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dimanche 25 juillet 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XX : Le Purgatoire


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


XXe LEÇON

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR LA FOI,

PURGATOIRE



Q. Qu'est-ce que le purgatoire ?
R. Le purgatoire est le lieu, ou l'état, dans lequel les âmes justes, sorties de ce monde sans avoir satisfait entièrement à la divine justice pour leurs péchés, achèvent de se purifier avant d'être admises dans le ciel.

Q. Que devons-nous croire touchant le purgatoire ?
R. Nous devons croire, touchant le purgatoire : 1° qu'il y en a un ; 2° que les âmes y souffrent ; 3° que le saint sacrifice de la messe, les prières et les bonnes œuvres des vivants peuvent les soulager.

Q. Quelles preuves avez-vous de l'existence du purgatoire ?
R. Nous avons plusieurs preuves de l'existence du purgatoire. La première est tirée de l'Ancien Testament, où il est écrit que Judas Machabée envoya une somme d'argent à Jérusalem, dans l'intention de faire prier pour les soldats qui étaient morts sur le champ de bataille, afin qu'ils fussent délivrés de leurs péchés. Car, dit l'Écriture, c'est une salutaire pensée de prier pour les morts.

Q. Quelle est la seconde preuve du purgatoire ?
R. La seconde preuve du purgatoire est tirée du Nouveau Testament, où Notre-Seigneur dit que le blasphème contre le Saint-Esprit ne sera remis ni dans ce monde ni dans l'autre. Il y a donc des péchés qui sont remis dans l'autre monde, en un lieu qui n'est ni le ciel ni l'enfer, et que nous appelons purgatoire.

Q. Quelle est la troisième ?
R. La troisième preuve du purgatoire, c'est la tradition de l'Église catholique, qui, depuis les Apôtres, n'a pas cessé de prier et d'offrir le saint sacrifice pour ses enfants décédés.

Q. Quelle est la quatrième ?
R. La quatrième preuve du purgatoire, c'est la tradition des sectes séparées de l'Église, dès les premiers siècles, et qui conservent encore l'usage de prier pour les morts. Elles ne l'ont pas emprunté de l'Église après leur séparation, elles le tiennent donc des Apôtres et de Notre-Seigneur.

Q. Quelle est la cinquième ?
R. La cinquième preuve du purgatoire, c'est la tradition même des païens, qui offraient des sacrifices pour les morts ; cet usage se retrouve même chez les sauvages.

Q. Quels motifs avons-nous de prier pour les morts ?
R. Nous avons quatre principaux motifs de prier pour les morts : 1° la gloire de Dieu, à qui nous procurons des adorateurs parfaits en faisant entrer dans le ciel les âmes du purgatoire ; 2° la charité : les trépassés sont nos frères en Jésus-Christ, nos parents et nos amis selon la chair ; 3° la justice : il en est qui souffrent peut-être à cause de nous ; 4° notre intérêt personnel : ces âmes délivrées par nos prières intercéderont pour nous auprès de Dieu, et nous aideront un jour à sortir nous-mêmes du purgatoire.

Q. Quel sentiment doit nous inspirer le cinquième article du Symbole ?
R. Le cinquième article du Symbole doit nous inspirer une grande reconnaissance envers Notre-Seigneur.

Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux faire chaque jour une prière pour les âmes du purgatoire.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.













lundi 28 juin 2021

Quels sont les travaux qu'entreprit saint Paul pour la propagation du christianisme ?



À peine revêtu de la force d'en haut, je le vois, de persécuteur de l'Église devenu tout à coup apôtre de Jésus-Christ, courir affronter la rage des tyrans, l'orgueil de la sagesse humaine et la majesté de ces dieux qui depuis quatre mille ans faisaient trembler la terre. À sa voix, la philosophie païenne se tait confondue ; les idoles se brisent, les autels des faux dieux s'écroulent, et sur les débris du monde idolâtre s'élève un monde nouveau que la religion éclaire de ses lumières, console par ses bienfaits, et sanctifie par ses vertus. Pour moi, je l'avoue, lorsque je le vois parcourir l'univers à pas de géant, une croix à la main voler de conquêtes en conquêtes, et, sans aucun moyen humain, sans trésors, sans force, sans armes, triompher de tous les obstacles humains les plus insurmontables, de tous les préjugés de l'esprit révolté par la sublimité incompréhensible des mystères qu'il annonce, de toutes les passions du cœur frémissant à la vue de cette morale austère qu'il prêche, de toutes les persécutions des philosophes et des prêtres païens soulevés, de toutes les fureurs enfin des puissances de la terre conjurées contre Jésus-Christ, et qui pendant trois siècles s'efforceront encore vainement d'ensevelir l'Église naissante dans le sang de ses prédicateurs et de ses disciples : à la vue d'un spectacle si étrange, d'une lutte si extraordinaire, d'une victoire enfin si miraculeuse, je reconnais dans saint Paul une force supérieure et manifestement divine ; je bénis Dieu de m'avoir ménagé une preuve si forte et si belle de la divinité de ma religion ; et m'attachant plus que jamais à cette religion sainte, je veux tous les jours de ma vie m'appuyer sur elle, me nourrir de sa foi, m'éclairer de ses lumières, me diriger par ses enseignements, me consoler par ses espérances, et, au milieu des épreuves de mon exil ici-bas, relever et soutenir à jamais mon courage par le souvenir de ses glorieux combats et de ses miraculeuses victoires.

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à Méditation pour la Commémoraison de Saint Paul, Quel est le merveilleux changement qu'opéra dans saint Pierre la descente du Saint-Esprit ?, Saint Paul Serviteur et Apôtre de Jésus-Christ, Prière à Saint Paul, Saint Pierre, Chef et Pasteur de l'Église de Jésus-Christ, et Litanies de Saint Paul Apôtre.













jeudi 10 juin 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon II : Naissance du Messie


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


IIe LEÇON

NAISSANCE DU MESSIE



Q. Tous les peuples attendaient-ils le Messie lorsque Notre-Seigneur Jésus-Christ vint au monde ?
R. Lorsque Notre-Seigneur naquit, tous les peuples attendaient un personnage extraordinaire qui devait régner sur le monde et y établir l'empire de la justice et de la vertu. Les Juifs savaient, d'après les prophéties, que la venue du Messie était proche ; mais aveuglés par les Pharisiens, ils attendaient un Messie conquérant, qui les délivrerait du joug des nations. C'est même dans cette espérance qu'ils entreprirent, malgré leur faiblesse, de soutenir la guerre contre toute la puissance de l'empire romain.

Q. Et les païens ?
R. Fondés sur d'anciennes traditions, les païens s'attendaient aussi, vers le même temps, à la venue d'un personnage extraordinaire. On était généralement convaincu, dit Tacite, que les anciens livres des prêtres annonçaient qu'à cette époque l'Orient prendrait le dessus, et que de la Judée sortiraient les maîtres du monde.

Q. Ce fait est-il bien certain ?
R. Ce fait est tellement certain, que les plus grands ennemis de la Religion sont obligés d'en convenir, et que depuis la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ tous les peuples ont cessé d'attendre un Messie.

Q. Que faut-il conclure de là ?
R. Il faut conclure de là : ou que tous les peuples se sont trompés, en attendant un Messie et en reconnaissant pour tel Notre-Seigneur Jésus-Christ ; ou bien que Notre-Seigneur Jésus-Christ est véritablement le Messie, promis par les prophètes et attendu par les nations.

Q. Les peuples se sont-ils trompés ?
R. Les peuples ne se sont pas trompés, puisque tous les caractères du Messie, annoncé par les prophètes et entrevu par les nations, conviennent à Notre-Seigneur Jésus-Christ, et ne conviennent qu'à lui seul.

Q. Qui est Notre-Seigneur Jésus-Christ ou le Messie ?
R. Notre-Seigneur Jésus-Christ ou le Messie est le Fils de Dieu fait homme pour nous racheter.

Q. Rapportez-nous l'histoire de la naissance du Messie ?
R. Lorsque les temps marqués par les prophètes furent accomplis, Dieu envoya l'archange Gabriel vers Marie, qui habitait la petite ville de Nazareth en Galilée.

Q. Qui était Marie ?
R. Marie était une jeune vierge de la famille royale de David et épouse de saint Joseph, aussi de la famille de David.

Q. Que lui dit l'Ange ?
R. L'Ange lui dit que Dieu l'avait choisie pour être la Mère du Messie ; à quoi la sainte Vierge répondit : Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. Alors l'Ange disparut, et l'Homme-Dieu se trouva formé par l'opération du Saint-Esprit dans le chaste sein de Marie.

