mardi 29 novembre 2016

Méditation : Le Purgatoire considéré comme motif de patience dans les maladies





Anne Catherine Emmerich


Méditation pour le 29 novembre


Le Purgatoire considéré comme motif de patience dans les maladies



    Le premier fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du purgatoire est la haine et la détestation du péché. Car, si l'on peut juger de l'horreur que nous devons avoir de la plus petite faute, par la grandeur de la peine que Dieu nous impose pour la punir, qui ne sait que les peines du purgatoire sont en cela semblables à celles de l'enfer ; qu'elles surpassent, non seulement tout ce que nous pouvons souffrir en cette vie ; mais encore tout ce que nous pouvons penser ? Rappelons-nous tout ce que nous avons médité sur ce sujet les premiers jours de ce mois, pendant l'octave des morts. Mais surtout, pensons à la privation de Dieu : c'est sans doute le comble de leurs maux, tant à cause de l'amour que ces âmes lui portent, que parce que la possession de Dieu doit être leur béatitude ; c'est la où tendent leurs plus ardents souhaits, et néanmoins elles s'en voient éloignées par leur faute, avec la perte de tant de degrés de gloire qu'elles pouvaient acquérir si facilement, et dont elles se sont rendues indignes pour de si basses et si légères occasions.
Ô péché ! que tu es un cruel poison et une funeste source de maux !
Ô sainteté divine ! que vous haïssez l'iniquité, puisque vous punissez si rigoureusement les moindres fautes dans vos amis !

    Le second fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du purgatoire, est la patience dans leurs peines, et le désir de faire leur purgatoire en ce monde plutôt qu'en l'autre.
    C'est un acte de prudence d'écouter les gémissements des fidèles trépassés, et d'apprendre d'eux à ne point tomber en de semblables tourments. Comme ils ont plus de charité que le mauvais riche, ils enverraient volontiers des messagers aux malades pour les avertir charitablement, et pour les exciter à souffrir les incommodités de leur maladie avec tant de résignation et de vertu, qu'il ne leur reste rien à payer en l'autre monde. Un jour de fièvre, une tristesse d'une heure, une douleur, un ennui passager qu'ils endureront volontiers pour l'amour de Dieu, abrégera leur séjour dans le purgatoire, parce que le temps de l'autre vie est un temps de justice, où Dieu fait payer en rigueur tout ce qu'on lui doit, au lieu que cette vie est un temps de grâce et de miséricorde, où il se contente de peu pour le payement d'une grande dette ; en sorte qu'on peut dire qu'il a mis le purgatoire de sa douceur et de son amour dans la maladie, mais qu'il réserve celui de sa sévérité après la mort ; et, ce qui est très-important, les peines qu'il fait souffrir après la mort sont pures peines sans mérite, et sans aucun accroissement de grâce, tandis que, dans la maladie, un acte de patience pratiqué comme il faut, n'est pas seulement un payement ou un acquit, mais encore un profit et une acquisition qui nous apporte un trésor inestimable de grâce et de gloire. C'est pour quoi saint Augustin avait raison de faire cette prière, que le malade doit souvent répéter : « Seigneur, purifiez-moi en cette vie, et me rendez tel que je ne sois point obligé de passer par le feu d'expiation, que je désire éviter, non tant pour m'exempter de la peine, que pour être plus tôt uni à mon souverain bien et à ma dernière fin. »

    Le troisième fruit, que les malades doivent tirer de la pensée du purgatoire, est la charité qui les porte à offrir à Dieu leurs souffrances, pour délivrer quelqu'une de ces âmes saintes qui sont détenues dans les flammes. On ne peut douter que cette œuvre de miséricorde spirituelle ne soit fort agréable au Fils de Dieu. Le cardinal de Vitry rapporte, dans la vie de sainte Christine, que cette admirable fille étant morte dans la fleur de son âge, se releva du cercueil, lorsqu'on disait la messe sur son corps, et qu'elle tint ce discours :
L'Ange du Seigneur m'a menée dans le purgatoire, où j'ai vu de si horribles tourments que je croyais certainement que ce fût l'enfer. De là, il m'a conduite au trône de Jésus-Christ qui m'a donné le choix de demeurer au ciel, ou de retourner au monde pour soulager les âmes du purgatoire par mes prières et par mes souffrances ; ajoutant que, si je faisais ce dernier choix, je lui ferais plaisir. On sait les tourments incroyables qu'elle endura depuis pour plaire à son époux céleste, qui mérite bien sans doute que nous suivions son inclination, en renonçant à nos propres intérêts pour le contenter. C'est aussi ce qu'ont fait plusieurs Saints, qui ont pris sur eux de satisfaire pour les membres de l’église souffrante : il serait facile de citer des traits des plus authentiques et des plus merveilleux. Mais nous aimons mieux rappeler au souvenir des lecteurs une contemporaine, dont plusieurs d'entre eux connaissent sans doute les méditations sur la passion de Jésus-Christ, Anne-Catherine Emmerich, religieuse Augustine, en Westphalie morte en 1824.
L'ouvrage intitulé : La douloureuse passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, d'après les méditations de cette religieuse, contient l'abrégé de sa vie : on y lit page XX : « une grande partie de ses maladies et de ses douleurs (elle fut 20 ans continuellement souffrante) provenait de ce qu'elle prenait sur elle les souffrances des autres. Elle avait donc à supporter des maladies qui lui étaient propres, des maux qu'elle prenait à autrui, certaines douleurs pour expier les fautes des autres, et très fréquemment des souffrances de satisfactions fort diverses pour les âmes du purgatoire. »


RÉSOLUTION

Lorsque la maladie nous accablera, ou lorsque nous visiterons et consolerons des malades, appliquons-nous à trouver, dans la pensée du purgatoire, un puissant motif de patience. En outre sans cesse mille autres occasions se présentent de pratiquer la vertu de patience ; recourons donc sans cesse au même moyen, à la pensée du purgatoire, pour rendre méritoires toutes ces pénibles circonstances de notre vie.


PRIÈRE

Pères des miséricordes, qui avez autre fois retiré Isaac du bûcher, et votre serviteur Loth de l'embrasement de Sodome, ayez, s'il vous plait, mon Dieu, la même bonté pour ces âmes qui sont privées de votre gloire, et qui attendent le temps où il vous plaira de les en faire jouir. Ne différez pas plus longtemps le bonheur après lequel elles soupirent. Ne regardez pas ce qu'elles méritent, mais ce que votre très cher Fils a souffert pour les rendre dignes du paradis. Appliquez-leur le mérite de son Précieux Sang ; et, si votre justice exige encore d'elles quelque satisfaction, recevez par votre souveraine clémence le désir que j'ai d'y satisfaire, et vengez sur moi les offenses qu'elles ont commises contre vous. Que si mon indignité empêchait l'effet de ma demande, mettez mon âme dans un état qui vous soit agréable, afin de hâter le bonheur de ces saints et aimables prisonniers, dont le seul désir est de vous aimer, de vous voir, de vous louer et de vous posséder dans l'éternité. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ainsi soit-il.



