jeudi 31 août 2017

Troisième création du Saint-Esprit : l’Église



Extrait de "Traité du Saint-Esprit" de Mgr Gaume :


La Pentecôte (El Greco)
Ouvrons le Livre sacré et suivons pas à pas le récit de cette merveilleuse création. Il nous montrera que le Saint-Esprit a formé l'Église, comme il a formé Marie.

« Cum complerentur dies Pentecostes : Comme les jours de la Pentecôte s'accomplissaient (Act., II, 1). » La résurrection et l'ascension du Sauveur avaient été tellement ménagées, que la descente du Saint-Esprit devait, en vertu des nombres sacrés, avoir lieu aux fêtes de la Pentecôte mosaïque. De même qu'en ces jours, le Saint-Esprit avait, par le ministère des anges, donné à Moïse la loi de crainte, qui constituait définitivement les Hébreux, à l'état de nation et de nation séparée ; ainsi, il choisit ces jours solennels pour donner, en personne, la loi d'amour qui substituait l'Église à la synagogue, et constituait définitivement à l'état de nation universelle la grande famille catholique.

Voilà pourquoi la descente du Saint-Esprit n'eut pas lieu le jour même de la Pentecôte mosaïque, mais le lendemain, premier jour de la grande octave. On sait, en effet, que les Juifs célébraient la Pentecôte le samedi, et les apôtres la célébrèrent le dimanche. Choisir pour la régénération du monde le jour même de sa création et le jour où, par sa résurrection glorieuse, le Rédempteur avait triomphé de Satan, c'est là une de ces belles harmonies qu'on rencontre à chaque pas dans l'œuvre divine.

« Erant omnes pariter in eodem loco : ils étaient tous ensemble dans un même lieu. » Dès sa plus tendre enfance, Marie, renfermée dans le temple, s'était préparée avec soin à la visite du Saint-Esprit. À peine née du sang du Calvaire, l'Église s'était retirée dans le cénacle, afin de se préparer par le recueillement à la venue du Saint-Esprit et appeler ses faveurs. Cent vingt personnes composaient la jeune société. C'était chez les Juifs le nombre voulu pour former une communauté ecclésiastique ; car cent vingt personnes composèrent la grande synagogue sous Esdras, lorsqu'il rétablit l'état et te culte de la nation (Sepp., Hist. de Notre-Seigneur, t. II, 78).

Ne formant tous qu'un cœur, qu'une âme et qu'une prière ardente pour demander le Saint-Esprit, ils étaient dans le même lieu : in eodem loco. Ce lieu était le cénacle. Dans quel but le Saint-Esprit choisit-il le cénacle, pour le premier théâtre de ses révélations merveilleuses ? Parce que c'était le lieu le plus saint de la terre. C'est dans ce même cénacle que le Seigneur institua la divine Eucharistie, et qu'après sa résurrection il apparut à l'apôtre Thomas. C'est là aussi qu'en mémoire des plus grands prodiges fut bâtie la très-sainte Sion, la plus vénérable des Églises. Lieu sacré, témoin de plus étonnantes merveilles, que le Sinaï, le Jourdain, le Thabor ; heu béni, qui rappelait aux apôtres l'ineffable bonté du maître, ses divins discours, et leur première communion de la main même de Jésus. Comme ils devaient y revenir avec attendrissement et y rester avec amour (Alexand., in Vita B. Barnabe ap. Cor. a Lap.t in Act. I, 13) !

Ce cénacle était dans la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, et cousin de saint Barnabé (Baron., an. 34). Suivant deux illustres Pères de l'Église orientale, saint Hésychius, patriarche de Jérusalem, et saint Proclus, patriarche de Constantinople, le Saint-Esprit descendit au moment même où saint Pierre célébrait, au milieu des disciples, l'auguste sacrifice de la messe. Aussitôt qu'il a vu le corps de Jésus et senti l'ineffable parfum de cette chair immaculée, l'aigle divin se précipite du ciel. Admirable contraste ! L'Esprit de Dieu s'était séparé de l'homme, parce que la chair l'avait entraîné dans ses honteuses convoitises (Gen., VI, 3) : et le démon s'était emparé de l'humanité. Mais voilà que la chair très-pure de Jésus se présente devant Dieu. Aussitôt l'Esprit descend, attiré par toutes ses pures beautés, fasciné par toutes ses amabilités, et avec elle il demeure à jamais : et cette chair divine, multipliée à l'infini, étend à tous les lieux et à tous les siècles l'union du Saint-Esprit avec l'humanité.

« Et factus est repente decoelo sonus ; et il se fit tout à coup du ciel un bruit. » Chacune de ces divines paroles renferme un trésor de vérité. Il se fit tout à coup, sans que les apôtres s'y attendissent et sans aucune participation de leur part. Ainsi, nous apprenons que le Saint-Esprit répandait l'abondance de ses dons intérieurs et extérieurs par sa pure libéralité. Nous voyons encore la promptitude et la force de sa grâce, qui en un clin d'œil change les hommes terrestres en hommes célestes : Pierre en héros, Madeleine en sainte. Ô l'admirable ouvrier que le Saint-Esprit ! À son école point de délai pour apprendre, il touche l'âme et il l'enseigne : l'avoir touchée, c'est l'avoir enseignée (S. Greg., Hom. XXI, in Evang).

Du ciel : pour montrer que là est le séjour du Saint-Esprit, qu'il est Dieu et qu'il vient élever au ciel les apôtres et par eux le monde entier. Puissant levier ! « Aujourd'hui, s'écrie le grand Chrysostome, la terre pour nous devient le ciel, non par la descente des étoiles sur la terre, mais par l'ascension des apôtres dans le ciel. De l'univers, l'abondante effusion du Saint-Esprit fait un ciel unique, non en changeant la nature des êtres, mais en divinisant les volontés. Il trouve des païens, et il en fait des chrétiens ; des adorateurs du démon, des adorateurs du vrai Dieu ; des voleurs, des détachés ; des persécuteurs, des apôtres ; des femmes publiques, il les égale aux vierges. Il met en fuite la méchanceté et la remplace par la bonté ; la loi de haine universelle, par la loi d'amour universel ; l'esclavage, par la liberté.

