vendredi 30 septembre 2016

Le roi de la Cité du Mal



Extrait de "Traité du Saint-Esprit" de Mgr Gaume :



Satan inspirant l'Antichrist
Si la puissance de notre âme sur la matière a des limites qui nous sont inconnues, comment mesurer celle de l'ange, pur esprit, d'une nature bien supérieure à celle de notre âme (I p., q. LXXV, art. 7, ad 2) ? Comment, surtout, calculer la puissance du premier des esprits ? Or, tel est Satan, le roi de la Cité du mal. « Le premier ange qui pécha, dit saint Grégoire, était le chef de toutes les hiérarchies. Comme il les surpassait en puissance, il les surpassait en lumière (Homil, XXXIV in Evang., et S. Th.,  I p., q. LXVII, art. 7 et 9). »

Pour ne citer qu'un exemple de ce qu'il peut, contentons-nous de rappeler l'histoire de Job. En vue d'éprouver la vertu du saint homme, Dieu permet à Satan d'user contre lui, dans une certaine limite, de la puissance de sa haine. En un clin d'œil, il a condensé les nuages, déchaîné les vents, allumé la foudre, ébranlé la terre, et les bâtiments de Job sont renversés. Ses troupeaux disparaissent, ses enfants périssent. Quelques instants lui ont suffi pour causer toutes ces ruines. Lorsque la permission lui sera donnée, il mettra moins de temps encore à couvrir Job, de la tête aux pieds, d'ulcères purulents, et du plus brillant prince de l'Orient, faire un mendiant solitaire et le patriarche de la douleur.

Plus tard, nous le voyons s'attaquer, sans le connaître, au Fils même de Dieu. Avec la rapidité de l'éclair, il le transporte tour à tour du fond du désert sur le pinacle du temple et sur le sommet d'une montagne. Là, par un de ces prestiges que nous ne pouvons comprendre, mais qui lui sont familiers, il fait passer devant les yeux du Verbe incarné tous les royaumes de la terre avec leurs splendeurs. Or, ce qu'il était au temps de Job et de la rédemption, le roi de la Cité du mal Test aujourd'hui. Même nature, par conséquent même puissance et même haine de l'homme et du Verbe fait chair. De là lui vient un autre nom.

Il est appelé homicide, homicide par excellence, homicida ab initio. Homicide toujours, homicide de volonté, homicide de fait, homicide de tout ce qui respire, homicide du corps, homicide de l'âme. Ce nom, il ne le justifie que trop.

Homicide du Verbe
. — À l'instant même où le mystère de l'Incarnation lui fut révélé, il devint homicide. Afin de faire échouer le plan divin, il conçut la pensée de tuer le Verbe incarné. Il le tua dans son cœur, et fut homicide devant le Père, devant le Fils, devant le Saint-Esprit, devant le monde Angélique, en attendant de l'être en réalité devant le monde humain (Rupert, in Joan., lib. VIII, n. 242, III).

Homicide des Anges
. — En les entraînant dans sa révolte, il fut pour eux la cause de la damnation, c'est-à-dire de la mort éternelle. Faire périr, autant que des esprits peuvent périr, des centaines de millions de créatures, les plus heureuses et les plus belles qui soient sorties du néant : quel carnage et quel crime (Vig., LXXXVII) !

Homicide des Saints
. Ce qu'il fut dans le Ciel, il l'est sur la terre. Homicide d'Adam, homicide d'Abel, homicide des prophètes, homicide des Justes de l'ancien monde, images prophétiques du Verbe incarné. En eux, c'est lui qu'il persécute, lui qu'il torture, lui qu'il tue. Homicide des apôtres et des martyrs, continuation vivante du Verbe incarné. En eux encore, c'est lui, toujours lui qu'il insulte, qu'il outrage, qu'il flagelle, qu'il déchire, qu'il mutile, qu'il brûle, qu'il tue et qu'il tuera jusqu'à la fin des siècles.

Homicide de l'homme en général
. — C'est lui qui a introduit la mort dans le monde. Pas une agonie dont il ne soit la cause ; pas une goutte de sang versé qui ne retombe sur lui ; pas un meurtre dont il ne soit l'instigateur. Les empoisonnements, les assassinats, les guerres, les combats de gladiateurs, les sacrifices humains, l'anthropophagie, viennent de lui. Homicide surtout de l'enfant, image plus parfaite et plus aimée du Verbe : c'est par milliards qu'il faut compter les enfants que Satan a fait immoler à sa haine, chez tous les peuples de l'Orient et de l'Occident, et qu'il continue de faire immoler.

Homicide, non seulement en poussant l'homme à tuer son semblable, mais en l'excitant à se tuer lui-même. Le suicide est son ouvrage. Nous le montrerons ailleurs en prouvant que le suicide, sur une grande échelle, ne s'est vu dans le monde qu'aux deux époques, où le règne de Satan fut à son apogée. En attendant, citons le témoignage d'un de nos évêques missionnaires. « Que de faits j'aurais à vous raconter pour vous démontrer de plus en plus, si l'on pouvait en douter, la puissance de Satan sur les infidèles. Entre mille, en voici un qui est ordinaire en Chine, aussi bien dans le Su-Tchuen qu'ici, en Mandchourie, et qui est attesté par des milliers de témoins. Quand, pour quelque dispute avec sa belle-mère ou avec son mari, pour des coups reçus des paroles amères, il prend à une femme l'envie de se pendre, et le cas est fréquent en cet empire, souvent il n'est pas nécessaire de recourir à la suspension. Cette infortunée s'assied sur une chaise ou sur son khang (sorte d'estrade), se passe au cou le cordon fatal et Celui qui fut homicide dès le commencement se charge du reste... il serre le nœud (Annales de la Propag., etc., 1857, n. 175, p. 428. Lettre de Monseigneur Vérolles, évêque de Mandchourie). »

Tuer le corps ne lui suffit pas. C'est par l'âme surtout que l'homme est l'image du Verbe incarné, et c'est à l'âme principalement qu'en veut le grand homicide. Son existence n'est qu'une chasse aux âmes : et quel carnage il en fait! Des millions de chasseurs et des millions de bourreaux sont à ses ordres. Partout leurs pièges ; partout leurs victimes, La terre est couverte des uns ; l'enfer, rempli des autres.

Qu'est-ce que l'idolâtrie, qui a régné et qui règne encore sur la plus grande partie du globe, sinon une immense boucherie d'âmes ? Qui en est la cause consommante ? Le grand homicide, caché sous mille noms et sous mille formes différentes (Unde in Ps. XCV, dicitur : Omnes dii gentium daemonia. S. Th., 2a 2 ae , q. XCIV, art. 4, corp.). Au sein même du christianisme, d'où vient la tendance funeste et de plus en plus générale qui pousse tant de millions d'âmes au suicide d'elles-mêmes ? Si ce n'est pas du Saint- Esprit, c'est donc encore et toujours de l'éternel Homicide (S. Th., I p., q. LXIV, art. 2 corp. ; id., id., CXIV, art. 3, corp. ; id., Ia 2ae, q. LXXX, art. 4, corp. — Le Compte général de l'administration de la justice criminelle en France pendant l'année 1860 constate l'augmentation du nombre des prévenus d'outrages publics à la pudeur. Ils ont quintuplé de 1826 à 1860, et se sont élevés de 727 à 4 108, et de 1856 à 1860 la progression s'est encore accélérée. Ajoutez que, depuis quarante ans, le nombre des crimes de tout genre a augmenté de plus de 20 p. 10 !). Telle est la guerre acharnée, implacable, que Satan fait au Verbe incarné et qui lui mérite le nom d'Homicide. Il en a d'autres encore.

Il est appelé Démon, Daemon. Pour désigner Lucifer, les oracles sacrés disent le Démon, c'est-à-dire le démon le plus redoutable, le Roi des démons. Sa science effrayante des choses naturelles, sa science non moins effrayante de l'homme et de chaque homme, de son caractère, de ses penchants, de ses habitudes, de son tempérament, en un mot de ses dispositions momies, lui ont fait donner ce nom, qui signifie : intelligent, savant, voyant. Ne pouvant lire immédiatement dans notre âme, il voit ce qui s'y passe par les fenêtres de nos sens. Nos yeux, notre visage, le ton de notre voix, les mouvements de nos membres, notre démarche, la manière de nous habiller, de nous tenir, de manger, de nous comporter en toutes choses, sont autant d'indices dont il tire des conclusions certaines, pour nous tendre des pièges et nous lancer des traits.

Il est appelé Diable ou plutôt le Diable, Diabolus. Odieux entre tous, ce nom signifie calomniateur. Deux choses constituent la calomnie : le mensonge et l'outrage. À ce double point de vue, Lucifer est le calomniateur par excellence.

