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vendredi 7 février 2025

Le démon entend les pensées - Témoignage 1/4




"Après ma conversion et les premiers exorcismes, le démon m'empêchait de formuler des prières en pensée. Ce fut une des premières luttes. Pourquoi ferait-il ça s'il ne peut entendre les pensées ? J'ai pu expérimenter la véracité de l'enseignement du Père Surin. Aujourd'hui, je formule le chapelet, le grand exorcisme de Léon XIII composé pour les fidèles, etc. en pensée, et le démon réagit comme si je les disais à voix haute. Ce fut une autre bataille de remportée, car il faut une grande confiance en Dieu pour s'abandonner à cette prière silencieuse, intérieure et mentale. On peut en effet croire à tort que sans avoir bougé les lèvres, le devoir n'est pas accompli. C'est faux. J'y récolte même plus de fruits. La confiance, c'est ce que l'on donne à Dieu en dernier, et c'est pourtant le début de la délivrance."


Extrait de Histoire abrégée de la possession des ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin - Première preuve de la vérité de la possession des Ursulines de Loudun, la connaissance de l'intérieur :

Je n’eus pas plutôt commencé le premier exorcisme sur la mère prieure, que je fus pleinement convaincu que les religieuses étaient possédées. Car, parlant à la mère du bien infini que l’âme goûte dans l’oraison et l’union avec Dieu, un démon ne manqua pas aussitôt de se présenter et de m’interrompre en demandant pourquoi j’avais laissé à Marennes tant de bonnes âmes que je cultivais, pour venir m’amuser avec des filles folles. Ensuite il me dit plusieurs particularités secrètes de ces personnes de Marennes, dont la mère prieure ne pouvait avoir aucune connaissance. C’est ce qui m’obligea de tirer de ma poche une lettre que m’avait écrite celle qui m’avait dit à mon départ de Marennes, que Notre Seigneur lui avait fait connaître que j’aurais bien à souffrir dans cet emploi. Montrant donc cette lettre au démon, il dit ; voilà une lettre de ta dévote. Quelle est-elle, repris-je en latin ? Ta Madeleine, dit-il. Je lui dis : quel est son propre nom ? Il entra aussitôt en fureur, et dit : ta Beinet. Cette fille alla depuis demeurer à Bordeaux, et y mourut en odeur de sainteté, estimée de tout le monde comme une personne qui avait beaucoup souffert pour Dieu, et en avait reçu de grandes faveurs, en particulier le don de prophétie. Dans cette première entrevue le démon me dit tant de choses secrètes qui s’étaient passées à Marennes, et dont il n’y avait nulle apparence que la mère fût instruite, que je n’eus aucun doute que cette révélation ne vînt du démon.

Le lendemain il se trouva un homme à l'exorcisme, qui me marqua qu’il eût bien voulu voir si le démon connaissait nos pensées. Je lui dis de lui faire un commandement dans son cœur ; et après qu’il l’eut fait, je pressai le démon de l’accomplir. Il refusa d’abord, comme c’est leur ordinaire ; puis il alla prendre l’Évangile de saint Jean qui était sur l’autel en un carton : et cet homme assura qu’il avait commandé dans son cœur, au diable, de montrer le dernier évangile qui avait été dit à la messe.

Peu après, M. de Nismes étant à l’exorcisme, me pria de faire un commandement au démon dans un latin un peu difficile, pour voir s’il l’entendrait. Le commandement était : Apponc loevam poplitibus meis ; mettez votre main gauche sur mes genoux. Je le fis, et peu après le démon exécuta ce qui avait été ordonné. M. de Nismes fit aussi au démon un commandement intérieur, puis un autre, jusqu’à six dans un instant, les révoquant l’un après l’autre, et tourmentant le démon, en lui disant : Obediat ad mentem ; qu'il obéisse suivant mon intention. Le démon répéta tout haut les six commandements du prélat, disant après chacun : Mais monsieur ne veut pas tous ces six commandements. Au sixième il dit : nous verrons si nous ferons celui auquel il s’est enfin fixé.

Le démon, par une sotte extravagance, menait la mère prieure sous une gouttière, quand il pleuvait ; et comme je savais que c’était sa coutume, je lui faisais un commandement intérieur de me l’amener. Aussitôt elle venait, et il me demandait : que me veux-tu ? Ainsi, il fallait qu’il eût connaissance de mes pensées, même étant fort éloigné de moi.

Il vint un jour beaucoup de nobles pour voir les exorcismes ; et leurs laquais étant au parloir avec une fille séculière, pensionnaire dans ce monastère, et aussi possédée, la prièrent, pour se divertir, de leur dire leurs pensées ; elle le leur promit, pourvu qu’ils lui donnassent quelque chose. Ils lui donnèrent des dragées, et pendant toute l'après-dinée elle leur dit leurs pensées : et tous avouèrent qu’elle avait deviné juste.

Je ne veux pas donner davantage de preuves que les démons connaissent nos pensées les plus secrètes ; quoique durant mon séjour à Loudun, il ne se soit guère passé de jours que je n’en aie eu de semblables, qui m’ont entièrement persuadé que nous n’avons presque rien de caché pour les démons. Plusieurs théologiens soutiennent le contraire ; mais depuis cette expérience je ne saurais être de leur sentiment.
 
 
Reportez-vous à La prière intérieure bloque les pensées parasites - Témoignage le démon entend les pensées suite, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, Des opérations malignes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Quel est le dessein de Satan contre l'Église, qui le veut déposséder ?, Quel est le Dessein de Satan envers celui qu'il possède, Quelles sont les causes dispositives et applicatives du malin esprit au corps de l'Énergumène ?, Quelle est la Qualité précise de cette vexation du malin esprit, Que la Misère est grande de l'homme possédé de Satan, qui livre un combat furieux à son Âme, et donne un tourment extrême à son Corps, Que cette sorte de Communication, en laquelle Satan s'incorpore dedans l'homme, est fréquente, même depuis le Mystère de l'incarnation, Que Satan communique avec l'homme depuis l'état du péché, et jusqu'où arrive cette communication, Les possessions démoniaques sont rares uniquement pour ceux qui ne combattent pas le démon, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les Possédés d'Illfurt : Satan et les fêtes, bals et danses, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les possédés d'Illfurt : Perte du Ciel et peines de l'Enfer, Miracles de Sainte Hildegarde, Pouvoir de Saint François de Sales : Délivrance de Françoise Favre, possédée du Démon, Pouvoir de Saint François de Sales : Délivrance d'Antonie Durand, possédée du Démon, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, et Des fruits merveilleux des Confessions générales au Laus ; délivrance de plusieurs possédés par l'intercession de la très-Sainte Vierge.

