), dit qu'il vit autour du Trône de l'Agneau, des millions de millions, et des milliers de milliers d'Anges. Et Notre-Sauveur dans l’Évangile, dit que son Père céleste pourrait lui donner plus de douze légions d'Anges (Matt. 26, 53), c'est-à-dire, plus de soixante et douze mille Anges.
Ô quelle joie et quelle consolation aurez-vous alors, ô mon âme, s'écrie un Dévot de la nature angélique, si jamais vous pouvez voir cette multitude de créatures si nobles et si relevées. Ô si vous pouviez un jour jouir de cet heureux sort, que d'habiter parmi ces troupes célestes, de Princes et d'Enfant de Dieu, qui sont aussi vos frères (S. L. de Gonzag.). Mais hélas, Seigneur ! qui suis-je pour être associé à tant de nobles Courtisans ? C'est à présent que je reconnais que je suis un serviteur inutile. Vous avez des millions d'Anges qui vous louent ; je ne mérite pas que vous jetiez les yeux sur moi. C'est à votre miséricorde seule, que je dois l'espérance qui repose dans mon sein, de voir un jour l'assemblée de plusieurs millions d'Anges, l'Église des premiers nés, comme parle saint Paul (Heb. 12, 22). Ô Seigneur, quand verrons-nous donc cette terre des Vivants, ce monde d'Esprits bienheureux !

II. Point. Considérations. Considérez, 1. que la principale occupation de cette multitude d'Anges, c'est de louer Dieu.
2. Que les hommes sont appelés au même bonheur dans le ciel, et même sur la terre.

I. Que la condition de cette vie est déplorable ! qu'elle est triste ! qu'il n'y ait point de plaisir qui ne soit mêlé de larmes et d'affliction ! telle est la misère de ce lieu d'exil où nous vivons. Il n'en est pas ainsi dans les Cieux, les Anges y louent Dieu continuellement, et ne se lassent jamais. Depuis tant de milliers d'années, que leur occupation consiste à louer Dieu, elle leur est toujours aussi agréable et aussi nouvelle que lorsqu'ils l'ont commencée. Dans le Livre de Job, il est fait mention des concerts des astres du matin et des Cantiques de jubilation des Enfants de Dieu (Job 38, 7). Ce sont les Anges qui sont ici désignés sous le nom d'Astres et d'Enfants de dieu, ou plutôt les Esprits bienheureux étant les premières des créatures, on nous apprend ici, que dès le premier moment de leur création, ils joignirent leurs voix aux astres matériels, pour louer le seigneur, avec cette différence, qu'au lieu que la louange attribuée aux globes célestes n'a rien que de figuré, celle des Anges est réelle et tout-à-fait propre à ces Chantres inspirés.
Isaïe lui-même entendit cette mélodieuse harmonie (Isaïe 6, 3), lorsque les Séraphins chantaient le célèbre Trisagion, Saint, Saint, Saint est le Seigneur le Dieu des Armées, toute la terre est remplie de sa gloire.
Le Disciple bien-aimé, entendit pareillement la voix de plusieurs Anges qui étaient autour du Trône de Dieu, et qui chantaient à haute voix, l'Agneau qui a été mis à mort, mérite de recevoir la Vertu, la Divinité, la sagesse, la force, l'honneur et la bénédiction (Apoc. 5, 12).
Telle est l'occupation de ces Esprits célestes, tant de ceux qui sont toujours devant le trône de Dieu, que de ceux qui sont destinés pour le ministère. Voyant tous la face du Père céleste, c'est une conséquence qu'ils le louent perpétuellement. ceux mêmes qui sont les plus occupés à la garde des hommes, n'interrompent pas leur exercice de louange. Cette louange est leur élément comme l'eau est celui des poissons, l'air celui des oiseaux du Ciel. Rien ne peut les distraire de cette louange ; n'étant point environnés de facultés qui empruntent leurs connaissances des objets matériels, n'étant point chargés du poids d'une imagination faible, et blessée comme la nôtre ; rien ne peut les en détourner d'un seul moment. Ils voient tout en voyant Dieu ; ils ont tout en possédant Dieu ; que pourraient-ils donc chercher et trouver ailleurs, qui fût digne de les occuper ?
2. Les saints Anges chantent les louanges de dieu, avec respect et amour. C'est pour cela que les Séraphins d'une part, sont représentés comme couvrant de leurs ailes leurs pieds et leurs visages, pour marquer le respect qu'ils portent à la Majesté de Dieu ; et de l'autre, ils sont encore représentés comme des esprits de feu et de flammes, pour signifier leur amour. La louange en effet sans amour est froide et languissante, et l'amour sans respect donne du mépris. Aussi ne voyons-nous pas, qu'il sot dit nulle part dans les Ecritures, que les Anges soient assis dans le Ciel ; ils paraissent toujours, ou debout, ou prosternés (Apoc. 7, 11). C'est dans la même posture que saint Chrysostome témoigne, qu'un Vieillard voyait assez ordinairement les Anges, environnant le saint Autel, mais profondément inclinés (De Sacerd. Lib. 6. cap. 4), comme des soldats pourraient faire en présence de leur Roi. Quel respect ! quelle Religion !

II. Nous sommes appelés comme les Anges, au bonheur de louer Dieu sur la terre et dans le Ciel.
Quand j'étais avec vous, dit l'Ange à Tobie (après lui avoir rendu mille bons offices, et l'avoir ramené dans la maison de son père), j'y étais par la volonté de Dieu, bénissez-le donc, et chantez ses louanges Tob. 12, 18).
Vous voyez que les Anges nous invitent à faire dès ici-bas ce qu'ils font dans le Ciel. Ils louent sans cesse Dieu ; ils nous invitent à le louer avec eux. Ils sont saisis de crainte et comme hors d'eux-mêmes devant son trône, ils nous portent aussi au même respect.
Saint Hilaire était si persuadé de ces vérités, qu'expliquant ces paroles du Psalmiste : Que ma langue s'attache, Seigneur, à mon palais ; si je ne me souviens de vous ; il dit que ce Prophète savait, sans doute, que les Vertus célestes qui assistent auprès du Trône de Dieu étaient continuellement occupés de ses louanges (Tract. in Ps. 136), et qu'à leur imitation il ne voulait point perdre le souvenir de son Dieu. L'éloquent saint Chrysostome, qui avait formé son peuple au même goût, d'une oraison presque continuelle, le félicitait, de ce qu'il se conformait en cela à la pratique des ordres angéliques (Hom. I. in vidi Dominum), après quoi il poursuit en admirant les merveilles de la grâce de Jésus-Christ. Dans le Ciel, les Armées angéliques publient la gloire de Dieu, et ici-bas, les hommes font de pareils Chœurs pour la célébrer à leur exemple. Dans le Ciel, les Séraphins font retentir le Paradis du cantique de trois fois Saint, et sur la terre les hommes le répètent, en sorte que ce n'est plus qu'un commun concert des habitants du Ciel et de la terre (unde suprà).
Après cela il ne faut pas être surpris que la prière qui nous est si fort recommandée, soit appelée un exercice angélique (S. Ambr. Ep. 83. ad Eccl Verce II).
Dans l'oraison, on y a l'occupation des Anges. Toute la différence qu'il y a entr'eux et nous, c'est qu'ils jouissent de la lumière de gloire, et nous de la lumière obscure de la foi : celle-là néanmoins n'a rien en elle-même de plus divin que celle-ci, qui découvre à l'âme dans l'oraison, les perfections de Dieu les plus relevées.
[Mais parmi les états de l'Église, il n'en est point qui soit plus particulièrement appelé à louer Dieu, que celui des Ecclésiastiques, qui ont toujours dans la bouche les Cantiques du Seigneur. Le chant des Psaumes, dit S. Grégoire de Naziance (Orat. 40. in fine n. 52), est comme un prélude des chants du Ciel. Ce sont eux, qui comme Davis, chantent en la présence des Anges ; aussi se joignent-ils à eux, et le Seigneur même des Anges y est lui-même présent (Petr. Bles. Ser. 56. ad Sacer.).]

Affections. Ô Ange bienheureux, que j'imite sur la terre ce que vous faites dans le Ciel ; que mes regards soient sans cesse élevés vers Dieu, que mon bonheur soit de le louer ici-bas, en attendant que je puisse le faire pendant toute l'éternité.
Ô bienheureuse demeure ! ô tabernacles éternels ! Qui ne mépriserait tous les plaisirs de la terre, et tous les concerts les plus harmonieux, lorsqu'il pense aux accords charmants des Esprits angéliques ? Quand sortirai-je, ô mon Dieu, de cette vallée de larmes, pour me rendre parmi les Anges, et pour jouir de leur harmonie céleste ?
"C'est là où nous verrons, comme a dit un de vos Saints (S. Aug. Serm. 59. in Matt. c. 4), celui qui est la parole éternelle de Dieu, celui dont les Anges mêmes se nourrissent, dont ils sont éclairés, d'où ils tirent la sagesse toute céleste dont ils sont remplis... car ils boivent à longs traits dans la source même, dans la sagesse éternelle, c'est-à-dire, dans le Verbe ; et c'est parce qu'ils en sont pleins, que les louanges de Dieu rejaillissent de leur bouche sans jamais cesser.

Réflexions. Craignons l'indignation des Anges, si nous ne désirons pas de leur être associés dans le Ciel, pour chanter les louanges de Dieu ; si dès ici-bas, nous ne les imitons pas dans le respect avec lequel ils les célèbrent dans le Ciel. Comme on ne peut douter que les Anges ne se rendent présents aux Offices de l'Église, afin qu'il soient religieusement célébrés, quelle est leur indignation, lorsqu'ils nous voient assis sans respect en présence de celui, devant lequel ils n'assistent qu'en tremblant (B. Petrus dam. opusc. 39. cap. 3) ?

III. Point. Résolutions. 1. Rappelez-vous souvent pendant la prière, la présence des Esprits célestes, afin de vous exciter par leur exemple à la mieux faire. Imaginez-vous quelquefois d'être dans le Ciel devant l'auguste Assemblée de tous les Anges, et que vous vous prosternez avec eux au pied de l'Agneau. C'est le moyen de prier avec plus de Religion.
2. Soupirez après les joies du Ciel, et après le bonheur de pouvoir mêler un jour votre voix à celle de tant de milliers d'Esprits bienheureux.
3. Servez-vous quelquefois en union aux neuf Chœurs des Anges, de l'hymne de glorification que l'Église adresse si souvent à la très-sainte Trinité, et dites neuf fois Gloria Patri, dans l'espérance ferme de le pouvoir répéter avec eux dans l'éternité. Je vous chanterai des Psaumes en la présence des Anges (Ps. 137, 2).
4. Aimez l'exercice de l'Oraison. Dieu fait des grâces sans être prié, dit saint Augustin ; mais il y en a qu'il ne fait jamais qu'à ceux qui le prient. Il a établi l'Oraison comme un canal de grâce, et comme un moyen nécessaire pour les obtenir. C'est ainsi qu'il veut entretenir un commerce d'amour entre ses créatures, et rendre tous les hommes dépendants de sa Providence. Priez-le donc sans relâche, dit l'Apôtre saint Paul (1 Thess. 5, 17).