Au point de vue du mensonge, son nom présente à l'esprit un affreux composé d'hypocrisie, de ruse, de fraude, d'astuce, de tromperie, de malice, de bassesse et d'effronterie. Mentir est sa vie. C'est lui qui a inventé le mensonge, il est le mensonge vivant : Mendax et Pater mendacii. Il mentit au ciel, il ment sur la terre ; il mentit à Adam, il ment à toute sa postérité. Il ment dans ses promesses, il ment dans ses terreurs ; il ment en disant la vérité, car il ne la dit que pour mieux tromper (S. Th., I p., q. LXIV, art. 2. ad. 5). Il ment sur tout, il ment avec audace, il ment toujours, et tous ses mensonges sont des outrages.

À ce nouveau point de vue, il est également digne de son nom. Calomnier, c'est-à-dire outrager et blasphémer le Verbe fait chair ; le calomnier dans sa divinité, dans son Incarnation, dans sa véracité, dans sa puissance, dans sa sagesse, dans sa justice, dans sa bonté, dans ses miracles et dans ses bienfaits ; calomnier l'Église son épouse ; la calomnier dans son infaillibilité, dans son autorité, dans ses droits, dans ses préceptes, dans ses œuvres, dans ses ministres, dans ses enfants ; provoquer ainsi la haine et le mépris du Verbe incarné et de tout ce qui lui appartient : telle est, l'histoire le prouve, l'incessante occupation du Roi de la Cité du mal.

Il est appelé Satan, Satanas. Ce dernier nom résume tous les autres. Satan veut dire adversaire, ennemi. Ennemi de Dieu, ennemi des anges, ennemi de l'homme, ennemi de toutes les créatures ; ennemi infatigable, implacable, nuit et jour sur pied, et à qui tous les moyens sont bons ; ennemi par excellence qui, réunissant en lui toutes les puissances hostiles avec leur ruse et leur force, les met au service de sa haine : tel est l'Archange déchu.

En présence d'un pareil ennemi, la présomptueuse ignorance peut seule demeurer insouciante et désarmée. Autres sont les pensées du génie ; autre est sa conduite. Toujours marcher couvert de l'armure divine, qui seule peut le mettre à l'abri des traits enflammés de Satan, est sa sollicitude du jour et sa préoccupation de la nuit.

Faisons notre profit des avertissements qu'une terreur trop justifiée inspirait à saint Augustin : « Quoi de plus pervers, quoi de plus malfaisant que notre ennemi ? Il a mis la guerre dans, le ciel, la fraude dans le paradis terrestre, la haine entre les premiers frères ; et dans toutes nos œuvres, il a semé la zizanie. Voyez : dans le manger il a placé la gourmandise ; dans la génération, la luxure ; dans le travail, la paresse ; dans les richesses, l'avarice ; dans les rapports sociaux, la jalousie ; dans l'autorité, l'orgueil ; dans le cœur, les mauvaises pensées ; sur les lèvres, le mensonge, et dans nos membres des opérations coupables. Éveillés, il nous pousse au mal ; endormis, il nous donne des songes honteux. Joyeux, il nous porte à la dissolution ; tristes, au découragement et au désespoir. Pour tout dire d'un seul mot : tous les péchés du monde sont un effet de sa perversité. (Serm, comm., IV) »

Sa haine va plus loin. De même que le Verbe incarné approprie sa grâce à la nature, à la position et aux besoins de chacun ; de même Satan, profitant de sa pénétration, diversifie ses poisons, suivant la disposition particulière de chaque âme. Écoutons encore un autre grand génie : « Le rusé Serpent, dit saint Léon, sait à qui il doit présenter l'amour des richesses ; à qui les attraits de la gourmandise ; à qui les excitations de la luxure ; à qui le virus de la jalousie. Il connaît celui qu'il faut troubler par le chagrin ; celui qu'il faut séduire par la joie ; celui qu'il faut abattre par la crainte ; celui qu'il faut fasciner par la beauté. De tous il discute la vie, démêle les sollicitudes, scrute les affections, et où il voit la préférence de chacun, là il cherche une occasion de nuire (Serm. VIII, de Nativ). »

Tel est Satan, l'Archange déchu, le Roi de la Cité du mal.





Lire "Traité du Saint Esprit" (Tome 1, Tome II)


Lire aussi "Traité de l'Enfer" de Sainte Françoise Romaine, "Abrégé de démonologie", "La bataille préliminaire" et "La personnalité de l'Ante-Christ" de Jean Vaquié, et "La conjuration antichrétienne" de Mgr Delassus.






Reportez-vous à Les princes de la Cité du Mal, État religieux et moral de l'univers au temps de l'établissement du Christianisme, Comment Satan a égaré l’humanité dans ses voies, après lui avoir fait perdre la connaissance du vrai Dieu : magie naturelle, magie noire, idolâtrie, divination, mystères et sociétés secrètes, La réalité des apparitions démoniaques, La terre se couvrit de ronces et d'épines, La communication de Satan avec l'homme, Histoire de la possession des Ursulines de Loudun, et des peines du Père Surin (1/4), Histoire religieuse des deux cités, Satan veut déformer l'homme afin d'effacer en lui l'image de Dieu, Quand les dieux du paganisme avouent qu'ils ne sont que des démons, Les efforts incessants de Satan pour se reformer une Cité, Le retour du règne de Satan par la négation du dogme de l'Incarnation, Résultats du spiritisme : la folie et le suicide - Dernier obstacle à l'envahissement satanique : la papauté, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Par quelles armes battre le Tentateur ?, Un signe des temps : Le siècle de Saint Vincent Ferrier et Notre-Dame de Lourdes, Discernement des esprits, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Et le Dragon persécuta la femme qui enfanta le fils, Culte de la pierre, de l'arbre, de la source : traditions et origines magiques de ces dieux, Neuvaine de protection contre les attaques de magie, Traité de l'Enfer de Sainte Françoise Romaine, Le Diable existe-t-il ?, L'existence du surnaturel et du surhumain, Les pièges du Diable, Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du Diable, Satan est présent dans votre vie !, La fraude : ce par quoi le Démon vous appâte, En union de prière face aux forces démoniaques et aux actes de sorcellerie, Transport aérien des corps, voyages des âmes, pérégrinations animiques et bilocations, Les Anges, princes et gouverneurs de la grande Cité du bien, Symptômes de possession ou infestation démoniaques, Phénomènes possibles en cas de possession et signes de délivrance, Message de Notre-Dame de la Salette et La possession démoniaque est une grâce !












Méditation : Perfection que Jésus exige de ses disciples (Suite du sermon sur la montagne)


Les pharisiens questionnent Jésus (James Tissot)



PERFECTION QUE JÉSUS EXIGE DE SES DISCIPLES


Si votre justice n'est plus abondante que celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Vous ne tuerez point ; ... mais moi je vous dis que quiconque se mettra en colère contre son frère méritera d'être condamné... (Matth. 5, 20-22).



I. Point. — Les vertus d'un Chrétien doivent être solides et pures.

Si votre justice n'est plus abondante que celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. La vertu des pharisiens n'était, comme nous l'avons déjà médité, qu'une apparence de vertu ; leur intérieur démentait devant Dieu les beaux dehors qu'ils affectaient aux yeux des hommes ; ce caractère d'hypocrisie est trop odieux, pour qu'il y ait lieu de craindre que nous l'imitions ; mais peut-être ne sommes-nous pas aussi entièrement exemptes d'une autre disposition qui ne contribuait pas peu à rendre leurs actions défectueuses devant Dieu ; les pharisiens étaient guidés en tout par des considérations humaines ; ils cherchaient dans ce qu'ils faisaient, l'estime et les louanges des hommes ; ils étaient pleins de leur propre excellence et méprisaient les autres : c'est de cette funeste disposition d'orgueil que nous avons à nous défendre ; elle nous est si naturelle que, si nous cessons tant soit peu de veiller sur nous-mêmes, elle se glisse dans nos meilleures œuvres pour les corrompre en tout ou en partie, et les rendre par là indignes des récompenses célestes. Ô mon Dieu ! ne permettez pas que je me fasse illusion sur mes motifs, dans le peu de bien que je fais ; apprenez-moi à démêler le secret mélange d'orgueil qui s'y glisse trop souvent, afin que travaillant à m'en défaire, j'agisse toujours devant vous avec des intentions droites et pures.


