vendredi 8 août 2025
Contre toutes formes de ressentis - Témoignage
jeudi 2 septembre 2021
Circonstances que nous devons observer en parlant
Mettez, Seigneur, des gardes à ma bouche, et une porte à mes lèvres pour les fermer. Saint Ambroise et Saint Grégoire, parlant des maux divers que cause l'intempérance de la langue, et nous exhortant à l'observation du silence pour les éviter ; font ensuite cette objection : Hé quoi, faut-il donc que nous devenions muets ? Nullement, répondent-ils ; car la vertu du silence ne consiste pas à ne parler point, mais à parler à propos, et à se taire quand il faut ; de même que la vertu de tempérance ne consiste pas à ne point manger, mais à manger sobrement et dans les temps réglés, à ne manger que ce qui est nécessaire, et à s'abstenir de tout le reste. Il y a, disent-ils encore, en rapportant ces paroles de l'Ecclésiaste, un temps de se taire, et un temps de parler ; ainsi il est nécessaire d'user de discernement, pour savoir faire à propos l'une et l'autre de ces choses ; car on peut manquer en ne parlant pas quand il le faut, de même qu'en parlant quand il ne faut pas. Or, ces deux choses, ajoutent-ils, nous sont marquées dans ces paroles du Prophète : Mettez, Seigneur, des gardes à ma bouche, et une porte à mes lèvres pour les fermer. David, dit Saint Grégoire, en demandant à Dieu qu'il mette des gardes à sa bouche, ne lui demande pas qu'il y élève une muraille, afin qu'elle ne s'ouvre jamais : il demande seulement qu'il y mette une porte ; et comme une porte est faite pour être ouverte, et pour pouvoir être fermée quand il est nécessaire, il nous donne à entendre par-là, que nous devons aussi ouvrir et fermer la bouche, selon qu'il en est besoin, et que c'est en cela que consiste l'essentiel de la vertu du silence. Le Sage, dans l'Ecclésiastique, demande la même chose à Dieu : « Qui mettra, dit-il, des gardes à ma bouche, et le sceau de la sagesse sur mes lèvres, afin qu'elles ne me fassent point tomber, et que ma langue ne me perde point ? » Il faut tant de circonstances et tant de conditions, pour ne parler que bien à propos, que ce n'est pas sans raison que le Sage craint que sa langue ne le perde ; et qu'il demande à Dieu le discernement nécessaire pour savoir ouvrir et fermer la bouche quand il le faut ; car il suffit de manquer à une seule circonstance en parlant, pour commettre une grande faute ; et au contraire, pour parler sagement, et ainsi qu'il convient, il est nécessaire que toutes les circonstances s'y rencontrent, et qu'on n'en omette aucune. Il y a cette différence du bien au mal, que pour qu'une action morale soit bonne, il faut que toutes les conditions requises y concourent toutes en même temps, au lieu que pour la rendre mauvaise, il suffit qu'il y en manque une seule.
Saint Basile, Saint Ambroise, Saint Bernard, et plusieurs autres Saints nous marquent les circonstances qui sont nécessaires pour bien parler ; et ils disent que la première et la principale est de bien considérer auparavant ce que l'on veut dire.
C'est le conseil que donne l'abbé Amon, rapporté par Saint Éphrem : « Avant que vous parliez, dit-il, communiquez premièrement avec Dieu ce que vous avez à dire, et les raisons que vous avez de le dire ; et après cela, parlez hardiment, comme un homme qui exécute la volonté de Dieu, qui vous a commandé de parler. » Voilà qu'elle est la principale circonstance pour bien parler ; pourvu que nous l'observions, nous observerons facilement toutes les autres.
La seconde circonstance à quoi nous devons prendre garde, est la fin et l'intention qui nous oblige de parler ; car il ne suffit pas que ce que nous disons soit bon, il faut aussi que la fin que nous nous proposons en le disant soit bonne.
Saint Basile dit qu'il faut en troisième lieu, que celui qui parle, considère et ce qu'il est, et à qui, et devant qui il parle.
