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lundi 28 février 2022

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon L : Quatrième Commandement


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


Le LEÇON


DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR LA CHARITÉ,

QUATRIÈME COMMANDEMENT.



Q. Quel est le quatrième commandement de Dieu ?
R. Voici le quatrième commandement de Dieu : Père et mère honoreras, afin que tu vives longuement.

Q. Que renferme ce commandement ?
R. Ce commandement renferme tous les devoirs des enfants et des parents, des supérieurs et des inférieurs ; il est le premier de ceux qui regardent le prochain.

Q. Que doivent les enfants à leurs pères et mères ?
R. Les enfants doivent honorer leurs pères et mères, c'est-à-dire les respecter, les aimer, leur obéir et les assister dans leurs besoins.

Q. En quoi consiste le respect que les enfants doivent à leurs pères et mères ?
R. Le respect que les enfants doivent à leurs pères et mères consiste : 1° à les regarder comme tes images de Dieu, dont ils tiennent la place ; 2° à déférer humblement à leurs avis ; 3° à leur parler avec soumission ; à leur témoigner en public et en particulier tous les égards qui leur sont dus.

Q. En quoi consiste l'amour que les enfants doivent à leurs pères et mères ?
R. L'amour que les enfants doivent à leurs pères et mères consiste ; 1° à leur désirer et à leur faire tout le bien que Dieu demande ; 2° à leur être sincèrement attachés pour l'amour de Dieu ; 3° à éviter tout ce qui peut les contrister.

Q. Quelle doit être l'obéissance des enfants envers leurs pères et mères ?
R. L'obéissance des enfants envers leurs pères et mères doit être simple, prompte, constante et s'étendre à tout ce qui n'est pas péché.

Q. Quelle assistance les enfants doivent-ils à leurs pères et mères ?
R. Les enfants doivent à leurs pères et mères une assistance corporelle et spirituelle : corporelle, ils doivent les secourir dans la pauvreté, leur vieillesse et leurs maladies ; spirituelle, ils doivent les aider à vivre chrétiennement ; quand ils sont malades, leur faire recevoir les Sacrements ; et, quand ils sont morts, prier et faire prier pour le repos de leur âme.

Q. Quels sont les devoirs des pères et mères à l'égard de leurs enfants ?
R. Les devoirs des pères et mères à l'égard de leurs enfants sont : la nourriture, l'instruction, la correction, la vigilance et le bon exemple.

Q. Qu'est-ce à dire ?
R. C'est-à-dire que les pères et mères doivent : 1° donner à leurs enfants une nourriture, des vêtements et un état convenables à leur condition ; 2° leur apprendre ou leur faire apprendre leur Religion ; 3° les réprimander et les punir quand ils font mal ; 4° les éloigner des occasions du péché ; 5° leur montrer par leur conduite à remplir tous les devoirs d'un bon Chrétien.

Q. Les pères et mères peuvent-ils s'opposer à la vocation de leurs enfants ?
R. Les pères et mères ne peuvent pas s'opposer à la vocation de leurs enfants, parce que, avant de leur appartenir, les enfants appartiennent à Dieu.

Q. Que faut-il encore entendre par ces mots père et mère ?
R. Par ces mots père et mère, il faut encore entendre tous nos autres supérieurs, dans l'ordre spirituel et dans l'ordre temporel ; comme notre Saint-Père le Pape, les Évêques, les pasteurs de l'Église, les parrains et marraines, le roi, les princes, les magistrats, les maîtres et maîtresses, et les vieillards,

Q. Que leur devons-nous ?
R. Nous devons les respecter, les aimer, leur obéir, car ils sont établis de Dieu pour nous commander et nous conduire.

Q. Quels sont les devoirs des supérieurs, en général ?
R. Les devoirs des supérieurs en général, sont de procurer le bien spirituel et temporel de leurs inférieurs, parce qu'ils tiennent la place de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a passé en faisant le bien.

Q. Quels sont, en particulier, les devoirs des maîtres et des maîtresses ?
R. Les devoirs particuliers des maîtres et des maîtresses à l'égard de leurs domestiques, sont semblables à ceux des pères et mères envers leurs enfants, c'est-à-dire qu'ils sont obligés de les instruire ou de les faire instruire, de leur faire observer les commandements de Dieu et de l'Église, de surveiller leur conduite, de les reprendre, de leur fournir les aliments convenables, et de leur payer fidèlement leur salaire.

Q. Que signifient ces paroles : Afin que tu vives longuement ?
R. Ces paroles : Afin que tu vives longuement, signifient la récompense que Dieu promet à ceux qui observent ce commandement ; cette récompense est une vie longue et heureuse sur la terre, et plus heureuse dans l'éternité.

Q. Quels sont les avantages du quatrième commandement ?
R. Voici quelques-uns des avantages du quatrième commandement : 1° il affermit la paix des États et des familles, en rendant les supérieurs respectables; 2° il rend l'autorité sage et paternelle; 3° il rend l'obéissance douce, filiale et constante, en apprenant à l'inférieur que c'est à Dieu qu'il obéit dans la personne de ses supérieurs ; 4° il nous fait tous vivre les uns pour les autres.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, j'obéirai chrétiennement à tous mes supérieurs.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite), Leçon XXXVIII : De la Pénitence, Leçon XXXIX : De la Pénitence (Suite), Leçon XL : De la Pénitence (Suite), Leçon XLI : Des Indulgences et du Jubilé, Leçon XLII : De l'Extrême-Onction, Leçon XLIII : Du Sacrement de l'Ordre, Leçon XLIV : Du Sacrement de l'Ordre (Suite), Leçon XLV : Du Sacrement de Mariage, Leçon XLVI : De la Charité, Leçon XLVII : Premier Commandement, Leçon XLVIII : Deuxième Commandement, Leçon XLIX : Troisième Commandement, Leçon LI : Cinquième Commandement.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.













