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dimanche 24 juillet 2022

Nature du don de Crainte




La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse (Eccl., I, 16)


« Il y a la crainte mondaine, la crainte servile, la crainte initiale et la crainte filiale. La crainte mondaine est celle par laquelle on redoute la perte de la vie présente et des biens temporels. Cette crainte naît d'un amour déréglé, et elle est toujours mauvaise ; car, selon la parole de saint Jean, celui qui aime le monde n'a point en lui l'amour du Père céleste. (I S. Jean, 2) La crainte servile est celle par laquelle on redoute plus la peine qui suit le péché que le péché lui-même. Elle vient de Dieu en tant que crainte, mais non en tant que crainte servile, parce que la peine est son motif principal, et qu'elle ne change pas la volonté mauvaise, bien qu'elle empêche d'accomplir le mal. Cette crainte n'est pas un don de l'Esprit-Saint ; car elle peut exister sans la charité. La crainte initiale éloigne l'homme du péché, principalement à cause de Dieu, et ensuite à cause des peines éternelles. Elle est dite un don de l'Esprit-Saint ; mais encore à l'état d'imperfection. Elle ne diffère de la crainte filiale que comme la charité imparfaite diffère de la charité parfaite (Saint Bonav., liv. II, ch. I). » — « La crainte filiale nous fait redouter le péché à cause de l'injure qu'il cause à Dieu, et non pour éviter le châtiment (P. Belot, p. 63). »
« Cette crainte est produite en nous non par la peur des peines, ni par le désir de la récompense, mais par la grandeur de l'amour, d'un amour tel qu'est celui qu'un bon fils porte à son très-bon père, un frère à son frère, un ami à son ami, et une chaste et aimante épouse à son très-aimable époux (S.-Jure, ch. III, sect. 16, art. 4). » — « Ce don est le fondement et la base de tous les autres, parce que la première démarche à faire pour aller vers Dieu est la fuite du mal. »
La béatitude qui répond au don de la crainte est la première : Bienheureux les pauvres d'esprit ; car cette nudité d'esprit, qui comprend le dépouillement de l'affection des honneurs et des biens temporels, est une suite nécessaire de la parfaite crainte de Dieu ; le même esprit qui nous porte à nous soumettre pleinement à Dieu et à n'estimer rien de grand que Dieu, nous portant à mépriser tout le reste (P. Lall., IVe princ., ch. IV, art. 7). »
Les fruits du Saint-Esprit qui paraissent convenir au don de crainte sont ceux qui consistent à faire un usage modéré des choses temporelles, ou à s'en abstenir : telles sont la modestie, la continence et la chasteté (S. Thom., 2. 2, q. 19, art. 12, ad 4). »

La crainte du Seigneur est une flèche merveilleuse qui perce et tue les désirs de la chair, afin de sauver l'esprit. (Saint Bernard)

C'était le don de la crainte filiale qui tenait les saints dans une si grande humilité, une si grande défiance d'eux-mêmes, et leur faisait attribuer à Dieu seul le bien qui était en eux. Un compagnon du séraphique saint François d'Assise découvrit dans une vision la place glorieuse destinée dans le ciel à cet illustre patriarche. Quelques moments après, il demanda au saint ce qu'il pensait de lui-même ; et l'humble serviteur de Dieu répondit : « Mon cher frère, je ne crois pas que la terre porte un plus grand pécheur que moi. — Comment donc, Père bien-aimé, dit le compagnon, pouvez-vous dire quelque chose de semblable sur votre compte sans blesser la vérité, puisqu'il y a des voleurs, des fornicateurs, des assassins et d'autres criminels qui, sans comparaison, ont commis des fautes bien plus graves que vous ? » Alors François lui répondit par ces paroles remarquables : « Ce que je sais très-bien, c'est que si ces personnes dont vous parlez eussent reçu de Dieu d'aussi grandes grâces que moi, il n'y a pas de doute qu'elles n'y eussent mieux coopéré que je ne l'ai fait, et s'en seraient montrées plus reconnaissantes envers Dieu. Ainsi je crois certainement que si Dieu retirait un moment sa main protectrice de dessus moi, je m'enfoncerais dans les crimes les plus honteux et je deviendrais le plus méchant des hommes. »

(Les sept dons du Saint-Esprit)


Reportez-vous à Effets du don de Crainte, Effets des sept dons du Saint-Esprit, Nature et excellence des sept dons du Saint-Esprit, Action du Saint-Esprit dans l'Église, Moyens pour obtenir les sept dons du Saint-Esprit, Du Recueillement, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, De l'homme intérieur, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, Du Saint-Esprit et de ses opérations en général : Ce qu'est le Saint-Esprit, sa mission temporelle, Prière pour demander au Saint-Esprit la victoire sur le respect humain, Promesse d'observer plus fidèlement à l'avenir les maximes de l'Évangile, Prière pour demander les douze fruits du Saint-Esprit, Prière pour demander la grâce de devenir parfait chrétien, Prière pour demander au Saint-Esprit l'abondance de ses grâces, Quelles résolutions prendre au jour de la Pentecôte ?, La Pentecôte : Quel est l'événement dont l'Église célèbre la mémoire en ce jour ?, Méditation pour le Samedi d'après la Pentecôte : Jésus sortant de la synagogue entra dans la maison de Simon, Méditation pour le Vendredi d'après la Pentecôte : Jésus prêchant dans la synagogue, voilà que des hommes apportent un paralytique dans son lit, Méditation pour le Jeudi d'après la Pentecôte : Jésus ayant assemblé ses douze Apôtres, leur donna une puissance et un empire sur tous les démons, Méditation pour le Mercredi d'après la Pentecôte : Quiconque écoute mon Père et se rend docile pour apprendre ce qu'il lui enseigne, vient à moi, Méditation pour le Mardi d'après la Pentecôte : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé, Méditation pour le Lundi d'après la Pentecôte : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, Méditation pour le Dimanche de la Pentecôte : Le Saint-Esprit que mon Père enverra en mon nom, vous enseignera, Instruction sur le Saint-Esprit, Mission du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Pentecôte, Méditation sur la Fête de la Pentecôte : ils furent tous remplis du Saint-Esprit, Méditation pour la veille de la Pentecôte, Veille de la Pentecôte : Je prierai mon Père, et il vous donnera, pour demeurer éternellement avec vous, un autre consolateur, qui est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, Méditation pour le Jour de la Pentecôte, Preuves directes de la divinité du Saint-Esprit : noms, attributs et œuvres, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte Trinité, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit, Le Saint-Esprit dans l'Ancien Testament, promis et figuré, Le Saint-Esprit prédit, Le Saint-Esprit dans le Nouveau Testament, première création : La Sainte Vierge Marie, Seconde création du Saint-Esprit : Notre Seigneur Jésus-Christ, Troisième création du Saint-Esprit : l’Église, Méditation pour le Dimanche de la Sainte Trinité, Neuvaine préparatoire à la Fête de la Pentecôte : Prière pour demander les sept Dons du Saint-Esprit, Méditation pour le Mercredi après la Pentecôte, Méditation pour le Mardi après la Pentecôte, Méditation pour le Lundi de Pentecôte, XIe Dimanche après la Pentecôte : Réflexions pratiques, Accueillir le Saint Esprit de Dieu, Litanie du Saint-Esprit, Méditation pour la Fête de l'Ascension, Instruction sur la Fête de l'Ascension, Méditation pour le Jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, Le Seigneur Jésus fut élevé dans le ciel, et il est maintenant assis à la droite de Dieu, Les Apôtres et les Disciples ayant adoré Jésus-Christ, s'en retournèrent remplis de joie à Jérusalem, Quand le Consolateur que je vous enverrai de la part de mon Père, l'Esprit de vérité qui procède de mon Père, sera venu, il rendra témoignage de moi, Et vous aussi, qui avez été dès le commencement en ma compagnie, vous rendrez témoignage de moi, Je vous ai dit toutes ces choses, afin que vous ne vous scandalisiez point, Un temps viendra où quiconque vous fera mourir, pensera faire un sacrifice à Dieu, Ils vous traiteront de la sorte, parce qu'ils ne connaîtront ni mon Père ni moi, Je vous ai dit ces choses, afin que lorsqu'elles arriveront, vous vous souveniez que je vous les ai prédites, Actes avant la Confirmation : Prière au Saint-Esprit et Acte de demande, Méditation que les enfants peuvent faire avant de recevoir le sacrement de la Confirmation au Jour de la Pentecôte et Prière pour demander ou pour renouveler en soi la grâce du sacrement de Confirmation.