La quatrième circonstance, dit Saint Ambroise, est de considérer le temps où il faut parler : car une des principales qualités de la prudence, est de savoir dire les choses dans leur temps : L'homme sage, dit l'Ecclésiastique, ne parlera point qu'il n'en soit temps : mais l'homme léger et imprudent, ne gardera ni temps, ni mesure. Et le Saint-Esprit, au Livre des Proverbes, parlant de ceux qui observent cette circonstance du temps, ajoute qu'une parole dite à propos, est comme des pommes d'or sur un lit d'argent. Mais aussi tout le contraire arrive, lorsqu'on ne garde point cette règle, car alors les meilleures choses perdent leur prix, et deviennent désagréables. Une parabole, dit le sage, ou une parole grave et sentencieuse, sera mal reçue de la bouche d'un fou : car il ne la dit point dans son temps. Cette circonstance du temps consiste encore à n'interrompre personne en parlant ; ce qui est également contraire aux règles de la bienséance, et à celles de l'humilité Chrétienne : c'est mal prendre son temps, que de parler quand une autre parle. N'interrompez personne au milieu de son discours, dit l'Ecclésiastique ; attendez qu'il ait achevé ce qu'il veut dire, et ensuite vous parlerez à votre tour. Ce qu'il ajoute, confirme ce qu'il vient de dire : « Ne répondez rien, dit Salomon, que vous n'ayiez bien entendu ce que l'on vous dit. Celui qui répond avant que d'avoir entendu ce qu'on lui a dit, fait voir qu'il est insensé, et digne de confusion. » Saint Basile donne encore ici un autre avertissement touchant le temps où l'on peut répondre : c'est que quand on adresse la parole à un autre qu'à vous, vous devez garder le silence ; et lorsque vous trouvant dans une compagnie, on y demandera le sentiment de tout le monde en général sur quelque chose que ce soit, si ce n'est point à vous qu'on adresse particulièrement la parole, vous ne devez pas vous charger de répondre pour tous les autres.
La cinquième circonstance que les Saints veulent qu'on observe pour bien parler, regarde la manière de parler ; c'est-à-dire, la composition du visage et le ton de la voix.
Saint Bonaventure comprend, sous cette circonstance, celle de parler avec un visage ouvert et serein, sans faire aucun signe irrégulier de la bouche ou des yeux : sans mouvement violent de la tête, sans gestes outrés. Saint Ambroise et Saint Bernard ajoutent à cette circonstance, que la voix ne doit être ni languissante, ni entrecoupée : qu'elle ne doit rien avoir d'affecté et d'efféminé : mais qu'elle doit être réglée, mâle et grave, comme il convient à un homme de l'avoir. Que s'il ne faut pas que la manière de parler soit languissante ni affectée, aussi ne faut-il pas qu'elle soit dure ni sèche, car, reprend Saint Bernard, comme je ne veux rien de mou ni d’efféminé, soit dans le son de la voix, soit dans la contenance et dans le geste, aussi je n'y veux rien trouver qui sente la rudesse et la grossièreté.
Saint Ambroise dit qu'il faut que les remontrances et les avertissements soient sans aigreur, et sans qu'il y ait rien qui puisse blesser : et il rapporte à ce sujet ce passage de l'Apôtre : « Ne reprenez personne avec rudesse, mais avertissez doucement les vieillards, comme vos pères : les jeunes hommes, comme vos frères, les femmes âgées, comme vos mères : et les jeunes femmes, comme vos sœurs. »
En un mot, il y a tant de circonstances à observer, pour parler comme il convient de le faire, qu'il est très-difficile qu'on n'y fasse quelque faute : c'est donc un excellent remède ou un puissant préservatif de demeurer dans le silence comme dans un port où nous serons à couvert de tous les inconvénients, et de tous les dangers qu'il y a à parler, suivent ces paroles du Sage : « Celui qui garde sa bouche et sa langue, garde aussi son âme de beaucoup d'afflictions. »
Personne n'ignore ce beau mot, de Saint Arsène, qu'il répétait souvent, et qu'il chantait même quelquefois, ainsi que le rapporte l'Auteur de sa vie : « Je me suis souvent repenti d'avoir parlé, disait-il, mais jamais de m'être tu. Une parole une fois échappée, ne revient jamais. » Saint Jérôme dit, qu'aussitôt qu'une parole est proférée, elle est comme une pierre que l'on ne peut plus retenir, dès qu'elle a été lancée, ni empêcher qu'elle fasse tout le mal qu'elle peut faire, si elle atteint quelqu'un.
Faisons donc une ferme résolution de régler notre langue, et disons avec le Prophète : « J'ai résolu de prendre garde à mes voies, afin que je ne pèche pas par ma langue. » Saint Ambroise, écrivant sur ces paroles, dit qu'il y a des voies que nous devons suivre, et d'autres auxquelles nous devons prendre garde. Nous devons prendre garde aux nôtres, de crainte de nous y égarer, et de nous y perdre : nous y prendrons garde, conclut ce Saint Archevêque, si nous savons bien nous taire.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à De la Médisance, Vivre dans le recueillement et dans le silence, c'est mener une vie douce et agréable, Le Silence est un moyen efficace pour acquérir la Perfection, Il est difficile, sans l'observation du Silence, de devenir homme d'oraison, Du Silence : Ses avantages et son utilité, Du Silence, par Saint Vincent Ferrier, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Purgatoire des paroles inconvenantes, Méditation sur les discours immodestes, Méditation sur les péchés de la langue, VIE CHRÉTIENNE : Repas, Récréations, Conversations et Visites, Qu'il ne sorte aucun mauvais discours de votre bouche, Qu'il faut s'abstenir de toutes paroles de raillerie, et éviter toute contestation avec le prochain, Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !, et Qu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulier.
mardi 9 juin 2020
De la Simplicité, par le R.-P. Jean-Joseph Surin
De la Simplicité
Qu'est-ce que la simplicité ?