« Pour opérer ces merveilles, tous moyens lui sont bons. Il prend les timides apôtres, et qu'en fait-il ? Il en fait des vignerons, et des pêcheurs, et des tours, et des colonnes, et des médecins, et des généraux, et des docteurs, et des ports, et des gouverneurs, et des pasteurs, et des athlètes, et des lutteurs triomphants. Des colonnes, ils sont les appuis et les fondements de l'Église. Des ports, ils abritent le monde contre les tempêtes des persécutions, des hérésies, des scandales. Ils en ont triomphé pour eux et pour nous ; ils en triomphent encore : ils en triompheront toujours. Des gouverneurs, ils ont remis l'humanité dans son bon chemin. Des pasteurs, ils ont chassé les loups et conservé les brebis. Des agriculteurs, ils ont arraché les épines et semé la graine de la piété. Des médecins, ils ont guéri nos blessures.

« Et afin que tu ne prennes pas mes paroles pour un vain langage, je mets sous tes yeux Paul, faisant toutes ces choses. Veux-tu voir un agriculteur ? Écoute : J'ai planté ; Appollon a arrosé, et Dieu a donné l'accroissement. Un constructeur ? Comme un habile architecte, j'ai posé les fondements. Un soldat ? Je combats, non en donnant des coups en l'air. Un curseur ? Depuis Jérusalem et les environs jusqu'en Illyrie et au-delà, aux Espagnes et jusqu'aux extrémités de la terre, j'ai tout rempli de l'Évangile de Jésus-Christ. Un athlète ? Pour nous la lutte n'est pas contre la chair et le sang, mais contre les puissances de l'air. Un général ? Prenez les armes de Dieu et revêtez la cuirasse de la foi, le casque du salut et le glaive du Saint-Esprit. Un guerrier ? J'ai combattu un bon combat, j'ai gardé ma consigne. Un triomphateur ? Une couronne de justice reposera sur ma tête. Ce que Paul fait à lui seul, chaque apôtre le fait, parce que le Saint-Esprit étant indivisible est tout entier en chacun (Serm. I de Pentecost).

« Tanquam advenientis Spiritus vehementis : ce bruit était comme celui d'un vent violent qui arrive. » Ce vent n'était pas le Saint-Esprit, mais son emblème. Pourquoi cet emblème et non pas un autre ? Pour montrer la force irrésistible du Saint-Esprit. De tous les éléments, le vent est le plus fort. En quelques minutes, il bouleverse l'Océan jusque dans ses profondeurs et élève jusqu'aux nues la pesante masse de ses eaux ; ou il déracine, comme en se jouant, des forêts séculaires. Vent impétueux, il rendra les apôtres ardents aux combats et invincibles dans la conquête du monde. Animée du souffle du Saint-Esprit, leur parole va faire tomber les idoles, ébranler les empires, confondre tous les potentats ; chasser les nuées sans eau de l'erreur et de la philosophie ; purifier l'air corrompu par vingt siècles de ténèbres nauséabondes ; amener des quatre points du ciel les nuages chargés de pluies fécondantes, activer dans les âmes la sève divine, et les pousser, à toutes voiles, comme des vaisseaux bien équipés, vers les rivages de l'éternelle Jérusalem (Corn, a Lap., in Dan., III).

« Et replevit totam domum : et il remplit toute la maison. » Au moral comme au physique, le vent ou le souffle est le signe de la vie. Principe de vie, le Saint-Esprit, figuré par ce vent, remplit toute la maison où se trouvaient les apôtres ; mais il ne remplit que celle-là. Ainsi, pour avoir le Saint-Esprit, il faut être dans la maison des apôtres, c'est-à-dire dans l'Église. « Le Saint-Esprit, dit admirablement saint Augustin, n'est que dans le corps de Jésus-Christ. Le corps de Jésus-Christ, c'est la sainte Église catholique. Hors de ce corps divin, le Saint-Esprit ne vivifie personne (Epist. III, Class. epist., 185. T. II, 995). »

Et ailleurs : « Qu'ils deviennent le corps de Jésus-Christ, s'ils veulent vivre de l'esprit de Jésus-Christ Seul le corps de Jésus-Christ vit de l'esprit de Jésus-Christ. Mon corps à coup sûr vit de mon esprit. Veux-tu vivre de l'esprit de Jésus-Christ ? sois dans le corps de Jésus-Christ. Est-ce que mon corps vit de ton esprit ? Mon corps vit de mon esprit, et le tien de ton esprit (Tract, xxvi, in Joan). »

Il la remplit tout entière, afin de montrer que l'Église, figurée par cette maison, remplirait un jour le monde entier du Saint-Esprit, par conséquent de lumière et de charité. Elle l'a fait. Cherchez à quelle époque l'humanité, tirée de la barbarie païenne, a commencé de marcher dans la voie de la véritable civilisation, vous, trouverez le jour de la Pentecôte. Partout où il n'a pas lui, le monde reste dans son antique dégradation. Partout où il baisse, reviennent les anciennes ténèbres, et le genre humain fait halte dans la boue, ou marche aux écueils. « Donnez-moi, dit saint Chrysostome, un vaisseau léger, un pilote, des matelots, des câbles, des agrès, tout l'appareil nécessaire à la navigation, mais pas un souffle de vent : n'est-il pas vrai que tout demeure inutile ? De même dans l'humanité. Malgré la philosophie, malgré l'intelligence, malgré la plus ample provision de discours, si le Saint-Esprit, qui donne l'impulsion, manque, tout est vain (Homil. de Spirit. sancto, T. III sub. fin. edit. vet.). »