 

dimanche 22 mai 2022

Dieu qui est partout demande le respect extérieur



Que votre modestie soit connue à tous les hommes, s'écrie le grand Apôtre, parce que le Seigneur est proche : et il est bien proche, puisqu'il est plus où nous sommes, que nous n'y sommes nous-mêmes. Nous agissions, nous touchons, nous marchons dans son essence divine. Ah ! si les personnes considérables donnent du respect, si des gens qui jouent et qui badinent s'arrêtent aussitôt, et règlent leur extérieur à la vue d'une personne qualifiée qui arrive, y a-t-il lieu dans la terre, y a-t-il occasion où notre extérieur même ne doive pas être réglé ; puisque partout nous sommes en la présence de Dieu, et dedans Dieu. Le très-illustre Prélat de Bellai, rapporte qu'ayant eu la curiosité d'épier saint François de Sales, pour voir en quel état, et en quelle posture il était lorsqu'il se trouvait seul, il l'avait toujours vu dans une modestie admirable. C'est que ce saint Évêque agissait en la présence de Dieu.
Mais n'est-ce pas ce que tous les Chrétiens devraient faire ? Ces enfants de lumière, et qui sont appelés encore par l'Apôtre la lumière même en Jésus-Christ, ne doivent pas vivre comme ceux dont l'esprit est obscurci de ténèbres, qui, par leur ignorance née de l'aveuglement de leur cœur, sont éloignés de la vue de Dieu ; mais ils doivent se renouveler dans l'esprit de leur raison, selon l'expression de l'Écriture, c'est-à-dire, se servir de leur raison, comme éclairée, et conduite par l'esprit de Dieu ; comme soumise à lui, comme régénérée, comme celle qui est la lumière du nouvel homme, qui est créé selon Dieu dans la justice, et dans la sainteté de la vérité. C'est-à-dire, dans la séparation des choses présentes, et dans la consécration, et l'application à Dieu : non selon le mensonge du monde, mais selon la vérité, et la pureté de Dieu le Père, et de Jésus-Christ son Fils, qui a demandé : Sanctifiez-les en vérité.
Ils doivent vivre, dit encore l'Apôtre, comme des enfants de lumière, et n'avoir nulle part aux œuvres infructueuses des ténèbres ; mais au contraire les reprendre. Ces œuvres procèdent de l'ignorance de Dieu, et du défaut d'attention à sa divine présence. Ceux qui font mal, en détournent leurs yeux de peur de bien faire, et ils se laissent aller à toutes sortes d'immodesties, parce que Dieu ne leur est pas présent ; mais ceux qui le regardent, marchent prudemment, et non pas comme ces insensés. Ils ne sont pas imprudents, parce qu'ils considèrent que Dieu les voit.
Dans la vue de la présence de sa Majesté infinie, ils ne font rien qu'ils ne voudraient faire devant les premières personnes de la terre : non-seulement ils ne font aucune action mauvaise, mais ils ne les nomment pas, comme il est bien séant parmi ceux qui sont les membres de Jésus-Christ. On ne les entend pas même parler ni de folie, ni de raillerie, ni de choses impertinentes et inutiles. S'ils parlent, c'est comme des gens qui sont écoutés de Dieu. En toutes choses ils n'en perdent pas la vue, et dans les actions même les plus basses, comme celles du boire, du manger, du dormir. Ainsi, ils y gardent la modération chrétienne, et en évitent l'excès. Ils se récréent en sa présence suradorable, comme des enfants devant un bon père ; mais qui est très-sage. Ils vont à la promenade, ils conversent, ils se divertissent, ils font enfin tout, et ils souffrent tout, ayant toujours Dieu devant leurs yeux.
David était Roi, et par suite, au milieu des plus grands embarras du monde, et parmi tout ce qu'il y a dans le siècle qui y peut apporter plus de distraction ; et cependant il assure que ses yeux sont toujours élevés vers le Seigneur, et que les pensées de son cœur sont toujours en sa présence. Aussi, il déclare que le Seigneur est l'appui de ceux qui le craignent, et que son alliance est de se manifester à eux. Si nos ténèbres sont si épaisses qu'elles nous empêchent cette précieuse grâce, c'est que nous nous les formons nous-mêmes par nos péchés, dont les moindres donnent toujours quelque obscurité à l'esprit.
Ah ! si nous nous réveillions du profond assoupissement où nous vivons, agissant comme si Dieu était bien éloigné de nous, et que nous laissant à sa pure lumière, nous fussions pénétrés de sa divine présence, pour lors nous accomplirions ce que le grand Apôtres demande de tous les Chrétiens ; notre modestie serait connue à tous les hommes.
C'est cette divine présence qui a causé des respects si singuliers aux âmes éclairées. On trouvait un Religieux de la Compagnie de Jésus, prosterné le visage contre terre dans sa chambre dans des abaissements étonnants ; et comme l'on en était surpris, ah ! s'écriait-il, eh ! ne voyez-vous pas l'infinie Majesté de Dieu qui est ici présente ? Dans cette pensée le célèbre Grégoire de Lopez marchait découvert, la tête nue ; et feu M. de Renty, Gentilhomme, d'une vertu éminente ; allait de la même manière quelquefois, exposé au soleil et aux incommodités de l'air.