(Extrait de La dévotion aux Saints Anges, particulièrement aux Anges Gardiens, réduite en méditations)


Reportez-vous à De l'Excellence de la nature Angélique, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Neuvaine à Saint Michel, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Chapelet à Saint Michel Archange, Apprenez de votre bon Ange la science du salut, De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque homme, Confiance de Saint Jean-François Régis en la protection de son Ange gardien, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piété, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Litanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges Gardiens, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, et Litanie de Saint Gabriel Archange.














jeudi 24 septembre 2020

De l'Excellence de la nature Angélique



I. Point. Adoration. Adorez celui d'où vient tout don parfait. Parfait lui-même en sa nature, parfait dans ses attributs, il est aussi parfait dans ses ouvrages. Il est toujours également grand, soit qu'il crée des Anges dans le Ciel, soit qu'il tire du néant les vermisseaux de la terre. (S. Augustin) Cependant on peut dire avec Saint Chrysostome (Hom. 4. in I. Gen), que Dieu a usé envers eux d'une libéralité et d'une magnificence ineffable en leur création, en les enrichissant de si rares qualités, et établissant entr'eux un si bel ordre. La nature Angélique surpasse en dignité toutes les autres natures créées, dit encore saint Augustin. Ils devaient être, ô mon Dieu, les aînés de votre Maison, il était bien juste qu'ils fussent distingués en toutes sortes de dons de la nature et de la grâce. Ô illustres Princes de la maison de Dieu, je n'ai jamais bien connu, ni pensé à vos grandeurs. Que je commence aujourd'hui à vous connaître, pour ne plus cesser de vous aimer.
Et vous, ô mon âme, pensez à votre néant, et vous pourrez dire comme le Prophète, Je suis réduit à rien (Ps. 72). Voyez combien de créatures plus parfaites que vous, sont sorties des mains de Dieu ; mais hélas, Seigneur, je suis content de l'être que vous m'avez donné, et je me réjouis de ce que vous avez des serviteurs si dignes de vous appartenir.

II. Point. Considérations. Pour découvrir quelque chose de l'excellence de la nature des Anges, faites ici trois réflexions qui développeront en raccourci ce qui pourra être plus amplement détaillé dans les Méditations suivantes.
Dans la première réflexion, vous considérerez ce que c'est qu'un Ange, et un Ange du nombre des bienheureux.
Dans la seconde, vous ferez attention que la nature Angélique participe plus que toute autre à la nature de Dieu même.
Dans la troisième, vous examinerez en quoi consiste le privilège de sa spiritualité.

I. Considérez donc ce que c'est qu'un Ange, autant qu'il est permis à un esprit aussi borné que celui d'un homme mortel de le comprendre.
1. L'Ange est une substance spirituelle inférieure à Dieu, et supérieure à l'homme. C'est un des plus beaux ouvrages qui soit sorti des mains de Dieu. Les premières productions, sont ordinairement les plus nobles, les plus vives, les plus achevées, les plus semblables à leur principe : et l'Ange est la première substance, au moins en dignité, que le Créateur ait tiré du néant par la force de son bras, d'où vient que les Anges sont appelés les premières fleurs, les prémices de la nature naissante, les aînés de la maison de Dieu, le plus bel ornement de l'univers.
2. Qu'est-ce encore qu'un Ange et un Ange bienheureux ? c'est un esprit plein de sagesse et qui n'est que beauté, que lumière, que splendeur. Primi luminis velus rivulus quidam et participatio, secundi splendores primi splendoris administri, dit saint Grégoire de Naziance (Orat. 40. in S. Baptisma et or. 42). Primarii luminis radii, dit Nicetas son interprète. Prima lucida natura post primam (Comm. in orat. 40. S. Greg. Naz.) ; il a conservé la fleur de son innocence sans l'avoir jamais perdue. L'état de grâce en a toujours fait un ami de Dieu, et l'état de la gloire en a fait un Prince du ciel. C'est un miroir si pur, si net, et si éclatant de la divinité, que non seulement il reçoit au-dedans de lui-même l'éclat de cette bonté suprême, mais encore qu'il participe au brillant de cette même bonté, et qu'il en réfléchit au-dehors les rayons lumineux (Baldesanes Taurinensis stimuli virtutum. L. 2. c. I). L'Ange est donc comme un échantillon ou un essai, si l'on peut parler de la sorte, de la beauté de Dieu même. En effet, sa communication est si intime avec Dieu dans le séjour de sa gloire, qu'il est tout resplendissant des clartés qui rejaillissent de la divinité sur lui, et de la vue intuitive de l'essence divine.
3. Un Ange est encore un esprit de feu et de flammes. Urens ignis et verniens spiritus ministri ejus sunt, dit S. Hilaire (L. 5. de Trin.). En faut-il être surpris ? Il prend un repos éternel dans le sein de la charité infinie de Dieu. Là il puise les ardeurs dont il est pénétré, embrasé, consumé. Celui qui apparut à Daniel, avait le visage tout éclatant de lumière, les yeux brillants comme un éclair, les bras comme un airain embrasé, et tout le corps transparent comme la chrysolythe (Dan. 10, 6).
4. Qu'est-ce encore qu'un Ange ? C'est un contemplatif parfait, et un chantre divinement inspiré. Le Prophète Royal le comprenait suivant le sentiment du saint Docteur déjà cité. Expliquant comment le Roi prophète méditait sans cesse la Loi du Seigneur : Meditabor in justificationibus tuis semper. Il remarque qu'il le pratiquait ainsi à l'imitation des esprits célestes (S. Hil. in Ps. 118. Liv. 15). Un Ange est donc consacré à la méditation des grandeurs de Dieu. Il est destiné à la louange du Créateur, qui met dans sa bouche les plus mélodieux Cantiques, et il les chante sans jamais les discontinuer. Saint Athanase s'en était aussi formé cette idée, lorsqu'en le définissant et décrivant son occupation, il le représente comme un esprit immortel propre à chanter des hymnes. Angelus est... expers materia, hymnis dicendis aptum, immortale (L. de comm. essentia Patr. F. & Sp. S. pag. 238) Et demandant plus bas quelle est son occupation, il répond que c'est la louange et l'amour continuels de la majesté de Dieu.
Comprenez à présent autant que vous le pouvez ce que c'est qu'un Ange ; « et si l'on vous demande ce que c'est que cette sainte Cité, qui est composée d'Anges dans le ciel ? répondez avec saint Augustin que c'est Dieu même qui l'a formée : d'où elle est sage ? que c'est Dieu même qui l'illumine ? d'où elle est heureuse ? que c'est de Dieu même dont elle jouit. En subsistant en Dieu, elle en reçoit une forme qui l'unit à lui, en le contemplant, elle en est illuminée ; en s'y unissant, elle est remplie de joie. Elle est, elle voit, elle aime. elle vit dans l'éternité de Dieu, elle luit dans sa vérité, elle se réjouit dans sa bonté (L. II. de Civ. c. 2)

Affections. Grand Dieu, si les Anges sont si beaux et si parfaits, qu'êtes-vous donc vous-même qui les avez créés. Je vous aime, esprits favoris du Très-haut, parce que votre beauté est ravissante, votre sagesse admirable, et votre puissance incroyable ; vous n'avez cependant que quelques traits des perfections de Dieu. Comment dois-je donc l'aimer lui-même pour sa bonté infinie, sa sagesse incomparable, sa puissance victorieuse. Aimez, ô mon âme, l'objet le plus aimable que vous puissiez aimer. Ô région désirable où se voient tant de beautés, quand pourrai-je vous posséder !

II. Considérez encore que la nature Angélique participe plus que toute autre à la nature de Dieu. Le Prophète le fait assez remarquer, lorsqu'en parlant sous la figure d'un Roi, du chef des anges rebelles, il lui dit : Ô toi, Chérubin, qui étais comme le sceau de la ressemblance de Dieu ; (Ezech. 28, 14) comme s'il eût voulu dire, que tous les traits de la ressemblance de Dieu étaient si visiblement représentés en lui, qu'il n'y avait point de simple créature qui en approchât de plus près, par la pureté de l'esprit éloigné du mélange des facultés et des organes, par la vaste étendue de son intelligence ; enfin par un assemblage de tant de perfections, qu'il se méconnut lui-même. Le Prophète, dit saint Grégoire (S. Greg. in Ezech.), l'appelle le sceau de la ressemblance de Dieu, afin que l'on comprenne, que plus la nature de l'Ange est excellente, plus aussi les traits de la Divinité y sont exprimés. En effet, plus une chose approche d'un principe, pus elle participe à ses qualités et à ses perfections. Le Prince qui touche de plus près la personne du Roi, est le plus noble ; l'Ange donc étant de toutes les créatures qui ne sont point d'un ordre divin, celle qui approche le plus près de la Divinité, il n'y en a point qui exprime plus parfaitement ses divines perfections, et qui lui soit plus semblable ; et comme plus on s'approche du soleil, plus on est pénétré de ses rayons, et rempli de sa splendeur, ainsi l'Ange porte en sa nature l'image de dieu la plus marquée. En effet, il est pur esprit, et immortel ; il agit par l'entendement et la volonté, qualités qui sont autant de crayons de la Divinité, et de rayons de cette ressemblance. Nous ne devons donc point douter que Dieu ne jette avec complaisance ses regards sur ces excellentes images de ses perfections, puisqu'il s'y est représenté hors de lui-même aussi excellemment qu'il le pouvait être dans de pures créatures.

Réflexions. Contemplez aujourd'hui, ô mon âme, la beauté de nos citoyens célestes, qui comme les astres du matin, ou plutôt comme autant de soleils brillent dans la cité de Dieu ; c'est en eux, que comme dans des miroirs éclatants, reluisent les perfections de Dieu, sa puissance, sa sagesse, sa bonté et son amour (S. Lud. de Gonzag.). La Reine Esther, ravie de la beauté majestueuse du grand Assuerus, qui commandait sur cent vingt-sept Provinces, depuis les Indes jusqu'en Éthiopie, lui parla en ces termes : « Ne trouvez pas étrange, ô grand Roi, si à la vue de votre Majesté je suis tombée en défaillance ; vous m'avez surprise de telle sorte, qu'il m'a semblé voir un Ange du ciel. Mon cœur a été troublé de l'éclat de votre gloire, et la frayeur m'a saisie lorsque je me suis approchée de la majesté de votre Personne (Esther. 15, 16). » Si un Roi de la terre a eu tant d'attraits pour attirer à lui tous les cœurs, quels charmes et quelle beauté ne doivent pas avoir les Anges ! ces intelligences si nobles qui assistent devant le trône du Roi des rois, et qui sont comme la réflexion des lumières de cette Majesté souveraine.

Affections. Ô mon Dieu, toutes vos créatures portent quelques traits de la main qui les a formées ; mais il n'en est point de si ressemblants que ceux que portent les Esprits bienheureux. Vous vous y êtes exprimé, et vous y avez mis vos complaisances. Vous n'avez pas cependant oublié l'homme, cet autre chef-d'œuvre de vos mains. Vous l'avez fait aussi à votre image, et vous avez réparé les traits de cette même image défigurée par le péché, en la rendant par le Baptême participante en Jésus-Christ, de la nature divine (2 Pet. 1, 4). Vous auriez surpassé nos désirs et notre attente, en nous réformant sur le modèle de la nature Angélique, mais ce n'était pas assez pour votre bonté envers la nature humaine. Soyez-en béni mille fois ; et afin que je ne déshonore pas désormais votre image en moi, donnez-moi part à la vigilance que les saints Anges ont eu depuis le moment que vous les avez créés avec tant de grâces et de perfections, pour conserver en eux les traits de ressemblance qu'ils ont avec vous.