II. Point. — Les disciples de Jésus-Christ doivent surtout se distinguer par une charité parfaite.

Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : vous ne tuerez point : et moi je vous dis que quiconque se mettra en colère contre son frère, méritera d'être condamné (Matth. 5, 21-22). Le Fils de Dieu n'est pas venu sur la terre pour détruire la loi ancienne, mais pour la perfectionner, comme il le dit lui-même, et procurer aux hommes, affaiblis par leur corruption originelle, les grâces abondantes nécessaires pour l'accomplir ; il veut donc que ses disciples surpassent autant en perfection les enfants d'Israël, que la nouvelle loi l'emporte en excellence sur la loi judaïque ; mais c'est surtout sur la charité fraternelle, que ce Dieu qui est tout amour insiste particulièrement ; après avoir déclaré que, se laisser aller à la colère contre le prochain est un crime à ses yeux, il va jusqu'à dire : si étant sur le point, de présenter votre offrande à l'autel, vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, laissez là votre offrande devant l'autel, et allez premièrement vous réconcilier avec votre frère (Matth. 5, 23-24), nous faisant comprendre par là que Dieu ne peut avoir pour agréables la prière ni les sacrifices d'un cœur ulcéré par la haine. Ô mon Jésus ! si ces préceptes de charité et d'union s'adressent à tous les chrétiens, combien plus ne me regardent-ils pas, moi l'enfant de votre Cœur adorable ! Ne permettez donc pas, ô mon Sauveur, que je m'en écarte jamais ; donnez-moi un cœur saintement délicat, qui soit sans cesse prêt à pardonner les injures reçues et même à prévenir ceux qui l'auront offensé ; afin que tout le monde reconnaisse en moi votre enfant et votre disciple.


Extrait de « Méditations selon la méthode de Saint Ignace » (Tome II).





Pratique : Si quelqu'un nous offense, pardonner de bon cœur, et faire, si cela se peut, les premières démarches de réconciliation. — Agir en tout avec l'intention très pure de ne plaire qu'à Dieu seul.






Reportez-vous à Sœur Benigna, petite secrétaire de l'amour de Dieu : Décalogue de la plus haute perfection (5/9), Méditation sur la nécessité des progrès dans la vertu, Si je n'ai pas la Charité, je n'ai rien, Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolésBienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des Cieux est à eux, Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre, Bienheureux ceux qui sont miséricordieux, Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, Bienheureux les pacifiques, Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, Jésus maudit ce que le monde estime, Vous êtes le sel de la terre, Vous êtes la lumière du monde, Châtiment du scandale, récompense du zèle, Préceptes sur la charité envers le prochain, Perfection à laquelle nous devons tendre, Soin de cacher les bonnes œuvres, Que votre nom soit sanctifié, Que votre règne arrive, Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour, Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, Ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal, Demandez et vous recevrez, Les œuvres de miséricorde, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir et Phénomènes possibles en cas de possession démoniaque et signes de délivrance.













jeudi 29 septembre 2016

Cum ex apostolatus officio, Bulle de Sa Sainteté le Pape Paul IV





CUM EX APOSTOLATUS OFFICIO


Bulle de Sa Sainteté le Pape Paul IV


déclarant nulle et non avenue la nomination au suprême pontificat


d'un prélat coupable d'hérésie


(15 février 1559)




La charge apostolique, à Nous confiée par Dieu malgré notre indignité, nous impose le soin général du troupeau du Seigneur. Pour le garder dans la foi et le conduire dans la voie du salut, Nous devons, en Berger attentif, veiller sans cesse et pourvoir soigneusement à écarter de la bergerie du Seigneur ceux qui, à notre époque, livrés aux péchés, confiant en leurs propres lumières, s'insurgent avec une rare perversité contre la règle de la vraie foi et, faussant la compréhension des saintes Écritures par des arguties subtiles et vaines, méditent de déchirer l'unité de l'Église catholique et la tunique sans couture du Seigneur : s'ils dédaignent d'être disciples de la vérité, ils ne doivent pas continuer à enseigner l'erreur.

§ 1. — Devant la situation actuelle si grave et si dangereuse, il ne faut pas que l'on puisse reprocher au Pontife romain de dévier de la foi. Il est sur terre le Vicaire de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; il a la plénitude de l'autorité sur les nations et les royaumes, il est le juge universel et n'a à être jugé par personne ici-bas.
D'ailleurs, plus le danger est grand, plus la vigilance doit être entière et attentive, pour que les faux prophètes, ou même d'autres hommes, revêtus d'une juridiction séculière, ne puissent prendre lamentablement dans leurs filets les âmes simples et entraîner avec eux à la perdition et à la ruine de la damnation les peuples innombrables confiés à leur soin et à leur direction, au spirituel comme au temporel ; et aussi pour que jamais Nous ne soyons témoin dans le lieu saint de l'abomination de la désolation annoncée par le prophète Daniel, alors que Nous désirons de tout notre pouvoir avec l'aide de Dieu, selon notre charge pastorale, capturer les renards qui s'ingénient à saccager la vigne du Seigneur et écarter les loups des bergeries, afin de ne pas ressembler à des chiens muets incapables d'aboyer, ni Nous perdre avec les mauvais agriculteurs, ni être comparé à un mercenaire.

§ 2. — Après mûre délibération à ce sujet avec nos vénérables frères les Cardinaux de la sainte Église romaine, sur leur conseil et avec leur assentiment unanime, de par notre autorité apostolique, Nous approuvons et renouvelons toutes et chacune des sentences, censures et peines d'excommunication, suspense, interdit et privation et autres qu'ont portées et promulguées, de quelque façon que ce soit, contre les hérétiques et les schismatiques tous les Pontifes romains, nos Prédécesseurs — ou tenus pour tels —, jusque par leurs lettres extravagantes ou les saints Conciles admis par l'Église de Dieu, ou les décrets et statuts des Saints Pères ou les saints Canons, Constitutions et Ordonnances apostoliques.
Et Nous voulons qu'elles soient observées à perpétuité et remises en pleine vigueur, si besoin en est, et qu'elles le demeurent. Elles s'appliquent aussi à tous ceux qui, jusqu'ici, auront été pris sur le fait, auront avoué ou auront été convaincus d'avoir dévié de la foi catholique ou d'être tombés en quelque hérésie ou d'avoir encouru le schisme ou de l'avoir suscité ou commis. Elles s'appliquent encore (mais Dieu veuille l'empêcher dans sa clémence et sa bonté envers nous) à ceux qui, à l'avenir, dévieront soit en tombant dans l'hérésie ou en encourant le schisme, soit en les suscitant ou en les commettant, qu'on les prenne sur le fait, qu'ils avouent ou qu'on les en convainque.
Quels que soient leurs état, rang, ordre, condition et dignité, Évêque, Archevêque ; Patriarche, Primat ou autre dignitaire ecclésiastique supérieur, Cardinal et Légat perpétuel ou temporaire du Siège Apostolique, où que ce soit, quelle que soit également leur autorité ou dignité dans le monde, Comte, Baron, Marquis, Duc, Roi, Empereur : qui que ce soit parmi eux Nous voulons et décrétons qu'il encoure les sentences, censures et peines susdites.