Q. Où naquit le Messie ?
R. Un édit de l'empereur Auguste obligea la sainte Vierge et saint Joseph à se rendre dans la petite ville de Bethléem, en Judée, où naquit le Messie, comme l'avaient prédit les prophètes.

Q. Par qui sa naissance fut-elle annoncée ?
R. Sa naissance fut annoncée par les Anges, au chant de ce cantique, qui est l'abrégé de toutes les œuvres du Messie : Gloire à Dieu dans les hauteurs des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !

Q. Par qui le Messie naissant fut-il adoré ?
R. Le Messie naissant fut adoré, d'abord, par la sainte Vierge et par saint Joseph ; puis, par des bergers qui s'empressèrent de publier partout les merveilles dont ils avaient été témoins ; enfin, par les Mages, qui étaient des rois de l'Orient et qui lui offrirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.

Q. À quelle occasion Notre-Seigneur reçut-il le nom de Jésus ?
R. Notre-Seigneur reçut le nom de Jésus à l'occasion de sa circoncision. Jésus veut dire Sauveur, et Notre-Seigneur est ainsi appelé, parce qu'il a sauvé tous les hommes de l'esclavage du démon, du péché et de la mort éternelle.

Q. Pourquoi le Messie est-il né dans la pauvreté, les humiliations et les souffrances ?
R. Le Messie est né, il a vécu, il est mort dans la pauvreté, dans les humiliations et dans les souffrances ; 1° pour expier le péché ; 2° pour nous guérir de ses suites ; 3° pour nous servir de modèle.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux imiter l'humilité, et la douceur de Jésus naissant.


Prudence, que l'attente d'un Sauveur politique, d'un Messie conquérant, par des catholiques, ne hâte pas la venue de l'Antéchrist...


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.














mercredi 6 janvier 2021

La bénédiction de Noé à ses fils, Prophétie et figure de l'entrée des Gentils dans la vraie Église



Les mystères de Jésus-Christ et de son Église ont été non-seulement prédits par les prophètes, mais encore figurés par les actions des patriarches, en sorte que la vie entière de ces derniers, comme l'observe saint Augustin, est tout à la fois une histoire fidèle du passé et une prophétie continuelle des grands événements de l'avenir (Contr. Faust., 22). Telle est, entre autres, l'histoire de l'ivresse mystérieuse de Noé, et des bénédictions que ce grand patriarche donna à ses fils. Cette histoire représente la vocation et l'entrée des Gentils dans l'Église, qui fut prédite plus tard par les oracles des prophètes. Nous ne devons donc pas omettre le trait qui explique ce consolant mystère, commencé dans les Mages et accompli en nous.

La Genèse nous apprend que le patriarche Noé, lorsqu'il eut planté et cultivé la vigne après le déluge, tomba en ivresse pour avoir bu du vin dont il ignorait les effets, et parut nu dans sa tente : Plantavie vineam, bibensque vinum inebriatus est, et nudatus in tabernaculo suo (Genes., IX, 20-21). Il fut aperçu dans cet état si humiliant par Cham, son second fils, père de Chanaan. Cham ne se contenta pas d'en rire tout seul, mais appela ses frères et leur montra leur père comme un sujet de dérision : Nuntiavit duobus fratribus suis foras (-, 22). Ceux-ci, loin de prendre part aux moqueries sacrilèges de Cham, regardèrent avec une sainte indignation le procédé de leur frère. Inspirés par les sentiments de la plus sévère pudeur et du respect filial le plus profond, ils s'approchèrent de leur père à reculons, laissèrent tomber sur lui un manteau pour le couvrir et le soustraire ainsi à la risée de leur frère impie : (-, 23).
À son réveil, Noé ayant appris l'outrage qui lui avait été fait par le second de ses fils, ainsi que l'acte de respect et d'amour de ses deux autres frères : Chanaan, dit-il, sera maudit, et sera le serviteur des serviteurs de ses frères : (-, 24-25).
Pour Sem et Japhet il ajouté : « Béni soit le Dieu de Sem, et que Chanaan soit son esclave. Dieu multipliera la race de Japhet ; il habitera sous les tentes de Sem, et Chanaan sera son serviteur » (Gen., IX, 26-27).

C'est là un des récits de la Bible dont saint Augustin a dit : « qu'ils sont peu ou pas du tout édifiants si on les prend à la lettre. » Nous ajouterons que ce récit est obscur et inintelligible, si on le prend seulement dans son sens historique et immédiat.
En effet, comment accorder cet acte avec la justice de Noé, si vantée dans l'Écriture ! Noé punit dans Chanaan, son petit-fils, l'impiété de Cham son père, et charge du plus terrible anathème un enfant innocent qui avait à peine l'âge de raison, et il oublie, il épargne son père, seul coupable ! Comment comprendre la bénédiction de Japhet, qui devait avoir une postérité plus nombreuse, et qui cependant devait mendier un asile sous les tentes de Sem ; tandis que cette nécessité serait pour lui un précieux privilège ?
« Il faut savoir, dit encore saint Augustin, que les saintes Écritures sont remplies de sens prophétiques, et que souvent, sous le voile de circonstances légères en elles-mêmes, elles cachent de grands mystères » (De civit. Dei, XVI, 2). Noé, par la bénédiction et la malédiction qu'il prononce sur ses fils, ne prévient pas le sort de leur postérité, mais ne fait que le prédire. Ainsi, Chanaan sera le serviteur de ses frères, non parce que Noé le veut et l'annonce ; mais Noé l'annonce et le prophétise, parce que, étant inspiré d'en haut, il connait les destinées futures de ses enfants (ibid.).
Un commentateur célèbre ajoute que ce fait est rapporté dans l'Écriture, non parce que c'est un fait historique, mais à cause de son sens allégorique ; car tout nous prouve que le sens prophétique est celui que le Saint-Esprit a eu principalement en vue dans cette histoire mystérieuse (Corn. ad Lapid., in hunc loc).
Guidés par ces mêmes saintes Écritures et les saints Pères, tâchons donc de soulever le voile de la figure, et de découvrir le grand et consolant mystère qu'elle nous cache.

D'abord il est évident que cette vigne plantée par Noé est la figure de la synagogue et du peuple hébreu, comme nous allons le montrer par différents textes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Dans Jérémie, Dieu di au peuple hébreu : « Je t'ai planté dans le monde comme une vigne choisie : Ego autem plantavi te vineam electam » (II, 21). Dans Isaïe, le Seigneur se plaint que cette vigne qu'il avait cultivée avec le plus grand soin, ne produit que d'amères et sauvages raisins (V, 4). Et pour qu'il n'y ait aucun doute que ces reproches aient été adressés à la synagogue, le prophète déclare ouvertement que la vigne est la maison d'Israël (-, 7).
Il est donc certain, dit saint Augustin, que ce Noé qui plante la vigne, c'est Jésus-Christ lui-même, qui s'était formé un peuple choisi (loc. citat.).
Noé, pour avoir bu du suc de cette vigne, tomba dans l'ivresse et dans un profond sommeil : Bibensque vinum inebriatus est. Saint Ambroise et plusieurs autres saints Pères ne croient pas que le second père du genre humain soit tombé dans une véritable ivresse, mais simplement dans un sommeil involontaire. Quoi qu'il en soit, il est certain que cette ivresse, vraie ou apparente, ne fut point coupable, et qu'elle fut mystérieuse et prophétique, selon le témoignage unanime des Pères. Comment peut-on, dit saint Ambroise, lire ces paroles : « Noé s'enivra : Inebriatus est ! » sans se rappeler celles du Psalmiste : « Combien est beau le calice qui m'enivre : Calix meus inebrians quam proeclarus est » (Psalm. XXII, 5).
Or, ce calice dont parle David, est, selon saint Augustin, celui-là même que Jésus-Christ a appelé son calice et qu'il a bu jusqu'à la lie : Potestis bibere calicem quem ego bibiturus sum ? C'est-à-dire le calice de ses humiliations et de ses souffrances (loc. citat.).
Ainsi, Noé qui par suite de son ivresse demeure nu dans sa tente, représente Jésus-Christ qui, par suite de l'ivresse mystique de son amour pour son peuple, naquit pauvre et nu dans une étable. Cette circonstance qu'ajoute l'Écriture sainte, « dans sa propre tente, annonce, dit saint Augustin, que Jésus-Christ devait souffrir cette première humiliation, qui devait être suivie de plus grandes, au milieu de son propre peuple et dans sa propre maison » (loc. citat.).