III. Considérez que c'est un des grands avantages de la nature Angélique, que sa spiritualité. Les expressions de l'Écriture qui semblent leur donner des corps, sont toutes symboliques. Les ailes dont on les revêt marquent leur subtilité ; la figure de l'homme, leur intelligence ; celle du bœuf, leur force ; celle de l'aigle, leur pénétration ; celle du lion, leur courage ; le feu, leur zèle ; le vent, leur activité, et ainsi des autres. Dans la réalité, les Anges sont si dégagés de la matière, que les corps les plus subtils, jusques même à ceux que l'Écriture appelle, esprits de tempêtes, spiritus procellarum, n'approchent point de leur spiritualité. Aussi c'est d'elle que parle le Prophète, lorsqu'il compare au feu le plus subtil, les ministres de ses volontés (Ps. 103, 4). De là leur agilité est si grande, que les oiseaux ne volent pas si légèrement dans les airs, les vents ne s'élèvent pas avec tant de véhémence, les vaisseaux ne sont point transportés avec tant de vitesse, la flèche n'arrive pas si promptement à son but. En un clin d'œil, l'Ange descend du ciel en terre, et remonte de la terre au ciel. Il perce tout, il entre partout sans être arrêté par la dureté des corps qu'il faut pénétrer, sans trouver de résistance dans le lieu, ou de difficulté dans le chemin. Voyez-les courir çà et là dans Zacharie (Zach. I, 10), et faire le tour de la terre, pour y mettre tout en paix et dans le devoir. Voyez-les dans les Psaumes, tourner tout autour de nous pour notre bien, avec plus d'attention que le démon pour notre mal. Voyez l'Ange qui transporta Habacuc en Babylone (Dan. 24, 33), et celui qui porta saint Philippe à Azote (Act. 8, 40), après avoir baptisé l'Officier de la Reine d'Éthiopie. Si les Anges sont spirituels de leur nature, ils sont aussi incorruptibles et immortels. Dieu en créant l'Ange tout spirituel, l'a fait d'une substance qui ne donne aucune prise à tout ce qui pourrait lui causer la mort. De cette même spiritualité des Anges, s'ensuit une pureté si parfaite, que nous ne l'appelons pas autrement qu'angélique. Peut-elle être en effet plus grande, que d'être hors de la chair et du sang, hors des atteintes de toute souillure et de toute corruption ? Nos âmes sont, il est vrai, toutes spirituelles dans leur substance ; mais par l'alliance qu'elles ont avec le corps, elles en contractent je ne sais quoi de terrestre et de matériel, qui semble, en quelque manière, les dégrader et les faire déchoir de la condition des purs esprits. Au contraire, les Anges n'ont rien que de spirituel, non seulement en leur substance, mais aussi dans leurs opérations, car quoiqu'occupés à faire du bien aux hommes, ils ne participent en rien à leur faiblesse et à leur imperfection.

Affections. Ô heureuse condition de la nature Angélique, que vous êtes digne d'envie ! Que déplorable est au contraire celle des enfants des hommes, obligés qu'ils sont à vivre dans une chair fragile, dans un corps sujet à tant de misères ? Que serait-ce encore, ô mon Dieu, si votre grâce céleste ne réprimait en eux les saillies de la concupiscence ; si elle n'amortissait en eux le feu profane qui enflamme tout le cours de leur vie, étant elle-même enflammée par le feu de l'enfer ? Que deviendrait l'homme revêtu de ce corps de péché, obligé à vivre dans la chair sans la chair, s'il n'était fortifié par le pain des Anges, le froment des Élus, et le vin qui produit les Vierges ?
Aidez-moi, Esprits immaculés, à conserver une vertu, qui est de nature en vous, et qui ne peut être en moi que par la grâce de mon Dieu ; aidez-moi dans l'accomplissement de mes obligations [dans l'état du célibat que j'ai embrassé.] Que je sois par votre puissante protection, un ange terrestre, et un homme céleste ; alors je courrai avec vitesse jusqu'à Dieu, je m'élèverai jusqu'à lui par les mouvements de mon cœur, comme vers le centre de mon repos et de mon bonheur.
Ô Dieu Roi des Anges, je renonce à toute affection qui m'empêcherait d'être tout à vous ; dès ce moment je vole jusqu'à vous, pour m'y fixer entièrement. Je veux vous aimer sans réserve, et si je connaissais, comme le dit le bienheureux François de Sales, une seule parcelle de mon cœur qui ne fût pas éprise de votre amour, je voudrais l'arracher pour jamais. « Les Esprits célestes contemplent toujours votre visage, ô mon Dieu, sans qu'ils en détournent jamais leurs regards. Ils pourraient s'obscurcir et se refroidir si vous les laissiez à eux-mêmes ; mais vous formez en eux un midi perpétuel, les tenant si étroitement unis à vous, que vous les remplissez sans cesse des rayons de votre lumière et des flammes de votre amour (S. Aug. L. 12. Conf. c. 15). » Répandez sur moi de pareilles lumières, de pareils feux, et rien ne pourra me séparer de vous.

III. Point. Résolutions. 1. Estimez votre âme, formée qu'elle est à l'image de Dieu, et prenez garde de la souiller d'aucun péché mortel.
2. Que votre chair dès cette vie devienne comme angélique par la profession de la chasteté, ou par une pureté qui imite celle des Anges. C'est le moyen de la préparer à posséder un jour les biens qui lui sont promis, qui sont, comme dit Tertullien, d'être un jour réformée, et comme angélisée dans le Royaume de Dieu (L. de ref. carnis cap. 26).
3. Ne vous contentez pas d'être chastes de corps, soyez aussi purs d'esprit ; et pour cela, éloignez de vous les pensées impures qui peuvent souiller votre âme.
4. [Allez partout où la gloire de Dieu, les intérêts de son Église, et le salut du prochain vous appelleront, avec tout le zèle qui convient aux hommes apostoliques. (Isaiae, 60, 8) Qui sunt isti qui ut nubes volant ?]


(Extrait de La dévotion aux Saints Anges, particulièrement aux Anges Gardiens, réduite en méditations)


Reportez-vous à De la principale occupation des Anges, qui est de louer Dieu, et de leur Nombre, Apprenez de votre bon Ange la science du salut, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, Neuvaine à Saint Michel, Méditation pour la Fête des Saints Anges Gardiens, Litanie de Saint Michel Archange, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Chapelet à Saint Michel Archange, De la Dévotion aux saints Anges et de l'esprit d'une Association en leur honneur, C'est en tout temps qu'on a invoqué dans l'Église les Anges et les Martyrs, Saint Raphaël, Modèle de l'Ange gardien préposé à la garde de chaque homme, Confiance de Saint Jean-François Régis en la protection de son Ange gardien, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers les saints Anges, saint Joseph et les autres Saints ; Voyage de piété, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête des Saints Anges Gardiens : Les anges de ces petits enfants voient sans cesse la face de mon Père céleste, Litanie de Saint Raphaël Archange, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Avoir une grande dévotion à saint Michel, à saint Gabriel, à saint Raphaël, et aux autres quatre Anges qui sont auprès du trône de Dieu, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Lecture du livre de Tobie (12, 7-15) : S'il est bon de tenir cachés les secrets des rois, c'est un honneur que de faire connaître et proclamer les œuvres de Dieu, Méditation pour le 3 Septembre, Saint Raphaël conduisant le jeune Tobie, Méditation pour le 2 septembre, Sur les Saints Anges Gardiens, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Méditation pour le 1er septembre, Les Saints Anges Gardiens, Consécration à tous les Saints Anges, Prières à tous les Saints Anges, Oraison aux neuf Chœurs des saints Anges, Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Pratiquer quelque vertu, ou s'abstenir de quelque vice en l'honneur des Saints Anges, Avoir une grande confiance en la protection des saints Anges, et recourir à eux en tous ses besoins corporels et spirituels, Autres pratiques pour honorer plus spécialement les saints Anges, et célébrer les fêtes avec tous les respects possibles, Faire des neuvaines en l'honneur des neuf Chœurs des Anges, Chapelet du Saint Ange gardien, Converser intérieurement avec les saints Anges, Jésus crucifié est le Livre des Élus, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Discernement des esprits : ce qu'on entend par esprits, combien on en compte et comment ils se forment, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, Les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Les Saints Anges font tout ce qui peut se faire pour le bien des hommes, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Discernement des esprits, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande cité du bien, et Litanie de Saint Gabriel Archange.














 

dimanche 26 avril 2020

NEUVAINE EN L’HONNEUR DE NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL




NEUVAINE EN L’HONNEUR DE NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL

Les personnes qui désirent faire une neuvaine en l‘honneur de N.-D. de Bon-Conseil, soit pour se préparer à sa fête, soit pour obtenir d'Elle quelque faveur, peuvent réciter pendant neuf jours consécutifs l’une ou l'autre des prières qui précèdent ; si elles ne savent pas lire, elles peuvent se contenter de dire chaque jour le chapelet ou une partie du chapelet, en ajoutant après chaque dizaine l'invocation : Conseil, priez pour nous.
Il convient de faire le pèlerinage de Bon-Conseil, au moins le premier et le dernier jour de la neuvaine, et de la terminer par une bonne confession et une fervente communion.
Il est utile aussi de pratiquer pendant la neuvaine l'une ou l‘autre bonne œuvre, par exemple, faire une aumône en l‘honneur de la Sainte Vierge, visiter, soulager les malades, donner de bons conseils, mais surtout éviter par amour pour Marie tout ce qui peut offenser son divin Fils.


FÊTE DE N.-D. DE BON-CONSEIL

Le 26 avril est le jour spécialement consacré à honorer N.-D. de Bon-Conseil, à cause du fait mémorable qui s‘est passé ce jour-là (26 avril 1467) : La madone de Bon-Conseil, honorée à Scutari en Albanie, se transporta d’elle-même à Genezzano en Italie, où elle est aujourd'hui en grande vénération. La fête du 26 avril est établie en mémoire de cette translation miraculeuse, qui rendit N.-D. de Bon-Conseil célèbre dans tout l‘univers.
Cette fête se célèbre avec une grande solennité dans plusieurs églises, notamment chez les PP. Rédemptoristes qui, à l‘imitation de leur saint fondateur, ont une dévotion spéciale envers N.-D. de Bon-Conseil.
Outre la fête du 8 Septembre qui se célèbre déjà à la chapelle de Bon-Conseil, nous faisons des vœux pour que la fête du 26 Avril y soit aussi établie et soit célébrée chaque année au milieu d‘un grand concours de pèlerins.


CONFRÉRIE DE NOTRE-DAME DE BON-CONSEIL

Des confréries de N.-D. de Bon-Conseil sont établies dans les églises des PP. Rédemptoristes d‘Anvers et de Bruxelles où l‘on vénère la madone miraculeuse de Genezzano.
Sa Sainteté le Pape, Pie IX, par un bref du 16 décembre 1854, a recommande cette dévotion a la piété des fidèles, dans le but spécial d‘obtenir par Elle, la grâce de connaître sa vocation, ou l’état de vie que Dieu destine à chacun, et de bien accomplir les devoirs de l’état qu’on a embrassé.
Désirant en outre encourager cette dévotion, Sa Sainteté a daigné, par un bref du 16 avril 1858, l‘enrichir d'indulgences plénières et partielles. (...)