(Dieu présent partout, par M. H-M Boudon)


Reportez-vous à Dieu qui est présent partout demande de l'amour, Dieu qui est partout, demande le respect intérieur, Dieu qui est partout demande que l'on se souvienne de sa divine présence, Dieu est partout avec toutes ses grandeurs, Dieu qui est partout, y est tout ce qu'il est, Dieu est présent partout, Fête de la Très-Sainte Trinité, Du Mystère de la très Sainte Trinité, Prière à la Très Sainte Trinité, Méditation sur la Très-Sainte Trinité : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, Instruction sur la Fête de la Très-Sainte Trinité, Méditation pour le Dimanche de la Sainte-Trinité, Le Dogme de l'unité de Dieu et de la Sainte TrinitéAveuglement de l'homme, Preuves directes de la Trinité et de la divinité du Saint-Esprit. Méditation sur la présence de DieuMéditation sur l'oubli de la présence de DieuMéditation sur l'attention continuelle à la présence de Dieu, De la présence de Dieu, par le R.-P. Jean-Joseph Surin, et Acte de la présence de Dieu en l'honneur de Saint Joseph.














jeudi 9 septembre 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XXXVI : L'Eucharistie


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


XXXVIe LEÇON

DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR L'ESPÉRANCE.

DE L'EUCHARISTIE.



Q. Quel est le plus auguste de tous les Sacrements ?
R. Le plus auguste de tous les Sacrements, c'est l'Eucharistie, parce qu'elle contient l'auteur de toutes les grâces, et que tous les sacrements se rapportent à elle.

Q. Qu'est-ce que l'Eucharistie ?
R. L'Eucharistie est un Sacrement qui entretient en nous la vie divine et qui contient vraiment, réellement et substantiellement le corps, le sang, l'âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ sous les espèces ou apparences du pain et du vin.

Q. Pourquoi dites-vous vraiment, réellement et substantiellement ?
R. On dit vraiment, réellement et substantiellement pour marquer que Notre-Seigneur est présent dans l'Eucharistie, non pas seulement en figure, ou par la foi, ou par sa puissance, mais en corps et en âme.

Q. Quel nom a-t-on donné à ce Sacrement ?
R. Dès les premiers siècles, on a donné à ce Sacrement plusieurs noms, tels que : Fraction du pain, parce qu'il est le pain par excellence ; Eucharistie, qui veut dire action de grâces ; Communion, parce que c'est là que nous nous unissons à Notre-Seigneur de la manière la plus étroite ; Viatique, parce que c'est là nourriture de l'homme voyageur.

Q. Quelle est la matière de l'Eucharistie ?
R. La matière de l'Eucharistie, c'est le pain et le vin, car, pour consacrer son corps et son sang, Notre-Seigneur prit du pain qu'il bénit en disant : Ceci est mon corps ; et du vin qu'il bénit en disant : Ceci est mon sang.

Q. Pourquoi Notre-Seigneur a-t-il choisi le pain et le vin pour la matière de l'Eucharistie ?
R. Notre-Seigneur a choisi le pain et le vin pour la matière de l'Eucharistie, afin de nous apprendre ; 1° que son corps et son sang doivent être la nourriture de notre âme, comme le pain et le vin sont la nourriture de notre corps ; 2° que le but de ce Sacrement est de nous unir étroitement avec lui et avec nos frères.

Q. Quelle est la forme de l'Eucharistie ?
R. La forme de l'Eucharistie consiste dans les paroles de la consécration que le prêtre prononce à la Messe, et qui changent le pain et le vin au corps et au sang de Notre-Seigneur.

Q. Comment s'appelle ce changement ?
R. Ce changement s'appelle transsubstantiation c'est-à-dire changement de substance.

Q. Que reste-t-il sur l'autel après les paroles de la consécration ?
R. Après les paroles de la consécration, il ne reste plus sur l'autel que le vrai corps et le vrai sang de Notre-Seigneur.

Q. Reste-t-il quelque chose du pain et du vin ?
R. Il ne reste du pain et du vin que les espèces ou apparences, comme la couleur, la figure et le goût.

Q. Notre-Seigneur est-il tout entier dans l'Eucharistie et sous chaque espèce ?
R. Notre-Seigneur est tout entier en tant que Dieu et en tant qu'homme dans l'Eucharistie, sous chaque espèce et sous la moindre partie de chaque espèce, parce que Notre-Seigneur, étant vivant dans l'Eucharistie, ne peut être divisé.

Q. Quand on rompt l'hostie, rompt-on le corps de Notre-Seigneur ?
R. Quand on rompt l'hostie, on ne rompt pas le corps de Notre-Seigneur, parce que Notre-Seigneur, étant ressuscité, ne peut plus être divisé, ni souffrir, ni mourir.

Q. Que reçoit-on quand on communie ?
R. Quand on communie, on reçoit Notre-Seigneur Jésus-Christ, la seconde personne de la sainte Trinité, son corps, son sang, son âme et sa divinité ; on le reçoit tout vivant, tout entier, vrai Dieu et vrai homme, le même qui est né de la sainte Vierge Marie, qui est dans le ciel et qui viendra nous juger.

Q. Quels sont les effets de la sainte Communion ?
R. 1° La communion entretient en nous la vie du nouvel Adam. Celui, nous dit le Sauveur, qui mange ma chair et qui boit mon sang a la pie éternelle ; 2° elle nous unit corporellement et spirituellement à Notre-Seigneur, mais d'une union si étroite, qu'un Père de l'Église la compare à celle de deux morceaux de cire fondus ensemble ; 3° elle affaiblit l'ardeur de nos passions, fortifie notre âme, et communique à notre corps le principe de la résurrection glorieuse.

Q. Quelles sont les dispositions du corps pour bien communier ?
R. Les dispositions du corps pour bien communier sont le jeûne, qui consiste à n'avoir ni bu ni mangé depuis minuit ; la modestie, qui consiste dans des habits décents et un maintien respectueux.

Q. Quelles sont les dispositions de l'âme ?
R. Les dispositions de l'âme sont l'état de grâce, qui consiste à n'avoir aucun péché mortel sur la conscience, et l'instruction, qui consiste à savoir les principales vérités de la Religion et ce qui regarde la sainte Eucharistie.

Q. Est-ce assez d'être instruit et en état de grâce pour communier avec beaucoup de fruit ?
R. Ce n'est pas assez d'être instruit et en état de grâce pour communier avec beaucoup de fruit : il faut encore avoir une grande foi, une grande humilité et un grand désir de recevoir Jésus-Christ afin de devenir meilleur.

Q. Que faut-il faire pour exciter en nous ces sentiments.
R. Pour exciter en nous ces sentiments, il faut ; 1° méditer d'avance ces trois questions : Quel est celui qui vient ? A qui vient-il ? Pourquoi vient-il ? 2° faire avec ferveur les actes avant et après la Communion ; 3° dire l'action de grâces avec un grand recueillement.

Q. Quel péché commettrait celui qui communierait avec un péché mortel sur la conscience ?
R. Celui qui communierait avec un péché mortel sur la conscience commettrait un horrible sacrilège : le moyen d'éviter ce malheur, c'est de faire une bonne confession.

