Nous donnons ces Pratiques pour aider aux personnes qui ne sont pas avancées dans l'exercice de la présence de Dieu, et qui ne commencent qu'à s'y appliquer. Celles qui ont fait de grands progrès dans le divin amour, n'ont pas besoin de ces moyens. C'est à celles-là que le grand Saint Augustin dit : Aimez, et faites ce que vous voudrez. Un simple regard de ces âmes, dit plus que ce que les autres peuvent dire dans une grande multitude de paroles.
Actes de la présence de Dieu
Ô Très-sainte et suradorable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, mon Dieu, comme vous remplissez toutes choses par votre immensité, vous êtes, ô mon Dieu, plus présent ici que je n'y suis moi-même ! Ah ! je vous y aime, je vous y demande pardon, je vous y remercie, je vous y glorifie de tout mon cœur.
On peut faire cet acte à toutes les heures du jour. Mais pour s'en acquitter dignement, il le faut faire dans un recueillement intérieur avec attention, et un profond respect, s'anéantissant intérieurement devant la Majesté infinie de Dieu.
On peut se contenter de cet anéantissement intérieur lorsque l'on est en compagnie ; mais il est bon quand on est seul, de se mettre à genoux, et même se prosterner pour adorer les trois Personnes divines.
Comme les pauvres âmes qui sont en Purgatoire y souffrent des peines inexplicables, la divine charité demanderait que l'on y pensât souvent ; ainsi, on pourrait ajouter l'acte suivant.
Pour les Âmes du Purgatoire
Mon adorable Sauveur, quelque part de votre douloureuse Passion, de votre sainte Mort, et de tous vos mérites et satisfactions aux pauvres Âmes qui sont en Purgatoire.
Quelquefois quand on a le loisir, il faut faire quelques-uns des actes suivants, tantôt l'un, tantôt l'autre ; mais il vaut mieux en faire peu avec esprit, que d'en faire beaucoup avec peu d'attention.
Autre Acte de la présence de Dieu
Ô Dieu d'infinie Majesté, Trinité suradorable, Dieu qui êtes ici plus présent que moi-même ! comme tout ce que les pures créatures vous peuvent rendre d'honneur, est bien éloigné de ce qui vous est dû, je m'unis et je vous présente toutes les adorations, tous les amours, toutes les louanges, toutes les satisfactions, toutes les actions de grâces, toute la gloire que l'âme sainte de Jésus vous a rendues, vous rend, et vous rendra durant toute l'éternité. Ah ! je veux vous louer par toutes ces louanges, vous satisfaire par toutes ces satisfactions, vous adorer et vous aimer par toutes ces adorations et ces amours, vous remercier par toutes ces actions de grâces, et vous glorifier par toute cette gloire.
Autre Acte
Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, avec votre Fils adorable, et le Saint-Esprit, je déteste tous mes péchés plus que tous les maux ensemble ; et j'en ai regret du plus intime de mon cœur, dans la seule vue que les intérêts de votre divine Majesté en sont blessés, sans considérer les miens ni du côté de la peine, ou de la récompense, ni de la part du temps, ou de l'éternité, ni en la vue du Paradis ou de l'Enfer. Ah ! je m'unis à toute la douleur que l'adorable Jésus votre Fils bien-aimé a eue. Je vous offre pour y satisfaire toutes ses satisfactions, toute sa passion douloureuse, et sa précieuse Mort.
Autre Acte
Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, je vous y adore avec votre Fils bien-aimé, et le Saint-Esprit. Je vous offre toutes les satisfactions de l'adorable Jésus, tous ses mérites pour tous les péchés des hommes, et en particulier des Chrétiens, afin que vous en détourniez votre colère, que vous donniez la paix à votre Église, et à tous les Princes Catholiques, et la victoire contre les infidèles et hérétiques, afin que votre règne arrive par la destruction de l'infidélité et de l'erreur dans les pays des infidèles et des hérétiques, et par la destruction du péché, et de l'établissement de votre amour dans les pays des Catholiques ; et en particulier sur mon être et toutes les opérations de mon être, sur toutes mes pensées, paroles, actions et souffrances.
Autre Acte
Ô Père Éternel, qui êtes ici très-présent, en considération de votre Fils bien-aimé, dont vous avez bien voulu que j'eusse l'honneur d'être l'un des membres en qualité de Chrétien, ah ! faites que je soutienne par votre grâce dignement une qualité si divine, qu'en qualité de membre de votre Fils bien-aimé, je ne sois animé que de son pur Esprit ; qu'il me gouverne, qu'il me conduise, et qu'il soit le principe de toutes mes actions et souffrances : en sorte qu'en toutes choses j'agisse par ses divins mouvements dans l'union avec l'adorable Jésus mon divin Chef, étant dépouillé du vieil homme.
(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)
Reportez-vous à Exercice de la présence de Dieu, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Dieu qui est présent partout demande de l'amour, Dieu qui est partout demande le respect extérieur, Dieu qui est partout, demande le respect intérieur, Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Aveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de Dieu, Méditation sur l'oubli de la présence de Dieu, Méditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.