(Notice de l'Antique pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Conseil)



NEUVAINE RELATIVE À L'APPARITION MIRACULEUSE DE LA SAINTE IMAGE DE NOTRE-DAME DE BON CONSEIL



1er Jour. CONSIDÉRATION SUR LE DÉPART DE L'IMAGE SAINTE ET MIRACULEUSE DE N.-D. DE LA VILLE DE SCUTARI, EN ALBANIE.

1er point. Le sujet de notre méditation, de notre émotion, et de nos larmes, en ce premier jour, sera le triste départ de l'Image miraculeuse de l'Albanie et de la ville de Scutari, où elle reposait jadis. Ah ! quel malheur pour un royaume, et pour un peuple d'être abandonné de Marie. Ce malheur fondit sur l'Albanie. Justement irrité par l'orgueil et les désordres de ce peuple, Dieu voulut le livrer à la fureur des Mahométans, qui avaient résolu de tout dévaster par le feu et le fer. Quand la Vierge Sainte s'aperçut qu'il n'y avait plus de miséricorde à espérer pour ce peuple, l'image sainte quitta la contrée pour aller se fixer à Génazzano. — Malheureuse Albanie ! malheureuse ville de Scutari.

2e point. Pour les peuples comme pour l'individu, il n'est point de plus grand malheur que celui d'être abandonné de Marie. Cet abandon est toujours le châtiment de nos infidélités, la dernière limite de notre misère, le signe évident de notre réprobation éternelle. S. Anselme affirme : De même que le salut est assuré à celui qui est aimé et protégé de Marie, de même la damnation est certaine pour celui qu'elle délaisse. Nous aussi, ô mon Dieu, nous avons mérité le même sort ! Ah ! Reine des Cieux ! Ah ! Mère du Bon Conseil, vous savez combien nous avons abusé de la miséricorde de votre Fils. Vous savez combien de fois nous nous sommes rendus indignes de votre protection, et comment nous avons été si souvent sourds à vos bons conseils, insensibles à votre sollicitude maternelle, pour nous jeter dans la fange du vice, en nous éblouissant par la pratique extérieure de quelques prières, dites du bout des lèvres. Hélas ! nous n'avons que trop justement mérité la perte de votre protection et de votre sollicitude à notre égard. À quoi devons-nous attribuer que le même malheur n'a pas été notre partage ? Uniquement à votre bonté et à votre miséricorde ineffable, Misericordioe Dominoe, quia non sumus consumpti. Nous vous remercions infiniment de cette grâce. Nous chanterons éternellement vos louanges. Nous vous bénissons sans fin, en vous promettant de nous ranger pour le reste de notre vie parmi vos serviteurs fidèles. Nous pouvons dire, qu'en abandonnant I'Albanie, vous avez travaillé à notre bonheur, puisque nous Vous possédons sur cet autel, nous avons le bonheur de Vous y honorer, de Vous y adresser de tout cœur nos salutations :
Je vous salue Marie, etc.
On récite 9 Ave Maria puis la prière, tirée d'un saint Père et mise en rapport avec le sujet de la méditation.


PRIÈRE de S. Anselme, archevêque de Cantorbery.
(Ex lib. Orat, orat. quae est 45.)

Ô très-Sainte et aimable Vierge Marie, je viens, plein de douleur et gémissant, implorer votre bonté, car j'ai honte de la multitude de mes péchés, je vous supplie de ne pas détourner les yeux de dessus moi quoique je sois semblable à un corps corrompu enfermé depuis plusieurs jours dans le tombeau. Ô Mère de miséricorde vous êtes venue en ce monde pour enfanter Jésus, vrai Dieu et vrai homme, en la miséricorde duquel je me confie. — Nous avons donc en vous une mère, qui plaide la cause des
pécheurs et obtient leur pardon. C'est pourquoi, ô Reine très clémente, ne me repoussez pas, mais ayez pitié de ma faiblesse humaine ; ranimez en moi la confiance afin que je ne vous abandonne jamais, mais que je sois consolé par vous. Je saurai que vous m'avez départi ce bien fait lorsque le feu des mauvais désirs qui me consume au-dedans et au-dehors aura été éteint en moi par votre secours. Et afin de réussir dans cette entreprise je suivrai vos pas, ô ma protectrice, qui, après Jésus, avez le plus de pouvoir au monde. Le monde a ses Apôtres, ses Patriarches, ses Prophètes, ses Martyrs, ses Confesseurs et ses Vierges que j'invoque aussi ; mais vous, ô grande Reine, vous êtes élevée bien au-dessus d'eux en puissance parce que vous êtes leur maîtresse ; et tout ce que vous pouvez faire de concert avec eux, vous le pouvez sans eux ; et pourquoi ? parce que vous êtes la mère de Notre Sauveur, l'épouse de Dieu, et la Reine des Cieux et de la terre. Je prends donc mon recours à vous et vous supplie de me secourir. Si vous n'intercédez pas pour moi personne ne voudra défendre ma cause, nul ne viendra à mon aide ; mais si vous daignez prier pour moi, tous prieront pour moi, tous m'aideront. Ô grande et aimable Reine, des centaines, oui, des milliers d'hommes ont été sauvés parce qu'ils vous ont invoquée, serais-je donc le seul que vous n'exauceriez pas ? Ô Reine clémente obtenez mon pardon et exaucez ma prière Soyez-moi une tour puissante contre les tentations du démon, une forteresse imprenable... Obtenez-moi, auprès de votre divin Fils, la grâce de persévérance dans le bien... Pour que, à la fin de mes jours, après avoir reçu d'abord tous les Saints Sacrements, je sois trouvé digne d'être reçu par l'ange de lumière et que, conduit par lui devant le trône du grand juge, j'obtienne par votre toute puissante intercession, ô grande Reine, la récompense de la vie éternelle. Ainsi soit-il.


Durant la Neuvaine, il sera très-utile de pratiquer l'une ou l'autre bonne œuvre : p. e.
1. De faire journellement une aumône en l'honneur de N. D.
2. Jeûner chaque jour, ou chaque Samedi.
3. Veiller à la garde des sens.
4. Visiter les pauvres, les prisonniers, les malades, leur donner bon conseil, les soulager par les consolations spirituelles et temporelles.
5. Réciter journellement trois fois : Gloire soit au Père etc. pour remercier la très sainte Trinité de l'honneur accordé à l'Image de N. D. de Bon Conseil ; et neuf fois la Salutation Angélique en l'honneur des neuf chœurs des Anges pour les inviter à remercier Dieu avec nous pour ces honneurs.



2e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE NUAGE ET LA COLONNE DE FEU QUI ONT ACCOMPAGNÉ LA SAINTE IMAGE.

1er point. Lorsque Dieu conduisit autre fois par Moise le peuple d'Israël vers les plaines riantes de la Palestine, à travers le désert, le Tout-Puissant fit accompagner l'Arche d'alliance par deux colonnes mystérieuses, qui servirent de guides à ce peuple élu. Dieu voulut, par un effet de sa puissance, honorer de la même manière l'Image de N. D. de Bon Conseil lors de son départ de l'Albanie. À cette fin il fit descendre deux colonnes, l'une de feu, l'autre de nuages. Ces colonnes étaient destinées à accompagner cette Arche nouvelle ! Quel spectacle ravissant que celui de ces deux colonnes, devançant l'Image, tandis que d'innombrables esprits célestes entourant et portant dans leurs bras la statue vénérée firent retentir les airs nuit et jour de cantiques en l'honneur de Marie. Ô heureuse Génazzano ! c'est vers vous que se dirigent ces nombreux Pélérins ! Sachez apprécier votre bonheur, utilisez-le sagement pour votre salut.

2e point. Les deux colonnes du désert servirent aux Israelites pour les mener par la voie la plus sûre et la plus courte à la terre promise. La colonne de feu les dirigeait pendant la nuit, la colonne de nuages les précédait durant le jour. De cette manière le peuple d'Israël connut la direction sur cette route si longue et si dangereuse. Ces deux colonnes mystérieuses qui accompagnaient votre Image, ô Marie, n'ont-elles pas la même signification ? Oui nous considérons ces signes éclatants du ciel, comme des voix éloquentes, qui nous disent que vous êtes venue ici, pour conduire nos âmes au port du salut. La colonne de nuages est l'emblème de l'humilité, vertu si nécessaire à notre esprit, lors même qu'il sent intérieurement la paix, la consolation. Combien nous sommes faibles, privés de la précieuse humilité ! La colonne de feu nous rappelle la force de la grâce divine, qui éclaire notre entendement au milieu des tentations et des angoisses de notre âme, afin de nous fortifier, encourager et nous faire persévérer. Ces deux vertus nous sont assurées, ô Marie, par votre heureuse arrivée dans cette contrée. Nous venons donc honorer votre Sainte Image illustrée par des miracles éclatants depuis son départ de l'Albanie. Nous avons le ferme espoir d'entrer un jour avec vous dans la véritable terre promise ; c'est pourquoi nous vous disons de bouche et de cœur :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois, voir le 1er jour.


PRIÈRE de St. Pierre-Damien.
(Ex tom IV.)

Ô Marie, très-Sainte More de Dieu, temple vivant de Dieu, royaume du Roi éternel, sanctuaire du Saint-Esprit, rejeton de la tige de Jessé, cèdre du Liban, rose de Jéricho, cyprès de Sion, vous qui sur passez tout par le privilège spécial de vos mérites, et gouvernez en personne le chœur des Anges... Ô lumière de Nazareth, gloire de Jérusalem, joie d'Israël, ornement du monde, splendeur du Christianisme ; Ô Reine de la terre, échelle du Ciel, trône de Dieu, porte du Paradis, écoutez, je vous en supplie, les prières des pauvres et ne repoussez pas les soupirs des malheureux. Accordez-nous, s'il vous plait, d'offrir à Notre Sauveur nos désirs et nos vœux, et quoique, à cause de nos péchés, ils méritent d'être repoussés, ils seront accueillis par votre intercession. Daignez donc effacer nos péchés, délivrez-nous des liens de nos crimes, relevez ceux qui sont tombés et délivrez les esclaves. Apaisez par vos prières notre juge pour qu'il devienne par votre intercession notre Sauveur et qu'ayant été rendu par voire intercession participant à notre humanité il nous rende par cette même intercession participants à sa divinité qui, avec le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


3e Jour. CONSIDÉRATION SUR LA DÉVOTION ÉDIFIANTE DES PIEUX PÈLERINS, QUI ACCOMPAGNENT LA S. IMAGE ET TRAVERSENT À PIEDS SECS LA MER ADRIATIQUE.

1er point. Considérons avec recueillement et avec le plus profond respect le grand miracle qui eut lieu en faveur des Pèlerins privilégiés qui accompagnèrent la sainte Image aux bords de la mer Adriatique, située à peu de distance de Scutari. — Voyant la sainte Statue précédée de deux colonnes et entourée du cortège des anges, passer les flots, et n'ayant point de navire à leur disposition pour la suivre, ils se prirent à répandre des larmes abondantes sur le rivage. Encouragés par la voix intérieure de celle que l'Église invoque comme « l'Étoile de la mer, Ave Maris Stella ! » ils mirent résolument les pieds sur les eaux, sentant celles-ci s'endurcir ils firent sur les ondes plus de deux cents lieues. Dieu, à qui rien n'est impossible, renouvela pour sa Mère le prodige qu'il fit éclater du temps de Moise, pour favoriser les juifs dans leur fuite. Rappelez-vous que les eaux se séparèrent comme deux murs, pour donner passage aux émigrants, dès que Moise toucha de sa verge l'onde de la mer. Sur un simple signe de Marie les eaux de la mer Adriatique prirent la consistance du marbre et du bronze. Là, le peuple d'Israël traversa à pieds secs les sables de l'abime ; ici, Marie protégeant ses en fan s chéris les fit marcher miraculeusement sur les flots endurcis. Ô miracle ! Ô prodige !