Q. Est-il bien nécessaire de communier ?
R. Il est très nécessaire de communier ; car Notre-Seigneur a dit : Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous ; de plus l'Église nous fait un commandement particulier de communier.

Q. Doit-on communier souvent ?
R. Le désir de l'Église est qu'on communie très souvent, pourvu qu'on communie dignement.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je ne manquerai pas de me mettre à genoux quand je verrai porter le Saint Sacrement aux malades.



Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale, Leçon XXXI : L'Ave Maria ou Salutation angélique, Leçon XXXII : Les sacrements, Leçon XXXIII : Le Baptême, Leçon XXXIV : Le Baptême (Suite), Leçon XXXV : La Confirmation, Leçon XXXVII : L'Eucharistie (Suite).

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.














vendredi 20 août 2021

ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE, DEUXIÈME PARTIE, Leçon XXIX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière


ABRÉGÉ DU CATÉCHISME DE PERSÉVÉRANCE

DEUXIÈME PARTIE

Contenant l'histoire et l'explication de la Religion

depuis la Naissance du Messie jusqu'à son Ascension


XXIXe LEÇON


DE NOTRE UNION AVEC NOTRE-SEIGNEUR,

LE NOUVEL ADAM, PAR L'ESPÉRANCE.

PREMIER MOYEN D'OBTENIR LA GRÂCE,

LA PRIÈRE.



Q. Qu'est-ce que la prière ?
R. La prière est une élévation de l'âme à Dieu pour lui rendre nos hommages et lui exposer nos besoins.

Q. Pourquoi est-il nécessaire de prier ?
R. Il est nécessaire de prier parce que nous sommes obligés de rendre à Dieu nos hommages, et que Notre-Seigneur et l'Église nous commandent de prier.

Q. Quand faut-il prier ?
R. Sous peine de péché, il faut prier de temps en temps et toutes les fois que cela est nécessaire pour nous entretenir dans la vertu : mais il convient de prier le matin, à midi, le soir, avant et après les repas, et avant nos principales actions.

Q. Où faut-il prier ?
R. On peut prier partout ; mais il vaut mieux prier dans un lieu éloigné du bruit, et surtout à l'église.

Q. Pour qui faut-il prier ?
R. Il faut prier pour toute l'Église, pour les vivants et les morts, et aussi pour ceux qui sont hors de l'Église.

Q. Pourquoi faut-il prier ?
R. Il faut prier pour obtenir tout ce qui nous est nécessaire soit pour le corps, soit pour l'âme, afin d'arriver à notre fin dernière, qui est le ciel.

Q. Comment faut-il prier ?
R. Il faut prier avec modestie, avec foi, avec humilité, avec confiance et persévérance.

Q, Quels sont les effets de la prière ?
R. Les effets de la prière sont au nombre de trois : le mérite, la satisfaction et l'impétration, qui sont toujours obtenus quand la prière est faite dans les dispositions convenables.

Q. Combien y a-t-il de sortes de prières ?
R. Il y a deux sortes de prières : la prière mentale ou la méditation, et la prière vocale.

Q. En quoi consiste la méditation ?
À. La méditation consiste à réfléchir sur une vérité du salut, afin d'y conformer sa conduite ; la méditation est nécessaire, parce qu'on ne peut se sauver sans y penser ; elle est facile, parce qu'il suffit d'aimer pour la bien faire, attendu qu'on pense facilement à ce qu'on aime.

Q. De quoi se compose la méditation ?
R. La méditation se compose de trois parties : la première, c'est la préparation, qui comprend un acte de foi à la présence de Dieu, un acte d'humilité et de contrition, suivi d'une invocation au Saint-Esprit pour lui demander ses lumières.

Q. Quelle est la seconde ?
R. La seconde, c'est la méditation proprement dite, qui consiste à considérer attentivement une vérité de la foi, un devoir, une vertu, à examiner ce que Notre-Seigneur et les Saints nous ont enseigné et comment ils l'ont pratiqué ; après quoi on se compare avec eux, en prenant la résolution de se réformer et de les imiter plus fidèlement.

Q. Quelle est la troisième ?
R. La troisième est la conclusion, qui se compose d'un acte de remerciement et d'offrande, et d'une courte prière pour recommander à Dieu les résolutions qu'on a prises, ainsi que les besoins de l'Église et des âmes du purgatoire.

Q. Qu'est-ce que la prière vocale ?
R. La prière vocale est celle qui se fait en prononçant des paroles ; elle nous est nécessaire comme la prière mentale, et demande les mêmes dispositions.

Q. Comment se divise la prière vocale ?
R. La prière vocale se divise en prière publique et en prière particulière.

Q. Qu'est-ce que la prière publique ?
R. La prière publique est celle qui se fait par les ministres de l'Église au nom de tout le peuple fidèle. Le saint sacrifice de la Messe et l'office divin sont les plus excellentes des prières publiques (il en sera parlé dans la quatrième partie du Catéchisme).

Q. Qu'est-ce que la prière particulière ?
R. La prière particulière est celle que nous faisons en particulier ou avec d'autres en notre nom personnel, pour nous ou pour nos frères.

Q. Qu'entendez-vous par les oraisons jaculatoires ?
R. On entend par oraisons jaculatoires de courtes et ferventes prières qu'on peut faire, même en travaillant, et dont l'usage est très recommandé par les Saints.


Je prends la résolution d'aimer Dieu par-dessus toute chose, et mon prochain comme moi-même pour l'amour de Dieu ; et, en témoignage de cet amour, je veux faire tous les jours au moins un quart d'heure de méditation.


Reportez-vous à Instruction sur la Prière.


Deuxième Partie : Leçon I : État du monde à la venue du Messie, Leçon II : Naissance du Messie, Leçon III : Vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon IV : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon V : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VI : Vie publique de Notre-Seigneur, Première année, Leçon VII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon VIII : Vie publique de Notre-Seigneur, Deuxième année, Leçon IX : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon X : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XI : Vie publique de Notre-Seigneur, Troisième année, Leçon XII : Passion de Notre-Seigneur, Leçon XIII : Passion de Notre-Seigneur, Suite, Leçon XIV : Sépulture et Résurrection de Notre-Seigneur, Leçon XV : Vie glorieuse de Notre-Seigneur, Leçon XVI : Notre-Seigneur Réparateur du monde, Leçon XVII : Notre-Seigneur, Nouvel Adam, Leçon XVIII : Union de notre esprit avec Notre-Seigneur, le nouvel Adam, par la Foi, premier et deuxième articles du Symbole, Leçon XIX : Troisième, quatrième et cinquième articles du Symbole, Leçon XX : Le Purgatoire, Leçon XXI : Sixième et septième articles du Symbole, Leçon XXII : Huitième article du Symbole, Leçon XXIII : Neuvième article du Symbole, l'Église, Leçon XXIV : Neuvième article du Symbole, Leçon XXV : Dixième article du Symbole, Leçon XXVI : Onzième article du Symbole, Leçon XXVII : Douzième article du Symbole, Leçon XXVIII : Espérance et Grâce, Leçon XXX : Premier moyen d'obtenir la grâce, la prière : l'Oraison dominicale.

