Les Mages doivent ici nous servir de modèles : car ils nous donnent les plus utiles et les plus touchantes leçons.
Quelle prompte obéissance ! quelle constante fidélité à la grâce de Dieu ! L'étoile brille à leurs regards ; une inspiration secrète touche leurs cœurs, et déjà ils s'avancent, à la clarté de l'astre miraculeux, vers la Judée. Rencontrent-ils des obstacles, l'étoile qui les conduit s'éclipse-t-elle un moment, ils persévèrent dans leur résolution et cherchent d'autres moyens de l'accomplir : ils s'informent dans Jérusalem et jusque dans le palais du soupçonneux Hérode, du lieu où est né le roi des Juifs. Quelle foi courageuse ! quel amour ! quelle piété ! Ils n'hésitent pas à tout quitter pour trouver le Dieu sauveur.
Lorsque celui pour lequel ils ont entrepris un si long et si pénible voyage, et fait de si généreux sacrifices, se découvre à leurs regards sans aucun appareil de grandeur, et dans l'humiliation et la pauvreté la plus extrême, loin de chanceler, leur foi s'affermit et s'épure. Comme ils adorent ce divin enfant ! comme ils l'invoquent avec ferveur ! comme ils lui consacrent avec leurs présents, leur cœur et leur amour ! Leur piété ne peut se détacher d'un si doux objet, et à leur retour ils ne se lassent pas de bénir Dieu de ses miséricordes.
(Manuel des petits séminaires)
Reportez-vous à Comment pouvons-nous imiter l'exemple des Rois-Mages ?, Litanies des Saints Rois-Mages, Prière sur le saint nom de Jésus, Litanies des Saints consacrés à l'Enfance de Jésus, Sur la soumission du Sauveur enfant à la loi de la Circoncision, Pour le Jour de la Circoncision, Instruction sur la Circoncision, Méditation sur la Circoncision, De la Circoncision, comprenant la lettre de nouvelle année de Saint François de Sales, Litanies en l'honneur de la divine Naissance du Sauveur, Litanies des Saints Anges de la Crèche, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, Litanies des Justes de l'Ancienne Loi, Tirées du Directoire de la dévotion à l'Enfant-Jésus, La fête de Noël doit être chère à la France, La Pantoufle dans la cheminée, Les Fêtes de Noël à Paris : l'Offrande et la fête des Lettres, un pieux et antique usage, Les Fêtes de Noël à Paris : en prière devant la Crèche, Les Fêtes de Noël à Paris : au Couvent, Les Fêtes de Noël à Paris : au Petit-Séminaire, La nuit de Noël à Marseille, Extrait d'une description des Fêtes de Noël à Bruxelles : La Crèche en famille, Un épisode des Fêtes de Noël dans les pays du Nord de l'Europe : L'Arbre de Noël, Particularités de la nuit de Noël à Bethléem, La Sainte Grotte, Bethléem, Le Santo Bambino, Les petits Prédicateurs de six et de huit ans, L'Étable de Bethléem dans l’Église de l'Ara-Coeli, L'épée et le chapeau ducal portés à la procession le jour de Noël, Description de la sainte Crèche, Son histoire, Cérémonie de l'Adoration, La Messe de Minuit à Sainte-Marie-Majeure, Les Boutiques de Noël et le Præsepio, Les Pifferari, Regard sur le triple sacrifice du Jour de Noël, Noël, Jour de sainte allégresse, Lumière sur Noël, La crèche, Méditation pour la Fête de Noël : Vous trouverez un Enfant enveloppé de langes, et couché dans une Crèche, Instruction sur la Fête de Noël, Pratique de la Dévotion à l'enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Litanies de la Sainte Famille, Visite à l'Enfant-Jésus dans la Crèche, La bénédiction de Noé à ses fils, Prophétie et figure de l'entrée des Gentils dans la vraie Église, La conduite réciproque de Ruth et de Noémi figure celle de Marie et de l'Église des Gentils, Méditation pour le Jour des Rois : Que votre Règne arrive, Instruction sur la Fête des Rois, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages confessent Jésus-Christ devant les hommes, Méditation sur l’Épiphanie : Les Mages à Jérusalem, Méditation pour l’Épiphanie : La vocation des mages prédite et figurée, notre vocation à la foi de Jésus-Christ, Méditation sur l’Épiphanie : Les Rois-Mages, Méditation sur l’Épiphanie : Du ministère de Marie dans la vocation des Gentils à la Foi, Remerciement, offrande et prière au Verbe de Dieu incarné, pour l'Octave de l'Épiphanie, Méditation sur l’Épiphanie, Discours aux jeunes époux, du Pape Pie XII, durant l'Octave de l’Épiphanie, le 10 janvier 1940, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 18e Méditation :
Voici que l'étoile qu'ils avaient vue en Orient parut, allant devant
eux, jusqu'à ce qu'elle vint s'arrêter sur le lieu où était l'enfant, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 17e Méditation : À
la nouvelle de la naissance du saint Enfant, le roi Hérode fut troublé,
et tout Jérusalem avec lui, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 16e Méditation :
Nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 15e Méditation :
Voici que les Mages vinrent de l'Orient à Jérusalem, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 21e Méditation :
Cependant Marie ne perdait rien de toutes ces choses et les méditait
dans son cœur, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 22e Méditation :
Ils portèrent Jésus à Jérusalem, afin de l'offrir au Seigneur, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 20e Méditation :
Ayant été averti en songe de ne point aller trouver Hérode, ils
retournèrent en leur pays par un autre chemin, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 19e Méditation : Se
prosternant, ils l'adorèrent ; puis ayant ouvert leurs trésors, ils lui
offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe, Méditation sur la Nativité, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 14e Méditation : On lui donna le nom de Jésus, Litanies du Saint Nom de Jésus, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 13e Méditation : On
lui donna le nom de Jésus, nom qui lui avait été donné par l'ange, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 12e Méditation : Après huit jours, le saint Enfant fut circoncis, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 11e Méditation :
Les bergers revinrent en glorifiant et en louant Dieu de tout ce qu'ils
avaient vu et entendu, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 10e Méditation :
Les bergers se disaient les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 9e Méditation :
Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de
bonne volonté, Dévotion à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 7e Méditation : Tout à coup l'Ange du Seigneur parut auprès d'eux, Salutation à Marie et à Jésus naissant, Litanies du Saint Enfant-Jésus, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 1re Méditation :
Marie s'étant rendue avec Joseph à Bethléem, le temps de son divin
enfantement arriva, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 2e Méditation : Je
vous annonce un grand sujet de Joie, il vous est né aujourd'hui un
Sauveur, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 3e Méditation :
Marie mit au monde son fils premier-né, et l'enveloppa de langes, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 4e Méditation :
Marie, après avoir enveloppé de langes le saint Enfant, le coucha dans
la crèche, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 5e Méditation :
Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant enveloppé
de langes et couché dans une crèche, Dévotion
à la Sainte Enfance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 6e Méditation : Il y
avait là aux environs des bergers qui veillaient et se relevaient les
uns les autres pendant la nuit, pour la garde de leurs troupeaux, Litanies du Saint Enfant-Jésus, et Dévotion au Saint Enfant-Jésus : Prière d'amour et Consécration.