vendredi 25 février 2022

Le malheur du monde, en ce qu'il ne peut recevoir le Saint-Esprit



Saint Augustin remarque très-bien, que comme le corps naturel de l'homme reçoit uniquement sa vie de l'âme qui l'anime ; de même tous les Chrétiens qui sont le corps mystique de Jésus-Christ, ne vivent tous que de son seul Esprit : et comme le corps naturel meurt à même temps que l'âme en est séparée, aussi le Chrétien tombe dans un état funeste d'une mort la plus horrible de toutes, lorsqu'il perd la grâce et l'amour de Jésus-Christ par le péché. C'est l'état malheureux du monde dans l'abandonnement à ses convoitises, dont l'on peut assurer ce que le Fils de Dieu ordonne de dire de sa part à l'Évêque de l'Église de Sardes : Je sais quelles sont vos œuvres ; vous avez la réputation d'être vivant, quoique vous soyez mort. Ô combien y en a-t-il dans le monde, qui sont des gens pleins d'une grande santé, qui passent leurs jours dans les divertissements et dans les plaisirs, qui se promettent de longues années, et qui devant Dieu sont véritablement morts ! Hélas ! c'est à quoi le monde pense peu, et c'est bien à quoi il devrait penser. Les soins de la santé du corps occupent presque tous les hommes. C'est ce que partout on se demande les uns aux autres. Dès qu'on se rencontre, la première chose dont il est question, c'est de la santé du corps. A l'abord on se demande, Comment vous portez-vous ? Mais combien y en a-t-il de ceux qui répondent qu'ils se portent bien, qui ont perdu la véritable vie, la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ ? Combien y en a-t-il que l'on complimente sur leur bonne santé, à qui l'on devrait donner des larmes sur l'état de leur mort lamentable ? Ô mort infiniment affreuse aux yeux de Dieu et de ses Anges !
Or cette mort arrive, parce que le Saint-Esprit n'habite plus dans l'âme, qui est privée de la grâce sanctifiante par le péché, et qui n'en reçoit plus la véritable vie. Mais le malheur des malheurs du monde, est que non-seulement il n'a pas le Saint-Esprit, mais qu'il ne le peut recevoir. Ce sont les propres paroles du Fils de Dieu, en saint Jean au chapitre quatorze, qui promettant à ses Disciples le Saint-Esprit, leur déclara que le monde ne le peut recevoir ; c'est-à-dire, le monde demeurera dans la corruption, le monde ne cessant point d'être monde, de même que la nuit ne peut pas être le jour, et le jour la nuit. Il faudrait que le monde changeât d'esprits, de sentiments, de maximes, d'inclinations. L'esprit du monde et l'Esprit de Dieu ne sont pas seulement dissemblables, mais entièrement contraires : on ne peut les avoir ensemble, ils sont incompatibles.
C'est ce que saint Jacques, dans son Épître catholique, enseigne admirablement, par l'opposition de la sagesse qui vient du Ciel, de l'Esprit de Dieu, et la sagesse du monde. La sagesse qui vient d'en haut, dit cet Apôtre, est chaste, paisible, modeste, unie avec les bons, pleine de miséricorde et de bonnes œuvres ; elle n'est point défiante ni dissimulée : et la sagesse du monde est une sagesse terrestre, sensuelle et diabolique.
La sagesse qui vient du Ciel, du Saint-Esprit, est chaste, paisible, modeste, et détachée de son propre sens : car elle est pure, et élevée au-dessus des sens, qui sait les mortifier et les vaincre, qui prend et se sert des moyens propres à les assujettir à la grâce, ainsi elle crucifie la chaire avec ses convoitises, et rend l'homme obéissant à Dieu, le tenant entièrement sous sa domination et son empire.
Elle est paisible, modeste, détachée de son propre sens, parce qu'elle fuit les contentions, elle se laisse facilement persuader, elle n'est pas opiniâtre, elle est prompte à se soumettre. Ces marques ont toujours servi de règle aux Saints et aux maîtres de la vie spirituelle, pour discerner si les personnes qui étaient en estime d'une sainteté singulière, avaient le véritable esprit de Dieu. Ainsi nous lisons des saints Solitaires, qui ayant appris la vie extraordinaire du bienheureux Siméon Stylite sur sa colonne, lui envoyèrent dire de leur part, qu'il eût à descendre de sa colonne, et à quitter le genre étonnant de vie qu'il menait, avec ordre, s'il résistait, de l'y obliger. Ces Pères ne trouvant point de marques plus assurées de l'esprit de Dieu, que la disposition à se soumettre ; et c'est ce qu'ils trouvèrent d'une manière admirable dans cet incomparable Saint, qui se mit en état d'exécuter l'ordre qu'il recevait, au même temps qu'on le lui eût proposé : et ce qui est très digne de remarque, c'est que ces Solitaires n'étaient pas ses supérieurs. C'est une maxime très-véritable, qu'il ne faut attendre rien de bon d'une personne qui est opiniâtre, propriétaire dans ses exercices de piété, quand elle ferait des miracles. L'Esprit de Dieu est un esprit de soumission et d'obéissance ; et non seulement de volonté, mais d'entendement : car le véritable obéissant ne veut pas seulement se soumettre en faisant ce qui lui est ordonné, mais il croit facilement que ceux qui lui commandent, ont raison, qu'ils sont plus éclairés que lui, qu'il se trompe dans ses pensées.
La sagesse du monde au contraire est terrestre, sensuelle, diabolique ; au lieu que celle de Die vient d'en haut, du Ciel. Celle-ci est toute de la terre ; c'est où elle prend son origine et ses progrès. Comme elle est toute dans l'estime des honneurs, des plaisirs, et des biens de la terre, c'est ce qui fait son occupation, comme nous l'avons remarqué, c'est à quoi elle s'applique, c'est ce qu'elle enseigne ; et ceux qui sont les mieux instruits dans ces affaires de la terre, qui inspirent plus les moyens d'y réussir, et qui y réussissent davantage, passent pour les plus habiles, ce sont les sages du monde. Bien loin d'être paisible, de posséder une véritable paix que Dieu seul donne, que l'âme seule possède, qui lui est entièrement unie, elle est toute dans les guerres qui viennent des cupidités, comme l'enseigne encore l'Apôtre saint Jacques, qui combattent dans le corps par la révolte des sens et des passions, par l'inclination aux voluptés, les membres servant d'armes au péché ; et au-dehors par les contestations et les querelles pour le bien et pour la gloire, qui sont les sources de toutes les guerres.