dimanche 19 juin 2022
Pratiques ou Actes de la présence de Dieu
mercredi 8 juin 2022
Exercice de la présence de Dieu
Cet exercice consiste dans un simple regard de Dieu par la foi, par une application affectueuse, sans bandement de tête, ni aucun effort de l'imagination, à quoi il faut prendre garde, de peur de se blesser la tête, et de se faire mal ; et de cette manière on évitera les inconvénients que l'ignorance et l'indiscrétion causent souvent ; et on n'aura pas l'esprit dans la contrainte que quelques-uns attribuent mal-à-propos à ce saint exercice, qui est tant recommandé par les Saintes Écritures, et dans les écrits des Pères de l'Église, et de tous les Docteurs qui ont été remplis du Saint-Esprit. Il est bon à son réveil, dès le matin, de commencer la journée par ce divin exercice ; et d'en faire un saint usage de temps en temps durant le jour ; et pour cela la séraphique sainte Thérèse est d'avis que l’on se serve de saintes industries pour ramener à Dieu notre pauvre esprit qui en est si égaré. On peut se servir pour cela des horloges qui forment les heures, se mettant en la présence de Dieu à toutes les heures : et ce sera un moyen d'en acquérir peu à peu l'habitude avec les secours divins. Il y en a plusieurs qui récitent quelques prières vocales à chaque heure du jour, et c'est une pratique très-bonne et très-louable ; mais souvent cela se fait avec peu d'application; et quelquefois par pure coutume. Dieu serait bien plus glorifié, que l'on entrât dans un véritable recueillement, pour le voir présent par la foi, et pour ensuite l'aimer et l'adorer. On peut dans la campagne, où il n'a point d'horloge, se servir de quelques autres moyens, pour se souvenir de cette divine présence quatre ou cinq fois tous les matins, et autant après avoir dîné.
Il y en a qui portent sur la manche une croix de deux épingles croisées, on pourrait n'y en mettre qu'une seule, comme on en met souvent pour se souvenir de quelque chose ; et cela leur sert pour voir Dieu présent par la foi, ce qui contribue beaucoup à empêcher qu'on ne l'offense dans les occasions, ou à faire ce qu'il demande de nous, et à souffrir en patience les maux qui arrivent.
Comme cet acte intérieur de la présence de Dieu se peut faire en très-peu de temps, il n'y a rien qui empêche que l'on ne s'en serve au milieu des compagnies, aussi-bien que si l'on était seul, dans tous les exercices extérieurs, parmi les affaires, les soins que l'on doit prendre, en étudiant, en se divertissant, et enfin dans quelque état que l'on se trouve. On peut même en faire usage durant les maladies ; car comme il consiste dans un simple souvenir affectueux par la foi de Dieu présent, sans s'en former d'images distinctes, cela n'apporte aucune incommodité. Il est bon, lorsque l'on est en santé, et que l'on se trouve seul, de se mettre à genoux à toutes les heures pour adorer la suprême Majesté des trois Personnes divines de la suradorable Trinité, et même de se prosterner devant sa grandeur infinie.
J'ai connu des Communautés Religieuses dans lesquelles cet exercice de la présence de Dieu était ordinaire parmi leurs pensionnaires, en sorte qu'à chaque heure toutes se mettaient à genoux pour adorer ce Dieu d'infinie Majesté présent. J'ai connu même des familles séculières où l'on n'y manquait pas, les maîtres et les serviteurs s'en acquittant avec bien de la fidélité, à moins qu'il ne se rencontrât des personnes étrangères du dehors ; et encore lorsqu'on les en jugeait capables, on les invitait à faire de même. Je demeure d'accord qu'il faut en ce sujet user de discrétion : mais chose étonnante, si quelque Grand de la terre nous faisait l'honneur de nous venir voir, non-seulement nous, mais tous ceux qui se rencontreraient, ne manqueraient pas de lui rendre leurs respects ; et nous prendrions bien la liberté de leur en donner avis s'ils ne le faisaient pas. Un Ecclésiastique de ma connaissance, pénétré de cette vérité, en use avec bénédiction dans les occasions, et particulièrement quand on le vient voir : et il invite de tous côtés ceux avec qui il se trouve, d'adorer Dieu présent, leur en faisant faire en même-temps l'exercice. Les Pères Chartreux ont une coutume sainte, lorsqu'on les visite, ils commencent toujours la conversation par la prière, et se mettent à genoux. C'est ce qui était ordinaire parmi les premiers Chrétiens. Mais malheur à nous, qui avons dégénéré si lâchement de cette première ferveur !
Cet exercice de la présence de Dieu, fait que l'on s'acquitte saintement des bonnes actions, qui souvent se font avec une négligence lamentable. Il serait à désirer que l'on s'en servît au commencement des prières, et lorsque l'on récite l'Office au commencement de chaque heure. Certainement si on considérait bien la Majesté infinie de Dieu présent à qui l'on parle, on se donnerait bien de garde de le prier avec une telle précipitation de paroles, que l'on passerait pour ridicule si on parlait de la même manière à un valet. C'est ce qui arrive même en la célébration des Mystères divins ; et les enfants ou autres qui répondent particulièrement lorsque l'on récite les versets qui se disent immédiatement après le Confiteor, au commencement de la sainte Messe, ou au Kyrie, eleison, le font avec tant de vitesse, que les hérétiques en ont fait le sujet de leurs railleries. Ô ! si les Prêtres faisaient une sérieuse attention aux Mystères redoutables qui se passent en la sainte Messe, au grand Dieu des éternités qui se rend présent entre leurs mains, dans quels anéantissements ne seraient-ils pas ? Avec quels respects tous les peuples ne feraient-ils pas leurs prières ?
Les distractions involontaires, et qui ne sont pas causées par quelques attachements, ou par trop d'épanchement dans les choses extérieures, ne doivent pas embarrasser. Il faut donner le temps à ce qui est nécessaire dans l'ordre de Dieu, et ne négliger rien des obligations de son état. Mais il faut retrancher les occupations inutiles, et ne donner que le nécessaire à ce qui est de notre obligation. Il faut retirer son esprit de tous les embarras inutiles des créatures, qui sont cause que nous oublions le Créateur. Il faut ôter de son cœur toutes les affections qui en divertissent. Le trop de présence des créatures, nous prive de la présence de Dieu. Si nous veillions bien à retrancher les occupations qui ne sont pas nécessaires, nous trouverions du temps pour nous occuper des choses célestes. Se peut-on figurer un aveuglement plus étrange que celui de ces gens qui disent qu'ils ont trop d'affaires, et qu'ils n'ont pas le loisir de donner quelque heure pour méditer saintement sur leurs affaires éternelles. Ces gens ne trouvent-ils pas le temps de dormir, de boire et de manger, de faire des visites, et d'en recevoir, et de s'entretenir avec les hommes ?
