Le quatrième effet que doit produire en nous la méditation des mystères de la Passion et des souffrances du Fils de Dieu, est d'être pénétré des plus vifs sentiments de reconnaissance pour un bienfaiteur de qui nous avons tant reçus. « Notre esprit peut-il penser, dit Saint Augustin, notre bouche peut-elle exprimer, notre plume peut elle écrire quelque chose de meilleur que ces paroles : Grâces soient rendues à Dieu. » On ne peut ni dire de plus court, ni rien entendre de plus agréable, ni rien concevoir de plus élevé, ni rien faire de plus utile. Dieu lui-même a toujours pris tant de plaisir à la reconnaissance et aux actions de grâces que lui rendent les hommes, que dès qu'il avait accordé quelque faveur extraordinaire à son peuple, il voulait qu'on lui en témoignât aussitôt la reconnaissance, en chantant des Cantiques de louanges : Immolez à Dieu un sacrifice de louanges. S. Augustin, parlant des dix Lépreux que le Fils de Dieu guérit, remarque que le Sauveur du monde loua la reconnaissance de celui qui vint seul le remercier de sa guérison, et qu'il blâma l'ingratitude des neuf autres : N'y en a-t-il pas eu dix de guéris, dit-il ? Où sont donc les neuf autres ? Il ne s'est trouvé que cet étranger qui est revenu pour rendre gloire à Dieu. Gardons-nous de tomber dans une pareille ingratitude pour les bienfaits que nous avons reçus de la main libérale de Dieu, et moins encore au plus grand de ses bienfaits, lorsqu'il s'est fait homme, et qu'il a bien voulu mourir pour nous sur la Croix. « N'oubliez jamais, dit le sage, la grâce que vous a faite celui qui a répondu pour vous et qui s'est rendu votre caution ; car il a donné pour vous sa propre vie. »
J. C. a répondu et payé pour nous, il lui en a coûté la vie ; il est bien juste que nous ayons la plus vive et la plus sincère reconnaissance d'un aussi grand bienfait, et que nous n'en perdions jamais le souvenir.
S. Thomas, parlant de la gratitude, dit qu'elle opère de trois manières, ou qu'elle produit trois effets sensibles dans une âme qui en est pénétrée. Le premier consiste à concevoir dans le fond de son cœur toute l'estime que mérite le bienfait qu'on a reçu, et à en conserver précieusement le souvenir ; le second consiste à remercier le bienfaiteur par des louanges qui répondent à la grandeur du bienfait ; le troisième c'est de répondre aux bienfaits reçus par des bienfaits réciproques, ou au moins par le bon usage que l'on en fait : voilà, selon S. Thomas, ce que nous devons faire pour marquer à Dieu, comme nous le devons, notre reconnaissance. Exerçons-nous, en méditant sur tous les mystères de la Passion, à former en nous ces trois actes de reconnaissance. Appliquons-nous premièrement à concevoir dans notre cœur de grands sentiments d'estime pour tant de bienfaits que renferme chacun de ces mystères et après avoir examiné en détail toutes les grâces que nous en avons reçues et que nous en devons recevoir, excitons-nous, par cette considération, à ressentir plus vivement l'obligation où elles nous mettent de nous attacher à Dieu sans interruption, sans partage et sans réserve.
Occupons-nous ensuite à le louer et à le glorifier de bouche, selon ces paroles de S. Paul : « Offrons donc toujours à Dieu par lui une hostie de louange, c'est-à-dire, le fruit des lèvres qui rendent gloire à son nom ; invitons toutes les créatures à se joindre à nous pour lui rendre un si juste tribut de louanges ; efforçons-nous enfin de répondre par nos actions à tant de bienfaits, et pour cela abandonnons-nous entièrement à lui, comme nous l'avons dit dans le précédent article, et offrons-lui tout ce que nous sommes. Hélas ! que nous sommes éloignés de connaître ce que Dieu a fait pour nous ! En effet, ô mon Dieu ! si je concevais bien vivement que vous vous êtes fait homme, et que vous êtes mort sur une croix pour l'amour de mois, il ne me faudrait point d'autre considération pour vous donner entièrement mon cœur, et pour m'abîmer dans votre amour : ce serait-là véritablement un juste tribut, tel qu'un vrai Chrétien le doit rendre à son Dieu.
Jésus-Christ n'aurait pas refusé, dit Saint Chrysostôme, de faire pour un seul ce qu'il a fait pour tous les hommes ensemble. Il y a plus : c'est que Dieu s'est souvenu particulièrement de moi, qu'il m'a eu présent devant les yeux en se faisant homme et en mourant sur la Croix ; Qu'il m'a aimé avec une charité perpétuelle, comme il dit lui-même par la bouche de Jérémie : et qu'enfin il s'est livré volontairement à la mort pour me procurer la vie. Chaque Chrétien doit donc regarder les bienfaits de Dieu comme si Dieu n'avait rien fait que pour lui, et envisager l'amour dont ils procèdent, comme si Dieu n'avait aimé que lui seul : et s'écrier avec Saint Paul : Il m'a aimé, et il s'est livré à la mort pour moi. Quand on fera toutes ces considérations avec une sérieuse attention, il sera impossible de ne se pas sentir excité à former les plus vifs sentiments de reconnaissance et d'amour envers ce Dieu-Sauveur, qui nous a toujours aimés avec une charité perpétuelle.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Des sentiments d'amour pour Dieu, Des
sentiments que doit produire en nous la Méditation des souffrances de
Jésus-Christ : et premièrement des sentiments de compassion qu'elle doit
exciter dans nos cœurs, Combien la Méditation des souffrances de Jésus-Christ est méritoire pour nous, et agréable à Dieu, Jésus crucifié est le Livre des Élus, Des fruits que porte Jésus crucifié, l'Arbre de vie, VIE CHRÉTIENNE : Dévotion envers la Passion de Jésus-Christ, Des Trésors infinis que nous possédons en JÉSUS-CHRIST, Sur Jésus-Christ et L'intérieur de Jésus-Christ.