« Ubi erant sedentes : où ils étaient assis. » Ce n'est pas sans raison que l'Écriture marque l'attitude de l'Église, au moment de la descente du Saint-Esprit. Le repos du corps est ici le symbole de la quiétude et de la royauté de l'âme : double disposition nécessaire pour recevoir le Saint-Esprit. La quiétude ; ce n'est ni dans le bruit extérieur du monde, ni dans le tumulte intérieur des passions, que le Saint-Esprit se communique aux âmes. La royauté ; il faut être roi de son âme pour recevoir le Saint-Esprit. Lui-même dit qu'il n'habite pas dans l'esclave du péché. La royauté ; ajoutons qu'il venait la donner à l'Église : royauté impérissable contre laquelle ne prévaudront jamais les portes de l'enfer.

« Et apparueruut illis dispertitae linguae : et il leur apparut des langues divisées. » Ces langues disaient aux yeux que le Saint-Esprit planait sur tous les habitants du cénacle : la sainte Vierge, les apôtres et les disciples, auxquels il allait communiquer la connaissance des langues des différentes nations, appelées au bienfait de l'Évangile. Pourquoi des langues ? Le monde avait été perdu par la langue ; c'est par la langue qu'il devait être sauvé. Pourquoi des langues visibles ? Le plus grand théologien de l'Orient en donne la raison : « Le Fils, dit saint Grégoire de Nazianze, avait conversé avec nous dans un corps sensible et palpable ; il était donc convenable que le Saint-Esprit apparût aux hommes sous une forme corporelle. Ainsi, comme le Verbe s'est incarné pour nous enseigner de sa propre bouche la voie de la vérité et du salut ; de même le Saint-Esprit s'est, pour ainsi dire, incarné dans des langues de feu, afin d'instruire les apôtres et les fidèles (Apud Corn, a Lap. in hunc locum). »

Le don des langues suppose la connaissance des mots et de leur signification ; l'accent ou la manière de parler ; la claire vue de toutes les vérités nécessaires au succès de la prédication apostolique, accompagnée dune prudence consommée, pour dire ce qu'il fallait et rien que ce qu'il fallait, au milieu de tant de difficultés et de périls, et en face d'une si grande variété de personnes et de conjonctures : tout cela fut donné aux apôtres.

Or, les dons de Dieu sont sans repentance, et le Saint-Esprit est toujours demeuré dans l'Église, tel qu'il descendit sur elle au cénacle. Le merveilleux don des langues s'est donc conservé dans l'Église catholique et dans elle seule, non-seulement par exception, comme dans saint Antoine de Padoue, saint Vincent Ferrier, saint François Xavier ; mais habituellement et perpétuellement pour chaque catholique.

Écoutons saint Augustin. « Quoi donc ! mes Frères, parce que aujourd'hui celui qui est baptisé ne parle pas toutes les langues, faut-il croire qu'il n'a pas reçu le Saint-Esprit ? À Dieu ne plaise qu'une pareille perfidie tente notre cœur. Au baptême tout homme reçoit le Saint-Esprit, et, s'il ne parle pas les langues de toutes les nations, c'est que l'Église elle-même les parle. Or, l'Église est le corps de Jésus-Christ. Je suis membre de ce corps qui parle toutes les langues ; je les parle donc toutes. Unis par les liens étroits de la charité, tous les membres de ce corps parlent comme parlerait un seul homme. L'Église est leur bouche, le Saint-Esprit leur âme (In Joan., Tract, xxxii, n. 7). »

« Tanquam ignis : ces langues étaient comme du feu. » Le vent et le feu étaient.des symboles éloquents du Saint-Esprit. Plusieurs fois réitérée, la mission de l'auguste Personne s'est manifestée par des signes analogues à chaque circonstance. « Au baptême de Notre-Seigneur, dit l'Ange de l'école, le Saint-Esprit apparaît sous la forme d'une colombe, oiseau très-fécond, pour montrer que le Verbe incarné est la source de la vie spirituelle. De là, ce mot au Père : C'est ici mon Fils bien-aimé ; par lui tous deviendront mes enfants.

« À la Transfiguration, il prend la forme d'une nuée lumineuse pour annoncer l'exubérance de la doctrine qu'il fera tomber sur le monde. De là ce mot : Écoutez-le. Aux apôtres il vient sous l'emblème du vent et du feu, parce qu'il leur communique le pouvoir du ministère dans l'administration des sacrements. De là, ces paroles : Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils seront remis. Et dans la prédication de la doctrine, prédication invincible et victorieuse de tous les obstacles. De là, ce mot : Ils commencèrent à parler diverses langues (I p., q. 43, art. 7, ad 6). »

Les langues du cénacle n'étaient pas un vrai feu, mais un feu apparent dont elles avaient la couleur, l'éclat et la mobilité. Le Saint-Esprit choisit le feu comme symbole, pour deux raisons. La première, parce que, étant l'amour en substance, il est lui-même un feu consumant : ignis consumens. Le feu échauffe, éclaire, purifie, s'élève en haut. Or, le Saint-Esprit fait tout cela dans les âmes. La seconde, parce que la loi ancienne fut donnée sur le Sinaï, par le feu, au milieu du feu (In dextera ejus ignea lex, Deuter., XXXIII, 2). Il fallait que la réalité répondit à la figure et que la loi nouvelle fût donnée par le feu et au milieu du feu ; mais sans éclairs ni tonnerres : attendu qu'elle est une loi non de crainte, mais d'amour.