Première Partie :
Leçon I : Enseignement vocal de la Religion, Catéchisme, Leçon II : Enseignement écrit, Écriture et Tradition, Leçon III : Connaissance de Dieu considéré en Lui-même, Leçon IV : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 1er Jour de la Création, Leçon V : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 2e Jour de la Création, Leçon VI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 3e Jour de la Création, Leçon VII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 3e et commencement du 4e Jour de la Création, Leçon VIII : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, suite du 4e Jour de la Création, Leçon IX : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, 5e Jour de la Création, Leçon X : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Fin du 5e et commencement du 6e Jour de la Création, Leçon XI : Connaissance de Dieu par ses ouvrages, Suite du 6e Jour de la Création, Leçon XII : Connaissance de l'homme considéré en lui-même, Leçon XIII : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec les créatures, Leçon XIV : Connaissance de l'homme considéré dans ses rapports avec Dieu, Leçon XV : Connaissance des Anges, Leçon XVI : Chute de l'homme, Leçon XVII : Accord de la justice et de la miséricorde divine dans la punition et dans la transmission du péché d'Adam, Leçon XVIII : Nécessité et perpétuité de la Foi au Mystère de la Rédemption, Histoire de Job, Leçon XIX : Connaissance de la Religion, Nature et définition de la Religion, Leçon XX : Connaissance de la Religion, Que la Religion est une Loi, Leçon XXI : Le Messie promis et figuré : Adam et Abel, Leçon XXII : Le Messie promis et figuré, Noé, Troisième Figure du Messie, Leçon XXIII : Deuxième promesse et quatrième figure du Messie, Melchisédech, Leçon XXIV : Isaac, cinquième Figure du Messie, Leçon XXV : Le Messie promis et figuré, Jacob, Sixième Figure du Messie, Leçon XXVI : Le Messie promis et figuré, Joseph, Septième Figure du Messie, Leçon XXVII : L'Agneau pascal, Huitième Figure du Messie, Leçon XXVIII : La Manne, Neuvième Figure du Messie, Leçon XXIX : Les sacrifices et le serpent d'airain, Dixième et onzième Figure du Messie, Leçon XXX : Moïse, Douzième Figure du Messie, Leçon XXXI : Josué, Treizième Figure du Messie, Leçon XXXII : Gédéon, quatorzième Figure du Messie, Leçon XXXIII : Samson, Quinzième Figure du Messie, Leçon XXXIV : Sixième Promesse du Messie, Leçon XXXV : David, Seizième Figure du Messie, Leçon XXXVI : Salomon, Dix-septième Figure du Messie, Leçon XXXVII : Jonas, Dix-huitième Figure du Messie, Leçon XXXVIII : Le Messie prédit, Prophéties de David, Leçon XXXIX : Le Messie prédit, Prophéties d'Isaïe, Leçon XL : Le Messie prédit, Prophéties d'Osée, de Michée, de Joël et de Jérémie, Leçon XLI : Le Messie prédit, Prophéties d'Ézéchiel, Leçon XLII : Le Messie prédit, Prophéties de Daniel, Leçon XLIII : Le Messie prédit, Prophéties d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, Leçon XLIV : Résumé général et application des promesses, des figures et des prophéties, à Notre-Seigneur Jésus-Christ, Leçon XLV : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Leçon XLVI : Le Messie préparé, Monarchie des Assyriens, Histoire de Judith, Leçon XLVII : Le Messie préparé, Histoire de Tobie, Leçon XLVIII : Le Messie préparé, Monarchie des Perses, Histoire d'Esther, Leçon XLIX : Le Messie préparé, Monarchie des Grecs et des Romains, Leçon L : Le Messie préparé, Histoire des Machabées, Leçon LI : Unité de la Religion et de l’Église.












jeudi 5 août 2021

Combien de Modestie est nécessaire pour l'édification du Prochain, et utile à notre avancement particulier