Que Cham, père de Chanaan, soit la figure des Juifs, ennemis de Jésus-Christ, il n'est pas permis d'en douter, puisqu'ils sont souvent appelés dans l'Écriture : « Race, génération de Chanaan. » Ainsi, Cham qui se moque de son père, qui insulte à la nudité de son père endormi, qui le montre à ses frères comme un sujet de dérision, est la figure des Juifs qui rougirent de la pauvreté de Jésus-Christ, qui lui refusèrent un asile (Luc., II, 7) ; qui ne voulurent pas le reconnaître à sa naissance (Joann., I, 11) ; qui ensuite le poursuivaient de leurs dérisions sacrilèges, et à sa mort le montraient aux Gentils comme un sujet de scandale.
Au contraire, la piété et l'amour de Sem et de Japhet, qui, loin de prendre part aux moqueries de Cham, couvrent respectueusement leur père et détournent leurs regards pour ne pas voir l'état d'humiliation dans lequel ils l'aiment et ils l'honorent toujours comme leur père ; cette piété, cet amour filial nous représentent la foi, l'amour des bergers et des Mages, qui, loin d'imiter les Juifs dans leur indifférence pour le Messie nouveau-né, le cherchent, l'honorent et l'adorent dans l'état de misère et de nudité où ils le trouvent réduit, couvrant leurs yeux temporels du voile de la foi, portant ailleurs leurs regards ; c'est-à-dire croyant au témoignage intérieur de la grâce, plutôt qu'au témoignage extérieur des sens ; ne s'arrêtant pas aux dépouilles de l'humanité, dont le Verbe est couvert, mais reconnaissant dans l'homme leur Sauveur, leur Père, leur Dieu. Et nous aussi comme les Mages, nous reconnaissons ce même Jésus-Christ, né pauvre, mort dans l'ignominie et les douleurs, comme le vrai Père et le vrai Sauveur de nos âmes.

Cette explication du mystère des personnages historiques, nous fait connaître le mystère de la malédiction de Chanaan et de la bénédiction de Sem et de Japhet.
La malédiction de Chanaan est la prophétie de la réprobation des Juifs et de leurs châtiments. Le sort de Chanaan, condamné à servir pour toujours ses propres frères, nous représente un fait public et permanent, l'état de servitude du peuple juif par rapport au peuple chrétien,  qu'il a servi et sert encore, non-seulement dans l'ordre temporel et civil, mais encore dans l'ordre spirituel ; puisque les Juifs ne sont, pour ainsi dire, que les archivistes des chrétiens, conservant et portant partout la loi et les prophètes, pour confirmer notre foi et le témoignage de l'Église (S. August., loc. citat.).
Noé dit ensuite à Sem : « Le Dieu de Sem sera béni ! Benedictus Deus sem. » Or, que signifie cette bénédiction, si ce n'est que de Sem naîtrait le Messie ? Et c'est pourquoi saint Luc, en écrivant la généalogie de Jésus-Christ, l'appelle fils de Sem : Qui fuit Sem (III, 36). Le Dieu de Sem est donc le Verbe incarné, le Dieu béni, puisque l'ange l'a appelé le fruit béni des entrailles de la pure Marie (Luc, I, 42) ; le Dieu béni, parce qu'en lui sont réunies toutes bénédictions, selon cette prophétie de Jacob : « En lui est par lui seront bénies toutes les tribus de la terre » (Genes., L). Mais que signifient ces paroles qui furent dites à Japhet : « Le Seigneur propagera la race de Japhet, et il habitera sous les tentes de Sem ? » Japhet est le père des Gentils ; tous les habitants de l'Occident, et nous Européens, en particulier, descendons de lui. La vraie religion s'est établie et s'est propagée parmi nous, et si elle se propage ailleurs, ce n'est que par notre intermédiaire. Voilà donc l'accomplissement de cette mystérieuse propagation qui fut promise à Japhet.
Mais observez, dit saint Augustin, que l'Église s'est propagée par Jésus, par Marie, par les Apôtres, qui furent tous Juifs de naissance, et par conséquent descendants de Sem, selon l'esprit et selon la chair. Nous Gentils, descendants de Japhet, pour devenir chrétiens, nous avons été obligés d'entrer dans cette Église formée par des descendants de Sem ; et c'est ainsi que s'accomplit la seconde partie de la prophétie que nous venons de citer : que Japhet habiterait sous les tentes de Sem. (loc. citat.)

Et admirez comment cette prophétie commença à se vérifier en la personne des Mages. L'Évangéliste nous dit d'eux : « Qu'entrant dans la maison, ils trouvèrent Jésus avec Marie sa mère. Or, quelle est cette maison dans laquelle on trouve Jésus et Marie, si ce n'est l'Église ? Aujourd'hui les Mages commencent à entrer dans l'Église ; aujourd'hui donc aussi Japhet commence à entrer dans les tabernacles de Sem.

Et admirez comment cette prophétie commença à se vérifier en la personne des Mages. L'Évangéliste nous dit d'eux : « Qu'entrant dans la maison, ils trouvèrent Jésus avec Marie sa mère. Or, quelle est cette maison dans laquelle on trouve Jésus et Marie, si ce n'est l'Église ? Aujourd'hui les Mages commencent à entrer dans l'Église ; aujourd'hui donc aussi Japhet commence à entrer dans les tabernacles de Sem.
Sur les traces des Mages sont ensuite entrés dans la même maison, dans l'Église, dont la grotte de Bethléem était la figure, les peuples gentils, descendants de Japhet, Rome, l'Italie, l'Europe, nos pères qui nous ont légué l'héritage de la foi. Voilà comment la race de Japhet s'est propagée dans l'ordre spirituel ; voilà comment cette nombreuse descendance est entrée sous les tentes de Sem ; voilà comment, après deux mille ans, la prophétie de Noé s'est littéralement accomplie. Qu'elle est belle et consolante pour nous, cette doctrine ! L'apôtre saint Paul disait aux Éphésiens : « Souvenez-vous qu'étant Gentils d'origine, vous étiez sans Jésus-Christ et sans Marie, entièrement séparés du peuple d'Israël, étrangers aux alliances divines, sans aucune espérance des biens promis pour l'autre vie, et sans Dieu sur cette terre » (Ephes., II, 12).
Le grand saint Augustin, après avoir cité ces paroles de saint Paul, fait la remarque que ces paroles de l'Apôtre prou vent qu'avant la conversion des Gentils, nos pères dans la foi, Japhet n'habitait pas encore sous les tentes de Sem. (Contr. Faust., 12-24). Mais saint Paul termine son admirable instruction par ces paroles : « Aujourd'hui vous n'êtes plus comme des étrangers hors de leur patrie, hors de la maison paternelle ; mais vous êtes des concitoyens de la cité des saints, les habitants de la maison de Dieu, puisque vous avez été établis sur le fondement des apôtres et des prophètes, et même sur la pierre angulaire qui est Jésus-Christ. » (ibid., 19, 20).
« Voilà, dit saint Augustin, selon le témoignage de l'Apôtre, comment s'est accomplie la prophétie de la propagation de la race de Japhet et de son entrée dans la maison de Sem. » (loc. citât.).

Maintenant, rappelons-nous quels sont les personnages qui composent cette famille fortunée. Lorsque les bergers et les Mages y entrèrent, l'évangéliste saint Mathieu nous apprend qu'ils y trouvèrent Jésus avec Marie. (II, 11).
Lorsque, plus tard, les premiers chrétiens y entrèrent, l'évangéliste saint Luc nous apprend qu'elle était composée des apôtres et de Marie, mère de Jésus. (Act. Apost., I, 14). Ainsi, aux deux époques principales de l'Église, on trouve toujours Marie, à laquelle, comme à un centre commun, se réunissent les vrais descendants de Japhet. C'est Marie qui les dirige par ses conseils, qui les enflamme par son zèle, qui les soutient par ses exemples.
Bien plus, Jésus-Christ n'est descendu de Sem, selon la chair, que par Marie, puisque c'est en Marie qu'il a pris sa chair (ibid.), et c'est par Marie que sa généalogie temporelle remonte jusqu'à Adam et jusqu'à Dieu. Ainsi, la maison de Sem est la maison de Marie, puisqu'elle a été fondée par Jésus-Christ son fils. C'est Marie qui est à la tête de cette famille, à cause de la part qu'elle a eue dans sa formation, par l'influence qu'elle y exerce, par les grâces qu'elle y répand, par les hommages qu'elle y reçoit. Ah ! reconnaissons ici combien nous sommes heureux d'être compris dans les membres de cette sainte et auguste famille.