2e point. Combien d'autres miracles pourrions-nous ajouter à celui-ci, ô Mère de Bon Conseil, ô Reine, Conseillère céleste. Dieu vous donne à nous, malheureux enfants d'Eve, afin de nous aider, de nous éclairer, de nous guider dans cette vallée de larmes, et de nous conduire au milieu de la ténébreuse Égypte à travers les tempêtes et les précipices de ce monde corrompu vers la terre promise de la nouvelle Jérusalem, d'où vous voyez notre misère, et d'où votre cœur de Mère vielle sur nous. C'est ce que nous croyons fermement, avec pleine confiance dans votre protection. Il est vrai que cette vie est une mer semée d'écueils, et où règnent les plus grandes tempêtes ; mais remplis de confiance en vous, nous éviterons le naufrage. À cette fin nous venons avec une tendresse vraiment filiale vous saluer :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Éphrem, diacre d'Édesse.
(Ex lib. de laud. Virgin. Deiparse)

Ô Immaculée, parfaite et chaste Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Reine, vous qui avez enfanté d'une manière merveilleuse notre Sauveur, réconcilié le monde avec lui, et uni notre chair rebelle aux esprits célestes, vous êtes, après Jésus, l'unique espoir des affligés, l'unique secours des opprimés, l'unique consolation de ceux qui prennent leur recours à vous et l'imprenable forteresse des chrétiens. Je vous adresse ma prière, ne me repoussez pas quoique je sois un grand pécheur qui s'est perdu au milieu des honteux plaisirs du monde. Ô Marie, Mère de Dieu et mère de miséricorde, vous qui nous êtes si dévouée dans les difficultés de la vie, aidez-nous maintenant et toujours. Garantissez-moi contre les violentes attaques de mes ennemis spirituels, conduisez-moi sur le droit chemin de salut, et quand la dernière heure de ma vie sonnera, sauvez alors de tout danger mon âme remplie de misères, éloignez de moi la vue affreuse des démons ; préservez, au grand jour du jugement, mon âme, du jugement éternel de condamnation et conduisez-la dans l'éternelle assemblée des Saints et dans l'éternel héritage de voire Fils. Ô grande Reine et très-sainte Mère de Dieu, faites que, par votre protection et votre intervention, tous nos vœux soient exaucés ; nous vous en prions, par la grâce et la miséricorde de Jésus-Christ, notre Sauveur, à qui appartiennent, avec le Père éternel et le Saint-Esprit, tout honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


4e Jour. CONSIDÉRATION SUR L'ARRIVÉE MIRACULEUSE DE L'IMAGE DE N.-D. DE BON CONSEIL A GÉNAZZANO.

1er point. Le 25 avril 1467 vers le soir, arriva l'image de N. D. de Bon Conseil, que nous honorons sur cet autel. Quelle joie céleste inonde notre cœur, quand nous considérons ce présent du ciel, qui surpasse de beaucoup les richesses de la terre. Quels rayons de lumière et de gloire émanèrent de la face vénérable de Marie. À son entrée triomphante toutes les cloches se mirent spontanément en branle avec un accord harmonieux ; une lumière éblouissante éclaira l'église, les Anges qui avaient servi de cortège à l'Image la fixèrent à cet autel ; autel qui est devenu le Trône de la Reine des Cieux et de la Conseillère des Nations. Si, au moment où nous méditons cette arrivée miraculeuse, les Pèlerins qui accompagnèrent cette image bénie pouvaient élever leur voix du fond de leurs tombes, quel merveilleux récit ne nous feraient-ils de ce jour à jamais mémorable. « Témoins privilégiés du ciel, nous diraient-ils, nous avons vu ici, les premiers, l'image miraculeuse. À son arrivée l'Église fut inondée de lumière, les cloches retentirent d'elles-mêmes, les esprits célestes attachèrent l'image au mur, tandis que nos cœurs ravis d'une ineffable joie éclatèrent d'admiration : Ô Marie, ô trésor incomparable, ô don du Ciel, d'où nous vient-il tant de bonheur de vous posséder au milieu de nous ! Dites-nous les noms des Anges qui vous portèrent dans notre patrie. Ô heureuse contrée, ô Église élue, ô peuple béni, religieux, trop heureux d'être les gardiens de cette source, d'où jailliront sur nous et sur nos descendants les eaux salutaires de la grâce et du salut.

2e point. Il est hors de doute que les Anges qui accompagnèrent cette Image ravissante de l'Albanie vers Génazzano, ne soient souvent venus se prosterner invisiblement pour honorer et invoquer Marie. Si Dieu dans sa bonté daigna nous ouvrir les yeux, quelles phalanges de Chérubins et de Séraphins nous verrions inclinées et ravie devant cette sainte Image ! Par la joie et la consolation intérieure qui attendrissent nos âmes, pendant que nous entourons ici cet autel, ne participons-nous pas à l'allégresse laquelle animait jadis les habitants de Génazzano lorsqu'ils virent pour la première fois cette image ? Ne nous semble-t-il pas en ce moment entendre retentir dans Ce sanctuaire les hymnes des Anges ? Ô Marie, ô Marie ! périssent tous les trésors matériels pourvu que nous vous conservions au milieu de nous dans cette église, sur cet autel. Les Anges qui vous tiennent compagnie dans ce sanctuaire sont les gardiens de nos âmes, vos mains répandent sur nous des grâces abondantes, et de vos lèvres nous cueillons les conseils les plus sages. Mille grâces, mille louanges vous soient rendues, ô Marie, couvrez-nous toujours de votre manteau royal. Dorénavant nous voulons être entièrement à vous, et, au moment de notre trépas, nous espérons pouvoir exhaler notre âme à vos pieds. Animés de cet espoir nous vous disons :
Je vous salue, Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Anselme, Archevêque de Cantorbery.
(Ex oral, quae est 51)


Ô Marie, ô Marie, vous êtes cette grande Vierge, cette grande Reine, que mon cœur veut aimer. Ma langue veut faire retentir vos louanges, mon esprit veut vous honorer, et mon âme veut vous adresser ses supplications. Vous êtes la Reine des Anges et la Souveraine de toute la terre. Je vous en supplie de toutes les forces de mon esprit : écoutez-moi, ô Souveraine, faites-moi grâce, aidez-moi de votre toute puissance. Ô Marie, espoir de la vie, chemin du salut, moyen de réconciliation, pays de la paix universelle, temple de la vie et du salut de tous, car c'est vous qui avez révélé et enfanté le Sauveur de l'humanité ; Ô Vierge bénie et mille fois bénie, belle et aimable Vierge ! pourquoi vous refuserais-je les inclinations de mon cœur ? Attendez un instant, ô Marie, afin qu'une âme qui vous cherche et vous désire puisse vous trouver. Ô grande Reine, vous êtes la mère de la justification et des justes, de la pacification et des pacifiés, du salut et des élus. Ô salutaire confiance ! Ô refuge assuré ! La mère de Dieu est notre mère, la Mère de Celui en qui nous mettons tout notre espoir et que nous craignons tous est aussi notre Mère ! notre Juge est donc notre Frère ! Quelles raisons avons-nous donc de ne pas avoir pleine confiance ? Pourquoi craignons-nous donc puisque notre jugement dépend de notre Frère et d'une si bonne Mère ? De quel amour ne devons-nous donc pas aimer un tel Frère et une telle Mère ? Ah ! bonne Mère, priez pour nous ! obtenez-nous les grâces dont nous avons tant besoin. Priez le Fils pour les enfants, le Fils unique pour les fils d'adoption, le Seigneur pour les esclaves. Ainsi soit-il.


5e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE MOTIF OU LA CAUSE DE LA TRANSLATION DE CETTE IMAGE MIRACULEUSE À GÉNAZZANO.

1er point. Il ne nous est jamais permis d'approfondir les décrets adorables et souverainement sages de Dieu, vu que notre raison est trop limitée pour comprendre ces mystères ; mieux vaudrait nous prosterner et nous écrier avec l'Apôtre dans les sentiments d'une profonde adoration : Ô profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! que ses jugements sont incompréhensibles, et ses voies impénétrables ! (Rom. XI, 33) Si alors le motif d'un événement merveilleux parait clair, évident, nous devons le considérer, l'examiner et tâcher d'en retirer quelque profit spirituel. Aujourd'hui donc efforçons-nous d'approfondir ce saint mystère. La raison principale pour laquelle l'image sainte de N. D. de Bon Conseil abandonna l'Albanie et vint à Génazzano n'était pas seulement la bonté et la miséricorde de Marie, mais encore les mérites de la bienheureuse Petruccia, la gloire et l'honneur du tiers-ordre qu'elle avait embrassé. Les principaux historiens de cette époque en font le plus grand éloge, comme nous l'avons déjà dit au Chapitre second de la première Partie de cette histoire. Elle était choisie de Dieu pour attirer en cette contrée le grand trésor de cette image miraculeuse. Ravie en extase elle avait contemplé la dévastation de l'Albanie et le départ prochain de cette précieuse image. D'une grande pureté, consacrée à Dieu dès sa naissance elle adressait de ferventes prières à la Reine des Vierges pour qu'Elle daignât venir séjourner à Génazzano, sa patrie. Les larmes, les prières, les gémissements de cette âme si pure procurèrent ce grand bonheur à ces contrées, à toute l'Italie et à tant de peuples. Guidée par une inspiration divine, elle bâtit une Église en l'honneur de la Reine des Cieux. Elle prédit sa glorieuse arrivée ; et, humblement prosternée devant l'autel, elle eut le bonheur d'être la première à contempler cette image, de la recevoir, de la saluer et de la vénérer. Ah ! combien est agréable à Marie l'odeur du lis de la virginité ! Quelle sainte violence, quelle force invisible n'exercent pas sur le cœur de Marie et sur celui de son divin Fils les vierges consacrées par le vœu de chasteté. Ô Marie les vertus et la pureté de cette bienheureuse fille de Saint Augustin vous forcèrent de quitter l'Albanie, pour le salut de nos âmes et afin de les enrichir, à la vue de votre sainte Image, par des faveurs célestes.