§ 3. — Et ne considérant pas moins qu'il convient de détourner du mal par la crainte des peines ceux qui ne s'en abstiennent pas par amour de la vertu et que les Évêques, Archevêques, Patriarches, Primats, Cardinaux, Légats, Comtes, Barons, Marquis, Ducs, Rois et Empereurs, chargés d'instruire les autres et leur donner le bon exemple pour les garder dans la foi catholique, pèchent plus gravement en prévariquant (ils se perdent eux-mêmes, mais aussi entraînent avec eux à la perdition et à l'abîme de la mort d'innombrables peuples confiés à leur soin et à leur autorité, ou soumis à eux par ailleurs) ; sur un semblable conseil et assentiment des Cardinaux, en vertu de cette Constitution nôtre valide à perpétuité, par haine d'un si grand crime, le plus grave et pernicieux possible dans l'Église de Dieu, dans la plénitude de notre pouvoir apostolique, Nous décidons, statuons, décrétons et définissons que les sentences, censures et peines susdites gardant toute leur force et leur efficacité, avec leurs effets, tous et chacun des Évêques, Archevêques, Patriarches, Primats, Cardinaux, Légats, Comtes, Barons, Marquis, Ducs, Rois et Empereurs qui à ce jour, comme il est déclaré ont dévié et sont tombés dans l'hérésie ou ont encouru le schisme, ont été pris à les susciter ou les commettre, qu'ils soient pris sur le fait, qu'ils avouent ou qu'ils en soient convaincus, vu que leur crime les rend plus inexcusables que les autres, outre les sentences, censures et peines susdites, seront par là-même, sans aucun recours au droit ou au fait, privés de leurs églises cathédrales, métropolitaines, patriarcales, primatiales, de leur dignité cardinalice, de toute charge de Légats, comme aussi de toute voix active et passive, avec ou sans charge, qu'ils soient séculiers ou réguliers de tous Ordres, qu'ils auraient obtenus par concessions et dispensations apostoliques, comme titulaires, commendataires, administrateurs, ou de toute autre manière, en lesquels ou sur lesquels ils jouiraient de quelque droit ; ils seront privés également de tous les fruits, rentes et produits annuels à eux assignés et réservés ; de même, les Comtes, Barons, Marquis, Ducs, Rois et Empereurs en seront privés radicalement, totalement, perpétuellement.
Par ailleurs, tous ces gens seront considérés comme inaptes et impropres à de telles fonctions, comme des relaps et des subversifs, en tout et pour tout, comme s'ils avaient abjuré publiquement une telle hérésie ; jamais, à aucun moment, ils ne pourront être restitués, replacés, réintégrés et réhabilités en leur précédent état, en leurs églises cathédrales, métropolitaines, patriarcales, primatiales, en leur dignité cardinalice, ou quelque autre dignité majeure ou mineure, en leur voix active ou passive, en leur autorité, leurs monastères et bénéfices, leurs comtés, baronnies, marquisats, duchés, royaumes et empires ; bien plus, ils seront abandonnés à la décision du pouvoir séculier pour subir leur juste punition, à moins que, montrant les signes d'un vrai repentir et les fruits d'une pénitence proportionnée, ils ne soient, par bonté et clémence du Saint-Siège lui-même, relégués dans quelque monastère ou autre lieu régulier, pour s'y livrer à une pénitence perpétuelle, nourris du pain de la douleur et abreuvés de l'eau de l'affliction.
Ils seront considérés, traités et réputés comme relaps et subversifs par tous, de quelque état, rang, ordre, condition et prééminence qu'on soit, et de quelque dignité, même épiscopale, archiépiscopale, patriarcale, primatiale ou autre dignité ecclésiastiques même la dignité cardinalice ; ou encore, de quelque autorité séculière et excellence qu'on soit revêtu Comte, Baron, Marquis, Duc, Roi ou Empereur : comme tels, on devra les éviter et les priver de toute consolation humaine.

§ 4. — Ceux qui prétendront avoir un droit de patronage ou de nomination de personnes aptes à gouverner des églises cathédrales, métropolitaines, patriarcales, primatiales, ou des monastères et autres bénéfices ecclésiastiques devenus vacants par ces privations, pour ne pas les exposer aux inconvénients d'une longue vacance après les avoir arrachés à l'esclavage des hérétiques, et afin de les confier à des personnes aptes à diriger fidèlement les peuples dans les voies de la justice, ceux-là devront présenter les dites personnes aux églises, monastères et autres bénéfices dans les limites du temps fixé par le droit canonique ou des contrats particuliers, ou statué en accord avec le Saint-Siège ; de même ils seront tenus de les présenter à Nous-mêmes ou au Pontife romain alors régnant ; sinon, le laps de temps écoulé, la pleine et libre disposition des églises, monastères et bénéfices susdits reviendra de plein droit à Nous et au Pontife romain susdit.

§ 5. — En outre, quiconque prendra sur lui, sciemment et de quelque manière que ce soit, d'accueillir, défendre, favoriser ou croire les coupables arrêtés sur aveux ou preuves d'hérésie, ou encore d'enseigner leurs erreurs, celui-là encourra, du fait même, une sentence d'excommunication. Il deviendra hors la loi : il ne pourra participer ni oralement, ni en acte, ni par écrit, ni par délégation ou procuration, aux fonctions publiques ou privées, Conseils, Synodes, Concile général ou provincial, Conclave des Cardinaux, assemblée des fidèles, élections, témoignage en justice. Il n'y sera point admis.
De plus, il sera inapte à tester, à hériter et personne ne sera contraint de répondre pour lui en aucune affaire. S'il est juge, ses sentences n'auront aucune valeur et nulle cause ne pourra être soumise à son jugement ; s'il est avocat, son patronage ne sera nullement accepté ; s'il est notaire, ses actes n'auront aucune portée, aucune importance.
De plus, les clercs seront privés de toutes et chacune de leurs églises, même cathédrales, métropolitaines, patriarcales et primatiales, de leurs dignités, de leurs monastères, de leurs bénéfices et fonctions ecclésiastiques, même obtenus, comme il est dit, régulièrement. Eux-mêmes, comme les laïcs, bien que revêtus régulièrement des dignités susdites, seront privés, même en possession régulière, ipso facto, de tout royaume, duché, domaine, fief et autres biens temporels ; leurs royaumes, duchés, domaines, fiefs et autres biens de cette sorte seront confisqués et deviendront propriété publique ; de droit, ils appartiendront au premier acquéreur si celui-ci, avec une foi sincère, se trouve uni à la sainte Église romaine, sous notre obédience ou celle de nos successeurs, les Pontifes romains canoniquement élus.

§ 6.Nous ajoutons que si jamais il advient qu'un Évêque, même ayant fonction d'Archevêques, de Patriarche ou de Primat ; qu'un Cardinal de l'Église romaine, même Légat, qu'un Souverain Pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au Cardinalat ou au Souverain Pontificat, ont dévié de la foi catholique ou sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l'élévation — même si cette dernière a eu lieu dans l'entente et avec l'assentiment unanime de tous les Cardinaux — est nulle, non avenue, sans valeur et on ne pourra dire qu'elle est devenue valide ou qu'elle devient valide parce que l'intéressé accepte la charge, reçoit la consécration ou ensuite entre en possession ou quasi-possession du gouvernement et de l'administration, ou par l'intronisation du Pontife romain lui-même ou par l'adoration devant lui ou par la prestation d'obéissance à lui rendue par tous ou par quelque laps de temps écoulé pour ces actes : on ne pourra la tenir pour légitime en aucune de ses parties et elle ne confère ni ne peut être censée conférer quelque pouvoir d'administration au spirituel ou au temporel à de tels hommes promus Évêques, Archevêques, Patriarches ou Primats, ou élevés au Cardinalat ou au Souverain Pontificat.
Tous leurs dits, faits et gestes, leur administration et tout ce qui en découle, tout est sans valeur et ne confère aucune autorité, aucun droit à personne. Ces hommes ainsi promus et élevés seront par le fait même, sans qu'il faille quelque déclaration ultérieure, privés de toute dignité, place, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir, même si tous et chacun de ces hommes n'a dévié de la foi, tombant dans le schisme ou l'hérésie, qu'après son élection légitime, soit en le suscitant, soit en l'embrassant.


§ 7.Les sujets tant clercs séculiers et réguliers que laïcs, y compris les Cardinaux qui auraient participé à l'élection du Pontife romain déjà hors de la foi catholique par hérésie ou schisme, ou qui y auraient consenti et qui lui auraient accordé l'obéissance et fait hommage ; le personnel du Palais, les préfets, capitaines et autres officiers de notre Ville-Mère et de tout l'État ecclésiastique ; ceux qui se seraient liés et obligés par hommage, serment, engagement envers ces hommes promus et élevés pourront toujours se dégager impunément de l'obéissance et du service envers eux et les éviter comme des magiciens, païens, publicains, hérésiarques ; ces mêmes sujets pourront néanmoins demeurer attachés à la fidélité et à l'obéissance des futurs Évêques, Archevêques, Patriarches, Primats, Cardinaux et du Pontife romain entrant canoniquement en fonction : s'ils veulent continuer à gouverner et à administrer, pour une plus grande confusion de ces hommes ainsi promus et élevés, ils pourront faire appel contre eux au bras séculier et si à cette occasion ils se retirent de la fidélité et de l'obéissance envers ces hommes promus et élevés, ils n'encourront pas, comme ceux qui déchirent la tunique du Seigneur, la vengeance de quelque peine ou censure.

§ 8. Nonobstant les décisions et dispositions apostoliques, ou encore les privilèges, indults et écrits apostoliques qui auraient été donnés à de tels, fût-ce des décrets, des motu proprio ou tout consistoire ou encore tout autre moyen mis en œuvre : approbations répétées et renouvelées, insertion dans le corps des lois ecclésiastiques, chapitres des conclaves, serment, confirmation apostolique ou toute autre confirmation, eût-elle été corroborée par serment par nous-même !
Toutes les choses accordées à ceux qui ont été mentionnés expressément plus haut, nous les supprimons seulement et spécialement pour ces cas-là, sans que quiconque puisse y opposer quoi que ce soit.