  






mardi 23 novembre 2021

COMMUNION SAINTE ENTRE LA TERRE ET LE PURGATOIRE



Soyez par la charité les serviteurs les uns des autres. (Galat.)

Les âmes du Purgatoire en sont sorties plus d'une fois pour protéger ceux qui leur étaient dévoués contre des dangers imminents, les remettre dans le droit chemin, les défendre contre leurs ennemis, les consoler dans leurs afflictions, les guérir même dans leurs maladies, ainsi que l'a rapporté le P. Théophile Raynaud, écrivain connu, pour un fait arrivé de son temps, on peut presque dire sous ses yeux.
À Dôle en Franche-Comté, l'an 1629, Huguette Boy, femme de médiocre condition, était retenue au lit par une fluxion de poitrine qui faisait craindre pour sa vie. Le médecin crut devoir la saigner, et, dans cette opération, il eut la maladresse de lui couper l'artère du bras gauche, ce qui la réduisit promptement à toute extrémité. Le lendemain, à la pointe du jour, elle voit entrer dans sa chambre une jeune fille au maintien le plus modeste, toute vêtue de blanc, qui lui demande si elle consent à accepter ses services et à être soignée par elle. La malade, bien heureuse de cette offre, répond que rien ne lui sera plus agréable, et aussitôt l'étrangère allume le feu, en approche Huguette, la remet doucement dans son lit et continue de veiller. Chose merveilleuse ! au contact de cette main, la mourante se sent guérie. Elle regarde avec plus d'attention son inconnue ; mais celle-ci s'échappe, en disant qu'elle reviendra promptement. L'étonnement, la curiosité de chacun, quand on eut constaté cette guérison subite, furent extrêmes ; on ne parlait que de cela dans la maison, sans que personne pût fournir le moindre renseignement. Le bruit franchit le seuil, et il ne fallut pas beaucoup d'heures pour que tout Dôle en fût instruit.
Le soir venu, voici de nouveau l'inconnue ; mêmes vêtements, même tenue. Seulement, après avoir salué sa protégée, elle lui dit sans détour : « Sachez, ma chère nièce, que je suis votre tante, Léonarde Collin, morte depuis dix-sept années, qui vous ai faite héritière de mon petit bien. Je suis, grâce à la divine miséricorde, dans le lieu du salut ; c'est Marie, la divine Marie, pour laquelle j'ai eu toute ma vie une filiale dévotion, qui m'a obtenu cette faveur, auprès de laquelle toutes les autres ne sont rien. Car je fus surprise par une mort subite, imprévue, ayant sur la conscience un péché mortel et manquant alors de confession. Je devais donc être condamnée aux éternels châtiments, si la très-miséricordieuse Vierge ne m'eût obtenu de son divin Fils un mouvement de contrition parfaite, qui ferma l'enfer sous mes pas, mais sans m'exempter du purgatoire, où je gémis depuis ces dix-sept années. Le Seigneur daigne aujourd'hui me permettre de vous venir trouver sous la conduite de mon ange, pour me placer pendant quarante jours à votre service. Faites-moi maintenant la charité d'accomplir pour moi trois pèlerinages aux sanctuaires de Notre-Dame que je vais vous nommer ; et à la fin de ce temps, j'entrerai dans la gloire éternelle. »
La nièce n'ajoutait qu'une foi douteuse à ce récit, redoutant de la part du démon quelque piège. Elle consulta son confesseur, le P. Antoine Rolland, jésuite, qui l'engagea à menacer l'apparition des exorcismes de l'Église, ce qui forcerait, au cas d'une embûche, l'ennemi du genre humain à se découvrir. La défunte, à cette menace, répondit tranquillement qu'elle ne redoutait point les prières de l'Église, qui n'ont de force que contre les démons et les damnés, et non point contre des âmes prédestinées comme elle et en grâce avec DIEU. La malade, qui n'était pas encore convaincue, insista. « Comment se peut-il faire, lui dit-elle, que vous soyez ma tante Léonarde, puisque je me rappelle fort bien qu'elle était de son vivant une vieille toute cassée, toute ridée, et que vous êtes, vous, une belle jeune fille, qui semble à peine avoir atteint la fleur de l'adolescence ? De plus, elle était quinteuse, désagréable, ne pouvant endurer la moindre contrariété : et vous vous montrez douce, pacifique, courtoise, pleine de patience et de charité ? — Vous devez savoir, ma fille, répondit Léonarde, que ce que vous voyez ici n'est point mon corps, qui gît dans le sépulcre et qui y restera jusqu'à la résurrection, mais un autre formé miraculeusement de l'air, pour vous pouvoir parler et obtenir vos suffrages, de vous qui possédez mon bien. Et quant à mon caractère bilieux et colérique, ah ! ma fille, que dix-sept années de purgatoire sont bonnes à enseigner la patience, la réserve et la douceur ! La grâce nous a, d'ailleurs, confirmés dans le bien, et nous ne saurions plus avoir de vice, une fois que nous sommes marqués au sceau des élus. »
l'incrédulité, avec de telles explications, n'était plus possible. La nièce, la fois émerveillée et reconnaissante, accepta avec bonheur les services qui lui étaient rendus, pendant les quarante jours marqués. La défunte venait à certaines heures, et disparaissait ensuite. Dans cet intervalle, elle révéla à la malade bien des choses sur l'autre vie, et du reste ne parla jamais à personne qu'à elle, elle seule aussi, la pouvait voir. Quand Huguette put se lever, elle fit les pèlerinages qu'on lui avait demandés, et s'en acquitta avec un vrai sentiment de gratitude et de joie ; Au bout de ce temps, les apparitions cessèrent, et aussi les tourments de Léonarde, qui se fit voir une dernière fois à sa nièce pour l'assurer que l'heure de son triomphe avait sonné. Elle étincelait comme une étoile au ciel, et son visage respirait la plus parfaite béatitude. Elle lui parla de sa reconnaissance à son tour, lui promit de prier pour elle, pour toute sa famille, pour ceux qui lui étaient chers, et l'engagea à se souvenir toujours, au milieu des difficultés de la vie, du but suprême auquel nous tendons tous, et dont rien ne doit nous détourner. (V. Théph. Raynaud, Heteroct. Spir., 2 p., sect. lll, 5e point)