dimanche 17 avril 2022
Des sentiments de reconnaissance envers Dieu
mercredi 29 décembre 2021
Sur le délai de la conversion
| Saint Paul pénitent |
Il faut que je me convertisse. — Il y a trop longtemps que j'abuse de la grâce de Dieu, et que je me rends de jour en jour plus indigne de sa miséricorde. N'ai-je donc pas assez offensé mon Créateur, mon Sauveur et mon Maître ? Ne faut-il donc pas enfin mettre un terme à tant d'ingratitude et d'insensibilité ?
Il faut que je me convertisse aujourd'hui ; car demain peut-être ne le pourrai-je plus : demain mes chaînes ne seront-elles pas plus difficiles à rompre, mon cœur encore plus dur, et mes mauvaises habitudes plus fortes et plus invétérées ? D'ailleurs le jour de demain m'appartient-il ? Qui m'a dit que je le verrai et qu'il luira pour moi ? Dieu, qui a promis le pardon aux pénitents, n'a point promis le lendemain aux pécheurs.
Il faut que je me convertisse dès ce moment. Je n'ai point de temps à perdre : les instants sont précieux.
(Manuel des petits séminaires)
Reportez-vous à Méditation sur la fausse sécurité des Pécheurs, Prière d'une enfant coupable après sa conversion, Méditation pour le dernier jour de l'année, De l'emploi du temps, Méditation sur l'emploi du temps, Prière de Sainte Thérèse d'Avila pour la conversion des pécheurs obstinés, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, Méditation sur la pensée de la mort, Méditation sur l'éternité des peines de l'Enfer, Méditation sur la justice de Dieu, Méditation sur les instructions de Jésus-Christ, Méditation sur la Pénitence différée à l'heure de la mort, Méditation sur la Préparation à la mort, Méditation sur la fausse idée que les Pécheurs se forment de la miséricorde de Dieu, Méditation sur le délai de la conversion, Méditation sur l'incertitude de l'avenir, Méditation sur l'inquiétude de l'avenir, Méditation sur l'emploi du temps, Méditation sur le souvenir des jours que l'on a passé dans l'oubli de Dieu et de ses devoirs, Méditation sur le bon usage du temps présent, et De la Circoncision, comprenant la lettre de nouvelle année de Saint François de Sales.
samedi 18 décembre 2021
Des sentiments d'amour pour Dieu
Un troisième sentiment auquel nous devons nous exciter, par la considération des souffrances de J.-C., c'est l'amour de Dieu. Rien ne porte davantage à aimer, que de penser qu'on est aimé ; il n'est rien qui attache et qui unisse si étroitement les cœurs. Suivant cette règle, lorsque l'âme considère à loisir l'amour extrême dont J.-C lui a donné une preuve si sensible dans sa Passion, elle doit s'enflammer d'amour et de reconnaissance envers celui qui l'a si tendrement aimé : « C'est en quoi a paru la charité de Dieu envers nous, dit S. Jean, d'avoir envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. » L'Apôtre parlant de cet amour, l'appelle excessif à cause, dit-il, du trop grand amour dont il nous a aimés. Et en effet, cet amour est infiniment au-dessus de tout ce qu'on en peut dire, et de tout ce qu'on en peut penser.
Qui pourra se dispenser d'aimer celui qui nous a tant aimés ? Aimons donc Dieu, conclut S. Jean, puisque Dieu nous a aimés le premier : usons envers lui d'un juste retour, répondons à ses bontés et à sa tendresse, par un amour qui égale en quelque sorte celui dont il nous a donné de si fortes marques. Il nous a témoigné cet amour par des preuves effectives, et en même temps par des travaux infinis ; car c'est à quoi l'on connaît l'amour. C'est ce qui faisait dire à S. Ambroise : « Je dois donc davantage, Seigneur, à votre Passion, par laquelle vous m'avez racheté, qu'à votre toute-puissance, par laquelle vous m'avez créé. Car quelque grand que fut le bienfait de la création, il ne vous a rien coûté ; il vous a suffi de prononcer une parole : Vous avez dit, et tout a été fait ; vous avez commandé, et tout a été créé. Mais quant au bienfait de la Rédemption, il vous a coûté mille travaux, mille affronts, mille opprobres, mille souffrances ; il vous a fallu répandre votre sang et sacrifier votre vie. » Répondons à de si grands effets par d'autres effets, et, comme dit S. Jean : « Aimons Dieu, mes chers enfants, non pas en paroles et de la langue, mais en effet et en vérité. » Le Fils de Dieu a voulu être méprisé pour l'amour de nous, pour nous prouver qu'il nous aimait ; prouvons-lui que nous l'aimons, en aimant à être méprisés pour l'amour de lui ; Profitons de toutes les occasions qui se présenteront d'être humiliés, recherchons-les même avec empressement et avec joie : il nous a montré son amour, en s'offrant pour nous à son Père en sacrifice ; faisons-lui connaître combien nous l'aimons, en nous offrant pareillement à lui, en nous abandonnant entièrement à lui, en remettant tous nos intérêts entre ses mains ; en lui consacrant notre cœur, et en nous dévouant entièrement à lui, afin qu'il dispose de nous selon sa divine volonté. C'est à cela qu'on connaît véritablement l'amour, et non pas à dire simplement de bouche : Seigneur, vous savez que je vous aime ; et c'est dans ce sens que les Saint Pères expliquent ces paroles de l'Apôtre : La patience rend les œuvres parfaites ; car celui qui embrasse les peines, les humiliations et les mortifications avec joie, pour obliger celui qu'il aime, marque bien que son amour est effectif et véritable, puisqu'il ne se dément point dans les temps fâcheux, qui sont les temps où l'on reconnaît ceux dont on est véritablement aimé.