§ 9. Mais pour que le présent écrit arrive à la connaissance de tous les intéressés, nous voulons que l'original — ou une copie signée par la main d'un notaire public et authentifiée par le sceau d'un dignitaire ecclésiastique ; nous déterminons que l'on doit y ajouter foi — soit publié et affiché par quelques-uns de nos hérauts — aux portes de la basilique du prince des apôtres — à la chancellerie apostolique, — et aussi au bord du Campo dei Fiori, et qu'une copie y soit laissée affichée. La publication et l'affichage et le fait d'y laisser une copie affichée suffisent et doivent être tenus pour solennels et légaux ; il n'y a aucune autre publication à réclamer ou à attendre.

§ 10. En conséquence, il ne sera permis à aucune personne d'enfreindre ce texte de notre approbation, innovation, sanction, statut, dérogation, volonté et décret avec une téméraire audace. Si quelqu'un avait la présomption de le tenter, qu'il sache que cela lui fera encourir l'indignation de Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul.


Donné à Rome, à St. Pierre, en la mille cinq cent cinquante-neuvième année de l'Incarnation du Seigneur, le 15 des calendes de mars, en la quatrième année de notre pontificat (15 février 1559).


Moi, PAUL IV, évêque de l'Église catholique.

LE SEIGNEUR EST MON AUXILIAIRE.



Nous terminerons notre étude sur le « mystère d’iniquité » par une note d’espoir. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus appréciait énormément un livre rédigé par le chanoine Arminjon, intitulé : "Fin du monde présent et mystères de la vie future". On y trouve cette phrase : « Au moment où la tempête sera plus violente, où l’Église sera sans pilote, où le sacrifice non sanglant aura cessé en tout lieu, où tout semblera humainement désespéré, on verra, dit saint Jean, surgir deux témoins. L’un est Énoch, trisaïeul de Noé, l’ancêtre en ligne directe de tout le genre humain. L’autre est Élie ». Nous sommes, à l’heure actuelle, privés de « pilote », mais il nous reste la consolation de savoir que bientôt, Énoch et Élie nous viendront en aide. Extrait de Mystère d'iniquité.

L’apôtre saint Jean, dans sa vision d’avenir inspirée par Dieu, vit une bête, symbole de la Contre-Église, qui allait éclipser la véritable Église à la fin des temps. « Je vis encore s’élever de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles de l’agneau ; mais elle parlait comme le dragon » (Apocalypse XIII, 11).  
Saint Césaire, évêque d’Arles (v. 470-542/543), fit le commentaire suivant de ce passage : "« Et elle avait deux cornes comme celles de l’agneau », c’est-à-dire les deux Testaments à l’image de l’agneau, qui est l’Église. « Et elle parlait comme le dragon ». Celle qui, chrétienne seulement par le nom, présente l’agneau pour répandre secrètement les poisons du dragon, C’EST L’ÉGLISE HÉRÉTIQUE ; en effet, elle n’imiterait pas la ressemblance de l’agneau, si elle parlait ouvertement. Elle feint maintenant l’esprit chrétien, afin de tromper plus sûrement les imprudents ; c’est pour cela que le Seigneur a dit : « Méfiez-vous des faux prophètes » (Matthieu VII, 15)" (Saint Césaire d’Arles : Exposé sur l’Apocalypse). Extrait de
Mystère d'iniquité.

Saint Vincent Ferrier (1350-1419) vécut à l’époque du grand schisme d’Occident, où sévissaient plusieurs faux papes. Selon saint Vincent, un faux pape est une idole, et faire obédience à une telle idole équivaut à un acte d’idolâtrie. « Le pape légitime est le père universel des chrétiens, et l’Église en est la mère. Aussi, en prêtant obéissance à quelqu’un qui n’est pas pape et en lui attribuant les honneurs papaux, on transgresse le premier précepte de la première table, en lequel il est ordonné : « Tu n’auras point de dieux étrangers, ni d’idole, ni de statue, ni aucune figure de ce qui est dans le ciel » (Deutéronome V, 7 - 9). Or qu’est-ce qu’un faux pape, sinon un dieu étranger en ce monde, une idole, une statue, une image ou représentation fictive du Christ ? » (Saint Vincent Ferrier : Traité du schisme moderne, partie 1, ch. 3) - Extrait de Mystère d'iniquité.




Information : Les papes qui ont pris le Siège de Pierre après 1958 étant tous hérétiques (n'étant donc pas Papes) et à la solde de la franc-maçonnerie, ont levé la peine d'excommunication encourue. Chacun peut ainsi faire les conclusions qui s'imposent. Nous vous invitons à la plus grande prudence. Voir cette vidéo sur la Bulle de Paul IV.


Lire cet article sur la Bulle de Paul IV, Mystère d'iniquité, Analyse logique de la thèse Cassiciacum, et cet article en hommage au dernier vrai Pape, Pie XII.


Consultez ce site !


Écoutez ce sermon sur l’Église visible du Christ, Restons d’Église, ce sermon à écouter jusqu'au bout pour bien comprendre, et La gnose, tumeur au sein de l’Église.


Lire "La conjuration antichrétienne" de Mgr Delassus et Étude sur Vatican II.



Pratique : Étudiez le Magistère de l’Église catholique jusqu'à Pie XII (Infaillible).




Reportez-vous à Apostolicae curae du Pape Léon XIII, sur les ordinations anglicanes, Seconde constitution dogmatique du Concile Vatican I, sur l'infaillibilité pontificale et la primauté du Pape, Litanies des Saints Pères et Saints Docteurs de l’Église, In eminenti du Pape Clément XII, première condamnation de la franc-maçonnerie, Bulle Providas romanorum du Pape Benoît XIV, Ecclesiam a Jesu Christo du Pape Pie VII, Prière pour la conversion des francs-maçons et Lettre encyclique du Pape Léon XIII, Qui pluribus du Pape Pie IX, Mirari vos du Pape Grégoire XVI, Bulle de Sixte-Quint sur la création des cardinaux, Libertas Praestantissimum du Pape Léon XIII, Diuturnum Illud du Pape Léon XIII, sur l'origine du pouvoir civil, Mortalium animos du Pape Pie XI, Saint Pie X, côté mystique d'une élection papale, Editae saepe Dei du Pape Pie X, sur Charles Borromée, Acerbo Nimis du Pape Pie X, Litanie de Saint Pie X, Vi ringrazio du Pape Pie X, Immortale Dei du Pape Léon XIII, Notre charge apostolique du Pape Pie X, Pascendi du Pape Pie X, Quo Primum tempore du Pape Saint Pie V, Décret Lamentabili du Pape Pie X, Spiritus paraclitus du Pape Benoît XV, L’œuvre de Dom Jean de Monléon, Le progrès religieux, Lettre encyclique Humani generis du Pape Pie XII, Testem benevolentiae du Pape Léon XIII, Aeterni Patris du Pape Léon XIII, Nostis et nobiscum du Pape Pie IX, Quanta cura du Pape Pie IX, Multiplices inter du Pape Pie IX, Syllabus du Pape Pie IX, Par quelles armes battre le Tentateur ? et Inimitiés entre les enfants de Marie et les esclaves du diable.
















Méditation : Châtiment du scandale, récompense du zèle (Suite du sermon sur la montagne)


Image de l'enfer dans l'Hortus Deliciarum




CHÂTIMENT DU SCANDALE, RÉCOMPENSE DU ZÈLE.

Celui qui violera l'un des moindres commandements de la Loi, et qui apprendra aux autres à le violer, sera regardé dans le royaume des cieux comme le dernier (c'est-à-dire en sera exclu selon le sentiment de la plupart des interprètes), mais celui qui fera et enseignera sera grand dans le royaume des Cieux (Matth. 5. 19).



I. Point. — C'est affliger sensiblement le divin Cœur de Jésus, que de détourner les âmes de son service.

Celui qui violera l'un des moindres commandements, ou qui apprendra aux autres à le violer, sera regardé dans le royaume des Cieux comme le dernier. C'est causer une grande peine au Cœur de notre divin Maître que de nous détourner de l'observation de sa loi sainte ; mais c'est le blesser d'une manière bien plus cruelle encore que d'entraîner les autres dans cette transgression. Or cela peut se faire de, plusieurs manières : les impies et les mauvais chrétiens le font ouvertement en tournant la vertu en ridicule et en blâmant ceux qui la pratiquent ; une personne qui fait profession d'être à Dieu, peut le faire aussi, et même d'une manière plus dangereuse encore par son exemple, s'il n'est pas tel qu'on a droit de l'attendre. Les grâces nombreuses que nous avons reçues du Seigneur, l'honneur que nous avons de lui appartenir, nous obligent donc à une grande vigilance sur nous-mêmes ; les manquements d'une personne mondaine ne sont point aperçus, il est si naturel de la voir agir selon ses principes ! Il n'en est pas de même d'une personne pieuse ou qui passe pour telle ; les sujets de mauvaise édification qu'elle donne font décrier la religion, autorisent les personnes relâchées, deviennent une pierre d'achoppement pour ceux qui sont faibles ou peu instruits, et ainsi, au lieu de travailler comme elle le devait à étendre le royaume de Dieu, elle seconde les entreprises de Satan ; quelle indignité ! Le Cœur de Jésus l'honorait d'une affection particulière, il le lui avait prouvé par une infinité de grâces de choix, et elle le blesse dans l'endroit qui lui est le plus sensible ; quelle ingratitude ! Ne permettez pas, ô mon Dieu, qu'une telle conduite soit jamais la mienne ; affermissez de plus en plus mon cœur dans la résolution qu'il a formée devant vous d'être pour tout le monde un sujet d'édification, et de travailler ainsi à l'avènement de votre règne.