La sagesse du monde est sensuelle, toute animale, et par suite toute contraire à l'esprit. Dieu proteste dans l'Écriture, que son esprit ne demeurera plus dans l'homme, parce qu'il est chair : mais elle est diabolique, car elle vient du démon. Ainsi elle est fière, orgueilleuse, superbe ; elle marche en choses grandes, elle se porte à ce qui éclaire et ce qui est au-dessus d'elle. Ses yeux sont élevés, et son cœur enflé. Elle présume beaucoup d'elle-même, méprise facilement les sentiments des autres, pense toujours avoir raison, demeure propriétaire dans ses pensées, elle veut toujours l'emporter. Elle a un esprit dominant, une volonté dominante, elle préfère ses pensées à celles des autres, elle veut faire ce que ses pensées lui suggèrent. La superbe règne dans elle, comme dans le diable, d'où elle vient.
C'est cette sagesse diabolique qui est la source de toutes les hérésies, qui ont toutes un esprit particulier, opiniâtre, point de volonté à se soumettre, préférant leurs fausses lumières aux décisions des Papes et de l'Église, s'abusant quelquefois par quelques œuvres éclatantes d'aumônes, de retraite, d'austérités corporelles. C'est ce que l'on a vu dans plusieurs Pères du désert, qui ayant mené une vie angélique, se sont enfin perdus tombant dans l'hérésie, comme il est arrivé à plusieurs à l'égard de l'hérésie des Monothélites. Mais nous l'avons dit, et c'est ce que l'on ne peut jamais assez répéter ; jamais il ne faut attendre rien de bon d'une personne attachée à ses sentiments, opiniâtre dans ses pensées et ses actions, quand d'autre part elle ferait des miracles.
Malheur à vous, dit Dieu par le Prophète Isaïe, qui êtes sages à vos propres yeux, et qui êtes prudents en vous-mêmes. Et il dit en un autre lieu du même Prophète : Je ferai une merveille dans ce peuple ; car la sagesse des sages périra, et la prudence des hommes intelligents sera obscurcie. Malheur à vous qui vous retirez dans la profondeur de vos cœurs. L'Apôtre s'écrie, l'Écriture dit, J'arrêterai les sages dans leurs subtilités. Dieu a connu les pensées des sages, et en a découvert la vanité. Je confondrai la sagesse des sages, et je rejetterai la prudence des prudents. Où sont les Philosophes, les Docteurs de la Loi ? où sont les curieux des secrets de la nature ? C'est pourquoi il assure qu'il ne prêche point la sagesse de ce monde, ni des Princes du monde, c'est-à-dire des Démons. Il déclare que le Saint-Esprit dit clairement que quelques-uns renonceront à la foi, écoutant des esprits d'erreur, et des doctrines de démons ; voilà la sagesse diabolique.
Cette sagesse néanmoins terrestre, sensuelle et diabolique, est la sagesse du monde, si directement contraire à celle de Dieu ; que comme elle est une folie à ses yeux divins, selon la doctrine de l'Apôtre, de même la sagesse de Dieu est une folie aux yeux du monde. C'est par cette folie de la prédication, dit-il, qu'il a plu à Dieu de sauver ceux qui auront la foi : et il écrit de lui-même, qu'on le regardait comme un insensé. Il ne faut pas en être surpris, le serviteur n'est pas au-dessus du maître, dont saint Marc l'Évangéliste, au troisième chapitre de son Évangile, rapporte que ses parents vinrent pour se saisir de lui ; car ils disaient : Il a l'esprit aliéné. Après cela on ne doit pas s'étonner si ceux qui prêchent la pureté de son Évangile, qui enseignent que c'est un bonheur d'être pauvre, d'être misérable dans la vie présente, d'y avoir beaucoup de traverses et de contradictions ; que c'est un malheur d'être riche, et d'y avoir beaucoup d'honneurs et de plaisirs, et qui tâchent avec le secours de leur divin Maître, de prêcher plus ces vérités par leurs actions, que par leurs paroles, sont désapprouvés, sont méprisés, sont quelquefois moqués, si l'on s'éloigne d'eux, si la parenté, les familles les regardent comme des gens qui font tort à leur honneur. Cependant notre Apôtre écrit : Que nul ne se trompe soi-même. Si quelqu'un d'entre vous se croit sage selon le monde, qu'il devienne fou, c'est-à-dire qu'il renonce à la sagesse séculière, pour suivre les maximes du Fils de Dieu qui semblent folie.
Mais à qui le Seigneur donnera-t-il l'intelligence de la parole, dit le Prophète Isaïe ? à des enfants qu'on ne fait que de sévrer ? Ce ne sera pas aux superbes, mais ce sera à ceux qui ont la simplicité et l'innocence des enfants. Notre bon Sauveur rend grâces à son Père, de ce qu'il a caché les choses qu'il enseigne, aux sages et aux prudents ; car il les laisse dans leur aveuglement que leur cause leur orgueil, et de ce qu'il les a découvertes aux petits. Il ne les fait connaître et goûter intérieurement qu'aux simples et aux humbles. Il rend grâces à son Père, de ce que tel est son plaisir. Et saint Luc nous apprend que, lorsqu'il dit ces paroles, à cette heure-là même son esprit eut un transport de joie. Son plaisir, comme celui de son Père, est de s'entretenir avec les simples, et de leur découvrir ses secrets.
C'est ce qu'il a fait dès le commencement de l'établissement de l'Évangile, se communiquant à de pauvres pêcheurs, et se servant d'eux pour enseigner sa doctrine à toute la terre. C'est ce qu'il a fait dans la suite des siècles ; et on ne peut assez admirer les hautes et divines lumières qu'il a données aux Brigittes, aux Thérèses, et à d'autres personnes simples et sans lettres. Le Père Ribera de la Compagnie de Jésus, personnage d'une rare érudition, aussi-bien que d'une piété singulière, rapporte dans la vie qu'il a écrite de sainte Thérèse, que recevant plusieurs ordres de Dieu pour les dire de sa part, et la Sainte lui disant avec humilité, qu'elle s'étonnait de ce qu'il ne s'adressait pas aux doctes et savants, il lui répondit : Ma fille, ils ne me croiraient pas. Il parlait sans doute des doctes suffisants en eux-mêmes, et non pas des Savants qui sont humbles. Saint Jean, au Chapitre septième de son Évangile, écrit que les Archers envoyés par les Chefs des Prêtres et par les Pharisiens, étant retournés vers eux sans se saisir de la personne de notre Seigneur, et leur ayant dit, Jamais homme ne parla comme cet homme ; les Pharisiens leur répliquèrent, Êtes-vous aussi de ceux qui vous êtes laissés séduire ? Y-a-t-il quelqu'un des Magistrats ou des Pharisiens qui ait cru en lui ? ils ajoutèrent qu'il n'y avait que la populace. Il faut être humble, non seulement de paroles et à l'extérieur, mais il faut être humble de cœur pour recevoir l'esprit de Dieu et ses vérités. L'Apôtre saint Jacques dit de plus, que la sagesse qui vient du Ciel, n'est ni défiante ni dissimulée. Elle est toute sincère, elle fait marcher simplement sans aucuns détours. Elle parle comme elle pense, à la différence de la sagesse diabolique des hérétiques, qui cachent leur doctrine, qui la déguisent ; qui dans les apparences, quand ils craignent les Puissances Écclésiastiques ou Séculières, font profession des vérités catholiques, usant d'artifices, de restrictions, se réservant à se produire dans les temps qu'ils espèrent leur être favorables.