Après tout, c'est un honneur si grand, que celui que Dieu nous fait de vouloir bien nous permettre, chétifs néants que nous sommes, de le regarder, et de l'entretenir, qu'il n'y a point de peine que nous ne devions souffrir avec joie pour avoir cette grâce. Ainsi, il sût porter avec patience et en paix l'importunité des distractions, l'ennui, et la privation du sentiment, et de toute consolation. Souvent il arrive que dans les commencements la présence de Dieu est plus sensible, et que dans la suite du temps les sens n'y ont point de part. Mais la foi nous doit suffire. Si l'on considère les peines que se donnent les Courtisans des Rois, et le plaisir qu'ils ont s'ils leurs disent quelque parole après avoir employé bien du temps à leur faire la cour, on verra très-clairement que tout ce que l'on souffre est très-peu de chose, dans l'exercice de la présence de Dieu.
Comme cette Majesté suprême est présente à toutes sortes de personnes sans aucune exception, il n'y en a point sans réserve qui ne doivent s'y appliquer, et les plus grands pécheurs même. Ce serait le grand moyen de se retirer de l'abîme de leurs vices, et d'obtenir des grâces singulières pour faire de dignes fruits de pénitence. Il faut pour ce sujet ménager quelque temps de retraite. Ceux qui vivent dans la campagne loin des embarras des Villes, en ont une heureuse occasion. Ô ! qu'il serait doux, se promenant dans quelque allée d'un jardin, d'un bois, ou en quelque autre lieu à l'écart, et éloigné des compagnies de la terre, de se souvenir de celle que l'on a des trois Personnes divines de la suradorable Trinité, et d'en faire un divin usage, se mettant à genoux lorsque l'on est seul, pour les adorer, et s'anéantir devant leur grandeur infinie.
(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)
Reportez-vous à Pratiques ou Actes de la présence de Dieu, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Dieu qui est présent partout demande de l'amour, Dieu qui est partout demande le respect extérieur, Dieu qui est partout, demande le respect intérieur, Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Aveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de Dieu, Méditation sur l'oubli de la présence de Dieu, Méditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.
dimanche 5 juin 2022
Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit
Ceux qui vivent selon la chair goûtent les choses de la chair, tandis que ceux qui sont spirituels n'ont de goût que pour les choses de l'Esprit. (Rom., VIII, 5)
« Les dons de l'Esprit-Saint sont unis entre eux dans la charité, de telle sorte que celui qui a la charité a tous les dons de l'Esprit-Saint, et que, sans elle, on ne peut en avoir aucun (S. Thom., 1. 2, q. 68, a. 5). » — « Les dons sont donc toujours et infailliblement distribués avec la grâce sanctifiante ; mais, en cet état commun, ils ne produisent pas un grand effet ; voici comment nous pouvons en mériter un notable accroissement et les posséder à un haut degré. »
Recourir au Saint-Esprit par la prière. « Comme ce sont les dons du Saint-Esprit, il est raisonnable et nécessaire de les lui demander, et, comme ce sont de très-grands dons, de les lui demander avec toutes les instances possibles. Pour cela, outre les prières que nous pourrons faire de nous-mêmes, il faudra dire, souvent et avec une affection très-grande, le Veni, creator, et la belle prose, Veni, sancte Spiritus. Il sera même bon, durant quelque temps, de demander un don, de faire tous ses efforts pour l'obtenir, et de passer ensuite à un autre (Saint-Jure, ch. III, sect. 16, art. 3). »
S'unir intimement à Notre-Seigneur Jésus-Christ. « Nous acquérons la grâce du Saint-Esprit par Notre-Seigneur, de la plénitude de qui nous avons tout reçu (S. Jean, I. 16), et par ses mérites, et par les douleurs de sa mort, qui ont obligé son Père à verser sur nous toutes sortes de bénédictions célestes. (Ephés, I, 3) Entre ces bénédictions, il n'y a point de doute que les sept dons du Saint-Esprit ne tiennent un des premiers rangs ; et, comme Notre-Seigneur en a été surabondamment rempli, et pour lui et pour nous, nous devons nous unir à lui pour les prendre de lui (Ibid. — Cette union s'accomplit surtout par la sainte communion : en recevant, par la communion, Jésus-Christ en nous, nous recevons aussi l'Esprit de Jésus-Christ). » — « C'est surtout dans les scènes de la Passion qu'il faut chercher l'humanité sainte du Dieu Sauveur, et nous y attacher par la contemplation. De ses plaies sacrées couleront sur nous, comme d'autant de sources fécondes, et les eaux de la grâce, et les dons de l'Esprit sanctificateur. Là, en effet, dit saint Bonaventure, on voit briller avec éclat, dans un foyer commun, la sagesse et l'intelligence, le conseil et la force, la science et la piété, et la crainte du Seigneur (P. Belot, p. 50. Lire, dans l'admirable ouvrage de saint Bonaventure intitulé : Aiguillon de l'amour divin, les chapitres VII, VIII et IX, qui traitent des rapports de la Passion avec les dons, les béatitudes et les fruits du Saint-Esprit.