C'est l'unique regard de l'âme que l'Évangile appelle l'œil simple, qui n'envisage que Dieu, et qui tend toujours à lui par la voie la plus courte.
Qu'entendez-vous par cet unique regard ?
J'entends ce que les Pères spirituels appellent la sainte uniformité, qui exclut la multiplicité de vues et d'intentions, laquelle est le vice des âmes qui ne sont pas simples.
Quelle est la pratique de la simplicité ?
Elle demande, ou plutôt elle met dans l'âme trois sortes de dispositions.
Quelle est la première ?
C'est une attention continuelle à réduire tout à un, c'est-à-dire, à n'avoir qu'un objet en vue, et à faire toutes choses par un motif, qui est le bon plaisir ou la sainte volonté de Dieu. L'intention de la plupart des hommes ne va pas jusqu'à Dieu : on obéit, parce que le supérieur est un homme qui agrée : on aime son prochain par sympathie. L'homme spirituel au contraire, obéit, parce qu'il envisage Dieu en celui qui commande ; il aime dans son prochain l'image de Dieu, et en cela il pratique la simplicité, parce qu'il rapporte tout à un seul objet, qui est Dieu.
Quelle est la seconde disposition ?
Elle regarde les mœurs et la conduite : elle porte à fuir tout ce qui sent l'artifice, la vanité, la curiosité et la politesse mondaine : elle fait aimer et chercher les manières simples des personnes du commun. On remarque que les Saints ont affecté une espèce de sainte grossièreté dans leur extérieur. Cette simplicité doit faire le caractère des personnes religieuses : dès qu'elles s'en éloignent, c'est une marque de relâchement ; et c'est toujours par-là qu'on commence la réforme, lorsqu'elles en ont besoin. Mais cette simplicité n'est pas seulement dans l'habit, elle doit surtout paraître dans la manière d'agir et de converser, où l'on ne doit rien trouver qui approche de la politesse recherchée des mondains.
Est-ce seulement dans l'extérieur que cette simplicité doit paraître ?
Elle est encore nécessaire dans l'intérieur, par rapport à la vie spirituelle, d'où elle bannit tout raffinement et toute élévation affectée, pour nous faire marcher devant Dieu avec candeur et sincérité, comme dit saint François de Sales. Car, en matière de dévotion, il y a des gens toujours guindés qui dédaignent les pratiques communes, et qu'on peut comparer à des personnes dégoûtées qui cherchent des ragoûts pour réveiller leur appétit. Cependant la véritable simplicité n'est pas incompatible avec les voies sublimes où Dieu lui-même appelle et conduit les âmes ; elle exclut seulement l'amour de ces voies, et les efforts qu'on fait pour s'y introduire de son propre choix.
Quelle est la troisième disposition que la simplicité met dans une âme ?
C'est un penchant habituel à interpréter toutes choses en bonne part, sans penser jamais à mal. C'est ce qu'on remarque dans les personnes qui ont la simplicité en partage. Elles n'envisagent dans les autres que ce qu'il y a de bien, et par cette pratique elles tendent continuellement à l'unité : car la pensée du bien conduit droit à Dieu, et non pas celle du mal.
La Chronique de saint François rapporte une vision, où parurent plusieurs Saints de son Ordre, et en particulier Frère Bernard de Quintavalle, avec des yeux si brillants qu'on n'en pouvait soutenir les regards : et comme on en demandait la raison, il fut répondu, que c'était en récompense de sa simplicité, parce que pendant sa vie, il n'avait jamais envisagé dans ses Frères que le bien qui était en eux.
Pourquoi avez-vous dit que la simplicité tend à Dieu par la voie la plus courte ?
Parce que n'ayant que Dieu en vue, par l'unité de son regard elle va droit à lui ; au lieu que les âmes qui manquent de simplicité n'y vont que par détours, le mélange d'intention les faisant souvent gauchir. On peut comparer ceux-ci aux personnes qui usent de circonlocution pour cacher la vérité, et celui qui va simplement, à un homme qui porte, pour ainsi dire, la vérité sur les mains, et qu'on ne surprend jamais dans ses paroles.