(Le malheur du monde, M. Boudon)


Reportez-vous à Le malheur du monde en ce qu'il n'est point du Royaume de Dieu, Le malheur du Monde dans son opposition à Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans ses occupations, Des divertissements, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'emploi du temps, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, VIE CHRÉTIENNE : Travail et Négoce, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Méditation sur les règles que l'on doit suivre dans l'usage des divertissements permis, Méditation sur les divertissements du monde, Méditation sur la passion du jeu, Du Devoir des Pères de famille, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur les devoirs des pères à l'égard de leurs enfants, Méditation sur la fidélité que la Religion nous inspire à l'égard des devoirs de notre état, Méditation sur l'Autorité, Le Malheur du monde pour les scandales, Méditation sur le péché de scandale, Excellence de la chasteté, Le malheur du monde dans les dangers où il se trouve, Le malheur du Monde dans ses honneurs, Le malheur du Monde dans ses plaisirs, Le malheur du Monde dans ses richesses, Le malheur du Monde, en ce qu'il ne connaît point Dieu, et son Fils Jésus-Christ, Le malheur du Monde dans les ténèbres, Ce que l'on entend par le Monde, Aveuglement de l'homme, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur les trois mots qui furent dits à saint Arsène : Fuyez, taisez-vous, reposez-vous, Instruction sur les Conseils évangéliques, Du monde, Méditation sur les dangers du monde, Méditation sur l'amour de la retraite, Méditation sur les moyens de se sanctifier dans le monde, Méditation sur le détachement des biens de ce monde, Litanie pour se détacher des biens de ce monde, Méditation sur la gloire du monde, Méditation sur les obstacles que le monde oppose à notre salut, Méditation sur le renoncement au monde, Méditation sur deux règles qu'un Chrétien doit toujours observer pour faire son salut dans le monde, Méditation sur les affaires du monde comparées à celles du salut, Méditation sur l'affaire du salut, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Premièrement, consulter Dieu, Que faut-il pour connaître sa vocation ? Deuxièmement, consultez-vous, vous-même, Que faut-il considérer dans le choix de la vocation ?, Quelle est ma vocation ?, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Prière pour la vocation, Prière à Marie pour connaître sa vocation, Prière à Saint Joseph pour lui demander la grâce de connaître sa vocation, N'embrassez un état que par des motifs dignes d'une Chrétienne, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, et Méditation sur ce qu'un Chrétien doit penser des richesses et des grandeurs du monde.














mercredi 16 février 2022

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XLVIII : Deuxième Commandement


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


XLVIIIe LEÇON


DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR LA CHARITÉ.

SECOND COMMANDEMENT.


Les trois enfants dans la fournaise louant Dieu (Doré)

Q. Quel est le second commandement de Dieu ?
R. Voici le second commandement de Dieu : Dieu en vain tu ne jureras ni autre chose pareillement.

Q. Que nous ordonne-t-il ?
R. Il nous ordonne d'honorer le nom de Dieu par nos paroles, et nous défend de le déshonorer : le nom de Dieu, c'est la puissance, la sagesse, la bonté, la majesté de Dieu et Dieu lui-même.

Q. Quels sont les moyens d'honorer Dieu par nos paroles ?
R. Les moyens d'honorer Dieu par nos paroles sont : la prononciation respectueuse du nom de Dieu, le serment, la louange et le vœu.