La dévotion à Marie. « Marie a été, dès le premier instant de sa conception immaculée, enrichie des dons de l'Esprit-Saint. Elle a reçu ces dons sacrés, comme notre mère, pour nous les communiquer à nous-mêmes. Elle est la Mère du bel amour, de la divine connaissance et de la sainte espérance. Elles est pour nous la Mère de la grâce divine. C'est donc de cette tendre mère que nous devons les attendre, ces dons précieux ; c'est par elle que nous devons les demander (P. Belot, p. 236). »
Bannir de l'âme l'esprit du monde. « Les amateurs du monde ne sont point capables de tels dons, d'actes si parfaits, de rayons si lumineux ; car l'Esprit-Saint est donné lui-même au milieu de telles faveurs, et le monde ne peut recevoir cet Esprit de vérité, selon la parole du Seigneur. (S. Jean, XIV, 17) Et la raison qu'il en donne, c'est que le monde ne le voit point et ne le connaît point. L'intelligence des mondains n'est point apte à voir la lumière ; elle n'a point ces yeux invisibles par lesquels on peut contempler cet Esprit. Et la raison, c'est que, selon saint Paul, l'homme animal ne conçoit point les choses qui sont de l'Esprit de Dieu (I Cor., II, 14) ; car de tels hommes, dit le Psalmiste, ont résolu de tenir leurs yeux baissés vers la terre (Ps. XVI) (S. Bonaventure, liv. I, ch. V.). »
Pratiquer le recueillement intérieur. « Les rayons de ce divin soleil ne pénètreront pas les forces de notre âme, si celles-ci ne sont recueillies. Quelque pures que soient les eaux d'une rivière, les rayons lumineux ne peuvent les pénétrer, l'œil ne peut y rien distinguer, si elles sont agitées. Le Saint-Esprit ne parle pas dans le bruit ; il attend que l'on fasse silence pour faire entendre ses leçons. Et parlerait-il, d'ailleurs, comment une âme distraite, agitée, pourrait-elle prêter l'oreille à sa voix, et quel fruit pourrait-elle retirer de ses divins enseignements (P. Belot, p. 46. La vigilance sur nous-mêmes et l'usage des oraisons jaculatoires nous sont nécessaires pour garder le recueillement. L'amour du silence en est une autre condition ; mais sa source principale, c'est l'oraison. Un homme d'oraison ou un homme recueilli, c'est une seule et même chose : l'oraison n'est que l'exercice destiné à nous établir dans le recueillement. Le recueillement, c'est l'état habituel d'oraison ; et l'oraison, c'est l'acte, l'exercice quotidien du recueillement. (Mgr de Ségur, Le Chrétien vivant en Jésus, ch. VIII, 3.))
Les âmes terrestres, à mesure qu'elles se dilatent au-dehors par des désirs, resserrent de plus en plus l'entrée de leur cœur, et même la ferment quelquefois à l'Esprit divin. (Saint Grégoire)
« Que vous êtes heureux ! disait le jeune Décalogne à deux ou trois de ses camarades ; que vous êtes heureux ! Vous allez recevoir un sacrement qui vous donnera tant de facilité pour persévérer dans le bien et soutenir les bonnes résolutions que vous avez prises lors de votre première communion ! Que je voudrais être à votre place ! Pourquoi ce sacrement ne peut-il se réitérer ! car je savais à peine ce que je faisais lorsque je le reçus. Puisque le Saint-Esprit est Dieu, disait-il une autre fois à un de ses condisciples, il me semble qu'on ne doit pas se préparer avec moins de soin à recevoir la confirmation qu'à faire sa première communion. » Afin de réparer, en la manière qu'il pouvait, le manque de préparation qui avait précédé pour lui la confirmation, faute qui était du reste bien moins l'effet d'un manque de volonté que de la faiblesse de l'âge, il s'instruisit avec soin de tout ce qui a rapport à ce sacrement. Il en paraissait plus occupé que ceux qui se disposaient à le recevoir. Le jour de la confirmation, il s'approcha de la sainte table pour demander à Dieu de lui communiquer, comme à ses camarades, les précieux dons du Saint-Esprit, et la ferveur de ses désirs lui mérita d'en recevoir toute la plénitude. (Vie du jeune Décalogne)
(Les sept dons du Saint-Esprit)
Reportez-vous à Action du Saint-Esprit dans l'Église, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation
pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la
synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour
demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
mardi 7 décembre 2021
Résolutions à prendre pour la fête de l'Immaculée Conception de Marie
Marie prévenue de toutes les bénédictions de la grâce ; défendue par le privilège de sa Conception miraculeuse, qui semblait mettre entre elle et le péché un intervalle presque infini, ayant la promesse de Dieu pour garant de son innocence ; Marie ne crut pouvoir se soutenir que par la fidélité et la vigilance, et ne se trouva en sûreté que loin du monde et de ses périls. Quelle instruction pour nous, et quel exemple ! Si Marie, délivrée de ce fonds de corruption et de faiblesse qui nous fait un danger de tout et nous rend les chutes si faciles, fuit le monde et persévère dans le recueillement et dans la prière, comment pouvons-nous nous flatter de conserver au milieu de ses plaisirs et des ses périls une innocence qui trouve déjà au-dedans de nous des ennemis si terribles à combattre ? Et quelle résolution plus sage, plus chrétienne et plus nécessaire pouvons-nous prendre en ce jour, que de nous environner nous-mêmes de la vigilance la plus sévère et des précautions les plus rigoureuses contre le monde et ses séductions ? La fuite des occasions devança même en Marie l'âge où les périls sont à craindre ; de bonne heure, cherchons donc comme elle, près du sanctuaire du Seigneur, un asile, pour y mettre à couvert de la contagion du siècle le trésor de notre vertu. N'oublions jamais que les grâces même les plus signalées du ciel ne seraient plus pour nous qu'un malheur et un piège, si elles nous inspiraient une sécurité présomptueuse ; que Marie, assurée que la grâce ne l'abandonnerait jamais, vécut comme si elle avait toujours craint de la perdre, et que sans cette défiance perpétuelle de nous-mêmes, sans les précautions les plus rigoureuses et les plus constantes, nous n'aurions à attendre que les chutes les plus déplorables et les plus honteuses.