2e point. Voilà une ample matière pour la méditation de ce jour. Une vie pure, un grand détachement de tout amour désordonné, c'est là l'unique moyen de nous rendre Marie favorable et de pouvoir aspirer au bonheur de la recevoir dans nos cœurs. La mortification des sens, la fuite des créatures, la prière, l'amour de la solitude, la pénitence, qui sont autant de moyens pour conserver intact le lis de la virginité ; la sainte pureté, la sainteté dans tous les états, sont les vertus qui plaisent surtout à Marie, qui la forcent à venir au milieu de nous, à s'intéresser à notre cause, et à exaucer avec une bonté vraiment maternelle nos prières et nos demandes. Par ces mêmes vertus la vierge Petruccia réussit à attirer l'Image Sainte de N. D. de Bon Conseil, et par la pratique de ces vertus nous devons nous efforcer de conserver ce trésor ; mais hélas ! ô puissante Reine, ô sainte Mère de Bon Conseil où trouverons-nous ces âmes qui ont conservé l'innocence baptismale ? où croît encore le lis intact blanc et argentin de la pureté virginale ? où est le cœur orné des vertus éclatantes qui firent de l'âme de Petruccia un jardin de délices ? Tous nous souhaitons certainement de vous posséder dans nos cœurs ; que vous daigniez nous recevoir au nombre de vos enfants chéris ; mais où se trouve la sainteté, le zèle que nous devrions montrer pour être considérés comme vos enfants ? Ah ! que notre aveuglement est déplorable ; nous désirons recevoir les faveurs de Marie et nous refusons de mener une vie pure et angélique pour plaire à Marie ! ô douce, pure, et bienveillante Mère Marie, voyez-nous, en ce moment, à vos pieds, couverts de honte et de confusion. Vous seule, êtes assez puissante pour nous obtenir, de votre divin Époux, l'Esprit saint, le don de chasteté et de sainteté. Prosternés devant votre sainte Image nous vous prions humblement de nous obtenir ces grâces : à cette intention nous vous disons avec l'Ange Gabriel :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme le premier jour.


PRIÈRE de St. Jean Damascène.
(Ex hom. 1. in Dormit. B. M. V.)


Nous voici, ô grande Reine, et Mère de Dieu, agenouillés devant vous : nous nous confions à vous comme à une ancre sure d'espérance ; notre âme, notre esprit, notre corps, tout ce que nous possédons, nous vous le consacrons. Nous désirons de toutes nos forces vous honorer et vous louer. Nous savons bien que toutes nos louanges ne peuvent égaler vos mérites, daignez cependant, ô grande Reine et Mère de N. S. Jésus-Christ, nous regarder avec bienveillance et exciter en nous les sentiments que vous désirez de nous. Domptez le violent orage de nos passions déréglées, pour, après avoir calmé la mer, nous conduire au port de la volonté divine, et à l'entrée de la bienheureuse éternité : là nous nous réjouirons dans la lumière du Verbe incarné, votre Fils Jésus-Christ à qui soit, en même temps qu'au Père et au Saint-Esprit, tout honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


6e Jour. CONSIDÉRATION SUR LES PRINCIPAUX MIRACLES OPÉRÉS PAR N. D. DB BON CONSEIL À GENAZZANO.

1er point. Quel sujet d'admiration, quel sujet de joie et de confiance de considérer les nombreux miracles opérés par cette image merveilleuse dès son arrivée à Génazzano. Dans l'espace de trois mois et de dix-sept jours on en a compté cent cinquante-neuf. Quel spectacle ravissant de voir le grand nombre de fidèles, qui arrivaient non-seulement des contrées voisines, mais même des pays lointains : on y rencontrait des aveugles, des sourds, des muets, des paralytiques, des malades de toute espèce ; tous y venaient avec le ferme espoir de recouvrer la santé par l'intercession de N. D de Bon Conseil. Quel ne fut pas leur étonnement, quand, à peine entrés dans le sanctuaire, les aveugles recouvraient la vue, les sourds l'ouïe, les muets la parole, les boiteux la marche, les malades la santé ! Chose plus admirable encore plusieurs morts furent rendus à la vie par l'intercession de Marie. Quelles merveilles, quels miracles ! que de larmes de tendresse et de reconnaissance ne versaient pas les assistants quand ils entendaient de toutes parts retentir ces accents : Nous vous remercions, ô Marie, parce que vous nous avez rendu la santé ; d'autres comme ravis hors d'eux-mêmes : ô Marie que vous êtes belle, que vous êtes bonne, que vous êtes miséricordieuse ! Au simple aspect de votre image, l'âme recouvre la paix et la tranquillité, et le corps usé par les maladies les plus invétérées et les plus douloureuses éprouve une guérison subite et complète ! D'autres encore les yeux mouillés de larmes : par votre intercession ô Marie, nous vous quittons guéris et en parfaite santé, mais notre cœur restera en ce sanctuaire, déposé sur votre autel ; à notre retour nous annoncerons partout qu'à Génazzano se trouve une source inépuisable de bénédiction et de grâces : N. D. de Bon Conseil ; Ô habitants privilégiés, nous portons envie au bonheur dont vous jouissez de pouvoir l'approcher de si près et de l'invoquer à tout moment !

2e point. Grande était la satisfaction d'apprendre que cette source était inépuisable en bienfaits et en merveilles. Les miracles ne se bornaient pas aux personnes qui visitaient Génazzano ; il suffisait d'avoir une copie de l'image pour en éprouver les salutaires effets. Si, après avoir admiré les merveilles opérées dans l'ordre naturel, nous nous élevons à l'ordre surnaturel nous serons étonnés du grand nombre d'âmes aveugles et malheureuses par suite du péché, qui ont recouvré la lumière et le bonheur à la simple vue des copies de cette image de N. D. de Bon Conseil ! Grand nombre d'âmes sourdes et insensibles aux inspirations divines sont rentrées en elles-mêmes et ont obtenu l'usage de l'entendement ! Grand nombre d'âmes que Satan tenait enchaînées ont été rendues à la liberté par la vertu de cette image miraculeuse. Que d'âmes mortes à la grâce et déjà réduites à un état fétide, comme autrefois Lazare, en invoquant son secours, ont été rappelées à une vie nouvelle et sainte. Que d'âmes qui se trainaient sur la route de la perdition doivent à l'intercession de N. D. de Bon Conseil, la grâce de marcher d'un pas ferme dans la vertu et la perfection !... Voilà les grâces précieuses qui nous sont figurées par les miracles visibles opérés par cette sainte image. Ô très-sainte et très-aimable Mère de Bon Conseil, nous Vous remercions de tout cœur ; nous vous prions de vouloir bien veiller sur nos intérêts spirituels et temporels. Nous nourrissons une confiance sans bornes en votre puissante intercession ; mais, nous en sommes persuadés, plus étendu encore est votre amour et votre tendresse maternelle à notre égard. Animés par une confiance toute filiale nous vous invoquons par ces belles paroles :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Germain, patriarche de Constantinople.
(Ex serin. Deipar. praesent. in Templo.)


Ô grande Mère de Dieu et épouse du Très-Haut, ô ma Reine, vous êtes, après Dieu, ma seule consolation dans mes souffrances, mon soulagement dans mes aridités, ma lumière dans les ténèbres, ma conductrice dans les dangers, mon soutien dans mes faiblesses, mon vêlement dans ma nudité, ma richesse dans ma misère, le baume de mes plaies. — Vous êtes mon soulagement dans mes plaintes, ma force dans mes craintes, mon salut dans mes liens, l'espoir de mon salut. — Je vous en supplie, daignez écouter mes prières, séchez mes larmes, ayez pitié de moi... Inclinez une oreille propice à mes supplications, et accédez à mes désirs, qui tendent tous à être admis un jour dans la demeure des bienheureux. Soyez ma conductrice, Ô ma Reine, mon refuge, ma vie, mon secours, mon espoir et mon salut. Obtenez-moi la grâce de participer un jour à l'ineffable joie de votre Fils. Je sais, qu'étant sa mère, vous en avez le pouvoir, et que tels sont aussi vos voeux. Ne permettez pas, ô Sainte Vierge, que je sois trompé dans mon attente, mais faites que cela arrive par votre Fils, à qui soient, avec le Père éternel et le Saint-Esprit, tout honneur et gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


7e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE TITRE MYSTÉRIEUX DE N. D. DU PARADIS, DONNÉ À CETTE IMAGE, DÈS SON APPARITION À GÉNAZZANO.


1er point. Lors de son apparition à Génazzano le titre mystérieux de cette belle et vénérable image était : l'Image de Marie du Paradis : ce titre lui convenait de droit. Quand les fidèles virent pour la première fois apparaître à l'improviste cette sainte et ravissante image, annoncée par la sonnerie spontanée des cloches, entourée de rayons célestes et répandant une odeur suave, ils durent s'imaginer qu'elle descendait du ciel sur les ailes des chérubins et que la Reine du Paradis elle-même leur envoya ce trésor pour la sanctification des âmes, et pour en gratifier l'ordre de St. Augustin, qui existait depuis onze cents ans à Génazzano. De là le titre de N. D. du Paradis sous lequel elle était honorée. De quelle joie pure mon cœur se sent comblé en considérant le titre mystérieux de N. D. du Paradis ? Les Docteurs de l'Église, les saints Pères se sont souvent servis de ce titre de Marie du Paradis. Richard de S. Laurent appelle Marie, Paradis de délices, parce que les bienheureux du ciel trouvent en Marie, après Dieu, leurs plus grandes délices. L'abbé Rupert la nomme le Paradis du repos divin parce que tonte la sainte Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit reposent en elle et y éprouvent une joie indicible. Les docteurs de l'Église et les Saints la saluent par le titre de Paradis de nos âmes, parce qu'après Dieu, Marie est notre consolatrice et la cause de notre bonheur céleste. S. Grégoire de Nicomédie s'écrie dans un saint ravissement : Ô beauté qui l'emporte sur toutes les autres beautés ! ô Mère de Dieu que nous pouvons nommer la glorieuse, au-dessus de tout ce qui mérite le nom de gloire ! Autant de bienfaits et de grâces que nous rappelle ce titre de Marie du Paradis et dont l'aspect de cette sainte image doit réveiller la mémoire en nous.

2e point. Voici une seconde raison pour quoi cette image porte le titre de Marie du Paradis. Ne semble-t-il pas, quand on la considère attentivement, que son air virginal nous donne déjà un avant-goût du Paradis ? Contemplons ces yeux si clairs qui, tantôt comme ravis en extase se fixent rayonnants sur son enfant adorable, tantôt nous regardent avec attendrissement comme intercédant pour nous auprès de son divin Fils ? Quelle aménité, quelle douceur, quelle sainteté, quelle chasteté céleste ne reluisent pas sur cette figure resplendissante de pureté angélique ? Considérons avec une attention respectueuse cette figure virginale, qu'il n'a jamais été au pouvoir de l'artiste de rendre fidèlement, parce que ces traits paraissent plutôt tracés par un ange que par un homme. Cette face nous retrace la majesté, la grandeur, l'aménité, l'amour, la sainteté et la douceur du Paradis. Ô beauté aimable, ô figure du Paradis, ô très sainte, très chaste Mère du Fils unique de Dieu, Marie du Paradis, vous êtes remplie d'une joie toute céleste et nous vous honorons comme le Paradis spirituel de nos âmes. Entre vos mains nous avons remis l'affaire de notre salut, rien ne sera capable d'ébranler notre confiance. Nous attendons de vous toute espèce de faveurs spirituelles. Vous êtes Marie du Paradis, et Marie de Bon Conseil ; comme Mère de Bon Conseil, fournissez-nous une ample matière à méditation pour le jour suivant ; comme Marie du Paradis, excitez-nous à vous aimer, à vous honorer, et à vous invoquer de cœur et de bouche :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme le premier jour.


PRIÈRE de St. Anselme, Évêque de Lucques.
(Ex med. Sup. Salve Regina.)