mardi 4 janvier 2022
Quels fruits pouvons-nous recueillir de la fête de l'Épiphanie ?
lundi 20 septembre 2021
Remède contre les Tentations ; premièrement, il ne faut pas se décourager quand elles nous arrivent
« Du reste, mes Frères, fortifiez-vous dans le Seigneur, et dans la puissance de sa vertu... Endossez les armes de Dieu, afin que vous puissiez tenir ferme contre les embûches du diable. » Saint Antoine qui était si bien exercé dans cette guerre que les fidèles ont à soutenir contre les démons, avait coutume de dire, qu'un des principaux moyens de vaincre cet ennemi, était de montrer beaucoup de résolution et même de la joie dans les tentations, parce qu'alors le démon s'afflige, et perd l'espérance de nous nuire : Résistez au diable, dit Saint Jacques, et il s'enfuira de vous.
Rien ne sera plus propre à nous encourager dans les tentations, que de considérer la faiblesse de cet ennemi, et combien peu le démon a de pouvoir contre nous, puisqu'il ne peut nous faire tomber dans le péché, si nous ne voulons y consentir. Voyez, mes Frères, dit Saint Bernard, combien notre ennemi est faible, il ne peut vaincre que celui qui veut bien être vaincu.
Les démons étant apparus une fois à Saint Antoine sous diverses formes, toutes plus hideuses les unes que les autres, et l'ayant tous environné comme pour l'accabler à la fois, le Saint ne fit autre chose que se rire d'eux, et leur dire : Si vous aviez la liberté de me nuire, le moindre de vous suffirait pour me combattre ; mais parce que vous n'avez point ce pouvoir, vous venez en troupe pour m'épouvanter. Si Dieu vous a donné quelque pouvoir sur moi, me voici, dévorez-moi ; mais s'il ne vous en a point donné, tous les efforts que vous faites sont inutiles. Nous pouvons répondre la même chose à chaque tentation qui nous arrive. En effet, depuis que Jésus-Christ s'est fait homme, le démon n'a plus de forces ; il l'avoua lui-même un jour à Saint Antoine, qui lui répondit : Quoique tu sois le père du mensonge, tu ne laisses pas d'avoir dit maintenant la vérité malgré toi, puisque le Sauveur nous a dit : « Ayez confiance, j'ai vaincu le monde... C'est pourquoi je rends grâces à Dieu, qui nous a donné la victoire par Notre Seigneur Jésus-Christ. »
Ce qui peut encore nous encourager, et nous donner de nouvelles forces dans les tentations, c'est de songer que Dieu nous voit combattre. Un soldat qui combat sous les yeux de son Général ou de son Prince, en devient beaucoup plus animé et plus brave.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Ce qui peut surtout nous rassurer dans les Tentations, c'est que Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces, Que les tentations sont une leçon salutaire, et pour nous et pour les autres, Les tentations servent à nous mieux faire connaître notre faiblesse, et à nous faire sentir le besoin de recourir à Dieu, Pourquoi Dieu permet que l'on soit tenté ; Avantages réels qui résultent de ces tentations, Que les uns sont tentés au commencement de leur conversion ; et les autres après leur retour à Dieu, Les Tentations sont inévitables en cette vie mortelle, Des tentations, Conduite à tenir à l'égard des tentations, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Avis le plus utile de tous : Priez !, Aspiration dans les tentations, De quelques remèdes contre les tentations de l'impureté, et Quelques autres remèdes contre les tentations d'impureté.