II. Point. — De grandes récompenses sont promises à ceux qui aideront les âmes à se sauver.

Celui qui fera et enseignera sera grand dans le royaume des cieux. Pour connaître quelle est la plénitude de bonheur et de gloire que le Cœur de Jésus réserve à ceux qui, pendant leur vie, se seront efforcés de conduire des âmes au Ciel, il faudrait comprendre l'ardeur de son amour et l'étendue de son zèle. Procurer à une âme, rachetée au prix de son sang adorable, les moyens d'éviter l'enfer et de parvenir au salut, c'est en un sens faire plus pour ce Cœur aimant que si on lui eût épargné les tourments de sa passion et sa mort douloureuse, puisque l'Église nous enseigne qu'il serait prêt, si cela était nécessaire, à mourir autant de fois qu'il y a d'âmes à sauver, préférant mille fois leur salut à sa propre vie. Y a-t-il lieu de s'étonner après cela qu'il promette de si magnifiques récompenses à ceux qui voudront s'employer à une œuvre qui lui est si chère ? Est-ce trop pour eux d'espérer non seulement le prix du bien qu'ils auront fait, mais encore celui qui de proche en proche, et même de génération en génération, en découlera comme de sa source et de sa cause première ? Non sans doute, on ne peut ici se tromper qu'en restant au-dessous de la réalité, puisque nos conceptions sont bornées, que l'amour de Jésus est infini ; et c'est cet amour qui le guidera dans la distribution de ses divines récompenses. Quel sujet d'encouragement ! Oui, mon Jésus, je veux travailler à vous faire aimer en vous faisant connaître ; tous les motifs s'unissent pour m'y engager ; mais le plus puissant sur mon cœur est celui d'une vive reconnaissance ; c'est en m'employant toute entière à vous gagner ces âmes qui vous sont si chères, que je reconnaîtrai les bienfaits innombrables dont vous m'avez comblée.



Extrait de « Méditations selon la méthode de Saint Ignace » (Tome II).






Pratique : Nous renouveler aujourd'hui dans l'ardeur et l'exactitude à bien nous acquitter des œuvres de zèle que nous avons entreprises, comme d'instruire les pauvres, de prier pour les pécheurs, etc.










Reportez-vous à Prière pour demander le salut des pécheurs, Méditation sur le péché de scandale considéré dans ceux qui sont spécialement obligés d'édifier le prochain par leurs bons exemples, Méditation sur l'état de tiédeur, Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés, Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des Cieux est à eux, Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre, Bienheureux ceux qui sont miséricordieux, Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, Bienheureux les pacifiques, Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, Jésus maudit ce que le monde estime, Vous êtes le sel de la terre, Vous êtes la lumière du monde, Perfection que Jésus exige de ses disciples, Préceptes sur la charité envers le prochain, Perfection à laquelle nous devons tendre, Soin de cacher les bonnes œuvres, Que votre nom soit sanctifié, Que votre règne arrive, Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour, Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, Ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal, Méditation pour le vingt-deuxième jour de décembre, Les œuvres de miséricorde, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir et Phénomènes possibles en cas de possession démoniaque et signes de délivrance.














mercredi 28 septembre 2016

Les Anges, princes et gouverneurs de la grande Cité du bien



Extrait de "Traité du Saint Esprit" de Mgr Gaume :



Princes et gouverneurs de la grande Cité du bien, à laquelle se rapporte tout le système de la création, les anges, dans l'ordre matériel, président au mouvement des astres, à la conservation des éléments et à l'accomplissement de tous les phénomènes naturels, qui nous réjouissent ou qui nous effrayent. Entre eux est partagée l'administration de ce vaste empire. Les uns ont soin des corps célestes, les autres, de la terre et de ses éléments ; les autres, de ses productions, les arbres, les plantes, les fleurs et les fruits. Aux autres est confié le gouvernement des vents, des mers, des fleuves, des fontaines ; aux autres, la conservation des animaux. Pas une créature visible, si grande ou si petite qu'elle soit, qui n'ait une puissance angélique chargée de veiller sur elle.
L'homme animal, nous le savons, animalis homo, nie cette action angélique ; mais sa négation ne prouve qu'une chose, c'est qu'il est animal. Pour l'homme qui a l'intelligence, cette action est évidente. Partout où la nature matérielle laisse apercevoir de l'ordre, de l'harmonie, du mouvement, un but ; là, on reconnaît aussitôt une pensée, une intelligence, une cause motrice et directrice. Or, rien dans la nature matérielle ne se fait sans ordre, sans harmonie, sans mouvement, sans but.

(...)

Laissons parler la science : « Grande dignité des âmes, puisque, dès la naissance, chacune a un ange pour la garder ! Avant de naître, l'enfant attaché au sein maternel fait en quelque sorte partie de la mère ; comme le fruit pendant à l'arbre fait encore partie de l'arbre. Il est donc probable que c'est l'ange gardien de la mère, qui garde l'enfant renfermé dans son sein : comme celui qui garde un arbre garde le fruit. Mais, par la naissance, l'enfant est-il séparé de la mère ? Aussitôt un ange particulier est envoyé à sa garde. » (S. Hier, in Matth., c. XVIII; Vig., p. 86.)
Compagnon inséparable de notre vie, l'ange gardien nous suit dans toutes nos voies, nous éclaire, nous défend, nous relève, nous console. Intermédiaire entre Dieu et nous, il intercède en notre faveur, il offre à l'Ancien des jours nos besoins, nos larmes, nos prières, nos bonnes œuvres, comme un encens d'agréable odeur, brûlé dans un encensoir d'or. Sa mission ne cesse pas avec la vie terrestre. Elle dure tant que l'homme n'est pas arrivé à sa fin.
Ainsi, les anges présentent les âmes au tribunal de Dieu, et les introduisent dans le ciel. Si la porte leur en est momentanément fermée, ils les accompagnent au purgatoire, où ils les consolent jusqu'au jour de leur délivrance. Quant à celles qu'un orgueil opiniâtre rend jusqu'à la mort indociles à leurs conseils, les princes de la Cité du bien les abandonnent seulement sur le seuil de l'enfer, brûlant séjour préparé à Satan, à ses anges et à ses esclaves. Comme ils ont présidé au gouvernement du monde, les anges assisteront à son jugement, ils réveilleront les morts et feront la séparation éternelle des élus et des réprouvés.



*Croire que toutes les explications qui précèdent sont le résultat de simples conjectures, plutôt que de connaissances positives, serait une erreur. La science du monde angélique est une science certaine ; certaine parce qu'elle est vraie ; vraie parce qu'elle est universelle. La révélation, la tradition, la raison même de tous les peuples, la connaissent, l'enseignent et la pratiquent. Comme toutes les autres, elle a été rappelée à sa pureté primitive et développée par Notre-Seigneur, dont les enseignements non écrits sont, au témoignage de saint Jean, infiniment plus nombreux que ceux dont l’Évangile nous a transmis la connaissance. Le plus riche dépositaire de ces précieux enseignements fut Marie, et l'on sait que, mère de l'Église et institutrice des apôtres, l'auguste Vierge a parlé très savamment des anges, qu'elle connaissait mieux que personne.
À son tour, Paul, qu'on peut appeler l'apôtre des anges, dont il énumère tous les ordres, Paul, ravi au troisième ciel, n'est pas sans avoir rapporté sur la terre une connaissance profonde de ce qu'il avait vu, non pour lui, mais pour l'Église. Son illustre disciple, saint Denis, est, en effet, le premier d'entre les Pères qui ait donné une description détaillée, savante, sublime, du monde angélique. Fondée sur les Écritures et sur le témoignage des autres Pères, cette description est devenue le point de départ des écrivains postérieurs et, en particulier, le guide de l'incomparable saint Thomas, dans sa magnifique étude du monde angélique. Tels sont les canaux par lesquels est descendue jusqu'à nous la connaissance des anges, de leurs hiérarchies, de leurs ordres et de leurs ministères. Quelle science est plus certaine ?