Indulgence applicable aux morts


Indulgences accordées à perpétuité à tous les Fidèles qui réciteront, avec un cœur contrit, les Litanies de la bonne mort
1° Indulgence de cent jours, une fois par jour,
2° Indulgence plénière, une fois par mois, pour tous les Fidèles qui les réciteront tous les jours pendant le mois, le jour à leur choix, où s'étant confessés et ayant communié, ils visiteront une église ou chapelle publique, et y prieront selon les intentions de l'Église. (Rescrits du 12 mai 1802 et du 11 août 1824)






Reportez-vous à Sa Sainteté le Pape Pie XII et la médecine, Enseignement de l’Église sur le Purgatoire, Quelles sont les âmes qui vont en Purgatoire, La pensée du Purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Cession de nos bonnes œuvres en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (1/4), Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (2/4), Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (3/4), Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (4/4), La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, Méditation pour le Jour des Morts, La voie qui conduit au Ciel est étroite, Les différents moyens de soulager les morts, Litanies de la bonne mort, Être en état de grâce afin que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, La pensée du purgatoire porte notre cœur à la pratique des vertus chrétiennes, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, Les âmes du Purgatoire ont besoin de nos prières, Les indulgences pour les fidèles défunts, Languentibus in Purgatorio, prose à la Sainte Vierge Marie pour les défunts, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, Les œuvres de miséricorde et Litanie pour les âmes du Purgatoire.
















lundi 28 novembre 2016

Méditation : Pour éviter le purgatoire, endurons en esprit de pénitence les afflictions que Dieu nous envoie


Saint Jérôme en pénitence


Méditation pour le 28 novembre


Nous pouvons éviter le purgatoire en endurant en esprit de pénitence


les afflictions que Dieu nous envoie




    La Religion m'apprend que si j'ai encore à ma mort des dettes à acquitter envers la justice divine, je les acquitterai dans le purgatoire, prison passagère, il est vrai, mais d'où l'on ne sort qu'après avoir satisfait jusqu'à la dernière obole ; et où, en attendant une satisfaction complète, réglée par la justice de Dieu, on endure les plus grandes souffrances. Saint Césaire d'Arles dit que la moindre peine qu'on y souffre est plus grande que la plus terrible qu'on puisse même imaginer : quàm quidquid potest in hoc saeculo poenarum cogitari. Il est rare qu'après la mort on ne descende dans ce lieu d'expiation. Il y a néanmoins des moyens de n'y point aller, ou du moins d'y demeurer peu de temps. Parmi ces moyens je dois mettre les afflictions. La religion m'apprend encore que, supportées avec patience et en esprit de pénitence, elles peuvent servir à acquitter dès cette vie toutes mes dettes.
    Dieu ne tire pas une double vengeance du même péché. Il m'envoie des afflictions dans le dessein que je les accepte avec humilité et avec résignation comme une punition de mes iniquités ; que si je me conforme à ce dessein de miséricorde, après cette vie, il exigera de moi beaucoup moins. Ôtez la rouille de l'argent, dit le sage (Prov. 25.), et on en fera un vase très pur. C'est ainsi qu'il faut que mon âme soit purifiée de ses taches, avant de paraître au festin éternel du Roi des cieux.
Si elle l'est aujourd'hui par le feu de la tribulation, elle n'aura pas besoin des flammes du purgatoire.
    De deux maux il faut toujours choisir le moindre, dit l'auteur de l'imitation de Jésus-Christ ; si vous dites que vous ne pouvez pas tout souffrir, comment, ajoute-t-il, pourrez-vous supporter les peines du purgatoire ? Il est vrai que je souffre depuis bien des années ; mais ces années, si je sais en profiter, valent peut-être pour moi des siècles que je passerais à souffrir dans l'autre vie. Car, à présent Dieu use toujours de clémence, il pardonne aisément ; mais le jour viendra où il faudra satisfaire en toute rigueur ; d'autant plus qu'il ne tenait qu'à moi, lorsque j'étais sur la terre, d'acquitter beaucoup avec peu de travail. Daignez donc, Seigneur, dirai-je souvent avec saint Augustin, daignez effacer par tous les moyens que vous jugerez convenables tout ce qui resterait encore de souillures à mon âme, afin qu'après la mort, il ne lui reste plus rien à expier : Deleantur hic peccata mea ne emundatorio illo iyne egeant.
    Si je suis rempli de l'esprit du christianisme, mon âme, semblable à l'épouse sacrée, doit être dans une sainte impatience de voir le bien-aimé. Or, pour savoir si j'ai lieu d'espérer que je le verrai aussitôt, ou du moins bientôt après que j'aurai rendu le dernier soupir, je n'ai qu'à interroger mes afflictions. Elles me diront que, servant à me purifier toujours davantage de mes péchés, elles contribuent à me procurer le bonheur de le voir après la mort, beaucoup plus tôt que je ne l'aurais vu, si je passais aujourd'hui ma vie dans le calme et la tranquillité.
    Dans quelle affliction n'est pas en cette vie une âme à qui l'on diffère la jouissance d'un bien qu'elle regarde comme sa félicité ! Qu'est-ce cependant que ce bien où tendraient ses avides désirs ! Fût-il question d'un trône, c'est au fond un néant. Mais je dois juger de là quelle sera la douleur aiguë de mon âme dans le purgatoire, si j'ai le malheur d'y être détenu, quand elle se verra privée, pour un temps, de la jouissance du seul bien qui soit désirable, et qui mérite le nom de bien, de la possession de vous-même, ô mon Dieu ! souveraine félicité, pour laquelle je suis créé. Un seul instant de délai paraîtra un siècle. Cette seule peine sera plus dure mille fois que toutes les autres.
    Vos Saints, lorsqu'ils étaient encore sur la terre, auraient acheté par tous les supplices le bonheur de jouir, pour quelques moments, de votre présence. Ô Mon Sauveur ! plutôt que de permettre qu'après la mort le bonheur de vous voir me soit différé, envoyez-moi aujourd'hui toutes les souffrances que je suis capable d'endurer ; je les accepte d'avance avec plaisir et avec reconnaissance ; mais je vous demande la grâce de les supporter avec cet esprit de soumission et de pénitence qui les rend méritoires à vos yeux.
    Si j'avais de Dieu, de ses grandeurs, de ses perfections une juste idée, si je comprenais bien ce que c'est que le péché, le caractère de révolte et d'ingratitude qu'il porte avec lui, loin de me plaindre de ce que je souffre, je trouverais que je souffre trop peu pour réparer, par la souffrance, autant qu'il est en moi, les outrages que j'ai faits à Dieu ; pour lui rendre, par la souffrance, autant de gloire, s'il se pouvait, que je lui en ai enlevé par le péché ; et je dirais avec Saint Bernard : « Toutes les afflictions sont faciles à supporter, quand je pense à mes péchés passés qui m'ont été remis. »
Oui, ces péchés m'avaient mérité l'enfer : la bonté divine a daigné me les remettre par les mérites infinis du sang de l'Homme-Dieu répandu pour moi : mais je dois payer les peines dues à ces péchés ; la justice suprême l'exige, et, si je meurs sans les avoir payées, le purgatoire sera ma demeure aussi longtemps que je n'aurai pas entièrement satisfait, car rien de souillé n'entrera dans la céleste Jérusalem. Or les souffrances, les plus petites souffrances, sont pour moi un moyen certain d'éviter ce terrible séjour dans le lieu d'expiation ; ainsi elles peuvent me donner de quoi payer en peu de temps jusqu'à la dernière obole.
Ne perdons donc point le fruit de ces précieuses souffrances, et pour ne pas le perdre, pensons souvent au purgatoire qu'elles nous feront éviter, en nous en faisant faire un sur cette terre, mille fois plus doux que celui qui nous était réservé dans l'autre vie.
Disons donc avec le Sage : « Les maux que Dieu nous envoie sont moins des traits de sa colère que de son amour. » (Sap. 8.)
Et reconnaissons la vérité des paroles de saint Jacques : « Mes frères, regardez comme le sujet d'une joie parfaite les diverses afflictions qui vous arrivent. »


RÉSOLUTION

Prenons la résolution de nous occuper de l'idée du purgatoire dans nos afflictions, nos maladies, etc., afin qu'elle nous les fasse supporter chrétiennement et que nous amassions un trésor de mérites pour payer en ce monde toutes les dettes dont notre âme est accablée.