vendredi 2 juillet 2021
Que l'Humilité n'est point opposée à la Magnanimité, mais qu'elle en est le fondement
| Saint Thomas et Saint Pie V |
Saint Thomas traitant de la magnanimité, propose une question qui servira de preuve à cette vérité. Les Saints, dit-il, et l'Évangile, nous apprennent d'un côté, que l'humilité est très-essentielle aux Chrétiens ; d'autre part ils prouvent que la magnanimité ne leur est pas moins nécessaire, et surtout à ceux qui sont employés dans les ministères relevés. Ces deux vertus, cependant, semblent être directement opposées, car la magnanimité est une grandeur de courage qui porte à entreprendre des choses grandes et dignes de gloire, et rien ne paraît plus opposé à l'humilité. Ce saint Docteur résout très-bien cette difficulté, en disant qu'encore que ces deux vertus paraissent opposées l'une à l'autre, à ne regarder que l'extérieur qu'elles présentent, cependant elles ne le sont point ; non-seulement par la raison qu'aucune vertu ne peut être contraire à l'autre: mais encore, parce que l'humilité et la magnanimité ont une grande affinité entr'elles, et une grande dépendance l'une de l'autre. Car enfin, loin qu'il soit contraire à l'humilité d'entreprendre de grandes choses, ce qui est le propre de l'homme magnanime, cela n'appartient proprement qu'à celui qui est véritablement humble. Il y aurait en effet de la présomption et de l'orgueil à entreprendre de grandes choses, sur la confiance qu'on aurait en ses propres forces : car de quoi sommes-nous capables de nous-mêmes, puisque, selon l'Apôtre, « nous ne sommes pas même capables de penser quelque chose comme de nous ? » Mais aussi ce n'est que sur la défiance de nous-mêmes et sur la confiance en Dieu , que la magnanimité chrétienne fonde les grandes entreprises : et c'est-là précisément ce qu'opère l'humilité. Car la raison pour laquelle les Saints l'appellent le fondement de toutes les vertus, c'est comme nous avons déjà dit, parce que c'est elle qui ouvre la terre pour l'édifice spirituel ; c'est elle qui en creuse les fondations et qui en rejette tout ce qu'il y a de terre légère et sablonneuse, jusqu'à ce qu'étant parvenue à trouver la pierre ferme qui est Jésus-Christ, elle commence alors à élever sur cette pierre l'édifice de la perfection.
Rien n'est difficile aux humbles, dit Saint Léon : celui qui est véritablement humble, est en même temps magnanime, il est courageux, il est hardi à entreprendre de grandes choses ; rien ne lui paraît impossible, parce que ce n'est pas en lui-même, mais en Dieu qu'il met sa confiance ; et que quand il tourne les yeux vers Dieu, il ne voit rien qui puisse lui opposer obstacle dans ce qu'il exécute : « Nous ferons des prodiges avec le secours de Dieu ; et ce sera lui qui fera périr ceux qui nous affligent. Il faut donc que nous soyions intérieurement humbles, que nous reconnaissions que de nous-mêmes nous ne sommes rien, que nous ne pouvons rien : mais il faut aussi que nous soyons courageux en Dieu ; et qu'avec le secours de sa grâce, nous nous croyons capables de tout. »
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Des précieux avantages que procure le troisième degré de l'Humilité, De la force en soi-même et de la force en Dieu, Pour vaincre toutes sortes de tentations, et pour acquérir la perfection chrétienne, ne point compter sur nous-mêmes, mais uniquement sur le secours de Dieu, Du troisième degré de l'Humilité : En quoi il consiste, Comment faire son examen particulier sur la vertu de l'Humilité, Comment dans l'oraison nous pouvons nous exercer à la pratique du second degré d'Humilité, Pour acquérir la vertu de l'Humilité, il faut en pratiquer les Actes, Sans l'Humilité, on ne saurait avoir la paix intérieure, De quelle manière on peut s'élever au second degré de l'Humilité, Du second degré de l'Humilité, et en quoi il consiste, La connaissance de nous-mêmes ne doit pas nous faire perdre le courage, ni la confiance, Que la considération de ses péchés est un excellent moyen pour se connaître soi-même, et pour acquérir l'humilité, Du premier degré de l'Humilité, qui est d'avoir une humble opinion de soi-même, Principales Vertus dont l'Humilité est le fondement, Il n'y a point de Vertu solide sans l'Humilité : elle est le fondement de toutes les autres Vertus, Excellence et nécessité de l'Humilité, Prière pour demander l'humilité, Prière pour obtenir l'humilité, l'exemple de Saint Robert Bellarmin et de Saint Ignace, et comment acquérir cette vertu, Le Saint Curé d'Ars dans sa conversation : Humilité de M. Vianney, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Des vertus de Marie : l'humilité, De la merveilleuse humilité du séraphique saint François, Litanies de l'humilité, Méditation sur les effets de l'orgueil, Méditation sur l'humilité des Saints, Méditation sur la pratique de l'humilité Chrétienne, Méditation sur les avantages de l'humilité Chrétienne, La Crèche, Sur ces paroles : Vous avez tiré votre parfaite louange de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle. (Psaume 8), De deux sortes de Mortifications, De la nécessité de la Mortification : En quoi elle consiste, Sur Jésus-Christ, L'intérieur de Marie, De l'enfance spirituelle, et De la paix de l'âme.
lundi 28 juin 2021
Quels sont les travaux qu'entreprit saint Paul pour la propagation du christianisme ?
À peine revêtu de la force d'en haut, je le vois, de persécuteur de l'Église devenu tout à coup apôtre de Jésus-Christ, courir affronter la rage des tyrans, l'orgueil de la sagesse humaine et la majesté de ces dieux qui depuis quatre mille ans faisaient trembler la terre. À sa voix, la philosophie païenne se tait confondue ; les idoles se brisent, les autels des faux dieux s'écroulent, et sur les débris du monde idolâtre s'élève un monde nouveau que la religion éclaire de ses lumières, console par ses bienfaits, et sanctifie par ses vertus. Pour moi, je l'avoue, lorsque je le vois parcourir l'univers à pas de géant, une croix à la main voler de conquêtes en conquêtes, et, sans aucun moyen humain, sans trésors, sans force, sans armes, triompher de tous les obstacles humains les plus insurmontables, de tous les préjugés de l'esprit révolté par la sublimité incompréhensible des mystères qu'il annonce, de toutes les passions du cœur frémissant à la vue de cette morale austère qu'il prêche, de toutes les persécutions des philosophes et des prêtres païens soulevés, de toutes les fureurs enfin des puissances de la terre conjurées contre Jésus-Christ, et qui pendant trois siècles s'efforceront encore vainement d'ensevelir l'Église naissante dans le sang de ses prédicateurs et de ses disciples : à la vue d'un spectacle si étrange, d'une lutte si extraordinaire, d'une victoire enfin si miraculeuse, je reconnais dans saint Paul une force supérieure et manifestement divine ; je bénis Dieu de m'avoir ménagé une preuve si forte et si belle de la divinité de ma religion ; et m'attachant plus que jamais à cette religion sainte, je veux tous les jours de ma vie m'appuyer sur elle, me nourrir de sa foi, m'éclairer de ses lumières, me diriger par ses enseignements, me consoler par ses espérances, et, au milieu des épreuves de mon exil ici-bas, relever et soutenir à jamais mon courage par le souvenir de ses glorieux combats et de ses miraculeuses victoires.