Q. Qu'est-ce que prononcer le nom de Dieu avec respect ?
R. Prononcer le nom de Dieu avec respect, c'est le prononcer en se rappelant et en honorant les divines perfections qu'il exprime ; on le déshonore quand on le prononce avec légèreté et à tout propos.

Q. Qu'est-ce que jurer ou faire serment ?
R. Jurer ou faire serment, c'est prendre Dieu à témoin de ce qu'on assure : le serment honore Dieu, parce que c'est un hommage rendu à la vérité, à sa justice et à sa majesté souveraine.

Q. Comment le serment doit-il être fait pour honorer Dieu ?
R. Pour honorer Dieu, le serment doit être fait avec vérité, c'est-à-dire seulement pour assurer une chose vraie ; avec justice, pour promettre une chose permise ; avec discernement, pour assurer une chose importante.

Q. Quel est le péché opposé au jurement ?
R. Le péché opposé au jurement, c'est le parjure ou le faux serment.

Q. Qu'est-ce que louer le nom de Dieu ?
R. Louer le nom de Dieu, c'est le bénir et l'invoquer ; à la louange de Dieu sont opposés le silence, qui consiste à ne pas invoquer, à ne pas bénir le nom de Dieu, puis le blasphème et les imprécations.

Q. Qu'est-ce que le blasphème ?
R. Le blasphème est une parole injurieuse à Dieu ou aux Saints, ou à la Religion : par exemple, c'est un blasphème d'ôter à Dieu, aux Saints, à la Religion, ce qui leur appartient, et de leur attribuer ce qui ne leur convient pas : le blasphème est un très grand péché.

Q. Que faut-il faire quand on entend blasphémer ?
R. Quand on entend blasphémer, il faut bénir intérieurement le nom de Dieu et prier pour le blasphémateur.

Q. Qu'est-ce que les imprécations ?
R. Les imprécations sont des paroles blasphématoires, par lesquelles on souhaite du mal aux autres ou à soi-même.

Q. Qu'est-ce que le vœu ?
R. Le vœu est une promesse faite à Dieu par laquelle on s'oblige, sous peine de péché, à faire quelque bonne œuvre.

Q. Quelles sont les principales espèces de vœux ?
R. Les principales espèces de vœux sont les vœux solennels, qu'on fait par la réception des ordres sacrés, ou par la profession religieuse dans un ordre approuvé de l'Église ; les vœux simples, qu'on fait en particulier ou dans une congrégation, non érigée en ordre religieux.

Q. Quels sont les vœux de Religion ?
R. Les vœux de Religion sont les trois vœux ; de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Ils sont opposés aux trois grandes passions de notre cœur, ils obligent celui qui les fait à la perfection et ils sont une source de biens pour le monde.

Q. Comment doit-on accomplir ses vœux ?
R. On doit accomplir ses vœux comme on les a faits, dans le temps et de la manière indiqués, à moins qu'on n'en soit dispensé; c'est pourquoi il est très prudent de ne pas faire de vœux sans avoir consulté son confesseur,

Q. Quels sont les avantages du second commandement ?
R. Voici quelques-uns des avantages du second commandement : 1° en nous obligeant à respecter Dieu, il protège en nous son amour ; car on cesse bientôt d'aimer ce qu'on peut mépriser impunément ; 2° il garantit les conventions et la bonne foi parmi les hommes ; ce qui est la base de la société.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je ne prononcerai jamais le nom de Dieu en vain.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVI : L'Eucharistie, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite), Leçon XXXVIII : De la Pénitence, Leçon XXXIX : De la Pénitence (Suite), Leçon XL : De la Pénitence (Suite), Leçon XLI : Des Indulgences et du Jubilé, Leçon XLII : De l'Extrême-Onction, Leçon XLIII : Du Sacrement de l'Ordre, Leçon XLIV : Du Sacrement de l'Ordre (Suite), Leçon XLV : Du Sacrement de Mariage, Leçon XLVI : De la Charité, Leçon XLVII : Premier Commandement, Leçon XLIX : Troisième Commandement.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.













vendredi 4 février 2022

Quels sentiments doit inspirer à des enfants chrétiens la fête de la Purification ?



En contemplant Jésus qui, dès l'entrée de sa vie, vient se consacrer à Dieu pour être la victime de notre salut, ils seront pénétrés pour lui de reconnaissance et d'amour ; et si, plus heureux que le vieillard Siméon, il ne leur est pas seulement donné de le porter entre leurs bras, mais de le recevoir au fond de leurs cœurs par la sainte communion, ils béniront mille et mille fois ses miséricordes, et s'offriront en union avec lui à son Père céleste.
Ils apprendront à estimer, à chérir la pauvreté en dépit du monde et de ses maximes, puisque Jésus-Christ, qui était riche de tous les biens du ciel, s'est fait pauvre pour l'amour de nous jusqu'à vouloir être racheté au jour de sa présentation, non par un agneau qui était l'offrande des riches, mais par celle des plus indigents, deux colombes ou deux tourterelles. Ces innocentes victimes, qui allaient mourir pour Jésus, et qui retraçaient une image de la sainteté du sacrifice qu'il offrirait un jour, leur rappelleront que, s'ils veulent faire à Dieu une oblation d'eux-mêmes qui lui soit agréable, ils doivent s'efforcer d'être simples comme la colombe, fidèles et innocents comme la tourterelle, et de se purifier de leurs péchés en gémissant comme elle dans la solitude et la retraite.
Ils recueilleront aussi les grandes et touchantes leçons que leur donne Marie dans ce mystère. Si, pour cacher au monde le miracle de son enfantement divin, elle se soumet, comme les autres femmes de Juda, à la loi humiliante de la purification, pourraient-ils tirer vanité des plus frivoles avantages, et vouloir être loués de ceux même qu'ils n'ont pas ?
Si elle obéit à un précepte dont elle est évidemment exempte, pourront-ils encore se dispenser des lois de Dieu et de son Église, de l'obéissance à leurs parents et à leurs maîtres ? Ne sentiront-ils pas le besoin d'étouffer en eux cet esprit d'indépendance qui les rend impatients de tout joug et de toute autorité ? Enfin, quand Marie offre en sacrifice le cher objet de son cœur, son Fils bien-aimé, est-il une affection frivole, une inclination vaine dont ils ne doivent faire à Dieu un généreux sacrifice ?
Comme le saint vieillard Siméon, et à l'exemple de la sainte prophétesse Anne, ils n'auront pas de plus grand bonheur que de se voir souvent réunis au pied du saint autel pour adorer le Seigneur ; ils s'armeront de la mortification pour immoler l'amour des plaisirs sensuels ; ils sauront se priver quelquefois même de ce qui est permis, pour n'être pas entraînés par ce qui est défendu, se souvenant que le plaisir est le principal séducteur de la vie humaine, et qu'il a renversé l'homme innocent dans le paradis terrestre.