Voilà donc encore un des principaux fruits que nous devons tâcher de retirer de la méditation sur la Passion de J.-C., et pour la rendre plus efficace et plus salutaire, il faut nous exercer souvent dans l'oraison, à former les actes d'amour le plus tendre et le plus généreux. Attachons-nous surtout à nous offrir à Dieu de tout notre cœur, afin qu'il fasse de nous tout ce qu'il lui plaira, quand il voudra et comme il le voudra ; ensuite, venant au détail des choses pénibles, et des occasions difficiles qui peuvent se présenter à nous, n'en laissons échapper aucune, sans former aussitôt des actes et des résolutions d'un entier abandon à sa sainte volonté. Cet exercice est d'une très grande utilité ; il mène à une grande perfection, et fait voir un cœur bien pénétré de l'amour de Dieu.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
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dimanche 7 novembre 2021
Des sentiments que doit produire en nous la Méditation des souffrances de Jésus-Christ : et premièrement des sentiments de compassion qu'elle doit exciter dans nos cœurs
À l'attention des Catholiques qui ont banni de leur vie chrétienne, les sentiments et la compassion. Nulle véritable charité sans compassion...
La méthode que nous devons suivre dans la méditation des souffrances de J.-C. est la même que les Maîtres de la vie spirituelle nous prescrivent dans l'oraison. Ils ne veulent pas qu'on emploie entièrement le temps de l'oraison à parcourir tous les points de son sujet, mais qu'on s'y occupe principalement a réveiller la volonté par des mouvements affectueux, qui étant premièrement produits dans le cœur, aient ensuite leur effet dans toutes nos actions : c'est à cela, ajoutent.ils, qu'il faut particulièrement s'attacher dans l'oraison.
Il y a plusieurs sortes de sentiments affectueux, que la considération des souffrances du Fils de Dieu peut produire en nous, et dans lesquels nous pouvons nous entretenir avec fruit. On les réduit ordinairement à sept, dont le premier est la compassion : or, la compassion est proprement un vif sentiment des douleurs d'autrui, que l'on partage en quelque sorte avec celui que l'on voit souffrir.
Pour exciter en nous cette compassion, il sera bon de considérer l'excès des douleurs de J.-C. : parce que, selon le sentiment de tous les Théologiens, elles ont été plus grandes que toutes celles qu'aucun homme ait jamais souffertes, et qu'il puisse jamais souffrir en cette vie. C'est ce que Jérémie nous a exprimé par ces paroles : Ô vous tous qui passez par le chemin, regardez, et voyez s'il y a douleur semblable à la mienne ! Premièrement, il n'y a eu aucune partie du corps de J.-C. qui ait été exempt de douleur : Depuis la plante des pieds, dit Isaïe, jusqu'au sommet de la tête, il n'y a rien de sain en lui. Ses pieds et ses mains percées de gros clous, sa tête couronnée d'épines, son visage meurtri de soumets, tout son corps déchiré de coups, et tous ses os sortis de leurs jointures par l'extension violente de son corps sur la Croix, tout cela donne l'idée du supplice le plus cruel que l'on puisse imaginer.
Mais ce ne fut pas seulement en son corps qu'il souffrit, il souffrit aussi en son âme, et d'une façon incomparablement plus douloureuse : car, quoique la nature humaine fût hypostatiquement unie à la personne divine, il ne laissa pas de sentir l'horreur et l'ignominie de sa Passion, aussi vivement que s'il eût été un pur homme : ajoutez que, pour rendre sa douleur plus vive, il fut privé de toute consolation : et c'est ce qui lui fit dire sur la Croix : Mon Dieu, mon Dieu ? Pourquoi m'avez-vous abandonné ?
Mais quelques violentes qu'aient été en J.-C. les douleurs qui étaient communes à son corps, et à son âme, on peut dire que celles qui ont affligé immédiatement sa sainte âme, ont été excessives. Car, depuis le moment de sa Conception jusqu'à celui de sa Mort, il eut toujours présent à l'esprit tous les péchés qui avaient été commis depuis le commencement du monde, et tous ceux qui se commettraient jusqu'à la fin des siècles, toutes les souffrances et tous les affronts dont la seule pensée fut capable lui donner une sueur de sang, et de le jeter dans la plus cruelle agonie dans le jardin des Oliviers : en un mot, tout ce qu'il a souffert dans le cours de sa vie mortelle, il l'a toujours eu présent à l'esprit. Cela posé, ne pouvons-nous pas conclure que chaque jour de sa vie a été à son égard comme le jour de sa Passion ? Ajoutez que l'attente d'un mal dont on est menacé, est souvent plus fâcheuse à soutenir que le mal même : nous pouvons donc dire que toute sa vie a été une mer de douleur, dans laquelle sa sainte âme a été continuellement plongée, sans avoir la moindre interruption et le moindre relâche.