Lire "Traité du Saint Esprit" (Tome 1, Tome II) et "La dévotion aux neuf Chœurs des saints anges" par M. Boudon.


Reportez-vous à Méditation pour la Fête des saints Anges Gardiens, Méditation pour la Fête de Saint Raphaël Archange, Méditation pour la Fête de Saint Michel et de tous les saints Anges, La réalité des apparitions angéliques, Avoir une dévotion singulière aux Anges, Archanges et Principautés, Honorer principalement les Puissances, les Vertus et les Dominations, Avoir de profonds respects, et des amours extraordinaires pour les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, Litanies de l'Ange Gardien, Et Michel et ses anges combattaient contre le Dragon, Dévotion aux saints anges : les perfections admirables de ces sublimes intelligences, Tous les hommes sont assistés des Saints Anges, Les Saint Anges font tout ce qui se peut faire pour le bien des hommes, Les Saints Anges nous assistent dans les choses temporelles, La protection des saints Anges contre les démons, particulièrement au sujet de leurs différentes tentations, Neuvaine à l'Archange Raphaël, Histoire religieuse des deux cités, Satan veut déformer l'homme afin d'effacer en lui l'image de Dieu, Le roi de la Cité du Mal, La puissance des démons réglée par la sagesse divine, Litanie aux Saints Anges Gardiens, Litanie de Saint Michel, Puissance de Saint Michel au jugement dernier, Secours de Saint Michel à l'heure de la mort, Discernement des esprits, Discours sur l'Assomption de Marie, Litanie de Saint Gabriel et Litanie de Saint Raphaël.



Écoutez cette conférence sur L'action des Esprits.













mardi 27 septembre 2016

Méditation : Vous êtes la lumière du monde (Suite du sermon sur la montagne)





NOUS SOMMES LA LUMIÈRE DU MONDE


Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne, ne peut-être cachée ; et on n'allume point une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur un chandelier, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi, que votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les Cieux (Matth. 5. 14-15).




I. Point. — La lumière est faite pour éclairer.

Vous êtes la lumière du monde. Notre adorable maître a tellement à cœur de nous faire comprendre l'obligation où nous sommes d'édifier tout ce qui nous entoure, qu'il multiplie pour cela les comparaisons. Tâchons de bien nous pénétrer de celle-ci : vous êtes la lumière du monde ; une ville située sur une montagne ne peut être cachée, et on n'allume point une lampe pour la mettre sous le boisseau. Instruite à l'école même de Jésus-Christ, prévenue des plus douces bénédictions de son Cœur adorable, j'ai dû m'éclairer de sa lumière et m'embraser de ses ardeurs ; maintenant le temps est venu où il veut se servir de moi pour communiquer à d'autres les faveurs que j'ai moi-même reçues. Je suis au milieu de ma famille parmi les personnes avec lesquelles ma position me met en rapport, comme une lampe luisante placée sur le chandelier ; ma conduite doit être comme une lumière de vie qui apprenne à tous ceux qui me connaissent, ce que la religion peut communiquer de douceur, de modestie, d'humilité, de patience, de charité tendre et cordiale, et en même temps de générosité, de fermeté, de prudence et de courage, à une âme qu'elle possède. Je ne puis me le dissimuler, le monde a les yeux attachés sur moi ; si je l'édifie, Dieu en sera glorifié ; mais si je démentais mes principes, trahissant lâchement ma conscience pour céder à des considérations humaines, je deviendrai un sujet de scandale aux âmes faibles, je déshonorerais la piété, et n'aurais-je pas alors tout sujet.de craindre que le Seigneur irrité n'éteignit en moi cette lumière dont j'abuserais si indignement ? Ô mon Dieu ! quel compte rigoureux à vous rendre au dernier jour ! non, ce malheur ne m'arrivera pas ; je veux suivre toujours la lumière qui m'est donnée ; je veux que ma conduite, toujours digne de la profession que je fais d'être chrétienne, brille à tous les regards comme une lumière sans tache.


II. Point. — L'exemple de Jésus nous apprend à braver le respect humain.

Un des écueils les plus funestes à la piété est la crainte de ceux que la lumière blesse, parce qu'elle les condamne. Grand nombre de chrétiens sont assez lâches pour démentir par leur conduite la vérité qu'ils reconnaissent dans le fond de leur cœur. Apprenons de Jésus, notre Maître et notre modèle, à surmonter cette puérile crainte. Ce divin Sauveur avait résolu de retourner en Judée où sa vie venait de courir des dangers. Hé quoi ! lui disent ses disciples : il n'y a qu'un moment que les Juifs voulaient vous lapider, et vous parlez déjà de retourner parmi eux ?... Celui qui marche durant le jour, reprend Jésus, ne se heurte point, parce qu'il voit la lumière du monde (Jean.11, 8-9) ; c'est-à-dire : celui qui marche dans la voie droite dont le Seigneur est la lumière, n'a rien à craindre, parce qu'il n'envisage que le seul jugement de Dieu. Il dit ailleurs : il faut que je fasse les œuvres de celui qui m'a envoyé pendant qu'il est jour. (...) Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde (Joan. 9. 4-5). Telle doit être notre générosité à braver les vains jugements d'un monde aveugle pour remplir pleinement notre tâche : la nuit vient dans laquelle personne ne pourra plus rien faire (Joan. 9. 4) ; il faut donc nous hâter pendant le jour de cette vie, qui passe si rapidement, de faire les œuvres de celui qui nous a envoyées sur la terre et qui nous en retirera bientôt pour être lui seul notre juge. Ô mon Dieu ! pénétrez mon âme de ces considérations ; faites-moi mépriser la haine impuissante des oiseaux nocturnes, et avancer de lumière en lumière jusqu'à ce que je sois admise dans le séjour des clartés éternelles.



Extrait de « Méditations selon la méthode de Saint Ignace » (Tome II).





Pratique : Réprimer les saillies de caractère qui pourraient empêcher notre lumière de briller dans tout son éclat au milieu de notre famille. — Nous montrer chrétiens au milieu du monde malgré ses railleries et ses contradictions.









Reportez-vous à Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolésBienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des Cieux est à eux, Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre, Bienheureux ceux qui sont miséricordieux, Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, Bienheureux les pacifiques, Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, Jésus maudit ce que le monde estime, Vous êtes le sel de la terre, Châtiment du scandale, récompense du zèle, Perfection que Jésus exige de ses disciples, Préceptes sur la charité envers le prochain, Perfection à laquelle nous devons tendre, Soin de cacher les bonnes œuvres, Que votre nom soit sanctifié, Que votre règne arrive, Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, Donnez-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour, Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, Ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal, Degrés des vertus qu'on se propose d'acquérir, Méditation pour le lundi de la troisième semaine de Carême, et Phénomènes possibles en cas de possession démoniaque et signes de délivrance.













dimanche 25 septembre 2016

Multiplices inter, Allocution consistoriale de Sa Sainteté le Pape Pie IX






MULTIPLICES INTER


Allocution consistoriale de Sa Sainteté le Pape Pie IX


condamnant la Franc-maçonnerie


(25 septembre 1865)






Vénérables Frères,


Parmi les nombreuses machinations et les moyens par lesquels les ennemis du nom chrétien ont osé s’attaquer à l’Église de Dieu et ont essayé, quoiqu’en vain, de l’abattre et de la détruire, il faut sans doute compter cette société perverse d’hommes, vulgairement appelée « maçonnique », qui, contenue d’abord dans les ténèbres et l’obscurité, a fini par se faire jour ensuite, pour la ruine commune de la religion et de la Société humaine.

Dès que Nos prédécesseurs les Pontifes Romains, fidèles à leur office pastoral, eurent découvert ses embûches et ses fraudes, ils ont jugé qu’il n’y avait pas un moment à perdre pour réprimer par leur autorité, frapper de condamnation et exterminer comme d’un glaive cette secte respirant le crime et s’attaquant aux choses saintes comme aux choses publiques. C’est pourquoi Notre prédécesseur Clément XII, par ses Lettres apostoliques, proscrivit et réprouva cette secte, et détourna tous les fidèles non seulement de s’y associer, mais encore de la propager et de l’encourager de quelque manière que ce fût, sous peine d’encourir ipso facto l’excommunication. Benoît XIV confirma par sa constitution cette juste et légitime sentence de condamnation, et il ne manqua pas d’exhorter les souverains catholiques à consacrer toutes leurs forces et toute leur sollicitude à réprimer cette secte profondément perverse et à défendre la société contre le péril commun.