Car, qu'étions nous auparavant ? Saint Paul vient de nous le dire : race sans rédempteur, sans promesses, sans foi, sans espérance, sans Dieu sur cette terre. Quelle misère était donc comparable à la nôtre, et qui pourrait jamais en sonder tout l'abîme ? Qu'est-ce que l'homme, lorsqu'il a perdu Dieu, sans rédempteur divin qui puisse le lui faire recouvrer ? Qu'est-ce que l'homme, lorsqu'il n'a plus aucune promesse pour l'avenir, aucun bien à attendre, lorsqu'il a perdu jusqu'à l'espérance du bonheur éternel ? Cet état déplorable était non-seulement le symbole et la voie de la damnation éternelle ; c'était une damnation anticipée, puisque, dès cette vie, l'homme commençait à éprouver ce profond abattement d'esprit, cet inexprimable vide du cœur que la perte et la haine éternelles de Dieu devaient lui faire éprouver après la mort, et le rendre éternellement malheureux.
Mais depuis que nous sommes entrés dans les tabernacles de Sem, dans l'Église fondée par des fils de Sem, par les apôtres de Jésus-Christ, sous la tutelle de sa sainte Mère, que notre sort s'est changé, comme notre condition s'est ennoblie !
D'aveugles que nous étions, nous avons passé à la lumière admirable du règne de Dieu et de Jésus-Christ son Fils unique ; nous sommes devenus les disciples des prophètes et des apôtres, les dépositaires des saintes Écritures, et toutes les promesses qu'elles contiennent sont devenues le fondement de notre espérance.
D'ennemis de Dieu, nous sommes devenus non-seulement ses amis, ses concitoyens, ses serviteurs, mais encore ses parents, ses égaux, les membres du même corps dont Jésus-Christ est le chef ; tout ce qu'il possède, nous le possédons en commun avec lui ; son héritage est le nôtre ; les promesses qui lui ont été faites s'accomplissent encore sur nous (Ephes., II).
Quel bonheur, quel avantage inestimable de se trouver dans cette maison ! C'est la maison dans laquelle Dieu avait promis, par son prophète, de faire entrer son peuple choisi, le peuple chrétien : maison où la paix du cœur est aussi profonde qu'inaltérable ! où le repos de l'esprit est riche de toute espèce de secours divins ; où la confiance est immense, parce qu'on y vit en société de famille avec tout ce qu'il y a de plus saint et de plus auguste dans l'univers ; parce qu'on y a Dieu même pour père, Jésus-Christ pour frère, les Apôtres et leurs successeurs pour guides, les Anges pour gardiens, les sacrements pour remèdes, et pour mère la Mère de Dieu ! Aussi, c'est au peuple chrétien seul que s'applique cet oracle d'Isaïe : « Mon peuple s'assiéra dans la beauté de la paix, dans les tabernacles de la confiance, dans le sein d'un repos éternel. » (Isaï., XXII).

Mais n'oublions pas que des millions d'âmes, qui ne connaissent point Jésus-Christ, sont privées de ce bonheur, et que leur sort malheureux, que nous avons décrit naguère, serait le nôtre, si la bonté divine n'avait daigné nous choisir pour nous faire entrer dans sa famille, dans l'Église ! Qui pourrait voir, sans être touché de compassion, l'état de tant d'âmes si profondément malheureuses, gémissant dans les ombres de la mort, sans connaissance du vrai Dieu, sans amour pour Jésus-Christ, privées des grâces de la foi, de l'espérance, de l'immortalité, qui ne terminent une vie de crimes que pour rencontrer une mort désespérée et commencer une éternité de tourments ? Qui ne se sentira pas enflammé d'un saint zèle pour coopérer à la multiplication des anges de la paix, des ouvriers évangéliques qui puissent porter l'heureuse nouvelle de la Rédemption à ces pauvres âmes abandonnées à un si cruel destin, les consolations de l'espérance chrétienne et la lumière de la sainte vérité ? Qui pourrait ne pas désirer de contribuer à une œuvre si pieuse et si charitable, par la ferveur de leurs prières, en s'associant à ces chrétiens zélés qui s'efforcent par tous les moyens d'étendre et de propager la vraie foi ?
Ah ! Seigneur ! éveillez ces sentiments de charité vraiment chrétienne, et de zèle pour votre gloire dans les âmes de tous les fidèles, afin que chacun, selon les moyens que votre Providence lui a fournis, puisse coopérer à l'entreprise évangélique de faire participer tant d'âmes qui se perdent aux biens spirituels dont nous jouissons, et dont nous sommes redevables à votre miséricorde ! Étendez les limites de votre Église ; propagez les fidèles descendants de Japhet ; envoyez dans votre vigne de dignes ouvriers, des hommes vertueux,
pleins de zèle pour votre nom, qui aillent sur toute la terre inviter les malheureux qui gémissent loin de vous au festin mystérieux, aux noces divines qu'en ce jour vous avez célébrées avec la gentilité et avec nous ! Faites que tant de nations, qui ne vous connaissent pas, entrent dans le sein de l'Église, habitent avec nous sous les tentes de Sem, tentes sacrées, hors desquelles il n'y a pas de salut ; et qui transmettent au ciel les âmes qui s'y trouvent réunies sur la terre : Dilatet Deus Japhet et habitet in tabernaculis Sem !


PERSÉVÉRANCE

Et ayant été avertis en songe de ne point aller retrouver Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin. (Math, II, 12)


PRIÈRE

Ô saints rois Mages, qui après avoir quitté l'étable de Bethléem, conservâtes toujours le même esprit d'obéissance à la voix de Dieu, et le même zèle pour Jésus-Christ, changeant de route afin de ne pas découvrir au rusé Hérode le lieu de la naissance du Sauveur, et pour vous conformer aux avis que vous receviez à cet effet du ciel : nous vous remercions de ce bel exemple que vous nous donnez de persévérance dans votre foi, que vous avez ensuite prêché dans tous vos pays, et que vous avez enfin confirmé par le martyre. Ah ! obtenez-nous aussi cette constance dans le service de Dieu, afin que nous ne retournions pas aux vieilles habitudes du péché que nous avons abandonné, mais que persévérant jusqu'à la mort dans une vie vraiment chrétienne, nous puissions recevoir la couronne céleste promise à ceux seulement qui auront persévéré jusqu'à la fin dans l'accomplissement des saintes lois de Dieu. Ainsi soit-il.
Pater, Ave, Gloria...

Extrait de L’Épiphanie par le R.P. D. Joachim Ventura.


Reportez-vous à Litanies des Saints Rois-Mages, La conduite réciproque de Ruth et de Noémi figure celle de Marie et de l'Église des Gentils, Méditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Du ministère de Marie dans la vocation des Gentils à la Foi, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation sur l’Épiphanie, Discours aux jeunes époux, du Pape Pie XII, durant l'Octave de l’Épiphanie, le 10 janvier 1940, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 18e Méditation : Voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient parut, allant devant eux, jusqu'à ce qu'elle vint s'arrêter sur le lieu où était l'enfant, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 17e Méditation : À la nouvelle de la naissance du saint Enfant, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 16e Méditation : Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 15e Méditation : Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, Litanies en l'honneur de la divine Naissance du Sauveur, La fête de Noël doit être chère à la France, La Pantoufle dans la cheminée, Les Fêtes de Noël à Paris : l'Offrande et la fête des Lettres, un pieux et antique usage, Les Fêtes de Noël à Paris : en prière devant la Crèche, Les Fêtes de Noël à Paris : au Couvent, Les Fêtes de Noël à Paris : au Petit-Séminaire, La nuit de Noël à Marseille, Extrait d'une description des Fêtes de Noël à Bruxelles : La Crèche en famille, Un épisode des Fêtes de Noël dans les pays du Nord de l'Europe : L'Arbre de Noël, Particularités de la nuit de Noël à Bethléem, La Sainte Grotte, Bethléem, Le Santo Bambino, Les petits Prédicateurs de six et de huit ans, L'Étable de Bethléem dans l’Église de l'Ara-Coeli, L'épée et le chapeau ducal portés à la procession le jour de Noël, Description de la sainte Crèche, Son histoire, Cérémonie de l'Adoration, La Messe de Minuit à Sainte-Marie-Majeure, Les Boutiques de Noël et le Præsepio, Les Pifferari, Regard sur le triple sacrifice du Jour de Noël, Noël, Jour de sainte allégresse, Lumière sur Noël, La crèche, Méditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une Crèche, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 21e Méditation : Cependant Marie ne perdait rien de toutes ces choses et les méditait dans son cœur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation : Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au SeigneurDévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 20e Méditation : Ayant été averti en songe de ne point aller trouver Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 19e Méditation : Se prosternant, ils l'adorèrent ; puis ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe, Méditation sur la Nativité, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 14e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, Litanies du Saint Nom de Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 13e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, nom qui lui avait été donné par l'ange, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 12e Méditation : Après huit jours, le saint Enfant fut circoncis, Instruction sur la Circoncision, Méditation sur la Circoncision, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 11e Méditation : Les bergers revinrent en glorifiant et en louant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 10e Méditation : Les bergers se disaient les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 9e Méditation : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 7e Méditation : Tout à coup l'Ange du Seigneur parut auprès d'eux, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation : Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin enfantement arriva, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 2e Méditation : Je vous annonce un grand sujet de Joie, il vous est né aujourd'hui un Sauveur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 3e Méditation : Marie mit au monde son fils premier-né, et l'enveloppa de langes, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 4e Méditation : Marie, après avoir enveloppé de langes le saint Enfant, le coucha dans la crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 5e Méditation : Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 6e Méditation : Il y avait là aux environs des bergers qui veillaient et se relevaient les uns les autres pendant la nuit, pour la garde de leurs troupeaux, Litanies du Saint Enfant-Jésus, et Dévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et Consécration.