(Les Merveilles Divines dans les Âmes du Purgatoire, par le P. G. Rossignoli, de la Compagnie de Jésus)


Reportez-vous à L'affection pour les amis et les parents meurt point avec eux, Zèle de Saint Louis Bertrand pour les âmes du Purgatoire, Purgatoire imposé à ceux qui résistent à la Parole de Dieu, Double prodige des âmes du purgatoire : Vous qui dérobez, vous serez dérobé vous-même, Les âmes délivrées venant au-devant de leurs bienfaiteurs, La peine du Purgatoire prolongée jusqu'à l'acquittement des dettes, Combien Dieu aime qu'on prie pour ses parents défunts, Les âmes du Purgatoire demandent un souvenir, Récompense assurée à l'aumône pour les âmes du Purgatoire, L'or et l'argent des vertus doivent souvent être purifiés par le feu, Protection spéciale de Marie : le zèle pour les âmes du Purgatoire récompensé, Efficacité de la prière des justes en faveur des âmes du Purgatoire : L'exemple de Sainte Thérèse d'Avila, Combien la prière est utiles aux âmes du Purgatoire, L'intercession des Justes apaise la colère divine, Les souffrances de cette vie ne sont pas comparables à la gloire future, Vivons si pieusement que nous puissions éviter le purgatoire ou, au moins, n’y pas brûler trop longtemps, Le Seigneur révèle les mystères du royaume de la mort, Dieu instruit les vivants sur les mystères de l'autre vie, L'amour du prochain doit s'étendre au-delà de cette vie, Prière pour les morts, Instruction sur la Fête de la Commémoration des Morts, Prière pour le repos de l'âme d'une pieuse mère, L’œil de la justice divine, Plaintes douloureuses des âmes du purgatoire, La crainte du Purgatoire fait taire la volupté, Combien effrayants sont les tourments du Purgatoire, Le Fils de l'homme rendra à chacun selon ses œuvres, Apparitions et Révélations, le témoignage de Saint Thomas d'Aquin sur les âmes du Purgatoire, Protection miraculeuse, Rigueur de la justice divine, Un Purgatoire plus long à qui n'a pas prié pour les morts, Accusations du démon contre les morts, Prière à Marie pour lui demander sa protection à l'heure de la mort, Prière pour obtenir une bonne mort, Supplications à Marie pour les âmes du Purgatoire, La divine Marie et le scapulaire, Suffrages conformes aux bonnes œuvres accomplies pendant la vie, Grand pécheur délivré par une âme du purgatoire, Si vous faites du bien, vos bienfaits vous attireront de grandes grâces, Prière à Marie pour ses parents en Purgatoire, Méditation pour la Fête de Notre-Dame des Anges, Extrait du Sermon sur la Mort de Saint Robert Bellarmin, Reconnaissance des âmes du Purgatoire ou comment les âmes du Purgatoire interviennent aussi pour leurs bienfaiteurs dans les choses temporelles, Bonté des Anges pour les pauvres âmes du Purgatoire, Dévotion aux Saints Anges : Travailler à la conversion des âmes et à leur soulagement dans les flammes du Purgatoire, en l'honneur des saints Anges, Valeur du Saint Sacrifice en faveur des âmes du Purgatoire, Le pardon d'une offense soulage les âmes souffrantes, Protection des âmes du Purgatoire, Une âme souffrant le tourment du feu pour avoir écouté plutôt les conseils du sang que ceux de la piété, La dévotion du Saint Rosaire, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Sainte usure de ceux qui appliquent leurs œuvres au soulagement des défunts, Celui qui souffre pieusement ici-bas va tout droit au repos éternel,Reconnaissance des âmes pour leurs bienfaiteurs, Les âmes qui gémissent dans le feu du purgatoire trouveraient leur soulagement dans de petites choses, et on les leur refuse !, Admirable commerce de charité entre les vivants et les défunts, Pour entrer au Ciel il faut être exempt de la moindre faute, Neuvaine pour le soulagement des âmes du Purgatoire, Souffrances des âmes qui ont donné du scandale, Ingratitude des héritiers envers leurs bienfaiteurs ou comment Dieu permet à une âme abandonnée dans le purgatoire de solliciter les suffrages de ses frères, Le Ciel bénit ceux qui prient pour les morts, Les peines du Purgatoire conformes aux fautes commises, Prières pour chaque jour de la semaine, en faveur des âmes du Purgatoire, Les souffrances du Purgatoire, bien que passagères, paraissent extrêmement longues, C'est se délivrer soi-même que de secourir les âmes du Purgatoire, Chapelet des actes de Foi, d'Espérance et de Charité, en faveur des Âmes du PurgatoireComment les prières d'un saint délivrent quantité d'âmes, La Mère de Dieu, Mère des Âmes du Purgatoire, Une âme du Purgatoire rappelée à l'expiation sur la Terre, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, La conversion renvoyée au soir de la vie conduit l'âme à la cruelle faim du Purgatoire, Dieu exauce les prières des communautés ferventes en faveur des défunts, Ne pas soulager les défunts par les aumônes, c'est se priver soi-même de grands avantages spirituels, Excellence des suffrages en faveur des morts, La Charité bien comprise nous fait un devoir très-pressant de subvenir aux nécessités des âmes du Purgatoire, Un saint Frère franciscain reconnaît, dans une étonnante vision, un de ses compagnons mort quelque temps auparavant, Enseignement de l'Église sur le Purgatoire, Dévotion au Crucifix, Méditation pour le jour des morts, Chapelet pour le repos des âmes du Purgatoire, Exercice sur les quatorze stations du chemin de la Croix pour les âmes du Purgatoire, Litanies pour les Fidèles Trépassés, Méditation pour le Jour de la Commémoration des morts, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur la peine qu'on endure dans le purgatoire, Les indulgences pour les fidèles défunts, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, même ceux que nous croyons déjà au Ciel, Être en état de grâce pour que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les différents moyens de soulager les morts, Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, De la méditation de la mort, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du purgatoire (1/4), Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Premier moyen propre à soulager les âmes du Purgatoire : Le Saint Sacrifice de la Messe, Deuxième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire : Prières, jeûnes, aumônes..., Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, Pour que le nom de Dieu soit sanctifié, pour que son règne arrive, et pour que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel, secourons les âmes du Purgatoire, Méditation sur la piété envers les morts, toute chrétienne et cependant inutile, La précieuse mort de Saint Philippe Benizi, Première méditation de préparation à la mort : Rends-moi compte de ton administration, Seconde méditation de préparation à la mort : Voici l'époux qui vient ; allez au-devant de lui, Troisième méditation de préparation à la mort : Que me présenteront le passé, le présent et l'avenir ?, Quatrième méditation de préparation à la mort : Les Portes de la mort vous ont-elles été ouvertes ?, Du jugement et des peines des pécheurs, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur la conscience, Méditation sur le repos de la Conscience, Méditation sur l’aveuglement de la Conscience, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur le Jugement de Dieu, Personne n'est-il revenu de l'Enfer ?, Exercice pour la bonne mort, Méditation sur le désir de la mort, Méditation sur la crainte de la mort, Saint Philippe de Néri : Que faites-vous maintenant ?... Et après ?, La mort est ordinairement conforme à la vie : L'exemple de deux Curés, Par son nom, le cimetière prêche la résurrection de la chair, Défendre le Cimetière, Bénédiction du Cimetière, Puissance des démons sur les morts, Nos devoirs à l'égard du Cimetière, Le Cimetière au XIXe siècle : Le corps chef-d’œuvre de Dieu, Enterrements autour des églises, Immortalité de l'âme, Cérémonies de L’Église et prière pour les morts, L'Univers et la Bible, prédicateurs de la résurrection, car oui, nous ressusciterons !, Comment les peuples païens ont dissipé une grande partie du patrimoine de vérités reçu des pères du genre humain, mais ont conservé le dogme de l'existence et de l'immortalité de l'âme, Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Méditation sur les défauts qui rendent infructueuse notre piété envers les morts, Prière à saint Joseph pour obtenir une bonne mort, Sentiments et prières à l'occasion de la mort d'une personne qui nous était spécialement chère, Le Jour de la Toussaint : Méditation sur le bonheur du ciel, 1re Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux, 2e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : J’entendis dans le ciel comme la voix d'une grande multitude, 3e Méditation pour la Fête de Tous les Saints : Application des sens, Litanies de la bonne mort, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, La voie qui conduit au Ciel est étroite, et Litanie pour les âmes du Purgatoire.