(Manuel des petits séminaires)



Reportez-vous à Dispositions de Jésus et de Marie pendant la sainte cérémonie de la Purification, Temps de la Sainte Enfance de Jésus, Invitation à célébrer la sainte enfance de Jésus, Dispositions de Jésus et de Marie pendant la sainte cérémonie de la Purification, Pour la Fête de la Purification : Prière à Jésus et à Marie pour obtenir l'humilité, Circonstances remarquables qui accompagnèrent la présentation du Sauveur au temple, Jour de la Purification : Soumission de Jésus-Christ et de sa sainte Mère à la Loi de Moïse, Ce que prescrivait la loi de Moïse, touchant la présentation au temple des enfants premiers-nés, et la purification des mères, La Fête de la Purification ou de la Chandeleur, Méditation pour le Jour de la Purification, Instruction sur la Fête de la Purification, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 23e Méditation : Il y avait à Jérusalem un homme juste et craignant Dieu, nommé Siméon, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation : Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au Seigneur, et Discours sur la purification de Marie.














mardi 1 février 2022

Jour de la Purification : Soumission de Jésus-Christ et de sa sainte Mère à la Loi de Moïse



Jésus-Christ, souverain Seigneur du ciel et de la terre, ne pouvait être soumis à cette loi, et Marie n'avait pas besoin de se purifier, puisque son divin enfantement, loin de flétrir la fleur de sa virginité, lui avait donné un nouvel éclat, et avait élevé cette Vierge sainte à la dignité sublime de mère de Dieu.
Cependant, l'un et l'autre accomplissent la loi de Moïse. Jésus-Christ, dont le premier acte, à son entrée dans le monde, avait été de se dévouer à Dieu, et de se mettre à la place de toutes les victimes, vient aujourd'hui renouveler visiblement dans le temple ce dévouement solennel. Lui, le Rédempteur de tous les hommes, s'humilie jusqu'à vouloir être racheté, parce qu'il portait la figure, la ressemblance des pécheurs. Ce n'est qu'en le rachetant que sa bienheureuse Mère peut le conserver auprès d'elle jusqu'au jour où il sera de nouveau arraché à sa tendresse, vendu pour un vil prix, et livré au supplice de la croix.
Pour Marie, elle subit la loi de la purification, qui ne l'atteignait pas, d'abord afin de cacher aux yeux du monde les merveilles que le Tout-Puissant avait opérées en elle ; puis afin de ne pas scandaliser les faibles, qui, n'étant point initiés aux secrets du ciel, auraient été mal édifiés de la voir s'exempter de la loi commune. Ainsi elle imitait son divin Fils qui était venu nous donner l'exemple de la plus parfaite obéissance à la loi du Seigneur.

(Manuel des petits séminaires)


Reportez-vous à Circonstances remarquables qui accompagnèrent la présentation du Sauveur au temple, Ce que prescrivait la loi de Moïse, touchant la présentation au temple des enfants premiers-nés, et la purification des mères, Temps de la Sainte Enfance de Jésus, Invitation à célébrer la sainte enfance de Jésus, La Fête de la Purification ou de la Chandeleur, Méditation pour le Jour de la Purification, Instruction sur la Fête de la Purification, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 23e Méditation : Il y avait à Jérusalem un homme juste et craignant Dieu, nommé Siméon, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation : Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au Seigneur, et Discours sur la purification de Marie.