(Manuel des petits séminaires)
Reportez-vous à Prière à l'Immaculée Conception, Le Fils de Dieu se devait aussi à lui-même d'accorder le privilège de l'Immaculée Conception à Marie, La grâce privilégiée d'une conception sans tâche, Le Mystère de l'Immaculée Conception de Marie, Litanies de l'Immaculée Conception de la très-sainte Vierge, Je suis l'Immaculée Conception !, Méditation sur l'Immaculée Conception de Marie, Prière de Pie XII pour la Neuvaine à l'Immaculée Conception, Petit chapelet de l'Immaculée Conception de Marie, Dévotion à l'Immaculée Conception de la très-sainte Vierge Marie, Actes de Foi, d'Espérance et d'Amour à Marie, Prière à la sainte Vierge honorée dans son Immaculée-Conception, Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, AD DIEM ILLUM LAETISSIMUM, Lettre encyclique du Pape Pie X, Sur l'Immaculée Conception de Marie et Ineffabilis Deus,
Constitution Apostolique de Sa Sainteté le Pape Pie IX pour la
définition et la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.
mardi 31 août 2021
Vivre dans le recueillement et dans le silence, c'est mener une vie douce et agréable
| Saint Jérôme |
De tout ce que nous avons dit, il s'ensuit une chose digne de remarque ; c'est que mener une vie retirée, où l'on ne veut ni voir, ni parler, ni entendre parler que de choses nécessaires ou utiles au salut, et où on devient sourd, aveugle et muet aux choses du monde pour l'amour de Dieu, n'est pas une vie triste et mélancolique, mais plutôt une vie très-douce et très-agréable ; et d'autant plus douce, que le commerce et la conversation avec Dieu, vers lequel elle nous élève, a incomparablement plus de délices et de charmes, que la vie ordinaire de tous les hommes. « Que les autres, dit saint Jérôme, en jugent comme il leur plaira, car chacun s'en rapporte à ce qu'il sent ; pour moi, je regarde le monde comme une prison, et la solitude comme un Paradis. » Saint Bernard disait pareillement, qu'il n'était jamais moins seul, que quand il était seul ; que c'était alors qu'il se trouvait en meilleure compagnie, et qu'il était plus content, parce qu'il n'y a que le commerce avec Dieu, qui puisse donner un solide contentement à l'âme. Ceux qui ne savent ce que c'est que le commerce intérieur avec Dieu, et qui n'ont point de goût pour la spiritualité et pour l'oraison, trouveront cette sorte de vie triste et mélancolique ; mais cette vie, pour un véritable Chrétien, sera toujours remplie de consolation et de douceurs.
La joie intérieure, selon le sentiment même de la Philosophie païenne, est la seule qui soit solide : l'or le plus pur n'est point celui que l'on trouve sur la superficie de la terre, c'est celui qui est caché dans le fond de ses entrailles, dans ses veines les plus cachées : aussi le véritable contentement n'est point celui que l'on fait ordinairement paraître au-dehors dans ses paroles et dans les mouvements de son visage, car l'âme n'y a bien souvent aucune part ; c'est cette joie pure qui est renfermée au fond du cœur. La véritable joie et le véritable contentement consistent à avoir la conscience pure, à mépriser généreusement tout ce qui est périssable, et élever l'esprit au-dessus de toutes les choses de la terre.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Circonstances que nous devons observer en parlant, Le Silence est un moyen efficace pour acquérir la Perfection, Il est difficile, sans l'observation du Silence, de devenir homme d'oraison, Du Silence : Ses avantages et son utilité, Du Silence, par Saint Vincent Ferrier, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, Méditation sur les discours immodestes, Méditation sur les péchés de la langue, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Qu'il ne sorte aucun mauvais discours de votre bouche, Qu'il faut s'abstenir de toutes paroles de raillerie, et éviter toute contestation avec le prochain, Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !, et Qu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulier.
jeudi 5 août 2021
Combien de Modestie est nécessaire pour l'édification du Prochain, et utile à notre avancement particulier
La Modestie, dont nous nous proposons maintenant de parler, consiste à composer notre extérieur de manière que tous nos sens soient recueillis : que nos gestes, que nos entretiens, que notre démarche, enfin que tous nos mouvements soient réglés de telle sorte qu'ils puissent édifier tous ceux qui nous aperçoivent, et avec qui nous sommes obligés de vivre.
Et d'abord, comme il est constant que les hommes ne peuvent voir que l'extérieur des objets, rien ne les édifie, et ne les gagne davantage qu'un maintient sage et modeste : et cet extérieur les touche, et les instruit mieux que le vain bruit de l'éloquence.
Quant à nous, C'est le sentiment commun de tous les Saints, que la modestie et le recueillement des sens est un des principaux moyens que nous ayons à notre disposition pour notre avancement spirituel, d'autant que cela contribue beaucoup au recueillement intérieur ; et que comme nos sens sont autant de portes par où le mal peut entrer dans notre cœur, il est nécessaire que ces portes soient exactement gardées, afin que notre cœur puisse être dans une entière sûreté. Saint Jérôme écrivant sur ces paroles de Job : « Les portes de la mort ne vous ont-elles point été ouvertes, et n'avez-vous point vu les portes des ténèbres ? » dit que nos sens sont les portes de la mort, d'autant que c'est par ces organes que la mort du péché entre dans notre âme, suivant ces paroles de Jérémie : La mort est montée par nos fenêtres. Il ajoute que nos sens sont appelés les portes des ténèbres, parce qu'ils donnent entrée aux ténèbres du péché. Saint Grégoire dit la même chose presque dans les mêmes termes, et c'est une façon de parler ordinaire aux Saints, tirée des expressions des Philosophes, qui soutiennent qu'il n'y a rien dans l'entendement, qui n'ait auparavant passé par les sens. Quand les portes d'une maison sont exactement fermées et soigneusement gardées, tout y est en sûreté : mais si on les laisse ouvertes, si personne n'est chargé de veiller à leur garde, et si tout le monde peut y entrer et sortir à toute heure, rien ne sera en assurance dans cette maison, ou du moins on n'y sera ni en sûreté ni en repos. Il en est de même de notre âme : ceux qui auront soin de bien garder les portes de leurs sens , vivront dans la piété et dans la douceur de la paix intérieure ; mais ceux qui négligent d'en garder les avenues, n'auront ni paix, ni repos dans leur cœur. C'est pour cela que le Sage nous avertit de garder notre cœur avec toute sorte de soin, parce que c'est la source de la vie. Or, le cœur se garantit en gardant avec soin les portes des sens, suivant le sentiment de Saint Grégoire, qui dit, que pour conserver la pureté de notre cœur, il faut prendre garde à ne point laisser échapper nos sens au dehors. « Accoutumez vos yeux, dit Saint Dorothée, à ne se point tourner de côté et d'autre sur des choses vaines, et où vous n'avez nul intérêt ; cela ne sert qu'à vous détourner de vos plus saintes occupations, à les rendre infructueuses. Si vous n'avez soin que les portes de vos sens soient bien gardées, tout ce que vous avez amassé en beaucoup de temps et avec beaucoup de peine, s'échappera aisément par-là, et vous vous trouverez les mains vides. On perd bientôt par la négligence, ce que l'une a acquis par la grâce, avec beaucoup de difficulté et de travail. Évitez de trop parler, ajoute encore Saint Dorothée , parce que cela vous détourne des saintes pensées qui pourraient vous venir à l'esprit, et peut étouffer entièrement en vous toute les inspirations du Ciel. »
Les anciens Pères du Désert, au rapport de Cassien, disaient que celui qui voulait acquérir la perfection, conserver la pureté de cœur, et demeurer dans le recueillement d'esprit, devait
être aveugle, sourd et muet. Mais comment pourrons-nous, me dira-t-on, être sourds, muets et aveugles, nous qui avons tant de commerce avec le prochain, et qui sommes par conséquent obligés de voir et d'entendre beaucoup de choses que nous ne voudrions pas ? Le remède à ce mal est de voir ce qui est hors de nous comme si on ne le voyait pas, et d'entendre les choses du monde comme si on ne les entendait point ; de n'y pas laisser attacher notre cœur ; d'en bannir sans différer toutes ces choses-là, sans souffrir qu’elles s'arrêtent un seul moment dans notre mémoire.