(Manuel des petits séminaires)
Reportez-vous à Méditation pour la Commémoraison de Saint Paul, Quel est le merveilleux changement qu'opéra dans saint Pierre la descente du Saint-Esprit ?, Saint Paul Serviteur et Apôtre de Jésus-Christ, Prière à Saint Paul, Saint Pierre, Chef et Pasteur de l'Église de Jésus-Christ, et Litanies de Saint Paul Apôtre.
dimanche 27 juin 2021
Quel est le merveilleux changement qu'opéra dans saint Pierre la descente du Saint-Esprit ?
C'est que de faible, lâche et timide qu'il était, le Saint-Esprit le rendit fort, courageux et intrépide. La voix d'une servante avait suffi naguère pour renverser son courage ; maintenant, il annonce publiquement la divinité de Jésus-Christ, sans rien craindre de la fureur des Juifs.
La mort de Jésus-Christ avait dispersé les Apôtres, et dès lors, cachés dans Jérusalem et tremblants de s'exposer à la fureur des Juifs, pas un n'avait osé élever la voix pour rendre témoignage à l'innocence de son maître, et à la vérité de sa doctrine. Mais dès que l'Esprit saint est descendu sur eux, Pierre à leur tête, ils ne connaissent plus ces timides ménagements ; ils s'avancent avec une sainte fierté au milieu de Jérusalem ; ils annoncent devant les prêtres et les docteurs ce Jésus dont ils n'osaient auparavant se déclarer les disciples ; ils entrent dans les synagogues, ils paraissent devant les tribunaux, et là, méprisant touts les menaces et bravant tous les supplices, ils protestent à la face du ciel et de la terre, par la bouche de Pierre, que ce Jésus crucifié est le roi de gloire ; que ce Juste livré à la mort est le souverain auteur de la vie ; qu'il l'a bien fait voir en se ressuscitant lui-même ; qu'ils en sont les témoins oculaires et irréprochables, et qu'ils ne peuvent plus résister à la force de l'Esprit saint, qui s'est rendu maître de leur cœur. Et comme si la Judée n'avait pas offert assez de périls et assez de persécutions à leur courage, ils se répandent dans tout l'univers, et la férocité des peuples les plus barbares, et l'horreur des tourments, et la cruauté des tyrans, et l'attente de la mort la plus affreuse, et le monde entier soulevé contre eux, ne font qu'augmenter leur fermeté, et rien ne pourra jamais abattre leur inébranlable courage.
(Manuel des petits séminaires)
Reportez-vous à Méditation pour la Fête de Saint Pierre, Saint Pierre, Chef et Pasteur de l'Église de Jésus-Christ, Saint Paul Serviteur et Apôtre de Jésus-Christ, Prière à Saint Pierre, Prière
à Saint Pierre, pour obtenir de vivre et de mourir dans l'unité de la
Sainte Église Romaine, ou pour demander une grâce quelconque, Litanies de Saint Pierre, Apôtre, Commerce : Image de la vie spirituelle, Prière à Saint Paul, et Le renoncement à soi-même : Le double exemple de l’apôtre Judas et de l’apôtre Simon-Pierre.
mercredi 26 mai 2021
Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien
Mon Dieu, que vous êtes riche en miséricordes ! Après m'avoir adopté pour votre enfant par le baptême, vous voulez me rendre encore parfait chrétien par la Confirmation : je ne serai plus simplement votre enfant, mais le soldat de Jésus-Christ. Donnez-moi donc par votre divin Esprit la force dont j'ai besoin, pour soutenir ma foi avec une constance inaltérable, par mes paroles et mes actions. Divin Esprit, j'ai aussi recours à vous pour l'obtenir : changez ma timidité en courage, ma faiblesse en force, et faites-moi la grâce de ne jamais rougir de ma foi, mais de persévérer constamment dans la ferme résolution de défendre ma croyance, même au péril de ma vie.
Reportez-vous à Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation
pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la
synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation
pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze
Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation
pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se
rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation
pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le
monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille
de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour
demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit
de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand
le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de
vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.