mardi 18 janvier 2022

Don Bosco rencontre Dominique Savio



Été 1854, le tocsin sonne à toutes les églises de Turin. Quelque marchand ambulant a apporté le choléra dans la ville royale du Piémont. Bientôt tous les hospices sont combles ; couvents et hôtelleries se transforment en infirmeries. Les religieux tant honnis, Capucins, Camilliens, Dominicains et Oblats, sont à l'œuvre.
Don Bosco et don Victor Alasonatti, depuis quelque temps son auxiliaire à l'internat et à l'oratoire, assistent les malades dans le quartier particulièrement contaminé du Valdocco.
De temps en temps, le choléra redouble de violence. Dans une seule paroisse, il fauche cinq cents personnes en quelques semaines. Et ce n'est toujours pas la fin !
L'internat, où logent actuellement plus de cent jeunes gens, est terriblement menacé.
— Qu'allons-nous faire ? demandent-ils à don Bosco.
— Restez dans la grâce de Dieu. Recommandez-vous toujours à la protection de la Sainte Vierge, et le fléau vous épargnera. »
Le jour de l'Assomption, don Bosco exhorte les aînés à se dévouer. Il n'a pas besoin d'insister. Plus de quarante élèves, ouvriers, apprentis de commerce, répondent aussitôt à son appel. Don Bosco en a les larmes aux yeux. Ses disciples lui donnent parfois du souci ; vienne l'épreuve, ils se révèlent des héros. Ils sont dans les hôpitaux ; ils vont chercher les abandonnés dans leurs mansardes, leur rendent joyeusement les plus humbles services et passent bien des nuits blanches au chevet des malades.
La misère est indescriptible. Le plus nécessaire fait souvent défaut. L'oratoire donne sans compter, mais les réserves s'épuisent.
Un jour, Michel Rua vient demander à la mère de don Bosco un drap pour un malade qu'il a découvert dans un taudis. La brave femme fouille inutilement armoires et bahuts :
— Plus rien ici, dit-elle ; voilà encore une nappe quand même !
— Merci, maman Bosco, c'est toujours autant.
À peine Michel a-t-il tourné les talons que Jean Cagliero arrive :
— À l'hôtel du Cœur d'or, quelques malades étrangers complètement démunis sont couchés sur le sol nu. N'auriez-vous pas pour eux quelques draps de lit et du linge ?
— Il n'y a vraiment plus rien de reste, soupire maman Marguerite.
— Absolument plus rien ?
Après un instant de réflexion, maman Bosco court à l'église, enlève la nappe d'autel, tire de la sacristie un amict et un rochet, et donne le tout au garçon : « Notre-Seigneur me pardonnera de l'avoir volé. N'est-ce pas lui-même qui souffre en la personne des malades ? »
Le garçon emporte le ballot. En revenant, le soir, il ne se sent pas très bien. La tête lui tourne, il a des nausées. Maman Marguerite l'oblige à aller se coucher. Il s'y résigne à contrecœur :
— Et mon service de nuit ! Les malades m'attendent.
— Toi aussi tu es malade. Tu as une forte fièvre. Tu as la tête brûlante. Couche-toi et dors bien !
Ce n'est pas le choléra, mais une sorte de typhoïde qu'il a attrapée. Quatre nuits durant il est entre la vie et la mort. Maman Marguerite ne le quitte pour ainsi dire pas. Le médecin, très inquiet, conseille de lui donner l'extrême-onction.
— Voyons, Jean, que préfères-tu, lui demande don Bosco, vivre ou aller en paradis ?
— Allez en paradis.
— Et pourtant ce ne sera pas encore pour cette fois. La Sainte Vierge veut te guérir. Tu t'en tireras, tu prendras la soutane, tu seras prêtre, et un jour, bréviaire sous le bras, tu partiras bien loin, bien loin...
Le lendemain, la fièvre est tombée. Quelques jours plus tard, Jean quitte le lit et reprend son service près des cholériques. La mystérieuse parole du père lui reviendra souvent à la mémoire et il en verra un jour la miraculeuse réalisation.
L'épidémie tombant peu à peu en automne, don Bosco procure à ses chers samaritains une magnifique détente. Il les emmène aux Becchi faire les vendanges chez son frère Joseph.
Tout est bien changé au pays. Antoine est mort depuis cinq ans ; ce sont ses fils qui dirigent la métairie paternelle. Joseph est magnifiquement installé dans une autre ferme toute proche.
Joseph accueille avec un extrême plaisir toute cette bande de joyeux garçons ; il leur installe sous le toit de la paille pour dormir ; il leur fournit à boire et à manger, enchanté de ces lurons qui remplissent en chantant ses grandes cuves.
Au grand air les garçons surmenés retrouvent leurs forces, les joues pâles et tombées se rembourrent, et les plus taciturnes apprennent comment on rit aux Becchi !
Un matin, comme don bosco sort de la maison pour aller rejoindre sa troupe dans les vignes, un enfant d'une douzaine d'années l'aborde avec son père :
— C'est à moi que vous avez affaire ?
— Oui, monsieur l'abbé, répond l'homme. Je suis Charles Savio, forgeron à Mondonio, et voici mon fils Dominique. J'ai dû lui céder. Il voulait absolument venir aux Becchi pour vous parler.
Don Bosco examine l'enfant qui le regarde candidement de ses grands yeux brillants. Pour un peu, il croirait avoir devant lui son ami d'enfance, Louis Comollo.
Il fait entrer ses visiteurs, et Dominique lui raconte très ingénument qu'il apprend le latin à Châteauneuf, mais que son grand désir est d'aller continuer ses études à Turin, à l'oratoire.
— Voulez-vous bien m'y accepter ?
— Pourquoi pas ? Il me semble que tu es fait de bonne étoffe.
— De bonne étoffe ? reprend le petit. Alors ce sera vous le tailleur qui la travaillerez.
— Seulement, tu m'as l'air un peu faible de santé pour les études.
— Le bon Dieu m'aidera.
— Et que veux-tu faire, tes études finies ?
— Je voudrais être prêtre, si le bon Dieu m'en donne la grâce.
— Bel idéal ! Mais quelles sont tes aptitudes ? Nous allons tout de suite nous en rendre compte. Voici un livre ; va dans la chambre à côté en apprendre une page par cœur. Tâche d'y arriver dans une heure. Pendant ce temps-là, je vais parler avec ton père.
Dominique revient au bout de cinq minutes à peine :