« Seditque super singulos eorum : et ce feu en forme de langues se reposa sur chacun d'eux. Le texte sacré ne dit pas : Les langues se reposèrent, mais, le feu se reposa. Ce singulier révèle le profond mystère d'une langue unique et universelle, bien que divisée en plusieurs parties, suivant la diversité des nations qui devaient la parler et à qui elle devait être parlée. Il révèle encore l'unité du Saint-Esprit, dont cette langue était la langue.

Quel autre mystère dans ce mot, se reposa ! Une flamme sur la tête d'un homme était, aux yeux de la plus haute antiquité, le signe d'une vocation divine. C'était la première fois que ce phénomène se produisait chez les disciples du Nazaréen. En témoignant de la divinité du maître, il proclamait la grande mission confiée aux apôtres. C'est parle feu, symbole du Saint-Esprit, que Dieu avait autorisé les prophètes. C'est sous l'emblème du feu que les chérubins, qui accompagnent le char de Dieu, apparaissent à Ézéchiel (Is., vi, 6 ; Eccles., XLVIII 1 ; IV Reg., xxi, 11 ; Thren., I, 13 ; Ezech., I, 13). C'est dans un char de feu qu'Élie est enlevé au ciel.

Les prophètes et les chérubins de l'ancienne loi n'étaient que la figure des apôtres. Prophètes, ils ont annoncé les oracles divins, non à un seul peuple, mais à tous les peuples. Chérubins, ils ont conduit le char de Dieu dans le monde entier. « Chérubins de la terre, dit saint Grégoire de Nazianze, le Saint- Esprit les choisit pour son trône et repose sur eux, comme sur les chérubins du ciel (Orat. XLIV). »

Il repose sur eux, pour les consacrer docteurs du monde et pour montrer qu'ils sont des hommes tout célestes, doués par conséquent d'une sagesse et d'une éloquence divines. Il repose sur eux, ajoute saint Chrysostome, pour annoncer à tout l'univers qu'il demeure avec eux et avec leurs successeurs, jusqu'à la consommation des siècles (Apud Corn, a Lap. in act., II, 3). Demeure permanente qui, assurant à l'Église l'infaillibilité de tous les jours et de toutes les heures, confond d'avance toutes les hérésies et condamne au scepticisme, toute raison rebelle à l'enseignement catholique.




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mardi 29 août 2017

Méditation sur l'incertitude de l'avenir


Photo par Warren Wong sur Unsplash






1er point. L'avenir est incertain et nous en sommes uniquement occupés. Nous pensons toujours à l'avenir et jamais au présent. Nous anticipons l'un comme trop lent, et nous laissons échapper l'autre comme trop prompt. Nous errons dans des temps qui ne sont pas encore, et nous ne pensons point au seul qui subsiste et qui nous appartienne : nous ne vivons pas ; mais nous espérons de vivre : Non vivunt homines, sed victuri sunt. Nous disons : J'irai, je ferai, j'obtiendrai telle ou telle grâce, je parviendrai à tel degré d'élévation et de fortune. Je détruirai et je rebâtirai, disait ce Riche insensé, dont il est parlé dans l'Évangile, qui ne croyait pas former des projets à la veille de sa mort.


2e point.
L’avenir est incertain, et nous l’attendons pour nous donner à Dieu. Vous différez de jour en jour de vous donner entièrement à Dieu : vous attendez, dites-vous, que vous soyez parvenu à un âge plus avancé ; mais y arriverez-vous ? Vous attendez la vieillesse ; mais y aura-t-il une vieillesse pour vous ? Vous attendez le parfait dégagement d'une multitude d'affaires qui vous occupent ; mais êtes-vous sûr d'en voir la fin ? Vous attendez le jour avenir ; mais y en aura-t-il un pour vous ? Dans cette nuit on vous demandera compte de votre âme ; et si vous mourez dans votre péché, que deviendrez-vous ?




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dimanche 27 août 2017

Méditation sur le bon usage du temps présent









1er point. Le présent est le seul temps dont nous puissions faire un bon ou un mauvais usage. Le passé n'est plus, l'avenir n'est pas encore : il n'y a que le temps présent qui nous appartienne ; mais ce présent n'est qu'un instant rapide et fugitif, un point presque imperceptible qui cesse d'être aussitôt que nous y avons pensé. Représentez-vous le temps comme un vaste torrent qui vient à vous avec une rapidité inconcevable. Ce qui s'est écoulé ne reviendra plus ; c'est le passé : ce qui coule à vous n'y est pas encore arrivé ; c'est l'avenir : ce qui est parvenu jusques à vous ; c'est le présent : vous en pouvez profiter.


2e point.
Quel usage en doit-on faire ? Point d'autre que de l'appliquer au soin de son salut, pour s'assurer un mérite et une récompense qui dure éternellement. Non, il n'est aucun moment dans notre vie que nous ne devions, et que nous ne puissions employer à mériter le Ciel ; aucun qui ne fournisse une occasion et un moyen de pratiquer quelque vertu ; aucun où nous ne devions être prêts à paraître devant Dieu pour lui rendre compte de nos actions ; aucun enfin qui ne puisse être le moment décisif de notre salut.