PRIÈRE

Ô Dieu miséricordieux ! accordez-moi la grâce de profiter de toutes les afflictions de cette vie pour faire mon purgatoire en ce monde, « sachant quel est celui à qui j'ai cru, et tenant cette espérance au fond de mon cœur, que le moment, si court et si léger, des afflictions que nous souffrons en cette vie produira dans nous le poids éternel d'une gloire souveraine et incomparable (Saint Paul). »
Faites, ô mon Dieu ! que je n'oublie pas non plus cette maxime de vos Saintes Écritures : « Le Seigneur corrige celui qu'il aime ; et, en le corrigeant, il a pour lui une vraie tendresse de père ; il le regarde comme l'objet de ses plus chères délices (Prov. 3). »
Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.



Indulgence applicable aux morts

Indulgences accordées à perpétuité aux Fidèles qui réciteront avec un cœur contrit, sept Ave Maria, en ajoutant, après chacun d'eux, la strophe du Stabat : Sainte Mère, faites que les plaies de mon Sauveur soient gravées dans mon cœur.
1° Indulgence de trois cents jours une fois par jour.
2° Indulgence plénière, une fois par mois, pour tous ceux qui feront tous les jours ce pieux exercice, le jour du mois, à leur choix, où, s'étant confessés et ayant communié, ils prieront selon les intentions de l'Église. (Bref du 1er décembre 1815)







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dimanche 27 novembre 2016

Méditation : La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter



Pour répondre à ceux qui disent : "De toute façon, c'est Dieu qui fait les Saints ! C'est Lui qui décide qui le sera !".









Méditation pour le 27 novembre


La pensée du purgatoire nous prouve

la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter,


en expiant leurs péchés en ce monde




    Quel est celui qui pourrait sans frémir se voir exposé à la torture, aux chevalets, aux ongles de fers, aux grils ardents, aux huiles bouillantes et aux autres supplices inventés par des tyrans persécuteurs, par le génie féroce des peuples barbares, ou par les suggestions infernales des ennemis de la vérité, et de la vertu ? L'horreur de ces tourments fait trembler les hommes et les porte à supplier Dieu de les en préserver : c'est la pensée de saint Augustin. Mais parce que l'apôtre Saint-Paul annonce que celui dont l'ouvrage sera brûlé ne laissera pas d'être sauvé, quoiqu'en passant par le feu, l'on s'inquiète peu d'y passer, d'y rester même un temps proportionné au peu de cas qu'on en fait : quià dicitur, salvus erit ; contemnitur ille ignis : ô stupide insouciance ! ô aveuglement dont les suites sont si déplorables ! Car enfin ce feu sera incomparablement plus insupportable que tout ce qu'on peut souffrir en ce monde.
« Eh quoi ! s'écrie saint Bonaventure, vous ne sauriez maintenant endurer patiemment les moindres atteintes de la douleur ; que ferez-vous donc, quels seront vos regrets, vos lamentations, quand vous vous verrez livrés à cet effroyable incendie, totalement absorbés dans cet abîme de douleurs. »
    Ces réflexions toutes simples de saint Augustin et de saint Bonaventure conviennent encore aujourd'hui à un nombre presque innombrable de Fidèles, vivant, il est vrai, dans la crainte de Dieu, mais dans une crainte trop bornée à quelques égards. Ils ont peur de l'enfer, on le voit ; quant au purgatoire, il ne paraît pas qu'ils en aient la moindre appréhension. Pourvu que je sois sauvé, dit-on, je ne m'inquiète pas du traitement fait à mon âme au moment de la séparation de son corps. Pesons bien tous ces termes ; ils méritent attention.
Quoi ! vous ne vous inquiétez pas si Dieu, par un jugement rigoureux, vous exclut de sa vue béatifique pour de longues années, pour des siècles peut-être ! Ah ! c'est que vous ne comprenez pas encore ce qu'est un Dieu, vous n'avez pas la plus petite idée de l'empressement avec lequel l'âme, dégagée de ses liens terrestres, se portera vers son Créateur, son centre unique, sa dernière fin, son vrai tout ; vous ne songez pas qu'un seul instant de la pure jouissance du Souverain-Être, au séjour de sa gloire, vaut mieux que mille ans dans un paradis terrestre. Avez-vous jamais éprouvé une seule étincelle de la divine charité dont la flamme dévore l'âme du juste en l'autre vie où elle est consommée ? Qu’auraient pensé les Saints du langage de ces chrétiens si insouciants sur le délai de la vision intuitive d'un Dieu en trois personnes ? Ignorez-vous donc que, comme dans l'enfer la peine du dam est incomparablement plus intolérable que celle du sens, ainsi dans le purgatoire, la privation de Dieu, quoique passagère, est sans contredit plus cruelle, plus douloureuse que toutes les autres expiations de ce lieu de souffrance. La peine d'une âme faite pour posséder Dieu, et qui s'en voit repoussée, éloignée jusqu'à un terme qu'elle ignore, et qu'il n'est plus en son pouvoir de rapprocher, ne souffre aucun parallèle, parce que rien dans la nature ne ressemble au bonheur infini qu'elle voit, qu'elle touche et qui lui échappe.
    Vous ne vous inquiétez pas du traitement fait à votre âme au moment de la séparation de son corps ! Y pensez-vous ? Si vous n'avez pas assez de foi pour pressentir l'effet du délai plus ou moins long de la félicité suprême, peut-être serez-vous plus affecté des peines sensibles qu'il faut subir dans ces prisons de la justice divine. Eu conséquence, je vous le demande : voudriez-vous, pour l'empire de l'univers, souffrir seulement pendant un jour, le feu qui dévore les réprouvés, ce feu allumé par la colère du Dieu des vengeances contre ses ennemis : ce feu dans lequel sont rassemblés, réunis, concentrés tous les maux, toutes les espèces de tortures ? Or le feu du purgatoire est le même ou de même nature que celui de l'enfer : comment ne pas trembler à la seule pensée d'un si horrible tourment ?
    Mais admirez la bonté de Dieu ; il connaît votre insouciance, votre peu d'inquiétude sur le traitement qui sera fait à votre âme ; il daigne en quelque sorte s'en inquiéter lui-même pour vous. Il sait combien il vous importe de prévenir les jugements de sa justice. Ce n'est qu'à regret que sa miséricorde infinie consent à porter au juste des coups si terribles. Aussi réfléchissez un instant : sans cesse ici-bas sa tendresse vous sollicite, vous presse d'épargner à son cœur plus que paternel la douleur de vous punir ; et vous l'y forcez par votre indifférence pour son amour, par votre insensibilité sur vos propres intérêts. En vain est-il plus jaloux que vous-même de hâter votre bonheur ; en vain sa miséricorde vous fournit-elle cent moyens d'acquitter promptement vos dettes sous son règne si doux, si favorable ; en vain sa grâce toujours prévenante offre-t-elle à votre discrétion l'immense trésor des mérites du Rédempteur ; en vain Sa Sainteté incompatible avec les moindres taches de l'âme vous engage-t-elle par les avertissements de l'Esprit sanctificateur à vous purifier de tout ce qui peut ternir l'éclat de votre innocence baptismale, à faire pénitence de vos péchés ; en vain son incompréhensible bonté attache-t-elle sa gloire à vous couronner au plus tôt dans les cieux : cruel envers vous-même, vous vous refusez aux empressements d'un Dieu, et vous l'obligez, pour ainsi dire, de comprimer ou de retarder les effusions de son amour.
Ah ! la mort vous apprendra combien dans l'autre vie, il en coûte d'avoir si mal répondu aux avances, aux promesses de l'amour le plus généreux, d'avoir négligé de satisfaire en ce monde à la justice divine ; satisfaction qui vous est si aisée, si courte ; puisqu'une larme, qu'une sincère pénitence nous fait verser, peut effacer tous nos péchés, tandis que la pénitence de l'autre vie est longue et pénible ; en un mot, elle est celle des damnés. Laquelle des deux préférez-vous embrasser ? Se décider pour la seconde, pour l'horrible pénitence que la justice divine exige dans le purgatoire, n'est-ce pas une véritable folie ?