Ô chère Dame, vous êtes véritablement la Reine de miséricorde. Quand je vous contemple, je ne vois en vous que bonté ; c'est par amour pour les malheureux que vous êtes devenue la Mère de Dieu et que vous avez enfanté la miséricorde elle-même. Vous ne respirez que la miséricorde, et vous n'avez d'autre désir que de faire miséricorde. Qui est ce donc qui n'obtiendra pas de vous ce qu'il demande ? Ceux-là seulement qui ne savent pas eux-mêmes qu'ils sont malheureux. Qu'ainsi votre règne de miséricorde nous arrive, nous qui reconnaissons que nous sommes malheureux. Soyez à l'avenir notre vie ; une vie spirituelle qui entretient la vie de l'âme ; une vie qui chasse la mort, et qui rend les mortels, immortels. Ô chère, ô désirée, ô douce vie!... Mais puisque vous êtes ma vie, pourquoi ne vis-je donc pas entière ment pour vous ? Ô Dame de bonté, votre seule pensée fait déborder mon cœur de consolation ! C'est pourquoi, courbé sous le poids des maux, éloigné de la patrie céleste, privé de grâce, sevré de toute consolation maternelle, nous élevons nos voix vers vous ; car vous êtes notre Mère, notre secours, qui n'abandonne personne ; reprenez-nous parmi vos enfants, quoique nous vous ayons quittée, attirez-nous par vos charmes, et nourrissez-nous du lait de vos bienfaits... Malgré que nous soyons indignes de jouir de vos embrassements maternels, nous n'en avons pas moins de confiance en votre bonté, et nous espérons par là pouvoir en jouir. Eh qui ne désirerait pas d'aller vers vous, qui êtes pour tous, la protectrice, le trésor, la bonté même, vous, miroir de vertu, modèle de Sainteté, vous êtes affable et aimable envers tous. Ô Siège de la sagesse, fontaine de la bienveillance, rayon de la divinité, nous, accablés de péchés et entourés de misères, nous crions, nous gémissons vers vous. Vous êtes notre médiatrice, vous devez donc nous secourir ; montrez-nous donc, après cet exil, Jésus, le fruit béni de vos entrailles. Ô Dame, vous êtes secourable aux malheureux, bienveillante envers les suppliants, miséricordieuse envers les repentants, pleine de douceur à l'égard de ceux qui vous aiment. O clemens, o pia, o dulcis virgo Maria. Ainsi soit-il.


8e Jour. CONSIDÉRATION SUR LE TITRE MYSTÉRIEUX DE N. D. DE BON CONSEIL SOUS LEQUEL EST VÉNÉRÉE ACTUELLEMENT LA SAINTE IMAGE.

1er point. Sainte Mère du Bon Conseil, c'est le titre sous lequel nous vénérons et invoquons l'Image de la Reine des Cieux. On ignore, il est vrai, la raison pourquoi cette Image, nommée d'abord la Vierge du Paradis, a reçu plus tard le nom de N. D. de Bon Conseil. Les révolutions qui ont dévasté la contrée de Génazzano au 15e siècle, sont cause de la perte des documents importants relatifs à ce changement de nom. Le couvent et l'Église des Pères Augustins s'appelaient: la maison, l'Église de N. D. de Bon Conseil (le couvent de la Congrégation du T. S. Rédempteur de Scifelli, dans les États romains porte aussi le nom de maison de N. D. de Bon Conseil). Ainsi il est permis de croire que la Sainte Vierge a voulu être honorée sous ce nom d'une manière spéciale dans ce sanctuaire. Il est certain que les Pères de l'Église grecque ont donné ce titre à Marie. S. Cyrille, évêque d'Alexandrie, l'affectionnait tout particulièrement. En 430 il présidait au nom du Pape Célestin le troisième concile œcuménique, composé de 200 évêques, réunis à Éphèse pour condamner la doctrine impie et sacrilège de Nestorius. Dans son allocution il nomme Marie la très sage Conseillère de l'Église ; de même, dit il, que son divin Fils est le conseiller pour tous ceux qu'il a racheté. De droit donc, nous pouvons ajouter ce titre à celui de Marie du Paradis, car qui pourra entrer dans cette patrie céleste que celui dont la vie a été innocente, pure ou pénitente. De qui, sinon de N. D. de Bon Conseil recevrons-nous le saint et puissant conseil capable de nous déterminer à mener une vie vraiment chrétienne, et à avancer dans la voie étroite de la perfection ? Les docteurs de l'Église et les saints Pères l'appellent tantôt la Conseillère des Apôtres, tantôt la Conseillère des ignorants, dans un autre endroit Conseillère universelle, puis encore Conseillère capable de nous aider dans toutes les nécessités particulières. Que nos cœurs donc s'excitent à vénérer cette sainte image sous le titre de Notre Dame de Bon Conseil et à placer en Elle toute notre confiance.

2e point. Si nous considérons combien souvent nous avons abusé des conseils de notre bonne Mère, nous trouverons bien des motifs pour répandre des larmes amères. Que de fois notre bonne Mère ne nous adressa-t-elle pas ces doux reproches « Mon enfant, relevez-vous ; changez votre manière de vivre, retournez, le cœur contrit, à mon Fils ; n'abusez pas plus longtemps de sa miséricorde, brisez vos chaînes ; profitez de ce vent favorable qui vous pousse vers le port de la bienheureuse éternité ; ne tardez plus à prêter l'oreille à mes exhortations et à mes conseils. » Que de fois, quand on découvrit cette sainte Image et que nous la considérions, nous avons entendu une voix intérieure nous dire : rompez les chaînes de votre cou, ô fille de Sion captive depuis si longtemps. Mon fils que vous êtes à plaindre ; débarrassez-vous de ces chaînes, qui vous ont pesé si lourdement ; quittez ces occupations dangereuses qui n'ont été que trop longtemps un empêchement pour vous donner tout à Dieu ; suivez enfin mon  conseil et ne méprisez plus la parole de votre Mère. »
Comment notre cœur a-t-il répondu à cette bienveillante invitation. Quel profit avons-nous tiré de ces exhortations salutaires ? Avons-nous prêté l'oreille à notre Conseillère céleste ? Hélas ! couvrons-nous la face pour cacher notre honte et notre confusion. Ô Marie ! jusqu'ici nous n'avons été que trop ingrats pour tous vos bienfaits ; mais nous avons du repentir de notre conduite passée, nous faisons le ferme propos de nous améliorer et de suivre en fout votre Conseil, ô Mère de Bon Conseil, et pour obtenir ces grâces nous vous disons :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Idelphonse, archevêque de Tolède.
(Ex lib. de Virgin. Maria;. Cap. 12.)


Ô Sainte Vierge, Mère de Dieu, et coopératrice de son incarnation, je viens me jeter à vos pieds et vous supplier de m'obtenir le pardon de mes péchés. Purifiez-moi de plus en plus de mes souillures, pour que je puisse aimer plus ardemment votre glorieuse puissance. Je vous prie de me faire mieux apprécier la bonté de votre divin fils, afin que je persévère inébranlablement à croire en lui. Ah ! puissé-je partout et toujours adorer le pouvoir suprême de mon Dieu et le vôtre, puissé-je toujours servir Dieu et vous, Dieu, comme mon créateur, et vous, comme sa mère, Dieu, comme mon sauveur, et vous comme sa coopératrice à cette délivrance, parce que l'humanité, par laquelle il a opéré mon salut, a été formée dans votre sein virginal. Celui qui est devenu mon Sauveur est votre Fils ; je suis dès lors votre serviteur, puisque votre Fils est mou Seigneur. Ah ! Sainte Vierge, je vous en prie, accordez-moi d'aimer Jésus avec les sentiments dans lesquels vous l'avez conçu, avec le même esprit, dans lequel vous l'avez conçu dans votre chaste sein, et d'arriver à la connaissance de Jésus, avec la même foi dans laquelle vous l'avez connu, conçu et enfanté. Ainsi soit-il !


9e Jour. CONSIDÉRATION SUR LA DÉVOTION ET LA CONFIANCE QUE NOUS DEVONS AVOIR DANS L'IMAGE MIRACULEUSE DE N. D. DE BON CONSEIL.

1er point. La raison et le devoir demandent que la reconnaissance égale le nombre et la grandeur des bienfaits. Marie nous aurait-elle pu procurer un plus grand bienfait que celui de nous avoir envoyé son image ! Ô Image sainte ! qui nous a été apportée de contrées si lointaines ! ô Image sainte ! qui est arrivée dans ce sanctuaire au milieu de tant de merveilles ! Ô Image sainte ! en vous contemplant nous nous sentons forcés de nous écrier : Ô bonne Mère, ô trésor du Paradis ! nous devons vous témoigner notre reconnaissance par nos fréquentes visites, par nos hommages continuels, et par la confiance à vous de mander conseil dans toutes nos entreprises. Souvent vous nous verrez prosternés à vos pieds, chaque samedi nous apporterons une offrande pour l'ornement de votre autel. Aurions-nous le malheur de manquer à nos promesses, nous mériterions que les prières faites dans ce sanctuaire s'élevassent contre nous ; que les tombes des religieux s'ouvrissent ; que les fidèles témoins de votre arrivée, que tous les hommes illustres et les souverains Pontifes qui sont venus en pèlerinage nu-pieds, des contrées les plus lointaines, se constituassent nos accusateurs pour nous reprocher notre ingratitude. Même nous mériterions que les saints Anges, qui sont préposés à la garde de votre sanctuaire, nous adressent ces amères paroles : « Ingrats, est-ce ainsi que vous répondez aux bienfaits de Dieu ? Ingrats, avez-vous témoigné votre reconnaissance à la Mère de Bon Conseil ! » Marie elle-même ne se verrait-elle pas obligée de nous dire : « Si vous me nommez votre Mère et voire Reine, où est l'honneur que vous me témoignez, où sont les marques de votre reconnaissance. » Nous nous exposons sans doute à de plus amers reproches si nous restons insensibles à un si insigne bienfait. (Voir la note qui suit cette méditation)

2e point. Esprits célestes qui entourez ce saint autel, indiquez-nous quelle doit être notre gratitude ? Pas simplement une gratitude de paroles mais de laits : pas une gratitude se bornant aux sentiments mais, passant aux œuvres ; pas une gratitude de pensées, mais une gratitude bien sentie ; un ferme propos de ne plus offenser son divin Fils, et de nous adonner, par amour pour Marie, à la pratique des plus héroïques vertus. De cette manière nous devons témoigner à Marie notre reconnaissance de ce qu'elle a bien voulu quitter l'Albanie et établir sa résidence au milieu de nous. L'ingratitude des Albaniens a forcé Marie de les abandonner ; abandon qu'ils déplorent encore et qui leur fait verser des larmes bien amères. Peut-être en vue de notre peu de reconnaissance et de notre indifférence, Marie nous quittera un jour? Ô Marie notre bonne Mère ! notre céleste Conseillère ne nous abandonnez pas ! il est vrai nous l'avons mérité par notre inconduite, mais nous vous promettons de témoigner plus d'amour et de vénération pour votre Sainte Image. Les yeux continuellement fixés sur vous, nous disons de tout cœur :
Je vous salue Marie, etc. neuf fois comme au premier jour.


PRIÈRE de St. Anselme, Archevêque de Cantorbery.
(Ex lib. Orat. quae est 50.)