Comment s'accorde la simplicité avec la prudence ?
Ces deux vertus s'accordent parfaitement ; parce que la simplicité est accompagnée de grandes lumières qui lui fournissent les moyens nécessaires pour arriver à son but, et pour éviter les pièges que lui tendent les subtilités et les artifices de l'esprit du siècle. C'est pour cela que le Sage adresse d'abord la parole aux enfants, c'est-à-dire, aux âmes simples, comme les plus capables de comprendre les instructions de la Sagesse. En effet, elles passent sans crainte et sans danger à travers les plus grandes difficultés, et triomphent aisément de la malice et des ruses des mondains. On l'a remarqué en plusieurs Saints, et surtout en S. François ; il fut souvent interrogé par des savants mal intentionnés qui cherchaient à le surprendre, et il les confondit toujours par la sagesse admirable de ses réponses; le Fils de Dieu ayant voulu vérifier dans son serviteur, ce qui a été dit de lui même : Et depuis ce jour-là, qui que ce soit n'osa plus l'interroger.
Comment peut-on acquérir cette simplicité ?
Le moyen le plus sûr et le plus efficace, est d'étouffer en soi toute convoitise : car ce sont les diverses prétentions et les différents désirs qui sont directement opposés à la simplicité. Celui qui ne désire rien n'a qu'un seul but, qui est de plaire à Dieu ; il est délivré de tout autre soin, et par-là même parfaitement simple.
N'avez-vous point de pratique particulière qui conduise à cet excellent état ?
La meilleure et l'unique est de renoncer constamment à tous les motifs que la nature suggère, pour n'avoir en vue que le bon plaisir de Dieu, jusqu'à ce que cet excellent motif absorbe tous les autres ; comme la mer engloutit tous les fleuves. C'est par cette pratique qu'on acquiert la véritable simplicité, en se réduisant à cet unique regard, dont on peut dire que c'est la seule chose nécessaire.
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samedi 18 avril 2020
Des opérations malignes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin
Des opérations malignes
Quelles sont les opérations malignes ?
Ce sont celles de Satan pour s'opposer à la grâce. Il y en a trois principales, qui sont la tentation, l'obsession et la possession.
Qu'est-ce que la tentation ?
Nous l'avons dit assez au long dans le dernier chapitre de la première Partie. Il est à propos de remarquer ici, que toutes les suggestions et les inspirations mauvaises sont de véritables tentations, quoiqu'on ne donne ce nom qu'à celles qui viennent avec des mouvements impétueux et violents, et qu'on ait coutume de nommer illusions celles qui se glissent d'une manière imperceptible.
Qu'est-ce que l'obsession ?
C'est une opération manifeste du démon pour nuire à l'homme. On l'appelle manifeste pour la distinguer de la tentation qui est occulte, au moins dans son principe.
Quels sont les effets de l'obsession ?
Il y en a trois. Le premier, est d'empêcher le libre usage des facultés de l'homme, soit intérieures, soit extérieures. Ceux que le démon persécute de la sorte, sont souvent gênés, et violentés dans leurs fonctions ; ils éprouvent en particulier que leur imagination est comme, liée par des ténèbres épaisses, et ils sentent sur le cœur une pesanteur qui les oppresse ; de telle sorte néanmoins qu'ils peuvent s'apercevoir aisément que la cause de leur tourment est étrangère et extérieure : car le démon a beau se cacher, les personnes un peu expérimentées, distinguent très-bien les effets de l'infirmité humaine, des opérations malignes, qui ont pour but de fatiguer l'homme et de le troubler dans ses fonctions.
Quel est le second effet de l'obsession ?
C'est une vexation marquée et sensible, qui s'arrête quelquefois au-dehors autour de la personne, et qui afflige quelquefois le corps en lui faisant sentir de la douleur. Les démons ont coutume de faire du bruit pour épouvanter, de faire impression sur l'extérieur, de frapper, de faire souffrir de grands tourments dans les entrailles et dans les nerfs, en y causant des obstructions et des engourdissements et même des maladies plus fâcheuses, comme il paraît par l'exemple de Job.
Quel est le troisième effet de l'obsession ?
Ce sont des mouvements qui portent au mal, mais si véhéments que les personnes obsédées comprennent sans peine que le démon en est l'auteur. Elles le sentent opérer au-dedans d'elles-mêmes pour les porter au vice contraire à la pureté par des artifices abominables, qui ne sauraient venir que de l'esprit immonde. Et quelquefois même il les attaque à force ouverte, comme s'il voulait user de violence.