RÉSOLUTION

Satisfaites dès à présent à la justice divine plutôt que d'attendre à le faire dans ce douloureux séjour d'expiation. Dites avec saint Augustin : Mon Dieu, brûlez, coupez, tranchez, purifiez-moi en cette vie, afin que vous me pardonniez en l'autre, hic ure, hic seca, modo in aeternùm parcas.
Payez ici-bas par le moyen si facile des bonnes œuvres les dettes qui vous coûteront tant à acquitter dans le purgatoire.


PRIÈRE

Les cieux mêmes ne sont pas purs en votre présence, ô Dieu de toute sainteté ! rien de souillé ne peut y entrer. Accordez-moi donc la grâce, Seigneur, de travailler à purifier mon âme par la pénitence, la soumission, la résignation dans les peines de la vie, par la pratique des bonnes œuvres : que j'évite avec le plus grand soin les moindres fautes qui pourraient me retenir dans le séjour des souffrances, afin que le moment de jouir éternellement de la vue de mon Dieu ne soit pas retardé. Ainsi soit-il.



Indulgence applicable aux morts

1° Indulgence de dix ans et dix quarantaines chaque fois que l'on visite le saint Sacrement exposé dans une église, pendant les prières de quarante heures, avec le cœur contrit et la ferme résolution de se confesser, pourvu que l'on y prie pendant quelque temps selon les intentions de l'Église.
2° Indulgence plénière pour ceux qui visiteront de même le saint Sacrement, exposé pendant les quarante heures, après s'être confessés et avoir communié, et y prieront selon les intentions de l'Église.
Les mêmes indulgences sont accordées pour la visite du saint Sacrement renfermé dans le tombeau les Jeudi et Vendredi-Saints. (Brefs du 25 novembre 1592 et du 10 mai 1606. — Rescrits du 7 mars 1815 et du 12 mai 1817)



***



Pratique : Prions la Sainte Vierge Marie d'intercéder pour nous afin que nous évitions, en expiant nos péchés dès ici-bas, l'Enfer et le Purgatoire, et, qu'à l'heure de notre mort, nous puissions recevoir la récompense éternelle.





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samedi 26 novembre 2016

Méditation : Quelles sont les âmes qui vont en Purgatoire







Méditation pour le 26 novembre


Quelles sont les âmes qui vont en Purgatoire



    L'on entend souvent des chrétiens, peu fervents et n'ayant nulle idée du bonheur du ciel, dire fort sérieusement : Qu'il craignent bien l'enfer, mais que, quant au purgatoire, ils ne pensent pas à l'éviter : ils sont tout décidés à y faire quelque séjour, parce que, ajoutent-ils avec une humilité feinte, ils ne sont pas assez saints et n'ont pas envie de se donner la peine de le devenir, pour entrer tout de suite après leur mort dans le séjour de la gloire. Tous les auteurs sont d'avis qu'un pareil langage doit faire trembler sur la destinée de ceux qui le tiennent : il prouve tout au moins une indifférence bien coupable, et l'ignorance la plus impardonnable de la sainteté de Dieu et de sa haine souveraine pour le péché. Réfléchissons aujourd'hui sur la vie qu'ont menée sur la terre les âmes qui vont en purgatoire, et nous reconnaîtrons que de semblables dispositions ne sont guère propres à introduire ces chrétiens indifférents dans ce lieu d'expiation.
    D'abord, nous savons tous que le nombre de ceux qui se sauvent est petit : Il y a beaucoup d'appelés, dit le Sauveur, et peu d'élus. C'est une vérité que l'Écriture nous marque expressément, et qu'elle nous rend sensible par des figures et des comparaisons. Il n'y eut que très peu de personnes, dit l'Apôtre, c'est-à-dire huit, qui se sauvèrent dans l'arche. La seule famille de Loth fut préservée des flammes qui détruisirent cinq grandes villes. De la prodigieuse multitude d'Israélites qui sortirent d'Égypte pour la terre de promission, il n'y eut que Josué et Caleb qui y entrèrent. L'Écriture compare le nombre des élus à ce peu d'olives qui restent sur l'arbre après qu'on l'a secoué, à ce peu de grappes qui restent sur la vigne après la vendange, à ce peu d'épis qui échappent au moissonneur. C'est ce chemin rude et étroit où très peu de gens s'engagent, et où cependant il faut s'engager, même pour parvenir en purgatoire ; c'est cette petite porte par où il n'y a que très peu de personnes qui puissent entrer ; c'est cette ville située sur la montagne, où peu ont le courage de monter. Si les âmes qui vont en purgatoire n'ont pas fait les derniers efforts pour gravir cette montagne, ce sentier escarpé qui conduit au ciel, du moins elles ne l'ont point fui ; et, si elles s'en étaient écartées, elles y sont rentrées et ont fait des efforts pour ne plus le quitter, et sur monter les obstacles qu'elles y rencontraient. Or, est-ce là la conduite des chrétiens lâches et indifférents ? Et peuvent-ils espérer avec quelque fondement partager le sort de ces âmes et être comptés au nombre des élus ? Qu'ils raisonnent un instant et ils comprendront leur erreur et le danger de leur indifférence. En effet, pour se sauver il faut croire l'Évangile, se régler sur ses maximes, suivre Jésus-Christ, conformer sa vie à la sienne, imiter ses exemples ; sans cela point de salut, c'est un article de foi : or est-ce là ce que font ces chrétiens ? — Pour se sauver il faut se renoncer soi-même, porter sa croix, se faire violence, haïr son âme, c'est-à-dire mortifier ses sens, ses passions, ses inclinations naturelles et sensuelles ; y pensent-ils ces gens qui crient bien haut qu'ils ne veulent pas être des Saints ? Ne font-ils pas le contraire ? De sorte qu'une règle sure pour connaître ce que l'Évangile nous enseigne et ce que nous devons pratiquer, c'est de faire le contraire de ce que font la plupart des chrétiens, et en particulier ceux dont nous parlons ; et n'est-ce pas une règle sûre pour juger qu'il y en aura peu de sauvés, c'est-à-dire qui iront en purgatoire ? Il n'y a que deux routes pour aller à Dieu, pour être sauvé. Ces deux routes sont l'innocence et la pénitence. Dès qu'on est sorti de la première, c'est sans espérance d'y pouvoir rentrer ; il ne reste que la seconde, qui nous est toujours ouverte ; ressource unique pour la plupart des hommes. Or les chrétiens qui ne veulent pas suivre cette dernière route ; qui, sentant la nécessité de faire pénitence de leurs péchés, ne veulent pas se gêner en cette vie, et laissent à satisfaire à la justice divine dans les flammes expiatrices ; ces chrétiens sont-ils des disciples de Jésus-Christ ? Suivent-ils la voie qu'ont suivie les âmes du purgatoire ? Celles-ci, touchées de l'offense faite à Dieu par leurs fautes, se sont converties à lui de tout leur cœur, et ont évité le péché et toute attache au péché avec le plus grand soin ; et, si elles ne sont pas entrées immédiatement après la mort dans le ciel, c'est qu'elles n'avaient pas encore entièrement satisfait à la justice divine, ou qu'enfin, malgré leur vigilance continuelle, elles ont offensé le Très-Haut, mais plutôt par fragilité que par malice. En un mot, c'a été sur la terre de saintes âmes, occupées toute leur vie, ou du moins depuis leur conversion, à plaire en tout à leur Créateur, travaillant à imiter leur Sauveur. C'étaient des âmes fidèles, suivant la voie de la justice et de la sainteté, auxquelles on n'a pu reprocher que ce qu'il est bien difficile à l'homme d'éviter ; exemptes de tout ce qui fait les grands vices, il ne leur a manqué que peu de ce qui fait les grandes vertus. Leurs péchés ont été des péchés de faiblesse plus que de volonté ; ou, si ce furent des péchés griefs, ils ne sont point descendus dans le tombeau avec le pécheur ; ils ont été détestés, ils ont été pleurés, ils ont été lavés dans le sang de Jésus-Christ. Par conséquent, dans le purgatoire, ce sont des âmes qui n'ont plus de péchés, sur lesquelles il ne demeure que la trace, que l'ombre du péché. Ces pénitents du purgatoire, ce sont des justes qui se sont endormis du sommeil de paix ; ce sont des justes dont la grâce et la charité ont formé les derniers soupirs ; ce sont des âmes que Dieu aimait et dont il était aimé, lorsqu'encore sur la terre, elles faisaient de grands efforts pour obtenir le pardon de leurs fautes, et pour ne plus l'offenser.
    Maintenant, chrétien lâche, vous, qui vous flattez d'aller en purgatoire, si nous tracions votre portrait, nous fournirait-il quelque trait de ressemblance avec celui de ces saintes âmes ? Vous voulez vous dispenser de faire le moindre effort pour parvenir à ce degré de justice et de sainteté, et cependant jouir de leur sort qui, quoiqu'extrêmement douloureux, doit toutefois avoir pour terme le ciel et ses délices ! Sur quoi donc fondez-vous votre espoir ? vous ne pouvez, dites-vous, éviter le purgatoire, parce que vous ne voulez pas être un saint ? Mais n'est-ce pas pour devenir un saint, n'est-ce pas pour tendre à la sainteté que vous existez ? N'est-ce pas pour connaître, aimer et servir Dieu, et parvenir au ciel que vous avez été créé ?
Jésus-Christ ne vous dit-il pas, à vous comme à tous ses disciples : Soyez parfaits, de même que votre Père céleste est parfait ?
Et vous osez proclamer, sans trembler pour votre salut, que vous ne voulez pas être un saint? Et vous vous flattez en même temps que vous irez en purgatoire ?
Illusion, illusion, lâche chrétien ! le purgatoire n'est point pour vous ; ce séjour des âmes chéries de Dieu, des âmes pénitentes, ne sera jamais votre séjour ; mais l'enfer, oui l'enfer, s'ouvrira seul pour les contempteurs de la sainteté ; pour ceux qui méprisent la perfection recommandée par Jésus-Christ à ses disciples ; pour ceux qui abusent des grâces et de la miséricorde d'un Dieu infiniment bon ; pour ceux enfin qui bravent sa justice et qui négligent, pour ainsi dire de propos délibéré, de l'apaiser pendant le cours de la vie, examinez si telle n'est pas votre conduite, vous qui vous vantez niaisement de vouloir vous contenter du purgatoire. Si vous êtes prudent, si vous voulez assurer votre salut, ne bornez pas ainsi vos vues ; rappelez-vous la fin pour laquelle vous avez été créé ; travaillez à parvenir au ciel, trop heureux si votre lâcheté et votre tiédeur vous donnent entrée dans le lieu d'expiation. Enfin, méditez attentivement ces paroles des Livres saints : Je vous ai appelés pendant la vie, et vous n'avez pas voulu venir ; je rirai et je me moquerai aussi de vous à votre mort. (Prov.) Répondez dès maintenant à la voix de Dieu qui vous appelle, et imitez les âmes qui n'ont mérité d'aller en purgatoire que par une vigilance soutenue et des efforts continuels.