La Modestie, dont nous nous proposons maintenant de parler, consiste à composer notre extérieur de manière que tous nos sens soient recueillis : que nos gestes, que nos entretiens, que notre démarche, enfin que tous nos mouvements soient réglés de telle sorte qu'ils puissent édifier tous ceux qui nous aperçoivent, et avec qui nous sommes obligés de vivre.
Et d'abord, comme il est constant que les hommes ne peuvent voir que l'extérieur des objets, rien ne les édifie, et ne les gagne davantage qu'un maintient sage et modeste : et cet extérieur les touche, et les instruit mieux que le vain bruit de l'éloquence.
Quant à nous, C'est le sentiment commun de tous les Saints, que la modestie et le recueillement des sens est un des principaux moyens que nous ayons à notre disposition pour notre avancement spirituel, d'autant que cela contribue beaucoup au recueillement intérieur ; et que comme nos sens sont autant de portes par où le mal peut entrer dans notre cœur, il est nécessaire que ces portes soient exactement gardées, afin que notre cœur puisse être dans une entière sûreté. Saint Jérôme écrivant sur ces paroles de Job : « Les portes de la mort ne vous ont-elles point été ouvertes, et n'avez-vous point vu les portes des ténèbres ? » dit que nos sens sont les portes de la mort, d'autant que c'est par ces organes que la mort du péché entre dans notre âme, suivant ces paroles de Jérémie : La mort est montée par nos fenêtres. Il ajoute que nos sens sont appelés les portes des ténèbres, parce qu'ils donnent entrée aux ténèbres du péché. Saint Grégoire dit la même chose presque dans les mêmes termes, et c'est une façon de parler ordinaire aux Saints, tirée des expressions des Philosophes, qui soutiennent qu'il n'y a rien dans l'entendement, qui n'ait auparavant passé par les sens. Quand les portes d'une maison sont exactement fermées et soigneusement gardées, tout y est en sûreté : mais si on les laisse ouvertes, si personne n'est chargé de veiller à leur garde, et si tout le monde peut y entrer et sortir à toute heure, rien ne sera en assurance dans cette maison, ou du moins on n'y sera ni en sûreté ni en repos. Il en est de même de notre âme : ceux qui auront soin de bien garder les portes de leurs sens , vivront dans la piété et dans la douceur de la paix intérieure ; mais ceux qui négligent d'en garder les avenues, n'auront ni paix, ni repos dans leur cœur. C'est pour cela que le Sage nous avertit de garder notre cœur avec toute sorte de soin, parce que c'est la source de la vie. Or, le cœur se garantit en gardant avec soin les portes des sens, suivant le sentiment de Saint Grégoire, qui dit, que pour conserver la pureté de notre cœur, il faut prendre garde à ne point laisser échapper nos sens au dehors. « Accoutumez vos yeux, dit Saint Dorothée, à ne se point tourner de côté et d'autre sur des choses vaines, et où vous n'avez nul intérêt ; cela ne sert qu'à vous détourner de vos plus saintes occupations, à les rendre infructueuses. Si vous n'avez soin que les portes de vos sens soient bien gardées, tout ce que vous avez amassé en beaucoup de temps et avec beaucoup de peine, s'échappera aisément par-là, et vous vous trouverez les mains vides. On perd bientôt par la négligence, ce que l'une a acquis par la grâce, avec beaucoup de difficulté et de travail. Évitez de trop parler, ajoute encore Saint Dorothée , parce que cela vous détourne des saintes pensées qui pourraient vous venir à l'esprit, et peut étouffer entièrement en vous toute les inspirations du Ciel. »
Les anciens Pères du Désert, au rapport de Cassien, disaient que celui qui voulait acquérir la perfection, conserver la pureté de cœur, et demeurer dans le recueillement d'esprit, devait
être aveugle, sourd et muet. Mais comment pourrons-nous, me dira-t-on, être sourds, muets et aveugles, nous qui avons tant de commerce avec le prochain, et qui sommes par conséquent obligés de voir et d'entendre beaucoup de choses que nous ne voudrions pas ? Le remède à ce mal est de voir ce qui est hors de nous comme si on ne le voyait pas, et d'entendre les choses du monde comme si on ne les entendait point ; de n'y pas laisser attacher notre cœur ; d'en bannir sans différer toutes ces choses-là, sans souffrir qu’elles s'arrêtent un seul moment dans notre mémoire.
On rapporte de Saint Bernard, qu'il avait le cœur tellement attaché à Dieu, qu'il voyait sans voir, et entendait sans entendre : il semblait qu'il eût perdu l'usage des sens. Au bout d'une année de noviciat, il ne put dire si le Plancher de sa cellule était de bois ou de plâtre : il y avait trois croisées vitrées dans l'Église, il ne s'aperçut jamais qu'il y en eût plus d'une.
Il est aisé de conclure de ce que nous venons de dire, combien se trompent ceux qui font peu de cas de ces sortes de choses extérieures, et qui pensent que la perfection ne consiste pas à être modeste dans ses actions et retenu dans ses paroles, mais qu'elle doit consister dans l'intérieur du cœur, et dans la pratique des solides et véritables vertus.
Saint Bonaventure dit à ce sujet que le recueillement intérieur s'acquiert et se conserve par le recueillement extérieur. C'est la garde et la défense du cœur au-dehors ; car, comme la nature ne produit point d'arbres sans feuilles et sans écorce, ni de fruit sans peau, et qu'elle n'a rien formé qu'elle ne l'ait accompagné en même temps de parties qui sont destinées à son ornement et à sa conservation : de même la grâce qui agit conformément à la nature, mais beaucoup plus parfaitement, qu'elle, ne forme point la vertu intérieure dans un cœur, sans y joindre les ornements ou les défenses extérieures ; c'est l'écorce, c'est la peau sous laquelle se conserve la piété, le recueillement intérieur et la pureté du cœur : si l'on ôte ces parties si essentielles, tout le reste ne tardera pas à se corrompre.
Il faut remarquer encore ici une chose bien essentielle ; c'est que comme le recueillement extérieur sert à produire et à conserver en nous le recueillement intérieur, aussi le recueillement intérieur produit infailliblement le recueillement extérieur. Où est Jésus-Christ, dit Saint Grégoire de Nazianze, la modestie y est aussi. Lorsqu'il y a une solide vertu au-dedans de nous, il y a aussi de la gravité, de la modestie et de la retenue dans tous nos mouvements extérieurs.

(Abrégé de la Pratique de la Perfection Chrétienne)