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samedi 26 août 2017

GRAND CATÉCHISME HISTORIQUE (pour adulte), contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne, Leçon XV : De l'Idolâtrie




PREMIÈRE PARTIE


Contenant en abrégé l'Histoire Sainte et la Doctrine Chrétienne



LEÇON XV


De l'Idolâtrie






Tandis que Dieu prenait tant de soin des Israélites, il laissait encore les autres nations dans l'ignorance et dans le péché, les abandonnant à leurs passions déréglées. Les hommes ne regardaient plus que leurs corps, et ne s'appliquaient qu'aux choses matérielles : ils sentaient bien en leur conscience qu'ils ne s'étaient pas faits eux-mêmes ; la beauté des corps célestes et l'ordre de toute la nature leur disaient assez qu'il y avait quelque sage ouvrier qui en était l'auteur et qui les gouvernait. Ils avaient reçu de leurs pères quelques traditions de la création du monde, du déluge et des autres châtiments exemplaires, que Dieu avait exercés sur les méchants. Ils avaient ouï parler d'un jugement futur, des supplices et des récompenses de l'autre vie ; mais comme ils ne faisaient attention ni à leur âme, ni à aucune chose spirituelle, ils donnaient du corps à la divinité, et s'imaginaient la trouver partout où ils voyaient quelque puissance extraordinaire ; ainsi ils remplissaient tout le monde de Dieux. Ils en mettaient dans le ciel ; dans le soleil, dans les astres, en mettaient sur la terre et dans les eaux. Chaque peuple les nommait à sa mode, et y mêlait les grands Rois, les inventeurs des arts, et les autres hommes fameux de chaque pays : ils en racontaient mille fables extravagantes. Ils se figuraient leurs Dieux comme des hommes immortels, leur donnaient des femmes, qu'ils nommaient Déesses, et des enfants qu'ils appelaient Dieux ou demi-Dieux, et leur attribuaient toutes les passions des hommes et tous leurs vices. Ils ne se contentaient pas de les imaginer, ils voulaient les avoir près d'eux : ils faisaient des statues de bois, de pierre, de bronze ou d'autres métaux, à qui ils donnaient les noms de leurs Dieux, prétendant qu'ils y habitaient en effet. Ils adressaient leurs prières et leurs adorations à ces idoles ; ils leur dressaient des temples et des autels, leur faisaient des sacrifices et des fêtes magnifiques. Le démon les abusait ainsi pour se faire adorer sous ces noms, et pour leur faire commettre toutes sortes de crimes sous prétexte de religion ; car leurs fêtes n'étaient que jeux et dissolutions. On honorait Bacchus en buvant avec excès : il y avait des lieux où les femmes s'abandonnaient publiquement en l'honneur de Vénus, d'autres où les pères sacrifiaient et brûlaient leurs propres enfants pour apaiser les Dieux infernaux. Il y avait mille imposteurs qui se vantaient d'être les Prophètes de ces Dieux et de prédire l'avenir, ou de deviner les choses cachées ; les uns par l'astrologie, les autres par l'observation du vol ou du chant des oiseaux, ou par les entrailles des victimes. On croyait des jours heureux, d'autres malheureux : on observait les songes, tout était plein de superstitions ridicules ; cependant la corruption des mœurs était universelle, tous les vices régnaient sur la terre ; et quoique la lumière de la raison et de la Loi de nature restât dans le cœur des hommes, elle était si peu suivie, qu'elle ne servait qu'à les rendre coupables d'agir contre leur conscience. Il était réservé au Sauveur de tirer le genre humain de cette misère.





Reportez-vous à Leçon I : De la Création, Leçon II : Du péché, Leçon III : De la corruption du Genre humain et du déluge, Leçon IV : De la Loi de Nature, Leçon V : Du Patriarche Abraham, Leçon VI : Des autres Patriarches, Leçon VII : De la servitude d’Égypte, Leçon VIII : De la Pâque, Leçon IX : Du voyage dans le désert, Leçon X : Des dix Commandements, Leçon XI : De l'alliance de Dieu avec les Israélites, Leçon XII : Des infidélités du peuple dans le désert, Leçon XIII : Des derniers discours de Moïse, Leçon XIV : De l'établissement du peuple dans la terre promise, Leçon XVI : De David et du Messie, Leçon XVII : De Salomon et de sa sagesse, Leçon XVIII : Du Schisme des dix Tribus ou de Samarie, Leçon XIX : Des Prophètes, Leçon XX : Des Prophéties, Leçon XXI : De la captivité de Babylone, Leçon XXII : Du rétablissement des Juifs après la captivité, Leçon XXIII : De la persécution d'Antiochus et des Macchabées, Leçon XXIV : De l'état où était le monde à la venue du Messie, Leçon XXV : Comment le Messie était attendu des Juifs, Leçon XXVI : De la Naissance de Jésus-Christ, Leçon XXVII : De l'enfance de Jésus-Christ, Leçon XXVIII : De Saint Jean-Baptiste, Leçon XXIX : De la vocation des Apôtres, Leçon XXX : Des miracles de Jésus-Christ, Leçon XXXI : Des vertus de Jésus-Christ, Leçon XXXII : De la Doctrine de Jésus-Christ et premièrement de la Trinité et de l'Incarnation, Leçon XXXIII : De l'amour de Dieu et du prochain, Leçon XXXIV : Des Conseils, de la Grâce et de la Prière, Leçon XXXV : De l'état des Fidèles dans la vie présente, Leçon XXXVI : De la vie du siècle futur, Leçon XXXVII : Des ennemis de Jésus, Leçon XXXVIII : De la Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XXXIX : De la Passion de Jésus-Christ, Du dessein et de l'usage de ce Catéchisme, Première partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Sainte, Deuxième partie du Petit Catéchisme Historique, contenant en abrégé l'Histoire Chrétienne.

Reportez-vous aussi à État religieux et moral de l'univers au temps de l'établissement du Christianisme.















vendredi 25 août 2017

Litanies des Saints Pères et Saints Docteurs de l’Église


Saint Jean Chrysostôme



Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.

Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.

Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et pour l'Église.

Saint Clément de Rome, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Ignace d'Antioche, priez pour nous et pour l'Église.
Bienheureux Papias d'Hiérapolis, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Polycarde de Smyrne, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Athénagores d'Athènes, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Aristide d'Athènes, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Justin Martyr, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Méliton de Sardes, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Théophile d'Antioche, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Irénée de Lyon, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Hippolyte de Rome, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Clément d'Alexandrie, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Denys d'Alexandrie, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Pierre d'Alexandrie, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Méthode d'Olympe, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Cyprien de Carthage, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Eustathe d'Antioche, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Didyme l'Aveugle, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Grégoire de Nysse, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Épiphane de Salamine, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Jean Cassien, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Vincent de Lérins, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Sulpice Sévère, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Paulin de Nole, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Denys l'Aréopagite, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Sophrone de Jérusalem, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Maxime le Confesseur, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Germain de Constantinople, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Théodore Studite, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Eucher de Lyon, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Isidore de Séville, priez pour nous et pour l'Église.