mercredi 27 octobre 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XLIV : Du Sacrement de l'Ordre (Suite)


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


XLIVe LEÇON


DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR L'ESPÉRANCE.

DU SACREMENT DE L'ORDRE (SUITE).



Q. Quels sont les Ordres mineurs ?
R. Les Ordres mineurs sont ceux de portier, de lecteur, d'exorciste et d'acolyte,

Q. Quel est le premier des Ordres mineurs ?
R. Le premier des Ordres mineurs qui se donne après la cérémonie de la tonsure, c'est l'ordre de portier.

Q. Quelles en sont les fonctions ?
R. Dans les premiers siècles, les portiers avaient soin d'ouvrir les églises, d'y entretenir le recueillement et la propreté, et d'annoncer les heures de la prière et des offices, comme le rappellent encore les cérémonies de leur ordination.

Q. Quel est le second des Ordres mineurs ?
R. Le second des Ordres mineurs est celui de lecteur : les lecteurs furent établis pour lire au peuple, dans l'église, l'Écriture sainte ; voilà pourquoi l'Évêque, en les ordonnant, leur fait toucher le livre des leçons.

Q. Quel est le troisième ?
R. Le troisième des Ordres mineurs est celui d'exorciste, établi pour exorciser les Catéchumènes et pour délivrer les possédés, très nombreux au commencement de l'Église, comme l'apprennent l'Évangile et les Pères ; de là vient qu'en ordonnant les exorcistes, l'Évêque leur fait toucher le missel, car c'est par la parole de Dieu qu'ils peuvent chasser le démon.

Q. Quel est le quatrième ?
R. Le quatrième des Ordres mineurs est celui d'acolyte, qui veut dire qui suit, qui accompagne, parce que les acolytes devaient toujours accompagner les Évêques et servir à F autel : c'est pour cela qu'en les ordonnant, l'Évêque leur fait toucher une burette vide et porter un chandelier avec un cierge allumé.

Q. Quels sont les Ordres majeurs ?
R. Les Ordres majeurs sont : le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise.

Q. Quel est le premier des Ordres majeurs ?
R. Le premier des Ordres majeurs, c'est le sous-diaconat : les sous-diacres étaient autrefois les secrétaires des Évêques, qui les employaient à des négociations, à la distribution des aumônes et au soin de leur temporel.

Q. Quelles sont aujourd'hui leurs fonctions ?
R. Aujourd'hui leurs fonctions se réduisent à servir le diacre à l'autel : avant leur ordination, les sous-diacres se prosternent le visage contre terre pour montrer qu'ils renoncent pour toujours au monde, et se consacrent au service de Dieu et de l'Église.

Q. Quel est le second des Ordres majeurs ?
R. Le second des Ordres majeurs, c'est le diaconat : les diacres furent ordonnés par les Apôtres eux-mêmes pour veiller aux besoins des pauvres, baptiser, prêcher, distribuer l'Eucharistie aux Fidèles, visiter les confesseurs et les martyrs dans leurs prisons et pourvoir à leurs besoins.

Q. Que font-ils aujourd'hui ?
R. Aujourd'hui ils servent le Prêtre et l'Évêque à l'autel, chantent l'Évangile et présentent le pain et le vin qui doivent être consacrés ; avant leur ordination, ils se prosternent, comme les sous-diacres, pour marquer de nouveau leur renoncement au monde.

Q. Quel est le troisième des Ordres majeurs ?
R. Le troisième des Ordres majeurs, c'est la prêtrise : les fonctions des Prêtres ont toujours été et sont encore d'offrir le saint Sacrifice, de présider aux assemblées des Fidèles, de prêcher la parole de Dieu, de bénir le peuple, de baptiser et d'administrer les Sacrements.

Q. Que font-ils avant leur ordination ?
R. Avant leur ordination, les Prêtres se prosternent comme les sous-diacres et les diacres : avant d'être faits chrétiens, nous avons renoncé trois fois au démon ; avant d'être ordonnés, les Prêtres renoncent trois fois au monde pour marquer qu'ils sont parfaitement consacrés au service de Jésus-Christ et des Fidèles.

Q. Pourquoi appelle-t-on ces Ordres mineurs et majeurs ?
R. On appelle ces Ordres mineurs et majeurs, parce qu'ils se rapportent plus ou moins directement à la sainte Eucharistie ; mais, tous ensemble, ils ne forment qu'un même Sacrement, qui est le Sacrement de l'Ordre.