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mardi 6 juillet 2021

Le Malheur du monde pour les scandales


Sainte Élisabeth de Hongrie

Malheur au monde pour les scandales, dit le Fils de Dieu : car celui qui scandalisera un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attachât une meule de moulin au cou, et qu'on le jetât au fond de la mer. Il vaudrait donc mieux pour la plupart des hommes de perdre leur vie, de mourir, puisqu'ils sont occasion de scandale les uns aux autres, c'est-à-dire, de péché.
C'est ce que notre bon Sauveur fit un jour connaître à la séraphique sainte Thérèse, où il lui montra le monde comme un champ plein de toutes sortes de personnes, qui avaient toutes des armes en leurs mains, et qui se donnaient réciproquement des blessures mortelles. Voilà, ma fille, lui dit notre Maître, ce qui se passe dans le monde.
Nous y avons, remarque saint Jean Chrysostome, une guerre continuelle. Les pécheurs y ont bandé leur arc, ils ont mis leurs flèches dans le carquois ; ce sont les paroles dont se sert le Psalmiste, pour tirer les uns sur les autres. Celui-ci jette les flèches dans les oreilles, par les médisances qu'il fait ; celui-là les jette dans les yeux, par des objets sensuels ; les uns blessent le corps par la délicatesse et la multitude des viandes ; les autres les mains par la rapine et l'avarice ; et quelques-uns les pieds, faisant aller après eux dans les voies de l'iniquité. C'est pourquoi l'Apôtre nous exhorte de nous fortifier en notre Seigneur, et en sa vertu toute-puissante, et de nous armer de toutes les armes de Dieu, de nous tenir debout, portant sur nos riens la ceinture de la vérité, et nous revêtant de la cuirasse de la justice, et prenant le bouclier de la foi.
Le monde est plein de scandales ; car on y trouve partout des occasions de péché : on y trouve des gens qui sont remplis de l'estime des honneurs du siècle, que l'ambition possède ; qui ne font état que de ceux qui y sont élevés par leur naissance, que leurs charges et emplois, qui y font grand bruit, que l'on considère beaucoup ; c'est dont ils parlent, c'est ce qu'ils poursuivent, et c'est dont ils inspirent à même temps l'esprit et l'affection. On y en rencontre d'autres, qui ne pensent qu'à amasser de l'argent, et acquérir de plus en plus des biens temporels, qui n'estiment heureux que ceux qui sont riches, et qui donnent le désir de l'être. Il y en a qui sont tout plongés dans les aises de la vie, qui ne respirent qu'après les divertissements, qui passent leurs jours dans les plaisirs, dans les jeux, dans toutes sortes de récréations ; ce qu'ils ne peuvent faire sans avoir des compagnons de leur vaine joie, qu'ils attirent après eux. La médisance est assez ordinaire dans les conversations : le diable, disent les Saints, est sur la langue : c'est une maladie, dit un grand Cardinal, dont tout le monde est presque malade. Et si ce mal en était ôté, écrit saint François de Sales, la plus grande partie des péchés ne serait plus. Vous verrez, enseigne l'Angélique Docteur, des personnes d'autre part exemptes de toutes sortes de vices, qui tombent dans celui-ci.
Mais malheur au monde pour les scandales, puisqu'il se sert même des dons naturels qu'il a reçus de Dieu, pour se porter à l'offense de Dieu. Ainsi plusieurs abusent de la bonté de leur esprit, de leurs lumières, de leurs sciences, pour servir d'occasion de ruine aux autres. Cependant il faut considérer que les Pères de l'Église ont parlé avec une force singulière particulièrement contre les scandales que les femmes causent par leur beauté naturelle, leurs ornements, le luxe de leurs habits, et leurs honteuses nudités. Il est vrai que la beauté naturelle est un bien de nature ; mais dans l'état de la corruption où l'on est, elle sert d'occasion à beaucoup de maux. L'histoire nous apprend que Pâris s'étant laissé prendre à la beauté d'Hélène, c'est ce qui fut cause de la guerre de Troye qui dura dix ans. On y donna vingt-quatre batailles, et il y eut plus d'un million d'hommes tués, et la ville de Troye fut entièrement détruite.
C'est toujours un malheur que d'être même la cause innocente de la ruine des autres ; ce qui doit beaucoup humilier les femmes, même modestes, qui ont de la beauté : car les saints Docteurs méditant ces paroles que l'Église attribue à la très-pure Vierge, qu'elle est comme un lis entre les épines, remarquent que les autres femmes ont été des épines, ou pour elles, ou pour les autres ; mais qu'en elle son incomparable beauté portait tous ceux qui la regardaient, à la pureté. ç'a été l'un de ses privilèges, dont nous avons une joie spéciale de parler, prenant beaucoup plus de part à tout ce qui regarde la glorieuse Mère de Dieu, qu'à tout ce qui nous touche.
Malheur aux femmes qui se servent de leur beauté pour allumer la convoitise, qui en font vanité, qui désirent d'être vues et de plaire, qui veulent gagner les cœurs, qui se laissent cajoler par les hommes. Il y en a qui cherchant des excuses dans leurs péchés, disent qu'elles font sans aucune mauvaise intention en toutes choses, qu'elles n'y cherchent que le pur divertissement qui n'est point criminel, que leur esprit se conserve sans aucunes mauvaises pensées. Mais quand cela serait, peuvent-elles répondre de l'esprit et du cœur des hommes qui leur parlent, et qui les flattent agréablement ? Ce n'est pas assez, dit Tertullien, à une femme Chrétienne d'être chaste, elle en doit donner extérieurement toutes les marques. Elle ne doit pas affecter ni de voir ni d'être vue. C'est le propre de ceux qui sont à Dieu d'agir dans une sainte pudeur. Les hommes et les femmes qui ont le véritable amour de notre Seigneur, sont également sur leur garde, pour éviter toute familiarité entre les sexes. Saint François de Sales remarque que ces amitiés entre les deux sexes, que l'on appelle innocentes, et qui le sont durant plusieurs années quelquefois, se terminent à la fin à de puantes charnalités ; c'est de la manière dont il s'exprime.
Nous avons rapporté dans le second chapitre de ce Traité, le jugement et la condamnation terrible que Dieu fait de tous leurs vains ornements, de leurs habits magnifiques, de leurs coiffures, de leurs colliers et bracelets, de leurs cheveux frisés, de leur vanité dans leurs gestes, dans leurs regards, dans leur manière de marcher la tête haute, mesurant leurs pas, et étudiant toutes leurs démarches. On n'avait pas néanmoins en ces temps-là encore vu un Homme-Dieu sur lequel nous devons former nos mœurs, percé d'épines, couvert de plaies, attaché à une croix. Sainte Élisabeth de Hongrie ayant jeté les yeux avec attention sur son image sacrée, fut si honteuse de se voir vêtue magnifiquement, que depuis ce temps-là elle ne porta plus d'habits que très-modestes, quoiqu'elle fût une Souveraine.
Sixte X a donné des Bulles dans lesquelles il défend le luxe des habits, et particulièrement les queues traînantes. Et nous lisons de saint Gaultier Abbé de S. Martin près Pontoise, que prêchant un jour des Rameaux, il s'y trouva une Dame vêtue avec beaucoup de vanité, et ayant la queue de sa robe qui traînait ; ce qui donna lieu au saint Abbé de lui faire une forte correction, lui remontrant que Dieu était offensé dans cet excès, outre le danger des âmes qui pouvaient se perdre par ses attraits. Cette Dame qui avait le cœur aussi vain que son habit, se piqua de cette correction : mais elle en fut divinement châtiée, le diable s'étant saisi de son corps.
Le Saint-Esprit dit aux femmes par S. Pierre le chef de l'Église, qu'elles méprisent ce qui paraît au-dehors, qu'elles ne frisent point leurs cheveux, qu'elles ne se parent point d'or ni de riches habits ; mais qu'elles ornent l'homme du cœur au-dedans, par la pureté incorruptible d'un esprit tranquille et modeste, qui est très-riche devant Dieu. Toute la gloire de la fille du Roi est au-dedans, dit le Prophète Roi. C'est là, dit saint Grégoire de Naziance, que se trouve la vraie beauté, que perdent souvent celles qui se parent au-dehors. Un esprit chaste, paisible, modeste, est un grand ornement devant Dieu. La grâce, la mort aux sens et aux passions, et un saint recueillement, ce sont des richesses qu'une femme vertueuse porte partout. Saint Paul animé et conduit par le même esprit que saint Pierre, veut que les femmes soient parées avec pudeur et modestie, sans se friser et sans porter ni or, ni perles, ni habits somptueux.