CONSIDÉRATION

Si la mort me frappait aujourd'hui, dans l'état de tiédeur où peut-être je languis depuis si longtemps, quel serait mon sort ? Pourrais-je me flatter d'être admis en purgatoire ?... Ô mon âme ! médite, tremble et change une bonne foi de vie, puisque tu sais que le purgatoire même s'ouvre difficilement pour les chrétiens tièdes et lâches.


PRIÈRE

Ô Dieu bon et magnifique en sainteté ! Mon cœur est l'ouvrage de vos mains ; il est le prix de votre sang : les vœux et les soupirs qu'il vous adresse en ce moment au pied de votre croix sont l'effet de votre grâce ; qu'est-ce qui l'empêche, ô mon Sauveur ! Qu'il ne soit rempli de votre saint amour ? Je vous l'offre et vous le consacre dès cet instant ; préparez-le vous-même pour en faire une hostie digne d'être consumée à votre gloire par le feu de la charité. Ôtez-en tout ce qui vous déplaît ; lavez-le des taches du péché ; purifiez-le de toute affection terrestre ; rendez-le saint et agréable à vos yeux, afin qu'il ne vive plus pour lui-même, mais pour vous et de vous qui régnez dans la gloire de votre Père, à jamais. Ainsi soit-il.



Indulgence applicable aux morts


Indulgence de cent jours lorsqu'on récite, avec un cœur contrit, les oraisons jaculatoires suivantes, en l'honneur du saint Sacrement.
« Je vous adore dans tous les instants, ô pain vivant du ciel, sacrement admirable ! »
« Bénissez mon âme, ô Jésus ! l'unique objet de l'amour de Marie ! »
« À vous seul je donne mon cœur, divin Jésus, mon Sauveur ! »
« Que le très saint et très divin Sacrement soit connu, adoré et remercié par tous les hommes et dans tous les moments ! » (Rescrits du 21 janvier 1815 et du 13 août 1828)


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Pratique : Demandez souvent à Notre Seigneur Jésus-Christ d'éclairer votre intelligence et de vous faire la grâce d'une parfaite contrition de vos péchés.





Reportez-vous à Enseignement de l’Église sur le Purgatoire, Cession de nos bonnes œuvres en faveur des âmes du Purgatoire, Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (1/4), Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (2/4), Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (3/4), Méditation sur les motifs qui doivent nous engager à secourir les âmes du Purgatoire (4/4), La pensée du Purgatoire doit nous inspirer plus de consolation que d'appréhension, Méditation sur la durée des souffrances du purgatoire et l'oubli des vivants à l'égard des morts, Nous devons secourir tous les morts, Méditation pour le Jour des Morts, Tu es poussière et tu retourneras en poussière, La voie qui conduit au Ciel est étroite, Les différents moyens de soulager les morts, Litanies de la bonne mort, Être en état de grâce afin que nos prières soient utiles aux âmes du Purgatoire, Les indulgences, troisième moyen propre à secourir les âmes du Purgatoire, La pensée du purgatoire porte notre cœur à la pratique des vertus chrétiennes, Pour éviter le purgatoire endurons nos afflictions en esprit de pénitence, Le Purgatoire, motif de patience dans les maladies, Dévotion en faveur des âmes du Purgatoire, La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel, La Sainte Vierge Marie, Mère de Miséricorde, Défendre le Cimetière, La pensée du purgatoire nous prouve la folie de ceux qui ne travaillent pas à l'éviter, Les âmes du Purgatoire ont besoin de nos prières, Les indulgences pour les fidèles défunts, Languentibus in Purgatorio, prose à la Sainte Vierge Marie pour les défunts, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Offrir sa journée pour les âmes du Purgatoire, Vision de l'Enfer de Sainte Thérèse d'Avila, Méditation sur l'éternité des peines de l'Enfer, Méditation pour le jeudi de la deuxième semaine de Carême, Les œuvres de miséricorde et Litanie pour les âmes du Purgatoire.
