On rapporte de Saint Bernard, qu'il avait le cœur tellement attaché à Dieu, qu'il voyait sans voir, et entendait sans entendre : il semblait qu'il eût perdu l'usage des sens. Au bout d'une année de noviciat, il ne put dire si le Plancher de sa cellule était de bois ou de plâtre : il y avait trois croisées vitrées dans l'Église, il ne s'aperçut jamais qu'il y en eût plus d'une.
Il est aisé de conclure de ce que nous venons de dire, combien se trompent ceux qui font peu de cas de ces sortes de choses extérieures, et qui pensent que la perfection ne consiste pas à être modeste dans ses actions et retenu dans ses paroles, mais qu'elle doit consister dans l'intérieur du cœur, et dans la pratique des solides et véritables vertus.
Saint Bonaventure dit à ce sujet que le recueillement intérieur s'acquiert et se conserve par le recueillement extérieur. C'est la garde et la défense du cœur au-dehors ; car, comme la nature ne produit point d'arbres sans feuilles et sans écorce, ni de fruit sans peau, et qu'elle n'a rien formé qu'elle ne l'ait accompagné en même temps de parties qui sont destinées à son ornement et à sa conservation : de même la grâce qui agit conformément à la nature, mais beaucoup plus parfaitement, qu'elle, ne forme point la vertu intérieure dans un cœur, sans y joindre les ornements ou les défenses extérieures ; c'est l'écorce, c'est la peau sous laquelle se conserve la piété, le recueillement intérieur et la pureté du cœur : si l'on ôte ces parties si essentielles, tout le reste ne tardera pas à se corrompre.
Il faut remarquer encore ici une chose bien essentielle ; c'est que comme le recueillement extérieur sert à produire et à conserver en nous le recueillement intérieur, aussi le recueillement intérieur produit infailliblement le recueillement extérieur. Où est Jésus-Christ, dit Saint Grégoire de Nazianze, la modestie y est aussi. Lorsqu'il y a une solide vertu au-dedans de nous, il y a aussi de la gravité, de la modestie et de la retenue dans tous nos mouvements extérieurs.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Du Recueillement.
samedi 5 juin 2021
Résolutions que peuvent prendre les enfants qui doivent assister à la procession du très-saint Sacrement
Les enfants ne peuvent prendre de résolution plus excellente et plus pratique que d'observer constamment le silence, la modestie et le recueillement le plus profond. L'Église, il est vrai, célèbre en ce jour le triomphe qu'elle décerne à Jésus-Christ par la pompe la plus auguste, et y fait entrer tout ce qui lui reste de ses anciens trésors et de son antique splendeur ; mais elle nous déclare toutefois qu'à ses yeux, comme aux yeux du divin Triomphateur, la plus belle pompe c'est la piété, et le plus bel ornement la ferveur ; et ce qu'elle aime aujourd'hui surtout à offrir aux regards avides de la multitude, c'est le recueillement de ses ministres, et la touchante modestie des enfants qu'elle invite à cette fête. Nous nous souviendrons donc que l'Église ne nous a permis de sortir de cette enceinte que pour édifier au-dehors tous ceux auxquels nous serons donnés en spectacle, que pour y adorer et y faire adorer Jésus-Christ ; car, il est vrai que le charme le plus puissant et le plus sûr pour reconquérir à la religion les cœurs égarés, c'est l'esprit de foi vivement peint sur le visage pieux d'un enfant chrétien ; s'il est vrai que la démonstration la plus sensible et la plus belle de la vérité de nos mystères, c'est en quelque sorte la conviction de la foi exprimée fortement par le silencieux langage de sa piété, et par le recueillement de ses modestes regards, pouvons-nous refuser cette consolation à l'Église, cette gloire à Jésus-Christ ? Et ne serions-nous pas trop heureux que le Seigneur daignât accorder à notre recueillement et à notre modestie le retour de quelque pécheur, ou la conversion même de quelque impie ?