mardi 5 janvier 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, PREMIÈRE PARTIE, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE


PREMIÈRE PARTIE


Contenant l'histoire et l'explication de la religion
depuis le commencement du monde jusqu'à la venue du messie.


XVIIIe LEÇON

NÉCESSITÉ ET PERPÉTUITÉ DE LA FOI

AU MYSTÈRE DE LA RÉDEMPTION.

HISTOIRE DE JOB



Q. Notre Seigneur s'est-il incarné pour tous les hommes sans exception ?
R. Notre-Seigneur s'est incarné pour tous les hommes sans exception. Il est le Sauveur de tous les hommes, dit l'Apôtre, mais surtout des fidèles.

Q. Que faut-il conclure de là ?
R. Il faut conclure de là que Dieu a donné dans tous les temps et à tous les hommes les grâces nécessaires pour parvenir à une connaissance suffisante du Mystère de la Rédemption, et pour opérer leur salut.

Q. Montrez-nous cette vérité.
R. Il est certain que les Juifs ont toujours attendu un Rédempteur ; cette attente était le premier article de leur croyance. Quant aux païens, ils étaient, comme les Juifs, enfants d'Adam et de Noé et, en s'éloignant du berceau commun, ils emportèrent le souvenir de la chute de l'homme et des premières promesses d'un Rédempteur.

Q. Ces traditions ne furent-elles pas altérées ?
R. Ces traditions furent altérées par des fables grossières ; néanmoins, on en trouve des restes assez marqués dans l'histoire de tous les peuples païens, parmi lesquels Dieu suscita des personnages qui prédirent le Rédempteur, et qui furent comme les prophètes de la gentilité.

Q. Quel fut le plus célèbre ?
R. Le plus célèbre de ces prophètes du Messie parmi les gentils, c'est le saint homme Job.

Q. Racontez son histoire.
R. Job était un prince de l'Orient extrêmement riche et qui servait Dieu dans toute la droiture de son cœur. Dieu permit au démon de mettre sa vertu à l'épreuve. Le démon, dans un même jour, enleva à Job toutes ses richesses et fit périr ses dix enfants. Job, en apprenant ces tristes nouvelles, se contenta de dire avec beaucoup de résignation : Le Seigneur m'avait tout donné, le Seigneur m'a tout ôté; que son saint nom soit béni.

Q. Continuez l'histoire de Job.
R. Le démon, irrité de n'avoir pu porter Job à murmurer contre Dieu, demanda la permission de le frapper dans sa personne. Il l'obtint ; et aussitôt Job fut couvert d'une plaie effroyable, qui s'étendait de la tête aux pieds.

Q. Quelle autre épreuve eut-il encore à souffrir ?
R. Job eut encore à souffrir les railleries de sa femme, qui lui dit de maudire le Seigneur. Job lui répondit : Vous parlez comme une insensée. Puisque nous avons reçu les biens de la main du Seigneur, n'est-il pas juste que nous recevions aussi les maux qu'il nous envoie ?

Q. Que lui arriva-t-il ensuite ?
R. Trois princes, ses amis, vinrent le visiter, et prétendirent qu'il était coupable de quelque péché, puisque Dieu l'avait ainsi traité. Job répondit qu'il était innocent, et il en appela au jugement de Dieu, qui voit tout, en disant : Oui, je le sais, mon Rédempteur est vivant, et je ressusciterai de la terre au dernier jour, et dans ma propre chair je verrai mon Dieu, témoin de mon innocence.

Q. Dieu abandonna-t-il le saint homme Job ?
R. Dieu n'abandonna pas le saint homme Job ; il fit connaître son innocence, lui rendit autant d'enfants qu'il en avait perdu, doubla toutes ses richesses, et lui accorda une longue vie et une sainte mort.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux m'associer à l'œuvre de la Propagation de la foi.


Reportez-vous à Cantique des créatures ou Cantique de frère soleil, De la fin des créatures, Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion.














lundi 4 janvier 2021

La conduite réciproque de Ruth et de Noémi figure celle de Marie et de l'Église des Gentils



Nous avons vu sur quel principe est fondé, et de quelle manière est exercé, de la part de Marie, le précieux ministère d'attirer les Gentils à la foi et à la grâce de Jésus-Christ. La belle et touchante histoire de la vertueuse Noémi nous offre une belle figure de ce ministère de la Mère de Dieu. Elle nous fera mieux comprendre tout ce que nous lui devons et avec quelle confiance nous pouvons nous reposer sur sa sollicitude maternelle.
Veuve et privée de ses deux fils, la belle et vertueuse Noémi voulut retourner du pays de Moab dans son pays natal à Bethléem de Juda. Ses deux belles-filles, d'origine moabite, veuves aussi par la mort des fils de Noémi, voulurent l'accompagner ; mais Noémi, les serrant contre son sein et les embrassant tendrement, leur dit : « Retournez, mes chères filles, retournez, de grâce, dans vos demeures. Je n'ai plus de fils à vous donner, et ne puis espérer d'en avoir dans ma vieillesse (Ruth., I, 12). »
« Pourquoi voulez-vous venir avec moi habiter une maison où vous ne trouverez, pour compensation de votre tendresse, que la misère, l'abandon et les pleurs ? La vue de vos peines et de vos angoisses ne pourra qu'accroître les miennes. Ah ! laissez-moi seule porter le poids de la tribulation à laquelle il plaît à Dieu de me destiner » (ib., 13). À ces tendres paroles elles éclatèrent en sanglots (ib., 14). L'une, nommée Orpha, embrassant pour la dernière fois sa belle-mère, lui fit ses adieux et retourna à la maison paternelle. (ibid.). Mais la tendre Ruth ne voulut pas se séparer de la bonne Noémi, qu'elle considérait comme la plus tendre des mères (ibid.).
« Vous voyez, ma fille, lui dit Noémi, que votre sœur est partie ; suivez son exemple, retournez avec elle » (Ruth, I, 15). Ruth demeure inébranlable dans la résolution qu'elle avait prise de suivre partout sa mère d'adoption et de vivre avec elle ; et elle lui dit avec les accents les plus tendres et les plus délicieux qui se trouvent dans l'Ancien Testament : « Oh ! ma mère, vous me voulez donc beaucoup de mal, puisque vous voulez que je vous quitte (ib., 16). Je ne le ferai jamais, non, je ne le ferai jamais. Partout où vous irez. J'irai avec vous ; là où vous fixerez votre demeure, j'y fixerai aussi la mienne. Votre peuple sera mon peuple, et votre Dieu sera toujours mon Dieu. Je mourrai sur la terre où vous mourrez ; le même tombeau renfermera nos ossements, comme une même habitation nous avait réunies pendant la vie. Que Dieu me punisse, si jamais autre chose que la mort me sépare de vous » (Ruth, I, 16-17).