lundi 10 mai 2021
La connaissance de nous-mêmes ne doit pas nous faire perdre le courage, ni la confiance
Notre misère est si grande : les raisons que nous avons de nous humilier sont si fréquentes : nous sommes si bien instruits par notre propre expérience de notre extrême faiblesse, qu'il semble que nous ayions plus de besoin d'être encouragés à ne nous pas laisser abattre par la vue de nos imperfections et de nos défauts, que d'être exhortés à les bien connaître. Cette vérité est si constante, que les Maîtres de la vie spirituelle nous enseignent que quand nous venons à creuser dans la connaissance de notre misère et de notre faiblesse, il ne faut pas que nous nous y arrêtions trop, dans la crainte que cette vue ne nous jette dans l'abattement et dans le désespoir: mais qu'il faut passer rapidement à la considération de la bonté de Dieu, et mettre en elle toute notre confiance. Et comme la douleur que nous concevons du péché, disent ces Maîtres de la vie spirituelle, ne doit point être si forte, qu'elle nous expose au danger de tomber dans le désespoir, et qu'il faut chercher à la modérer par l'espérance du pardon, en jetant les yeux sur la miséricorde de Dieu, et les détournant de la vue de notre péché : « De peur, comme dit l'Apôtre, que celui qui est en cet état ne tombe dans une tristesse excessive : » de même ajoutent-ils, nous ne devons pas nous arrêter tellement à la considération de notre faiblesse et de nos infirmités, que nous nous trouvions réduits à perdre le courage et cette confiance en Dieu. Enfin, après avoir creusé bien avant dans la connaissance de nous-mêmes : après avoir vu qu'il n'y a rien en nous sur quoi nous puissions nous fonder et nous appuyer ; après avoir appris par là à nous défier de nos propres forces, nous devons aussitôt envisager la bonté infinie de Dieu. En suivant cette règle, loin de nous laisser aller au trouble et au découragement, nous nous sentirons au contraire plus encouragés ; parce que la même chose qui sert à nous abattre, quand nous ne jetons les yeux que sur nous, sert à nous relever, quand nous venons à les tourner vers Dieu. Ainsi plus vous connaîtrez votre faiblesse, et le peu de fonds que vous pourrez faire sur vous, plus vous vous sentirez ensuite fortifié, lorsque vous regarderez Dieu, et que vous mettrez en lui seul toute votre confiance.
(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)
Reportez-vous à Du second degré de l'Humilité, et en quoi il consiste, Que la considération de ses péchés est un excellent moyen pour se connaître soi-même, et pour acquérir l'humilité, Du premier degré de l'Humilité, qui est d'avoir une humble opinion de soi-même, Principales Vertus dont l'Humilité est le fondement, Il n'y a point de Vertu solide sans l'Humilité : elle est le fondement de toutes les autres Vertus, Excellence et nécessité de l'Humilité, Prière pour demander l'humilité, Prière pour obtenir l'humilité, l'exemple de Saint Robert Bellarmin et de Saint Ignace, et comment acquérir cette vertu, Le Saint Curé d'Ars dans sa conversation : Humilité de M. Vianney, De l'amour du Père Surin pour l'humilité, dans l'union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, Des vertus de Marie : l'humilité, De la merveilleuse humilité du séraphique saint François, Litanies de l'humilité, Méditation sur les effets de l'orgueil, Méditation sur l'humilité des Saints, Méditation sur la pratique de l'humilité Chrétienne, Méditation sur les avantages de l'humilité Chrétienne, La Crèche, Sur ces paroles : Vous avez tiré votre parfaite louange de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle. (Psaume 8), De deux sortes de Mortifications, De la nécessité de la Mortification : En quoi elle consiste, Sur Jésus-Christ, L'intérieur de Marie, De l'enfance spirituelle, et De la paix de l'âme.
mercredi 17 juin 2020
De la violence qu'il faut se faire à soi-même
Depuis les jours de Jean-Baptiste, dit Jésus Christ, le royaume des cieux souffre violence, et ceux qui se font violence le ravissent. Si Jésus-Christ a rendu en un sens la voie du ciel plus facile par l'effusion abondante de ses grâces, et par l'esprit d'amour qu'il a répandu sur ses disciples ; d'un autre côté, il a rendu cette voie plus étroite, parce qu'il est venu mettre la loi à sa perfection, et qu'il exige plus que Dieu n'exigeait sous la loi de nature et sous celle de Moïse. Ainsi depuis le moment que Jean-Baptiste a annoncé la venue du Sauveur, le royaume des cieux ne s'obtient que par la violence qu'on se fait à soi-même ; il faut le ravir et l'emporter, pour ainsi dire, d'assaut. Cette parole est dure à la nature, parce que c'est elle qu'il faut combattre, et cela quelquefois jusqu'au sang, sans trêve ni repos. Si le service de Dieu ne consistait que dans une certaine routine de dévotion, compatible avec une vie douce et commode, avec les recherches de l'amour-propre, et une secrète complaisance en soi-même, le nombre des Saints, c'est-à-dire des vrais chrétiens, des véritables amateurs de l'Évangile, ne serait pas si rare, et notre condition serait à tous égards plus heureuse que celle des Juifs, à qui Dieu prescrivait tant de pratiques extérieures, dont la loi de grâce nous a affranchis.
Mais à ces pratiques extérieures, Jésus-Christ en a substitué d'intérieures, qui sont sans comparaison plus pénibles. Il n'est pas venu, dit-il, apporter la paix, mais le glaive. Il met ce glaive à la main de ses serviteurs, et il veut qu'ils s'en servent contre eux-mêmes pour circoncire leur cœur, pour retrancher sans pitié tous les penchants de la nature corrompue, pour se donner la mort, et ne laisser en eux aucun vestige du vieil Adam.
Que cela est dur, encore une fois, et difficile à entendre ! Tant qu'il ne s'agit que de faire quelques prières réglées, de visiter les églises, de pratiquer les œuvres de charité, on trouve assez de personnes qui embrassent le parti de la dévotion. Un directeur qui n'en demande pas davantage est écouté ; c'est un homme de Dieu, c'est un saint. Mais parle-t-il de se corriger de certains défauts, de vaincre le respect humain, de réformer son humeur, de tenir en bride tous les sentiments naturels, et de suivre en tout l'esprit de la grâce, il n'est plus écouté ; il exagère, il outre les choses.
Il est certain toutefois que c'est en cela que consiste l'esprit du christianisme ; qu'un vrai chrétien se regarde comme son plus grand ennemi ; qu'il se fait une guerre continuelle ; qu'il ne s'épargne sur rien, et qu'il met tout son progrès dans les victoires qu'il remporte contre lui-même.