Est-ce que la puissance du Démon dans les personnes possédées s’étend jusques sur la liberté ?
Il n'a aucun pouvoir sur le libre arbitre ; mais à cela près il n'est rien qu'il ne puisse par la permission de Dieu. Ce qui est toujours vrai et consolant pour la personne affligée, c'est que Dieu met des bornes à la puissance de Satan ; l'exemple de Job en est une preuve convaincante.
Quel conseil faut-il donner à une personne obsédée ?
C'est de mettre son état à profit par la patience et par la pratique de toute sorte de vertus. Ceux en qui le diable opère manifestement, souffrent pour l'ordinaire un grand mal de tête et un saisissement de cœur ; et comme leurs peines sont très-grandes, ils ont besoin de beaucoup de patience. On remarque que les Reliques des Saints ont coutume de les soulager ; mais leur recours ordinaire doit être la sainte Eucharistie, qui est un remède efficace contre toutes sortes de maux, et particulièrement contre ceux dont la cause n'est pas naturelle.
Qu'est-ce que la possession ?
C'est une opération maligne par laquelle le diable se rend maître des puissances de l'homme jusqu'à l'empêcher de faire réflexion à ce qu'il dit et à ce qu'il fait, jusqu'à parler et à répondre lui-même par la bouche de celui qu'il possède.
Quelle différence y a-t-il entre l'obsession et la possession ?
Nous venons de le dire. C'est que dans la possession le démon parle lui-même par la bouche de l'Énergumène, sans que l'Énergumène s'en aperçoive, ni qu'il puisse l'empêcher, ce qui n'arrive jamais dans l'obsession, quoique la plupart des autres effets qu'on remarque dans les possédés se voient aussi dans les personnes qui ne sont qu'obsédées.
À quelle marque peut-on connaître que le Démon réside dans un homme ?
Il y en a quelques-unes qui prouvent manifestement l'opération du malin esprit, mais qui sont communes aux obsédés et aux possédés ; et la principale est que l'Énergumène réponde aux pensées et découvre les choses cachées. Une marque infaillible de possession, c'est lorsque, le Démon ayant longtemps agi et parlé dans une personne, il ne reste à cette personne aucune idée, ni de ce qu'elle a dit, ni de ce qu'elle a fait, tandis qu'elle était agitée par le démon.
Est-ce une marque de possession que d'être élevé de terre et de demeurer suspendu en l'air ?
Le démon transporte quelquefois les hommes sans avoir d'autre pouvoir sur eux. C'est ainsi qu'il porta Notre-Seigneur sur le haut du Temple, et ensuite sur une Montagne. Mais lorsque la personne tourmentée par le démon parle une langue qu'elle n'entend pas, ou qu'elle dit des choses sublimes qui sont au-dessus de sa portée, on ne peut pas douter qu'elle ne soit possédée.
Quels sont les effets de la possession ?
Il y en a de trois sortes, par rapport aux différents états où la personne possédée peut se trouver. Il y a un temps où elle jouit de son entière liberté sans aucun trouble. Quelquefois elle est troublée sans perdre la liberté, comme l'est un homme qui a pris un peu trop de vin. Le trouble augmente quelquefois jusqu'à lui ôter la liberté, comme lorsqu'un homme est ivre. Enfin il y a des temps où elle est actuellement possédée, et que le Démon s'empare de son esprit, jusqu'à la rendre incapable de réflexion. Il est certain que par rapport à ces différents états, les effets de la possession doivent être différents, et plus ou moins extraordinaires.
À quoi sert la connaissance de ces différentes situations de la personne possédée ?
Elle sert à discerner les différents effets de la possession qu'il est très-aisé de confondre. Il y a des Exorcistes, qui après plusieurs années de combat contre le Diable, ne savent pas faire cette différence ; et qui, pour peu qu'ils aperçoivent de trouble dans la personne possédée, lui parlent comme au Démon même : Nous dirons après combien cette connaissance est importante.
Peut-on ajouter foi aux réponses des Démons ?
On ne doit condamner personne sur la seule déposition des Démons ; mais on peut profiter des connaissances qu'ils donnent pour la recherche des crimes qu'ils ont révélés. Il paraît que c'est là le sentiment de l'Église, lorsqu'elle ordonne de les interroger sur les maléfices qui ont rapport à la possession.
Les Démons peuvent-ils mentir à l'Église lorsqu'elle les interroge juridiquement par la bouche de ses Ministres ?