Saint Ambroise, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Jérôme, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Augustin, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Grégoire Ier le Grand, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Athanase, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Basile le Grand, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Grégoire de Nazianze, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Jean Chrysostôme, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Thomas d’Aquin, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Bonaventure, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Anselme, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Pierre Chrysologue, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Léon Ier le Grand, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Pierre Damien, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Bernard de Clairvaux, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Hilaire de Poitiers, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Alphonse de Liguori, priez pour nous et pour l'Église.
Saint François de Sales, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Cyrille d’Alexandrie, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Cyrille de Jérusalem, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Jean Damascène, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Bède le Vénérable, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Éphrem, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Pierre Canisius, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Jean de la Croix, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Robert Bellarmin, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Albert le Grand, priez pour nous et pour l'Église.
Saint Antoine de Padoue, priez pour nous et pour l'Église.

Tous les Saints Pères et Docteurs, priez pour nous et pour l'Église.

Saints Pères et Docteurs de l'Église catholique, vous qui jouissez des lumières de la très Sainte Trinité, nous vous en prions, éclairez-nous.

Sur les trésors de vos enseignements, nous vous en prions, éclairez-nous.
Sur les Mystères Sacrés des Saintes Écritures, nous vous en prions, éclairez-nous.
Sur la voie de la Sainteté, nous vous en prions, éclairez-nous.
Sur la pratique des vertus, nous vous en prions, éclairez-nous.
Sur la prière et la contemplation, nous vous en prions, éclairez-nous.
Dans notre recherche de la vérité, nous vous en prions, éclairez-nous.
Pour que le Christ puisse faire sa demeure en nous, nous vous en prions, éclairez-nous.


Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.


V/ Priez pour nous, Saints Pères et Saints Docteurs de l'Église,
R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ.


PRIONS

Saints Pères et Saints Docteurs de l'Église, vous qui avez été unis au Christ, la vérité incarnée, et qui maintenant contemplez sa face glorieuse dans le Ciel, daignez nous guider et nous instruire, afin que nous restions fidèles à la vraie Foi, gardant fermement la vérité révélée, que la cuirasse de la justice nous protège, que nos genoux ne fléchissent point devant nos persécuteurs, et que nous soyons forts, armés du bouclier de la foi, du casque du salut, et du glaive de l'Esprit, face au monstre de l'hérésie.

Père Éternel, Dieu tout-puissant et miséricordieux, nous vous en supplions, donnez, à vos humbles serviteurs, les armes de la Foi, afin qu'ils ne cèdent pas à l'oppression de l'Ennemi, qu'ils soient vos fidèles soldats, résistant aux tentations, obéissant à vos commandements, et dociles à la voix de la Très Sainte Vierge Marie, Général en Chef de vos armées et Mère de l'Église. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il.

Ô Très Sainte Vierge Marie, chez nous, soyez Reine des cœurs et des intelligences. Ainsi soit- il.





Reportez-vous à Méditation sur la Foi, Méditation sur les divers sentiments des hommes à l'égard de la vérité, Exégèse Évangiles.















jeudi 24 août 2017

Méditation sur le souvenir des jours que l'on a passé dans l'oubli de Dieu et de ses devoirs









1er point. Le temps passé n’est qu'un songe à l'égard des biens de ce monde dont on a joui. Que vous revient-il présentement de ces vains plaisirs, de ces frivoles distinctions qui ont fait si longtemps la douceur et l'agrément de votre vie ; en eussiez-vous joui pendant plusieurs années, quel avantage avez-vous sur celui qui ne les aurait goûtés qu'un instant ? Tout est également passé pour vous et pour lui, et le passé n'est rien, il n'a pas d'existence ni de réalité ; c'est un songe qui a disparu ; c'est une ombre, une vapeur, un son qui se dissipe ; il n'en reste que le souvenir, et ce souvenir sera bientôt effacé. Les pécheurs, dit le Prophète, ont fini leur sommeil, et ils n'ont rien trouvé dans leurs mains : Dormierunt somnum suum, et nihil ìnvenerunt viri divitiarum in manibus suis.


2e point.
Le temps passé est un mal réel à l'égard des péchés que l'on a commis. Ils ne sont plus, mais ils ont été. Le charme s'est évanoui, mais la tache subsiste encore. Ne vous y trompez pas, disait Saint Bernard, vos péchés ont passé hors de la main, hors de l'action ; mais ils sont restés sur votre conscience : Transierunt à manu, non transierunt à mente. Vous ne les commettez plus, mais il sera toujours vrai que vous les avez commis : Facere in tempore suit secisse in sempiternum manet : et c'est ce qui fonde la vérité de cette maxime : II suffit au Juste d'avoir péché une fois pour se condamner lui-même à un repentir éternel : Justo satis est peccasse semel ad fletus aeternos.