Mais il veut qu'elles soient vêtues de robes décentes, qui signifie, selon les Grecs, une robe qui couvre tout le corps ; et c'est en cette sorte d'habits de femmes que l'Apôtre fait consister la bienséance. Qui croira, dit Tertullien, que celles qui découvrent leurs épaules ou leur sein, ne prostituent pas leur chasteté ? Comment pourrai-je me persuader qu'une femme soit chaste, qui découvre en elle ce qui est capable d'allumer les feux de la convoitise ? Peut-elle ignorer que se faisant voir de la sorte aux yeux d'un chacun, elle n'invite fortement à l'impureté ? Les saints Pères ont appelé ces femmes les soufflets des Diables ; car ces malins esprits s'en servent pour allumer le feu de l'impudicité : en cela pires et plus dangereuses que les Démons mêmes ; car saint Paulin et saint Cyprien remarquent qu'ils n'oseraient découvrir indécemment celles dont ils possèdent les corps. Et saint Cyprien donne pour l'un des signes des femmes possédées, quand elles sont en l'air la tête en bas, et que leurs habits ne tombent pas sur leur visage. C'est ce que nous avons connu dans ces personnes ; et ce qui est arrivé devant des témoins qui sont irréprochables il y a peu de temps.
Nous rapporterons ici ce qu'a remarqué un serviteur de Dieu sur ce sujet. Il écrit ce que Pline dit du soin de la nature pour conserver la pudeur des femmes noyées, de qui le corps nage sur l'eau la face en bas. Il cite Valère Maxime qui rapporte que le Consul Romain Sulpice répudia sa femme, parce qu'elle était une fois sortie sans être voilée ; et Vitellius qui a écrit que Postume Vestale fut enterrée comme une incestueuse, parce qu'elle avait paru dans les rues la tête haute et les yeux élevés. Il parle de saint Jérôme qui a loué les filles de Phidon l'Athénien, qui aimèrent mieux mourir que de paraître découvertes. Que les femmes chrétiennes apprennent des païennes la pudeur, qu'elles l'apprennent de la nature même, et qu'elles sachent que les Infidèles s'élèveront au Jugement, et les condamneront.
Mais qu'elles tremblent, apprenant ce que le Saint-Esprit nous déclare dans le Livre des Nombres, que Dieu commanda de tuer toutes les femmes Madianites, parce qu'elles avaient tenté les Israélites, quoiqu'il n'y en eût que quelques-unes d'entr'elles, le reste ayant eu seulement de la complaisance ; et les filles vierges au nombre de trente-deux mille furent faites captives. De plus les saints Pères remarquent qu'il n'y a jamais eu de punition plus exemplaire dans l'Écriture que celle des Princes et des Magistrats des Israélites, pour avoir souffert que les femmes Madianites parées et ornées parussent et conversassent familièrement avec les Israélites ; car il ordonna à Moïse de les faire pendre tous, sans en excepter un seul. Les mêmes saints Pères appellent louves celles qui se servent de fard, des victimes malheureuses de l'impudicité. Ils disent que cela n'appartient qu'à une misérable Jezabel. Nous le répétons encore, que les femmes vaines ne s'excusent pas sur leurs intentions qu'elles prétextent n'être pas mauvaises ; car voici ce que saint Jean Chrysostome dit parlant à l'une d'elles. Vous ne pensez pas, ô misérable, que vous aiguisez un glaive qui fera périr ; que vous donnez à boire dans une coupe pleine de venin ; et vous croyez vous excuser, parce que vous-même n'y buvez pas. Il déclare qu'elles sont plus criminelles que ceux qui vendent du poison ; parce que les autres ne tuent que le corps, et elles donnent la mort aux âmes.
Enfin le fils de Dieu disant à saint Pierre, Allez, Satan, ôtez-vous de devant moi, vous m'êtes à scandale ; car vos sentiments ne sont pas selon Dieu, mais selon les hommes : parce que ce Saint résistait à la mort qu'il devait souffrir, par compassion, et l'amitié qu'il avait pour lui. Cela nous donne lieu de considérer que le monde est encore plein de scandales, parce que ses sentiments ne sont pas selon Dieu ; au contraire il en inspire de tout opposés, comme nous le dirons avec le secours de sa grâce. Et comme l'on agit selon que l'on est prévenu de l'estime pour les choses, on mène une vie très-éloignée de celle qu'il demande de nous. Comme l'on n'a que des sentiments selon les hommes, et non pas en Chrétien. Les pères et les mères élèvent dans ces sentiments leurs enfants. Ces sentiments sont l'esprit dominant en toute la terre ; et c'est de la manière que chacun contribue à la ruine les uns des autres.
Le monde est à scandale, en détournant du culte de Dieu par les railleries qu'il fait de la dévotion de ceux qui la pratiquent, n'approuvant pas les exercices de piété, et étant cause que des personnes faibles n'ont pas la hardiesse de s'y appliquer, se cachant pour fréquenter les Sacrements, ou exercer d'autres bonnes œuvres. Les pères et les mères, les parents et les amis sont à scandale à leurs enfants, à leurs proches, leur résistant quand ils veulent mourir au monde, en entrant dans l'état Religieux ; et dont ils rendront un compte épouvantable au Jugement de Dieu : car ils doivent se souvenir que Dieu est le maître, et qu'il est plus juste de lui obéir qu'à des créatures. Ils doivent se souvenir que c'est faire un attentat injurieux à ses droits divins, que de se rendre maîtres de la vocation des personnes. Ce qui souvent est puni dès cette vie, par les maux et les disgrâces qui arrivent à ceux qui ne suivant pas la vocation divine, se laissent engager en des états où leur parents les mettent. S. Jérôme rapporte sur ce sujet un exemple terrible d'une Dame Romaine, qui cependant n'avait pas commis d'autre faute, que de parer, et cela par ordre de son mari, une jeune fille qui voulait se donner à Dieu, pour la rendre agréable au monde ; et c'est assez l'ordinaire. car ce Père de l'Église assure que l'Ange du Seigneur lui apparut, et lui fit d'effroyables menaces, à raison de ce qu'elle avait eu plus d'égard à ce qu'elle devait à son mari, qu'à ce qu'elle devait à Dieu. Il appelle sacrilèges ses mains, qui ont osé parer et orner la tête de cette jeune fille. Il lui prédit qu'elles deviendraient sèches en punition, que son mari et ses enfants mourraient : et S. Jérôme dit que toutes ces punitions arrivèrent.
Mais malheur au monde pour les scandales, quand ceux qui en doivent être la lumière, deviennent des ténèbres ; quand ceux qui en doivent être les guides, sont aveugles ; car ils tombent tous dans la fosse, et eux, et ceux qu'ils conduisent ; quand par leur vie peu édifiante, leurs conversations trop mondaines, leurs actions trop libres, ils scandalisent les autres ; quand leurs paroles, leurs sermons n'étant pas soutenus d'une vie conforme à ce qu'ils disent, ils donnent occasion de ne les pas croire ; quand ils se servent du crédit, de l'estime, de la confiance que l'on a en eux pour la ruine des âmes, et le déshonneur de leur état. Ils sont en cela, dit l'Angélique Docteur, les ministres du diable, et beaucoup plus dangereux ; car on a en horreur les démons.
Il faut prendre garde, écrit l'Apôtre aux Romains, de ne point donner de scandale à son frère, de n'être pas cause de la perte de celui pour qui Jésus-Christ est mort. Ce qui fait dire à S. Jean Chrysostome, que le scandale est un mal de Jésus-Christ, en tant qu'il sert d'occasion à la perte des âmes pour lesquelles il a donné jusqu'à la dernière goutte de son sang ; qu'il ôte une vie surnaturelle plus précieuse que toutes les vies des Anges. Ô quels reproches les malheureux damnés se feront-ils éternellement dans l'Enfer, pour s'être causé la damnation les uns les autres ! Que le beau monde, qui se pique tant d'amitié, fasse ici réflexion qu'un jour ces amitiés qui servent d'occasion au péché, seront suivies d'une haine enragée pour jamais.
Finissons ici par ces paroles de notre grand Maître : Si votre œil, votre main, vous sont un sujet de scandale, arrachez-les, coupez-les, et les jetez loin de vous : car il vaut mieux pour vous qu'un de vos membres périsse, que non pas tout votre corps soit jeté dans l'Enfer ; c'est-à-dire, qu'il n'y a pas à hésiter, si une personne qui nous est chère comme notre œil, comme notre main, nous détourne du service de Dieu, et nous engage dans les sentiments du siècle, nous inspire l'esprit du monde ; il faut s'en séparer. Ha, qu'il vaut bien mieux les quitter, que d'être séparé de Dieu ! Qu'il vaut bien mieux s'éloigner des personnes qui nous sont dangereuses, que de se priver de la compagnie de la très-sainte Vierge, de tous les bons Anges, et de tous les Saints, et de demeurer lié avec des créatures, pour aller avec elles en Enfer !

(Extrait de Le malheur du Monde, par M. Henri-Marie Boudon)


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