Lorsque l'on commence à se donner à Dieu, il nous traite d'abord avec beaucoup de douceur pour nous gagner ; il répand dans l'âme une paix, une joie ineffables ; il nous fait trouver du goût à la retraite, au recueillement, aux exercices de piété ; il nous facilite la pratique de la vertu ; rien ne coûte, on se croit capable de tout.
Mais dès qu'il s'est une fois bien assuré d'une âme, il ne tarde point à l'éclairer sur ses défauts ; il lève par degré le voile qui les lui cachait, et il lui inspire une forte volonté de les combattre. De ce moment elle se tourne contre elle-même ; elle entreprend la défaite de son amour-propre, elle le poursuit sans relâche partout où elle l'aperçoit ; et, à la faveur de la lumière, où ne l'aperçoit-elle pas ? Elle ne voit en elle que misères, qu'imperfections, que recherches de soi-même, qu'attache à son propre sens ; sa dévotion même lui paraît pleine de défauts. Elle croyait aimer Dieu, et elle trouve qu'elle rapporte à soi l'amour qu'elle a pour Dieu ; qu'elle s'approprie ses dons ; qu'elle le sert dans cette vue, qu'elle s'en estime davantage, et qu'elle conçoit un secret mépris des autres qui n'ont pas reçu les mêmes grâces.
Dieu lui montre tout cela successivement ; car si tout lui était montré à la fois, elle ne pourrait en soutenir la vue, et elle tomberait dans le découragement. Mais le peu qu'elle en découvre suffit pour lui faire connaître qu'elle n'est pas encore entrée dans le chemin de la perfection, et qu'elle a bien des combats à se livrer avant d'arriver au terme.
Si elle est courageuse et fidèle, que fait-elle alors ? Elle s'humilie sans se désespérer ; elle met en Dieu sa confiance, et elle le conjure de la seconder dans la guerre qu'elle va entreprendre. Ensuite elle se met bien avant dans l'esprit et dans le cœur cette maxime du livre de l'Imitation : Vous ne profiterez qu'à mesure que vous vous ferez violence ; maxime qui contient le plus pur esprit de l'Évangile, et sur laquelle se sont gouvernés tous les Saints.
À leur exemple, elle déclare la guerre à la nature, à son esprit, à son cœur, à son caractère ; et, pour ne rien donner ici l'imagination, et à une ardeur indiscrète, elle prie Dieu de la diriger dans cette guerre, de l'éclairer à mesure sur les ennemis qu'elle doit combattre, de ne lui rien passer, mais de l'avertir de tout ce qui se passe en elle, afin qu'elle y mette ordre avec le secours de la grâce. Elle forme la généreuse résolution de se contrarier en tout, et de ne rien souffrir en elle qui puisse blesser la sainteté infinie de Dieu.
La voilà donc devenue soldat de Jésus-Christ, la voilà enrôlée sous ses étendards. Jusqu'alors Dieu l'avait préparée et disposée, mais à ce moment elle se revêt de ses armes de la foi, et elle entre dans le champ de bataille.
Combien durera ce combat ? Il durera tant qu'il restera un ennemi à vaincre, tant que la nature conservera un souffle de vie, tant que le vieil Adam ne sera pas détruit. Un bon chrétien ne met jamais les armes bas, et tout n'est pas encore fini pour lui, lorsqu'il a combattu jusqu'à l'extinction de ses forces. Que veut dire cela ? Que peut-il lui rester à faire quand il est épuisé par ses propres victoires, et qu'il a poussé la violence contre lui-même aussi loin qu'elle pouvait aller ? Il ne lui reste plus rien à faire, mais il lui reste à souffrir l'action de Dieu, qui désormais veut faire seul ce qui est au-dessus des forces de l'homme.
La sainteté se commence par nos efforts soutenus de la grâce, et elle s'achève et se consomme par l'opération divine. L'homme élève l'édifice tant qu'il peut ; mais, parce qu'il y a de l'humain dans cet édifice, Dieu renverse tout l'ouvrage de l'homme, et il y substitue le sien, où la créature n'a d'autre part que de le laisser faire. Elle n'agit plus, mais elle pâtit, parce que c'est sur elle que Dieu opère ; elle ne se fait plus violence, mais elle la souffre ; et cet état purement passif est incomparablement plus pénible. Tant que l'âme agit, elle se sent de la force, et sa propre action la soutient. Or, dans ce sentiment de sa force, il entre toujours quelque peu d'amour-propre ; et elle s'attribue quelque part de la victoire, parce qu'en effet elle y a contribué.
Mais, lorsque Dieu agit seul, toute faculté d'agir est ôtée à l'âme ; elle voit bien ce que Dieu fait en elle, mais elle ne peut le seconder ; et elle n'a garde de s'attribuer rien, puisqu'elle n'y a nulle part. D'ailleurs toute l'opération de Dieu consiste alors à détruire, à renverser, à dépouiller l'âme et à la réduire à une parfaite nudité, et il n'exige d'elle d'autre correspondance, sinon qu'elle se laisse comme enlever sans regret tous les dons, toutes les grâces, toutes les vertus dont Dieu l'avait ornée, et qu'elle s'était appropriés.
Oh ! que cette destruction, cet anéantissement de la créature est une œuvre grande et difficile ! Que de combats il faut se livrer pendant une longue suite d'années ! Et, quand on croit que tout est fini , que de nouveaux assauts bien plus terribles il faut essuyer de la part de Dieu qui agit sur sa créature en maître souverain , et qui exerce sur elle tout le domaine qu'elle lui a cédé par le don de sa liberté ! Quel courage ne faut-il pas pour entreprendre et pousser jusqu'au bout la guerre contre soi-même ! Mais quel courage incomparablement plus grand, pour soutenir la guerre que fait ensuite Dieu lui-même, et pour se laisser écraser sous les coups de sa main toute-puissante.