Quand on considère attentivement toutes les circonstances de ce douloureux mystère; quand on fait réflexion que celui qui souffre est le Fils de Dieu : qu'il souffre pour nous, et par un pur excès d'amour et de tendresse, il faudrait avoir le cœur plus froid que le marbre, plus dur que le diamant, plus insensible qu'un rocher, pour n'être pas touché d'un si étrange spectacle. « Eh quoi ! dit Saint Bernard, à la vue d'un Dieu souffrant, la terre tremble, les pierres se fendent, les sépulcres s'ouvrent, le voile du Temple se déchire, le soleil et la lune s'obscurcissent, toute la nature enfin donne des marques les plus éclatantes de sa douleur ; et nous serions les seuls à ne pas concevoir le moindre sentiment de compassion pour celui qui n'a souffert que pour nous ! Laissons toucher notre cœur, laissons-le pénétrer à la douleur, et ne soyons pas plus durs que les pierres, ni plus insensibles que les êtres qui sont privés de tout sentiment. »
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
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vendredi 5 novembre 2021
Combien la Méditation des souffrances de Jésus-Christ est méritoire pour nous, et agréable à Dieu
Il n'est rien de plus salutaire, dit Saint Augustin, que de penser chaque jour combien un Dieu-Sauveur a souffert pour nous : S. Bernard ajoute que rien n'est si propre pour guérir les blessures de la conscience et purifier l'âme, que la méditation fréquente des souffrances de J.-C. C'est encore un puissant secours contre toutes sortes de tentations, disent les Saints : et particulièrement contre celle d'impureté, que d'avoir recours à la méditation de la Passion du Fils de Dieu, et de nous réfugier dans ses plaies adorables. Enfin, c'est un remède universel contre toutes sortes de maux, que de penser à Jésus crucifié : et S. Augustin nous assure qu'en toutes sortes de rencontres, il n'en a jamais trouvé de si efficace que de recourir aux plaies de l'homme-Dieu. Celui, dit S. Bonaventure, qui s'attache à méditer affectueusement sur la vie et sur la mort de J.-C., y rencontre avec abondance toutes les choses dont il a besoin, et il n'a plus besoin de rien chercher hors de Jésus-Christ. On voit partout ce que nous venons de dire, combien cette pratique a été familière aux Saints, et que c'est par ce moyen qu'ils sont parvenus à un sublime degré de sainteté et de perfection.
Blosius rapporte que Dieu révéla un jour à Sainte Gertrude, que toutes les fois qu'on s'attachait à regarder avec dévotion l'image de Jésus crucifié, on attirait sur soi les regards de la miséricorde divine. Profitons de cet avertissement, et puisque ce divin Sauveur n'a pas dédaigné de souffrir pour nous, ne dédaignons pas du moins de penser à tout ce qu'il a souffert pour nous mériter le salut. On raconte de S. François, qu'un jour qu'il passait auprès de Notre-Dame de la Portioncule, pleurant et soupirant, il fut rencontré par un serviteur de Dieu qui le connaissait, et qui le voyant si affligé : et craignant qu'il ne lui fût arrivé quelque chose de fâcheux, lui demanda ce qui lui faisait tant de peine. Je pleure et je gémis, répondit le Saint, de ce que mon Sauveur J.-C. a tant souffert, sans l'avoir mérité, et de ce que les hommes, qui en sont la cause, songent si peu combien ils lui sont redevables pour un si grand bienfait.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
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vendredi 20 août 2021
ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière
ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE
DEUXIÈME PARTIE
Contenant l'histoire et l'explication de la Religion
depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension
XXIXe LEÇON
DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,
LE NOUVEL ADAM, PAR L'ESPÉRANCE.
PREMIER MOYEN D'OBTENIR LA GRÂCE,
LA PRIÈRE.
Q. Qu'est-ce que la prière ?
R. La prière est une élévation de l'âme à Dieu pour lui rendre nos hommages et lui exposer nos besoins.
Q. Pourquoi est-il nécessaire de prier ?
R. Il est nécessaire de prier parce que nous sommes obligés de rendre à Dieu nos hommages, et que Notre-Seigneur et l'Église nous commandent de prier.
Q. Quand faut-il prier ?
R. Sous peine de péché, il faut prier de temps en temps et toutes les fois que cela est nécessaire pour nous entretenir dans la vertu : mais il convient de prier le matin, à midi, le soir, avant et après les repas, et avant nos principales actions.
Q. Où faut-il prier ?
R. On peut prier partout ; mais il vaut mieux prier dans un lieu éloigné du bruit, et surtout à l'église.
Q. Pour qui faut-il prier ?
R. Il faut prier pour toute l'Église, pour les vivants et les morts, et aussi pour ceux qui sont hors de l'Église.
Q. Pourquoi faut-il prier ?
R. Il faut prier pour obtenir tout ce qui nous est nécessaire soit pour le corps, soit pour l'âme, afin d'arriver à notre fin dernière, qui est le ciel.
Q. Comment faut-il prier ?
R. Il faut prier avec modestie, avec foi, avec humilité, avec confiance et persévérance.
Q, Quels sont les effets de la prière ?
R. Les effets de la prière sont au nombre de trois : le mérite, la satisfaction et l'impétration, qui sont toujours obtenus quand la prière est faite dans les dispositions convenables.
Q. Combien y a-t-il de sortes de prières ?
R. Il y a deux sortes de prières : la prière mentale ou la méditation, et la prière vocale.
Q. En quoi consiste la méditation ?
À. La méditation consiste à réfléchir sur une vérité du salut, afin d'y conformer sa conduite ; la méditation est nécessaire, parce qu'on ne peut se sauver sans y penser ; elle est facile, parce qu'il suffit d'aimer pour la bien faire, attendu qu'on pense facilement à ce qu'on aime.