Q. Quels sont les avantages sociaux du Sacrement de l'Ordre ?
R. La société doit tout au Sacrement de l'Ordre : car point de société sans religion ; point de religion sans Prêtres ; point de Prêtres sans le Sacrement de l'Ordre.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'aurai toujours le plus grand respect pour les personnes consacrées à Dieu.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite), Leçon XXXVIII : De la Pénitence, Leçon XXXIX : De la Pénitence (Suite), Leçon XL : De la Pénitence (Suite), Leçon XLI : Des Indulgences et du Jubilé, Leçon XLII : De l'Extrême-Onction, Leçon XLIII : Du Sacrement de l'Ordre, Leçon XLV : Du Sacrement de Mariage.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.














dimanche 10 janvier 2021

Éclaircissement touchant la possession des Religieuses Ursulines, et de quelques autres personnes de la Ville de Loudun



Après avoir montré que le Père Surin était (comme dit l'Apôtre) tout à tous les hommes et dans toutes les occasions où il y allait du service du prochain sans s'épargner : Il faut maintenant parler, de la force et de la générosité invincible de ce fidèle serviteur de Dieu et de son immaculées Mère dans les combats qu'il a eus avec les Démons et les supports de l'Enfer ; et parce que cette grande et longue guerre est arrivée au sujet de la possession que les Démons avaient prise des Religieuses Ursulines, et de quelques autres personnes de la Ville de Loudun, dont nous avons déjà parlé en plusieurs endroits, et dont nous parlerons plus amplement avec le secours divin dans le reste de ce petit ouvrage. Nous avons cru qu'il y allait de la gloire de notre Maître de donner quelque éclaircissement sur ce sujet, laissant à ceux à qui Dieu tout bon inspirera d'en donner l'histoire au public, d'en traiter plus au long et de donner une plus grande lumière sur une matière de cette importance.
Premièrement ce serait une chose superflue que de s'arrêter à la preuve qu'il y a des possédés, puisque l'Évangile nous le dit clairement, et que l'une des promesses que le Fils de Dieu a faite à ses Apôtres, et en leurs personnes à son Église, est de pouvoir chasser les Diables des corps qu'ils possèdent, de là vient qu'il y a un ordre d'Exorcistes établis pour cette fonction, et qui est un de ceux que l'on donne encore aujourd'hui à tous ceux qui entrent dans le sacerdoce. Les Pères, et entr'eux les plus anciens ont parlé des exorcistes, et des exorcismes, comme Saint Ignace, le Martyr Évêque d'Antioche, S. Justin Martyr, Tertulien, S. Jérôme, S. Cyprien ; S. Augustin, S. Athanase, et S. Chrysostome. On trouve dans l'histoire que l'on usait d'exorcismes du temps de saint Martin, et le savant Tottiel remarque que souvent les Diables sont chassés par ce moyen.
Ce que nous avons donc à montrer ici en peu de paroles en laissant à ceux qui écriront l'histoire, à en traiter plus au long et plus expressément, est que les possédés de Loudun, l'ont été véritablement, et premièrement c'est un grand préjugé de la possession de Loudun, que le sentiment de tant de personnes qualifiées qui l'ont estimé de la sorte, comme l'on fait les Cardinaux, les Évêques, les Généraux, les Provinciaux de l'Ordre, et les Docteurs, les Princes, les Magistrats, les Médecins, et mêmes les Hérétiques qui apparemment ne sont pas gens à croire de léger sur ces matières. L'Éminentissime Cardinal de Richelieu l'un des plus grands esprits de notre siècle, et qui était très-savant à tellement cru la possession de Loudun, que les exorcistes y ont été envoyés par son ordre, qu'ils y ont été défrayés par ses soins aux dépens du Roi, et qu'il a soutenu toute cette affaire par son autorité. Il y a peu d'apparence qu'un si grand Génie se soit laissé persuader sans des preuves convaincantes. Messeigneurs les Prélats qui gouvernaient pour lors les Églises de Toulouse et de Nîmes s'y tendirent en personnes, pour porter un jugement plus certain de cette affaire, et ils en demeurèrent parfaitement convaincus. Un Provincial de la Compagnie de J2sus avec plusieurs personnes savantes, et expérimentées, tant de son Ordre que des autres Ordres réguliers en firent le même jugement ; le Général même de la Compagnie de Jésus sur les preuves qui lui en furent données entra dans les mêmes sentiments ; feu Monseigneur le duc d'Orléans ayant assisté à quelques exorcismes, ne douta point de leur possession. Le Milord Montaigu, qui depuis a été assez connu en France sous la qualité d'Abbé, d'homme d'esprit et de capacité n'ayant encore fait profession ouverte de la foi Catholique, et ayant avec lui des hérétiques Anglais étant passé par Loudun fut témoin avec sa compagnie de la sortie de l'un des Démons du corps de la Mère des Anges par les signes visibles qu'il en a laissé, et ils en furent tellement convaincus que le Milord, et les gentils-hommes qu'il avait avec lui en laissèrent leur témoignage au greffe ; davantage le Milord Montaigu crût la chose si importante pour la gloire de Dieu qu'il en voulut entretenir le Souverain Pontife Urbain VIII lorsqu'il fit profession de la foi Catholique entre ses mains. Grand nombre d'autres personnes d'une doctrine et d'une piété éminente ayant jugé cette possession réelle et très-véritable, cela assurément en doit être un grand préjugé.
Mais les règles que les ordres de l'Église prescrivent pour avoir des preuves infaillibles d'une véritable possession, se sont trouvés dans celle de Loudun, et entre autres ces actions qu'on a vu faire à ses Religieuses, au-dessus des forces de la nature, l'intelligence qu'elles avaient des langues inconnues, la science qui paraissait si grande en des personnes d'elles-mêmes ignorantes, la révélation ou la connaissance qu'elles avaient des choses cachées où qui se passaient dans les lieux éloignés en sont des preuves bien convaincantes. On leur a vu souvent faire des mouvements qui étant au-dessus des forces naturelles de l'homme au jugement même des Médecins ; il faut conclure que cela venait d'un principe étranger qui est le Démon. Dans le commencement elles ont parlé de la langue latine qu'elles n'entendaient pas, et elles ont toujours répondu aux demandes qu'on leur a faites en cette langue quoique l'on se servît exprès de termes les plus difficiles à entendre, comme il est arrivé en la présence de plusieurs Prélats. Elles ont révélé ce qui était arrivé dans des Provinces et des Pays éloignés ; elles ont manifesté bien des fois les pensées de quelques personnes quand elles le désiraient intérieurement ; et (ce qui est étonnant) quelquefois même contre leur volonté ; le Père Surin atteste qu'il a eu une grande expérience de la connaissance que les Démons avaient des pensées même les plus cachées, dont l'on prenait garde de ne pas donner le moindre signe au-dehors ; ce qui favorise l'opinion de quelques Théologiens qui estiment que si les démons connaissent bien la substance de l'âme, comme on le croit, ils n'en ignorent pas les pensées bien qu'ils ne voient pas ce qui se passe dans la volonté touchant le libre usage qu'elle en fait, mais il faut toujours avouer, soit que la manifestation des pensées viennent de la connaissance naturelle qu'en ont les Démons, soit qu'elle vienne par permission divine, qu'elle n'est pas naturelle à l'homme non plus que la science des questions les plus difficiles de la Théologie à de simples filles sans aucune étude comme on la remarqué très-souvent dans les Religieuses de Loudun.