Ô mon Dieu ! je commence à connaître quelle violence doit se faire et éprouver celui que vous appelez à la perfection de votre Évangile. Mais, grâces vous en soient rendues , cette vue ne m'effraye point. Si je comptais sur moi, j'abandonnerais tout, ne me sentant capable de rien. Mais je ne compte que sur vous seul, et je puis tout en celui qui me fortifie. Vous avez commencé l'œuvre, j'espère que vous la continuerez et que vous l'achèverez. Je n'y veux d'autre part que celle de vous seconder tant que je pourrai, et ensuite de vous laisser faire seul tout ce qu'il vous plaira,
(Extrait du Manuel des âmes intérieures)
Reportez-vous à Sur la croix, Sur la sainteté, Avis important pour ceux qui ont des peines d'esprit, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vie nouvelle en Jésus-Christ, De l'activité naturelle, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la vie parfaite, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De la Mortification, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Remèdes à l'amour-propre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des tentations et des illusions, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Sur la vaine curiosité, De la nourriture du corps, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des Habits, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Des moyens de parvenir à la vraie et solide vertu, Idée de la vraie Vertu, De la vraie et solide dévotion, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Pour bien faire l'oraison et pour en tirer le fruit qu'on a lieu d'en attendre, En quelque état que vous soyez, rendez respectable, par vos sentiments et votre conduite, votre titre de Chrétienne, Qu'il est très-utile d'ajouter quelques pénitences à l'examen particulier, Conseils pour la lecture spirituelle, En quoi consiste l'exercice de la présence de Dieu, De la doctrine de Jésus-Christ, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Instruction sur la Grâce, Des Conseils Évangéliques, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Le Paradis de la Terre, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Ordre de la vie spirituelle pour les Directeurs, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Des maladies de l'âme, par le R.-P. Jean-Joseph Surin.
mardi 19 mai 2020
MÉDITATION POUR LE MARDI DES ROGATIONS
Qui est celui d'entre vous qui, ayant un ami, ira le trouver sur le minuit pour lui demander qu'il lui prête du pain ? (S. Luc, ch. 11)
I. Considérez la condescendance et la bonté ineffable du Fils de Dieu, qui se sert de la comparaison familière d'un homme pressé par le besoin et s'adressant à son ami, afin de mieux nous faire connaître combien grande est sa charité envers nous, et avec quelle confiance nous devons avoir recours à lui en nos nécessités.
Il y a néanmoins cette différence, que les amis du monde manquent souvent de constance en leur amitié, principalement quand il y va de leur intérêt : mais ce divin Sauveur nous a aimés jusqu'à la mort, et a daigné verser jusqu'à la dernière goutte de son sang pour notre salut.
Pensez donc combien grandes sont les obligations que vous avez à l'amour immense de ce Sauveur ; voyez quel sentiment vous devez en concevoir, quelle reconnaissance vous lui en devez témoigner.
II. Considérez que cet homme étant allé, au milieu de la nuit, demander à son ami quelque assistance, il trouva la porte fermée ; et néanmoins ayant insisté à heurter et à demander, il obtint tout ce qu'il désirait. Il est bien vrai que la porte du ciel est ouverte jour et nuit à nos prières ; on est toujours bienvenu auprès de Dieu quand on demande le secours de sa miséricorde, pourvu que ce soit avec un cœur bien disposé.
Si quelquefois il ne vous exauce pas aussitôt que vous le désirez, s'il tarde à vous accorder l'effet de vos prières, vous ne devez pas pour cela perdre courage, mais, au contraire, persévérer dans l'oraison avec une ferme constance : s'il diffère de vous exaucer, ce n'est que pour vous rendre digne, par votre persévérance, d'obtenir plus que vous demandez, et de recevoir quelque grâce plus avantageuse que le sujet de votre prière.
III. Considérez l'efficace de la persévérance dans la prière, même envers ceux qui n'ont aucune volonté d'accorder ce qu'on leur demande, comme était ce méchant juge dont il est parlé dans l'Évangile ; lequel, quoiqu'il n'eût aucune crainte de Dieu ni des hommes, ne laisse pas pourtant de rendre justice à une pauvre veuve, seulement à cause qu'elle venait tous les jours le solliciter et presser pour ce sujet. Si cette persévérance a tant de vertu et de force envers les méchants, que ne fera-t-elle point envers celui qui est bon par essence, et qui a infiniment plus de désir et de volonté de nous communiquer ses dons et ses grâces, que nous n'en avons nous-mêmes pour les lui demander !
Relevez donc vos espérances en Dieu dans la vue de cette source inépuisable de bonté qui est en lui ; continuez tous les jours de votre vie à lui offrir vos prières avec respect, avec amour, avec confiance ; car c'est là un souverain moyen d'obtenir la continuation et l'augmentation de ses grâces : la principale de toutes est le don de la persévérance finale !
PRATIQUES
1° Quels sont vos amis ? Sont-ils les amis de Dieu ? n'en ayez point d'autres.
2° Ne demandez jamais à un ami que ce que sa conscience et son honneur peuvent vous accorder.
(Méditation tirée de La Couronne de l'Année Chrétienne)
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vendredi 24 avril 2020
De quelle manière on doit aider les personnes faibles, par le R.-P. Jean-Joseph Surin
De quelle manière on doit aider les personnes faibles
Quelles sont ces personnes faibles ?