Quelle tendresse de cœur ! quelle constance d'affection ! quelle douceur et quelle force d'expression ! Ces sentiments admirables de la piété filiale de la jeune veuve pour sa mère adoptive ne restèrent pas sans effets. Telle fut toujours la déférence de Ruth pour sa chère Noémi, qu'elle ne voulait faire un pas, même aller chercher de quoi vivre, sans avoir obtenu la permission et la bénédiction de sa mère.
« Voulez-vous, disait-elle, ma mère, que j'aille glaner quelques épis pour notre nourriture ? » Et elle ne part point que Noémi lui ait répondu : « Allez, ma fille » (Ruth, II, 2). Bien plus, les moindres désirs de Noémi sont des ordres pour cette fille, modèle de l'obéissance ; elle les exécute à la lettre et sans différer d'un seul instant (ibid., III, 5-6).
Mais son amour pour Noémi n'est pas moins parfait que son obéissance. Pour avoir de quoi nourrir sa mère, elle ne rougit point d'aller demander la permission de ramasser quelques maigres épis échappés à la faux des moissonneurs, et de se tenir derrière eux comme une pauvre mendiante. Elle ne craint pas de passer le jour entier sous un soleil brûlant, dans un travail si ingrat, si humiliant, sans rien prendre qui puisse ranimer ses forces, ne s'accordant pas même un instant de repos (Ruth, II, 7).
Booz, le bienfaisant Booz, admirant son maintien et sa piété filiale, non-seulement lui permet de glaner dans ses champs, mais encore de prendre ce qu'elle voudrait de la moisson ; et afin de lui en épargner la honte, cet homme généreux poussa la délicatesse jusqu'à ordonner à ses moissonneurs de laisser tomber exprès des épis de leurs gerbes, de la laisser glaner sans porter les yeux sur elle (Ibid., 15-16). Cet excellent maître étendit sa charité plus loin encore ; il traita cette étrangère comme une personne de sa maison, et il voulut qu'elle fût admise à la table de ses servantes ; mais Ruth, la bonne et tendre Ruth, ne peut prendre de nourriture sans penser à Noémi. Aussi, non contente de lui apporter le grain qu'elle a recueilli, elle lui réserve encore la meilleure partie de la nourriture qu'on lui avait donnée, en s'en privant elle-même (Ruth, II, 18).

Fut-il jamais fille aussi tendre et aussi affectueuse pour sa mère naturelle que Ruth le fut pour sa mère adoptive ! Jamais piété filiale ne fut plus généreuse dans ses transports, plus heureuse et plus riche dans ses récompenses. Noémi chérit Ruth avec toute la tendresse d'une vraie mère, la guide de ses conseils, la dirige par son exemple, l'anime par ses promesses, et lui montre, après toutes ses actions, que son unique pensée, son unique souhait est de la voir heureuse, et qu'elle met tout en œuvre pour y réussi, comme elle nous l'apprend elle-même par ces paroles : « Oh ! ma fille, c'est à moi de chercher ton vrai repos, ton établissement et ton bonheur » (Ruth, III, 1).
C'est en effet sa sagesse qui imagine le mariage de sa fille bien-aimée avec le riche Booz ; ce sont ses conseils qui le facilitent, et c'est son zèle qui le fait accomplir. L'amour qu'elle a pour elle fait qu'elle regarde comme son propre fils l'enfant qui naît d'une union si sainte et si pure. À peine est-il né que Noémi l'accueille dans son sein, le presse sur sa poitrine, et lui prodigue tour à tour et les offices obligeants d'une nourrice, et les tendres caresses d'une mère (ib., IV, 16).
Ruth aime tendrement Noémi ; mais elle en est encore plus tendrement aimée. Noémi ne pourrait pas l'aimer davantage si elle était réellement sa fille. Elle en fait sa gloire, elle s'estime la plus riche et la plus heureuse des enfants de Ruth (Ruth, IV, 15).
Cet enfant, né d'une alliance formée par les soins de Noémi et élevé par son amour maternel, fut Obed, père d'Isaïe et aïeul de David, de la race duquel Jésus-Christ est descendu ; et ce fut ainsi que Ruth eut la grâce singulière dont elle fut redevable à Noémi, d'avoir participé à la naissance temporelle du Messie et la gloire d'être inscrite dans sa généalogie. On ne sait en vérité ce qu'il faut le plus admirer dans cette intéressante histoire, ou la religion, la charité, la justice des saints personnages, ou l'abondance et l'excellence des bénédictions divines qui furent leurs récompenses.

Parmi ces bénédictions, on doit remarquer, avec saint Ambroise, la gloire qu'ont eue ces saints personnages, d'avoir figuré dans la simplicité de leurs actions les plus grands et les plus sublimes mystères de la religion. Booz est le type de Jésus-Christ, et Ruth celui de l'Église. Jésus-Christ, en effet, est cet époux généreux auquel s'unit mystérieusement l'Église gentille, l'Église qui vient de loin, l'Église d'abord pauvre et affamée, et ensuite enrichie et rassasiée à la table de son divin Époux (De Fid., III). Saint Jean Chrysostôme enseigne la même doctrine. Considérez bien, dit-il, comme l'abaissement de Ruth figure parfaitement nos misères (Homil., III in Matth.). Ruth était étrangère, tombée dans la plus grande misère ; mais le bon et miséricordieux Booz fut touché de sa pauvreté, et ne dédaigna pas la bassesse de son origine. Ainsi J2sus-Christ dans l'Église des Gentils a accueilli et uni à lui par des liens mystérieux, une épouse étrangère et plongée dans la pauvreté (Ibid.).
Mais si Booz est le type de Jésus-Christ, Ruth celui de l'Église, il est évident que Noémi est la figure de Marie. Ruth ne retrouve son époux qu'avec Noémi et par Noémi ; de même le paganisme, dans la personne des Mages, ne trouve Jésus-Christ qu'avec Marie et par Marie (Matth., II). Et comme l'heureux mariage de Ruth avec Booz ne se célèbre que dans la cité de Bethléem et sous les yeux de Noémi ; de même, c'est dans l'étable de Bethléem et sous les yeux de Marie qu'a été contractée l'union de l'Église des Gentils avec Jésus-Christ, dans la personne des Mages.

Orpha, qui se sépare de Noémi, l'abandonne dans sa tristesse et sa viduité pour retourner à son peuple, à sa religion primitive (Ruth, I, 15). Orpha est la figure des Juifs, qui s'associèrent d'abord à Jésus et à Marie, et qui l'accompagnèrent durant sa vie ; mais qui, après l'avoir vu mourir sur la croix, se scandalisèrent de cette mort : Judoeis quidem scandalum, et retournèrent en arrière, retombèrent dans leur ancien judaïsme, abandonnèrent les doctrines du Fils et la société de la Mère.
On peut dire encore que cette femme lâche est la figure de ces chrétiens qui, aux temps de la persécution contre le Christianisme, abandonnèrent la religion de Jésus-Christ et le culte de Marie pour retourner à leur religion, c'est-à-dire à leurs anciennes erreurs, ou pour en embrasser de nouvelles : ce qui d'abord est arrivé dans les pays de l'Orient, et plus tard dans diverses parties de l'Europe, où la religion de Jésus-Christ et le culte de sa divine Mère, d'abord si florissants, ont été remplacés par le culte des idoles, par le mahométisme et l'hérésie : Orpha reversa est ad deos suos (Ruth, I, 15).
Mais la pieuse, la tendre, la fidèle Ruth, qui s'attache si étroitement à Noémi pour partager ses périls, ses misères, ses douleurs et ses peines ; qui jamais ne l'abandonne : Ruth adhoesit socrui suoe (I, 14), qui l'aime plus encore lorsqu'elle est plus privée de secours et de consolations ; qui lui témoigne enfin un amour si tendre, si constant, si généreux : Ruth est la figure des Mages, qui, loin de se scandaliser de la pauvreté, de la misère, de l'obscurité de Marie, laquelle n'a pas même de quoi défendre contre les rigueurs du froid son fils nouveau-né, s'estiment heureux d'être admis auprès de cette tendre Mère et de son Fils chéri ; qui ne cessent de le caresser, de l'aimer et de se glorifier du bonheur de l'avoir trouvé : Invenerunt Puerum cum Maria matre ejus (Matth., II), et qui enfin, loin d'abandonner la foi du Fils et le culte de la Mère, se font une gloire de les propager parmi leurs peuples et de les sceller par le sacrifice de leur vie et de leur sang.
Figure des Mages, Ruth l'est encore de leurs descendants ; c'est-à-dire des Juifs et des Gentils surtout qui, loin de se scandaliser du spectacle de la pauvreté et des opprobres de Jésus-Christ, admirent dans cette apparente folie : Gentibus stultitiam, ce chef-d'œuvre de la puissance et de la sagesse de Dieu : Dei virtus et Dei sapientia ; qui s'associent à Marie, et par elle et avec elle forment un même peuple associé à lui-même. Ils partagent les humiliations et les peines de cette mère devenue veuve ; ils se renferment avec elle dans le cénacle ; et ni la crainte des Juifs persécuteurs, ni l'aspect de toutes les privations et de toutes les disgrâces, ne peuvent leur faire abandonner leur mère adoptive, le Dieu qui est son fils, et les séparer de leur précieuse société.