Ô Vierge, honorée par la Chrétienté comme la bonne mère du genre humain ; Porte merveilleuse des esprits angéliques, très sainte Marie, moi, pauvre pécheur, je prends mon recours à votre miséricorde. Votre bon Fils convie les pécheurs à la pénitence ; et vous, sa bonne Mère, pourriez-vous repousser le pécheur ? Votre cher Fils est venu chercher le pécheur égaré, et vous, sa bonne Mère, pourriez-vous éloigner de vous le pécheur suppliant ? Ah ! pauvre pécheur, je reconnais ma faute, je suis incliné ici en présence de votre divin Fils et de Vous, la meilleure des Mères. — Ô cher Jésus, pardonnez au serviteur de serviteur de votre Mère ; ô bonne Mère, pardonnez au serviteur de votre Fils. Bon et divin Fils, apaisez votre Mère en faveur de votre serviteur ; bonne Mère réconciliez votre serviteur avec votre Fils ; placé entre ces deux affections je ne saurais succomber devant votre terrible rigueur. Ô bon Fils, ô bonne Mère, que la connaissance d'une si grande vérité ne me soit pas inutile, et que mon espoir ne soit pas déçu : j'aime la vérité, voilà pourquoi je la confesse ouvertement. — Dites-moi, Juge du monde, si Vous ne me pardonnez point, à qui accorderez-vous pardon ; dites-moi, Réconciliatrice de la terre, si vous ne me réconciliez pas avec votre Fils, qui réconcilierez-vous avec lui ? Ah ! Seigneur, si vous me condamnez ; ah ! Mère, si vous n'aidez pas un malheureux, qui fait un appel à votre bonté, et confesse sincèrement ses péchés, dites-moi donc, ô Jésus, qui sauverez-vous, dites-moi, ô Marie, de qui prendrez-vous la défense ? Serait-il possible, ô Jésus, que par votre ordre, ô Marie, que de votre consentement, un pécheur, qui reconnaît sa faute, soit condamné aux flammes éternelles ? Oh non, vous m'exaucerez. Eloignez vos regards de mes péchés, et rappelez-vous vos miséricordes. À cause de l'amour, dont vous abondez, et de la force, que vous possédez, je vous en supplie, affranchissez-moi des châtiments que j'ai mérités par mes péchés et aidez-moi à entrer, un jour, dans la joie éternelle du ciel. Ainsi soit-il.

À la fin de cette Neuvaine, on récite le cantique « Nous vous louons » ; et on la clôture par une bonne œuvre en l'honneur de Marie.



HYMNE DE RECONNAISSANCE envers Marie,

imitée du Te Deum par St. Bonaventure



Nous vous louons, ô Mère de Dieu.
Nous célébrons ô Marie ! votre Virginité très-sainte.
Toute la terre vous vénère, épouse du père Éternel ;
Tous les Anges et les Archanges, les Trônes et les Principautés vous servent avec fidélité.
Les Puissances, et les Vertus, les cieux des cieux et les Dominations obéissent à vos ordres.
Les Chérubins et les Séraphins sont devant votre trône dans des transports de joie.
Tous les Chœurs réunis des Esprits célestes ne cessent de répéter à l'envi :
Sainte ! Sainte ! Sainte ! est Marie Mère de Dieu ! Mère et toujours Vierge.
Les Cieux et la terre sont remplis de la glorieuse majesté du fruit de votre sein.
Le Chœur triomphant des Apôtres publie que vous êtes la Mère du Créateur.
La troupe brillante des martyrs vous glorifie comme Mère du Sauveur.
La glorieuse assemblée des Confesseurs vous nomme le Temple de l'Adorable Trinité.
Le chœur aimable des Vierges vous proclame le modèle de la Virginité et de l'humilité.
Toute la cour céleste vous invoque et vous révère comme sa Reine.
Dans tout l'univers l'Église et vous invoque et vous honore comme la Mère de la Majesté divine.
Vous êtes la vénérable et vraie Mère du roi des cieux, Mère sainte, douce et miséricordieuse.
Vous êtes la Souveraine des Anges et la porte du paradis :
L'Échelle mystérieuse du ciel, le trône de gloire, l'arche de clémence et de grâce.
Vous êtes la source de la miséricorde, la Mère et l'Épouse du Roi des siècles.
Vous êtes le temple et le sanctuaire de l'Esprit-Saint, le tabernacle de l'adorable Trinité.
Vous êtes la médiatrice entre Dieu et les hommes, la mère aimante des mortels.
Vous êtes le bouclier des agonisants, l'avocate des pauvres, la consolatrice et le refuge des pécheurs.
Vous êtes la dispensatrice des dons célestes, la terreur des démons et des superbes.
Vous êtes la souveraine du monde, la Reine du ciel, et après Dieu notre unique espérance.
Vous êtes le salut de ceux qui vous invoquent, le port du naufragé, la consolation du malheureux, et le refuge du pécheur prêt à périr.
Vous êtes la Mère de tous les Bienheureux; après Dieu leur joie la plus pure, et l'ineffable consolation de tous les habitants de la céleste Jérusalem.
C'est vous qui animez les justes, vous qui ramenez au bercail les brebis égarées ;
C'est vous qu'ont espérée les patriarches, vous qui vérifiez les oracles des Prophètes;
Vous avez éclairé les apôtres, enseigné les Évangélistes ;
Vous êtes la force des Martyrs, l'exemple des confesseurs, l'honneur et la joie des Vierges.
C'est vous qui pour sauver l'homme exilé du ciel, avez reçu dans votre sein le Fils de l’Éternel.
Par vous l'antique ennemi a été vaincu et le royaume des cieux a été ouvert aux Fidèles.
Vous siégez avec votre Fils à la droite du Tout-puissant :
Ô Vierge Marie ! Priez-le pour nous qui devons comparaître devant son tribunal.
Nous vous en prions, Venez au secours de vos serviteurs rachetés au prix du sang de votre divin Fils.
Obtenez-nous, ô Vierge Clémente ! d'être un jour associés à la gloire des élus.
Sauvez votre peuple, ô aimable Souveraine ! et faites que nous ayons part à l'héritage de votre Fils.
Étendez votre sceptre sur nous et conservez-nous pour la vie éternelle.
Chaque jour ô Mère ! nous vous saluons; et nous désirons vous louer jusque dans l'éternité.
Daignez ô douce Marie ! nous conserver maintenant et toujours, purs de tout péché.
Ayez pitié de nous, ô tendre Mère ! ayez pitié de nous.
Que votre miséricorde s'étende toute entière sur nous, parce qu'en vous ô Vierge Marie ! est toute notre confiance.
Par vous nous espérons tout obtenir, et arriver à la vie éternelle.
À Vous, ô Mère de Dieu ! soit toute louange, tout empire, toute puissance et toute gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.



ANNOTATION

La Providence divine est admirable, impénétrables sont ses décrets. Ce n'est nullement, par hasard qu'un lieu où Marie était autrefois vénérée d'une manière toute particulière est devenu la propriété des religieux appartenant à une Congrégation que, Dieu semble avoir prédestinée pour vivifier dans notre siècle de corruption, la foi par la dévotion à Notre Dame. Un Sanctuaire dédié à S. Alphonse Marie de Liguori, ce grand serviteur de la Sainte Vierge, s'élève sur l'emplacement appartenant avant la grande révolution française aux Carmélites anglaises, qui actuellement sont établies à Cornwall en Angleterre. Les archives de ce couvent portent : qu'en 1619 une noble dame d'origine anglaise ayant nom Mary Lowel, fille du noble lord Roper, baron de Fegnham, fonda un couvent à Anvers, sur la place Hopland. La première supérieure de ce couvent, native de Louvain, se nommait Anne de l'Assomption ; Dieu l'avait désignée lui-même dans un ravissement à Anne de Barthélémy contemporaine et compagne de S. Térèse. La rue Hopland avait été choisie par le P. Thomas de Jésus, pour lors Provincial de l'ordre d'accord avec la première Prieure, qui tous deux avait eu une révélation à ce sujet de la Sainte Vierge elle-même. Le 1 Mai 1619, on y offrit pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe. Un jour que les religieuses firent une procession dans leur couvent en chantant le Regina Coeli, on entendit une voix sortir d'une muraille devant laquelle on passait. On la perça et une grande et belle statue de la Vierge s'y trouvait, que fut placée sur l'autel de la chapelle. Plusieurs personnes attestent y avoir reçu plusieurs faveurs particulières par l'intercession de la Sainte Vierge. À Londres existe une vie de la R. Mère Marie Xavier, qui porte que la S. Vierge lui apparut un jour et la remercia de l'avoir rétablie dans sa propre demeure. Les corps de plusieurs religieuses sont restés intacts après leur mort, et parmi ceux-ci on remarque surtout le corps de la Mère Marguerite des SS. Anges.
L'ouvrage intitulé Antverpia Christo nascens et crescens porte : « Le 21 Juillet 1678 mourut au couvent des Carmélites anglaises, Marie Marguerite des Anges. Elle naquit à Anvers le 12 Novembre 1617 ; son père se nommait Jean Wake, d'une ancienne et noble famille anglaise, sa mère Marie Thorny d'une famille distinguée. Entrée au couvent le 10 Juin 1653, elle fut admise aux voeux le 11 Juillet de l'année suivante. Jusqu'à trois fois elle fut élue prieure, et après avoir mené une vie très édifiante selon la stricte observance de ses Règles et de ses constitutions dans la pratique des plus héroïques vertus, elle mourut le 21 Juin 1678 à l'âge de 61 ans. En 1716, trente huit ans après sa mort, comme on voulait agrandir le lieu servant de sépulture aux religieuses, son corps fut trouvé intact tandis que son habit était consumé. Examen en fut fait en présence de sa Grandeur Pierre Joseph Évêque d'Anvers, et trois médecins dèclarèrent que cette conservation était tout-à-fait contraire aux lois de la nature. D'abord exposé à l'air il fut enfermé dans un cercueil à double clef dont tune fut portée à l'évêché, l'autre gardée au couvent. »
Tel est le récit d'un manuscrit de Marie Josèphe de S. Térèse, Prieure du couvent, dressé le 23 Juillet 1748, que j'ai entre les mains (J. C. Dierckiens. Antv. Christo nasc. et cresc. Tom. VII)
Les Carmélites anglaises au couvent de S. Joseph à Cornwall conservent des archives qui portent : « Lorsqu'en 1793 la révolution française menaçait de s'étendre aussi en Belgique, les religieuses de la rue Hopland se hâtèrent de prendre la route de l'Angleterre, elles voulurent emporter le corps de la Mère Marguerite des Anges, mais les autorités communales s'y opposèrent. »
Les vieillards à Anvers se souviennent encore que, lors de l'invasion française en Belgique, le caveau du couvent des carmélites fut ouvert et exposé à des violations sacrilèges. À cette occasion on transporta le corps de la Mère Marguerite à l'hôtel de ville, où on l'a laissé quelque temps dans un lieu indécent au milieu de ruines. Plus tard il a été transporté au lieu servant de sépulture aux Évêques. En 1842, quand Son Éminence le Cardinal Engelbert archevêque de Malines a fait transférer de la Place verte au caveau épiscopal les restes mortels de sa grandeur l'Évêque Spinosa, son Éminence a examiné les ossements de la Mère Marguerite des Anges, et les a fait enfermer dans un plus précieux cercueil. Voilà ce que nous lisons dans une lettre que le Révérend Monsieur le Doyen J. B. Beeckmans Archiprêtre d'Anvers, écrivit l'an 1846 aux religieuses de Cornwall qui lui avaient demandé quelques éclaircissements sur les restes de leur vénérable sœur.


(Histoire de Notre-Dame de Bon-Conseil)



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