(Manuel des petits séminaires)
Reportez-vous à Dans quels sentiments un enfant chrétien doit-il assister à la procession du très-saint Sacrement ?, Ce qu'il y a de plus beau et de plus touchant dans la Procession du très-saint Sacrement, La Fête Dieu attire sur nous les plus abondantes bénédictions, Fête Dieu : Depuis quand l'Église a-t-elle institué cette fête solennelle ?, Fête Dieu : Pourquoi l'Église déploie-t-elle tant de pompe en cette fête ?, Méditation sur la Fête du Saint Sacrement : Prenez et mangez, ceci est mon Corps, Instruction sur la Fête du Saint Sacrement, Amende honorable à Jésus-Christ dans le Saint-Sacrement, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la communion, Amende honorable au Sacré-Cœur de Jésus, Sur les excellences et sur les avantages de la sainte Communion, Sur la Chair adorable de Jésus-Christ dans la sainte Communion, Méditation sur la Communion, Litanies du Saint-Sacrement, Poème dogmatique sur l'Eucharistie, de Saint Thomas d'Aquin, Prière à réciter quand on ne peut assister à la messe les dimanches et fêtes d'obligation, Méditation sur la Victime du Sacrifice de la Messe, Méditation sur le Sacrifice de la Messe, De quels religieux respects nous devons entourer le Saint-Sacrement, Quo Primum tempore, du Pape (Saint) Pie V, sur la célébration du Saint Sacrifice de la Messe, Mystici Corporis Christi du Pape Pie XII, Méditation pour le Jeudi Saint, La communion indigne de Judas, Médiator Dei, sur la Sainte liturgie, du Pape Pie XII, Les Communions sans action de grâces, La communion spirituelle, et Communier saintement et trouver refuge et salut en Jésus-Christ au Saint-Sacrement.
vendredi 4 juin 2021
Ce qu'il y a de plus beau et de plus touchant dans la Procession du très-saint Sacrement
Le chant des cantiques, la pompe auguste des cérémonies saintes, la magnificence quelquefois royale ou bien la simplicité champêtre des reposoirs où Jésus-Christ daigne s'arrêter pour bénir son peuple, la présence même des guerriers qui accompagnent le cortège du Dieu des armées, et surtout la piété des fidèles, leur sainte joie, leur recueillement profond, leur respect, leur amour, leur empressement à répandre sur les pas de Jésus-Christ les roses effeuillées et les branches de feuillage, et à y recueillir eux-mêmes ses bénédictions et ses bienfaits : tout cela forme un spectacle magnifique et délicieux tout à la fois, qui élève l'âme, attendrit les cœurs, et fait couler des yeux des larmes précieuses, mêlées de joie et de bonheur.
Toutefois j'avoue que rien ne me touche autant que la bénédiction des petits enfants. Il me semble que Notre-Seigneur redit encore cette aimable parole : Laissez, laissez venir à moi tous ces petits enfants : je les aime, je veux les bénir et leur donner le royaume des cieux. Cette bénédiction dérange quelquefois l'ordre de la procession, importune les assistants, distrait les chrétiens sans ferveur ; mais Jésus-Christ se plaît à cette familiarité ; et ne pouvant plus comme autrefois presser les petits enfants contre son cœur, il semble heureux de venir lui-même à eux entre les mains de son ministre, ou se reposer sur leurs têtes innocentes ; et quelles grâces ne répand-il pas alors dans l'âme attendrie des enfants vraiment recueillis, vraiment fervents, et abîmés alors à ses pieds dans l'adoration et dans l'amour !
(Manuel des petits séminaires)
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lundi 29 mars 2021
Avis sur la manière de passer la Semaine sainte
Les jours les plus saints de l'année sont commencés. C'est en ces jours que s'accomplirent les plus augustes et les plus redoutables mystères de la religion ; un grand recueillement s'est répandu sur l'Église catholique tout entière. Les âmes les plus mondaines elles-mêmes ne cherchent pas à s'y dérober ; l'impiété même se condamne au silence, et laisse en liberté les enfants de Dieu célébrer les douloureuses solennités de la mort du Sauveur.
Mais si les cœurs les plus rebelles ne peuvent se défendre en ce temps d'une émotion secrète, que sera-ce des cœurs amis et fidèles à qui Jésus-Christ aime à se révéler tout entier ? Et quant aux cœurs faibles, dont la fidélité se serait démentie, et qui découvriraient encore le péché dans leur conscience, il ne faut pas qu'ils se découragent, mais qu'ils se tournent promptement vers Dieu. Ces jours sont, par excellence, les jours favorables, les jours de salut : ce sont des jours admirables pour se convertir au Seigneur, et pour passer de la mort à la vie. Jésus-Christ meurt : en mourant, il expie nos fautes, et nous donne le pouvoir de nous en relever. Mourons avec lui à nos péchés et à nos convoitises, et il nous sera donné de ressusciter avec lui à une vie nouvelle de gloire, de vertu et de bonheur.
Dans toutes les maisons chrétiennes, il y a, pendant ces saints jours, interruption dans le cours ordinaire des études ; l'âme, occupée des plus graves pensées, ne saurait se livrer à des travaux profanes. Du reste, les saints offices, mêlés d'instructions et de conférences sérieuses ; le chant des cantiques, le Chemin de la croix et d'autres pieux exercices ; la rédaction de cahiers précieux, auxquels chaque enfant confie les souvenirs qu'il a recueillis des instructions, les pieux sentiments que Dieu a mis dans son âme, et les résolutions qu'il a formées pour l'avenir, suffisent abondamment pour employer ce saint temps de la manière la plus douce, la plus utile et la plus convenable.
Le péché ; Jésus agonisant sous le poids du péché au jardin des Olives ; la trahison de Judas, le reniement de saint Pierre, la communion sacrilège ; le crucifiement de Jésus-Christ, renouvelé par le pécheur dans son âme ; la mort du juste et la mort du pécheur, l'abus des grâces et l'impénitence finale ; le jugement dernier même, où la Croix reparaîtra pour condamner les pécheurs, voilà les sujets qui peuvent se prêcher ou se méditer utilement pendant ces jours.