Ces preuves infaillibles ont été données en présence des Évêques, des supérieurs d'Ordres, des Docteurs, et de personnes de haute qualité, des Magistrats, des M2decins. Il est vrai que Dieu qui résiste aux superbes n'a pas voulu permettre quelquefois qu'elles aient été données en présence de certains esprits fiers et hautains que la seule curiosité y conduisait ; mais il suffit qu'elles aient été reconnues par des personnes éminentes par leurs qualités, et par leur doctrine et leur piété. Les Diables étaient obligés de déclarer aux exorcistes qu'ils faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour se cacher, pour ne pas faire connaître les choses extraordinaires que la possession découvre, et que Dieu leur permettait de se tenir cachés à l'égard des esprits suffisants et curieux, il est vrai que la possession découvre manifestement de grandes vérités, car s'il y a des Démons uil y a un Dieu qui les a créés et qui les punit, et cela marque aux Athées et aux libertins, que Dieu châtie les crimes, et qu'il y a un Enfer et une autre vie, où Dieu punit les méchantes actions. La possession fait voir le pouvoir de l'Église et de ses Ministres, la présence réelle du corps du fils de Dieu en la divine Eucharistie, l'honneur dû aux reliques, et le pouvoir de l'intercession des Saints contre les hérétiques. C'est pourquoi il ne faut pas s'étonner si les Démons se servent des impies, des libertins et des personnes vicieuses, pour ôter la créance qu'il y ait des corps possédés, à cause de la grande gloire qui en arrive à Dieu et des grands biens que les âmes en tirent. Les Pères de l'Église ont jugé que la possession était une preuve bien forte et solide ; puisqu'ils s'en sont servis contre les hérétiques, et que S. Jérôme l'un des plus savants objectait aux hérétiques de son temps qui n'honoraient pas les reliques des Saints comme le font encore présentement ceux de nôtre siècle, la crainte que les Démons faisaient paraître dans les corps des possédés ; si on répond que l'on ne doit pas croire aux Démons qui sont des esprits de mensonge, il faut dire qu'ils sont menteurs quand ils sont contraints par le pouvoir que Jésus-Christ a laissé à son Église de manifester souvent de grandes vérités comme l'expérience le fait voir et comme nous n'en pouvons douter lorsque les vérités sont de celles que la foi nous révèle.
Or il faut bien considérer que Dieu tout bon et miséricordieux, ne permet ces grands maux que pour de très grands biens comme l'on peut voir dans cette possession de Loudun, de laquelle dieu a tiré une très-grande gloire par la conversion et sanctification de plusieurs âmes à l'honneur des mystères de la Religion et des saints dont la vénération s'est augmentée à la confusion des Démons qui ont eux-mêmes contribué à détruire la magie et les superstitions qui voulaient s'établir ; les pécheurs se sont convertis à la vue des choses extraordinaires qui se passaient en leur présence ; les hérétiques en ont été touchés, obligés même de reconnaître le pouvoir de l'Église ; et ce qui est davantage, les Athées non seulement ont été forcés de reconnaître un Dieu, mais s'y sont sanctifiés, comme il paraît en la personne de Monsieur de Kerioles Conseiller du Parlement de Bretagne : C'était un homme qui ne croyait point de Dieu, sans religion et sans foi, abîmé dans toutes sortes de désordres, dans des emportements si excessifs, que lorsqu'il tonnait il tirait conter le ciel à coups de pistolet pour le braver ; si désespéré, que la foudre étant tombée dans sa chambre et qu'il avait remplie de feux et de flammes, il se moquait encore pendant que ses gens criaient miséricorde ; sa grande application était à chercher les moyens de faire du mal ; et où il paraissait le plus grand, c'est où il se portait davantage ; il avait même pris résolution de se faire Turc pour avoir lieu de combattre contre les Chrétiens. A peine a-t-on vu une personne plus désespérée et plus criminelle. Comme ses intentions n'allaient qu'au crime il était venu à Loudun pour une méchante fin ; et à son arrivée il ne manqua pas de se railler de la bonne manière des possédés (comme c'est l'ordinaire des libertins) et d'accuser ces filles de folie ; Cependant, ô mon Dieu ! vous qui savez conduire les choses à vos fins par les moyens qui semblent les plus opposés, et qui voulez triompher de vos ennemis par vos ennemis mêmes vous voulûtes que ce libertin, cet esclave du Diable vît leurs opérations funestes pour le tirer de leur esclavage ; il alla donc voir les possédées pour se divertir et pour en faire le sujet de ses railleries. Mais les Démons lui ayant révélé des choses très secrètes et que personne ne savait, il fut d'abord étonné, et cela l'obligea de retourner encore aux exorcismes où il fut tellement touché, que depuis ce temps il a mené une vie très sainte, et a fait une pénitence si exemplaire, que l'on a donné l'histoire de sa vie au public. Comme nous ne pouvons rien omettre qui regarde la gloire de l'immaculée Mère de Dieu, nous rapporterons ici que les Démons avouèrent que c'était cette Mère de miséricorde qui avait intercédé puissamment auprès de son fils pour en obtenir une conversion si extraordinaire et à leur grande confusion, puisque ce fut par eux-mêmes qu'un si grand pécheur fut délivré de leurs mains ; et c'est une chose bien remarquable que ce libertin sans savoir ce qu'il faisait, puisqu'il ne croyait pas de Dieu avait une inclination de respect et d'honneur pour la très sacrée Vierge sa digne mère ; la divine Providence qui se voulait servir de cette grande Reine, en disposant de la sorte pour tirer le misérable de l'abîme où il était plongé.