Q. De quoi se compose la méditation ?
R. La méditation se compose de trois parties : la première, c'est la préparation, qui comprend un acte de foi à la présence de Dieu, un acte d'humilité et de contrition, suivi d'une invocation au Saint-Esprit pour lui demander ses lumières.
Q. Quelle est la seconde ?
R. La seconde, c'est la méditation proprement dite, qui consiste à considérer attentivement une vérité de la foi, un devoir, une vertu, à examiner ce que Notre-Seigneur et les Saints nous ont enseigné et comment ils l'ont pratiqué ; après quoi on se compare avec eux, en prenant la résolution de se réformer et de les imiter plus fidèlement.
Q. Quelle est la troisième ?
R. La troisième est la conclusion, qui se compose d'un acte de remerciement et d'offrande, et d'une courte prière pour recommander à Dieu les résolutions qu'on a prises, ainsi que les besoins de l'Église et des âmes du purgatoire.
Q. Qu'est-ce que la prière vocale ?
R. La prière vocale est celle qui se fait en prononçant des paroles ; elle nous est nécessaire comme la prière mentale, et demande les mêmes dispositions.
Q. Comment se divise la prière vocale ?
R. La prière vocale se divise en prière publique et en prière particulière.
Q. Qu'est-ce que la prière publique ?
R. La prière publique est celle qui se fait par les ministres de l'Église au nom de tout le peuple fidèle. Le saint sacrifice de la Messe et l'office divin sont les plus excellentes des prières publiques (il en sera parlé dans la quatrième partie du Catéchisme).
Q. Qu'est-ce que la prière particulière ?
R. La prière particulière est celle que nous faisons en particulier ou avec d'autres en notre nom personnel, pour nous ou pour nos frères.
Q. Qu'entendez-vous par les oraisons jaculatoires ?
R. On entend par oraisons jaculatoires de courtes et ferventes prières qu'on peut faire, même en travaillant, et dont l'usage est très recommandé par les Saints.
Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux faire tous les jours au moins un quart d'heure de méditation.
Reportez-vous à Instruction sur la Prière.
Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale.
Première Partie : Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.
mercredi 30 juin 2021
Méditation pour la Commémoraison de Saint Paul
MÉDITATION
Pour la Commémoraison
de SAINT PAUL
(30 juin)
| Saint Paul en prison |
Ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce n’a pas été sans fruit en moi.
I. PRÉLUDE. — Me représenter saint Paul dans les chaînes.
II. PRÉLUDE. — Saint Apôtre, prévenu de tant de grâces, et si fidèle à les faire valoir, obtenez-moi de servir Dieu avec un zèle et une générosité dignes de ses bienfaits et de son amour.
1. POINT. — Dieu fit part à saint Paul de tous ses trésors.
Il y a en Dieu, trois trésors, où tous les biens de la nature, de la grâce et de la gloire sont renfermés. Le premier est un trésor de puissance, qui appartient au Père ; le second est un trésor de sagesse, qui est attribué au Fils ; le troisième est un trésor de miséricorde, qui est approprié au Saint-Esprit. Or notre divin Maître, voulant répandre sur saint Paul une riche effusion de grâces, le fit participer à ces trois trésors ineffables : au trésor de la miséricorde par sa conversion, qui de persécuteur le changea en apôtre ; à celui de la sagesse, par les lumières divines qu'il reçut, surtout dans son ravissement au troisième ciel, car ce fut là qu'il apprit des secrets que la langue d'un homme mortel ne peut expliquer ; enfin il participa au trésor de la puissance divine, par le choix que Dieu fit de lui pour opérer la conversion des Gentils, et assurer le succès de ses prédications par une multitude de prodiges. Saint Apôtre, de quelles libéralités n'avez-vous pas été l'objet ? Ah ! je vous en conjure, intercédez pour moi auprès de Jésus-Christ ; priez-le de m'ouvrir le trésor de sa puissance, pour surmonter tous les obstacles qui m'empêchent de faire le bien ; et le trésor de sa sagesse, pour régler ma conduite selon les maximes de l'Évangile. Priez-le, en mot de m’ouvrir son Cœur, source inépuisable de grâces, de force et de lumière.
II. POINT. — Saint Paul correspondit fidèlement à toutes les grâces de Dieu.
Saint Paul, prévenu de tant de bienfaits, les mit fidèlement en usage pour le salut des âmes et sa propre perfection. Il profita avantageusement du trésor de la miséricorde, en quittant tout pour suivre Jésus-Christ. Dès le premier reproche que ce divin Maître lui fit entendre, il se dégagea de l'amour de la chair et du sang, se défit de l'attachement au monde, se déchargea du fardeau de ses péchés, renonça à tout plaisir des sens, méprisa le respect humain, enfin se quitta lui-même pour n'être plus qu’à Jésus-Christ et ne vivre que pour sa gloire. Il fit de même un saint usage des deux autres trésors ; qui lui furent communiqués en prêchant aux Gentils, et pratiquant avec autant de sagesse que de force les maximes évangéliques qu’il enseignait comme maître de l’univers. Je dois, à l'exemple de ce grand Apôtre, mettre à profit les grâces du Seigneur ; je dois glorifier sa grâce et sa miséricorde par le renouvellement entier de tout moi-même, sa sagesse par un abandon sans réserve entre ses mains, sa puissance par une entière fidélité à la grâce, un grand courage à accomplir tous les desseins de son amour.
COLLOQUE avec le divin Cœur de Jésus. — Lui rendre grâces pour les faveurs de choix qu’il a accordées à saint Paul. — Lui offrir les mérites de ce grand apôtre. — Le supplier par son intercession de me faire part aussi de ses trésors, et de m’aider à les mettre fidèlement en usage.