Plût au Ciel que les monarques eussent prêté l’oreille aux paroles de Notre prédécesseur ! Plût au Ciel que, dans une affaire aussi grave, ils eussent agi avec moins de mollesse ! Certes, Nous n’eussions alors jamais eu (ni nos pères non plus) à déplorer tant de mouvements séditieux, tant de guerres incendiaires qui mirent l’Europe entière en feu, ni tant de maux amers qui ont affligé et affligent encore l’Église. Mais la fureur des méchants ayant été loin de s’apaiser, Pie VII, Notre prédécesseur, frappa d’anathème une secte d’origine récente, le Carbonarisme, qui s’était propagée surtout en Italie où elle avait fait un grand nombre d’adeptes ; et, enflammé du même zèle pour les âmes, Léon XII condamna par ses Lettres Apostoliques, non seulement les sociétés secrètes que Nous venons de mentionner, mais encore toutes les autres, de quelque nom qu’elles fussent appelées, conspirant contre l’Église et le pouvoir civil, et il les interdit sévèrement à tous les fidèles sous peine d’excommunication.

Toutefois, ces efforts du Siège Apostolique n’ont pas eu le succès que l’on eût dû espérer. La secte maçonnique dont Nous parlons n’a été ni vaincue ni terrassée : au contraire, elle s’est tellement développée, qu’en ces jours difficiles elle se montre partout avec impunité, et lève le front plus audacieusement que jamais. Nous avons dès lors jugé nécessaire de revenir sur ce sujet, attendu que par suite de l’ignorance où l’on est peut être des coupables desseins qui s’agitent dans ces réunions clandestines, on pourrait croire faussement que la nature de cette société est inoffensive, que cette institution n’a d’autre but que de secourir les hommes et de leur venir en aide dans l’adversité, qu’enfin il n’y a rien à en craindre pour l’Église de Dieu.

Qui cependant ne voit combien une telle idée s’éloigne de la vérité ? Que prétend donc cette association d’hommes de toute religion et de toute croyance ? Pourquoi ces réunions clandestines et ce serment si rigoureux exigé des initiés, qui s’engagent à ne rien dévoiler de ce qui peut y avoir trait ? Et pourquoi cette effrayante sévérité des châtiments auxquels se vouent les initiés, pour le cas où ils viendraient à manquer à la foi du serment ? À coup sûr elle doit être impie et criminelle, une société qui fuit ainsi le jour et la lumière ; car celui qui fait le mal, dit l’apôtre, hait la lumière. Combien diffèrent d’une telle association les pieuses sociétés des fidèles qui fleurissent dans l’Église catholique ! Chez elles, rien de caché, pas de secret. Les règles qui les régissent sont sous les yeux de tous, et tous peuvent voir aussi les œuvres de charité pratiquées selon la doctrine de l’Évangile.

Aussi n’avons-Nous pas vu sans douleur des sociétés catholiques de ce genre, si salutaires, si bien faites pour exciter la piété et venir en aide aux pauvres, être attaquées et même détruites en certains lieux, tandis qu’au contraire on encourage ou tout au moins on tolère la ténébreuse société maçonnique, si ennemie de Dieu et de l’Église, si dangereuse même pour la sûreté des royaumes.

Nous éprouvons, Vénérables Frères, de l’amertume et de la douleur en voyant que lorsqu’il s’agit de réprouver cette secte conformément aux constitutions de Nos prédécesseurs, plusieurs de ceux que leur fonction et le devoir de leur charge devraient rendre pleins de vigilance et d’ardeur en un sujet si grave, se montrent indifférents et en quelque sorte endormis. Si quelques-uns pensent que les constitutions apostoliques publiées sous peine d’anathème contre les sectes occultes et leurs adeptes et leurs fauteurs n’ont aucune force dans les pays où ces sectes sont tolérées par l’autorité civile, assurément ils sont dans une bien grande erreur. Ainsi que vous le savez, Vénérables Frères, Nous avons déjà réprouvé cette fausse et mauvaise doctrine, et aujourd’hui Nous la réprouvons et condamnons de nouveau. Ce pouvoir suprême de paître tout le troupeau du Seigneur, que les Pontifes Romains ont reçu du Christ en la personne du bienheureux apôtre Pierre, et par conséquent le magistère suprême qu’ils doivent exercer dans l’Église dépendent-ils du pouvoir civil et peuvent-ils être empêchés sans raison et restreint par ce dernier ?

Dans cette situation, de peur que des hommes imprudents, et surtout la jeunesse, ne se laissent égarer, et pour que Notre silence ne donne lieu à personne de protéger l’erreur, Nous avons résolu, Vénérables Frères, d’élever Notre voix apostolique ; et, confirmant ici, devant vous, les constitutions de Nos prédécesseurs, de Notre autorité apostolique, Nous réprouvons et condamnons cette société maçonnique et les autres du même genre, qui, tout en différant en apparence, se forment tous les jours dans le même but, et conspirent soit ouvertement, soit clandestinement, contre l’Église et les pouvoirs légitimes ; et Nous ordonnons sous les mêmes peines que celles qui sont spécifiées dans les constitutions antérieures de Nos prédécesseurs à tous les chrétiens de toute condition, de tout rang, de toute dignité et de tout pays, de tenir ces mêmes sociétés comme proscrites et réprouvées par Nous. Maintenant il ne Nous reste plus, pour satisfaire aux vœux et à la sollicitude de Notre cœur paternel, qu’à avertir et à exhorter les fidèles qui se seraient associés à des sectes de ce genre, d’avoir à obéir à de plus sages inspirations et à abandonner ces funestes conciliabules, afin qu’ils ne soient pas entraînés dans les abîmes de la ruine éternelle. Quant à tous les autres fidèles, plein de sollicitude pour les âmes, Nous les exhortons fortement à se tenir en garde contre les discours perfides des sectaires qui, sous un extérieur honnête, sont enflammés d’une haine ardente contre la religion du Christ et l’autorité légitime, et qui n’ont qu’une pensée unique comme un but unique, à savoir d’anéantir tous les droits divins et humains. Qu’ils sachent bien que les affiliés de ces sectes sont comme ces loups que le Christ Notre Seigneur a prédit devoir venir, couverts de peaux de brebis, pour dévorer le troupeau ! Qu’ils sachent qu’il faut les mettre au nombre de ceux dont l’apôtre nous a tellement interdit la société et l’accès, qu’il a expressément défendu de leur dire même : Ave (salut) ! Que Dieu qui est riche en miséricorde, exauçant les prières de nous tous, fasse qu’avec le secours de Sa Grâce, les insensés reviennent à la raison et que les hommes égarés rentrent dans le sentier de la justice ! Que Dieu réprimande la fureur des hommes dépravés qui, à l’aide des sociétés ci-dessus mentionnées, préparent des actes impies et criminels, et que l’Église et la société humaine puissent se reposer un peu de tant de maux si nombreux et si invétérés ! Et afin que Nos vœux soient exaucés, prions aussi notre avocate auprès du Dieu très clément, la Très Sainte Vierge, Sa Mère immaculée dés son origine, à qui il a été donné de terrasser les ennemis de l’Église et les monstres d’erreurs ! Implorons également la protection des bienheureux apôtres Pierre et Paul, par le glorieux sang desquels cette noble ville a été consacrée ! Nous avons la confiance qu’avec leur aide et assistance, Nous obtiendrons plus facilement ce que Nous demandons à la bonté divine.


Pie IX, Pape.




Si, arrachant le masque à la Révolution, vous lui demandez : Qui es-tu ? elle vous dira : Je ne suis pas ce que l’on croit. Beaucoup parlent de moi, et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme qui conspire dans l’ombre, ni l’émeute qui gronde dans la rue, ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d’une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l’ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins, ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades, ni le pillage, ni l’incendie, ni la loi agraire, ni la guillotine, ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Robespierre, ni Babeuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes œuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers, et moi je suis un état permanent.
Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l’homme contre les droits de Dieu ; je suis la philosophie de la révolte, la politique de la révolte, la religion de la révolte ; je suis la négation armée (Nihilum armatum) ; je suis la fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu ! en un mot, je suis l’anarchie ; car je suis Dieu détrôné et l’homme à sa place.
Voilà pourquoi je m’appelle Révolution ; c’est-à-dire renversement, parce que je mets en haut ce qui, selon les lois éternelles, doit être en bas, et en bas ce qui doit être en haut
. (Mgr Gaume)








Voir également ce film qui décrit parfaitement la secte maçonnique, cette partie du documentaire La franc-maçonnerie disséquée et cette conférence intitulée La Franc-maçonnerie est une secte diabolique.



Lire
"La conjuration antichrétienne" de Mgr Delassus, "Réflexions sur les ennemis et la manœuvre" de Jean Vaquié, et "La Révolution" de Mgr Gaume.






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