Mais quelle gloire Dieu n'a-t-il pas tiré de cette possession, faisant voir l'honneur qui est dû à ses mystères par les adorations et les respects extrêmes que les Diables étaient obligés de rendre au très-saint Sacrements de l'Autel. Quelle gloire n'en a-t-il pas tirée dans les honneurs qu'ils ont été contraints de rendre à sa très pure Mère, à ses Anges, et à ses saints, et spécialement à S. Joseph. L'on peut même dire que Dieu a permis spécialement cette possession, afin qu'elle contribuât d'une manière extraordinaire à la gloire de cet incomparable Saint. Nous avons rapporté son apparition glorieuse à la Mère Jeanne des Anges. Nous avons dit comme elle a été guérie miraculeusement plusieurs fois par ses intercessions, et comme Dieu s'était servi du linge teint de l'onction sacrée que ce grand Saint avait appliquée à cette bonne Mère, et même des morceaux de papier qui avaient touché ce linge pour faire quantité de miracles dans un grand nombre de Villes et de Provinces différentes, et d'une manière si éclatante et si glorieuse pour cet aimable époux de la très pure Vierge, et père putatif de Jésus, que l'on ne trouvera pas dans l'histoire rien de pareil en fait de miracles pour l'honneur d'un saint si admirable ; ce qui doit bien persuader que la volonté de Dieu est que sa dévotion s'établisse plus que jamais, et que l'on en doit espérer toutes sortes de secours dans ses besoins. Mais quelle édification n'a point donnée aux personnes de toutes sortes d'âge et de qualité, l'impression merveilleuse des noms sacrés sur la main de la Mère Jeanne des Anges, que les Démons ont été obligés d'y faire à leur sortie. L'on a vu durant plus de vingt ans les quatre noms de Jésus, Marie, Joseph, François de Sales, imprimés sur la main de cette Religieuse, qui s'effaçant peu à peu se renouvelaient tous les quinze jours ; et aux grandes Fêtes avec des effets qui donnaient beaucoup d'admiration et de consolation, il en sortait même une odeur suave qui laissait de grands sentiments de piété. Le feu Roi Louis XIII, (d'heureuse mémoire) la voulut voir lorsque la Mère passa par Paris, et en par la ensuite bien touché de la vue d'un état si étonnant, la feue Reine Mère, l'Éminentissime Cardinal de Richelieu, quantité de personnes illustres firent la même chose avec admiration de la puissance de Dieu.
Enfin la magie se trouva bien renversée dans ses desseins, puisqu'elle fut détruite par les moyens dont elle s'était servie pour s'établir. Je ne puis m'empêcher ici de remarquer avec étonnement l'aveuglement de plusieurs personnes qui d'autre part sont considérables et ont de l'esprit, qui avancent inconsidérément qu'il n'y a point de magie ni de magiciens, et que les effets qu'on leur attribue ne viennent que des personnes à la vérité méchantes et qui sont punissables. Mais sans rapport ni liaison avec les Démons, je qualifie leurs sentiments d'aveuglement ; car c'est avoir bien peu de lumière que de soutenir des maximes contraires à l'expérience de tous les siècles et aux sentiments de toutes les nations infidèles aussi bien que fidèles. Il ne faut pas être beaucoup savant dans l'histoire pour savoir cette vérité, et n'ignorer pas que toute l'antiquité a reconnu des magiciens, que les Païens en étaient si persuadés qu'ils attribuaient la vertu des miracles que Dieu opérait par les saints Martyrs à un effet de la Magie. Car enfin voyant très bien les prodiges et les miracles que Dieu faisait pour la confirmation de notre sainte Religion, pour se défendre de l'impression qu'ils en devaient recevoir ils avaient recours aux effets de la magie qu'ils attribuaient à ces glorieux témoins de Jésus-Christ.
Saint Clément, Saint Irénee, Saint Épiphane, Saint Jérôme, Saint Cyprien, Saint Augustin, Saint Thomas, Saint Albert le Grand, le Célèbre Jean Gerson, Chancelier de l'Université de Paris, reconnaissent qu'il y a des Magiciens qui ont fait pacte avec les Démons, ceux qui voudront lire les Livres de ces Pères où ils en parlent, les trouveront cotés dans le savant traité des Recherches de la Magie, par Detrio Religieux de la Compagnie de Jésus personnage d'une grande érudition. L'Église reconnait les Magiciens puisque tous les Évêques où la plupart les font dénoncer publiquement pour excommuniés les Souverains Pontifes exhortent les Inquisiteurs de la foi d'agir contre eux, comme l'on peut voir dans les bulles d'Innocent VI, aux Inquisiteurs d'Allemagne, dans celles de Julle III à l'Inquisiteur de Créance, d'Adrian VI, Inquisiteur de Lombardie, et dans les bulles de plusieurs autres Souverains Pontifes.
Mais ce qui est de la dernière force, est que l'Écriture tant de l'ancien que du Nouveau Testament reconnait la Magie et les magiciens, l'on ne peut rien voir de plus exprès sur cette matière que ce qu'on lit dans l'Exode ; et les effets de la magie qui y sont rapportés surpassent visiblement toutes les forces et l'industrie humaine, et font voir à même temps celles des Démons. Je demande à ces esprits suffisants s'ils trouvent rien dans ce qui les surprend en ce sujet et qui leur paraisse incroyable, qui égale l'étonnement que leur doit causer les opérations des Magiciens de Baraon qu'ils doivent croire indubitablement s'ils sont Chrétiens ; peut-on voir rien de plus prodigieux que toutes les rivières, les lacs et le reste des eaux d'un Pays changées en sang, et toutes les autres choses qui sont rapportées dans le Livre de l'Exode. Nous lisons au Chapitre treizième des Actes des Apôtres que Saint Paul punit d'aveuglement au Magicien qui résistait à la doctrine de la Foi qu'il prêchait ; nous voyons au Chapitre huitième des mêmes Actes qu'il y avait dans la Ville de Samarie un homme nommé Simon, qui y avait auparavant exercé la Magie et avait séduit le peuple de Samarie, se faisant passer pour un grand personnage et jusque-là que tous les Ordres de la Ville l'appelaient la grande vertu de Dieu, leur ayant fait perdre l'esprit par ses enchantements.