Mais Ruth, entraînée par les qualités et les vertus de Noémi, abandonne sa maison, sa patrie, son peuple, pour la suivre, et pour lui être plus étroitement unie ; elle proteste et jure de vouloir, non-seulement habiter avec Noémi, mais encore s'incorporer à son peuple et adorer le même Dieu : Populus tuus populus meus, et Deus tuus Deus meus (Ruth, I, 16). Rien ne peut la détourner de cette résolution. La nécessité où elle était réduite d'aller glaner ou plutôt mendier quelques épis dans la campagne, la honte d'être obligée de se nourrir d'un pain de larmes et de douleurs, obtenu à force de prières humiliantes, lors même qu'elles sont exaucées : rien ne peut lui faire regretter le passé et les richesses de sa maison paternelle. Un morceau de pain partagé avec Noémi, quoique acheté au prix de tant de peines et de honte, est plus doux pour elle que les mets les plus exquis qu'on pourrait lui offrir, si elle était séparée de Noémi.
A ces traits, qui peut ne pas reconnaître la générosité, la constance, la foi, l'amour des Gentils nos pères ? Séduits eux aussi par les douceurs, les charmes de la foi et du culte divin d'une Vierge, mère d'un Dieu, d'une créature comblée de sainteté et pleine d'amour, qui serre dans ses bras le Créateur de l'univers, l'offrant comme sauveur à qui le demande ; nos pères ont tout abandonné pour suivre l'odeur mystérieuse de ses vertus et de ses privilèges, l'ont aimée de l'amour le plus tendre et l'ont reconnu pour leur maîtresse souveraine : In odorem unguentorum tuorum curremus... adolescentuloe tuoe dilexerunt te nimis.
Ils ont voulu habiter dans la maison qu'habite Marie, faire partie de son peuple, suivre et adorer son Dieu ; c'est-à-dire, entrer dans l'Église qui, comme nous l'avons dit, est la maison de Marie ; s'incorporer aux chrétiens qui sont le peuple de Marie, se donner à Jésus-Christ qui est le vrai Dieu de Marie, puisqu'elle en est tout à la fois l'adoratrice la plus fidèle et la mère véritable ; et ceux qui veulent avoir part à ses mérites doivent recourir à lui et le chercher dans les bras de Marie : Populus tuus populus meus, et Deus tuus Deus meus (Ruth, I, 16).
Et qui pourra arrêter le courage, la dévotion, la générosité de nos pères dans cette résolution ? « Pour y rester fidèles, non-seulement, dit saint Paul, ils ont sacrifié tous leurs biens temporels, mais encore se sont exposés à tous les tourments et à la mort la plus cruelle ; jamais ils ne se sont lassés de souffrir, mais ils ont lassé la rage de leurs tyrans et leurs persécuteurs, et rien n'a pu les séparer ni de la Mère ni du Fils. »

Ruth reçoit la plus belle récompense de son amour pour Noémi, et de sa générosité qui lui avait fait changer sa nation pour la nation juive, l'Église des gentils pour le Dieu d'Israël. Booz, la première fois qu'il la rencontre, lui prédit la félicité et la récompense qui l'attendaient pour prix de ses vertus. « Je connais, lui dit-il, quelle vénération et quel amour vous avez témoignés à Noémi, après la mort de son époux ; je sais le sacrifice que vous avez fait en abandonnant votre maison, vos parents, votre patrie, pour venir dans une terre étrangère, au milieu d'un peuple inconnu » (Ruth, II, 11). Le Dieu d'Israël, le seul vrai Dieu, que vous êtes venue chercher sur les traces de Noémi, vous récompensera magnifiquement pour cet acte de religion et de charité (Ib., 12). Cet augure d'un cœur si tendre, cette prophétie d'un patriarche si religieux, reçoit bientôt son accomplissement, et, chose singulière, celui qui fait cette prophétie est celui-là même qui l'accomplit. Booz, personnage d'un grand nom dans Israël, homme riche et pieux, ne rougit point de cette étrangère, de cette mendiante qui n'a pas même un morceau de pain, qui n'a d'autre dot que son cœur et ses vertus. Booz lui procure des secours, la fait asseoir à sa table, la dote lui-même, et de la condition la plus humiliante l'élève aux plus grands honneurs, en la prenant pour épouse, la reconnaissant comme la maîtresse de sa maison et de ses biens.
L'humble foi, la tendre piété de l'épouse et l'extrême bonté de l'époux attirent les regards de tous ; les grands d'Israël applaudissent à cette heureuse union, le peuple y joint aussi ses vœux ; Dieu la confirme par ses bénédictions, et accorde à ce couple fortuné un fils, père d'une série de rois, dont descendit le Messie tant désiré (Ruth, IV, 13-17).
Cette récompense de Ruth, aussi grande qu'inattendue, est encore la figure de la récompense que les Gentils, nos pères, ont obtenue pour avoir voulu, dociles aux instructions et aux conseils de Marie, suivre cette tendre Mère, s'incorporer avec elle au peuple chrétien, et se mettre sous les ailes de Jésus-Christ a accompli à leur égard cette prophétie qu'il avait faite lui-même, en disant que les plus grands biens seraient le partage de ceux qui feraient de grands sacrifices pour le suivre. Les Gentils étaient pauvres et mendiants, affamés de la vérité, de la parole de Dieu, qui est le pain, la nourriture de l'intelligence. Ils n'avaient pas une seule miette de ce pain divin, ils n'avaient pas la connaissance du vrai Dieu, qui renferme toute vérité, qui est la première nourriture de l'homme ; ils étaient sans Dieu dans ce monde : Sine Deo in hoc mundo (Ephes., II, 12). Ils étaient forcés de glaner quelques épis dans les champs de Booz ; c'est-à-dire, à mendier à la synagogue quelques notions de ce Dieu, qu'elle répandait dans le monde par ses livres divins. Mais ces pauvres mendiants, privés de tout, excepté du désir de connaître la vérité, et des plus belles dispositions à l'embrasser, à peine sont-ils arrivés à Jésus-Christ, en marchant sur les traces de Marie, que celui-ci leur dispense en abondance ces vérités qu'ils cherchaient depuis si longtemps, les en rassasie et les enrichit dans leurs misères. Bien plus, c'est de ces mêmes Gentils qu'il forme son Église, cette Église qu'il élève à la dignité de son épouse, et qu'il rend la maîtresse et la dispensatrice de tous ses biens. En effet, la sainte Église romaine, composée des Gentils, est la véritable Église, l'épouse visible du Sauveur, son tabernacle parmi les hommes, tabernacle sur lequel sont tournés  tous ses regards, sur lequel repose le Saint-Esprit plein de grâce et de vérité, et dans lequel seul on peut espérer le salut.