vendredi 25 novembre 2016

Méditation : La pensée du Purgatoire nous instruit sur la gravité du péché véniel









Méditation pour le 25 novembre

La pensée du purgatoire nous instruit sur la grièveté du péché véniel





    La pensée du purgatoire doit nous préserver d'une erreur bien commune parmi les chrétiens, et cependant bien funeste et très souvent la cause de la damnation éternelle. Cette erreur consiste à n'attacher pour ainsi dire aucune importance, ou du moins très peu d'importance, aux fautes légères, au péché véniel. On traite de bagatelle ce qui cependant est une offense de Dieu aussi bien que le péché mortel, quoique moindre ; et ce qui convient au péché mortel lui convient aussi, mais d'une autre manière. Nous ne nous étendrons pas ici pour prouver que souvent le péché, que nous appelons véniel, est mortel, puisque ce qui fait la différence du mortel et du véniel, en beaucoup d'occasions, c'est le plus ou moins de matière, l'attention et la connaissance plus ou moins grande, le consentement plus ou moins parfait. Supposons qu'en effet tous les péchés que nous commettons soient véniels : est-ce une raison d'être parfaitement tranquille et de dire : Ce n'est rien, c'est une petite faute que Dieu pardonne aisément ? Chrétiens, qui tenez ce langage, je vous demanderai d'abord : Croyez-vous encore à l'Évangile ? hé bien ! qu'y lisez-vous ? Celui qui méprise les petites fautes, dit le Sauveur, tombera peu à peu dans les grandes. Remarquez qu'il ne dit pas celui qui les commet par hasard et par fragilité, aucun saint n'est exempt de ces fautes ; mais celui qui les méprise, c'est-à-dire celui qui les commet par principe et par habitude. Vous ne connaissez donc point ces deux autres textes de l'Écriture Sainte : Dieu a en horreur le pécheur et son péché.
Abstenez-vous de tout ce qui a l'apparence de péché. Ces dernières paroles de l'apôtre Saint Paul sont remarquables ; il veut que nous évitions jusqu'à l'apparence du mal ; il n'est pas question pour lui de distinguer entre les grandes et les petites offenses : il sait, et nous devons tous savoir, qu'il n'y a rien de petit dans ce qui a rapport à un Dieu, si grand et si parfait, et dans ce qui peut lui plaire, ou lui déplaire. Le premier et le plus grand de tous les préceptes est celui d'aimer Dieu. Or, est-il croyable qu'on ait beaucoup d'amour pour Dieu, quand on consent librement à l'offenser ? Quelque légères qu'on suppose ces offenses, sont-elles compatibles avec une sincère tendresse, avec un attachement réel ? Non seulement ce n'est pas avoir pour Dieu l'amour qu'il mérite que de se permettre, de propos délibéré, une multitude de fautes, sous prétexte qu'elles sont vénielles, ou réputées légères ; c'est de plus manquer au respect qui lui est dû, et se rendre digne du même reproche qu'il faisait autrefois au peuple d'Israël par un de ses Prophètes : « Vous m'appelez tous les jours votre père, votre maître : où est donc le respect, la crainte filiale que le titre de père exige ? Où est donc la soumission, l'obéissance entière et parfaite qu'un maître a droit d'attendre de ses serviteurs ? »
    Mais nous ne combattons aujourd'hui cette erreur que par la vue du purgatoire. Nous y distinguons deux sortes d'habitants : les uns, après avoir péché mortellement dans le cours de leur vie, se sont convertis et ont reçu la grâce de la justification ou dans le sacrement de Pénitence, ou par la contrition parfaite avec le désir du Sacrement. La peine éternelle leur a été remise, mais ils n'ont pas expié la peine temporelle due à leurs péchés ; ils l'expient dans le purgatoire. Les autres expient des péchés véniels non effacés, ou la peine temporelle due à ces péchés. Oh ! qui pourrait comprendre les tourments qu'ils endurent ! Les Saints-Pères ne sont-ils pas d'avis qu'il vaudrait mieux souffrir les plus cruelles maladies, les douleurs les plus aiguës pendant des siècles que de passer un jour en purgatoire ? Et vous oseriez dire que le péché véniel est peu de chose ! Les peines du purgatoire nous prouvent au contraire le fondement de l'opinion des théologiens qui trouvent, jusqu'à un certain point, dans le péché véniel, les deux caractères d'insolence et d'ingratitude qu'on remarque dans le péché mortel. De là l'embarras d'expliquer la différence qu'il y a entre l'un et l'autre. En effet, il semblerait d'abord que toute offense de Dieu, toute désobéissance à ses lois devrait exciter sa colère, son indignation, sa haine et, par conséquent, être mortelle de sa nature. Ainsi la raison, guidée par les lumières de la foi, nous porterait plutôt à augmenter l'énormité du péché véniel, qu'à la diminuer ; et le purgatoire, en nous découvrant les supplices réservés au péché véniel, nous apprend qu'ils ne diffèrent des supplices de l'enfer, réservés au péché mortel, que par leur durée. Écouterons-nous donc encore notre amour-propre, qui voudrait nous persuader que le péché véniel n'est rien d'important, et que Dieu ne peut, ni ne doit s'en tenir offensé ?
    La vue du purgatoire ne nous prouve-t-elle pas d'une manière certaine que le plus léger des péchés renferme toujours un fond de malignité très odieux en lui-même ; odieux à un tel degré que toutes les bonnes œuvres de l'âme qui l'a commis, que dis-je ? Que toutes les bonnes œuvres que pourraient faire toutes les créatures, ne plairaient pas tant à Dieu, ne le glorifieraient pas tant que ce seul péché véniel lui déplaît et le déshonore : tellement odieux que s'il ne fallait qu'un péché véniel, fût-ce le plus léger, pour tirer de l'enfer tous les démons et tous les damnés, il faudrait les abandonner à leur malheureux sort, plutôt que de commettre un simple péché véniel. Voilà ce que tous les Saints ont pensé et enseigné. Aussi avec quelle douleur, avec quelles larmes abondantes ne s'accusaient-ils pas dans le sacré tribunal de la réconciliation, même des fautes les plus légères, échappées à la fragilité humaine ! Ayant sous les yeux la satisfaction exigée par la justice divine dans le purgatoire, avec quelle rigueur ne se punissaient-ils pas des plus petites fautes ! Ils auraient mieux aimé souffrir toutes les humiliations, tous les outrages, tous les supplices imaginables, que de commettre, de propos délibéré, le moindre péché véniel. C'est qu'ils savaient combien il déplaît à Dieu, combien il s'en tient offensé ! Et peut-on douter, en effet, de l'énormité du péché véniel aux yeux de Dieu, non seulement lorsqu'on promène des regards attentifs sur les supplices du purgatoire, mais même lorsqu'on réfléchit sur la manière terrible dont il l'a si souvent puni ?
Les saints Livres nous offrent mille exemples de la vengeance éclatante que le Seigneur a tirée des fautes les plus dignes de pardon en apparence. Citons-en quelques-uns ; ils sont propres à détruire en nous toute espèce de doute, d'incrédulité sur la peine due à ce que nous appelons faute légère, notre esprit ne pouvant comprendre l'infinie justice du Dieu trois fois Saint. Méditons ces divers traits et tremblons.
    Un Israélite est surpris ramassant un peu de bois le jour du sabbat. Ce péché nous paraît sans doute bien léger. On consulte le Seigneur ; il ordonne que ce malheureux soit lapidé.
    Osa, voyant l'arche du Seigneur au moment d'être renversée, y porte la main pour la soutenir. Nous serions tentés de louer son zèle ; mais ce zèle paraît au Seigneur, indiscret ou trop peu respectueux : il frappe Osa, et l'étend mort au pied de l'arche sainte.
    Les Philistins renvoient cette même arche du Seigneur aux Israélites, à qui ils l'avaient enlevée. Dès qu'elle arrive au pays des Bethsamites, ce bon peuple, ravi de revoir le gage précieux de la protection du Seigneur, se livre au plaisir de la contempler. Cette joie ne semble-t-elle pas juste ? Ne provenait-elle pas d'un principe louable ? On peut, il est vrai, reprocher aux Bethsamites une curiosité trop libre et trop hardie ; c'en est assez : l'arrêt de mort
est prononcé et exécuté contre une grande partie du peuple et des chefs.
    Ezéchias reçoit une ambassade du roi de Babylone. Pour témoigner aux envoyés sa satisfaction et leur faire honneur, il leur montre tous ses trésors. Il est probable qu'il entra un peu d'ostentation, ou de vaine complaisance dans cette action ; que l'œil de Dieu, auquel rien n'échappe des plus secrètes pensées, aperçut ici quelque tache d'amour-propre. Mais qui de nous se croirait fort coupable, s'il était tombé en pareille faute ? Cependant Dieu lui envoie le prophète Isaïe pour lui déclarer, de sa part, que tous les trésors qu'il vient d'exposer aux regards des ambassadeurs étrangers seront transportés dans leur ville ; et que ses propres enfants deviendront les esclaves du tyran de Babylone.
    Un prophète ayant reçu ordre du Seigneur de faire sa route sans se détourner ni s'arrêter nulle part, est engagé, chemin faisant, par un autre prophète, à prendre chez lui quelque nourriture. Celui-ci feint qu'un Ange lui a donné commission de l'inviter et de le conduire dans sa maison. Trompé par ce discours non suspect, il se rend à l'invitation. Qui ne croirait que Dieu lui pardonnera une désobéissance presque involontaire ?
Écoutez-en la punition : à peine s'est-il remis en route qu'un lion sort de la forêt et l'étrangle.     Des enfants rencontrent le prophète Élisée, dont le front chauve les frappe ; ils crient après lui et l'insultent. Ce sont des enfants, et il semble que l'âge doit excuser ou diminuer leur faute. Cependant deux ours fondent sur eux tout à coup et en dévorent quarante-deux.
    Tels sont quelques-uns des exemples rapportés par l'Écriture sainte : peuvent-ils nous laisser le moindre doute sur la sévérité avec laquelle Dieu punit le péché véniel ? Et, s'il ne le punit pas en cette vie, ne le fera-t-il pas dans l'autre ?
Remarquez que ces exemples visibles de la justice divine n'ont eu lieu que pour un seul péché véniel ; qu'en sera-t-il donc de la punition de ces péchés que nous multiplions pour ainsi dire à l'infini ? Ne devons-nous pas dire, avec l'Évangile : Si on traite ainsi le bois vert, que fera-t-on du bois sec ? Descendez un instant en esprit dans le lieu d'expiation, dans le purgatoire ; et demandez à ces âmes, qui sur la terre méprisaient ces petites fautes, ce qu'elles souffrent dans les flammes expiatrices et qu'elles souffriront peut-être encore longtemps pour ces prétendus riens, qu'elles reconnaissent, mais hélas ! trop tard, avoir été autant d'offenses contre Dieu, dont la justice exige une sévère satisfaction.