Ce sont celles, qui faute de vertu se laissent entraîner par leurs inclinations, et qui ne peuvent presque rien prendre sur elles-mêmes. Il y en a de trois sortes. Les plus à plaindre sont celles que le démon possède. Quoiqu'il ne puisse pas contraindre leur liberté, il aveugle leur esprit, il leur saisit le cœur, et les rend si languissantes et si paresseuses, qu'il dispose comme il veut, des puissances de leur âme. Les autres sont des personnes qui, à force de se décourager et de se laisser aller à l'abattement, ont perdu presque toute espérance, et sont comme incapables de faire le bien. Les troisièmes sont des gens qui pour avoir suivi en aveugle leurs inclinations, sans se contraindre, sont devenus si lâches et si indisciplinables, qu'ils ne sont plus à l'épreuve de la moindre difficulté. On peut mettre de ce nombre les grands, qui préfèrent leurs volontés à tout, et qui sont accoutumés à être flattés : comme personne ne leur résiste, ils se laissent dominer à leurs passions, et ils en viennent à un tel point de faiblesse , qu'ils ne peuvent se gêner en rien.
Comment faut-il aider ces personnes ?
En profitant de quelques dispositions qu'elles ont à la vertu, pour leur en faire acquérir davantage. Car les personnes les plus faibles ont leurs bons endroits, la difficulté est de découvrir ces dispositions favorables, et de les faire valoir, en engageant ces personnes à redoubler leurs efforts, jusqu'à ce qu'elles soient affermies dans la pratique du bien.
À quoi principalement faut-il que les personnes faibles emploient leurs efforts ?
Premièrement, il faut les porter à recourir à Dieu, et malgré leur dissipation, à réunir toutes leurs forces, pour faire quelque oraison. Secondement, il faut les engager avec douceur à résister à leurs inclinations; leur marquant en particulier les occasions où elles doivent se faire violence, et commençant par les faire renoncer aux satisfactions les plus grossières, qu'elles ont coutume de s'accorder. Troisièmement, il faut tâcher d'obtenir qu'elles agissent pour Dieu, leur suggérer des pensées, et leur proposer des motifs propres à leur relever le courage, tel qu'est le désir de plaire à Dieu, et de rendre service à un si grand Maître. Ces sortes de vues élèvent l'âme, et la mettent au-dessus de sa faiblesse, elle sent ses forces revenir, sa ferveur revivre, et son courage se fortifier. C'est ainsi que des personnes entièrement abattues, et presque désespérées se rétablissent peu à peu, et vont de progrès en progrès, jusqu'à un sublime degré de perfection.
Que doit-on faire lorsque ces personnes sont tellement faibles, qu'il ne paraît rien en elles sur quoi on puisse fonder aucun bon dessein ?
Il faut alors changer de méthode, avoir recours à la prière et à la pénitence, pour demander à Dieu qu'il leur donne quelque principe de vie, quelque bonne disposition, qui serve comme d'ouverture à la grâce, et aux moyens qu'on veut employer pour les guérir. Et dès qu'on voit luire la moindre espérance, il faut en profiter, pour les aider de la manière que nous avons dit.
Quels sont les excès qu'il faut éviter dans la conduite des personnes faibles ?
Voici les deux plus dangereux. Le premier est, de les rebuter tout-à-fait par un zèle indiscret, et des manières trop sévères, oubliant que ce sont des personnes faibles, et qu'il n'est pas raisonnable d'exiger d'un malade les mêmes efforts que d'un homme robuste et plein de santé. Le second est de donner dans l'erreur de ceux qui détruisent la coopération de l'homme, et qui lui permettent de s'abandonner à sa faiblesse, jusqu'à ce que Dieu l'excite puissamment par une grâce extraordinaire ; au lieu qu'il faut être attentif à faire profiter les plus petits secours que Dieu donne, et être bien persuadé que le Royaume des Cieux est semblable à la graine de sénevé, qui est la plus petite de toutes les graines, et qui devient la plus grande de toutes les plantes. La plus petite de toutes les grâces, si on sait la faire valoir, peut produire de très-grands biens : ce n'est d'abord qu'un petit germe, mais qui devient ensuite un grand Arbre ; les Oiseaux du Ciel viennent se percher sur ses branches, c'est-à-dire, les Anges en viennent admirer la beauté. Un peu de levain fait lever la masse entière ; et une petite grâce est souvent dans une âme, le principe d'un changement admirable, qui la rend précieuse aux yeux de Dieu.
En quoi consiste la force, qui doit succéder à la faiblesse des personnes dont nous parlons ?
Elle consiste en trois choses. Premièrement, à clore l'âme, pour ainsi dire, et à l'enfermer dans une espèce d'enceinte ; afin que ses forces étant ramassées et réunies au-dedans, elle soit en état de s'adonner entièrement à la pratique du bien. C'est le recueillement, qui forme cette espèce d'enceinte, et son recueillement vient de ce qu'elle se borne à certains objets, à certaines pratiques, et qu'elle donne toute son attention à certaines vérités, sans la détourner ailleurs. Ces objets qu'elle se propose, sont la présence de Dieu, la vie de Jésus-Christ, les devoirs de son emploi : par-là elle accoutume insensiblement son esprit à ne point prendre l'essor ; elle ferme la porte à tous les objets extérieurs, et se renferme en elle-même pour jouir de toutes ses forces.
Quelle est la seconde chose qui contribue à la véritable force du cœur ?
C'est le soin de mortifier ses passions : car comme l'âme perd de sa vertu et de sa vigueur, en se laissant aller à ses appétits déréglés, en y résistant, elle conserve pour le service de Dieu, les forces qu'elle aurait consumées à se satisfaire.
Quelle est la troisième chose qui contribue à fortifier le cœur ?
Le soin qu'on a de relever son courage, de nourrir son esprit de grandes idées, de ne lui proposer que des vérités éternelles, que des objets surnaturels et divins, dont la noblesse se faisant sentir au cœur, le met peu à peu au-dessus de sa faiblesse.
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