— Si vous voulez me faire réciter ?
— Comment ? Tu sais déjà ta page par cœur ? Écoutons cela !
Dominique récite la page mot à mot, sans une hésitation.
— Tu as une merveilleuse mémoire ! constate don Bosco.
Cet exploit lui rappelle sa propre jeunesse.
— Oui, fait observer le père avec fierté, mon garçon apprend facilement. Il ne pense qu'à étudier. Il ne fera jamais un forgeron ; il n'en a pas la force, et puis, il est peut-être capable de mieux.
— C'est entendu, répond don Bosco. Viens à Turin à la Toussaint. Je t'accepte très volontiers.
L'enfant pousse un cri de joie et se jette sur la main du prêtre pour la baiser.
Dominique arrive avec son paquet à Turin au jour fixé. Don Bosco le mène à sa chambre, lui fait connaître le règlement et lui recommande d'être toujours docile à la volonté de ses maîtres.
« Je vous le promets », répond aussitôt Dominique. Son attention se porte alors sur une devise inscrite sur le mur : « Da mihi animas, cetera tolle. »
— Tu comprends ce que cela veut dire ? demande don Bosco.
— Donne-moi les âmes ; prends le reste !
— C'est la devise de saint François de Sale. Tu l'as bien traduite, mais, quand même, en comprends-tu bien le sens ?
— Certainement. Ici il n'est pas question d'argent, il s'agit des âmes. J'espère que la mienne aussi participera à cette entreprise.
Don Bosco admire cet enfant, qui lui rappelle de plus en plus son cher Louis Comollo. Il en a les cheveux noirs et ondulés, l'arcade sourcilière bien tracée, les yeux rayonnants de pureté,  la bouche expressive, le noble ovale du visage.
De jour en jour, don Bosco apprécie mieux le trésor qui lui est confié.
Dominique Savio est vite habitué. La pauvreté et l'indigence règnent céans ; il n'empêche que les plus petites et les plus sombres chambrettes y resplendissent de joie.
Don Bosco prêche la gaieté autour de lui. S'il voit un enfant marcher la tête baissée : « Qu'est-ce qui t'ennuie ? demande-t-il aussitôt. Si tu as commis un péché, remets-toi vite la conscience en ordre ; autrement, change-moi cette mine-là ! »
Le nouvel arrivé admire l'ascendant de l'abbé sur ses enfants. L'un d'eux s'est-il oublié dans la journée et querellé avec un autre, don Bosco l'appelle le soir et lui demande :
— Eh bien, mon enfant, comment cela va-t-il ?
— Très bien.
— Vraiment ? Il n'y a rien en toi qui ne va pas très bien ?
L'enfant baisse la tête et dit :
— Si. Quand pourrais-je me confesser ?
— Va te préparer à la chapelle, je t'y rejoins dans un instant.
Dominique se demande souvent quelle est la recette de don Bosco pour soumettre à une discipline parfaite tant de jeunes gens, presque toujours sortis d'un milieu lamentable. « Il a sûrement une baguette magique, se dit-il, et je vois ce qu'elle est : celle de son affection pour nous. »
Dominique a raison. Le secret de l'éducation pour don Bosco, c'est la bonté. Lorsqu'un de ses pupilles a commis une faute, un seul mot aimable suffit presque toujours pour le ramener dans la bonne voie. Don Bosco ne recourt aux punitions qu'en tout dernier lieu, fort rarement, et lorsqu'il doit user de ce procédé, la bonté encore n'en est pas absente. Les châtiments corporels sont formellement interdits.
Dominique goûte surtout le petit mot du soir, qui clôt la journée. L'affaire de quelques minutes à peine, mais les paroles de don Bosco vont droit au cœur et s'achèvent toujours par un paternel « bonne nuit! ».
Un soir, don Bosco rappelle à son auditoire l'obligation pour chacun de se sanctifier et explique comment il est à la fois difficile et bien plus facile qu'on ne le pense généralement de tendre à la perfection tous les jours. Ce soir-là, Dominique n'arrive pas à s'endormir. Le lendemain, il vient trouver don Bosco dans sa chambre :
— Que faut-il faire pour devenir un saint ?
— Et toi, qu'en penses-tu ? Que crois-tu nécessaire ?
— Je pourrais rester des jours entiers sans rien manger, ou presque ?
— Non.
— Dois-je me fabriquer une discipline pour me flageller ?
— Non.
— Renoncer aux récréations ? Ne plus jouer avec mes camarades ?
— Non.
— Que faire donc pour aller au ciel ? demande Dominique à bout d'imagination. Dieu veut pourtant qu'on fasse pénitence ?
— La pénitence pour toi, c'est l'obéissance.
— Sans doute, mais je devrais quand même y ajouter de temps en temps quelque chose. On lit cela dans toutes les vies de saints.
— Naturellement, tu dois faire quelque chose de spécial aussi. Par exemple, supporter patiemment la faim et la soif, la chaleur et le froid.
— Mais, tout cela, il faut toujours que je l'endure.
— Oui, mais tout cela n'est vertu que si tu le supportes pour l'amour de Dieu. Voilà le chemin de la perfection ! Ce n'est pas compliqué, c'est même très simple.
— Et absolument rien de particulier ?
— C'est déjà une chose très particulière pour un enfant de douze ans d'accomplir consciencieusement ses obligations quotidiennes et de s'exercer à la patience. C'est pour lui le chemin direct du ciel.

Quelques jours après l'arrivée de Dominique à l'oratoire, on y célèbre une fête magnifique, le jour de la proclamation du Dogme de l'Immaculée Conception par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854. À Rome, dans le fracas des canons et le vacarme des cloches, retentit l'exultante acclamation du peuple chrétien : « Vive l'Immaculée Conception ! »
Le même jour, Dominique Savio, agenouillé devant l'autel de la Sainte Vierge, répète plusieurs fois cette prière : « Marie, je vous donne mon cœur ; faites qu'il soit toujours vôtre. Jésus et Marie, soyez toujours mes amis ; mais, de grâce, faites-moi mourir plutôt que d'avoir le malheur de commettre un seul péché ! »

(Don Bosco, l'Apôtre des Jeunes, G. Hünermann)


Reportez-vous à Le songe de Don Bosco, Don Bosco et le Grigio, Don Bosco et le jeune condamné à la potence, La sainte amitié qui amena Jean Bosco séminariste, à la perfection chrétienne.