RÉSOLUTIONS. — Suivre fidèlement toutes les inspirations de la grâce.
BOUQUET SPIRITUEL. — Faites, Seigneur, que je puisse dire avec votre saint Apôtre : Ce n’est plus moi qui vit, c'est Jésus-Christ qui vit en moi.
PRIÈRE. — Âme de mon Jésus...
Reportez-vous à Quels sont les travaux qu'entreprit saint Paul pour la propagation du christianisme ?, Quel est le merveilleux changement qu'opéra dans saint Pierre la descente du Saint-Esprit ?, Méditation pour la Fête de Saint Pierre, Saint Paul Serviteur et Apôtre de Jésus-Christ, Prière à Saint Paul, Saint Pierre, Chef et Pasteur de l'Église de Jésus-Christ, et Litanies de Saint Paul Apôtre.
dimanche 23 mai 2021
Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte
1° Je vais aujourd'hui recevoir un sacrement bien auguste. Le Saint-Esprit, la troisième personne de l'adorable Trinité, éternel, tout-puissant, saint, infini comme le Père et le Fils, devant qui les anges se prosternent et tremblent comme devant le Père et le Fils, l’Esprit saint va venir habiter dans mon âme. Si j'ai apporté tant de respect, de recueillement, de ferveur à ma première communion, je dois donc en apporter autant au sacrement de la confirmation.
2° Le Saint-Esprit ne viendra pas seulement dans mon âme, comme Notre-Seigneur Jésus-Christ au jour de ma première communion ; il y viendra avec toutes ses grâces. Il ne tient qu'à moi qu'il y répande ces fruits admirables, ces dons précieux dont on m'a parlé. Quelle ne doit donc pas être l'ardeur de mes désirs et de ma prière pour en obtenir toute la plénitude ! Je lui demanderai surtout le don de piété qui fait qu'on trouve son bonheur à servir Dieu et à s'occuper de lui, et le don de force pour me protéger contre ma propre faiblesse, contre les dangers du monde, et contre la fureur et la haine du démon.
3° En recevant la confirmation, mon âme va être marquée d'un caractère sacré qui ne s'effacera jamais, pas même dans l'éternité. Ce caractère de soldat de Jésus-Christ sera pour moi dans le ciel un titre de gloire, si je le porte avec honneur sur la terre ; il deviendrait un titre d'opprobre et d'ignominie dans l'enfer, si j'avais le malheur de le profaner en trahissant mon Dieu et en abandonnant lâchement son divin étendard.
(Tirée du Manuel des petits séminaires)
Reportez-vous à Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
dimanche 25 avril 2021
Méditation pour la Fête de Saint Marc, Évangéliste
Méditation
Pour la Fête de Saint Marc, Évangéliste
(25 avril)
Vous pleurerez, vous gémirez, et le monde se réjouira ; mais votre tristesse se changera en joie.
I. PRÉLUDE. — Me représenter saint Marc écrivant le saint Évangile.
II. PRÉLUDE. — Grand Saint, qui fûtes choisi du Seigneur pour écrire et pour annoncer son Évangile, obtenez-moi la grâce de retracer dans toute ma conduite les maximes sacrées de ce livre divin.
I. POINT. — Quels motifs m'engagent à lire et à méditer le saint Évangile.
La fête de saint Marc ramène naturellement mes pensées sur le saint Évangile qu'il eut l'honneur d'écrire et de prêcher. L'Évangile est le testament de Jésus-Christ ; c'est lui qui m'apprend à quelles richesses spirituelles ce divin Maître m'a donné droit de prétendre, et à quelles conditions je puis les acquérir. Rien n'est plus propre que la lecture de ce livre sacré à réveiller mes espérances, à élever mon cœur vers ma bienheureuse patrie, à me consoler dans mes peines, à m'animer sans cesse à la pratique des vertus. L'Évangile est comme une lettre écrite de la propre main de mon divin Sauveur, pour me révéler son amour, m'instruire de ses volontés, me conserver l'histoire de ses travaux, de ses souffrances, et me remettre sans cesse sous les yeux ses exemples divins. Quel soin ne dois-je pas avoir de le lire et de le méditer souvent ! avec quelle ferveur ne dois-je pas surtout m'appliquer à en retracer les maximes dans ma conduite !
II. POINT. — Quels fruits doivent produire en moi la lecture et la méditation du saint Évangile.
La lecture du saint Évangile produit dans les âmes bien disposées les plus heureux effets : elle les détrompe peu à peu des illusions du monde, leur inspire le goût des choses spirituelles, et les pénètre de l'esprit de Jésus-Christ. Tels sont les fruits que je dois m'efforcer de recueillir de cette précieuse lecture, moi que le Cœur de Jésus a prévenue de tant de grâces, moi qu'il a choisie de préférence à un grand nombre d'autres, pour connaître et pour imiter son divin Cœur d'une manière toute spéciale. Quel est-il donc cet esprit de l'Évangile, dont toutes nos actions doivent être animées ? c'est un esprit d'abnégation et de sacrifice : Si quelqu'un veut venir après moi, dit Jésus-Christ, qu'il se renonce soi-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. C'est un esprit d'humilité : Quand vous aurez fait tout ce qui vous a été ordonné, dit encore notre divin Maître, persuadez-vous que vous êtes des serviteurs inutiles. C'est un esprit de sainte confiance et de noble intrépidité : Ne craignez point, petit troupeau, dit-il encore ; et ailleurs il ajoute : Ayez confiance, j'ai vaincu le monde. Enfin c'est un esprit d'amour : Jésus, dans une seule circonstance, revient jusqu'à cinq fois sur le précepte de la charité envers le prochain ; il la recommande comme son précepte particulier, et la désigne comme la marque distinctive qui doit faire reconnaître ses disciples. Mortification universelle, humilité profonde, tendre et sincère charité, telles sont donc les solides vertus que je dois puiser dans la lecture du saint Évangile, si je veux avoir part aux magnifiques promesses qu'il contient.