Il paraît d'abord que non, parce qu'ils sont esclaves de l'Église, qui a droit sur eux lorsqu'ils tourmentent ses sujets. Cependant ils le peuvent, si les conditions auxquelles on doit les interroger ne sont pas observées. Il y en a trois qui paraissent nécessaires. La première, que celui qui interroge en ait le pouvoir, comme les Exorcistes députés par l'Église. La deuxième, qu'il se comporte avec beaucoup de droiture et de pureté d'intention dans les fonctions de son ministère : car si le Démon s'apercevait de quelque défaut dans le procédé de l'Exorciste, il pourrait, par la permission de Dieu, entreprendre de le tromper. La troisième, qu'il sache distinguer si c'est le Démon qui répond, ou la personne agitée par le Démon : car, comme nous venons de le dire, la différence est essentielle, et il est aisé de prendre l'un pour l'autre.
Quelles sont les qualités d'un bon Exorciste ?
Il y en a trois principales ; la foi, le courage et la prudence. Nous en avons parlé dans le cinquième Chapitre de cette Partie.
Reportez-vous à Que Satan communique avec l'homme depuis l'état du péché, et jusqu'où arrive cette communication, Que la Misère est grande de l'homme possédé de Satan, qui livre un combat furieux à son Âme, et donne un tourment extrême à son Corps, De la conduite qu'il faut tenir à l'égard des Énergumènes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des tentations, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (2/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (3/4), Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (4/4), Réflexions sur la nature et les forces des Démons, et sur l'économie du Royaume des ténèbres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Les possessions démoniaques sont rares uniquement pour ceux qui ne combattent pas le démon, De l'Amour du Père Surin pour tout ce que Notre-Seigneur a aimé, et premièrement de sa grande dévotion à la très-sainte Vierge, Du grand Amour du Père Surin pour les Saints Anges, dans l'union avec notre Seigneur Jésus-Christ, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les Possédés d'Illfurt : Satan et les fêtes, bals et danses, Les Possédés d'Illfut : Les victimes, Les possédés d'Illfurt : Perte du Ciel et peines de l'Enfer, Miracles de Sainte Hildegarde, SCIENCE EXPÉRIMENTALE DES CHOSES DE L'AUTRE VIE, Acquise par le Père Jean-Joseph Surin, Exorciste des Religieuses Ursulines de Loudun, Exemple de la grande puissance de Frère Junipère contre les démons, De l'imagination de l'homme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la mémoire, par Le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour étonnant du Père Surin pour l'abjection, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Comment saint François guérit un lépreux de l'âme et du corps ; parole que l'âme de ce lépreux lui adressa en montant au Ciel, De la vie Apostolique, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques industries cachées qui conduisent bientôt à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant la Pénitence, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Pénitence et de l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du bon Directeur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du vrai Religieux, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie mixte, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'heureux état d'une âme qui a établi sa perfection et sa félicité dans l'acquiescement au bon plaisir de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour parfait, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conduite des âmes, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'étude des Lettres, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Réponse à quelques doutes touchant l'Oraison, par le R.P. Jean-Joseph Surin, Ce qui s'est observé dans un Ordre Religieux durant le premier siècle depuis son établissement, doit être regardé comme meilleur que tout ce qu'on peut inventer dans la suite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison et de la Contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction pour les personnes qui entrent dans la voie d'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Que les âmes lâches fassent tous leurs efforts pour acquérir la bonne volonté qui leur manque, Ce qu'est l'oraison mentale, par le R.P. D. Laurent Scupoli, Clerc Régulier Théatin, De l'Oraison, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la contemplation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'Oraison qui convient à la voie extraordinaire, et Avis nécessaires à ceux qui sont dans cette voie, par le R.-P Jean-Joseph Surin, Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (1), Catéchisme spirituel de la Perfection Chrétienne, par le R.P. Jean-Joseph Surin (2), Des qualités qui sont propres dans la voie extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la voie surnaturelle ou extraordinaire, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'avancement de l'âme et des principaux moyens qui peuvent le procurer, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des amitiés, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la conversation, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Vertus, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens extérieurs qui aident à acquérir la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens intérieurs qui aident à la perfection, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels sont les devoirs de piété dont il faut s'acquitter envers les Saints ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Quels exercices de piété prescrivez-vous à l'honneur des Anges ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'occuper des souffrances de Jésus-Christ ?, Des exercices de piété, par le R.-P. Jean-Joseph Surin : Comment faut-il s'exercer en ce qui regarde la Doctrine de Jésus-Christ ?, De la vie intérieure, et de la familiarité avec Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Jésus condamné à mort, Pilate lave ses mains, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'amour du Père Surin pour la pauvreté, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du renouvellement de l'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Seigneur, que vous plaît-il que je fasse ?, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie illuminative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Combien sont mal fondées les plaintes de ceux qui se disent incapables de méditer, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, Les voies du salut, De l'amour admirable du Père Surin pour les souffrances, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, De la réformation de l'entendement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de la colère, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie Purgative, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, En quoi consiste la perfection chrétienne : pour l'acquérir il faut combattre, et pour sortir victorieux de ce combat, quatre choses sont nécessaires, Du devoir des Veuves, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, De la Réduction des Hérétiques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la réformation de l'Amour, de la Haine, du Désir et de l'Aversion, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De quelques moyens de bien faire l'oraison mentale, Pour la direction et la progression spirituelles : Quel chrétien êtes-vous ?, et Le souvenir de nos péchés est un moyen propre pour nous aider à supporter avec résignation, toutes les afflictions que Dieu nous envoie.