RÉSOLUTION

Il n'est pas trop tard pour nous de réfléchir sur la grièveté du moindre péché. En nous faisant un devoir de secourir les âmes du purgatoire, le premier fruit de cette dévotion sera de nous instruire sur l'offense que nous faisons à Dieu en commettant la plus petite faute. En conséquence nous regarderons le péché le plus léger comme un très grand mal, et nous l'éviterons avec le plus grand soin.
« Celui qui craint Dieu, ne néglige rien. » (Eccl.)
« Peut-on appeler léger, un péché qu'on ne peut commettre sans quelque mépris de Dieu. » (S. Eucher.)


PRIÈRE

Vierge sainte, conçue sans péché, c'est à vos pieds que je me jette aujourd'hui : je compte avec confiance sur votre protection pour obtenir la grâce de concevoir la plus grande horreur du péché ; qu'en méditant sans cesse la manière terrible dont Dieu le punit dans le purgatoire, j'en reconnaisse la grièveté, et que je l'évite avec le plus grand soin. Ô Marie ! ô ma mère ! Protégez-moi et secourez les âmes du purgatoire. Ainsi soit-il.



Indulgence applicable aux morts

100 jours d'indulgence, une fois par jour, et trois fois les Jeudis et tous les jours de l'octave de la Fête-Dieu, pour ceux qui récitent avec dévotion et un cœur contrit l'oraison jaculatoire suivante, en l'honneur du Saint-Sacrement : « Que le très saint et très divin Sacrement soit loué et béni dans tous les moments ».
Indulgence plénière pour ceux qui l'auront récitée chaque jour pendant un mois, le jour, à leur choix, soit, s'étant confessés et ayant communié, ils prieront pour les besoins de l'Église.
Enfin 100 jours pour ceux qui la réciteront à l'élévation de la sainte messe à laquelle on assiste ; ou au son de la cloche qui indique que l'on donne la bénédiction du saint Sacrement dans quelque église. (Rescrits du 24 mai 1776. — 30 juin 1818. — 7 décembre 1819)



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Pratique : Pour nous tracer une ligne de conduite, méditons sur ces quelques points : la crainte de Dieu et l'absence de crainte de Dieu, les conséquences - l'obéissance et la désobéissance, les conséquences - la reconnaissance de l'autorité de Dieu et le non respect de l'autorité de Dieu, les conséquences.



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jeudi 24 novembre 2016

Méditation : La pensée du Purgatoire porte notre coeur à la pratique des vertus chrétiennes