L'Écriture apprend ensuite que ce Simon s'étant converti, voulut donner de l'argent pour avoir la grâce de donner le Saint-Esprit : ce qui a donné lieu à ceux qui l'imitent d'être appelés simoniaques et l'on appelle simonie le péché qu'ils commettent ; c'est une peste maligne qui ayant infecté plusieurs des siècles qui nous ont précédés est venue jusqu’au nôtre, et qui est d'autant plus maligne et dangereuse qu'elle se cache davantage. C'est une chose déplorable que l'homme cherche des excuses dans ses péchés comme s'il les pouvait déguiser aux yeux de Dieu, comme il les cèle aux yeux des hommes. On resigne, on change un Bénéfice, mais il faut que l'on achète les meubles ou le revenu de l'année ; et combien y en a-t-il qui en paieraient ce qu'ils en donnent si ce n'était en vue du Bénéfice. J'apporte cet exemple de mille que l'on pourrait alléguer où l'esprit de l'homme tâche de trouver des prétextes pour se sauver des peines que l'Église ordonne à ces gens-là qui se réduisent presque dans un état d'endurcissement de cœur, parce qu'il faudrait une grâce très-extraordinaire pour y satisfaire et une fidélité toute particulière pour y coopérer dont ces personnes sont bien éloignées. Que ces gens se souviennent qu'ils ont pour Père, pour Fondateur, pour Patron et exemplaire Simon le Magicien, et qu'ils se convertissent de bonne heure s'ils ne veulent tomber dans les châtiments qui leur sont préparés.
Après cela, s'il est vrai que de croire trop facilement es tune marque de la légèreté ; il est aussi certain que de ne pas croire du tout, et ne pas entrer dans des sentiments reçus généralement c'est, dit Saint Augustin, une folie insupportable, mais ne pas croire ce que l'écriture nous enseigne c'est tomber manifestement dans l'hérésie ; aussi ceux qui ont soutenu opiniâtrement qu'il n'y avait point de Magiciens ont toujours été fort suspects. Le savant Detrio rapporte que le Démon fait promettre souvent à ses suppôts qu'ils soutiendront par tout qu'il n'y en a point. Et de vrai, c'est le moyen de les mettre à couvert et de leur donner une liberté toute entière dans tous les maux qu'ils font sans aucune crainte de punition. Le Docteur Ulart qui était l'un des Conseillers de l'Électeur de Treves dans le dernier siècle, soutenait partout avec beaucoup de hardiesse que la Magie était une fable ; que c'était une illusion de s'imaginer qu'il y eût des sorciers ; que cette opinion n'était recevable que par les esprits simples et crédules ; et qu'elle était indigne des bons esprits et des Magistrats. Bonstel assez connu par ses écrits, qui était de ce Diocèse, où ce personnage débitait ses maximes, le réfuta par un docte Traité ; mais la Divine Providence s'en mêla elle-même. Je ne sais comment cet homme se rendit suspect ; mais il fut pris, et il confessa lui-même qu'il était atteint du crime qu'il niait : ce qui obligea les Juges avec les preuves qu'ils eurent d'autre part de le condamner à être brûlé. Monstrelet rapporte dans son histoire, et d'autres Auteurs avec lui, qu'il y avait dans le Diocèse d'Évreux un célèbre Docteur, dont ils disent le nom que nous supprimons pour de bonnes raisons, qui avait de bonnes qualités, et qui s'était acquis une réputation considérable : Mais s'étant laissé aller à l'amour de la créature, il tomba bientôt dans l'aveuglement, et l'endurcissement que les attaches trop grandes aux créatures causent. Ce misérable Docteur alla donc dans une telle extrémité qu'il se donna au Diable, pour jouir malheureusement d'une Demoiselle de qualité, mais l'un des pactes qu'il fit avec le Démon, comme il le confessa depuis, fut comme il était grand Prédicateur, qu'il prêcherait partout qu'il n'y avait point de sorciers parce que, lui dit le Démon, il appuierait beaucoup son Empire, par ce moyen. Or Dieu très-bon, et très-miséricordieux ; lui ayant touché le cœur par une grâce extraordinaire, il confessa publiquement son crime à l'Évêque d'Évreux qui était pour lors, et s'étant présenté devant lui dans sa sale, il pleura son impiété avec des témoignages d'une forte douleur ; il avoua qu'il avait été transporté réellement plusieurs fois aux sabbats ; et s'étant soumis à la pénitence qu'il plairait à son Évêque de lui imposer, il fut condamné à une prison perpétuelle avec plusieurs autres peines.
Nous avons cru pour la gloire de notre Maître, devoir parler de ce sujet, en traitant de la possession de Loudun ; où Dieu a fait par son juste Jugement que les desseins de ceux qui voulaient perdre ces Religieuses soient retombés sur eux-mêmes, et ont été cause de leur propre perte. Car encore que ces gens eussent assez de réputation, comme il a été ci-devant remarqué, et qu'il se fussent acquis l'amitié des Juges du lieu qui les soutenaient beaucoup dans l'ignorance, où ils étaient de leurs malices ; comme il n'y a point de prudence si grande pour résister aux ordres de Dieu, le Roi ayant envoyé Monsieur de Laubardemont, Intendant de la Province pour examiner la vérité des choses, et l'ayant député pour Commissaire, afin que l'on ne pût pas attribuer à aucune préoccupation le Jugement qui s'en ferait. Sa Majesté voulut qu'il eût pour adjoints à cette cause quatorze Juges de différents Présidiaux ; qui après avoir examiné murement, et à loisir le procès d'Urbain Grandier, il demeure convaincu d'avoir donné les maléfices aux Religieuses, et par le consentement unanime de tous ces Juges il fut condamné à être brûlé vif dans la place publique de la Ville, ce qui fut exécuté, les Démons ayant marqué dans les exorcismes qu'ils le tenaient pour l'Éternité dans les feux de l'Enfer. Toujours est-il certain que sans s'en rapporter à ces malheureux esprits, sa mort a été bien funeste par l'endurcissement de cœur qu'il a fait paraître dont nous en avons touché quelque chose. Il ne faut pas se tromper dit le grand apôtre, on ne se moque pas de Dieu.

Extrait de L'Homme de Dieu en la personne du R. P. Jean-Joseph Surin, par H. M. Boudon.


Reportez-vous à Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la consommation en la Grâce, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la liberté des enfants de Dieu, Des saintes Pratiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la paix du cœur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la violence qu'il faut se faire à soi-même, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la véritable Sagesse, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Union avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la volonté et du fond de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Réparation de l'Intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Progrès, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelle manière on doit aider les personnes faibles, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander l'humilité, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des secours qu'il faut donner au Peuple dans les Missions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et prière pour les Missions, Soin que l'état de maladie demande, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, et De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.