samedi 4 avril 2020
Explication du deuxième commandement de Dieu
INSTRUCTION
Explication du deuxième commandement de Dieu
Dieu en vain tu ne jureras, ni autre chose pareillement
Jurer, c'est employer le nom de Dieu pour confirmer quelque chose. On l'atteste directement, quand on le prend lui-même pour garant ; indirectement, lorsqu'on a recours à ce qui a rapport à lui, comme les choses saintes, et même le ciel, la terre, sa tête, sa vie, etc. En jurant par ces choses, on jure par celui qui les a créées, qui les sanctifie et qui est le souverain Seigneur de tout. Évitez également les jurements tronqués ou déguisés, et ce qui passe pour jurement sans l'être. Pour que le jurement soit permis, il faut les conditions qu'exige Jérémie : 1. vérité ou certitude morale ; 2. justice, que la chose pour laquelle on jure soit permise et honnête ; 3. jugement, c'est-à-dire, prudence, discrétion, grande utilité.
Il est plus facile de s'abstenir de jurer que de le faire avec les conditions que Dieu exige ; aussi dit-il de ne pas jurer du tout. Ceux qui ont le malheur de jurer par habitude, jurent en vain et pèchent grièvement. Qu'ils prient, qu'ils jeûnent, qu'ils engagent ceux avec qui ils vivent à les reprendre, qu'ils se punissent sévèrement toutes les fois que ce malheur leur arrive. « Celui qui jure sans cesse, dit l'Esprit Saint, sera rempli d'iniquité, et la plaie ne sortira pas de sa maison. » Cette menace terrible tombe non-seulement sur ceux qui jurent, mais sur toute la maison qu'ils habitent. Prenez garde de souffrir des jureurs chez vous ; il y va de votre salut et même de votre intérêt temporel.
Le blasphème est une parole injurieuse à Dieu, à la religion, aux saints. Dire : Dieu n'est pas juste ; le christianisme est une invention humaine ; les saints ne nous aident pas ; c'est proférer d'horribles blasphèmes. L'outrage que l'on fait à l'Église et aux saints, attaque Dieu même, comme l'honneur qu'on leur rend se rapporte à lui.
L'imprécation est un souhait exécrable contre quelqu'un. Ce péché, et les deux précédents, sont mortels de leur nature.
(Instruction tirée de Vie des Bienheureux et des Saints de Bretagne)
Reportez-vous à Méditation sur le jurement, Explication du premier commandement de Dieu, Explication du quatrième commandement de Dieu, Explication du cinquième commandement de Dieu, Méditation sur l'outrage que nous faisons à Dieu par le péché, Des dix Commandements, Des trois premiers Commandements, Du Décalogue, Méditation sur la crainte de Dieu, Méditation sur l'observation des Lois de Dieu, et Du voyage dans le désert et de la Loi écrite.
mercredi 25 mars 2020
MÉDITATION SUR L'ANNONCIATION DE LA SAINTE VIERGE
I. Prélude. — L’ange Gabriel fut envoyé de Dieu en une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une vierge nommée Marie. L'ange, étant entré près d’elle, lui dit : « Je vous salue, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous ; vous concevrez et vous mettrez au monde un fils : il sera grand ; il sera appelé le Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob , et son règne n'aura point de fin. »
II. Prélude. — Me représenter l'humble et pauvre demeure de Marie.
III. Prélude. — Ô Marie ! Vierge pure, parfait modèle de toutes les vertus, obtenez-moi la grâce de vous imiter, autant qu'il est possible à ma faiblesse.