(Manuel des petits séminaires)
Reportez-vous à Le temps pascal, Dimanche des Rameaux, Instruction sur le Dimanche des Rameaux, Méditation pour le Dimanche des Rameaux : Dites à la Fille de Sion, voici votre Roi, qui vient à vous, plein de douceur, Autre Méditation pour le Dimanche des Rameaux, Méditation pour le Lundi Saint, Méditation pour le Mardi Saint, Méditation pour le Mercredi Saint, Méditation pour le Jeudi Saint, Jeudi saint, Origine du Vendredi Saint, Sur le Vendredi Saint, Méditation pour le Vendredi Saint, Méditation pour le Samedi Saint, La Passion corporelle de Jésus expliquée par un chirurgien, Méditation pour le lundi de la Passion, Méditation pour le mardi de la Passion, Méditation pour le mercredi de la Passion, Méditation pour le Jeudi de la Passion, Méditation pour le vendredi de la Passion, Méditation pour le samedi de la Passion, Jésus condamné à mort, Pilate lave ses mains, La communion indigne de Judas, Instruction sur le Carême, Méditation sur le Carême : Jésus ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite, Méditation pour le premier dimanche de Carême, Méditation pour le Lundi de la première semaine de Carême, Méditation pour le Mardi de la première semaine de Carême, Méditation pour le mercredi de la première semaine de Carême, Méditation pour le jeudi de la première semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la première semaine de Carême, Méditation pour le Samedi de la Première semaine de Carême, Méditation pour le Lundi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le mardi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le Mercredi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le jeudi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le samedi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le troisième Dimanche de Carême, L'Année liturgique avec Dom Guéranger : Le Troisième Dimanche de Carême, Méditation pour le Lundi de la Troisième semaine de Carême, Méditation pour le Mardi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le Mercredi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le quatrième Dimanche de Carême, Méditation pour le vendredi de la quatrième semaine de Carême, Méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ au Jardin des Olives, Méditation sur la trahison de Judas, Méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Jésus devant Caïphe y reçoit un soufflet, Jésus-Christ exposé dans le prétoire aux dérisions et aux insultes des serviteurs du grand Prêtre, Jésus-Christ flagellé, Réflexion sur la flagellation de Notre-Seigneur Jésus-christ, Méditation pour le Samedi après les Cendres, Litanies de la Passion, et L'institution du Carême et la manière dont les premiers chrétiens le passaient.
mercredi 10 février 2021
Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même
Après que vous avez mis le Seigneur dans vos intérêts par une vie pure et suppliante, lorsque vous vous êtes assuré ses grâces par la prière, consultez-vous, vous-même ; vous et non pas uniquement vos parents, vos amis, le monde, le temps. Oh ! ce serait là un moyen infaillible de vous jeter dans l'erreur et l'illusion la plus grossière et la plus coupable.
La première chose sur laquelle vous devez vous consulter après avoir comparé, dans le silence, le temps et l'éternité, c'est votre attrait. Examinez avec soin ce à quoi vous vous sentez portée ; car, il faut bien le reconnaître, tous les états ne peuvent pas également vous convenir ; et, pour mieux juger de vos dispositions, écrivez les raisons qui vous porteraient ; comparez ensuite, et voyez ce qui est dominant.
À cette recherche, à cet examen de votre attrait, joignez une considération générale sur les divers états ; observez leurs obligations, leurs douceurs, leurs difficultés et leurs avantages. Cherchez, mais toujours dans la paix, car dès que le trouble règne dans votre âme, il faut cesser l'examen ; voyez ce qui vous paraît faire le plus d'impression sur votre âme, ce qui vous entraîne vers un état, lorsque vous possédez votre Dieu dans la communion, lorsque vous êtes la plus recueillie dans l'oraison, lorsque vous méditez sur les grandes vérités du salut, la mort, le jugement, l'enfer.
Consultez-vous vous-même, je vous le répète ; et croyez que, si c'est une grande folie que de prendre un état sans examen, ce n'est pas un moindre égarement que de se décider sur des préjugés et des motifs humains.
Au nom de ce que vous avez de plus précieux au monde, au nom de votre âme et de son salut, n'écoutez pas les maximes du monde et les intérêts de famille. Le premier des intérêts et le seul, c'est le salut. Oui, disait notre divin Maître, une seule chose est nécessaire : le salut. Tout est là ; hors de là, tout n'est rien. Évitez avec soi les images brillantes, les représentations flatteuses que votre esprit pourrait vous offrir ; n'agissez jamais par intérêt terrestre ; n'oubliez pas que vous êtes faite pour Dieu !...
Pour vous aider dans votre choix, adressez-vous les questions suivantes :
1° Que me conseillerait Jésus-Christ ?
2° Que voudrais-je avoir fait à la mort ?
3° Que conseillerais-je à une amie dans ma position ?
4° Quel but me proposerai-je en choisissant cet état ?
5° Quels moyens y trouverai-je pour me sauver ?
6° Y serai-je facilement rendue conforme à Jésus-Christ ?
7° Quelles sont les occasions de péché que j'y trouverai ?
8° Quelles grâces et quels secours y trouverai-je pour être fidèle ?
9° Quelles bonnes œuvres pourrai-je y accomplir ?
10° Quelle est mon aptitude et mon attrait pour cet état ?
11° Comment pourrai-je être utile au prochain ?
12° Comment pourrai-je y procurer la gloire de Dieu ?
13° Qu'eût fait à ma place le saint auquel j'ai le plus de dévotion ?
14° Quel est l'état qui m'ouvrira le plus sûrement les portes du ciel ?
Lorsque vous vous serez ainsi interrogée, il ne vous restera plus qu'à prêter l'oreille à la voix du Seigneur, et, afin d'éviter toute illusion, à attendre que votre directeur, selon les connaissances que vous lui donnerez de vos attraits, vous dise : C'est là que Dieu vous veut !...
(Livre de Piété de la Jeune Fille)
Reportez-vous Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière à Dieu pour faire choix d'un état de vie, et connaître sa sainte volonté, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Litanies de la Jeune Fille.