Reportez-vous à Méditation sur la grièveté du Péché, Méditation sur la confiance qu'un Chrétien doit avoir dans les prières que l'on fait pour lui, Méditation sur le délai de la conversion, Méditation sur l'incertitude de l'avenir, Méditation sur le bon usage du temps présent, Méditation sur l'inquiétude de l'avenir, Méditation sur l'obligation de vivre une vie pénitente et mortifiée, Méditation sur l'oisiveté, Méditation sur l'expiation du péché, Méditation sur la réparation du péché, Méditation sur le combat de la chair contre l'esprit, Méditation sur la nécessité de sanctifier sa vie par de bonnes œuvres pour être sauvé, Méditation sur la force des penchants qui nous portent au péché, Méditation sur les caractères de la vraie et de la fausse pénitence, Méditation sur la miséricorde de Dieu, Méditation sur la pénitence du cœur, Méditation sur la promptitude et la vivacité de la vraie pénitence, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur le respect humain, Méditation sur les moyens de surmonter la faiblesse du respect humain, Méditation sur le crime du respect humain, Méditation sur les œuvres de piété faites par respect humain, Méditation sur la piété extérieure, Méditation sur la conscience timorée comparée à la conscience scrupuleuse, Méditation sur les moyens de guérir les illusions de la fausse conscience, Méditation sur les péchés d'ignorance, Méditation sur les illusions de la fausse Conscience, Méditation sur la fausse conscience, Méditation sur l'aveuglement de la Conscience, Méditation sur le repos de la conscience, Méditation sur la conscience, Méditation sur la passion dominante, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur les moyens d'acquérir la connaissance de nos devoirs, Méditation sur l'amour de la vie, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur le péché de scandale, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur l'illusion des prétextes dont on s'autorise pour ne pas quitter l'occasion du péché, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, Méditation sur l’œil qui scandalise, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, Méditation sur l'emploi du temps, et Méditation sur l'exemple de la multitude.
















mardi 22 août 2017

Méditation sur la nécessité de sanctifier sa vie par de bonnes œuvres pour être sauvé


Le bon samaritain (Julius Schnorr von Carosfeld)






1er point. La plupart des mondains ne sont pas persuadés de cette nécessité. Ils se croient dans la voie du salut, quand ils ne sont ni injustes, ni ravisseurs du bien d'autrui, ni médisants, ni vindicatifs, ni esclaves de l'avarice et de la volupté. Que peut-on me reprocher, disent-ils ? Je ne fais tort à personne : est-on damné sans avoir commis aucun crime ? Ils avoueront sans peine qu'ils ne sont pas du nombre de ces Chrétiens fervents qui se font une extrême violence pour gagner le Ciel, mais ils ne peuvent se persuader qu'ils soient du nombre des pécheurs.


2e point.
On peut être réprouvé pour la simple omission des bonnes œuvres. Car, 1°, pour être sauvé, dit l'Écriture, il ne suffit pas d'éviter le mal, il faut faire le bien : Declina à malo et fac bonum. Le salut de l'homme roule sur ces deux points, et l'un sera compté pour rien si on le sépare de l'autre. 2°, L'arbre stérile est jeté au feu, quoiqu'il ne fît point d'autre mal que celui d'occuper inutilement la terre. 3°, Le serviteur négligent est pareillement condamné aux ténèbres extérieures, non pour avoir perdu son talent, mais pour avoir omis de le mettre en valeur. 4°, Dans l'arrêt qui sera prononcé contre eux au dernier jugement, Jésus-Christ ne leur reprochera que des péchés d'omission : J'ai eu faim, dit-il, et vous ne m'avez pas donné à manger. Travaillez donc sans cesse à sanctifier votre vie par de bonnes œuvres, et ne perdez jamais de vue cette maxime indubitable dans les principes de la Religion, que c'est un très grand mal devant Dieu, que de ne pas faire le bien quand on en a le pouvoir.




Reportez-vous à Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur l'obligation de vivre une vie pénitente et mortifiée, Méditation sur le rapport des actions à Dieu, Méditation sur l'oisiveté, Méditation sur l'expiation du péché, Méditation sur la réparation du péché, Méditation sur le combat de la chair contre l'esprit, Méditation sur la force des penchants qui nous portent au péché, Méditation sur les caractères de la vraie et de la fausse pénitence, Méditation sur la miséricorde de Dieu, Méditation sur la pénitence du cœur, Méditation sur la promptitude et la vivacité de la vraie pénitence, Méditation sur la vraie pénitence, Méditation sur le respect humain, Méditation sur les moyens de surmonter la faiblesse du respect humain, Méditation sur le crime du respect humain, Méditation sur les œuvres de piété faites par respect humain, Méditation sur la piété extérieure, Méditation sur la conscience timorée comparée à la conscience scrupuleuse, Méditation sur les moyens de guérir les illusions de la fausse conscience, Méditation sur les péchés d'ignorance, Méditation sur les illusions de la fausse Conscience, Méditation sur la fausse conscience, Méditation sur l'aveuglement de la Conscience, Méditation sur le repos de la conscience, Méditation sur la conscience, Méditation sur la passion dominante, Méditation sur les moyens de connaître les passions dominantes, Méditation sur les moyens d'acquérir la connaissance de nos devoirs, Méditation sur l'amour de la vie, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur le péché de scandale, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Méditation sur l'illusion des prétextes dont on s'autorise pour ne pas quitter l'occasion du péché, Méditation sur la fuite des occasions prochaines du péché, Méditation sur la recherche volontaire de l'occasion prochaine du péché, Méditation sur l’œil qui scandalise, Méditation sur la distinction du péché mortel et du péché véniel, et Méditation sur l'exemple de la multitude.
















dimanche 20 août 2017

XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques





Extrait de "LES SAINTS ÉVANGILES DES DIMANCHES ET DES PRINCIPALES FÊTES DE L'ANNÉE", par M. l'Abbé A. Guillois :