I. Point. — L'ange Gabriel est envoyé à Marie, il la salue ; elle se trouble à son approche.
Considérer les personnes, les paroles et les actions. — Un silence profond règne dans la demeure de Marie ; cette Vierge sans tache est prosternée devant Dieu, et absorbée dans un saint recueillement... Elle prie, elle hâte par ses désirs le moment de l'incarnation du Verbe et du salut du genre humain... Mais une lumière céleste s'est répandue autour d'elle ; un ange lui apparaît. Je vous salue, ô pleine de grâce ! lui dit-il, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes... Marie se trouble ; vierge prudente, elle pense en elle même d'où peut lui venir cette salutation flatteuse qui effraie son humilité... Oh ! qu'il est pur ce Cœur en qui les paroles mêmes d'un ange excitent une crainte virginale ! qu'il est digne de devenir le sanctuaire du Verbe incarné ! Cœur tout aimable, donnez-moi quelque part à vos dispositions, puisque si souvent je suis honorée de la visite de ce Dieu trois fois saint, et nourrie de sa chair sacrée.
II. Point. — L'ange annonce à Marie qu'elle sera mère de Dieu.
Personnes (les mêmes), parole et actions. — Ne craignez point, ô Marie ! dit l'ange, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Vous concevrez dans votre sein, et vous mettrez au monde un fils ; il sera grand ; il sera appelé le Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura point de fin. Le voici enfin venu, ô Marie ! ce moment appelé tant de fois par vos soupirs brûlants et vos prières enflammées : le Désiré des nations va s'incarner, et c'est vous qui êtes choisie pour devenir sa mère ; il n'attend plus que votre consentement, pourriez-vous hésiter un seul instant ?... Non, Marie n'hésite pas ; mais sa réponse est un refus si, en devenant mère, il lui faut cesser d'être vierge. Comment cela se fera-t-il ? dit-elle, et elle allègue le vœu qu’elle a fait. Ô Marie ! que ces délicatesses de votre pureté vous rendent chère à celui qui ne se plaît que parmi les lis !... Qui me donnera, Vierge sainte, de retracer, autant qu'il est possible à ma faiblesse, cette vertu si attrayante dont vous êtes le parfait modèle ?
III. Point. — Marie donne son consentement, et le mystère de l'incarnation s'accomplit en elle.
Personnes (les mêmes), paroles et actions. — L'ange apprend à Marie comment, par un privilège spécial et un miracle sans exemple, le Seigneur veut rendre sa virginité féconde. L'Esprit saint surviendra en vous, lui dit-il, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ; c'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. Rassurée à ces mots, Marie répond : Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole. Au même instant le grand mystère est accompli, le Fils de Dieu s'est incarné dans son sein virginal : elle l'adore au milieu d'elle ; le respect, l'admiration, remplissent son âme ; elle contemple cette majesté abaissée, ce Dieu fait homme et anéanti, selon l'expression de l'Apôtre ; pénétrée d'étonnement et de respect, elle s’anéantit elle-même devant lui et produit les actes les plus sublimes de louanges, de glorifications et d'actions de grâces. Vierge sainte et immaculée, daignez me faire part des sentiments qui remplirent en ce moment votre âme, afin que je rende aussi à mon Sauveur des hommages dignes de lui.
COLLOQUE avec la Sainte Vierge. — La vénérer comme Mère de Dieu. — M’unir aux adorations qu'elle rend au Verbe éternel, incarné dans son chaste sein. — La supplier de m'obtenir de ce Dieu abaissé une parfaite pureté de cœur et une humilité profonde.
Résolutions. — Veiller avec soin sur mon cœur, afin de le conserver pur. — Pratiquer aujourd’hui quelques actes d’humilité pour honorer les anéantissements du Verbe.
BOUQUET SPIRITUEL. — Le Verbe s’est fait chair. — Je vous salue, Marie, pleine de grâce.
PRIÈRE. — Sub tuum proesidium confugimus, sancta Dei Genitrix ; nostras deprecationes ne despicias in necenitatibus nostris , sed à periculis cunctis libera nos semper, Virgo gloriosa et benedicta. Amen.
Reportez-vous à Prière à Saint Gabriel Archange, Méditation pour la Fête du Saint Nom de Marie, Méditation sur la Présentation de la Sainte Vierge au Temple, Prière pour demander la grâce de connaître et d'accomplir la volonté de Dieu, Méditation sur la Maternité divine de Marie, Litanies de l'Amour de Marie, C'est de Marie qu'il nous est né un Sauveur, Sermon du Saint Curé d'Ars pour la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, Discours sur la Naissance de Marie, Catéchisme du Saint Curé d'Ars : Sur la Sainte Vierge, Le Saint Esclavage de Jésus en Marie, d’après Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Comment un véritable enfant de Dieu peut et doit honorer la Sainte Vierge, Le culte et l'amour de la Sainte Vierge ont commencé avec l'Église, La vraie dévotion à la Sainte Vierge Marie, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, et Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable.