De même que Ruth, pleine de reconnaissance envers Noémi, à laquelle elle doit l'époux qui l'a comblée de bienfaits, aime cette tendre mère avec plus de tendresse encore qu'auparavant, demeure sans cesse auprès d'elle, lui présente et lui recommande son propre fils ; de même l'Église, pénétrée de la plus vive reconnaissance envers Marie, des mains de laquelle elle a reçu Jésus-Christ, son époux, ne la perd pas un instant de vue, l'aime tendrement, la salue, la bénit, l'invoque à chaque instant, conserve et propage son culte, sa gloire, sa dévotion, la recommande sans cesse à nous fidèles, fils de cette Église, nous associe à ses sollicitudes et à sa tendresse maternelle. Et Marie, que fait-elle ? comment correspond-elle à cette piété filiale de l'Église ? Voyez-la encore dans Noémi. Le fils qui est né à Ruth la rend plus heureuse que ceux dont elle serait mère (Ruth, IV, 15). Ce fils n'est pas né de son sein, mais il est né de son amour, il est né pour sa consolation et pour sa gloire (ib., 16). Ainsi des fils qui naissent à l'Église, rendent Marie plus heureuse que si elle les eût elle-même enfantés. Il est vrai que nous ne sommes pas nés de son sein, mais nous sommes nés de son amour et de ses peines, nous sommes nés de Jésus-Christ, mais pour Marie, pour la joie de son cœur, pour l'honneur de sa mystérieuse fécondité.
À peine le fils de Ruth est-il né, que Noémi, transportée par un élan d'amour, le prend dans ses bras, et, selon l'expression de l'Écriture, le porte sur son sein, le couvre de caresses et l'élève comme son propre fils (Ruth, IV, 16). De même Marie, lorsque de nouveaux fils naissent à l'Église, les reçoit dans son sein, les caresse, les regarde comme ses propres fils. Heureux si, après avoir acquis la qualité de fils par le baptême, nous continuons de mériter ce titre par la sincérité de notre foi et la sainteté de notre conduite ! Heureux si, à l'imitation de Ruth, vainqueurs du respect humain et méprisant les moqueries des hérétiques et les sarcasmes des impies, nous ne cessions de demeurer attachés à Marie, de l'honorer et de l'aimer ! Nous serions le vrai peuple de Marie ou du nombre des élus, le peuple du vrai Dieu de Marie ou de Jésus-Christ ; et Marie nous regarderait et nous aimerait comme Jésus-Christ lui-même, auquel nous serions spirituellement unis : c'est-à-dire que Marie nous accueillerait dans son sein maternel, nous garderait, nous nourrirait, nous élèverait et nous bénirait comme ses propres enfants : Susceptum puerum posuit in sinu suo, et nutricis fungebatur officio.

Ô heureux enfants, ô enfants nouveau-nés d'une mère nouvelle, appelés à une nouvelle vie, louez le Seigneur, louez principalement son doux et puissant nom : Laudate, pueri, Dominum, laudate nomen Domini (Psalm. CXII, 1). Que ce saint et auguste nom, dans lequel seuls les hommes peuvent espérer le salut, soit loué dans le temps et dans l'éternité (Psalm. CXII, 2). Qu'il soit loué non-seulement dans tous les temps, mais encore dans tous les lieux et par tous les hommes ; qu'il soit loué non-seulement des justes, sur lesquels brille le soleil de la grâce, mais encore des pécheurs, sur lesquels s'élève le soleil divin : ceux-là lui doivent la possession de la grâce, les autres l'espérance de l'obtenir : A solis ortu usque ad occasum laudabile nomen Domini (-3). Ah ! qui est tout à la fois et plus puissant et plus miséricordieux que celui qui, habitant les hauteurs inaccessibles d'une gloire infinie, n'a cependant pas dédaigné d'abaisser des regards de compassion sur notre misère (-, 5-6) ? Nous étions pauvres, dénués de tout, délaissés, plongés dans un abîme de ténèbres, et sa main miséricordieuse est descendue jusqu'à nous pour nous tirer de cet abîme d'abjection (Psalm. CXII, 7). Et non-seulement il nous a relevés, mais il a même daigné nous introduire dans son habitation, nous faire asseoir à sa table, nous placer à côté des anges et de ses apôtres, princes et pasteurs de son peuple (-, 8). Ce n'est point encore assez : à la tête de cette sainte maison, de cette sainte et auguste famille, il a placé une femme stérile par la nature, mais féconde par la grâce. Il l'enrichit d'une nombreuse famille, et comme elle se réjouit des nombreux enfants qui l'environnent, de même ses nouveaux fils sont heureux autour d'une telle mère (-, 9).
Ô Marie, c'est vous qui êtes cette mère, et nous qui sommes ces enfants fortunés ! Qu'il soit mille fois loué maintenant et à jamais le nom du Dieu bienfaisant qui nous a prévenus par tant de miséricorde et de bonté ! (Psalm. CXII, 2).


MANIFESTATION DE NOTRE FOI

INTÉRIEURE PAR DES ŒUVRES EXTÉRIEURES


Puis ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. (Matth., II, 11)


PRIÈRE

Ô saints rois Mages, qui, non contents d'avoir rendu hommage au Sauveur par vos humbles et ferventes adorations, avez encore voulu manifester votre foi par des signes extérieurs et visibles, en lui offrant de l'or, comme à un vrai roi ; de la myrrhe, comme à un vrai homme ; et de l'encens, comme à un vrai Dieu : nous vous remercions de ce bel exemple que vous nous donnez de la nécessité de manifester à Dieu et aux hommes la vérité de la foi par la sainteté des œuvres. Ah ! obtenez-nous aussi la grâce de comprendre que la véritable foi sans actions est morte, et est nulle pour notre salut ; afin que, comme nous avons déjà le bonheur de la posséder par la divine miséricorde, nous ayons aussi le courage et la force de bien agir ; et que, nous montrant vrais chrétiens non-seulement par les paroles, mais encore par les faits, nous puissions gagner la récompense éternelle que Dieu réserve à ceux qui non-seulement croient à ses mystères, mais encore observent fidèlement ses saintes lois. Ainsi soit-il.
Pater, Ave, Gloria...

Extrait de L’Épiphanie par le R.P. D. Joachim Ventura.


Reportez-vous à La bénédiction de Noé à ses fils, Prophétie et figure de l'entrée des Gentils dans la vraie Église, Méditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Du ministère de Marie dans la vocation des Gentils à la Foi, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation sur l’Épiphanie, Discours aux jeunes époux, du Pape Pie XII, durant l'Octave de l’Épiphanie, le 10 janvier 1940, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 18e Méditation : Voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient parut, allant devant eux, jusqu'à ce qu'elle vint s'arrêter sur le lieu où était l'enfant, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 17e Méditation : À la nouvelle de la naissance du saint Enfant, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 16e Méditation : Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 15e Méditation : Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, Litanies en l'honneur de la divine Naissance du Sauveur, La fête de Noël doit être chère à la France, La Pantoufle dans la cheminée, Les Fêtes de Noël à Paris : l'Offrande et la fête des Lettres, un pieux et antique usage, Les Fêtes de Noël à Paris : en prière devant la Crèche, Les Fêtes de Noël à Paris : au Couvent, Les Fêtes de Noël à Paris : au Petit-Séminaire, La nuit de Noël à Marseille, Extrait d'une description des Fêtes de Noël à Bruxelles : La Crèche en famille, Un épisode des Fêtes de Noël dans les pays du Nord de l'Europe : L'Arbre de Noël, Particularités de la nuit de Noël à Bethléem, La Sainte Grotte, Bethléem, Le Santo Bambino, Les petits Prédicateurs de six et de huit ans, L'Étable de Bethléem dans l’Église de l'Ara-Coeli, L'épée et le chapeau ducal portés à la procession le jour de Noël, Description de la sainte Crèche, Son histoire, Cérémonie de l'Adoration, La Messe de Minuit à Sainte-Marie-Majeure, Les Boutiques de Noël et le Præsepio, Les Pifferari, Regard sur le triple sacrifice du Jour de Noël, Noël, Jour de sainte allégresse, Lumière sur Noël, La crèche, Méditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une Crèche, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 21e Méditation : Cependant Marie ne perdait rien de toutes ces choses et les méditait dans son cœur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation : Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au SeigneurDévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 20e Méditation : Ayant été averti en songe de ne point aller trouver Hérode, ils retournèrent en leur pays par un autre chemin, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 19e Méditation : Se prosternant, ils l'adorèrent ; puis ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe, Méditation sur la Nativité, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 14e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, Litanies du Saint Nom de Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 13e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, nom qui lui avait été donné par l'ange, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 12e Méditation : Après huit jours, le saint Enfant fut circoncis, Instruction sur la Circoncision, Méditation sur la Circoncision, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 11e Méditation : Les bergers revinrent en glorifiant et en louant Dieu de tout ce qu'ils avaient vu et entendu, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 10e Méditation : Les bergers se disaient les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 9e Méditation : Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 7e Méditation : Tout à coup l'Ange du Seigneur parut auprès d'eux, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation : Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin enfantement arriva, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 2e Méditation : Je vous annonce un grand sujet de Joie, il vous est né aujourd'hui un Sauveur, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 3e Méditation : Marie mit au monde son fils premier-né, et l'enveloppa de langes, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 4e Méditation : Marie, après avoir enveloppé de langes le saint Enfant, le coucha dans la crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 5e Méditation : Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 6e Méditation : Il y avait là aux environs des bergers qui veillaient et se relevaient les uns les autres pendant la nuit, pour la garde de leurs troupeaux, Litanies du Saint Enfant-Jésus, et Dévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et Consécration.