COLLOQUE avec saint Marc. — Lui rendre mes hommages de vénération. — Le prier de m'obtenir du Cœur de Jésus le véritable esprit de l'Évangile, et toutes les vertus dont l'âme de ses fervents disciples doit être ornée.
RÉSOLUTIONS. — Me rappeler plusieurs fois dans la journée que c'est sur les maximes de l'Évangile que Dieu me jugera.
BOUQUET SPIRITUEL. — Mes disciples ne sont pas du monde ; comme je ne suis point moi-même du monde.
PRIÈRE. — Âme de mon Jésus...
Tirée de Méditations sur les principaux mystères de la Très Sainte Vierge, et pour les fêtes des Saints... (Imprimatur, 1840).
Reportez-vous à Méditation pour la Fête de Saint Luc.
vendredi 2 avril 2021
VENDREDI SAINT
En ce jour, les autels dépouillés, le tabernacle vide, la croix sanglante, le sanctuaire tendu de deuil, le silence du tombeau, les cris de douleur qui s'en échappent, cette heure solennelle qui s'approche... Tout nous invite au recueillement le plus religieux qui fut jamais...
Sentiments d'un pécheur pénitent à la vue de la Croix
Ô mon Sauveur ! vous ne nous demandez que de compatir à vos douleurs, et de soulager vos maux par notre commisération et notre pitié. Nous aussi, mépriserons-nous vos prières ?
et ne pourrez-vous obtenir des enfants que vous avez le plus aimés, qu'ils prêtent l'oreille à vos cris lamentables ? Hélas ! depuis longtemps peut-être votre parole sainte ne retentit plus ou retentit vainement à notre oreille ! Depuis longtemps nous ne savons plus opposer à vos menaces qu'un cœur rebelle, et offrir à vos invitations qu'une âme insensible ! Que dis-je, Seigneur ? plus d'une fois peut-être nous avons accusé vos ministres de sévérité et de rigueur... Mais aujourd'hui que vous ne nous parlez plus que par vos douleurs et par votre sang, aujourd'hui qu'attaché à la croix et mourant pour nous, vous daignez nous offrir encore des miséricordes plus abondantes que jamais, nous venons, Seigneur, mettre avec confiance au pied de votre croix, des cœurs plus faibles que perfides, plus inconstants que rebelles, plus dignes de votre pitié que de votre colère ; des cœurs, hélas ! peut-être aussi, car il faut tout dire, livrés à des passions coupables qui font notre malheur et notre honte... mais laissez tomber sur nous une goutte de ce sang précieux qui coule de votre croix, et nous serons purifiés !... des cœurs agités des plus vifs remords, et cependant ne pouvant se résoudre à rompre leurs chaines... fatigués du péché, et cependant n'ayant pas la force de se déclarer pour la vertu... malheureux dans leur infidélité, et cependant toujours infidèles... que dis-je ? frappés de la solennité de ces grands jours, et cependant allant peut-être borner tout le fruit de ces grands mystères à la profanation des choses saintes : Ô Dieu, ne le permettez pas !
Sentiments de componction à la vue de Jésus mourant
Pleurez, mes yeux, pleurez, Jésus expire ;
Son amour seul l'a cloué sur ce bois :
Suivez, mon cœur, l'amour qu'il vous inspire ;
Attachez-vous avec lui sur la croix.
D'un Dieu souffrant considérez les peines :
Il est chargé des maux les plus affreux ;
Il va verser tout le sang de ses veines ;
Pécheurs ingrats, sur lui jetez les yeux.
Fut-il jamais un plus cruel martyre ?
Il va mourir, cet aimable Sauveur.
Pour des ingrats sur la croix il expire ;
Est-il douleur semblable à sa douleur ?
Perfide cœur, quel parti dois-tu suivre ?
Il souffre, hélas ! tout ce qu'on peut souffrir
Et s'il ne meurt, ingrat, tu ne peux vivre ;
Mais le voyant, peux-tu ne pas mourir ?
Ah ! quand je pense à votre amour extrême,
Quand je vous vois souffrir ce dur trépas,
Hélas ! mon Dieu, c'en est trop, je vous aime :
Mes pleurs, Jésus, ne le disent-ils pas ?
Méditation au pied de la Croix
O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte si est dolor sicut dolor meus : Ô vous tous qui passez sur ce chemin, arrêtez-vous et voyez s'il est une douleur pareille à ma douleur.
Ô mon Dieu ! d'où partent ces cris lamentables et ces douloureux accents ? Quelle est cette triste voix, et cette invitation plaintive ? J'écoute encore : de nouveaux cris se font entendre : Cieux, soyez saisis d'étonnement ! portes du sanctuaire, soyez désolées ! J'ai nourri des enfants, je les ai comblés de mes bienfaits, et ils m'ont méprisé ! Mon peuple insensé ne m'a point connu ; mes enfants égarés m'ont rendu le mal pour le bien, la haine pour l'amour ! Posuerunt adversum me mala pro bonis. J'ai supplié alors ceux que j'ai le plus aimés de venir consoler mon amertume : ils sont venus, mais ç'a été pour déchirer mes plaies, où le sang ruisselait encore, percer mes pieds et mes mains, et combler, mes douleurs : Super dotorem addiderunt.