Méditation pour le 24 novembre


La pensée du purgatoire,

en nous donnant une idée de la sévérité de la justice divine,

porte notre cœur à la pratique de toutes les vertus chrétiennes




    II est pour le salut un écueil contre lequel on ne se précautionne pas assez ; c'est celui d'une foi languissante et inutile, d'une foi stérile et inefficace. Or, sans parler de tant d'autres articles de la foi, qui ne sont que dans notre esprit sans passer dans notre cœur pour en régler les mouvements et les affections, nous allons prouver, dans la méditation de ce jour, que, s'il est un dogme de la religion sur lequel on puisse, ou doive nous reprocher une contradiction coupable entre ce que nous croyons et ce que nous sommes, c'est le dogme du purgatoire.
    Et, en effet, en croyant le purgatoire, que faisons-nous ? Nous reconnaissons qu'il est un lieu, séjour de douleurs et de larmes, où Dieu exerce les rigueurs de sa plus sévère justice sur des âmes qui lui sont chères, et qui ne peuvent nous être indifférentes ; sur des âmes qu'il aime, et que nous devons aimer. De là si nos mœurs, si notre conduite répondaient à notre foi, que serions-nous ? Nous serions d'abord des hommes de zèle et de charité pour soulager ces âmes que Dieu punit si sévèrement dans le purgatoire ; ce point a été l'objet de nos méditations précédentes, et sans doute elles nous ont prouvé à l'évidence combien notre indifférence pour ces frères souffrants, dont le sort est entre nos mains, serait criminelle ; ainsi il est inutile de rien ajouter pour nous exciter à la compassion envers ces âmes. C'est d'un second effet que la croyance du purgatoire doit produire en nous, que nous nous occuperons : car, la pensée de ce lieu d'expiation ne doit pas avoir pour seul résultat de nous rendre des hommes de zèle et de charité, elle doit encore exciter notre cœur à la pratique des plus grandes et des plus sublimes vertus, en nous donnant une idée de la sévérité de la justice de Dieu ; et, par suite, elle doit nous rendre des hommes de vertu et de sainteté pour éviter ces péchés que Dieu punit si sévèrement dans le purgatoire.
    Oui, pour nous changer en des hommes de vertu et de sainteté, en des hommes de vigilance et d'attention, il suffirait de profiter, comme nous le devons, de ce que la foi nous enseigne du purgatoire.
Quelle leçon plus forte, plus touchante ; quelle leçon plus instructive et plus persuasive Dieu pouvait-il nous donner de la haine qu'il a, et de la haine que nous devons avoir pour le péché ? Notre religion entière, il est vrai, n'est qu'un enseignement continuel de la malice infinie et des suites funestes du péché ; elle n'est, dans ses secours, dans ses grâces, que préservatif du péché ; dans sa morale et ses conseils, que précaution contre le péché ; dans ses dogmes et ses mystères, qu'anathème et malédiction contre le péché ; en sorte que, selon la remarque d'un Père, l'homme véritablement chrétien n'est qu'un homme qui déteste le péché, qui redoute le péché, qui craint le péché jusqu'à n'avoir aucune autre crainte. Cependant, de tous les articles de foi chrétienne, ne peut-on pas dire que celui du purgatoire est un des plus puissants et des plus efficaces pour nous défendre de la séduction du péché ? À la vérité, le dogme d'une éternité malheureuse dans l'enfer a quelque chose de plus frappant au premier coup d'œil ; il parle davantage aux sens et à l'amour propre ; mais le dogme du purgatoire a plus de force pour éclairer l'esprit, pour convaincre la raison, pour faire sentir au cœur combien le péché est ennemi de Dieu, combien Dieu est ennemi du péché.
    Dans l'enfer, ce sont des péchés qui laissent le pécheur sans excuse, des péchés que Dieu ne peut pardonner sans cesser, pour ainsi dire, d'être le Dieu de justice et de sainteté ; dans le purgatoire, ce sont des péchés qui ne sont pas tant des péchés que des imperfections, des fautes légères ; car l'on peut faire sur le purgatoire la question que le Roi-Prophète faisait sur la sainte Sion : Seigneur, qui habitera dans votre tabernacle ? et répondre avec lui : C'est celui qui marche dans l'innocence, et qui pratique la justice (Ps. 14.). Le purgatoire, qui n'est que comme le portique de la céleste Jérusalem, ne sera ouvert qu'aux âmes fidèles ; on n'y arrive que par la voie de la justice et de la sainteté. Vous êtes étonnés de ce que Dieu ne pardonne jamais dans l'enfer ; vous devez l'être davantage de ce que Dieu punit dans le purgatoire. Dans l'enfer ce sont des hommes ennemis de Dieu, assujettis, asservis au péché, et dont le cœur demeure fermé aux regrets de la pénitence, et ne s'ouvre qu'aux fureurs du blasphème. Dans le purgatoire, au contraire, ce sont des âmes pénitentes, pour qui le plus grand malheur du péché est de l'avoir commis ; ce sont des âmes soumises, sans plainte, sans murmure ; elles baisent avec respect la main qui les frappe ; loin de se révolter contre le Dieu qui les afflige, elles ne savent que louer, que bénir, qu'adorer le Dieu qui les sauve. Et cependant des jours, des années, des siècles peut-être les verront dans les larmes, dans les feux dévorants ; parce que la haine du péché l'emporte dans le cœur de Dieu sur sa clémence et sur sa tendresse. Jésus-Christ les aime ; il en est aimé ; n'importe, il ne les recevra pas dans la plénitude de ses miséricordes, avant que la flamme qui les consume n'ait effacé jusqu'aux derniers vestiges de leurs anciennes fragilités ; donec reddas novissimum quadrantem : Sa Sainteté s'oppose à son amour, sa justice suspend le cours de ses bienfaits.
    Ce principe de la sainteté, de la justice infinie de Dieu, démontré si clairement par l'existence du purgatoire, était le principe sur lequel raisonnaient les anciens pénitents, lorsqu'ils se portaient à ces austérités dont le récit épouvante notre mollesse ; c'était aussi le principe sur lequel s'appuyait la primitive Église, lorsque, dans les canons de ses conciles, elle traçait des voies si pénibles, si laborieuses aux pécheurs qui voulaient revenir à Dieu par la pénitence, persuadée que Dieu punira dans l'homme tout ce qui n'aura pas été puni par l'homme, et que la satisfaction, par laquelle nous vengeons Dieu, ne peut approcher des châtiments par lesquels Dieu se venge lui-même. En effet, la foi du purgatoire nous apprend que les plus légères offenses, les fragilités, ne trouvent point de grâce au tribunal de Dieu, dans des âmes saintes et justes, dans des âmes élues et prédestinées. Quelle conclusion pratique dois-je donc tirer de cette foi ? qu'il est de mon plus grand intérêt de fuir jusqu'à l'ombre du péché. En d'autres termes, l'effet que doit produire en nous la foi du purgatoire, si nous savons en profiter, c'est de nous changer en des hommes de vertu et de sainteté pour éviter ces péchés que nous voyons punis si sévèrement dans le purgatoire. La pensée des douleurs de ces saintes âmes doit nous faire sentir la vérité de ces paroles de l'Apôtre ; c'est une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant, après avoir négligé de l'apaiser, de le satisfaire en ce monde qui est le règne de sa miséricorde, et avoir mieux aimé attendre en l'autre qui est le règne de la justice.


CONSIDÉRATION

Sur la terre, c'est le règne de la miséricorde : dans le purgatoire, c'est le règne de la justice !... Cette pensée bien méditée suffirait pour régler notre conduite, nous porter à la pratique de toutes les vertus et nous engager à ne rien négliger pour éviter ce terrible règne de la justice d'un Dieu infiniment saint.


PRIÈRE

Plus je médite sur le purgatoire, plus je suis convaincu, ô Dieu de sainteté ! que le péché, que le moindre péché vous déplaît infiniment et que votre justice exige que vous le punissiez rigoureusement : accordez-moi la grâce de profiter de cette conviction ; qu'elle me pénètre d'une juste crainte de votre sévérité, afin que jamais je ne vous offense de propos délibéré, et que je travaille chaque jour à me purifier de plus en plus pour être sans souillure au moment de paraître devant vous. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.


Indulgence applicable aux morts

1° Indulgence de cent jours, une fois par jour, accordée à tous les Fidèles qui réciteront, avec un cœur contrit, l'offrande suivante au sacré cœur de Jésus, devant son image.
2° Indulgence plénière, une fois par mois, pour ceux qui l'auront récitée tous les jours du mois, le jour à leur choix, où, s'étant confessés et ayant communié, ils prieront pour les besoins de l'Église.


OFFRANDE

Ô mon aimable Jésus ! moi, NN., pour vous témoigner ma reconnaissance et pour réparer mes infidélités, je vous donne mon cœur, je me consacre entièrement à vous, et, avec le secours de votre grâce, je me propose de ne plus pécher à l'avenir. (Rescrits du 9 juin 1807. — 26 septembre 1817)







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