« On amena à Jésus un homme qui était sourd et muet. » C'est un triste spectacle, aux yeux de la foi, qu'un Chrétien qui n'entend plus la voix de Dieu, qui ne parle plus à Dieu. Mais quelque déplorable que soit cet état, il est encore une main puissante qui peut l'en faire sortir ; il n'a qu'à se faire conduire à Jésus-Christ par ceux qui s'intéressent à son salut. — « Jésus, tirant cet homme de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles et de la salive sur la langue. » Ce qui rend un pécheur sourd à la voix de Dieu, c'est le fracas du monde au milieu duquel il vit, c'est le tumulte des affaires, c'est le bruit des passions. Pour le disposer à entendre, il faut auparavant le tirer de la foule ; mais il faut aussi que Jésus-Christ le touche particulièrement de sa grâce. « Puis levant les yeux au ciel, il jeta un soupir, et dit : Ephpheta, c'est-à-dire, ouvrez-vous ; aussitôt ses oreilles furent ouvertes, sa langue déliée, et il parlait distinctement. » Toutes ces différentes actions n'étaient point nécessaires pour la guérison de cet homme ; une seule parole, un seul acte de la volonté du Sauveur aurait suffi ; mais elles étaient nécessaires pour notre instruction : Jésus-Christ nous apprend par là qu'un pécheur est bien difficile à convertir, quand il ne veut point entendre parler de son état, ni s'en expliquer lui-même à ceux qui pourraient l'en tirer ; il faut lever les yeux au ciel, il faut gémir ; c'est-à-dire qu'il faut prier, qu'il faut faire pénitence pour ces sortes de pécheurs, et forcer pour ainsi dire le ciel, par une sainte importunité, de toucher leur cœur et de les convertir. — « Ephpheta, c'est-à-dire, ouvrez-vous. » Ce mot mystérieux fut aussi prononcé sur vous, au moment de votre baptême, afin que vos oreilles s'ouvrissent aux vérités de la foi et aux préceptes de l'Évangile. Elles se sont en effet ouvertes par la vertu de ce mot puissant ; mais ne se sont-elles point refermées depuis ? Et votre langue qui, sur les fonts sacrés, fut déliée pour confesser hautement la foi de Jésus-Christ, n'est-elle point aujourd'hui comme paralysée ? De nos jours, hélas! que d'infortunés qui sont tout à la fois sourds et muets ! sourds à toutes les inspirations de la grâce ; muets quand il faudrait parler et se montrer franchement Chrétiens. N'êtes-vous point de ce nombre ? Que de muets surtout au tribunal de la pénitence ! que de pécheurs qui manquent de sincérité et cachent des péchés en confession ! En vain l'Église ne cesse-t-elle de leur répéter, par la voix de ses ministres, que la confession, pour être bonne et pour conduire à la grâce de la justification, doit être faite avec une bonne foi pleine et entière ; ils se laissent dominer par le démon de la mauvaise honte, et sortent du saint tribunal plus coupables qu'ils n'y étaient entrés. Vous n'osez déclarer vos péchés... Et que craignez-vous donc ? la sévérité du Prêtre ? Mais un confesseur, quoique votre juge, manque-t-il jamais de vous parler en père ? Si quelquefois il parle avec force et énergie, s'il exige de vous quelque sacrifice, c'est qu'il le juge nécessaire au salut de votre âme. Un médecin est-il un bourreau, parce qu'il emploie le fer et le feu à guérir une plaie que des remèdes plus doux entretiendraient et rendraient mortelle ? Qu'arriverait-il, d'ailleurs, si le dépositaire des secrets de votre conscience ressemblait à ces ministres séducteurs dont parle Jérémie, qui traitent d'une manière honteuse les plaies du peuple, disant : La paix, la paix, quand il n'y a point de paix ? Qu'arriverait-il, s'il ressemblait à ces Prophètes lâches et mous par intérêt, qui, selon Ézéchiel, mettent des coussins sous tous les coudes, et des oreillers sous toutes les têtes ? il tuerait votre âme, en prétendant la guérir, et vous conduirait à l'enfer, en voulant élargir la voie qui conduit au ciel. — Vous n'osez déclarer vos péchés.... Et que craignez-vous donc ? l'indiscrétion du Prêtre ? Toutes les lois divines et humaines l'obligent à se taire. Votre secret est plus sûr entre ses mains que dans les vôtres : vous, vous pouvez parler de vos péchés; le confesseur ne peut pas même y penser. Au saint tribunal, le confesseur a dû tout savoir ; sorti du tribunal, il est tenu de tout ignorer. Quand il s'agirait du salut d'un état tout entier, et, par impossible, de la conservation de la foi dans un empire, il n'aurait d'autre parti à prendre que le silence. Il ne pourrait user, ni directement, ni indirectement, de la connaissance acquise par la confession, pour conserver ses propres jours, et n'eût-il point d'autre moyen d'éviter la mort, il devrait mourir, plutôt que de rompre l'inviolable secret de la confession. Du reste, on peut dire que Dieu veille lui-même à la conservation de ce secret. Dans les jours mauvais, tout a été violé, excepté le secret des âmes et des consciences ? De nombreuses apostasies ont eu lieu : à-ton jamais entendu dire que des confessions aient été révélées ? Ce qu'il y a de plus étonnant encore, c'est que, plusieurs fois, on a interrogé des Confesseurs dans la folie et dans le délire, des Confesseurs qui déraisonnaient sur tout autre objet ; leur parlait-on de confession ? ils reprenaient leur sens pour réprimer l'audace de ceux qui les interrogeaient. — Pécheurs, qui que vous soyez, bannissez donc toute crainte, n'écoutez plus ce démon muet qui, jusqu'à ce jour peut-être, vous a fermé la bouche, et déclarez avec candeur et ingénuité tous vos péchés, quelque nombreux et quelque énormes qu'ils puissent être.


PRIÈRE

Faites, ô Jésus ! que mes oreilles soient toujours ouvertes aux vérités de la foi et aux préceptes de votre Évangile ; rendez-moi docile à toutes les inspirations de votre grâce, et déliez ma langue, afin que je déclare avec sincérité à votre ministre tous les péchés dont je me suis rendu coupable, et que je mérite d'en obtenir le pardon. Ainsi soit-il.





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