Quel est donc ce Père infortuné dont la tendresse paternelle a été si outrageusement méconnue ?
Ah ! l'excès de ses douleurs et la tendre amertume de ses plaintes me l'ont fait reconnaître ! C'est mon Dieu, mon Sauveur, mon Père ; c'est Jésus-Christ, et c'est du haut de la montagne sainte où il expire, étendu sur un bois infâme, qu'il fait entendre ces cris plaintifs et cette invitation douloureuse : O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte si est dolor sicut dolor meus.
Prière à Marie et à la Croix
Marie, ô la plus désolée de toutes les mères, je respecte cotre douleur, et ne vous invoque point en ce jour !
Ô croix, croix salutaire, arbre autrefois infâme, et maintenant adorable ! étendard du roi de douleur ! je n'invoque que vous ! vous êtes aujourd'hui notre unique espérance : Spes unica. Soutenez ma faiblesse dans cette longue et laborieuse carrière ; parlez vous-même à nos cœurs : attendrissez les justes, convertissez les pécheurs, et si ce saint lieu ne devient pas un nouveau calvaire, qui retentisse de nos cris et de nos sanglots, du moins que tous nous venions à vos pieds déplorer nos fautes, et cacher entre vos bras notre confusion et notre repentir.
(Manuel des petits séminaires)
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jeudi 1 avril 2021
JEUDI SAINT
Méditation
1. Jésus-Christ, en instituant la sainte Eucharistie, nous a aimés d'un amour sans réserve et sans bornes. Nous n'en pouvons douter, puisqu'il nous y donne tout ce qu'il a de plus précieux, son corps, son sang, son âme, ses grâces, ses mérites, sa divinité : c'est ainsi qu'après avoir épuisé tous ses dons pour nous rendre heureux, il se donne lui-même pour mettre le comble à notre bonheur.
2. Jésus-Christ, en instituant la sainte Eucharistie, nous a aimés d'un amour pur et sans intérêt. Quel temps choisit-il pour nous faire ce don inestimable ? c'est la veille de sa passion, dans le moment même que les Juifs étaient assemblés pour délibérer des moyens de le perdre, et que Judas méditait l'occasion favorable pour le livrer entre leurs mains. C'est donc à l'heure même de la plus grande ingratitude des hommes envers lui que cet adorable Sauveur veut leur donner le dernier gage et la plus grande marque de son amour.
3. Jésus-Christ, en instituant la sainte Eucharistie, nous a aimés d'un amour extrême et sans fin. Non content d'être né, d'avoir vécu et d'être mort une fois pour nous, il établit un sacrement par lequel il renaît tous les jours sur nos autels, converse avec nous tous les jours, et tous les jours renouvelle pour nous son sacrifice et sa mort. C'est ainsi qu'il accomplit la promesse qu'il a faite de ne quitter jamais les hommes qu'il a aimés et de demeurer avec eux jusqu'à la consommation des siècles.
(Manuel des petits séminaires)
Reportez-vous à Méditation pour le Jeudi Saint, Origine du Vendredi Saint, Sur le Vendredi Saint, Vendredi saint, Méditation pour le Vendredi Saint, Méditation pour le Samedi Saint, Avis sur la manière de passer la Semaine sainte, Prière à Jésus-Christ tombé en agonie au jardin des Oliviers, Méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ au Jardin des Olives, Méditation sur la trahison de Judas, Méditation sur les souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Jésus devant Caïphe y reçoit un soufflet, Jésus-Christ exposé dans le prétoire aux dérisions et aux insultes des serviteurs du grand Prêtre, Jésus-Christ flagellé, Réflexion sur la flagellation de Notre-Seigneur Jésus-christ, Prière à la Croix, Avis sur la manière de passer la Semaine sainte, Litanies de la Croix, Litanies de la Passion, Méditation pour le Lundi Saint, Méditation pour le Mardi Saint, Méditation pour le Mercredi Saint, Dimanche des Rameaux, Instruction sur le Dimanche des Rameaux, Méditation pour le Dimanche des Rameaux : Dites à la Fille de Sion, voici votre Roi, qui vient à vous, plein de douceur, Autre Méditation pour le Dimanche des Rameaux, La Passion corporelle de Jésus expliquée par un chirurgien, Méditation pour le lundi de la Passion, Méditation pour le mardi de la Passion, Méditation pour le mercredi de la Passion, Méditation pour le Jeudi de la Passion, Méditation pour le vendredi de la Passion, Méditation pour le samedi de la Passion, Jésus condamné à mort, Pilate lave ses mains, La communion indigne de Judas, Instruction sur le Carême, Méditation sur le Carême : Jésus ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite, Méditation pour le premier dimanche de Carême, Méditation pour le Lundi de la première semaine de Carême, Méditation pour le Mardi de la première semaine de Carême, Méditation pour le mercredi de la première semaine de Carême, Méditation pour le jeudi de la première semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la première semaine de Carême, Méditation pour le Samedi de la Première semaine de Carême, Méditation pour le Lundi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le mardi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le Mercredi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le jeudi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le samedi de la deuxième semaine de Carême, Méditation pour le troisième Dimanche de Carême, L'Année liturgique avec Dom Guéranger : Le Troisième Dimanche de Carême, Méditation pour le Lundi de la Troisième semaine de Carême, Méditation pour le Mardi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le Mercredi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le vendredi de la troisième semaine de Carême, Méditation pour le quatrième Dimanche de Carême, Méditation pour le vendredi de la quatrième semaine de Carême, Méditation pour le Samedi après les Cendres, et L'institution du Carême et la manière dont les premiers chrétiens le passaient.


